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 tell the storm I'm new — saul

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ÂGE : Il a soufflé sa trente-et-unième bougie le 1er Juin.
SURNOM : N'essayez même pas de lui en donner un, ça a souvent le don de l'agacer.
STATUT : Marié à la nicotine.
MÉTIER : Rien de légal, juste de la poudre, du vent qu'il refourgue à des crétins désespérés.
LOGEMENT : Résident de Pine Rivers (non par choix), il possède également un pied à terre miteux à Fortitude Valley pour organiser toutes ses magouilles.

POSTS : 179 POINTS : 0

ORIENTATION SEXUELLE : J'aime les jolies filles.
PETIT PLUS : libre depuis mai 2017, il a passé six ans en prison pour possession de drogues • il finance ses magouilles grâce à l'argent de ses parents • il n'a jamais eu de véritable boulot • après tant d'années passées en Australie, son accent écossais a quasiment disparu ; celui-ci ne refait surface que lorsqu'Ethan s'emporte • il est daltonien • la prison lui a laissé quelques tatouages sur le corps qu'il a aussitôt fait retiré une fois libéré • il a survécu au Dunblane Primary School mass shooting, alors âgé de dix ans ; sa famille a fui l'Écosse suite à cet évènement.
UN RP ? : Seulement si nous avons un lien.
RPs EN COURS :
Where's my mind? Maybe it's in the gutter, where I left my lover ; what an expensive fate. My V is for Vendetta, thought that I'd feel better. But now I got a bellyache.


RPs EN ATTENTE : Zachariah - Jimmy&Scarlett
AVATAR : Armie Hammer
CRÉDITS : .sparkle (ava)
DC : None
INSCRIT LE : 20/06/2017
http://www.30yearsstillyoung.com/t15670-ethan-as-the-long-as-the-world-will-burn http://www.30yearsstillyoung.com/t15676-ethan-setting-fire-to-our-insides-for-fun#597134

MessageSujet: tell the storm I'm new — saul   Mer 28 Juin - 12:03




ETHAN & SAUL

tell the storm i'm new

Ce n'était pas vraiment le vent venu ébouriffer ses mèches blondes qui lui avait rappelé qu’il était maintenant libre. Pas non plus la pluie qui était venue battre ses joues à grand renfort de larmes qu’il n’avait jamais osé versé, ses paupières lourdes de maux et ses lèvres sèches. Ce n’était pas la lumière sur sa peau devenue trop pâle à force de ne plus avoir la chance de pouvoir déambuler sous un soleil de plomb, sur la plage ou au coeur de la ville. Cela n’avait strictement rien à voir avec la terre ou le sable qu’il foulait d’un pas déterminé, presque conquérant, son talon décidé à reprendre possession des territoires qui l’avaient vu grandir et devenir un homme. Loin d’être le plus honnête, mais il avait cela en commun avec les plus grands monarques, sans doute, sa carrure imposante le détachant du reste de la foule, quelques tête se tournant au passage pour s’arrêter sur ses larges épaules et son regard de braise. Il n’en valait pourtant pas la peine, il n’était qu’une perte de temps ; un simple grain dans le sablier noyé au milieu des autres, un joyau ternis, un gamin encore apeuré qui ne supportait pas les mouvements de foule et les attroupements du centre ville. Plus de barreaux autour de lui, mais Ethan restait indéfiniment enfermé dans le souvenir, ne goûtant à la liberté que par bribes, des instants volés qu’il arrachait au commun des mortels pour se rattacher à l’espoir que vivre suffisait simplement. Alors il avait essayé de convaincre sa tête, son corps et son coeur qu’il était bel et bien debout, en liberté, mais ses mains continuaient de trembler, ses yeux cherchant un indice, la preuve que tout ceci n’était pas un rêve. Il avait veillé, bercé par les bras sombres de la nuit, comptant les étoiles en réalisant qu’il n’en n’avait pas observé une seule depuis le début de son incarcération. Est-ce qu’elles avaient cessé de briller avec la même force, privées d’un spectateur ? Ethan ne le saurait jamais. Il avait levé son verre à ceux qui avaient soif, à ceux qui avaient froid ou faim, ceux qui n’étaient pas encore libérés, ceux qui ne le seraient jamais pour une erreur, un moment d’inattention ou un sentiment de vengeance plus fort que le reste. Le goût de la liqueur n’avait fait que le ramener en arrière, le projetant dans des souvenirs dont il avait perdu la saveur ; mais il n’était toujours pas ancré dans le présent, le temps comme une prison autour de lui, l’arrachant à la réalité.  

Il avait espéré que la neige serait la solution miracle. Mais pas de flocons à Brisbane, à part ceux qui venaient se loger dans ses narines, ceux qui éveillaient ses sens, faisant basculer sa tête vers l’arrière tandis que sa vision paraissait changée, que ses pensées mélancoliques, pareilles à des vagues, venaient s’écraser sur les rochers de son esprit, laissant le peu de charisme qui lui restait reprendre le dessus. Il se jugeait plus beau, plus grand, et c’était sans doute cet élan qui l’avait poussé à suivre Scarlett dans les rues de la ville, pour mieux la retrouver et l'arracher au reste de l'humanité. Qu’elle partage autant de draps qu’elle le souhaitait, elle finirait dans ses bras ; c’était une autre princesse qui le lui avait confirmé alors qu’il poussait le son à fond dans son loft de Pine Rivers, les cadavres de bière se cognant les uns aux autres dans un cliquetis qui rappelait étrangement les chaines qu’on lui avait un jour passé autour des poignets et des pieds. S’il se concentrait suffisamment, peut-être parviendrait-il à les voir se dessiner à nouveau, l’empreinte indélébile restée sur ses chairs pour le restant de ses jours. Et sa peau le grattait, costume difforme qu’il ne supportait plus, qu’il aurait bien échangé contre un autre, léguant sa carcasse à quelqu’un de plus doué que lui qui aurait sûrement su quoi en faire, qui n’aurait pas passé la nuit à ne rien faire qu’essayer, qu’espérer retrouver un semblant de vie normale, des sentiments enfouis sous des couches de magouilles et de ruses, de stratagèmes mis en place au sein de la prison pour ne pas finir avec une lame plantée entre les omoplates. Ses poings se souvenaient encore de tous les efforts qu’il avait dû faire pour être encore vivant ce soir-là, les narines poudrées et le coeur pimpant, le regard planté dans le vide et remuant dans la plaie ; dans les plaies.

Ethan s’était réveillé le lendemain matin avec la gueule de bois, la bouche pâteuse et la gorge brûlante. Trente-cinq jours maintenant qu’on l’avait libéré, qu’on l’avait laissé passé les portes du centre pénitencier, qu’on l’avait laissé récupérer les affaires restées coincées dans le passé, qui n’avaient pas bougé tandis qu’il s’était efforcé de courir après les jours pour se donner l’impression que les secondes disparaissaient plus rapidement. Trente-cinq jours maudits, empoisonnés, qui lui confirmaient que sa place n’était pas ici. Que le vent ne chasserait aucun souvenir, la pluie ne laverait aucune peine, la terre ne serait pas plus clémente, le sable ne serait pas moins fuyant entre ses doigts ou dans le sablier. Que la poudre et la liqueur ne prendraient jamais des allures de remèdes. Il fallait qu’il se réveille autrement, qu’il réalise qu’il était libre d’une toute autre façon. Sa douche et son café n’avaient évidemment pas eu le moindre effet, l’eau ruisselant sur son corps marqué de nouvelles plaies, vestiges de bagarres et de règlements de compte qui avaient mal tourné. Il s’était ensuite vêtu de la manière la plus banale du monde, sa taille suffisant déjà à le faire remarquer parmi la foule, il n’avait pas non plus besoin d'en rajouter avec un style trop extravagant. Ce fut en saisissant les clés de son loft qu’il réalisa, qu’il prit conscience. Il n’avait plus besoin d’attendre qu’on vienne ouvrir sa porte, qu’on le laisse passer pour aller se dégourdir les jambes jusqu’à la bibliothèque ou la chapelle de la prison. Les feux ne s’éteignaient plus à 21 heures, ses assiettes n’étaient plus remplies d’une bouillie nauséabonde qui aurait donné envie à n’importe qui de normalement constitué de commettre un meurtre. Plus personne pour le menacer, pour le provoquer, pour le plaquer contre une table en agrippant le col de sa tenue à la teinte particulièrement mal choisie. Il était maitre de ses allers et venus, de ses entrées et sorties, et le métal froid de son trousseau de clé fit frémir le creux de sa main.

Le trentenaire était occupé à refermer derrière lui, s’apprêtant justement à mettre le nez dehors pour la beauté du geste. Pour rire à la face du vent, de la pluie, de la terre ou du sable. Pour se jouer du monde entier, en parfait pitre qu’il était. Sa main libérant la poignée, il se retourna, poussant un soupir face au brun qu'il n'avait pas entendu arriver. Le temps ne l’avait pas épargné lui non plus, les rides au coin de ses yeux ambrés et sur son front trahissant sa fatigue. La quarantaine qui s’approchait à grands pas, sans doute. La sagesse qui s’emparait de lui, qui revenait d’entre les absents pour mieux lui faire des leçons de moral et l’assigner à domicile. « Vraiment ? » Il ne se faisait pas d’illusion sur la façon dont Saul avait atterri ici. Sûrement un coup de fil, un appel de ses parents pour lui confirmer qu’Ethan était bel et bien libre ; mais même lui n’en n’était pas aussi sûr.  Un soupir, pour les séparer encore davantage. « Maintenant que tu as vu que j’étais sorti, est-ce qu’on peut tous les deux continuer de faire comme si de rien n’était ? » Une partie du passé qu’il ne s’était pas préparé à affronter, face à laquelle il avait bien trop honte, bien trop peur que Saul lise en lui comme dans un livre ouvert, qu’il voit la peur dans son regard d’enfant, qu’il ressente la crainte noyée dans les allures qu’il voulait bien se donner. « Retournes à ta vie parfaite avec ta femme et tes gosses pendant que je continue d’être un crétin fini. Ça a toujours très bien fonctionné. » Il avait du mal à affronter le regard de l’aîné, préférant l’éviter, sa paume se resserrant avec force autour de son trousseau de clés tandis qu’il se dirigeait vers la sortie. Il était bel et bien de retour dans la réalité ; il était enfin libre.  

AVENGEDINCHAINS


+we are the ones+
Now, the wind. Now, a voice it carries. You know the one this time. Now, a breath. Now, a name you're calling. Mine is the one this time.


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le retour du boomerang
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ÂGE : 38 ans (10/03/1979).
STATUT : prochainement divorcé, de nouveau célibataire, sa vie sentimentale ne lui a jamais paru aussi simple et son cœur aussi lourd.
MÉTIER : auteur, metteur en scène et producteur de théâtre et de comédies musicales au sein de la Northlight Theater Company, qu'il a co-fondée.
LOGEMENT : anciennement au #24 Logan City, séjournant de nouveau à l'hôtel, il compte se mettre en quête d'un cocon où rebâtir sa vie.

POSTS : 8861 POINTS : 2010

ORIENTATION SEXUELLE : J'aime les jolies filles.
PETIT PLUS : il est le père de trois enfants : Caleb, Elliot et Lexie, nés d'un mariage qu'il a mis en péril en ayant entretenu une liaison extra-conjugale ≈ il a la double nationalité australo-péruvienne ≈ passionné de théâtre, il est à la tête d'une compagnie depuis 2011 ≈ sa mère est atteinte de la maladie d'Alzheimer et son père est décédé dans la tempête qui a frappé Brisbane en octobre 2016 ≈ il joue de la guitare à un très bon niveau ≈ il songe à combler le récent vide de son existence par la religion.
UN RP ? : Pas dispo pour le moment.
RPs EN COURS :

ginny #2
have no fear for giving in, have no fear for giving over. you'd better know that in the end, it's better to say too much than never to say what you need to say again.


camber #2
through the years you've never let me down, you turned my life around. the sweetest days i've found, i've found with you.


sofia #1
put your faith in a miracle, and it's non-denominational. join the choir we will be singing, in the church of wishful thinking.


☆ elsie ☆
now that i've lost you, it kills me to say i've tried to hold on as you've slowly slipped away.


☆ meg ☆
it is not clear why we choose the fire pathway. where we end is not the way that we had planned.


RPs EN ATTENTE : maxyn ≈ tania ≈ hassan #2
RPs TERMINÉS : hannah #1lene #1lexis #1tommy #1nathan #1vidal #1joanne #1hannah #2halloween eventdeepika #1joanne #2enzo #1elsie #1hannah #3hassancamber #1hannah #4margaret #1scarlett #1hannah #5jamie #1ginny #1 (fb)hannah #6hannah #7nathan & myrddinjoanne #3hannah #8tommy #2
PSEUDO : mischief insane, charlotte.
AVATAR : oscar isaac.
CRÉDITS : (c) ganseys, tumblr, loonywaltz.
DC : cynthia dorman, marius warren.
INSCRIT LE : 10/07/2016
http://www.30yearsstillyoung.com/t10373-you-have-trust-issues-not-to-mention-saul http://www.30yearsstillyoung.com/t10410-saul-truth-never-lies-they-will-fall-apart http://www.30yearsstillyoung.com/t10748-saul-masterson http://www.30yearsstillyoung.com/t10827-saul-masterson http://justoscarisaac.tumblr.com

MessageSujet: Re: tell the storm I'm new — saul   Ven 14 Juil - 19:02



Il n'y avait véritablement que lui pour faire ça. Que lui, pour répondre présent dès qu'on sonnait sa cloche. Que lui, pour instantanément tout mettre entre parenthèses, tout mettre sur pause, quand le passé se rappelait à lui comme un vieil ennemi à qui il s'empressait pourtant toujours d'ouvrir la porte. Et avec le sourire. Que lui, finalement, pour rester éternellement celui qui revient. Qui essaie. Qui s'obstine. Il s'était obstiné avec son père. Il s'était obstiné avec Abel. Il s'était même obstiné avec Patty, au début, quand la blonde ne lui offrait déjà plus que des regards noirs et du sarcasme à revendre. Oui, déjà, il avait continué à lui apporter son café tous les matins tel qu'elle le préférait, disparaissant de son champ de vision juste assez tôt pour qu'elle n'ait ni le temps ni l'idée de le lui jeter à la figure. Il avait continué à l'exempter de leurs réunions quotidiennes, chaque mardi soir, pour qu'elle puisse honorer ses rendez-vous aux alcooliques anonymes. Il avait même, et c'était sans doute le plus drôle comme le plus triste aujourd'hui, continué à lui écrire les petits mots qu'il avait pris l'habitude de glisser dans ses portes-documents les jours où il la sentait ailleurs, déphasée, déprimée. « Tu rayonnes. » « Quelqu'un veille sur toi. » « Tu n'es pas toute seule. » « Tu t'en sortiras. » Et il l'avait pensé, jusqu'au tout dernier instant. Jusqu'au jour où Patty l'avait finalement défié, devant toute la troupe, comme un vulgaire concurrent qu'on descendait sur la place publique. Elle n'avait pas vu, à ce moment-là, quelle gifle lui était arrivée en pleine figure pour le clouer au sol, sans ménagement, et le priver de parole comme de répartie. Elle n'avait pas su, qu'il s'était senti abandonné et que ça n'était pas la première fois. Le lendemain, quand elle était passée près de lui sans un mot ni un regard, alors là il avait su. Qu'il s'était obstiné en vain, que pour elle tout était terminé depuis le jour où ces torchons avaient inscrit, noir sur blanc, la preuve de sa déloyauté. Une erreur, et puis plus rien. Le plus triste étant qu'il n'apprenait jamais la leçon, et s'obstinait, la fois d'après, avec plus d'espoir et de persévérance encore. Comme lorsque ce coup de téléphone lui avait fait lever le nez de ses livrets et qu'il avait reconnu, après une brève hésitation, une voix qui l'avait replongé des années en arrière. A l'époque où il était ce jeune homme malicieux, la tête encore pleine de rêves et d'illusions, qui déjà aimait s'entourer de ceux qui peinaient à lui rendre ce qu'il avait tant de plaisir à donner. Il s'était revu, l'espace d'un instant, avec Ethan et le tout jeune Abel, à rire d'un rien et à contempler avec leurs yeux naïfs l'avenir qui leur tendait les bras. Un frisson l'avait finalement parcouru, alors qu'il avait appris la nouvelle. Et là, à nouveau, tout s'était comme interrompu autour de lui tandis qu'il avait bondi hors de sa chaise, sans se faire prier ni réclamer son reste. Obstiné, toujours.

Engouffré à l'arrière d'un taxi, il n'avait eu aucun doute quant à l'adresse à indiquer. Il n'était pas attendu, pourtant, et il parierait même son salaire qu'il paierait bien assez tôt de n'avoir pas réfléchi un seul instant avant d'avoir répondu présent, à nouveau. Saul avait déjà la tête ailleurs, animé de nombreux souvenirs et de quelques espoirs, peut être. Comme si ce simple coup de fil lui avait donné quelle que raison que ce soit de s'emballer, alors que ça n'était jamais que les mots d'une mère, soucieuse de partager une bonne nouvelle quand elle concernait son fils, et ce même quand ce fils comptait sûrement sur le fait que l'eau avait coulé sous les ponts depuis leur dernière entrevue, laissant idéalement penser à ses parents que le téléphone, s'ils s'en saisissaient, sonnerait dans le vide. Erreur, quand on voyait avec quel élan il avait quitté le taxi, et remonté la rue jusqu'à apercevoir la silhouette du grand blond. Ethan, bel et bien sorti de prison, mais assurément pas désireux de l'en informer lui-même. Auquel cas ce serait lui qu'il aurait eu au téléphone, et alors ils se seraient donnés rendez-vous dans un café, pour rattraper le temps perdu. Mais c'était ici, à la porte du blond, qu'ils reprendraient visiblement contact. Mieux que rien, pensa Saul, qui s'était approché en silence. Il fallut quelques secondes à Ethan pour se retourner, mais moins de temps pour afficher une mine teintée à la fois de surprise et d'une sorte de dépit. « Bonjour à toi aussi. » Le brun souffla, dans un fin sourire, faisant peut être volontairement abstraction de l'impression qu'il avait instantanément eu d'être la dernière personne au monde qu'Ethan aurait voulu voir sur le pas de sa porte. La suite lui valut presque de sourire d'amusement, cette fois. S'il n'avait pas osé rêver à un accueil chaleureux, celui auquel il avait le droit ici lui paraissait presque trop acide pour être sincère. « Jouer les indifférents, tu sais que ça a toujours été plus ton truc que le mien. Et je vois que ça n'a pas tellement changé. » Ainsi il reprit, doucement, dans un haussement d'épaules et sans même la moindre envie de le provoquer. Si Ethan voulait lever le menton au ciel et feindre de ne l'avoir même jamais vu, alors grand bien lui fasse. Mais lui n'avait pas fait le déplacement pour le saluer d'un signe de la tête et continuer sa journée comme s'il n'avait pas recroisé, après six ans d'absence, l'une des personnes qu'il avait le plus chéri étant jeune. « Je pensais que tu voudrais au moins savoir qui a vendu la mèche. » Petite provocation, cette fois, d'un Saul qui savait bien comment il fonctionnait et comment il lui était permis d'espérer obtenir ne serait-ce qu'une petite réaction de sa part. Parce que la question était essentiellement rhétorique. Qui aurait bien pu le prévenir, si ce n'est ceux qui avaient partagé son désarroi quand Ethan avait franchi les grilles de la prison ? Sa prochaine remarque lui fit cette fois l'effet d'un coup de jus. Ethan, dans sa tendance à souligner leurs différences et combien il n'était pas celui des deux qui avait toujours pu prétendre à une vie tranquille, était sans doute bien loin d'imaginer combien il pouvait faire erreur. Pas que ce soit de sa faute, mais sur le coup Saul eut l'horrible envie de lui cracher à la figure que non, il n'était plus question ni d'une vie, ni d'un mariage, ni d'une famille parfaits. Qu'il était révolu le temps où il pouvait le vanner sur combien son existence pouvait être lisse, dépourvue du moindre danger, de la moindre fêlure. S'il l'avait vu, quelques mois plus tôt, s'alcooliser dans des bars mal famés pour oublier qu'il avait détruit tout ce qui comptait pour lui, alors peut être qu'il ne le regarderait pas comme l'archétype qu'il n'était plus – si tant est qu'il l'ait jamais été. « C'est vrai que ça nous a particulièrement réussi. A toi, surtout. » Son regard ne le défiait pas, contrairement à ce que son ton aurait pu laisser penser. Mais Saul ne comptait pas lui passer de la pommade pour autant, pas alors qu'il était le seul à s'être mis dans cette situation et qu'aujourd'hui il ne trouvait rien de mieux à faire que de se cacher derrière de prétendues fatalités, comme si sa ligne directrice avait été dessinée de façon à ce qu'il n'ait pas d'autre option que de prendre les mauvaises décisions, toujours. Conneries. « Et si tu laissais plutôt tomber le numéro de l'incompris et que tu rangeais ta fierté le temps d'admettre que ça te fait au moins un peu plaisir de me voir ? » C'était sa manière de lui tendre la main, même après tout ce temps, même alors qu'il n'avait aucun doute sur le fait qu'Ethan n'aurait jamais cherché à renouer le contact si lui ne l'avait pas fait. Était-ce alors si dur de reconnaître qu'ils avaient été étroitement liés autrefois, et qu'il n'était pas l'inconnu qu'Ethan aimait visiblement voir quand il le regardait ? Lui rappelait-il à ce point une époque de sa vie qu'il aimait renier ? « Tu as toujours été égoïste, Ethan. Ça non plus, je vois que ça n'a pas changé. » Auquel cas il se poserait un instant la question de savoir pourquoi il avait fait le déplacement aujourd'hui. Pas pour le voir s'armer d’orgueil, mais bien parce que son sort ne le laissait pas indifférent, quoi qu'il doive en penser.


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