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 Hey brother, there's an endless road to rediscover + Binn

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ÂGE : 22 ans (02.08.95)
SURNOM : Euh... Bryn ? Ou B. Mais c'est assez rare...
STATUT : Célibataire, libre comme l'air, les boulets au pied, c'est pour les vieux.
MÉTIER : surfeuse en voie de professionnalisation et étudiante en quatrième année en Gouvernance et Politique Public

POSTS : 149 POINTS : 385

ORIENTATION SEXUELLE : J'aime tout le monde.
PETIT PLUS : elle a été élevé par son frère + elle a une tendance à ne jamais dire non pour faire des folies et toujours avec le sourire + elle entretien des relations encore assez froide avec sa soeur Cora + c'est une enfant non voulue et elle le sait + elle a commencé à travailler avec sa mère aux US et ne sait plus quoi faire et comment penser + elle est sujette aux crises de panique lorsque c'est trop pour elle + elle passe les 90% de son temps libre à la plage à faire du surf, le reste du temps est souvent avec un skate aux pieds.
UN RP ? : Pas dispo pour le moment.
RPs EN COURS :
Oh, if the sky comes falling down, for you, there's nothing in this world I wouldn't do. ❃ Coverdale family

Who are we? What we run? We run the world ? Who run the world? Girls ! ❃ Space girls love

Don't get attached when I call you up, trying to get some ass like no no no... ❃ Bryonnor
Connor #2 + Cora #2 + Finn + Nina + Nathan + Lola + Nunzio
PSEUDO : pimentine
AVATAR : Bridget Satterlee
CRÉDITS : HANSKA.
DC : Elisabeth D. ♥︎
INSCRIT LE : 14/05/2017
http://www.30yearsstillyoung.com/t15178-hey-i-m-not-a-slut-i-just-love-love-bryn#579154 http://www.30yearsstillyoung.com/t15181-bryn-when-a-situation-rises-just-write-it-into-an-album http://www.30yearsstillyoung.com/t15182-bryn-coverdale http://www.30yearsstillyoung.com/t15187-bryn-coverdale

MessageSujet: Hey brother, there's an endless road to rediscover + Binn   Lun 10 Juil - 20:18


❝Hey brother, there's an endless road to rediscover ❞
finnley & bryn coverdale

Deux mois. Deux mois, trois jours et dix heures que je suis de retour à Brisbane et depuis deux mois, trois jours et dix heures, soit mille cinq cent quarante-deux heures que je suis là et moins d’un pourcent passé uniquement avec mon frère. Il me manque, j’ai besoin de lui et l’écart qui se dessine entre nous depuis mon départ se creuse encore plus depuis mon arrivée. Je ne peux même plus faire semblant de l’inviter à mes entrainements, non seulement je sais qu’il refusera à cause de sa peur de l’eau mais surtout, je ne peux plus le faire décemment puisque ma mère est présente à quatre-vingt pourcents d’entre eux, ce qui n’est pas pour mon plus grand plaisir. J’aime passer du temps avec elle, rattraper tout ce que nous n’avons pas pu vivre, mais en même temps, ce temps, je le perds avec mon frère, et petit à petit, sans même qu’il ne le sache, je perds sa confiance. Tout ce que nous avons bâti ensemble est mis sur deux bases simple : nous détestons notre mère et nous détestons Cora. Ce n’est pas si difficile à tenir comme engagement, non ? Seulement, me voilà à faire des repas avec notre sœur et à pactiser avec le diable, lui donnant ma carrière et mon talent. Je sais que s’il le découvre, Finn sera dans un état pas possible, et je mériterais tout cela. Seulement, j’aimerais qu’il le comprenne. Je n’ai pas eu le choix et après tout, maman n’est pas si horrible que cela… Il ne faut pas croire que je me suis laissée embobiner par cette femme, simplement, j’ai l’impression qu’elle s’inquiète pour moi, qu’elle ferait tout pour que ma carrière ne se brise pas, pour que j’atteigne les sommets. Ce n’est pas ça le rôle d’une mère ? Peut-être qu’elle sera moins présente si je dois stopper net mon élan de surfeuse professionnelle mais pour l’instant ce n’est pas le cas et si elle apprend à m’apprécier pour ce que je suis, peut-être qu’elle acceptera de redevenir une mère pour mon frère aussi. Mes pensées sont peut-être niaises mais je n’ai pas envie de me gâcher tout ça, malgré tout, je reste lucide sur la situation et actuellement, je suis dedans, jusqu’au cou.

« Non, je n’irais pas aujourd’hui, c’est tout. » Je crois qu’elle n’est pas fan de mon caractère, mais ma mère devra faire avec. Après tout, je sais ce qui est le mieux pour moi et aujourd’hui, surfer n’en fait pas parti. Les jours où je ne veux pas, je ne ferais rien, mais surtout, aujourd’hui, j’ai décidé que mon emploi du temps serait fait autrement. Après tout de même mettre sortie pour courir à l’aurore, je me suis directement mise à faire à manger, en appelant Thaï mon chinois favori. Parce qu’aujourd’hui, j’ai décidé de passer un bon bout de temps avec mon frère et j’espère réellement qu’il n’a rien d’autre de prévu, parce que je veux simplement le retrouver, rire à nouveau avec lui, m’enfermer et ne plus jamais le laisser partir de mes bras. Même s’il n’est pas comme ça, mon frère est tout pour moi et je sais qu’il l’ignore probablement mais je ferais absolument tout pour lui, il est le seul pour qui j’arrêterais tout s’il me le demandait, absolument tout. Pour lui, je pourrais faire une croix sur mes études, le surf, les sorties et partir en autarcie juste pour qu’il soit heureux. Seulement, je sais qu’il ne le fera pas, il a bien trop sacrifié pour que j’en arrive à là et si je le fais, je lui dois tout. C’est aussi pour cela que sur mon skate, je file tout droit dans cet appartement qui m’a vu grandir, les plats chauds sous le bras. Je prends à peine la peine de frapper à sa porte et entre les clés dans la serrure comme si j’étais entièrement encore chez moi et que mon frère ne pouvait absolument pas avoir de vie intime. Ce qui est finalement le cas… « Fiiiiiiinn !!! C’est moi ! » De un, j’espère qu’il l’a deviné parce que toute la ville n’a pas ses clés mais surtout, s’il ne connaissait pas ma voix, je ne l’avançais pas bien sur mon identité avec cette phrase. Avançant dans le couloir, je plisse le nez. Ça pue encore plus qu’après nos soirées à la coloc. Je retiens un haut le cœur et dépose tout mon bazar sur la table de la cuisine, découvrant alors une bouteille d’alcool fort sur la table et fronce les sourcils. Sans vraiment attention à ce qu’il se passe, et souhaitant probablement mettre tout cela dans un coin de ma tête, loin, très loin, je pars en direction de la fenêtre pour tenter de faire le plus possible des courants d’air. Il est un peu plus de onze heures et pourtant, l’appartement est silencieux et je ne vois trace de vie nulle part. Partant en direction de la chambre de mon frère, j’aperçois une boule sur son lit, ce qui illumine d’un coup mon visage. J’ai fait bien trop de bruit pour qu’il soit encore endormi, et si c’est le cas, tant pis pour lui. Prenant de l’élan, je saute sur lui dans un cri qu’il déteste si bien. A califourchon sur lui, je finis par écraser mes lèvres contre sa joue. « Hello, sleeping beauty. Il s’est passé quoi chez toi, tu caches des morts que tu as noyé dans la vodka ou quoi ? » En réalité, je suis inquiète, mais je ne dirais rien, si ça se trouve, il a une bonne raison d’avoir un habitat dans cet état, même si là, je ne vois même pas ce qu’il peut me sortir. Je n’ai pas envie de détruire cette journée pour ça, je veux la faire avec Finn et un Finn de bonne humeur, mais pour ça, il faudrait qu’il se réveille et se lève. Pour se lever, il faudra d’abord qu’il tente de se dégager de moi parce que mes bras se sont déjà liés autour de lui alors que ma tête s’est blotti contre quelque chose pouvant être son torse sous sa couette. « Tu pus Finnou. » Si ce n’était pas le cas, il doit être tellement heureux de me revoir maintenant et il n’est pas encore passé à la marmite ce qui risque de ne pas tarder…



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ÂGE : trente ans et oui, c'est douloureux (huit août)
SURNOM : finn
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ORIENTATION SEXUELLE : J'aime les jolies filles.
PETIT PLUS : aîné d’une famille de trois enfants ≈ si sa sœur bryn est la prunelle de ses yeux, cora est morte pour lui ≈ il aurait rêvé de devenir neuropsychologue, mais a été contraint d’arrêter ses études ≈ il a un chien, wernicke, âgé de douze ans, borgne et amputé d’une patte ≈ il a un sérieux penchant pour l’alcool depuis quelques mois, même s’il estime que ce n’est que pour se détendre ≈ il est un cerveau avant tout, il a toujours soif d’apprendre, même aujourd’hui ≈ à défaut de s’occuper de lui-même, il donne tout pour les autres.
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RPs EN COURS : brynlou 02cora 02vittorio
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MessageSujet: Re: Hey brother, there's an endless road to rediscover + Binn   Lun 31 Juil - 0:21



⊹ hey brother, there's an endless road to rediscover ⊹
BRYN & FINNLEY

Si la plupart des gens attendent avec impatience leurs vacances pour s’évader dans un autre pays, avancer une multitude de projets en suspens depuis des semaines – voire des mois –, se détendre ou tenter de retrouver un semblant de vie sociale, Finnley n’appartient pas à cette catégorie d’êtres dont la liste des projets et envies dépasse de très largement le temps alloué par le travail pour se déconnecter de celui-ci. Probablement parce que des projets et des envies, Finnley n’en a plus vraiment. À l’exception de cette bouteille de gin qu’il achète tous les soirs et qu’il s’occupe à siroter durant toute la nuit jusqu’au petit matin, afin d’avoir l’impression de « profiter » de ces « vacances » amplement méritées. En réalité, il le redoutait, ce temps loin du boulot. Parce qu’à l’hôpital, Finn a l’impression d’exister, de faire quelque chose de ses journées, quelque chose qui en vaut la peine et qui le satisfait, suffisamment pour tenter de lutter contre ce mal qui s’empare petit-à-petit de tout son être, de sa conscience jusqu’à sa condition physique. Ce mal qu’il prétend ne pas être capable d’identifier – et qu’il n’arrive pas, parfois, quand la mauvaise foi regagne un peu de terrain – et qui ne fait que retarder cette échéance, celle du moment où il décevra les rares personnes qui l’entourent encore et, surtout, où il se décevra lui-même, encore une fois. Probablement la fois de trop, d’ailleurs.

La soirée a été longue, ou courte, il ne sait plus, agitée ou calme, il ne le sait pas vraiment non plus, toujours est-il que le résultat est le même, seul avec ses pensées, celles-ci ont déambulé sur l’utilité de son existence et sur le constat désolant de sa vie, ce qui l’amène toujours à quémander le soutien d’un nouveau verre qui appelle de nouvelles pensées et entame le cercle vicieux dont il ne se sort qu’en s’endormant misérablement sur son canapé. La honte ressentie au réveil l’oblige à ne pas quitter son appartement de la journée, avant que la solitude l’exige le soir venu pour acheter ce liquide qui l’aidera à tenir une nouvelle soirée durant laquelle il réalise que personne ne se soucie réellement de lui. Lui-même le premier, à en croire le peu d’estime qu’il a encore pour sa personne et la dévalorisation constante dans laquelle il se complaît. La réalité de cette solitude qui lui paraît irrémédiable lui pèse de plus en plus et si auparavant il prétendait s’en contenter, il apparaît de plus en plus qu’elle en devient une véritable souffrance.

Le problème, c’est qu’il n’a lui-même fait aucun effort pour que ça ne soit pas le cas, en rejetant constamment la main tendue par les autres et en supposant que l’intérêt qu’on peut lui porter est inévitablement feint, idée implantée par sa très chère génitrice autant que par sa jumelle, idée dont il n’arrive pas à se dissocier et dont l’alcool utilisé comme prétendu solution n’arrive pas non plus à bout. Mais plus que de rejeter ces gens qui finissent toujours par être de passage dans sa vie, il en est venu, depuis plusieurs semaines, à rejeter la seule personne qui ne sera jamais de passage – il essaie d’y croire, du moins, la seule capable de se soucier de lui, sincèrement et sans attentes. Bryn est revenue depuis deux mois et frère et sœur n’ont pas encore eu l’occasion de passer du temps ensemble. Ou plutôt, le frère a rejeté toute occasion de passer du temps avec sa sœur. Finn, il ne sait pas pourquoi il agit ainsi, pourquoi il s’évertue à repousser Bryn de la sorte, en usant de prétextes aussi ridicules qu’une surcharge de travail quand ils savent tous deux qu’il n’en rapporte pas à la maison, ou de sorties prévues de longue date avec ses amis quand ceux-ci sont quasiment inexistants. Il ne sait pas, Finn, s’il essaie de la protéger elle de la déception que représente son frère à l’heure actuelle ou s’il essaie de se protéger lui face à la difficulté d’accepter l’indépendance de sa cadette. Mais dans les deux cas, sa réaction reste aussi irréfléchie qu’on peut l’attendre de lui en cas de difficultés, en préférant la fuite à l’affrontement.

Il semblerait pourtant qu’aujourd’hui il ne soit plus question de fuir cet affrontement, sa sœur le mettant au pied du mur en s’imposant (c’est le terme adéquat). Le caractère de sa sœur n’est plus à prouver et il est peu probable qu’elle rebrousse chemin en ne découvrant qu’une silhouette prostrée dans le lit et aucune vie pour alimenter l’appartement. Bien au contraire, puisque après avoir vaguement entendu une voix enjouée qui l’a sorti de son sommeil profond sans pour autant le faire totalement émerger de son coma, c’est la sensation de décoller de son matelas qui s’en charge. Un peu ailleurs, il faut quelques instants à Finnley pour sortir la tête de sous la couverture et réaliser que ce séisme n’est que l’œuvre de sa sœur, dont l’enthousiasme ferait plaisir à voir dans d’autres circonstances, mais s’avère bien trop fatigant dans l’immédiat pour Finn. « Oui, j’avais plus de baril d’acide sous la main, j’ai donc fait avec les moyens du bord. » Il parvient à prononcer après quelques instants de flottement durant lesquelles il lui a fallu ouvrir péniblement les yeux. « Jude est passé hier soir et disons ... qu’il n’a pas du sang russe pour rien. » Il précise, se sentant obligé. Rectification. Il ne précise pas, il ment. Jude – son collègue à l’hôpital – n’est jamais passé hier soir. Mais s’il est l’une des rares personnes qu’il considère comme un ami et s’il lui arrive de le mentionner parfois, il est surtout devenant un sérieux alibi depuis quelques semaines.

Bryn l’emprisonne dans ses bras et à ce geste d’affection, il se sent stupide. Stupide de l’avoir tant repoussée, alors qu’il a besoin d’elle plus que quiconque. Il l’étreint à son tour, réalisant à quel point elle lui a manqué. Et ses piques, aussi, par la même occasion. Il laisse échapper un rire sincère – de ceux réservés à Bryn – avant de tourner la tête en sa direction. « Merci Bryn, moi aussi je trouve que tu as bonne mine. » Ceci dit, elle pointe du doigt un détail important : une bonne douche ne lui ferait aucun mal. Le côté ermite jusqu’au bout, ça lui convient lorsqu’il est tout seul, mais ça s’avère plus problématique quand il a de la compagnie. « C’est ta punition pour débarquer sans prévenir. Ou ne pas avoir débarqué plus tôt, j’hésite. » Même si, dans le second cas, il est tout aussi – si ce n’est plus – fautif que sa petite sœur. « Bon, accorde-moi dix minutes. J’ai pas besoin de te dire de faire comme chez toi. » Puisque c’est encore un peu (beaucoup) chez elle. Il se libère de son emprise pour se diriger vers son armoire en désordre et attraper quelques vêtements propres à la va-vite. Il adresse un dernier sourire à Bryn avant de filer dans la salle de bains, d’où il ressort une dizaine de minutes plus tard, les cheveux mouillés, mais une odeur plus agréable collée à la peau et les yeux, eux, bien ouverts. Passant par la cuisine, il met chauffer de l’eau – le café étant proscrit dans son appartement, l’odeur lui suffisant pour avoir un haut le cœur. « Si tu veux autre chose, tu peux te servir dans le réfrigérateur. » Bien qu’à part un fond de jus d’orange et du soda, elle ne risque pas d’avoir beaucoup de choix. « Mais je te conseille de garder un verre d’eau à proximité, parce que je veux tout savoir. » Même s’ils communiquaient par skype durant l’absence de Bryn et qu’il a déjà été mis au courant d’un certain nombre d’événements s’étant déroulés durant son échange, l’entendre en parler de vive voix à une saveur particulière. Et Finn est curieux, peut-être trop, raison pour laquelle sa sœur ne va pas pouvoir se contenter d’un simple « c’était bien ».  



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MessageSujet: Re: Hey brother, there's an endless road to rediscover + Binn   Mar 8 Aoû - 18:15


La famille. Terme le plus obscure mais aussi le plus recherché depuis mon plus jeune âge. Je n’ai jamais connu de belle et grande famille comme il est possible de les voir dans les films, ou bien même chez certaines personnes de mon entourage. Pour moi, ma famille se résume aujourd’hui et depuis des années à mon frère. Elle peut également être composée de mes amis, ceux que j’ai choisi pour devenir mes frères et sœurs comme Simon, Lola, Violet ou bien Théo mais elle n’est pas bien plus grande. Je sais pourtant que les liens du sang me lient avec deux autres personnes mais ces deux personnes m’ont prouvé dès ma naissance que le sang, est loin de tout faire. Malgré tous mes efforts, mes espoirs, rien a fait que nous sommes devenus une famille unie, même pas la mort de notre père. Depuis, même en le souhaitant de tout mon cœur, j’ai abandonné l’espoir d’un jour recoller les morceaux avec tout le monde et peut-être encore plus avec Cora qui pour moi est la plus loin. Même si elle tente, elle n’y arrive pas, peut-être parce que ses tentatives sont mauvaises. Peut-être parce que ses tentatives sont tournées sur moi et que ce n’est pas à moi qu’elle doit demander pardon en premier. A mes yeux, la famille doit être unie contre l’adversité et peut alors devenir son propre adversaire. Seulement, cela fait bien longtemps qu’elle n’a pas été unie à lui, qu’elle n’a pas agi comme elle aurait dû le faire comme une sœur, comme une jumelle pour la seule famille que je possède réellement à mes yeux : Finnley. Lui et lui seul a le pouvoir de ne pas m’appeler pendant des mois et d’être tout de même le seul pour qui mes yeux brillent de mille feu, le seul que je peux sortir du lit alors que l’odeur qu’il dégage est digne d’un SDF du siècle dernier. J’ignore pourquoi il n’a pas fait en sorte de me voir un peu plus, plus tôt, mais je préfère l’ignorer et profiter de cet instant unique que je passe avec lui, comme chacun d’eux.

Son visage se découvre plus lentement que voulu mais une fois que je l’ai face à moi, mon sourire devint ineffaçable. Il n’a pas la plus belle mine que je lui connaisse et cela même pour un matin. Il paraît fatigué, tiré et je n’aime pas cela, mais encore une fois, je préfère jouer l’innocente. Il est possible que je revienne rapidement sur ce point avec lui mais pour l’instant, je veux simplement profiter de ce moment, cette joie de le retrouver. « Oui, j’avais plus de baril d’acide sous la main, j’ai donc fait avec les moyens du bord. » Je ris bêtement à sa remarque, au moins, il n’a pas perdu son humour noir. J’hoche la tête, presque convaincue que cela pourrait fonctionner et puis la crime aurait alors peut-être plus de mal à faire le lien. Qui gâcherait ainsi autant de vodka ? « Jude est passé hier soir et disons ... qu’il n’a pas du sang russe pour rien. » Je plisse les paupières. Je crois qu’ignorer cette partie, sera bien moins simple que tout le reste. Je sais quand mon frère me ment et à cet instant, il me cache une vérité que je préfère ne pas imaginer. Je vois qui est Jude. Le seul et unique collègue qui pourrait s’apparenté à un ami pour mon frère. A ce qu’il me dit, il est régulièrement à la maison en ce moment, souvent en soirée avec lui. Par téléphone, par message, cela parait tout de même bien plus vrai. Mais avec qui peut-il descendre tout cela d’alcool ? Même moi je suis incapable de tenir debout après une bouteille d’alcool fort à moi seule… Je déglutis mais sourit tout de même. « Ouais, bah la prochaine fois, allez pourrir son appart' à lui, ça va mettre des jours à partir ! » Je n’ai pas envie de me prendre la tête, pas avec lui, pas maintenant, juste d’être là, avec lui et arrêter le temps pour que jamais je ne le vois plus pendant si longtemps.

Mes bras l’entourent et quand les siens font de même, mes paupières se ferment. Je n’ai jamais rencontré de personne que j’aime d’amour, mais une amie m’a un jour dit que c’est un amour plus fort que n’importe lequel, plus fort même que celui pour la famille. Si un jour je dois aimer une personne plus intensément que ce que je ressens pour mon frère, je ne suis pas sûre que mon cœur puisse le supporter. C’est aussi pour cela que je peux me permettre de l’attaquer dès le matin, parce que je sais aussi qu’il ne réagira pas mal, pas avec moi, pas après tant de temps, pas pour si peu. Il m’a manqué et ce serait trop bête de lui dire réellement, je lui montre alors simplement par ma gentillesse habituelle qu’il ne manque pas de remarquer. « Merci Bryn, moi aussi je trouve que tu as bonne mine. » Mes dents se collent les unes aux autres et ma tête se relève, mes yeux s’implantant dans les siens avec un sourire grandiose contrant celui bien plus vrai, plus sincère fixé sur son visage. C’est cela que je voulais voir depuis mon arrivée et je crois que j’en suis plutôt satisfaite. « Je sais ! » Moi, j’ai toujours bonne mine, tu ne m’auras pas frangin ! « C’est ta punition pour débarquer sans prévenir. Ou ne pas avoir débarqué plus tôt, j’hésite. » Ma mâchoire se déboite, il rigole là ?! Les yeux aussi ronds qu’un ballon, je joue la choquée mais je le suis presque. « Tu sais que ma maison ne t’es pas fermé non plus, monsieur ‘je n’ai jamais le temps’. Je suis juste venue réclamer mon dû. » Un peu de temps avec toi, comme nous n’avons pas pu en avoir depuis des mois. « Bon, accorde-moi dix minutes. J’ai pas besoin de te dire de faire comme chez toi. » Je ne me fais pas prier et enjambe à nouveau son corps pour ne plus être dessus, le laissant s’échapper vers son armoire. « Je te les accorde, tu as même le droit à quinze, ça serait dommage de faire une collocation avec des rats venus pour te renifler. » Je suis vache je sais, mais pour me rattraper, je lui envoie un baiser imaginaire d’un geste de la main quand il se retourne vers moi, et alors qu’il se dirige vers la salle de bain, je me faufile à mon tour, vers la cuisine, tenter de faire un peu de ménage.

Il ne tarde pas à revenir et comme à son habitude se diriger immédiatement vers son bien le plus précieux : sa bouilloire. Je le regarde faire, perchée sur une chaise, sans réellement bouger. « Si tu veux autre chose, tu peux te servir dans le réfrigérateur. » Je fais mine de réfléchir. Pour moi, ce n’est pas le matin mister marmotte ! « Mais je te conseille de garder un verre d’eau à proximité, parce que je veux tout savoir. » Ah le voilà mon frangin ! Mes lèvres dessinent un large sourire et j’hausse les épaules. « Un thé, sera parfait et j’ai amené de quoi remplir ton estomac aussi. » Et probablement éponger tout ce que tu as bu ! J’amène à moi les sacs de nourriture encore fumante avant de m’installer pour être confortable et ainsi pouvoir compter des récits pendant des heures. Pourtant je me contente de faire une petite moue. « C’était bien. » Je sais que je vais devoir continuer, je sais également que je vais devoir lui fournir le plus de détails possible mais je veux d’abord voir ses yeux me fusiller pour que je creuse mon histoire. Se faire prier, ça ne fait pas de mal de temps en temps… Et puis, moi, ça me laisse le temps de trouver le moyen d’enlever tous les épisodes avec notre mère dans mon scénario. Comme si de rien était, je sors les boites de chinois et commence à en choisir une, munie de mes baguettes. Je lui tends pour qu’il se serve s’il en veut et s’il arrive à manger quoi que ce soit, puis arrête enfin de jouer la comédie. « Non, c’était génial ! La prochaine fois, tu DOIS venir avec moi ! On était six filles, une équipe du tonnerre, et franchement sans vouloir me la pêter, je crois que je suis celle qui a le plus progressé pendant le séjour. Bon, elles avaient peut-être un meilleur niveau de départ, mais j’ai eu pas mal de trophée là-bas ! ... » Je marque des pauses, mais lui raconte, ma plus grande victoire, certaines soirées, le fait que là-bas, tout le monde était génial, aucun préjugé. Notre voyage dans le Texas, le choc des cultures, les shooting photos, les garçons, les filles, je tente d’être le plus exacte possible, sans pour autant entrer dans les détails, il reste tout de même mon frère ! Pourtant, je bloque, je n’arrive même pas à lui avouer que j’ai signé un contrat d’enfer, car j’ai peur de gaffer, j’ai peur de lui faire croire que je prends le même chemin que Cora, peur qu’il découvre par je ne sais quel moyen que c’est notre mère qui a signé avec moi, elle qui a négocié… Et dès que j’approche de ce genre d’information, je me réfugie dans mon plat de pâtes. Une fois à bout de souffle et sans plus aucune histoire à raconter, et avoir fini une boite, j’hausse les épaules et le regarde fièrement. « Mais en vrai, ça aurait quand même été bien mieux si tu avais été là, tu m’as manqué tout ce temps. » J’ai presque du mal à l’avouer, mais c’est une réalité pure et dure, ce qui me faisait me recroqueviller dans ma chambre comme une petite fille de temps à autre. Ma famille, mon frère, l’homme qui m’a élevé, celui avec qui j’ai toujours vécu, il m’a affreusement manqué et me retrouver avec lui, là, comme au bon vieux temps, me fait un bien fou, plus qu’il ne peut l’imaginer. « Et toi alors ? Tu restais tout de même pas super bavard en Skype ! Ça se passe toujours bien au boulot ? Tu regardes pour autre chose ? Tu vois du monde – autre que le russe ? Tu vois quelqu’un ? » Non parce que ma vie, c’est sympa et tout, mais mon histoire, j’ai l’impression qu’il l’a entendu à chacun de nos appels et aussi, je monopolise la parole depuis bien trop de temps maintenant !



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RPs EN COURS : brynlou 02cora 02vittorio
RPs EN ATTENTE : heidi › jack › bryn 02
RPs TERMINÉS : cora 01lydialoucynthiaevent halloween
saul
PSEUDO : leave
AVATAR : caleb landry jones
CRÉDITS : yumi jolie ♡ (ava), hawkgirl (gifs), loonywaltz (userbar)
DC : nope
INSCRIT LE : 01/01/2017
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MessageSujet: Re: Hey brother, there's an endless road to rediscover + Binn   Mar 29 Aoû - 18:06


Le vacarme causé par sa sœur lorsque celle-ci déboule dans l’appartement ne permet pas à Finnley de quitter les bras de Morphée, c’est à peine s’il entend cette petite voix qui prononce son surnom, sans réellement y prêter attention. Ce n’est que lorsque la silhouette pourtant pas bien lourde de Bryn atterrit dans son lit et provoque un semblant de tremblement de terre qu’il est contraint d’ouvrir les yeux, surpris par ce réveil qu’il n’avait pas prévu si brutal. Le rouquin jette un coup d’œil au réveil qui trône sur sa table de chevet ; il s’aperçoit qu’il n’a dormi qu’une poignée d’heures. Si en temps normal cela lui suffirait amplement – Finn n’a jamais été une marmotte – il assume beaucoup moins cette courte nuit au lendemain d’une soirée qui, elle, a été particulièrement longue. Si dans d’autres circonstances Finnley aurait été ravi de compter sur la présence de sa sœur, dans l’immédiat il ne parvient pas à s’en réjouir autant qu’il le devrait ; elle n’a pas annoncé sa venue, sans quoi il n’aurait, la veille au soir, probablement pas enchaîné les verres de vodka et autres alcools forts comme s’il s’agissait d’eau plate. Si le rouquin estime toujours n’avoir rien à se reprocher – ou plutôt, il n’assume pas ce qu’il a à se reprocher – il met un point d’honneur à apparaître sous son meilleur jour devant sa cadette. Peut-être parce qu’à force de lui offrir des sourires de façade lorsqu’il est question de sa situation il s’est convaincu que le jour où il n’y parviendrait plus marquerait ce point de non-retour qu’il craint tant et qui l’obligerait à affronter certaines réalités en face. Des réalités que perçoit déjà son mince entourage, même s’il est bien trop naïf ou aveugle – bien que ce soit probablement une question de mauvaise foi – pour que Finn s’en rende compte. Car parmi tous les termes que Bryn aurait pu utiliser pour décrire l’odeur enveloppant l’appartement du trentenaire, son choix s’est porté sur cette comparaison avec l’alcool. Impossible de lui donner tort ceci dit, même Finnley a eu un certain haut-le-cœur en se réveillant, bien qu’il soit difficile de savoir si cette réaction est à mettre sur le compte de l’odeur qui règne dans cet appartement ou sur les excès de la veille. Finn se dérobe à la réflexion délicate de sa sœur, préférant user d’humour noir, quand bien même il n’a jamais réellement été porté sur la plaisanterie, ça lui semble être la meilleure attitude à adopter face à cette situation qui pourrait vite devenir désagréable. Finissant toutefois par se justifier – dans l’hypothèse où l’on considère justifier et mentir comme étant des synonymes – Finn évoque son alibi préféré depuis quelques semaines, à savoir une visite impromptue de la part de son collègue coursier, Jude. Ce n’est qu’un petit mensonge, il tente de se rassurer, Jude n’est peut-être pas passé hier soir, mais les deux compères ont déjà plus d’une sortie dans un bar à leur actif, ce n’est donc pas totalement éloigné de la réalité, c’est seulement sorti du contexte, ce n’est pas si grave … si ? Les prises avec sa conscience attendront qu’il soit pleinement réveillé, dans l’immédiat il se satisfait de la naïveté de la réponse de sa sœur. « Oui, chef, c’est promis. » Un salut militaire particulièrement exagéré et un sourire plus tard, Finn en oublierait presque la réflexion initiale de Bryn.

Les bras de Bryn se referment autour de lui et Finnley en oublierait presque les sentiments contradictoires qui l’ont privé durant quelques semaines d’un tel geste d’affection. Cet éloignement volontaire de sa part, même s’il ne l’admettra jamais, parce qu’il lui est difficile d’admettre que Bryn s’éloigne de la même façon que Cora avant elle. Avec sa jumelle aussi, ça a commencé ainsi. Elle a commencé à acquérir cette notoriété qui n’était plus compatible avec une vie normale, sa vie au sein de sa famille, ce qui n’a fait que l’éloigner, toujours un peu plus. Si Finn se réjouit évidemment des succès de sa sœur dans sa carrière de surfeuse et qu’il lui souhaite d’obtenir la reconnaissance qu’elle mérite, il ne peut s’empêcher de faire ce parallèle douloureux et désagréable, qui en vient à remettre – parfois – en question sa relation avec Bryn. Parce qu’il aimerait être entièrement sincère quand il se réjouit pour elle, Finn, mais quelques fois, il ne l’est pas totalement et il ne sait pas ce que ça fait de lui. Mais il oublie un détail, un détail qui a son importance. Les choses sont tellement plus naturelles avec Bryn, presque instinctives, c’est loin d’être comparable à sa relation avec Cora où tout est forcé, presque prémédité. Il n’y a que Bryn qui peut débarquer chez lui en hurlant, le réveiller brutalement et lui lancer de telles amabilités en plein visage sans que son sourire ne quitte ses lèvres. Et ça, ça ne changera pas, peu importe les chemins différents qu’ils finiront, inévitablement, par emprunter. « Ta maison de fous, tu veux dire, il débute avec un léger rire, où j’ai l’impression d’être mangé tout cru dès que je franchis le pas de ta maison, alors excuse-moi de restreindre mes visites. » Il affiche un sourire pour dédramatiser la teneur de ses propos, même s’il n’en est pas moins sincère. Aussi adorables que sont les colocataires de Bryn, dès qu’il franchit le seuil de cette maison, c’est un autre environnement qui s’offre à lui, bien différent de celui dans lequel il évolue. Loin d’être calme, toujours bruyante et parfois à la limite de l’explosion, la maison est aussi toujours squattée par de nouvelles têtes, de passage pour la semaine ou la nuit, et Finn ne se sent pas réellement à sa place dans cette univers. La différence d’âge y est pour beaucoup, l’ambiance de colocation entre étudiants, où le désordre et le mouvement sont mots d’ordre ne lui permettent pas de se retrouver comme il le souhaite avec sa sœur pour échanger sur les différents événements qui chamboulent leurs vies. Prenant enfin l’initiative de sortir de son lit dans l’optique de rejoindre la salle de bains et de ne plus avoir le droit aux commentaires cassants de Bryn quant à son hygiène, Finn affiche un sourire quand elle lui accorde quelques minutes supplémentaires, alors qu’au même moment Wernicke fait son apparition dans la chambre, en se traînant comme le vieillard qu’il est. « Dommage, c’est vite dit, j’en connais un qui serait pas contre un peu de compagnie, tu viens peut-être de proposer la solution idéale. » Il hausse les épaules alors qu’il caresse la tête du vieux chien avant de disparaître, légèrement titubant, dans le couloir.

Il se dirige automatiquement vers sa bouilloire pour y faire chauffer de l’eau, même si dans l’immédiat il devrait plutôt s’hydrater avec le litre d’eau plate qui traîne dans son frigo qu’avec du thé, mais Finn est irrécupérable, s’il ne boit pas une tasse de thé au réveil (peu importe que ce soit à sept heures du matin ou à quinze heure de l’après-midi), il est de mauvaise humeur pour le restant de la journée. Déposant sa boîte à thé sur la table pour laisser sa sœur choisir parmi les diverses variétés à sa disposition (et tant pis si ça fait de lui un fétichiste du thé), il amène encore deux tasses et la bouilloire avant de s’asseoir face à Bryn, alors que celle-ci dépose la nourriture face à eux, provoquant un nouveau léger haut-le-cœur à Finn lorsque l’odeur parvient jusqu’à ses narines. Il se sent incapable d’avaler quoi que ce soit, même s’il va probablement finir par se forcer pour faire bonne figure. Dans l’immédiat, il se concentre sur son thé vert pour réprimer sa nausée. Et finalement, il met toute son énergie à adresser un regard des plus noirs à Bryn lorsqu’elle se contente du « c’était bien » qu’il craignait. Il ne râle pas, son regard désapprobateur doit se suffire à lui-même, bien que celui réservé à Bryn ne soit pas des plus crédibles. Il reste silencieux alors qu’elle se choisit une boîte, fronçant simplement les sourcils à mesure que les secondes défilent et que la bouche de Bryn reste close, l’air de lui demander combien de temps elle compte faire durer son petit manège qui, heureusement, touche enfin à sa fin. Se munissant à son tour d’une boîte avec laquelle il se contente de s’amuser dans l’immédiat, il peut prétendre être trop obnubilé par le récit de Bryn pour avoir l’envie de manger – ce qui n’est pas totalement faux. Il l’écoute attentivement, tentant de suivre avec son esprit embrumé le fil du récit de Bryn, de retenir les événements les plus importants et d’accorder tout autant d’importance aux plus petits détails. Un sourire se dessine sur ses lèvres au fur et à mesure des paroles de Bryn, l’enthousiasme provoqué par ce voyage étant communicatif. Finn n’y était peut-être pas physiquement, mais sa sœur lui donne l’impression d’avoir fait partie du voyage. « Toi aussi tu m’as manqué, si c’est réellement nécessaire de le préciser, mais je suis pas certain qu’être de la partie aurait rendu ton voyage meilleur, bien au contraire. C’était pour ta carrière avant toute chose, et disons que m’avoir dans les pattes, parce que oui, tu sais comme je suis sociable, c’est pas le meilleur truc pour t’aider à te concentrer. » Il précise avec un léger sourire. Si Finn aime faire de nouvelles rencontres et qu’il a un intérêt sincère pour les gens qui l’entourent, il lui est quand même parfois difficile de faire le premier pas, surtout dans un environnement qu’il ne connaît absolument pas. Les rôles auraient été inversés et Bryn aurait fini par être la maman qui oblige son gosse à se faire des amis. « M’enfin, ceci dit si un jour tu as besoin d’avoir un supporter dans ta valise, tu peux compter sur moi. » Même s’il ne va pas la voir à ses compétitions comme il le voudrait, il reste son plus grand soutien et il fait de son mieux pour que Bryn sache qu’elle peut compter sur lui à tout moment. Il n’y connaît pas grand-chose en terme de sport ni même de gestion de carrière, mais il a de la bonne volonté, c’est suffisant, non ? « Bon, et du coup, c’est quoi la prochaine étape ? Ou plutôt, le prochain trophée ? » Car comme elle l’a souligné, elle a remporté plusieurs trophées et il est certain qu’elle ne va pas s’arrêter là. Elle est douée de nature, elle ne cesse de progresser, ça ne peut être que la suite logique des choses. Abandonnant finalement son thé quelques instants pour manger un morceau, Finnley constate bien vite que ce n’est pas une très bonne idée, mais il ne peut pas faire le difficile étant donné qu’avoir quelque chose dans l’estomac est plus que nécessaire dans sa situation. Heureusement, Bryn lui pose une foule de question qui lui permet d’abandonner son repas quelques instants. « Tu sais, j’ai pas grand-chose d’aussi intéressant que toi à raconter. Le boulot, eh bien … c’est le boulot, c’est pas ce qu’il y a de plus excitant, mais ça me plait toujours, et c’est important de le préciser, puisqu’avant d’être engagé à l’hôpital il était incapable de garder un travail plus de quelques mois, alors je compte pas en changer, et puis, je saurais pas quoi faire de toute façon. Sauf si tu as besoin d’un agent, je peux toujours envisager une reconversion tardive. » Il ne sait pas tellement comment cela se passe en « coulisses », ce n’est pas un sujet qu’ils ont souvent abordé, aux dernières nouvelles elle n’avait pas d’agent attitré. Est-ce qu’il voit du monde ? Un chien, ça compte ? Parce que pour l’instant, Wernicke est ce qui se rapproche le plus d’un meilleur ami. C’est assez désespérant comme constant, oui. « Oui, j’ai quelques amis, merci de sous-entendre le contraire, il lance, faussement vexé, je vois de temps à autre Lydia, j’ai sympathisé avec une étudiante sur le campus, aussi, une certaine Cynthia, et puis, il y a tous ceux du boulot, aussi, enfin, je suis pas un cas aussi désespéré que tu le penses. » Il affiche un sourire de façade, alors que citer des prénoms permet de rendre la solitude moins réelle. « Et non, je ne vois personne, espèce de fouine. » Nouveau mensonge, qui a bien moins de conséquences que le précédent. Il pourrait parler de Lou, il aimerait parler de Lou, mais il ne le fera pas. Pas parce qu’il a peur de ce que sa sœur pourrait penser d’elle – Bryn est la personne la plus tolérante qu’il connaisse, mais parce qu’il aime cette idée de petite bulle qu’il s’est façonné avec Lou, où personne à l’exception d’eux deux n’a sa place. C’est juste elle et lui, c’est leur petit jardin secret, et malgré toute l’affection qu’il porte à sa sœur, il n’est pas prêt à prendre le risque que sa curiosité s’immisce dans cette petite bulle. « Pas trop dur le retour à Brisbane ? La reprise des cours s’est bien passée ? » Il préfère changer de sujet et se recentrer sur elle, nul doute qu’elle a bien plus de choses intéressantes à raconter que son frère. Il sait que Bryn est plus passionnée par le surf que par ses études, et même s’il ne la forcera jamais à suivre une voie qui ne lui convient pas, il aime savoir où elle en est dans son cursus. Et c’est également une façon détournée de s’assurer que Cora tient toujours ses engagements vis-à-vis de Bryn, puisqu’il préfère s’abstenir de contacter directement la première pour en discuter de vive voix.



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MessageSujet: Re: Hey brother, there's an endless road to rediscover + Binn   Sam 25 Nov - 0:12


La lenteur de réaction de mon frère ne stop pas mon élan. Le revoir est une libération pour moi. Je savais qu’il me manquait, mais je ne pensais pas qu’il était à ce point nécessaire à mon bien-être. Une fois son corps entre mes bras, mon cœur s’allège et mon esprit flotte comme si je n’avais plus d’inquiétude à avoir. Mon frère est là, avec moi et je ne peux rien demander de plus pour être heureuse. Je ne sais pas s’il a conscience de cet attrait qu’il a pour moi, je ne sais pas s’il comprend que son absence dans ma vie y a laissé un vide béant, mais je ne lui en veux pas, après tout, moi-même je ne suis pas revenue avant, si ? Et puis, avec lui, j’oublie tout et profite simplement de cet instant, ce moment simple et léger que l’on peut partager, tentant de faire abstraction de tous les éléments noircissants mon esprit. Pourtant, j’aimerais être dans sa tête, savoir ce qu’il se passe et pourquoi il a l’air autant ailleurs, pourquoi j’ai l’impression qu’il n’est pas honnête et que mon frère se renferme petit à petit ? Difficilement je mets ça de côté pour célébrer ces retrouvailles avec l’homme qui m’a élevé. «  Ta maison de fous, tu veux dire, où j’ai l’impression d’être mangé tout cru dès que je franchis le pas de ta maison, alors excuse-moi de restreindre mes visites. » Mes lèvres forment un O alors que mes yeux s’écarquillent. Une maison de fou ?  Bon, il n’a pas entièrement tort, mais ça ne se dit pas comme ça ! J’aime mes colocataires et même s’ils ont tous leurs… particularités, notre diversité fait notre force. Je ne peux m’empêcher de rire à la remarque de mon frère, l’imaginant dans une cage aux fauves entourés de mes amis enragés. Non mais ça va pas dans sa petite tête ! Je vous l’accorde, entre mon frère et eux, il y a quelques écarts de style de vie, mais au final, ils m’aiment tous, ils devraient pouvoir faire un effort, non ? Puis ils n’ont encore mangé personne ! « Tu dis n’importe quoi ! Ils t’adorent ! Même s’ils te connaissent pas beaucoup, mais tu es un peu un mythe pour eux tu comprends, personne n’est très à l’aise en rencontrant son idole, tu vois ? Tu devrais leur laisser une chance ! » Je sais qu’il blague – un peu – mais moi aussi – un peu – donc au final, tout devrait aller ! Mais s’il le faut, je resterais l’unique personne à rendre visite, j’ai compris… Le laissant se lever pour qu’il aille prendre une douche au plus vite, je tente une petite blague avec laquelle, Wernicke – un jour il faudra m’expliquer pourquoi ce nom pour un chien – n’a pas l’air d’accord. « Dommage, c’est vite dit, j’en connais un qui serait pas contre un peu de compagnie, tu viens peut-être de proposer la solution idéale. » Je souris. Je crois que je viens définitivement de passer après le bonheur du chien. Je suis blessée, sincèrement. « A la douche ! Sinon tu vas devoir venir vivre chez moi le temps de la dératisation. » La torture vaudrait le bonheur du chien ? Les voyant tous les deux disparaitre, je me dirige vers la cuisine, prochaine destination de notre discussion.

Enfin propre, mon frère passe tel un coup de vent à mes côtés et je remercie les personnes qui ont inventé savon et parfum pour la sauvegarde de mon nez. Le laissant gérer les boissons, je m’occupe de déballer notre repas. Même si lui n’en ai qu’au petit déjeuner, je garde mon estomac affamé depuis tout à l’heure, s’il n’en veut pas, ça m’en fera plus, tant pis. Le remerciant pour le liquide bouillant face à moi, je lui tends à mon tour sa boite de nouille qu’il ne touche pourtant pas. Déblatérant sur mon voyage, je tente de lui faire comprendre tous les sentiments que j’ai pu y vivre sans omettre presque aucun détail. J’aurais réellement souhaité qu’il soit avec moi pour qu’il puisse également vivre réellement lui aussi, mais je crois que mon frère n’est pas encore prêt à se laisser aller au bonheur, alors je le laisse le vivre à travers mon récit, me délectant de son sourire grandissant. Presque à bout de souffle, je finis sur une note attendrissante mais surtout sur une envie d’en savoir plus sur sa vie à lui. Car si la mienne est un long refrain de soirée et de surf, la sienne est plus comme les couplets, importante, signifiante mais trop souvent délaissée, même à ses propres yeux… « Toi aussi tu m’as manqué » J’ai envie de le prendre dans mes bras mais me retient. Si je me laisse aller à ce sentiment, je vais finir pitoyable et je me l’interdis devant mon grand frère. « Mais je suis pas certain qu’être de la partie aurait rendu ton voyage meilleur, bien au contraire. C’était pour ta carrière avant toute chose, et disons que m’avoir dans les pattes, parce que oui, tu sais comme je suis sociable, c’est pas le meilleur truc pour t’aider à te concentrer. » C’est lui qui le dit. D’accord, je n’aurais pas pu signer avec notre mère car il aurait été bien plus proche pour ma culpabilité mais il m’aurait également retenu sur le nombre de sortie ce qui n’aurait fait de mal ni à mon foie, ni à mes quelques figures ratées à cause de gueule de bois. Je souffle en levant les yeux au ciel. « M’enfin, ceci dit si un jour tu as besoin d’avoir un supporter dans ta valise, tu peux compter sur moi.» « Je préfère cette mentalité-là. J’aurais toujours besoin de mon porteur de valise favori, tu le sais hein ? » Bien loin d’être anodine, cette question le vise directement. Je sais ce qu’il pense, et je ne le souhaite pas. Mon frère a déjà vécu l’abandon et je ne veux pas qu’il pense que je lui ferais revivre ça. Jamais. J’aurais à jamais besoin de lui et pour toujours je serais à ses côtés. J’ignore s’il en est conscient, mais j’aimerais réellement le lui faire comprendre. Son soutien est tout pour moi, je ne serais jamais allée aussi loin sans lui-même s’il n’a jamais pu venir me voir, je savais qu’il était là, quoi qu’il arrive… « Bon, et du coup, c’est quoi la prochaine étape ? Ou plutôt, le prochain trophée ? » Je souris. Qu’il me pousse ainsi est pour moi un des plus beaux cadeaux qu’il puisse me faire. Mon frère fait partie de ces personnes qui n’aime pas l’eau. Je n’ai jamais compris cette phobie, surtout connaissant ma passion, mais je le respecte et même si cela me brise le cœur qu’il ne puisse venir me voir, je lui explique tout pour qu’il vive avec moi mes concours et que jamais il ne se sente abandonné. « Prochaine étape ! Je vais m’entrainer à fond pendant l’hiver, j’aurais juste une semaine à faire en Europe pour un concours à Biarritz, c’est une ville en France, j’ai trop hâte ! Et après, de retour ici pour le début de la saison et surtout début des qualifications pour le Championship Tour dès janvier ! » Mes yeux brillent, je le sais. Le surf représente 70% de ma vie, mon frère 10 et mes études 10% et les soirées occupent le reste. Seulement sans cette passion, je n’arriverais pas à continuer et savoir que j’ai ce talent et pour moi le moteur qui me fait continuer. Le point qui me montre que je ne suis pas qu’une erreur pour mes parents et un boulet pour mon frère…

Tournant toute mon attention vers mon frère, je tente de lui faire sortir le maximum d’informations qu’il puisse me donner. Il n’est pas la personne la plus bavarde que je connaisse, loin de là. C’est pour cela qu’il faut le pousser de temps en temps afin qu’il comprenne que lui aussi a beaucoup de chose à raconter et encore plus à vivre. Même si de temps en temps, j’ai l’impression que tenter de le lui faire comprendre est une peine perdue… « Tu sais, j’ai pas grand-chose d’aussi intéressant que toi à raconter. Le boulot, eh bien … c’est le boulot, c’est pas ce qu’il y a de plus excitant, mais ça me plait toujours.» Je n’aime pas avoir raison… « alors je compte pas en changer, et puis, je saurais pas quoi faire de toute façon. Sauf si tu as besoin d’un agent, je peux toujours envisager une reconversion tardive. » Je ris, d’un rire sans beaucoup de joie. Mon frère a tout abandonné pour moi. Sa vie mais également sa carrière plus que prometteuse. Si Cora et moi devons nous appuyer sur des talents « populaires », lui a l’intelligence de la famille. Il est scientifique et avait un véritable avenir avant de devoir tout mettre de côté pour prendre mon éducation en charge. Je n’aime pas le fait qu’il se rabaisse, qu’il oublie tout ce qu’il est capable de faire. Alors qu’il a toujours sauté de travail en travail, je suis heureuse qu’il soit enfin stabilisé, surtout dans son domaine. Seulement, il est loin de son potentiel et cela me bouffe totalement. « Je te redirais ça pour l’agent, mais je pense que tu t’ennuierais, pas grand-chose à faire puis tu es au-dessus de tout ça tout de même, quitte à faire une reconversion… » On aurait déjà un énorme problème avec mon agent actuel qui est tout simplement notre mère… Et je préfère qu’il se reconvertisse dans ce qu’il a toujours voulu faire : la médecine. Préférant passer le sujet de l’agent et ne surtout pas avoir à parler de ce métier et devoir lui mentir, je tente vaguement de parler de sa vie sociale, tentant l’approche peut-être de manière assez maladroite… « Oui, j’ai quelques amis, merci de sous-entendre le contraire, je vois de temps à autre Lydia, j’ai sympathisé avec une étudiante sur le campus, aussi, une certaine Cynthia, et puis, il y a tous ceux du boulot, aussi, enfin, je suis pas un cas aussi désespéré que tu le penses. Et non, je ne vois personne, espèce de fouine. » Il ne faut pas se vexer comme ça… « Je n’ai jamais dit que tu étais un cas désespéré ! Juste que tu mets plus de temps que la moyenne à t’accoutumer aux personnes autour de toi. » Occultant entièrement sa dernière phrase, je lui adresse un magnifique sourire avant d’enfourner une nouvelle bouchée, fière de moi. « Mais je vois que tu as un faible pour les demoiselles en –ia, ou ce n’est qu’une coïncidence ? » Plissant les yeux, je tente de me donner un air de confidente. « Et donc, on préfère Lydia ou Cynthia ? » Grand sourire, toutes dents dehors, aucun problème à mettre les pieds dans le plat. « Pas trop dur le retour à Brisbane ? La reprise des cours s’est bien passée ? » Dur retour à la réalité. Surtout ne prends pas de gants pour changer de sujet frérot ! Je roule des yeux et souffle un peu. Je sais parfaitement où il veut en venir et même si je sais qu’il pense que ma vie tourne qu’autour du surf, j’aime réellement mes études et je tiens mon engagement, envers lui, envers Cora et envers l’université. Je ne lâcherais pas, même si je dois dormir peu pour tenir entre les partiels et les compétitions. « Pas trop dur, ça va. Mais j’ai l’impression que beaucoup de choses ont changé ici en six mois, même Simon avec sa copine étrange… » Elle je ne l’aime pas mais on ne rentrera pas dans le sujet… « Et pour les cours, ça se passe super bien ! Franchement j’adore ça, surtout les cours d’éloquence quand on doit parler face à toute notre classe en s’imaginant aux Nations Unies afin de défendre notre projet de défense pour les droits de la femme par exemple. » Je ne suis pas la personne la plus féministe au monde, mais pour n’importe quel sujet, même un que je déteste, je peux me mettre à le défendre bec et ongle si on me le demande. Lorsque j’y crois, je deviens presque inarrêtable et j’adore ça. Je souris, le laisse prendre l’information et fronce les sourcils. Je le vois bien tenter de me faire aller sur tous les sujets seulement, il y en a un qui me tracasse et que je ne peux laisser trop longtemps sous le tapis… « Finn… Vous faites régulièrement des soirées comme ça avec ton copain là ? » Je ne suis pas contre le fait que mon frère vive à fond, je suis la première à le faire, c’est seulement que… Pour moi quelque chose cloche, ce n’est pas lui et je n’aime pas ça. Je sais qu’il ne va pas aimer mais après tout, si je ne le fais pas, qui le fera pour lui ?


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