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 ≈ chapter one.

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ÂGE : 21 ans (19.11.1996)
SURNOM : Elle s'appelle en réalité Andrina mais Nina, c'est plus court.
STATUT : Officiellement en couple avec Simon Adams, elle se considère néanmoins libre comme l'air.
MÉTIER : Étudiante en management.
LOGEMENT : Entre le #209, à Spring Hill et le grand manoir des Gilmore à Bayside.
POSTS : 3032 POINTS : 90

PETIT PLUS : #96zbitch #solitude #gold #loyalty #smartass #liability #hurricane #richkid #poetry #guccigang #dogs #art #soul #charisma #ocean #pokemonmaster #crazy
UN RP ? : Pas dispo pour le moment.
RPs EN COURS :


i was always hungry for love. just once, i wanted to know what it was like to get my fill of it -- to be fed so much love i couldn't take any more. just once.

☆☆☆

carlisle #3victoriaangelina #3ambroiselolathe velvet clubevazeldasidryleigh

RPs TERMINÉS :
AVATAR : Dua Lipa.
CRÉDITS : kawaiinekoj (avatar) murakami x lorde (quote) loonywaltz (ub) mingicode (sign).
DC : None.
INSCRIT LE : 17/05/2017
http://www.30yearsstillyoung.com/t15246-fire-walk-with-me-nina http://www.30yearsstillyoung.com/t15311-nina-to-pimp-a-butterfly http://www.30yearsstillyoung.com/t16706-nina-farrell http://www.30yearsstillyoung.com/t16707-nina-farrell

MessageSujet: ≈ chapter one.    Jeu 28 Déc - 21:41





≈ ≈ ≈
{ god bless the world —
and all the beautiful women in it }

Un vent léger s’engouffre par les grandes fenêtres, laissées ouvertes. Il rafraîchit les pièces du manoir des Gilmore et fait danser les rideaux du séjour, éveillant un peu de mouvement, un peu de vie, dans l’immense bâtisse vide. Elle est la seule âme présente dans la maison, ayant profité de l’absence de ses propriétaires pour organiser une réunion des plus spéciales. Nerveuse, elle l’était. Habituée des réceptions officielles, des galas, des dîners pompeux, en somme, de tous les événements où elle pouvait se rendre pour se montrer, les codes de communication et les façons de se comporter en société n’avaient plus de secrets pour elle. Mais, l’enjeu de cette soirée était d’un tout autre genre.

Elle se souvenait de la première fois qu’elle les avait rencontrées. Chaque femme avait fait son impression unique sur elle et l’effet perdurait encore. Le ressenti était semblable à l’émerveillement qui s’imposait à nous quand enfant, on était témoin d’un phénomène naturel pour la toute première fois. Un moment solennel qui, en laissant entrapercevoir des petits miracles de la nature, amenaient aussi mille et une questions sur l’univers, son fonctionnement et ses secrets. Devant elles toutes, Andrina se trouvait comme ça. Elle retrouvait sa curiosité enfantine, persuadée qu’il y avait des trésors à venir effleurer auprès d’elles. Elle avait fait confiance à son instinct et s’était osée à leur envoyer une invitation. Se mettant à nu, elle, ses motivations et ses pensées, elle n’avait pas caché son admiration pour ces femmes, ni nié qu’elle avait sûrement passé l’un de meilleurs moments de sa vie à converser avec elles. Influencée par des adultes insensibles aux beautés que vous offrait le monde sans contrepartie, elle avait été forcé à grandir vite et malheureusement, elle n’avait pas sollicité les meilleurs modèles pour achever de devenir la jeune femme qu’elle était aujourd’hui, elle le reconnaissait sans peine. Rien ne pouvait effacer ou réparer ses erreurs, elle devait traîner sa jeunesse abîmée et ses regrets. Loin d’être fataliste, elle se savait privilégiée et les fleurs qu’on piétine pouvaient encore puiser grâce à leur racine, la force de renaître et de refleurir, encore plus belles. Il lui restait encore toute une vie. A elle seule, le pouvoir d’emprunter un autre chemin, à l’aube d’une nouvelle année, tous les espoirs étaient permis. Elle était cette fleur ; elle se tournait volontiers vers la lumière qui émanait de ces femmes, encore timide d’une humilité nouvellement acquise, elle venait seulement de se rendre compte qu’on pouvait apprendre beaucoup de ses aînées.

Nina perçut du bruit venant de dehors, cela acheva de la tirer complètement de ses rêveries et son cœur se mit à battre la chamade. Il lui fallut un petit temps avant de se rappeler pourquoi elle était ainsi plantée au milieu du salon. Ah, les fauteuils. Son air insatisfait disparut, l’aménagement des fauteuils ne lui convenait pas encore tout à fait mais elle dut se résoudre à les laisser tels quels quand la sonnette retentit. En ouvrant la porte, rien qu’en posant ses yeux sur la silhouette qui se tenait là, la confusion sur son visage laissa place à une certaine sérénité. Elle accueillit la première arrivante avec un sourire timide mais non pas moins chaleureux. « Bonsoir, merci beaucoup d’être venue ! Entrez… » Elle s’effaça derrière la porte et ses gestes suivant ses paroles, sa main invita la femme à passer le pas de la porte. Elles entrent toutes les deux dans le séjour et Nina attira son attention sur le sofa d’un mouvement de l’index. « Je vous en prie, faites comme chez vous. » Son sourire ne quittait pas son visage. Elle palliait son manque d’aisance avec des formules toutes faites mais elle sentait qu’on ne lui en tiendrait pas rigueur. « Vous êtes la première arrivée, et je… » Clac. Nina sursauta. Rien de surprenant pourtant, quand elle avait créé tous ces courants d’airs en laissant les fenêtres ouvertes. Un souffle de vent plus intense avait fait claquer une porte quelconque (il lui semblait que le bruit venait de l’étage), elle prit un air contrit pour s’adresser à son invitée. « Je vous prie de m’excuser, j’ai du laisser trop de fenêtres ouvertes, je vais aller en refermer certaines. Pourriez-vous aller ouvrir si quelqu’un vient entre temps ? » Elle n’en aurait pas pour longtemps. Elle commença d’abord par hâtivement fermer les fenêtres du salon, consciente que l’air commençait presque à devenir froid avant disparaître à l’étage. Elle restait cependant alerte, tendant une oreille pour tenter de deviner qui serait la prochaine arrivante au son de sa voix.


:l:
 
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la poupée de jamie
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ÂGE : 32 ans (11/04/1986)
SURNOM : Jo, mais peu de personnes la nomme ainsi.
STATUT : Mariée à Jamie Keynes (14/02/18), incognito. La belle cérémonie sera pour plus tard.
MÉTIER : Maman d'un petit garçon de deux ans (13/02/16) Conservatrice au QAGOMA, dans la galerie d'art historique international depuis juin 2017.
LOGEMENT : #98 bayside w/ Jamie ( habitait avant à #37, toowong, ils n'y habitent plus mais gardent la maison)

POSTS : 5576 POINTS : 140

ORIENTATION SEXUELLE : Je n'aime que ma moitié.
PETIT PLUS : a deux bergers suisses : un blanc (Nunki) et un noir (Sirius) ▽ a toujours beaucoup de difficultés à faire des choix, à cause d'une famille surprotectrice ▽ antécédents de fausse-couches ▽ amatrice de vin et de champagne ▽ passionnée d'art et d'histoire (surtout la Renaissance italienne) ▽ n'aime pas parler de ses problèmes, reste très réservée par moment ▽ très émotive ▽ a récemment repris des cours de danse en couple ▽ très impressionnable, naïve, elle prend presque tout au 1er degré ▽ adore se promener ▽ on lit en elle comme dans un livre ouvert ▽ ne sait pas mentir
UN RP ? : Seulement si nous avons un lien.
RPs EN COURS : joamie #119 + joamie v.a.#3 + hassan #16 + irene #3 + joassan (fb #1) + joamirene (au) + chad #2 + velvet club + joamie (lune de miel no.1) + casey + yasmine + jonathan + rhett

joamie
our love were just to strong
that it even teared us apart



joassan
just trying to understand each other
beside all the feelings we still have for one another



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grelso
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MessageSujet: Re: ≈ chapter one.    Mer 3 Jan - 17:30




chapter one
the velvet club

Le nez levé au ciel, Joanne regardait la grandeur du manoir devant lequel elle se trouvait. A côté, sa maison, située à Toowong, lui semblait si petite. Elle n'avait jamais eu besoin de plus, à dire. Admirant la façade de la bâtisse, elle se demandait bien ce qu'elle faisait là. La petite blonde n'était pas connue pour être aventureuse, ni téméraire. Elle aimait rester dans sa bulle, dans sa zone de confort. Plus d'une personne avait réussi à l'en sortir. Le résultat n'avait pas toujours été très probant, mais il y avait quelques exceptions. Parfois, elle surprenait et se se surprenait elle-même. Il lui avait fallu bien plus de temps pour que Joanne réalise qu'elle était capable de bien plus qu'elle ne pouvait en penser. Sa perte de confiance en soi et d'estime lui avait été grandement délétère au cours des dernières années. Mais il semblerait qu'elle s'approche de la lumière au bout du tunnel. Sinon elle ne serait pas plantée là, devant cette maison. Un lieu, une heure de rendez-vous, pour rencontrer des personnes qu'elle n'aurait jamais connu autrement. Le Destin jouait parfois d'étranges tours. La petite blonde avait eu tendance à s'isoler ces derniers temps et elle voyait là l'opportunité de s'ouvrir à d'autres. Faire de nouvelles connaissances. Elle avait pris son courage à deux mains, mais elle n'en était pas moins nerveuse. Quelle drôle d'idée, au fond. Perchée sur ses escarpins, toujours un peu complexée par sa petite taille, elle se décidait enfin de s'approcher de la porte d'entrée. Son doigt s'appuyait sur la sonnette seulement après avoir pris une grande inspiration. Stressée, elle l'était. Les mains désormais jointes devant elle, Joanne attende patiemment à ce qu'on lui ouvre la porte, tombant nez à nez avec un visage familier. Elle ne s'était pas permise de lui demander son âge, mais il était évident que Nina était bien plus jeune qu'elle. Un large sourire étira les lèvres roses de la petite blonde. "Bonsoir." dit-elle de sa voix douce, avec une certaine timidité. Joanne entrait à pas feutré dans le manoir, ses iris bleus parcourant les moindres détails. Elle avait toujours été curieuse des détails, de ces petites choses qui en disaient long. La brune était joviale, accueillante, chaleureuse. Ce n'était pas vraiment une surprise que Joanne soit la première, elle n'était que rarement en retard. Ou si elle l'était, c'était indépendant de sa volonté. Elle sursauta en même temps que la brune lorsque l'on entendait un claquement vif d'une fenêtre qui s'était laissée bougée par une petite bourrasque. "J'ai également tendance à laisser toutes les fenêtres ouvertes chez moi lorsqu'il fait grand beau." répondit-elle avec un sourire plus qu'amical. "Il n'y a aucun soucis, oui, je tâcherai d'accueillir comme il se doit celles qui doivent encore arriver si vous n'êtes pas revenue d'ici là." Sans attendre, Nina disparut à l'étage afin de fermer les fenêtres en question, laissant Joanne toute seule dans le séjour. Toujours son sac à main sur elle, elle ne se permettait que de faire quelques pas pour visiter un peu d'elle-même les lieux. Il lui fallait toujours un peu de temps avant qu'elle ne commence à se sentir à l'aise. Finalement, cela ne prit pas bien longtemps pour Nina de fermer les fenêtre qui risquaient de claquer à leur tour. Au même moment qu'elle descendait les escaliers, la sonnette de la maison retentit une nouvelle fois. Elles semblaient être toutes les deux bien curieuses de la personne qui allait arriver ensuite. "Ca fait une éternité que je ne me suis pas accordée de moments pour moi. Ca me rend à la fois hâtive, mais aussi assez nerveuse, étrangement." confia-t-elle à la brune avant que l'une d'entre elles n'ouvre la porte d'entrée. "Bonsoir !" dit-elle à la dernière arrivante, avec un sourire timide. Ce qui avait toujours trahi la nervosité de Joanne, c'était ses doigts qui jouaient ensemble. Les trois femmes décidaient ensuite de s'installer sur les fauteuils en attendant que la dernière convive n'arrive. La petite blonde ne savait pas vraiment quoi dire, la pauvre, elles se connaissaient toute à peine. Il était là, le challenge. Faire connaissance avec des personnes inconnues sans avoir de point d'ancrage ou sans point de repère. Leur point commun, c'était de s'être rencontrées et de décider de se retrouver à une heure précise. Joanne savait que ce n'était que les débuts, que c'était l'étape la plus difficile, elle n'allait gagner en aisance au fur et à mesure. Mais chacun de ses sourires étaient sincères.
made by black arrow


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ÂGE : A l'aube de la quarantaine
SURNOM : Jaimie, Jam'. Maître Winters au boulot. Au lit, aussi.
STATUT : Célibataire. Je ne pense pas savoir aimer, ou être aimée.
MÉTIER : Avocate associée chez Ashburn Rose. Militante écologiste et condition animale.
LOGEMENT : #102 Logan City, une immense villa bien trop vide.

POSTS : 4043 POINTS : 35

ORIENTATION SEXUELLE : Je n'aime que ma moitié.
PETIT PLUS : Irlandaise & Amérindienne du Canada, j'ai un petit accent. Je me ressource dans la nature. Combattre les injustices me fait vibrer. Je suis aussi à l'aise dans les bas fonds de Dublin que dans les soirées guindées de l'élite australienne. Vegan depuis mes 15 ans, je milite pour préserver la nature. Légalement, de nos jours. Du moins j'essaie. J'ai adopté une chienne/louve que j'aime comme ma fille. Je n'ai jamais perdu un procès. Certains me décriraient comme une féministe autoritaire et mal baisée. Ceux là sont toujours perturbés lorsqu'ils rencontrent une femme qui se comporte comme eux.
UN RP ? : Seulement si nous avons un lien.
RPs EN COURS : PhoenixThe Velvet ClubKyte [4]Irene [2]Robin [r.a.]Zombinson [r.a.]


PHOENIX — The river's a hymnal and the leaves are applause. Trees sing in whispers with the wind pulling their arms. Hold still and listen, your hand on my heart; if you need them these beacons will lead you back to the start. Nous avions à peine vingt ans et nous rêvions juste de liberté.


KYTE — No axe has seen these woods since before your father stood; the path is beaten good from the feet of all who wandered through it. Old growth holds hope, let the brambles scrape your skin; scars are story books, blood will wash away our sins.


ROBIN — I'm the anchor that keeps your feet on the ground; you're the wings that get my heart wandering. And if I follow you tonight, will you show me what it's like, to be alive?


IRENE — I know, it seems like we're all lost; but we see the secrets, we know the unknown. Keep close, hold my hand girl, just be strong; we can follow this river right back to your home. Guarded hearts only open up to each other.


SOREN — We should have died a hundred times but somehow we're still alive.
RPs EN ATTENTE : Phoenix [2] ↟ Robin [4] ↟ Zelda ↟ Gabriel
PSEUDO : Whitefalls/Whitewolf
AVATAR : Maggie Siff
CRÉDITS : Tearsflight (avatar), anaëlle. (signature) & tumblr
DC : Kyte le vieil ours mal léché & Aisling l'ex junkie paumée
INSCRIT LE : 08/03/2016
http://www.30yearsstillyoung.com/t7655-jaimia-winters-you-were-expecting-me-to-be-a-man-my-father-was-too http://www.30yearsstillyoung.com/t13536-jameson-winters-lone-wolf-looking-for-her-pack http://www.30yearsstillyoung.com/t12178-jameson-winters

MessageSujet: Re: ≈ chapter one.    Jeu 4 Jan - 15:14



chapter one
The Velvet Club

"These women have fought many wars, most internal. The ones you battle alone. For this, they are remarkable. They are survivors."
Installée au volant de ma Tesla, je ne pouvais m’empêcher de penser que la vie faisait parfois des choses étranges. Je me revoyais encore l’autre soir, hésitant à sortir me changer les idées ou à me tremper dans un bain comme à mon habitude ; un verre de whiskey à la main et un livre dans l’autre, pour essayer d’oublier la face de mon associé et ses ‘grandes idées’ marketing. Au final, j’avais gardé le whiskey mais changé le décor, et mes pas m’avaient guidée vers un petit bar huppé où trois femmes uniques et fascinantes m’avaient accueillie à leur table. Il y avait Eda, grande brune artistique aux charbonneux yeux de glace, qui partageait mon amour pour les animaux et, vraisemblablement, les légumes. Joanne, poupée de porcelaine à la voix si douce et à l’âme si profonde que regarder dans ses iris donnait presque le vertige. Et puis Nina, pétillante jeune femme pleine de questions et d’affirmations, comme le sont souvent les ressortissantes de cette jeunesse que les médias aiment à appeler la ‘génération sacrifiée’. De nos discussions passionnées, attisées par l’alcool et l’ambiance feutrée du décor, s’était formé le Velvet Club. Je crois qu’aucune d’entre nous ne savions exactement ce que nous entendions par-là, mais l’idée de nous rassembler à nouveau et le nom imprégné de mystère nous avait toutes séduites. Ainsi, c’est vers elles que je m’envolais aujourd’hui. Les Velvet Ladies, comme je me plaisais à les appeler. Femmes de velours ; douces créatures mystiques, élégantes et captivantes. Les retrouver me réjouissait, quand bien même j’ignorais toujours où cette initiative de Nina allait nous mener. Mais peu m’importait, car s’il arrivait que la vie me surprenne, elle m’avait aussi appris une leçon édifiante : alors que les hommes s’acharnaient inexorablement dans un concours minable de qui me décevrait le plus, les femmes m’épataient sans cesse par leur esprit, leur force, leur détermination et leur délicatesse.

Suivant les indications de mon GPS, j’ai tourné dans une ruelle calme et me suis arrêtée devant un superbe manoir qui se dressait au milieu d’un joli terrain. J’ai dû vérifier deux fois l’adresse pour m’assurer que je ne m’étais pas trompée, car il me semblait inconcevable qu’une femme aussi jeune vive dans une bâtisse aussi dispendieuse. Et pourtant… Intriguée, j’ai garé ma voiture, gravit les marches qui menaient à la porte d’entrée et appuyé mon doigt sur la sonnette. J’ai rapidement entendu des pas dans l’entrée, et la voix de Joanne dans le corridor m’appris que je n’étais pas la première. « Bonsoir Joanne. » J’ai répondu avec un sourire et une poignée de main alors qu’elle m’ouvrait. Puis je me suis tournée vers Nina pour la saluer avec la même cérémonie, agrémentée d’un petit signe de tête. « Chère Nina, c’est vraiment aimable à toi de nous inviter. Je dois avouer que je suis assez curieuse de voir où ce Velvet Club va nous mener ! » J’ai badiné avec un sourire. J’avais douloureusement conscience d’être automatiquement passée en mode Jameson Winters Networking, comme je le faisais à chaque fois que je rencontrais de nouvelles personnes dans un contexte professionnel ou semi-professionnel. D’après Robin – qui avait développé une passion pour me psychanalyser contre mon grès – il s’agissait d’une défense pour mettre de la distance entre moi et les autres, et dissimuler ma véritable nature apparemment trop sauvage. Je ne savais pas ce que sa psychologie de comptoir valait, mais cette attitude autrefois si naturelle me paraissait désormais aussi inconfortable qu’une étrange armure ; et j'en tenais mon amie pour unique responsable. Toutefois,  j’avais trouvé un remède radical et fort efficace pour remédier à ce genre de questions existentielles. Un sourire mutin aux lèvres, j’ai tendu un petit sac à notre hôtesse. « Voici un petit cadeau pour te remercier de ton invitation. Je ne savais pas si vous auriez envie d’accompagner notre soirée au vin ou au whiskey, alors j’ai amené les deux. » J’ai expliqué avec légèreté en les suivant dans une autre pièce où d’agréables canapés semblaient me sommer de m’enfoncer confortablement entre leurs coussins – ce que j’ai fait, au demeurant. « Je n’ai pas pu m’empêcher d’entendre ce que tu disais à travers la porte. » J’ai alors confié à Joanne, me souvenant de la sincérité touchante de ses paroles. « Je crois malheureusement qu’oublier de s’accorder des moments pour soi est dans la nature de nombreuses femmes ; ce qui n’est pas forcément étonnant, étant donné que la société toute entière semble persuadée que notre rôle de mère, d’épouse, d’amie ou de collègue est de nous sacrifier sans arrêt pour permettre l’épanouissement des autres. » J’ai proclamé, ne résistant visiblement pas à l’envie d'enfoncer un pieux dans le coeur du patriarcat. « Enfin, je suis vraiment ravie que tu ais décidé de venir malgré ta nervosité. » J’ai conclu d’une voix plus douce. « Je suis certaine que nous allons passer un excellent moment ensemble, comme la dernière fois. A ce propos, savez-vous si Eda compte se joindre à nous ? » Comme une réponse aux mots qui venaient de franchir mes lèvres, le carillon de la sonnette retentit dans l’entrée, confirmant la venue de notre dernière femme de velours.
(c) DΛNDELION


Follow in no footsteps, listen for the true guides

Wherever we go, we'll never be lost. Some follow the compass rose, some Follow the cross. Me, I follow roads compulsively till sirens call me off, then I wander, eyes closed, following song. •• The river, the woods
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MessageSujet: Re: ≈ chapter one.    Ven 26 Jan - 2:23




≈ ≈ ≈
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A peine avait-elle entendu la sonnette, qu’elle sentit une décharge d’adrénaline se répandre dans tout son corps. L’effet fut immédiat, comme si on avait pressé la touche ‘avance rapide’, ses pensées fusèrent à une allure encore plus folle dans son esprit, lui rappelant que cette soirée était une sorte de défi personnel. Elle dut faire un effort pour se calmer avant d’ouvrir la porte, afin de ne pas effrayer la première arrivante en se montrant survoltée. Croiser les grands yeux saphirs eût le don de l’apaiser mais surtout, ce fut le large sourire de Joanne qui fit taire ses dernières inquiétudes. Elle est plus sereine à présent, remarquant qu’elles devaient être aussi intimidées l’une que l’autre. Ce n’était pas son invitée, dans son silence contemplatif, qui allait perturber la tranquillité du manoir. Son sourire s’élargit en la voyant scruter chaque recoin de la pièce. Elle fut amusée, le manoir qui l’avait accueilli pour les dernières années de son adolescence et qu’elle avait d’abord détesté, était devenu trop familier pour qu’elle accorde de l’importance aux boiseries ou à la décoration. Nina, c’est plutôt le visage de Joanne, qui attire son attention. Elle se promit de s’accorder quelques minutes, un jour, pour détailler à son tour la pièce et tenter de trouver ce qui avait bien pu attirer le regard de la conservatrice d’oeuvres d’arts. Prête à la débarrasser de son sac à main, avant de la guider vers le salon, elle se fit surprendre par un premier imprévu : les courants d’air, elle n’y avait pas pensé à celui-ci mais ce ne serait qu’un petit contre-temps, rien de grave, surtout que son interlocutrice se montra très compréhensive — même quand elle lui délégua la tâche d’ouvrir la porte si Jameson ou Eda arrivait pendant son absence. Il ne lui fallut que quelques minutes pour monter à l’étage et redescendre, pile à temps pour l’arrivée d’une deuxième invitée. Elle retrouva Joanne au même endroit où elle l’avait laissée et elles échangèrent un grand sourire, complices. Elle ne lui avait pas semblé très à l’aise et ses doutes se confirmèrent quand elle lui confessa la raison de son inconfort. Elle pouvait très bien s’imaginer Joanne être de ces femmes qui savaient équilibrer leur vie professionnelle et familiale, avec succès, négligeant cependant de s’accorder du temps sans la casquette de conservatrice ou de mère pour simplement être femme, être Joanne. « Vous ne regretterez pas d’être venue. » lui glissa-t-elle, plein de légèreté, pour la rassurer. Elle en ferait son devoir personnel si besoin. A part l'ennuyer et lui prendre du temps, au pire, cette rencontre ne lui apporterait rien de mauvais et aurait été triste de voir le club être privé de la présence de Joanne. Nina n'aurait jamais soupçonné qu'elle leur faisait un tel privilège ce soir, autant parce qu'elle prenait du temps pour elle que parce qu'elle surmontait sa nervosité. Elle lui fit un sourire engageant, sentant qu'elles étaient aussi excitées l'une que l'autre d'accueillir une troisième femme. Elles saluèrent Jameson, en choeur, de façon différente, l'entrain de Nina recouvrant la voix timide de Joanne. De toutes, il est vrai que l’avocate était celle qui lui avait fait la plus forte impression, en témoigne la vigueur avec laquelle elle avait répondu à sa poignée de main. « Merci à vous, d’être là, vous ne pouvez pas imaginer à quel point j’étais enthousiaste à l’idée de toutes vous revoir. » Le temps était encore aux expressions formelles et courtoises mais elle ne s’en formalisait pas, consciente qu’il faudrait plus que quelques heures pour mieux se connaître et mieux s’appréhender. Elle venait à peine de refermer la porte, ce n’était pas le moment de rêver de leurs futurs rendez-vous, elle réalisa qu’on s’adressait à elle. Les yeux ronds, son regard fit deux allers-retours entre le visage de l’avocate et le paquet qu’elle lui tendait, avant de l’accepter. « Merci, Jameson ! » fit-elle, toujours un sourire sur les lèvres. « J’aurai du m’attendre à ce que vous veniez quand même avec quelque chose alors que j’avais précisé dans mon invitation que ce n’était pas nécessaire. » Elle osa cette petite taquinerie à son égard, faisant écho aux quelques anecdotes qu’elle avait partagé avec elles, révélant son anti-conformisme et sa passion pour la défense des injustices de toutes sortes. Nina ne voulait pas non plus que Joanne se sente embarrassée, sa présence constituait déjà un cadeau à ses yeux. L’oreille interceptant les explications sur le contenu du sac, l’oeil posé sur les bouteilles, notamment la superbe bouteille de whisky made in Ireland. Elle assumait partiellement son inculture pour ce qui était des alcools, quand ils n'étaient pas contenus dans un cocktail au nom édulcoré. Il valait mieux s'en remettre aux choix de ces dames. « Comme je ne m'y connais pas, je ne préfère pas imposer mon choix... alors je me plierai à vos préférences, mesdames. » Nina laissa échapper un petit rire. Elle était totalement novice en matière de whisky mais elle n'était pas contre l'idée d'y être initiée ce soir. Elle rangea leurs vestes d’été et leurs sac à main, non loin des sofas, où elle invita ses invitées à s’asseoir. L’ambiance n’est plus aussi timide depuis que Jameson était arrivée et la conversation débuta quand cette dernière revint sur la confession de Joanne. Avec éloquence, elle mettait le doigt sur un sujet déjà fort, la place de la femme dans la société, sans pour autant se lancer dans un débat. Constatation juste. Percevant, une lueur dans le regard de l’intéressée, elle suivit l’échange entre les deux femmes avec intérêt avant qu’elles ne soit interrompues par la sonnette. Le regard des deux femmes croisant le sien, elle lança joyeusement. « Je pense que c’est elle. » Diligemment, elle laissa ses deux invitées pour ouvrir à la troisième… qui ne fut pas derrière la porte. Du moins, si l’artiste n’avait pas subi d’opérations de chirurgie pour changer radicalement d’apparence alors l’homme, de grande taille et à la carrure imposante, aux cheveux blonds coupés en brosse, qui se tenait face à elle n’avait rien du tout à voir avec l’artiste. Elle eût confirmation qu’il n’était pas là pour leur réunion du Velvet Club quand il lui demanda de signer sa feuille avant de lui remettre un paquet. Parfait esclave moderne, assujetti au patron et au consommateur, marqué partout, de sa casquette jusqu’aux poches de son pantalon du logo du transporteur pour lequel il travaillait, filait déjà, anticipant sûrement sa prochaine livraison avant même qu’elle n’ait pu le remercier. Le paquet, au nom de sa mère, fut déposé sur la tablette dans le hall afin qu’elle le voit à son tour avant qu’elle ne retourne auprès des deux femmes. Nina afficha un air contrit. « C’était un livreur… oui, cela m’a surpris aussi, à cette heure-ci. » La vie ne devait pas facile pour tout le monde et née dans un milieu privilégiée, elle n’avait eu conscience que très tard que d’autres n’avaient pas eu autant de chance qu’elle. En plus de pouvoir tout acheter, les gens le voulaient en plus livré instantanément chez eux, frustrés si leurs désirs n’étaient pas satisfaits à l’instant-même ? Ou bien l’offre créait-elle la demande et c’était les entreprises qui proposaient ce service pour être toujours plus compétitif ? Revenant s’asseoir en face de ses invitées, elle repensa à ce livreur qui faisait le tour de la ville dans son camion, il y avait sûrement plus épanouissant. « La vie doit sembler pesante quand on ne fait pas un métier qu'on aime... » Pour la plupart des personnes, les obligations professionnelles prenaient une grande part de leur vie puisque l'argent ne tombait pas du ciel... D'après ce qu'elle avait compris, elle se trouvait en face de femmes qui avaient eu la chance de trouver leur voie. « Est-ce que vous avez plutôt fait de votre passion un métier ? Ou vous étiez incertaine, au départ, et finalement, c’est en découvrant votre métier, que vous êtes devenues passionnées par ce que vous faisiez ? »
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MessageSujet: Re: ≈ chapter one.    Dim 28 Jan - 21:25




chapter one
the velvet club

Joanne ne savait pas vraiment à quoi s'attendre, en mettant les pieds ici. Peut-être que ça n'allait absolument pas lui plaire, ou que certaines paroles n'allaient pas lui convenir. Elle ne parvenait pas à être aussi certaine que Nina quant au fait de ne pas regretter d'être venue. C'était avant tout par curiosité, pour voir où ces rencontres pouvait la mener. Elle avait besoin de faire de nouvelle connaissances, de voir de nouveaux visages. Peut-être même qu'elle y trouverait son compte, en se découvrant de nouvelles amies. Quand on faisait le compte, Joanne n'avait pas tant d'amis que ça. Cela n'avait jamais été véritablement le cas. De nombreuses connaisances, oui, mais les personnes avec qui elle se sentait proche et en confiance se comptait sur les doigts d'une main. Jameson fit également son apparition et avait entendu les quelques paroles de la petite blonde. Cette dernière était surprise que la dernière arrivée ne les tutoie déjà, c'était assez déroutant. Elle avait rapidement pris ses aises en s'installant confortablement sur l'un des canapés. Jameson tenait là un discours qui allait beaucoup contre les principes même de Joanne. Elle qui avait tendance à s'oublier la première lorsqu'il s'agissait de prendre soin des autres, elle qui avait toujours pensé qu'il fallait que toutes ses tâches, tout son devoir de la journée devait être accompli afin qu'elle songe à mériter un peu de repos. Et Jameson disait que c'était juste la société et les conventions actuelles qui dictait ce qu'une femme devait faire. "J'aime m'occuper de mon fils, j'aime mon travail, être là pour mes amis, pour celui que j'aime." dit-elle d'un voix douce, avec sa timidité naturelle. "Ce sont des choses qui me permettent de m'épanouir." Elle y trouvait largement son compte, à vrai dire. Et bien qu'elle ait des aspects extrêmement traditionnels dans sa façon de voir son rôle et sa place, Joanne restait une femme moderne, même si elle ne s'intéressait pas aux féministes. Elle n'apercevait que ces extrémistes qui allaient même jusqu'à réduire l'homme à l'esclavage et il y avait des choses que ces femmes dénonçaient qu'elle n'approuvait pas. Joanne était certainement la moins féministe de Brisbane, voir du pays. Elle préférait se poser des questions sur autre chose que de sa condition car elle estimait qu'elle n'avait pas vraiment à se plaindre. Elle avait eu des difficultés financières, des coups de mou, mais ce n'était pas comme si elle était toute seule et qu'il n'y avait personne pour l'aider. Elle relativisait. Et elle était également la dernière à se plaindre de quelque chose, elle avait plutôt tendance à s'adapter et à faire avec. Il était certain que Jameson avait un caractère bien plus prononcé que Joanne, ce qui impressionna de plus belle cette dernière. Même si son interlocutrice faisait preuve de bien plus de douceur par la suite. La blonde n'esquissait qu'un sourire timide avant de se permettre de s'asseoir également. Oui, elle était horriblement nerveuse, elle ne pouvait guère le démentir. Elle secoua négativement la tête afin de répondre à la question de Jameson et les femmes furent à ce moment interrompues par le retentissement de la sonnette. Certainement Eda, se disait Joanne. Nina se précipita à la porte d'entrée afin de l'accueillir comme il se doit, mais il semblerait que ce soit une fausse alerte. Un livreur. Cela rendait Nina particulièrement pensive et elle se lançait tout naturellement sur le sujet du métier que l'on pouvait exercer, si on l'aimait ou pas, si on avait appris à l'apprécier. Joanne se risquait à répondre à sa question la première, toujours un brin nerveuse. "J'ai un métier que j'adore. J'ai toujours été passionnée par l'Histoire, les musées, les oeuvres d'art. Quand on est petit on ne connaît pas ce genre de métiers, mais quand j'ai découvert celui de conservatrice, j'ai su que c'était celui-là. Et je trouve que depuis, ça ne me fait qu'ouvrir des portes supplémentaires, ça me rend curieuse de tout ce qui me passionne, ça me donne envie d'en apprendre plus." Il ne valait pas mieux lancer Joanne sur des sujets tels que la Renaissance Italienne, ou des peintre plus ou moins reconnus. On pourrait la perdre pendant plusieurs heures tant elle se plongeait dans un tourbillon de paroles. Ses pensées, durant ces moments là fusaient de la plus belle manière qui soit. Il n'était certainement pas bien difficile pour les deux autres femmes de constater par elle-même que rien que de parler de son boulot faisait pétiller les yeux bleus de Joanne, cela illuminait son visage. "J'ai bien conscience que je fais partie de ces personnes chanceuses qui n'ont pas eu à chercher trop longtemps pour savoir ce que l'on veut faire. Je me souviens, au lycée, il n'y en avait beaucoup qui n'avait pas vraiment idée du métier qu'ils comptaient exercer. Ils allaient à l'université par défaut et espéraient trouver leur voie là-bas." L'on pouvait toujours les aider à trouver des pistes. Dans certaines familles, les parents choisissaient pour eux, comme si c'était leur destin, et d'autres préféraient encore se laisser guider au jour le jour jusqu'à ce qu'une révélation ne les mette sur le bon chemin. Joanne laissait ensuite Jameson répondre à son tour et elle se tournait vers Nina. "Et toi, tu as une idée précise de ce que tu veux faire ?" s'intéressa-t-elle. "Ou est-ce que tu es plutôt du genre à saisir l'opportunité qui te fera envie ?" Même si Joanne était timide, même si elle était réservée, elle n'en était pas moins curieuse. Et le seul moyen pour qu'elle se sente plus à l'aise était bien d'apprendre à mieux connaître ces femmes.
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RPs EN COURS : PhoenixThe Velvet ClubKyte [4]Irene [2]Robin [r.a.]Zombinson [r.a.]


PHOENIX — The river's a hymnal and the leaves are applause. Trees sing in whispers with the wind pulling their arms. Hold still and listen, your hand on my heart; if you need them these beacons will lead you back to the start. Nous avions à peine vingt ans et nous rêvions juste de liberté.


KYTE — No axe has seen these woods since before your father stood; the path is beaten good from the feet of all who wandered through it. Old growth holds hope, let the brambles scrape your skin; scars are story books, blood will wash away our sins.


ROBIN — I'm the anchor that keeps your feet on the ground; you're the wings that get my heart wandering. And if I follow you tonight, will you show me what it's like, to be alive?


IRENE — I know, it seems like we're all lost; but we see the secrets, we know the unknown. Keep close, hold my hand girl, just be strong; we can follow this river right back to your home. Guarded hearts only open up to each other.


SOREN — We should have died a hundred times but somehow we're still alive.
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MessageSujet: Re: ≈ chapter one.    Jeu 1 Fév - 21:19



chapter one
The Velvet Club

"These women have fought many wars, most internal. The ones you battle alone. For this, they are remarkable. They are survivors."
J’ai eu un petit pincement au cœur en entendant Joanne m’expliquer de sa voix douce que s’occuper de son fils, son travail, ses amis et son époux lui permettait de s’épanouir. Je ne pouvais m’empêcher de la voir comme une énième victime du patriarcat, cantonnée au rôle que la société voulait bien lui donner. L’idée que certaines femmes puissent éprouver un quelconque plaisir à se sacrifier pour le bonheur des autres me passait complètement par-dessus la tête. Certainement, si j’avais fait preuve de moins d’hypocrisie, j’aurais été amenée à réaliser que j’avais moi-même sacrifié mon existence à la cause environnementale, dans l’espoir de sauver notre planète et d’alléger les tourments des animaux non humains qui la composent. Mais quelque chose à l’intérieur m’empêchait de faire cette connexion. Une sorte de dissonance cognitive, sans doute. Ou peut-être estimais-je simplement ma cause plus noble, plus nécessaire, que l’épanouissement de quelques êtres humains qui gagneraient en indépendance s’ils daignaient régler tous seuls leurs petits tracas quotidiens. J’aurais bien argumenté avec une certaine passion teintée de provocation, mais quelque chose me dit que Joanne n’était pas de ces femmes qui s’abandonnaient facilement dans un débat houleux. Et la dernière chose que je voulais était de la mettre mal à l’aise. Alors j’ai écouté les conseils de mon collègue et coach en communication non violente auto-proclamé et j’ai fermé ma gueule. Après tout, mes projections ne regardaient que moi. Et il était vrai que si je ressentais une empathie inconditionnelle envers les animaux, j’avais parfois du mal à éteindre cette compassion aux individus – particulièrement masculins - qui composaient ma propre espèce. Une déformation professionnelle, sans doute.

La sonnette annonçant l’arrivée d’Eda m’arracha à ces réflexions et j’ai profité de l’absence de Nina pour ouvrir la bouteille de vin, même si mes veines réclamaient plutôt la douce chaleur que seul le whiskey pouvait m’apporter. J’ai calmé mes ardeurs en m’assurant que nous aurions bien le temps de s’enliser dans les vapeurs de ce breuvage ambré plus tard dans la soirée. Comme il n’y avait toujours pas l’ombre d’Eda, j’ai rempli trois verres que j’ai tendus à mes compagnes, et je me suis confortablement renfoncée dans le canapé. J’aurais bien porté un toast rapidement afin d’engloutir le délicieux vin de la maison Delaney, mais Nina semblait d’humeur songeuse et j’ai compris que l’instant n’était pas encore à la dégustation. J’ai donc reposé mon verre pour résister plus facilement à la tentation en justifiant intérieurement que mon empressement n’était pas lié au moindre alcoolisme : c’étaient simplement mes racines Irlandaises qui s’exprimaient fièrement à travers mon amour pour la boisson. J’ai reporté mon attention sur le joli visage de Nina, et je pouvais presque voir sa question s’y former avant qu’elle ne franchisse ses lèvres. Je reconnaissais bien dans ses paroles les inquiétudes propres à sa génération, mais aussi un véritable intérêt que je soupçonnais très personnel. Joanne se lança en premier, et il aurait fallu être aveugle pour ne pas repérer la flamme de la passion qui brûlait dans ses yeux alors qu’elle nous racontait comment son amour pour l’histoire, l’art et la culture l’avait guidée jusqu’à ce métier qu’elle n’échangerait pour rien au monde. L’espace de quelques secondes, j’ai ressenti quelque chose qui ressemblait vaguement à un soupçon d’envie, mais je me suis rapidement rappelée à l’ordre : j’étais l’avocate la plus efficace et la mieux payée du pays, je n’avais rien à envier à personne ! Oh, la revoilà, ta carapace de glace et de condescendance. Je pouvais presque entendre la petite voix criarde de Robin résonner dans mon esprit, et ça me déplaisait assez fortement. Je n’étais pas condescendante, merde !, je savais juste ce que je voulais et ce que je valais ; des qualités qu’on daigne accorder aux hommes mais qui choquent toujours lorsqu’elles sont exprimées par des femmes. « En tout cas à t’entendre, il est impossible de douter de l’amour que tu portes à ce métier. » J’ai dit avec un sourire sincère. Puis, déterminant qu’il s’agissait là d'un parfait prétexte pour lever mon verre, j’ai poursuivi : « A ta réussite, et aux opportunités qui continuent d’aiguiser ta passion. » J’ai porté le verre à mes lèvres, savourant le goût tannique et fruité de mon vin préféré. J’aimais bien me dire que c’était une façon de faire honneur à Joanne et à son récit poignant, mais disons que j’avais aussi besoin d’une petite pointe de courage avant de me lancer dans le mien. Car si je savais débattre avec force et logique des travers de notre monde, il m’était beaucoup plus difficile de m’exprimer sur mon expérience personnelle ou pire, mes ressentis.

« On ne peut pas dire que je sois devenue avocate par choix. Certains appelleraient ça de la conviction, mais pour moi il s’agissait plutôt d’une question de nécessité. » J’ai expliqué avec un certain détachement. « J’ai passé toute mon enfance à regarder l’entreprise de mon père détruire la faune et la flore Canadienne en toute impunité. Chaque fois que la justice s’intéressait d’un peu trop près à son cas, il s’en sortait avec un pot de vin et une dose de green-washing inutile et jamais authentique. Ça me rendait folle. » Et pourtant, mon visage restait de marbre, ma voix contrôlée. Il y a bien longtemps que j’avais maté l’expression des sentiments qui m’avaient jadis agitée. Ils sommeillaient quelque part à l’intérieur, hors de portée, dans cette « boite de pandore » que je m’étais jurée de ne jamais rouvrir. Cette technique de protection était si efficace que j’étais désormais persuadée d’être dénuée de toute sensibilité, ce qui me rendait intouchable, en quelques sortes. « A l’adolescence, j’ai développé mon esprit critique, et je me suis découverte une sorte de don pour l’argumentation. » J’ai poursuivi avec un petit rire ironique que j’ai noyé dans une gorgée supplémentaire. J’étais le genre de femme qui croyait fermement que la fin justifiait les moyens. La fin, ici, c’était d’envoyer les types comme mon père derrière les barreaux et d'ainsi protéger la nature si chère à mon cœur. Quant au moyen… c’était moi. Et je n’avais pas eu besoin de retourner cette équation trop longtemps dans mon esprit avant de décider de mettre toutes mes chances de côté pour être acceptée à Harvard. « J’ai d’abord essayé d’écrire des articles, de faire des manifestations et d’organiser des projections-débat. Mais j’ai rapidement réalisé que ça faisait de moi une marginale, une paria. Hélas, le meilleur moyen de renverser un système défectueux, c’est encore de l’attaquer de l’intérieur. C’est comme ça que j’ai décidé de devenir avocate. » J’ai expliqué d’un ton un peu brut, comme si des années après, j’essayais toujours de me convaincre que j’avais pris la bonne décision. Mais tout ça me paraissait un poil froid après le récit iddylique de Joanne, alors je me suis sentie un peu obligée de tempérer : « J’aime mon métier. J’en tire beaucoup de satisfactions professionnelles mais aussi personnelles. J’ai rencontré des personnes fantastiques, donné des conférences à travers le monde, et aidé de toutes petites associations à lutter contre des multinationales. Il n'est peut être pas aussi passionnant que celui de Joanne au quotidien, mais il me donne un exutoire pour déverser ma colère. » Et surtout, il me donnait les moyens de changer un peu le monde à ma façon, d'essayer de faire le bien. « Et combattre les injustices. » J’ai conclu d’une voix vibrante de passion. « C’est ça qui me fait vibrer. » C'était ce besoin de justice qui me donnait la force de me lever chaque matin, et de me battre avec toutes les fibres de mon être jusqu'à ce qu'elle soit respectée.  

Le temps que je finisse mon verre d’une dernière goulée, Joanne s’est aimablement enquis des aspirations de Nina concernant la carrière qui l’attendait. J’ai relevé les yeux vers la jeune femme, curieuse moi aussi de savoir ce qui faisait battre son cœur et titillait son esprit vif.  

(c) DΛNDELION


Spoiler:
 


Follow in no footsteps, listen for the true guides

Wherever we go, we'll never be lost. Some follow the compass rose, some Follow the cross. Me, I follow roads compulsively till sirens call me off, then I wander, eyes closed, following song. •• The river, the woods
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MessageSujet: Re: ≈ chapter one.    Lun 26 Fév - 2:25





≈ ≈ ≈
{ god bless the world —
and all the beautiful women in it }

Ce n’est pas Eda, s’était-elle dit en ouvrant la porte, ne réprimant pas sa moue de déception mais le livreur n’aurait pas pu mieux l’ignorer et de ce fait, ne lui en tint pas rigueur. Revenant parmi ses invitées, elle leur annonça la nouvelle. Au passage, elle se fit la réflexion qu’elle n’aurait pas la possibilité de savoir si Eda avait un empêchement ou si elle était simplement en retard, puisqu’elles n’avaient pas échangé leurs numéros de téléphone. Il était encore trop tôt pour s’inquiéter.

Elle nota qu’on avait servi le vin alors qu’elle lançait la conversation sur le métier de ces dames. Pas sûre que les invitées d’une bonne hôtesse aient eux-mêmes à servir le vin. Mais comme tout le monde semblait s’en accommoder, la crainte d’avoir manqué aux bons usages se dissipa rapidement alors que Joanne s’exprimait la première sur son métier. Il y a quelque chose qui vous transportait immédiatement ailleurs quand elle ouvrait la bouche. A moins que ce ne soit du au fait qu’elle se perdait dans la contemplation des traits délicats de son visage ? Elle la sent vraiment animée, donnant l’impression de pouvoir entrer dans un univers à part, celui avec seulement l'Histoire, les musées, Joanne et les oeuvres d'art. Un tel spectacle était agréable à regarder. Après sa réponse, Nina hocha la tête, approuvant la remarque de Jameson avant de suivre cette dernière et lever son verre à Joanne. « Qu’il continue à faire naître cette même petite lueur dans ton regard. » fit-elle, pleine de bienveillance. Quand l’alcool est mauvais, la soirée était mauvaise. Elle tenait cet adage de son expérience personnelle, surtout basée sur la qualité de la vodka lors des soirées bien plus agitées que celle de ce soir. Avec la satisfaction après la première gorgée que c’était de bonne augure qu’elle apprécie le vin, elle ne peut s’empêcher de complimenter le choix de Jameson. « Délicieux. Je ne suis pas spécialiste mais il me plaît au goût. Mh… fruité… comme je les aime. » Avec son grand sourire, elle parvenait à cacher sa légère gêne. Elle sentait qu’elle en avait fait un peu trop, à essayer d’adopter le langage des connaisseurs mais espérait que ce fut passé inaperçu. Une petite gorgée avait suffi pour détendre ses nerfs afin de pouvoir se concentrer pleinement sur ses invitées. Dans le silence d’écoute apparente, elle sirote son vin, analysant mentalement les informations que Jameson leur dévoilait à propos d’elle. Nina était peu sensible au militantisme. Elle connaissait l’indignation qu’on ressentait devant une injustice, le sentiment du cela ne devrait pas en être ainsi mais elle n’avait jamais concrètement agi. Elle n’avait jamais été animée physiquement par la révolte, au point de manifester ou de mener des actions, elle montrait déjà des réticences rien qu’à l’afficher. Ne fais pas de vagues, disait sa mère. La jeune femme ignorait que son aînée était diplômée d’Harvard. Parmi toute l’histoire que cette dernière venait de raconter, c’est surtout ce point qui reste dans l’esprit de Nina. Il lui fait afficher une expression impressionnée, une moue mélangeant étonnement et respect, à la fois. Le parcours de Jameson forçait l’admiration et ’effet était renforcé par son ton, la façon dont elle avait de raconter tous ses accomplissements d’une façon quasi… détachée. Était-ce une démonstration d’humilité ? Faisait-elle preuve d’une certaine réserve ? Non, les observations de Nina penchaient pour une autre explication, sans pouvoir dire quoi. Pour quelqu’un qui avait fait du combat des injustices son étendard, on peinait à voir d’où pouvaient jaillir les flammes d’une femme aussi composée et avec tant d’allure. Elles devaient avoir existé, pour qu’elle en soit arrivée à sa position actuelle et certainement qu’elles existaient encore… mais même en gardant ses yeux sur l’avocate, elle ne saisit rien qu’y pourrait l’aider à la démystifier. « Ta passion doit être une arme redoutable. J’imagine que certains doivent frissonner de savoir que tu seras avocate de l’autre partie au tribunal. » taquina gentiment Nina, soulignant qu’elle avait eu vent des succès et de la réputation qui précédait l’avocate.

Joanne la questionne. Nina croisait ces grandes iris azurés. Puis elle descendit son regard vers le bout des talons que la blonde portait. Elle les relevait encore vers son visage pour les redescendre. Les lève. Mais finalement, décide qu’il sera plus aisé de répondre sans soutenir son regard. Après avoir bu une autre gorgée d’alcool, elle s’entend prononcer faiblement : « Mes études me plaisent, heureusement, car je ne savais pas quoi faire d’autre. » En plein dans la vingtaine, elle avait l’impression que c’était maintenant ou jamais. Qu’il lui fallait aller de l’avant, faire des choix… mais lesquels ? Elle cherchait à éviter de rentrer dans la case des gens décrits par Joanne plus tôt mais finalement, se ravisa et opta pour l’honnêteté. Elle n’avait pas trouvée sa voie, encore. Presque par hasard, elle se retrouvait dans une business school pour apprendre et prendre part au monde des affaires. « Jusque là, je m’étais laissée guider par l’idée de vouloir faire comme mon père. — Nina sourit en y pensant, elle ne l’avait jamais formulé à voix haute avant — Je n’avais pas une grande connaissance du commerce, je me projetais simplement à sa place, dans un grand bureau en haut d’une tour de verre et d’acier… » Elle aurait pu se projeter dans d’autres situations, n’importe lesquelles tant qu’elles étaient assez éloignées de la figure maternelle. Célèbre pour ses apparitions quotidiennes dans le petit écran de millions d’Australien, elle avait rejeté tout ce que sa mère représentait et qui se résumait au mot showbiz. Quelques secondes avec le regard perdu dans la vague, elle cherche ses mots, sentant que son coeur cherche de se délivrer d’un poids qui l’accable. L’éclat revient dans ses yeux bruns et sa voix se fait rauque, comme si elle tirait difficilement de très lointains souvenirs. « Les entreprises sont importantes… Elles contribuent au quotidien, elles influencent notre vie en mettant en place les services et les produits dont nous avons besoin… Leur fonctionnement est intéressant, aussi, ce sont comme des petits systèmes, avec leurs fonctionnements, leurs règles et chacun a un rôle à jouer pour mettre en synergie l’ensemble. Mais… il n’y a rien de transcendant là-dedans. Je n’ai jamais entendu aucun PDG dire que son métier le faisait vibrer. » Il n'aurait jamais une mission aussi profonde que celle de conserver les œuvres d'art pour garder la mémoire de l'Histoire et des œuvres témoignant du passage d'autres avant nous. Et il n'aurait jamais le même impact vertueux qu'une avocate gagnant un procès, préservant la nature, lieu de vie pour les générations futures. Elle soupira, croisant les bras sur sa poitrine et retombant en arrière, le dos plus ancré dans le moelleux du fauteuil, une moue contrite sur le visage. « Je voudrais laisser une trace… humaine. Sans parler de célébrité, je veux simplement dire que… j’aimerais que mon existence soit autre chose qu’un énième nom sur un organigramme. » Elle n'était pas triste et ne s'apitoyait aucunement sur son sort, pourtant, c'était bel et bien une confession. Quelque chose en elle lui soufflait que ces ressentis ne seraient pas jugés auprès de ces femmes. Peut-être qu'elle se trompait, ne réfléchissant pas trop à ce qu'elle disait, suivant le fil de ses pensées. Ce futur qui semblait lui ouvrir ses bras manquait de vitalité. Elle se sentait paralysée, au milieu d’un carrefour avec des centaines de directions s’offrant à elle. Devant l’image d’une jeune femme pétillante et assurée qu’elle pouvait renvoyer, on s’arrêtait souvent à son statut d’héritière privilégiée. Ils étaient persuadés que quelques que soient ses problèmes, elle pourrait sécher ses larmes avec des billets de banque. Or, elle possédait une réelle sensibilité. Chose qu'on ne pouvait pas lui deviner si on s'arrêtait au vilain rôle qu'elle préférait endosser, celui censé dissimuler ses faiblesses et ses vulnérabilités. « Mon rêve de petite fille était d’être chef d’orchestre. A mes yeux, ce qu’ils faisaient était ce qui se rapprochait le plus de la magie. Je ne suis pas certaine qu’il existe un métier dans le monde des affaires qui puisse s’articuler avec un quelconque aspect humain, dans le sens le plus grand du terme, le plus poétique… » Alors oui, cela signifiait qu’elle se prédestinait potentiellement à ne pas être totalement épanouie dans sa vie car son métier ne lui conviendrait pas. Elle l’avait accepté. Enfin, c’est ce qu’elle essayait de se persuader. Nina sourit doucement et haussa les épaules, un petit air amusé sur le visage, donnant l'impression qu'elle ne faisait pas grand cas du sujet. « Je suis plus rêveuse que j’en ai l’air. Malheureusement pour moi. Parce que contrairement à toi, Joanne, je ne sais pas si je trouverais un jour ce qui me plaît et encore moins si je pourrais en faire mon métier. Et… j’ai loin d’avoir tes capacités, Jameson, pour pouvoir forcer le sort en ma faveur, comme tu l'as fait, et devenir la maîtresse du jeu. » déclara-t-elle, toujours souriante avec, tour à tour, un regard appuyé, pour chacune des femmes à qui elle s'adressait.


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MessageSujet: Re: ≈ chapter one.    Lun 26 Fév - 17:13




chapter one
the velvet club

Joanne savait qu'elle faisait partie de ces personnes chanceuses qui s'épanouissaient pleinement dans son métier. Ce n'était pas donné à tout le monde. Beaucoup travaillait par obligation, juste parce qu'il fallait gagner sa vie, ou par défaut. Tout le monde n'avait pas la chance qu'elle avait, et la petite blonde en avait bien conscience. Elle ne se rendait pas vraiment compte à quel point son regard pouvait pétiller dès qu'elle en parlait. Pourtant, Jameson et Nina n'étaient pas les premières à le remarquer. La plus jeune des trois était restée suspendue à ses lèvres de bout en bout, l'écoutant avec grande attention, et Jameson avait ce léger sourire aux lèvres. Et comme à chaque fois qu'on lui glissait un compliment, la jeune femme se sentait toute gênée et elle préférait se dissimuler derrière son verre de vin en en buvant une gorgée. Mais lorsqu'elles décidèrent de trinquer pour la conservatrice, celle-ci leva son verre également, touchée par cette attention. "Je me demande encore ce que je peux avoir comme opportunité pour moi après celle que j'ai pu saisir en obtenant ce poste." dit-elle avec un léger rire. "Mais je ne compte certainement pas la perdre de si tôt, cette lueur." assura-t-elle à Nina avec un doux sourire, le regard toujours aussi pétillant. Joanne aimait bien trop son métier pour cela.  Mais elle ne l'aimait pas au point de s'oublier totalement et de devenir un véritable bourreau du travail. Non, elle parvenait à tout faire à temps et souvent bien plus que l'on ne pouvait lui demander, mais elle ne comptait pas faire des heures supplémentaires. Elle trouvait déjà les soirées bien assez courtes pour pouvoir profiter pleinement d'un moment avec son fils. Joanne aimait bien savourer un bon vin. Elle n'était pas une fine connaisseuse non plus, elle parvenait à reconnaître quelques saveurs mais elle trouvait que quelques cours d'oenologie pouvaient être intéressants à suivre. Elle n'en avait pas vraiment le temps pour le moment. Nina s'essayait à décrire le vin, ce que la blonde ne parvenait pas à faire. Elle se contentait de sourire à la jeune étudiante, acquiesçant d'un simple signe de tête. Jameson fut la deuxième personne à parler un peu d'elle. La brune parlait avec un certain détachement, ce qui laissait Joanne perplexe. Son vécu lui avait en quelque sorte tracé une voie à suivre, qui fut évidente pour elle. Pas forcément celle qu'elle aurait voulu, mais elle ne semblait pas totalement s'y déplaire non plus.  "Il en faut, des personnes comme vous." assura Joanne avec un sourire. "Qui savent argumenter en faveur de la protection animale et végétale." La petite blonde ne se qualifiait pas d'écolo, mais elle faisait attention à ce qu'elle achetait. L'économie d'eau, d'électricité, le tri des déchets, toutes ces habitudes qu'elle avait rapidement adopté et qu'elle tentait d'inculquer à son petit. "Ce métier semble être un bon compromis et semble vous plaire malgré tout. Pour une cause juste et qui mérite d'être entendue. C'est admirable."  ajouta-t-elle d'un air encourageant et optimiste. Joanne ne put qu'approuver ce qu'ajoutait la plus jeune des trois par un signe de tête, laissant échapper ensuite un petit rire.

C'était au tour de Nina de parler un peu d'elle, de la manière dont elle percevait l'avenir. L'étudiante semblait peiner à soutenir le regard de Joanne, cette dernière ne comprenait pas vraiment pourquoi. Ce n'était pas pour autant qu'elle perdait son sourire, et qu'elle gardait cet air on ne peut plus bienveillant, lui laissant tout le temps nécessaire pour formuler sa réponse. Elle pouvait comprendre qu'à son âge, on pouvait encore se questionner sur son avenir.  La blonde l'écoutait donc avec attention, sans l'interrompre. Joanne avait noté qu'il n'était pas facile pour Nina de se confier, comme si elle avait gardé toutes ces paroles pour elle bien trop longtemps. "Tu ne devrais pas t'arrêter aux qualités que nous pouvons avoir, Jameson et moi. Nous avons toutes les trois des histoires de vie bien différentes, des forces disposant de ressources qui nous sont propres." Joanne avait toujours été bien plus douée pour encourager et pousser les autres pour qu'ils y aillent, pour qu'ils se lancent dans des projets, que de s'encourager elle-même. Elle était une bonne oreille et de bon conseil. "Tu as déjà des cartes, tu sais que tu veux, et ce que tu ne veux pas. Tu as tes propres ressources et quand tu auras trouvé ta voie, tu verras que ça ira tout seul." Encore faudrait-il la trouver, certainement. "Tu pourrais très bien créer ta propre entreprise. Tu fais les études pour, tu as des rêves plein la tête. Et tu ne serais pas qu'un simple nom au milieu d'un organigramme, pour reprendre tes mots. Et si aucun PDG ne dit qu'ils adorent leur métier, c'est peut-être parce qu'ils pensent surtout à l'argent. Du moins, c'est ainsi que je vois les choses, je viens de la classe moyenne. Toi, tu veux laisser ta marque, tu admets que les entreprises te feraient. Une entreprise, ça peut tout être et n'importe quoi. Et si je te demande, là, maintenant, tout de suite, quelle filière te fait rêver ? Dans quel domaine te verrais-tu travailler ? Que me répondrais-tu ?" Joanne ne voulait que le bien de Nina, qu'elle trouve rapidement sa voie et donc un réel intérêt à poursuivre ses études. "Quand on pense à entreprise, on imagine immédiatement ces buildings, ces décorations sans personnalité, avec des ordinateurs de partout. Mais le sens de ce mot est tellement plus large que ça. Il y en a qui gère la leur de leur ordinateur à la maison, il y en a d'autres qui la résume à une petite boutique où ils vendent ce qu'ils aiment faire. Une entreprise, c'est tout et n'importe quoi." Nina ne devait pas s'arrêter à l'image qu'elle avait de ce terme. Elle semblait encore si incertaine. Mais elle avait la vie devant elle. "Je ne te demande pas de répondre aux questions que je t'ai posé maintenant, donne toi le temps d'y réfléchir. Peut-être que ça t'aidera un peu pour la suite. Je suis moi-même très rêveuse, parfois un peu trop, mais je ne pense pas que ce soit une mauvaise chose. Mais je suis persuadée que tu es capable de plein de choses, et je pense que tu t'en rendras le jour où tu sauras exactement dans quoi tu désires te lancer." Une fois que Joanne savait qu'elle voulait être conservatrice, elle s'était lancée dedans et malgré les difficultés, elle avait adoré chaque instant. "Et si tu désires monter une entreprise, je te conseille de faire bien attention à l'impact environnemental, sinon j'en connais une qui te rentrerais facilement dans le lard." conclut-elle avec un rire en lançant un regard amusé à Jameson. Peut-être que cette dernière ne partageait pas son avis, par rapport à tout ce que Joanne venait de dire. Toutes venaient de milieux différents, avec des familles indéniablement différentes, mais les points de vue de chacune étaient d'autant plus enrichissants.
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PETIT PLUS : Irlandaise & Amérindienne du Canada, j'ai un petit accent. Je me ressource dans la nature. Combattre les injustices me fait vibrer. Je suis aussi à l'aise dans les bas fonds de Dublin que dans les soirées guindées de l'élite australienne. Vegan depuis mes 15 ans, je milite pour préserver la nature. Légalement, de nos jours. Du moins j'essaie. J'ai adopté une chienne/louve que j'aime comme ma fille. Je n'ai jamais perdu un procès. Certains me décriraient comme une féministe autoritaire et mal baisée. Ceux là sont toujours perturbés lorsqu'ils rencontrent une femme qui se comporte comme eux.
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RPs EN COURS : PhoenixThe Velvet ClubKyte [4]Irene [2]Robin [r.a.]Zombinson [r.a.]


PHOENIX — The river's a hymnal and the leaves are applause. Trees sing in whispers with the wind pulling their arms. Hold still and listen, your hand on my heart; if you need them these beacons will lead you back to the start. Nous avions à peine vingt ans et nous rêvions juste de liberté.


KYTE — No axe has seen these woods since before your father stood; the path is beaten good from the feet of all who wandered through it. Old growth holds hope, let the brambles scrape your skin; scars are story books, blood will wash away our sins.


ROBIN — I'm the anchor that keeps your feet on the ground; you're the wings that get my heart wandering. And if I follow you tonight, will you show me what it's like, to be alive?


IRENE — I know, it seems like we're all lost; but we see the secrets, we know the unknown. Keep close, hold my hand girl, just be strong; we can follow this river right back to your home. Guarded hearts only open up to each other.


SOREN — We should have died a hundred times but somehow we're still alive.
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MessageSujet: Re: ≈ chapter one.    Dim 4 Mar - 18:08



chapter one
The Velvet Club

"These women have fought many wars, most internal. The ones you battle alone. For this, they are remarkable. They are survivors."
Joanne m’a assuré qu’il fallait des personnes comme moi dans ce monde, promptes à défendre et porter une cause juste sur le devant de la scène, et je l’ai remerciée d’un sourire, sincèrement touchée par ses paroles. Je me sentais un peu bête aussi, compte tenu de la dureté avec laquelle j’avais mentalement jugé ses choix de vie quelques minutes plus tôt. La compétition entre femmes, c’était l’inverse des valeurs d’entraide et de soutient en lesquelles je croyais. Et peu m’importait si la jolie blonde n’adhérait pas particulièrement aux principes de féminisme que je défendais, après tout. Elle restait une femme dans un monde créé par et pour les hommes, et nous devions nous serrer les coudes. Nina a attiré mon attention en plaisantant sur la peur que ma passion devait insuffler à mes opposants au tribunal. « Tu n’as pas idée. » J’ai répondu avec un petit rire amusé. J’avais toujours trouvé passablement inutile le jeu de la fausse modestie. J’étais la meilleure avocate dans mon domaine, et je ne voyais pas l’intérêt de prétendre le contraire, étant donné le travail acharné que j’avais fourni pour en arriver là.

C’était au tour de Nina de lever le voile sur ses aspirations, et la jeune femme hésitait. Comme j’avais pu le faire, elle sembla puiser un peu de courage dans son verre de vin et se lança timidement, avouant qu’elle s’était inscrite dans une école de commerce car elle n’était pas certaine de savoir ce qu’elle voulait faire. Lorsqu’elle parla de son père qui régnait au sein d’une grande tour métallique, je n’ai pas pu m’empêcher de visualiser le mien et l’empire Winters Corps qu’il avait mené d’une main de fer. Contrairement à Nina, cette image ne me provoquait qu’une aversion teintée de mépris. C’est pourquoi il me fut difficile de contenir ma crispation lorsque l’étudiante insista sur le rôle prétendument important des entreprises dans notre quotidien. Aveuglée par la haine que j’éprouvais envers mon paternel et l’entreprise qui portait notre nom, j’oubliais toutes ces petites boites éthiques qui participaient au développement durable et prônaient un respect de l’humain. Tout ce que je voyais, c’était les grosses multinationales, leurs dirigeants pleins aux as, leurs employés exploités et aveuglés par la perspective de gravir les échelons, leur mépris de la nature qu’elles détruisaient sans vergogne pour augmenter leurs profits, le calvaire des animaux chassés de leur habitat, torturés pour satisfaire les papilles gustatives d’êtres humains qui avaient perdu tout contact avec la terre et la réalité. Mais alors que Nina poursuivait son discours, je réalisais qu’elle-même voyait certains travers de ce monde, et que l’idée de n’être qu’un pion dans son fonctionnement était loin de la satisfaire. Rêveuse, la jeune femme aspirait à quelque chose de plus utile et souhaitait laisser sa marque, se donner corps et âme dans une occupation à la fois humaine et poétique. J’ai senti un sourire compatissant étirer mes lèvres alors que je l’écoutais. Je ne pouvais que comprendre le conflit interne qui la déchirait, et quelque part je crois que je l’enviais. Parce qu’il y avait de la beauté dans cet instant suspendu dans le temps ; et les questionnements profonds qui écartelaient l’âme de Nina signifiait que pour elle, tout était encore possible. Je réfléchissais au meilleur moyen de lui transmettre cette notion lorsque Joanne me devança. Un peu surprise, je l’ai écoutée rassurer Nina et lui conseiller de ne pas se comparer à nos parcours et j’ai hoché la tête pour appuyer l’importance de ces propos. D’une voix douce et pleine de sagesse, elle proposa quelques solutions et quelques pistes que Nina aurait tout le loisir d’explorer par la suite. Elle parla ensuite des petites entreprises, celles qui poussent dans l’ombres de celles que je m’exhortais à combattre. Les artistes, les artisans, les passionnés qui transmettent leur savoir et leurs créations à une échelle plus humaine et plus respectable selon mes critères. Ceux-là même que je soutenais et auprès de desquels je me fournissais, que ce soit pour ma nourriture, mes vêtements, ou bien encore les objets d’art et de décoration qui égayaient les grandes pièces immaculées de ma villa. C’était la deuxième fois aujourd’hui que Joanne me confrontait à mes propres contradictions, me montrant une autre facette de la réalité que je m’entêtais à ignorer lorsque je me laissais envahir par la rage de ma passion. Je me demandais si elle en avait conscience, et je devais admettre que sa douceur lui donnait une sacré force d’argumentation – ce qui n’était pas sans me surprendre, au demeurant. Elle a conclu ses paroles par une petite boutade qui m’était toute destinée, et je n’ai pas pu retenir un rire franc en croisant son regard amusé. « Je vois que ma réputation est déjà toute faite ! » J’ai plaisanté à mon tour avec un sourire. « Cela dit Joanne a raison, d’autant qu’il est bien plus facile de construire son business model en intégrant le facteur environnemental dès le départ plutôt que d’essayer de le prendre en compte par la suite. » J’ai approuvé plus sérieusement en m’adressant cette fois à Nina.

J’ai repris une gorgée de vin, en profitant pour me repasser rapidement la conversation en tête, puis j’ai entrepris de répondre à mon tour aux questionnements de notre hôte. « Tu sais, tes études peuvent t’ouvrir beaucoup de portes, et pas uniquement dans le commerce, la finance ou le marketing. Il existe de nombreux rôles plus humains au sein d’une entreprise, lesquels te permettent de faire une vraie différence pour les autres employés ; je pense notamment aux personnes qui travaillent dans les ressources humaines, les coach de la performance, les responsables carrières et développement des compétences, et j’en passe ! » J’ai pondéré en tâchant de rester neutre alors que j’évoquais des faits indiscutables que je n’aurais pu ignorer sans être de sacrée mauvaise foi. Cependant, ma véritable opinion ne tarda pas à transparaître à travers ma prochaine remarque : « Mais travailler en entreprise, ça reste sacrifier sa vie pour permettre à d’autres de réaliser leurs rêves de richesse ou de reconnaissance. Le tout dans des conditions qui sont parfois loin d’être éthiques en termes de respect de la personne ou encore de l’environnement. » J’ai asséné d’une voix assez coupante. Ashburn Rose, le cabinet d’avocats où j’avais fait carrière, était un exemple flagrant de ce système qui me répugnait. J’avais gravi les échelons à la sueur de mon front avant de me heurter à un plafond de verre que j’avais dû exploser par la force de ma ténacité couplée à ma rage de réussir, devenant ainsi la deuxième femme à atteindre le statu d’associé - sur une soixantaine d’hommes déjà en place. J’avais connu les managers tyranniques, les collègues compétitifs, ceux qui enchaînaient les arrêts maladie, celui qui avait craqué un jour, se suicidant sur son lieu de travail. Ces petits drames qui se tissaient à l’abri des regards, dans ces immenses tours de verre et d’acier. Parfois j’avais du mal à me regarder dans la glace, en sachant que je contribuais à ce système en acceptant de faire tourner cette boite que j’aimais autant que je la haïssais. Puis je me souvenais que je faisais ça pour l’environnement et les animaux, et qu’Ashburn Rose m’accordait la confiance et les moyens nécessaires aux projets que je souhaitais soutenir, face aux titans que j'entendais combattre. Mais malgré tout une partie de moi n’y croyait pas, ou n’y croyait plus. Et c’est celle-là qui avait envie de s’exprimer, et peut-être d’inspirer Nina à faire des choix plus purs. « Le monde change, les choses évoluent. Les métiers de demain ne seront pas les mêmes qu’hier, et les qualités nécessaires pour s’y épanouir ne se résumeront plus à nos études ou à nos capacités. » J’ai expliqué d’une voix plus douce, rêveuse, presque. « Les conseils de Joanne sont précieux : pose-toi les bonnes questions. Qu’est-ce que tu aimes ? Quel impact souhaite-tu avoir sur le monde ou la communauté qui t’entoure ? Quelle activité serais-tu prête à faire des heures durant même si tu devais ne jamais être payée ? Quelles personnes admires-tu et pour quelle raison ? » Je l’ai questionnée comme l’avait fait Joanne quelques minutes plus tôt, ajoutant à mon tour du terreau sur les graines de sa réflexion. « C’est normal si les réponses ne te viennent pas tout de suite, ni dans un an. C’est en vivant qu’on se construit, qu’on se comprend et qu’on se retrouve. Tout ce que tu apprends au cours de ta vie et de tes expériences te servira plus tard, quoi que tu décides de faire. » Je lui ai assuré avec la conviction que confère l’expérience. « Nous sommes bien plus que la somme de quelques compétences acquises sur les bancs d’une école, aussi prestigieuse soit elle. La façon dont nous les lions à notre histoire et à nos passions, voilà ce qui nous permet de créer quelque chose d’unique et qui nous ressemble. De laisser notre marque. » J’ai appuyé en reprenant les mots qu'elle avait utilisé. Puis j'ai posé ma main sur son genoux et j’y ai effectué une petite pression, comme pour lui transmettre la confiance que j’avais en l’avenir qu’elle commençait déjà à écrire. « Tu es jeune Nina, » J’ai conclu en m’écartant pour me caler confortablement dans le canapé. « Tu as toute la vie devant toi pour trouver ta voie. Et je suis certaine que tu la trouveras. Écoute ton cœur et écoute ta raison. Leurs messages peuvent être différents, mais leur essence guidera tes pas dans la bonne direction. »

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Wherever we go, we'll never be lost. Some follow the compass rose, some Follow the cross. Me, I follow roads compulsively till sirens call me off, then I wander, eyes closed, following song. •• The river, the woods
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MessageSujet: Re: ≈ chapter one.    Sam 24 Mar - 21:50





≈ ≈ ≈
{ god bless the world —
and all the beautiful women in it }

Jambes croisées et confortablement installée dans son fauteuil, Nina écoutait avec attention et rien n’aurait pu la distraire tant chaque mot la touchait profondément. De la sagesse se répand au quatre coins de la pièce, porté par la voix douce de Joanne et la jeune femme s’en imprègne sans rien dire, hochant juste la tête à intervalles réguliers. A fur et à mesure qu’elle commentait ses paroles, la conservatrice exposait sa vision des choses, soulignant qu’elle pouvait exister en dehors du chemin que Nina pensait tracé pour elle. Elle dépeignait des alternatives, des mondes différents où elle pourrait s’épanouir et trouver dedans un futur où elle pouvait conjuguer ses sensibilités avec ses ambitions. Si d’abord, elle afficha une moue boudeuse, gênée par toutes les questions que Joanne soulevait, l’interpellant directement, la brune se radoucit quand elle l’entendit poursuivre. Elle n’exigeait pas de réponses maintenant, l’aiguillait vers quelques pistes et lui semait quelques graines dans l’esprit de Nina, qu’elle pourrait cultiver grâce à la réflexion. Elle offrit à Joanne un regard plein de reconnaissance en entendant ces dernières paroles, portant même la main contre son coeur pour lui signifier à quel point ses mots la touchaient. Après l’avoir écoutée, Nina aurait pu jurer qu’une des femmes les plus gentilles de la planète venait de s’adresser à elle. Qui pouvait se montrer aussi encourageante envers quelqu’un qu’elle ne connaissait pas encore très bien ? Il émanait d’elle un bon sentiment, aussi pur que positif, comme si elle se souciait sincèrement que Nina puisse trouver sa voie. La remarque qu’elle glissa ensuite, taquinant Jameson, la fit glousser. « Je n’y manquerai pas. » répondit-elle, à Joanne, avant de se tourner vers la concernée. « J'espère que je pourrai profiter de tes conseils, Jameson, s’il est question de mettre en place des actions concrètes. » Elle baissa la tête devant l'avocate, en signe d’humilité. « J’espère que cela compensera un peu le fait que je sois la petite-fille d’un des deux fondateurs de la Cathay Pacific… » Nina afficha un air contrit, même si, théoriquement on ne pouvait rien lui reprocher. Elle ne l’avait pas choisi ça, de naître en tant qu’héritière d’une compagnie aérienne. Le domaine nuisait à l’environnement avec l’utilisation de toute cette énergie pour envoyer ces énormes machines en l’air. « Là, je le confirme pour être allée à certains galas organisés par la compagnie , le respect de l’environnement fait difficilement son entrée dans les business plan. » La multiplication des trajets proposés ces cinquante dernières années sous l’effet de la mondialisation avait eu son impact et trop souvent, l’offre créait la demande. Nina avait conscience que c’était un problème mais, Jameson la rejoindrait peut-être sur ce point, ce n’était pas la seule dérive qui avait plongé la planète dans un état alarmant. Les gestes du quotidien avaient également leur part d’importance, notamment les entreprises comme Joanne l’avait justement souligné et avant leur rencontre, Nina le reconnaissait, elle n’aurait pas eu d’égards pour les questions écologiques. C’était un sujet qu’elle devait méditer, se dit-elle, elle n’en était qu’à ses débuts en la matière et ne se transformerait pas en militante du jour au lendemain… mais elle était sincère, quand elle disait vouloir bien faire.

Sans en savoir plus sur Jameson que tout ce qu’elle leur avait dit jusque là, ses paroles donnaient l’impression à la jeune femme qu’elle avait traversé beaucoup d’épreuves pour en arriver là aujourd’hui. Jameson avait hacké le système et se trouvait dans une situation plus que confortable pour mener son combat sans haine, ni violence, juste à la force de son intelligence et de ses convictions. Il lui était facile d’imaginer l’avocate au tribunal, faire plier l’autre partie car elle était autant redoutable sur le fond que sur la forme. Captivante, brillante de prestance, croiser ses iris glacés suffiraient pour que ses adversaires regrettent de s’y être frottée. Puis, quand elle distillerait son argumentaire implacable dans les esprits, ses adversaires admettraient eux-mêmes leur propre défaite. Qu’importe qu’ils soient des géants pesant sur l’économie et dirigeant l’ordre mondial en coulisses, ils n’étaient que des démons gangrenant un monde qu’elle voulait plus juste et plus beau pour les générations à venir. Accrochée fermement à ses convictions, Jameson pouvait les faire plier et les mettre à genoux devant elle. Nina se sentit proche de l’avocate, malgré leur personnalité et leur histoire différentes, alors qu’elle lui offrait une analyse objective de la vie qui l’attendait ; on sentait que son expérience parlait pour elle. Ses points positifs mais surtout ses nombreux travers qui affectaient mais tous les maillons de la chaîne, juste au profit d’une petite poignée de personnes, à peine. Malheureusement… le monde marchait ainsi depuis si longtemps, que plus personne ne le remettait en question et se pliait docilement à ses règles, pour ne pas en être éjecté. Elle comprenait très bien à quoi Jameson faisait allusion. Pour l’instant, elle se plaisait dans ces études car elles restaient globales et qu’elles lui permettaient de toucher à de nombreux domaines. Elle voulait garder le plus de portes ouvertes possibles car jusqu’au moment où elle devra faire un choix. Quoiqu’elle choisisse à ce moment-là, elle espérait avoir le courage de respecter l’un de ses voeux les plus chers, celui de ne pas nuire. Voire même, plus ambitieux encore, laisser une marque positive dans la vie d’autres personnes. Un projet bien naïf et idéaliste quand on avait une vue d’ensemble de l’univers dans lequel elle avait mis un pied. Il était rarement question de vertu quand il y avait de grosses sommes d’argent en jeu. Terrible comme ça avait le pouvoir de corrompre les gens. Elle venait d’un milieu privilégié et l’argent avait causé plus de tort que de bien dans sa vie, elle en avait fait les frais. Mais cela représentait aussi une arme redoutable qui l’aiderait à atteindre ses objectifs, pour ça il fallait qu’elle reste fidèle à son cœur et qu’elle se défasse des restes d’éducation bancale qu’elle avait reçu. Les échanges comme ceux-ci étaient déjà un bon début, elle avait un bon pressentiment, celui d’être embarquée dans la bonne voie. Jameson était réellement inspirante. A ses débuts, elle avait été intimidée, c’est vrai, car elle en imposait. Oui, mais quand Nina voyait les sourires qu’elle leur offrait et le contact encourageant de sa main, il émanait de l’avocate une certaine chaleur, chaleur qui n’entachait en rien son armure. Elle lui inspirait ça, le fait qu’on était jamais autant femme qu’en étreignant force — dans le sens le plus large du terme — et générosité à la fois. L’étudiante lui sourit et du bout des lèvres dessina “Merci”. Ses yeux bruns, pétillants de malice fit des allers-retours entre ses deux invitées. Une moue suspicieuse mêlée d’amusement naquit sur son visage. « Est-ce que vous vous étiez donné le mot pour m’émouvoir, voire même me faire pleurer ? » Nina pouffa. « Vous avez presque réussi, mesdames… — Elle reprit un air plus sérieux, en gardant son sourire chaleureux — Merci pour vos conseils. C’est ce que j’avais besoin d’entendre et… » Quiconque avait mis ces femmes sur son chemin méritait d’être béni, à ses yeux. Elle était sincèrement heureuse d’avoir fait leur connaissance. « Je vais avoir besoin de temps pour méditer sur ça mais je sens que j’ai beaucoup à apprendre de vous deux. » Nul doute qu’elles seront les premières mises au courant si un jour Nina ressentait l’étincelle : “tiens, c’est ça qui me plaît !”. Ce jour n’était pas encore arrivé. Le discours des deux femmes s’était croisé sur le fait qu’elle était encore jeune, ce qui signifiait qu’il lui restait encore du temps pour se lancer, se tromper, réussir, changer d’avis une fois, deux fois, mille fois si elle le voulait. Il lui serait difficile de garder ça en tête, de ralentir. Par essence, c’était une gamine pressée de tout voir, tout vivre mais elle avait du se rendre à l’évidence qu’elle était bloquée, parce qu’elle ne savait pas quelle voie prendre et où aller. On ne lui répétait pas assez souvent que la valeur de la vie résidait dans le voyage et non pas la destination.

Nina proposa à ses invitées si elle voulait être resservie en vin. Après cela, elle reprit sa position initiale. « L’idée d’auto-entreprendre me trotte dans la tête depuis un moment. Non seulement c’est gratifiant mais surtout… c’est pour montrer à l’un de mes professeurs qu’une femme ne sous-entend pas que “faire un enfant”, quand elle évoque des “projets personnels” après l’université. » Elle avait hésité entre rire et le frapper, quand il lui avait sorti ça lors d’un entretien. Rien que d’y repenser, l’exaspération la gagnait. « J’aime l’idée d’être libre et indépendante. Surtout pas sous les ordres d’un homme ou à devoir faire mes preuves… en tant que femme. » Ses yeux se promenèrent sur le visage des deux femmes, guettant leur réaction, avant de poursuivre pour partager une “anecdote”. « Le monde du business n'est pas très évolué et c'est quasi systématique qu'une femme doit fournir deux fois plus d'efforts qu'un homme pour être reconnue comme compétente. Il n'y a qu'à voir mes profs... L'un d'eux nous accueillait à la rentrée par un commentaire sur la légère majorité de filles dans la promotion en disant qu’on avait pu accéder à ces études seulement car le niveau scolaire masculin était en baisse… » Il avait voulu donner le ton pour un premier jour, pensant sûrement que son humour ferait l’unanimité mais il n’avait récolté qu’un silence plein de malaise. « J’ai un peu d’espoir que les choses changent. Il y a peu, il nous a encore sorti quelque chose du même acabit même s'il y avait une majorité de filles dans la salle. Donc nous avons protesté, même certains garçons, mais résultat, on s’est tous fait virer. » Qu’est-ce qu’une personne pareille pouvait bien leur enseigner, mis-à-part sa vision archaïque du monde et des choses ? « Ils sont encore là les vieux cons pour penser que, quelque soit leur statut, le dernier mot, sur la façon dont une femme doit mener sa vie. Ils pensent être en droit de les dissuader de se lancer dans leur projet, de suivre leurs instincts et leurs idées.» Elle parlait sans colère, plutôt avec beaucoup de lassitude. « On excuse facilement les hommes qui se lancent dans des projets plus que farfelus mais on est plus sévère avec les femmes. On leur pardonne moins de se tromper. » Le monde entier était dur avec les femmes qui s’aventuraient hors des sentiers balisés par la société, pour elle, et des rôles qu’on lui attribuait. « Je ne vais pas épiloguer sur ce genre de mentalités totalement accablantes… j’imagine que vous savez de quoi je parle et que en avez déjà rencontré... » Entre femmes, résidait souvent une complicité mutuelle. Celle qui se transmettait par un regard amusé, un brin excédé quand un homme parlait et qu’il sortait un truc macho ou juste… bête. Elles avaient l’intelligence de ne pas le commenter mais elles n’en pensaient pas moins sur ce qu’il était en train de raconter et sa manière de le faire. A tort peut-être, mais s’il fallait reprendre chaque homme, à chaque fois, elles finiraient épuisées.

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MessageSujet: Re: ≈ chapter one.    Lun 26 Mar - 20:21




chapter one
the velvet club

Joanne était toujours encourageante. Elle ne comprenait jamais pourquoi certaines personnes se plaisaient à rabaisser les autres, elle pensait que cela ne rapportait absolument rien. A ses yeux, il était évident de soutenir des projets qui s'annonçaient prometteurs, même s'il ne s'agissait que d'une ébauche, un début d'idée. La petite blonde était assez douée pour cela, alors qu'elle ne savait pas s'encourager toute seule. Prendre soin des autres, veiller à ce qu'ils parviennent à leur but, lui semblait bien plus facile. C'est pourquoi elle apportait des pistes à Nina. Elle était encore si jeune, elle avait toute la vie devant pour construire son rêve, ce dont elle aspirait. Tout était encore flou, indécis, la brune ignorait quelle direction aller. Joanne lui donnait donc des pistes par le biais de questions qui semblait rendre l'étudiante bien nerveuse, boudeuse et gênée. Mais il avait suffi à Nina d'entendre tout ce que la conservatrice avait à dire pour que ses traits se radoucissent et qu'elle finisse par être profondément touchée par chacun de ses propos. La blonde lui rendait le plus adorable des sourires quand elle avait vu que sa nouvelle amie avait compris que tout le raisonnement qu'elle venait de lui appliquer n'était que pour son propre bien. Joanne ressentait un certain soulagement lorsque l'avocate rejoignait ses propos et encourageait Nina a poursuivre la voie dans laquelle elles voulaient la lancer. Jameson semblait être du même avis que l'étudiante, avec cette volonté de laisser une marque. Cela n'avait jamais été un objectif principal pour Joanne, bien que l'une des idées qui lui trottaient dans la tête depuis un bon moment, prouvait un petit peu le contraire. Elle n'avait à ce jour encore pas idée que cette idée, ce projet qui la passionnait allait très rapidement tomber à l'eau, apportant avec la désillusion la plus totale. Peut-être que Nina fera face aussi à des échecs, à des difficultés, mais les deux autres femmes n'avaient pas manqué de mettre en avant sa jeunesse. Des erreurs, il fallait en faire, c'était le meilleur moyen d'apprendre. Jameson s'y connaissait bien plus dans le domaine et Joanne l'écoutait, sans trop savoir quoi ajouter. Elle n'était absolument pas dans le business, ni dans le management, ce n'était pas son domaine. "L'émotion prouve que nos mots t'ont un petit peu impactés." dit Joanne avec un doux sourire. "Mais tout ceci est un ensemble d'éléments qui te seront d'une grande aide lorsque tu te plongeras dans tes réflexions. Et tu as le temps, ne cherche pas à précipiter quoi que ce soit." lui dit-elle en guise de dernier conseil. Elle ignorait si elle pouvait permettre à Nina d'apprendre quoi que ce soit en plus, mais si ce n'était pas le cas, elle restait toujours une bonne oreille, toujours à chercher le meilleur chez chaque personne qu'elle pouvait côtoyer. Joanne acceptait volontiers de reprendre un verre, et se dit qu'elle passerait à des boissons moins alcoolisées par la suite. Elle aimait bien boire, mais pas se saoûler. La petite blonde se trouvait ensuite bien loin de sa zone de confort lorsque Nina lançait un tout autre sujet. Il n'était pas moins lié à ses projets, mais elle abordait un thème qui pouvait parfois faire polémique. Joanne avait cru comprendre que Jameson était de la même trempe que Nina lorsqu'elle écoutait et se rappelait des propos échangés depuis le début de cette rencontre. Et Joanne n'était clairement pas sur la même longueur d'ondes à ce sujet. Elle ne s'en était pas inquiétée outre mesure dans la mesure où elle ne se sentait pas victime. Elle était restée longuement silencieuse, le regard fuyant. "Je n'ai jamais été véritablement confrontée à ce genre d'injustice." dit-elle avec timidité. Ou peut-être avait-elle été trop naïve pour les remarquer. "Quand j'ai changé de travail, je devais faire mes preuves, mais c'était pour tout le monde, et tout le monde passait par là, quel que ce soit le genre. Mais je n'ai pas souvenir d'avoir du faire encore plus mes preuves parce que je suis une femme." Joanne trouvait que certains féministes, tout comme les hommes les plus machistes, viraient très rapidement à la colère, à la violence et à toute sorte d'émotions négatives auxquelles elle n'aspirait. C'était pourquoi elle ne s'intéressait pas à ce genre de mouvements, parce que les extrêmes se manifestaient beaucoup trop rapidement. Hassan l'avait toujours respectée, Jamie aussi, ce dernier avait mêem fait part de son admiration pour elle, pour ses capacités. "Je suppose qu'une telle hargne relève surtout d'un trop de fierté et de la crainte qu'ils puissent être dépassés, et que le seul moyen pour eux est de continuer à rabaisser ou de continuer à mettre à l'épreuve. Je vois plutôt ça comme une insécurité de la gente masculine. Heureusement pour eux et pour nous, ça ne concerne pas tous les hommes." Joanne haussait les épaules. "Mais les mentalités changent, je trouve. C'est un processus lent, mais qui finira bien par aboutir. Tu l'as dit toi-même, Nina. Le prof dont tu parles est vieux, il a connu des époques où on l'accordait beaucoup moins d'estime aux femmes. Et il est certainement resté coincé dans cette mentalité là." Sa voix était restée discrète. Elle partageait certaines opinions, d'autres moins. Comme Nina qui parlait des projets personnels après l'université. La manière dont elle tournait sa phrase signait presque un reproche aux femmes qui désiraient avoir un enfant, du moins c'était ainsi que Joanne l'entendait. Or, elle, avait toujours rêvé d'avoir des enfants. Ce genre de discussion était extrêmement déstabilisant pour elle, cela bousculait certains des principes bien ancrés par ses parents quand elle était petite avec des idées plus neuves, plus jeunes, qui méritaient d'être entendus et exécutés. Mais ça avait un aspect un petit peu effrayant pour Joanne. "J'ai bien compris que vous aviez des avis bien plus tranchés sur ce sujet que moi." reconnut-elle avec embarras. "Ca ne veut pas dire pour autant que j'approuve le comportement qu'avait eu ce professeur avec ta promotion, Nina, loin de là. Il a même rabaissé la gente masculine, si je ne m'abuse." Elle haussait une nouvelle fois les épaules. Ce n'était que son avis. Joanne se doutait bien que Jameson et Nina avaient bien plus à débattre à ce sujet, avec des opinions particulièrement bien forgées et elles avaient toutes les deux un caractère bien plus forts que celui de Joanne. Un combo qui la mettait dans une situation inconfortable, avec une certaine crainte de s'attirer les foudres. Ce n'était pas le genre de sujets de conversation qu'elle aimait bien aborder, ou qu'elle abordait tout court. Car Joanne craignait plus que tous les confrontations, et c'était un sujet qui pouvait aisément déboucher à quelques frictions.
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ÂGE : A l'aube de la quarantaine
SURNOM : Jaimie, Jam'. Maître Winters au boulot. Au lit, aussi.
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PETIT PLUS : Irlandaise & Amérindienne du Canada, j'ai un petit accent. Je me ressource dans la nature. Combattre les injustices me fait vibrer. Je suis aussi à l'aise dans les bas fonds de Dublin que dans les soirées guindées de l'élite australienne. Vegan depuis mes 15 ans, je milite pour préserver la nature. Légalement, de nos jours. Du moins j'essaie. J'ai adopté une chienne/louve que j'aime comme ma fille. Je n'ai jamais perdu un procès. Certains me décriraient comme une féministe autoritaire et mal baisée. Ceux là sont toujours perturbés lorsqu'ils rencontrent une femme qui se comporte comme eux.
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RPs EN COURS : PhoenixThe Velvet ClubKyte [4]Irene [2]Robin [r.a.]Zombinson [r.a.]


PHOENIX — The river's a hymnal and the leaves are applause. Trees sing in whispers with the wind pulling their arms. Hold still and listen, your hand on my heart; if you need them these beacons will lead you back to the start. Nous avions à peine vingt ans et nous rêvions juste de liberté.


KYTE — No axe has seen these woods since before your father stood; the path is beaten good from the feet of all who wandered through it. Old growth holds hope, let the brambles scrape your skin; scars are story books, blood will wash away our sins.


ROBIN — I'm the anchor that keeps your feet on the ground; you're the wings that get my heart wandering. And if I follow you tonight, will you show me what it's like, to be alive?


IRENE — I know, it seems like we're all lost; but we see the secrets, we know the unknown. Keep close, hold my hand girl, just be strong; we can follow this river right back to your home. Guarded hearts only open up to each other.


SOREN — We should have died a hundred times but somehow we're still alive.
RPs EN ATTENTE : Phoenix [2] ↟ Robin [4] ↟ Zelda ↟ Gabriel
PSEUDO : Whitefalls/Whitewolf
AVATAR : Maggie Siff
CRÉDITS : Tearsflight (avatar), anaëlle. (signature) & tumblr
DC : Kyte le vieil ours mal léché & Aisling l'ex junkie paumée
INSCRIT LE : 08/03/2016
http://www.30yearsstillyoung.com/t7655-jaimia-winters-you-were-expecting-me-to-be-a-man-my-father-was-too http://www.30yearsstillyoung.com/t13536-jameson-winters-lone-wolf-looking-for-her-pack http://www.30yearsstillyoung.com/t12178-jameson-winters

MessageSujet: Re: ≈ chapter one.    Ven 30 Mar - 22:53



chapter one
The Velvet Club

"These women have fought many wars, most internal. The ones you battle alone. For this, they are remarkable. They are survivors."
Nina a gardé le silence quelques secondes après la pluie de conseils qui l’avait assaillie. L’émotion brillait dans ses yeux alors qu’elle nous remerciait chaleureusement. J’ai hoché la tête pour lui dire que ce n’était rien, que j’étais ravie de lui partager mon expérience, et que j’espérais que ça lui serve à quelque chose. Du moins je comptais sur mon regard pour communiquer tout ça, car mes mots sont restés bloqués quelque part à l’intérieur. C’était mon talon d’Achille, celui que les autres ne soupçonnaient jamais. Mon éloquence légendaire se figeait face à la moindre marque d’émotion ou d’affection. J’ai changé le croisement de mes jambes comme pour échapper à l’intimité trop soudaine qui planait entre nous et j’ai noyé mon malaise dans mon verre tandis que Joanne prenait le relais de sa voix douce, validant tout en finesse les sentiments qui agitaient la jeune femme et lui prodiguant une dernière recommandation. Je l’ai observée à la dérobée, admirant la bienveillance qui émanait de ses traits et les qualités humaines que témoignaient chacune de ses interventions. Un domaine dans lequel j’étais consciente de cumuler plusieurs lacunes. J’ignorais si c’était lié à l’éducation stricte et dépourvue de tendresse que j’avais reçue, ou bien si j’avais hérité de ma mère le sang de glace qui durcissait nos cœur. Toujours était-il que si j’avais réussi professionnellement, c’était grâce à l’efficacité de mon travail et en dépit de mon incapacité à développer des relations professionnelles satisfaisantes. Je ne comptais plus le nombre de fois où mon collègue, ce brave Thompson, m’avait conseillé de suivre un coaching. J’avais toujours décliné, persuadée qu’il était trop tard pour résoudre cette tare dont j’avais fini par m’accommoder. Et puis dans un sens, ça m’arrangeait bien : ma froideur maintenait les gens à une distance raisonnable qui me convenait bien. Quelque part, j’y trouvais mon compte, même si je portais en moi le regret de ne jamais m’être épanouie dans une relation de couple. Je commençais aussi à accepter le fait que je ne serai probablement jamais mère non plus.

Forte de l’intervention de Joanne, Nina a poursuivi sur sa lancée, abordant son souhait de devenir auto-entrepreneuse pour prouver – entre autres – qu’elle avait d’autres ambitions que celles de faire un enfant. Je l’écoutais en me délectant de mon verre à nouveau rempli et j’ai hoché la tête, appréciant son discours vibrant de convictions et de rébellion. C’était la base du féminisme, avoir une notion de choix. Je n’avais rien contre les femmes qui souhaitaient se consacrer à leur famille et à leurs enfants au lieu de s’intéresser à leur carrière. J’admirais celles qui parvenaient à conjuguer les deux avec brio. Je me sentais plus proches de celles qui avaient décidé de tracer leur chemin seules, par la seule force de leur ténacité. Toutes ces femmes exerçaient leur liberté de choix, et ça avait une certaine beauté. Non, ce qui me faisait sortir de mes gonds, c'était la pression que nous subissions toutes. Les femmes qui décidaient de rester au foyer étaient traitées avec mépris, celles qui essayaient de jongler sur les deux tableaux étaient critiquées de ne pas être une ‘bonne mère’ et avaient la pression de fournir le même travail que n’importe quelle autre personne. Enfin, on essayait de savoir ce qui clochait chez les dernières, celles qui n’avaient pas d’hommes dans leur vie. Étaient-elles trop tyranniques ou bien mal baisées ? Trop égoïstes ou encore attirées uniquement par les femmes ? Autant de clichés véhiculés au détour d'une machine à café, ou à travers quelques lignes dans un magazine féminin. Quoi que nous fassions, la société patriarcale essayait de nous contrôler. Que ce soit en nous faisant miroiter les avantages d’une féminité bien dans les normes, ou bien en utilisant la honte pour tenter de recadrer celles qui ne se sentaient pas à l’aise dans les critères de ce qui faisait une bonne femme, une bonne épouse, une bonne mère, une bonne fille. C’était dans les petites remarques que des hommes comme le professeur de Nina infligeaient à leurs étudiantes, dans les voix de nos mères qui nous priaient de ne pas salir nos vêtements alors même qu’elles soupiraient d'une joie indulgente en voyant nos frères se rouler dans la boue, sous prétexte que ‘boys will be boys'. C’était dans l’agressivité des hommes à qui nous refusions un sourire au détour d’une rue. Dans le maquillage qu’on se devait de porter pour avoir ‘bonne mine’. Dans ces chaussures inconfortables qui nous labouraient les pieds et sans lesquelles nous n'aurions pas l'air 'habillées'. Plus encore dans cette pression constante de ne pas être trop franche, ni trop effacée non plus. D’être sexy sans être vulgaire, et virginale sans être coincée. De faire preuve d’expertise lorsque l’on souhaitait s’exprimer sur un sujet à connotation 'masculine', alors même que des hommes aux connaissances parfois inférieures aux nôtres ne se gênaient pas pour donner leurs avis biaisés. Comme je haïssais ces petites injustices bien dissimulées et pourtant à la vue de tous. Comme l’amertume me consumait chaque fois que j’étais confrontée à une nouvelle injustice, un nouveau mensonge.

« Ce professeur m’a l’air d’être un sacré con. » J’ai sifflé comme pour conclure le courant de mes pensées. La réaction de Joanne tarda à venir, et lorsque la jolie blonde prit la parole, c’est avec des termes plus nuancés qu’elle partagea sa propre expérience et son avis de la situation. En l’écoutant parler, je me suis demandée si nous avions vécu sur la même planète, ou si elle avait tout simplement eut la chance de ne tomber que sur des hommes adorables qui avaient fait le travail de se déconstruire des clichés véhiculés par notre société. Ou peut-être encore Joanne avait-elle moins souffert d’être née femme, s’acclimatant plus facilement que Nina ou moi aux attentes qui incombaient à notre sexe. J’ai tout de même ressenti un certain soulagement lorsqu’elle nous rejoignit sur le caractère déplacé des remarques de ce professeur. Rien que d’y repenser, j’étais prête à sauter au plafond, toutes griffes dehors. Mais quelque chose me retint. C’était peut-être la discrétion de Joanne ou ses yeux qui ne rencontraient plus vraiment les nôtres. Au cours de cette conversation, j’avais pu prendre conscience de sa sensibilité à fleur de peau, et du malaise qui l’habitait chaque fois que Nina ou moi nous acharnions à pourfendre le patriarcat qui nous étouffait. Pour cette raison, et parce qu’elle m’avait sauvé la mise sans le savoir quelques minutes plus tôt, j’ai pris une inspiration et décidé de me tempérer. « Nous sommes d’accord. De plus, je trouve ça complètement irresponsable de la part de ton université d’avoir puni votre réaction plutôt que son attitude. En plus d’être totalement idiot et rétrograde, c’est contraire à la loi qui sanctionne ce genre de discrimination systémique dans les écoles. » J’ai ajouté, visiblement incapable de décrocher de mon boulot. « D’ailleurs, si tu le souhaites, je serais ravie de leur en toucher quelques mots. Ou bien encore de te briefer pour que tu puisses te charger de cette bataille. » J’ai proposé avec un clin d’œil en direction de la brune sulfureuse. « Enfin, nous pourrons reparler de tout ça autour d’un thé si ça te dis ; je n’ai pas envie de gâcher notre soirée en me mettant à disséquer la loi Australienne ! » J’ai plaisanté avec un petit rire.

J’ai repris une gorgée de mon vin puis je me suis renfoncée dans le canapé, caressant Nina et Joanne du regard. J’ai réalisé qu’en dépit des débats parfois enflammés qui nous animaient, je ne connaissais presque rien de ces deux femmes si différentes et pourtant si intrigantes chacune à leur façon. Je me suis souvenue de ces jeux que les mômes faisaient au lycée. Ces jeux auxquels je n’avais jamais joué puisque j’avais tendance à sécher les soirées pour aller me perdre seule dans la nature. Je n’étais pas certaine de savoir comment ils fonctionnaient, mais je savais que le principe était d’en apprendre plus sur les personnes qui nous entouraient tout en sirotant un bon verre. Pourquoi pas, je me suis dit. J’ai fini mon vin d’une traite et je me suis emparée de la bouteille de whiskey, estimant que l’heure était venue de passer aux choses sérieuses. « Mesdames, pour accompagner cette atmosphère tamisée, je vous propose de passer au whiskey. » J’ai lancé d’une voix faussement solennelle. J’ai servi celles qui désiraient goûter à ce doux breuvage en provenance de mes contrées Irlandaises et j’ai tapoté mon petit verre de mes ongles courts. « Et pour rester dans le thème de notre discussion, j’aimerais vous poser une question : vous-êtes-vous déjà demandé ce que ça ferait de vivre dans la peau d’un homme pour quelques jours ou quelques semaines ? Admettons que suite à un étrange sortilège, vous vous réveillez demain dans le corps d’un de ces spécimens… à quelles expériences auriez-vous envie de goûter ? » J’ai demandé, une lueur de curiosité dans le regard et un sourire malicieux au coin des lèvres.  

(c) DΛNDELION


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