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 Back to Brisbane-Joanne

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ÂGE : 31 ans
STATUT : Célibataire
MÉTIER : Ancienne conservatrice au Queensland Museum. Aspire à y retrouver un poste.
LOGEMENT : 67 Redcliff

POSTS : 162 POINTS : 495

ORIENTATION SEXUELLE : J'aime les beaux garçons.
PETIT PLUS : Farceuse et passionnée par la chantilly et l'époque médiévale~Revient à Brisbane après une absence de 2 ans et demi, suite à un burn out affectif~Le mot amour la métamorphose en dragonne violette à pois jaune~
UN RP ? : Seulement si nous avons un lien.
RPs EN COURS : Joanne
Philippe-Charles



RPs EN ATTENTE : Hassan Jaafari
Irène Delaney
Lazarus Wilkins
PSEUDO : Sophia
AVATAR : Deborah Ann Woll
CRÉDITS : ©Evyan Metzner et Tumblr
DC : Nope
INSCRIT LE : 26/03/2018
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MessageSujet: Back to Brisbane-Joanne   Dim 8 Avr - 23:09


16h de voyage...Deux escales, une en Afrique, la seconde en Asie. Un répit avant d'affronter les fantômes qui la hantent.
Un dernier vol d'un peu plus de 7h, long comme un battement de cil. L'infini des nuages derrière le hublot semble se perdre dans un espace intemporel mais d'une lenteur immuable, il la rapproche vers la ville qu'elle a quittée trois ans plus tôt.

La tête appuyée contre le siège, Sophia a les entrailles serrées.

Elle a fui comme une voleuse, abandonnant tout sur place, s'abandonnant elle-même à la douleur de son amour perdu. Elle aimait Rhett comme l'on peut aimer l'éternité : sans mesure, sans frontière, de tout son être, de toute son âme, à jamais. Qui ne s'est arraché à cette race d'amour, ne pourra jamais comprendre le Mal que cela impose. Un coup d'acier mortel l'avait emportée le jour où elle lui avait annoncé qu'elle ne pouvait plus continuer comme ça. Elle s'était sentie crucifiée. Cette souffrance n'était pas de celle qui passe et trépasse parce que la vie allait reprendre peu à peu ses droits. Non. Elle était de celle qui torturait les tripes nuit et jour, obsédante, cauchemardesque, celle qui rongeait de l’intérieur telle un rat. L'impression de  se consumer jusque dans la moelle. La gueule de l’enfer avait attrapé l'amoureuse, elle ne l'avait plus lâchée, la rongeant comme un os avec un plaisir pervers.

Et Sophia ne put rien dire à quiconque, même pas à son amie chère, qui aurait pu lui apporter du réconfort, au moins une écoute attentive. Elle avait su si tôt, par le décès de sa mère, se taire à la douleur et crever son chagrin seule, comme les bêtes qui s'isolent au fond des bois pour lécher leurs plaies. Elle n'avait rien partagé, ou si peu, bravant les larmes, se leurrant d'une force qu'elle n'avait plus, cherchant à épargner autant qu'elle pouvait son amie. Elle se crut solide mais en creva, jusqu'à ce point de non retour où le besoin impérieux d'oublier se fit sentir. Devenir inaccessible, s'enfuir, pour ne plus souffrir. L'idée lui traversa l'esprit, puis elle y pensa souvent, puis sans cesse. Elle finit par s'accrocher à ce leitmotiv comme une araignée à sa toile. Un matin, elle acheta un aller simple pour l'autre bout de la planète. Le palpitant exsangue, indifférente à tout, n'ayant aucune envie de justifier, d'expliquer, de prévenir, elle quitta tout avec un simple bagage à main.

Échappée de Brisbane, de son monde, il lui fallut un temps pour apprendre l'autre, celui de l'Inde. Elle vécut d'abord dans une espèce d'errance entre deux respirations, l'une, d'un passé dont elle souhaitait guérir, l'autre, d'un espoir de futur sans mémoire. Le temps qui passait fit son œuvre et elle réussit à se sentir enfin restaurée. Mais l'humain possède une nature complexe et tandis qu'une résurrection s'amorçait lentement mais surement, ses sentiments ne tardèrent pas à osciller dans des contradictions qui malmenaient sa conscience.Tantôt elle regrettait sa vie australienne, mordue par la culpabilité d'être partie sans crier gare, tantôt elle se nourrissait de ces jours étouffants et grouillants qu'elle passait en Inde, qui lui permettaient d'avancer malgré tout. Sans s'en rendre compte, Sophia ne faisait que survivre, amputée volontaire de ceux qu'elle aimait.

Mourir aux autres ne permettait pas les attaches, ça isolait du monde et ça fouettait l'âme.

Les remords surgirent.

Vers le milieu de l'année 2017, les souvenirs de ceux qu'elle aimait commencèrent à l’assaillir, véritable tourbillon d'aiguilles qui la piquaient plus ou moins violemment. Plus puissants que tout le reste, les sentiments liés à sa famille, à ses amis, à Joanne, déferlaient en vagues imprévisibles. Elle en eut la nausée. Et aussi puissamment qu'elle avait fui, aussi puissamment elle devait rentrer chez elle, là-bas...

Presque un an plus tard, 20h17, Brisbane déroulait sa nuit paisiblement, engorgée de la douce chaleur de l'automne.

Sophia, comme à son départ, n'avait qu'un sac contenant le minimum vital. L'atterrissage terminé, elle se dirigea vers les stations de taxis. Elle dut attendre son tour et ce ne fut qu'au bout d'un quart d'heure qu'elle put enfin indiquer au chauffeur sa destination :

-98 Bayside drive, Beachmere Quennsland, 4510, s'il vous plaît.

Elle avait su par son père la nouvelle adresse de Joanne depuis son départ. Il avait été le seul à correspondre avec elle depuis ces deux ans et demi. Plus de deux ans.... Combien de fois avait-elle tourné et retourné, et retourné encore et encore, la manière dont elle allait aborder Joanne ? Sophia n'avait pu résisté à son impétueux caractère et autant elle était assurée de l'amour de son père, autant, elle ne savait rien sur l'état d'esprit de son amie si chère. Aussi, de manière inconditionnelle et impérieuse, il fallait qu'elle sache, absolument, si elle avait perdu sa sœur d'âme. L'impatience et la crainte d'un rejet la taraudaient. Elle se foutait d'avoir presque 20 h de trajet dans les pattes et de puer la transpiration. Elle avait mâchouillé des chewing-gum tout au long du trajet à défaut de pouvoir se laver les dents. Des mèches folles s'échappaient des deux grosses nattes qu'elle avait refaites à la hâte durant le trajet du taxi.
Un peu à l'ouest, décalquée de fatigue, affalée contre la banquette de la voiture, le regard perdu sur les lampadaires qui défilaient, Sophia se complut à se laisser noyer dans cette douce hébétude du retour du voyageur, après une longue absence.  
A force d'y réfléchir, elle en avait conclu que le plus simple était sans doute le plus efficace. Elle avait donc décidé d'y aller franco, sans fioritures, brute de pomme. Pas de fringues choisies avec soin, pas de maquillage, le parfum des globe-trotteur, les pompes qui font mal aux pieds.

Les mains vides mais le cœur plein.

Et surtout, que Joanne ne puisse ni reculer, ni se préparer à la revoir. Que personne ne bavasse son retour avant qu'elle ne la revoit. Intuitive comme elle était, Sophia voulait se rendre compte à chaud, si Joanne l'aimait encore ou si leur amitié merveilleuse était pliée.

La porte du taxi claqua et le bruit du moteur s'éteignit peu à peu dans la nuit. Seule sur cette petite rue aux trottoirs plats et herbeux, Sophia se figea quelques instants. Telle le guerrier qui part au combat, elle respira la nuit profondément. Levant les yeux au ciel, elle admira quelques instants la voûte céleste où les clous d'argent scintillaient sans bruit.

Allez, vas-y Sophia. Libère toi de ce poids qui t'écrase.

Elle tourna la poignée du portail gris qui n'était pas fermé à clef et referma la porte. Les feuilles des arbres bruissaient et l'air doux coula sur sa peau frissonnante. Un peu plus loin, une grande baie vitrée dévoilait la lumière électrique d'un grand salon.

Ah! L'éternelle soif de l'Autre, née du désert des inassouvis d'Adam et Eve.

Le geste assuré quoique tremblante à l'intérieur, Sophia appuya sur la sonnette.


Dernière édition par Sophia Caldwell le Mar 17 Avr - 12:46, édité 1 fois
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ÂGE : 32 ans (11/04/1986)
SURNOM : Jo, mais peu de personnes la nomme ainsi.
STATUT : Mariée à Jamie Keynes (14/02/18), incognito. La belle cérémonie sera pour plus tard.
MÉTIER : Maman d'un petit garçon de deux ans (13/02/16) Conservatrice au QAGOMA, dans la galerie d'art historique international depuis juin 2017.
LOGEMENT : #98 bayside w/ Jamie ( habitait avant à #37, toowong, ils n'y habitent plus mais gardent la maison)

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ORIENTATION SEXUELLE : Je n'aime que ma moitié.
PETIT PLUS : a deux bergers suisses : un blanc (Nunki) et un noir (Sirius) ▽ a toujours beaucoup de difficultés à faire des choix, à cause d'une famille surprotectrice ▽ antécédents de fausse-couches ▽ amatrice de vin et de champagne ▽ passionnée d'art et d'histoire (surtout la Renaissance italienne) ▽ n'aime pas parler de ses problèmes, reste très réservée par moment ▽ très émotive ▽ a récemment repris des cours de danse en couple ▽ très impressionnable, naïve, elle prend presque tout au 1er degré ▽ adore se promener ▽ on lit en elle comme dans un livre ouvert ▽ ne sait pas mentir
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RPs EN COURS : joamie #118 + joamie v.a.#3 + hassan #15 + irene #3 + joassan (fb #1) + rhett + joamirene (au) + kelly + chad #2 + velvet club + joamie (lune de miel no.1) + sophia

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MessageSujet: Re: Back to Brisbane-Joanne   Lun 16 Avr - 15:00



back to brisbane
ft. Sophia

Ni l'un ni l'autre ne pouvait se permettre de prendre des congés pour le moment. Jamie avait du s'absenter longuement à cause de son arrêt cardiaque et de la convalescence qui s'en est suivi, Joanne avait épuisé tous ses jours de congés pour pouvoir rester à ses côtés un maximum de temps. Alors, depuis, les jours de travail étaient longs, ils travaillaient tous deux d'arrache-pied. Les soirées passées ensemble étaient courtes mais ils tentaient d'en profiter le plus possible. En contre partie, aucun des deux ne touchait à leur téléphone ou à leur ordinateur les weekends afin de passer ces deux journées entières rien qu'avec les personnes qu'ils aimaient le plus au monde. Jamie avait une réunion qui aller durer jusqu'à tard, ce soir-là. Son épouse avait donc dîné seule avec leur fils. Ce dernier devait beaucoup se dépenser à la crèche, car il ne faisait jamais long feu en soirée, si ce n'est le vendredi soir, il devait certainement sentir que le weekend était juste là, ce qui lui octroyait un regain d'énergie pour veiller un peu plus tard. Mais bien souvent, Daniel demandait de lui-même d'aller au lit ou il le faisait comprendre implicitement en devenant particulièrement affectueux et demandant à être dans les bras d'un de ses parents, où il se laissait bercer au rythme de leur pas jusqu'à rejoindre les bras de Morphée. Là, la petite blonde était assise sur le canapé, son petit déjà profondément endormi, tout blotti contre elle. Elle ne voulait pas l'emmener directement au lit, elle aimait bien l'avoir avec elle. Joanne et Daniel entretenaient une relation très fusionnelle, ils se comprenaient avec une facilité déconcertante. Malgré cela, Jamie n'avait eu aucun mal à se faire une place, bien qu'il avait un énorme respect pour ce lien si unique qui liait une mère à son enfant. Elle n'avait laissé qu'allumé les petites lumières de la pièce du séjour. L'envie d'avoir un deuxième enfant était toujours bien présente, malgré l'échec encore bien récent. Joanne s'en souvenait comme si cela s'était passé la veille, avec cette douleur insoutenable. Elle n'aurait pas voulu que cela se passe en compagnie de son mari, elle n'aurait pas voulu qu'il vive avec elle pareille souffrance et qu'il soit témoin d'une scène qui ne s'effacerait jamais de sa mémoire. Un choc, un véritable traumatisme. L'on pouvait dire que, désormais, il savait ce qu'elle devait traverser à chaque fois, si elle n'enchaînait pas sur un malaise ou autre crise. Les quatre chiens n'étaient pas bien loin, tous aussi somnolents que leur petit maître. La sonnette fit sursauter absolument tout le monde. Joanne avait senti son coeur bondir d'un seul coup dans sa poitrine. Elle n'attendait personne et se demandait bien qui pouvait venir à cette heure-ci. Daniel gémit, frottait ses petits yeux. Elle le câlinait, le rassurait jusqu'à ce qu'il soit à nouveau apaisé, puis elle l'allongea délicatement sur le canapé pour aller ouvrir la porte. Nunki et Sirius, deux des chiens, se mettaient en mission de veilleur sur lui. Ils avaient grandi ensemble, tous les trois, ils étaient très proches. Enfin, la jeune femme se décida à ouvrir la porte. Elle pouvait s'attendre à tout et n'importe quoi, mais certainement pas à la personne qui se tenait face à elle. La main toujours sur la poignet, les yeux écarquillés, Joanne, en dehors de la surprise, ne savait comment réagir. Sophia se présentait devant elle, après deux ans de silence total. Elle la fixait longuement, attendant peut-être qu'elle ne dise quelque chose, qu'elle ne réagisse également. Mais rien de tout cela. Elles se regardaient, sans savoir qui devait démarrer ou non une éventuelle conversation. Bien sûr que Joanne était rassurée de voir qu'elle allait bien – du moins, elle en avait l'air. "Sophia..." souffla-t-elle avec sa bouche à peine ouverte. Finalement, elle décrocha son regard du sien, plus troublée qu'autre chose. Elle sentait son coeur tambouriner et ses mains devenir moites. Le silence régnait, et pourtant, Joanne aurait une multitude de questions à lui poser. "Tu es revenue." Un constat. Peut-être qu'elle n'était que de passage, peut-être que c'était un retour définitif. Entre temps, Daniel s'était réveillé, mais c'était avec des yeux bien petits et des pieds qui traînaient par terre qu'il se rapprochait de sa mère pour venir tirer sur le tissu de sa robe en l'appelant. Joanne le prit dans ses bras et il vint immédiatement poser sa tête sur son épaule pour somnoler paisiblement à nouveau. Elle était sceptique, par rapport à Sophia. Elle ignorait ses intentions, elle ne savait même pas si elle était encore la même Sophia qu'elle avait connu auparavant. "Comment... vas-tu ?" finit-elle par dire tout bas, après quelques secondes d'hésitation. Elle n'était pas impolie non plus, juste un petit peu méfiante, toujours sonnée par cet événement plus qu'inattendu. 
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MessageSujet: Back to Brisbane ft. Joanne   Lun 16 Avr - 23:40


Qu'avait-elle espéré? Une rencontre joyeuse et légère, spontanée, emplie de cette si belle complicité qui les avait unies il y a si longtemps ? Allons donc! Durant les quelques fugaces secondes où la porte s'ouvrit pour découvrir Joanne, Sophia aurait voulu être ailleurs. Mais il était trop tard et il fallait désormais faire face, assumer et boire jusqu'à la lie les conséquences de son départ et surtout, celles de son silence.
Il lui sembla que son amie n'avait pas changé. Sauf quelque chose de plus mature peut-être, un air qu'elle ne lui connaissait pas. Ses yeux, ce bleu...Tout lui revint d'un coup. Le regard accroché à ses prunelles d'azur, Sophia ressentit avec une acuité extrême toute l'affection qu'elle lui portait. Intacte. Inavouée pendant plus de deux ans. Terrible de profondeur et d'intensité.
Elle déglutit, incapable de parler. Une furieuse envie, un besoin même, de prendre la jolie blonde dans ses bras, de répondre à un élan irréfléchi, à une bouffée d'amour-d'amitié qui l'étouffait, là, tout de suite , lui firent serrer les dents. Son instinct de protection était toujours là, lui aussi. « Oh Joanne, si tu savais... ». La pensée dansa dans sa tête mais aucun mot ne sortit.
Elle constata la stupéfaction qui s'échappait de son regard et comprit qu'elle aurait pu ne jamais revenir, qu'est-ce que ça aurait changé ? Joanne avait continué à avancer alors qu'elle, l'impulsive, était restée plusieurs mois en arrière. Elle s'était imaginé que tout pouvait reprendre comme avant, mais c'était impossible. Sa sœur de cœur avait du faire le deuil de leur amitié. Et Sophia réalisait qu'elle avait des mois et des mois de retard à rattraper, qu'elle ne rattraperait jamais. Ah ! Ce pitoyable optimisme qui lui déformait sans cesse la réalité ! Comme autrefois, sans le savoir cette fois-ci, l'attitude de Joanne la ramenait des plaines où elle avait tendance à s'égarer.
Une si douce amie...La jeune Caldwell l'avait tant titillée sur cette suavité de bonbon tendre qui émanait d'elle, la poussant dans ses retranchements parfois, provocatrice et impulsive. Mais Joanne était une force tranquille que l'on n'influençait pas aussi facilement. Sous ses airs fragiles et timides, se cachait une forte personnalité qui savait exactement comment mener sa barque.
Et c'était cette force tranquille qu'elle opposait à la voyageuse. Il n'y avait aucune joie de retrouvailles, presque rien ne se dévoilait des pensées de la jeune femme, debout sur un pas de porte, un soir d'automne, à demi pétrifiée de surprise. Sophia savait que sa présence surprendrait et c'était bien pour ça qu'elle n'avait prévenu personne. Même son père ignorait la date de son retour avec précision. Elle avait voulu le vivre comme ça, point final.
Et ce silence qui s'installa entre elles, hurla une vérité qui lui poignarda le cœur. Elle devina à quel point son amie avait été blessée de son départ. Elle s'était bien doutée des peines qu'elle avait provoquées à s'enfuir de cette manière mais l'indifférence salvatrice dans laquelle elle s'était noyée, lui avait épargné l'empathie. Elle s'était oubliée pour mieux renaître mais avait oublié par là-même, ceux qui l'aimaient. Fatale erreur qui allait la poursuivre longtemps. Elle comprit que Joanne devait lui en vouloir. La déception pouvait donner de la rancœur, l'incompréhension fermait les cœurs. La peine faisait fuir. Sophia se dit qu'il ne devait plus rester grand-chose de leur affection.
Les iris intenses, elle se mordit la lèvre lorsque Joanne prononça son prénom. Elle allait lui répondre lorsque soudain, elle vit le petit gosse qui s'avançait vers elles. Elle vit l'amour maternel dans les yeux de la maman. Elle vit toute la tendresse du monde qui se penchait sur ce petit être. Elle vit l'amour et la confiance d'un enfant pour sa mère. Les choses avaient changé. A cet instant, elle perdit l'espoir de retrouver leur amitié.
Une vague de sel lui noya le bord des paupières mais la rousse, guerrière, ravala son émotion, profitant de cet intermède et eut un merveilleux sourire :
-Oh ! Quel beau p'tit bonhomme !
-Ouep, je suis revenue,
soupira t-elle.
Elle pencha la tête, se rapprochant un peu de l'enfant pour mieux l'observer.
-Et comment s'appelle cette merveille ? Dommage que je sois dégueu, je lui aurai fait un gros poutou ! Muuum...
La présence du bambin lui faisait l'effet d'un filtre protecteur entre Joanne et elle. Qu'avait-elle à perdre de toute façon ? Exceptée une rédemption qu'elle payait cher, pas grand-chose.
Elle se redressa, les prunelles transperçant celles de son amie chère :
-Je crois que je vais bien, enfin, à peu près. Je n'ai pas envie de me justifier, d'expliquer.
Comment lui dire qu'elle était sur le point d'exploser en larmes, parce qu'elle était convaincue de l'avoir perdue, d'hurler, de crier qu'elle avait fait comme elle avait pu, qu'elle avait failli mourir de chagrin, qu'elle avait été fatiguée, si fatiguée de vivre, qu'elle avait eu le cœur sec pendant des mois et des mois, ne ressentant plus rien, indifférente à tout, aux autres. Comment lui dire qu'elle était morte à l'intérieur et qu'il lui avait fallu tout ce temps pour se retrouver ?
Elle poursuivit d'une voix calme:
-J'ai merdé, ouais, j'ai merdé. Et j'ai l'impression qu'on va me le reprocher ad vitam æternam ! Mais bon, c'est comme ça, n'est-ce pas Joanne ? Malgré tout, tu vois, j'espérais un peu... Je passais juste te voir.
-Une envie spontanée, pas réfléchie du tout, tu me connais !
ajouta-t-elle en pouffant.
-Et toi ? Tu vas bien ? Tu es heureuse ?
Elle allait très bien comprendre les sous-entendus. Elle ne parvenait pas à être plus explicite. Elle sentait quelque chose de fermé en son amie qui la bloquait.
Sophia avait reculé d'un pas parce qu'elle était de nouveau envahie par cette putain envie de partir. Elle n'aurait jamais du venir chez elle, comme ça, à l'improviste, mais elle n'avait pas pu s'en empêcher. Elle avait sa réponse désormais, mais c'était brutal. Très brutal. En pleine gueule.

Son retour à Brisbane ne s'annonçait pas aussi simple qu'elle se l'était imaginé.



 Si éclairants soient les grands textes,
ils donnent moins de lumière
que les premiers flocons de neige

C.Bobin


Dernière édition par Sophia Caldwell le Ven 20 Avr - 22:51, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Back to Brisbane-Joanne   Mer 18 Avr - 20:43



back to brisbane
ft. Sophia

Elle devinait Sophia déçue de sa réaction. Mais que pouvait-on dire, après deux absences ? Quelle était la première phrase à énoncer, la première question à poser ? Fallait-il pardonner, attendre des explications, ou tout refuser en bloc ? Joanne était connue pour être une très bonne oreille. Elle était la dernière à juger et était dotée d'une grande ouverture d'esprit qui pouvait sembler assez déconcertante lorsque l'on connaissait la psychorigidité de son père. L'absence soudaine de Sophia l'avait énormément peinée, attristée. Elle était sa meilleure amie et elle s'était sentie abandonnée. C'était Jamie qui avait du recoller les morceaux et compenser comme il le pouvait un manque qui se creusait jour après jour. Les plaies se cicatrisaient, mais elle n'oubliait pas. Avant qu'une véritable discussion ne puisse démarrer convenablement, le petit se manifestait rien que pour être à nouveau dans les bras de sa mère. Ainsi, la belle rousse rencontrait enfin l'enfant de son amie chère. Joanne ne pouvait s'empêcher d'esquisser un sourire sincère en entendant la réaction d'une Sophia déjà charmée son petit bout de chou. Il était un savant mélange de ses parents, et il avait volé les yeux bleus de sa mère. Exactement les mêmes. Le petit, en plus d'être fatigué, faisait particulièrement son timide. C'était la première fois qu'il la voyait. Il était de nature sociable, mais l'épuisement de la longue journée et l'étreinte de maman sortaient grand vainqueur de ce dilemme. Il aurait peut-être un jour l'occasion de la revoir, selon comment allaient se dérouler la suite des événements, particulièrement incertains. Malgré la situation plus que singulière, elle la laissa s'approcher pour regarder le bambin d'un peu plus près. "Il s'appelle Daniel. Il a eu deux ans en février." répondit-elle doucement avec un sourire, et un regard sympathique et presque complice qu'elle lançait à la rousse. Elle était heureuse de savoir que Sophia se portait bien. Elle n'avait pas vraiment envie de s'expliquer sur quoi que ce soit. Elle avait pleinement conscience de ses erreurs, elle savait sans même que Joanne n'ait à dire quoi que ce soit. Elles se connaissaient encore suffisamment pour deviner les expressions de l'une l'autre, pour savoir ce qui froissait, ce qui surprenait, ce qui pouvait faire plaisir. Joanne reconnaissait là la Sophia comme elle l'avait connue. Au fond, elle était touchée que Sophia ait fait la démarche de la voir directement, avec sa spontanéité légendaire. "Je vais bien oui, et je suis heureuse." lui confirma-t-elle avec une voix douce. Elle se passait pour le moment de raconter le conflit avec son père. "Jamie et moi sommes mariés depuis peu, aussi." se permit-elle de spécifier, non sans un regard bien pétillant. A chaque fois qu'elle se rappelait, c'était comme si elle le réalisait une nouvelle fois. Se dire qu'elle était l'épouse de Jamie Keynes la rendait incroyablement heureuse. Ils comptaient faire une cérémonie en bonne et due forme dès qu'ils le pourront. Tout dépendra de l'agenda, si Joanne parvient à retomber enceinte, et surtout si elle parvient à garder le bébé. Ils aviseront le moment. Tout dépendait de tout, rendant le futur incertain sur certains points, mais il étaient enthousiastes et savaient qu'ils avaient un avenir, ensemble, en famille. La jeune femme gardait son calme, regardant son amie d'un air désolé. "Du coup, je n'entendrai jamais d'explications de ta part ?" lui demanda-t-elle, toujours avec le même ton, sans le moindre reproche. Elle haussa timidement les épaules. "Je cherche juste à comprendre, Sophia. J'ai tellement de questions qui se bousculent dans ma tête, je ne sais même pas pour où commencer. Et je suis la première à ne pas comprendre pourquoi tu es partie comme ça, du jour au lendemain. Sans donner de nouvelles, sans rien." C'était ce qui l'avait le plus attristée, le plus touchée, le plus heurtée. Elle s'était sentie abandonnée, véritablement. Elles étaient, avant cela. A tout se confier, à se compléter, à savoir qu'elles pouvaient compter sur l'une l'autre en toute circonstance. Sophia avait été l'une des très rares à approuver la relation entre son amie et Jamie. Elle les y avait toujours encouragé. "J'en étais même venue à me demander si j'avais fait quelque chose de mal, si je t'avais blessée d'une manière ou d'une autre, même à un moment, si tu n'étais pas vraiment réjouie à l'idée que je sois enceinte." Avec l'état d'esprit de Joanne à cette époque et le manque de nouvelles de Sophia, ses idées noires allaient bon train. "Que s'est-il passé, Sophia ?" demanda-t-elle finalement, ne cherchant qu'à comprendre les circonstances du départ précipité de son amie.
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STATUT : Célibataire
MÉTIER : Ancienne conservatrice au Queensland Museum. Aspire à y retrouver un poste.
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ORIENTATION SEXUELLE : J'aime les beaux garçons.
PETIT PLUS : Farceuse et passionnée par la chantilly et l'époque médiévale~Revient à Brisbane après une absence de 2 ans et demi, suite à un burn out affectif~Le mot amour la métamorphose en dragonne violette à pois jaune~
UN RP ? : Seulement si nous avons un lien.
RPs EN COURS : Joanne
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RPs EN ATTENTE : Hassan Jaafari
Irène Delaney
Lazarus Wilkins
PSEUDO : Sophia
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CRÉDITS : ©Evyan Metzner et Tumblr
DC : Nope
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MessageSujet: Re: Back to Brisbane-Joanne   Ven 20 Avr - 23:40


La douceur et l'amour qui émanaient du regard de la maman, lorsqu'elle lui indiqua le prénom de son petit garçon, mirent du baume au cœur de Sophia. Un instant, elle  retrouva son amie telle qu'elle l'avait quittée : aimante, bienveillante, l'âme belle et bonne, celle sur qui on pouvait compter quoiqu'il arrive. Elle n'avait pas changé, s'était enrichie de surcroît avec la naissance de ce bambin et la fuyarde savait qu'il était et serait un enfant choyé et aimé.
-Deux ans en février, répéta-t-elle bêtement.
Daniel aurait éternellement l'âge de son silence et de son absence. Cette évidence lui fit mal, très mal. Combien de temps allait-elle se laisser envahir par des regrets mortifères? Aurait-elle le courage un jour d'affronter le chagrin qu'elle avait provoqué? C'était surtout ça qui commençait à la ronger, qu'elle réalisait en se confrontant de visu à son amie chère. Elle aurait pu aussi se dire que l'enfant symbolisait le temps qu'il lui avait fallu pour gagner une rédemption. Mais Sophia était une empathique notoire. Lorsque tous ses attachements étaient revenus à sa conscience affective, elle n'avait eu de cesse de se ressourcer pour être capable de revenir à Brisbane.
-Bonjour Daniel, dit-elle en souriant au petit ange qui restait tendrement niché dans son cou. Moi, c'est Sophia.
Il ne devait rien comprendre mais tant pis, au moins, elle en profitait un peu. Elle se sentait à dix mille lieues de cette vie de famille qu'elle ne connaîtrait sans doute jamais. En tous cas, pour l'instant, ce n'était guère d'actualité.
-Ah ? Vous vous êtes mariés ?
Ça, c'était une sacrée bonne nouvelle ! Et la jolie blonde rayonnait à le dire.
-Han, je suis heureuse pour vous ! C'est Génial ! Franchement, ça c'est top !
Et la rousse, dans un élan, lui colla une grosse bise sonore et saisissant sa main libre de manière irrépressible, la pressa, partageant ainsi sa joie et communiquant par son geste à quel point elle se réjouissait pour elle.
-Transmets mon bonjour à Jamie à l'occasion.
Elle se retint de dire qu'elle aurait aimé le revoir lui aussi. Mais c'était peut-être la dernière fois que les deux jeunes femmes se rencontraient. Alors, autant ne pas remuer le couteau dans la plaie.
Des explications...! D'emblée, après deux ans et demi de vide, Joanne lui demandait avec une simplicité déconcertante qu'elle souhaitait comprendre! Pour la Miss caldwell, c'était un coup de tonnerre dans un ciel d'été.Une pluie battante dans le désert.
Lors de sa décision de la revoir, elle s'était refusée à imaginer quoi que ce soit, afin de trouver la force de n'obéir qu'à son instinct. Et là, une nouvelle fois, la belle blonde la scotchait. Comme autrefois, il suffisait qu'elle pose pile poil la bonne question, ou dise la petite phrase qui tue et la tumultueuse rousse en tombait de l'armoire. Un jour, Sophia l'avait qualifiée de samouraï. Pour elle, son amie en possédait les qualités et la ténacité. Elle se sentit revenir des mois en arrière.
Les yeux intenses et stupéfaits à la fois, elle demanda :
-Tu cherches à...comprendre? Mais pourquoi ? Je suis sûre que tu m'en veux, ce qui est légitime mais en même temps, je te connais si bien, alors j'ai pris le risque de venir te voir sans te prévenir car je sais que tu ne juges pas et que tu as l'esprit large pour beaucoup de choses. Mais tu me connais aussi et tu sais que je ne supporterai pas que tu me juges malgré ce départ, comme ça...Je sais que c'était violent, je le sais...
Elle fit une pause, les yeux perdus au loin, puis concentra de nouveau son attention sur Joanne :
-Je ne pourrai pas continuer notre amitié si tu me condamnes. Je...Je n'ai même pas encore prévenu mon père de mon retour, tu sais.
C'était la stricte vérité et la jeune maman savait pertinemment la valeur qu'elle accordait à l'amitié. Ce n'était pas étonnant pour qui connaissait Sophia comme elle la connaissait. Non pas qu'elle aimât moins son père, non, cela n'avait rien à voir. Simplement, elle priorisait les choses d'une manière bien personnelle.
-Je suis revenue, oui, mais je me suis promis de ne pas me justifier pour cette absence de merde ! Elle martela ces derniers mots et poursuivit :
-Et tu sais comment je fonctionne, je te le redis, je ne cherche pas non plus à convaincre qui que ce soit! Oh non, c'est terminé tout ça.
Dodelinant de la tête, elle eut un pauvre sourire triste :
-Joanne, Joanne...Comment as-tu pu douter de moi, à ce point-là ? Si tu m'avais blessée ou je ne sais quoi du même acabi, tu sais très bien que j'aurais fini par te le dire ! Et non, non, tu te trompes...J'ai été hyper heureuse de ton bébé, et pour tout te dire, c'est même ce qui a contribué à mon départ. Je me suis dit, c'est bon, elle va avoir une nouvelle vie, elle va être si heureuse, elle pourra se passer de moi, c'est autre chose qui commence. Et tu n'étais pas seule, il y avait Jamie. J'étais convaincue que ta vie allait se construire sur un roc solide,très solide. Tu allais te tracer une nouvelle route et c'était bien comme ça, c'était merveilleux.
Elle s'arrêta et termina d'une voix assurée :
-Que je sois là ou pas, ça n'aurait rien changé.
Il y eut un silence à la dernière question de la jolie blonde. Sophia avait passé plus de deux ans à ne rien partager de ses états d'âmes à quiconque. L'effort s'avérait difficile. Se confier n'avait jamais été sa tasse de thé. Seule Joanne recueillait ses confidences et encore. Combien de fois avait-elle du insister ou la coincer, comme elle savait si bien le faire ? Elle coinçait Sophia, oui, parce qu'elle faisait mouche à chaque fois, qu'elle savait comment la toucher.  L'alchimie d'amitié était inexplicable quelque part, tant elles étaient différentes, mais bien réelle. Et ça avait toujours fonctionné, dans les deux sens.
La voyageuse eut un grand soupir et fixa la douce jeune femme :
-Ce qui s'est passé ? Je ne sais pas si quelqu'un sur cette Terre est à même de le comprendre. Moi même, je ne sais pas trop ce qui m'est arrivé... Ecoute Joanne, je ne veux pas abuser de ton temps, je me pointe comme ça, chez toi, à l'improviste. Il doit commencer à se faire tard pour toi, soit on se parle encore, ok, je vais te cracher ma pastille, si tu me promets que tu ne me juges pas, mais dans ce cas, s'il te plaît, est-ce que je peux m'assoir quelque part ? J'ai euh...Presque vingt heures de voyage dans les pattes, j'ai un peu soif, un peu faim aussi, 'fin  bref. C'est simple, soit tu es d'accord pour ça, soit non, mais dans ce cas- là, il faut que j'y aille.
Au nom de leur amitié, de leur affection si profonde, elle devait lui répondre avec honnêteté. C'était la moindre des choses. Au fond d'elle, elle redoutait ce moment car elle avait peur tout simplement, une peur terrible que son alter ego d'antan ne comprenne pas ce qui s'était passé.
Si son amie ne lui promettait rien, elle s'en irait, la tête haute.Leurs adieux se scelleraient dans la joie du bonheur de vie des Keynes.C'était bien là l'essentiel.



 Si éclairants soient les grands textes,
ils donnent moins de lumière
que les premiers flocons de neige

C.Bobin
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