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 Yesterday is history, tomorrow is a mystery / Sophia

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les doigts de fée
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MessageSujet: Yesterday is history, tomorrow is a mystery / Sophia   Mar 12 Déc - 17:25


Leena reposa la robe en vrac sur le dossier d'une chaise, abandonnant l'idée de la porter. Elle était longue, fluide et d'un grenat soutenu ; simple et jolie sur le papier, mais Leena n'assumait qu'une fois sur deux ce genre de tenue, parce qu'elle était petite et qu'elle avait l'impression que les robes longues la rapetissaient encore plus. Il y avait des jours avec et des jours sans, et elle se connaissait suffisamment pour savoir que lorsqu'elle n'était pas spécialement dans de bonnes dispositions, il lui fallait éviter ce genre de problématiques. Sans se regarder dans la glace, elle enfila une de ses robes préférées, plus courtes et cintrée à la taille, couleur vert d’eau, et acheva de se préparer. Son après-midi était plutôt chargée et elle craignait un peu que la chaleur soit trop forte, mais lorsqu’elle mit un pied dehors elle se rendit compte que le temps était certes chaud, mais le ciel légèrement voilé et la brise légère garantissait une atmosphère parfaitement supportable. Elle décida d’aller à la boutique à pieds — depuis toujours, c’était l’une des choses qu’elle préférait, circuler à pieds dans Brisbane ; goûter les ambiances différentes des quartiers, longer les grosses maisons ou la plage, les immeubles ou les magasins. Chose qu’elle avait continué à faire à Londres, s’imprégnant de chaque quartier à chaque fois — mais Brisbane restait tout de même un souvenir particulier dans sa mémoire, sans doute était-ce l’odeur un peu salée de l’air ou des murs chauffés par le soleil, comme si toute la douceur et les meilleurs souvenirs de son enfance s’y étaient incrustés. En tout cas, renouer avec cette tradition lui faisait plaisir, et elle laisse son vélo de côté pour aujourd’hui. Arrivée à la boutique, elle s’empara des objets pour lesquels elle devait œuvrer aujourd’hui : un encrier, quelques fioles, des plumes anciennes et une boîte en bois ciselée, finement ouvragée. Elle les glissa bien emballés dans son sac, et prit le chemin du musée.

Célia Scott, qui avait récemment accouché, lui avait laissé quelques missions de ce genre à accomplir et Leena prenait cela comme une marque de confiance ; aller au musée pour authentifier des objets en revenait toujours au responsable et jusque-là, parmi tous ses métiers dans l’art, elle n’avait jamais eu cette responsabilité. C’est donc avec un intérêt tout particulier qu’elle arriva au musée ; cela lui faisait du bien qui plus est de se changer les idées, en laissant de côté son humeur plutôt maussade de ce matin. En chemin elle avait appelé Rhett pour discuter avec lui (son équipe jouait ce week-end un match plutôt important) et ils avaient parlé de tout et de rien avant de convenir de se voir le lendemain soir. Leena raccrocha le cœur léger, tout sourire ; la perspective de passer du temps avec Rhett la rendait à tout moment particulièrement enjouée.

Après avoir demandé des renseignements à l’accueil du musée, elle se dirigea vers les bureaux des conservateurs. En s’en approchant, la silhouette d’une jeune femme attira son regard et sembla activer dans sa mémoire des bribes de souvenirs, depuis longtemps enfouis ; plus elle s’approchait de la personne plus le souvenir se faisait réel, et elle sentit quelque chose se contracter dans son estomac. Cette jeune femme, c’était Sophia Caldwell, dont les cheveux avaient une couleur d’un roux doré, particulièrement reconnaissable. Elles avaient été dans le même lycée, mais pas dans les mêmes groupes d’amis, loin de là ; quand Leena était arrivée au lycée de Brisbane après avoir quitté le sien et après avoir subi, surtout, deux années douloureuses et difficiles de harcèlement, elle avait débarqué dans un environnement neuf, mais pas forcément moins hostile. Elle se souvenait tout particulièrement de la bande de filles à laquelle appartenait Sophia, des pestes populaires comme on les fabrique si bien, les reines de leur petit monde auxquelles il valait mieux éviter de se frotter. Être la cible de harcèlement avait été une leçon suffisante pour Leena, qui savait quel profil adopter : la discrétion. Elle s’était alliée avec des gens plus discrets et plus doux, Lonnie par exemple, et heureusement toujours aux côtés de sa meilleure amie Tessa. Mais le souvenir de ses filles qui endossaient sans problème le rôle de tyrans uniquement parce qu’elles le décidaient lui laissait toujours un goût désagréable dans la bouche, et la ramenait à des sensations qui la mettaient mal à l’aise. Elle fit un effort pour ne pas ralentir le pas et montrer un quelconque signe de ce qu’elle ressentait et s’approcha de Sophia en souriant poliment. Elle se décida en une fraction de seconde — jouer les inconnues ? Assumer ? — et opta pour la deuxième option, celle qui montrait qu’elle était passée à autre chose. « Bonjour ! Sophia, c’est ça ? Il me semble qu’on était au lycée ensemble, c’est drôle ! Brisbane est un petit monde après tout ! » Elle marqua une pause et, malgré les battements accélérés de son cœur et le stress qui l’avait gagnée, elle continua aimablement : « Je viens de la part de Célia Scott, j’ai apporté quelques objets à faire authentifier… C’est avec toi que je dois voir cela ? » Elle porta la main sur le sac en toile épaisse qu’elle portait et qui contenait les petits objets en question.




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MessageSujet: Re: Yesterday is history, tomorrow is a mystery / Sophia   Ven 15 Déc - 4:14


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Leena & Sophia
Yesterday is history, tomorrow is a mystery.
La journée avait commencé sur les chapeaux de roues. Tous les employés du Queensland Museum virevoltaient de droite à gauche, essayant d’éviter les collisions qui auraient fait valser des tonnes de documents dans les airs. Plusieurs nouvelles expositions commençaient à voir le jour, l’organisation demandait bien du temps, de la patience. Les téléphones sonnaient, les ordinateurs surchauffaient, les crayons griffonnaient et au milieu de toute cette cacophonie, il y avait Sophia. Trop ressente à son poste, l’on s’occupait de son orientation au sein du musée, expliquant à la va-vite les procédures et protocoles à suivre lors de telles ou telles  circonstances. Malgré son bagage, son expérience, elle sentait qu’elle devait faire ses preuves le plus tôt possible. C’est ce qu’elle tenta de faire. Déjà, elle filait d’équipes en équipes, proposant son aide à qui le voulait bien. Elle répondait à de nombreux appels, prenait les messages lorsqu’elle était incapable de répondre aux questionnements de certains donataires. Elle s’appliquait à trouver des numéros, envoyer des courriels, de nombreux fax. Classait, ordonnait, étiquetait et photocopiait tout ce qu’on lui demandait. La rousse n’avait aucune envie d’être un poids mort aux yeux de ses collègues, alors elle redoublait d’ardeur.

Le temps fila à toute allure, les tâches s’empilaient sans qu’elle ne soit trop ou pas assez déborder. « Sophia, je peux te demander un service ? » Elle releva la tête, ses yeux bleus se posant sur son collègue. Sous ses fins doigts reposaient plusieurs paperasses administratives concernant un transport de reliques anciennes datant d’une époque résolue depuis bien longtemps. Après une vérification rigoureuse, la rousse s’était rendu compte que certains documents manquaient à l’appel, une situation qui devait être rapporté au plus vite.  « Bien certainement. Que puis-je faire pour toi Mark? » Il lui montra une filière qu’il secoua vivement dans ses mains. « Écoute, j’ai une réunion dans moins d’une heure avec l’équipe de marketings, sauf que j’ai complètement oublié que je devais rencontrer une certaine, hum… » Il ouvrit le dossier à la recherche d’un nom. « Célia Scott. C’est ça. Elle doit faire venir authentifier certains objets aujourd’hui. » Elle s’approcha du grand brun quelque peu chétif pour sa taille, observant les images de plusieurs objets. « Tu ne peux pas reporter ? » Il lui tendit la filière qu’elle prit entre ses doigts, feuilletant pages par pages. « Je l’ai déjà fait deux fois en fait. » Elle tourna la tête dans sa direction. C’était réellement la folie en ce moment. « Tu veux que je les authentifies ? Le XVIème siècle n’est pas réellement mon champ d’expertise. » Il lui sourit. « Je le sais. En fait, juste faire une première évaluation le temps de ma réunion m’aiderait. J’ai beaucoup parlé avec Mme. Scott par courriel. Les images que tu vois ici. » Il pointait au fur et à mesure. « Ce sont celles qu’elle m’a envoyée, là à en dessous, ce sont des originaux, à des fins de comparaison. Tu as toutes les informations au verso. Je finaliserais le tout à la suite, on a l’intention d’investir. » Elle parcouru les feuilles en diagonale et ajouta calmement. « Elle doit passer dans combien de temps ? » Il regarda sa montre. « Une vingtaine de minutes. »

Elle accepta, après tout le plus gros du travail avait déjà été fait. Il la remercia amplement, lui promettant de lui rendre au centuple. Elle le prit en note dans un coin de sa tête. Plaçant sa nouvelle tâche sous son bras, elle s’empara des autres documents qu’elle retourna au chef responsable du transport. Une fois la situation expliquer, la rousse se proposa pour appeler le musé partenaire pour finalisé la demande en bon et due forme après son entretien. On la remercia grandement. Bien que son poste fût temporaire, peut-être qu’avec un peu d’effort et de volonté, on lui offrirait un poste permanent. L’espoir fait vivre disait-on. Elle prit connaissance du travail de Mark, étape qui lui était indispensable vu ses connaissances basiques de l’époque ciblée. Plus passionnée par les périodes antiques et lointaines, elle se débrouillait néanmoins. Le temps défila à une vitesse folle, car alors qu’elle effectuait des recherches dans l’un des ordinateurs du bureau, une voix qui lui était inconnu l’interpella. Elle releva la tête, son regard tombant sur une brunette qui semblait la connaitre du lycée, dans ses mains un sac qui contenait d’après ses dires les objets qu’elle devait authentifiés. Elle se leva doucement, plissant les yeux, sa bouche s’entrouvrant légèrement. Elle ne la reconnaissait pas, le lycée était après tout une époque bien lointaine. Elle chercha pourtant dans un coin reculé de sa mémoire, repassant l’album des finissants au peigne fin de façon méthodique. Brune, petite taille, de petits yeux verts, ce sourire. L’illumination. « Leena ? Leena Scofield ? »

Cette fille, elle ne l’avait jamais réellement appréciée, pour des raisons qu’elle-même ignorait encore. En fait, des raisons, il n’y en avait pas vraiment. Le lycée était bien souvent impitoyable, sauvage et primitif. Les jeunes apprenaient à trouver leur place dans le monde, cherchait bien souvent à se remonté au détriment des autres. La rousse avait toujours été populaire. Elle plaisait au garçon, était extraverti à l’extrême et étrangement, ne jugeait personne à sa couverture. À savoir pourquoi - peut-être à cause des films qui s’amusaient des stéréotypes - elle avait été étiquetée dans une catégorie qui ne lui convenait pas, qui ne la représentait pas. Nouvelle, Leena était restée dans son coin, s’assurant de l’évité, elle et ses amies, autant que possible. C’était cette attitude, ce préjuger qui avait érigé une muraille entre les deux jeunes adolescentes de l’époque, une muraille qu’aucune des deux n’avaient désiré franchir. Puis était venu l’université, elle ne l’avait pas revue avant aujourd’hui. « Oui, très petit. Je ne m’attendais pas du tout à te voir aujourd’hui. » En fait la revoir tout cours aurait été plus exacte. Elle gardait tout de même un ton chaleureux. « Je pensais rencontrer Mme Scott en réalité, mais je suis contente de te revoir. » Ce n’était pas totalement faux, après tout cette époque était bien loin derrière elle, elle avait tournée la page depuis bien longtemps déjà. « Suis-moi, on va aller regarder tout ça dans mon bureau le temps que Mark Harvey termine sa réunion. C’est lui le spécialiste. »

Elle se dirigea d’un pas sur dans le bureau où l’on venait tout juste d’inscrire son nom à l’entrée. Il n’y avait pas grand-chose, aucune décoration, rien de personnel, que des fournitures de bureau qu’on lui avait fourni à la va-vite. Elle comptait y remédié au courant de la semaine prochaine. Elle invita la brunette à prendre place sur un siège devant elle. La conservatrice s’installa à son tour, ajusta sa robe bustier – elle était carottée noire et blanche avec un par-dessus noir ornée d’une ceinture cuirette au niveau de sa taille -  prenant feuille et crayon pour prendre des notes qu’elle remettrait par la suite à son collègue. « Puis-je ? » Elle s’empara du sac, en sorti le coffret, les plumes magnifiquement conservées, quelques fioles et un encrier. Des pièces de collection unique de toute évidence. Elle observa avec attention, manipulant chacune des pièces avec précision. « Et puis. Qu’est-ce que tu deviens après toutes ces années ? » Dit-elle en levant légèrement les yeux vers elle.  
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MessageSujet: Re: Yesterday is history, tomorrow is a mystery / Sophia   Dim 17 Déc - 18:14


Sophia l'avait reconnue — tant mieux, car Leena n'imaginait tellement pas la honte ressentie si la jeune femme n'avait pas retrouvé son souvenir. Elle se souvenait même son nom de famille, ce qui activa les rouages de l'esprit de Leena : quelque chose en Well ? Tadwell ? Caldwell ? Oui, Sophia Caldwell. Et toutes ses amies tant connues de l'univers scolaire à ce moment-là, celles qui faisaient tourner les têtes pour toutes sortes de raisons (admiration, crainte, envie), et dont le simple souvenir laissait un goût amer dans la bouche de la petite brune. Toujours, ces pensées la révoltaient : elle avait trop souffert, et trop d'enfants et d'adolescents souffraient encore aujourd'hui, pour les mêmes raisons. C'était injuste. Ce n'était parce qu'à cet âge-là les gens étaient cruels et plus facilement manipulables, surtout en groupe, qu'il fallait accepter ce genre de comportement et cautionner en même temps les dégâts causés par le harcèlement. Sans doute que si Leena avait été plus forte à cette époque, elle l'aurait mieux supporté ; malheureusement sa mère s'étant mis dans l'idée que sa fille n'était pas parfaite et lui rappelant à longueur de journée qu'elle était un peu trop grosse et qu'elle devait faire attention, dans l'esprit de Leena s'était installé un cercle vicieux qui prenait toutes les remarques de ce genre pour une pierre de plus à l'édifice. C'était si simple, dès lors, d'être un peu plus blessée à chaque fois que les mots petite grosse ou sale moche ou gros boulet était écrit sur sa table, ses cahiers, son casier. Le pire : les lettres anonymes chez elle, et les coups de téléphone, quand elle décrochait parfois elle entendait juste une respiration, parfois des insultes et des rires. Ce n'était rien mais mis bout à bout c'était beaucoup trop. Elle avait tenu presque deux ans avant de craquer, n'ayant que sa meilleure amie en soutien, et puis elle avait compris que ce n'était pas vivre que de craindre chaque journée à l'école, alors elle avait parlé. C'était sans doute la meilleure chose qu'elle ait pu faire, même si encore aujourd'hui elle pouvait encore ressentir la terreur qui l'avait honte intense qui l'avait envahie quand elle avait tout dit. C'était cela que Sophia ne pouvait pas comprendre, à l'époque, et que toutes ses amies ne devaient pas savoir : ce que cela faisait d'arriver dans un nouveau lycée après deux années de harcèlement, et combien on avait envie de fuir quand on retombait sur les mêmes schémas, les mêmes groupes, les mêmes pestes. C'était la survie qui rentrait en jeu : tout mais pas encore une fois ça.

« Madame Scott a eu son bébé, voilà pourquoi elle ne peut pas être là. Mais je travaille pour elle, au magasin, du coup elle m'a chargée de la mission. » Elle parla d'une voix douce, posée, légèrement voilée. Au fond d'elle son coeur tambourinait trop fort et tous ses sens étaient en alerte — comme si son corps gardait la mémoire du traumatisme et mesurait un danger potentiel en la présence de Sophia — mais elle ne voulait surtout pas le laisser paraître, malgré les efforts que cela lui coûtait. D'abord elle voulait être pro — Célia lui confiait de plus en plus de choses et elle voulait honorer sa confiance — mais en plus cette période était révolue, elle se savait plus forte, bien plus forte qu'à l'époque de l'adolescence, elle voulait se prouver à elle-même que ça n'avait plus d'impact, elle voulait le faire pour la Leena du passé et pour toutes les personnes qui subissaient ou avaient subi cela : ça ne devait pas les définir. « D'accord, je te suis. »

Elle emboîta le pas de Sophia, sa main toujours serrée contre son sac — comme s'il était d'un quelconque secours. Si elle connaissait bien le musée, elle n'avait jamais eu l'occasion d'en voir les dessous ainsi. Son regard se promena un peu partout. Elle pensait au British ou au Tate, qui lui manquaient — la vie culturelle de Londres était tout de même bien plus foisonnante qu'ici, malheureusement. Dans le bureau de Sophia (sobre, presque vierge — venait-elle de s'y installer ?) elle s'assit, un peu mal à l'aise d'être uniquement en tête à tête avec elle. Sans mot dire elle lui tendit le sac, dont Sophia sortit délicatement les objets, qu'elle commença à étudier de près. Comme elle était concentrée, Leena pouvait la regarder : elle était jolie, et bien habillée, toute apprêtée. Elle était typiquement de ce genre de filles à qui on n'imagine peu de problèmes dans la vie — mais Leena s'en voulut de penser ces mots, ce n'était pas parce qu'elle avait une certaine rancoeur contre Sophia qu'elle pouvait se permettre de la juger aujourd'hui, encore moins de la sorte, avec des généralités complètement stupides, et un poil sexiste. Elle s'installa mieux dans sa chaise, croisa les jambes. Elle était contente de ne pas avoir mis la robe longue : elle se serait sentit complètement idiote et moche dedans.

Après toutes ces années. La question la surprit un peu. Sophia avait relevé le visage vers elle et son regard était empreint de bienveillance. Leena hésita un instant — ce n'était pas vraiment logique pour elle de se confier à quelqu'un de son passé comme Sophia, mais elle avait l'impression que son interlocutrice était sincère, et Leena n'était pas du genre à ne pas être touchée par la sympathie des gens. Il fallait viser quelque part au milieu, alors, pour défendre tout de même ses arrières. « Eh bien, je reviens tout juste à Brisbane, j'ai habité dix ans à l'étranger, dont les huit dernières années à Londres. Je travaille dans le milieu de l'art et je fabrique des bijoux. » Pour quiconque connaissait Leena, c'était bien peu de mots de sa part, elle qui était si bavarde. Elle marqua une pause et offrit un sourire timide à Sophia. « Et toi, tu as fait tes études ici ? Tu travailles au musées depuis longtemps ? » Son regard s'arrêta sur les feuilles posées sur le bureau, ainsi que sur les objets, que Sophia maniait avec une extrême attention. « Tu en penses quoi, alors ? J'avoue que je n'y connais rien en authentification, c'est toujours fascinant à observer, on apprend toujours des choses. » Elle se rendait compte de la distance qu'elle maintenait et qui la tendait (ce n'était pas naturel pour elle) mais pour l'instant ne pouvait pas faire autrement ; il y avait quelque chose d'instinctif qui s'était réveillé en elle et la maintenait sur le qui-vive.




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MessageSujet: Re: Yesterday is history, tomorrow is a mystery / Sophia   Ven 5 Jan - 22:23


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Leena & Sophia
Yesterday is history, tomorrow is a mystery.
Elle avait beau se creuser le crâne, elle n’avait aucun souvenir qu’une quelconque discussion ait déjà eu lieu entre elles. Était-ce donc réellement la première fois qu’elles s’adressaient la parole ? Probablement. Au moins, elle l’avait reconnu, c’était déjà ça de gagné, car malgré tout, elle avait bien changée. Plus ronde à l’époque, si sa mémoire ne lui faisait pas défaut – elle n’en avait pas l’impression – Leena semblait s’être métamorphosée. Quelques tailles en moins, un visage rayonnant malgré une certaine réserve, un teint éclatant avec cette jolie robe qu’elle arborait. Elle ne semblait plus rien avoir en commun avec cette nouvelle élève coincée qu’elle avait aperçu autre fois. Elle était cette fille qui n’était rien et qui revenait en force aux retrouvailles du lycée. Celle qui possédait un mari riche, de la haute, un ou deux enfants, un travail enrichissant, parfait qu’elle adorait plus que tout. Enfin, c’est ce que la rousse s’imaginait, lui souhaitait, mais la vie était bien différente des séries télévisées à l’eau de rose. Elle en avait très bien conscience.

Elle secoua la tête légèrement lorsque la brunette lui appris la naissance de l’enfant de Célia. « Ah, je comprends mieux. Tu l’as féliciteras de la part de tous les employés du musé. » La féliciter seule lui semblait étrange, voir déplacé. Après tout, elle entendait ce nom pour la première fois, n’avait jamais rencontré la femme en question. Aussi bien se contenter des banalités de bases, cela s’avérait toujours efficace. La conservatrice ne se fit pas prier et entama sa marche en direction du local qu’on lui avait attribué une semaine plus tôt, lorsque l’autre lui affirma qu’elle la suivrait. Elle se retourna de temps à autre, s’assurant qu’elle suivait son pas assuré. Malgré qu’elle furetait légèrement – acte qui eut pour effet de lui arracher un sourire – elle continua son chemin, diminuant simplement le pas. Elle avait le droit de regarder. Les portes franchis, elle s’installa sur sa chaise, posant le dossier qu’elle tenait encore entre ses doigts, sur la surface en contreplaqué, invitant la brune à prendre place dans l’un des sièges en face d’elle. « Merci. » Se contenta-t-elle d’ajouter lorsque la jeune lui tendit le sac.

L’inspection préliminaire commença. Les objets anciens devant elle, le coffre fut le premier à acquérir son attention. D’un bois foncé, presque noir, des incrustations d’une matière beige, sculpté main sur les quatre faces du boitier, il était simplement magnifique. Ses doigts glissèrent sur la surface, cherchant à en découvrir la matière, comprendre sa déclinaison, ressentir le passage du temps. Ce détournant un instant, elle ouvrit l’un des tiroirs de son bureau, la rousse s’emparant d’un ruban à mesurer et d’une loupe. Elle retourna à son examen, inspectant la moindre marque, chaque plaque d’albâtre qui avait été façonné. Lançant à l’occasion un regard à son interlocutrice, qui répondait à son interrogation, elle l’écouta attentivement. Elle tiqua légèrement, réussit à garder son sourire malgré tout, l’évocation de l’Europe et ses environs la faisant frissonner d’une amère déception. Ce continent semblait attirer bien des gens, surtout les hommes qu’elle avait appris à aimer, avec qui elle avait osé entrevoir un avenir qui n’avait jamais eu lieu. Rhett… James… C’en était déjà trop pour ses frêles épaules.  

« Dix ans. Quand même. Tu as du en voir des choses. Tu es partie tout de suite après le lycée ? » Elle replaça une mèche de cheveux derrière son oreille, poursuivant. « Tu fais réellement des bijoux ? C’est super. J’espère avoir l’occasion d’en acheter quelques-uns un de ces jours. » Elle ne connaissait pas cette fibre artistique chez la jeune femme, en était même presque surprise. Fallait avouer qu’en fait, à part son nom, elle ne connaissait pas grand-chose, voir strictement rien d’elle. L’inverse revenait au même. Alors que la question lui était retournée, elle haussa simplement les épaules. « Oui. » Ce même sourire sur son visage. « Vive la Queensland University. » Elle laissa échapper un petit rire. Elle avait vraiment aimé sa période universitaire. Tout lui semblait plus simple à cette époque, plus simple, plus agréable. « Je viens tout juste de commencer, ça fait un peu plus d’une semaine. Je travaillais au Brisbane Museum avant de retourner vivre à Melbourne il y a deux ans. Moi aussi je viens de revenir, on a ça en commun. »

Tout en discutant, elle avait continué son travail comme si de rien était. Elle avait l’habitude après toutes ses années d’expériences. Bien que les éléments en question n’effleuraient pas son domaine d’expertise – les reliques égyptiennes étant beaucoup plus fascinante à ses yeux – elle s’avait quoi et où regarder. La question de Leena ne la surprit pas le moins du monde. Tous les clients, enfin presque tous, désiraient savoir s’il tenait une petite fortune entre leurs doigts, savoir sur quoi se basait l’évaluation du prix. « Ce sont de très belles pièces et au premier regard elles semblent toutes en bon état. » Elle déposa la loupe, poussant le coffre sur le bord, près de la brune pour qu’elle puisse mieux l’observer. « L’important lorsque l’ont veux connaitra la valeur d’une antiquité, c’est de connaître l’époque d’où il provient ou tenter de le découvrir par ses matériaux. » Elle se leva un peu de son siège, montrant le bois puis par la suite la partie plus claire. « Par sa couleur pourpre on peut facilement déduire qu’il s’agit de bois de noyer, qui a été teint par la suite. Un coup d’éclat fait par d’ancien propriétaire je suppose. La partie presque blanche là, qui est sculpter, me fait penser à de l’albâtre. C’est assez rare comme combinaison je dois dire, mais on en a déjà eu quelques-unes, des pièces bien souvent unique. » Elle souleva délicatement le couvercle, laissant apparaître l’unique cavité, sans aucun compartiment sauf une partie surélevée au fond, un peu plus basse que le rebord.

Elle prit le ruban à mesurer, prenant les dimensions du coffret. Ça ne concordait pas. Elle observa de plus près, sans retourner s’assoir, fronçant les sourcils. Ses doigts suivirent le bois, poussant légèrement à certains endroits qu’elle jugeait stratégique. L’habitude. « Et des fois on a le droit à des surprises. » Un sourire éclaira son visage. « Tu sais, à l’époque, peu de gens s’avaient lire et écrire, seul les gens très fortunés étaient instruit, même encore. Ce coffret était utilisé pour l’écriture, on rangeait le matériel à l’intérieur : Encrier, plume, encre, papier. Pour écrire, l’on avait qu’à mettre la feuille sur le couvercle, comme ça. » Elle s’empara d’une feuille qu’elle disposa en guise de démonstration. « D’où l’inclinaison qui facilite l’écriture. Puis la partie secrète. Tu vois cette partie là ? Ce n’est pas pour faire joli. » Doucement, elle pinça l’un des rebords du coffre et le tira presque avec cérémonie. Il coulissa sans  grande difficulté, deux tiroirs secrets cachés derrière. « On devait y ranger des objets précieux ou simplement des missives plus personnelles, importantes quoi. Dans cette condition, seule les pentures en et la teinture ne sont pas d’origines, juste ce coffret écritoire doit valoir dans le deux mille cinq cent à trois milles dollars. » Elle retrouva le confort de sa chaise, une fois son évaluation faite. « Ce n’est qu’une évaluation préliminaire, mais ça devrait jouer dans cette palette de prix. Tu vas voir, en travaillant dans une boutique d’antiquité, tu vas te forger une bonne expérience et faire la différence entre une imitation et un original. » On pouvait clairement ressentir la passion qu'elle ressentait lorsqu'elle parlait d'histoire et de tous ces objets témoins de ce temps révolu.
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MessageSujet: Re: Yesterday is history, tomorrow is a mystery / Sophia   Lun 15 Jan - 18:26


Leena sourit et aquiesça, bien décidée à transmettre les félicitations à Célia, bien qu’elle ignore totalement à quelle mesure sa patronne connaissait les employés du musée. Mais sans nul doute elle devait en connaître un bon nombre, puisqu’elle travaillait assez souvent avec eux. C’était pour Leena que tout cela était une nouveauté, et à vrai dire elle était bien curieuse d’en apprendre plus sur les dessous des authentifications et de la manière de fonctionner des conservateurs. Il se passa quelques instants de silence, pendant lesquelles Sophia s’activa autour de son bureau, sortit un bon nombre d’instruments et déballa les objets en question, avec une attention et une précision toutes particulières. Il était clair dans ses gestes, méticuleux, qu’elle avait appris à manipuler ce genre d’objets, et Leena pouvait sentir clairement toute sa concentration. Elle s’en sentit encore plus à l’aise ; le fait que Sophia soit devenue quelqu’un qui partageait la passion de l’art et de son histoire ne pouvait être que de bon augure, lui semblait-il. « Oh oui, j’ai même commencé par un grand tour de l’Europe, j’ai découvert tellement de pays et de cultures ! J’ai adoré. Et puis j’ai eu un coup de cœur pour l’Angleterre, et je m’y suis installée. Je suis partie deux ans après le lycée, j’ai travaillé juste ce qu’il fallait pour avoir assez d’argent pour voyager. » Elle se tut un instant — la Leena de d’habitude aurait pu parler encore des heures, mais celle du passé restait sur ses gardes, comme si les vieux démons ne disparaissaient jamais totalement. Il y avait un tout petit signe danger qui clignotait dans son esprit, juste parce que Sophia avait été de la trempe de ces filles qui lui avaient fait du mal, et qu’elle ne pouvait pas passer au-dessus comme si de rien n’était. « Je te laisserai ma carte si tu veux, il y a mon site dessus. Et j’en expose quelques-uns dans la boutique. Si jamais un jour tu y passes » conclut-elle, avec un petit sourire, espérant ne pas aller trop loin. Elle ne voulait pas avoir l’impression de faire sa pub alors qu’elle était ici pour des raisons professionnelles. « J’imagine que l’université doit être plutôt cool ici ! » Elle se joignit au rire de Sophia, et pensa au passage à ce que ses parents avaient voulu pour elle, probablement qu’elle ait un quelconque diplôme de quelque chose concret, dans la gestion par exemple, pour lequel ils se seraient endettés, parce que c’était l’avenir qu’ils avaient imaginé pour leur fille plutôt bonne à l’école, sans se soucier de ses envies véritables. Si elle savait pertinemment qu’elle avait causé une scission entre eux et elle quand elle avait annoncé qu’elle ne ferait rien de tout ça, elle ne regrettait rien pour autant. Sa vie professionnelle et ses aspirations lui convenaient parfaitement, elle voulait travailler de sa passion, et du moment qu’elle arrivait à en vivre en jonglant avec des petits boulots à côté, c’était là tout le principal. Et tant pis pour les clichés que sa mère répétait à l’envi sur les artistes et ce milieu qui « brassait du vent », ce n’était qu’une chose de plus qu’elle aurait à lui reprocher, fin de l’histoire. En regardant Sophia analyser les objets, avec donc forcément un beau diplôme à l’appui, elle ne put s’empêcher d’avoir un petit pincement amer au cœur : c’était le genre de fille qu’aurait rêvé sa mère, belle et mince et brillante et que l’on remarquait. Mais elle chassa vite cette pensée ; elle détestait l’envie ou la jalousie et ne voulait pas devenir ce genre de personne. « Oh, tu as été à Melbourne ! Alors, c’est comment ? Ça t’a plu ? J’ai beau connaître l’Europe je ne connais rien d’autre de l’Australie à part Brisbane, plus ça va plus j’ai envie de découvrir un peu les autres endroits. Tu y as été pour quelle raison ?... Si ce n’est pas indiscret bien sûr. » Elle eut un sourire poli, et s’arrêta de parler. Elle se sentait entre deux eaux : l’envie de découvrir de nouvelles personnes et de discuter avec eux prenait peu à peu le pas sur la retenue qui l’entravait depuis tout à l’heure.

Mais son attention fut alors tout à fait captée par les gestes de Sophia, et ce qu’elle commença à lui expliquer. C’était absolument passionnant, et la façon qu’elle avait de s’exprimer et tout expliquer posément faisait clairement ressentir combien elle aimait son métier. Se laissant prendre au jeu, Leena écouta et enregistra tout, hochant la tête quand Sophia lui exposa les différents bois, les ajustements, l’histoire que l’on pouvait ressentir et qui s’était écrite au fil des âges et des propriétaires. Elle regarda de plus près, nota la façon que Sophia avait de tout mesurer, de relever le moindre détail, et laissa même échapper une petite exclamation de surprise lorsque le tiroir secret coulissa, comme Sophia l’avait prédit. Pour sa part, elle n’avait pas du tout remarqué au préalable la petite incision. Hochant la tête à propos du prix, elle nota les informations à la va-vite dans son petit carnet. « C’est vraiment passionnant ! Je crois que Célia voudrait les certificats d’authenticité avant de décider de quoi que ce soit, quand est-ce que je pourrais les avoir, tu penses ? » Heureusement qu’elle s’était déjà frottée à ce genre de choses, à des bibelots qui valaient une petite somme, sinon elle aurait eu peur, car elle pouvait être maladroite, de la suite des événements, maintenant que le prix se chiffrait de manière plus précise. « C’est ce qu’on me dit, mais je crois que je n’ai pas l’œil assez acéré, car je n’ai pour l’instant jamais fait la différence ! Il y a des copies qui sont tellement bien vieillies que je tombe toujours dans le panneau. » confia-t-elle en riant. « En tout cas, je te remercie de tout me montrer, c’est super intéressant. Tu as fait quoi comme études exactement, pour en arriver là ? » Si elle avait bon nombre de ses amis qui avaient été sur les bancs de l'université dans divers domaines artistiques, elle n'en savait pour autant pas grand chose sur les filières précises que l'on pouvait suivre. « Ah, et avant que j'oublie, les plumes sont pour le musée, Célia me l'a précisé, apparemment l'un de tes collègues les récupère et les étudie beaucoup en ce moment. Mais je n'en sais pas plus sur leur authenticité. » Comme une enfant, elle espérait que Sophia lui fasse encore une petite démonstration, toute curieuse qu'elle était d'en savoir un peu plus.




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Yesterday is history, tomorrow is a mystery / Sophia

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