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 Cuddle in a cup

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ORIENTATION SEXUELLE : J'aime les beaux garçons.
PETIT PLUS : en plus de préserver les siens, Chad est une tombe lorsqu'il s'agit de garder un secret. Il est redoutable au poker
UN RP ? : Pas dispo pour le moment.
RPs EN COURS : (4/5)
• feat. Kelly Ward
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MessageSujet: Cuddle in a cup   Ven 12 Jan - 22:41


Cette année, les conditions étaient toutes réunies pour invoquer le spleen de Noël. Chad ne voulait pas se la jouer Scrooge, mais il partageait l'aigreur des âmes esseulées, pour lesquelles cette période chaleureuse pour certains ne faisait qu'exacerber des sentiments mal refoulés. Il habitait sur le mauvais hémisphère, sinon il aurait pu sans peine qualifier les fêtes de fin d'année à l'image de leur saison : mornes et froides. Ce dimanche-là, il avait décidé de se morfondre. Un carton à pizza trônait encore négligemment au coin de son lit, menaçant de se renverser à la moindre brusquerie. Un filet de lumière filtrait à travers ses rideaux occultant, comme une lueur d'espoir perdue dans océan de mélancolie. Quant à lui, il lézardait avec paresse, une jambe repliée et le bras droit collé derrière la tête. Le seul pilier qui le maintenait redressé. Un débardeur et un caleçon informes couronnaient son tableau de décrépitude, tandis qu'il fixait sans conviction le vide en face de lui. Les secondes s'égrenèrent. Une. Deux. Trois. Et la vérité le frappa avec intensité, alors que le carton s'échoua enfin au sol, libérant les quelques trottoirs qu'il ne pouvait jamais se résoudre à manger. Chad s'était relevé avec surprise lorsqu'il avait réalisé quel mal le rongeait. Il déprimait. Maudites fêtes de fin d'année. Pourquoi déclenchaient-elles toujours autant de passions ? Qu'elles fussent heureuses ou malheureuse. Chad avait dit au revoir à ses élèves les plus coriaces la veille. Personne n'avait le temps ni l'envie de faire du sport après un gavage de Noël. Et en plus, la période était un prétexte pour les salles les plus rentables de fermer boutique. Le temps pour les employés de retrouver leurs familles respectives. Mais Chad n'avait pas envie de retrouver sa famille. Le travail qu'il avait effectué sur lui ces derniers temps avait été un véritable exploit. Il se sentait bien dans son corps. Raisonnablement bien dans sa tête. A l'exception d'un tout petit détail qui lui bouffait toute son énergie psychique et morale, à savoir devait-il vivre caché pour vivre mieux ? Mais cette question trouverait sa réponse aussitôt aurait-il franchi le seuil de la demeure familiale. Et il soupçonnait son inconscient de vouloir renier cette vérité.

Ni une ni deux, il étendit le bras pour attraper son téléphone et composa son message avec une dextérité naturelle. Il n'y avait qu'elle dont le réconfort pouvait le tirer de sa torpeur passagère. Qu'elle pour le comprendre, sans pour autant le pouvoir totalement. Parce que tant qu'elle ignorait cette partie de lui qu'il ne voulait... ne pouvait lui révéler, il y aurait comme un mur infranchissable entre eux. Une espèce de barrière opaque derrière laquelle elle apercevait les choses, mais les devinait plus qu'elle ne les partageait. Cette évidence le crispait mais il ne pouvait pour autant passer outre les scénarios pessimistes qui avaient hanté ses nuits.

@Chad Taylor a écrit:
Chocolat ? Maintenant ? Chez moi ?

Le message était clair. Concis. Le parfait reflet de sa détresse. Kelly le savait. Ce n'était pas leur divorce qui avait pu changer quoi que ce soit sur la façon dont ils lisaient entre leurs lignes respectives. Le chocolat, c'était leur antidépresseur. Et même lorsqu'ils faisaient une chaleur étouffante à l'extérieur, ils le buvaient fumant. Avoir la langue engourdie faisait oublier à Chad les tracas de son esprit. C'était une distraction comme une autre. Comme pincer un enfant pour lui détourner les yeux d'une goutte de sang.
Même s'il avait partagé ses draps avec Kelly, Chad se motiva tout de même à enfiler un short par-dessus son caleçon. Celui avec les motifs citrons qu'on lui avait offert juste pour le charrier. On le savait trop sérieux et prude pour ce genre d'extravagance. Ce qui l'avait d'autant plus motivé pour l'enfiler dès que l'occasion se présentait. C'était son symbole de rébellion à lui. Il enfila machinalement les pantoufles qui campaient sagement devant son lit avant de se raviser. Il voulait que Kelly le croie spontané. Au fond de lui, il pensait encore que c'était ce qui avait mis fin à leur parodie de couple. La routine. Ses pieds au contact du sol froid lui arrachèrent un frisson passager, avant qu'il ne dévale les escaliers. Il ne lui fallut pas plus de deux pas pour enjamber le salon et se faufiler derrière l'îlot central. Pour la spontanéité on repassera. Sa cuisine était dans un état impeccable. Pour tout dire, sa seule folie avait été de laisser cette croûte de pizza vivre sa vie sur le parquet de sa chambre. Maintenant qu'il y repensait il en avait quelques sueurs froides. Pas du genre indomptable. Mais plutôt du genre défi personnel.
Il ouvrit un tiroir, en tira une télécommande et alluma la radio. Kelly ne devrait plus tarder. Après tout elle habitait presque littéralement la porte à côté...



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PETIT PLUS : Banale, conformiste, sans faux plis, sans drama. Fille unique, ses parents sont témoins de Jéhovah et perfectionnistes. Vit dans une bulle de clichés et de stéréotypes. Traverse une foule de remises en question liées à son divorce, sa stérilité et sa sexualité. Souriante, trop gentille, ne sait pas dire non. Ne donne jamais son avis, n’aime pas débattre. Sans passions, elle a quelques hobbies en dehors de son travail, rien de palpitant. Elle conçoit une partie de ses robes, ne le mentionne jamais. A une incroyable mémoire. Maîtrise le small talk comme personne. A un chien, Tobey le Beagle.
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MessageSujet: Re: Cuddle in a cup   Sam 20 Jan - 18:18


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Est-ce que les fêtes n’étaient le meilleur moment de l’année ? Pour Kelly, c’était le cas, et cette ambiance festive dans les rues, les commerces, sur le visage des familles et jusqu’à chez elle la rendait heureuse, euphorique à peu près vingt-quatre heures sur vingt-quatre. Comme souvent, il y avait une bonne odeur de pâtisserie chaude dans l’air de son salon provenant de la cuisine et le son de la machine à coudre qui répondait à l’appui de son pied sur la pédale, régulier, méticuleux. Elle venait de terminer de coudre un petit pull de Noël pour Tobey, qu’importe qu’il fasse plus de trente degrés dehors, et celui-ci faisait le pied de grue devant le four depuis qu’elle avait lancé cette fournée. A la télévision, la jeune femme faisait tourner en boucle une de ces vidéos de feu de cheminée. Elle avait remarqué qu’il y en avait de différentes sortes, souvent en rapport avec le bois utilisé pour les bûches -et elle ne savait pas vraiment ce que cela changeait en soi, mais de temps en temps, alors, pour changer les plaisirs, elle passait du feu de bouleau au feu de chêne. Et parfois, elle se disait que tout ce qui manquait, la touche finale à son bonheur, serait de sentir un baiser tendre au creux de son cou de la part d’un mari aimant, tandis qu’elle jetterait un œil sur sa progéniture en train de jouer un peu plus loin. Son regard se perdait dans cette réalité chimérique alors que ses mains glissaient de la laine à ses genoux, et elle soupira avec un petit sourire. Le vibreur de son téléphone la rappela à la réalité. Pas d’époux, pas de bambins sur le tapis du salon. Seulement elle, Tobey, et le nom de son désormais ex-mari au sommet d’un texto sonnant comme un SOS. Bien sûr qu’elle irait. Il y avait assez d’esprit de Noël en son coeur pour deux. Le four sonna, Tobey aboya, et comme souvent Lee se fit la remarque que tout tombait à point. Si le monde était une comédie musicale, ce serait le moment parfait pour d’entonner un air pendant qu’elle mettrait les brownies dans une boîte, enfilerait son tout nouveau pull à Tobey, et filerait gaiement chez Chad entourée de petits oiseaux bleus qui gazouilleraient le refrain. Mais une fois encore, la réalité rattrapait les fantaisies de la jeune femme ; elle se brûla la main en sortant les gourmandises du four, manqua de trébucher les mains pleines sur le chien qui lutta comme un diable pour échapper au pull, s’écorcha la robe sur le bois de son portail en quittant sa propriété et se coinça le talon dans une bouche d’égouts non loin de son ancienne maison. Au final, elle se félicita d’arriver en un morceau, et bien que dépitée par ces péripéties, elle souffla, s’épousseta, rangea ses cheveux derrière ses oreilles et ouvrit la porte d’entrée avec le plus grand et blanc des sourires de pubs pour yaourt. « Bonjour ! » lança-t-elle de son ton le plus chantant. Kelly ne se dérangeait jamais pour faire comme chez elle ici ; après tout, cela avait été le cas durant bien des années. La brune ne s’encombra pas d’un « comment vas-tu ? » ; cette question, elle ne l’aimait pas, elle savait parfaitement que tous ceux qui la posaient ne voulaient pas réellement savoir comment va leur interlocuteur, car personne n’avait sincèrement envie d’entendre un « non » et, en connaissance de cause, personne n’osait dire « non ». « Regarde qui j’ai amené avec moi ! » Tobey, fort heureux de retrouver son ancien chez lui, avait déjà retrouvé ses marques et fonçait vers Chad comme une fusée. Entre la chaleur extérieure de cette journée d’été et la laine qu’il avait sur le dos, il était éreinté, mais pas assez pour se passer de faire la fête à son autre maître. Pour Kelly, Tobey était comme le seul enfant qu’ils eurent un jour, et il fallait avouer que bien souvent, elle le traitait comme tel. Elle avait comme projet de lui coudre des chaussettes très bientôt, car le sol était si agressif pour les pattes délicates de son bébé. « Et j’ai ramené des brownies. » ajouta Lee en déposant le tupperware sur l’îlot de la cuisine. Elle l’ouvrit aussitôt, laissant un petit nuage de fumée à la bonne odeur de chocolat se répandre dans la pièce. Elle savait que Chad y serait sensible, et que, comme pour beaucoup de gens, la simple senteur d’une pâtisserie sortie du four pouvait suffire à réconforter un coeur en peine. Ce qui expliquait peut-être pourquoi son ratio de fournées de petits gâteaux avait augmenté en flèche depuis un an. « Tu sais, la dernière fois que je suis venue à la caserne et que vous n’étiez pas là, j’ai discuté avec Kane et il m’a parlé des brownies que lui faisait sa mère. » reprit-elle en trouvant tout ce dont elle avait besoin dans la cuisine de son propre chef, à savoir une grande assiette sur laquelle déposer les petits carrés fondants. Oui, c’était un peu ridicule, mais elle avait pris l’évocation de la mère de Kane comme un défi, comme de la concurrence, et Lee n’aimait pas douter de ses propres capacités en la matière. « Et depuis, je me suis mise en tête d’en faire pour la prochaine fois. Du coup, je fais des essais, et ce n’est pas encore parfait, mais je me suis dit que ça accompagnerait bien un chocolat chaud. » La boisson, en revanche, était du ressort de Chad. Il savait y faire, il savait comment elle l’aimait, et pendant une seconde, ce retour dans le temps faisait autant de bien que de mal dans la poitrine de la jeune femme. Ce que son large sourire, imperturbable, dissimulait à la perfection alors qu’elle concluait d’un petit air malicieux ; « Parce que, obviously, il n’y a jamais trop de chocolat pendant les fêtes. » Maintenant que les brownies étaient disposés dans l’assiette et qu’elle avait rembarré un Tobey gémissant d’un petit coup de pied dans le flanc, Kelly prit enfin le temps d’adresser concrètement un regard à son ex-mari et lui offrit une courte accolade chaleureuse. Vous direz qu’elle faisait les choses dans le désordre, mais pour elle, les priorités étaient toutes autres. Alors qu’elle l’observait de haut en bas, vérifiant qu’il possédait toujours ses deux bras, mains, jambes et pieds, elle nota le short à citrons. Avec un parfait stoïcisme -après tout, qui était-elle pour juger- elle lâcha un « C’est… original. » qui n’acquiesçait ni ne désapprouvait le motif pop et, disons, acidulé. Son attention ne fut pas retenue plus longtemps par ce détail, et Lee se remit immédiatement à couvrir le silence. Dieu savait qu’elle détestait ces moments de malaise où personne ne savait quoi dire pour engager la conversation tandis qu’elle avait tellement de paroles inutiles en stock et que son débit de parole était absolument formidable. « Bref, papa et maman ont appelé pour prendre des nouvelles et m’ont demandé comment tu vas. » Ils n’étaient pas seulement polis, ils avaient surtout l’espoir que cette histoire de divorce puisse encore être effacée. Difficile pour eux d’accepter l’ampleur du péché de leur propre fille. Et dire qu’ils ne savaient pas non plus qu’elle s’était mise à fêter Noël en dépits de tout ce qui lui avait été inculqué depuis toujours à propos de cette célébration impie. Pas sûr que leurs coeur s’en remettraient, et Kelly ne souhaitait pas les décevoir à ce point. « Ils n’arrivent toujours pas à articuler "le-mot-qui-commence-par-D". » Un petit rire faisait passer le tout pour la chose la plus ri-di-cule qui soit, masquant le fait qu’elle non plus n’y parvenait pas, qu’elle en avait encore le coeur serré par l’échec, et ce malgré sa conscience que cette décision avait été prise dans le meilleur intérêt de tous.
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MessageSujet: Re: Cuddle in a cup   Dim 21 Jan - 22:29


Sous l'îlot central, Chad déploya un énorme tiroir d'où il extirpa une casserole. De son autre main, il avait déjà ouvert le réfrigérateur pour y dénicher le lait, qu'il laissa frémir au feu, avant de débusquer le chocolat. En ce qui concernait le chocolat chaud, Chad estimait n'être jamais mieux servi que par lui-même. Dans les récipients à épices qui bordaient l'arrière du plan de travail, il piocha un soupçon de cannelle et de vanille, qu'il regroupa non loin des plaques. Ce fut à ce moment que la porte s'ouvrit, et avant même qu'il n'entende les salutations de Kelly il pouvait déjà reconnaître le son des petites griffes de Tobbey claquer contre le carrelage dans une frénésie fébrile. A peine eut-il le temps de se retourner que le beagle lui fonçait dessus, comme s'il ne l'avait pas vu depuis une éternité. Ce qui était peut-être le cas, dans une vie de chien. Machinalement Chad, s'accroupit et salua lui aussi l'adorable chien, qui avait posé ses pattes sur ses genoux et glissait toutes les deux secondes tant l'intensité de ses gestes était palpable. "Aaaah super, le champion !" s'était-il exclamé en enlaçant Tobey et se laissant basculer sur le sol froid. Quelques caresses plus tard, Chad avait enfin repris de la contenance et s'était redressé pour faire face à Kelly, qui avait déjà pris possession des lieux. Il adorait la familiarité avec laquelle elle se déplaçait encore entre ces murs, et les libertés qu'elle prenait lorsqu'il s'agissait d'entrer, de sortir, ou de déterrer quelque chose des innombrables placards de la cuisine. Cette réalité, douce-amère, l'amenait parfois à se demander pourquoi ils avaient dû aller aussi loin qu'une séparation spatiale. Mais il comprenait et ne s'étonnait pas que Kelly préfère ériger un mur tangible dans leur relation, afin de séparer leur passé de leur avenir. Et surtout, il ne pouvait lui en vouloir d'espérer se reconstruire sans qu'il ne prenne la place centrale du tableau de son existence. Alors il avait rongé son frein, et ne lui avait jamais proposé de rester vivre avec lui, comme une simple colocataire, tout ça parce que cela lui évitait le deuil de ses habitudes quotidiennes.

"Je suis sûr qu'ils sont parfaits." abrégea-t-il en s'affairant à nouveau à sa concoction, tandis que Tobey filait encore dans ses jambes avec un enthousiasme qui frisait la folie. Kelly avait un don inné pour la pâtisserie. Loin de lui l'idée de vouloir diminuer les talents de la grand-mère de Kane, mais elle allait sans doute avoir prochainement une rivale de taille dans la conquête de l'estomac de son petit-fils. Chad se retourna, et il réalisa alors que, dans cette vague d'excitation, il avait à peine prêté attention à Kelly. Cette dernière lui accorda une étreinte chaleureuse quoique furtive, tandis qu'il formulait un "Salut" presque soulagé. Il n'avait pas douté un instant qu'elle accourrait, mais sa présence avait suffi à rendre cette journée plus agréable, et la perspective de celles à venir plus supportable. Il chérissait la facilité de leurs échanges plus que tout. Et adorait d'autant plus l'attention que Kelly mettait pour éluder les problèmes, même si elle les savait menaçant. Une empathie à toute épreuve. C'était là une de ses plus valeureuses qualités, parmi d'indénombrables autres. Chad n'était pas sans savoir qu'elle avait su lire entre les lignes. Mais elle n'était pas entrée chez lui l'air grave, pour s'enquérir directement de son état. Elle avait balayé tout a d'un revers d'optimisme, et c'était la raison pour laquelle pendant cette courte étreinte, Chad n'avait pu réprimer un sourire reconnaissant et ému. Elle était toujours aussi parfaitement apprêtée, et il aurait pu se sentir ridicule dans son accoutrement s'il ne la connaissait pas si bien. Il étouffa difficilement un rire lorsqu'elle nota l'originalité de sa tenue, avant qu'ils ne se remettent mutuellement à leurs préparatifs.

Kelly était également la meilleure lorsqu'il s'agissait de camoufler les moments gênants. Même s'il la connaissait assez pour savoir qu'elle aimait se préserver elle-même de ces moments, par peur d'être déstabilisée. C'était la limite de son égoïsme. "Oh, tu leur passeras le bonjour à l'occasion." dit-il par-dessus son épaule. Kelly avait sans doute expressément interdit à sa mère d'appeler Chad dans son dos, sinon il aurait certainement reçu un coup de fil depuis ces semaines de silence. A la place, elle prenait des nouvelles via sa fille. C'était louable, et il savait que c'était digne d'admiration de sa part. Il s'en doutait, parce qu'il avait fait promettre la même chose à sa propre mère. Et s'il savait qu'elle avait à plusieurs reprises failli rompre sa promesse, elle s'était mordu la langue assez longtemps pour se faire à l'idée qu'elle n'entendrait sans doute pas de si tôt la voix de Kelly à travers le combiné du téléphone. C'était encore bien trop prématuré, malgré toute l'affection que les deux jeunes adultes portaient encore l'un à l'autre. Impliquer leurs familles à nouveau, quelques mois après le divorce, serait bien plus désorientant pour elles que pour eux. "Tu sais c'est un peu pareil chez moi. Pour ne pas dire carrément pareil. Ma mère ne cesse de répéter qu'elle va prévoir un couvert de plus, juste au cas où. Tu sais comment elle est..." Obstinée, et profondément insupportable, pensait-il. S'il voyait ce couvert supplémentaire le jour de son arrivée, il allait sans doute piquer une colère de toute manière inévitable. Elle aurait au moins eu le luxe de la déclencher assez tôt dans les festivités. Mais pour tout dire, Chad avait foncièrement envie de proposer à Kelly de l'accompagner. Pour les mauvaises raisons peut-être, et c'était bien pour cela qu'il lui évitait l'embarras de la question. Ils avaient passé la plupart de leurs Noëls à Kilcoy ces dernières années, parce que la famille de Kelly n'avait jamais pu se résoudre à faire une exception à leurs traditions. "Tu vas quand même rentrer à Toowoomba pour les fêtes ?" demanda-t-il en se retournant contre le plan de travail.



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MessageSujet: Re: Cuddle in a cup   Mar 30 Jan - 20:31


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Plus qu'un simple époux puis un ex-mari comme on en compte dans tant d'histoires, Chad était et restait avant tout le meilleur ami qu’elle ait jamais eu. Et Kelly était persuadée qu'il était possible de conserver cela, cette précieuse affection, de la préserver envers et contre tout ce qu'on lui avait dit. Visiblement, il y avait une convention qu'elle ne comprenait pas, et qu'elle n'appliquait donc pas, consistant à détester une personne dont on se sépare par principe. Ce devait bien être de la faute de quelqu'un, l'anneau qui manquait au doigt et la soudaine solitude, et l'autre était forcément le coupable. Mais d'une part, Lee n'aimait pas s'encombrer d'émotions aussi lourdes que la rancune, encore moins lorsque celle-ci n’avait de racine dans aucune faute de la part de qui que ce soit. Et d'autre part, elle tenait bien trop à Chad pour ce genre de sottises, et à ce sujet elle était ferme et définitive. Comment pourrait-elle se passer de lui ? Pendant des années il avait guidé ses projets, il avait planifié les vacances lorsqu'elle paniquait à la simple idée de réserver un vol, il l’avait aidé à choisir ses robes, il avait joué le jeu de centaines selfies jusqu'au cliché de bonheur total le plus crédible, il avait été le mari parfait dont elle avait besoin. Lui n’avait jamais été le problème. Il avait été sa seule certitude, bien que basée sur un mirage. Il était aujourd'hui, encore, l'un de ses repères. Rapidement les parents Ward l'avaient adoré et adopté. Qui ne le ferait pas ? Il avait composé avec l'environnement particulier dont Kelly venait, et avec lui, elle ne se sentait pas comme un alien sur la mauvaise planète. Les parents Taylor s'étaient imposés comme une seconde famille pour la jeune femme. Ce microcosme formait le coeur de sa cellule personnelle, devenue prison. Une quête de perfection devenue son cancer. Lee était désolée de faire de la peine autour d'elle, à ses parents, à Chad, à la famille de celui-ci qui avait été si bonne avec elle. Mais elle avait trouvé le courage de faire la seule chose que ses tripes lui aient jamais dicté, de prendre la décision la plus réelle de sa vie, et elle devait désormais cesser de regarder en arrière. Même si, en regardant en avant, elle ne se voyait pas sans Chad non plus. Mais en tant qu'ami, il était, à ses yeux, presque plus réel, plus humain, qu'en tant que mari accessoire, tel un Ken en plastique. Lee avait un petit sourire en coin, un brin attristée en apprenant que Mrs Taylor insistait pour lui réserver un couvert à sa table. “Elle est adorable, et très attentionnée.” rétorqua-t-elle aux airs de reproches du fils lassé de cette bonne intention transformée en crève coeur avec le temps. Et la brune aimerait tant répondre présente à ces dîners comme avant, mais tous devaient être rééduqués dans ce nouvel ordre des choses, et cela passait par l'imposition de frontières. “Il faut leur laisser le temps.” Kelly suspectait néanmoins ses parents de se montrer insistants pour des raisons moins nobles que celles des Taylor. Leur quête de la perfection et du salut les menait parfois sur des chemins que, elle était certaine, le Seigneur désapprouverait. Ce n’était pas tant de son bonheur dont ils se préoccupaient que de leur obsession de ce qu'une vie doit être et dont ils lui avaient bourré le crâne. Bien sûr, ils souhaitent son bien, mais les remises en question les faisait trembler autant qu'une croix inversée, et l'esprit de Kelly n’était pleine que de cela. Elle avait compris si tard qu'il existait tant de nuances, tant de palettes, tant d'éventails de vies. Et elle avait peur, elle aussi, de cette traversée du désert qu'était la sienne. Même si le désert sentait les cookies et les brownies sortis du four. Rentrer à Toowoomba pour la fin de l'année n'était pas vraiment une option. La jeune femme préférait préserver son moral, son esprit festif, et démarrer 2018 d'un bon pied, optimiste et confiante. Ce qui n’était pas possible là-bas. “Oh, tu sais, mes parents et les fêtes…” se contenta-t-elle de dire en haussant les épaules. Pas de Noël, pas de nouvel an, pas d'exceptions. Elle préférait la compagnie de son sapin. “Mais je devrais les visiter, ça commence à faire un bail. Plus tard. Si je trouve le courage.” Dire qu’habituellement retourner dans sa maison d'enfance était un véritable plaisir. Pour d'autres, cela avait des airs d'obligation. Pour elle, ces visites étaient naturelles, agréables, et lui permettaient de se ressourcer. N’allant pas jusqu'à retourner faire au porte à porte avec ses parents, elle aimait la sérénité de ce foyer baignant dans la foi. C'était avant “le-mot-qui-commence-par-D”. “Je sais qu'ils vont me botter les fesses à coups de Bible, puis ils me traîneront à la congrégation à la recherche d'un nouveau bon parti entre deux prières pour le salut de mon âme, et ça ne me rend pas spécialement enthousiaste.” Une fois, Kelly avait accepté de subir les regards en coin de l'Assemblée entière. Pas deux. Estimant s'être bien trop épanchée sur le sujet, la jeune femme saisit l'un des brownies et se permit de croquer dedans avec gourmandise, les dents bien en avant afin de ne pas abimer le rouge sur ses lèvres, une main sous la bouche pour rattraper les miettes. Pas assez de beurre. “J’ai d'autres plans pour le moment, reprit-elle sur une note plus positive. J'invite du monde pour Noël. Est-ce que tu…” veux venir ? était la question supposée conclure sa prise de parole, jusqu'à ce qu'elle ne réalise, en milieu de phrase, que telle proposition n'allait pas dans le sens de ces frontières qu'elle souhaitait instaurer, de ce nouvel ordre des choses. Lee savait qu'il savait, Chad n’avait rien d'un simple d'esprit, et malgré la rapidité avec laquelle elle se corrigea à l'aide d'un “Est-ce que tu prévois quelque chose de ton côté ?”, la brune avait conscience que son ex-mari allait devoir jouer le jeu.
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MessageSujet: Re: Cuddle in a cup   Mer 28 Fév - 20:14


Chad n'était pas en reste lorsqu'il s'agissait d'éviter les sujets délicats. Il soupçonnait d'ailleurs l'harmonie parfaite entre Kelly et lui de n'être qu'un symptôme de cette crainte partagée. Aussi, bien que la question lui brûlât les lèvres, resta-t-il évasif. Comme lui, Kelly apprivoisait sans doute elle aussi les règles tacites de leur amitié nouvelle. Chad tâtonnait misérablement. D'aussi loin qu'il s'en souvenait, Kelly avait toujours fait partie de sa vie. Avant même qu'ils ne se marient, elle avait conquis son cœur et celui de ses proches, avec la bienveillance naturelle qu'on lui connaissait. Et chaque fois qu'il se souvenait de l'affliction qui avait défigurée son visage - habituellement toujours si rayonnant - lorsqu'elle lui avait annoncé la décision de leur divorce, il ne pouvait s'empêcher de ressentir ce vide qu'elle lui avait cédé. Une sensation douloureuse de n'être plus qu'une partie de lui-même. Un fantôme de son passé. Une projection inatteignable de son avenir. Il avait eu peur. Il avait eu peur de la perdre comme il avait perdu tous ceux dont il avait égratigné l'amour. Et il lui suffisait de quelques instants comme celui-ci pour lui rappeler à quel point ses angoisses étaient irraisonnées. Pour autant, Chad flirtait souvent avec la limite de leur affection. Il ne trouvait pas si indécent de l'inviter dans sa famille pour Noël, parce que c'était un rituel qu'ils avaient installé bien avant leur mariage. Mais il ne pouvait s'y résoudre, lorsqu'il réalisait alors que c'était agiter sous le nez de sa mère le mirage de son propre rêve. Et surtout, il était bien trop bon pour imposer à Kelly le supplice des reproches auxquels il allait avoir droit. Il préférait de loin porter cette croix seul. Lui offrir un couvert aurait été une vaine tentative de sa part pour déplacer les problèmes sous le tapis et s'offrir le luxe d'un dîner plus supportable. Kelly méritait bien mieux que de jouer le rôle ingrat de tampon entre sa famille et lui-même.

Leur laisser du temps, avait préconisé Kelly. Chad étouffa un rire jaune tant il trouvait que la situation frisait le burlesque. Ils avaient divorcé. C'étaient eux qui avaient dû se priver de leur routine bien huilée. Eux qui s'étaient subitement retrouvés seuls dans leur lit autrefois conjugal. Et on leur demandait de ménager les sentiments des autres. Parfois, la réalité de leur extrême bienveillance lui éclatait aux yeux comme une évidence révoltante. Et alors, le parfait gendre se surprenait à rêver de cogner bien fort dans des sacs remplis de sable pour évacuer la frustration de cette injustice qu'ils s'étaient eux-mêmes imposés. Il se demandait si Kelly pensait comme lui, sans jamais se résoudre à le lui demander. Et il la connaissait bien assez pour savoir qu'elle avait sans doute elle aussi bien trop de scrupules pour lui faire part de ses pensées les plus violentes. Chad opina du chef comme on le faisait au sein des congrégations que Kelly conspuait respectueusement. Le courage était le bon mot. Et l'entrain qu'ils affichaient mutuellement était bien trop éloquent. "Amen." ironisa-t-il en levant les bras de façon théâtrale. Il arrivait même aux meilleurs de s'abandonner à la moquerie. Bizarrement, cette perspective le fit frissonner. Les bancs de l'église recelaient d'hommes comme lui qui pourraient combler son amie là où il avait échoué. Et même s'il avait depuis longtemps fait le deuil de leur amour fictif, égoïstement il ne pouvait se résoudre à la voir si tôt partager la vie d'un homme comme elle avait partagé les dix dernières années de la sienne. Il savait qu'il y en avait plus d'un qui n’avaient pas si secrètement rêvé qu'il leur laisse enfin le champ libre. Kelly était juste bien trop candide pour l'avoir remarqué. "Voyons le bon côté des choses, nos parents sont encore assez optimistes pour nous épargner quelques mois avant les rencontres arrangées. Tu sais, je crois qu'il y a une fille que ma mère me garde sous le coude. C'est fou cette emprise qu'elles veulent avoir sur nous."

L'hésitation avait été fugace, mais Chad l'avait attrapée au vol comme s'il s'agissait de la sienne. Il ne se décomposa pas pour autant, et fit même semblant de n'avoir rien remarqué. "Cool !" rétorqua-t-il en feignant la curiosité désintéressée. "Tu invites qui ?"
Chad avait toujours autant de mal à cerner les frontières de leurs principes inédits. Dans d'autres circonstances, il aurait bondi sur cette proposition pour éviter le malaise d'un dîner de famille, mais il avait compris sans même un mot que Kelly avait failli lui tendre la perche pour ensuite la lui retirer. Quant à lui, il l'avait à peine frôlée pour ne pas s'engouffrer dans le précipice d'un moment de gêne mutuelle. S'il ne connaissait pas si bien son amie, il aurait pu se sentir vexé, mais il avait bien compris que Kelly avait elle aussi l'air de découvrir les limites de leur nouvelle relation. Dans l'esprit de Chad, ce n'était que temporaire. Ils avaient besoin de s'éloigner un peu pour tourner la page de leur histoire commune. C'était bien écrit quelque part dans ce genre de manuels que lisaient les femmes pour optimiser leurs vies sentimentales. "Je ne vais pas pouvoir échapper aux festivités en famille en ce qui me concerne." répliqua-t-il sur un ton résigné. "Tous les ans on me prend par les sentiments, comme si c'était le dernier Noël en compagnie de ma grand-mère. On sait tous les deux que ça dure depuis quoi... 12 ou 13 ans déjà ?" conclut-il, plus amusé cette fois-ci qu'agacé. Sa grand-mère avait le don de l'apaiser. Peut-être parce qu'il y avait chez elle quelque chose de sempiternel. La constance qu'il chérissait tant dans sa vie. "En revanche tu me connais, pour le nouvel an ça reste un gros point d'interrogation..."



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MessageSujet: Re: Cuddle in a cup   Sam 10 Mar - 19:26


cuddle in a cup
Your love for me
Is so Warm and good to me
Growing every day Honey
∆ ∆ ∆


Le fait était qu’elle n’avait pas encore mis le doigt sur la manière dont elle se sentait vis-à-vis de cette séparation, et surtout, sur la bonne manière de se comporter entre ex-époux, amis de toujours. Kelly ne se voyait pas déprimée, dépressive, en détresse. Elle n’était pas au mieux, certes, mais de quoi se plaindrait-elle qu’elle n’ait pas décidé elle-même ? Elle n’avait pas de regrets, de rancoeur, d’amertume. Son coeur restait léger, quoi que serré par ce elle-ne-savait quoi qui était l’épicentre du problème , qui la rendait gauche, maladroite, parfois mal à l’aise. C’était ce qui la terrifiait. Le contrôle de sa vie était supposé avoir enfin atterri entre ses mains, pourtant il lui semblait n’avoir jamais eu aussi peu d’empire dessus. Ces émotions, ces sentiments lui étaient inconnus. L’inconnu lui-même lui était inconnu, bon sang. Ses parents lui diraient de se tourner vers Dieu, bien évidemment. Car il avait toutes les réponses, et celles qu’il ne donnait pas apparaîtraient en temps voulu. Il enverrait des signes, lui montrerait le chemin. Mais Lee était assez sûre que le chemin mènerait vers un homme sélectionné par les soins de sa mère et approuvé par la congrégation, comme par hasard, et il s’agissait justement du genre de piège dans lequel elle ne souhait plus tomber. Loin d’elle l’idée de tourner totalement le dos à la spiritualité dont elle avait baigné depuis sa naissance ; elle préférait tourner la situation à son avantage et décréter qu’elle faisait plein usage de ce merveilleux cadeau qu’était le libre arbitre. Ce fut autant son attachement à cet héritage religieux que l’amusement face aux pitreries de Chad que Kelly se permit de lui donner une tape sur le bras face à ses moqueries, ponctué d’un « Idiot » affectueux. Jamais n’avait-il manqué de respect  à ce sujet, au contraire, il avait toujours été le plus ouvert possible face à la foi passionnée des Ward, ce qui n’empêchait pas une pique de sa part, et un peu d’autodérision de celle de la jeune femme. Elle trouva ensuite un certain refuge dans le remuage tonique du chocolat dans le lait chaud tandis que son ex-mari lui intimait que sa propre mère avait des plans de remariage pour lui. « Certes. » souffla-t-elle, un sourire banal flirtant sur ses lèvres sans s’y déposer. Difficile d’oublier pourquoi ils s’étaient si bien trouvés ; à quelques détails près, leurs familles étaient calquées sur le même modèle de traditionalisme. La brune haussa les épaules et réalisa qu’il y avait bien des chances pour qu’elle ait à peine le temps de se sortir du micmac émotionnel qu’avait été le divorce avant de se plonger dans l’acceptation d’une nouvelle femme dans la vie de Chad. Elle sentait déjà la menace planer sur elle, celle d’être remplacée, mise au placard, oubliée. Il était bel homme, pour sûr, et n’aurait pas le moindre mal à trouver chaussure à son pied dès lors qu’il se donnerait la peine de chercher. Peut-être était-ce déjà le cas. Son coeur se serra. Une grande inspiration et la perspective de ce repas de Noël qu’elle organisait lui permirent de conserver un fin sourire. Sa maladresse passée, le malaise balayé comme un furtif courant d’air, Chad se montra à nouveau à la hauteur de ces apparences qu’elle tenait tant à conserver. Oui, il avait toujours été le partenaire parfait, le cavalier idéal dans son bal de faussetés. « Juste quelques amis, répondit-elle donc comme si de rien n’était. A la base, je discutais avec Rhonda -l’une de ses rares amies de couleur et à l’important surpoids qu’elle n’avouerait jamais côtoyer pour se sentir belle lorsqu’elles étaient ensemble- et elle m’a dit qu’elle ne pouvait pas visiter ses parents pour Noël, et elle avait l’air si triste… Alors je l’ai invitée à le fêter avec moi, et d’inviter un ami aussi, si elle le voulait. Puis j’ai découvert d’autres amis seuls pour Noël, à qui j’ai proposé de se joindre à nous, et chacun a droit à son « plus un », si bien que je crois qu’on sera une dizaine. » Onze, pour être très exacte. Kelly avait déjà dressé un plan de table ; il était hors de question que qui que ce soit se décommande à la dernière minute sans déclencher son courroux -composé d’un sourire pincé et un « okay » contrarié. Elle s’était également arrangée pour que la table ne soit jamais en nombre pair car elle souhaitait être la seule en bout de table, hôtesse et princesse bienfaisante de la soirée. Ainsi, ils ne pouvaient être que onze, treize étant hors de question et quinze beaucoup trop. Qui eut cru que cette organisation demanderait autant de stratégie ? « Il y aura aussi ma cousine Leena, son amie Tess, et un certain Rhett qui est rugbyman et avec qui Leena flirte depuis qu’elle l’a rencontré à Londres. Je t’épargne les détails. » Mais la jeune femme l’avait glissé dans la liste des invités, juste pour se satisfaire d’avoir une pseudo-célébrité à sa table pour Noël. Elle était aussi particulièrement ravie que sa cousine soit de la partie après tout ce temps séparées par un hémisphère entier. La soirée s’annonçait prometteuse. Quant à Chad, le programme s’avérait moins enthousiasmant, la menace du vieil âge de son aïeule l’obligeant à se montrer docile. « Je persiste à croire qu’en réalité elle est déjà décédée et qu’ils l’ont remplacée par un robot. » plaisanta Kelly dans l’espoir que cette tentative de boutade fasse son effet. Elle était sincèrement compatissante de son ami et de la manière dont ces fêtes se profilaient pour lui. La tentation de l’inviter chez elle -ancien chez eux- grandissait encore, mais le sujet du Nouvel An vint écarter l’idée et distraire son esprit. « Oui, moi aussi…. » Songeuse, elle tendit son chocolat chaud à Chad, puis prit sa propre tasse entre ses mains et se dirigea vers le canapé du salon. « Je crois que ça ne sera que moi, Tobey, Hugh Grant et un pot de glace. » reprit-elle, ne parvenant à se projeter dans aucun autre scénario possible que celui qui narrait la plupart de ses soirées depuis un peu moins d’un an. Et passer le cap de 2018 la rapprocherait de l’anniversaire inévitable de ce divorce, marquant la plus longue période de flottement qu’elle n’ait jamais connue. Et qui ne semblait pas prête de prendre fin. « Tu vois, j’embrasse pleinement la vie de nouvelle célibataire. » ironisa Kelly qui réalisa à quel point la vision qu’elle venait d’offrir à Chad était triste, pitoyable. « Je ne sais pas, peut-être que je devrais sortir plus, rencontrer du monde… Mais je n’en ressens pas le besoin. Je préfère rester à la maison et faire des robes dans lesquelles je risque de ne plus rentrer si je continue de me goinfrer. » Et ce n’était pas elle, la femme cloîtrée chez elle avec son chien, celle qui avait peur de mettre le nez dehors. C’était passager, oui, forcément. Ce genre de vie n’était pas instagramable, et comment le monde saurait à quel point elle était heureuse et parfaite et normale si elle ne l’affichait pas sur les réseaux sociaux ? La culpabilité de sa gourmandise n’empêcha pas Lee se pendre une bouchée de brownie et une gorgée de chocolat chaud, se fichant bien du diabète qu’elle s’avançait à ce rythme. Puis elle se surprit à demander, curieuse, indiscrète, et peinant à masquer sa pointe d’inquiétude ; « Toi, tu… tu vois quelqu’un ? » Si cela était le cas, le lui dirait-il ? Lui donnerait-il un nom, une photo à voir ? Chad était si doux qu’elle ne doutait pas qu’il soit capable de le lui cacher afin de ne pas la brusquer. Car il lui paraissait important qu’ils passent ensemble par cette sorte de deuil de leur mariage impliquant célibat et abstinence pendant toute période à la longueur dont elle aurait décidé. Comme si le monde devait cesser de tourner pour elle, comme s’il devait s’arrêter de vivre jusqu’à ce qu’elle soit prête à l’idée qu’en réalité, elle ne lui était pas vitale.
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MessageSujet: Re: Cuddle in a cup   Sam 31 Mar - 19:00


Qui eut cru, que du haut de ses 34 ans, Chad Taylor aurait déjà essuyé un divorce ? Certainement pas lui, ni même ses proches, ou encore toute autre personne assez impliquée dans sa vie pour avoir eu le temps de se laisser berner par sa parodie de perfection. Cette rupture, bien que naturelle, consentie et inévitable, sonnait comme un échec dont ses frères, malgré toute leur compassion, devaient se réjouir. Avant même de penser à lui, à l'impact que la perte de Kelly aurait bien pu provoquer dans sa vie bien rangée, Chad avait imaginé son frère ainé célébrer la nouvelle, avachi dans son fauteuil de prédilection, tandis que sa femme condamnait son manque d'empathie à renfort d’onomatopées de consternation. Oh ses frères adoraient Kelly. Peut-être même juste assez pour que leur divorce éclate à leurs yeux comme la preuve que Chad, malgré les apparences, était faillible. Et même s'il s'en voulait d'avoir eu des pensées si égoïstes, il soupçonnait Kelly d'avoir aussi pesé cet aveu dans la balance, avant de prendre sa décision. Dans la quête de la perfection, elle était tout aussi assidue et excessive que lui. Le traditionalisme de sa famille à lui était hérité d'une foi profonde, mais bien moins évidente que celle qui pouvait bien animer les Ward. En termes de déception familiale, Chad ne jouait pas dans la même cour que Kelly, pour qui un divorce était aussi douloureux que scandaleux. Il la trouvait si brave, si magnanime, d'avoir sacrifié sa dignité pour eux. Pour leur offrir un avenir heureux. Meilleur. Tant de qualités qu'il avait toujours discernées chez elle, mais dont elle faisait preuve d'ordinaire avec tant de pudeur, comme des gouttes qu'elle vaporisait de temps à autre pour ne pas vous incommoder. Il était encore trop tôt pour qu'elle le sache, mais Chad lui était foncièrement reconnaissant de lui avoir épargné la peine et la torture qui avait dû s'immiscer dans l'esprit de Kelly lors de leurs derniers mois de mariage. Elle avait rongé son frein et continué à vivre sa vie comme elle l'avait toujours fait, avec une douceur et une bienveillance inégalables, tandis qu'elle préparait avec soin les mots les plus sensibles pour annoncer à Chad la fin de leur bonheur factice.

L'insulte affectueuse qu'elle proféra à son encontre participait de ces gestes, de ces attentions qui entretenaient l'espoir de Chad. Et chaque fois, ils les accueillaient avec une humilité obligée, et un soupçon d'amertume, parce qu'il aurait aimé en jouir quotidiennement. Il décocha tout de même un sourire amusé que Kelly saurait interpréter à sa juste valeur. Il n'aurait jamais manqué de respect aux Ward, pas autant qu'il se permettait d'être cynique envers sa propre famille, qu'il savait au fond meurtrie et concernée. Il se trouvait seulement des excuses pour expliquer le fossé qu'il creusait chaque jour un peu plus entre Kilcoy et Brisbane, comme si ses deux vies n'étaient pas compatibles. Comme si pour devenir l'homme qu'il avait toujours rêvé d'être, il se devait de tirer un trait sur le garçon qu'il avait été. Délicatement, Chad posa son doigt sur l'interrupteur des plaques qui s'éteignirent dans un bip caractéristique. Le chocolat était fumant, sans être en ébullition, et il en avait servi deux tasses généreuses, dont il tendit la première à son invitée. C'était toujours aussi étrange, de la considérer comme un convive entre ces murs qu'elle avait contribué à décorer, et dont les souvenirs demeuraient lancinants. Et malgré certaines habitudes qu'elle gardait, Kelly honorait ce rôle avec toute la retenue qu'on lui connaissait. Une attention que Chad appréciait particulièrement, depuis qu'il avait fait le deuil de leur maison de couple, même s'il allait sans dire que Kelly était ici chez elle. L'heure de vérité allait sonner, et comme souvent lorsqu'il voulait cacher ses émotions, Chad s'éclipsa derrière sa tasse, sur laquelle il avait pris soin de souffler silencieusement. Quelques amis, avait-elle dit. S'il se réconfortait du pluriel qu'elle avait employé, Chad était forcé de réprimer la contrariété de ne pas figurer parmi la liste. Ce Noël s'annonçait comme la soirée d'anti Saint Valentin qu'il n'avait pas eu à passer depuis des années. Mais une partie de lui félicitait Kelly d'avoir pris les devants pour ne pas faire de cette fête le fantôme du Noël dernier, et de tous les autres depuis leur rencontre.

"Une soirée sympa en perspective." concéda-t-il après avoir avalé une gorgée de chocolat. Devait-il être rassuré de ne connaître qu'une maigre partie des invités ? Ou au contraire s'en inquiéter ? Pour le moment du moins, il trouvait le plan de table suffisamment éloigné de leurs souvenirs communs pour mieux digérer la pilule d'en avoir été banni. "Et toi, tu amènes un plus un ?" La question lui avait échappé, comme on aurait libéré la vapeur d'une cocotte pour lui éviter l'explosion. Elle avait à peine eu le temps de lui brûler les lèvres, et maintenant qu'elle était dehors, il n'était plus certain de vouloir entendre la réponse, si bien que Chad tenta de dissimuler sa gêne en s'affaissant encore un peu plus sur le plan de travail. La boutade de Kelly eut l'effet escompté, et Chad se laissa partir d'un rire léger. "Ce serait bien le genre de ma mère. Et honnêtement, je crois bien que ça me rassurerait de la savoir encore 12 ans de plus parmi nous." dit-il, comme un aveu inavoué. Les prévisions de Kelly pour le Nouvel An lui semblaient aussi attendrissantes qu'amères. Mais même s'il se revendiquait son meilleur ami, avait-il le droit de s'imposer dans tous les aspects de sa vie ? Il prit la tasse que lui tendait affectueusement Kelly, qu'il avait abandonnée sur l'îlot central par mégarde, et la suivit jusqu'au canapé, sur lequel il s'assit laborieusement en tailleur. Timoré, Chad ne savait même pas comment s'inviter dans la tableau esquissé par Kelly sans lui donner l'impression de s'imposer. Il aurait voulu qu'elle ajoute quelques mots après l'énumération de ses partenaires du Nouvel An. Au moins l'éventualité de l'y ajouter, s'il le voulait bien. Et Dieu savait qu'il en avait envie.
"Tu vis comme tu l'entends Kelly. T'es pas obligée de sortir, rencontrer du monde si tu sais déjà te satisfaire de ceux que tu as autour de toi. Moi je suis fier de la vie que tu mènes. Tu as l'air de très bien t'en sortir." avoua-t-il sans baisser les yeux. Il avait défié le regard de Kelly tant de fois qu'il n'avait plus besoin de se dérober, pas même quand flottait dans l'air l'incertitude de ses paroles.
"Non je ne vois personne d'autre que mes collègues, mes élèves et quelques amis que tu as croisés tant de fois." répondit-il en se voulant rassurant. La question ne l'avait pas dérouté, ni même surpris. Et sans doute aurait-il avoué la vérité, si elle avait été plus douloureuse pour Kelly. Mais même si l'amour échappait aux règles, Chad n'était pas prêt à s'engager dans une relation alors que le souvenir de leur mariage était encore si incandescent. De toute évidence ils avaient encore des choses à régler avant de s'autoriser l'éventualité d'une nouvelle peine de cœur. Mais Chad ne voulait pas pour autant être un obstacle dans la reconstruction sentimentale de son ex-femme. Et peut-être après tout que c'était précisément ce point qui les rendait si maladroits et hésitant. "Toi tu me le dirais si tu voyais quelqu'un ?" demanda-t-il soudainement, embarrassé. Il déposa sa tasse encore chaude sur la table basse, et serra ses genoux contre sa poitrine. A cet instant, ils étaient tous les deux l'illustration parfaite du célibat. "J'aimerais qu'on puisse se dire les choses comme avant, sans que ça paraisse bizarre. Tout ce que je veux c'est que tu sois heureuse, et si pour ça je dois me mettre un peu en retrait, je le ferai. La pire chose qui puisse arriver, c'est que tu t'empêches de vivre pour moi... à cause de moi."



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Cuddle in a cup

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