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 EZNNY ▲ sun will shine

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le cul-de-sac
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ÂGE : 27 ans (05/03)
SURNOM : Virginia Mary Elisabeth, pour un max de confusion.
STATUT : en procédure de divorce - le coeur qui flirte entre le passé, le présent, et tout ce qui se trouve à travers.
MÉTIER : peintre et photographe, l'atelier se transforme les week-ends en workshop du dimanche ouvert au public.
LOGEMENT : jongle entre la chambre 214 au St Vincent's Hospital, l'appartement #18 à Pine Rivers et son petit atelier isolé à Logan City.

POSTS : 3147 POINTS : 450

ORIENTATION SEXUELLE : Je n'aime que ma moitié.
PETIT PLUS : Maman de Noah, un petit ange de 7 ans qui lutte contre une maladie le gardant hospitalisé depuis les trois dernières années. ▲ Mariée de force pour faire bonne figure. ▲ Ne s’autorise pas à tomber amoureuse. ▲ Accro au café. ▲ N’a que quelques bons amis qu’elle compte sur les doigts d’une main. ▲ Née à Brisbane, expatriée à Londres, revenue depuis 2 ans. ▲ Geek dans l’âme, elle adore les BDs et les jeux vidéos. ▲ Végétarienne, yogi aguerrie et adepte de méditation. ▲ A un humour douteux, discret, mais bien sarcastique.
UN RP ? : Pas dispo pour le moment.
RPs EN COURS :

EZNNY (contre les zombies)
EZNNY #5EZNNY #4 (réalité alternative)
I wake up alone, in an other life the world was beneath us. Tonight comes, mistaken for a vision. Something of my own creation.


BENNY #5ZOMBENNY
Unconscious mind, wanna feel one last time. Anywhere, whenever. Apart, but still together. I know I'm not alone.


SAUNNY #2
Hearts that break the night in two, arms that can't hold you too. Let's take this night from black to blue, I'm just glad you want it at all.


EDWINNY #2 (fb)
We're paralyzed, we apologize, our hell is a good life. My hands will shake, my eyes will burn. My throat will ache, watching you turn.


CORANNY (fb)
If there's no one beside you when your soul embarks, then I'll follow you into the dark. Just our hearts clasped so tight, waiting for the hint of a spark.


TADDY #2
I'll sit out on the front sofa while your hands, they talk to me. All of this fooling around is as fun as it used to be.


GINNIAS #1
I'm speeding out of reach. Oh, you're the one I had to meet. I never wanted to go home, wanderlust will carry us on.

#TeamMalaise #1hassan #2 #TeamDrama auden #2 coram eda & rose joanne #2


RPs EN ATTENTE : jamie #2 + debra + ed #4



PSEUDO : hub
AVATAR : Daisy Ridley
CRÉDITS : shiya
DC : Matt le p'tit con, Ariane l'incandescente et Jack le sensible
INSCRIT LE : 18/10/2016
http://www.30yearsstillyoung.com/t12335-ginny-sit-still-look-pretty http://www.30yearsstillyoung.com/t17242-good-things-to-come http://www.30yearsstillyoung.com/t12358-ginny-mcgrath http://www.30yearsstillyoung.com/t12357-ginny-mcgrath

MessageSujet: EZNNY ▲ sun will shine   Lun Mar 20 2017, 17:50



sun will shine
Ezra & Ginny
And the rain will fall, it falls for you. And the clouds will break into tears, You should be here standing so near to me. I know you should be sad, but give me time alone to get it out of my mind. Though say I know it's only the weather. 'Cause every time it rains you are gone and I'm blue. Then I wake up, then I wake up and the sun will shine if just for you. And the trees will talk to the skies, whispering lies, heaven will pass to me. Trains walk by and the birds disappear. Oh! Why am I still here without you by my side. So I cry your name and love, the thought to me is back and how near. Then I wake up, then I grow up.

« Nous deux, nous trois. Contre tout le reste. » les frissons qui caressent ma colonne vertébrale, ses doigts qui enlacent les miens, ses iris qui s’accrochent, qui implorent, qui remercient. La nuit est déjà bien entamée, le taxi vrombit maintenant plus loin, m’ayant laissée moi, mon maigre à sac à dos, mes yeux rougis, bouffis, et ce petit être qui n’a rien demandé, qui a tout à offrir, qui prend doucement ses aises dans mon ventre. La main gauche qui y est même posée, comme si cela pouvait signifier quelque chose, comme si je pouvais y sentir quoi que ce soit, comme si c’était un peu plus concret, plus vrai, plus doux. À nous. Il ne dit rien, mais je comprends tout, il s’avance, il reste fort, stoïque, alors que je ne suis que feuille, tremblante, frigorifiée. Mais ça ira. J’ai toujours su que ça irait, même lorsque Matt me criait quelle erreur j’avais pu faire, lorsque mon père menaçait, lorsque ma mère pleurait, dans son coin, meurtrie, détruite. Je n’avais pas cru, je n’avais pas voulu croire, j’avais traîné cette carcasse que je ne comprenais plus hors de chez moi, pour le confronter avec les forces qui restent, pour l’entendre, pour le confronter, le voir de mes propres yeux. Et je n’avais pas été déçue, j’avais tout de suite su. À peine la poignée tournée que déjà j’y retrouvais exactement ce dont j’avais besoin. Son souffle court, ses questions sans réponses, les miennes qui s'entre bousculent, ses doutes, mes craintes, ses peurs, mes erreurs. Pourtant, maintenant, je savais que rien d’autre ne comptait. Que ce serait la fin de beaucoup, mais le début d’encore plus. Il ferme la porte, il me garde proche, il n’ajoute rien, il comprend que le reste viendra lorsqu’il le faudra. Et c’est le plus doux des baisers qui scelle la conversation, qui l’accuse, qui l’approuve. Je n’ai besoin de rien d’autre, je n’ai jamais eu besoin de rien d’autre, et j’en ai la confirmation, alors que la nuit tombe sur Brisbane, et qu’il ne reste définitivement rien de plus que nous. Trois.



La lumière qui réchauffe mes épaules, mon dos, ma tête. J’adorais les dimanches d’aussi loin que je me souvienne, j’adorais leur goût, leur tranquillité, leur couleur, jaune, éclatante, presque poétique. C’était la journée où la galerie était fermée, où je prenais place dans l’atelier à l'arrière et où je laissais mes pinceaux faire le reste. Pas de clients, pas d’interruptions, pas de demandes d’expositions, d’affichage ou de toile sur mesure, ce n’était que moi, et rien d’autre. Le tourne-disque qui crépite des saxophones, du piano, des voix chaudes, rassurantes, le silence qui englobe le reste, comme du coton, confortable, dans lequel je serais exactement à ma place, là où il fallait absolument que je sois. Et ce n’était pas force de ne pas avoir vu, de ne pas avoir voyagé, visité. Autour du chevalet s’affichent fièrement des dizaines de photographies, des paysages à couper le souffle, des bâtiments à l’architecture impressionnante d’histoires, de vécu, de coutumes. Des souvenirs plein les murs, des bannières, des clichés, des esquisses d’une vie à sillonner l’Australie et sa nature luxuriante, à flirter avec l’Amérique, la côte ouest, les vagues, les routes à perte de vue. Et des sourires, surtout. Beaucoup. Autant sur mon visage que sur le sien, les leurs. Une bribe de vie de nomades, une camionnette retapée qui a cumulé les kilomètres non sans garder quelques surprises, quelques arrêts obligés, quelques réparations de dernière minute pour voyager du point A au point B sans heurts. Une histoire qui se bâtit un peu n’importe comment, qui s’est adaptée à cette envie de voir du monde, de panser les plaies qui nous attendaient au retour, une fuite toute calculée pour reprendre des forces, pour en faire notre centre, pour revenir unis et solides, prêts à affronter tout le reste, prêts à repartir lorsque le besoin s’en ferait sentir surtout. Les yeux qui déviaient entre San Francisco et Melbourne reviennent se poser sur la toile devant moi, toile armée de bleu, de vert, de blanc, de gris. Couleurs familières, forme que je reconnais pour l’avoir tracée encore et encore dans mes cahiers cette semaine, l’idée qui germe et qui se peaufine avant de se voir reproduire sur canevas. Aucun effort, si ce n’est celui de jouer avec les ombres, les alignements, les proportions, autrement le trait se fait le plus naturellement du monde, comme s’il n’attendait que ça. La sonnette retentit à l’avant et un grand sourire vient se dessiner sur mes lèvres alors que je sais exactement qui vient d’entrer en trombe dans la galerie, qui vient de passer à quelques centimètres de faire tomber la colonne exposant bijoux et autres accessoires faits mains, qui est à deux doigts de mettre le pied sur l’étalage d’albums qui n’attendent que de trouver place sur les différents étagères. Il fait plus de bruit encore que je ne l’aurais imaginé, il déplace plus d’air qu’il en croise et l’éclat de rire qui précède son arrivée dans l’atelier est contagieux alors que je l’attends, rigolant déjà comme la gamine qu’il fait ressortir en moi. « J’ai eu droit à la glace au chocolat, la double, avec des biscuits dedans! » qu’il éclate, petite tête blonde qui sautille à travers la pièce avant de me retrouver, le visage barbouillé de sucre chocolaté, les yeux qui scintillent. « Et avant on est allés à l’aquarium aussi. Y’avait le poisson bleu que j’aime, celui qui gonfle! » évidemment il l’imite, Noah fasciné par ce phénomène qu’il comprend encore à peine de passer d’une forme physique à une autre. Il l’avait vu à la télévision une fois, dans un cartoon dont je ne me souviens plus du tout, et depuis il en était obsédé. Selon mes calculs, c’était la 4e fois qu’il demandait à passer par la salle des poissons tropicaux question de le revoir en action, et à constater l’entrain qu’il arborait en me faisant la démonstration, ce ne serait pas la dernière. « Et tu te souviens du nom que tu lui avais donné aussi?   » il s’immobilise, incertain, déçu de lui-même presque. Puis l’éclair de génie traverses ses pupilles et il s’exclame « FOOTBALL! », satisfait, enthousiaste, la mémoire qui lui revient. Noah dans toute sa splendeur, sa candeur surtout. Puis le voilà qui en a fini des imitations alors qu’il décide qu’il est grand temps pour lui de venir s’installer sur mes genoux, portant maintenant toute son attention sur la toile en processus de création. Sa chevelure ébouriffée que je tente de recoiffer d’une main en sachant totalement qu’elle reprendra ce look dans les prochaines minutes sent bon le sel, l’air frais, le sable, et je me doute qu’ils sont passés par le port ensuite, petit arrête supplémentaire pour voir les bateaux, s’assurer que le voilier tenait bon malgré les grands vents qui ont alarmé tout le monde au fil des derniers jours. « C’est un oiseau? » que sa petite voix curieuse me demande, pointant les plumes que je tentais de retravailler depuis tout à l’heure. « Oui, un imaginaire, un oiseau inventé. » il contemple en silence quelques minutes, en douceur, ne touchant pas à la peinture encore fraîche mais passant l’index tout prêt juste pour voir. « Il est beau… mais il manque un peu de rouge. » j’éclate de rire, la nouvelle couleur préférée du bambin qui revient encore sur le tapis, alors que, conciliante, je lui tends la palette pour qu’il y ajoute sa propre touche personnelle. Il l’aurait fait de toute façon, autant mieux l’encourager à procéder. « À toi alors! » que je concède, le sourire qui ne fait que grandir un peu plus, voyant ses petits doigts potelés entourer mon pinceau et l’y plonger dans un beau rouge puissant, costaud. La sonnette retentit de nouveau et je tends l’oreille alors que Noah s’improvise artiste du jour. Une silhouette finit par passer dans l’embrasure de la porte, les lunettes de soleil au bout du nez, les pommettes bien bronzées, l’expression maligne qui complète. « Quelque chose me dit que t’avais encore tout bon pour le planning de l’après-midi. » le sourcil haussé de satisfaction, il finit par venir nous rejoindre, déposant ses mains sur mes épaules, constatant ce que notre petit peintre du jour avait en tête pour compléter le dessin. « Tu crois qu’elle serait plus jolie à l’entrée de la galerie, ou je devrais la garder pour la mettre au salon, face à la fenêtre vers la baie? » Ezra avait toujours eu l’oeil pour ce genre de choix.  

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    You don't wanna be rich like everybody else does, you just wanna grow old, sit still while everybody else runs. In the meantime, tell me your star sign. I'll make something up, 'bout how you have to fall apart to really be someone.


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ÂGE : trente deux ans, né une certaine fête nationale australienne de quatre-vingt cinq.
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PETIT PLUS : la famille avant tout › quand vous aimez une personne, vous l'aimez pour toujours › a été plongé dans un coma artificiel en août deux mille quinze, s'en est sorti sans séquelles visibles › est sur le point de rencontrer son fils pour la première fois › de retour à l'hôpital après s'être pris une flèche aborigène dans l'épaule gauche, ne connaissant pas encore les dégâts à long terme provoqués par cet accident › vient d'apprendre qu'il n'est pas donneur compatible de rein, don qui avait pour but de sauver son fils › cora coverdale est la plus belle
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MessageSujet: Re: EZNNY ▲ sun will shine   Lun Avr 17 2017, 17:57



sun will shine
Ezra & Ginny
And the rain will fall, it falls for you. And the clouds will break into tears, You should be here standing so near to me. I know you should be sad, but give me time alone to get it out of my mind. Though say I know it's only the weather. 'Cause every time it rains you are gone and I'm blue. Then I wake up, then I wake up and the sun will shine if just for you. And the trees will talk to the skies, whispering lies, heaven will pass to me. Trains walk by and the birds disappear. Oh! Why am I still here without you by my side. So I cry your name and love, the thought to me is back and how near. Then I wake up, then I grow up.

La sonnerie de la porte avait retenti comme une douce surcharge électrique ce jour là, comme ces petites choses qui finissent par faire du bien en faisant du mal. Elle avait éveillé une partie qu’Ezra ne connaissait pas encore, qu’il ne savait pas qu’il allait connaître de si tôt. Comme si son corps avait compris la situation bien avant qu’elle n’arrive, bien qu’il ne puisse la comprendre lucidement et qu’il ne puisse l’analyser. Le corps humain était un outil magique, bien difficile à comprendre dans certaines situations. Il faisait encore une douce impression ce soir là. La poignée qui se fait lourde à tourner, comme si elle avait pris en charge toute la peine et l’angoisse, l’anxiété à venir. Ce visage creusé qui se présente derrière le pan de bois, ce petit corps fragile, cette âme en détresse qu’Ezra vint recueillir d’un mouvement délicat, doux. Rapidement, ses bras sont autour de Ginny, l’entrainant à l’intérieur de l’appartement. Il savait ce qu’elle dirait concernant les quelques heures où elle est allée annoncer la nouvelle à sa famille. Il pouvait le sentir rien qu’à la tenir dans ses bras. Il savait que certains de ses questions allaient rester sans réponses ce soir à la façon dont la jeune femme tremblait dans ses bras. Rapidement, à la suite, il vint pendre le visage de la jeune femme en croupe, déposant un baiser délicat, réconfortant. Un baiser plein de promesses, autant comme autant, et surtout de promesses dont il ne connaissait pas encore l’existence. Mais il savait qu’il saurait les tenir. « Nous deux, nous trois. Contre tout le reste. » Un fin sourire se déposa sur les lèvres d’Ezra, avant qu’il ne vienne prendre les mains de Ginny dans les siennes. « A jamais. » Un baiser sur le front avant qu’il ne l’entraine délicatement jusqu’au canapé, la laissant s’asseoir, se mettre à son aise avec son corps qui lui devenait presque étranger maintenant qu’un petit être venait y prendre place. Mais Ezra savait qu’elle s’y habituerait rapidement et qu’elle surmonterait cette nouvelle plutôt précoce. Qu’elle saurait que faire, mais pour ce soir, il fallait que ce soit à lui d’endosser le rôle de responsable et de prendre les devants. Il fallait qu’elle puisse se reposer sur lui et qu’elle ne se laisse pas envahir par tous les soucis qui allaient arriver au galop. Pas ce soir, non. Sa vie venait assez d’être chamboulée de la sorte pour qu’elle continue d’aller dans le négatif. La famille McGrath mettrait longtemps avant de comprendre que c’était pour le mieux et que cette décision était celle qu’il fallait prendre. Tout comme la décision qu’Ezra allait prendre, il savait que c’était la bonne aussi. Elle venait se glisser naturellement, dans l’ordre des choses. Il s’accroupit devant la jeune femme, devant ce canapé alors que le soleil était déjà couché depuis longtemps et que la lune régnait en maître. Alors que cette journée avait déjà été bien chargée en émotions. « Ginny… » Et pourtant, il commençait à se sentir toute chose, comme s’il était sur le point de dire les mots les plus compliqués à exprimer - peut-être était-ce le cas, après tout ? - alors qu’il avait vécu, plus tôt dans la journée, un bouleversement certain en apprenant la future naissance de cet enfant et qui aurait du le laisser sans voix à ce moment là. Et pourtant, le mutisme ne semblait apparaître que maintenant. Il finit par avaler difficilement sa salive, ses mains moites attrapant celles de la jeune femme, son regard accrochant le sien qui semblait divaguer plus qu’il n’aurait dû. « J’avais déjà pensé à ce moment là, et il est vrai que je n’avais pas pensé qu’il arriverait de si tôt mais… Quand tu es partie chez tes parents, j’ai su. » Il vint délicatement porter sa main droite au ventre de Ginny. L’endroit où allait siéger pendent les prochains mois un petit être, une union d’eux deux. Une tiers personne dans leur vie. « Tu vas être une mère formidable pour ce petit bout là, Ginny. Malgré ce que ta famille a pu te dire. Et on va être heureux. Je ferai tout pour que tu le sois. » Ne prenant même pas la peine de retenir un sourire peu trop heureux, il finit par porter à la vue de Ginny sa deuxième main, qui jusque maintenant était restée cachée et suspecte dans son dos. Un écrin bleuté, simple, se présenta alors. La seule peur qui restait en Ezra, celle qui lui rongeait pour le moment les entrailles, c’était que Ginny parte en courant aux mots qui allaient suivre. Il ne voulait pas la submerger, l’effrayer ou quoi que ce soit, mais il ne voyait pas la situation évoluer autrement. « Je sais que tu as peur, mais je veux pouvoir être toujours à tes côtés pour effacer ces peurs. Et je sais que le futur semble tellement flou mais… Je m’en fous. Je sais que j’ai la possibilité de le passer avec toi à mes côtés. Ca me suffit, et je voudrais que ça te suffisse aussi. J’ai envie d’être celui dont tu rêves d’avoir en prince charmant, de t’emmener à l’autre bout du monde, et d’élever ce gamin avec toi. » Il eut un petit rire, la nervosité s’y cachant s’entendant à des kilomètres à la ronde, avant de récupérer sa second main pour venir ouvrir le petit écrin. « Ce n’est pas beaucoup, c’est du pas prévu mais… Virginia Mary Elisabeth McGrath, accepterais-tu de devenir ma femme, afin que je puisse t’aimer et te chérir pour le restant de nos existences ? » Alors, un des genoux du jeune homme finit par toucher le sol, attitude et situation des plus clichées pour ce genre de demandes.



Un sourire à la fois heureux et malicieux se dessinait sur le visage d’Ezra alors qu’il tentait d’effacer cette tâche de glace au chocolat sur le tee-shirt de Noah. Le petit bonhomme faisait d’ailleurs une petite moue, ne sachant trop comment se comporter face à cet incident. « Tu penses que maman va me gronder quand on va rentrer ? » Agenouillé devant la petite tête blonde, il relève la tête avant de venir ébouriffer les cheveux du gamin d’une main et de partir dans un petit rire hilare. « On aura qu’à lui dire que c’est moi qui t’ait poussé, comme ça ce sera ma faute et c’est moi qui me ferait gronder. » Il lui fit un petit clin d’oeil qui eut tout de suite l’effet escompté: le gamin partit dans un rire hilare. Ezra se releva, attrapant la petite main encore potelée et pourtant se dessinant fermement au fil des années. « Aller, faut qu’on se dépêche, on va louper le bus. » Les deux Beauregard finirent par accélérer le pas et par monter, lorsqu’il arriva au niveau de l’arrêt, dans le bus qui les remmèneraient à l’atelier de Ginny. L’après-midi avait été improvisé, mais il avait été bon. Ressourçant. Donnant des sourires heureux à tout va. Même si Ezra avait regretté devoir rester sur Brisbane lorsqu’ils étaient rentrés, avide de découvrir encore davantage le monde, il avait fini par reprendre ses aises dans cette ville qui avait été sienne pendant des années. Et il était heureux que son fils puisse grandir au moins quelques temps par ici, dans ces endroits chargés de souvenir, plus ou moins heureux selon les périodes, mais des souvenirs auquel Ezra tenait énormément. L’atelier fut d’ailleurs rapidement en vue et Noah descendit du bus comme une furie pour y rejoindre sa mère, qui devait déjà l’avoir entendu arriver. Ezra savait qu’il ne craignait rien en ces lieux, il prit quant à lui donc son temps pour le suivre. Ca laisserait aux deux autres personnes de la famille un petit temps de retrouvailles, de discussion, auquel il n’était pas forcé d’assister. Ce fut d’ailleurs sans grand étonnement qu’il vit Noah avec les pinceaux de sa mère dans les mains à peine eut-il à son tour passé la porte de l’atelier. Souriant, il vint poser ses mains sur ses hanches, secouant la tête. Depuis petit, depuis qu’il avait été apte à pouvoir s’exprimer de façon assez claire avec des gestes ou des paroles, la petite tête blonde avait toujours bien réussi à leur faire comprendre son penchant très prononcé pour l’art et surtout la peinture. Ce qui avait toujours fait bien rire Ezra puisque, alors qu’il était encore dans son ventre, Ginny avait passé des heures et des heures à peindre en l’attendant. Alors il ne s’étonnait pas de le voir maitriser des pinceaux si tôt dans sa jeunesse et avec une habilité qui en étonnerait plus d’un. « Quelque chose me dit que t’avais encore tout bon pour le planning de l’après-midi. » Un sourire malicieux qui fait son apparition alors qu’il retire ses lunettes de soleil de sur son nez. « Quelque-chose dans ce genre là oui. » Rapidement, comme si cette distance ne devrait pas exister, Ezra vint rejoindre les deux êtres les plus chers dans sa vie, posant délicatement ses mains sur les épaules de Ginny, observant l’habilité et la concentration de Noah. « Tu crois qu’elle serait plus jolie à l’entrée de la galerie, ou je devrais la garder pour la mettre au salon, face à la fenêtre vers la baie? » Il porta quelques secondes son regard sur la jeune femme, avant de venir le poser de nouveau sur le petit bonhomme et l’oeuvre qui prenait forme devant ses yeux. Il resta quelques secondes silencieux, des secondes pendant lesquelles il ne put s’empêcher de se sentir fier en voyant son fils. Ce fut un petit sourire qui sortit vainqueur de la lutte entre ses expressions faciales.  Il vint murmurer ses prochains mots à l’oreille de Ginny. « Avec toute la concentration qu’il met pour ajouter sa touche personnelle ? Dans le salon, et sans le prévenir. » Il finit par déposer un doux baiser dans la courbe du cou de la jeune femme avant de venir ébouriffer de nouveau les cheveux du gamin - il savait que sa mère mettant la moitié de son énergie quotidienne à remettre ses cheveux en ordre, alors qu’Ezra ne pouvait s’empêcher d’apprécier le fait de les voir partir dans tous les sens. « Tu as pu prendre du temps pour mettre tes idées en oeuvre aujourd’hui ? » Même si son approche et sa vocation pour l’art s’étaient arrêtées très tôt, Ezra faisait parti de ces personnes qui comprenaient les besoins des artistes de rester des heures et des heures durant à confectionner ce qui composerait le plaisir des yeux du grand public. Et il avait compris dès qu’il avait rencontré Ginny que la jeune femme aurait toujours besoin de cet échappatoire dans sa vie - et il l’avait toujours respecté. C’était dans ces moments là qu’il prenait Noah par la main et que les deux hommes partaient pour de grandes aventures. Ca permettait à Ginny d’avoir son temps à elle et à Noah de lui raconter ce qu’il avait pu faire d’extraordinaire dans sa journée. Et puis, Ezra ne pouvait plus se passer de ces petits moments privilégiés qu’il pouvait avoir avec son fils. Où le monde leur appartenait, où ils pouvaient se laisser aller que tous les deux. Des moments où ils créaient des liens qui seraient indestructibles par la suite. « Vous voulez rester là avec Noah pendant que je vais chercher la voiture que j’ai promis de ramener au garage, ou vous voulez venir avec moi et on rentre à la maison directement derrière ? » Même si l’opportunité de devenir propriétaire de ce garage lui était passée sous le nez lorsque Ginny et lui avait décidé de partir faire un tour du monde - ou ce qui s’y apparentait tout du moins -, Ezra n’avait jamais rompu ce lien solide qu’il avait avec la mécanique et c’était tout naturellement qu’il avait postulé de nouveau pour ce même garage lorsqu’ils étaient rentrés, mais cette fois ci en tant que simple employé. Et il ne nierait pas être content d’être rentré aussi pour ce côté là, pour pouvoir aider les gens avec ce savoir et cette technique qu’il avait acquis aussi au fil de leurs voyages et de leurs galères. Consultant sa montre, il fit rapidement une petite moue, signe qu’il réfléchissait - parfois, ça lui arrivait d’avoir des moments où sa réflexion prenait le dessus, il fallait en profiter, les blagues sur les blondes fonctionnaient aussi sur les blonds dans son cas à lui. « Eeet on pourrait même attraper une pizza avant de rentrer à la maison, si ça vous chante. » Il savait par avance que Noah allait sauter de joie et que Ginny allait vouloir l’assassiner. Mais il tentait quand même, sur un malentendu, ça pouvait passer.  

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I wake up alone, in an other life the world was beneath us. Tonight comes, mistaken for a vision. Something of my own creation.


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Unconscious mind, wanna feel one last time. Anywhere, whenever. Apart, but still together. I know I'm not alone.


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MessageSujet: Re: EZNNY ▲ sun will shine   Lun Avr 17 2017, 22:01



sun will shine
Ezra & Ginny
And the rain will fall, it falls for you. And the clouds will break into tears, You should be here standing so near to me. I know you should be sad, but give me time alone to get it out of my mind. Though say I know it's only the weather. 'Cause every time it rains you are gone and I'm blue. Then I wake up, then I wake up and the sun will shine if just for you. And the trees will talk to the skies, whispering lies, heaven will pass to me. Trains walk by and the birds disappear. Oh! Why am I still here without you by my side. So I cry your name and love, the thought to me is back and how near. Then I wake up, then I grow up.

L’impression était tellement étrange. À l’intérieur, je bouillais, le feu qui consumait le reste, la chaleur qui englobait, qui étouffait presque. Et à l’extérieur, j’étais frigorifiée. Tremblante, faible petite poupée de chiffon pour qui tout est un effort, pour qui chaque geste, infime, prend toute l’énergie du monde. Les cris qui résonnent, les vociférations qui n’en finissent plus de briser mon petit coeur, coeur qui manque un battement puis un autre, c’est bien vite dans les bras d’Ezra que je me retrouve. Là d’où je n’aurais jamais dû partir, bien évidemment. Il me fait une place à l’intérieur de cet appartement qui a connu des jours plus heureux, de ces murs qui étaient habitués à nos rires, à nos moments à deux, à nos plans en couleur, à nos secrets si bien ficelés. La vie avait décidé de nous exposer plus vite encore que nous ne l’aurions cru, elle avait choisi de nous mettre sur la route de nos propres responsabilités, punition pour nous avoir caché trop longtemps, pour avoir joué avec notre chance, avec les autres, avec nous-même. La vérité était que je ne me plaisais plus dans cet interdit depuis bien longtemps déjà, incapable de faire la part des choses entre l’amour de ma vie et mon frère, mon sang, me refusant à choisir entre l’un ou l’autre. Espérant que la décision se prenne pour nous, espérant qu’on nous mette devant le fait accompli pour qu’ensuite la vérité fasse enfin éclat au grand jour. Mes prières entendues au pied de la lettre, je m’en voudrai toujours d’avoir dû déballer notre idylle ainsi à Matt, plutôt que de la bonne façon, la façon dont j’aurais dû user bien plus tôt. Mais Ezra comprend, Ezra est doux, Ezra est calme et le simple fait de quitter l’extérieur pour entrer dans ce cocon de confort, de sécurité, ce nid où nous nous sommes dits je t’aime pour la première fois suffit à laisser aller mes remords, à penser beaucoup plus vers l’avant que vers l’arrière. Depuis que je suis entrée, le jeune homme n’a pas lâché ma main, ma taille, mon regard une seule fois. Il a agi pas à pas, il a cerné mon besoin de faire les choses bien, de ne rien brusquer, à commencer par cette nouvelle qui se voulait heureuse, mais qui terrassait tout le reste. Le canapé nous accueille comme de raison, petits corps encore sous le choc des dernières heures, jambes fuyantes qui se retrouvent sur un meuble comme un autre. Sa voix glisse mon prénom et je le sens en proie à me calmer de nouveau, je le vois tenter de trouver les bons mots pour me rassurer et étrangement, sa simple présence a déjà un effet thérapeutique sur ma petite personne. Je sourie devant l’effort, devant la nouvelle qu’on lui a lancée à la figure et qu’il semble avoir mieux prise que quiconque, mieux prise que tous ceux qui l’ont su depuis le début. Comment arrivait-il à être aussi stoïque, aussi sûr de lui? Il me fascinait, Ezra me fascinait depuis la première fois où je l’avais rencontré, et il continuerait probablement encore longtemps à m’intriguer, bonhomme de courage et de force et de simplicité pour qui tout était surmontable, tout était faisable avec un peu d’amour et de courage. Je profite du silence qui nous englobe, je profite de ce temps de pause pour reprendre mes esprits, mais c’était sans me douter qu’il prendrait à nouveau la parole, cette fois avec un ton plus grave, plus sérieux encore. Je me doute qu’il gardera les détails pour le lendemain, je me doute qu’il ne s’agit simplement que d’un discours apaisant de plus, question de me guider vers un sommeil réparateur qui justement réparerait la suite, mais chaque mot se succédant me laisse attentive, muette, interdite. Mon souffle ralenti, ma gorge s’assèche, et une décharge traverse mon corps alors que je reconnais tout de cette demande, pour en avoir secrètement rêvé, petite fille à l’eau de rose imaginant qu’une première histoire d’amour aussi grandiose ne mènerait que là et uniquement là. Être sienne, et personne d’autre. Parce que personne d’autre n’était lui, au fond. Pourtant, je multipliais les années avant de l’entendre me dire toutes ces choses, j’additionnais les mois avant de voir le geste supporter les mots, genou qui touche terre, petit écrin de tissu qui croise mes prunelles. Promesse de bonheur que je sais qu’il tiendra, simplement parce qu’il l’a toujours si bien fait pour moi, et qu’y croire aussi fort que lui fera tout le travail à mon sens, de toute façon. « Ezra Scott Beauregard... » ma voix est tremblante, brisée par un sanglot puis un autre, consécration de ce que les deux idiots follement amoureux que nous étions étaient sur le point de décider. « Je… je l’ai su tu sais. Ce truc idiot, ce premier regard, quand tu étais dans le jardin avec Matt ce jour-là. J’ai toujours voulu me dire que ce n’était que l’adolescente bien trop émerveillée que j’étais mais... » je rigole de ma propre sottise, à travers les larmes. « Mais la vérité, c’est que quand je t’ai vu, c’était comme si je te connaissais déjà. Comme si on était deux amis, deux personnes qui s’étaient rencontrées avant, qui s’étaient croisées, et qui n’attendaient que de se revoir à nouveau. C’est con et c’est stupide et c’est cliché, mais quand je t’ai vu pour la toute première fois… je t’ai reconnu. »  j’inspire, parce que mine de rien la suite sera toute aussi difficile à articuler, pourtant, il me tarde qu’il l’entende. « Ça me suffit Ez, si tu savais comme ça me suffit. Il n’y a qu'avec toi que je peux être un peu plus grande, un peu plus solide. Il n’y a que toi qui me donne cette force là, cette confiance là. Et il n’y a que toi avec qui je veux vivre ce qui va nous arriver. » évidemment, je le laisse glisser l’anneau à mon doigt, évidemment je ne laisse pas mes pupilles se dégager des siennes de tout l’acte, soulagée, conquise, convaincue, amoureuse. « Oui Ezra, oui, j’accepte. » rire et larmes, et sa main rejoignant mon ventre, petit ventre où une parcelle de nous deux absorbe tout le bonheur qui vient caresser mes sens, contact qui fait de cette petite merveille une part un peu plus prenante de la vie qui se dessine pour ses parents. Ce n'est que plus tard, enlacés sous les couvertures, sa tête au creux de mon cou, que je laisse la pression redescendre un peu, prête à voir comment nous pourrons orchestrer la suite comme l’équipe que nous formons déjà. « J’espère au moins que toutes tes belles paroles vont se traduire avec un ou deux changements de couche en pleine nuit, Casanova. »    



Si j’avais eu à apprendre quelque chose de la relation qu’entretenaient Ezra et Noah, c’était ceci : ensemble, ils pouvaient avoir les pires idées et réussir à me les passer en douce sans que je ne puisse ni rien dire, ni rien faire. Je n’ai qu’à penser à cette fameuse journée au Texas où le Beauregard avait cru bon d’initier son fils au taureau mécanique entre deux festivals à saveur western et quatre supplications du minuscule bonhomme qui y voyait une porte d’entrée vers le monde des cowboys qu’il chérissait tant. Noah s’était retrouvé avec le bras foulé à deux endroits, mais leur duo avait tricoté autour de l’incident en disant que de l’une valait mieux une foulure qu’une cassure, et que de l’autre, je n’avais rien dit en soit lorsqu’ils s’étaient tous les deux levés pour se diriger vers le fameux mastodonte de métal et de cuir. La vraie raison étant que, au final, j’avais entière et complète confiance en Ezra pour prendre soin de Noah. Il avait prouvé un nombre incalculable de fois à quel point il était un père exemplaire, juste et sérieux lorsqu’il le faut, coloré et permissif lorsqu’il le sent. Les voyages qui nous avaient forgé avaient aussi été l’une des meilleures écoles pour la famille que nous avions solidifiée au fil des années, et même si de base je m’étais un brin effrayée à être un peu plus couveuse que je ne l’aurais dû, il avait été doux et patient, me libérant de mes doutes et de mes remords en dédramatisant chaque situation d’une blague qui faisait éclater de rire notre garçon, et d’une douce caresse à la naissance de ma nuque qui réglait tout, chaque fois. C’est d’ailleurs la pression de ses doigts sur mes épaules qui marque la fin de cette journée haute en réflexion, où j’ai enfin terminé par mettre un point sur cette exposition que je redoute depuis les deniers jours, non pas par syndrome de l’imposteur, mais plutôt par overdose d’inspiration. Il me tardait d’offrir aux clients de la galerie cette nouvelle fournée de toiles, mises en commun avec un ami de longue date qui était de passage à Sydney entre deux vols vers Londres, et j’avais dû à de nombreuses reprises m’arrêter pour bien réflchir au résultat final puisque l’idée d’afficher avec lui m’emballait un peu trop pour pouvoir censurer le reste. Ezra savait qu’en ces moments, il valait mieux se retirer et me laisser débattre avec moi-même, et ces quelques heures de silence avaient fini par porter fruit, offrant à la clé la consécration de ce canevas qui tardait trop à se terminer à mon goût. Noah y alla même de son propre coup de pinceau, et je ne pu me retenir de sourire devant le résultat qu’il gribouillait, plus fière encore que les fois précédentes. Il s’améliorerait toujours un peu plus, ce gamin prodige. La voix basse d’Ezra me fait légèrement sursauter alors qu’il se penche à la hauteur de mon oreille, me confiant son idée particulièrement adorable qui plaira à coup sûr au gamin. Hochant vigoureusement de la tête, je laisse mes prunelles s’accrocher aux siennes, énième signe de notre complicité, alors que j’imagine déjà la carrure de Noah sautiller devant le grand dévoilement. La conversation reprend en douceur alors que je soupire de soulagement devant la question du Beauregard. « Oh oui, tellement, si tu savais! Finalement, je vais libérer la partie ouest, tu sais, celle qui était fermée à la dernière expo? Je croyais que la lumière y était complètement nulle, mais en regardant les photos d’octobre dernier ça va le faire. » je me souviens de cette fameuse soirée où Ezra avait fini plus tôt, et était passé nous aider à déplacer tables et chaises pour ouvrir la pièce en entier et pas juste par section. Le pauvre avait fini complètement épuisé à manquer le vernissage au complet, assoupi dans mon bureau sous une pile de livres poussiéreux. Je l’y avais même laissé passer une grosse partie de la nuit, finalisant les derniers papiers pendant qu’il se reposait en grand batailleur, couverture de laine sur les épaules. Noah finit par s’élancer en bas de mes genoux, alarmé par la musique qui touche à sa fin, les dernières notes de trompette qui adoucissent la mélodie. « Non, j'aime mieux qu'on te suive. J’en ai assez pour aujourd’hui, j’ai la tête qui bouillonne en fait. » je laisse un petit rire s’échapper de mes lèvres, enlaçant ses doigts autour des miens avant de laisser un baiser furtif passer sur ses phalanges. « Tu me laisses 5 minutes pour ranger ce bordel? On devrait être ok pour ne pas manquer le prochain bus. » évidemment, Ezra attrape à son tour quelques pinceaux, conscient que 5 minutes se transformeraient en 3 heures s’il me laissait seule ici sous l’enfer de matériel que j’étalais jour après jour. Ranger est en fait une maigre tentative de me donner bonne conscience, puisqu’une fois mes tubes de couleur fermés, mon sac s’installe de lui-même sur les épaules et j’attrape Noah pour le lover contre mon corps, sa tête trouvant mon épaule comme d’habitude. « Cette histoire de pizza… on peut y ajouter un extra de légumes au moins? Il me semble que ça ferait un bon compromis... » le gamin qui s’oppose d’un gros grognement retentissant, alors que je songe simplement à glisser une double part de purée de fruits dans ses cookies matinaux, question de me donner bonne conscience. Voilà, pari pris, et notre petit groupe finit par passer la porte de l’atelier, Ezra verrouillant derrière lui, pour trottiner jusqu’à l’arrêt. Le bus était devenu notre petit rituel à tous, s’y logeant à chaque matinée, profitant des minutes qu’on avait à y passer pour se réveiller en douceur, pour regarder les suites de buildings et de parcs s’agencer les uns aux autres, un livre à la main pour certains, des écouteurs au fond des oreilles pour d’autres. Le trajet du soir lui, était plus locace, on y résumait nos journées, on y discutait des conversations, des idées, des trucs qu’on avait vus ou essayés. Ezra passait à l’école chercher Noah, avant de venir me cueillir au coin de la rue, et presque à chaque fois, les deux farceurs se masquaient derrière leurs sacs respectifs pour me laisser les chercher du regard longuement. Ce soir, c’est en trio que nous prenons d’assaut le bus, laissant Noah s’étaler complètement sur le siège du fond, le véhicule étant plutôt vide. Ce genre de petit luxe dont il raffole. Ez me laisse passer devant lui et ferme la marche en s’installant côté allée, le fils rigolant d’être installé derrière les parents. Le bras du jeune homme vient tout naturellement se poser autour de mes épaules, et je dépose ma tête sur son torse, le regard qui dérive sur la rue qui nous contourne. Cette ville, et ses lumières, et ses gens, et son horizon. Curieuse, je complète ma pensée. « De toutes les villes qu'on a pu visiter, croyais-tu que c'était ici où on finirait? » Je sais qu'en quittant, Ezra a dû renoncer à beaucoup, à énormément. Il ne m'en a jamais tenu rigueur, et je ne crois pas qu'il en ait même la pensée, mais il ne se passe pas une journée sans que je me demande ce à quoi ressemblerait sa vie s'il s'était choisi à notre place.    

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MessageSujet: Re: EZNNY ▲ sun will shine   Dim Oct 15 2017, 22:38



sun will shine
Ezra & Ginny
And the rain will fall, it falls for you. And the clouds will break into tears, You should be here standing so near to me. I know you should be sad, but give me time alone to get it out of my mind. Though say I know it's only the weather. 'Cause every time it rains you are gone and I'm blue. Then I wake up, then I wake up and the sun will shine if just for you. And the trees will talk to the skies, whispering lies, heaven will pass to me. Trains walk by and the birds disappear. Oh! Why am I still here without you by my side. So I cry your name and love, the thought to me is back and how near. Then I wake up, then I grow up.

Ezra devait apporter un effort certain pour ne pas que ses mains se mettent à trembler, et à venir tout cacher. Le stress était à son paroxysme, pour sur, et il avait beau sourire comme un idiot, il n’était pas du tout en confiance dans cette situation. Il savait qu’il se devait de faire ça, de demander, de proposer. Mais ce qu’il ne savait pas, c’était comment la jeune femme allait bien répondre. Il ne voulait pas qu’elle prenne peur, loin de là - elle devait déjà avoir les émotions sans dessus-dessous avec cette journée sans fin, parsemée de nouvelles aussi bouleversantes les unes que les autres -; il voulait qu’elle comprenne à quel point elle était aimée et chérie, de lui, de cette famille en devenir. Il ne voulait pas qu’elle se focalise uniquement sur ce que ses parents, son frère - et qui sait d’autre - avaient pu lui dire. Le jeune homme voulait également que ses paroles aient de la valeur, bien plus de valeur. Et les gestes qui se joignaient alors aux paroles, l’écrin devant les yeux de la jeune femme, le genoux à terre. Ce coeur battant à la chamade pour cette belle brune aux yeux enfantins. « Ezra Scott Beauregard... » Des larmes qui vinrent gâcher quelque peu le tableau, Ezra ne sachant pas encore s’il s’agissait là de larmes de joie ou de chagrin. Après tout, quelques instants plutôt, c’était la deuxième option qui était mise en place - elle pourrait ressentir l’impression que cette journée allait de mal en pis. Le sourire d’Ezra était à deux doigts de s’effondrer lorsqu’elle reprit la parole, pour lui expliquer à son tour ce qu’elle avait sur le coeur. « Je… je l’ai su tu sais. Ce truc idiot, ce premier regard, quand tu étais dans le jardin avec Matt ce jour-là. J’ai toujours voulu me dire que ce n’était que l’adolescente bien trop émerveillée que j’étais mais... » Le sourire d’Ezra qui s’étirait de plus en plus à la suite des paroles de la jeune femme, son regard qui devait, si c’était possible, davantage amoureux de la jeune femme. il joignit même son rire au sien, l’espace d’un instant, célébrant la blague. « Mais la vérité, c’est que quand je t’ai vu, c’était comme si je te connaissais déjà. Comme si on était deux amis, deux personnes qui s’étaient rencontrées avant, qui s’étaient croisées, et qui n’attendaient que de se revoir à nouveau. C’est con et c’est stupide et c’est cliché, mais quand je t’ai vu pour la toute première fois… je t’ai reconnu. » Il ne s’en rendit pas comptes à l’instant, mais des larmes avaient commencé à couler sur ses joues à lui aussi. Des larmes de bonheur, de promesse d’un futur meilleur. Elle n’avait même pas fini de parler qu’Ezra avait déjà attrapé l’une des mains de la jeune femme, la prenant dans la sienne, se préparant à unir leurs fiançailles officiellement avec un anneau passé au doigt. Il se retenait de ne pas le faire de suite, de ne pas l’embrasser entre deux mots, deux larmes. « Ça me suffit Ez, si tu savais comme ça me suffit. Il n’y a qu'avec toi que je peux être un peu plus grande, un peu plus solide. Il n’y a que toi qui me donne cette force là, cette confiance là. Et il n’y a que toi avec qui je veux vivre ce qui va nous arriver. Oui Ezra, oui, j’accepte. » Et l’anneau acheté quelques heures plus tôt qui vint se glisser naturellement à l’annuaire de Ginny. C’était scellé, c’était fait. Désormais, quoi qu’il puisse se passer, Ezra savait qu’ils ne reviendraient pas en arrière. Peut-être qu’une partie de leurs vies était finie, comme devait si bien le dire les parents McGrath. C’était tout fait envisageable, compréhensible. Cependant, une autre partie tellement grande et tellement enviable était en train de commencer, juste sous leur nez, qu’Ezra ne voulait plus attendre avant de se jeter à pieds joints dedans. Son coeur était empli d’une joie qu’il n’avait jamais connu jusque maintenant, comme s’il avait été autorisé à ressentir toute la joie du monde entier en un seul instant. Alors, ses lèvres vinrent se joindre à celle de la jeune femme, sa main le ventre de cette dernière, et ce fut surement l’image qui resterait gravée à jamais dans l’esprit d’Ezra concernant cette soirée. De l’amour, et rien d’autre. « J’espère au moins que toutes tes belles paroles vont se traduire avec un ou deux changements de couche en pleine nuit, Casanova. » Un sourire rieur vint se placer sur le visage d’Ezra alors qu’il resserrait délicatement son étreinte autour de la jeune femme. La nuit avait continué d’avancer, les promesses s’étaient scellées doucement mais surement. Allongés sous les couvertures, Ezra ne put s’empêcher de venir déposer un baiser dans le cou de Ginny, où il avait niché son visage depuis quelques instants désormais. « Je lui donnerai même le sein si c’est ce qui te rend heureuse. » Il eut un petit rire, et un nouveau baiser fut déposé. Le futur s’annonçait si doux, si beau, si prometteur. Pour une fois, Ezra n’avait plus peur de quoi le lendemain serait fait, car désormais il savait que Ginny serait pour toujours à ses côtés.



L’idée que proposait Ezra à Ginny d’accrocher cette toile dans le salon sans prévenir leur fils, pour qu’il puisse admirer son oeuvre conjointe à celle de sa mère plut beaucoup à Ginny, qui l’approuva d’un hochement de tête vigoureux. Et même si elle n’avait pas fait de geste d’approbation bien distinct, rien qu’avec le regard qu’elle lui donna par la suite, Ezra savait qu’elle se rangeait de son côté dans tous les cas. Il s’inquiéta par la suite de savoir si elle avait eu le temps de prendre du temps pour elle, de réfléchir, de concrétiser des choses. « Oh oui, tellement, si tu savais! Finalement, je vais libérer la partie ouest, tu sais, celle qui était fermée à la dernière expo? Je croyais que la lumière y était complètement nulle, mais en regardant les photos d’octobre dernier ça va le faire. » Il eut un petit sourire fier qui s’imposait sur son visage. Il adorait la voir comme ça, heureuse et épanouie dans son travail, sa passion. « Il était temps que cette partie ait le droit à de l’attention aussi. » L’heure tournait cependant, et Ezra n’avait pas réellement fini sa journée de son côté. Il devait ramener une voiture au garage, qu’il devait aller chercher chez un client - c’était aussi ça l’avantage de prendre le bus, de pouvoir se déplacer et aller chercher des voitures où bon lui semblait aux quatre coins de la ville sans se soucier du trajet retour avec deux voitures à conduire. « Non, j'aime mieux qu'on te suive. J’en ai assez pour aujourd’hui, j’ai la tête qui bouillonne en fait. Tu me laisses 5 minutes pour ranger ce bordel? On devrait être ok pour ne pas manquer le prochain bus. » « Mais je suis sur que nous l’aurons. » Alors, par réflexe, par expérience, Ezra attrapa à son tour deux, trois pinceaux qui trainaient pour venir aider la jeune femme à ranger. Sinon, elle repartirait dans son monde à elle dans moins d’une douzaine de secondes et il serait impossible de l’en sortir avant quelques heures encore. Ce fut en peu de temps que le tout reprit presque forme et que la petite famille se dirigeait vers la sortie de l’atelier. « Cette histoire de pizza… on peut y ajouter un extra de légumes au moins? Il me semble que ça ferait un bon compromis... » Un rire puissant prit d’assaut le jeune homme alors qu’il fermait tranquillement la porte, glissant la clef dans le sac de sa femme. « Tu sais bien que je dirai oui à n’importe quoi pour de la pizza. » Parce-qu’il avait beau avoir grandi, ses goûts étaient toujours restés les mêmes. Et si Ginny ne faisait pas attention à lui, il aurait surement déjà pris quarante kilos, fait trois arrêts cardiaques et serait à l’article de la mort. Le bus arriva presque à l’instant où ils s’arrêtèrent au niveau de l’arrêt, Noah prenant d’assaut directement la banquette arrière, fier de pouvoir s’auto-proclamer roi du bus. C’était le genre de petit détail qui faisait toujours énormément sourire Ezra. C’était bête, c’était simple, mais ça le rendait heureux de voir son fils l’être à son tour, et de pouvoir quotidiennement partager ça avec la femme qu’il aimait. Comme le simple fait qu’elle vienne délicatement aller sa tête sur son épaule une fois qu’ils furent installés à leur tour dans le bus, c’était les petits détails qui illuminaient sa journée, qui rendait sa vie belle à vivre. « De toutes les villes qu'on a pu visiter, croyais-tu que c'était ici où on finirait? » Le regard d’Ezra divagua de la jeune femme, au petit bonhomme qui vivait sa vie juste derrière eux - comme s’il était déjà assez grand pour le faire; même si ça poussait vite ces petites bêtes là, il n’était pas prêt de considérer Noah comme grand pour le moment -, pour finir par se laisser aller quelques instants à la contemplation du paysage. Des immeubles qu’il connaissait par coeur, des ruelles qui lui rappelaient des souvenirs depuis longtemps enregistrés, des parcs verdoyants où les soirées à regarder les étoiles étaient douces. « Franchement ? » Il eut un petit soupire à la fois étonné et d’aise, comme s’il ne savait trop comment gérer ses émotions, comme si la question de Ginny était à la fois normale mais gênante; car il ne savait trop que répondre, comment répondre, que ressentir. « Brisbane, c’est chez moi. C’est pas là que je suis né, mais ça a toujours été chez moi. » Là où il avait commencé sa vraie vie d’adulte, là où ses premières expériences en tant qu’homme indépendant avaient fait leurs preuves. « Je ne pensais pas qu’on reviendrait, à l’époque, quand on est parti. Je m’étais dit qu’on aurait tellement l’envie d’en voir toujours plus qu’on resterait dans notre van avec nos sacs à dos pour toujours. » Un petit rire le prit, gentiment, relaxant. « Pourquoi cette question, mon amour ? » C’était idiot, question simple, mais pourquoi déposée quelque peu comme un cheveux sur la soupe. Le genre de question que Ginny ne lui avait jamais posé jusque maintenant. « Des pensées qui te tracassent ? » Il vint relever délicatement son visage du bout du doigt, pour pouvoir avoir accès à ses yeux, ses pensées et émotions. Il en profita au passage pour déposer un baiser, léger, ce à quoi il put entendre en Beeeeurk de la part de Noah dans leurs dos - ce qui le fit rire; les enfants et l’amour entre leurs parents, toute une histoire.

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SURNOM : Virginia Mary Elisabeth, pour un max de confusion.
STATUT : en procédure de divorce - le coeur qui flirte entre le passé, le présent, et tout ce qui se trouve à travers.
MÉTIER : peintre et photographe, l'atelier se transforme les week-ends en workshop du dimanche ouvert au public.
LOGEMENT : jongle entre la chambre 214 au St Vincent's Hospital, l'appartement #18 à Pine Rivers et son petit atelier isolé à Logan City.

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PETIT PLUS : Maman de Noah, un petit ange de 7 ans qui lutte contre une maladie le gardant hospitalisé depuis les trois dernières années. ▲ Mariée de force pour faire bonne figure. ▲ Ne s’autorise pas à tomber amoureuse. ▲ Accro au café. ▲ N’a que quelques bons amis qu’elle compte sur les doigts d’une main. ▲ Née à Brisbane, expatriée à Londres, revenue depuis 2 ans. ▲ Geek dans l’âme, elle adore les BDs et les jeux vidéos. ▲ Végétarienne, yogi aguerrie et adepte de méditation. ▲ A un humour douteux, discret, mais bien sarcastique.
UN RP ? : Pas dispo pour le moment.
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EZNNY #5EZNNY #4 (réalité alternative)
I wake up alone, in an other life the world was beneath us. Tonight comes, mistaken for a vision. Something of my own creation.


BENNY #5ZOMBENNY
Unconscious mind, wanna feel one last time. Anywhere, whenever. Apart, but still together. I know I'm not alone.


SAUNNY #2
Hearts that break the night in two, arms that can't hold you too. Let's take this night from black to blue, I'm just glad you want it at all.


EDWINNY #2 (fb)
We're paralyzed, we apologize, our hell is a good life. My hands will shake, my eyes will burn. My throat will ache, watching you turn.


CORANNY (fb)
If there's no one beside you when your soul embarks, then I'll follow you into the dark. Just our hearts clasped so tight, waiting for the hint of a spark.


TADDY #2
I'll sit out on the front sofa while your hands, they talk to me. All of this fooling around is as fun as it used to be.


GINNIAS #1
I'm speeding out of reach. Oh, you're the one I had to meet. I never wanted to go home, wanderlust will carry us on.

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MessageSujet: Re: EZNNY ▲ sun will shine   Mer Oct 18 2017, 19:57



sun will shine
Ezra & Ginny
And the rain will fall, it falls for you. And the clouds will break into tears, You should be here standing so near to me. I know you should be sad, but give me time alone to get it out of my mind. Though say I know it's only the weather. 'Cause every time it rains you are gone and I'm blue. Then I wake up, then I wake up and the sun will shine if just for you. And the trees will talk to the skies, whispering lies, heaven will pass to me. Trains walk by and the birds disappear. Oh! Why am I still here without you by my side. So I cry your name and love, the thought to me is back and how near. Then I wake up, then I grow up.

Sans grand étonnement, dès que ma tête touche l’oreiller ce soir-là, c’est un aller-simple pour le sommeil le plus réparateur que j’ai pu vivre depuis longtemps qui s'enclenche. La dernière semaine ayant été particulièrement stressante, les heures de repos avaient fini par s’étioler. Et après toutes les émotions de la journée, après mes doutes, mes regrets, ma panique, mes larmes, les bras d’Ezra encerclant ma taille me donnent le confort nécessaire pour me sentir en sécurité, un peu plus du moins. On était une équipe, on était un duo, on était tous les deux, et on serait bientôt prêts à vivre à trois. Ce ne serait pas facile, ce ne serait pas évident, ce ne serait pas toujours parfait, mais j’avais confiance en notre capacité à veiller l’un sur l’autre, à avoir le bonheur et l’aise de l’autre à coeur. Et surtout, j’avais confiance en notre amour. Matt disait que ça allait trop vite, mes parents hurlaient que j’avais pris la plus périlleuse décision de toute ma vie, que le reste de mon existence en serait bousillé - mais j’avais rarement été aussi calme, lorsque je finis par expirer longuement, mes paupières se fermant avec douceur. Demain serait un autre jour. « C’était pas un rêve, toute cette histoire, hen? » ma voix somnole. Pour la première fois depuis le début de notre relation, je suis encore au lit bien après qu’Ezra se soit réveillé, et levé. Appuyé sur le cadre de la porte de sa chambre, il détaille ma silhouette encore endormie, la bave bien classy au coin des lèvres, les plis de l’oreiller qui forment un tracé inégal le long de ma joue. Il n’a pas besoin de dire grand chose que je sais déjà, que rien de ce qui a pu se passer hier n’est inventé, stipulé. Mon frère a bel et bien crié toutes les horreurs qu’il a pu penser au sujet d’Ezra, au sujet de notre famille à venir, de notre relation en somme. Ma mère m’a bien sûr menacée, reniée, excommuniée si elle avait pu, me pointant la porte du doigt en m’intimant de la prendre si je décidais d’aller jusqu’au bout de cette histoire, et de ne plus jamais la franchir en sens inverse. Et mon père n’avait rien fait, strictement rien. Pas un mot, pas un son, pas un geste. Son regard avait suffi, et resterait probablement ancré bien profondément en moi pour toujours et même après. La déception, le rejet, le déni. Je n’étais plus des leurs. « Je devrais les appeler, je devrais m’excuser, je devrais... » j’ignore par quel regain d’énergie je me redresse d’un geste dans le lit, brièvement étourdie par le mouvement trop brusque. J’ai le flot de pensées qui ne s’arrête pas, le coeur qui bat la chamade, la panique de me retrouver sans eux une seconde de plus. Mais ça ne changera rien. Ça ne changera par leur opinion, leur décision. Ça ne sera que pire, après leur avoir parlé. Que plus douloureux. Attendre donc, laisser la poussière retomber? L’anneau qui enserre mon annuaire, la sensation étrange qui chauffe mon bas ventre, ils me confirment que peu importe ce que ma tête, mon coeur, mes sens peuvent me dire, je ne suis pas seule. Plus jamais. « … rester au lit. » que je finis par souffler, accrochant mes rétines à celles d’Ezra qui n’a toujours pas bougé. Je n’avais pas besoin de courir, de m’épuiser, de paniquer. J’étais là où je voulais être, avec qui je voulais l’être. Le reste n’avait plus d’importance. « Et battre des cils pour avoir un café, extra crème fouettée? » me calant dans les oreillers, tirant la couverture un peu plus près, je m'emmitoufle en lui renvoyant un air un peu plus moqueur, un peu plus amusé. Il veut être à mes côtés forever and ever? Il n’en a pas fini. « Oh, je vais adooooorer être enceinte. »    



La tête derrière l’établi, j'échappe un pinceau et une pile de carnets après avoir reculé un peu trop vite. Et j'éclate de rire devant ma propre maladresse. Parce que cet endroit est un joyeux petit bordel, parce que je m’y étale depuis presque 4 ans, parce que rien ici n’a de place officielle, tout se mélange, tout se perd, tout se retrouve. Et c’est ce que j’adore le plus, ce qui me comble d’un bonheur infini, l’inspiration qui s’infuse. Je finis par rejoindre Ezra et Noah au pas de course, passant furtivement entre la porte et le mur, juste avant que le blond ne verrouille le tout sur son passage. Dehors, la journée s’est un peu rafraîchie, mais la température reste toujours douce, chaude. Le soleil pique du nez, les dernières adresses des commerces du quartier ferment, pour laisser place à ceux qui ouvriront pour la soirée. Et j’emboîte le pas, l’air rêveur. « Même de débuter toutes tes journées avec un green juice? » je l’entends presque déjà râler devant la potentielle substitution de son duo oeuf et bacon matinal pour une concoction aux herbes et au gingembre, sachant qu’au moins il peut se rapatrier sur une pointe de pizza plus tard. « Et de t’inscrire au yoga, et de manger végé plus souvent? » j’ai la bouche en coeur, la voix un peu plus chantante. Mes doigts trouvent naturellement leur place entre ceux du Beauregard, et je n’ai même pas besoin de connaître sa réponse pour savoir que mes propres délires healthy ne lui faisaient pas un pli, tant que je ne l’y obligeait pas de son côté. Accord tacite comme un autre : je lui fais une salade de 2 tonnes pour accompagner sa razzia de burgers, il ne rouspète pas lorsque je pique sa voiture pour le week-end, question d’aller participer à une retraite de yoga et méditation en forêt. Quelques minutes d’attente à peine et nous voilà bien installés dans le bus, tout au fond. Noah jacasse tout seul derrière, une fois la tête plongée dans sa BD préférée du moment, l’autre fois les doigts qui font danser ses figurines de super-héros achetées à la brocante du coin la semaine dernière. Et la nostalgie s’empare du trajet, comme beaucoup d’autres fois ces jours-ci. J’avais réussi à faire la paix avec ma famille brisée, à qui je n’avais pas dit un traître mot depuis cette fameuse nuit où j’avais fui le domicile familial pour me réfugier chez Ezra. Pas la moindre nouvelle, pas le moindre signe de vie. J’ignorais si tout le monde était encore à Brisbane, si Jill était en santé, si Matt était amoureux. Si papa, si maman étaient encore vivants. Et au-delà de toutes ces questions sans réponse auxquelles j’avais tout simplement décidé de ne plus accorder la plus petite attention, restait une pointe de questionnement. Et si j’étais retournée, ce soir-là, pour tenter de les raisonner? Et si on leur avait prouvé qu’on s’aimait assez pour que tout fonctionne, pour que tout survive? Et si on avait fait autrement? « Ce van… je me demande si le couple à qui on l’a vendu a vraiment fait le tour des États-Unis, comme ils nous l’avaient promis. » j’ai les yeux qui brillent de souvenirs, la caravane qui nous avait transportés non sans heurts partout, à tous les coins du monde dont on rêvait, qu’on s’était promis de voir. Noah en portage, les espadrilles qui se salissent, un nouveau pays à découvrir. Ezra dénote tout de suite à mon ton que je me laisse dériver par le flot de pensées, que quelque chose me tracasse, ou du moins, que j’ai envie de porter un élément à son attention. Un baiser tout en douceur, et ses doigts qui viennent se perdre dans mes cheveux. Noah râle et j’éclate de rire, lui tirant la langue pour toute réponse. Ce n’était pas pour rien qu’on se connaissait si bien l’un l’autre, par coeur. C’était venu avec la franchise dont on faisait preuve, avec la patience, la curiosité, l’intérêt l’un envers l’autre. Il est attentif, je le suis toute autant. « C’est stupide, mais j’y pense un peu, parfois. » et je sous-entends, j’apprivoise, je mentionne, la tête qui se redépose sur l'épaule d’Ez alors que mon index joue avec sa doigts, se promène entre les phalanges, caresse sa paume. « Je suis pas la seule qui a laissé derrière beaucoup, ce jour-là. » Et qu’il ne se méprenne pas, ce n’est pas du regret qu’on peut entendre, à travers mes mots. J’assumais entièrement ma décision et ses répercussions. « Tout ça pour l’autre terreur. » Noah n’entend pas, et c’est tout parfait. La blague l’aurait fait rire de toute façon, il avait bien vu que ce choix ne m’avait jamais accablé au point de vivre dans les remords. « Et je me dis que parfois, peut-être… tu y penses toi aussi. » sa famille avait eu du mal à s’en remettre au début, son père surtout. Quelle erreur de jeunesse venait-il de faire, quelle horrible façon de détruire son avenir. Il avait perdu le garage de ses rêves aussi, lorsqu’on avait décidé de s’envoler pour un temps. Sa liberté, la possibilité de tout faire, de tout vivre, les responsabilités qui s’imposent, et une famille à gérer à travers. Ses sacrifices avaient été tous aussi importants que les miens. L’avaient-ils autant marqué?

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