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 Sacrifice and bravery » Jameson

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ÂGE : 56 ans.
SURNOM : Le grand type louche, ou hippie hargneux. Par un certain boxeur/plongeur. Oh, et puis grand oncle. Celui-là pour le coup ça me vient d'un rongeur australien.
STATUT : Veuf, divorcé & célibataire.
MÉTIER : Militant écologiste et cause animale… ou écoterroriste et dangereux criminel selon les points de vue. Membre fondateur de l'ALF, s'il faut s'identifier à une association.
LOGEMENT : Sans domicile fixe.

POSTS : 329 POINTS : 30

ORIENTATION SEXUELLE : J'aime les jolies filles.
PETIT PLUS : Ancien militaire, souffre de PTSD. Découvre le véganisme et le militantisme écologique à travers son club de motards en Norvège. Accusé du meurtre de sa femme, séparé de sa fille en 1996. Ne pas l’avoir vue grandir est son plus grand regret. Idéaliste insatiable, Kyte est prêt à tuer et mourir pour la cause animale. Marginal et impulsif, ne respecte pas les lois et suit son propre code de l’honneur et de la justice. Ces années d’activisme sanglant et hors la loi l’ont rendu paranoïaque. Pour calmer son délire de persécution, il a des médocs qu’il n’aime pas trop prendre.
UN RP ? : Seulement si nous avons un lien.
RPs EN COURS : Robin [2] » Rosa & Ambroise » Jaimie [3]


BLY SAVARD — A marcher sous la pluie cinq minutes avec toi et regarder la vie tant qu'y en a. Te raconter la terre en te bouffant des yeux, te parler de ta mère un p'tit peu. Et sauter dans les flaques pour la faire râler, bousiller nos godasses et s'marrer. Et entendre ton rire comme on entend la mer, s'arrêter, repartir en arrière.


JAIMIE WINTERS — A m'asseoir sur un banc cinq minutes avec toi, regarder le soleil qui s'en va. Te parler du bon temps qu'est mort et je m'en fous, te dire que les méchants c'est pas nous. Que si moi je suis barge ce n'est que de tes yeux, car ils ont l'avantage d'être deux. Et entendre ton rire s'envoler aussi haut que s'envolent les cris des oiseaux. Te raconter enfin qu'il faut aimer la vie et l'aimer même si le temps est assassin et emporte avec lui les rires des enfants.


ROBIN HOPE BERRY — A m'asseoir sur un banc cinq minutes avec toi et regarder les gens tant qu'il en a. Te parler du bon temps qu'est mort ou qui reviendra en serrant dans ma main tes petits doigts. Puis donner à bouffer à des pigeons idiots, leur filer des coups d' pieds pour de faux. Et entendre ton rire qui lézarde les murs et qui sait surtout guérir mes blessures.


RPs EN ATTENTE : Clément » Phoenix » Jameson [4] » Robin [3]
PSEUDO : Whitefalls
AVATAR : Kim Coates
CRÉDITS : Whitefalls & tumblr
DC : Jaimie la louve et Aisling la paumée
INSCRIT LE : 05/06/2016
http://www.30yearsstillyoung.com/t9554-we-all-die-alone-he-shouted-as-he-passed-with-no-sense-of-regret-he-never-looked-back http://www.30yearsstillyoung.com/t9749-kyte-savard-if-you-don-t-live-for-something-you-ll-die-for-nothing

MessageSujet: Sacrifice and bravery » Jameson   Mer 21 Fév - 20:34





sacrifice and bravery


Jaimie & Kyte - Colombie Britannique, 1997

Deux heures du matin. Kyte profite du calme de la nuit pour faire quelques accélérations sur les routes désertes. Sa bécane gueule de sa voix rauque, les champs défilent à toute allure, le vent glacial lui fait chialer les yeux et son cul tape dur sur la selle à chaque aspérité. Mais bordel, quel bonheur. Quelle liberté. Ça lui rappelle son adolescence et ses premières escapades avec les copains. Et puis aussi son voyage en Europe et comment seule la route pouvait lui faire oublier les horreurs de la guerre. Ça lui rappelle le soir où il a emballé Lenore et où il a su qu’elle était la femme de sa vie. Puis le soir où il l’a perdue aussi, et que même la route elle pouvait plus absorber son chagrin, ni son désespoir, ni son envie de crever et de tuer pareil. Mais ça lui rappelle surtout que même alors que le monde s’écroule autour de lui, la route elle est toujours là. Qu’elle l’entraîne jusqu’à ce que l’horizon l’avale tandis que ses problèmes, ils restent bien sagement sur le bitume derrière lui. Jusqu’à ce que tout s’arrête. Jusqu’à ce qu’il redescende et que la vie le rattrape. Et la vie, c’est quand même une sacré salope, dans l’histoire.

Le casque bien enfoncé sur son crâne, Kyte quitte l’anonymat de la campagne pour rejoindre la ville de Vancouver. Bientôt, les bâtiments se dressent à l’horizon et il grimace devant toutes ces tours comme ça lui gâche la vue du ciel étoilé. Le progrès, quelle connerie ! Il grommelle dans sa moustache, sans se soucier de l’ironie de sa réflexion, quand on sait que son plus grand amour n’est autre que la machine de l’enfer bien callée entre ses jambes. Les grandes théories et les liens compliqués, c’est pas trop son truc à Kyte. La spécialiste de la prise de tête, c’est plutôt Jaimie. C’est même pour ça qu’il aime bien faire équipe avec elle. Elle réfléchit, et lui il agit. Kyte, il a toujours été plutôt dans l’action. Et ça tombe bien, parce que quelque chose lui dit que cette nuit, il va être servi.

La meule s’engage dans les grandes avenues et ralenti dans les ruelles. C’est pas la première fois qu’il vient la chercher, mais il vérifie quand même l’adresse sur le petit bout de papier mâchonné qui traîne dans le fond de sa poche. Pour être sûr. Il balaie la rue déserte de ses yeux d’aigles, détaillant les grands portails ornés de pics sanguinaires, les caméras de surveillance, les plantes exotiques et les immenses baraques que seuls les riches peuvent bien songer à se payer. Il secoue la tête et ricane comme s’il venait de se raconter une bonne blague. C’est qu’il arrive pas trop à comprendre comment une môme comme Jaimie, avec des parents plein aux as et une vie de princesse, se retrouve à s’enfuir dans la nuit avec un type un peu louche et deux fois plus vieux qu’elle pour foutre le bordel au système auquel elle doit son petit confort. Cette gosse, c’est une énigme. Mais il perds jamais trop de temps à y réfléchir pour essayer de mieux comprendre. Elle sera là, c’est le plus important. Le comment du pourquoi, il s’en bat les chataignes.

Une chouette hulule au-dessus de lui, une voiture passe au loin. Et dans a rue, toujours pas de trace de Jaimie. Kyte regarde sa montre : deux heures trente-trois. Sale môme ! Il peste déjà en s’allumant une clope pour se tenir chaud. L’a pas intérêt à nous mettre en retard moi j’te le dis. Il sait bien que trois minutes c’est pas vraiment encore un retard, mais il est nerveux d’avance. C’est l’atmosphère guindée du quartier, ça le met pas à l’aise. Comme s’il s’attendait à ce qu’une grand-mère sorte de derrière un buisson pour lui refaire le portrait façon cubisme à coup de canne. Brrr, il en frissonnerait presque. Alors il tire une latte pour se réchauffer, et il pousse la chansonnette pour se détendre et se mettre un peu dans l'ambiance.

- Malbrough s'en va-t-en guerre-euh; mironton, mironton, mirontaine-euh. Malbrough s'en va-t-en guerre-euh, ne sait quand reviendra. Ne sait quand reviendra. Ne sait quand reviendra !

Il sourit tout seul du bon choix de ses paroles. Parce que ce soir, c'est la guerre. Pas sur les barricades ni le fusil à la main. Non, leur ennemi est bien plus perfide. Bien plus systématique. Et surtout, pour ce foutu gouvernement, ce soir, ce sera Jaimie et lui les méchants.
   
AVENGEDINCHAINS & WHITEFALLS



Dès que le vent soufflera je repartira.
Je f'rai le tour du monde pour voir à chaque étape si tous les gars du monde veulent bien m'lâcher la grappe. J'irai z'aux quatre vents foutre un peu le boxon. Jamais les continents n'oublieront mon prénom. Dès que les vents tourneront nous nous en allerons! — Renaud.
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ÂGE : A l'aube de la quarantaine
SURNOM : Jaimie, Jam'. Maître Winters au boulot. Au lit, aussi.
STATUT : Célibataire. Je ne pense pas savoir aimer, ou être aimée.
MÉTIER : Avocate associée chez Ashburn Rose. Militante écologiste et condition animale.
LOGEMENT : #102 Logan City, une immense villa bien trop vide.

POSTS : 4043 POINTS : 35

ORIENTATION SEXUELLE : Je n'aime que ma moitié.
PETIT PLUS : Irlandaise & Amérindienne du Canada, j'ai un petit accent. Je me ressource dans la nature. Combattre les injustices me fait vibrer. Je suis aussi à l'aise dans les bas fonds de Dublin que dans les soirées guindées de l'élite australienne. Vegan depuis mes 15 ans, je milite pour préserver la nature. Légalement, de nos jours. Du moins j'essaie. J'ai adopté une chienne/louve que j'aime comme ma fille. Je n'ai jamais perdu un procès. Certains me décriraient comme une féministe autoritaire et mal baisée. Ceux là sont toujours perturbés lorsqu'ils rencontrent une femme qui se comporte comme eux.
UN RP ? : Seulement si nous avons un lien.
RPs EN COURS : PhoenixThe Velvet ClubKyte [4]Irene [2]Robin [r.a.]Zombinson [r.a.]


PHOENIX — The river's a hymnal and the leaves are applause. Trees sing in whispers with the wind pulling their arms. Hold still and listen, your hand on my heart; if you need them these beacons will lead you back to the start. Nous avions à peine vingt ans et nous rêvions juste de liberté.


KYTE — No axe has seen these woods since before your father stood; the path is beaten good from the feet of all who wandered through it. Old growth holds hope, let the brambles scrape your skin; scars are story books, blood will wash away our sins.


ROBIN — I'm the anchor that keeps your feet on the ground; you're the wings that get my heart wandering. And if I follow you tonight, will you show me what it's like, to be alive?


IRENE — I know, it seems like we're all lost; but we see the secrets, we know the unknown. Keep close, hold my hand girl, just be strong; we can follow this river right back to your home. Guarded hearts only open up to each other.


SOREN — We should have died a hundred times but somehow we're still alive.
RPs EN ATTENTE : Phoenix [2] ↟ Robin [4] ↟ Zelda ↟ Gabriel
PSEUDO : Whitefalls/Whitewolf
AVATAR : Maggie Siff
CRÉDITS : Tearsflight (avatar), anaëlle. (signature) & tumblr
DC : Kyte le vieil ours mal léché & Aisling l'ex junkie paumée
INSCRIT LE : 08/03/2016
http://www.30yearsstillyoung.com/t7655-jaimia-winters-you-were-expecting-me-to-be-a-man-my-father-was-too http://www.30yearsstillyoung.com/t13536-jameson-winters-lone-wolf-looking-for-her-pack http://www.30yearsstillyoung.com/t12178-jameson-winters

MessageSujet: Re: Sacrifice and bravery » Jameson   Ven 23 Fév - 22:11


sacrifice and bravery
Kyte et Jaimie


"Old growth, holds hope, let the brambles scrape your skin, Scars are storybooks, blood will wash away your sins." - Canada, 1997
J’ai eu du mal à trouver le sommeil ce soir-là. Une fois mon devoir de mathématiques terminé, je me suis enfouie de bonne heure sous mes draps. Je savais que j’avais besoin de dormir au moins quelques heures. Mais alors que j’attendais seule dans le noir que la nuit m’emporte, mon cerveau a cru bon de me bombarder d’images et de scénarios catastrophe. Je flippais de rejoindre Kyte et de quitter la ville à moto – j’étais jamais montée sur un de ces engins avant. J’appréhendais notre action, parce que cette fois on ne se contenterait pas de sauver des animaux comme à notre habitude, on allait vraiment foutre le bordel. Cette nuit, j’allais vraiment comprendre ce que c’était que de faire de la désobéissance civile. J’avais peur de ce que je ressentirai en faisant une infraction à la loi, et peur des conséquences. Enfin, j’étais terrorisée à l’idée de ne pas réussir à m’endormir, ou pire que mon réveil ne parvienne pas à me réveiller. Alors après avoir tourné sur moi-même pendant bien une demi-heure, j’ai fini par rallumer la lumière et j’ai pris le livre qu’on lisait en littérature : Hamlet. Je savais pas si je détestais ou si j’adorais. Je sais juste qu’au bout d’un moment, l’anglais un peu poussiéreux a fini par m’endormir, et j’ai pu goûter à quelques heures d’un sommeil agité mais réparateur. Vers deux heures du matin, mon réveil m’a arrachée à mes songes. A tâtons, je me suis extirpée de mes couvertures et j’ai enfilé les vêtements que j’avais préparés la veille. J’ai tressé mes cheveux, avalé une banane et un avocat pour me donner du courage, et j’ai enfilé mes rangers et mon sac à dos. J’ai jeté un dernier regard à ma chambre, comme pour en inspirer la quiétude une dernière fois. Et puis j’ai ouvert ma fenêtre et j’ai escaladé la façade du manoir de mes parents pour m’échapper dans la nuit, comme une voleuse. J’ai remonté l’immense terrain au pas de course, en contournant les talus de végétation pour échapper aux caméras de surveillances. Bordel, s’enfuir de cette baraque c’était comme essayer de s’échapper d’une putain de prison ! Enfin, je suis arrivée dans la petite forêt de notre domaine et j’ai remonté le mur de pierres jusqu’à la brèche de sécurité que je ne connaissais que trop bien. J’ai escaladé l’arbre le plus proche et j’ai enjambé le mur avant de me laisser retomber de l’autre côté. Un sourire conquérant aux lèvres, j’ai contemplé mon œuvre, puis j’ai remonté la rue au pas de course.

Kyte m’attendait deux rues plus loin, nonchalamment appuyé contre sa bécane, la clope au bec et la voix chantante. Je comprenais pas comment il pouvait être aussi calme. C’était peut-être l’âge ou c’était peut-être son expérience. Je savais juste que j’étais une pile de nerfs et qu’il avait l’air parfaitement détendu, comme s’il m’attendait juste pour une sortie cinéma. Lorsqu’il m’a vue, il a fait mine de froncer les sourcils et il m’a fait une remarque sur ma ponctualité, alors j’ai roulé des yeux et j’ai pris le casque et les gants qu’il me tendait. «  Ça va c’est pas dix minutes qui vont faire foirer la mission ! » J’ai tenté de protester. Apparemment si, dix minutes ça le rendait chafouin, si j’en croyais sa façon de grommeler dans sa moustache. Mais c’était Kyte, je crois qu’il aimait bien rouspéter à tort et à travers. D’ailleurs, il a même pris le temps de finir sa clope sans trop se presser, et j’ai pas pu m’empêcher de hausser un sourcil en le regardant intensément, comme pour marquer ma victoire. Il s’est pas laissé décontenancer, le bougre. Il a pris ses lattes tranquillement, puis il a balancé le mégot dans la poubelle et il m’a fait signe de monter en scelle. « Sois prudent, j’ai pas envie de finir dans un fossé. » J’ai pas pu m’empêcher de préciser. Je me sentais pas stable, et j’étais franchement pas rassurée. Alors j’ai fait comme il m’a dit et je me suis accrochée à sa taille comme à ma vie. L’instant suivant, il mettait le moteur et on disparaissait dans la nuit.

J’ai cru qu’on allait crever environ cent fois. Kyte conduisait comme un malade, et en plus il prenait toute la place sur la scelle alors j’avais l’impression d’avoir les fesses dehors à moitié. Sa moto gueulait comme c’est pas permis et à chaque crevasse, je me prenais comme un coup de pieds au cul. Il disait qu’il voulait éviter les grands axes, alors il me traînait dans des ruelles complètement loufoque - qu’il prenait en sens inverse sans pression – et je vous jure que j’ai failli dégobiller mon encas, par peur et parce que j’étais pas loin d’avoir le mal de mer. Enfin, on a quitté Vancouver, et là mon Kyte il s’est lancé dans une course poursuite avec le vent sur les grands axes déserts qui nous amenaient droit au cœur de la nature. J’avais les yeux qui chialaient à cause du vent glacial dans ma face et j’avais l’impression que si je serrais pas les fesses comme une malade, j’allais finir en drapeau derrière lui. Et puis après un moment, j’ai fini par m’y faire, à cette étrange vitesse instable. J’ai senti mon corps se détendre alors que mon cœur se laissait éblouir par la beauté des contrées sauvages qu’on fendait à toute vitesse. J’ai pris plusieurs grandes inspirations, et j’avais l’impression d’emplir mes poumons de tout ce qu’il y avait de bon dans ce monde. J’arrivais même à oublier un peu l’odeur d’essence de la vieille machine de Kyte et ses vrombissements d’enfer !    

(c) DΛNDELION


Follow in no footsteps, listen for the true guides

Wherever we go, we'll never be lost. Some follow the compass rose, some Follow the cross. Me, I follow roads compulsively till sirens call me off, then I wander, eyes closed, following song. •• The river, the woods
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UN RP ? : Seulement si nous avons un lien.
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BLY SAVARD — A marcher sous la pluie cinq minutes avec toi et regarder la vie tant qu'y en a. Te raconter la terre en te bouffant des yeux, te parler de ta mère un p'tit peu. Et sauter dans les flaques pour la faire râler, bousiller nos godasses et s'marrer. Et entendre ton rire comme on entend la mer, s'arrêter, repartir en arrière.


JAIMIE WINTERS — A m'asseoir sur un banc cinq minutes avec toi, regarder le soleil qui s'en va. Te parler du bon temps qu'est mort et je m'en fous, te dire que les méchants c'est pas nous. Que si moi je suis barge ce n'est que de tes yeux, car ils ont l'avantage d'être deux. Et entendre ton rire s'envoler aussi haut que s'envolent les cris des oiseaux. Te raconter enfin qu'il faut aimer la vie et l'aimer même si le temps est assassin et emporte avec lui les rires des enfants.


ROBIN HOPE BERRY — A m'asseoir sur un banc cinq minutes avec toi et regarder les gens tant qu'il en a. Te parler du bon temps qu'est mort ou qui reviendra en serrant dans ma main tes petits doigts. Puis donner à bouffer à des pigeons idiots, leur filer des coups d' pieds pour de faux. Et entendre ton rire qui lézarde les murs et qui sait surtout guérir mes blessures.


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INSCRIT LE : 05/06/2016
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MessageSujet: Re: Sacrifice and bravery » Jameson   Mar 13 Mar - 13:34





sacrifice and bravery


Jaimie & Kyte - Colombie Britannique, 1997

Elle arrive avec la discrétion d’un danseur de claquettes poursuivit par une armée de brigands. Ses pas résonnent dans la rue perpendiculaire avant que sa gueule d’ange rougie par l’effort n’apparaisse devant ses yeux. En temps normal, cette vision l’aurait fait sourire. Mais là, Jaimie le coupe dans les dernières phrases de son refrain et ça le froisse un peu. « T’en as mis un temps ! » Il contre-attaque, les sourcils froncés et la moustache pareille. Elle roule des yeux, l’insolente adolescente, et elle prend les gants et le casque qu’il lui tend avec cet air dramatique et supérieur que les bouts de femmes en devenir connaissent toutes ; et Kyte a une pensée compatissante pour ses futurs mecs qui vont forcément en chier. Quelque part, ça l’attendrit un peu toute cette fougue, aussi. Mais ça, vaut mieux pas le montrer, ça l’encouragerait. En proie à des sentiments contraires, Kyte grommelle plus encore et se tasse contre sa moto pour finir sa clope. Les bras croisés contre sa poitrine tout juste développée, la môme le guette avec le sourcil de la victoire et Kyte sait pas trop ce qu’elle s’imagine avoir remporté, comme bataille, alors il se contente de l’ignorer. Tiens, c’est tout juste s’il mettrait pas un peu plus de temps que nécessaire à sucer le mégot ! Et puis quand y’a vraiment plus rien, il finit par le balancer dans une poubelle. « Allez, allez assez perdu d’temps. Grimpe don’ gamine. » Il lui dit d’un ton las et pressant en désignant la selle derrière lui. Elle s’exécute, grommelle déjà quelques petites instructions pour entraver sa liberté et Kyte sait d’avance qu’il va pas les respecter. L’engin, il fait corps avec lui, et le risque, ça fait partie de l’aventure ! Il saute sur le kick et se délecte du cri du moteur qui déchire la ruelle et leurs oreilles alors qu’ils s’arrachent dans la nuit.

Les voitures, les feux tricolores, c’est plus que des figurines en carton sur le bord de la route qui les avale. Kyte slalome entre les obstacles de la ville et puis enfin il accélère sur la grande route à sa sortie. L’air pur de la montagne emplit ses poumons d’un vent de joie et d’excitation. Il le lui dira jamais, mais la moto, c’est presque quelque chose qu’il préfère faire à plusieurs. Entourés de ses frères de club sur de longues distances, mais aussi avec la chaleur d’une nana dans son dos. Idéalement, une pas trop dégueulasse qui est pas contre poser ses lèvres un peu partout sur son corps. Mais on peut pas tout avoir dans la vie, et puis une môme un peu casse couille et casse gueule c’est pas mal aussi dans son genre. En tout bien tout honneur, évidemment. Ils traversent des champs et des forêts, longent les montagnes et les lacs. Ils s’enfoncent dans la nature là où les gens bienpensant de la ville ils osent pas s’aventurer. Là où le théâtre des horreurs est à son paroxysme, loin des yeux chastes d’une société fondée sur le mensonge. Il bifurque dans une route trop bien entretenue pour un lieu aussi reculé, et s’approche d’un immense bloc de béton triste comme une prison dans la nuit. Au dernier moment, il tourne dans un petit chemin et arrête sa moto derrière un buisson, à côté de deux grands gaillards qu’on fait pareil avec leurs camions. « T’es en retard. » Remarque Robert en lui serrant la main quand même, de bonne guerre. « Ah, ça va ! » Kyte réplique d’un ton sec. « C’est pas dix minutes qui vont flinguer la mission ! » Il serre la main de l’autre bonhomme et fait semblant de pas voir les petits yeux avides de Jaimie braqués sur lui. « La môme dont tu nous as parlé ? » Demande alors Christian en la désignant du menton. « Celle-là même. » Kyte répond sans trop de détails. C’est comme ça dans cette branche de l’activisme. On discute en dehors des missions mais personne a trop le cœur à ça avant de se lancer. « Les autres sont déjà en place. Faut juste qu’on neutralise le garde. Et on pourra commencer l’évacuation. »  Commente à nouveau Robert. Kyte hoche la tête. « Je me charge du gardes. La gamine vous fera signe quand la voie est libre. » Puis, il se tourne vers Jaimie. « Prête ? » Elle le regarde avec ses grands yeux et y’a autant de peur que de détermination à l’intérieur. C’est bon ça. Il sait qu’elle est prête pour ce genre de missions. Qu’elle a envie d’avoir un véritable impact. Depuis un an et demi qu’il la teste, il a confiance en ses capacités et son sang froid. Et ce soir, elle en aura besoin, parce que c’est le grand saut. « Allez, allez, viens avec moi. » Il lui dit en plaçant une main dans son dos. Il enfile sa cagoule et avance à couvert, bien planqué par la nuit noire et les buissons. Les môme lui emboite les pas jusqu’à un poste de surveillance où un type s’endors à moitié sur un vieux Marvel. Le job le plus chiant du monde, où il se passe jamais rien ; et c’est tant mieux, parce qu’il verra rien venir. Kyte se planque derrière la porte et fait signe à Jaimie de pas bouger de derrière le buisson et de fermer sa gueule. Il sort un flingue de sa ceinture, fait faut sauter le verrou et entre d’une traite dans la pièce. Le garde sursaute et mets la main à sa ceinture par réflexe mais il a pas le temps de dégainer son arme avant que Kyte lui fonde dessus et l’attrape par les épaules, le flingue collé sur sa nuque. « A terre ! A terre ! » Qu’il gueule. « Fermes la et reste tranquille s’tu tiens à ta vie ! » Il menace de sa voix la plus effrayante. « WOLF ! » Il beugle en direction de la porte. « Trouve-moi de quoi le bâillonner et l’attacher à son siège. »      
   
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KYTE — No axe has seen these woods since before your father stood; the path is beaten good from the feet of all who wandered through it. Old growth holds hope, let the brambles scrape your skin; scars are story books, blood will wash away our sins.


ROBIN — I'm the anchor that keeps your feet on the ground; you're the wings that get my heart wandering. And if I follow you tonight, will you show me what it's like, to be alive?


IRENE — I know, it seems like we're all lost; but we see the secrets, we know the unknown. Keep close, hold my hand girl, just be strong; we can follow this river right back to your home. Guarded hearts only open up to each other.


SOREN — We should have died a hundred times but somehow we're still alive.
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MessageSujet: Re: Sacrifice and bravery » Jameson   Ven 16 Mar - 23:14


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Kyte et Jaimie


"Old growth, holds hope, let the brambles scrape your skin, Scars are storybooks, blood will wash away your sins." - Canada, 1997
On a traversé des champs et des forêts, et c’était tellement ressourçant toute cette beauté que pendant quelques minutes j’arrivais même à oublier pourquoi j’étais sur cette moto et où on allait Kyte et moi ce matin-là. Et puis après une bonne heure de route il a fini par ralentir pour s’engouffrer dans une petite route bien cachée qui menait à un gros bloc de béton sombre. Paradoxalement mon cœur a accéléré et mes tripes se sont retournées, parce que je me doutais bien qu’on approchait de notre destination finale. On s’est écartés de la route et mon mentor a arrêté la moto derrière un gros bosquet pour qu’on ne puisse pas la voir sans avoir le nez dessus. Il s’est avancé vers deux grands gaillards à l’air morose qui nous attendaient.  Le premier a fait une remarque sur notre retard en lui broyant la main, et – il fallait s’y attendre – Kyte a rouspété en grognant que dix minutes c’était pas grand-chose. Il reprenait exactement mes mots ma parole ! J’ai croisé les bras et j’ai pas pu m’empêcher de le fixer pour qu’il remarque bien que j’étais pas passée à côté de l’ironie de cette situation. Mais il a fait semblant de ne pas me remarquer et s’est contenté d’échanger quelques mots avec l’autre type qui s’enquérait de mon identité. J’ai levé mon menton dans sa direction pour les saluer, mais j’ai pas trop osé leur sourire ou leur tendre la main parce qu’ils avaient pas l’air hyper commode dans le genre. Je me contentais de les observer à une distance respectable en me demandant si c’étaient eux qui étaient en charge du plan de notre mission. J’espérais, parce que j’avais réalisé au cours de ces derniers mois que la stratégie, c’était pas vraiment le point fort de Kyte. « Les autres sont déjà en place. Faut juste qu’on neutralise le garde. Et on pourra commencer l’évacuation. » A fini par lancer le premier type, et j’ai senti ma gorge se serrer. Attends, comment ça ‘neutraliser’ ? J’ai pas eu le temps de me poser davantage de questions parce que Kyte a décidé que cette mission nous revenait de droit. Il m’a demandé si j’étais prête et moi j’avais juste envie de lui gueuler un truc dans les lignes de : I didn’t sign up for this shit! Mais j’ai bien vu dans son regard que j’avais pas vraiment le choix alors j’ai hoché la tête parce que de toutes les façons, les mots, ils étaient restés bloqués quelque part dans ma gorge.

« Allez, allez, viens avec moi. » Il a marmonné sans plus attendre en plaçant une main dans mon dos pour m’arracher au sol. On a enfilé nos gants et nos cagoules, et on s’est faufilés entre les arbres, en restant dans la forêt aussi longtemps que possible alors qu’on progressait vers le bâtiment de la mort. La seule source de lumière qui guidait nos pas provenait d’un petit poste de surveillance vers lequel on avançait comme des putain de moustiques attirés par un lampadaire. On n’était plus qu’à quelques mètres quand Kyte a bondit dans les airs et fait une roulade sur l’herbe avant de se plaquer sans un bruit contre la porte du complexe. Moi je suis restée sur place, un peu surprise par cette manœuvre que je jugeais à la fois compliquée et inutile, et me demandant si j’étais censée faire la même chose. J’ai écarté les mains et levé le menton dans sa direction pour lui demander ce qu’il était en train de foutre et il m’a répondu par tout un tas de gestes silencieux. J’ai rien compris. Sauf quand il m’a fait signe de la fermer, alors là je me suis plaquée contre un arbre et j’ai attendu sagement. Ça a semblé lui convenir parce qu’il s’est relevé d’un bond et, l’arme au poing, il s’est précipité dans la pièce. « A terre ! A terre ! Ferme la et reste tranquille s’tu tiens à ta vie ! » Il a gueulé d’une voix que j’avais du mal à reconnaître. J’avais le cœur qui battait à cent à l’heure et mes jambes avaient du mal à me soutenir alors je me suis raccrochée à l'arbre pendant que lui attrapait un type rondouillard par le col et le jetait sur le sol. « WOLF ! » Il a beuglé, et j’ai supposé que c’était moi. J’ai aussi supposé que s’il n’utilisait pas mon véritablement prénom c’était pour ne pas me compromettre légalement, et j’étais pas très à l’aise avec cette idée ni ce que ça impliquait. Mais je suis sortie de ma cachette et je suis allée voir ce qu’il me voulait. « Trouve-moi de quoi le bâillonner et l’attacher à son siège. » Il m’a lancé l’air de rien, comme s’il n'aurait pas pu y penser avant et trimbaler le nécessaire dans son sac. J’en revenais pas. C’était un miracle que ce type soit encore en vie après toutes ces années d'activisme aussi peu organisé. Les mains tremblantes, j’ai fouillé dans les tiroirs en essayant de ne pas regarder le garde qui me suppliait au sol, les yeux rouges de larmes et la face blême de terreur. J’aurais voulu le rassurer, lui dire qu’on allait rien lui faire, que tout ce qu’on voulait c’était sauver les animaux et qu’ensuite ce serait comme s’il nous avait jamais rencontrés. Mais ma voix était bloquée dans ma gorge et j’avais peur qu’il puisse la garder en mémoire et s’en servir pour m’identifier aussi, alors je suis restée muette comme une carpe. J’ai fini par trouver du scotch d’électricien et des vieux foulards et j’ai fait comme Kyte me disait, je m’en suis servie pour neutraliser le garde. Je peux vous dire que je faisais pas la fière, en l’attachant sur sa chaise. Ça a peut-être duré que quelques secondes mais moi j’ai comme la sensation que ça a duré des heures pendant lesquelles j'arrêtais pas de croiser son regard implorant qui me compressait les poumons. Après, Kyte m’a dit de filer voir les autres parce qu’il fallait encore qu’il s’occupe des caméras et j’ai fait comme il a dit, sans me poser de question. Je pouvais plus supporter la vision de ce gars qui avait rien demandé. Qui faisait un job de salaud mais qui avait peut-être pas le choix. Qui surement, dans le fond, était un bon gars, mais qu’avait une famille à nourrir. Ou peut-être bien que c’est un connard et qu'il bouffe du bacon tous les matins malgré les cris de ses victimes qu'il a entendu toute la nuit ! Je me suis dit comme pour m’encourager. J’ai couru sur la pelouse comme pour échapper à mes pensées, et je crois que ça marchait un peu. Avec l’air vif et cendré de la nuit, je retrouvais un peu de mon courage et de mes couleurs. Ou c’étaient peut-être justement les cris déchirants des animaux alors que je m’approchais du bâtiment qui renforçaient ma détermination. J’étais là pour eux ; et j’allais pas les laisser tomber. Peu importait le prix. « La voie est libre. » J’ai expiré, à bout de souffle, alors que je retrouvais les deux lascars à côté de leurs camions. Ils ont hoché la tête, comme si aucune parole n’était nécessaire, et ils ont ouvert les camions remplis de paille sans un mot. Après, ils m’ont fait signe de les suivre et ils ont rejoint une dizaine d’activistes qui attendaient tapis dans l’ombre un peu plus loin. D’un seul mouvement, ils sont sortis des fougères sans un bruit et se sont répartis autour du grand bâtiment. Vérifier les caméras, forcer la porte, installer des barrières pour créer un chemin jusqu’aux camions : chacun avait une tache bien précise et moi je les regardais s’affairer avec une fascination teintée de respect et de crainte. Quand la serrure qui maintenait la porte a sauté, les cris des animaux paniqués ont semblé s’en échapper, et leur plainte m'est devenue insupportable. Ne vous inquiétez pas, nous sommes là pour vous sauver ! Nous ne vous ferrons aucun mal ! J’avais envie de leur murmurer en caressant leur pelage souillé par les heures de transport et leurs excréments. Mais j’étais comme clouée sur place, incapable de faire le moindre mouvement. « Vas-y gamine. T’es en charge des animaux. Rentre là-dedans et va donc aider à libérer ces innocents. » M’a dit Kyte en posant la main sur mon épaule. Je ne m’attendais tellement pas à le voir revenir si tôt que j’ai sursauté à ce contact. Puis mon regard a croisé le sien et je crois que j’y ai récupéré un peu de force, parce que l’instant d’après, je courrais vers l’entrée de l’abattoir.   

(c) DΛNDELION


Follow in no footsteps, listen for the true guides

Wherever we go, we'll never be lost. Some follow the compass rose, some Follow the cross. Me, I follow roads compulsively till sirens call me off, then I wander, eyes closed, following song. •• The river, the woods
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ÂGE : 56 ans.
SURNOM : Le grand type louche, ou hippie hargneux. Par un certain boxeur/plongeur. Oh, et puis grand oncle. Celui-là pour le coup ça me vient d'un rongeur australien.
STATUT : Veuf, divorcé & célibataire.
MÉTIER : Militant écologiste et cause animale… ou écoterroriste et dangereux criminel selon les points de vue. Membre fondateur de l'ALF, s'il faut s'identifier à une association.
LOGEMENT : Sans domicile fixe.

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ORIENTATION SEXUELLE : J'aime les jolies filles.
PETIT PLUS : Ancien militaire, souffre de PTSD. Découvre le véganisme et le militantisme écologique à travers son club de motards en Norvège. Accusé du meurtre de sa femme, séparé de sa fille en 1996. Ne pas l’avoir vue grandir est son plus grand regret. Idéaliste insatiable, Kyte est prêt à tuer et mourir pour la cause animale. Marginal et impulsif, ne respecte pas les lois et suit son propre code de l’honneur et de la justice. Ces années d’activisme sanglant et hors la loi l’ont rendu paranoïaque. Pour calmer son délire de persécution, il a des médocs qu’il n’aime pas trop prendre.
UN RP ? : Seulement si nous avons un lien.
RPs EN COURS : Robin [2] » Rosa & Ambroise » Jaimie [3]


BLY SAVARD — A marcher sous la pluie cinq minutes avec toi et regarder la vie tant qu'y en a. Te raconter la terre en te bouffant des yeux, te parler de ta mère un p'tit peu. Et sauter dans les flaques pour la faire râler, bousiller nos godasses et s'marrer. Et entendre ton rire comme on entend la mer, s'arrêter, repartir en arrière.


JAIMIE WINTERS — A m'asseoir sur un banc cinq minutes avec toi, regarder le soleil qui s'en va. Te parler du bon temps qu'est mort et je m'en fous, te dire que les méchants c'est pas nous. Que si moi je suis barge ce n'est que de tes yeux, car ils ont l'avantage d'être deux. Et entendre ton rire s'envoler aussi haut que s'envolent les cris des oiseaux. Te raconter enfin qu'il faut aimer la vie et l'aimer même si le temps est assassin et emporte avec lui les rires des enfants.


ROBIN HOPE BERRY — A m'asseoir sur un banc cinq minutes avec toi et regarder les gens tant qu'il en a. Te parler du bon temps qu'est mort ou qui reviendra en serrant dans ma main tes petits doigts. Puis donner à bouffer à des pigeons idiots, leur filer des coups d' pieds pour de faux. Et entendre ton rire qui lézarde les murs et qui sait surtout guérir mes blessures.


RPs EN ATTENTE : Clément » Phoenix » Jameson [4] » Robin [3]
PSEUDO : Whitefalls
AVATAR : Kim Coates
CRÉDITS : Whitefalls & tumblr
DC : Jaimie la louve et Aisling la paumée
INSCRIT LE : 05/06/2016
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MessageSujet: Re: Sacrifice and bravery » Jameson   Jeu 3 Mai - 14:53





sacrifice and bravery


Jaimie & Kyte - Colombie Britannique, 1997

La môme, elle met un temps fou à réagir, si bien que Kyte se demande si c’est pas un peu trop tôt. S’il la pousse pas un peu trop fort. Et puis d’un coup, elle sort de sa paralysie, et la voilà qui s’affaire avec des gestes fébriles, fouillant les tiroirs et les moindres recoins à la recherche d’ustensiles appropriés pour la tâche qui lui incombe. Pas une parole, pas une hésitation. Une muraille de glace autour d’un cœur tendre. Une lueur discrète brûle dans les yeux du vieux malfrat, et c’est peut-être un peu de fierté ou même un poil d’affection. Elle brille toujours lorsqu’il l’observe attacher le gardien sur la chaise et le bâillonner sans un mot. Le regard droit sur sa tâche, le geste sûr. Quel sacré p’tit bout d’femme ! il jubile intérieurement. Mais faut pas trop lui montrer. La nuit est longue et elle a encore bien des choses à prouver. « Allez. Allez, file ! Va don’ rejoindre les autres, moi j’ai encore fort à faire avec ces maudites caméras ! » Il ordonne d’un ton bourru. Pour la tester, pour la déstabiliser un peu, pour la préparer surtout. Parce qu’à l’ALF y’a peu de chance qu’elle tombe sur des crétins gâteux dans son genre qui voudront la prendre sous leur aile. Nan, à la tête de ces actions coup de poing en marge, y’a plus que des clebs enragés et des vieux cons désabusés aussi chaleureux qu’une calotte glacière. Et une gamine sensible comme ça, faut qu’elle fasse ses armes le plus tôt possible. Surtout une femme. Surtout une qu’est jolie comme un cœur et qui vient des beaux quartiers bien propres.

Il la regarde mettre les voiles et pose sa main sur l’épaule du garde ligoté en soupirant de satisfaction, comme si c’était sa p’tite femme et qu’ils s’attendrissaient ensemble de voir leur môme voler de ses propres ailes. Mais le rêve est de courte durée : le type gigote, couine et se débat comme un porc qu’on mènerait à l’abattoir, et l’ironie est mordante étant donné les circonstances. Kyte la savoure quelques secondes puis lui caresse tendrement le haut du crâne avant de l’abandonner derrière lui, parce que c’est pas tout mais il a une mission à mener. Les caméras ne sont pas trop compliquées à gérer. En fait, il suffit simplement d’arracher les câbles qui les relient aux écrans de contrôle, et le Canadien s’y emploie avec une frénésie jouissive. C’est qu’il aime bien le petit crépitement et les étincelles qui s’en échappent lorsqu’il tire dessus si brusquement que les fils se déchirent entre ses mains gantées. L’idée qu’il puisse s’électrocuter ne lui traverse pas l’esprit. Bénis soient les courageux, et plus encore les ignorants. Sa besogne achevée, il s’allume une clope et rejoint tranquillement les autres, pas pressé de mettre les mains dans le cambouis, ou plutôt la fange. C’est qu’il aime pas trop rentrer dans ces hangars sordides, Kyte. Ça lui rappelle le camion maculé de terre qui passait à la ferme tous les ans, quelques semaines après que les vaches aient toutes vêlé. Celui qui engloutissait leurs petits pour quelques billets placés dans la paume de son père. Il entend encore le cri des bêtes séparées de leur veaux, le regard terrorisé des rejetons abandonnés à leur triste sort, et ça le hante plus encore que les corps déchiquetés qui illustrent ses souvenirs de guerre. Mais pas autant que celui de sa douce Myrtille quand elle est devenue trop vieille pour être rentable. La peur et la trahison, et les larmes sur son pelage sombre qu’il touchait sous ses doigts secs. La beuglante qu’il a poussée en regardant le camion s’éloigner, impuissant. La raclée que lui a filé son paternel par la suite. Et puis la revanche qu’il a pris à la nuit tombée, quand la folie guidait ses gestes et la fumée sortait de ses naseaux. Une mauvaise blague sur la viande de la noiraude, et Kyte a bien cru qu’il allait envoyer son géniteur gober des vers en enfer. Et faut dire que c’est probablement le destin qui l’attendait si ses frères n’étaient pas parvenus à le neutraliser. Le vieux avait fini à l’hôpital, et Kyte à la rue. Quelques mois plus tard, il s’engageait dans l’armée.

Il grogne entre ses moustaches, se raconte une blague à l'humour bien sombre pour échapper au poids de ses souvenirs, accélère le pas pour rejoindre ses camarades dans la nuit noire. Les barrières destinées à guider les rescapés sont déjà installées et le verrou qui retenait la double porte en taule vient de sauter. Elle s’ouvre sur un vide béant qui mène tout droit dans les profondeurs de l’horreur, et les cris déchirants qui s’en échappent ne viennent que renforcer cette impression. Cette litanie d’enfer les paralyse tous un peu, même les plus anciens. Mais ce soir Kyte s’inquiète surtout pour les plus jeunes, et parmi eux sa petite protégée qui reste plantée comme un piqué au milieu du chemin. « Vas-y gamine. » Il lui dit alors en posant une main sur son épaule pour l’arracher à ses pensées. « T’es en charge des animaux. Rentre là-dedans et va donc aider à libérer ces innocents. » Il lui parle dans un langage qu’elle comprend. Celui de la douceur féroce et des idéaux inébranlables. Celui qui ne rechigne pas à faire un peu de mal tant qu’on a le bien dans le fond du cœur. Elle lève ses yeux verts et plante son regard dans le sien. Le brouillard s’évapore et une sorte de détermination y apparaît à la place. Alors Kyte serre encore un peu son épaule et il hoche la tête pour l’encourager une dernière fois. Puis il la pousse un peu brutalement pour amorcer son départ, et la voilà qui cours vers l’entrée de l’abattoir. D’autres mômes la suivent, et Kyte reste avec les plus anciens. Ils le savent pas, les gosses, mais ce soir c’est comme une initiation. C’est à eux de prendre la relève, de se démener dans ce combat qu’ils doivent s’approprier. De poursuivre le chemin tracé par ceux qui restent à l’extérieur et les regardent en préparant les camions. Les premières bêtes sortent bientôt, et avec elles une forte odeur de rance, de sueur, d’excréments et de terreur. Le nez aussi bouché que son cœur est fermé, Kyte les hèle depuis le camion. Il les pousse avec de braves gaillards pour les entasser. Jaimie, elle ressort pas une seule fois. C’est elle qui reste à l’intérieur et qui murmure à l’oreille des grands bestiaux paralysés par la peur. Pour les rassurer, pour les pousser à suivre la troupeau jusqu’à l’extérieur où ils seront enfin amenés à l’abri.

Les camions se remplissent et partent dans la nuit. D’autres arrivent et le même cirque recommence dans une précipitation contrôlée. Bientôt, le flot des animaux se tari, alors Kyte attrape un type par le bras. Plutôt jeune, l’esprit clair, bien bâti et les cheveux bruns en bataille. « Hey, tu vois c’est qui la Jaimie ? P’tite brune, pas commode, avec l’accent pas d’ici. » Une lueur vive brille dans ses yeux clairs et le gars rigole avec cet air un peu con que les adolescents en rut peuvent avoir. Mais peu importe. Il la visualise et c’est tout ce qui importe à Kyte. « Aide la avec les derniers rescapés et dis-lui de trouver la salle du meurtre. Tu vois c’que j’veux dire ? Vous la trouvez et vous vérifiez qu’y a plus personne à l’intérieur. Et faites vite mon gars. 'Faut pas tarder à s’arracher. » Le type hoche la tête et lui répond un « Oui m’sieur » un poil trop révérencieux pour être honnête. Et puis il part en courant avec l’énergie de ses dix-neuf ans et la légèreté de son corps pas encore trop alourdi par la bière et les responsabilités. Ah, sacré beau gosse ce gamin. Moi j'te l'dis. Un peu comme moi quand j'avais son âge, tiens. Il se raconte avec complaisance en secouant la tête avec indulgence. C'est que dans le fond, il serait pas contre boire une potion de jeunesse pour narguer un peu le temps qu'à creusé des balafres dans sa peau et son âme pareille.
   
AVENGEDINCHAINS & WHITEFALLS



Dès que le vent soufflera je repartira.
Je f'rai le tour du monde pour voir à chaque étape si tous les gars du monde veulent bien m'lâcher la grappe. J'irai z'aux quatre vents foutre un peu le boxon. Jamais les continents n'oublieront mon prénom. Dès que les vents tourneront nous nous en allerons! — Renaud.
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ORIENTATION SEXUELLE : Je n'aime que ma moitié.
PETIT PLUS : Irlandaise & Amérindienne du Canada, j'ai un petit accent. Je me ressource dans la nature. Combattre les injustices me fait vibrer. Je suis aussi à l'aise dans les bas fonds de Dublin que dans les soirées guindées de l'élite australienne. Vegan depuis mes 15 ans, je milite pour préserver la nature. Légalement, de nos jours. Du moins j'essaie. J'ai adopté une chienne/louve que j'aime comme ma fille. Je n'ai jamais perdu un procès. Certains me décriraient comme une féministe autoritaire et mal baisée. Ceux là sont toujours perturbés lorsqu'ils rencontrent une femme qui se comporte comme eux.
UN RP ? : Seulement si nous avons un lien.
RPs EN COURS : PhoenixThe Velvet ClubKyte [4]Irene [2]Robin [r.a.]Zombinson [r.a.]


PHOENIX — The river's a hymnal and the leaves are applause. Trees sing in whispers with the wind pulling their arms. Hold still and listen, your hand on my heart; if you need them these beacons will lead you back to the start. Nous avions à peine vingt ans et nous rêvions juste de liberté.


KYTE — No axe has seen these woods since before your father stood; the path is beaten good from the feet of all who wandered through it. Old growth holds hope, let the brambles scrape your skin; scars are story books, blood will wash away our sins.


ROBIN — I'm the anchor that keeps your feet on the ground; you're the wings that get my heart wandering. And if I follow you tonight, will you show me what it's like, to be alive?


IRENE — I know, it seems like we're all lost; but we see the secrets, we know the unknown. Keep close, hold my hand girl, just be strong; we can follow this river right back to your home. Guarded hearts only open up to each other.


SOREN — We should have died a hundred times but somehow we're still alive.
RPs EN ATTENTE : Phoenix [2] ↟ Robin [4] ↟ Zelda ↟ Gabriel
PSEUDO : Whitefalls/Whitewolf
AVATAR : Maggie Siff
CRÉDITS : Tearsflight (avatar), anaëlle. (signature) & tumblr
DC : Kyte le vieil ours mal léché & Aisling l'ex junkie paumée
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MessageSujet: Re: Sacrifice and bravery » Jameson   Dim 3 Juin - 18:02


sacrifice and bravery
Kyte et Jaimie


"Old growth, holds hope, let the brambles scrape your skin, Scars are storybooks, blood will wash away your sins." - Canada, 1997
Un instant je courrais sous un ciel étoilé ; le suivant j’entrais en enfer. Ce qui m’a marquée en premier lieu, c’est l’odeur qui vous prenait aux tripes et vous brûlait les narines. Une odeur de rance, de sueur, de déjection et de terreur. Et puis il y avait ces beuglements qui vous glaçaient le sang et s’élevaient dans les ténèbres étouffantes comme un chant démoniaque. J’ai relevé mon foulard sur mon nez et j’ai fait quelques pas dans la salle où les bêtes étaient entassées toute la nuit avant d’être exécutées le matin, de l’autre côté de cette porte tout au fond du couloir de la mort. Je me sentais comme une étrangère en ces lieux, et c’est sans doute pour ça que j’essayais de me faire oublier, de ne pas faire le moindre bruit. Mais malgré ma discrétion, mes pas claquaient sur le ciment inégal du sol gorgé d’humidité. De l’eau ou de la pisse, je n’en savais trop rien. Lorsque mes yeux se sont enfin habitués à l’obscurité, j’ai réalisé qu’il s’agissait aussi d’un mélange de sang et de pus et j’ai dû perdre toutes mes couleurs parce que Todd s’est approché de moi. « Ça va ? » Il m’a demandé en posant une main sur mes épaules. Todd, c’était un grand brun qui faisait beaucoup d’actions de désobéissance civile avec moi, et ses magnifiques yeux bleus ne me laissaient jamais indifférente. « Regarde pas, concentre-toi sur les animaux. » Il m’a dit d’une voix rassurante. J’ai hoché la tête et froncé mes sourcils, irritée d’avoir laissé transparaître mon horreur et mon dégoût. Mes sentiments n’étaient rien comparés au calvaire que ces vaches enduraient, alors je n’avais pas le droit de me focaliser là-dessus ! « Ouai, ça va, t’inquiète. » J’ai répondu d’un ton un peu bourru et je me suis dégagée. Parce que j’étais terrifiée à l’idée qu’il prenne conscience des sentiments qui m’agitaient à son égard, je crois que j’étais encore plus odieuse avec Todd qu’avec les autres mecs. C’était stupide, j’en avais conscience, mais j’étais comme incapable de faire autrement.

Suivant son conseil, j’ai grimpé sur une barrière pour me rapprocher des vaches qui se recroquevillaient tout au fond de leur enclos tandis que mes acolytes faisaient sauter les verrous. « N’ayez pas peur. » J’ai dit de ma voix la plus douce. « On ne vous veut aucun mal. On est là pour vous sauver. » Il y a eu un grand bruit de métal qui casse, quelques beuglements, le son métallique d’une chaînette qu’on fait glisser, et la barrière s’est ouverte avec un grincement tandis que quelques activistes avançaient prudemment vers les animaux. Leur tâche était de les attirer hors de leur enclos pour les guider jusqu’aux camions. Une mission qui s’avérait potentiellement dangereuse car, si elles paniquaient, ces magnifiques vaches canadiennes de 500 kilos n’auraient aucun mal à les encorner ou encore les écrabouiller. Pour éviter ça, mon rôle était de les mettre en confiance. C’était celui de Kyte avant moi, si j’avais tout compris, et il avait passé l’été à me parler des vaches et des gestes à avoir avec elles. Je m’étais même entraînée sur quelques protégées du refuge où j’allais souvent faire du bénévolat à quelques kilomètres de chez moi. Mais ce soir, c’était la première fois que j’allais murmurer à l’oreille de bêtes véritablement terrorisées par le sort qui les attendait. Autant dire que je ne faisais pas la fière, en escaladant la barrière pour retomber dans leur enclos. Détends-toi putain, elles peuvent sentir ta peur, je me suis rappelée à l’ordre. Comme Kyte m’avait conseillé de le faire, j’ai bloqué toutes les émotions qui menaçaient de me submerger et je me suis concentrée sur la tâche que j’avais à accomplir. « Tout doux ma belle. Tout doux. » J’ai dit en m’approchant d’une vache qui avait reculé dans un petit coin. Derrière moi, les plus courageuses sortaient déjà, trottant vers leur délivrance. « Si tu suis tes copines, je te promets qu’on t’offrira une belle vie. » J’ai continué en marchant doucement vers la récalcitrante. Elle a poussé un mugissement craintif, et je pouvais voir la peur dans ses yeux écarquillés. « Tout doux, je ne te veux aucun mal. » J’ai tendu ma main devant moi sans cesser de lui parler et je me suis immobilisée. On est restées un moment comme ça, peut-être quelques secondes, mais vu la douleur dans mes épaules, j’avais plutôt l’impression qu’il s’agissait de minutes. Et puis, tout doucement, elle est venue renifler ma main de ses naseaux humides. « Voilà, c’est bien. Tu peux me faire confiance. » Je l’ai encouragée de ma voix la plus basse. Elle m’a laissé lui caresser la joue, alors je me suis approchée. Après un mouvement de recul, elle m’a finalement laissée caresser son corps. Quand je me suis redressée pour regarder dans ses yeux, j’ai vu que de longues stries mouillaient son pelage sous ses yeux. Bon sang, elle pleurait ! J’ai senti mon cœur se briser en mille morceaux et j’ai dû lutter pour contenir mes propres larmes. Sans réfléchir, je l’ai enlacée et je me suis serrée contre son cou. « C’est fini. Tu es libre maintenant. Ton calvaire est fini, je te le promets. » J’ai murmuré contre son pelage. Peu à peu, ses muscles se sont détendus. Alors j’ai posé ma main sur son dos et j’ai avancé vers la sortie en lui faisant signe de me suivre. Quand elle s’est ébranlée, j’ai pu voir qu’elle boitillait. Ça m’a donné envie de buter tous les connards de l’univers. « Elle est terrorisée et blessée à la patte, je pense qu’elle aura besoin de soins spécifiques. » J’ai dit à Carla qui m’attendait à la barrière pour prendre le relais. « Bah alors ma grande, faut pas avoir peur. » Elle lui a dit d’une voix un peu plus énergique que la mienne. J’allais protester mais étrangement ma petite protégée ne s’en est pas inquiétée plus que ça. J’ai caressé sa croupe et l’ai regardée emboiter le pas de ma coéquipière, puis j’ai pénétré dans l’enclos suivant, et j’ai recommencé la même danse avec les plus craintives.

J’ignorais depuis combien de temps j’étais dans cette enfer de pleurs et de douleur. Je savais juste que j’en étais à mon septième et dernier sauvetage, celui d’une vache sur le point de vêler et que la peur rendait presque agressive. Celle-là, je ne suis pas parvenue à la calmer, malgré tous mes efforts. Alors ce sont Jade et John, deux jumeaux et enfants de fermiers, qui s’en sont chargés. Ils l’ont sauvée « à la dure » comme ils disaient, avec des cordes et tout le bordel. Et ça m’a fait mal au cœur de les voir la tirer comme ça, mais je me suis rassurée en me disant que c’était pour son bien. « Hey, Jaimie, t’es toujours là-dedans ? » C’était la voix de Todd, et je me suis étonnée qu’il se souvienne de mon prénom. « Ouai, je suis là, qu’est-ce que tu veux ? » J’ai demandé en le cherchant des yeux. Un ricanement m’a répondu, et il s’est faufilé jusqu’à moi. « Kyte veut que tu trouves la salle de meurtre, pour vérifier qu’il n’y a plus personne à l’intérieur. » J’ai dégluti, parce que le nom ne me plaisait pas, et aussi parce que ça c’était absolument pas prévu et que je n’avais aucune idée de comment la trouver. « Parce qu’on pourrait croiser des gens ? » J’ai demandé, pas certaine de comprendre ma mission. « Je crois pas non, c’est plus pour être sûr qu’il ne reste plus d’animaux. Je peux venir avec toi ? » Mon cœur a fait une petite danse bizarre dans ma poitrine et j’ai hoché la tête. « Ouai, si tu veux. »

Et comme ça on a remonté le couloir de la mort à la recherche de cette fameuse salle. Le silence est retombé autour de nous, simplement rompu par le bruit de nos pas, de nos respirations et de quelques gouttes qui glissaient le long des parois et tombaient sur le sol en béton. Je voulais me dire que c’était de l’eau. Et pourtant, l’odeur métallique qui alourdissait l’air me donnait une toute autre impression. Lorsqu’on est arrivés devant la porte, on a tous les deux tendus la main pour l’ouvrir et nos doigts se sont entremêlés. J’ai senti le rouge me monter aux joues, et j’ai remercié l’obscurité de m’aider à voiler ces émotions. « Vas-y. » J’ai soufflé, le laissant crocheter la serrure et tourner la poignée. « Après toi, » il m’a dit avec un de ces sourires plein de charme dont il avait le secret. J’ai essayé de ne pas regarder ses lèvres trop longtemps et je me suis faufilée à l’intérieur. Une fois dans la salle de meurtre, j’ai tout fait pour ne pas regarder les machines monstrueuses et les crochets scintillants auxquels les animaux devaient être accrochés après avoir été abattus. Avec Todd, on a vérifié chaque recoin, chaque couloir. « La voie est libre. » J’ai confirmé après avoir ouvert la dernière pièce. Comme c’était pareil de son côté, on a repris le chemin de la sortie, le cœur plus léger qu’à l’entrée, la poitrine gonflée de notre fierté. On avait sauvé un tas d’animaux ce soir, et maintenant on allait infliger tellement de dommages à ce lieu de crime et de souffrances qu’il ne pourrait plus tuer pendant des années ! On avait beau faire quelque chose d'illégal, cette pensée me réjouissait. En fait, c'était peut-être même là ma plus grande satisfaction. Je me sentais plus : j'avais l'impression d'être une vraie rebelle, une révolutionnaire même. Mieux encore, une résistante !  

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