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 I might float ▲ Sid

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le mirage
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ÂGE : Trente ans, mais on dit merci aux gênes asiatiques pour ne pas les faire
SURNOM : Essaye de trouver un surnom pour mon prénom. Tu y arrives pas ? Bah voilà.
STATUT : Femme libre
MÉTIER : Mannequin professionnelle à l'AK Agency
LOGEMENT : Spring Hill #02 (appartement)

POSTS : 2356 POINTS : 140

ORIENTATION SEXUELLE : J'aime tout le monde.
PETIT PLUS : Le vietnamien est une belle langue, surtout quand elle insulte avec. Accent néo-zélandais un peu trop forcé, atteinte d'endométriose et vegan. Essaie petit à petit d'arrêter de fumer et milite pour le droit des femmes.
UN RP ? : Seulement si nous avons un lien.
RPs EN COURS :
SidJamesonHadès




gabriel - I don't want to be afraid, the deeper that I go it takes my breath away, soft hearts electric souls. Heart to heart and eyes to eyes, is this taboo?


jameson - The boys, the girls, they all like Carmen , she gives them butterflies, bats her cartoon eyes, he laughs like God, her mind's like a diamond, buy her tonight, she's still shining


mitchell - I was red, and I liked you because you were blue, but I touched you, and suddenly you were a lilac sky, then I decided purple just wasn't for me


time spent walking through memories

RPs EN ATTENTE : Heidi, Jameson, vous ?
RPs TERMINÉS : liam #1 | #2 | liam (abandon)- clément #1 - hannah #1 - aisling #1 - sven (abandon) - heller (abandon) - Alexander (abandon)
PSEUDO : apaisios
AVATAR : Kim fuckingqueen Taeyeon
CRÉDITS : valtersen (avatar) ; taeyeonsedits (gif) ; loonywaltz (ub) ; old money (signa)
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INSCRIT LE : 24/12/2017

MessageSujet: I might float ▲ Sid   Mer 28 Fév - 19:50



I might float

Sid Bauer
L'horloge affichait sept heures du soir. Il ne faisait pas encore nuit, mais le soleil commençait à se coucher. Se cachant derrière les montagnes, transformant la couleur des nuages en un rose pâle et la lumière s'assombrissait. Toi tu rentrais à peine de ton jogging en compagnie de ton chien, qui n'arrêtait guère de haleter, demandant désespérément de l'eau. Tu lui remplis sa gamelle avant de boire à ton tour dans une bouteille bien fraîche. Tu transpirais, l'humidité de l'automne avait faiblement frisé tes cheveux bruns. Tu reprenais peu à peu ton souffle, ton corps reprenait peu à peu la chaleur confortable de ton appartement. Tu avais chaud, tu n'avais qu'une envie ; prendre une douche. Enlevant tes chaussures sans trop faire gaffe à les bien ranger, tu courrais, presque, vers ta salle de bain. L'automne n'était pas ta saison préférée. La pluie, le mauvais temps, les feuilles mortes par terre, quand bien même leur couleur pouvait être réchauffant et affriolant, tu n'aimais pas cette saison des moissons et des potirons. Non, comme chaque année, tu attendais l'hiver avec impatience. Cette saison qui n'a guère sa place en mois d'août, mais dont tu as toujours apprécié pour la neige et les gros pulls. L'eau chaude coulait à flot sur ton corps maigre, laissant des gouttes s'éclataient contre ta peau, tu te laissais, là, en dessous du pommeau de douche pendant de longues minutes. Tu profitais de ce seul instant de calme, de cette agréable sensation où ta chaleur corporelle revenait petit à petit. Fermant les yeux, tu inclinais ta tête vers l'arrière et venait laisser tes doigts fins et longs parcourir ton corps. Tu avais cessé de compter combien de femmes et hommes ont caressé, ainsi, ton corps. Ceux qui l'avaient fait avec ton consentement et d'autres qui pensaient que tu n'étais plus maître de ton propre corps. De tes doigts, tu sentais ta cicatrice. Cette grosse cicatrice au niveau du bas ventre qui te rappelait les déchirures de ton passé. Ces longues heures à rester dans un même lit d'hôpital pour des opérations qui n'auront, au final, rien changer. Tu ouvrais les yeux en y pensant, enlevant d'un geste brusque ta main de ta cicatrice. Ces souvenirs te brûlaient la peau, comme l'eau chaude qui devenait de plus en plus chaude à force d'y rester. Tu décidais de commencer à te laver.

Une fois sortie de la salle de bain, vêtue d'un pyjama, tu essuyais une dernière fois tes cheveux mi-longs contre une serviette avant de la jeter dans le panier à linges sales. Ton chien, lui, était parti depuis longtemps dans les bras de Morphée. Tu souris en le voyant affaler comme un idiot dans son panier, il était mignon. Tu jetais un œil vers l'horloge ; vingt heures moins le quart. Il n'était pas tard, mais ton ventre criait famine. Te dirigeant vers ta cuisine, tu essayais de chercher ce que tu allais bien pouvoir manger. Ironiquement, le frigo était pratiquement vide. Tu soufflais en pensant à devoir faire des courses, tu fermais celui-ci ne trouvant rien à te mettre sous la dent. Ouvrant les placards, tu trouvais un pot de nouilles épicées instantanées. Cela fera largement l'affaire, avais-tu pensé. Tu laissais bouillir l'eau dans ta bouilloire avant de la verser dans ton pot. Tu refermais celui-ci, patientant quelques minutes avant de vider toute l'eau. Versant le liquide rouge de la sauce épicée, tu y rajoutais les graines de sésames avant de venir y tremper tes baguettes. Ton canapé allait faire d'office de table et ta télé d'objet de divertissement pendant ton repas. Tu l'allumais, tombant sur un vieux sitcom des années quatre-vingt-dix et tu commençais à savourer ton simple repas. Dehors, la pluie avait commencé à tomber par quelques gouttes puis le déluge venait s'abattre sur Brisbane ainsi que contre tes vitres. C'est après avoir fini tes nouilles que la sonnerie de ton portable se fit entendre dans ton salon. Tu venais l'attraper d'une main, tandis que tes yeux étaient toujours fixés sur ton écran de télévision. Tu jetais un œil sur le nom du contact et restais quelque peu sur le cul en voyant le nom de Sid qui s'était affiché. Tu ne comprenais pas pourquoi il t'appellerait, surtout quand ça fait presque sept mois que tu n'avais plus aucune nouvelles de lui. Mais tu avais quand même répondu à son appel, sans trop savoir pourquoi non plus.


«Oui, Sid?» avais-tu commencé la conversation or ce que tu entendais comme réponse n'était que le son de sa voix où les mots manquaient. Tu fronçais les sourcils, lui dit de patienter avant de baisser le son de ta télévision. Demandant de répéter, tu n'avais, encore, rien compris ce qu'il disait, seulement des bribes de phrases et mots. «Sid, doucement, tu as bu ? Qu'est-ce que tu as ?» De par sa façon de parler tu en avais conclu qu'il était sûrement pompette, voir légèrement bourré. Tu entendais des mots comme "elle est partie" et un faible prénom "Harley" suivi du tien. Tu voulais en savoir plus, comprendre ce qu'il voulait dire dans tout ça, mais Sid avait fini par raccrocher. Tu regardais ton téléphone, l'air inquiet et curieux. Tu voulais savoir ce qu'il se passait chez Sid et, en même temps, tu avais peur pour son cas. Tu te mordis ta lèvre, ne cessait de bouger tes jambes en te demandant ce qui était mieux à faire dans cette situation. «Et puis merde.» Avais-tu déclaré après t'être levé de ce canapé. Tu jetais le pot dans la poubelle et venais te diriger vers ta chambre où tu devais choisir un habit. Vu le temps déplorable dehors, tu décidais d'habits chauds. Un jean, un pull noir et des bottes. Tu viens mettre par-dessus tes épaules un gros manteau épais puis une écharpe. Tu attrapes un parapluie avant de te regarder dans le miroir. Heureusement, tes cheveux avaient suffisamment séché pour cette pluie et ta tronche était potable. Tu pris ton sac à main, tes clés ainsi que celles de ta voiture et tu partais pour le parking. Par chance tu te souvenais où il habitait et quand même bien il était dans le même quartier que toi, son bâtiment se situait un plus haut du tien et par ce déluge, tu ne voulais pas marcher avec ton parapluie. Vous deux, ça remonte. Tu l'avais rencontré lors d'une soirée d'un ami en commun et vous vous êtes directement plu. Ce même soir, tu avais fini dans son lit et depuis tu ne l'avais plus quitté. Pourtant, vous ne ressentiez rien pour l'autre. Si ce n'était que de l'affection, il n'y avait rien qui ressemblait à de l'amour. Alors, vous avez continué à vous voir, de temps en temps, jusqu'à ce que le temps vous rattrape. Ne voyant plus aucune raison de vous revoir, vous vous êtes lâché dans de bons termes. Depuis, cela faisait sept mois que votre petite histoire est passée et il vient te rappeler ce soir, sans crier gare. Ce soudain appel et ses paroles étranges avaient attisé ta curiosité. Tu voulais savoir ce qu'il avait et aussi, si tu le pouvais, l'aider. Arrivant devant son immeuble, tu fis un simple créneau avant de sortir accompagné de ton parapluie. Devant celui-ci, tu l'appelais sur l'interphone. Il répondit.

«Sid, c'est moi Zelda, ouvre-moi s'il te plaît.» Aucune réponse si ce n'est le faible bruit de la porte, t'indiquant qu'il t'avait ouvert. Tu entrais dans le hall, entrait dans l'ascenseur et appuyait sur le numéro de l'étage. Une fois devant la porte tu ne savais plus si tout ça était une bonne idée ou non, tu ne savais plus si tu devais faire marche arrière et rentrer chez toi. L'idée de le revoir, Sid, te paraissait comme mauvaise maintenant. Son visage allait te rappeler des souvenirs, bons comme fades. Tu avalais ta salive et au moment où tu allais toquer, la porte s'ouvrit, laissant apparaître le visage de Sid en face du tien. Tu restais surprise, revoyant son visage, mais il avait l'air si différent. Si triste, si meurtri, qu'avait-il ? Vous ne dites rien, gênés avant qu'il ne te laisse entrer. Aucune marche arrière possible. Dedans, la mélancolie puait. Les rideaux étaient clos, ne laissant entrer aucune lumière, sur la table basse des cadavres de bières, des verres de whisky vide. Tu avais raison, il avait bu. Sid vient s'affaler sur son canapé avant d'enterrer son visage entre ses mains. Avait-il honte ? Était-il embarrassé par cette situation ? Tu te reprenais. «Qu'est-ce qui se passe Sid ? Pourquoi tu m'as appelé soudainement ? Je vois que tu as bu, beaucoup même, j'avais raison.» Posant seulement ton sac à main, ainsi que ton parapluie et écharpe, tu viens t'asseoir à ses côtés. «Je suis inquiète, Sid. Ton attitude au téléphone était bizarre.. Qu'est-ce que tu as ? Tu es tout pâle. C'est qui cette Harley ?» Il ne répondait pas. «Dis-moi tout.» Tu posais ta main délicatement sur son épaule, tu étais là pour lui. Du moins, tu le pensais. 
©️ FRIMELDA



I bid goodbye to my unreturning past and the nights of weeping, so that tomorrow I'll be able to shine. I thank you, for having found me even though I am such a small constellation.  


:l::
 


Dernière édition par Zelda Trần le Dim 16 Sep - 22:26, édité 4 fois
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ÂGE : vingt-huit ans, né le 26 janvier 1990.
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ORIENTATION SEXUELLE : J'aime tout le monde.
PETIT PLUS : Il a un chat noir et blanc. + Il adore lire et regarder des documentaires. + Il a une sœur cadette. + Il déteste qu’on le prenne en photo. + Il fume, boit et se fiche de ce que les gens pensent, mais il n’a jamais touché à la drogue. + Il se spécialise dans les tatouages personnalisés. + Il adore dessiner. + Il aime les chats, la crème glacée à la pistache, les musées, les livres de recettes. + Il n'aime pas les épinards, les huîtres, le marron, les imbéciles et les gens bornés.
UN RP ? : Pas dispo pour le moment.
RPs EN COURS : aisling #5 + zelda + phoenix
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DC : nope, il y a que moi dans ma tête.
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http://www.30yearsstillyoung.com/t7497-sid-si-tu-m-appelles-sydney-j-te-promets-que-tu-vas-le-regretter-termine http://www.30yearsstillyoung.com/t10973-we-all-need-a-friend-or-two-sid http://www.30yearsstillyoung.com/t7552-sid-bauer#270693

MessageSujet: Re: I might float ▲ Sid   Mer 4 Juil - 4:40



I might float

Un verre dans une main, son whisky dans l'autre, il penche la bouteille. Le liquide ambré sort du goulot à gros bouillons et va s'écraser au fond du verre. Il l'avale en deux lampées, à peine dérangé par la morsure de l'alcool dans sa gorge. Le verre, vidé de son contenu – et maintenant dénué d’intérêt pour Sid –, gît abandonné sur la table basse du salon. Du pouce, Sid appuie sur le bouton Appel de son portable. Au bout du fil, la voix froide et mécanique d'une opératrice robotique retentit.
Le numéro que vous avez composé n'est plus attribué.
Tout à coup, le téléphone semble peser une tonne et il n’a plus la force de le garder appuyé contre son oreille. Sa main retombe mollement d'elle-même sur le canapé. Il reste immobile, le regard perdu dans le vide. Au bout d'un long moment, il retrouve l'énergie de bouger. L'alcool lui vole sa coordination, le fait ressembler à un pantin désarticulé, mais il engourdit aussi la douleur. Il tend la main à l'aveugle jusqu'à ce que ses doigts gourds se referment sur le goulot. Il porte la bouteille directement à sa bouche, sans même s'embarrasser du verre cette fois. Il est petit, bien trop petit pour calmer sa soif ou éteindre le feu de forêt qui brûle dans sa poitrine. Au bout de longues gorgées, il repose la bouteille sur la table basse. Il sent le sommeil le gagner tout à coup et il ne lutte pas contre ses paupières qui se ferment. Il s'enfonce plutôt dans les coussins et laisse Morphée l'emmener faire un tour.

▼▲▼

Il ouvre un œil vitreux, tiré du sommeil par une langue rugueuse qui lui lèche le visage. C'est Mouse, lui apprend son cerveau rendu cotonneux par les brumes d'alcool. Il ignore depuis combien de temps il dort, mais il a l'impression que toutes ses articulations ont rouillé pendant sa sieste impromptue. De peine et de misère, il réussit à s'asseoir à peu près droit sur le canapé. Une tonalité monotone s'échappe de son téléphone. Il n'a jamais raccroché et l'appel au néant dure depuis presque cinq heures. Il appuie sur le bouton rouge en soupirant, puis se frotte vigoureusement le visage. Il a l'impression qu'un rat est venu crever dans sa bouche pâteuse pendant qu'il dormait. Écœuré par le goût horrible coincé sur sa langue, il attrape la bouteille de whisky. Quelque part dans sa tête, la petite voix de sa conscience, toujours la dernière à se taire et la première à dessoûler, lui souffle que ce n'est probablement pas une bonne idée. Il l'ignore superbement, glissant la bouteille entre ses lèvres pour avaler le fond de whisky. Dépité, il jette un coup d'œil à travers le goulot, comme pour vérifier qu'il ne reste bel et bien plus d'alcool.

Il se lève et, sur des jambes mal assurées, se rend jusqu'à la cuisine où l'attend une autre bouteille bien pleine. Il la prend et retourne sur le canapé. Il pose le whisky sur la table et dévisse le bouchon lorsque son regard tombe sur son téléphone. Il se souvient vaguement d'avoir essayé d'appeler Harley. Il ne peut s'empêcher de se demander si, après avoir bu comme il l'avait fait, il n'avait pas mal composé son numéro de téléphone. Il ne peut pas croire qu'elle serait vraiment partie sans même lui dire au revoir. Il doit avoir mal composé le numéro, c'est la seule explication possible. Il n'a qu'à prendre son téléphone et à l'appeler pour le prouver. C'est aussi simple que ça. Et si tu te trompais? D'un brusque coup de poignet, il dévisse le bouchon et l'envoie valser sur la table. Pour se donner du courage et fermer le clapet à la petite voix, il avale quelques gorgées, puis quelques autres pour faire bonne mesure. Il attrape le portable et, le plus prudemment du monde, il appuie sur les touches pour former le numéro d'Harley.
Le numéro que vous avez composé…
Défait, il raccroche avant même que l'opératrice n'ait terminé de parler. Il reste immobile, le regard perdu dans le vide. Il se sent vidé tout à coup, creux à l’intérieur comme une poupée russe esseulée.

Il ne sait pas depuis combien de temps il a raccroché. Sur l’écran toujours illuminé de son téléphone, un nom brille bien en évidence. Il appuie dessus et porte machinalement le téléphone à son oreille. Au bout du fil, la sonnerie retentit puis une voix féminine répond. « Oui, Sid? » Il est tellement surpris qu’il reste muet pendant quelques secondes avant de retrouver sa voix. « Tiens, t’veux m’parler toi? C’pas comme l’autre. Com’Harley. » Les mots se bousculent à ses lèvres et à force de vouloir sortir tous en même temps, ils s’écrasent et se poussent les uns et les autres pour ne plus devenir qu’un ramassis incompréhensible de sons. Calme et posée, quoiqu’empreinte de confusion, la voix de Zelda lui demande ce qui se passe. « C’est… elle est partie. J’ai été con mais elle est partie. Et j’pas pu lui expliquer pourquoi. » Il se tait, prend une longue inspiration saccadée. « Pas compris Zelda, elle a pas compris. Pourquoi elle a pas compris? » Il voudrait couper poliment l’appel, s’excuser de l’avoir dérangée à une telle heure…
(quelle heure il est d’ailleurs)
…mais il n’est pas en état de raisonner correctement et il raccroche simplement.

Il ne sait pas trop pourquoi il a appelé Zelda. Peut-être parce qu’avec ses cheveux de jais et ses jolis yeux noirs bridés, elle ne pourrait pas être plus à l’opposé d’Harley, de sa crinière dorée et de ses prunelles bleues. Ou alors, c’est parce qu’elle représente le passé, la possibilité de revenir en arrière et d’éviter la douleur. Ils venaient à peine d’arrêter de se fréquenter lorsqu’il était tombé sur Harley à cette convention de tatouage. S’il pouvait effacer Harley et revenir en arrière, il retournerait avec Zelda. C’était si simple avec elle : pas de sentiments ni d’exigences, qu’une belle amitié et des moments de plaisir partagés. Et puis leur relation s’était étiolée et ils avaient cessé de se voir. Il n’y avait pas eu de grande colère ni de moments dramatiques, juste un accord tacite entre eux qui laissait supposer que la magie avait assez duré et que c’était le moment de revenir à la réalité.
Il est tiré de ses pensées par l’interphone qui sonne. Il se lève lentement et se traîne jusqu’à la porte. Heureusement, il n’y a que quelques mètres du salon au hall, car il ne se serait pas rendu beaucoup plus loin. Il s’appuie lourdement contre le mur et presse le bouton. Une v:oix féminine retentit, déformée par le haut-parleur bas de gamme de l’immeuble. « Sid, c'est moi Zelda, ouvre-moi s'il te plaît. » Il hésite un moment. Il voudrait lui dire de retourner chez elle, mais il se sent mal de l’avoir fait venir jusqu’ici pour rien. Sans compter qu’il n’a vu personne depuis des jours… Il appuie sur le bouton. En attendant qu’elle rejoigne son étage, il appuie sa tête lourde sur son avant-bras posé sur le mur. Le sol tangue et, pour la première fois en plusieurs jours, il se rend compte qu’il a vraiment trop bu. Au bout d’un moment qui semble terriblement long à Sid, mais qui, en réalité, ne dure que quelques minutes, des coups se font entendre à la porte. Il s’efforce de se redresser pour ouvrir. Derrière la porte, Zelda se tient debout, un parapluie détrempé à la main. Silence. Il ne sait pas quoi dire, sinon qu’il regrette de l’avoir appelée. Et, même saoul comme il l’est, il sait reconnaître que ce n’est pas l’entrée en matière du siècle. Elle ne dit rien non plus. Il finit par s’écarter pour la laisser passer, puis il retourne au salon et se laisse choir sur le canapé. Ce simple mouvement lui donne la nausée et il écrase son visage dans les paumes de ses mains dans l’espoir que la pièce cessera de tourner.

La voix de Zelda lui parvient, tordue par l’alcool qui circule dans son système. Au bout de quelques secondes, le coussin à sa droite s’affaisse et il comprend qu’elle s’est assise à côté de lui. D’une voix douce, elle lui propose de se confier. Malgré son esprit embrumé par le whisky, il s’efforce de remettre ses pensées en ordre. Il se souvient vaguement de ce qu’il a marmonné au téléphone, mais surtout que ça n’avait rien de cohérent. Il tourne la tête vers Zelda, appuyant sa tempe plutôt que son front dans sa main ouverte. « Harley, c’était… la femme de ma vie, j’crois. Elle est partie à cause de moi, j’ai pas pu l’en empêcher. Elle n’a pas voulu que je la retienne. » Depuis cette nuit-catastrophe où une Aisling complètement défoncée est déboulée dans son appartement, il n’a pas versé une larme. En parlant, pourtant, il sent une boule se former dans sa gorge et ses yeux se remplissent d’eau. C’est ce qui semble réveiller sa dignité et il se rend soudain compte de ce qu’il a fait. Il a appelé une fille à qui il n’a pas parlé depuis plusieurs mois. Pire encore : non content de l’avoir attirée jusqu’ici, il s’apprête à lui raconter ses états d'âme. Au moins, son embarras chasse les larmes et il laisse échapper un long soupir découragé. « J’suis désolé d’t’avoir appelée. Tu peux t’en aller si t’veux. T’dois avoir autre chose à faire. » Il ne lui en voudrait pas si elle s’en allait, mais il ne peut empêcher une toute partie de lui-même – celle qui ignore sa honte à l’idée d’être vu dans cet état – de souhaiter qu’elle reste.



walking, walking on the tightrope of insanity
i never get high when you’re feeling low, i’m pulling down stars just to make you glow, it’s just the way you are when you’re overgrown, and in the middle of the night when you’re on your own, i’m chasing down light in the indigo • overgrown, oh wonder

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MessageSujet: Re: I might float ▲ Sid   Lun 9 Juil - 14:50




I might float

Sid Bauer
Dehors, une tempête faisait rage. Le vent soufflait à en siffler les tympans, la pluie - elle - coulait à flot, s'écrasait contre les fenêtres par le mistral. Dedans, le calme, la mélancolie dans l'atmosphère. Le temps semblait en pause dans l'espace temps, ne serait-ce que pour quelques minutes lorsqu'ils furent dans la même pièce. La pluie diluvienne - aussi puissante pouvait-elle - n'arrivait guère à se faire entendre jusqu'à leurs oreilles. C'était comme si depuis l'arrivée de la mannequin, les bruits et nuisances sonores s'étaient rendu au silence. Ayant pour but de se focaliser sur le sujet de sa visite non anticipait. Les volets fermés, faible luminosité entouré le tatoueur entre ses murs, refermant son malheur sur lui-même. Plusieurs bouteilles d'alcool, vides, disposées un peu partout dans son appartement où les murs s'empreignaient petit à petit de la forte odeur des boissons mélangeaient à l'éthanol. Si Zelda avait l'habitude de l'odeur du whisky dans ses verres, sa respiration - elle - ralentissait à chaque bouffée d'air. Assise aux côtés de Sid, celui qu'elle prétendait désormais comme un ami proche, ses yeux vouaient à le dévisager. Regardant de haut en bas, de bas en haut, elle ne croyait pas un jour à le voir ainsi dans ses conditions malheureuses. C'était bien la première fois que l'asiatique voyait son Sid dans cet état déplorable et pourtant elle l'avait déjà vu boire jusqu'à ne plus pouvoir marcher droit. Lui qui est toujours souriant, où la bonne humeur brûlait constamment dans ses yeux bleus azur. Jamais la vietnamienne n'aurait imaginé le voir aussi déprimé. Ses beaux yeux qu'elle adorait voir chaque jour, dévorait du regard, perdaient peu à peu l'intensité de sa magnifique couleur face au chagrin qu'il éprouvait au fond de lui. Ses lapis lazuli, comme elle aimait les nommer, n'avaient plus goût à briller. Main sur son épaule, il répondit à son appel en collant sa tempe sur celle-ci. Dans un mouvement lent, son regard finit par faire face à Zelda. Depuis le début de la soirée, c'était bien la première fois que Sid daignait regarder dans les yeux de la mannequin. Zelda ne le lâchait point du regard. Ses petits yeux marrons parcouraient le visage de son ami. A la rencontre de leur regard, le temps s'arrêtait une deuxième fois. Il se figeait, les laissant au centre du monde. Les pensées de Zelda ne s'arrêtaient qu'au prénom de "Sid", imaginaient l'histoire qu'il allait lui raconter quand bien même elle pouvait facilement se douter de quelques bribes.

« Harley, c’était… la femme de ma vie, j’crois. Elle est partie à cause de moi, j’ai pas pu l’en empêcher. Elle n’a pas voulu que je la retienne. » Le tatoueur ne parlait plus d'«elle», mais d'Harley désormais. Un prénom qui ne lui disait rien. Harley, cette femme qui restera inconnue aux yeux de Zelda, mais plus qu'une simple personne pour ceux de Sid. Un chagrin d'amour, un coeur brisé, Zelda l'avait bien compris en entendant sa gorge nouée à travers le téléphone. Recoller les morceaux de son petit coeur n'était pas une mince affaire et surtout pour Zelda. Quand bien même elle a déjà été amoureuse - ne serait-ce qu'une fois - elle n'y connaît pas grand chose à l'Amour avec un grand A. Ce sentiment à la fois si doux, beau, merveilleux et à la fois si destructeur et intouchable. Un chagrin d'amour la mannequin en avait déjà vécu, mais elle a réussi à oublier la douleur qu'elle pouvait éprouver à l'époque. Des larmes de crocodiles jusqu'à ne plus en avoir, l'envie de s'arracher son propre coeur et l'envie de ne plus jamais croire aux sentiments idéalisés. Depuis ce jour, l'asiatique s'était promis de ne plus jamais tomber amoureuse de quiconque. Jusqu'ici, elle y arrivait parfaitement bien. L'histoire entre elle et Sid n'avait aucun goût idyllique, mais cela n'en restait pas moins des beaux moments partagés. Harley, peut-être était-elle le premier amour de Sid ? Ou alors une ex parmi tant d'autres. Qu'avait-elle de si particulier aux yeux de son ami pour qu'elle soit vu comme la femme de sa vie ? Bien trop de questions fusées dans le crâne de Zelda, sa curiosité la démangeait. Mais - après tout - ce n'était guère le bon moment. Dans les beaux yeux de Sid, la tristesse allait l'emporter. Pourtant - peut-être à cause de son ego - il finit par avaler son embarras et détourne le regard. « J'suis désolé d't'avoir appelée. Tu peux t'en aller si t'veux. T'dois avoir autre chose à faire. » avait-il fini par laisser échapper entre son long soupir.

C'est vrai, elle pourrait facilement partir. Zelda n'avait rien dit jusque là et ne savait toujours pas quoi faire pour l'aider même si elle en mourait d'envie. Pourtant, quelque chose la retenait ici, l'empêchant de partir. La vietnamienne n'a jamais été forte pour aider les autres puisqu'elle en voyait jamais la peine. Parce qu'ils n'en valaient jamais la peine. Les faux amis, les faux sourires, elle les connait trop bien pour ne pas en rater. Mais Sid - lui - est différent des autres. Il reste un homme avec qui elle a passé des mois entiers avec sans se demander jusqu'où cela pourrait les mener car elle a toujours su la réponse. Devant elle se trouvait un homme totalement différent du Sid qu'elle connaît. Le voir dans cet état l'attriste beaucoup. Elle aimerait - non - elle allait y remédier du mieux qu'elle peut. Sid a - sûrement - demandé la Lune pour l'aider, mais le voilà avec une simple météorite s'emmêlant sur son chemin. D'un geste assuré, Zelda prit dans ses mains le verre de whisky qu'avait Sid et la bouteille dans l'autre. Elle se leva et marcha en direction de la cuisine pour y laisser couler le nectar alcoolisé dans l'évier. L'asiatique fit volte-face à Sid, bras croisés entre eux, l'air assuré et bienveillant. « Si tu n'as vraiment pas besoin de moi, tu aurais dû le dire avant que je vienne ou alors avant que je rentre chez toi et là je serais parti. » Elle s'approcha petit à petit de son ex compagnon, les bras qui se détendaient à chaque pas ainsi que le regard. « Mais tu ne l'as pas fait. Tu ne veux pas que je parte autant que moi. » Debout devant Sid qui restait assis, quelque peu surpris. D'un mouvement lent, l'une de ses mains vient s'étaler contre la joue de Sid. Ses doigts de pianiste caressaient gentiment celle-ci. « Je ne serai sûrement pas d'une grande aide, mais je ferai tout pour revoir ce beau sourire sur ton visage » réussit-elle à sortir. Elle ne penserait pas dire une telle chose, surtout dans ces conditions, mais les sentiments avaient pris les devants. Zelda décolla sa main de sa joue où la sensation de celle-ci restait encore gravé dans la paume. Elle regardait autour. « Je t'ai déjà débarrassé de l'alcool, du moins, ce tu avais entre les mains. C'est déjà ça de fait en voyant ton état. Je sais que tu n'avais que ça pour noyer ton chagrin, mais ce n'était sûrement pas la bonne idée que tu as eu » Elle ouvrit les fenêtres, laissant l'air pénétrer dans l'appartement. Il pleut toujours on dirait... « Un peu d'air frais te fera du bien. » Elle vient reprendre place aux côtés de Sid, prit ses deux mains dans les siens et le regard sérieux ne quittait jamais celui du tatoueur. « Tu n'es pas obligé de tout me raconter si tu n'en as pas envie. Mais je sais rester quelqu'un de bonne écoute quand il le faut. » Elle voulait tout savoir, du début jusqu'à la fin, elle encourageait par la pensée Sid de se lancer. Mais en aucun cas, elle n'allait forçait la main.

 
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Dernière édition par Zelda Trần le Dim 16 Sep - 22:26, édité 2 fois
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MessageSujet: Re: I might float ▲ Sid   Ven 24 Aoû - 4:55



I might float

Zelda ne répond rien. Muette, elle scrute pendant de longues secondes le visage de Sid, comme si elle était à la recherche de quelque chose. Elle doit finir par trouver ce qu’elle cherche, car elle se met en mouvement, sans pour autant prononcer la moindre parole. Son bras se tend vers la bouteille qui semble s'être fusionnée à la paume de Sid depuis quelques jours. Le verre lisse glisse entre les doigts de Sid. Il voudrait empêcher Zelda de lui arracher sa bouée, mais ses mains gourdes n'arrivent à rien et il doit se résoudre à regarder la jeune femme prendre le chemin de la cuisine. Il sait ce qu'elle va faire, mais il n’arrive pas à trouver l’énergie de se précipiter pour l’en empêcher. De toute façon, saoul comme il est, il réussirait juste à s’écraser violemment sur le sol. D’où il se trouve, il ne peut voir le liquide ambré s’écouler dans l’évier de la cuisine, mais il entend les glouglous du whisky qui s’écoule par le goulot de verre. Une fois sa mission terminée, Zelda se tourne vers Sid. « Si tu n'as vraiment pas besoin de moi, tu aurais dû le dire avant que je vienne ou alors avant que je rentre chez toi et là je serais parti. » Évidemment qu’il a besoin d’elle! S’il a composé son numéro, même inconsciemment, c’est qu’il n’en pouvait plus d’être seul avec son deuil. Alors qu’elle s’approche, détendue, presque nonchalante, elle ajoute d’un air assuré : « Mais tu ne l'as pas fait. Tu ne veux pas que je parte autant que moi. » Il s’avoue vaincu et hoche la tête. « T’as raison, j’pas envie qu’tu partes. »

Une main se pose sur sa joue, légère comme une caresse, puis disparaît aussi vite qu’elle est apparue. La voix de Zelda s’élève dans la pièce, lui adresse doucement des reproches. Il soupire en faisant la même tête coupable qu’un gamin qui se serait fait prendre la main dans le sac. Il savait très bien en débouchonnant sa première bouteille que c’était une mauvaise idée, qu’il finirait au fond d’un gouffre, mais il n’avait pas su résister pour autant à l’appel du whisky. Une brise légère, chargée de l’odeur de la pluie et des feuilles mortes, vient lui chatouiller le nez. Il songe distraitement que c’est parce que Zelda a ouvert la fenêtre, mais il ne s’attarde pas à cette découverte parce que la jeune femme revient déjà vers lui. Elle s’installe à nouveau à ses côtés sur le canapé. « Tu n'es pas obligé de tout me raconter si tu n'en as pas envie. Mais je sais rester quelqu'un de bonne écoute quand il le faut. » Raconter son histoire? Pourquoi pas. Peut-être que cela lui permettra de déloger la boule de tristesse qui s’est formée dans sa gorge et dans son cœur.

Pendant de longues secondes, il ne dit rien, s’efforçant de regrouper ses pensées brumeuses en un tout à peu près cohérent, puis il prend la parole. Il parle lentement, en articulant au possible et, même s’il a sans doute l’air idiot, ça lui permet au moins d’éviter que l’alcool dans son système ne mâche et recrache chacun de ses mots en les rendant incompréhensibles. « J'ai rencontré Harley dans une convention de tatouages, elle était photographe pour l'événement. J’lui ai presque tombé dessus, littéralement. » Il laisse échapper un ricanement amusé au souvenir de l’incident. « J'avais trouvé un dessin par terre et j'étais trop occupé à l'observer pour regarder où je mettais les pieds. Elle, elle passait une mauvaise journée et elle était pas contente du tout d'avoir été bousculée. Mais le dessin, le dessin que j'avais trouvé sur le sol, j’me suis rendu compte que c'était le sien. Elle a un style particulier... Attends... » En prenant la poudre d’escampette, Harley a emporté toutes ses affaires – elle est même passée en douce au salon pour prendre son matériel et lui remettre sa clef –, mais il lui reste toujours ce portrait de lui qu’elle avait fait. Il n’a pas su se résoudre à le jeter, même si c’est à l’endos de ce dessin qu’elle a gribouillé les mots qui lui ont brisé le cœur :

J’ai été heureuse de te connaître.
Je vais passer au salon récupérer mes affaires et je mettrai la clé dans la boîte aux lettres.
Bonne vie Sid.
H.

Juché sur ses jambes encore malhabiles, il se traîne jusqu’à la table de cuisine, sur laquelle gise une montagne de papiers divers – courrier pas ouvert, circulaires, emballages de nourriture rapide – et des cadavres de bière. Après avoir cherché quelques minutes dans le fouillis sous le regard incertain de Zelda, il met enfin la main sur le portrait. Il revient vers la jeune femme et se laisse à nouveau choir sur le canapé. « C'est elle qui l'a dessiné. C'est Harley, » dit-il en faisant glisser un doigt léger sur le fusain. Les traits sont épais, sûrs, et confèrent à son visage une expression sauvage qu'il ne lui connaît pas. Il tend la feuille à Zelda et reprend son histoire pendant qu'elle scrute le portrait. « On a passé la journée ensemble, puis la nuit, puis la journée suivante... C'était comme... comme une connexion instantanée, comme si on s'était toujours connu. Je lui ai tout déballé ma vie, même ce qui est arrivé à ma mère. Elle m'a raconté ses secrets elle aussi. Juste comme ça, on était devenu un couple. Ça s’est fait tout naturellement, ça allait de soi. C’était merveilleux, tout allait bien. Et puis… »

Il s’interrompt brutalement et son regard qui, jusque-là, passait du mur devant lui au visage intéressé de Zelda, retombe sur ses mains, qu’il a sagement croisées sur ses cuisses. « J’ai une amie qui a des problèmes… des problèmes de drogues, graves. » Le visage cireux d’Aisling revient danser devant ses yeux. S’il boit depuis cette soirée, c’est pour oublier le départ d’Harley, mais aussi pour chasser le souvenir de l’air hagard de son amie. Ce soir-là, il avait vraiment cru qu’elle allait y passer, morte d’une overdose sur le carrelage de sa salle de bain. « Elle est débarquée ici, complètement droguée. Son dealer venait d’enfoncer sa porte et elle savait pas trop où aller, alors elle est venue ici. J’avais pas encore parlé d’elle à Harley et j’pense… j’pense qu’elle a mal compris notre relation. Elle a pensé qu’il y avait quelque chose entre nous et elle est partie. » Sa voix s’étrangle sur le dernier mot et il doit s’éclaircir la gorge pour poursuivre. « Elle est pas juste partie de chez moi… Elle est bohème, Harley, elle reste jamais longtemps au même endroit. Et j’croyais l’avoir convaincu d’rester ici, mais elle a disparu. Et ç’ma faute. J'ai rien expliqué. Mais elle a pas voulu écouter non plus. » Comme si la réalité de la situation le frappait pour la première fois de plein fouet, les larmes se mettent à monter, en un raz-de-marée brutal qu’il n’a ni l’envie, ni l’énergie de retenir. Il ne peut que cacher son visage dans ses mains et sangloter comme un gamin qui a perdu son jouet préféré.



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MessageSujet: Re: I might float ▲ Sid   Dim 9 Sep - 23:35




I might float

Sid Bauer
Assis côte à côte, leurs épaules qui peinent à se toucher et pourtant Sid semblait si lointain aux yeux de Zelda. Les yeux du jeune homme qui avaient pour habitude de briller dans l'obscurité, n'osaient plus apparaître une once d'espoir. Les yeux perdus dans le vide, sans aucun sentiment qui en découlait, c'était bien la première fois que Zelda le voyait ainsi. Cacher dans son monde intérieur, il était bien difficile pour la mannequin de percevoir et comprendre ce qu'il ressentait. Lointain, Sid était dans un tout autre monde que Zelda. L'asiatique, pour le peu de temps qu'ils ont partagé ensemble, n'a jamais vu son ex-compagnon ainsi. Vide, avide de toutes émotions, lent et n'a daigné arracher un simple sourire vers celle qui avait pour habitude de panser ses cauchemars. Bien entendu, leur histoire appartient désormais au passé, mais si une nouvelle opportunité venait à se reproduire entre eux deux, Zelda n'hésiterait guère. La vietnamienne n'est pas amoureuse, ne l'a jamais été, mais le jeune homme a été le premier qui savait lui parler, lui conseiller et prendre soin d'elle comme on protégerait une pierre précieuse. Or, quand bien même ses pensées fusaient dans sa tête, la trentenaire ne pourrait se projeter qu'un jour, ou deux, elle lui dirait le fond de ses idées. Peut-être ressent-elle la peur du rejet, que Sid ne voudrait plus d'elle, préférant se morfondre sur son idylle perdue. Sid écouta les dires de son ex-compagnon sans vraiment y faire attention. Ses yeux qui lui guident vers un point fixe, quand bien même ceux de Zelda ne quittèrent le visage de son ami. Le voir dans un état pareil, lent comme une larve, fit du mal à la néo-zélandaise. Elle qui avait pour habitude de le voir souriant, accueillant et bienveillant avec les autres. Beaucoup ne préfère guère entrer dans son chemin, par rapport à son style peu conventionnel, pourtant ceux qui ont réussi à se frayer un petit chemin, savent qu'au fond Sid est quelqu'un d'adorable. Deux ans les sépare, Zelda étant la plus vieille, elle aimait toujours le charrier sur ça. Embêtant Sid sur son jeune âge, il se vengeait en comparant leur taille ou en jouant le grand, le protecteur. La faible voix fit écho dans le salon, rappelant Zelda à l'ordre, l'évadant de ses tendres souvenirs.

« J'ai rencontré Harley dans une convention de tatouages, elle était photographe pour l'événement. J'lui ai presque tombé dessus, littéralement. » avait-il commencé dans son élan. La vietnamienne l'écouta alors attentivement, essayant de comprendre ce qu'a pu laisser son Sid aussi brisé et meurtri. Il continua dans sa lancée, racontant leur rencontre entre lui et cette mystérieuse Harley. Sa voix cassante, empli de nostalgie et de mélancolie, sa gorge nouée, Sid jouait toujours au grand devant elle. Soudain, entre ses paroles, l'ex-compagnon se leva du canapé et d'un pas hésitant, s'aventura vers sa cuisine. Il revint aussitôt aux côtés de la mannequin, papier à la main, montrant sa nature aux yeux de Zelda. Un dessin, du moins un portrait de Sid. Les traits fins adoucissaient son visage, mais une accentuation plus prononcée venait préciser ses yeux, son regard et son expression qu'elle ne connaissait guère. Sid lui tend le dessin et de par un pressentiment, elle vient retourner la feuille de papier. Sur le dos, des mots, un au revoir destiné à son ami signé simplement par son initial, comme pour émettre cette distance à jamais dévolu entre eux. Tandis que la mannequin regardait une énième fois les mots de l'amour perdu, Sid continuait à lui conter leur aventure. Il lui racontait son histoire d'amour, idyllique et presque parfait pour lui. Or, les histoires d'amour ne sont jamais faits pour bien se terminer. Zelda le sait. Le coeur brisé, les larmes, le déni et la mélancolie, la vietnamienne n'était point inconnue de ce malheur. Un amour entre deux adolescents naïfs et rêveurs. Cet amour qui a fini dans un tourbillon d'incompréhension en se voyant jeter comme un simple déchet dans une poubelle. Zelda qui, à ce moment-là, avait besoin de lui plus que tout au monde, se voyait tromper devant elle. Depuis sa confiance fut quelque chose de difficile à posséder quand on la rencontre. Préférant se renfermer sur elle-même, Zelda ne veut en aucun cas que cela se reproduise. « J'ai une amie qui a des problèmes... des problèmes de drogues, graves. » La drogue, cette addiction maligne qui finit par ronger aussi bien l'intérieur que l'extérieur, rappelant l'histoire de la mère de Sid, un tragique événement qui lui a sûrement été rappelé par cette fameuse amie. La drogue Zelda elle connaît aussi, mais seulement la douce. Celle qui lui fait du bien, cette drogue pharmaceutique qui n'est là que pour l'épauler pour ses crises de maux de ventre durant son cycle. Cette seule drogue qui toucha ses fines lèvres, imprégnant ses poumons, était bien l'unique qu'elle avait essayé. L'envie de s'y perdre, dans ce labyrinthe sans issue, ne lui a jamais gratté l'esprit. Alors, la drogue dure elle ne connaît pas, ni même les overdoses.

Une histoire se finissant dans une incompréhension totale, voilà comment s'est terminée l'aventure de Sid et d'Harley. Harley avait bien l'air d'une femme bornée et têtue, ne voulant point écouter l'explication de son petit-ami, préférant croire ses pensées et partir du jour au lendemain. Ce malentendu que, sûrement, l'amie de Sid n'a jamais voulu et pourtant, fut la goutte qui fit débordée le vase, la fin d'une pièce tragique. Le visage de Sid fuyait le regard de son ex-compagnon, pour une énième fois. Sid voulut paraître pour un homme fort, sûrement. Dans ses mains, il enfouie son visage pour cacher et étouffer son sanglot. « Sid... » avait-elle finit par sortir, sous une voix douce et empathique. La mannequin posa délicatement le dessin sur sa table de salon et ses mains viennent chercher son ami. D'un geste délicat, ses doigts de pianiste viennent se poser tendrement sur les deux joues mouillées de Sid. Les yeux du tatoueur qui, jadis, brillaient de par leur magnifique couleur azur, finissent rouges et mouillés à cause d'une femme. Zelda affichait une expression accablée, mais aussi attendrie pour son ami. Le bout de ses pouces chassaient les quelques larmes qui survenaient. « Tu n'es pas obligé de te cacher pour pleurer. Je suis là pour t'aider, alors montre moi ce que tu ressens pour que je comprenne ta douleur, du moins, du mieux que je peux» Les petits bridés de la vietnamienne scrutaient le visage du tatoueur, allant de haut en bas, finissant sur ses fines lèvres. Ses mêmes lèvres qu'elle aimait tant dévorer et goûter son doux nectar. Au loin, au plus profond de sa pensée, elle aimerait tant l'embrasser, or, elle ne le fera pas. Du moins, pas aujourd'hui, pas maintenant.

Ses yeux firent un retour sur ses beaux yeux bleu. « De plus, tu sais très bien que tout ça, ce n'est pas de ta faute. Tu as bien fait en aidant ton amie, mais Harley a préféré penser autrement, ne pas t'écouter et partir» Soudain une pensée lui parcourait l'esprit. « Peut-être avait-elle déjà planifiée son départ. Peut-être qu'elle ne voulait pas passer pour la méchante et a donc attendu le moment opportun pour partir pour de bon» Elle avala sa salive avant que son regard ne tombe sur les mains de son ami « Du moins c'est que je pense. Ne pense pas que j'ai raison, ce n'est qu'une hypothèse comme une autre» Voyant que les larmes ont cessé de couler sur les joues de Sid, ses mains viennent se reposer sur ses jambes. « Je peux comprendre l'amour inconditionnel que tu as pu lui porté, mais peut-être était-ce le moment de reprendre chacun votre chemin ?» Les yeux de la vietnamienne viennent rencontrer une énième fois le regard de son ami. « Tu es encore dans le déni, tu penses que tout ça est de ta faute, que tu ne la méritais pas, tu l'aimes encore, mais il serait temps de passer à autre chose. Je ne te demande pas de l'oublier, ça, c'est à toi de décider, mais d'au moins de passer outre cette histoire ne gardant que les bons côtés, les bons souvenirs.» A cet instant, c'était comme si Zelda parlait à elle-même. A la jeune Zelda de dix-sept ans, dans le même état que son ex-compagnon. Ses mots qu'elle n'a jamais su se les dire en face, elle profita pour les faire transmettre à son ami. « Si tu te morfonds sur ton sort, tout seul, tu n'arriveras jamais à t'échapper, à t'en sortir. Ce dessin-» a-t-elle dit en le reprenant dans ses mains, le tendant à Sid. « Tu devrais le déchirer, le brûler comme tu le sens. Les souvenirs doivent rester intouchable et immatériels, sinon, tu couleras sans cesse dans le fond. T'en débarrasser est une épreuve qui peut te sembler insurmontable, mais tu enlèveras un poids de tes épaules» Un léger rictus s'afficha sur les lèvres pulpeuses de Zelda. « Ce n'est pas en te séparant de ce dessin que tu arrêteras d'être triste, je te l'accorde, mais ce sera déjà quelque chose de fait. Et puis, tu n'auras pas à y retomber dessus plusieurs jours, mois, années après et retomber dans cette mélancolie» Mais prendra-t-il ce conseil ? « Après, ce n'est qu'un conseil, tu as le droit de ne pas m'écouter. Je ne te forcerai à rien.»
 
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