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 joamie + life worth living

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le sextoy de joanne
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ÂGE : 36 ans (05/06/81)
SURNOM : Jay
STATUT : So done.
MÉTIER : Rédacteur en chef @GQ Australia (juillet 2017). Philanthrope, président de la fondation Oliver Keynes pour jeunes en détresse. Ambassadeur WWF et SANE. Papa d'un petit bonhomme nommé Daniel, âgé de 1 an et demi, qu'il ne voit qu'un weekend sur deux. Occupé, très occupé.
LOGEMENT : #98 Bayside (auparavant #42 Logan City durant cinq ans)

POSTS : 15790 POINTS : 485

ORIENTATION SEXUELLE : Je n'aime que ma moitié.
PETIT PLUS : Anglais, né à Londres. Fils de Lord, et l'est lui-même. ≈ A recueilli deux chiens abandonnés: Ben, un golden retriever, et Milo, un teckel. ≈ Végétarien. ≈ N'aime pas le surplus de technologie ≈ Grand passionné d'art. Il est peintre et mécène. ≈ Sanguin, ses poings dépassent parfois sa pensée ≈ Sait cuisiner et adore ça. ≈ Diagnostiqué borderline il y a un an, sous traitement à la demande du juge suite à sa condamnation pour violences domestiques (nov.2016) ≈ S'est fait tatouer la date de naissance de son fils sur l'omoplate gauche.
UN RP ? : Pas dispo pour le moment.
RPs EN COURS : Joamie #114 - Joamie (v.a) #3 - Jodie #3 - Jodie #2 - Irene #4 - Zamissan - Ariane #2 - Joamirene (what if) - [8/6]


JOAMIE ► Who says truth is beauty after all? And who says love should break us when we fall? But if we're strong enough to let it in, we're strong enough to let it go.


JADIE ► Call me a lover, believer, and all the names you wanna give. Sister and brother, all the way together, and all the lives we’ll ever live forever and ever.
RPs TERMINÉS : Beaucoup trop.


PSEUDO : loonywaltz
AVATAR : luke evans
CRÉDITS : loonywaltz
DC : lou aberline & benjamin brody & kelly ward
INSCRIT LE : 27/03/2015
http://www.30yearsstillyoung.com/t1188-jamie-elle-m-a-fait-la-bise-langoureusement http://www.30yearsstillyoung.com/t11382-love-who-loves-you-back http://www.30yearsstillyoung.com/t1525-jamie-keynes http://www.30yearsstillyoung.com/t2243-jamie-keynes

MessageSujet: Re: joamie + life worth living   Mer 4 Oct - 20:05



─ life worth living
And my highs when you're gone Give me a golden guarded soul But when I'm crazy and I'm lost You calm me down.

Ce n'était presque rien, et pourtant, Cole savait que cela était déjà de trop ; sa main serrant celle de Constance, son bras autour de ses épaules, déployée comme une aile afin de la couvrir du vent, de la tempête qui ne cesse jamais vraiment sous ce toit. Mais il n’avait pas besoin de plus, seulement ses petits doigts tièdes au creux de sa paume, et l'esquisse d'une étreinte qu'il aimerait plus tendre. Il avait toujours su se contenter de peu, et rien que ceci suffisait à le combler. Quant à Constance, elle fut toujours bien plus difficile à contenter. Sa tentative de lui ouvrir les yeux en l'emmenant voir Wendy à Londres portait plus de fruits qu'il ne l'aurait pensé, et la réflexion de la jeune femme s'enclenchait tout juste. Peut-être continuera-t-elle à tourner dans un coin de sa tête tandis qu'elle se fera sa place dans le manoir, peut-être comprendra-t-elle encore mieux avec le temps si cette vision demeure dans son esprit. Plus qu'elle ne le pensait, elle avait les cartes en main. À dire vrai, son avenir ici ne tenait qu'à elle, pourtant elle fut surprise de se voir souligner l'importance de son statut dans sa situation. “Depuis toujours, répondit-il avec un fin sourire. Parfois, il ne faut qu'une femme, une épouse, pour terrasser un homme, une armée. Pensez à Hélène de Troie. Une femme a tant de pouvoir que l'on se donne bien du mal pour la rendre docile, mais ne sont-ce pas les créatures les plus fascinantes que nous nous efforçons de mettre en cage ? Vous êtes importante. Depuis qu'il n’y a pas de famille sans femme, et que les Keynes sont focalisés sur leur lignée. Et depuis qu'une femme est le reflet de son homme aux yeux du monde. Comme un bijou. Mais c'est aussi pour cette raison que vous ne pouvez pas les décevoir.” Comme il le lui avait déjà dit, sa meilleure stratégie était de se rendre indispensable. Cela nécessitait de se rendre aussi calculateurs et méticuleux que les Keynes l'étaient. Il n'était pas certain que Constance y parvienne, néanmoins Cole avait bon espoir que son discours fasse son effet, même lorsqu'il approuva un terrible fait ; elle vivrait pour toujours dans la peur dans le domaine. “Oui. Mais ne vous sous-estimez pas, vous pouvez y trouver votre compte. Vous pouvez créer votre bonheur, comme on forme des diamants à partir de charbon.” C'était là tout ce qui importait à Elwood ; que son amante, sa protégée surtout, puisse survivre au manoir sans se perdre pour autant. Il voulait revenir et la retrouver non pas telle qu'il l'avait laissée, mais plus heureuse. Elle n’avait pas besoin de lui pour cela. De toute manière, il ne serait bientôt plus présent. Cela ne l'empêchait d'avoir à coeur de s'assurer qu'elle aille bien pendant son absence. “Sottises.” balaya-t-il avec agacement lorsqu'elle supposa qu'il ne devait plus se soucier de son sort. Cela était mal le connaître et surtout, cela était douter de son affection, ce qu'il ne pouvait accepter malgré ses derniers agissements. Sans rien ajouter, il laissa Constance prendre congé afin de se reposer. Il lâcha sa main à contrecœur et se détachait de sa présence avec le coeur lourd. Croire que cela était le mieux à faire pour eux deux était une maigre consolation, elle était néanmoins la seule qu'il avait, et il s'en contentait. Dès lors, les rapports de ce genre, les conversations aussi privées se raréfièrent au profit d'une relation relevant du médecin-patient, parfois de l'amitié. Rien qui puisse boucher le trou béant laissé dans sa poitrine, bien qu'il appréciait la chance qu'il avait de pouvoir poser le regard sur celle qu'il aimait à tout moment de la journée. Il lui adressait parfois un sourire plus tendre, plus empli de ces sentiments qu'ils devaient renier, mais elle ne paraissait pas les noter. Cela était sûrement plus facile ainsi. L’unique chose pouvant réellement lui faire de la peine était de constater que le ventre de Constance commençait à s'arrondir. Les semaines passant, Cole commença à passer de plus en plus de temps avec Eleanor. Elle lui devint plus agréable au fil de leurs longues conversations visant uniquement à faire passer le temps, la dernière ligne droite avant l'accouchement. Il lui tenait compagnie, comme il l'avait fait avec Augustine avant elle. Il n’était pas le plus bavard, mais il possédait une bonne capacité de relance, si bien qu'il embourbait ses interlocuteurs dans leurs sujets, leurs pensées à travers ses remarques, ses questions simples, et cela transformait les journées en heures. “Devez-vous vraiment partir ?” lui demanda-t-elle une fois alors qu'ils évoquaient les maigres progrès du médecin en arabe, le voyage approchant à grands pas. “Non.” répondit-il très honnêtement. Rien ne l'y obligeait, si ce n'était un acquis de conscience, et pouvoir enfin vivre quelque chose de moins ordinaire que sa vie de campagne, avoir quelque chose à raconter, à se souvenir. “Mais j'en ai besoin.” Jamais n'aurait-il pensé quitter l'Angleterre. Il avait songé à l'Écosse, au mieux, et cela était déjà bien assez lointain. Il se surprenait à ne pas avoir peur de l'inconnu qu'était le Moyen-Orient pour lui. À dire vrai, depuis que cette opportunité lui avait été proposée, il devint incapable d'imaginer sa vie sans cette expérience. Il était attiré par ce voyage, poussé par tout son être, et s'il ne partait pas alors il ne serait que regrets. Cole avait bien des regrets à son actif, des pages de son histoire qu'il souhaiterait arracher, des lignes à rayer, à réécrire. Souvent, cela le dévorait encore. Il serrait les dents et se levait toujours le matin suivant, car il n'était rien que sa volonté ne puisse l'aider à faire. Rien mis à part sa loyauté, plus grande encore, qui l'empêchait de tout bonnement quitter le manoir avec Constance à tout jamais. “C’est imminent, n'est-ce pas ?” demanda Eleanor, les deux mains sur son ventre bien rond et lourd désormais, toujours souriante, toujours solaire. “Oui, je le pense. Impatiente ?”De pouvoir me lever de ce fauteuil sans assistance, oui !” Ils riaient ensemble, ce qui était devenu une habitude en comparaison avec les mois précédents. “J'appréhende un peu aussi.” avoua-t-elle sans pour autant laisser beaucoup d'anxiété se lire sur son visage porcelaine. Cole arqua un sourcil ; “Vous ?” La jeune femme ne lui avait jamais paru prise de doutes vis-à-vis de sa grossesse, et en revanche, plutôt confiante et épanouie. Il n'était pas réellement surpris pour autant ; la perspective de mettre au monde un être humain était terrifiante pour n'importe qui. Se montrant moins cynique qu'à son habitude, Elwood se pencha pour poser sa main sur celles d'Eleanor, confiant, rassurant. “C’est normal. Mais tout ira bien, faites-vous confiance.” Bien qu'il ait conscience que les mots étaient une maigre consolation, cela parut suffire à la jeune femme pour le moment. Ils ne se revirent pas le jour suivant, que Cole avait décidé de passer chez lui. L'apprenti qu'il avait trouvé y logeait pour un loyer particulièrement bon marché. Quincy était un jeune homme fraîchement diplômé, brillant sans être au dessus de la moyenne ; c'était avant tout son côté humain qui avait décidé Elwood, ayant à coeur de laisser derrière lui une personne qui traiterait ses patients aussi bien qu'il l'aurait fait, sans jugement aucun. Il lui fallait également quelqu'un de solide au caractère affirmé au cas où les Keynes fassent appel à lui. Quincy semblait réunir toutes ces qualités, un sourire contagieux en prime. Il avait la fraîcheur allant de paire avec sa jeunesse, la motivation et la passion. Quand Cole décida de rentrer pour la journée, il jugea bon d'en profiter pour retourner visiter sa famille à Londres. Ainsi, ils se croisèrent comme deux courants d'air. Comme souvent lorsqu'il avait besoin de se retrouver, le médecin passait la journée au jardin. Il prépara les plantes pour l’automne qui débutait, ce qui lui permettait d'échapper à ses pensées. Il se surprit à frissonner parfois, traversé par le fantôme de sa petite fille qui aurait eu un an de plus ce jour. Des plus belles fleurs il fit un modeste bouquet à déposer sur sa minuscule tombe sans épitaphe. Puis il demeura ici jusqu'à ce qu'il fasse sombre. Elwood réintégra le microcosme du manoir le lendemain, sans pour autant avoir le coeur à se mélanger au reste de la famille. Il déclina également, poliment, l'invitation d'Eleonore à lui tenir compagnie. Il n'était de bonne compagnie pour personne songeait-il, lugubre comme on savait qu'il pouvait l'être par moments, renfermé, triste, absent. Brentford et Alicia eurent à coeur d'enfoncer le clou malgré l'importance de la date en question pour le médecin, et sous couvert d'une simple discussions courtoise, le jeune Lord finit par dire avec ce sourire en coin fort narquois qui le distinguait ; “Je dois être tout à fait franc avec vous, Elwood. Je ne suis pas tout à fait rassuré que vous vous occupiez de l'accouchement d’Eleonore.” Cole ne le peut pas personnellement dans un premier temps, estimant lui aussi qu'il existait plus apte à procéder à cet acte -néanmoins les Keynes n’avaient foi qu'en lui, et il n’était pas incompétent en la matière. Il manque de perdre tout sang froid quand le jeune homme poursuivit ; “Il semblerait que les petits qui passent entre vos mains ont la fâcheuse tendance à mourir.” Son air désolé ne dupait personne, car ses yeux pétillaient de la satisfaction du mal qu'il venait de commettre, du couteau enfoncé, tourné et tourné encore par sa propre main, et du visage crispé par la douleur de Cole qui ne put que siffler entre ses dents un “Allez au diable, Brentford” trop étouffé. C’est ainsi qu'il termina la soirée dans sa chambre, assis dans un fauteuil face à sa fenêtre donnant sur le domaine et la forêt, observant la lune et le ciel à travers ses paupières lourdes, rougies, et le verre de whisky dans sa main menaçant de glisser de ses doigts de plus en plus cotonneux. “Tu sais que tu ne devrais pas…” se risquait une dernière fois Charlotte, inquiète et trop au courant des penchants de son beau-frère après quelques verres. Quoiqu'il ne fût pas en état de faire du mal à qui que ce soit hormis lui-même à force de ressasser, de se maudire, de s'oublier. L’alcool était salé au bord de ses lèvres, et parfois il ne voulait même pas de cette gorgée qu'il s'imposait, qu'il buvait malgré tout, juste pour vider le verre et le remplir à nouveau. “DEHORS.” hurla-t-il sur celle qui n'était plus qu'une domestique à ses yeux suite à leurs derniers échanges. Elle avait perdu le droit de s'inquiéter et de corriger son comportement. Charlotte referma alors la porte en partant. Il était encore bien trop tôt pour s'échouer dans un lit qui était pourtant la promesse d'un repos nécessaire. Et plutôt que d'écouter la raison qui tentait de faire taire sa peine le temps de le traîner jusqu'aux draps, Cole se leva et retrouva assez de lucidité pour effectuer le chemin jusqu'à la porte de la chambre de Constance. Sans réfléchir, sans penser à autre chose qu'à son besoin viscéral de la voir, de se réfugier, de trouver une source de consolation plus concrète dans ses bras, dans ses baisers, dans l'affection qu'il espérait qu'elle ait encore pour lui, il frappa et attendit une réponse qui se viendrait peut-être jamais. Quand la porte s'ouvrit sur la petite blonde, il n'écouta que son coeur à nouveau, saisit son visage et colla sur ses lèvres un long baiser, aussi tendre que désespéré.
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My life is now Not gonna waste it on the piling up the treasures in the sun Cause maybe tomorrow never comes I´ve been a foo and I´ve burned a few But I´ll spend all the rest with you





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Dernière édition par Jamie Keynes le Mer 4 Oct - 21:36, édité 1 fois
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SURNOM : Jo, mais peu de personnes la nomme ainsi.
STATUT : Bien trop compliqué.
MÉTIER : Maman d'un petit garçon d'un an et demi. Conservatrice au QAGOMA, dans la galerie d'art historique international depuis juin 2017.
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PETIT PLUS : a deux bergers suisses : un blanc (Nunki) et un noir (Sirius) ▽ a toujours beaucoup de difficultés à faire des choix, à cause d'une famille surprotectrice ▽ antécédents de fausse-couches ▽ amatrice de vin et de champagne ▽ passionnée d'art et d'histoire (surtout la Renaissance italienne) ▽ n'aime pas parler de ses problèmes, reste très réservée par moment ▽ très émotive ▽ a récemment repris des cours de danse en couple ▽ très impressionnable, naïve, elle prend presque tout au 1er degré ▽ adore se promener ▽ on lit en elle comme dans un livre ouvert ▽ ne sait pas mentir
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MessageSujet: Re: joamie + life worth living   Mer 4 Oct - 21:27



life worth living
give me your love and physical affection, give me the worst of you to hold

L'importance que Cole accordait à la gente féminine était surprenante. Cela ne changeait pas les faits. Elles n'avaient toujours pas le droit de voter, ni même de porter plainte. Les objets qu'elle possédait étaient en fait à son mari, et, comme le disait si bien le médecin, elle-même en devenait. Un bijou avec lequel l'époux se plaisait à se promener pour mettre en avant son prestige, montrer au monde qu'il avait l'une des plus belles femmes du pays tout en la décorant de la tête au pied pour parfaire son teint, ses cheveux. Oui, sans les femmes, il n'y aurait ni lignée ni descendance, faisant d'elle un élément essentiel à la famille et dont aucun homme ne pouvait se passer. Constance avait toujours eu beaucoup d'admiration pour ces femmes de l'Histoire avec beaucoup de caractère qui avaient mené à la baguette leur époux. Si ce dernier gouvernait un pays, la reine était alors la véritable personne qui régnait. Mais c'était un fait qu'aucun homme ne voudrait admettre un jour. C'était elles qui renversaient des mouvements, des royaumes entiers. Les hommes étaient capables de tout pour elles alors qu'ils n'admettraient jamais à quel point c'était finalement eux qui dépendaient d'elles. Le médecin semblait avoir bien saisi cette réalité accordant bien des pouvoirs à la gente féminine et jugeait bon de partager son point de vue avec la petite blonde. Elle avait l'impression que lui croyait suffisamment en elle, qu'il était presque persuadé qu'elle était capable de tout ceci, qu'au fond d'elle, elle était dotée de cette force qu'elle n'avait jamais su utiliser jusqu'ici. Il ne pouvait cependant pas la contredire lorsqu'elle réalisait qu'elle allait vivre dans l'angoisse pour le restant de ses jours. Il ne semblait en revanche pas vouloir entendre que son bonheur à elle, elle le trouvait en lui, et non dans la vie que son père avait choisi en acceptant le mariage avec Peter. Constance gardait cette pensée pour elle, sachant très bien que cela le contrarierait ou le décevrait. Mais elle n'en pensait pas moins. Cole ne semblait pas apprécier le fait que son amante puisse penser qu'il l'oublierait, au cour de son voyage. Elle se disait qu'il ne verrait pas son visage lorsqu'il verra les pyramides de Gizeh, ou lorsqu'il foulera le sable du désert, lorsqu'il découvrira la culture et la richesse que regorgeaient ce pays. Sa tête serait bien ailleurs. Mais ce n'était pas ce que lui pensait. A la fin de leur conversation, Constance s'éclipsa afin de se reposer. Ils se voyaient moins souvent, elle s'efforçait de passer plus de temps avec les Keynes. A vrai dire, Peter avait fini par consacrer un peu plus de temps avec elle. Il lui avait même appris quelques jeux de cartes que l'on pouvait faire à deux et c'était ainsi qu'ils s'occupaient, et partager même parfois quelques rires. Tout était bon pour oublier qu'elle portait un enfant qu'elle peinait toujours à accepter, et pour mettre de côté ses sentiments pour Cole, qui eux, ne fânaient pas. Ils s'échangeaient des regards parfois, avec cette tendresse très subtile. Bien sûr qu'elle y voyait de l'amour, mais Constance avait bien compris qu'ils ne devaient plus se permettre ce genre d'attention. C'était pour cette raison qu'il voulait mettre un terme à leur relation, n'est-ce pas ? Puis il passait de plus en plus de temps avec Eleanor, qui n'allait pas tarder à accoucher. Ils semblaient plus proches tous les deux, alors que Constance n'adressait plus vraiment la parole à sa soeur pour le moment. Alors elle passait le plus clair de son temps avec Peter ou Catherine. Peter parce que c'était son mari, Catherine parce qu'elle était bien la seule de cette famille à lui inspirer un peu de sympathie. Malgré elle, la Keynes maternait de temps en temps sa belle-fille. Une après-midi, elle l'avait même initiée à la broderie. Jusqu'ici, Constance préférait largement s'entourer de bouquins que de fils et d'aiguilles. Tout ceci sous le regard attendri de Peter, qui semblait se réjouir que son épouse s'ouvre enfin un peu plus à sa nouvelle famille. Les nausées commençaient à peine à passer pour laisser bien plus de places aux vertiges, empêchant la jeune femme de se promener comme elle aimait tant le faire. Elle aurait adoré voir de ses propres yeux les couleurs de l'automne en faisant un tour dans le domaine. Son corps commençait aussi à prendre des formes. Son ventre s'était un peu arrondi, sa poitrine était un peu plus généreux. Des changements qu'elle peinait à accepter. Un soir où la petite blonde comptait se coucher tôt – alors qu'elle parvenait tout juste à avoir à nouveau des nuits relativement tranquilles– elle entendit soudaine toquer à la porte. Elle se découvrit de sa couverture et se hâte d'enfiler une robe de chambre par dessus sa chemise de nuit avant d'ouvrir. A peine Constance eut-elle le temps de voir de qui il s'agissait que son amant se précipita sur ses lèvres pour l'embrasser longuement, ne semblant pas vouloir quitter sa bouche vu la manière dont il avait saisi son visage avec ses deux mains. La jeune femme l'invita à avancer de quelques pas, et donc elle, de reculer, pour qu'il pénètre dans la chambre afin qu'elle puisse fermer la porte derrière. Elle le plaqua délicatement contre cette dernière, en répondant avec tout autant d'ardeur à ses baisers. C'était à la fois un véritable soulagement d'avoir une preuve concrète que leurs sentiments ne s'étaient pas éteints malgré les mois qui s'étaient écoulés, mais aussi un réel plaisir de pouvoir être à nouveau si proche de l'un l'autre. Elle réalisait combien ses caresses et ses baisers lui avaient manqué. Elle savait qu'il avait un peu bu, elle sentait qu'il était bouleversé. Après de longues minutes de baisers langoureux, Constance saisit à son tour son visage et interrompit le baiser pour pouovoir le regarder. "Qu'y'a-t-il, mon amour ?" lui chuchota-t-elle en le regardant avec tendresse, alors qu'elle caressait sa joue. Ses yeux verts étaient un peu plus brillants que d'habitude. Il y avait quelques bougies d'allumer dans la pièce qui permettaient de voir qu'ils étaient également injectés de sang. "Qu'est-ce qui vous tourmente tant ?" Elle collait son front contre le sien, frôlait le bout de son nez avec le sien. "Vous n'êtes pas obligé de me le dire." Peut-être était-ce trop difficile pour lui, Constance ne lui en tenait absolument rigueur. "Je suis là, je serai toujours là, Cole." lui assura-t-elle en le prenant dans ses bras, l'invitant à loger son visage au creux de son cou. Elle lui caressait doucement les cheveux. Lorsqu'il se redressa un peu, elle l'embrassa à son tour avec beaucoup d'amour. Ses doigts s'étaient glissés sur son dos, tentée de tirer la chemise de son pantalon afin de pouvoir passer ses mains en dessous pour effleurer à même sa peau. Elle avait commencé son geste, mais s'arrêtait, persuadée que cela ne lui plairait pas. A la place, elle lui prit la main et l'invita à s'asseoir à côté d'elle sur le bord de son lit. Etre assise si près de lui, à l'enlacer, l'embrasser, lui faire des caresses, sentir sa chaleur et le sentir être être réceptif à tout ceci donnaient à la jeune femme des pensées bien peu catholiques qu'elle se surprenait d'avoir. "Je vous aime, Cole." dit-elle en relevant son visage afin de capter son regard, afin qu'il comprenne la profonde sincérité de ces mots. "Je vous aime tant." Constance réalisait qu'elle était indispensable. Du moins, elle l'était pour Cole, sinon il ne serait jamais venu en quête d'affection et de consolation en venant toquer à sa porte. Qu'importe l'alcool, ou l'origine de sa tristesse, c'était elle qu'il voulait voir et personne d'autre. Et dès que les mots n'avaient plus leur place, c'était des baisers qu'ils s'échangeaient inlassablement, comme s'ils cherchaient à rattraper tout le temps perdu à s'être persuadé qu'il valait mieux qu'ils arrêtent d'être aussi proches qu'ils ne l'étaient ce soir-là. Certes, c'était peut-être pour le mieux, la jeune femme semblait être de meilleure humeur et moins triste qu'elle ne l'ai été pendant si longtemps. Mais ses efforts ne venaient que d'une seule motivation, et elle se trouvait juste en face de la jeune femme. Déterminée à ce qu'il soit fier d'elle, à ce qu'elle tienne le coup jusqu'à son retour, elle se sentait prête à prendre des risques pour lui, sinon elle ne serait pas là à l'embrasser et le consoler comme elle le pouvait. Elle puisait sa force grâce cet amour impossible, mais qu'elle voulait satisfaire d'une manière ou d'une autre. Peut-être qu'il finirait platonique, et elle saurait s'en satisfaire. Tant qu'elle savait qu'il l'aimait et que lui savait qu'elle l'aimait. Constance le laissait retrouver toute l'affection dont il avait besoin. Elle le gardait dans ses bras quand il en avait envie, elle le cajolait lorsqu'il laissait comprendre que c'était ce qu'il voulait, elle répondait avec tout autant d'amour à ses baisers.
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MessageSujet: Re: joamie + life worth living   Ven 6 Oct - 22:27



─ life worth living
And my highs when you're gone Give me a golden guarded soul But when I'm crazy and I'm lost You calm me down.

La tristesse était innommable et la détresse palpable. Cole était fiévreux de peine, désorienté, assiégé par ces émotions qui le poussaient vers ses limites. Dès lors qu'il vit vit Constance, quand il put se reposer sur elle, les barrages qui empêchaient si fragilement la submersion furent détruits, et c'était à la fois un soulagement et une torture. Il n'était plus rien qui puisse l'empêcher d'embrasser autant l'amour que le désespoir, plus de filtre, plus de contrôle. Il était aussi heureux de pouvoir la prendre dans ses bras qu'il était malheureux à force de se noyer dans des souvenirs si douloureux. Il ne guérissait pas, pas autant qu'il souhaitait le croire et s'en convaincre. La plaie était encore à vif, et ces tragédies trop fraîches. Il pouvait encore sentir le poids de sa fille raide et tiède entre ses mains, là où il saisissait désormais le visage de Constance. Il devinait le trou béant laissé par mon épouse et les sentiments de ce nouvel amour contrarié tenter de le combler sans en avoir le droit. Le serpent se mordait la queue, il n'y avait rien à faire, et le temps était long, si long, avant d'atteindre un semblant de paix. Le refuge qu'Elwood trouvait dans les baisers de la jeune femme ne faisait pas oublier que ses lèvres étaient tels des fers brûlants. Car plus tard, il devra s'en arracher pour encore de longs mois, sûrement des années. Et l'amour qu'elle lui offrait disparaîtrait avec elle, tandis qu'ils ne seraient plus qu'un souvenir l'un pour l'autre. Cela faisait aussi mal. Tout faisait mal. Absolument rien ni personne n'épargnait le médecin qui ne parvenait plus, pour ce soir, à continuer de tirer sur la corde. Il avait besoin d'elle, de son affection, de sa voix. Il avait besoin d'elle comme ancre, car il lui semblait perdre peu à peu la raison à force de garder ses fantômes pour lui seul. L'habitude l'empêchait de dévoiler tout ce qu'il avait sur le coeur, et quand bien même en serait-il capable, il ne saurait pas où commencer. « Tant de choses... » répondit-il alors à la belle blonde, si belle ce soir, si angélique. Elle ne forçait pas, ne poussait pas, mais elle proposait ses frêles épaules afin de l'aider à supporter sa peine. Elle était si petite, si fragile, et incapable de supporter sa propre existence, comment pouvait-elle se croire à la hauteur de tout ce qui tourmentait son amant ? Non, il ne pouvait lui dire, de peur que Constance s'effondre un peu plus sous le poids des malheurs de deux vies gâchées. Sûrement le sentait-elle trop faible pour supporter son propre poids, aussi le mena-t-elle jusqu'au lit au bord duquel il put s'asseoir, s'écrasant sur le matelas. Vaporeux, le temps n'avait plus de sens pour lui ; il ne savait durant combien de temps il se découvrait capable de ne pas décoller ses lèvres de celles de son amante, mais cela n'avait aucune importance. Il absorbait son air et son amour comme si sa vie en dépendait, comme si plus rien d'autre ne comptait. « Je vous aime aussi. » souffla-t-il en caressant son visage. Il n'avait jamais cessé, et ne cesserait sûrement jamais. D'une certaine manière, et bien malgré lui, il sentait cette connexion entre eux, ce lien qui ne pouvait être détruit ou même affaibli. Il avait la conviction que s'ils avaient pu partir ensemble, alors ils seraient heureux pour tout le temps que la vie accepterait de leur donner. Elle était sa rédemption, la clé de la vie dont il rêvait, et renfermait tout l'affection dont il avait besoin, autant qu'il souhaitait lui en donner ; pourtant elle était hors de portée. Cole se voyait comme un spectateur de sa vie depuis quelques années, acteur passif d'une mauvaise pièce de théâtre, condamné à observer le monde sans jamais en faire pleinement partie. Dans le fond, lui aussi était un fantôme, mais depuis plus longtemps qu'il ne le pensait. Durant un long moment, le médecin se réfugia au creux du coup de la jeune femme. Il la serrait autant qu'il le pouvait, et lâchait un sanglot de temps en temps. Engourdi, presque paralysé, il doutait dans l'instant de sa capacité à se relever et s'arracher de ce lit un jour, comme si chaque soupir qu'il lâchait pourrait soudainement être le dernier. Il sentait cette fièvre prendre possession de sa tête, ses pensées, si bien qu'il se persuadait peu à peu qu'à la fin de la nuit il aurait entièrement perdu l'esprit. Etait-il humainement possible de ressentir autant de tristesse ? Et alors qu'il se noyait intérieurement, Cole murmura simplement ; « C'était l'anniversaire d'Annie, hier... » Cela était amplement suffisant. Il n'avait pas besoin de s'épancher sur la méchanceté gratuite de Brentford, et même s'il doutait que Constance puisse comprendre, ne serait-ce que imaginer l'ampleur de sa souffrance, Elwood pensait que cela lui permettrait au moins de connaître la cause de sa peine. Le jour où elle se découvrira de l'attachement, de l'affection pour son enfant, peut-être aura-t-elle une mince idée de ce que son amant traversait. Mais pour le moment, lui se sentait seul, seul et perdu. Il doutait de tout, de lui-même avant tout, et parfois de la réalité. « Je… Je ne pense pas que je devrais m'occuper de votre sœur et de son bébé, peut-être que je... » Il se tut plutôt que d'insinuer, comme Brentford l'avait fait, qu'il n'était qu'un vecteur de malheur et de mort ; cela allait paraître stupide dit tout haut. Cole avait aidé et sauvé plus de personnes qu'il n'en avait perdues, pourtant cela faisait bel et bien trois enfants qu'il avait tenus froids dans ses mains, et cela suffisait à le laisser croire à une quelconque malédiction -ou pire, de l'incompétence. Cole se détacha finalement de Constance et logea son visage dans ses mains. Il tanguait entre éclairs de lucidité et parfaite déraison. Impossible de réfléchir en paix tant la tête et le coeur se faisaient la guerre. « Seigneur, je ne devrais même pas être là, je devrais partir. » Et si quelqu'un les entendait, ou entrait ? Quelle heure était-il déjà ? Cole doutait même d'être capable de retrouver le chemin de sa propre chambre. Encore fallait-il qu'il parvienne à se lever. Rien en lui ne le poussait vers la sortie, au contraire ; la chaleur des bras de Constance manquait déjà, et tout ce qu'il souhaitait, tout ce qui semblait pouvoir le sauver pour ce soir, était d'y rester, de s'y loger, et y trouver la sécurité. Elwood releva la tête et trouva le regard de la jeune femme, armé de ces yeux qui lui demandaient, l'imploraient de ne pas le laisser partir. Il ne voulait pas se préoccuper d'être trouvé là le lendemain, il ne voulait pas en avoir quoi que ce soit à faire que tout le monde sache -mais faute de le pouvoir, il voulait l'oublier juste pour un soir.
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PETIT PLUS : a deux bergers suisses : un blanc (Nunki) et un noir (Sirius) ▽ a toujours beaucoup de difficultés à faire des choix, à cause d'une famille surprotectrice ▽ antécédents de fausse-couches ▽ amatrice de vin et de champagne ▽ passionnée d'art et d'histoire (surtout la Renaissance italienne) ▽ n'aime pas parler de ses problèmes, reste très réservée par moment ▽ très émotive ▽ a récemment repris des cours de danse en couple ▽ très impressionnable, naïve, elle prend presque tout au 1er degré ▽ adore se promener ▽ on lit en elle comme dans un livre ouvert ▽ ne sait pas mentir
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MessageSujet: Re: joamie + life worth living   Ven 6 Oct - 23:14



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Le poids des tourments du médecin devait être au moins aussi lourd que celui de l'univers entier. Pour qu'il peine à se relever, pour que sa force légendaire, sa capacité à faire face ne devienne que poussière en cet instant. Cette tristesse devait être la seule source d'énergie qui l'avait guidé jusqu'à la porte de la femme qu'il aimait. Il ne pouvait que se fier à elle, et elle à lui. Il y avait cette réciprocité qui les maintenait envie, d'une certaine manière. Chacun faisait pour l'autre, dans l'espoir de le voir sourire, de le revoir un jour après ce long périple. Et malgré les conversations parfois glaciales entre eux, les sentiments qu'elle avait pour lui ne s'étaient pas éteints. Il était l'homme qui avait pris d'assaut son coeur et qui le tenait désormais prisonnier. Une prison dans laquelle Constance aurait bien accepté de s'enfermer au lieu d'être isolée dans ce manoir. Le destin se jouait d'eux, de la manière la plus vicieuse qui soit. La jeune femme n'insistait pas, après avoir posé sa question. Elle voulait être avant tout une présence, la personne sur qui il pouvait compter. Et ayant bien remarqué qu'il ne supportait plus son propre poids, elle jugeait bon de l'asseoir au bord de son lit. Elle le couvrait de baisers, l'aimait de tout son corps alors que lui restait noyé dans ses larmes et dans son désespoir. Mais il semblait apercevoir cette lueur, il semblait accepter toute l'affection qu'elle lui donnait. Constance lui fit le plus adorable des sourires en l'entendant exprimer leurs sentiments communs pour l'autre. Ils se rendaient compte que cette liaison était indéfectible, qu'importe ceux que les Keynes voulaient faire pour les séparer. Cole collait volontiers son visage dans le cou de la jeune femme, qui la berçait doucement, qui lui caresse délicatement les cheveux en espérant que cela lui apporte un quelconque réconfort. Ses émotions étaient si intenses qu'il finissait par somatiser. Elle le sentait devenir plus chaud, avec l'étrange sensation qu'il approchait du malaise. Enfin, il lui dévoila en quelques mots l'origine de ses tourments. Il n'en fallait pas plus pour que Constance comprenne ce qui se tramait dans la tête du médecin. Elle n'avait pas les mots pour le soigner. Elle l'écoutait, prenait soin de lui avec des gestes. Voilà qu'il ne se sentait plus capable de prendre soin d'Eleanor, qu'il doutait de ses capacités pour mettre son enfant au monde. Tout se mettait en doute, y compris sa présence dans la chambre de sa bien-aimée. Un brin paniqué, il se levait, sans laisser le temps à Constance de parler. "Cole..." dit-elle d'un ton calme. Elle se leva à son tour et s'approcha de lui et prit son visage entre ses mains. "Mon amour..." lui souffla-t-elle en frôlant le bout de son nez avec le sien. "Je pense que c'est vous qui devez vous occuper de l'accouchement de ma soeur, tout comme j'aurais voulu que ce soit vous pour le mien, si les circonstances avaient été différentes. Et je n'aurais accepté personne d'autre que vous." Constance lui sourit avec tendresse. "Vous êtes un médecin incroyable. Vous êtes doué, bourré d'empathie, vous soignez autant le corps que l'esprit et ça bien peu de vos confrères en sont capables. J'ai énormément d'admiration pour votre travail, je sais que c'était également le cas de mon père, et d'Eleanor." Les Keynes aussi, certainement, mais ils ne l'admettront jamais à voix haute. "Vous allez mettre au monde cet enfant, et tout va bien très bien se passer, j'en suis persuadée. Rien ne me fait douter de cette évidence." Ses yeux restaient plantés dans les siens. Elle voulait qu'il voit la sincérité dans chacun de ses mots. Elle aurait aussi voulu lui dire qu'elle était convaincue, au fond d'elle, que l'enfant qu'elle portait elle était le sien. Peut-être qu'elle s'en était persuadée toute seule, ou peut-être qu'il y avait cet instinct maternel qui naissait enfin en elle, et qui, d'une petite voix, lui partageait ses intuitions. Des impressions qui étaient souvent inexplicables et pourtant vraies. Mais elle ne mettait pas sur le compte du hasard le fait qu'elle soit si rapidement tombée enceinte après son premier rapport avec lui alors que cela faisait des mois que Peter essayait. Mais c'était certainement le jour le moins adéquat de l'année pour lui en parler. Quelque part, elle espérait qu'il le sente lui-même. "Restez avec moi, ne serait-ce que pour une poignée d'heures." lui dit-elle avec un fin sourire. "Je n'ai pas vraiment sommeil, je veillerai sur vous, et sur vos rêves, et je vous réveillerai avant même que le soleil ne se lève, vous pourrez ainsi regagner votre chambre avant même que les premiers domestiques ne soient réveillés." A vrai dire, Constance était prête à n'importe quoi pour partager son lit avec lui, même si ce n'était pour pas plus que quelques heures. Elle lui prit délicatement les mains et le dirigea vers le lit, l'invitation à s'y coucher. Cole semblait incertain, mais son regard semblait presque soulagé à cette idée. A peine sa tête fut-elle posée sur l'oreiller que Constance  l'embrassait à nouveau, de manière assez passionnée, en le surplombant légèrement. Elle en rêvait depuis de longs mois, de passer une nuit avec lui. Et d'un autre côté, elle voulait prendre soin de lui, le chérir jusqu'à ce que le sommeil ne vienne le trouver. C'était dangereux, très dangereux comme initiative de sa part. Mais elle était prête à courir le risque pour lui. De plus, le manoir était tout endormi, à cette heure-ci. Elle lui répétait des mots d'amour au creux de son oreille. Il y eut un moment où ils s'échangeaient des regards, tout simplement. "J'aimerais tant que vous me croyiez autant que je vous crois, lorsque je vous dis que je vous aimerai toujours. Que je ne vous oublierai pas. Jamais." lui souffla-t-elle en caressant son visage. "Que je vous suis loyale et fidèle autant que je puisse l'être malgré ce... mariage, et que je redoute le jour où ce navire vous emmènera si loin de moi. Ce serait comme m'arracher une partie de moi-même. Les Keynes pourront faire tout ce qu'ils veulent, mais ils ne parviendront jamais de m'empêcher de vous aimer." Elle lui souriait en prononçant ses mots, puis l'embrassait à nouveau avec tout cet amour qu'elle était capable de lui donner.
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MessageSujet: Re: joamie + life worth living   Sam 7 Oct - 14:07



─ life worth living
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Son coeur s'emballait alors qu'il réalisait que s'il doutait même de son travail, alors son univers tout entier perdrait tout sens. Sans sa femme, sans sa fille, et sans vocation, Cole n'était décidément plus rien. Pendant un instant, alors qu'il fut prêt de complètement abandonner l'idée de s'occuper d'Eleanor, de qui que ce soit, il avait senti le sol se dérober sous ses pieds, les murs s'effondrer. Il n'était bon ni à aimer, ni à aider qui que ce soit. Seules quelques secondes étaient nécessaires afin qu'il en soit convaincu. Alors il ne souhaitait que disparaître, s'évanouir dans l'air, et être oublié, comme s'il n'avait jamais existé. Sa main posée sur son front chaud était tout ce qui lui permettait de se raccrocher à un bout de raison. Peut-être était-il malade, peut-être était-il en plein délire, peut-être n'avait-il pas toute sa tête. Il n'aurait sûrement pas dû boire, pas autant. Le médecin fut secoué par un sursaut alors que Constance saisissait son visage dans l'espoir de calmer ses angoisses. Il appuyait son front sur le sien comme si sa tête était bien trop lourde pour sa nuque désormais. Il tentait sincèrement d'avoir foi dans les paroles de la jeune femme, mais certains de ses mots faisaient plus de mal que de bien, comme lorsqu'elle souligna que s'il ne partait pas, c'était lui qui aurait mis au monde son enfant. Alors il se souvint de sa promesse, désormais brisée, ce dont il se sentait si coupable. « Mais je ne serai pas là. » murmura-t-il. Bon à rien, pas même à tenir parole. Quoi qu'il soit certainement mieux pour cet enfant qu'il ne soit pas là, se disait Cole. Il n'avait jamais eu une haute estime de lui-même, et juste assez de fierté pour défendre son honneur, sa dignité, lorsque cela devenait nécessaire. Du reste, il n'était personne, hormis un médecin qui aimait son travail et faisait toujours de son mieux. Il n'était pas meilleur que qui que ce soit, son âme n'avait pas plus de valeur qu'une autre, et sa vie encore moins. Sa vie, à dire vrai, ne valait vraiment rien. « Je ne sais pas... » conclut-il des paroles de Constances qui s'avéraient vaines. Il n'était peut-être rien qui puisse le consoler, pas de mots pour le rassurer. Juste une présence à lui offrir, juste de l'affection afin de l'empêcher de sombrer. Cela aurait suffit. Ainsi, il accepta sans un mot l'invitation de la jeune femme à rester quelques heures. La raison soufflait qu'il était bien trop risqué de s'accorder un peu de repos ici et de risquer de ne pas être réveillé à temps pour ne pas être découverts, mais il était fatigué, alors il était prêt à déléguer le poids de cette préoccupation à Constance seule. Il prit place dans le lit, enrobé par son parfum, et il s'installa tout près d'elle, réconforté par sa chaleur. Le confort fut de courte durée face aux baisers trop demandeurs de son amante, ses mots qui l'empêchaient de trouver la paix dans le silence dont il avait besoin. Il ne souhaitait qu'éponger sa peine dans ses bras, rien de plus. Tout le reste n'avait aucune importance. Ne pouvait-elle pas tout simplement être là ? Non, Constance pompait l'air avec des préoccupations dont il n'avait que faire à cet instant ; son mariage, sa peine de le voir partir, le rendant encore coupable d'avoir accepté ce voyage, de lui arracher une partie d'elle. Étaient-ce supposés être des preuves d'amour, ces paroles qui le blâmaient un peu plus ? Est-ce que l'objet, le vrai sujet de la peine de son amant lui passait tant par dessus la tête ? Lui ne pensait qu'à sa fille, à quel point elle lui manquait. Même s'il n'avait même pas réellement eu la chance d'apprendre à la connaître. Il aurait aimé savoir à quoi elle aurait ressemblé à trois ans, dix ans, vingt ans. Il aurait voulu connaître le son de sa voix, et son sourire de fille, puis de femme. Il aurait voulu connaître ses passions, sa vocation, et la voir s'épanouir dans cette direction. Il aurait aimé essuyer ses chagrins, et la voir être amoureuse et avoir sa famille à son tour. Et tout cela n'arriverait jamais. Cole finit par détourner le visage, dégoûté des baisers de Constance, de l'égocentrisme dont elle faisait preuve à cet instant, au pire moment. Il tentait d'être tolérant conscient qu'elle ne comprenait pas, pas encore. Mais il ne pouvait pas supporter une seconde de plus son comportement, sa manière de le priver de son chagrin en n'évoquant que les siens qui n'étaient que de pitoyables caprices face au malheur d'un homme ayant perdu toute sa famille. Il avait eu besoin d'elle, ce soir-là. Et elle n'avait répondu à cette détresse qu'en l'assassinant de son besoin maladif de lui. « Comment pouvez-vous être comme ça ?... » murmura-t-il, écoeuré, déçu. Il la repoussa et se leva du lit, malgré son crâne lourd, sa tête engourdie et désorientée. « Laissez-moi. » Cole trouva son chemin vers la porte tant bien que mal. Hors de question d'être approché ou touché. Il voulait être seul, même si cette solitude le tuerait. Il ne fut pas certain d'avoir trouvé sa chambre, mais il fut trop fatigué pour s'en soucier, et il se laissa tomber d'épuisement sur la première surface confortable, dans la première pièce silencieuse qu'il croisa.
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MessageSujet: Re: joamie + life worth living   Sam 7 Oct - 14:51



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Rien était assez, ou au contraire, tout était de trop. Constance ne savait plus sur quel pied danser, ignorait quels étaient les bons mots, les bons gestes, la meilleure attitude à adopter avec lui. Il n'y avait rien pour soulager sa peine, elle espérait que sa présence lui suffise. Alors elle voulait lui expliquer combien elle l'aimait, à quel point elle pouvait le lui montrer, mais voilà qu'il la regardait écoeuré au possible, une nouvelle fois déçue de son comportement. Ces quelques mots, cette question et cette phrase fendaient le coeur de la jeune femme, et regretta immédiatement sa maladresse. Elle ne pouvait pas l'empêcher de partir, il ne voudrait plus qu'il la retienne désormais. Cole n'avait posé sa tête sur l'oreiller que pour quelques minutes, mais il préférait encore aller ailleurs plutôt que de rester une minute de plus avec elle. "Cole..." lui dit-elle tout bas, bien que l'on pouvait deviner sa voix tremblante, la tristesse dans son timbre. Mais il l'avait repoussé, il avait fermé la porte derrière lui en titubant, d'un pas lent. Constance craignait qu'il ne fasse un malaise, qu'il s'effondre dans les escaliers ou qu'il se blesse d'une quelconque façon. Désemparée de l'avoir blessé une nouvelle fois, de l'avoir déçu, la jeune femme ne trouvait pas le sommeil du reste de la nuit. Elle sanglotait silencieusement et ne faisait qu'espérer pouvoir le reprendre un jour dans ses bras. Du moins, qu'il accepte son toucher. Constance se levait donc de bonne heure pour se changer et se coiffer. Rosie, sa domestique, lui apporta un plateau sur lequel elle avait disposé avec précaution ce qu'elle prenait au petit-déjeuner. Bien que n'ayant pas d'appétit, elle se força à picorer quelques fruits et un toast avant de sortir de la pièce avec un livre en main. Peter lui en avait offert des nouveaux récemment, il semblait apprécier lui en ramener à chaque fois qu'il devait se rendre à Londres, malgré la bibliothèque déjà bien riche. Il avait bien noté à quel point la jeune femme adorait lire, c'était déjà un bon point. Elle se rendit dans un petit salon dans lequel elle se rendait rarement et supposait que peu de personnes de ce manoir devait y être également. C'était avec grande surprise qu'elle voyait Cole étalé sur le canapé, le teint pâle. L'espace d'une demi-seconde, Constance hésitait. Il avait bien dit, quelques heures plus tôt, qu'il voulait qu'il la laisse. Mais il avait l'air particulièrement mal en point. La jeune femme déposa son livre sur un guéridon et s'approcha doucement de lui. Elle s'accroupit et posa une main délicate sur son front, pour constater que celui-ci était un peu plus chaud qu'avant. "Cole..." dit-elle tout bas. "Vous avez un peu de fièvre." Cela était largement suffisant pour l'inquiéter parce qu'elle ne l'avait jamais connu malade jusqu'ici. "Laissez-moi vous aider à regagner votre chambre, vous serez bien plus confortablement installé sur votre lit." Constance ignorait la quantité d'alcool qu'il avait pu consommer la veille, mais elle supposait que ce qu'il avait bu y était aussi pour quelque chose. La jeune femme avait décidé de ne pas vraiment lui laisser le choix. Elle fit appel à sa domestique afin de l'aider à faire marcher le médecin jusqu'à sa chambre, avec beaucoup de peine. Une fois le plus dur fait, elle demandait à ce que l'on apporte une bassine d'eau tiède et une serviette. La maisonnée commençait à peine de se réveiller. Constance recouvrit le médecin d'un drap et d'une couverture et prit une chaise afin de rester assise à son chevet. Forcément, cela posait problème à son mari. "Il est mal en point, aujourd'hui." "Vous ne devriez pas rester à ses côtés. Ne prenons pas de risques inutiles, pour vous comme pour notre enfant." dit-il, sans forcément trop se soucier du volume de sa voix. "J'ai été à vos côtés à chacune de vos crises et je n'en suis jamais tombée malade. Là aussi, je sais que c'est un mal que je ne peux avoir." expliqua-t-elle calmement, en regardant son mari. "S'il vous plaît, Peter, permettez-moi de rester à ses côtés un moment. C'est mon ami." Le Keynes soupira en voyant cette paire d'yeux bleus le regarder à la fois avec pitié et détermination. Constance lui prit sa main et en embrassa le dos, c'était bien le geste d'affection qui eut raison de lui. "Fort bien. Mais il est hors de question que vous tombiez de fatigue pour tout ceci. Au moindre signe, j'exige que vous alliez vous reposer, je ne vous laisserai pas le choix." Il déposa un baiser sur son front. Elle approuva d'un signe de tête sa condition, le remercia et le regardait jusqu'à ce qu'il ferme la porte derrière lui, les laissant ainsi seuls. Forcément, la nouvelle avait fait le tour de la famille, avec son lot d'inquiétude, notamment chez Eleanor, qui commençait à se demander ce qu'elle ferait si elle venait à accoucher le jour-même – ce qui n'allait pas être le cas. La petite blonde osait à peine le toucher. Elle rafraîchissait de temps en temps son visage avec la serviette humide. Elle ne voulait pas revoir cette expression de dégoût sur son visage si elle venait à lui toucher la main, ou à lui caresser les cheveux. Alors elle restait assise là, sur sa chaise, droite comme un pic, à attendre qu'il se réveille, qu'il se sente un peu mieux. Elle espérait qu'il lui pardonne, qu'il sache, qu'il sente qu'elle était là, auprès de lui, et qu'elle veillait sur lui. Constance ne savait pas quoi faire de plus. Elle ne voulait même pas se permettre de prendre un livre pour lire, comme le lui avait proposé sa domestique lorsqu'elle était passée pour changer l'eau de la bassine. Constance aurait peur qu'en lisant, elle manque le moindre signe évocateur d'un réveil, d'une guérison, ou d'une quelconque aggravation. Peter ne pouvait pas s'empêcher parfois d'entrouvrir la porte pour voir si elle allait bien, et peut-être aussi pour s'assurer qu'il n'y ait pas trop de proximité physique entre eux deux. La posture de son épouse semblait le convaincre, si bien qu'il amenuisait ses visites au fil de la matinée, pour finalement rester concentré sur ce qu'il avait à faire.
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MÉTIER : Rédacteur en chef @GQ Australia (juillet 2017). Philanthrope, président de la fondation Oliver Keynes pour jeunes en détresse. Ambassadeur WWF et SANE. Papa d'un petit bonhomme nommé Daniel, âgé de 1 an et demi, qu'il ne voit qu'un weekend sur deux. Occupé, très occupé.
LOGEMENT : #98 Bayside (auparavant #42 Logan City durant cinq ans)

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ORIENTATION SEXUELLE : Je n'aime que ma moitié.
PETIT PLUS : Anglais, né à Londres. Fils de Lord, et l'est lui-même. ≈ A recueilli deux chiens abandonnés: Ben, un golden retriever, et Milo, un teckel. ≈ Végétarien. ≈ N'aime pas le surplus de technologie ≈ Grand passionné d'art. Il est peintre et mécène. ≈ Sanguin, ses poings dépassent parfois sa pensée ≈ Sait cuisiner et adore ça. ≈ Diagnostiqué borderline il y a un an, sous traitement à la demande du juge suite à sa condamnation pour violences domestiques (nov.2016) ≈ S'est fait tatouer la date de naissance de son fils sur l'omoplate gauche.
UN RP ? : Pas dispo pour le moment.
RPs EN COURS : Joamie #114 - Joamie (v.a) #3 - Jodie #3 - Jodie #2 - Irene #4 - Zamissan - Ariane #2 - Joamirene (what if) - [8/6]


JOAMIE ► Who says truth is beauty after all? And who says love should break us when we fall? But if we're strong enough to let it in, we're strong enough to let it go.


JADIE ► Call me a lover, believer, and all the names you wanna give. Sister and brother, all the way together, and all the lives we’ll ever live forever and ever.
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PSEUDO : loonywaltz
AVATAR : luke evans
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DC : lou aberline & benjamin brody & kelly ward
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MessageSujet: Re: joamie + life worth living   Sam 7 Oct - 16:27



─ life worth living
And my highs when you're gone Give me a golden guarded soul But when I'm crazy and I'm lost You calm me down.

Lorsqu'il ouvrit les yeux, Cole n'eut aucun souvenir de la manière dont il était parvenu à rejoindre sa chambre. Néanmoins, cela n'avait pas tant d'importance ; cela était désormais le seul lieu du manoir où il se sentait en sécurité, enveloppé dans sa couverture, la tête dans son oreiller. Ses paupières étaient lourdes, il tentait de s'adapter à la lumière du jour. Les secondes passant, longues comme des minutes, il devinait de plus en plus la douleur lancinante dans son crâne, et se sentait parfaitement incapable de bouger. L'effort nécessaire pour simplement tourner son visage vers la présence qu'il devinait à son chevet lui demanda bien de la volonté. Il fut instantanément pris de regrets ; Constance n'était pas le premier visage qu'il aurait souhaité voir à son réveil. Car s'il avait oublié par quel miracle il s'était retrouvé dans son lit, le reste de leur entrevue, en revanche, était claire comme du cristal. « Que faites-vous ici ? » demanda-t-il, la voix éraillée, la bouche pâteuse, la gorge incroyablement sèche. Il plissait les yeux, la scrutait, comme pour s'assurer qu'il ne faisait pas erreur, qu'elle était bel et bien là. Ce qui était le cas. « Allez vous-en. » il souffla en relâchant sa tête de l'autre côté afin de ne plus pouvoir poser son regard sur elle. Et il ne se sentit plus tranquille que lorsqu'il entendit la porte se refermer derrière elle, et l'air libéré de tout intrus. Tout le manoir fut rapidement au courant de son réveil mais personne ne vint perturber son repos. Jusqu'à ce qu'Alicia ne s'invite dans la chambre, sans frapper, comme si sa venue était une évidence qui ne pouvait décemment pas le contrarier. Elle avait le regard bas, les mains jointes devant elle, visiblement honteuse et accablée. « Cole… Je suis désolée. » Elle approcha du lit et s'imposa face à lui, qu'il veuille la voir ou non. Lui ne lui accordait pas un regard. « Je n'aurais pu dû laisser Brentford vous faire cette stupide blague... » Encore une trop jeune fille incapable de comprendre, pensa-t-il. Encore une qui pense que tout n'est à propos que d'elle. « Une blague ? » reprit-il afin de souligner toute la profondeur de leur bêtise. « Ma fille est morte et vous, vous en faites une blague. Vous êtes une bande de monstres. » Bien que cela ne soit pas l'unique raison de son état, il ne pouvait nier que les paroles de Brentford avaient fait déborder le vase. Ce qu'il ne comprenait pas, c'était le niveau de cruauté nécessaire pour qu'il puisse seulement leur venir à l'esprit de plaisanter, à leur manière, et pour eux-mêmes, à ce sujet. « J'ai toujours été présent pour cette famille, mais désormais, c'est terminé. J'en ai assez. » Sa monotonie laissait deviner sa grande lassitude. Il estimait avoir été le souffre douleur pendant bien trop longtemps. Les heures passant, seul dans cette chambre, lui laissaient tout loisir de réfléchir à ce qu'il ferait une fois hors de ce lit. Et une décision lui apparut en tout premier ; une fois l'enfant l'Eleanor mis au monde, il quitterait le manoir et n'entendrait plus jamais parler des Keynes. Si même la meilleure d'entre eux, celle qu'il aimait, était capable de le blesser au pire moment, alors il ne perdait rien à les exclure de sa vie. Il avait payé sa dette, il s'était montré plus loyal que personne, mais les remerciements qu'il en tirait n'étaient pas à la hauteur des épreuves qu'on lui faisait subir. Tout comme il n'était plus certain que son amour pour Constance soit plus fort que tout ce qui les rendait si différents l'un de l'autre. Quincy fut le suivant à lui rendre visite, le lendemain. Les Keynes l'avaient sûrement appelé par acquis de conscience. « Comment vous sentez-vous ? » demanda-t-il avec un grand sourire à son arrivée. « En voilà une question idiote. » Terriblement mal était la bonne réponse. Incapable de quitter le lit, et sans volonté de se nourrir non plus. La fièvre se dissipait, mais elle n'avait jamais été complètement réelle. C'est ce que le jeune homme conclut après une très brève auscultation. « Je pense que… vous savez très bien quel mal vous avez. » « Aucun. » Et il avait conscience que cet état était temporaire, qu'il serait bientôt sur pieds. « Je dirais plutôt du deuil inachevé. Il vous faut un peu de repos. » Puis Quincy lui tapota l'épaule comme un ami le ferait, ce qui toucha Elwood et lui arracha le premier sourire en plusieurs jours. « Merci. » Près de la porte, le jeune homme fit volte face pour un dernier détail ; « Il y a cette petite Lady qui attend à la porte, est-ce que je la laisse entrer ? » Le coeur de Cole se serra, forcé de constater qu'il se sentait tout bonnement incapable de la voir, de croiser son regard, d'entendre sa voix. Il n'était pas en état, il n'avait pas de patience et encore moins l'énergie pour arborer une façade juste un instant. Il ne pouvait pas. « Non. » Quincy respecta son choix et il prit congé. Il fut bien entendu invité à rester déjeuner avec la famille. Elwood demeura dans sa chambre encore une journée, et le sur-lendemain, de bon matin, Charlotte le trouva debout, habillé, frais et prêt à attaquer. Il ajustait son gilet et enfilait sa veste, comme si de rien n'était. Dans sa tête se listait les milliers de choses qu'il avait à faire afin de rattraper tout ce temps perdu. Quoi qu'il en soit, il était hors de question de se laisser abattre plus longtemps. La seule question qui demeurait était ; en serait-il de même l'an prochain ? « Tu te sens mieux ? » demanda Charlotte sans oser approcher, dubitative, craintive. « Bien mieux, merci. » Son ton était neutre sans être froid, juste assez cordial sans être amical. Le ton du médecin en somme, celui qui se préoccupe juste assez de vous pour vous prodiguer le bon remède, et rien de plus. « Tu as besoin de quoi que ce soit ? » « Non, rien du tout. » Rien de sa part, ni de celle de Constance, d'aucun autre Keynes, de personne dans ce manoir. Il ferait son travail et tirerait un trait sur tout ceci. Il partirait pour l'Egypte dans un mois, et c'était tout ce qui importait.
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PETIT PLUS : a deux bergers suisses : un blanc (Nunki) et un noir (Sirius) ▽ a toujours beaucoup de difficultés à faire des choix, à cause d'une famille surprotectrice ▽ antécédents de fausse-couches ▽ amatrice de vin et de champagne ▽ passionnée d'art et d'histoire (surtout la Renaissance italienne) ▽ n'aime pas parler de ses problèmes, reste très réservée par moment ▽ très émotive ▽ a récemment repris des cours de danse en couple ▽ très impressionnable, naïve, elle prend presque tout au 1er degré ▽ adore se promener ▽ on lit en elle comme dans un livre ouvert ▽ ne sait pas mentir
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MessageSujet: Re: joamie + life worth living   Sam 7 Oct - 17:37



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La question que lui posait Cole était plus qu'accusatrice qu'autre chose. Elle sous-entendait largement qu'elle n'avait en fait rien à faire dans sa chambre, encore moins auprès de lui. Néanmoins, Constance tentait de s'expliquer. "Je vous ai trouvé dans l'un des petits salons ce matin alors que je comptais y lire. Vous étiez souffrant, alors j'ai demandé à Rosie de m'aider à vous raccompagner dans votre chambre." Sa voix était à peine audible, profondément touchée par le ton qu'il venait d'employer avec elle malgré sa voix rocailleuse. Cette justification ne suffisait apparemment pas et la seule chose qu'il voulait était qu'elle parte. Les lèvres pincées, Constance retenait ses larmes alors qu'elle sentait son coeur être écrasé par sa propre culpabilité et par la froideur qu'il avait envers elle. Elle acquiesça d'un simple signe de tête et sortait de la pièce à pas feutré, en toute discrétion. Une fois dehors, elle plaça ses doigts devant sa bouche et laissa échapper quelques pleurs alors que Rosie passait par là. La jeune femme, adorable comme tout, jugea bon de l'accompagner jusqu'à sa chambre afin qu'elle y reste un petit moment, le temps de se remettre de ses émotions. Elle lui avait apporté également un peu de thé, de sa propre initiative. Constance se disait toujours qu'un jour, les Keynes abuseront de l'extrême gentillesse de la petite Rosie. Elle était toute menue, ses cheveux châtains que l'on devinait un peu ondulés étaient strictement dressés en un chignon. Sa voix était douce, un peu plus aiguë que la normale et elle semblait s'être prise d'affection pour la femme qu'elle servait, Constance. Celle-ci la remerciait systématiquement. Lorsque la domestique la coiffait, elles discutaient ensemble de sujets divers. Constance la remercia d'un maigre sourire. Lorsqu'elle sut que l'autre médecin, Quincy, était venu ausculté Cole, la petite blonde sortait de sa chambre et se rapprochait de celle du médecin, à attendre la fin de l'auscultation. Peut-être qu'après cela, il serait plus enclin à la recevoir. Difficile pour Constance, une nouvelle fois, de savoir qu'il ne voulait toujours pas la voir. "Il a encore besoin de repos, Milady." expliqua-t-il calmement à Constance, à voix basse avec un sourire empathique. "Bien sûr, je comprends." La petite blonde avait la gorge serrée, les mains qui tremblaient. Elle avait forcé un sourire au médecin. "Merci, Docteur." dit-elle en guise de conclusion à cette brève conversation avant de s'éloigner de la chambre de Cole. La jeune femme voulait faire acte de présence auprès de sa prétendue famille. Elle se pensait capable de continuer à faire un peu de broderie avec Catherine, mais ses mains tremblaient bien trop ce jour-là, et elle peinait à se concentrer. Le lendemain, il y eut quelques minutes où les deux soeurs Dashwood se retrouvaient seules dans la même pièce. Cela ne s'était pas produite depuis bien longtemps, étant donné que la cadette ne tenait plus à son confier à son aînée, comme cela avait été le cas pendant longtemps. "Qu'est-ce qui ne va pas ?" se risqua-t-elle à demander en s'installant sur le même canapé qu'elle. "Quelque chose s'est passé avec le Dr. Elwood ?" Eleanor était sincèrement inquiète pour sa soeur. Mentionner son nom suffisait à faire monter les larmes aux bord de ses grands yeux bleus. "Non, tout va parfaitement bien." dit-elle en guise de mensonges. Constance comptait sortir de la pièce, mais une fois debout,  sa soeur la retint par la main. "Si tu savais combien ça me rend triste, que nous nous parlions, combien je souffre de voir que tu te forces à me mentir uniquement pour faire bonne figure." La cadette se dégagea de son emprise. "Si tu savais combien je me sens seule depuis que je sais que je ne peux plus te faire confiance, pour quoi que ce soit. Que durant des moments, tu te ranges plus du côté de Brentford et de toute cette famille plutôt que de la mienne, et que tu partages mes secrets à qui bon te semble. Je te faisais confiance plus que quiconque, et maintenant... Je ne sais plus, Eleanor." dit-elle en larmes. Constance ne pouvait compter que sur elle-même et elle n'était pas certaine de pouvoir totalement gérer cette solitude. "Tu devrais te confier à nouveau au Dr. Elwood, vous avez l'air de bien vous entendre à nouveau, tous les deux." conclut-elle. Elle savait qu'elle lui avait donné les billets que Constance s'était si difficilement procurée. "Si je peux faire quoi que ce soit pour te montrer que tu peux toujours compter sur moi, que tu peux te confier quand ce fut le cas pendant si longtemps... Dis-le-moi." Constance sourit tristement. "Je n'en ai moi-même aucune idée. A toi de trouver." Tout comme elle devait trouver par elle-même un moyen de se faire pardonner par l'homme qu'elle aimait. La petite blonde s'isola une grande partie de la journée. Elle se présenta néanmoins à l'heure du thé et au dîner. Le lendemain, pendant qu'elle la coiffait, la petite Rosie se risqua à dire. "Charlotte a dit que le Dr. Elwood se sentait bien mieux aujourd'hui." Parce que la petite Rosie savait. Elle était discrète, personne ne se souciait véritablement d'elle. Constance la regardait alors dans les yeux, par l'intermédiaire du miroir qu'elle avait en face d'elle. "Oh." Elle força un sourire, quoi qu'elle était soulagée de savoir qu'il avait pu sortir de son lit, qu'il allait bien. Elle savait très bien se contenter de cela, au vue de ce qu'il s'était passé. Il se portait bien, c'était ce qu'il y avait de plus important pour elle."Une bonne nouvelle pour commencer cette journée." dit-elle tout bas. "Vous pensez qu'il y en aura d'autres, de bonnes nouvelles ?" "Je l'ignore." Peut-être qu'Eleanor allait accoucher. Elle s'approchait de jour en jour du terme, l'on avait déjà préparé tout le nécessaire dans sa chambre pour être prêt pour le grand jour. Constance ne le vit pas de la journée. Chacun devait certainement vouloir éviter l'autre avec beaucoup de précaution. Elle craignait bien trop de le déranger, d'être confrontée une nouvelle fois à son regard. Il lui avait bien fait comprendre, quelque jour plus tôt, qu'il ne voulait ni la voir, ni l'entendre, et elle faisait tout pour respecter sa volonté. Elle était principalement restée dans sa chambre, prise de vertiges tout au long de la journée, suffisamment pour inquiéter Peter. Mais Constance l'avait rassurée comme elle le pouvait, lui qui voulait à tout prix solliciter le médecin pour avoir un avis sur ce problème. Et la dernière chose que Constance voulait, c'était de le déranger et de l'agacer, même si c'était pour des symptômes de sa grossesse auxquelles elle n'y pouvait rien. Le soir-même, toutes les personnes présentes attendaient dans le salon à discuter jusqu'à ce que le dîner soit annoncé. Le sang de Constance se glaça dès qu'elle sentait la présence de Cole dans la pièce, elle n'avait même pas besoin de le regarder pour savoir qu'il était là. Ce n'était que par hasard qu'elle avait levé les yeux vers lui, regard qu'elle fuit aussitôt, ayant bien trop peur de ce qu'elle pourrait voir au fond de ces yeux verts. Elle l'aimait éperdument et y décrypter des émotions négatives à son égard la heurterait tout autant que ces derniers jours. C'était certainement plus facile pour Cole de l'ignorer. A nouveau prise de vertige, Constance s'installa sur le canapé le plus proche, le même où était installée. "Tu devrais tout de même en parler au Dr. Elwood, c'est tout de même étrange que tes vertiges traînent sur toute la journée, tu tiens à peine debout." "Non, ça va aller, ne t'inquiète pas. Il y a des jours où je n'en ai absolument pas, d'autres où j'ai l'impression de ne pas en voir le bout. Je commence à m'y habituer." assura-t-elle à sa soeur, avec un maigre sourire. Eleanor lui prit délicatement la main. "Mais il est juste cela, cela ne prendrait qu'une minute..." "Non, Eleanor, s'il te plaît." lui souffla-t-elle tout avec un regard humide et surtout suppliant qui fit bien passer le message à l'aînée. "Je ne veux pas lui imposer ma présence, pas plus que nécessaire et qu'il ne saurait le tolérer." chuchota-t-elle tout bas. Les autres étaient de toute façon bien trop occupés à discuter entre eux. Les traits de cette dernière se radoucirent. "Très bien. Mais si je constate que ton état se dégrade, je ferai appel à lui, d'accord ?" Constance acquiesça d'un signe de tête. Peter lui prêta son bras pour l'accompagner jusqu'à la table, ayant bien constaté que son épouse n'avait pas la meilleure forme qui soit.
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MessageSujet: Re: joamie + life worth living   Mar 10 Oct - 20:32



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Peter vint le chercher après le dîner, inquiété par la pâleur, la fatigue chronique, et l'apparente faiblesse de son épouse. Eleanor semblait toute aussi anxieuse, mais elle n'osa pas dire un mot. En voilà deux que la petit blonde menait par le bout du nez, bien plus qu'elle ne voulait bien le voir. Et jusqu'il y avait seulement quelques jours, Cole aurait été au sommet de cette liste. Désormais il était simplement blasé et dénué de sa légendaire patience ; cette famille l’avait vidé, et Constance était bien dans le même sac que tous ses autres membres toxiques pour qui il ne lui restait plus que d'infinies réserves de mépris accumulées à travers les années. C'en était assez, et ce sentiment de ras le bol se traduisait si parfaitement dans l'aura du médecin qu'il paraissait absolument inaccessible. Alors, lorsque le jeune aristocrate lui demanda avec un étrange excès de politesse de bien vouloir osculter sa femme, Elwood leva les yeux au ciel, juste une seconde, juste assez pour que son exaspération je devine. Il ne se pressait pas, il traînait même le pas. “Qu’y a-t-il encore ?” lâcha-t-il en entrant dans la pièce où Constance se trouvait avec sa sœur. Une nouvelle crise existentielle, un nouveau caprice de jeune fille ? Avait-elle refusé de manger afin de bien faire comprendre à toute l'assemblée qu'elle n'était pas heureuse pour mieux le nier tout haut ? Avait-elle demandé à se coucher avant vingt heures afin de paraître exténuée par tout l'attention qui gravitait autour de sa pauvre personne ? Cole était incrédule tandis qu'il se penchait sur le cas de la petite Lady, et alors qu'il dégageait ses poignets en remontant ses manches il se permis même un petit excès de cynisme, pour ne pas dire de cruauté ; “L’opulence de votre triste vie vous donne le vertige ?” Cela instaura un silence glacial. Seule Eleanor, particulièrement choquée par pareils propos qui ne ressemblaient en rien à ceux du médecin avec qui elle avait conversé des heures durant, se crut en droit de tenter de le raisonner, soufflant un “Cole…” dont la conviction était aspirée par la surprise. “Docteur Elwood.” il la reprit immédiatement. Règle en vigueur dès à présent. Ils n'étaient plus amis, plus intimes de la moindre manière que cela soit. Qu'importe qui l'avait blessé plus qu'un autre, il n’en était plus aucun pour trouver grâce à ses yeux. De toute manière, il n'avait ni l'envie ni l'énergie d'effectuer des distinctions. Il était temps que chaque chose soit à sa place, lui le premier. Il suffit donc au médecin de poser ses mains sur le visage de Constance, son front, son cou, puis de prendre ses poignets pour se faire une première idée du problème. “J’ai de quoi aider, attendez un instant.” Rapidement, Cole effectua un aller-retour dans sa chambre où se trouvait sa mallette et tout le nécessaire à son exercice. Cadeau de Laura dont il n'était jamais parvenu à se défaire. Il revint avec deux fioles à pipettes, fer et magnésium, de quoi renforcer sa patiente pendant sa grossesse. Et si cela demeurait sans effet, alors le problème serait plus sévère -mais lui sera déjà loin. “Voici. Deux gouttes de chaque dans une cuillère à café de sucre tous les jours jusqu'à disparition des symptômes.” Puis il se permit d'ajouter, avec la même gratuité ; “Concernant le reste de vos problèmes, je crains ne rien pouvoir y faire.” Le manoir, le mariage, le bébé, son insupportable tendance à l'éternelle insatisfaction, sa capacité exceptionnelle à croire que tout ne tourne qu'autour d'elle. À dire vrai, Cole n’était pas certain qu'il soit possible de changer cela, et cette pensée l'aidait à s'arracher à Constance. Il ne lui souhaita pas bonsoir -a personne dans la pièce d'ailleurs- en revanche il s'arrêta près d'Eleanor. “Milady, ne restez pas debout aussi longtemps dans votre condition. Il est tard, allez dormir.” Cela relevait du conseil plus que de l'ordre et formait, au final, les paroles les plus aimables qu'il ait articulées ce soir avant de disparaître.
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MessageSujet: Re: joamie + life worth living   Mar 10 Oct - 21:59



life worth living
give me your love and physical affection, give me the worst of you to hold

Constance ne voulait pas voir le médecin parce qu'elle savait. Elle savait que rien allait être comme avant et elle n'avait pas besoin d'entendre sa voix pour savoir qu'elle serait glaciale, distante, que même son toucher lui donnerait le froid dans le dos. Même allongée, alors qu'elle suppliait Peter de ne pas aller chercher Cole. Mais le Keynes ne voulait rien entendre et il était bien trop inquiet pour écouter les paroles de sa femme. Mais voilà qu'il arrivait, sans le moindre sourire, sans le moindre éclat dans son regard. Il se murait derrière sa profession, mais faisait preuve d'une cruauté que Constance ne lui avait jamais connu. Choquée par ses propos, la petite blonde ne trouvait aucun mot. Elle regardait avec effroi le médecin à ses côtés. Oui, il lui faisait peur, il montrait une autre facette de sa personnalité qui la pétrifiait. Eleanor tentait de le corriger mais celui-ci ne se laissait pas faire, comptant bien remettre en place toutes les barrières nécessaires qui lui avaient permis jusqu'ici de survivre dans ce manoir. Désormais elles les imposaient aussi aux soeurs Dashwood. Alors, même le toucher de Cole la rendait un peu craintive, même si ce n'était que pour l'ausculter. Mais elle avait en face d'elle un homme qu'elle ne connaissait pas, qu'elle ne connaissait plus, elle ignorait de quoi il était capable. Il s'absenta un moment, histoire de faire l'aller-retour dans sa chambre pour chercher deux fioles et indiqua à la jeune femme la quantité à prendre tous les jours. Toujours incapable de prononcer le moindre mot, elle acquiesça d'un signe de tête pour montrer qu'elle avait bien compris ses indications. Quoi qu'elle parvenait un tout petit "Merci.", dans un murmure car elle avait la gorge bien trop serrée pour pouvoir parler à voix haute. Jamais elle n'avait osé la regarder dans les yeux. Encore quelques paroles adressées à Eleanor, et le médecin s'envola. Un long moment de silence de mort. Peter était agacé, on devinait ses dents se serrer, certainement froissé que Cole ait pu parler de manière si irrespectueuse à son épouse – à une Keynes. "Ne vous énervez pas, Peter, je vous en prie." dit Constance avec calme, le voyant de plus en plus horripilé. "Ce n'est pas grave." lui assura-t-elle avec un léger sourire. "Il m'a donnée ce dont j'ai besoin pour que j'aille mieux, et c'est ce qu'il y a de plus important, n'est-ce pas ?" Ses traits se radoucirent – mais uniquement pour faire plaisir à sa femme, parce qu'au fond, il ne comptait pas en rester là avec Cole. Il l'embrassa sur le front avant de quitter la chambre et de laisser les deux soeurs seules. "Ne dis rien à Brentford, je ne veux pas qu'ils leur fassent du mal." demanda-t-elle à sa soeur, les yeux bordés de larmes. "Il traverse une période difficile et... Je n'ai pas su l'aider, je ne peux que m'en vouloir à moi-même. Je ne voudrais pas qu'il ait davantage d'ennuis avant qu'il ne parte." L'aînée hésitait, Constance le devinait. "S'il te plaît..." C'était tout ce qu'elle pouvait encore faire pour lui. Résiliée, Eleanor accepta, avant de quitter la chambre de sa soeur en lui souhaitant bonne nuit. Constance peinait à trouver le sommeil, elle avait eu tout le temps de regretter ce qu'elle avait pu dire ou faire pour contrarier l'homme qu'elle aimait. Malgré tout, à aucune seconde elle ne l'avait moins aimé, il n'y avait pas eu un seul instant où elle avait songé à renoncer à lui, ou à le détester. Elle se disait qu'il valait peut-être mieux qu'ils ne se croisent pas pendant plusieurs jours. Et c'était le cas. Elle respectait à la lettre la prescription d'Elwood. Il y avait une légère amélioration, mais il y avait toujours des jours où elle n'osait même pas se lever pour faire quelques pas. Elle sntait son coeur être particulièrement vide. C'était un néant qu'elle ne parvenait plus à combler. Elle espérait qu'il se porte mieux, qu'il se trouve le temps de préparer toutes ses affaires pour un départ qui était quasi imminent. En soi, tout le monde attendait le jour où Eleanor allait accoucher. Et celui-ci ne tardait pas  non plus à arriver. C'était de bon matin, une semaine après que Cole ait donné les gouttes à prendre à celle qu'il avait aimé. Charlotte avait du courir jusqu'à la porte de la chambre de Cole pour le réveiller, le soleil n'était pas encore levé. Eleanor avait exigé la présence de sa soeur. Mais Constance était terrorisée et elle ne tenait pas à revoir un accouchement même si le médecin lui avait assuré par le passé que cela n'aurait rien à voir avec ce qu'elle avait déjà vu. C'était après de longues minutes d'absence qu'elle se décidait enfin à s'habiller et à rejoindre les appartements de sa soeur. On lui avait installé une chaise à son chevet. Eleanor hurlait déjà de douleurs tant ses contractions lui faisaient mal. Elle serrait de toutes ses forces la main de Constance. Tout ce que celle-ci trouvait à faire était de lui éponger de temps en temps le front couvert de sueur à force de faire des efforts. Même la racine de ses cheveux étaient devenues humides. Sa chemise de nuit lui collait à la peau. Elle était déjà en position gynécologique, ses jambes étaient recouverts d'un drap blanc. La cadette mit alors de côté tout ce qui les avait séparé jusqu'ici. Eleanor avait besoin durant l'une des étapes les plus importantes de sa vie et Constance tenait à être là, tout comme elle savait qu'elle lui rendrait la pareille le moment venue. Leur complicité revenait enfin à la surface depuis des mois et des mois de silence et de manque de confidences. "Tout va bien se passer." lui dit-elle en lui caressant les cheveux. "Tu seras une mère merveilleuse." A n'en pas douter. Eleanor était heureuse d'avoir sa soeur à ses côtés, elle semblait rassurée. Malgré la douleur, elle parvenait même à lui sourire. "Tu restes là, n'est-ce pas ?" "Bien sûr, je ne bouge pas." lui assura-t-elle. Le reste de la famille attendait dans un salon non loin d'ici. Le médecin fit son apparition. Constance avait eu le réflexe de lever la tête pour le voir, pour croiser son regard, chose qu'elle n'avait pas faite par ce qui lui semblait être une éternité. Oui, elle l'aimait toujours éperdument, mais ce n'était pas la question du jour. Elle lui avait esquissé tout de même un sourire, avant de se concentrer à nouveau sur sa soeur. L'accouchement était imminent, et donc, Cole n'aurait bientôt plus rien qui le retiendrait ici, l'Egypte lui ouvrant déjà grand les bras.
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PETIT PLUS : Anglais, né à Londres. Fils de Lord, et l'est lui-même. ≈ A recueilli deux chiens abandonnés: Ben, un golden retriever, et Milo, un teckel. ≈ Végétarien. ≈ N'aime pas le surplus de technologie ≈ Grand passionné d'art. Il est peintre et mécène. ≈ Sanguin, ses poings dépassent parfois sa pensée ≈ Sait cuisiner et adore ça. ≈ Diagnostiqué borderline il y a un an, sous traitement à la demande du juge suite à sa condamnation pour violences domestiques (nov.2016) ≈ S'est fait tatouer la date de naissance de son fils sur l'omoplate gauche.
UN RP ? : Pas dispo pour le moment.
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JOAMIE ► Who says truth is beauty after all? And who says love should break us when we fall? But if we're strong enough to let it in, we're strong enough to let it go.


JADIE ► Call me a lover, believer, and all the names you wanna give. Sister and brother, all the way together, and all the lives we’ll ever live forever and ever.
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MessageSujet: Re: joamie + life worth living   Jeu 12 Oct - 19:52



─ life worth living
And my highs when you're gone Give me a golden guarded soul But when I'm crazy and I'm lost You calm me down.

Durant des années, pour ne pas dire depuis toujours, Cole avait souhaité être non pas apprécié des Keynes, mais respecté, considéré. Avant, il voulait être plus que le fils de la bonne. Ensuite, il voulut être plus que le médecin de famille. Aujourd'hui, il comprenait qu'il n’y avait rien de plus précieux que les limites, les frontières. S'il fallait accorder quelque enseignement de toutes ces années, de cette vie passée auprès d'eux, c'était qu'il en apprenait énormément sur ce que l'humain pouvait faire de pire. Désormais, il avait érigé ce mur entre eux tous et lui. La seule parvenant à tirer quelque chose de cette aigreur était Eleanor. Il était important pour le médecin de conserver toute sa confiance dans cette dernière ligne droite et que le moment venu, sa présence ne soit pas une tare mais un élément sur lequel se reposer. Pour elle, pour le moment, Elwood se radoucissait parfois. Du reste, il demeurait imperméable. Sa hâte de partir ne faisait que croître de jour en jour. Il s'imaginait loin d'ici, il réalisait qu'il ne savait même pas s'il avait le mal de mer. Une dernière chose à accomplir, et il mettrait les Keynes derrière lui à jamais. Cette décision était un soulagement ; il ne se sentait plus alourdi par le poids des chaînes de la reconnaissance éternelle qu'il pensait leur devoir jusqu'alors. Non, il avait payé sa dette. Il avait gagné sa liberté. Cela deviendrait d'autant plus vrai une fois qu'il aurait déposé le nouveau né dans les bras de sa famille, en lui souhaitant bon courage. Tout ira bien, se répétait-il. Les paroles de Brentford n’avaient pas d'importance.
Cole était à peine habillé lorsque l'on vint me trouver afin de lui annoncer que le travail avait commencé pour Eleanor. Il emboîta alors le pas de Charlotte jusqu'à la chambre de la jeune femme avec une certaine bonne humeur ; sa liberté n'avait jamais été aussi proche. Déjà la famille s'amassait devant la porte et on lui dégageait une voie royale. La domestique se posta à l'extérieur ; elle avait été présente à l'accouchement de sa sœur et savait exactement quand Cole aurait besoin d'elle. En attendant, il n’y avait que lui, Eleanor… et Constance. Il les salua brièvement et se pencha immédiatement sur l'avancement du travail. “Bien, il nous reste du temps.” Le médecin parut particulièrement calme et serein vis-à-vis des évènements. Il avait confiance non seulement en ses propres capacités mais aussi en la force d'Eleanor ; ils faisaient une bonne équipe dans ce processus, malgré tout. Tranquillement, il tira une seconde chaise et prit place près de la jeune femme, à l'opposé de Constance. Il ne lui accordait pas un regard -hors de question de se laisser déstabiliser dans un moment pareil. “Rappelez-vous de tout ce que nous avons dit.” dit-il à Eleanor qui semblait très bien gérer la situation pour le moment. “La locomotive.” souffla-t-elle en acquiesçant. Elle avait l'esprit clair, lucide. Elle maîtrisait son souffle et gémissait parfois afin d'extérioriser la douleur, mais elle ne la laissait pas la dominer. Ils avaient tant parlé de ce moment afin d'y être préparés, ils savaient exactement comment tout ceci se déroulerait. “Maintenant regardez le point au-dessus de votre tête, dit-il en indiquant la tâche blanche qu'il avait lui-même collé là, sur le toit du lit à baldaquin, comme prévu. Ne le lâchez pas du regard, comme si le point vous regardait en retour. Respirez.” Docile, concentrée, Eleanor s'exécuta. Elle gémissait toujours régulièrement, mais cela ne gênait pas. Elle avait déjà laissé Cole pratiquer l'hypnose sur elle une fois, elle avait toute confiance. “Plus vous regardez le point, plus il devient net... Plus vous le regardez, plus vous pouvez voir votre soeur auprès de vous... Plus vous le regardez, plus vous pouvez me voir auprès de vous... Désormais vous pouvez voir toute la chambre...” Avec attention, Cole scrutait le visage de la jeune femme, et tout particulièrement ses pupilles qui indiquaient l'effet de ses paroles, de sa voix douce, basse, grave. Les mots étaient choisis dans un but précis, pour leur sonorité, leur interprétation positive. La répétition visait à remplir l'esprit et chasser toute autre pensée. Cette étape prit une dizaine de minutes, et à la fin, la douleur des contractions étaient moindres, le temps que le corps de la future mère se prépare à expulser l'enfant. “C'est parfait. Continuez de respirer.” Très lentement, il lâcha sa main. Elle retomba sur le lit, un brin molle. Dans le plus grand calme, Cole s'éloigna afin de se préparer à son tour. Il enfila une blouse qu'il avait apportée afin de ne pas finir couvert de sang, vérifia la présence d'eau et de serviettes propres. Puis il s'installa en bout de lit, entre les jambes ouvertes d'Eleanor. Cela n’avait rien à voir avec le stress et l'urgence de l'accouchement désastreux auquel Constance avait assisté à Londres. Après plusieurs minutes, la jeune Dashwood était prête. “Nous allons commencer Eleanor, vous allez me revenir doucement. D'abord vous avez conscience du lit, de votre place dans le lit, de vos pieds sur le matelas, de votre dos, de vos doigts. Respirez. À chaque inspiration, vous sentez un peu plus la douleur, naturelle, qui vous dit que votre bébé est prêt à venir. À chaque inspiration, vous acceptez la douleur, naturelle, et le message de votre petit que vous allez bientôt rencontrer. Il n’y en a plus pour longtemps désormais.” Au fur et à mesure, la douleur était plus vive et cela se lisait sur son visage. Elle serrait les dents et la main de sa soeur, mais elle suivait toujours les instructions de Cole. “Maintenant vous avez conscience des contractions. Vous pouvez crier, je sais que vous avez mal.” Elle ne se fit pas prier. “Vous sentez la force qui vous dicte quoi faire, et comment l'indiquer à votre tour à votre enfant. Écoutez la. Respirez.” Le contrôle de la douleur était le plus efficace -car il était impossible de tout bonnement l’annuler par des mots, sans oublier que la coopération de la mère était absolument nécessaire. Cela permettait avant tout d'éviter la peur, la panique, l'angoisse qui pourrait créer des complications, et au contraire, sans cette perte d'énergie, d'aller droit au but. Ainsi, Eleanor était plus lucide qu'une autre femme qui serait actuellement submergée par sa douleur. Au feu vert du médecin, au “poussez”, elle y mit toutes ses forces. Au final, il n’y eut aucun contretemps, aucun problème. Elwood réceptionna un tout petit de bonne taille et, d'apparence, en parfaite santé. Le bébé poussa spontanément un cri annonçant son arrivée, le seul cri au monde pouvant procurer un réel soulagement. Ils avaient réussi. “Bienvenue.” murmura Cole au nouveau né dans ses bras. Ses pleurs étaient le signal dont avait besoin Charlotte pour entrer dans la chambre, prenant soin qu'aucun Keynes ne puisse jeter un coup d'oeil trop curieux à l'intérieur. Elle prit l'enfant et s'occupa immédiatement de le baigner. Pendant ce temps, le médecin reprit place aux côtés d'Eleanor, épuisée, couverte de sueur. Constance s'était chargée spontanément de lui éponger le front régulièrement. “Vous avez été incroyablement courageuse.” souffla Cole à la jeune mère avant que Charlotte ne lui tende le petit, bien emmitouflé dans une serviette, qu'il transféra immédiatement à Eleanor. “Regardez ce superbe bébé. Vous allez devoir lui trouver un nom.” dit-il avec un sourire. Puis il lui serra la main avec encouragement une dernière fois avant de ranger la chambre. Elwood prit absolument tout son temps. Il savait que les Keynes n'oseraient pas entrer avant qu'il ait donné son accord, et il était bien décidé à laisser un moment de répits à la Dashwood aussi longtemps qu'il le pouvait. Avec l'aide de Charlotte, il rendrait la pièce plus présentable également afin que la famille n'ait pas à subir les détails les moins esthétiques. Le tout permit à Eleanor de reprendre ses esprits et profiter d'un moment privilégié avec son enfant pendant toute une heure. Ce ne fut que lorsqu'elle l'autorisa que Cole ouvrit la porte de la chambre, laissant tous les Keynes s'engouffrer à l'intérieur et Catherine être la seule à gérer ce flot de sollicitations envers sa belle-fille. Le médecin et la sœur, eux, s'étaient écartés du groupe. L'un à côté de l'autre, ils ne se regardaient toujours pas. Jusqu'à ce qu'il s'adresse à elle discrètement ; “C’est elle qui me l’a demandé, mais il ne faut pas en parler.”
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MessageSujet: Re: joamie + life worth living   Jeu 12 Oct - 21:40



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Aussi étrange que cela pouvait l'être, voir Cole aussi calme et aussi serein apaisait quelque peu la panique de la plus jeune des Dashwood. L'ambiance n'avait rien à voir avec celle qu'il y avait dans la chambre délabrée dans laquelle Constance avait vu son premier accouchement. Voir l'aînée ainsi souffrir ne l'encourageait guère à passer par cette étape également, d'ici quelques mois. Elwood ne lui adressait pas un seul regard, pas une seule parole. Ne serait-ce des instructions, quelque chose qu'elle pourrait faire pour aider, pour prêter main forte. Mais il le faisait lui-même et la seule personne à qui il parlait n'était qu'Eleanor. Celle-ci s'en sortait à merveille et rien que de la voir se donner autant de mal et autant de bonne volonté pour mettre cet enfant au monde prouvait à quel point elle allait être une bonne mère. Constance était à la fois déroutée et compréhensive vis-à-vis du comportement de celui qu'elle aimait. C'était Eleanor qui était au centre de l'attention, elle qui avait besoin d'aide. S'en suivit des paroles quelque peu étrange, des instruction que l'aînée Dashwood suivait pourtant à la lettre. Constance observait tout ceci, bien perplexe, jusqu'à ce qu'elle comprenne qu'il faisait de l'hypnose. Difficile de définir immédiatement ce dont il s'agissait alors qu'elle ne l'avait jamais vu de ses propres yeux. Elle était surprise qu'il utilise cette technique et il était évident qu'Eleanor en était complice sinon elle ne suivrait pas ses conseils avec rigueur. Ne se sentant pas à sa place, la petite blonde s'était persuadée que sa soeur n'avait probablement plus besoin d'elle, mais au moment où elle commençait à desserrer sa main, Eleanor s'y agrippa aussitôt. Le message qu'elle lui transmettait par ce geste était sans appel : elle devait rester, à tout prix. Alors, c'est sans un mot qu'elle la regardait faire, se sentant particulièrement impuissante. Ajoutez à cela l'ignorance totale de Cole et l'angoisse à l'idée qu'elle était la prochaine sur la liste à vivre un tel enfer – elle ne comprenait pas pourquoi une femme devait tant souffrir, même risquer sa vie, pour mettre un enfant au monde. Mais c'était ce qu'il fallait pour rendre l'acte admirable et héroïque aux yeux de certains hommes. D'autres se fichaient bien de la douleur éprouvée durant ce moment là. Constance concluait qu'ils avaient tous les deux été plus proches qu'elle ne l'aurait cru, et c'était certainement un semblant de jalousie qui apparaissait dans son esprit. Cependant, elle ne parvenait pas à le décrire comme tel. Eleanor exprimait sa douleur comme elle le pouvait, à travers de cris qui brisaient le coeur de sa soeur, tandis que sa poigne aurait très bien pu brises ses os. Mais l'accouchement se fit sans artifice, sans la moindre explication. Un accouchement parfait, par une femme parfaite, Constance n'en avait pas douté une minute. Charlotte était entrée pour s'occuper du petit garçon et une fois propre, elle le confia à sa mère, remise de ses émotions. On avait l'impression qu'Eleanor avait déjà fait ça toute sa vie. Elle portait son enfant avec beaucoup d'aise, le sourire aux lèvres. "Il s'appelle John, le même prénom qu'un de nos grands-pères." dit-elle en adressant un regard à sa soeur. Celle-ci espérait qu'Eleanor ne lui propose pas de le porter. Elle l'aurait refusé, aurait bien eu trop peur de le faire tomber par maladresse, et elle n'aurait pas voulu décevoir sa soeur. Voyant qu'elle n'avait plus besoin d'elle, Constance s'était levée et s'était isolée dans la coin de la pièce, une dizaine de minutes avant que les Keynes n'entrent comme un véritable troupeau d'animaux afin de voir le petit dernier de la famille. Elle réalisait qu'elle n'avait aucune envie d'être à sa place, d'être ainsi sollicitée après tant d'efforts. Mais elle n'aurait bientôt pas le choix. Elle serait avec un médecin qu'elle ne connaîtrait pas, qui ne serait certainement pas aussi soucieux que Cole, pas aussi prévenant et qui ne pratiquerait certainement pas l'hypnose. Non, quand sera venu son tour, lui serait déjà bien loin d'ici et ne s'inquiétera pas pour elle. Il aura déjà bien assez à penser, perdu entre les pyramides et les oasis et avec un goût certain pour l'aventure. Au fond, bien qu'elle se réjouissait pour lui, elle ressentait une certaine injustice, comme une amertume dont elle ne parvenait pas à faire passer le goût. Cole finit par se mettre à ses côtés, à observer cette horde espérer porter à un moment donné le bébé, à féliciter la jeune maman, qui elle, aurait certainement préféré davantage d'intimité. Constance n'osait pas regardait Cole, tandis que lui ne le voulait pas. C'était même assez surprenant qu'il se mettre à lui adresser la parole – uniquement pour assurer ses arrières. Elle acquiesça d'un simple signe de tête. Ce n'était pas pour rien qu'il ne la regardait pas, et pour Constance, cela voulait certainement dire qu'il ne voulait pas non plus entendre le son de voix. Autant éviter de l'importuner davantage. Pourtant, ce n'était pas l'envie qui manquait. Son coeur battait toujours un peu plus vite lorsqu'il était prêt de lui, et toute l'affection qu'elle portait pour lui l'empêcher de le détester ou même de lui donner la volonté de s'éloigner de lui. "Vous avez fait un travail remarquable." finit-elle par lui souffler tout bas, sans le regarder. "Vous faites un travail remarquable. Et ce que vous avez su faire avec elle... C'était fascinant à regarder." Elle n'avait jamais eu l'occasion de voir ce genre de pratiques. Peu de personnes croyaient en l'hypnose, mais lui, oui, et il venait de prouver que ça fonctionnait. "Vous avez pu appliquer ce en quoi vous croyez, et vous avez gagné votre liberté en l'espace de quelques heures." Là, elle le regardait. Qu'importe si lui l'ignorait, évitait volontairement son regard, ou la fixait également. Les yeux de Constance étaient bordés de larmes qu'elle ne parvenait plus à contenir. Elle pensait qu'il partirait dans la journée, peut-être même dans la demi-heure après tout ceci. Elle savait très bien qu'il voulait partir au plus vite. Loin d'eux, loin d'elle. "Je sais combien vous me détestez, mais cela ne m'empêche de vous souhaiter le meilleur. Prenez soin de vous, c'est ce qu'il y a de plus important." Son sourire était sincère. Elle espérait que ce voyage lui soit entièrement bénéfique, estimant que c'était bien la dernière chose qu'elle pouvait faire pour lui par amour, sans trop l'envahir, sans le vexer. Elle lui sourit, timidement, mais toujours avec autant de sincérité avant de déposer à nouveau ses yeux sur sa soeur, qu'elle ne voyait finalement tant il y avait de personnes autour. "Je vais les laisser... souhaiter la bienvenue à John. J'aurai l'occasion de le voir plus tard, quand il y aura un peu moins d'effervescence" Constance tenait à faire connaissance avec son neveu. Elle ne se sentait pas prête à le prendre dans ses bras, mais à se familiariser avec lui, oui. Peter vit qu'elle voulait quitter la pièce et la rattrapa avant qu'elle n'atteigne la porte. "C'est l'émotion." se justifia-t-elle auprès de son mari. "Vous êtes plus sensible que vous ne le laissez croire." dit-il d'un air attendri, avant de la laisser partir. Eleanor était le centre de l'attention et aimait l'être, ce qui permettait à sa soeur de s'éclipser quelques minutes, dans le plus grand des calmes. Elle avait trouvé un petit salon dans lequel elle cherchait tout simplement un peu de calme. Constance voulait le revoir, lui dire au revoir. Elle était persuadée qu'il ne passerait pas une nuit supplémentaire ici. Après de longues minutes de réflexion, elle décidait d'aller frapper discrètement à la porte de sa chambre. Personne ne les épiait, ils avaient tous un beau bébé à admirer. Constance se permit d'ouvrir la porte. Qu'importe si Cole la regardait ou pas, elle prit la parole avec timidité. "J'espère que vous saurez me pardonner un jour." Les yeux baissés, elle jouait nerveusement avec ses doigts. "Je n'ai pas été là lorsque vous en aviez besoin, je n'ai ni utilisé les bons mots ni les bons gestes pour exprimer ce que je pensais, et cela vous a blessé. Vous détestez ma manière d'être, ce que je suis, ce que j'ai pu devenir. Et toutes ces choses là,  je ne me le pardonnerai jamais. Je regrette sincèrement d'en avoir à la fois trop et pas assez fait. Je ferai tout ce qui peut être possible durant votre absence pour que vous puissiez... être fier de moi." Constance tenait à lui dire le fond de ses pensées, même si cela n'allait rien résoudre. Mais au moins, il le savait. Elle savait que si elle comptait tenir tête, c'était pour lui, si elle souhaitait être une meilleure personne, c'était uniquement pour lui. Il était devenu son univers, sa raison de vivre. Malgré tout, cette vérité, elle peinait à le lui faire comprendre, craignant de ne pas être prise au sérieux. "Je vous aime, Cole. Je vous aime tant. Je suis vraiment ravie que vous puissiez partir loin d'ici, après tant d'années d'attente. Vous le méritez, et cela vous fera le plus grand bien. Je ne peux pas espérer mieux pour vous. Et je préfère vous savoir loin de moi si, lorsque nous étions proches, je ne suis capable que de vous faire du mal." C'était à lui de la croire ou non, de vouloir l'écouter ou pas. "Vous allez énormément me manquer." Elle ne l'aurait plus à ses côtés, et elle ne pourrait plus être à ses côtés. "Vous avez certainement toute vos affaires à regrouper, pour partir, je vais vous laisser vous préparer, et avec vos pensées." conclut-elle avec un sourire plus franc malgré ses larmes, n'ayant rien de plus à ajouter.
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RPs EN COURS : Joamie #114 - Joamie (v.a) #3 - Jodie #3 - Jodie #2 - Irene #4 - Zamissan - Ariane #2 - Joamirene (what if) - [8/6]


JOAMIE ► Who says truth is beauty after all? And who says love should break us when we fall? But if we're strong enough to let it in, we're strong enough to let it go.


JADIE ► Call me a lover, believer, and all the names you wanna give. Sister and brother, all the way together, and all the lives we’ll ever live forever and ever.
RPs TERMINÉS : Beaucoup trop.


PSEUDO : loonywaltz
AVATAR : luke evans
CRÉDITS : loonywaltz
DC : lou aberline & benjamin brody & kelly ward
INSCRIT LE : 27/03/2015
http://www.30yearsstillyoung.com/t1188-jamie-elle-m-a-fait-la-bise-langoureusement http://www.30yearsstillyoung.com/t11382-love-who-loves-you-back http://www.30yearsstillyoung.com/t1525-jamie-keynes http://www.30yearsstillyoung.com/t2243-jamie-keynes

MessageSujet: Re: joamie + life worth living   Mer 8 Nov - 20:04



─ life worth living
And my highs when you're gone Give me a golden guarded soul But when I'm crazy and I'm lost You calm me down.

Il observait, non sans dédain et un profond mépris, le troupeau s'amasser autour du lit de la pauvre Eleanor qui n’avait quasiment plus d'espace pour respirer, pour penser. Néanmoins, entre les silhouettes des nobles animaux, l'on pouvait la deviner parfois, souriante malgré la fatigue, docile et coopérative. Elle s'en sortait très bien, et Cole avait bien une conviction la concernant ; même si elle était une Keynes, même si son fils le serait aussi, parfaitement fondus dans le décor comme si leur place ne pouvait être ailleurs, ils trouveront leur compte dans cette vie et sauraient même être heureux. Autant qu'on peut l'être à Chilham, du moins. Bien qu'il n'eût jamais pensé pouvoir ressentir de la sympathie pour la soeur de Constance un jour, à cet instant il se surprenait même à avoir un brin d'admiration. Au fond, comme lui, comme tout le monde, elle s'était adaptée, elle avait fait ce qu'elle avait à faire. Et, profitant d'un léger mouvement du groupe, ils échangèrent un discret sourire. La mise au monde de cet enfant était brodé de mystères qui resteraient à jamais entre eux, avec la connivence de Constance. Il était évident que tous les évènements de ce côté de la porte devaient demeurer secrets, ce qu'elle approuva silencieusement. Elle ne manqua pas de le féliciter pour son travail néanmoins, ce à quoi il souffla un “merci” poli. Et ainsi donc était-il enfin libre, ce qu'il réalisait doucement. Il pouvait partir dès à présent, plus rien ne le retenait. Cela était pour le mieux, il en avait la conviction. Pour lui, pour tout le monde -mais surtout pour lui, et cet aspect des choses avait, pour la première fois, une réelle valeur, une importance primordiale. Son esprit ne pourrait supporter plus, il devait se préserver. “C’est ce que je fais.” assura-t-il à la petite blonde avant qu'elle ne prenne congé. Ce ne fut que lorsqu'elle eut le dos tourné qu'il posa son regard sur sa silhouette avant qu'elle ne disparaisse. Elwood soupira, las de ces scènes, d'être le sujet de regards larmoyants et d'entendre la voix tremblotante de Constance se flagellant. Qu'importe. “Bien, il est temps de laisser Lady Eleanor se reposer, je vous prie.” lança-t-il en approchant des Keynes et en se forçant un passage entre Brentford et Peter. Faisant fi de leurs yeux ronds, étonnés d'être renvoyés de la sorte, le médecin insista en faisant signe à tout le monde de quitter la chambre. C'était bien assez de sollicitation pour le premier jour d'un nourrisson. Seule Catherine demeura, avec l'accord de Cole, et fit entrer une autre femme, visiblement une domestique, opulente de toutes les courbes comme la plus belle et grasse des spécimens bovins. Son allure sympathique laissait tout de même deviner un caractère strict dans sa posture droite et fière. “Voici Theresa, nous l’avons prise au manoir comme nourrice. Vous pouvez lui confier John, elle en prendra grand soin.” La suggestion appuyée ne laissait en réalité nul choix à la jeune mère qui dut céder son tout petit à Theresa. C'était une femme silencieuse visiblement, mais dont le regard était terriblement expressif. Ainsi l'on pouvait deviner toute sa tendresse pour les petits êtres, mais aussi la terreur qu'elle était capable de leur inspirer afin de les faire filer droit. Une main de fer dans un gant de velours. Elle s'en alla à la nurserie et Catherine lui emboîta le pas. Elwood ne tarda pas à suivre. “Vous partez aussi ?” Il haussa les épaules. “J’en ai terminé ici.” Et son seul souhait était de ne plus jamais avoir affaire à un Keynes. Il comptait bien réunir ses affaires et partir avant le déjeuner. Il ne souffrirait pas un nouveau bain d'hypocrisie. “Bon travail.” dit-il avec un fin sourire à Eleanor avant de partir. La suite ne dépendait que d'elle.

Son sac était déjà quasiment prêt. Jamais ne l'avait-il complètement défait. Cela ne datait pas d'hier, déjà lors de son emménagement temporaire afin de prendre soin de l'aïeule Keynes, Cole avait peu d'affaires et était toujours sur le départ malgré ce séjour qui s'éternisait. Cette fois, il partait plus tôt qu'il ne l'aurait pensé -qu’il ne l'aurait voulu en revenant. Mais il l’avait gagnée, cette liberté, et désormais il comptait en jouir au plus vite. On frappa à la porte, et bien qu'il eut préféré avoir un doute sur l'identité de cet appel timide, croire qu'il pouvait s'agir de Catherine, Alicia ou même Brentford pour une nouvelle joute verbale amère, cette main sur le bois ne pouvait appartenir qu'à une personne. Il planta un regard lourd sur la petite Lady. Il avait assez distribué de pardons, il avait fait preuve de plus de patience que bien d'autres en une vie. Il avait toujours été là, pour tout le monde excepté lui-même, en toutes circonstances. S'oubliant souvent, loyal, dévoué, et idiot. Constance était malheureusement devenue la cible de toute cette frustration, de toutes ces années où l'on avait malmené le médecin. Elle prenait pour eux tous, car elle était celle qui l'avait le plus déçu. Elle qui était supposée être son salut, et non le coup de grâce. “Constance.” souffla-t-il avant qu'elle ne le laisse. Il la détailla, conscient que cela serait sûrement la dernière fois avant bien longtemps, et peut-être à jamais. La grossesse se lirait bientôt sur son profil. “Prenez soin de vous, et du bébé. Lui vous apportera plus d'amour que qui que ce soit n'en est capable.” Plus que lui, plus que Peter. Plus que tout ce qu'il est possible d'imaginer. C'était là le dernier conseil qu'il pouvait lui donner avant de définitivement briser tout ce qu'il restait de sa promesse de la protéger, de prendre soin d'elle, en tournant le dos au manoir Keynes une bonne fois pour toutes.

Quincy n’avait déjà plus besoin de beaucoup de guidance de la part de son mentor lorsque celui-ci prit le train pour Portsmouth. Il lui confia le cabinet, la maison, et une certaine réputation à tenir. Comme toujours, Elwood voyageait léger. Il ne s'encombra pas d'une tournée d'au revoir, et à peine la forêt eut-elle disparu hors de sa vue, l'appréhension de transforma en un enthousiasme débordant. Il s'était laissé offrir un carnet de bord pour l'occasion, Quincy ayant insisté pour que le médecin y narre tout ce qui lui paraissait important ou digne d'intérêt. La couverture en cuir souple et étanche permettait de rouler les feuilles si nécessaire lors du voyage le plus houleux qui soit sans que les écrits n’en soient affectés. Cole commença donc à coucher sur le papier ses premières émotions, l'impatience d'arriver au port, de découvrir le bateau, et tout l'honneur que cette expédition auprès d'un des plus grands constituait pour lui. Toute son âme d'enfant refit surface lorsqu'il posa le pied à Portsmouth, les yeux brillants, pétillants face à chaque nouveauté que son regard croisait, le moindre détail inédit -des noeuds de marin, des grands filets en cordages, et bien sûr les bateaux, leur immense coque, leurs voiles, le tout étant absolument merveilleux malgré la boue jusqu'aux genoux dans laquelle ils circulaient tous. Il trouva sans grand mal le navire sur lequel il devait monter -qui était tout simplement le plus beau, mais pas le plus grand. Traînant, songeur au milieu du chemin de tous ces travailleurs fort pressés, il se fit bousculer plus d'une fois, insulter même, mais il n'en avait cure. Ainsi s'était-il frayé un passage jusqu'au pont où l’explorateur et le capitaine vinrent à sa rencontre avec un jovial “bienvenue à bord !” Avec un rythme quasiment militaire, sa cabine lui fut montrée, celle de Lewis et du capitaine également. On lui présenta une carte sur laquelle leur itinéraire était tracé, formant un immense détour tout le long de l'Afrique de part et d'autre du continent avant d'arriver au port de Suez, d'où ils trouveront leur chemin jusqu'au Caire. Il était ensuite question de voyager sur le Nil vingt jours durant jusqu'à Louxor et la vallée des rois. Il était prévu un détour par la Nubie, en prenant garde de ne pas mettre un pied au Soudan où Britanniques et Égyptiens n'étaient guère les bienvenus. Un périple somme toute sans défis pour Lewis qui entreprenait là un voyage d'adieux plus qu'une nouvelle quête de gloire. Sur ce, Elwood retourna sur le pont, et lorsqu'ils levèrent l'ancre, toutes voiles dehors en direction de l'Égypte, Cole observa le rivage s'éloignant, l'Angleterre qui disparaissait, et son coeur n’avait aucun regret.

Chilham était à nouveau couvert de ce manteau blanc scintillant de neige d'allure paisible, car la Terre avait achevé une révolution autour de son soleil et les cycles étant ce qu'ils sont, l’hiver avait fait son retour dans l'hémisphère nord. Cet hiver là paraissait particulièrement froid, ce qui était au coeur des conversations autour du thé et des cigares dans les salons du manoir, et ce tous les jours sans s'en lasser. Dans ces moments de l'année, le domaine était tel une île, isolé de tout. Pourtant quelqu'un s'y fraya un chemin à travers la forêt et la neige. Une calèche avançait avec grand mal jusqu'au manoir, et l'on intercepta le courageux invité dès qu'il eut le nez dehors. Dans le lobby, il reçut une longue accolade capable de réchauffer ses os usés par le voyage. “Lewis, vous êtes de retour plus tôt que nous ne le pensions ! Entrez donc, nous allions faire du thé.” L’homme avorta le mouvement de ses hôtes et refusa de quitter le hall, gardant bien son écharpe autour de son cou, son manteau sur ses épaules et ses mains dans ses gants. “C'est très aimable, mais je ne fais que passer. Je doute que vous vouliez d'un oiseau de mauvaise augure sous votre toit.” Les mots suffirent à attiser la curiosité de toute la demeure, même Gabe et Samworth rendaient l'oreille puisqu'ils ne pouvaient débarrasser l'invité -et ils notaient que ses bottes semaient de la neige dans l'entrée qu'ils devront nettoyer après son départ. Tous ici avaient une idée concernant la nouvelle qui se faisait attendre, là juste au bord des lèvres du vieil homme. Et tous avaient l'espoir particulier d'un certain seuil de gravité. “Nous l’avons perdu.” Nul besoin de prononcer le nom, tous devinaient que Cole n'était donc pas rentré au pays, et tous se doutaient que cela n’était pas de son plein gré, sans quoi Lewis n'aurait pas le visage aussi fermé et la voix aussi grave. Lui cherchait les mots, des propos les plus doux possibles, digestes à l'oreille de ceux qui avaient vu cet homme grandir parmi eux, qui avait mis le petit John au monde, et marqué tous les esprits. Quelqu'un dont la valeur n’était appréciée qu'une fois absent. “Nous avons été séparés lors d'un incident il y a trois mois de cela. Nous avons tenté de le retrouver mais… nous ne savons même pas s'il est toujours vivant.” Et d'après l'ancienneté des événements, cela semblait peu probable -lui-même n’y croyait pas vraiment, raison pour laquelle les recherches avaient cessé et tous étaient rentrés au pays, laissant derrière ce qu'ils pensaient être un cadavre, au pire, un fantôme au mieux. “Dans la mesure où il n’avait pas de famille proche, je suis venu vous l’annoncer en personne. Toutes mes excuses.”
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My life is now Not gonna waste it on the piling up the treasures in the sun Cause maybe tomorrow never comes I´ve been a foo and I´ve burned a few But I´ll spend all the rest with you





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MessageSujet: Re: joamie + life worth living   Jeu 9 Nov - 17:48



life worth living
give me your love and physical affection, give me the worst of you to hold

Les paroles de Constance n'étaient finalement que comme des gouttes d'eau qui glissaient sur les plumes imperméables d'un canard, ils ne semblaient pas l'atteindre outre mesure. Le médecin avait créé sa carapace et ne comptait laisser plus personne passer au-delà, il ne permettrait à personne de créer une quelconque brèche pour voir l'homme qu'il était réellement. Par cette brève entrevue, la jeune femme comprenait aisément l'ampleur de la peine qu'elle avait pu lui causer. Ses regrets ne valaient rien, encore moins ses excuses. Voyant bien que sa présence le dérangeait, elle ne comptait pas s'éterniser, ni le retenir davantage. Il avait certainement bien hâte de retourner à Canterbury jusqu'au jour de son départ, s'éloigner de Chilham, de cette famille et surtout d'elle le plus rapidement possible. Loin d'être soulagée, le coeur bien lourd et bien douloureux, Constance s'en allait, avant qu'elle ne soit interpellée par le médecin, contre toute attente. Elle avait gardé ses sanglots pour elle, les dissimulant au possible, préférant les libérer une fois qu'elle pourrait s'isoler dans sa chambre. Elle se pétrifia un instant, se demandant si elle allait encore avoir droit à un regard dur de sa part, à une autre parole quasi dédaigneuse, ou s'il allait simplement l'ignorer après avoir réalisé qu'il n'avait rien à lui dire. Chaque acte de ce genre était semblable à un nouveau coup de poignard pour la jeune femme, des plaies béantes qui ne semblaient pas vouloir cicatriser. Elle avait compris qu'il ne voulait plus d'elle, elle avait compris que son comportement le dégoûtait au possible, il n'était pas nécessaire de lui faire une piqûre de rappel à ce sujet. Mais elle se retourna pour lui faire face, le regard fuyant, peut-être même craintif. C'était bel et bien un conseil, quelques mots attentionnés qui sortirent de la bouche de Cole. Peut-être ne voulait-il pas que leur dernière rencontre se termine pas sur une note aussi négative, peut-être qu'il se faisait encore un peu de soucis pour elle. Quoi qu'il ne s'était pas gêné pour la toiser lorsqu'elle avait fait un malaise quelques temps plus tôt. Bien que déroutée par cet inattendu élan de gentillesse, Constance parvint simplement à acquiescer d'un signe de tête en lui faisant le plus sincère et le plus affectueux des sourires. Quelque chose qu'elle n'avait plus fait des semaines. Après l'avoir laissé terminer de préparer ses affaires, Constance avait l'étrange impression que c'était la dernière fois qu'il se revoyait et regrettait que tout ceci se soit terminé ainsi.

Mais elle était restée longuement perplexe par rapport à ce qui lui avait dit. Comment un bébé pouvait autant aimer sa mère alors que celle-ci peinait à ressentir quoi que ce soit durant les premiers mois de sa grossesse ? L'absence de Cole avait créé un véritable vide dans la vie de la jeune femme et il n'y avait pas un jour où elle ne regrettait pas ses actions. Il n'y avait pas un jour où elle avait ne serait-ce qu'une petite pensée pour lui, espérant que tout aille bien, qu'il était heureux de vivre un tel périple. Durant les premières semaines après son départ, la relation entre Eleanor et Constance étaient fluctuantes. Cette dernière montrait quelques signes de jalousie quant à l'amitié naissante entre sa soeur et le médecin avant qu'il ne parte. Tout le monde préférait Eleanor, elle avait toujours le plus brillé, c'était elle qui avait le plus de qualités. Il s'agissait de faits que la cadette avait jusqu'ici accepté, mais le rapprochement qu'elle avait pu constaté entre les deux laissait un goût amer dans sa bouche. Constance se disait qu'elle aurait du s'en douter. Eleanor savait pertinemment que sa soeur restait toujours un peu dans son ombre. Elle savait que cela soulageait sa soeur d'un certain poids, mais il lui avait fallu de longues journées pour la convaincre que ce n'était qu'une simple amitié, rien de plus. L'aînée savait que Constance était toujours très amoureuse de lui et que cette dernière s'était persuadée que l'enfant qu'elle portait était celui du médecin. Un secret qu'elle gardait précieusement toutes les deux. Et c'était à partir de ceci qu'elles étaient devenues à nouveau indissociables. Plus les mois avançaient, plus Constance craignait le jour de l'accouchement, peinant à accorder la moindre confiance à l'obstétricien venu de Londres. Un homme d'une soixantaine d'année avec une grande moustache et de petites lunettes rondes. Limitant les déplacements, la suite de la grossesse s'était déroulée sans incidents.

Peter regardait l'horloge avec une certaine impatience. Chaque seconde semblait devenir de plus en plus longue pour lui. A vrai dire, la quasi totalité de la famille Keynes attendait dans un silence de mort, comptant chaque heure qui passait. La seule chose que l'on pouvait entendre était les cris de douleurs qui duraient depuis des heures. Au début, l'ensemble de la famille était enthousiaste, mais plus le temps passait, plus les sourires s'effaçaient, laissant place à de l'inquiétude. "Cela n'avait pas duré si longtemps pour Eleanor, n'est-ce pas ?" demandait Alicia au bout d'un moment. Catherine se contentait d'hocher négativement la tête. En dehors du médecin, il n'y avait qu'Eleanor et Rosie qui étaient dans la chambre de Constance. Cette dernière commençait sévèrement à s'épuiser. Elle était tant couverte de sueurs que sa chemise de nuit lui collait totalement à la peau. Et même le fait qu'Eleanor éponge son front avec une serviette imbibé d'eau fraîche ne l'apaisait plus. L'aînée lui tenait la main, l'avait encouragé tout du long. Elle avait fini par avoir beaucoup d'admiration pour sa petite soeur, qui semblait tenir le coup. Mais Constance n'en pouvait plus, elle était à deux doigt de tourner de l'oeil. Combien de temps cela faisait-il ? Douze heures ? Treize heures ? Elle ne savait plus. Les contractions avaient commençaient au petit matin et elle avait bien vu que le soleil commençait à se coucher et que peu de choses avaient changé, si ce n'est le peu de force qui lui restait. "Bon Dieu, mais faites quelque chose !" siffla Eleanor au médecin, les sourcils froncés. L'obstétricien avait fait venir un confrère un peu plus jeune, avec qui il discutait de la situation. Eleanor devinait dans les faibles murmures de sa soeur que celle-ci réclamait la présence de Quincy, qui venait régulièrement lui rendre visite. Le fait que Cole lui avait accordé toute sa confiance poussait Constance à en faire de même. S'il lui avait confié son cabinet, il était forcément digne de confiance. De plus, c'était un homme sympathique, qui aimait rapporter les quelques dernières nouvelles dont il entendait parler à la petite blonde. Eleanor ordonna donc à Rosie à ce que l'on fasse chercher le médecin en question, sous le regard désapprobateur des deux obstétriciens. "Vous ne réagissez pas, lui le fera." Constance se souvenait d'à quel point tout avait semblé plus facile durant l'accouchement de sa grande soeur. La technique que Cole avait utilisé avait été efficace et Eleanor aurait voulu que sa jeune soeur ait été prise en charge dans les mêmes conditions. Là, les médecins discutaient beaucoup, après plusieurs heurs de travail, et agissaient de moins en moins. Constance avait les yeux vitreux, à peine ouverts, le teint livide. Elle n'avait même plus la force de tenir la main de sa soeur. Quincy fit rapidement son apparition, discutant rapidement de la situation avant de venir auprès de la future mère. Celle-ci n'entendait plus tout ce qu'il se disait, tout devenait particulièrement flou. Quoi qu'il lui semblait entendre Quincy l'inviter à faire encore un dernier effort. Mais ce qui l'éveilla soudainement était une vision d'horreur lorsqu'elle vit le vieillard s'approcher d'elle avec un forceps. Objet digne d'instrument de torture qui angoissait totalement la jeune femme. Malgré le peu d'énergie, elle se débattait, en pleurs, le souffle court et de plus en plus affaibli alors qu'Eleanor, les yeux bien rouges également, tentait de la calmer en caressant ses cheveux humides. L'introduction du forceps décuplait le reste de la douleur, au point de couper la respiration de la jeune femme. Quincy continuait de désapprouver alors que l'obstétricien s'évertuait à dire que c'était la dernière chance pour le bébé, et pour la mère. Les souffrances étaient tels qu'au moment de l'accouchement, au moment où l'enfant n'était pas encore entièrement sortis que la jeune Dashwood avait perdu connaissance. Ainsi, elle n'avait pas pu entendre les premiers cris de sa petite fille. Un soulagement de quelques secondes pour Eleanor lorsqu'elle regardait cette adorable enfant être nettoyée dans le plus grand soin, avant que l'inquiétude ne reprenne toute sa place devant l'image effrayante de sa jeune soeur, à peine en vie, au fond de son lit.

Ce n'était pas pour rien que Quincy désapprouvait l'utilisation de tels appareils pour un accouchement. Et il n'avait pas fallu attendre plus de quarante-huit heures pour constater ce qu'il craignait; une fièvre puerpérale. Eleanor, qui avait été resté à son chevet, attendant patiemment qu'elle ouvre les yeux, avait demandé à ce que l'on cherche le médecin, même s'il était au milieu de la nuit. Elle refusait catégoriquement que l'obstétricien tente à nouveau quoi que ce soit sur sa soeur. Quincy appréciait cette confiance. Alimentation, hydratation et repos étaient les maîtres mots qu'il pouvait conseiller. Adoptant des méthodes plutôt douces, il optait pour des infusions d'herbes diverses. Même si elle n'en buvait que quelques gorgées. Constance, dans son inconscience, avait eu l'étrange impression d'avoir l'occasion de décider de son futur. Comme si elle pouvait, à ce moment précis, choisir la vie ou la mort sans que personne ne puisse l'en empêcher. Pendant longtemps, son choix était tout fait. La douleur qu'elle ressentait en permanence au niveau de son bassin l'incitait à prendre une certaine direction. Le chemin était tout tracé. Quand soudain, une lueur. Elle pensait qu'il s'agissait de Cole, il y avait certainement un peu de lui. Elle espérait qu'il soit fier d'elle, quelque part, s'il savait tout ce qu'elle avait traversé. Puis elle se demandait s'il allait bien, s'il était heureux. Quand une autre lueur apparut dans son rêve. Ce n'était pas la même que le médecin, non, c'était sensiblement différent. Mais la ressemblance, de cette lumière, lui semblait frappante. Et là, tout lui semblait soudainement si évident. Il y avait cet amour qui dépassait toutes les limites qui l'envahissait pour cette si petite chose, qu'elle n'avait même pas encore rencontré. A ce moment précis, Constance, ou du moins son subconscient, réalisait que c'était bel et bien l'enfant de Cole, et que c'était une fille. C'était comme une évidence – à moins que c'était ce que son subconscient voulait absolument lui faire croire ? Mais tout semblait si vrai, si réel. Et contre toute attente, après des mois d'appréhension et de craintes, la petite blonde ressentait besoin de rencontrer sa fille, juste de la voir.


Peter avait tenu à attendre que son épouse ne se réveille avant de donner un nom à une fille qu'il chérissait et qu'il gâtait déjà. La fièvre avait disparu au bout de trois jours, avec plusieurs moments critiques. Mais elle était saine et sauve, bien que sa longue convalescence soit plus que nécessaire. Ainsi, Constance avait décidé de nommer sa fille comme sa mère, Evelyn, mais l'ensemble de la famille avait commencé par utiliser très rapidement le diminutif Evie. Et cela semblait parfaitement convenir à la mère, qui trouvait que cela correspondait plus à un prénom d'une petite fille. La petite blonde passait régulièrement à la nurserie, à la regarder dormir. Ses cheveux étaient blonds, et elle n'avait pas encore eu l'occasion de voir la couleur de ses yeux.  Mais tout le monde était unanime là-dessus, en dépit de l'épreuve qu'avait dû traverser sa mère, la petite Evie était un bébé magnifique. Si petite. Theresa avait donc en charge deux adorables bébés. Lorsqu'elle tombait sur Constance, cette dernière avait toujours l'impression d'être prise sur le fait, comme si elle ne devait pas être là. A chaque fois, la nurse demandait si elle voulait le prendre dans ses bras et elle retrouvait en face d'elle une jeune maman bien craintive. Elle refusait à chaque fois, et étrangement, quelqu’un venait constamment la solliciter lorsqu'elle s'intéressait de plus près à son enfant. Peter pour passer un moment ensemble, Alicia qui avait l’espoir de renforcer ses liens avec elle alors qu’il n’y en avait pas, même Brentford venait lui parler de temps en temps alors que jusqu’ici, il lui adressait à peine la parole. Il a fallu quelques semaines pour que la blonde comprenne leur petit jeu, le clivage qu'ils voulaient imposer entre mère et fille. Qu’à chaque occasion où elle pourrait passer du temps avec Evie, on la sollicitait. Alors que jusqu’ici, on se fichait bien d’elle. Elle faisait son rôle d’épouse et elle ne parlait que très peu, cela semblait convenir à la majorité des personnes. Quelques interventions ici et là, que le strict nécessaire, ce dont elle avait besoin pour ne pas être oubliée, pour se rendre essentielle. Mais elle ne comptait pas se faire avoir si aisément. Elle n’oubliait pas tous les conseils de Cole, et à défaut de pouvoir emmener sa fille loin de cette famille, elle comptait lui inculquer des valeurs que les Keynes ne voudraient jamais lui apporter. De plus, Constance n'avait déjà jamais osé prendre son neveu dans les bras et elle peinait à décrire la peur qu'elle ressentait à l'idée de prendre sa propre fille dans ses bras. Ce n'était pas le première fois que Theresa pouvait constater ce genre de phénomène mais elle était rassurée par les visites plus que fréquentes que Constance faisait pour aller voir Evie. Jusqu'au jour où elle finit par répondre positivement à la question posée par Theresa. A force de discuter avec elle, la petite blonde avait appris à lui faire confiance, jusqu'à même se confier à elle sur ses appréhension de jeune mère. C'était donc assise dans un fauteuil, avec la peur permanente de la faire tomber, que Constance prit sa fille pour la première fois dans ses bras. Elle ignorait si l'on pouvait décrire cela comme un coup de foudre entre une mère et sa fille. Mais cette explosion d'amour que Constance ressentit soudainement fit même border ses yeux de larmes, profondément émue, sous le regard attendri de la nourrice. Et à partir de ce jour, elle comptait consacrer tout son temps libre à sa fille, mais la réalité fut bien différente de ce qu'elle s'imaginait. Elle qui voulait passer des heures entières à la prendre dans ses bras, à la câjoler, à l'aimer de tout son être. Mais Peter lui répétait sans cesse que ce n'était pas son rôle, qu'elle avait d'autres impératifs que de se préoccuper d'un nouveau né. Des propos qui avaient choqué Constance dans un premier temps mais elle avait finir par acquiescer d’un signe de tête, mais elle était suffisamment déterminée pour qu'il ne parvienne pas à étouffer ses principes à elle. Il était particulièrement insistant concernant le fait de partager des nuits avec elle à nouveau, ce qu’elle refusait d'autant qu'elle le pouvait. Elle avait peur de tomber à nouveau enceinte et de vivre le même calvaire que son premier accouchement. Mais il y a it bien eu un soir où elle n'avait plus eu vraiment le choix, et qu'un Peter ivre la force à partager sa couche avec encore moins de délicatesse que d'habitude. D'ailleurs, il n'y avait aucune délicatesse. Constance avait bien compris ce jour-là qu'elle ne pourrait plus échapper à ce devoir qui la traumatisait à chaque fois. Alors, elle se laissait faire durant ces moments là. Je dois me rendre indispensable, je dois me rendre indispensable, se répétait-elle intérieurement durant ces moments-là. Elle tentait d'utiliser les conseils de Cole, de les appliquer au mieux, mais c'était loin d'être une tâche aisée. Tout ce qu'elle espérait, c'était de ne pas tomber enceinte à nouveau. Constance devait donc user de nombreux stratagèmes pour voir Evie autant qu'elle le désirait. C'était souvent très tard le soir, au petit matin, ou lorsqu'elle disait s’isoler afin d’aller lire un peu. Ce n'était jamais plus d'une heure, mais là jeune femme faisait au mieux pour la cajoler et l'aimer le plus possible durant ces petits temps à deux. Elle rêvait tant de passer des journées entière avec Evie, à la porter continuellement dans ses bras, à lui lire des histoires. Un luxe qu'elle ne pourrait jamais avoir, malheureusement. Eleanor était également un bon alibi, tout comme Constance l'était pour elle. Elles n’usaient pas trop de cette stratégie là afin de ne pas se faire prendre. Il fallait être plus rusé qu'eux et c'était bien difficile de l’être. Mais les sœurs Dashwood parvenaient à s'en sortir tout de même, plus soudées que jamais. Eleanor gardait pour elle la surprise qu'elle avait en voyant à quel point sa sœur tenait le coup. Non pas qu'elle ignorait qu'elle avait cette force en elle, mais qu'il avait fallu qu'elle devienne ce qu'elle craignait le plus- une mère- pour être capable de caisse autant de choses depuis la naissance d’Evie. Constance rêvait du jour où elle pourrait raconter tout ceci à Cole. Lui présenter Evie, lui raconter tout ce qui avait pu se passer durant son absence.

Mais cet espoir s'évanouit rapidement sous les manteaux d'hiver. Contre toute attente, Lewis était là, à peine un an après le grand départ. Son arrivée au domaine rendait perplexe, il rendait curieux si bien que tout le monde s'était réuni dans le lobby. Il avait suffi à Constance de le voir arriver pour sentir son coeur se serrer. Immédiatement, elle savait que quelque chose ne tournait pas rond. Cole n'était pas là, la seule personne présente avait la mine grave, le regard navré. Lewis ne comptait pas s'éterniser ici. La petite blonde le regardait avec inquiétude. Elle voulait savoir ce qu'il s'était passé. Quoi, perdu ? Que voulait-il dire par là ? Bien que murée dans son silence, elle désirait lui poser toutes ces questions qui virevoltaient dans sa tête, qui l'assomaient un peu plus à chaque fois. Lewis déclarait donc qu'il était sans nouvelles de lui depuis près de trois mois et qu'il n'a jamais été retrouvé. Forcément, avant tant d'écarts, on pensait rapidement qu'il n'était plus de ce monde. Constance avait l'impression d'avoir eu un soudain coup de massue sur la tête. Ses jambes tremblaient, elle peinait tant à tenir debout qu'elle du s'appuyer d'une main au mur qui se trouvait juste à côté d'elle. Les yeux grand ouverts, elle fixait Lewis en espérant avoir plus de détails à ce sujet, mais rien. C'était un euphémisme de dire que tout le monde était sous le choc, personne ne savait quoi dire. Un silence de mort régnait malgré le monde qu'il y avait dans le lobby. Certains étaient touchés, d'autres bien plus bouleversés. C'était tout un monde qui s'effondrait pour la cadette Dashwood, elle qui pensait à lui chaque jour, qui n'avait jamais cessé de l'aimer et qui espérait le meilleur pour lui. "Quel incident ? Que s'est-il passé exactement ? Quel était cet incident ?" questionnait Catherine après un long moment de silence. "Avez-vous retrouvé des affaires à lui ? Qui vous dit qu'il n'a tout simplement pas voulu faire sa vie de son côté ?" Fort heureusement, la maîtresse de maison posait les quelques questions que Constance voulait dire. Elle craignait de se trahir si elle ouvrait la bouche, ce n'était pas le bon moment. Mais intérieurement, elle était détruite, son coeur était asséché. Tout le monde restait pendu à ses lèvres. Constance ravalait ses larmes, tout son chagrin, tout son désarroi dans l'attente de réponses, davantage de détails. La jeune femme refusait fermement de croire qu'il n'était plus de ce monde, persuadée que si cela avait été le cas, elle l'aurait su, elle l'aurait ressenti. Elle ne verrait plus cette lueur dans ses rêves. "Restez donc dîner et dormez ici." dit finalement Christian. Le ton employé laissait deviné à l'invité qu'il n'avait guère le choix de refuser."Il fait un froid de canard et nous peinons à dégager les voies, le voyage sera bien plus agréable si vous repartez demain." Le ciel était dépourvu de nuages, il ne risquait pas d'y avoir de nouvelles chutes de neige pour les prochaines heures. Alors que tout le monde comptait s'installer pour le thé, Constance s'excusa un moment, désireuse d'aller voir Evy avant de se plonger dans les discussions qui n'allaient tourner qu'autour de l'homme qu'elle aimait. Mais en chemin, la peine était bien trop forte pour qu'elle puisse retenir quoi que ce soit. Elle s'appuya contre le mur du couloir, plaquant l'une de ses mains devant sa bouche pour assourdir ses pleurs bien que cela l'empêchait de respirer correctement. Elle avait envie de s'asseoir par terre tant ses jambes étaient faibles. Eleanor s'était permise de la rejoindre et la prit immédiatement dans ses bras. "Garde espoir." lui chuchota-t-elle. "Quoi qu'il raconte, garde espoir." Eleanor refusait que sa soeur baisser rapidement les bras. Elle était revenue de loin, de très loin, elle s'était montrée bien plus solide qu'elle ne l'avait jamais été dès qu'elle était devenue mère. L'aînée tenait à ce qu'elle continue sur cette lancée et qu'elle continue de faire preuve d'autant d'optimisme que ces derniers mois. Elle voulait continuer de voir son regard s'illuminer quand elle mentionnait Evie, la hâte qu'elle avait de revoir Cole, de la lui présenter, de passer à nouveau des bons moments avec lui. Peut-être que ce n'était qu'une chimère, mais elles y croyaient toutes les deux. Constance acquiesçait d'un signe de tête alors qu'elle prenait de grandes inspirations afin de se calmer, de sécher ses larmes. Elle se ressaisit rapidement. "J'aimerais tout de même aller voir Evie avant de retourner au salon." dit-elle à sa soeur. Celle-ci acquiesçait d'un signe de tête et restait à la porte de la nurserie en regardant avec tendresse Constance prendre sa petite fille dans les bras, pour quelques secondes. Elles s'apaisaient l'une l'autre. Les sommeils les plus paisibles de la petite étaient dans les bras de sa mère, quoi que même au fond du berceau, elle ne menait pas un train de vie difficile à Theresa, loin de là. C'était suffisant pour Constance de reprendre des forces, de lui rappeler ses raisons de vivre avant de rejoindre le reste de sa famille, qui attendait autant qu'elle davantage de détails sur les circonstances de la disparition de Cole.
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