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 I'm only lonely when the music's over ♡ Sid

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AuteurMessage

ÂGE : 23 ans.
SURNOM : Ash, Leen ou Lily par mes amis. Mais pour le reste du monde je suis Ivanna Rose.
STATUT : Je fuis ce à quoi j'aspire.
MÉTIER : Suicide Girl (modèle érotique), serveuse & danseuse burlesque
LOGEMENT : Appartement #353 à Redcliffe

POSTS : 123 POINTS : 60

PETIT PLUS : Née en Irlande du Nord dans une famille très catholique, parle avec un accent gaélique prononcé. A troqué les rues pluvieuses de Belfast pour le soleil de Brisbane, mais son existence est toujours aussi grise. Se croit bonne à rien, si ce n’est à jeter son corps en pâture aux caméras. Faut bien payer le loyer et la dope destinée à anesthésier sa honte. Aisling se réfugie dans les morceaux de rock qui ouvrent son coeur à sa place. Parfois, elle couche sur le papier le tumulte de ses sentiments et se prends à les chanter timidement. Mal, elle trouve. Végétarienne, elle adore les animaux.
UN RP ? : Pas dispo pour le moment.
RPs EN COURS : DebraSidMartinSid & Harley
RPs EN ATTENTE : Lou ♡ Robin ♡ Derek ♡ Jordan ♡ Phoenix
PSEUDO : Whitefalls/Whitewolf
AVATAR : Mellisa Clarke
CRÉDITS : MØRPHINE, Neon Demon & tumblr
DC : Jameson & Kyte
INSCRIT LE : 07/09/2016

MessageSujet: I'm only lonely when the music's over ♡ Sid   Dim 2 Oct - 16:09



I'm only lonely when the music's over,
lonely when you're going home.
Come, smash up your seats tonight. Sippin'on wine, I'm fine. The music keeps me up all night cause I'm full of lust. Come with us, run for your lives •• Hardcore Superstar


La musique pulse dans ses veines avec plus de puissance que son sang. Aisling ferme les yeux, s’imprègne du son de la basse qui la fait vibrer. Ses pieds sautent sans même qu’elle ne les sente, l’arrachant au sol au même rythme que la marée humaine qui l’entoure. Breakdown. Ses paupières s’ouvrent et se fixent sur la scène. Quand le chanteur entame le refrain, ses lèvres se fendent en un immense sourire et sa voix se perd parmi les centaines d’autres qui s’élèvent dans la salle de concert. Foutre dieu, dans ces moments-là, Aisling se dit qu’aucune drogue ne lui procurera jamais un kick aussi puissant. Que rien ni personne ne la fera jamais sentir aussi vivante. Comme par magie, son esprit se transporte loin de ses tracas quotidiens, et ses poumons se libèrent de leur pression. Le décès de Paige. La douleur poignante dans les yeux de Phoenix, Leila et Robin. Inconsolables. Le connard de première chargé de la photographier plus tôt dans la journée. Son rire grossier, ses gestes déplacés. La honte qui brûle ses joues lorsqu’il prend les derniers clichés. Plus rien de tout cela ne semble avoir la moindre importance. En cet instant, il n’y a qu’Hardcore Superstar sur la scène, la foule en délire, et Aisling. Au milieu d’un tout. A sa place.

Le batteur envoie ses derniers coups de baguettes, et les lumières se rallument. Le souffle court, l’Irlandaise se dresse sur la pointe des pieds pour essayer d’atteindre la barrière sur le devant de la scène. Elle tend sa main loin devant, les yeux rivés sur le chanteur qui serre les poignes prises au hasard. Il s’approche d’elle, la frôle, et leurs regards s’accrochent. Un sourire béat étire ses lèvres alors que ses doigts se referment autour de ceux du chanteur. Il sait que j’existe ! Son cœur explose un peu et elle fait un pas en arrière, ravie. L’idée de ne plus jamais se laver la main droite lui traverse l’esprit, et elle balaie cette pensée avec petit rire amusé. Elle n’a pas envie de revenir à la réalité. Elle voudrait que le groupe continue de jouer encore et encore, jusqu’à ce qu’elle tombe de fatigue. Dans quelques minutes, les headliners vont prendre place sur la scène, et Aisling les regardera, même si ce n’est pas pour eux qu’elle est venue. Juste pour faire durer le songe quelques instants supplémentaire. Elle se dit qu’elle pourrait commander une bière et s’installer au bar pour profiter du reste du concert. Un sourire rêveur aux lèvres, elle traverse la foule, toujours à moitié en proie à ses songes. Elle devrait le savoir, Aisling, que le cauchemar démarre toujours insidieusement. Et que ses répits ne durent pas trop longtemps. « Hey, mais c’est Ivana Rose ! » D’abord, elle ne fait pas vraiment attention à la remarque. Ivana, c’est surtout un nom qu’elle voit écrit sur ses photos érotiques. Pas un qu’elle entend souvent. « Hey ! » La voix est plus proche, cette fois-ci, et elle s’accompagne d’une main plaquée sur ses fesses. Pas une caresse par inadvertance. Ce mec l’empoigne fermement et refuse de la lâcher. Le sang d’Aisling quitte son visage et elle jette un coup d’œil inquiet derrière elle. « Hey, t’es Ivana Rose ! » Il insiste en resserrant la pression.

- Non, elle réplique timidement. Non, tu fais erreur…

Ses jambes tremblent. Elle s’écarte d’un geste vif pour se libérer de son emprise, mais il la rattrape par la main. Elle ne pense même pas à masquer son accent Irlandais, et c’est idiot, parce que ça lui donne encore un moyen supplémentaire de l’identifier. Un sourire carnassier creuse deux fossettes dans les joues du grand brun. « Allez fais pas ta timide, j’ai vu assez de photos de toi pour savoir à quoi tu ressembles. » Il s’approche d’elle, plaque ses mains sur ses hanches et se penche vers son visage, qu’Aisling garde résolument tourné vers le sol. « Tu portes un soutif sous ce tee-shirt ? » La brunette repousse maladroitement ses mains. Elle fait un pas en arrière et lève les yeux vers le jeune homme. Il a le rire aux lèvres et une lueur dans le regard qu’elle a surpris bien trop souvent chez des types qui regardent ses photos en ligne. Et en cet instant précis, Aisling a bien trop conscience que son corps ne lui appartient pas. Parce que pour le mec en face d’elle, elle n’est pas une femme, un être humain à qui on doit un minimum de respect. Elle n’est qu’une image sur laquelle il se branle certains soirs de solitude. Et cette idée lui donne la nausée.

- Ecoute, bredouille-t-elle. Je ne sais pas de quoi tu parles mais je dois retrouver mon copain, alors laisse-moi tranquille, d’accord ?  

Elle ne s’attarde pas une seconde de plus pour entendre sa réponse. Ses yeux repèrent une ouverture dans la foule et elle s’y engouffre, slalomant entre les fans de rock dans l’espoir de le semer. Lorsqu’elle ose jeter un coup d’œil par-dessus son épaule, il n’est plus derrière elle. Mais elle sent encore son haleine sur son visage. Et ses mains sur sa peau, à travers les vêtements. Ses lèvres tremblent, et Aisling y plante ses dents. A quoi tu t’attends en même temps ? T’es qu’une pute. Tu fais un métier de pute. Et le respect, ça se mérite. Aisling est proche du bar à présent. Même lieu, mais état d’esprit bien différent. Elle s’assoit sur un tabouret, la tête dans les épaules, les cheveux dissimulant à moitié son visage. Elle plonge une main hésitante dans son sac et ses doigts effleurent le tube de rouge à lèvre dans lequel elle cache son sachet de cocaïne. Et elle hésite à se prendre une ligne dans les toilettes. C’est quitte ou double, elle se dit. Soit sa confiance s’en trouvera reboostée… soit ça la rendra encore plus parano. Et merde.  


black pumpkin & whitefalls


The truth is, you could slit my throat, and with my last gasping breath, I'd apologise for bleeding on your shirt.


Dernière édition par Aisling Hayes le Lun 24 Oct - 14:47, édité 1 fois
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le tatoueur au coeur tendre

ÂGE : vingt-six ans.
STATUT : célibataire, mais amoureux.
MÉTIER : tatoueur, propriétaire de son propre salon, wild ink.
LOGEMENT : #55, pine rivers [appartement], avec son colocataire

POSTS : 446 POINTS : 130

ORIENTATION SEXUELLE : J'aime tout le monde.
PETIT PLUS : Il a un chat noir et blanc. + Il adore lire et regarder des documentaires. + Il a une sœur cadette. + Il déteste qu’on le prenne en photo. + Il fume, boit et se fiche de ce que les gens pensent, mais il n’a jamais touché à la drogue. + Il se spécialise dans les tatouages personnalisés. + Il adore dessiner. + Il aime les chats, la crème glacée à la pistache, les musées, les livres de recettes. + Il n'aime pas les épinards, les huîtres, le marron, les imbéciles et les gens bornés.
UN RP ? : Où tu veux quand tu veux.
RPs EN COURS : harley #3 + harley #4 + ellie + aisling + aisling et harley
RPs EN ATTENTE : + terrence
RPs TERMINÉS : adaline #1 + adaline #2 + kenny + harley + harley #2
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INSCRIT LE : 01/03/2016

MessageSujet: Re: I'm only lonely when the music's over ♡ Sid   Lun 3 Oct - 14:00



i'm only lonely when the music's over
aisling & sid

Adossé contre le mur de brique du bar, Sid tire une longue bouffée de sa cigarette. Même si le printemps a botté le derrière de l’hiver il y a déjà quelques semaines, la nuit est assez fraîche. Un groupe d’adolescents sort du bar. L’écho de la guitare électrique les suit jusqu’à ce que la porte se referme derrière eux. La rue retrouve momentanément son calme. Le jeune homme expulse un nuage de fumée blanchâtre et jette son mégot sur le pavé humide. Pour faire bonne mesure, il écrase la clope sous son talon. Les mains dans les poches, il s’avance tranquillement vers l’entrée. À la porte, un videur aux gros bras surveille le flot de gens qui entrent et sortent de l’endroit. Sid lui adresse un signe de tête. L’homme lui rend son salut et le laisse passer sans dire un mot. Dès qu'il entre dans le bar, l’énergie de la foule le frappe de plein fouet. Partout où son regard se pose, il voit des corps qui se déchaînent au rythme de la musique. La foule n’est plus qu’une masse grouillante de bras, de jambes et de torses qui se meuvent, s’entrelacent et se séparent d’un commun accord sans jamais s’arrêter. Il se sent bien parmi tous ces individus atypiques et un peu en marge de la société « normale ». Il a l'impression de rentrer chez lui dans ce milieu alternatif qui l’a accueilli à bras ouverts dès son arrivée à Brisbane et qui lui a offert un sentiment d’appartenance tel qu’il n’en avait jamais connu auparavant – ou depuis.

À force de traîner dans ce genre d’endroits, Sid a développé sa petite routine. Il se dirige donc sans hésiter vers le bar. Le comptoir étant peu achalandé, il n’a aucun mal à interpeller la barmaid. Avec un sourire charmeur, il commande son jack and coke habituel et, pendant qu’elle prépare son verre, il observe le spectacle. Tous les membres du groupe ont une énergie impressionnante : pendant que le chanteur, infatigable, fait les cents pas sur la scène, le guitariste et le bassiste semblent se mesurer l’un à l’autre pour voir lequel des deux pourra faire glisser ses doigts le plus rapidement sur les cordes. Le batteur, qui n’a pourtant que deux mains comme le commun des mortels, arrive à maintenir un rythme infernal sur trois tambours et autant de cymbales.

La barmaid dépose sa boisson devant lui en papillonnant des paupières. Sid la remercie avec un sourire en coin. En trois gorgées, il a terminé son verre, qu’il abandonne sur le comptoir pour aller se mêler à la foule. Il s’approche autant que possible de la scène, uniquement satisfait lorsqu’il commence à ressentir physiquement les vibrations de la basse dans son estomac. Il ne lui faut qu’un instant pour se greffer à la masse mouvante des fans qui dansent à en perdre haleine. En plus de son jack and coke, il a avalé deux shooters avant de quitter son appartement et il sent l’alcool qui commence tranquillement à se faire un chemin dans son système, laissant derrière lui une impression de bonheur un peu cotonneux. Le tatoueur n’est pas dupe. Il sait depuis longtemps que ce bonheur furtif et trop fragile n’est rien de plus qu’une belle illusion, mais il en profite.

La musique culmine dans un dernier solo de guitare endiablé, puis s’interrompt brutalement. Les lumières se rallument, agressantes en dépit de leur éclairage tamisé. Le spectacle s’est terminé trop tôt au goût de Sid, qui aurait bien continué à danser. La pause survient tout de même à un moment propice : malgré son t-shirt léger, le jeune homme est en nage. En repoussant vers l’arrière sa crinière désordonnée, il navigue habilement entre les spectateurs qui se sont détachés de la masse par petits groupes de deux ou trois. En jouant des coudes, il parvient à rejoindre le bar, qui a été pris d’assaut par les clients assoiffés. Même s’il est l’un des derniers venus, la barmaid le remarque presque aussitôt. Elle se souvient manifestement de sa commande parce qu’elle attrape directement le whisky. Pendant qu’elle prépare son verre, il jette un coup d’œil aux gens qui l’entourent. Sur sa droite, deux mecs se tiennent la main et échangent des sourires complices. À côté d’eux, trois filles un peu saoules et à peine majeures pouffent en se cachant derrière leur main comme si ce petit geste pouvait dissimuler leur hilarité. La barmaid l’arrache à sa contemplation. Elle pose la consommation sur le comptoir avec un peu trop d’empressement et le liquide ambré manque de se renverser. « Désolé. » Le jeune homme sourit et lui tend un billet. « Pas grave, merci. » Elle s’éloigne aussitôt pour retourner aux clients qui piaillent comme des mouettes en essayant de rejoindre le comptoir. Il s’éloigne un peu vers la gauche, là où la foule se fait moins achalandée. Il est sur le point de tremper ses lèvres dans l’alcool lorsqu’une silhouette attire son attention. C’est une jeune femme. Juchée sur l’un des tabourets, elle fouille dans son sac. Même si son visage est dissimulé par un rideau de cheveux corbeau, Sid a l’impression qu’elle passe une très mauvaise soirée. Elle l’interpelle sans qu'il ne sache trop pourquoi. Il hésite une poignée de secondes, puis se décide et se met en marche. Arrivé à sa hauteur, il s’installe sur le tabouret libre à côté d’elle. Il s’accoude nonchalamment sur le bar et avale une gorgée d’alcool avant de se tourner vers l’inconnue. « Bonsoir. » Avec un sourire charmeur, le même qui, de toute évidence, a séduit la barmaid, il poursuit. « Est-ce que je peux t’offrir un verre ? » Il se serait attendu à bien des réactions de la part de la jeune femme – de l’indifférence, de l’intérêt, voire de l’agacement – mais il n’a certainement pas prévu qu’elle sursaute si violemment, ni qu’il y ait cet éclat de peur dans les grands yeux bleu-gris qui viennent de se poser sur lui.


.

I see the real you. Even if you don't, I do. I do. And I'll show you the road to follow, I'll keep you safe till tomorrow, I'll pull you away from sorrow. I see the real you. Even if you don't, I do. I do. — three days grace .


Dernière édition par Sid Bauer le Jeu 24 Nov - 2:19, édité 1 fois
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UN RP ? : Pas dispo pour le moment.
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MessageSujet: Re: I'm only lonely when the music's over ♡ Sid   Mar 25 Oct - 0:02



I'm only lonely when the music's over,
lonely when you're going home.
Come, smash up your seats tonight. Sippin'on wine, I'm fine. The music keeps me up all night cause I'm full of lust. Come with us, run for your lives •• Hardcore Superstar


Aisling resserre la main sur le tube de rouge à lèvre. Ses jambes s’agitent nerveusement sur son tabouret. Tout à l’heure, elle est parvenue à garder un semblant de calme. Mais si jamais le mec la retrouve, elle sait que ses nerfs la lâcheront totalement. Rien que d’y penser, sa gorge se serre et ses poumons peinent à inspirer et expirer correctement l’air tiède de la salle de concert. Peut-être qu’elle devrait partir, tout simplement. Ou bien me prendre une ligne. Ouai, elle ne va pas laisser un connard frustré sexuellement lui gâcher sa soirée. Un billet de concert, ce n’est pas gratuit, et elle a dû bosser pour l’avoir. Enfin, se déshabiller, surtout. Parce qu’elle n’est pas capable de faire grand-chose d’autre, niveau boulot. Mais une trentaine de dollars, ça représente bien dix minutes à se dandiner en string devant l’objectif. Alors il est hors de question qu’elle se tire. Et avec une ligne, ça ira mieux. Elle pince les lèvres et secoue négativement la tête. Elle n’avait pas prévu de prendre de la drogue ce soir. Normalement, elle n’en a pas besoin. La musique, c’est tout ce qu’il faut pour panser ses plaies et faire voyager son âme. Mais là, sa pauvre âme s’est bien cassé la gueule sur l’asphalte qui revêt le sol de la salle de concert, et un petit coup de pouce pour se relever ne lui ferait pas de mal. Comme un rail de coke… Aisling a beau se boucher les oreilles, elle l’entend quand même, cette voix pernicieuse. Qui revient encore et encore, des coins les plus sombres de son esprit. Et elle a envie de hurler, de se taper la tête contre les murs, seulement elle sait d’avance que ça ne la fera pas taire. Au contraire, ça lui donnera plus de force. Plus de légitimité, presque. Elle le sait, parce qu’elle a déjà essayé.

Trop perdue dans les méandres de ses pensées, elle ne remarque pas tout de suite le jeune homme qui vient de prendre place sur le tabouret à ses côtés. C’est toujours comme ça quand une crise d’anxiété commence à s’emparer d’elle. Le monde réel s’efface et elle se noie dans son bordel mental. D’ailleurs, s’il ne s’était pas décidé à la saluer, Aisling ne l’aurait probablement jamais remarqué. Comme arrachée à un mauvais rêve, elle sursaute brutalement et se tourne vers le propriétaire de cette voix. Et son timbre profond et chaleureux aurait probablement pu l’apaiser instantanément s’il n’avait pas proposé de lui offrir un verre. Ou s’il n’affichait pas ce sourire charmeur sur ses lèvres pleines. Oh, non ! Son cœur fait un bond dans sa poitrine et la panique s’empare d’elle à nouveau. Parce que le type en face d’elle, c’est forcément un mec qui la prend pour Ivana Rose, la fille qui se dénude sur ses photos. Autrement, elle ne voit pas pourquoi il lui témoignerait la moindre attention. Aisling, c’est pas le genre de filles sur qui on se retourne. Ni celles à qui on offre un verre. Et lui, avec ses superbes yeux clairs et son visage de mannequin alternatif, il a plutôt l’air du genre à ne pas trop avoir à travailler pour se trouver une nana. Ça l’étonne même un peu, du coup, qu’il soit le genre à regarder des photos érotiques en ligne ou dans les magazines. Aisling pense plutôt qu’il est le genre à se taper directement la Suicide Girl, pas à fantasmer dessus. C’est peut-être pour ça qu’il te propose un verre, triple buse. Il veut se taper Ivana. Ses tripes se serrent, et Aisling se félicite de ne rien avoir mangé depuis le matin. Sinon, elle aurait probablement rendu ses tripes là, sur le comptoir. L’angoisse, l’émotion. Le manque, peut-être, aussi. J’aurais dû prendre cette ligne de poudreuse. Elle retire brusquement la main de son sac. Ta gueule ! Ta gueule ! Ta gueule ! Elle se crie mentalement. Mais l’autre voix rigole en arrière fond et ça résonne dans son crâne. Une sensation vraiment naze, qui lui met les nerfs encore plus à vif.

- Euh non. Merci, j’ai déjà à boire.

Elle répond timidement, son accent Irlandais ricochant fébrilement sur chacun de ses mots. Rien à voir avec Ivana Rose. C’est le joli brun qui va être déçu. Mais Aisling se dit que ce n’est pas plus mal. Au moins, si c’est vraiment après elle qu’il en a - la salope qui s’affiche à poil sur les premières pages des magazines érotiques et parfois de tatouages - il saura qu’elle n’existe pas et qu’il peut passer son chemin. Parce qu’elle est à mille lieues de cette fille qui fait l’amour à la caméra deux fois par semaines, endossant tous les rôles qu’on veut qu’elle soit pour vendre, de la poupée fragile à la dominatrice. Aisling, la vraie, elle est timide et maladroite. Et un rien lui procure une crise d’anxiété. Comme le fait de réaliser qu’elle n’a pas le moindre verre devant elle. Et que sa répartie déjà bancale tombe encore plus à l’eau. Ses joues la brûlent. Elle pince les lèvres et jette un coup d’œil dans la direction du grand brun à ses côtés en se disant que ce n’est que question de temps avant que la violence irradie de ses prunelles pâles et crispe sa mâchoire carrée. Elle écarquille les yeux, comme effrayée de la réaction qu’il pourrait avoir face à cette fraude.  

- Enfin, j’ai assez bu quoi.

Elle bredouille rapidement pour se rattraper. Minable. Au final, c’est mieux qu’elle n’ait pas pris de cocaïne. Ça lui ferait encore plus tressauter le système et la rendrait totalement parano. Ce qu’il lui faudrait, c’est des trucs pour redescendre en pression. Du Xanax ou un Valium. Maintenant. Les battements de son cœur sont trop forts à ses oreilles. Elle replonge la main dans son sac, cherche la petite bourse en velours dans laquelle elle garde ses pilules. Il faut absolument qu’elle s’en enfile une ou deux. Maintenant. Mais alors que ses doigts tâtent le fond du sac, elle est incapable de sentir ce touché rassurant et familier dont elle a besoin. Maintenant !

- Merde. Merde, merde, merde !

Elle couine à voix basse en fouillant dans son sac. Cette fois-ci, elle n’essaie même plus de se cacher. La panique la prend à la gorge, et sa respiration se fait plus courte, moins contrôlée. Le pauvre jeune homme à ses côtés doit vraiment la prendre pour une tarée à présent. Et cette pensée ne fait que rajouter une couche à ses anxiétés. Il faut que je sorte d’ici ! Elle se relève brusquement, manque de faire tomber son tabouret. Mais et le concert ? Et pour aller où ? Ses yeux se posent autour d’elle, hagards, puis accrochent le regard océan du témoin impuissant de cette crise ridicule.

- Je… je suis désolée. Je crois qu'il faut que je parte. Il vaudrait mieux. Que je parte. Je crois. Désolée.

Elle souffle en baissant les yeux. Les mots se mélangent sur ses lèvres, et elle ne sait plus ce qu'elle a déjà dit ou ce qu'elle a pensé. Alors elle se répète, au cas où. Mieux vaut être sûre qu'il sache. Qu'elle est désolée d’être un déchet social. Une junkie bonne à rouler sous les roues d’un camion. Une traînée pudique. Un machin désarticulé et clairement socialement inapte. Elle devrait partir à ce moment-là, elle le sait. Mais elle reste plantée, ses bras le long de son corps trop grand pour sa bouille pré-pubère. Indécise. Honteuse. Stressée. Et pas mal paumée.    


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MessageSujet: Re: I'm only lonely when the music's over ♡ Sid   Ven 28 Oct - 3:07



i'm only lonely when the music's over
aisling & sid

Il ne sait pas exactement pourquoi il l’a remarquée dans la foule compacte de la salle. Ce n’est même pas comme s’il pouvait voir à quoi elle ressemblait d’où il se tenait. Maintenant qu’ils sont face à face, il peut l’observer à sa guise et il comprend un peu mieux ce qui l’a attiré. Elle est belle, mais d’une façon atypique. Avec son joli visage en cœur aux traits un peu enfantins, elle ressemble à une poupée de porcelaine. Et elle a l’air aussi fragile. Malgré sa chevelure noire qui pourrait facilement lui rajouter quelques années, elle a un air de gamine. Sauf qu’une gamine ne devrait pas le regarder avec de grands yeux terrifiés. Elle lui rappelle vaguement quelqu’un, mais il ne saurait dire où il l’a vue. En fait, l’impression est tellement fugace qu’il se demande si ce n’est pas juste qu’ils se sont croisés dans la foule pendant le concert. Mal à l’aise, il soutient son regard. Il regrette de lui avoir fait peur, même s’il ne comprend pas exactement pourquoi elle réagit ainsi. « Euh non. Merci, j’ai déjà à boire. » Par réflexe, il jette un coup d’œil au comptoir. Il n’y a évidemment aucune consommation devant elle, sinon il aurait utilisé un autre prétexte pour engager la conversation. Il ne répond rien, mais hausse un sourcil. Ce n’est pas la première fois qu’une fille utilise cette excuse pour rejeter ses avances, sauf que c’est habituellement plus crédible quand elle a effectivement un verre à la main. L’inconnue elle-même s’est rendu compte de son erreur parce qu’elle s’empresse de cafouiller un autre semblant d’excuse bancale.

Sid n’a jamais été le genre de type lourd qui s’entête à draguer une fille qui n’est pas du tout intéressée. Normalement, il se serait déjà éloigné pour lui accorder la paix qu’elle semble tellement souhaiter. Mais là, en ce moment, il n’arrive pas à se lever de ce tabouret. Parce qu’elle n’est pas agacée, fâchée ou même énervée, juste terrifiée. Parce qu’il s’est sans doute passé quelque chose pour qu’elle ait les nerfs aussi à vif. Parce qu’il ne peut se résoudre à l’abandonner dans cet état. Et parce qu’il était foutu dès qu’il s’est approché d’elle. La jeune femme se détourne, le libérant finalement de l’emprise de ses prunelles bleu-gris. Il respire un peu mieux comme ça et en profite pour avaler une gorgée d’alcool. Puis, il pivote sur son tabouret. De toute évidence, elle s’enfonce dans sa crise de panique. Ses gestes deviennent de plus en plus saccadés, sa respiration aussi. Inquiet, il la regarde fouiller frénétiquement dans son sac – et il espère sincèrement qu’elle n’essaie pas de mettre la main sur une bonbonne de poivre de Cayenne – en se demandant s’il devrait intervenir. Mais pour faire quoi ? Il ne la connait pas et, pour l’instant, tout ce qu’il a réussi à faire, c’est l’effrayer.

Elle se lève brusquement. Le mouvement surprend Sid, qui ne s’y attendait pas. Debout, elle est à peu près de la même taille que le jeune homme qui, lui, a toujours les fesses posées sur son siège. Leurs regards se croisent. La détresse qu’il lit dans celui de l’inconnue lui coupe le souffle. « Je… je suis désolée. Je crois qu’il faut que je parte. Il faudrait mieux. Que je parte. Je crois. Désolée. » Il fronce les sourcils, convaincu que la dernière chose dont elle a besoin en ce moment, c’est de se promener seule dans les rues de Brisbane à une telle heure. La ville a beau être assez sécuritaire, dans l’état où elle se trouve, ce serait carrément dangereux. Les yeux baissés, elle ne bouge pas. S’il voulait s’en aller, ce serait le moment idéal pour le faire. Mais, plutôt que de se lever à son tour, il se penche un peu vers elle et tend le cou pour essayer de capter son regard fuyant. Après quelques secondes, il réussit à l’accrocher et il refuse de lâcher prise. « Reste. » Il lui sourit, mais cette fois, ça n’a rien à voir avec un numéro de drague. Cette fois, il lui offre un sourire sincère, plein de compassion. « C’est juste un verre. Ça ne t’oblige à rien, je te le promets. Et tu as l’air d’en avoir besoin. » Il prend une courte pause pour essayer de jauger la réaction de la jeune femme. Elle n’a pas immédiatement détourné les yeux, ce qui en soit est une petite victoire. « Ne bouge pas, je vais le chercher et je reviens, d’accord ? » Elle ne répond rien, ce qui n’étonne pas vraiment Sid. Il se lève doucement pour éviter de faire un mouvement brusque qui pourrait l’effrayer. Elle lui rappelle Mouse, petit animal blessé qu’il faut approcher en douceur.

La deuxième partie du concert étant sur le point de commencer, il ne reste que quelques personnes qui attendent leur tour au bar. Il va donc s’accouder au comptoir et sort un billet de sa poche. Préoccupé, il ne quitte pas l’inconnue aux cheveux corbeau des yeux. Il est plus ou moins convaincu qu’elle va profiter de son absence pour détaler. Contre toute attente, elle reste là où elle se trouve. Le jeune homme laisse échapper un soupir soulagé. Il sait très bien qu’il l’aurait probablement suivie, même au risque de passer pour un fou furieux, ce qui aurait pu très mal se terminer. La barmaid surgit devant lui, coupant son contact visuel avec l’inconnue. Elle sourit, séductrice. « Déjà ? » Au moins t’auras eu du succès avec une femme ce soir. « Ce n’est pas pour moi, c’est pour mon… amie. » Le sourire de la barmaid fond comme neige au soleil. « Ah. Et qu’est-ce qu’elle veut ton amie ? » Le ton ne pourrait pas être plus glacial, mais la question est valable. Comme « j’en sais rien » n’est pas une commande très pratique, il choisit une vodka-jus d’orange. Difficile de faire plus classique et, surtout, difficile de se tromper. Dès que la barmaid s’est éloignée, il ramène son attention sur l’inconnue et il fronce aussitôt les sourcils. Deux hommes se sont approchés d’elle. En fait, ils se tiennent si près d’elle qu’elle est acculée contre le bar. Si elle avait eu l’air effrayée par les avances de Sid, ce n’est rien comparé à la terreur qui déforme son visage en ce moment. Le toc d’un verre qu’on dépose avec un peu trop de force sur un comptoir le fait sursauter. Il tend distraitement le billet à la barmaid et, sans se préoccuper de sa monnaie, se précipite vers l’autre côté du bar.

Il s’interpose sans gêne entre la jeune femme et les deux hommes. L’un des deux recule d’un pas, mais l’autre, un grand brun barbu, reste exactement là où il est, nez à nez avec Sid. Assez costaud, il fait néanmoins une demi-tête de moins que le tatoueur et ce dernier en profite pour se montrer intimidant. « Fichez-lui la paix. » L’autre plisse les yeux et sourit, arrogant. « Pourquoi ? Parce que tu comptes te taper Ivana Rose ce soir ? Désolé vieux, je l’ai vue avant toi. » Il y avait longtemps que Sid n’avait pas eu aussi envie de coller son poing à la figure de quelqu’un. Le corps tendu, prêt à la bataille, il serre le cocktail tellement fort entre ses doigts qu’il en a les jointures blanchies. Heureusement, le verre épais tient le coup sans éclater. En rassemblant toute sa volonté, il parvient néanmoins à se contrôler et à siffler une réponse à peu près posée entre ses dents serrées. « Non, parce qu’elle veut que vous lui fichiez la paix. » Ils se mesurent un long moment en silence, regard de glace plein de mépris contre regard brun rempli de colère. Finalement, c’est le deuxième homme, celui qui a fait un pas vers l’arrière, qui brise la tension. Il attrape son ami par le bras. « Allez viens mec, on se tire. Elle n’en vaut pas la peine. D’toute façon, c’est pas comme si tu savais pas ce qu’elle cache là-dessous. » Comme quoi une ordure en attire une autre. Sympa. Au bout de quelques secondes, l’homme obtempère finalement et accepte de suivre son ami vers la sortie. En passant la porte, il lance un dernier regard mauvais à Sid, qui sert toujours de bouclier à la jeune femme. Une fois qu’il est certain qu’ils sont bel et bien partis, il se retourne vers elle. Elle s’est laissée tomber sur son tabouret, sans doute trop secouée pour rester debout. Il dépose le verre sur comptoir et s’accroupit devant elle. « Ça va aller, ils sont partis. » Puis, sans vraiment réfléchir, il pose une main qui se veut réconfortante sur celle de la jeune femme.


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I see the real you. Even if you don't, I do. I do. And I'll show you the road to follow, I'll keep you safe till tomorrow, I'll pull you away from sorrow. I see the real you. Even if you don't, I do. I do. — three days grace .
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ÂGE : 23 ans.
SURNOM : Ash, Leen ou Lily par mes amis. Mais pour le reste du monde je suis Ivanna Rose.
STATUT : Je fuis ce à quoi j'aspire.
MÉTIER : Suicide Girl (modèle érotique), serveuse & danseuse burlesque
LOGEMENT : Appartement #353 à Redcliffe

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PETIT PLUS : Née en Irlande du Nord dans une famille très catholique, parle avec un accent gaélique prononcé. A troqué les rues pluvieuses de Belfast pour le soleil de Brisbane, mais son existence est toujours aussi grise. Se croit bonne à rien, si ce n’est à jeter son corps en pâture aux caméras. Faut bien payer le loyer et la dope destinée à anesthésier sa honte. Aisling se réfugie dans les morceaux de rock qui ouvrent son coeur à sa place. Parfois, elle couche sur le papier le tumulte de ses sentiments et se prends à les chanter timidement. Mal, elle trouve. Végétarienne, elle adore les animaux.
UN RP ? : Pas dispo pour le moment.
RPs EN COURS : DebraSidMartinSid & Harley
RPs EN ATTENTE : Lou ♡ Robin ♡ Derek ♡ Jordan ♡ Phoenix
PSEUDO : Whitefalls/Whitewolf
AVATAR : Mellisa Clarke
CRÉDITS : MØRPHINE, Neon Demon & tumblr
DC : Jameson & Kyte
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MessageSujet: Re: I'm only lonely when the music's over ♡ Sid   Dim 13 Nov - 20:25



I'm only lonely when the music's over,
lonely when you're going home.
Come, smash up your seats tonight. Sippin'on wine, I'm fine. The music keeps me up all night cause I'm full of lust. Come with us, run for your lives •• Hardcore Superstar


   Aisling déteste ça, ne pas savoir quoi faire. Et pourtant, ça lui arrive tout le temps. Alors en général, elle attend que d’autres prennent une décision à sa place. Bonne ou mauvaise, ce sera toujours mieux que ce que ce qui pourrait sortir de sa tête de linotte. Alors c’est peut-être pour ça qu’elle reste plantée là, les bras ballants, sans savoir si elle doit se fondre dans la foule ou disparaître dans la nuit. S’assommer de downers ou lutter encore un peu contre la promesse de quiétude que lui apportent ses petits cachetons. Jusqu’à ce que le grand brun se penche pour accrocher son regard. Elle résiste, un instant, les yeux obstinément planté vers le sol. Puis ils se perdent dans l’océan de ses prunelles d’acier liquide, et elle ne parvient plus à s’en détacher. Comme hypnotisée. Et il y a une telle compassion, une telle sincérité dans son sourire, qu’elle sent l’angoisse la quitter peu à peu. Exactement comme la fois où Phoenix l’a arrachée à ce réseau de prostitution pour l’enrouler dans une couette, bien en sécurité dans sa chambre d’hôtel. Il y a des gens comme ça qui ont un cœur en or. Et en cet instant, Aisling se dit que le type en face d’elle pourrait bien en faire partie. Alors quand il se propose à nouveau de lui apporter un verre, elle se contente de hocher la tête. Sans rien dire. Parce qu’il n’y a pas une once de séduction dans sa voix. Seulement de la sollicitude et une sincère préoccupation. Et aussi parce qu’elle n’a plus la force de lutter, de dire non. Elle le regarde s’éloigner, et les battements de son cœur ralentissent au même rythme que sa respiration. Si je veux partir, c’est le moment. Elle se dit. Et l’espace d’une seconde, elle est à deux doigts de le faire. Ce serait tellement plus simple. Son instinct lui dit de foutre le camp et de mettre les voiles. Mais son instinct, il est plutôt défaillant, et généralement il la mène droit dans le mur. Le souffle court, elle relève les yeux vers le généreux inconnu un peu plus loin au bar. Leurs regards se croisent à nouveau, et comme ça, elle sait qu’elle ne bougera pas jusqu’à son retour.

Une vague d’optimisme irait même jusqu’à la submerger. Peut-être que le beau brun est seul à ce concert et cherche simplement à lier une nouvelle amitié. Après tout, il n’a fait que lui témoigner du respect depuis le début. Même après qu’elle ait maladroitement repoussé ses avances. Et ça lui fait du bien, d’être considérée comme une personne humaine. Pas comme une poupée gonflable ou un bout de viande qu’on s’enfile quand on est en rade. Puis ça lui plairait, d’avoir un ami sympa. Parce que jusque-là elle n’a jamais eu beaucoup de chance. Mais son soulagement est de courte durée. Comme d’habitude, les nuages sombres ne sont jamais loin et ils couvrent à nouveau le ciel de son humeur. « Tiens te revoilà toi ! » Cette voix, Aisling la reconnaît aussitôt. Les battements de son cœur repartent de plus belle et elle se retourne pour découvrir sans surprise le grand brun barbu qui l’avait agrippée quelques minutes plus tôt. Celui-là même qui l’avait arrachée à l’extase du concert pour la plonger dans une crise de panique et de haine toute dirigée contre elle-même et ce semblant de métier qu’elle exerce. Oh non ! Elle pense tandis qu’il avance vers elle avec un sourire conquérant, celui qu’un prédateur adresserait à sa proie. Et c’est exactement comme ça qu’elle se sent : une proie.

- Ecoute, elle couine d’une voix peu assurée. Je ne cherche pas d’ennuis. Je veux juste profiter du concert.

La gorge serrée, elle recule contre le bar pour essayer de garder une distance plus ou moins confortable. Mais chaque pas qu’elle fait en arrière, il le comble d’un en avant. Bientôt, son souffle est sur son visage, exactement comme la première fois. Ses entrailles se tordent, sa tête tourne, et l’air lui manque. Insensible à sa terreur, le type continue, mais elle n’entend même plus ses paroles. Ce doit être une technique de protection. Plutôt pratique, mais moyennement efficace, parce qu’elle comprend vaguement que le type voudrait « juste se faire sucer la bite ». Ou quelque chose comme ça. Luttant contre la nausée, elle détourne la tête et place ses mains sur le torse de l’inconnu. Vaine tentative pour le repousser.

- Je sais pas ce que tu crois, mais je fais pas ces trucs-là.

Elle proteste mollement, sans grande conviction. Parce qu’elle fait bien semblant, sur ses photos. A se lécher les doigts en louchant sur la caméra. Elle le fait parce que c’est ces clichés-là qui récoltent le plus de clics. Ceux pour lesquels les photographes payent le plus cher. Alors dans le fond, qu’est-ce qui la différencie des nanas qui referment leurs lèvres autour des mecs qu’elles croisent dans la rue en l’échange de quelques billets ? Pas grand-chose. Et le type en face d’elle l’a bien compris. Sale pute. Sale pute. Sale pute. Elle se dit qu’elle le mérite. Que si elle était respectable comme on l’avait élevée, elle ne se retrouverait pas dans cette situation. Qu’on récolte ce qu’on sème. Et que les hommes sont des hommes. Qu’ils ne peuvent pas vraiment s’en empêcher, dans le fond. Elle ne réalise même pas à quel point sa vision du monde est biaisée. Comme ses préjugés la tuent à petit feu. Elle est trop aveuglée par son éducation, ses expériences, le dégoût qu’elle éprouve à son égard. Ça, et la terreur qui lui glace le sang, et qui monte crescendo alors qu’elle réalise qu’il n’y a pas d’issue possible, et qu’elle est totalement à la merci des deux inconnus. Jusqu’à ce que le grand brun de tout à l’heure s’interpose entre elle et ses agresseurs, et que, d’une voix ferme, il leur ordonne de la laisser tranquille. Incapable d’émettre le moindre son pour sa défense, Aisling observe la scène comme une spectatrice impuissante. Son cœur se serre lorsqu’elle entend le nom d’Ivana Rose. Elle aurait préféré que son nouvel ami ne l’entende pas. Qu’il ne connaisse pas cette partie d’elle-même. Mais son défenseur ne sourcille pas. Il continue de la défendre, et Aisling le trouve extrêmement courageux. Les hommes se toisent en silence, et elle les observe, anxieuse. La dernière chose qu’elle souhaiterait, ce serait qu’ils se battent à cause de cette histoire. Plutôt faire ce que le barbu dégueulasse veut d’elle plutôt que de mettre le tatoué aux yeux clairs dans une situation dangereuse.

Heureusement, les deux hommes finissent par décamper, non sans laisser échapper une énième remarque dégradante au passage. Une parmi tant d’autres déjà entendues depuis qu’elle s’est lancée dans cette stupide carrière. Et pourtant, celle-là fait plus mal. Peut-être parce que cette fois-ci, la véritable agression sexuelle n’est pas passée loin. Peut-être parce que trop de gens autour auraient pu l’entendre. Aisling n’en sait rien. Elle reprend brusquement conscience des émotions qui la rongent. L’air qui peine à circuler dans ses poumons. Le hoquet terrifié qui s’échappe de sa gorge serrée. Son corps secoué de tremblement et ses jambes qui se dérobent sous son poids. Elle s’agrippe au bar et se laisse retomber sur son tabouret, le regard vide et le visage pareil. Puis la voix de son sauveur s’élève, douce, à ses oreilles. Et cet éclat de gentillesse, dans ce monde de brute, ouvre brusquement les vannes. Sa main se resserre autour de celle de Sid tandis que ses yeux s’emplissent de larme. Puis, n’y tenant plus, elle passe ses bras autour de son cou, enfouissant son visage dans son épaule. Il semble hésiter, l’espace d’un instant. Puis elle sent ses bras se refermer autour de son corps secoué de spasmes. Alors Aisling s’accroche plus fortement encore à lui. Le regard des quelques personnes autour d’eux, le concert qui commence, plus rien n’a d’importance. Elle ne saurait dire combien de temps elle est restée comme ça, dans cette étreinte chaude et rassurante. Toujours est-il qu’elle finit par reprendre ses esprits. L’embarras est la première émotion logique qu’elle parvient à identifier. Elle s’éclaircit la gorge et s’écarte légèrement, un sourire contrit au coin de ses lèvres.

- Je suis désolée… elle dit en reniflant. Je crois que j’ai trempé ton tee-shirt.

Un petit rire nerveux s’échappe de ses lèvres, et elle croise ses bras contre son corps. Comme pour se protéger. Du froid qu’elle ressent brutalement, maintenant qu’elle s’est éloignée de l’étreinte de son compagnon. De sa gêne. Mais aussi pour faire une sorte de barrière entre eux. Elle prend une inspiration saccadée et essuie maladroitement ses yeux en essayant de ne pas étaler son maquillage. Puis elle réalise qu’elle doit probablement ressembler à un panda mouillé, alors que ça n’a pas vraiment d’importance.

- Tu n’étais pas obligé de faire ça. Elle ajoute en relevant les yeux vers lui. Mais je te remercie.

Du fond du cœur. Elle aurait bien aimé ajouter cette phrase là, mais elle n’ose pas. Alors elle laisse ses yeux clairs lui dire tout ça. Cette gratitude profonde qu’elle ressent à son égard. Son respect. Et une pointe d’admiration. Elle incline la tête et pince légèrement les lèvres en tendant une main devant elle, pour se rattraper de ces débuts minables et tenter de faire les choses proprement.

- Au fait, moi c’est Aisling. Elle hésite et tente sourire pour cacher son malaise, puis finit par ajouter : Ivana, c’est pas mon vrai prénom. C’est pas moi tout court, en fait.

Une partie d’elle réalise bien que c’est totalement incompréhensible, mais elle est encore trop sous le choc pour penser à expliquer sa pensée. Ou peut-être qu’elle préfère rester vague. Après tout, son protecteur pourrait bien ne jamais avoir entendu parler d’Ivana Rose. Et si c’est le cas, elle préfèrerait que cela reste ainsi.


black pumpkin & whitefalls


The truth is, you could slit my throat, and with my last gasping breath, I'd apologise for bleeding on your shirt.
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le tatoueur au coeur tendre

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MÉTIER : tatoueur, propriétaire de son propre salon, wild ink.
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MessageSujet: Re: I'm only lonely when the music's over ♡ Sid   Sam 19 Nov - 5:52



i'm only lonely when the music's over
aisling & sid

Elle agrippe la main de Sid avec le désespoir d’un noyé qui s’accrocherait à une bouée et éclate en sanglot. Dérouté, il l’observe en silence. Sa réaction n’a rien de surprenant, vu les circonstances, mais il ne sait pas comment agir pour autant. Sans lâcher la main de l’inconnue, il se redresse et, du bout du pied, rapproche un tabouret libre sur lequel il se perche. Au final, il n’a pas le temps de se poser trop de question parce qu’elle prend la décision pour lui : deux bras jaillissent de nulle part pour s’accrocher à son cou. Étonné, il ne réagit pas immédiatement et reste plutôt figé, les mains hésitantes. Ce sont des sanglots, audibles malgré la guitare électrique qui a repris ses droits dans la salle, qui le tirent de sa torpeur. Son instinct protecteur prend le dessus et il referme ses bras autour de la jeune femme. Elle est toute menue et il n’a aucun mal à l’envelopper dans son étreinte. Sa petite taille cache néanmoins une force surprenante : elle s’accroche tellement fort au cou de Sid qu’il en est presque endolori, mais le tatoueur ne proteste pas. La voir dans cet état lui donne envie de laisser échapper une bordée de jurons colorés. Il s’abstient néanmoins de le faire et murmure plutôt des paroles réconfortantes à l’oreille de l’inconnue, une cascade continue d’onomatopées et de bouts de phrase qui ne veulent rien dire. De toute façon, elle ne comprend sans doute pas grand-chose à travers ses pleurs. Il espère tout de même que le son de sa voix l’aidera à garder contact avec la réalité.

Il y a quelque chose de profondément surréaliste à tenir ainsi contre lui une parfaite étrangère, surtout dans l’atmosphère à nouveau survoltée de la salle. Quelques regards curieux se posent d’ailleurs sur eux, attirés par l’étrangeté de la scène. Sid les ignore superbement. L’opinion de tous ces gens le laisse parfaitement indifférent, ils peuvent bien penser ce qu’ils veulent. De toute façon, ce n’est pas comme s’ils allaient faire quelque chose. Une colère sourde lui remonte en travers de la gorge. Où étaient-ils, tous ces gens qui les dévisagent maintenant, alors que la jeune femme était acculée contre le bar ? Il lui avait fallu deux ou trois minutes pour rejoindre l’autre côté de la salle. Comment est-il possible que personne d’autre n’ait remarqué qu’elle était terrifiée, qu’elle était en danger ? Inconsciemment, il resserre son étreinte en imaginant ce qui lui serait arrivé s’il n’était pas intervenu, s’il ne l’avait pas remarquée, seule au bar, s’il était parti… Et pourquoi ? Parce qu’un imbécile s’imagine que le monde lui appartient, que les femmes lui doivent quelque chose, qu’il peut tout exiger et tout obtenir. Sid regrette de ne pas lui avoir collé son poing à la figure après tout. Dieu sait qu’il en avait envie, même si, au fond, l’autre ne valait même pas les phalanges contusionnées que Sid se serait mérité s’il avait laissé libre cours à sa colère. Les paroles de l’autre homme lui reviennent à l’esprit et, presque malgré lui, il se met à les décortiquer. C’était tout de même un commentaire étrange. L’inconnue ne connaissait visiblement pas l’imbécile. Comment, alors, l’aurait-il déjà vue nue ? Parce c’est ce qu’il insinuait, le tatoueur n’en doute pas un instant.

Il est distrait de ses pensées par la jeune femme qui s'écarte de lui. Il desserre immédiatement les bras et la laisse s'échapper, ne voulant pour rien au monde qu'elle se sente prisonnière après ce qui vient de se passer. L’air embarrassé, elle mentionne l'état pitoyable dans lequel se trouve le t-shirt de Sid. Étonné, ce dernier baisse les yeux et constate que le tissu est effectivement trempé. Dans le feu de l’action, il ne s’en était même pas rendu compte. Il hausse les épaules pour essayer de la mettre à l’aise. Ce n’est vraiment pas si grave, qu'un peu d'eau et de sel. Elle se replie quand même sur elle-même, comme si elle essayait de se réchauffer ou, peut-être, de disparaître. Il regrette d’avoir profité de la chaleur du printemps pour se balader sans veste parce qu’il l’aurait déposée sur les épaules de l’inconnue sans hésiter. « Tu n’étais pas obligé de faire ça, mais je te remercie. » Elle a sans doute raison. C’est vrai qu’il aurait pu s’en aller, ignorer sa détresse et la laisser se débrouiller toute seule. D’autres personnes l’auraient fait et il aurait pu le faire aussi. Il a pourtant choisi de rester, non pas parce qu’il voulait jouer les héros ou qu’il se sentait particulièrement brave, mais plutôt parce qu’à ses yeux, c’était la seule chose à faire, aussi évidente que le nez au milieu du visage. Et, du reste, la jeune femme lui paraît véritablement sympathique. Il ne connaît encore presque rien d’elle, mais il a l’impression qu’elle a passé sa vie à se battre pour survivre sans même se rendre compte que c’est ce qu’elle faisait. Ses grands yeux se sont posés sur lui et ne le quittent plus. Il a rarement vu des prunelles si expressives : dans les iris gris, il perçoit sans mal un mélange de soulagement et de reconnaissance. Il sourit. « Ce n'est rien. »

Main tendue, elle se présente enfin. Son accent chantant avait trahi ses origines irlandaises, mais son prénom vient confirmer ce que Sid avait déjà deviné. Il n’en faut pas beaucoup plus pour que le tatoueur se questtionne. Comment s’est-elle retrouvée ici, en Australie ? Depuis combien de temps habite-t-elle à Brisbane ? Songe-t-elle à retourner en Irlande un jour ? Ce n’est rien, pourtant, comparé à la vague de curiosité qui l’envahit en entendant les prochaines paroles d’Aisling. Confus, il penche la tête comme si ça allait l’aider à mieux comprendre. Mais qu’est-ce qu’elle raconte ? À l’entendre parler, on croirait presque qu’elle a une double identité. Et encore ce prénom, Ivana, le même que l’imbécile a utilisé… Il ne comprend rien, ce qui l’agace profondément. En fait, il ne serait pas moins perdu s’il devait terminer un puzzle dont il aurait égaré quelques pièces dans les coussins du canapé. Il accepte tout de même de serrer la main tendue de la jeune femme et se présente à son tour. « Moi, c’est Sid. » L’espace d’un instant, il songe à ajouter juste Sid, puis se ravise, incertain que la pointe d’humour serait bien reçue étant donné le malaise bien réel qu’il a perçu chez Aisling.

En retirant sa main, il aperçoit un flash de couleur sur la cuisse de la jeune femme. Entre les mailles de son collant, il reconnaît la silhouette d’une pinup et il se penche un peu pour mieux voir. Le tatouage est magnifique, des traits sûrs et réguliers qui donnent du relief au corps jusqu’aux couleurs vibrantes qui l’habillent. Le visage aux traits fins de la fille lui rappelle vraiment quelque chose. Tu dois en avoir dessiné une semblable. « C'est un très beau tatouage.» Il désigne d’un geste vague de la main l’encrage, qu’il n’arrive pas à quitter des yeux. Non, ce n’est pas juste qu’il en a déjà dessiné un semblable. C’est celui-là qu’il a déjà vu quelque part. Mais où? Sur Internet, en cherchant des références ? « Je… » Il veut ajouter quelque chose, expliquer, peut-être, qu’il est lui-même tatoueur, mais il n’arrive plus à se souvenir de ce qu’il voulait dire et il continue à fixer la cuisse d’Aisling, le cerveau désespérément préoccupé par ce tatouage qu’il a… vu dans un magazine. « Oh. » Oh. Devant ses yeux surgit l’image d’une femme qui, étendue sur un drap de soie, sourit d’un air séducteur, ses seins dénudés bien en évidence. « Tu… » Comme si un univers parallèle particulièrement tordu venait d’entrer en collision avec la réalité, il voit le visage de la femme fatale – Ivana – se superposer à celui de la timide Aisling. Soudain, il comprend tout. Il vient de retrouver les pièces manquantes de son puzzle, mais l’image qu’il a reconstituée n’est pas du tout celle à laquelle il s’attendait. Et, surtout, il comprend qu’en fait, il ne vaut pas beaucoup mieux que les deux hommes qu’il a chassés du bar.

Sonné, Sid se détourne et attrape le verre qu’il avait laissé sur le comptoir. En regrettant que la quantité soit si minime, il avale d’un coup ce qu’il reste d’alcool. Il suppose que ça n’aurait pas dû le surprendre à ce point-là. Après tout, ce n’est pas comme si les deux hommes avaient été particulièrement subtils dans leurs commentaires. Un peu revenu de sa surprise, il jette un coup d’œil sur sa droite et croise le regard de la jeune femme. La trahison et la douleur qui tourbillonnent dans les prunelles grises le clouent sur place. Le malaise de Sid n'a évidemment pas échappé à sa nouvelle amie, mais il est presque certain qu’elle se méprend sur ce qui l’a provoqué. Il regrette d’avoir vu une partie d’Aisling qui ne lui appartenait pas du tout, même en sachant qu’elle a sans doute pris ces clichés en toute connaissance de cause. Il prend une grande inspiration pour se donner une contenance. « Je suis tatoueur. C’est pour ça que ton tatouage a attiré mon attention. Il est vraiment réussi. » Le pire dans cette histoire, c’est que même dans les pages luisantes du magazine, c’est ce même tatouage qui a attiré son attention, pas les… atours du mannequin. D’Aisling. La musique lui paraît insoutenable tout à coup. Il voudrait mieux s’expliquer, mais il n’arrive pas à penser clairement avec la pulsation incessante de la basse qui résonne dans sa tête. Il passe une main dans sa chevelure, repoussant les mèches rebelles vers l’arrière. « Veux-tu aller prendre l’air ? Je fumerais bien une clope. » Voilà qui saurait calmer ses nerfs encore à vif au moins aussi bien que l’alcool. « Sinon, il y a un petit resto sympa au bout de la rue. On pourrait aller manger un morceau. »


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ÂGE : 23 ans.
SURNOM : Ash, Leen ou Lily par mes amis. Mais pour le reste du monde je suis Ivanna Rose.
STATUT : Je fuis ce à quoi j'aspire.
MÉTIER : Suicide Girl (modèle érotique), serveuse & danseuse burlesque
LOGEMENT : Appartement #353 à Redcliffe

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PETIT PLUS : Née en Irlande du Nord dans une famille très catholique, parle avec un accent gaélique prononcé. A troqué les rues pluvieuses de Belfast pour le soleil de Brisbane, mais son existence est toujours aussi grise. Se croit bonne à rien, si ce n’est à jeter son corps en pâture aux caméras. Faut bien payer le loyer et la dope destinée à anesthésier sa honte. Aisling se réfugie dans les morceaux de rock qui ouvrent son coeur à sa place. Parfois, elle couche sur le papier le tumulte de ses sentiments et se prends à les chanter timidement. Mal, elle trouve. Végétarienne, elle adore les animaux.
UN RP ? : Pas dispo pour le moment.
RPs EN COURS : DebraSidMartinSid & Harley
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MessageSujet: Re: I'm only lonely when the music's over ♡ Sid   Sam 19 Nov - 20:51



I'm only lonely when the music's over,
lonely when you're going home.
Come, smash up your seats tonight. Sippin'on wine, I'm fine. The music keeps me up all night cause I'm full of lust. Come with us, run for your lives •• Hardcore Superstar


 Sid. Le nom la fait sourire, parce que ça lui rappelle immédiatement un de ses films préférés, qui retrace la relation tumultueuse entre le bassiste des Sex Pistols et la groupie Nancy Spungen. Ces personnages l’ont toujours un peu fascinée, et ce même si elle n’accroche pas particulièrement avec les sonorités punk old school du groupe britannique. C’est intense, c’est sombre, et c’est culte. C’est aussi un des trucs qui lui ont évité de tomber dans le piège de l’héroïne. Ça et le livre de Nikki Sixx sur sa descente aux enfers. Aisling a beau être une camée, elle essaie de prendre le moins de risques possibles. En s’en tenant à des cachetons pharmaceutiques pour la dépression ou l’anxiété. C’est moins dangereux, elle se dit, comme c’est normalement prescrit par des médecins. Evidemment, ce n’est pas son cas, à elle. Elle achète sur le marché noir ou directement auprès du type un peu louche de la pharmacie de Toowong. En général il lui fait un rabais si elle lui laisse voir ses seins. Alors elle le fait, parce qu’elle n’est plus à ça près. Et que de toutes les façons, les petites pilules blanches l’aideront à noyer sa honte et son dégoût. N’y penses pas, n’y penses pas, n’y penses pas ! Elle se supplie intérieurement, maudissant ses pensées qui semblent toujours trouver le chemin sinueux jusqu’à la noirceur de son âme, pour tout faire remonter à la surface. Ses yeux accrochent le visage de Sid, et elle se dit que si elle parvient à se concentrer sur lui, et sur ses paroles, elle pourra peut-être garder ses démons à distance. Mais au moment où cette pensée lui traverse l’esprit, le jeune homme se penche… vers sa cuisse. La gorge serrée, Aisling s’immobilise, comme un lapin pris dans les phares d’une voiture. Mal à l’aise, elle tire légèrement sur son short, comme pour le redescendre un peu plus sur ses jambes seulement recouvertes d’un collant en résilles à mailles fines. Aisling, elle n’aime pas beaucoup qu’on la regarde en temps normal. Mais quand c’est son corps qui attire l’attention, c’est pire. T’avais qu’à mettre un pantalon et pas t’habiller comme une putain ! L’envie de fuir la prend à nouveau, mais la pression sur sa poitrine se relâche légèrement quand Sid complimente son tatouage.

- Oh. Oui… merci. Je l’ai fait à Dublin.

Elle explique d’une voix un peu hésitante. En temps normal, ça ne lui dérange pas de montrer les dessins encrés qui décorent son corps. De toute sa physionomie, c’est ce qu’elle préfère, Aisling. Et parfois, elle se dit qu’elle aimerait en être recouverte, pour se cacher derrière. Ou quelque chose comme ça. Sauf que là, elle voit bien que Sid ne l’écoute plus vraiment, trop plongé dans sa contemplation du tatouage… sur sa cuisse. Pourquoi est-ce qu’il ne relève pas les yeux ? L’anxiété revient au galop. Elle se demande brusquement si son tatouage a bien été fait dans les règles de l’art ou si son tatoueur a volé une image sans la prévenir pour créer sa pinup. Une femme que connaîtrait Sid. C’est complètement loufoque ma pauvre idiote ! Au final, la réponse est plus simple. Le grand brun hésite, semble chercher une information dans sa mémoire, et puis brusquement, son regard change. Quand il relève les yeux, Aisling a l’impression que ses prunelles océan la transpercent, littéralement. Il n’a pas besoin de dire un mot de plus. Elle sait. Qu’il voit à travers Aisling et regarde droit dans les yeux d’Ivana. Elle le sent parce que les mecs ne la regardent jamais pareil une fois qu’ils ont fait le rapprochement. Au moins, les yeux de Sid ne sont pas devenus lubriques comme ceux des autres. Mais la gêne qui s’en dégage est presque pire, parce qu’Aisling n’a pas l’habitude de faire face à ce genre de situation. Le cœur lourd, elle le regarde se détourner et se réfugier dans un fond de verre. Dans le fond, elle ne peut pas le blâmer. Elle ferait volontiers la même chose. Boire pour oublier tout ça. Où s’enfiler du Xanax à haute dose. Avec un peu de valium. Et une gorgée de vodka. Pour être sûre. Elle secoue la tête avec un soupir, ses prunelles toujours braquées sur son compagnon. Au fond, elle ne sait pas trop ce qu’elle ressent. La déception, certainement. Un instant, elle a eu l’espoir que Sid ne fasse pas partie de ces mecs qui lui parlent parce qu’ils ont léché le corps d’Ivana de leurs yeux en ligne. Mais une fois de plus, elle s’est plantée. Et ça l’attriste bien plus qu’elle ne l’aurait imaginé. Elle réalise qu’elle ne pourra probablement jamais rencontrer un type bien. Un mec qui ne la prendrait pas pour un bout de chiffon qu’on regarde, qu’on tripote et qu’on jette juste après pour qu’un autre l’utilise. Et ça lui fait mal dedans. Quand Sid relève la tête, leurs regard se croisent un instant, et Aisling fini par se détourner. Les mains entre ses cuisses comme pour les réchauffer, les épaules rentrées. Prostrée. Pour tenir le moins de place possible. Parce que tout ce qu’elle voudrait en cet instant, c’est disparaître. Je n’aurais jamais dû sortir ce soir. Tout d’un coup, même la performance d’Hardcore Superstar ne semble pas contrebalancer les émotions merdiques qu’elle ressent désormais. Et puis Sid reprend la parole, et les mots qui s’échappent de ses lèvres ravivent une once d’espoir en elle. Farouchement, elle relève les yeux dans sa direction, essayant de lire la sincérité dans son regard.

- Euh… merci.

Elle marmonne, incertaine. Etonnée, elle l’écoute lui proposer d’aller prendre l’air. Se fumer une clope ou aller manger un morceau dans un restaurant au bout de la rue. Ses sourcils se froncent légèrement alors qu’elle étudie ses traits. Elle ne s’attendait pas à ça. A ce qu’il lui propose une activité normale et la traite avec respect. Elle saurait probablement mieux comment réagir s’il lui avait proposé de la suivre dans les toilettes douteuses de la salle de concert. Ou dans le motel minable du coin de la rue. Mais non. Aisling réalise que la surprise passée, Sid se comporte avec elle exactement comme il se comportait déjà avant que les deux types ne rappliquent. Avant qu’il ne pose ses yeux sur son corps et reconnaisse Ivana. Et quelque part, ça la déstabilise encore plus. Mais quelque chose en elle lui dit d’accepter, de le suivre. Il a l’air gentil. Il a l’air sincère. Et surtout, elle se sent en sécurité à ses côtés. Et là, en cet instant, c'est ce à quoi elle aspire le plus, la sécurité.

- Je t’avoue que je n’ai pas trop envie de rester ici.

Elle finit par laisser échapper, la mine toujours boudeuse malgré le maigre sourire qui tente d'étirer ses lèvres. Elle se redresse fébrilement et emboite le pas de Sid à l’extérieur de la salle. Une fois à l’air libre, elle se sent déjà moins oppressée par le bruit et la proximité des gens. Elle prend une grand inspiration, tapote ses doigts contre le mur en béton tandis que Sid protège une cigarette de ses mains pour l’allumer. Elle inspire la fumée, parce qu’elle a toujours bien aimé l’odeur, étrangement. Lèvres pincées, elle observe son compagnon. Elle a bien envie de le suivre dans le restaurant, de prendre un plat avec un ami. D’autant que ce serait son premier de la journée, et qu’elle sent déjà son estomac se contracter en la suppliant de le remplir. Mais elle oublie souvent de manger, Aisling. Autant parce qu’elle est trop camée que parce qu’elle se dit qu’elle ne doit surtout pas prendre un gramme. Elle ne réalise même pas comme son système de pensée la détruit à l’intérieur. Elle jette un coup d’œil en biais à Sid et se racle la gorge en passant maladroitement une main dans sa courte chevelure brune, pour se donner constance. Pour s’armer de courage.

- Mon tatouage. Tu l’avais déjà vu avant, pas vrai ? Alors je me demandais... si tu te souviens où ?

Elle demande finalement d’une traite. Parce qu’il faut qu’elle sache. Si le type en face d’elle est réellement un tatoueur passionné d’art corporel. S’il est le genre à feuilleter les magazines de tatouage ou les sites érotiques en ligne. Et pourtant, elle a un peu peur de sa réponse. Peut-être parce qu’elle a profondément envie de croire en sa sincérité. De se dire qu’il y a encore des types sur terre qui sont capable de la regarder pour autre chose que sa poitrine et son postérieur. D'avoir envie de lui proposer un verre, ou un dîner, pour d'autres raisons que celles qu'on trouve un peu partout sur les sites alternatifs.
 


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le tatoueur au coeur tendre

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MessageSujet: Re: I'm only lonely when the music's over ♡ Sid   Mar 22 Nov - 6:15



i'm only lonely when the music's over
aisling & sid

En l’espace de quelques minutes, l’atmosphère de la salle, que Sid trouvait si accueillante à son arrivée, s’est transformée en une chape de plomb qui pèse sur lui et l’empêche de respirer. Tout l’agresse : la cascade de lumières trop brillante qui déborde de la scène, la moiteur de l’air, la musique, trop intense et trop forte, et, surtout, la masse grouillante de la foule qui s’agite inlassablement à quelques pas de lui. Il accueille donc avec soulagement la réponse favorable d’Aisling, qui, elle aussi, a l’air de se sentir coincée dans le bar bondé. Il se lève sans doute un peu trop brusquement parce que le tabouret vacille sur ses pattes quelques secondes avant de s’immobiliser, mais le tatoueur l’ignore complètement. Il se dirige vers la porte du bar, d’abord d’un pas posé, puis de plus en plus rapidement, comme si les ondes sonores le pourchassaient. Il finit enfin par pousser la porte, et c’est comme s’il crevait la surface de l’eau après avoir nagé un long moment en apnée. L’air printanier le frappe de plein fouet et entre en rafale dans ses poumons. À chaque inspiration, le poids qui lui opprimait la poitrine s’amenuise un peu plus jusqu’à enfin disparaître. Sid retourne s’adosser contre le mur, presque à l’endroit exact où il se tenait juste avant d’entrer dans la salle. Il plonge une main dans la poche de son jeans. Ses doigts se referment aussitôt sur un paquet de cigarettes un peu abîmé. Il en sort une de l'emballage cartonné et la glisse entre ses lèvres, puis tend le paquet à Aisling, offrande silencieuse qu’elle accepte sans rien dire. Le paquet retourne dans sa poche, échangé contre un briquet en plastique fluo, cadeau de Caroline. En protégeant la flamme vacillante d’une main, il observe de biais la jeune femme qui l’accompagne. À vue de nez, elle doit avoir à peu près le même âge que sa sœur. Cette pensée lui tord désagréablement l’estomac, aussi décide-t-il de ne pas pousser la réflexion plus loin.

La première bouffée de fumée est toujours la meilleure, celle qui agit comme un calmant et lui délie les nerfs. Il n’est pas idiot, il sait très bien que c’est toxique, que ça finira bien par le tuer un jour et qu’il devrait arrêter avant qu’il ne soit trop tard. Sauf qu’il ne sent pas tout à fait prêt à dire adieu à ce petit réconfort, tout artificiel qu’il soit. Les yeux mi-clos, il savoure donc la première latte de sa cigarette avant de tendre le briquet à Aisling. Ils fument un moment ensemble dans un silence pas tout à fait confortable, mais pas désagréable pour autant. Du coin de l’œil, il voit la jeune femme qui s’agite comme si elle cherchait ses mots. De son côté, il attend, le regard obstinément collé au bitume humide.

Le malaise qu’il a ressenti en reconnaissant le tatouage l’a pris par surprise. Ce n’est pas d’avoir vu une paire de seins – du reste, fort jolis, s’il doit être honnête avec lui-même – qui le perturbe. Il n’est tout de même pas un saint et, comme la plupart des gens, il s’est déjà promené dans les recoins plus… trash d’Internet. Non, ce qui l’a véritablement dérangé, même s’il ne s’en est pas rendu compte sur le moment, c’est l’écart d’attitude entre la personne qu’il a aperçue dans les pages de ce magazine et celle qui se tient en ce moment devant lui. Il n’a aucun mal à croire que la fille du magazine, avec son sourire aguicheur et son regard lascif, aime ce qu’elle fait et n’éprouve aucune gêne à s’exposer de cette façon au monde entier. Aisling, la timide jeune femme qui s’est enfoncée dans sa panique simplement parce qu’on lui offrait un verre, est à mille lieux de cette beauté fatale et il n’arrive pas à imaginer un univers dans lequel elle se plairait à prendre ces photos. Elle a dit, Ivana, c’est pas moi, et il la croit. D’ailleurs, il songe qu’il faudrait être particulièrement aveugle pour ne pas s’en rendre compte. Pourtant, il s’agit bien de la même personne et c’est exactement ça le problème : il pourrait regarder toutes les photos érotiques du monde sans éprouver le moindre malaise s’il était certain que le sujet de la photo voulait se faire prendre en photo. Comme Ivana. Sauf qu’Ivana n’existe pas, pas vraiment. Il n’y a qu’Aisling. Aisling, qui aurait visiblement préféré garder son secret. D’une certaine façon, il a l’impression d’avoir violé son intimité en voyant cette photo. C’est absurde, il le sait. Il ne la connaissait pas après tout. Ce n’est pas comme s’il rentrait chez lui ce soir et allait rechercher ses photos. Ça ne rend pas sa conscience plus nette pour autant.

« Mon tatouage. Tu l’avais déjà vu avant, pas vrai ? Alors je me demandais... si tu te souviens où ? » Sid relève brusquement la tête. La jeune femme attend sa réponse en posant un regard suppliant sur lui. Hésitation. Flottement. Ce serait si facile de lui mentir. De lui répondre qu’il a oublié. De traficoter la vérité pour la rendre un peu moins moche. Le pavé attire son regard comme un aimant tandis qu’il pose une main crispée sur sa nuque. Aisling le dévisage toujours, il le devine sans même le voir parce qu’il ressent physiquement le poids de ses prunelles grises. Oui, il pourrait lui mentir, mais elle le saurait, il en est convaincu, comme il est convaincu qu’il perdrait le peu de confiance qu’il a réussi à accumuler jusqu’à maintenant. Toujours hésitant, il expulse une bouffée de fumée grise et jette d’une chiquenaude les cendres qui se sont accumulées au bout de sa cigarette, parfaitement conscient d’être en train d’essayer de gagner du temps. Et mal en plus. « J’ai vu une photo de toi dans un magazine de tatouages. Ça fait un moment, je ne me souviens pas exactement lequel. Tu… » Il s’interrompt brusquement et passe une langue nerveuse sur ses lèvres sèches, s’arrêtant une fraction de seconde plus longtemps sur le piercing qui orne sa lèvre inférieure. Maintenant qu'il y repense, il a sans doute vu la photo dans l'un des nombreux magazines qu’Andrew achetait pour les clients. Sid les feuilletait parfois pour passer le temps quand le boulot se faisait plus rare. « Tu es étendue sur le dos et tu… ne portes pas grand-chose. » Bonjour l’euphémisme! « Et ton tatouage est bien en évidence. C’est en fait ce qui a accroché mon œil. » Un petit rire sans joie s’échappe de ses lèvres. Il ne se trouve pas particulièrement convaincant, comme ces hommes qui affirment lire Playboy pour les articles. En soupirant, il passe une main lasse sur son visage et relève la tête. Son regard croise celui d’Aisling, qu’il soutient sans broncher cette fois. Il espère qu’elle pourra y lire toute sa sincérité. « Je n’ai pas fait exprès de tomber sur ta photo et je ne pensais certainement pas te rencontrer un jour. » Maintenant qu’il a tout dit, il se sent un peu mieux. Il tire une dernière latte de son reste de clope et jette le mégot sur le sol, puis enfonce ses mains dans ses poches. « Alors, on va manger ou pas? Ça serait dommage de ne pas y aller, ils font les meilleurs milk-shakes de la ville. » Il sourit nonchalamment pour camoufler le fait que son cœur bat trop vite et que ses paumes sont moites. La réaction d’Aisling le préoccupe vraiment, plus qu'il ne voudrait l'admettre. Et si la vérité n'avait pas suffit?


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MessageSujet: Re: I'm only lonely when the music's over ♡ Sid   Mar 22 Nov - 21:56



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 Aisling tire nerveusement sur la cigarette entre ses lèvres en observant Sid. Elle voit bien qu’il n’est pas totalement à l’aise avec sa question. Et d’un autre côté, elle ne voit pas comment il pourrait en être autrement. C’est bien son genre, à elle, de faire une montagne de pas grand-chose. D’aller jeter un froid sur un moment qui aurait pu être plus détendu. Elle baisse les yeux en agitant nerveusement sa jambe droite. Si t’avais pas un « métier » aussi merdique, t’en serais pas là, sombre idiote. Sa gorge se serre et une vague de culpabilité la submerge. Aisling s’en veut de mettre Sid dans cette situation, de devoir s’expliquer. Lui prouver qu’il n’est pas comme les deux types immondes qui la harcelaient quelques minutes plus tôt. Elle sait bien qu’il ne mérite pas ça. Que c’est de sa faute, à elle, si ses yeux se sont posés sur son tatouage dans un magazine, ou sur internet. Et s’ils n’ont pas vu que ça. Mais malgré cette certitude, elle ressent quand même le besoin de creuser davantage. Peut-être par simple curiosité. Ou pour savoir quel pourcentage de la vérité Sid a ainsi découvert. Lorsqu’il reprend enfin la parole, elle laisse une sorte de sourire rassuré se dessiner fébrilement sur ses lèvres. Les photos d’elle que l’on peu voir dans les magazines de tatouages sont généralement moins osées que celles qui circulent en ligne. Même si son but est évidemment toujours de fournir une sorte de fantasme aux hommes qui posent leurs yeux sur ces pages imprimées, l’accent est alors mis sur les tatouages plus que sur ses attributs féminins. Et ça la dérange moins, étrangement. Aisling adore ses tatouages, et elle n’a aucune honte à montrer l’art qui décore son corps. Elle ravale néanmoins une partie de son soulagement lorsque Sid poursuit en décrivant un peu plus la photo en question.

- Ah… je vois.

Elle laisse échapper, en se détournant nerveusement. Parce qu’elle voit très bien la photo à laquelle il fait allusion, tout d’un coup. Et celle-ci dévoile très franchement certaines parties de son anatomie qu’elle aurait préféré garder secrètes aux yeux de son nouveau camarade. Le mieux serait que tu acceptes que ton corps ne t’appartient pas et qu’il n’a plus rien d’intime pour personne. Sa propre voix claque comme un coup de fouet et elle encaisse le coup du mieux qu’elle peu. C’est-à-dire pas très bien. Ses dents mordent ses lèvres, vaine tentative visant à distraire son esprit et l’empêcher de glisser plus encore sur la pente de l’auto dénigrement et de honte. C’est le moment que Sid choisit pour lui assurer que c’est le tatouage, et pas le reste, qui a attiré son attention. Dubitative, Aisling relève les yeux vers lui et leurs regards se croisent l’espace de quelques secondes. Et là, elle ne sait pas trop pourquoi, mais un rire nerveux s’échappe de ses lèvres. Peut-être parce que l’explication de Sid est franchement douteuse. Et malgré tout, elle voit bien dans son regard qu’il est profondément sincère. Il continue en baragouinant qu’il n’a pas fait exprès de tomber sur cette photographie et qu’il ne pensait jamais la rencontrer, alors Aisling finit par hocher la tête en silence, un petit sourire entendu sur les lèvres. Etrangement, cette explication lui convient.

- Désolée pour ça...

Pour quoi ? Elle n’en est pas vraiment certaine, mais elle se dit qu’il doit bien y avoir une raison. Lui avoir imposé la vue de son corps dans un magazine. S’être fait passer pour ce qu’elle n’était pas, au bar. Ne pas être capable de se défendre toute seule. L’avoir mis mal à l’aise avec cette question, et cette situation dont elle est la seule responsable. Un peu tout à la fois et rien en même temps. Aisling aspire la dernière bouffée de sa cigarette et écrase le mégot sous la pointe de son pied. Elle enfonce ses mains dans les poches de son mini short et jette un coup d’œil dans la direction de Sid. A vrai dire, elle s’attend presque à ce qu’il ajoute qu’il ne savait pas qu’elle était « propriété publique » lorsqu’il lui avait promis un verre puis lorsqu’il l’avait défendue. Elle se doute bien que maintenant qu’il sait la vérité sur elle, il va vouloir se tirer et se trouver une nana plus respectable avec qui passer la soirée. Alors pour lui éviter une sortie embarrassante, elle s’apprête à lui dire qu’elle est fatiguée et qu’elle doit rentrer. Elle ouvre la bouche pour sortir son petit discours répété, mais Sid lui coupe le clapet en lui re-proposant d’aller manger un morceau ensemble.

- Mais oui, avec plaisir !

Elle dit un peu trop précipitamment, tant elle est surprise qu'après tout ça le beau brun ait encore envie de passer un peu de temps avec elle. Le rose lui monte à nouveau aux joues, mais de joie, cette fois. Et un véritable sourire s’installe presque confortablement sur ses lèvres rouges.

- En plus ça fait super longtemps que je n’ai pas goûté de milk-shake.

Elle ajoute avec un petit rire. Sur le moment, ça lui semblait être une information capitale. Mais alors que leurs pas se dirigent vers le restaurant dont Sid parlait, Aisling réalise que c’était probablement surtout pour combler et empêcher au malaise de retomber sur eux. Ou au sérieux. Sauf qu’à mesure que leurs pas les éloignent de la salle de concert, elle sent qu’elle a encore un truc sur le cœur et qu’il va bien falloir que ça sorte, un jour où l’autre. Alors elle s’éclaircit la gorge et jette un coup d’œil incertain dans la direction de son compagnon.

- Je suis désolée de m'être mal comportée avec toi, tout à l'heure. Elle prend une inspiration, comme pour se donner du courage, et continue : normalement, personne ne vient me proposer un verre sans connaître ma facette Suicide Girls. Et en général ceux-là ne sont pas vraiment du genre à me proposer un milk-shake dans un restaurant sympa. Du moins pas de ce type de milk-shake là...

Elle explique avec un rire nerveux et un peu triste à la fois. Puis elle laisse sa phrase en suspens, hésitant une seconde à ajouter les mots qui s’emmêlent dans sa gorge. Au final, c’est en croisant à nouveau le regard de Sid qu’Aisling trouve la force d’achever son mea-culpa, et les mots glissent timidement hors de ses lèvres.

- T’es vraiment quelqu’un de bien… et j’ai pas l’habitude.    
 


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le tatoueur au coeur tendre

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MessageSujet: Re: I'm only lonely when the music's over ♡ Sid   Mar 29 Nov - 5:53



i'm only lonely when the music's over
aisling & sid

Aisling a beau être l'une des personnes les plus expressives que Sid ait rencontrées dans sa vie, il a tout de même de la difficulté à décoder les émotions qui passent à toute vitesse sur son visage. L'espace d'un instant, il a cru reconnaître une pointe de soulagement, mais elle a été rapidement remplacée par autre chose, une autre émotion plus sombre et plus difficile à identifier. Le suspense est intenable. Son cœur se débat avec une telle violence dans sa poitrine que ses battements lui remontent jusque dans les tempes. Croit-elle à son explication ? En cet instant, ça lui semble d’une importance capitale, même s’il ne sait pas exactement pourquoi. Peut-être parce que, pressée contre le bar, elle était aussi résignée que terrifiée et qu’il voudrait qu’elle sache que pas tous les hommes sont aussi dégueulasses que les deux qui l’ont embusquée. Elle sourit enfin, indulgente. Le nœud qui lui pesait sur l’estomac se dénoue d’un coup et le tatoueur se remet à respirer normalement, sincèrement soulagé. Elle s’excuse, ce qui lui vaut un haussement de sourcil de la part de Sid qui, étonné, ne comprend même pas exactement pourquoi elle s’excuse. Parce qu'il a vu une photo osée d'elle ? Ce n'était tout de même pas une expérience traumatisante, juste un peu embarrassante. Et puis, ce n'est pas comme si l'un ou l'autre avait fait exprès pour que ça se produise. Parce qu'elle s'est presque fait agresser alors ? Ce serait absurde ! Ce n'est tout de même pas la faute d’Aisling s'il y a des imbéciles partout, et encore moins si les imbéciles en question ne savent pas faire la différence entre la réalité et les belles images qu'ils regardent en ligne. Parce qu'il s'est porté à sa défense ? Il ne l’a certainement pas fait parce qu’elle l’a demandé : même en danger, elle n’a rien dit. De toute façon, même si c'est vrai qu'il s'est assagi depuis quelques années, ça n'aurait pas été sa première bataille de bar. Au moins, cette fois-ci, il aurait eu une raison valable de casser la gueule d'un type, ce qui n’était pas forcément le cas à l’époque. Faute de savoir laquelle de ces affirmations ridicules réfuter, il se contente de balayer l’air de la main, comme s’il chassait ses excuses.

Elle répond un peu trop vite à son invitation pour que ça soit naturel. En fait, il aurait presque juré qu'elle s'apprêtait à dire quelque chose avant qu'il ne reprenne la parole. Il lui sourit. La jeune femme semble vraiment heureuse de l'invitation, du genre de joie-surprise que l'on ressent en apprenant qu’après tout, on pourra participer à quelque chose qui nous faisait vraiment envie. Et, pour au moins la dixième fois de la soirée, il se demande ce qui lui passe par la tête. Elle l'intrigue toujours autant, le déroute à tous les tournants sans même essayer de le faire. Il espère qu’en discutant avec elle, il arrivera à décortiquer ses paroles et ses gestes pour mieux la comprendre. Il a toujours été curieux de nature. Les gens en particulier l'ont toujours fasciné : il aime comprendre comment les autres pensent, ce qu'ils aiment, ce qui les motive… D'ailleurs, c'est probablement l'une des raisons pour lesquelles il aime autant s'installer sur la plage ou sur un banc de parc pour dessiner les passants. En recopiant leurs traits sur le papier, il leur imagine parfois une vie meublée de tragédies ou de bonheurs en s’inspirant des rides qui marquent les visages. D’y penser lui donne envie de dessiner tout à coup et il regrette de ne pas avoir apporté son matériel. Ça lui arrive tellement rarement de se promener sans l’un de ses carnets qu’il ne s’y habitue pas.

Comme Aisling, il enfonce ses mains dans les poches de son jeans avant de prendre le chemin du resto. « En plus, ça fait super longtemps que je n'ai pas goûté de milk-shake. » Sid laisse échapper un tut-tut désapprobateur en hochant la tête. « Après avoir goûté à ceux-là, tu ne pourras plus t’en passer, je te le jure. » Ils marchent ensemble un moment, précédés par l’écho de leurs pas qui résonnent sur le pavé de la rue presque vide. Puis, la voix timide de la jeune femme s’élève dans le silence. Sid lui jette un coup d'œil en coin. Sa joie s’est évaporée pour laisser de nouveau la place au malaise. Il la laisse parler jusqu’à ce qu’il soit certain qu’elle a bien terminé d’exprimer sa pensée pour ne pas la dissuader de parler. «  T’es vraiment quelqu’un de bien… et j’ai pas l’habitude. » Ce dernier commentaire le touche, même si c’est vrai que, de toute évidence, il n’avait pas à faire grand-chose pour se montrer plus décent que la majorité des types qu’elle rencontre. « D'accord. » Ils avancent encore en silence deux ou trois secondes au cours desquelles le jeune homme songe qu’il devrait sans doute ajouter quelque chose pour ne pas que sa réponse laconique donne une mauvaise impression à la jeune femme. « Je ne t'en veux pas du tout, au contraire. Je comprends très bien ta méfiance. Tu ne pouvais pas savoir juste en me voyant débarquer au bar que je ne venais pas te parler pour ça. » Il hausse les épaules. « Je comprends. » Il voudrait ajouter Je suis juste content que t’aies décidé de me faire confiance, mais, jugeant que ça serait probablement une chose étrange à dire à une presque inconnue, il s'abstient de le faire.

Heureusement, ils ne sont plus qu’à quelques pas du restaurant à la devanture illuminée. Sid attrape le premier la poignée de métal et il tire la porte pour laisser entrer Aisling qui, en passant, le regarde d’un drôle d’air. Amusé, il lui offre un large sourire. À cette heure, le restaurant est loin d'être bondé et la jeune femme à l'accueil attrape immédiatement deux menus pour les entraîner jusqu’à une table. Profitant de ce qu’elle a le dos tourné, Sid attrape l'un des petits pots de crayons qui servent à faire patienter les enfants, ce qui lui vaut un regard étrange d’un couple installé tout près de l’entrée. En deux enjambées, il a rattrapé les filles et il se glisse dans l’énorme banquette en repliant ses longues jambes sous lui. C’est par hasard qu’il est tombé sur ce restaurant, genre d'imitation des diners américains des années '50, un soir en sortant d'un concert il y a déjà quelques années. Affamé, il s'était précipité dans le premier établissement qu'il avait trouvé sur son chemin et, comme il l'avait découvert plus tard, le seul du quartier encore ouvert à une heure aussi tardive (ou matinale, selon le point de vue). Avec son atmosphère sympathique, ses banquettes de vinyle et ses affiches colorées, l'endroit lui avait aussitôt plu, mais c’était la nourriture qui l’avait séduit, en particulier les frites et les milk-shakes. Depuis, c’était son resto fétiche lorsqu’il sortait dans ce coin de la ville.

Il repousse son menu sur la droite sans même l’ouvrir, sachant très bien ce qu’il va commander. « Le meilleur, c’est de loin chocolat. Classique, mais délicieux. » Il profite du fait qu’Aisling a la tête penchée sur son menu pour dessiner rapidement son profil sur le napperon de papier blanc : le nez droit, le menton pointu, les jolies lèvres et même son air songeur. Tout en griffonnant, il essaie de trouver un sujet de conversation pour briser le silence qui commence à frôler l’inconfort. Normalement, il se serait rabattu sans hésiter sur ses tatouages, un sujet qui le passionne évidemment, mais il préfère éviter de s’aventurer dans ce terrain miné pour l’instant, surtout si tôt après l’autre discussion. Il considère d’un œil critique son sketch, puis, assez satisfait – il est plutôt ressemblant, quoiqu’un peu brouillon, ce qui est attribuable au medium – il relève la tête. « Ça fait longtemps que t’es à Brisbane? »


.

I see the real you. Even if you don't, I do. I do. And I'll show you the road to follow, I'll keep you safe till tomorrow, I'll pull you away from sorrow. I see the real you. Even if you don't, I do. I do. — three days grace .
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UN RP ? : Pas dispo pour le moment.
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MessageSujet: Re: I'm only lonely when the music's over ♡ Sid   Mar 29 Nov - 18:22



I'm only lonely when the music's over,
lonely when you're going home.
Come, smash up your seats tonight. Sippin'on wine, I'm fine. The music keeps me up all night cause I'm full of lust. Come with us, run for your lives •• Hardcore Superstar


Aisling jette un petit coup d’œil timide dans la direction de Sid. Sa réponse n’est pas très loquace, et pendant un moment, elle se demande si elle n’aurait pas mieux fait de se taire. Bravo idiote, tu viens encore de jeter un froid. Heureusement, la voix de son compagnon s’élève à nouveau, et les paroles qui s’échappent de ses lèvres la rassurent profondément. Un sourire se dessine sur son visage et elle hoche lentement la tête, les yeux brillants de reconnaissance et d’une certaine joie. Joie de croiser un homme agréable, tolérant et d’une gentillesse qui lui semble soudain infinie. Une petite voix lui dit bien qu’elle devrait arrêter d’idéaliser les gens, qu’elle est toujours déçue de toutes les manières. Mais Sid lui coupe le clapet en ouvrant galamment la porte du restaurant pour la laisser passer. Et toc ! Surprise, elle relève les yeux vers lui et hausse un sourcil, puis laisse échapper un petit rire amusé en sautillant à l’intérieur.

- Merci !

Elle lance presque cérémonieusement, avec ce qui ressemble à une petite courbette, parce qu’elle est plus souvent à l’aise dans l’humour que dans le sérieux. Alors qu’elle avance vers la serveuse, Aisling réalise que son état d’esprit s’est encore modifié. La tristesse, la gêne et la honte se sont enfin évaporées pour être à nouveau remplacées par une sorte de légèreté joyeuse. Une excitation presque enfantine aiguisée par le décor vintage américain du diner. Ses yeux arrondis de curiosité accrochent tous les détails de la décoration, et son cœur s’emplit d’une sorte de contentement quasi euphorique.

- C'est trop joli ici ! J'adore ce style, ça me fait penser aux pinups et à Grease !

Elle s'enthousiasme, le rire aux lèvres. Puis elle regarde Sid s’éloigner pour chiper des crayons de couleur pour enfant. Et elle trouve ça génial, qu’il se laisse aller à ses envies sans se soucier de ce que les autres peuvent penser. Elle, elle n’aurait jamais osé. La serveuse finit par les installer à une table et Aisling joue un instant avec la banquette en vinyle rouge avant de plonger son nez dans le menu. De toute évidence le tatoueur est un habitué des lieux puisqu’il n’ouvre même pas le sien et lui conseille automatiquement le milk-shake au chocolat.

- Alors je vais le prendre !

Elle s’exclame, toujours un peu trop rapidement, un peu trop fortement. Elle pince les lèvres et jette un coup d’œil autour d’elle, aussi gênée qu’amusée d’entendre sa voix se répercuter contre le mur à sa droite. Elle pose une main sur ses lèvres et, d’un ton plus posé, elle ajoute :

- Je crois que je vais prendre quelques frites aussi, j’ai super faim...

En réalité, elle aurait même été tentée par le burger végétarien, mais l’idée de le manger en face de Sid la met un peu mal à l’aise. Parce que c’est un coup à s’en mettre plein les doigts et à se dégommer le rouge à lèvre. Et puis c’est un peu cher, en plus. Plongée dans son hésitation, elle ne fait pas attention au silence qui retombe peu à peu sur eux, et que Sid finit par troubler en lui posant une question. Un peu surprise, elle relève la tête de son menu et ses yeux se perdent à nouveau dans l’océan vivant qui semble habiter ceux de Sid.

- Oui, on peut dire ça. Je suis arrivée il y a un peu plus de trois ans. J’en avais marre de l’Angleterre et je n’avais pas envie de retourner à Belfast, d'où je viens. J’ai vu une annonce dans un journal, des Australiens qui cherchaient des européennes pour un... travail, sur Brisbane, et donc… euh… je...

Alors qu’elle parle, ses yeux glissent vers le set de table en papier sur lequel Sid était penché tout à l’heure et qui est désormais décoré d’un croquis dont elle ne cherche pas vraiment à discerner la forme. Elle comprend soudain pourquoi son compagnon était allé chercher des crayons un peu plus tôt. Elle relève les yeux avec un petit rire, gênée de sa propre distraction, et décide de reprendre son histoire.

- J’en étais où ? Ah, oui. J’ai donc répondu à l’annonce et une semaine après j’étais dans l’avion. Au final, le job n’avait rien à voir avec ce que j’imaginais et si je n’étais pas tombée sur deux Australiens super sympa, ça aurait pu être catastrophique. Mais je suis contente... d'être ici. La vie n'est pas plus facile qu'ailleurs mais au moins il fait beau. Et ça, comparé à l'Irlande, c'est tout de même très positif.

En parlant, Aisling fronce un peu les sourcils. Elle ne sait pas trop pourquoi elle lui déballe tout ça. Après tout, la question de Sid était beaucoup plus vague et se serait certainement contentée d’une estimation de période sans plus de détail. Mais étrangement, elle se sent en confiance. Et ça la perturbe d’autant plus que cette histoire-là, en général, Aisling préfère éviter de la raconter. Parce qu’au-delà des faits qu’elle ose avouer à haute voix se cache la triste réalité. Plus sombre, plus visqueuse. La traite des blanches, le réseau de prostitution auquel elle a bien failli appartenir contre son grès, puis la honte, les mois de galère sans véritable visa. La peur que ceux qui l'avaient enlevée la retrouvent. La gorge d’Aisling se serre et elle baisse les yeux, comme pour éviter que Sid ne lise ce changement d’humeur dans son regard. Naturellement, ils retombent sur le set de table et ses sourcils se froncent encore légèrement alors qu’il lui semble reconnaître le petit nez, les lèvres en forme de cœur et l’épaisse frange brune. Comme frappée par l’éclair, elle se redresse, sondant le visage impassible du grand brun.

- C’est… tu… euh… c’est moi que tu dessines ?

Elle demande d’un ton incertain. Pourquoi il te dessinerait, idiote ? C’est pas pour ton visage que les mecs te prennent en photo. Y’a que ton corps qui peut intéresser. La peau diaphane de ses joues se teintent de rose et Aisling regrette instantanément cette question. Vite, il faut qu’elle détourne la conversation. Alors avant même qu’il n’ait le temps d'ouvrir les lèvres pour répondre, elle décide de bombarder :

- Et toi ? T’es originaire de Brisbane ou tu es là pour le concert ?

Quelque part, elle se doute bien qu’il doit la prendre pour une folle furieuse, avec ses questions à la con et ses humeurs pas franchement stable. Elle aimerait bien le rassurer en lui disant qu'elle aussi, elle se voit comme un truc taré. Et que c’est même pour ça qu’elle se médicamente toute seule. Pour essayer de lisser tout ça, les hauts et les bas. En faire une bouillie normale. Elle se rend bien compte que ça ne marche pas. Se demande même si avec le temps ça ne devient pas pire. Mais Aisling sait juste que si elle arrête ses cachetons, c’est les anxiétés qui viennent la hanter. Un peu comme maintenant, de temps en temps. Sauf quand Sid lui parle, étrangement. Ce doit être le son vibrant de sa voix basse. Ça l’emplit d’une sorte de calme intérieur. Aisling s’en est déjà rendue compte tout à l’heure, alors qu’ils avançaient côte à côte dans la nuit. Et ça la surprend pas mal, parce que c’est la première fois depuis longtemps qu’elle se sent apaisée aux côtés d’un homme qu’elle ne connaît pas vraiment.
 


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MessageSujet: Re: I'm only lonely when the music's over ♡ Sid   Jeu 1 Déc - 6:44



i'm only lonely when the music's over
aisling & sid

Sid n’a jamais été très habile avec les mots. Depuis qu’il a appris à utiliser ses crayons pour s’exprimer, il préfère de loin les images aux paroles. Mais, pour une fois, il semble avoir trouvé exactement ce qu’il fallait dire parce qu’Aisling a retrouvé sa joie. Son enthousiasme amuse le tatoueur, qui est simplement heureux de voir la timide jeune femme aussi à l’aise et aussi exubérante. Le contraste avec son malaise de tout à l’heure est frappant. À s’émerveiller ainsi de tout ce qui l’entoure, insouciante, elle lui fait encore penser à une gamine, mais à une vraie cette fois. Sid, lui, est juste content que l’atmosphère soit enfin plus détendue. Il n’a plus autant l’impression de marcher sur des œufs. En posant un regard affectueux sur sa compagne, qui s’est glissée dans la banquette en face de lui, il se demande quel âge elle peut bien avoir. À vue de nez, il lui donne le début vingtaine, soit quelques années de moins que lui. Elle accueille avec un entrain non-feint sa recommandation de milk-shake, ce qui lui fait étrangement plaisir. Il sourit de toutes ses dents avant de continuer à vanter les mérites du resto comme s’il était payé pour faire la promotion de sa nourriture. « Excellent choix, les frites aussi sont délicieuses. » Puis, après un instant de réflexion, il ajoute : « Honnêtement, je meurs de faim moi aussi. Ça doit être le concert qui nous a creusé l’appétit. » Après tout, danser et sautiller comme un malade au rythme de la musique demande forcément de l’énergie. Et, vu les émotions fortes qui ont suivi, ce n’est pas étonnant que l’estomac de Sid crie famine, surtout qu’il a déjà la fâcheuse tendance de se vider rapidement.

Une fois sa question posée, il retourne à son croquis. Il continue à crayonner distraitement, corrigeant çà et là les lignes qui lui paraissent étranges, jusqu’à ce que l’image se précise. De temps à autres, il relève la tête pour montrer à Aisling qu’il l’écoute, mais surtout qu’il est sincèrement curieux d’entendre sa réponse. Il espère aussi secrètement qu’elle fera preuve d’autant d’enthousiasme dans ses réponses que dans son choix de milk-shake. L’air intéressé, il hoche la tête en apprenant que ça fait déjà trois ans qu’elle s’est établie à Brisbane. Il s’accorde intérieurement un point et une petite danse de la victoire, fier d’avoir deviné correctement son pays d’origine, même si ce n’était évidemment pas si difficile à cause de son accent. D’ailleurs, il est un peu étonné d’apprendre qu’elle habite l’Australie depuis si longtemps. Étant donné son accent purement irlandais, justement, il avait déduit que son arrivée au pays devait être relativement récente et remonter à la dernière année, voire un peu moins.

Aisling s’interrompt brutalement en plein milieu de son récit, sa voix se mourant sur ses lèvres. D’abord confus, le tatoueur finit par comprendre, en suivant la trajectoire de son regard, qu’elle a finalement remarqué le croquis et que c’est ce qui l’a distraite. A-t-elle reconnu son visage dans ce dessin qu’elle voit à l’envers ? L’espace d’un instant, il croit que oui parce qu’un éclair de compréhension traverse son regard, puis elle reprend la parole comme si de rien n’était. Le reste de son histoire est terriblement vague. Sid n’est pas dupe, il se doute bien qu’elle l’a fait exprès. Quoi qu’il se soit passé à son arrivée en Australie, ce devait être quelque chose d’assez perturbant parce qu’il a senti l’humeur de la jeune femme changer pendant qu’elle parlait. Elle a bien essayé de le dissimuler, mais sans réussir à camoufler complètement la tension dans sa voix. Il comprend très bien qu’elle ne veuille pas se raconter trop en détail à un type qu’elle connaît à peine, même s’il lui paraît très sympathique. Il respectera donc sa volonté de passer sous silence le reste de l’histoire, mais il remise tout de même ses impressions et la tristesse qu’il a perçue chez Aisling dans un coin de son esprit auquel il aura facilement accès lorsque la jeune femme décidera de se confier à lui. C’est sans doute présomptueux de sa part d’imaginer qu’elle voudra un jour lui confier tous ses secrets. Ils viennent à peine de se rencontrer et rien n’indique qu’ils se reverront une fois cette soirée terminée. Mais il ne peut nier que la curiosité qu’il ressentait au départ envers elle s’est muée lentement, presque insidieusement, en véritable affection. Cette jeune femme un peu paumée a touché une corde sensible en lui, peut-être parce qu’elle lui rappelle parfois sa sœur, ou alors parce qu’elle semble avoir désespérément besoin d’un ami. « C’est sûr que la vie est plus belle quand on n’a pas besoin de se promener partout avec un parapluie. » En fait, il n’en sait rien. Comme il a vécu en Australie toute sa vie, il n’a jamais connu autre chose que son climat chaud et ensoleillé. Sauf qu’il n’a aucun mal à imaginer la morosité qui finit par frapper une population qui se lève à tous les matins sous la froide grisaille d’un ciel ennuagé et, franchement, ça ne lui donne pas envie d’essayer.

« C’est… tu… euh… c’est moi que tu dessines ? » La question a à peine franchi ses lèvres qu’Aisling se met à rougir du menton à la racine des cheveux. Visiblement embarrassée, elle s’empresse de changer de sujet sans même laisser le temps au jeune homme de desserrer les lèvres. Une moue faussement contrariée sur le visage, Sid soulève le papier pour l’approcher et l’évaluer d’un œil critique. « Évidemment que c’est toi que je dessine ! » Du pouce, il fait pivoter la feuille vers Aisling pour qu’elle puisse l’observer correctement – et à l’endroit cette fois ! « Si c’était elle, » du menton, il désigne la serveuse, qui s’est arrêtée à une table tout près d’eux, « ce serait nettement moins ressemblant. » La feuille retourne sur la table, devant la jeune femme cette fois. « Je dessine presque tout le temps. Ça m’occupe les mains et ça me permet d’observer mon entourage. » En vérité, il est tellement distrait de nature que ce serait sans doute dangereux s’il ne portait pas autant attention à son univers pour le reproduire dans ses carnets « Pour ce qui est de ta question, c’est ni un ni l’autre en fait. Je vis à Brisbane depuis presque neuf ans, mais je suis né à Melbourne. Ça… fait un bail que je n’y suis pas retourné d’ailleurs. » Depuis la mort de sa mère, il n’y a remis les pieds qu’une ou deux fois, uniquement parce qu’on l’y avait obligé. Sa ville natale ne représente rien pour lui, sinon le théâtre de son enfance déchirée. « Je me suis toujours senti mieux ici que là-bas. C’est ici que j’ai découvert la liberté. » Il secoue doucement la tête, comme pour évacuer les idées noires qui s’immiscent souvent dans son esprit lorsqu’il pense au passé. « Et aussi les meilleures frites d’Australie. » La blague n’est pas particulièrement drôle, mais elle fait sourire Sid. « Hé, si jamais tu te cherches un tatoueur en ville, j’ouvre mon salon le mois prochain. Tu pourrais être ma première cliente officielle, » termine-t-il avec un clin d’œil complice. Ça lui fait tellement bizarre de prononcer ces mots. Depuis le temps qu’il en rêve, il peine à croire que dans moins de trois semaines, il sera enfin propriétaire de son propre salon de tatouage.


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ÂGE : 23 ans.
SURNOM : Ash, Leen ou Lily par mes amis. Mais pour le reste du monde je suis Ivanna Rose.
STATUT : Je fuis ce à quoi j'aspire.
MÉTIER : Suicide Girl (modèle érotique), serveuse & danseuse burlesque
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PETIT PLUS : Née en Irlande du Nord dans une famille très catholique, parle avec un accent gaélique prononcé. A troqué les rues pluvieuses de Belfast pour le soleil de Brisbane, mais son existence est toujours aussi grise. Se croit bonne à rien, si ce n’est à jeter son corps en pâture aux caméras. Faut bien payer le loyer et la dope destinée à anesthésier sa honte. Aisling se réfugie dans les morceaux de rock qui ouvrent son coeur à sa place. Parfois, elle couche sur le papier le tumulte de ses sentiments et se prends à les chanter timidement. Mal, elle trouve. Végétarienne, elle adore les animaux.
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MessageSujet: Re: I'm only lonely when the music's over ♡ Sid   Sam 3 Déc - 19:40



I'm only lonely when the music's over,
lonely when you're going home.
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 Evidemment, Sid n’est pas dupe, et il ne se laisse pas berner deux secondes par la piètre tentative de distraction d’Aisling. Rouge comme une pivoine, elle écoute le tatoueur confirmer ses doutes en lui présentant la feuille de papier. Ses lèvres s’entre-ouvrent alors que ses yeux glissent sur le croquis et accrochent un regard étrangement familier, son petit nez, ses lèvres en forme de cœur et sa coiffure signature. Et il y a tellement de délicatesse et de naturel dans ce portrait qu’elle en a le souffle coupé. Après de longues secondes, elle parvient enfin à se détacher du dessin pour reporter son attention sur Sid qui l’observe avec une petite moue à moitié noyée dans un sourire.

- C’est comme ça que tu me vois ?

Elle demande avec une naïveté teintée d'étonnement. Parce que ce portrait-là n’a rien de vulgaire, de salace ou de suggestif. Il est la représentation brute d’une jeune femme, sans fioriture quelconque ni de modifications destinées à la rendre plus désirable. Et Aisling n’a pas l’habitude de se voir représentée de cette façon. En dehors de ses séances photo professionnelles, elle a plutôt tendance à cacher sa frimousse, ne supportant plus de se voir imprimée sur du papier glacé ou apparaître sur les écrans à cristaux liquides de diverses ordinateurs ou smartphones. Alors elle ne se voit jamais au naturel, d’un œil candide. Quelque part, elle a l’impression qu’Aisling n’est qu’une ombre, et que sur le papier, elle ne peut que ressembler à Ivana. Mais Sid vient de lui prouver le contraire, et de la façon la plus naturelle qui soit. Peut-être d’ailleurs ne sait-il même pas à quel point ce geste compte à ses yeux. Touche une corde sensible. Ravive l’espoir que certains hommes puissent la voir autrement et lui faire preuve de respect. Même après avoir vu certaines de ses photos osées.

- C’est magnifique…

Ces derniers mots glissent de ses lèvres dans un souffle, et elle baisse les yeux, cherchant à nouveau le refuge de son épaisse frange brune pour dissimuler ses traits et l’émotion qui irradie son visage. Elle hausse les épaules et laisse échapper un petit rire, comme pour répondre à retardement à la remarque de Sid concernant le manque de ressemblance entre son croquis et la serveuse qui les avait installés. T’es totalement inadaptée socialement ma pauvre fille ! Elle s’engueule mentalement. Elle aurait bien aimé penser à rigoler avant et puis sortir un truc classieux pour le complimenter sur son dessin. Un truc qui cache un peu son embarras. Mais Aisling, c’est un véritable livre ouvert. Les émotions défilent sur son visage avec autant de clarté qu’elles s’emparent de son cœur. Et elle n’a que très peu de contrôle là-dessus, malheureusement. Au final, elle est plutôt soulagée quand Sid décide de répondre à son autre question, sur ses origines. Alors que sa voix s’élève à nouveau, elle relève peu à peu la tête vers lui, comme un animal farouche qui hésite à quitter son abri de feuillage.

- Wow, ça fait un bail.

Elle commente, un sourire aux lèvres. Neuf ans. Elle n’est jamais restée aussi longtemps quelque part. Du moins pas depuis qu’elle s’est enfuie de Belfast lorsqu’elle avait à peine dix-sept ans. Et avant, elle ne s’était jamais vraiment sentie chez elle. Davantage forcée de survivre à un quotidien qui la dépassait totalement. Une existence grise et amorphe qu’elle ne souhaite pas retrouver. Comme Sid, elle avait quitté sa terre de naissance à la recherche de quelque chose qui lui convenait mieux. Mais là où elle a lamentablement échoué, le jeune homme a clairement réussit. Et elle est contente pour lui, Aisling, parce qu’à l’entendre, elle sent bien que tout ça lui tient à cœur.

- Et j’ai hâte d’y goûter ! Elle s’exclame avec un petit rire, puis elle arrondi les yeux et passe une main devant ses lèvres pour dissimuler son sourire mutin. Les frites, je veux dire. Quoi que la liberté... ça doit être pas mal non plus.

Et rien que d’en parler, elle se sent légère. C’est peut-être parce que Sid ne ressemble absolument pas aux personnes qu’elle a l’habitude de côtoyer. Des junkies prisonniers de leur came aux photographes désabusés, en passant par les musiciens atteints d'un sérieux trouble de l’attention, ses fréquentations ne respirent ni la joie de vivre, ni l’espoir d’une vie meilleure, ni aucune sorte d’ambition ou d’accomplissement personnel. Et elle ne s’en rend pas compte, Aisling, mais ça ne lui ouvre pas énormément de perspective. Ni ne lui montre le chemin à suivre pour remonter la pente sur laquelle elle se laisse glisser lentement, à contre cœur mais sans faire grand-chose pour inverser la tendance.

- Tu vas ouvrir ton propre salon ? Wow, félicitations, ça c’est quelque chose !

Ses yeux brillent d’une excitation sincère et elle se redresse sur sa chaise. Elle ouvre la bouche pour ajouter quelque chose mais la serveuse apparaît à ses côtés, comme sortie de nulle part, pour prendre leur commande. Les joues d’Aisling reprennent une teinte rosée et elle jette un coup d’œil en biais à Sid, attendant maladroitement qu’il passe sa commande pour exprimer son choix ensuite. Au final, il lui évite l’embarras de fouiller dans son menu puisqu’il commande pour tous les deux et elle le remercie d’un hochement de tête reconnaissant. Un sourire poli sur les lèvres, elle regarde la serveuse s’éloigner puis reporte son attention sur Sid.

- Tu es très doué, alors je suis certaine que ça va super bien marcher ! Elle assure fermement. Puis ses yeux glissent pudiquement vers la table et elle incline la tête, un sourire indécis au coin des lèvres. Et j’adorerais être ta première cliente. Tu… t’as vraiment un don. Ton dessin, il est superbe, et j’aimerais beaucoup en voir d’autres. D'ailleurs, tu ne fais que des portraits ou il t’arrive de dessiner des fleurs et des animaux, aussi ?

Aisling, elle aime beaucoup les roses réalistes. Et ça fait quelques mois que l’envie de se faire un nouveau tatouage la pique sérieusement. D’imprimer sous sa peau le portrait de Cherry, une petite chatte qu’elle a récupéré dans un caniveau alors qu’elles étaient toutes les deux bien mal en point.
 


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le tatoueur au coeur tendre

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MessageSujet: Re: I'm only lonely when the music's over ♡ Sid   Lun 5 Déc - 5:32



i'm only lonely when the music's over
aisling & sid

Aisling observe le croquis un long moment sans rien dire, mais ce n’est pas grave parce que son visage trahit tout ce qu’elle ressent. Il y a beaucoup d’incrédulité, mais aussi de l’étonnement et un soupçon de joie dans son air émerveillé. Sid a l’habitude. Il arrive parfois, au hasard, que ses modèles aperçoivent ses dessins et s’y reconnaissent. Et, plus souvent qu’autrement, ils réagissent de la même façon qu’Aisling, surpris de constater que la perception d’un inconnu diffère à ce point de celle qu’ils ont d’eux-mêmes. Il devine que ce sentiment est encore plus marqué chez Aisling, qui, semble-t-il, est sans cesse confrontée à des inconnus qui la rabaissent et n’éprouvent aucun respect à son égard. « C’est comme ça que tu me vois ? » Sa voix vibrante de candeur le touche tellement qu’il sent son cœur se serrer inconfortablement dans sa poitrine. Il hoche doucement la tête. « Tu peux le garder si tu veux, » lui propose-t-il doucement, tout en songeant qu’il aimerait bien lui faire cadeau d’une version réalisée sur du vrai papier plutôt que sur un set de restaurant. Et pourtant, l’admiration qu’il lit dans son regard et les mots qui s’échappent difficilement de ses lèvres lui font croire qu’entre ce portrait réalisé dans le vif du moment et un autre, plus léché, elle choisirait sans hésiter celui qu’il a posé devant elle. Le tatoueur, qui commence à reconnaître les réactions de la jeune femme, perçoit sans mal son embarras. Pour le dissiper et pour éviter à sa compagne de se sentir trop observée pendant qu’elle reprend contenance, il enchaîne avec une réponse à sa question. Pendant qu’il parle, elle se redresse lentement, comme une fleur timide qui ouvre ses pétales, jusqu’à ce que ses prunelles grises réapparaissent de sous sa frange. Bon public, elle écoute attentivement et laisse même échapper un petit rire malgré la piètre qualité de sa blague sur les frites. S’il ne la trouvait pas déjà fort sympathique, ça lui aurait certainement permis de gagner quelques points, Sid étant d’avis que tout le monde a besoin d’une personne dans son entourage pour rire à ses blagues pourries.

« Tu vas ouvrir ton propre salon ? Wow, félicitations, ça c’est quelque chose ! » Il sourit de toute ses dents, gagné par l’excitation qu’il ressent immanquablement en pensant à Wild Ink. Comme d’habitude, ses inquiétudes se mêlent aussi à sa joie, mais pour une fois, il refuse de se poser trop de questions. « Merci. C’est… En fait, pour l’instant, c’est surréaliste. » Tellement, en fait, que s’il ne se retenait pas, il se pincerait au moins dix fois par jour pour s’assurer qu’il n’est pas plongé dans un rêve particulièrement tenace. La serveuse, une grande blonde au visage allongé, choisit ce moment pour se présenter à leur table, sans doute attirée par les menus qu’ils ont délaissés. En voyant l’air incertain d’Aisling, il se souvient qu’il l’a distraite dans sa contemplation du menu pour entamer la discussion. Il décide donc de commander pour eux deux. « Deux milk-shakes au chocolat, un grand panier de frites et un grand panier de frites de patates douces, avec les sauces, s’il vous plaît. » Car voilà le détail qu’il n’a pas révélé à sa compagne : ce qui rend véritablement ces frites extraordinaires, ce sont les sauces préparées sur place par le chef qui les accompagnent. La serveuse note leur commande dans son petit carnet puis attrape les menus avant de s’éloigner vers la cuisine, sans doute pour passer la commande. Ils l’observent tous les deux en silence jusqu’à ce qu’elle ait rejoint l’autre bout du resto, ce qui fait sourire Sid. On aurait presque dit qu’ils attendaient son départ pour reprendre une conversation secrète à l’abri des oreilles indiscrètes.

Dans le moment de flottement qui suit, il repense au commentaire d’Aisling sur la liberté. C’est vrai qu’il n’y a rien de mieux que ce sentiment d’avoir le monde devant soi et le droit de tout faire sans devoir rendre de comptes à qui que ce soit. Sauf que ce cocktail grisant peut devenir dangereux, Sid le sait. Trop de liberté donne l’impression d’être invincible et, à force de se croire seul au monde, de ne vivre que pour soi-même, il est facile de se perdre malgré le chemin qu’on s’était tracé. C’est à Brisbane qu’il s’est senti libre pour la première fois, délivré des trop lourdes responsabilités qui pesaient sur ses épaules d’adolescent, et il en a largement abusé. Même s’il ne perdait pas de vue son but, même s’il rêvait toujours de devenir le tatoueur le plus doué de Brisbane – et, pourquoi pas, d’Australie –, il s’est longtemps enfoncé dans sa colère arrosée d’alcool avant de comprendre que c’était une voie dangereuse à prendre. Il avait fallu qu’Andrew, son mentor et l’une des personnes qu’il respectait le plus dans son entourage, lui impose un ultimatum pour qu’il reprenne ses esprits. Il entend encore la voix rauque et sévère du vieil homme lui dire, tu te reprends en main, Sid, ou tu perds ta place d’apprenti chez moi. Ça lui avait fait l’effet d’une douche froide et il avait réussi à se ressaisir, terrifié à l’idée de tout perdre. Sans Andrew, il ne se serait pas là où il est aujourd’hui et, même si l’homme affirme que c’est faux, Sid, lui, sait très bien qu’il lui doit son succès et, d’une certaine façon, sa vie.

La voix d’Aisling le tire de ses pensées. Il ramène son regard, qui était toujours perdu quelque part entre le carrelage et les banquettes au fond de la salle, vers la jeune femme. Elle s’est exprimée avec une assurance qu’il ne lui connaît pas vraiment, ce qui rend son vote de confiance d’autant plus touchant. « Merci, c'est gentil. » Il rougit légèrement de plaisir, heureux du compliment. « Je fais de tout, autant quand je dessine pour le plaisir que quand je dessine pour un client. » Pour la deuxième fois de la soirée, il se désole de ne pas avoir traîné avec lui l’un de ses nombreux carnets. Il aurait vraiment aimé montrer d’autres de ses croquis et quelques-unes de ses œuvres à la jeune femme. « Je n’ai jamais voulu me restreindre à un style de tatouages en particulier. J’essaie de m’adapter à mes clients et à ce qu’ils recherchent pour créer des images qui ressemblent vraiment aux personnes qui les portent. Je suis désolé par contre, je n’ai rien d’autre à te montrer, je n’ai pas- » Il s’interrompt brusquement sur sa lancée, en proie à une illumination. En gigotant un peu sur son siège, il tire son téléphone de sa poche arrière. En deux temps, trois mouvements, il a déverrouillé l’écran et lancé Internet. Sur son site Web, Andrew avait l'habitude de poster une galerie de photos pour chacun des tatoueurs qui travaillaient pour lui et Sid est à peu près certain qu'elles s'y trouvent toujours, même si le salon a récemment fermé ses portes. Il tape rapidement l’adresse du site dans la barre et… « Bingo ! » Il tend l’appareil à Aisling. « Voilà, tu peux y jeter un coup d’œil. Il devrait y avoir un peu de tout là-dedans. Et si tu as des questions, n’hésite pas à me les poser. »


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MessageSujet: Re: I'm only lonely when the music's over ♡ Sid   Lun 5 Déc - 20:20



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Le sourire d’Aisling s’élargit davantage lorsque Sid lui apprend qu’il dessine absolument de tout, autant pour le plaisir que lorsqu’il prépare les croquis de ses futurs tatouages. Il lui en explique les raisons et elle boit littéralement ses paroles. La passion. Ça fait quelque chose aux gens quand ils parlent de ce qui leur tient vraiment à cœur. Des petits détails que peu de gens remarquent mais qui la fascinent. A moins que ce ne soient les drogues qui te fassent halluciner, ma pauvre fille. Mais dans le fond, Aisling est sûre que non. Parce qu’elle voit bien les yeux de son compagnon qui s’illuminent d’une étincelle nouvelle, la couleur rosée qui prend vie sur ses pommettes hautes, le demi-sourire ravi qui flotte inconsciemment sur ses lèvres pleines alors qu’il parle de créer des œuvres qui ressemblent à ceux qui les porteront. Et elle se dit que ça doit être une certaine pression, aussi, de devoir faire jaillir une idée de la pensée d’un autre, la coucher sur le papier, puis l’imprimer à l’encre sur quelqu’un, à jamais. Ce concept l’émerveille autant qu’il l’effraie. Mais pas Sid. Son nouvel ami semble être taillé pour ça, le tatouage. Et elle se dit que ce doit être autant lié à son talent pour le dessin qu’à son sens de l’observation. Sa capacité à repérer des bribes de détails dans les traits des autres, et leur apporter exactement ce dont ils ont besoin. Après tout, c’est bien ce qu’il vient de faire toute la soirée. Avec elle.

D’ailleurs, à peine cette pensée traverse son esprit que Sid s’empresse de répondre à sa dernière demande en date : voir ses autres œuvres. Elle tend la main par-dessus la table pour attraper le smartphone qu’il lui tend et remarque presque avec amusement que l'écran de Sid n’est pas cassé, contrairement au sien. Rapidement, ses yeux sont quand même attirés par la galerie de photos qui s’étale sur le petit écran. Des tatouages, de plusieurs styles confondus. Des portraits légers, des animaux, des fleurs, des feuilles, des citations. Des couleurs sublimes, des formes qui épousent le corps de ceux qui les portent et le tout d’un tracé qu’elle estime parfait. Aisling se perd rapidement dans sa contemplation, sans trop réaliser qu’elle vient de se déconnecter du monde extérieur, et que son silence peut-être un peu étrange pour Sid. Elle est juste partie dans un coin de sa tête, fait de musique et d’art, où elle se réfugie dès qu’elle en a l’occasion. Un sourire un peu idiot flotte sur ses lèvres alors que son pouce agile fait défiler les photos les unes après les autres. Et elle se retrouve incapable de s’arrêter. Un peu comme lorsqu’elle se laisse embarquer dans une scrolling session sur Tumblr. Et elle aurait probablement continué comme ça longtemps si la serveuse n’avait pas soudainement posé son milk-shake et ses frites devant elle sur la table, la faisant sursauter. « Oh pardon, je ne voulais pas vous faire peur, je suis désolée ! » S’exclame la serveuse, un peu surprise par sa réaction. Alors Aisling secoue rapidement la tête.

- Oh non, c’est pas grave, c’est pas grave, c’est pas grave. Désolée.

Elle dit précipitamment, sans trop réaliser qu’elle répète trois fois la même chose. Elle ne sait pas vraiment pourquoi elle fait ça lorsqu’elle est stressée, mais elle se dit que c’est peut-être en rapport avec le fait qu’elle est une triple buse, et que trois excuses valent ainsi bien mieux qu’une. Elle offre un sourire timide à la serveuse. Un peu comme une enfant qui guetterait du coin de l’œil le moment propice de faire sa connerie. Et d’ailleurs, dès que la jeune femme a le dos tourné, Aisling plonge deux doigts dans le panier de frites et s’empare de l’une d’entre elles qu’elle trempe généreusement dans l’une des sauces avant de croquer dedans. La saveur excuse se mêle à la joie de mâchonner quelque chose de chaud, un peu salé et consistant. Aisling roule des yeux, un sourire ravi sur ses lèvres scellées.

- Miam, t’avais pas menti, elles sont fracassantes !

Elle s’empresse de commenter dès la malheureuse frite engloutie. Ses yeux se fixent un instant sur Sid, et, comme frappée par la foudre, elle se redresse subitement. Les tatouages, bouffonne ! Comment avait-elle pu déconnecter à ce point ? A croire que son père avait raison. Elle n’est qu’une rêveuse bonne à rien. Une ado un peu attardée et totalement inadaptée pour le monde qui l’entoure. L’idée que Sid puisse avoir la même opinion d'elle que l’homme qui lui a donné la vie serre le cœur d’Aisling, et elle est déterminée à lui prouver qu’elle vaut mieux que ça. Alors elle plonge à nouveau vers le téléphone de son compagnon, prête à le bombarder de compliments et lui montrer ses tatouages préférés. Sauf qu’à un centimètre de l’appareil, elle s’arrête brusquement.

- Oups… héhé.

Un petit ricanement nerveux glisse entre ses lèvres qui esquissent un grand sourire contrit. Clairement, étaler ses doigts pleins du gras des frites sur le smartphone de son nouvel ami ne serait pas la meilleure idée au monde. Elle les trempe alors dans son verre d’eau et entreprend de les essuyer scrupuleusement dans sa serviette avant de rendre son téléphone à Sid. Il vaut mieux après tout. Avec elle, la catastrophe n’est jamais loin d’arriver.

- C’est vraiment super beau, ce que tu fais. Je crois que ton style est parfait pour le tatouage que j'aimerais me faire. Je pourrai même le poster sur mon Instagram si tu veux, pour te faire un peu de publicité ! Elle ajoute avec un haussement d'épaule et un petit rire auto-dérisoire. Enfin... sur celui d'Ivana quoi. Elle secoue la tête avec un soupir. Ses prunelles grises cherchent celles de Sid et elle reprend d'un ton plus calme. Plus sincère, aussi. T’as un talent hyper rare, j’arrive pas à croire que tu sois aussi… jeune.

Ou aussi beau, elle aimerait bien ajouter. Mais elle évite, parce que c’est quand même un peu déplacé. Le fait est qu’elle a rarement rencontré des types autant gâtés par la nature qui prennent le temps de développer une autre compétence que leur physique. Ou peut-être que c’est parce qu’elle évolue dans un milieu où les seules personnes qu’elle croise sont des mannequins… ou des junkies (quand ils ne cumulent pas les deux caractéristiques pour une combo foireuse).  

- D’ailleurs, t’as quel âge ?

Elle demande de but en blanc. Parce qu’elle se demande vraiment. Pour une raison qui lui échappe, elle n’arrive pas trop à deviner. D’un côté, ses traits fins ont quelque chose de presque juvénile. Mais de l’autre, il y a dans sa prestance, sa maturité et son regard un petit truc qui lui dit que Sid a affronté bien des batailles. Et elle brûle de savoir lesquelles. Le fait qu'elle vienne de l'avoir rencontré lui importe peu. Elle sent une étrange connexion avec Sid. Comme s'ils étaient faits pour se comprendre. Pour se croiser. Et elle a beau ne pas trop croire au destin, pour elle, ce soir, c'est tout comme.
 


black pumpkin & whitefalls


The truth is, you could slit my throat, and with my last gasping breath, I'd apologise for bleeding on your shirt.
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I'm only lonely when the music's over ♡ Sid

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