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 saul + face to face

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le sextoy de joanne

ÂGE : 35 ans (05/06/81)
SURNOM : Jay
STATUT : Mieux vaut être seul que de mauvaise compagnie. Papa d'un petit bonhomme nommé Daniel, âgé de neuf mois, dont il n'a qu'un droit de visite.
MÉTIER : Rédacteur en chef @ ABC Radio, son émission a été annulée. Philanthrope, président de la fondation Oliver Keynes pour jeunes en détresse. Ambassadeur WWF. Occupé, très occupé.
LOGEMENT : vient d'emménager au #98 Bayside après six ans passés à Logan City

POSTS : 12667 POINTS : 255

ORIENTATION SEXUELLE : Je n'aime que ma moitié.
PETIT PLUS : Anglais, né à Londres. Fils de Lord, et l'est lui-même. ≈ A recueilli deux chiens abandonnés: Ben, un golden retriever, et Milo, un teckel. ≈ Végétarien. ≈ N'aime pas le surplus de technologie ≈ Grand passionné d'art. Il est peintre et mécène. ≈ Sanguin, ses poings dépassent parfois sa pensée ≈ Sait cuisiner et adore ça. ≈ Diagnostiqué borderline il y a un an, sous traitement à la demande du juge suite à sa condamnation pour violences domestiques (nov.2016) dont il a aussi écopé de six mois de sursis ≈ S'est fait tatouer la date de naissance de son fils sur l'omoplate gauche.
UN RP ? : Pas dispo pour le moment.
RPs EN COURS : Joamie #86 - Joamie (v.a) #2 - Jamirene #2 - Jamissan #2 - Saul - Jaylise - Jodie - Ida - [8/6]


RPs EN ATTENTE : James #3 - Madison #5 - Gabriella #3 - Janis - Jonathan - Lisandre - Ida


RPs TERMINÉS : Beaucoup trop.


PSEUDO : loonywaltz
AVATAR : luke evans
CRÉDITS : loonywaltz
DC : lou aberline & aaron wyler & benjamin brody
INSCRIT LE : 27/03/2015

MessageSujet: saul + face to face   Mar 15 Nov - 19:12


☙ face to face


« Jamie. » Un léger sursaut, et je redresse soudainement la tête. Mon regard atterrit, un brin désorienté, dans celui de Nathan Siede. Le brouillard dans lequel mon esprit avait plongé le monde s’efface avec les courants d’airs dans les couloirs du palais du justice. Tout redevient net, enveloppé dans le puits de lumière de ces grandes façades en baie vitrée à travers lesquelles brillent les dalles foulées par les prétendus chevaliers de la justice et de la vérité. S’il faut être tout à fait honnête, ces deux-là ne sont guère de grandes amies à moi pour aujourd’hui, et s’il m’est plus habituel de les affectionner que de les abhorrer, j’admets préférer demeurer dans l’ombre, me glisser dans les interlignages des textes de loi dans l’espoir d’y trouver une issue favorable à mon cas. Cela est de plus en plus compromis. Mon avocat m’a dévoilé, à peine entrés dans le grand bâtiment, que le juge devant lequel nous passerons est une femme à la négociation difficile. Les audiences avant la nôtre ont toujours quelques minutes de retard, nous sommes néanmoins venus en avance. Pas de médias sur les marches et devant les portes, pas d’euphorie ; seulement quelques stagiaires de différentes rédactions qui assisteront à la séance publique de cette annonce de peine. J’avais pris place sur un banc, dans le couloir, afin de soulager mes jambes affaiblies par la nervosité. Les mains moites, jointes devant moi, me servaient de point à fixer jusqu’à ce que le monde m’entourant disparaisse dans ce fameux brouillard. C’est de ce néant que résonna la voix de Nathan. « Cet homme souhaite vous parler. Saul Masterson. Vous le connaissez ? » La tête alourdie par une foule de pensées indistinctes, je me redresse un peu et observe la personne en question tenue éloignée par le garde du corps imposé par l’avocat. De loin, la silhouette ne m’est pas familière. « Non, je... » Quoiqu’il se pourrait que j’ai déjà croisé ce brun quelque part. Je plisse les yeux, comme pour mieux capter les détails de ce visage que je tente de remettre par tous les moyens. Je n’ai qu’une vague impression qu’il ne m’est pas complètement inconnu. « Je crois que c'est un voisin. » dis-je dans un murmure songeur, finalement peu apte à réfléchir à quoi que ce soit d’autre que mon propre sort. Mes prunelles demeurent fixées sur l’homme qui attend patiemment l’autorisation d’approcher. « Je peux lui dire que vous ne souhaitez voir personne avant l'audience. » m’assure Siede avec bienveillance. Bon nombre d’insultes réelles et virtuelles m’ont sonné et vivement attaqué le moral, je n’ai guère besoin d’un coup supplémentaire. Pour autant, le visiteur ne m’a pas l’air hostile. Pas agressif, du moins. « Ca ira. Autant écouter ce qu'il a à me dire et lui épargner d'avoir fait le chemin jusqu'ici pour rien. » je réponds avec cet ersatz de sourire qui ne berne personne. C’est avant tout la curiosité qui me pousse à accepter la requête de cet homme. « Merci Nathan. » Ma main se pose furtivement sur son épaule alors que je passe près de lui. Mes jambes molles me transportent sur ces quelques mètres qui me séparent du gorille dressé entre moi et mon interlocuteur. Cela doit paraître bien ironique qu’un homme présent dans ce bâtiment pour un délit tel que le mien puisse se faire protéger de la sorte, alors que tout porte à croire que ce sont mes bons concitoyens, notamment mon ex-fiancée, qui auraient besoin d’être mis à l’abri. C’est en tout cas ce que je crois discerner comme  jugement dans l’expression du visage dudit Saul Masterson lorsque le garde du corps s’écarte de quelques pas sur le côté. Il demeure tout près de nous, faisant mine de ne pas écouter, de ne pas entendre tout ce qui se dira et qui ne le regarde pas. Nathan, lui, a toujours l’oreille collée au téléphone. « Qu'est-ce que je peux faire pour vous, Saul ? » je demande, ayant pour habitude de ne pas tourner autour du pot et encore moins de perdre du temps en formules de politesse toutes faites –même s’il, comme le nom l’indique, cela serait plus poli. Si je pense bien que le camp de mon interlocuteur est tout indiqué, je me fais quand même courtois, juste assez souriant pour ne pas tomber dans l’hypocrisie, et lui tend même une main à serrer s’il souhaite s’y risquer.
 
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J'attendrai que tu tiennes ton sourire à l'endroit pour oublier l'Eden et m'exiler de toi, et m'exiler de toi.





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ÂGE : 37 ans (10/03/1979).
STATUT : marié, il entretient une relation adultère depuis deux ans. aujourd'hui tiraillé, son coeur appartient à deux femmes.
MÉTIER : auteur, metteur en scène et producteur de théâtre et de comédies musicales.
LOGEMENT : #24 Logan City, avec sa femme et ses trois enfants.

POSTS : 3899 POINTS : 540

ORIENTATION SEXUELLE : J'aime les jolies filles.
PETIT PLUS : il possède la double nationalité australo-péruvienne ≈ il est marié depuis onze ans et est père de trois enfants ≈ il entretient une relation adultère avec meg depuis deux ans et ne peut se résoudre à choisir entre les deux femmes qu'il aime ≈ il a un demi-frère, né à l'époque où sa mère s'était séparée de son père, de qui il est très proche ≈ sa mère est atteinte de la maladie d’Alzheimer ≈ passionné de théâtre, il est à la tête d'une compagnie qu'il a co-fondé ≈ il joue de la guitare à un très bon niveau.
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RPs EN COURS :

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they're the ones make you trust in the universe, when you're lost and you're left and it's getting worse.


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hold me like you never lost your patience, tell me that you love me more than hate me all the time.


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without a doubt you are my rhyme and my reason, and i won't let you down.


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i believe in good things coming back to you, you're the light that lifts me higher.


adriel
you just call on me, brother, when you need a hand. we all need somebody to lean on.

leahscarletthassannathan #2jamieginny

RPs EN ATTENTE : alvaro ≈ deepika ≈ jules ≈ sean ≈ tommy
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PSEUDO : mischief insane, charlotte.
AVATAR : oscar isaac.
CRÉDITS : (c) faust, tumblr.
DC : none.
INSCRIT LE : 10/07/2016

MessageSujet: Re: saul + face to face   Jeu 17 Nov - 0:20

Il ne devrait pas être ici. Saul le savait, sa place n'était ni dans ce couloir, ni dans ce palais de justice, et encore moins un jour comme celui-ci. C'était alors ce qu'il se répétait depuis qu'il y avait mis les pieds, mais aujourd'hui sa volonté n'était pas du même coté que sa raison, c'est pourquoi ses jambes refusaient toujours de faire demi-tour et de s'éloigner de ce lieu dont il n'aurait probablement jamais du pousser la porte. Ses yeux, eux, demeuraient fixés sur l'homme qui se tenait assis à plusieurs mètres de là. Un homme qu'il n'avait jusqu'à lors jamais approché d'aussi près, et qu'il connaissait plus pour ses fréquentes apparitions en une des magazines que parce que l'occasion leur avait été donné de se rencontrer formellement. Serait-ce le cas aujourd'hui ? Rien n'était moins sûr, à la façon dont le garde du corps posté non loin de lui semblait vouloir le dissuader de faire ne serait-ce qu'un pas de plus en direction de son voisin. Pourtant, c'était bien dans cette optique que Saul avait fait le déplacement. Dans cette optique qu'il s'était armé de tout son courage, et qu'il s'était décidé à braver la tempête qui semblait s'annoncer pour pleinement assumer ses actes. Il ne savait pas vraiment comment il se sentait vis à vis de cet homme, ou ce que lui procurait l'idée qu'il soit aujourd'hui dans cet endroit en partie à cause de lui. Mais ce qu'il savait, c'est qu'il ne pouvait pas s'empêcher de se demander comment Jamie Keynes, lui, se sentait. A quoi pensait-il alors qu'il passerait bientôt devant le juge ? Craignait-il que l'issue de cette audience lui soit défavorable, ou bien l'abordait-elle avec la confiance d'un homme certainement mieux placé que beaucoup d'autres pour espérer que cette histoire lui nuise un minimum ? Saul l'observait patiemment et sentait grandir en lui un ensemble d'émotions qu'il ne saurait précisément identifier. Le voir face à un destin qu'il avait contribué à provoquer, ça ne pouvait pas le laisser indifférent. Et quoi qu'il ait pu assurer à Joanne, ou s'assurer à lui-même le jour où il avait pris la décision qui les avait mené jusqu'ici, ce n'était pas rempli de fierté qu'il avait pénétré dans ce palais de justice. Et ce n'était pas non plus avec l'envie de s'acharner désespérément qu'il espérait s'entretenir avec cet homme. « Je veux simplement lui parler, je vous assure que je ne serai pas long. » Saul assura alors à l'homme qui se tenait face à lui et dont l'imposante carrure dissuaderait n'importe qui de tenter une approche. Le garde du corps devait craindre qu'il ne soit qu'un opposant de plus qui cherchait à passer ses nerfs sur l'homme qu'on accusait d'avoir violenté une femme, et Saul doutait qu'expliquer les raisons de sa présence dans ce couloir joue en sa faveur. De là où il se trouvait, il lui sembla alors identifier la silhouette de Nathan Siede, qu'il avait croisé à quelques rares occasions et qui sans doute serait bien incapable de se remémorer leurs échanges dans le présent contexte. Saul comprit qu'il représentait alors très certainement Jamie Keynes, et l'idée qu'il soit entouré d'une telle pointure – mais aussi et surtout du père d'Hannah – le partagea entre plusieurs sentiments contradictoires. Nathan Siede échangea finalement quelques regards avec le garde du corps, puis sembla s'entretenir brièvement avec son client. Et quand enfin Jamie Keynes lança un regard dans sa direction, Saul sentit qu'un échange était finalement peut être envisageable. Son voisin quitta alors le banc qu'il occupait jusqu'à lors, et il crut sentir son cœur rompre sous la pression qui s'y exerçait à présent qu'il le voyait s'approcher. Saul n'était pas à l'aise, sa fébrilité transparaissait à chacune de ses respirations, ainsi c'est dépourvu d'une assurance qui lui aurait pourtant été utile qu'il accueillit les paroles bientôt soufflées par Jamie Keynes. « Saul Masterson. Je ... je vis à Logan City, au numéro 24. » Il énonça alors en premier lieu, par souci de correction mais aussi d'équité, supposant que son interlocuteur devait se douter qu'il ne se trouverait pas ici s'il ne s'était pas un minimum intéressé à cette affaire et à ce qui lui était tombé dessus, et préférant ainsi lui offrir un minimum d'informations sur sa personne. « Monsieur Keynes, je ne suis pas venu vous accabler. Et je ne suis pas non plus venu vous répéter ce que beaucoup vous ont probablement déjà dit de nombreuses fois. » Sa démarche était sincère, il ne s'était pas déplacé pour lui cracher à la figure tout ce qu'il pouvait penser de lui. L'espace de cet échange, il tenterait au contraire d'occulter le fait qu'il ait depuis bien longtemps des a prioris sur l'homme qui se trouvait face à lui. D'abord à cause de cette affaire qui avait valu à Hannah de s'effondrer dans ses bras quelques semaines plus tôt, ensuite à cause de ce que son échange avec Joanne lui avait appris sur ses excès de colère. Saul mentirait s'il disait avoir une haute estime de lui, mais ici l'heure n'était pas à un règlement de comptes. « Vous êtes ici … parce qu'un témoin s'est entretenu avec la police au sujet des violences physiques subies par votre fiancée. Des violences qui ont laissé des traces et qui ont conduit cette personne à témoigner, de peur que vous repassiez à l'acte. » A l'entendre, peut être Jamie penserait-il qu'il avait à faire à un autre avocat, ou bien à un journaliste de métier qui avait bravé la sécurité dans l'espoir d'obtenir de lui ses impressions. Il était peu probable que son voisin connaisse son activité comme lui pouvait connaître la sienne, à moins d'avoir appris de la bouche d'Hannah que leurs chemins professionnels s'étaient rejoints. « J'imagine toutes les questions que ce témoignage a pu soulever à vos yeux, et je sais … je sais que vous pensez aujourd'hui connaître l'identité de ce témoin. » A présent, Saul arborait une mine un peu plus grave. Il arrivait à ce moment de la conversation où tout pourrait brusquement basculer, et où d'un simple voisin un peu curieux, il deviendrait brusquement le coupable de ses tourments. « Mais vous vous trompez. » Parce que son dernier échange avec Joanne lui avait appris que son ancien compagnon suspectait Hassan d'être à l'origine de sa dénonciation et qu'il ne pouvait plus lui laisser penser ça. « C'est par ma faute si vous êtes ici. C'est moi qui ai témoigné contre vous. » Là, sa gorge se serra pour ne plus laisser passer qu'une petite quantité d'air, lui coupant la respiration l'espace d'une seconde, tandis qu'il appréhenda légèrement la réaction du brun. Il le savait colérique, impulsif, et avait évidemment envisagé que cet échange puisse mal se terminer lorsqu'il avait pris la décision de se confronter à lui. Ici les lieux et la présence du garde du corps éviteraient peut être à cette conversation de dégénérer, mais Saul ne se leurrait pas, il n'y avait pas de bonne façon d'annoncer ce genre de choses et il était peu probable que son aveu laisse son interlocuteur indifférent. « Je voulais que vous le sachiez. Que vous saviez à qui vous deviez en vouloir. » Il reprit après un temps d'hésitation, sans trop savoir si cette précision était la bienvenue sachant qu'il lui semblait déjà sentir que la tension était montée d'un cran. Il n'était pas entrain de lui dire qu'il acceptait d'endosser toute la responsabilité de cette situation, parce qu'il persistait à penser qu'il n'était pas celui qui avait scellé le sort de Jamie Keynes au départ. Mais il lui devait d'être complètement franc, autant qu'il se devait d'assumer ses choix. Saul n'avait pas parlé à la police pour ensuite se désintéresser à cette affaire, et s'il pouvait bien accorder une chose à cet homme, c'était sûrement une vérité qui au moins balaieraient pour de bon ses derniers doutes.



let's make one last mistake, the harder stuff is always love, i guess.
can't fool the time i spent throwing stones. am i destined to be desolate, building bridges to be alone.



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INSCRIT LE : 27/03/2015

MessageSujet: Re: saul + face to face   Mar 29 Nov - 11:26


☙ face to face


Il est faux de croire qu'un procès se limite aux quatre murs d'une salle d'audience. Il s'étend bien au-delà à l'extérieur, dans le coeur des Hommes, dans leur regard, et de nos jours, même dans le monde binaire. Le jugement ne s'arrête pas au moment où le juge frappe du marteau sur la table et clos le dossier avec une peine supposée être juste. Il se poursuit dans la vie de tous les jours, face à la famille, aux voisins, aux collègues. C'est ce que j'expérimente depuis quelques semaines. L'omniprésence du procès. La ville est devenu un tribunal géant à mes yeux, et au final, c'est au palais de justice que je me sens le plus à l'abri de la virulence du public. Je m'y sens presque en sécurité. Pourtant, il ne reste que quelques minutes, moins d'une heure avant que mon tour ne vienne d'écouter la peine qui m'est attribuée et qui écroulera sur mes épaules une nouvelle vague d'accablement. Nous ne sommes que deux à savoir que toute punition sera injuste et disproportionnée, à savoir Joanne et moi, les principaux intéressés. Je ne suis pas le monstre qui bat sa fiancée que tous aiment à voir sur le banc des accusés, un de plus dans leur grande chasse aux sorcières. Oui, la violence est parfois ma solution ; oui, mon casier n'est pas vierge à cause de mon tempérament ; oui, j'ai déjà levé la main sur Joanne une fois ; oui, j'ai très certainement besoin de reprendre la thérapie où je l'ai laissée. Mais ce n'était qu'un moment d'égarement. Je ne voulais pas faire de mal. J'avais promis de ne plus faire de mal. Personne ne croira qu'un homme dans mon genre puisse changer et se repentir. Je me résume à cela aujourd'hui ; un homme de ce genre. Mis dans le même panier que d'autres individus véritablement dangereux pour leur entourage. Je ne le suis pas ; je pourrais le hurler, personne n'écoutera. Saul n'a pas l'air de faire exception à la règle. Même s'il dit être venu en paix et prêt à me laisser au fond de mon trou sans ajouter sa pelle pour le creuser un peu plus profondément, ses paroles trahissent sa pensée. Il suffit de l'entendre prononcer des termes comme « les violences physiques subies par votre fiancée » pour comprendre que telle est la version de l'histoire qu'il connaît et décide de croire. Mon visage s'est redressé au-dessus du sien, le regard assez haut, les yeux plissés lorsque l'homme, bel et bien un voisin, m'assure que je me fourvoie au sujet de l'identité de celui qui m'a dénoncé. Ce n'est pas Hassan, c'est lui, Saul Masterson, du 24 Logan City, un inconnu, qui m'a quasiment mit les menottes aux poignets lui-même. Je le dévisage, j'imprime cette face dans ma tête, celle du vrai coupable. Voilà que je me surprends à penser que toute cette situation était plus digeste lorsque je croyais que Hassan m'avait jeté dans ce tribunal pour défendre Joanne. Non, c'est cet homme que je ne connais ni d'Eve, ni d'Adam. Un demeuré lambda se prenant pour un justicier. Les muscles de mes bras croisés se crispent. Je demeure longuement silencieux, essayant de comprendre ce qui a pu pousser cet homme à me dénoncer, et j'avoue que tout ceci m'échappe. Je peux comprendre le besoin de justice et la volonté de protéger une jeune femme d'aspect si fragile. Ce qui me laisse perplexe, c'est ce qui a pu créer le déclic et le décider à agir. Ce qui lui a fait penser que je méritais tout ceci. « En réalité, je n'ai qu'une question, et c'est la question que l'on se pose toujours face à une situation qui nous échappe ; pourquoi ? » La voix grave et basse, j'articule les mots dans un souffle peiné plus que révolté. Être en colère ne sera pas en ma faveur ici, et mis à part ceci, je réalise que je ne blâme pas Saul pour avoir fait ce qui lui semblait être le mieux. « Vous ne me connaissez pas, nous ne nous connaissons pas. Je me suis à peine souvenu de votre visage au loin. Et Joanne ne m'a jamais parlé de vous, alors je doute que vous soyez des amis bien proches. Vous ne nous connaissez pas, vous ne savez rien d'autre que ce que les traces que nous avez vues sur elle pouvaient laisser penser. Je doute qu'elle m'ait décrit comme un homme fréquemment violent et dangereux, parce que je ne le suis pas. Je suis un homme qui aime profondément sa famille, et vous l'auriez su si vous aviez gratté la surface. Rien n'excuse les bleus que vous avez vus, mais je ne suis pas ce que vous pensez. » Je ne roue pas Joanne de coups tous les deux soirs en rentrant un peu à cran du travail. J'élève la voix, parfois, je m'emporte. Néanmoins je m'en suis bien plus souvent pris à moi-même qu'à la jeune femme. « Son ex-mari, qui les a vus aussi, a au moins eu le courage de me confronter avant de penser à effectuer la moindre manœuvre contre moi. Vous, vous… » Faute de trouver des termes qui ne frôleraient pas l'insulte, je me ravise. Saul comprendra de lui-même le fond de ma pensée. Il s'est mêlé de ce qui ne le regardait pas. Les contours vagues d'un événement hors contexte lui ont suffi à agir. Dire que je trouve cela méprisable et arrogant serait un euphémisme, mais ça, il le lira dans le regard que je lui jette depuis que je sais qui il est et ce qu'il m'a fait. « Vous êtes en train de détruire ma vie, à cet instant. Je suis une figure publique, la nouvelle s'est répandue partout, parfois complètement déformée. Maintenant la moindre personne qui me reconnaît dans la rue me regarde comme un lion évadé du zoo, on me met à l'écart de ma propre équipe au travail. On me toise comme un être dangereux qui bat sa compagne et qui aurait pu la tuer à force de frapper, qui sait. Mais ce n'est pas ce que je suis. Et maintenant ce regard qu'on me porte ne me quittera pas pendant des années, peut-être toute ma vie. » Après tout, il suffira de taper mon nom sur internet pour retrouver tous les détails de l'affaire. Il y aura cinq ou dix lignes immuables sur ma page wikipédia, et une ou deux dans ma nécrologie lorsque le jour viendra afin que l'on oublie pas que j'ai vécu pareil moment de disgrâce. Une étiquette se décolle avec le temps ; ce que l'on me fait actuellement, c'est me marquer au fer rouge au milieu du front. Une stigmate qui ne disparaîtra pas. « Mais comme si cette forme de jugement et de punition n'étaient pas suffisantes, je vais devoir entrer dans cette salle d'audience pour qu'on décide de ma peine et qu'on détermine si j'aurai à nouveau le droit d'approcher mon fils. » Je ne sais pas si Saul a des enfants. Si c'est le cas, il saura sûrement s'imaginer quelle torture cela est d'être considéré comme dangereux pour sa propre progéniture quand vous ne seriez pas capable de lui faire le moindre mal, d'en être éloigné par la loi, de ne pas pouvoir le prendre dans vos bras tout ce temps. Mais cela serait oublier que le brun m'a dénoncé en prenant très certainement ce facteur en compte, ce qui signifie qu'il doit trouver tout ceci juste. « En ayant conscience de tout cela, en sachant que vous stigmatisez à vie un homme dont vous ne savez rien sur la base d'un événement pris hors contexte, est-ce que vous vous sentez en paix avec vous-même ? »
 
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MessageSujet: Re: saul + face to face   Aujourd'hui à 18:24

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saul + face to face

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