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 irene&jack ▲ when the night falls

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ÂGE : 42 ans (19/02)
SURNOM : Jack vient de Jackary, au cas où on demande.
STATUT : veuf depuis 3 ans, après avoir brisé le coeur de la seule femme qui y a cru, un peu trop fort.
MÉTIER : propriétaire de Bananas & Blow, un label de musique indépendant.
LOGEMENT : #250 bayside : avec Ellie, l'adolescente incomprise

POSTS : 200 POINTS : 510

ORIENTATION SEXUELLE : J'aime les jolies filles.
PETIT PLUS : Est un passionné de musique, de tous les styles. ▲ S’est marié avec son high school sweetheart. ▲ L’argent lui brûle les doigts, constamment criblé de dettes. ▲ A une gamine de 15 ans, Ellie. Une rebelle en ébullition, difficile à cerner. ▲ Canadien, emménagé à Brisbane depuis 3 ans. ▲ S'est récemment greffé aux Street Cats ; jouer de la musique lui manque. ▲ A l’oreille absolue. ▲ Très près de ses émotions, sensible, attentif. ▲ Fait confiance rapidement, prône la seconde chance. ▲ Ancien junkie, ancien taulard. ▲ Vieil hippie dans l’âme.
UN RP ? : Seulement si nous avons un lien.
RPs EN COURS : KaneIreneClara #2Street CatsEllieSam
RPs TERMINÉS : Clara
PSEUDO : hub
AVATAR : Joaquin Phoenix
CRÉDITS : lux aeterna
DC : les mcgrath, la parker
INSCRIT LE : 20/10/2017
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MessageSujet: irene&jack ▲ when the night falls   Jeu 2 Nov - 15:38


when the night falls
Irene & Jack


Le grand salon de l’hôtel, la lumière tamisée, les rythmiques qui résonnent, le bon vieux jazz comme on l’aime. C’était à la base pour dépanner Ted, bon pote attiré au piano du Stones, que j’avais accepté de passer la soirée ici, musicien d’ambiance, payé en scotch et en pourboire désuet à voir l’artillerie lourde qui ornait la nuque des dames, les poignets des messieurs. L'envie de glisser mes doigts dans leur sac à main, de subtiliser un portefeuille ou deux m’effleure l’esprit je ne vous le cache pas, mais c’est bien loin derrière ma vieille vie de malfrat rouillé que je garde l’index, le majeur, le pouce bien ancrés aux notes. J’ai autre chose à faire que de retomber dans mes habitudes de pick pocket, j’ai mieux à offrir à Ellie que la carcasse de son paternel qui moisit derrière les barreaux - again. Et une mélodie en crescendo qui clôt le dernier morceau, recevant à peine un clappement à gauche, un hochement à droite. Boulot ingrat que celui d’assurer l’ambiance d’un endroit où les péchés des uns deviennent les désirs des autres. Entourés de couples infidèles, d’hommes d’affaires, de demoiselles fardées, d’efforts d’apparences et autres dérivés, je ne pouvais pas mieux tomber. Ou pas. Mes doigts rythment le prochain morceau, l’esprit ailleurs, qui dérive entre le bar de chêne qui miroite. Les rideaux épais qui tombent le long des cadres de fenêtre laissent entrer les lueurs des buildings encore illuminés, rien de suffisamment fort pour chasser la pénombre de la pièce, de la nuit. C’est un automatisme, c’est une équation de gammes, c’est une habitude que je ne connais même plus, que je remarque à peine, pianotant, oubliant l’action qui est en train de se faire, oubliant où je suis pour laisser mes pensées prendre le relai. Le regard probablement bien vide, perdu à travers les visages que je ne reconnais pas, que je ne veux pas connaître, et les racines que je commence à prendre, lentement mais sûrement. 3 ans à Brisbane la semaine prochaine, 3 ans et des poussières à tenter de refaire notre vie, au mieux. Ça allait pas si mal, c’était pas encore ça, y’avait mieux à faire, à poser, à penser, mais l’essentiel était là et ça semblait suffisant pour Ellie, ça l’était largement pour moi. Le barman dépose un verre empli d’un liquide ambré sur la queue du piano à mon intention - ça avait ça de bien, de jouer pour des riches fils, pour leurs pères durs d’oreille, pour leurs maîtresses exubérantes. On m’écoutait d’une oreille absente, on m’envoyait une consommation à l’heure pour pallier, pour s’excuser. De grandes âmes.

La conversation continue de bourdonner en arrière-plan, leurs interlocuteurs m'ignorent à la perfection et je ne m’en porte pas plus mal, si ce n’est qu’une nouvelle mélodie attire bien vite mon attention. Rien de trop prenant, rien d'indicible, mais j’avais l’attention assez affûtée pour être toujours en mesure de relever la tête lorsqu’une voix, lorsqu’un instrument, lorsqu’une musique se démarquait des autres. Déformation professionnelle, intérêt personnel. Il ne me faudra qu’une poignée de secondes avant de réaliser qu’on chantonne, qu’on murmure, qu’on siffle, juste, sur le tempo. J'accélère la cadence pour m’assurer que l’inconnue suivra, celle que j’ai repérée là, à ma diagonale, la tête ailleurs, concentrée sur quelque chose que je n’arrive pas à voir d’où je me trouve, celle qui chante sans qu’on l’entende, sans qu’on la dévoile. Elle s’adapte et je souris, ralentissant maintenant, jaugeant qu’elle finira par remarquer que je la fixe, que je l’accompagne maintenant, qu’elle n’est plus seule. Ce qu’elle verra enfin quelques minutes plus tard, lorsque je presse la dernière note de la mélodie. Mes rétines accrochent les siennes, ma voix s’élève à son intention, les autres, ils sont déjà bien occupés ailleurs. « J’ai une place, là, ça vous tente? » je désigne le banc à mes côtés, l’oeil amusé, sans grand sous-entendu. Sauf celui de la sortir de sa solitude, d’adoucir de la mienne.  « J’offre le premier verre. »




I'm lying on the moon, my dear, I'll be there soon. It's a quiet and starry place, time's we're swallowed up. In space we're here a million miles away, there's things I wish I knew. There's no thing I'd keep from you.




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la lady passionnée
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ÂGE : 35 ans (13/09/1982)
SURNOM : Lady Irene, Iri
STATUT : Fiancée à Victor, malgré les tensions naissantes depuis que le mariage a été repoussé. Toujours indécise concernant ses sentiments pour Jon.
MÉTIER : Directrice commerciale de la maison de vins Delaney, et gestionnaire du domaine.
LOGEMENT : Une belle villa du côté de Bayside, n°50.

POSTS : 1066 POINTS : 265

ORIENTATION SEXUELLE : J'aime les beaux garçons.
PETIT PLUS : aristocrate anglaise, comtesse de Gresham ✢ diplômée de Cambridge en Histoire de l'Art et en Littérature Anglaise (2005) ✢ parle couramment français et italien ✢ musicienne et chanteuse de talent, bien qu'elle n'aime pas se produire en public ✢ marraine du petit Daniel Keynes ✢ investie dans des associations pour la culture, l'éducation, la santé et les actions humanitaires.
UN RP ? : Pas dispo pour le moment.
RPs EN COURS : [8/4] jameson (fb 2007)joanne (2)jamie (4)jackjoamirene (alt 2017)leenajon (4) ✢ robin ∆ clos.


JORENE ∆ i took the stars from my eyes, and then i made a map and knew that somehow i could find my way back. then i heard your heart beating, you were in the darkness too, so I stayed in the darkness with you


VIRENE ∆ we're not the only ones, i don't regret a thing. every word I've said you know I'll always mean. it is the world to me that you are in my life, but I want to live and not just survive.


JAMIRENE ∆ the only rule we need is never giving up the only faith we have is faith in us, we're the ones who start little fires yet they burn out, but when they're on the rise they can't help but shine


JOARENE ∆ everybody stares, as she goes by 'cause they can see the flame that's in her eyes nobody knows that she's a lonely girl and it's a lonely world but she gon' let it burn, baby...


IRESON ∆ shine bright like a diamond find light in the beautiful sea i choose to be happy, you and i, you and i, we’re like diamonds in the sky

RPs TERMINÉS : jamielisandrejonjon (2)jamie (2)joannejamie (3)victorjon (3)
PSEUDO : mou (manon)
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MessageSujet: Re: irene&jack ▲ when the night falls   Mar 28 Nov - 1:22


 
 When the Night falls

Accoudée à une table, les yeux mi-clos et distinguant à peine la foule aux visages indistincts devant elle, Irene Delaney laissait ses pensées défiler devant elle au rythme des notes du piano dont la mélodie jouait en arrière-plan. Elle se sentait épuisée, à vrai dire. Malgré son élégante tenue, ses ongles peints et son visage parfaitement impassible, elle aurait tout donné pour rentrer chez elle et se glisser dans son lit, sombrant dans un sommeil profond jusqu'au lendemain. Jamais, un an auparavant, elle n'aurait imaginé que l'affaire presque agonisante dont elle se voyait confier la charge serait si vite dépoussiérée et remise sur pieds, s'implantant très bien au coeur des réceptions de Brisbane, exportant un vin de qualité en Amérique et en Asie du Sud-Est. La Lady ne comptait pas vraiment ses heures - à vrai dire, ce n'était pas important. Elle ne posait pas les yeux sur l'horloge de son bureau ou sur le cadran de sa montre à moins d'avoir une autre obligation, ou à moins que son corps lui rappelle qu'elle devait manger, ou, en l'occurence, dormir. Bien sûr, elle pouvait tout à fait rentrer. Rien ne l'obligeait à rester là, fredonnant à voix basse pour accompagner le piano. Son rendez-vous professionnel s'était conclu plusieurs dizaines de minutes auparavant, par une poignée de main pleine de promesses pour l'entreprise familiale. Et puis au lieu de se laisser raccompagner pour se fondre complètement dans l'environnement, l'anglaise avait décliné la proposition pour rester seule, un instant. Un répit. Elle ne demandait pas grand chose, juste quelques précieuses minutes volées au Temps, pendant lesquelles elle n'avait à se soucier ni de ses responsabilités sociales ou professionnelles. L'arrivée de son fiancé à Brisbane était une bonne chose, et malgré sa résolution de se fier à sa bonne raison plutôt qu'aux tourments erratiques de son coeur, elle n'arrivait plus à dormir en paix - sauf quand sa conscience rendait les armes, vaincue elle aussi par l'épuisement. Tout cela lui donnait l'impression de vivre dans un état de culpabilité constante, et bien qu'elle sache pertinemment quoi faire pour s'en débarrasser, ses plus vieux démons l'en empêchaient avec force. Et donc, c'était dans ces refuges hors du temps qu'elle tentait de se reconstituer ; dans un hôtel où personne ne la connaissait, par exemple.

Irene fronça imperceptiblement les sourcils lorsque la musique s'envola. Pas beaucoup mais juste assez pour lever le voile de sa rêverie et la forcer à se concentrer sur le rythme changeant... dansant, encore, la mélodie instable, comme si soudain c'était pour elle qu'on jouait. Alors, d'un geste trahissant ses trente ans d'éducation chez les petites princesses anglaises, elle se retourna pour étudier le pianiste de ses yeux sombres, sans chercher à dissimuler cette indiscrète inspection. Funny thing, il n'a pas l'air surpris, au contraire : ses yeux déjà sur elle, il lui offre un sourire en retour.

Ils ne sont pas si loin, quelques mètres à peine, et malgré les échos de conversations, les éclats de rire qui se perdent, les bruissements des robes contre les jambes des dames et des tintement de verres, sa voix lui parvient très clairement. C'est donc bien à elle qu'il parle. Une place ? Irene arque un sourcil, jaugeant le banc que le musicien lui désigne. L'invitation est franchement tentante. Cela fait longtemps qu'elle n'a pas joué, malgré le coûteux piano qui trône au milieu de son salon, à Bayside. Elle ne s'en donne pas le temps, mais finalement, c'est un bon conseil que son inconnu mélomane lui souffle sans le vouloir. Peut-être devrait-elle se remettre à jouer, pour exercer ses doigts, libérer son esprit et donner une âme à son foyer qui est un peu vide, un peu partagé entre sa solitude et la présence épisodique de Victor. Mais il lui faut plus qu'une tentation. La Lady se retourne alors pleinement, et d'un sourire poli, décline. « Je ne me produis pas en public, répond-elle simplement. Mais merci pour l'invitation... J'accepte le verre, par contre. » Ce n'est pas son habitude d'accepter ce genre de marchés, surtout que pour elle ce ne sera pas son premier verre. Les gens comme lui jouent pour elle, d'habitude - et entre les invités et les employés existe un fossé millénaire que nul ne franchit jamais. Mais voilà, le contact est engagé et ici c'est l'Australie, et ce n'est pas non plus le Bal de la Reine. Irene l'a appris un peu à ses dépends, et ça secoue toujours son petit monde, mais ici, tout le monde se fout des classes sociales et des titres. Madame ou Lady Delaney, ça ne fait aucune différence. Alors, pourquoi pas ?

Elle se lève alors, franchit la distance qui les sépare sans toutefois oser pénétrer l'espace personnel du pianiste, se contentant d'observer l'instrument d'un oeil affûté malgré son attitude nonchalante. « Ce sera une coupe de champagne, mais si cela ne vous va pas, je prendrai ce qui vient. Que comptez-vous jouer, après ? »



On dit que le destin se moque bien de nous, qu'il ne nous donne rien et qu'il nous promet tout, paraît que le bonheur est à portée de main alors on tend la main et on se retrouve fou Pourtant quelqu'un m'a dit... ▲






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MessageSujet: Re: irene&jack ▲ when the night falls   Lun 18 Déc - 12:32


when the night falls
Irene & Jack


Ce n’est pas de la déception qui se lit sur mon visage alors qu’elle refuse, ni même un air las, rebuté. Elle a tous les droits, elle a toute la place, et je n’en fais pas un plat avant de souligner sa réponse d’un sourire supplémentaire. Douce énigme, et mon silence qui tressaille. « Une prochaine fois, alors. » comme si c’était habituel, comme si le rendez-vous était déjà pris. J’aime à croire aux opportunités, j’aime à croire au hasard, à la réciprocité. J’ignore si je la reverrai un jour - et c’est bien ce qui m’intrigue, m’allume. Un enchaînement de notes plus tard et mon index se pose sur la touche avec sérieux, conclusion. Quelques claquements par ci, un applaudissement ou deux par là. Je ne viens pas ici pour la fame et pour la reconnaissance, je passe comme une mélodie qui s’attarde pour mieux s’effacer, je remplace pour dépanner, pour un baume sur ce qui reste d’humanité. Et alors que la brune me semblait déjà volatilisée vers son univers, ce monde qui semblait être la raison de ce froncement de sourcils, là, trop pensif à mon goût, la voilà qui renchérit, qui se dresse, grande, belle, confiante, à ma vue. J’avais comme défaut d’aimer les femmes, trop. D’être ce gamin à la regarder, les admirer, en rêver, mal. Jude ne pourrait que le confirmer, leurs courbes, leur voix, leurs prunelles, leurs sens, affûtés, et j’en bavais depuis des années. Champagne donc, raffiné. J’étudie, je l'étudie, faisant signe au serveur de me ramener une rasade de whisky, et des bulles pour la brune. L’intérêt pour cette maigre information sur elle, petit détail qui se perd à travers le reste, est vite passé sachant pertinemment que ce genre d’endroit couvait en permanence goûts de luxe et exubérance. Et ces bijoux qu’elle arbore, ces tissus riches qui épousent si bien sa silhouette. Mon oeil avide les remarque, mais elle est loin la pulsion de les dérober, comme jadis. Présente, mais annihilée.  

« L’air du moment. »  ma voix souffle, réfléchit, propose. Elle me demande de penser à plus tard et j’ai déjà du mal avec maintenant. Elle vise le futur si naïvement et mon présent me donne amplement le tournis. Allons-y avec la facilité, avec l’endroit où mes doigts se posent naturellement, avec la rythmique qui prend du nerf, qui s’adapte à mes paroles, qui accompagne la conversation maintenant que je reprends un morceau classique, plus doux, moins robuste que le précédent. « Je dois dire que je me fiais à vos murmures pour enchaîner. Il va falloir que je sois plus créatif, maintenant. » et un sourire furtif qui passe sur mes lèvres, l’imaginant encore fredonner, la mémoire sonore qui fait des siennes, la voyant chanter du coin de sa table, seule, sans aucun agenda. Personne pour l’attendre, personne pour la presser, et j’aurais pu lui imaginer une vie toute entière si je l’avais voulu. Un passé, un quotidien, des habitudes. J’aurais pu en faire un tableau, un personnage, une chanson en soi, une histoire que je raconterais de toutes les gammes, de tous les arpèges. Je me contente de la détailler du regard, maintenant qu’elle porte la flûte de champagne à ses lèvres, que je l’imite d’une main baladeuse, le verre fraîchement déposé sous mes yeux. « Jack. » autant lui offrir mon nom, si je souhaite connaître le sien.




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MessageSujet: Re: irene&jack ▲ when the night falls   Ven 29 Déc - 11:21


 
 When the Night falls

Les rencontres au détour d'un hasard ne sont pas exactement dans les habitudes d'Irene, elle dont l'emploi du temps est soigneusement calculé, dont les rendez-vous sont méticuleusement préparés. C'est la manière dont elle gère sa vie, à des lieues de l'insouciance et des heureuses surprises de la vie. On imagine qu'elle se prend trop au sérieux, en vérité, c'est cet abîme inconnue qui existe juste au-delà de ce qui est planifié qui l'effraie. Elle n'a jamais été douée pour prendre des risques et elle préfère n'en prendre aucun plutôt que de se laisser tomber même dans les incertitudes du quotidien. Ou alors, c'est rare, et motivé par une raison qui en vaut bien la peine. Sinon, c'est un tour du destin, une main tendue pour la sortir des griffes de la mélancolie. Il lui donne rendez-vous une prochaine fois comme si c'était entendu, comme si le refus de son invitation en entraînait automatiquement une autre. Irene esquisse un sourire, peut-être une prochaine fois, oui. Cela fait des années qu'elle n'a pas chanté en public, qu'elle n'a pas honoré quelques inconnus de sa jolie voix. À vrai dire elle a cessé de chanté après être rentrée d'Australie, sa voix cassée et son inspiration, fanée. Sûrement, recommencer ne tient pas à grand chose, un peu de pratique et beaucoup de courage - mais c'est ce qui lui manque le plus. Du courage.

Le pianiste semble plus vieux qu'elle, quelque part perdu dans la quarantaine, mais il y a dans son regard une étincelle incroyablement jeune. Chaleureuse. Malgré cela les rides autour de ses yeux sont bien présentes, marquant le passage du temps et révélant aussi une fatigue. Irene parle rarement aux parfaits inconnus, elle sait peu lire les gens, mais l'énergie qui émane de lui laisse peu de place à l'interprétation. Elle imagine que ce n'est pas facile de jouer tous les soirs pour des gens qui ignorent la musique, ou qui ne savent pas l'apprécier à sa juste valeur. Mais ce n'est pas son problème, à elle. Ils ne font que se croiser, que passer dans la vie l'un de l'autre.

Elle hoche la tête, amusée par l'air du moment. La Lady ne sait pas improviser, c'est l'inverse : elle trouve toujours des gens pour anticiper ses besoins avant qu'elle ne les aie formulés. « Enchantée, Jack. » Jack le créateur, Jack qui se fie à ses murmures... Elle lève son verre à sa santé. La situation est surréaliste. Libératrice, aussi, un peu. Elle repense alors que c'est bien pour ça qu'elle est revenue sur cette île à l'autre bout du monde, finalement. Elle a toujours du mal à se dire qu'elle peut faire ce qu'elle veut et non plus uniquement ce qu'on attend d'elle ; c'est un progrès à pas de fourmis qu'elle fait, toujours timide, comme si elle craignait qu'en se laissant aller elle doive affronter un retour de feu. Elle sait être parfaite, mais sa perfection s'accommode mal d'une absence de carcans. « Voilà qui est flatteur, je ne savais pas que je pouvais être une muse, » répond-elle enfin sans se départir d'un air malicieux. C'est faux, en plus. Elle sait qu'au moins un autre créateur a modelé ses premières oeuvres à partir des longues formes de son corps.  

« Irene. » C'est si simple, pourtant, la vie, comme ça, dans un petit recoin d'un salon, alors qu'il fait déjà nuit dehors. « Alors, Jack, racontez-moi une histoire. Peut-être que si vous êtes assez bon je vous accompagnerai. Mais je vous préviens, je suis très exigeante. » Ce n'est pas une promesse, une boutade de rien du tout mais pourquoi pas ? S'il arrive à la convaincre, s'il arrive à l'émouvoir avec ses mélodies, à lui donner assez de courage pour oser, pour avancer dans le grand bain de l'imprévu, pour relever un défi...

Il ne faut pas être devin pour deviner que leurs existences gravitent à des années lumières. Tout dans la posture d'Irene laisse deviner qu'elle n'est pas à sa place ici, qu'elle ferait sûrement meilleure figure dans un film d'époque ou bien sur les photos royales à Buckingham Palace. Mais pour le moment elle est bien ici, elle fait déjà partie d'un autre décor.



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MessageSujet: Re: irene&jack ▲ when the night falls   Sam 20 Jan - 6:57


when the night falls
Irene & Jack


« Le dites pas trop fort, ça ferait des jalouses. » c’est un regard empli de complicité que je lui envoie, déjà, comme si l’humour s’était fait une place entre nous, comme si, évidemment, la légèreté de l’ambiance, des quelques notes que je gratte, de son sourire suffisait à alléger la conversation, à lui donner un air naturel. La lumière feutrée y fait pour beaucoup, sur les traits que je détaille chez la brune, son intimité que je creuse à peine. Elle est plus que simplement belle, elle va plus loin que ça. La vie qui transparaît lorsqu’un rideau s’agite, renvoie la lueur d’un réverbère caresser sa joue, épouser sa mâchoire. Elle a les traits durs, puissants, et les iris si doux, si voilés. Elle a la voix qui chante, et le ton qui ferme la marche. Elle a tout et je n’en connais rien, c’est bien ce qui rend la situation si belle, si bonne, si triste, désemparée. C’est une vocation que d’admirer les courbes, les silhouettes, la féminité se dessiner sur tout son corps, épouser ses vêtements, accompagner ses rires, ses chuchotements. Et je l’écoute, attentif, son prénom qu’elle souffle et que je retiens, sans aucune attache, sans la moindre hiérarchie, strictement ces quelques lettres que je rattache, que je note mentalement. « Une histoire, une histoire pour Irene. » j’acquiesce doucement, les doigts distraits qui pianotent alors que je laisse le flot de pensées remonter à la surface, entre la fiction et la réalité. J’aurais pu lui parler de Jude, d’à quel point son rire était une mélodie, ses soupirs une torture. J’aurais pu lui raconter les dizaines de milliers de kilomètres que nous avions tous parcourus, musiciens fous de jadis, sillonnant le Canada d’un bout à l’autre, vivant de ce que nos guitares nous permettaient de jouer. J’aurais pu lui raconter son quotidien, chercher à mettre des mots sur ces impressions que j’aie en la regardant du coin de l’oeil, en savourant chaque parcelle de son visage, de ses confessions, récit qui la mettrait en vedette.

« J’ai écrit ma première chanson à 13 ans. » c’est la nostalgie qui l’emporte, sur tout le reste. La sortie de zone, le confort que je balance d’un soupir, un sourire, maintenant que mon index et mon pouce relancent le clavier, flirtent avec les graves. « C’était un truc ridicule, gênant au possible. Des accords qui jurent, qui vont trop vite, trop lentement. Et des paroles dignes du pire soap opera pour la peine. » l’humour qui m’arrache un éclat, souvenir de feuilles gribouillées entre un cours de mathématiques et de langues, et des notes qui accompagneraient la cadence. C’était d’un pathétique, d’un stupide raisonnement, et pourtant le sentimentaliste que j’avais pu être à l’époque, avant même d’avoir vécu quoi que ce soit, y croyait dur comme fer. « J’avais en tête de devenir un crooner digne du Rat Pack, des émotions même jamais vraiment vécues tatouées à tous les vers. » sur mes lèvres se dessinent l’esquisse d’un sourire moqueur, gage d’humilité après le ridicule, après ce qui aura suffit à me donner la piqûre oui, mais pas la gloire absolue. D’ailleurs. « Depuis, je me contente de jouer Nocturnes de Chopin quand j’ai envie de faire honneur au gamin qui croyait qu’un coeur brisé lui donnerait le top des palmarès. » et c’est sur ces vils derniers mots que je pianote la dite balade, plongeant le hall de l’hôtel dans un douce mélancolie, tristesse partagée que je dirige du bout des doigts, l’esprit vacant encore entre ici, et avant.




I'm lying on the moon, my dear, I'll be there soon. It's a quiet and starry place, time's we're swallowed up. In space we're here a million miles away, there's things I wish I knew. There's no thing I'd keep from you.




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irene&jack ▲ when the night falls

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