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 VITTORIO&ARIANE ▲ wild season

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ÂGE : 28 ans (13/05)
SURNOM : Parker, Scarlett, la love doctor et autres synonymes ridicules
STATUT : pas intéressée
MÉTIER : en charge du courrier du coeur pour GQ Australia, animatrice d'un podcast grivois & presqu'auteure
LOGEMENT : #07 (appartement), Bayside. Mes affaires qui s'entassent chez Sofia, indéfiniment.

POSTS : 822 POINTS : 830

ORIENTATION SEXUELLE : J'aime les beaux garçons.
PETIT PLUS : Sort d’une relation de 5 ans qui l’a beaucoup déçue. ▲ S’attache très difficilement. ▲ Préfère passer du temps seule qu’entourée. ▲ Se passionne pour les plantes en tous genres. ▲ A à cœur les conseils qu’elle donne à ses lecteurs. ▲ N’a jamais connu son père. ▲ A presque fait le tour de l’Europe. ▲ Rêve de publier un livre où elle réécrira la fin des histoires d’amour bousillées qu’on lui raconte à GQ. ▲ A quitté l’école pour devenir roadie dans une troupe de théâtre nomade. ▲ Très à l’aise avec sa sexualité.
UN RP ? : Pas dispo pour le moment.
RPs EN COURS :

[url=]Leoni #2[/url] ▲ SofiaVittorio (fb)MariusDebraCallumLysander #2Jamie #2ColeTad #2HugoHassan (fb)

RPs TERMINÉS : LysanderJamie Tad (fb) Rose #1

PSEUDO : hub
AVATAR : rose leslie baby
CRÉDITS : avenged in chains
DC : les McGrath, le Epstein
INSCRIT LE : 10/06/2017
http://www.30yearsstillyoung.com/t15563-ariane-i-think-she-knows http://www.30yearsstillyoung.com/t17242-good-things-to-come http://www.30yearsstillyoung.com/t15817-ariane-parker http://www.30yearsstillyoung.com/t16257-ariane-parker

MessageSujet: VITTORIO&ARIANE ▲ wild season   Lun Juil 03 2017, 22:22


wild season
Vittorio & Ariane
I stay alone, skipped a stone, from the known to the unknown. Feeding fires, spinning tires, getting even, and for a while, I made you smile. Saw the voodoo in you child. Boy, you know you are the reason it's been a wild season.

Il y avait un citronnier juste à côté de la fenêtre de ma chambre. Et chaque matin, la brise qui venait de l’est poussait à l’intérieur de la pièce une envolée d’agrumes, de soleil et de bonheur. J’aimais Rome pour ses rues qui embaumaient les fleurs, le cuir, le vin, le beau. J’aimais l’atmosphère, l'ambiance, la chaleur, le soleil, les pavés, l’histoire. Les gens me blasaient par contre, et pour cause. La drague en bonne et dûe forme, les longues tirades, les tactiles, ceux qui t’agrippent des yeux et des doigts, ceux qui te draguent effrontément, ceux qui font passer ton accent pour une douce mélodie, discours qu’ils ont répété encore et toujours et qui arrive tout de même, nombreuses nuits, à ramener des conquêtes entre leurs draps de satin bien poisseux de luxure, de vice. Je préférais le vin aux coups d’un soir, je préférais la pizza aux orgasmes, je préférais me perdre dans des ruines que d’entendre pour une dixième fois que mes yeux rassemblaient toutes les étoiles qui couvraient le ciel étiolé de Sicile. Alors évidemment, je rentrais tôt, à l’auberge. Tôt et repue. Et je profitais des matinées pour humer le citron, pour me prélasser sur la terrasse, pour vivre le soleil de la Rome à ma façon, pour siroter mon triple espresso avec vue sur le quartier qui m’hébergeait pour les prochains jours, prochaines semaines, j’avais pas encore décidé. Et pour narguer les passants aussi, surtout, un seul du moins, une bribe d’hier, un autre de ces italiens à la belle gueule et aux promesses d'échanges torrides, qui finissent par de dédoubler plus les Spritz augmentent et les inhibitions s’envolent. « Pas besoin de faire du sport ce matin, t’as sûrement brûlé toutes tes calories dans les toilettes du bar, Casanova ! » y’a ce biscotti qui quitte mes doigts pour tomber sur sa bouille d’ange du haut du deuxième étage, question d’être certaine qu’il m’ait bien remarquée – et que même sans l’éclairage tamisé de la boîte où il m’a croisée pour la première fois la veille, et où il a pu me déballer en long et en large ce qui faisait de lui le candidat parfait pour que je le ramène docilement dans mon pieux le last call venu. Voilà que je l’avais poliment rembarré un battement de cils plus tard, et qu’il était allé butiner ailleurs comme le charmeur invétéré qu’il semblait être, probablement prêt à aller assouvir ses pulsions dans la oh combien mystérieuse salle de bain derrière la piste de danse. Charmant. Et puis cette séance de footing au grand soleil du petit matin, vraiment ? Le corps ruisselant de sueur, les rayons du soleil qui galbent le reste de son corps découpé, c’est à peine si j’ai envie d’éclater de rire devant la pose de playboy qu’il se tape là, et qui rend le reste de mes paroles encore plus faciles à déblatérer. C’est qu’il me met le tout sur un plateau d’argent le bonhomme. « Ou alors ça fait partie de ton plan drague du jour ? Faudrait au moins retirer le t-shirt pour la peine. » je lui fais les yeux doux, sarcasme qui prend le relais, avant de pointer du menton l’étendue de la chose. Le tissu est déjà complètement trempé de toute façon, autant dire que je lui fais une fleur et qu’il respirera mieux. Si ça lui permet de se choper une ou deux pimbèches sur le chemin de retour, ce sera mon karma qui lui dira merci. Puis basta. « Allez, va. Rends-moi fière ! » du haut de mon balcon, je me cambre un brin pour bien m’étaler sur la chaise qui j’y ai installée, entre la sieste de matinée et la dolce vita de mise. Je ne compte pas lui crier de mon haut perchoir toute la journée et me doute bien que mes paroles, aussi marrantes et bien ficelées soient-elles, risquent de le lasser à un moment ou à une autre, valait mieux me retirer dans la gloire et l’opulence. À savoir s’il rétorquera ou non, j’en profite pour poser mes lunettes de soleil sur mon nez et allonger mes jambes sur la rambarde. Autant prendre un peu de soleil en attendant son retour que je prévois des plus intéressants.     

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ÂGE : 31 ans (24/01/86)
SURNOM : vitto par à peu près tout le monde, totti par ses frères
STATUT : incertain professionnel, batifoleur (à moitié) assumé
MÉTIER : assistant de Cora & professeur de boxe non déclaré chez Hibiscus Sports ~ envisage de reprendre la fac' de droit pour obtenir une équivalence à son diplôme italien
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ORIENTATION SEXUELLE : J'aime les jolies filles.
PETIT PLUS : à brisbane depuis septembre 2016 ☆ 2 demi-frères et une demi-soeur, du moins à sa connaissance ☆ ceinture noire de full-contact ☆ parle italien & napolitain, accent à couper au couteau ☆ bénévole dans un centre pour SDF ☆ très mauvais sens de l'orientation ☆ se déplace à vélo ☆ SDF pendant quelques semaines au début de ses études ☆ ancien procuratore sostituto au barreau de Rome ☆ honte de ses origines ☆ (trop) carriériste ☆ frère aîné en prison, cadet qui en sort à peine ☆ tient un journal intime ☆ ne réprime pas toujours ses manières de voyou
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MessageSujet: Re: VITTORIO&ARIANE ▲ wild season   Ven Aoû 11 2017, 02:07



C’était devenu presque machinal, comme le fait de devoir forcer un peu la clef sur la gauche dans la serrure de la boîte aux lettres ou le fait d’ouvrir le robinet d’eau chaude avant celui d’eau froide pour ne pas attendre la tiède pendant un quart d’heure. De toutes les lattes du plancher celle-ci était la seule qui grinçait un peu, et pour dieu sait quelle raison Vittorio ne pouvait s’empêcher de marcher dessus pour la faire craquer chaque fois qu’il s’apprêtait à passer la porte. Lorsqu’il avait pris possession des lieux il l’avait tout de suite remarquée, elle gondolait un peu, refusant de se conformer à ses semblables et semblant espérer attirer le regard de l’habitant. Il avait presque été déçu lorsque, après l’avoir forcée à coup de tournevis, il n’avait rien trouvé là-dessous qu'une épaisse couche de poussière et un demi-cadavre d’allumette, pas de quoi satisfaire le combo de sa curiosité et de son imagination. Faute de mieux elle s’était muée en détail habituel mais nécessaire, son rassurant que l’on rangeait dans la même case que le bruit de la cafetière à peine éveillé, seul et unique « au revoir, passe une bonne journée » qu’obtiendrait l’italien qui n’amenait presque jamais personne ici. Le pied serré dans une paire de baskets à la couleur criarde, Vittorio l’avait réveillée de la pointe de sa chaussure comme pour s'assurer qu’elle monterait la garde en son absence, et décampait déjà dans le couloir tandis que le claquement de sa porte résonnait encore. Le check silencieux avec le fumeur du rez-de-chaussée comme top départ habituel avait mis en route la machine de ses articulations encore ensommeillées, et le panneau sens interdit trois ruelles plus loin marqué le passage de la marche à la course. Il était comme ça, Vitto, attaché à ses rituels et dans un besoin constant de contrôler chaque millimètre et chaque seconde de son existence, pour éviter au chaos d’y retrouver une place. Le chaos avait nombre de noms et d’identités, il s’appelait Scampia, Nino, Rossi, Vince, mamma, et d’autres et il balayait sa tranquillité parfois simplement d’un coup de fil. Pas aujourd’hui. Il se répétait cela chaque matin comme une énième composante de son rituel, pour chasser le mauvais œil, et il se débarrassait de chacun de ses fardeaux personnel au fil de ses zigzags dans les rues du quartier jusqu’à l’arrivée, Alba Rossa en lettres usées au-dessus de la vitrine du café mais qui aux yeux du blond valait bien toutes les banderoles « fin de course » de la péninsule italienne. « Pas besoin de faire du sport ce matin, t’as sûrement brûlé toutes tes calories dans les toilettes du bar, Casanova ! » Les poumons occupés à chercher l’air dont on venait de les rationner, il ne devait d’avoir levé les yeux qu’aux miettes de petits déjeuner jetées dans sa direction avec un apparent mépris pour le savoir-vivre. « Ou alors ça fait partie de ton plan drague du jour ? Faudrait au moins retirer le tee-shirt pour la peine. » Le soleil arrivant de face lui avait provoqué une grimace tandis que la main en visière il tentait de remettre un visage sur ce ton plus acide qu’inconnu. « Prima le signore, toi d’abord, tâche de rousseur. » Le sourire narquois lui permettant de cacher le brin de méfiance que lui inspirait la situation – elle, bien au-dessus de lui, la seconde poignée de miettes ou le crachat à portée de main ou presque – il l’avait regardée battre en retraite en arguant « Allez, va. Rends-moi fière ! » et se retirer sur son coin de balcon comme l’ours dans sa tanière, ne lui offrant que ses orteils pour continuer de prouver sa présence. « Petite joueuse ! » Étirant ses bras un peu plus outrageusement qu’à l’accoutumée et lançant à intervalles réguliers une œillade en hauteur, le blond avait accueilli avec satisfaction la levée du rideau de fer de l’Alba Rossa et donné une accolade chaleureuse à Doris et au petit Ugo qui à peine le café baigné dans la lumière avait entrepris de sortir tables et chaises pour installer la terrasse – exclusivement fréquentée des touristes. Disparaissant à l’intérieur avec habitude Vittorio en était ressorti dix minutes plus tard douché et délesté de ses vêtements poisseux de sueurs, la chemise plus formelle ayant remplacé le tee-shirt et le pantalon descendant sur une paire de mocassins camel en lieu et place des baskets fourrées à la va-vite dans son sac à dos avec ses vêtements sales. Sur un coin de comptoir l’espresso habituel attendait sagement, posé à côté du journal du jour pour lequel le jeune homme avait abandonné sa monnaie habituelle avant de retourner prendre le soleil, quotidien sous le bras et tasse coincée entre ses doigts « Alors c’est à cela que jouent les touristes de nos jours ? » lança-t-il encore à la cantonade, le regard à nouveau pointé vers la paire de pieds dépassant de la balustrade. « Le péché de paresse en pleine journée, et le péché d’orgueil la nuit tombée ? » Le nez plongeant dans la tasse de café il en avait respiré l’odeur dans le boire encore, plus intéressé il est vrai par les éventuelles jacasseries de la rouquine et de sa langue bien pendue que par toute autre chose, parce que Vittorio était ainsi fait.








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MessageSujet: Re: VITTORIO&ARIANE ▲ wild season   Mer Aoû 16 2017, 05:48



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Touché, littéralement. Mon visou m’épatera toujours, et si la dernière bouchée du biscotti ne m’avait pas arraché un soupir de satisfaction, je l’aurais bien dédiée à son crâne perdu le temps de repérer d’où venait le projectile. Il lève la tête, la main en visière, et c'est fort de son accent italien chantant que je tends l’oreille au pari. Après des jours ici, j’avais développé les bonnes habitudes, j’avais analysé les comportements, j’avais doucement pris le rythme. Le soutien-gorge couvrant le peu de féminité que ma poitrine pouvait offrir, je défie l’autre d’un sourcil haussé en retirant le haut, l’accrochant sur la rambarde qui supporte toujours mes orteils. Il n’y verra rien, mais au moins, l’effet est là. « Ç’aura du bon pour le bronzage, au moins. » je sens le sourire de la victoire, douce première bataille du jour, qui s’étale sur mon visage, et il passe déjà en retraite sans plus de cérémonie. « Mauvais perdant ! » qui accompagnera son entrée sous la porte d’acier, ouverture du café d’en bas qui lui sert d’alibi. C’était presque dommage d’abandonner maintenant qu’on commençait à peine, mais je me replis sur le bouquin qui trône sur la table là, celle où on a déposé un immense bouquet de fleurs de pavot que je renifle allègrement au passage. Les pages se succèdent, les voix des passants deviennent de plus en plus audibles, et bien vite la rue entière s’anime un peu plus des bribes d’un petit matin italien comme un autre. Je somnolerais presque si je n’avais pas envie de profiter de chaque seconde du paysage, des parfums, des sons, et si la voix de mon assaillant 2 étages plus bas n’était pas revenue hanter mon calme apaisant. Roulant des yeux, c’est tout de même avide de jouer de mon cynisme habituel que je lui renvoie la balle, terminant par le fait même le café qui n’est plus du tout brûlant. « Ils appellent ça la dolce farniente, tu dois l’avoir vu sur les cartes postales. » ma voix est sotte, faussement naïve, en plein dans le mille de ces touristes dont il se moque avec tant de facilité, lui et ses choix plus que discutables d’endroits où aller choper de l’américaine, ou de la parisienne en mal du pays ou en phase de ravissement, à voir. Comment une ville pouvait être aussi impressionnante, aussi riche, et surfer avec le ridicule et les stéréotypes à ce point? Les pizzerias typiques chevauchées de boutiques à souvenirs complètement ridicules, les musées bourrés d’histoire faisant face à de vulgaires répliques de spartiates en plastique qui agitaient leur épée de mousse 12 heures par jour? « On m’a dit qu’avec ça, fallait toujours prendre le cappuccino avant 11h, manger que des pizzas et des pastas, et toucher les briques face Nord du Colisée. » tant de conseils répertoriés sur les plateformes de tourisme de nos jours, auxquels la grande majorité des voyageurs se fiaient comme la bible pour vivre l’expérience la plus typique possible. Aux grands arrêts touristiques, je préférais les ruelles peintes d’orange et de rouge, aux plats dits traditionnels, je ne visais que la version au tiers du prix dans le commerce là, au bout du chemin, qui semblait aussi secret que crado, ou encore mieux, ce que j’en cuisinerais après une visite au marché. Loin de moi l’idée de suivre un plan en soit, je préférais me laisser guider par l’ambiance plus que par les listes, par ce que je pouvais bien croiser au détour d’un arrêt de métro, plutôt que par ce qu’on a bien pu me conseiller sur un forum perdu à travers la toile. « Y’a d’autres clichés que je dois ajouter à ma liste ? » il me semble bien bavard l’inconnu, fin prêt à partager son savoir ultime, ou du moins, le voir seul attablé entre les barreaux me suffit à réaliser que son aventure de la veille ne l’a pas épuisé au point de le rendre complètement muet et K.O. au petit-déjeuner. Soit il avait un cardio d’enfer, soit il a fini la soirée seul – belle dualité que j’exposerai plus tard, dès qu’il m’en ouvrira la possibilité. Parce que le personnage se résume facilement, que je me sens particulièrement bavarde et que la journée est encore si jeune.   

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MessageSujet: Re: VITTORIO&ARIANE ▲ wild season   Dim Sep 10 2017, 11:24


A l’abri de son balcon tel un renardeau terré au fond de son terrier de fortune, la rouquine avait voulu faire croire à sa répartie à toute épreuve en tombant le haut, mais si l’habit de coton était venu s’enrouler autour de la rambarde comme pour narguer les passants – un en particulier – la belle, elle, n’avait plus montré que le bout de ses orteils qu’elle avait agité en s’exclamant « Ç’aura du bon pour le bronzage, au moins ! » avec l’air narquois de celle qui jouait sur les mots. Petite joueuse, en somme, que la mauvaise foi étouffait à peine tandis qu’il l’entendait lancer encore « Mauvais perdant ! » tandis qu’il disparaissait à l’intérieur du café pour quitter ses vêtements poisseux de sueur et prendre une douche aussi méritée que nécessaire. Il se sentait à nouveau lui-même en en ressortant, ou plutôt il se sentait à nouveau être cette autre version de lui-même, celle qu’il cultivait à grands efforts depuis son exil romain et qu’une chemise consciencieusement repassée suffisait à faire passer pour quelqu’un de respectable. L’habit ne fait pas le moine, qu’ils disaient, sans doute le plus gros mensonge que la terre ait jamais porté juste derrière Je suis innocent et La mafia n’existe pas. La dose minime de café fumant au fond de sa tasse et le journal du matin coincé sous le bras, il n’avait pas résisté à l’envie de revenir jeter un peu d’huile sur le feu de la joute verbale qui s’était entamée avant qu’il ne quitte ses baskets. Elle, peu importe son nom, faisait un adversaire redoutablement efficace. « Ils appellent ça la dolce farniente, tu dois l’avoir vu sur les cartes postales. » Avait-il vraiment l’air d’être du genre à envoyer des cartes postales ? « On m’a dit qu'avez ça, fallait toujours prendre le capuccino avant 11h, manger que des pizzas et des pastas, et toucher les briques face Nord du Colisée. Y’a d’autres clichés que je dois ajouter à ma liste ? » Sourire narquois en coin, il avait trempé les lèvres dans sa tasse de café avec tranquillité en guise de première réponse, deux gorgées suffisant à terminer ce premier carburant de la journée ; Et elle s’annonçait longue. Pour cette raison il profitait de ces derniers instants d’accalmie, avec en prime ce soleil déjà chaud mais pas encore brûlant de début de matinée, laissant Ugo récupérer sa tasse vide et ouvrant le journal devant lui en s’adossant à l’encablure de la vitrine. « Non so, s’il te manque ta photo cheveux aux vents sur une Vespa de location pour alimenter ton album facebook, c'est l’occasion. » Le ton railleur et l’air moqueur en prime, l’italien avait passé le bout de sa langue sur l’un de ses doigts dont il s’était servi pour feuilleter les pages du journal jusqu’à la rubrique politique. Celle-ci et la rubrique judiciaire, toujours celles qu’il parcourait en premier, ainsi au fait des dernières nouvelles lorsqu’il se pointait au Palazzaccio. « Tes amis rosbif seraient impressionnés, j’en suis certain. » Britannique, la rouquine ? Encore un cliché presque trop simple, mais à lui dont la distance Roma-Napoli représentait le plus loin qu’il ait jamais voyagé, chaque utilisateur habituel de la langue de Shakespeare se trouvait par la même affublé de sa nationalité. « Je ne suis pas comme tous ces touristes. » avait-il finalement singé d’un ton moqueur en forçant l’aigu dans sa voix, reprenant mot pour mot la phrase balancée la veille par la demoiselle dont la répartie s’était alors révélée plus épineuse qu’un pied de ronces. « Dire alla tua amica che può scendere se vuole una chiacchierata di caffè ! » Passant la tête dans l’encablure de la porte, chiffon dans une main et cigarette coincée entre ses lèvres décharnées, Doris avait lancé un regard bourru au balcon qui surplombait son commerce. Pour mettre fin à cette sérénade de pacotille qui prenait place au milieu de "sa" rue, d’abord, et laisser ces deux jeunes gens échanger comme deux adultes qui n’avaient pas besoin de laisser tous les passants profiter de leur conversation in english. « Tu as entendu la dame ? Ça ne se fait pas de refuser une invitation. » Évidemment. « Avec ou sans le tee-shirt, c'est toi qui voit. » Évidemment, bis repetita placent.








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MessageSujet: Re: VITTORIO&ARIANE ▲ wild season   Lun Sep 18 2017, 03:34


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Le cliché qui me rappelle une scène vue la veille ou la journée d’avant, ou j’me souviens plus. Mais c’était exactement comme il le décrit, le clic au loin, la crinière qui vole, le rêve européen qu’on tartine, dégoulinant sur la toile, comme achievement unlocked du jour. « La jeunesse prête à conquérir le monde ; c’est d’une profondeur! » qu’il m’entendra soupirer du haut de mon balcon, la voix faussement rêveuse. J’étais pas mieux au final, les marques de sac à dos qui lacèrent mes hanches, la carte pliée et déchirée dans la poche avant, le planning qui s’étend à Barcelone, à Porto, à Ibiza après un passage en Toscane, et le reste encore tout sauf planifié. La jeunesse qui rêve d’aventure, qui lâche tout pour parcourir le monde, qui cherche mieux, plus vert, plus doré sur un autre continent, dans un autre fuseau horaire. Il n’a pas besoin de le savoir - quoiqu'il s’en doute déjà, et au final, je m’en balance. Quand bien même j’étais comme toutes ces autres gamines qui quittaient tout pour mieux, autant en profiter jusqu’à la dernière seconde. Sa pauvre réflexion sur mes origines apparemment britanniques me fait hausser un sourcil. N’avait-il jamais entendu autre Australien pour y déceler l’accent diamétralement opposé? Probablement pas en effet, le mien se rapportant beaucoup plus à Crocodile Dundee qu’à Sherlock - grand bien m’en fasse. « Essaie encore, pour voir. » et je brouille encore plus ses cartes en dégainant mon français, mes racines. Maman serait fière lorsque je lui raconterais, lorsque je mettrais son amour inconditionnel pour la France au centre d’un facetime de l’autre côté du globe. Elle n’avait jamais trouvé mieux que Paris, elle n’avait jamais aimé plus que Paris. M’y savoir, même que pour y poser le pied durant mon périple la rassurait plus encore que mes daily checkups ne pourraient jamais le faire. « Rome est tellement moins noble avec eux. Che schifo !  » il m’entendra siffler, alors qu’il s’y remet à coeur joie contre les touristes, et que j’use de sarcasme comme je respire. Qu’il ne s’en plaigne pas trop - c’était grâce à eux, à elles, qu’il se retrouvait dans un lit chaud chaque soir, qu’il pouvait mettre la patte sur de la chair fraîche et facile en haute saison. Et pour le reste, si ça faisait rouler l’économie, si ça engraissait les commerces et les pickpockets, c’en était que pour le mieux. Blasée de passer pour la touriste parmi la marre d'appareils photos qui tiquent sur le monument qu’on voit de l’autre côté de la rue et qui doit multiplier de clichés sur Instagram à l’instant, je retrouve le confort de ma chaise longue, la chaleur du soleil sur ma peau, les tâches de rousseur qui commencent à s’affirmer plus que de raison. Et l’invitation monte au deuxième, elle vole et file et s’immisce, le temps de lui laisser un silence pour stricte réponse, un rictus amusé de gamine qui se demande combien de temps il tiendra à attendre, s’il attendra seulement. Mais le café y est bon, le délicieux fumet d’un focaccia frais aux olives préparé à l’aube remonte jusqu’à mon palier et il faut bien que je me bouge si je veux jouer le rôle de la parfaite petite voyageuse une journée encore. « C’est pas sympa de faire passer tes envies via une innocente intermédiaire. » que ma voix acérée lui reprochera, quelques minutes plus tard, alors que j’ai finalement attrapé mon sac, les premiers vêtements du bord et mes verres solaires. L’histoire ne disait pas s’il l’avait supplié ou si notre conversation animée avait suffià ce qu'elle fasse elle-même la demande, mais je le vois bien dans le rôle de la victime, et ce ne sera pas sans presser sur l’évidence que je battrai des cils, ravie. Et il sentira mon cynisme, il y goûtera presqu’autant qu’hier, accompagné d'un refus poli contre un verre, du haut de mes préjugés bien arrêtés sur lui et ses confrères de drague. « Calme tes hormones, c’est qu’une robe. » qui virevolte doucement sous la brise, qui épouse parfaitement le peu de courbes qu’il m’ait été données d’avoir, qui dévoile des épaules, des jambes, un dos même. C’était bien lui qui avait demandé à retirer le haut, qui avait même sommé de le laisser à l’étage - qu’il range ce regard, là, celui qu’il cache derrière son journal alors que je prends fièrement place face à lui, chaise libre, vue sur la ruelle de toutes les couleurs. On m’apporte même un espresso, du genre commande entendue à la va vite et servie comme l’éclair, auquel je souris avant de lever la tête vers la dame au plateau, la dame à l’invitation que je suppose. Elle a un visage doux malgré les marques sévères, elle a un regard vif malgré le sourire qui se dessine sur sa bouche, sur ses lèvres rouge carmin, air espiègle qui lui va si bien. « Grazie mille. » l’italien qui s’affirme, qui vient tout seul après plusieurs jours à l’entendre chantant entre les rues et les commerces. L’autre qui doit bien rire devant l’essai, et je roule intérieurement des yeux en entendant son anglais rouler difficilement entre ses lippes. « C’est comme ça qu’on passe la journée à l’italienne, typiquement?  » et ma voix est presque honnête, presque pas condescendante. Je suis définitivement plus loquace lorsqu’on me dépose au centre d’une terrasse improvisée, tasse à la main, l’action à hauteur du regard, suffisamment proche pour que je puisse même y toucher, y goûter. Je résiste à prendre des notes tellement la scène donne envie de la photographier, de la garder en tête le plus longtemps possible. Les vieilles cordes fichées qui s’étirent de fenêtre en fenêtre, accrochant des vêtements au vent. Les immenses bouquets de fleurs qui couronnent chaque balcon, les voitures qui slaloment entre les piétons, l’Italie qui fourmille. Je pique un morceau de ce qui semble être une pâtisserie typique dans l’assiette qu’il laisse traîner là, qu’il a presque oubliée, avant d’attirer son attention ailleurs, cette fois vers la diagonale, sur le trottoir, où un commerce de location semble doucement ouvrir ses volets, ses quartiers.« On attend quoi? Ma photo sur la vespa se fera pas toute seule. » suivant mon regard et le doigt fin duquel je pointe sans le moindre scrupule, quelques vélos et motocyclettes se chevauchent, le signe italien accroché à eux, leur prix pour une heure ou deux qui se dévoile au fur et à mesure où l’employé y accroche les cartons, y offre sa marchandise.  

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MessageSujet: Re: VITTORIO&ARIANE ▲ wild season   Mar Sep 26 2017, 14:47



Elle jouait à la plus maligne, elle minaudait de son accent guindé avec l’infinie certitude de se situer bien au-dessus du touriste de base, qui utilisait son guide du routard comme une bible ultime et n’osait pas s’aventurer ailleurs que dans les chemins cloutés que l’on réservait aux étrangers comme lui, pour qu’ils véhiculent à leur retour l’image de carte postale que la ville souhaitait conserver pour en attirer d’autres comme eux, saison après saison, année après année. « La jeunesse prête à conquérir le monde ; c’est d’une profondeur ! » Et de soupirer, faussement songeuse face à cette perspective dont elle faisait fi sans doute car s’estimant trop bien pour cela. Sans doute parce que la journée était encore jeune et pas démarrée du mauvais pied Vittorio avait laissé couler, sourire au coin du visage, et s’était permis l’affront d’un sous-entendu peu flatteur concernant les compatriotes – du moins il se l’était imaginé – de la rouquine. Là, lui coupant le sifflet, il l’avait entendue claironner avec une moquerie évidente « Essaie encore, pour voir. » dans un français qui lui avait arraché plus qu’un sourire une grimace vaguement circonspecte. Vittorio ne les aimait pas trop, les français, et l’envie de s’en moquer n’était envers eux pas tant une marque détournée d’affection qu’une très honnête occasion de pouvoir leur taper un peu dessus, tout métaphoriquement cela soit-il. Mais il comprenait mieux maintenant, inutile de chercher plus loin pour comprendre d’où venait ce ton moqueur et cette tendance à l’autosuffisance : française, voilà tout. Raison de plus pour minauder, imiter avec quelle franchise elle lui avait balancé à la figure la veille qu’elle n’était pas comme ça, pas comme tous ces touristes, imaginant probablement ainsi qu’on la laverait de tout soupçon sur ses intentions de visiteuse venue de l’étranger. Loin de le prendre pour elle la rousse avait renvoyé la balle sur le même ton, retrouvant d’abord l’anglais pour lancer « Rome est tellement moins noble avec eux. Che schifo ! » avec une ironie telle que Vittorio devinait sans mal qu’elle n’avait pas saisie que c’était d’elle plus que des touristes qu’on disait lambda, dont il lui prenait actuellement l’envie de se moquer. La différence entre ignorance et condescendance probablement. Lassée de le voir là qui s’égosillait, l’espresso englouti en deux gorgées laissant place aux nouvelles du matin couchées sur papier tandis qu’il prenait place à l’une des tables ensoleillées juste ce qu’il fallait, Doris avait elle-même entrepris d’apostropher la jeune femme en l’invitant – ou lui ordonnant – de venir continuer cette discussion en bas, autour d’un café qu’elle était retournée préparer sans attendre de réponse. Parce qu’on ne disait simplement pas Non à Doris. « C’est pas sympa de faire passer tes envies via une innocente intermédiaire. » Que lui avait alors lancé l’étrangère, arrachant à Vittorio un rire franc parce qu’il fallait bien ne jamais s’être frottée à Doris dans l’un de ses mauvais jours pour lui attribuer le qualificatif d’adorable. Dragon à ses heures perdues, jamais avec un mauvais fond, mais certainement pas à prendre avec des pincettes. « Hai ragione, andrò a confessarmi. » qu’il avait simplement sifflé avec un brin d’ironie, sans doute trop légèrement pour que quiconque l’ait entendu et surtout pas l’inconnue. Elle semblait disparue, chassée par l’initiative de Doris peut-être, mais sans que Vittorio ne s’en formalise ou s’en émeuve. Mais c’était pourtant elle et sa chevelure de feu que l’italien avait vues s’installer sans vergogne face à lui après lui avoir asséné un « Calme tes hormones, c’est qu’une robe. » incisif pour lequel on n’aurait pas été étonné de la voir montrer les crocs. Avec à nouveau le rire pour seule réponse, bien qu’il ait volontiers laissé ses yeux se balader un bref instant entre le moment où le regard s’était levé de son journal et le moment où elle s’était assise. « Heureusement que tu viens d’éclairer ma lanterne, je ne l’aurais pas deviné tout seul. » usait-il du même ton pour renvoyer la balle, parce qu’à agressif agressif-et-demi. N’ayant aucunement douté de son pouvoir de persuasion Doris était arrivée avec l'espresso, déposé devant la nouvelle venue sans un mot mais avec le « Grazie mille. » de rigueur en remerciement. Tentative maigrichonne de se fondre dans la masse compacte comme si son statut d’étrangère n’était pas déjà fait. « C’est comme ça qu’on passe la journée à l’italienne, typiquement ? » Roulant des yeux, reposant le journal en ignorant le cornetto qu’elle venait de picorer et qu'il lui laissait plus volontiers qu’on l’aurait cru, il avait agité la tête avec théâtralité. « Évidemment. Boire des espressos en paressant en soleil, c'est tout nous. Qui a besoin de travailler, au fond ? » Française, et biberonnée à ce genre de clichés dépeignant italiens – et latins plus globalement – comme d’incroyables paresseux. Oh, et l’autre partie du cliché « La Mafia se charge de nous verser un petit quelque chose, de quoi vivre au crochet de la société sans se priver du capuccino matinal. La base. » L’ironie à peine convenue, mais avec dans la voix de Vittorio un quelque chose d’incisif, coupant comme une lame de rasoir. Appuyé en arrière, la chemise allant rencontrer le dossier de la chaise au confort rudimentaire – de quoi soupirer d’aise après plusieurs heures de flânerie, mais ne pas s’éterniser en terrasse plus que de raison – il avait suivi du regard tandis qu’elle désignait le trottoir d'en face, enseigne au rideau de fer usé de tags pas entièrement effacés malgré une évidente tentative de rattraper les dégâts, et les deux roues sortis dans l'attente de trouver preneur temporaire. « On attend quoi ? La photo sur la Vespa se fera pas toute seule. » Narquois, Vittorio avait étiré ses jambes sous la table sans presser ni le pas ni l'esprit, dodelinant la tête avec lenteur comme si la proposition nécessitait une intense réflexion avant de décider « Si je participe à l’élaboration de ce cliché – sens propre ET figuré – j’exige une compensation, hm. » Qu'elle ne rêve pas trop, ses beaux yeux ce n’était pas un deal suffisant pour le tirer de sa chaise alors qu'il bénéficiait encore d’un bon quart d'heure avant que prendre le chemin du palais de justice ne devienne la nécessité pour ne pas arriver en retard. « T'as un permis, pour conduire l’un de ces bolides ? » Bolides, façon de parler. Mais la question, elle, ne tombait pas sans raison et de la réponse dépendrait la suite de ce que l'italien avait à lui proposer.








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MessageSujet: Re: VITTORIO&ARIANE ▲ wild season   Mar Oct 17 2017, 03:04


wild season
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Il est beau au soleil, beaucoup plus beau que la veille. L’éclairage psychédélique ne lui allait pas du tout, faisait trop ressortir la courbe austère de sa mâchoire, sa carrure un peu trop découpée pour être réaliste. Mais là, avec le visage qui se réveille encore, la posture qui se place, la tasse de café contre les doigts, l’air réfléchi face au journal du jour, c’était un peu plus viable, comme tableau. Je sens son regard détailler ma robe, j’en ajoute une couche bien baveuse pour la peine et il me renfrogne. C’est qu’on pourrait jouer encore bien longtemps, bonhomme. « Oh, parce qu’à force il a du mordant. » j’exagère ma voix innocente au possible, un peu trop chantante pour que je sois impressionnée, en vrai. Mais c’est suffisant pour qu’il capte mon attention et reçoive le privilège, que dis-je l’honneur, d’accueillir mes fesses à sa table. Ne vous méprenez pas, je ne me prends pas pour la reine du monde bien au contraire. J’avais simplement un peu de mal avec les types dans son genre, qui se croyaient tout permis lorsque les feux s’éteignaient et que la techno embaumait la place. Ce style-là, c’était pas ma tasse de thé, et ça ne le serait jamais. Maudit soit-il d’avoir choisi mes beaux yeux comme cible ce soir-là, et d’avoir recroisé mon chemin de si bonne heure, alors que j’avais encore tant d’énergie à laisser aller sur ce qui compte vraiment. Une nouvelle rasade de café, une terrasse ensoleillée, le monde à dominer. La conversation pique et tique, je me cale dans mon siège, ravie de le voir me relancer, charmée par son sarcasme qui ridiculise presque le mien. Et une gorgée supplémentaire pour la cause, parce que la caféine brûle et le soleil tout autant, parce que la journée est jeune et parce que j’en profite. « Et chaque pétale de rose laissée sur le cadavre d’une de vos victimes se paie en cannoli? » je baigne dans ses préjugés comme s’ils étaient clairs comme le plus vieux Godfather, comme si ma culture cinématographique avait les réponses à tout ce qui suivrait. Et mine de rien, je me surprends à l’imaginer à la tête d’une branche de la mafia. Ou au bas niveau, du genre celui qui nettoie, qui démonte, qui ramasse les dernières bribes du carnage de la veille. Quelle place aurait-il s’il se trouvait dans ce genre d’organisation? De quel titre est-ce qu’on l’affublerait, dans les ruelles de Trastevere? Qui est-ce qu’il irait assassiner, sur l’heure du lunch, avant de filer faire la sieste sous les oliviers? Je me redresse, un peu plus attentive. Ces conneries qui disent que les filles aiment bien les bad boys sont totalement vraies. La prochaine étape sera de surveiller ses ongles pour y voir des traces de sang séché. « Y’a bien un préjugé qui perdure, c’est à quel point vous négociez comme des bandits. » je roule des yeux, plus du tout amusée, l’épisode du scooter en travers les dents. Pour qui il se prenait, de vouloir tirer profit du truc? Un peu plus et je ne faisais que rigoler, une seconde supplémentaire et je laissais un pourboire avant de m’envoler vers d’autres aventures. Comme si mon humour acide ne le motivait pas à poursuivre la discussion. Comme si mes piques bien cinglantes ne l’amusaient plus, d’une certaine façon. Je râle, il rigole. « Non. » à savoir si j’ai le permis. Bien sûr que je l’ai pris, bien sûr qu’avant de quitter l’Australie je me suis assurée d’avoir de quoi me démerder si je me retrouvais en situation piège, où les trains et les avions ne suffisaient pas. Permis de bagnole, permis de véhicule, permis de liberté, la base. « Peut-être que j’préfère me la jouer rebelle jusqu’au bout. » Elles étaient loin mes mèches noires, mes piercings, mes tatouages au henné. À l’époque du collège, quand les mauvaises décisions peuplaient notre quotidien, quand le grunge dictait les chemises à carreaux et les jeans troués qui peuplaient ma garde-robe. Je soupire, parce qu’il n’a clairement pas plus de temps à perdre que moi, et que la matinée a pris une drôle de tangente tout à coup. Suggestion improvisée, plan impulsif. « Bien sûr que je l'ai. J’investis dans mon capital réseaux sociaux, tu t’en doutes bien. » je finis par le rassurer, terminant au passage ma tasse - et retenant une petite moue déçue de voir le café terminé pour le moment. Parce qu’il ne bouge pas, parce qu’il me jauge sûrement, je finis par initier le mouvement l’air beaucoup trop calme pour que ça en soit une blague. Un billet s’envole sur la table pour payer mon dû - et le sien, j’ai tout de même quelques manières - et j’engage le pas vers la boutique de location comme s’il n’avait pas le choix. Pourtant, je ne jette pas de regard par-dessus mon épaule. La beauté de la chose, d’avoir trop confiance en soi et en ses moyens, c’était de me dire qu’il suivait envers et contre tout. Rue traversée, porte poussée, et je ne mets pas de temps avant de réserver la Vespa qui me faisait de l’oeil, jolie, vert menthe, un panier pour y déposer tous ces aliments clichés qu’il avait pu mentionner et qui, mine de rien, m’avaient donné faim d’un coup. « Et tu t’installes derrière.  » que je siffle, faisant volte-face et me retrouvant devant le jeune homme qui a bel et bien fini par me suivre, vraisemblablement. Triomphante, je brandis les clés sous son nez.        

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MessageSujet: Re: VITTORIO&ARIANE ▲ wild season   Jeu Oct 26 2017, 22:57



La ligne était mince, entre vouloir jouer et vouloir simplement avoir le dernier mot, et la défensive prenant le pas sur le reste la rouquine ne semblait être descendue que pour distiller un peu plus de son mauvais esprit et de ses certitudes acides, trouvant même encore le moyen d’ironiser à sa réaction « Oh, parce qu’à force il a du mordant. » qu’elle lançait comme si depuis le début cela constituait son unique but, n’arrachant à Vittorio qu’un regard levé vers le ciel avec lassitude. Et là voilà désormais, non contente de l’avoir fait rentrer dans la petite case qu’elle avait décidé de lui attribuer dès les premiers instants, et cherchant déjà à rajouter un cliché sur un autre cliché, arrogant mais aussi paresseux comme ses compatriotes. A lui de mettre la mafia sur le tapis avant qu’elle ne s’en charge, son ironie en bandoulière et l’air passablement blasé tandis qu’elle en remettait une couche, fière d’elle en rétorquant « Et chaque pétale de rose laissé sur le cadavre d’une de vos victimes se paie en cannoli ? » avec juste le violoniste derrière elle qui manquait pour venir jouer la mélodie du Godfather comme ceux qu’on croisait dans les allées piétonnes du centre-ville, courant après la générosité des touristes à qui il restait un peu de monnaie à la sortie des restaurants. « Disons ça, ouais. » Ça l’agaçait en vérité, cette aura presque magnétique que l’on faisait régner autour de ceux qui faisaient leur affaire de la loi et préféraient suivre les leurs, appliquer la loi du plus fort, la loi du plus riche. C’était du pain béni pour eux, ils se pensaient rois de la botte italienne, rois d’Hollywood au lieu de se sentir comme les truands qu’ils étaient. Et la petite française avec ses cheveux de feu, là, participait comme tant d’autres à entretenir ce cliché et à empêcher la belle Italie de devenir autre chose que ce repère du crime organisé que l’étranger aimait lui affubler avec délectation. Ne semblant pas s’émouvoir ni de cela ni du reste elle était rapidement passée à autre chose en laissant son regard attraper la devanture du magasin de l’autre côté de la rue, et les Vespa et autres deux roues qui se louaient à l’heure, à la journée ou à la semaine pour convenir à toutes les bourses et toutes les occasions. Pas né de la dernière pluie, Vittorio voyait déjà plus loin que le simple désir de la jeune femme d’obtenir son cliché-cliché mais s’était d’abord heurté à son regard renfrogné tandis qu’elle roulait des yeux en sifflant « Y’a bien un préjugé qui perdure, c’est à quel point vous négociez comme des bandits. » Rire de circonstances pour l’italien qui étirait ses bras au-dessus de sa tête avec aise, n’offrant à la French girl qu’un air narquois. Fallait pas attendre de lui qu’il marche seulement pour ses beaux yeux, alors qu’elle s’était donné tant de mal pour lui signaler qu’elle ne lui rendrait jamais la pareille. « Non. » rétorqua-t-elle alors tandis qu’il effleurait la possibilité qu’elle possède son permis. « Peut-être que j’préfère me la jouer rebelle jusqu’au bout. » Et si tel était le cas grand bien lui fasse, après tout, mais il ne fallait pas attendre de Vittorio qu’il mette le doigt dans l’engrenage aussi facilement et contourne même la plus petite des lois pour le simple plaisir de continuer leur joute. « Dommage … » Et le voilà qui haussait les épaules, maintenant à ça de lâcher l’affaire et de les laisser elle et sa photo déjà vue mille fois sur tout internet, alors qu’elle admettait finalement « Bien sûr que je l’ai. J’investis dans mon capital réseaux sociaux, tu t’en doutes bien. » Pas vraiment en réalité, en sa qualité de type rencontré la veille au soir et qui ignorait totalement ce que cette fille pouvait bien faire de sa vie lorsqu’elle ne lézardait pas au soleil telle une touriste qui ne s’assumait pas. N’attendant ni réponse ni réaction la jeune femme avait quitté sa place en laissant sur la table de quoi payer son café et plus encore, Vittorio n’objectant pas et laissant à Doris le soin de profiter de cette avance à laquelle s’ajoutait le prix de son propre espresso réglé à peine ressorti de l’arrière-boutique dans ses vêtements propres. Quelques minutes il avait contemplé la situation – et la chute de reins de Mademoiselle tandis qu’elle traversait la rue, on ne se refait pas – en pesant ses diverses options. Mais fallait qu’il décolle, de toute façon, que ce soit en négociant la place arrière du deux roues qu’elle était occupé à louer ou en rejoignant la bouche de métro la plus proche. Ébouriffant au passage les cheveux du petit Ugo et lançant à Doris un « A domani ! » chantonnant il avait quitté la terrasse et remis son sac à dos sur l’épaule, traversant la rue à la volée, atteignant le trottoir à l’instant où la rousse ressortait de l’échoppe clefs en mains « Et tu t’installes derrière. » Le sourire satisfait s’étirant en coin sans la moindre gêne il avait haussé les épaules en assurant « J’y comptais bien. » parce qu’après tout s’il lui avait demandé si elle possédait son permis ce n’était pas pour prendre lui-même le guidon. La place de passager tandis qu’elle se faisait chauffeur lui convenait à la perfection, mais comme si elle oubliait l’essentiel en enfourchant déjà le bolide il avait objecté « J’ai une photo à prendre avant ça, il me semble. T’as de quoi faire ? » Un appareil photo, un téléphone qui ferait l’affaire, quelque chose … Parce qu’il ne fallait pas attendre après lui. Naviguant entre paranoïa et vieilles habitudes, l’italien jonglait entre le téléphone professionnel fourni par le Ministère de la justice – pas de première jeunesse – et le prépayé qu’il utilisait pour ses autres appels, dans un cas comme dans l’autre pas le genre avec lesquels on faisait la moindre photo. Mais pas à cours de ressources la rouquine avait la solution, et déjà Vittorio prenait un malin plaisir à l’observer sous toutes les coutures en feignant d’être le plus sérieux des photographes. « C’est ton moment de briller et de faire virevolter tes cheveux, donne tout c’que t’as. » Et l’unique cliché qui aurait pu suffire se transformait déjà en deux, trois, cinq, huit … Autant de temps qu’elle devrait rattraper en slalomant entre les voitures lorsqu’il serait temps de partir, car Vittorio comptait toujours sur l’idée d’arriver à bon port. « Piazza Cavour, tu connais ? » Si elle était aussi touriste qu’elle le laissait paraitre elle y était probablement déjà passée, mais qui sait.








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MessageSujet: Re: VITTORIO&ARIANE ▲ wild season   Mer Nov 01 2017, 03:31


wild season
Vittorio & Ariane
I stay alone, skipped a stone, from the known to the unknown. Feeding fires, spinning tires, getting even, and for a while, I made you smile. Saw the voodoo in you child. Boy, you know you are the reason it's been a wild season.

J’ignorais s’il saisissait le sarcasme duquel je jouais depuis que son bras s’était posé sur mes épaules, la veille. Je ne pouvais pas dire si ses sourcils froncés, si sa mâchoire serrée, si ses répliques qu’il affinait plus le sujet le touchait personnellement étaient aussi moqueuses que les miennes, bordées par la même intention. Parfois, j’avais l’impression que chacun de ses mots étaient dits avec l’ironie du parfait joueur, et à d’autres, il me forçait à arquer la tête à la recherche du moindre détail qui ferait passer ses mots du côté du véridique, de la mauvaise blague qu’il garde encore trop ancrée à l’intérieur. Force était d’admettre que malgré le petit mystère qu’il entretenait, je n’étais pas plus mal placée. Au pire, il aurait eu un café de ma part en échange de mes remarques des plus impolies, sur trame de touriste de bas étage qui rendrait fiers les plus avides de Trip Advisor. C’est tout de même légèrement étonnée que je repère sa silhouette vaillante sur le trottoir après être allée récupérer les clés de mon nouveau bolide pour la journée. Il en redemande - ou il a besoin d’être déposé quelque part. Joindre l’utile à l’agréable me fait éclater de rire, et il attrapera bien vite mon portable encore débordant de batterie. Ça avait du bon, de l’oublier au fond de mon sac au profit du dernier King, ou de mon préféré de Kerouac. J’avais pas trop la tête à la photo pour ne l’avoir jamais vraiment eue, et malgré ce qu’il pourrait penser lorsque je reproduis à la perfection toutes ces poses que j’ai observées un peu partout, du Colisée au Panthéon en passant par toutes les devantures - et j’exagère à peine - des gelaterias du quartier, on aurait presque pu croire que je m'étais dégoté un Instagram husband, allié primordial dans cette conquête des réseaux sociaux que ma petite tête de linotte visait faussement. Au mieux, ces photos seraient envoyées à ma mère lorsqu’elle s’ennuierait, et à Sofia lorsque je voudrais la faire chier. Au pire, elles seraient supprimées pour être remplacées par ces mêmes poses prises à l'insu de celles reprises par des gamines refaites aux longues mèches platine. « J’hésite à penser entre : tu remplis mon portable d’affreux selfies, ou : tu t’assures de prendre la photo quand je ferme les yeux. Point boni si j’ai un double menton. » j’ajoute à ma pique l’une de mes plus belles grimaces espérant qu’il l’ait immortalisée pour la lui envoyer plus tard, question de hanter ses nuits. Mon humour flirtait parfois avec des niveaux particulièrement nuls, et il serait bien naïf de croire qu’il n’en serait pas victime un jour ou l’autre. « Tout est piazza quelque chose ici… t’auras qu’à me dire par où passer. » que je finirai par répondre, haussant les épaules, passant le casque sur ma tête alors qu’il me demande si je connais la place en question. Probablement que j’y suis déjà passée, probablement que j’y ai déjà bu un espresso ou quinze, la question ne se pose plus. En espérant qu’il ait la voix aussi suave que le GPS de ma bagnole. « Agrippe toi, Roméo. J’irai pas doucement dans les courbes. » le moteur démarre, un bref petit coup de poignée plus tard et j’adapte la conduite aux dalles de pierre, aux rues étroites, au trottoir en bordure. C’est une enfilade de carrefours giratoires et de signalisation que je comprends à moitié, mais il ne semble pas trop dépérir sur le siège arrière, alors que je ralentis lorsqu’il le faut, que je me glisse entre les voitures comme si ça allait, comme si j’étais persuadée que c’était bien à droite qu’il avait crié à travers le plastique, et pas à gauche. Faut dire que j’ai passé quelques jours la semaine d’avant à me balader dans Rome à dos de mobylette et que c’est à ce moment-là que j’ai été particulièrement dangereuse. Oh, aucun traitement de faveur ici, et j’actionne le frein un peu plus sèchement à une ou deux reprises rien que pour l’entendre jurer en italien, mais autrement, je dois dire que l’absence de klaxons entendus durant le bref trajet me confirme que je ne m’en suis pas si mal tirée. Pied à terre, moteur coupé, je retire le casque avant de libérer mes mèches rebelles et de lever la tête vers l’immense building qu’il m’a pointé au préalable. « Woah, alors on vient voir des grandes personnes? »  honnêtement, il me faudra une bonne poignée de secondes avant de réaliser, à le voir se dresser devant les imposantes marches de marbre, qu’il se dirige vraiment à l’intérieur, et non pas en périphérique à tenter de piller les pauvres passants contre une imitation de Cesar, ou à chanter ‘O Sole Mio toute la journée en prenant les touristes pour des incultes qui croient que Venise s’étend jusqu’ici. « Attends une minute, tu bosses là?! » et je laisse un sifflement impressionné sortir de mes lèvres, prenant appui sur la bécane avec les yeux bien ronds. « Damn, et moi qui croyait que c’était ton job de gigolo qui payait tous tes caprices. » et je bats des cils, parce qu’il le mérite. Qu’il y voit un compliment tout de même, ce qui n’est pas dans mes coutumes, vous vous en doutez. « Tu termines à quelle heure? » il fait volte-face, j'arbore ma mine la plus sérieuse, impassible, pas la peine de croire que je vais bouger avant de recevoir sa réponse.  « Que j’aie la photo en version coucher de soleil aussi. »  

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MessageSujet: Re: VITTORIO&ARIANE ▲ wild season   Ven Nov 17 2017, 01:45



Elle avait un côté amusant, drôle, pas banal … C’était probablement pas le compliment qu’elle voulait recevoir en priorité, y’avait des tas d’autres choses qu’une femme préférait être avant d’être « une fille marrante » … Intelligente, jolie, futée, ou dieu sait quoi d’autre, pour ce qu’en savait Vittorio. Mais là, alors qu’il dégainait le téléphone pour multiplier les photos au rythme de ses poses plus ou moins naturelles, plus ou moins clichées, la rouquine parvenait avant toute autre chose à lui arracher un sourire plus sincère que prédateur, et un rire plus léger que calculé ; Le comble. « J’hésite à penser entre : tu remplis mon téléphone d’affreux selfies, ou : tu t’assures de prendre la photo quand je ferme les yeux. Point boni si j’ai un double menton. » Plutôt que d’enquiller directement sur une réponse il avait continué de la gratifier de quelques clichés, immortalisant non sans satisfaction les grimaces et pitreries de la demoiselle et lui rendant finalement son téléphone dans un haussement d’épaules et un ton cérémonieux « Sembra que tu doives me faire confiance, là-dessus. » Mais suivant le clin d’œil afin qu’elle n’ait pas l’idée de vérifier la galerie de ses photos dès à présent, il avait tout de suite embrayé sur le plus sérieux sujet de son arrivée à bon port. Car toute intrigante étrangère qu’elle était la jeune femme ne constituait pas plus la veille que ce matin-là une raison suffisante à ce qu’il se fasse la belle et n’arrive pas pile à l’heure au travail. « Tout est piazza quelque chose ici … t’auras qu’à me dire par où passer. » avait-elle alors capitulé dans le plus grand des calmes, étonnant même Vittorio le premier qui s’attendait déjà à devoir user d’un brin de persuasion supplémentaire pour parvenir à ses fins. Loin de lui déplaire pourtant, l’idée s’était soldée par son sac à dos solidement harnaché sur ses épaules, et lui qui chevauchait la place derrière la bella rossa sans bouder son plaisir, ni se faire prier lorsqu’elle avait jeté à la volée « Agrippe-toi, Roméo. J’irai pas doucement dans les courbes. » en lui tendant le second casque du passager. Les bras s’enroulant autour de la taille de sa conductrice il avait laissé lui échapper un sifflement enthousiaste, servant de top départ à la sinueuse traversée des ruelles et des boulevards de la ville aux conducteurs kamikazes.

Et il y avait une certaine aisance dans la maniabilité de cet engin pourtant pas réputé pour la simplicité de sa conduite, le genre qui vous faisait mettre votre main au feu que la conductrice ne tenait pas le guidon d’un deux-roues pour la première fois. Rien qui n’étonne vraiment l’italien, cela dit, qui docilement se contentait de jouer au GPS en lui indiquant les croisements, les directions, et éventuels raccourcis qui permettaient d’éviter d’aller risquer leur intégrité sur les bouchons les plus récalcitrants. Jusqu’à arriver enfin à destination, l’ombre du palais de justice se dressant presque avec fierté sur la Piazza Cavour comme si la bâtisse dominait son monde. « Woah, alors on vient voir des grandes personnes ? » Ne se pressant pas plus que cela pour descendre, prendre son sac à dos à la main, tirer sur le col de sa chemise pour la réajuster et épousseter son pantalon, il avait adressé un sourire en coin en guise de réponse « Attends une minute, tu bosses là ?! Damn, et moi qui croyait que c’était ton job de gigolo qui payait tous tes caprices. » Le sifflement admiratif et la pique bien sentie, comme pour équilibrer un peu le tout, n’avaient arraché au principal intéressé qu’un sourire moqueur et le haussement d’épaules qui allait avec en affirmant d’un air entendu « Faut croire que ma dignité se satisfait d’un job réglo plutôt que d’un job rentable. » Inutile de se mentir, y’aurait eu du fric à se faire s’il avait mangé de ce pain-là, chiaro. « La balade se laissait apprécier, un bon 4/5. » Qu’il balançait finalement l'air satisfait de sa propre générosité, parce que hey, rien n’était jamais perfetto non plus. Les talons déjà tournés, il l’avait gratifiée d’un signe de main volontairement vague en lançant son « Grazie mille bella rossa. » à la cantonade. Pas question d’être celui qui remettait du grain au moulin, mais le sourire s’était fait on ne peut plus satisfait lorsqu’elle avait balancé « Tu termines à quelle heure ? » Reprenant un air sérieux avant de pivoter sur ses talons pour lui faire face, l’italien s’était heurté à un air impassible rivalisant avec le sien, la rousse toujours fièrement installée sur son véhicule et justifiant à la limite de la minauderie « Que j’aie la photo en version coucher de soleil aussi. » Laissant passer une longue seconde il avait étiré tranquillement le sourire satisfait sur ses lèvres, et laissé une mèche de ses cheveux retomber sur son front quand il avait dodeliné la tête « Les voies du prétoire sont impénétrables. » Autrement dit il n’avait pas de réponse précise à lui offrir, mais pas du genre à n’avoir qu’un seul tour dans son sac il avait repris « Y’a peut-être un nouveau numéro dans ton répertoire, t’as qu’à voir s’il est libre quand le soleil commencera à descendre. » et haussé les épaules, avant de tourner les talons pour de bon et de grimper deux par deux les marches jusqu’à l’entrée du palais, presque certain de pouvoir sentir le regard de la jeune femme dans son dos.

Et puis ensuite avait défilé à toute allure la journée où même la pause repas était un luxe qu’ils ne s’étaient pas offerts, le procureur en audience toute la journée et ses substituts traitant les affaires courantes et les auditions primaires. Le café serré du bureau d’à côté était le bienvenu, et le doux son de la voix de la secrétaire un régal sans pareil lorsqu’elle avait annoncé que le dernier rendez-vous de la journée était annulé, faute de la présence d’un avocat pour défendre le prévenu convoqué, client et défendant qui s’en expliqueraient plus tard. L’ordinateur éteint, le tiroir fermé à clefs et le sac à dos chargé sur l’épaule, il dénouait déjà la cravate attachée autour de son cou à peine arrivé le matin, et atteignait les marches du parvis avec la satisfaction du ciel en rose à peine rosé de la soirée pas encore entamée. Et le téléphone qui s’était décidé à sonner au fond de sa poche, oublié durant presque toute la journée, sorti à la volée et décroché en notant à peine le numéro inconnu affiché sur l’écran « Pronto ? » tandis que l’italien levait le nez. Il se doutait, ou du moins il espérait … Ou plutôt il se demandait, curieusement, et ses yeux cherchaient avec méthode parmi les badauds et les touristes, à la recherche de la cascade flamboyante qui était – ou n’était pas – venue réclamer le selfie de fin de journée si finement réclamé en début de journée.








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