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 phoenix & robin ▲ family comes first

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Robin-Hope Berry
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ÂGE : trente quatre printemps.
SURNOM : robbie, robinou, bin, la carotte, allons-y gaiement ! aussi auto-proclamée love doctor.
STATUT : polyamoureuse, hopeful romantic, wild & free.
MÉTIER : artiste touche-à-tout (surtout peinture & sculpture), curatrice à la galerie d'art, bénévole dans un refuge pour animaux.
LOGEMENT : cottage à logan city, plein de plantes et vieux meubles retapés et petites créatures poilues recueillies en chemin. vous êtes les bienvenues !
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POSTS : 4379 POINTS : 135

ORIENTATION SEXUELLE : J'aime tout le monde.
PETIT PLUS : hippie rêveuse dans l'âme, (hyper)sensible, affectueuse, optimiste et passionnée • un brin lunatique, excentrique, impulsive & explosive • trouvé à la naissance, a grandi à l’orphelinat • porte une longue cicatrise dans le creux de son décolleté • vit pour les bains de minuit, la créativité sous tous ses aspects, les roadtrips improvisés, l'amitié, les bons concerts de rock, les cookies vegan, la liberté, les sensations fortes, les conversations enflammées avec des êtres authentiques & les roucoulements de chats ♥
UN RP ? : Pas dispo pour le moment.
RPs EN COURS : phoenix (fb)gaby (fb)jack (fb)aislingphoenix #2matt (fb)joseph (fb)steph (fb)clemnoaauden (fb)mayginny & isaac & auden

réalités alternatives : zombinson (dz)kyte rôding (dz)lady jameson (df)bloody gaby #2 (df)ariane (df)

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phoenix › my brother, my heart, we may not share the same blood (and i may want to rip your head off from time to time) but what ever may come our way, i will always fiercely love you and protect you with all of my being, to infinity and beyond!

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jameson › my future best friend, my fellow metallica fan, my tartuffe sauvage, i'm bursting from excitment just thinking about all our amazing adventures to come. there's not a word yet, for old friends who've just met.

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gaby › there are people that cross our lives in tiny fractions of time, in the briefest of encounters, and yet they leave an indelible mark in our hearts and our minds. my pretty little galway boy, i sure hope our paths are meant to cross again. yours sincerely, the weird little fairy.

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auden › all i see is shattered glass and red lights passing, my life flashing, headed for the same disaster, faster and faster and faster. i couldn't stop at the red light, you're just like a car crash, and i can't look away.

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kyte › no act of kindess, no matter how small, is ever wasted. you're a beautiful wild soul, one of a kind, and you'll always find a friend in me.

RPs EN ATTENTE : gaby (retrouvailles librairie) ✢ ariel (concert & coloc) ✢ ginny (blind-date foireux) ✢ isaac (promenade toutou)
PSEUDO : birdie
AVATAR : rachel mcadams
CRÉDITS : cristalline (avatar)
INSCRIT LE : 08/03/2016
http://www.30yearsstillyoung.com/t7659-robin-hope-berry-fall-seven-times-stand-up-eight http://www.30yearsstillyoung.com/t8093-robin-hope-life-is-a-daring-adventure-or-nothing-at-all http://www.30yearsstillyoung.com/t19923-robin-hope-berry http://www.30yearsstillyoung.com/t25303-robin-hope-berry

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Message(#) Sujet: phoenix & robin ▲ family comes first phoenix & robin ▲ family comes first EmptyMer 16 Mai 2018 - 21:09



family comes first.
Ohana means family, family means no one gets left behind or forgotten. This is my family. I found it all on my own. It's little, and broken, but still good. Yeah. Still good.
Un sourire rêveur aux lèvres, j’observais tendrement le soleil se coucher à travers les grandes fenêtres de mon atelier, ses rayons rose-orangés procurant à mon jardin fleuri des airs de forêts enchantés. J’ai laissé mon regard couver mes jolis oiseaux de paradis, mon fier rhododendron, mes roses anciennes féériques… et puis sur ma petite terrasse là devant, mes adorables pieds de cannabis. Une pensée en emmenant une autre, je me suis roulée un petit joint histoire de commencer la soirée en douceur, décompresser après une grosse semaine bien trop stressante à mon goût, et inspirer mon esprit éreinté quant à l’ébauche de toile que j’allais enfin avoir le temps de poursuivre. Son thème ? Mulan et Belle se roulant une pèle. #gaypride. J’aspirais donc ma première bouffée en laissant joyeusement mes orteils glissés sur mon tapis doux, quand tout à coup la sonnerie de mon téléphone a retentit. « Robin j’écoute ? » « Rob, c’est Leila… je suis à l’école… »  Ça, c’était le code pour « papa s’est pas pointé à la fin de mon cours de théâtre, je l’ai appelé mais il répond pas / il est pas dispo ». Crotte de biquette ! Avec une moue dépitée j’ai regardé ma toile prometteuse et mon aperçu de soirée créative s’éloignaient lentement en me faisant un signe de la main. « J’arrive crevette » .

« Robin ? C’est quoi un équinoxe ? »  Elle a demandé alors qu’on était en route depuis quelques minutes. Leila et ses questions… pour parler de ses journées et de ses amis elle était toujours brève et discrète (pas faute d’essayer de lui soutirer des informations comme la tata gâteuse que j’étais), mais alors pour poser des questions farfelues elle répondait toujours présente aucun problème ! C’est comme si chaque jour elle notait tous les trucs les plus saugrenus qu’elle entendait pour nous les ressortir après. Et avec demande d’explication à la clefs s’il vous plait ! J’ai plissé les yeux, cherchant dans les méandres de ma mémoire pourquoi ce mot me disait vaguement quelque chose. Mais la culture générale et moi on a jamais été hyper potes alors j’ai fais comme j’ai pu : « C’est pas le jour de l’année avec le soleil là ? Quand il est euh… ‘fin quand le jour et la nuit durent le même temps, un coup en automne et un coup au printemps ? » « Ouai mais pourquoi ? »   « Bah j’sais pas moi, demande lui » Elle a pouffé en roulant des yeux. « Et sérendipité, ça veut dire quoi ? »  « Euh… ça existe pas. » Je croyais m’en sortir (lâchement) comme ça, mais non. « Mais si, ma prof elle en a parlé ce matin quand elle a raconté l’histoire de Newton et de sa pomme ! »   « Ah ouai… bah alors ça veut peut-être dire qu’il était serein jusqu'à ce qu'il se prenne une pomme sur le coin de la tronche et que maintenant il est bien dépité… » Elle a éclaté de rire et je lui ai touché le bout du nez comme elle était mignonne malgré tout. Je préférais quand elle posait ses questions à Phoenix, c'était lui intellectuel du tas et il était quand même bien plus calé que moi pour ces machins là. Mais bon, si je pouvais la faire rire avec mes bêtises alors j'en étais ! « Bon, je regarderai sur Google »  elle a conclut sagement. J’allais acquiescé quand brusquement les premières notes de « Wanna Be » des Spice Girls ont retentit à la radio et j’ai bondi dessus pour monter le son à fond. « EH mais c’est mon époque ! » j’ai crié comme une mamie. Mince alors j’avais pas écouté cette chanson depuis des lustres ! Ça me replongeait aussitôt dans mon adolescence, quand je dansais comme une folle dessus avec copine Cleo. Ah, 1996. Année de la sortie du Bossu de Notre Dame et d’Aladin le Roi des Voleurs (c’est que je m’identifiais un peu), époque bénite où je faisais des caricatures de mes profs pour passer le temps pendant les cours, où Phoenix avait une tête de bébé playboy, où on pouvait boire et faire la fête plusieurs soirs de suite sans décéder d’une giga gueule de bois de l’enfer le lendemain… « Ecoute ça Leila ! I'll tell you what I want, what I really, really want, so tell me what you want, what you really, really want I wanna, I wanna, I wanna, I wanna, I wanna really, really, really wanna zigazig ahhhh » j’ai braillé en m’agitant au rythme de la musique, lâchant régulièrement le volant qui me bloquait dans mes mouvements. « Mais c’est débile ! Puis c’est quoi zigazigaaah ? »  J’ai papilloté, accablée. Ces jeunes... « Bon euh, c’est finit les questions oui ?! » j’ai aboyé comme j’avais rien de bien malin à répondre et elle a rigolé encore parce qu’elle le savait bien. « Allez, on est arrivé loutre rusée, j’ai fais en coupant le contact de la caisse que j’empruntais à ma coloc comme j’en avais pas moi-même. J’vais venir avec toi pour faire à manger au cas où Fin est pas là »

On a escaladé les escaliers comme l’ascenseur était encore en panne et une fois arrivée en haut des six étages interminables j’dois bien dire que je le retenais, le Phoenix… C’est là qu’une Raiponse aux longs cheveux magiques aurait été bien pratique. Quoi qu’à la réflexion ça doit pas être hyper agréable d’avoir des salopards qui escaladent tes cheveux… alors non merci, solidarité féminine, je boycotte. Un tapis volant par contre... J’ai sorti mon double des clefs, défoncé la porte d’un coup d’épaule pour qu’elle s’ouvre comme d’habitude, et découvert mon frangin étalé sur le canapé, la gueule en vrac, comme d’habitude. C’était un spectacle auquel je me ferais jamais et je me suis éclaircie la gorge comme pour me débarrasser de la boule qui s’y était formée. « Va faire tes devoirs crevette, je te dirais quand c’est prêt, et après on pourra peut-être regarder la Reine Des Neiges ok ? » Elle a lâché un petit soupir, hoché la tête et puis elle est partie sans rien dire et ça en disait beaucoup. Je me suis frottée les paumes sur les cuisses, j’ai hésité à aller réveiller le bro mais je me suis dis que je ferais bien de le laisser dormir un peu comme il avait l’air plutôt serein et que c’était rare. En fait, il me rappelait un malheureux prince endormi sous l’emprise d’un sortilège bien dégueulasse lancée par une méchante sorcière vicelarde, roupillant en attendant le baiser de la princesse charmante qui le libérerait du sort et le réveillerait enfin. Mon âme romantique avait peut-être raison de moi, mais je sentais bien que j’étais pas loin du compte quand même. J’ai toujours cru que tout se passait pour une raison, mais sur ce coup là, j’avoue que je comprenais pas à quoi il jouait, le destin. Il avait souffert et trimé comme un fou, il méritait son conte de fée et son happy ending bordel de merde. Et puis quand enfin il l’avait trouvé, on lui retirait sa bien-aimée. Moi je trouvais ça dégueulasse ! C'était pas sensé se passer comme ça... J’ai soupiré, chagrinée, et puis j’ai tourné les talons et j’ai été faire à diner.

« Yo la belle au bois dormant, ta bouffe est prête, j’ai fais en agitant la nourriture sous le nez de Phoenix pour le réveiller en douceur. T’as plus grand chose dans le frigo alors j’ai dû faire preuve d’imagination mais franchement entre toi et moi j’crois que je me suis surpassée. Je l’ai poussé pour me faire une place à côté de lui sur le canapé et j’ai présenté ma création d'un air pompeux : déclinaison de tomates sur un lit de pennes avec crème de pois-chiche maison en accompagnement ! Ah et avant que tu flippes : Leila est dans sa chambre. N'app ! » Et ainsi j’enfournais une cuillère dans ma bouche, pas peu fière de mes talents créatifs et culinaires. C’était pas vraiment la fin de journée que j’avais en tête, mais qu’importe. Comme dit Baloo il en faut peu pour être heureux vraiment très peu pour être heureux il faut se satisfaire du nécessaire, et je pense que ce joli mantra, cette famille, elle en avait cruellement besoin.  




since i was born they couldn't hold me down, another misfits kid, another burned-out town. i never played by the rules and i never really cared, my nasty reputation takes me everywhere.

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Phoenix Ellsworth
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ÂGE : Trente-quatre ans.
STATUT : Marié depuis mes vingt-quatre ans, veuf depuis mes trente-trois, le cœur éclaté et la bague toujours au doigt.
MÉTIER : Ancien boxeur professionnel, neuf fois champion du monde. Aujourd'hui technicien de surface dans un club de boxe de quartier. J'peux vous dire que mon ego en a pris un sacré coup.
LOGEMENT : Redcliff, avec ma fille, Leila, dans un studio pas franchement salubre dans le genre.
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POSTS : 884 POINTS : 0

PETIT PLUS : Né à Bristol, j’ai grandi dans les rues de Brisbane, ses foyers d’accueil à chier, ses bancs d’école parfois, ses mitards souvent ≈ Tête brulée invétérée bourrée de rage et d’affliction, je courbe pas l’échine, je fonce dans le tas. Certains diront même que je vais chercher l’embrouille parfois ≈ Dixit Leila je suis vieux jeu, campé sur mes valeurs chevaleresques ≈ Ma came c’est rouler, enfourcher ma bécane, tracer la route ≈ Mes années sur le ring m’ont laissé balafres et séquelles niveau mémoire à court terme ≈ Depuis la mort de Paige j'ai du mal à rester sobre.
UN RP ? : Seulement si nous avons un lien.
RPs EN COURS : jaimie (fb)robin (fb)sid (fb)robin #2jaimie #3 (df)aisling #2harveykyte (df)

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ROBIN — You never give up when I'm falling apart, your arms are always open wide. And you're quick to forgive when I make a mistake, you love me in the blink of an eye. I don't deserve your love but you give it to me anyway. Sister, if the sky come falling down, for you, there's nothing in this world I wouldn't do.

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JAIMIE — Follow me tonight, I'll show you what's it like, to be alive. I know it seems like we're all lost, we see the secrets, we know the unknown. Keep close, hold my hand now, just be strong. We can follow this river right back to your home.

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There's an old saying - that which doesn't kill you makes you stronger, i don't believe that. i think the things that try to kill you make you angry and sad. strength comes from the good things, your family, your friends, the satisfaction of hard work. those are the things that will keep you whole, those are the things to hold onto when you're broken.

RPs EN ATTENTE : aisling › kyte (df) › sohan › jaimie (ra)
AVATAR : Charlie Hunnam
CRÉDITS : ava: vocivus
INSCRIT LE : 22/03/2016
http://www.30yearsstillyoung.com/t7942-phoenix-ellsworth-you-don-t-run-not-when-you-re-with-us-you-stand-your-ground-and-fight#283931 http://www.30yearsstillyoung.com/t8138-phoenix-signed-and-sealed-in-blood-i-would-die-for-you

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Message(#) Sujet: Re: phoenix & robin ▲ family comes first phoenix & robin ▲ family comes first EmptySam 20 Juil 2019 - 17:01



family comes first
« My head is haunting me and my heart feels like a ghost. I need to feel something, cause I'm still so far from home. Cross your heart and hope to die, promise you I'll never leave your side »

« You got this baby! Mr Fussytoes and I are cheering you on!
I love you so so so so so much forever,
Your Paige
P.S. We’ll be together soon »


Affalé sur le canapé, les yeux rivés sur la photo usée et dépliée que je serrais entre mes doigts, je caressais encore et encore sa calligraphie allongée et son minois plein de vie du regard et du pouce comme je l’avais fais des milliers de fois avant. Je la connaissais par cœur et inlassablement je me perdais dans la contemplation de ses yeux doux sous son grand chapeau rouge, de ses lèvres rondes et de sa langue qui en dépassait pour imiter Mr Fussytoes, et puis inévitablement mes yeux se posaient aussi sur Mr Fussytoes, donc, le fauve hirsute et renfrogné qu’elle serait tendrement dans ses bras et appelait amoureusement un chat. Je revoyais encore la scène, dans le jardin de ses parents, le jour où elle avait voulu me présenter et la sacrée catastrophe que ça avait été. Je revoyais aussi son sourire triomphant quand elle avait glissé ce cliché dans ma poche avant mon départ, un des premiers d’une satané pelletée. Pour me soutenir, comme elle le faisait toujours… comme elle l’avait toujours fait. Des photos aux mots doux elle m’en avait donné plein par la suite, avec Leila ou sur la plage avec ses potes ou en lingerie même et je les gardais toutes bien précieusement ça c’est sûr mais celle-là, je sais pas, c’était spécial, peut-être parce que c’était la première, quand on commençait, quand j’avais les poches trouées, quand elle avait fait comprendre à ses parents que leur avis elle en avait rien à carrer, quand elle m’avait fait comprendre à moi qu’elle était là pour rester. J’étais tellement refait ma parole, le plus heureux des hommes. Je touchais plus le sol. Putain si j’avais su, si j’avais si qu’ils avaient eu raison ces vieux cons…

La bouteille a trouvé son chemin jusqu’à mes lèvres et j’ai jeté un coup d’œil au courrier froissé déchiré qui gisait sur le paquet, cette lettre qui m’avait retourné le cerveau quand je l’avais découvert en rentrant du taf et qui avait vaguement contribué à l’état d’ébriété végétative dans lequel je me trouvais à présent. Ces vieux cons, ces fameux vieux cons que j’avais pas revu depuis l’enterrement et qui réapparaissaient pour trainer mon cul au tribunal dans le but de récupérer la garde de ma fille, ma propre fille, la fille de Paige. J’avais tout pété, tout éclaté, la rage au ventre, et puis je m’étais étalé là et j’avais commencé à penser : peut-être que la vie serait mieux pour elle là-bas, loin de son irresponsable irrécupérable de père, proche de Mr Fussytoes… « J’sais pas quoi faire, qu’est ce que je dois faire, dis moi c’qui je suis sensé faire, j’le ferai » j’ai dit à la photo comme un vrai taré. Contre toute attente elle a pas répondu, mais ensuite j’ai relu ces courbes manuscrites encore une fois, et ces mots que j’avais lu un nombre incalculables de fois pour y trouver du réconfort quand on était séparés, c’est comme s’ils avaient pris un tout autre sens, un sens franchement plus sombre, et alors je me suis demandé si c’était pas un genre de signe même, de volonté qu’elle me transmettait de l’haut de-là, pour que je vienne la rejoindre, pour qu’on soit ensemble, et c’était tellement tordu et pitoyable comme train de pensées que ça me donnait envie de me fracasser la gueule aussi fort que j’étais fou à lier. Quand à quelques occasions ma cervelle fêlée avait laissé miroiter les prémonitions d’un avenir où je finirais par la perdre, je m’étais attendu à un choc. Je m’étais pas attendu à ce que ce choc oblitère tout, disloque le corps comme l’esprit, je m’étais pas attendu à la voir là où elle était pas, à être prostré, éclaté en vrac, infoutu d’avancer et fou de chagrin. Je m’étais pas attendu à devenir fou tout court.

Je regardais sa photo et son visage éternellement jeune, figée à jamais dans un passé révolu et je voulais l’y rejoindre, tout arrêter, revenir en arrière. Mais le temps en a rien battre de nos émois cet enfoiré, bon gré mal gré il continue sa course folle et avec lui cette vie collante d’affliction bien dégueulasse à laquelle on n’échappe pas. J’ai repris une gorgée, je sais même plus de quoi, et j’ai dégluti amèrement, avec toujours cette sensation dans les trippes d’être de l’autre côté du miroir, d’être passé dans une réalité qui devrait pas exister, et je repartais dans les et « et si » que je supportais pas, et je me lamentais sur mon sort, et je promettais que si elle revenait je l’écouterais cette fois, je partirais, je me jetterais pas sur l’autre sac à merde parce qu’elle avait raison, que ça vallait pas le coup, et on rentrerait à la maison, et rien ce serait passé. Et je pouvais refaire le monde comme je voulais ça changeait rien à l’absurdité dégueulasse de la réalité qui est qu’elle était morte et que moi j’étais toujours là. Putain si je pouvais échanger nos places, si je pouvais crever pour la ramener, je le ferais sans hésiter et ce serait la décision la plus simple de ma vie même. Et au travers de sacrifie féru et vain, je le savais, y avait aussi une sacrée part de lâcheté. Parce que je savais simplement plus comment continuer. Et je pouvais essayer de me cramponner à ce qui se passait juste sous mes yeux, à mon taf, à mes responsabilités les plus basiques, aux ‘petits bonheurs de la vie’ comme disait Robin, y avait rien à faire, comme un enfoiré toujours je rechutais, avalé dégueulé dans les limbes d’une cervelle salement déglinguée.

Je reconnaissais plus rien, je savais plus à quoi rimait quoi que ce soit ni pourquoi je devais continuer de faire semblant de tout dans ma vie sans vie. Enfoiré de mort vivant aveuglé par l’énergie incandescente de l’être aimé qui avait tout cramé sur son passage, condamné à vivre dans l’obscurité. Et peut-être bien que je le méritais. Mais bordel qu’est ce qu’on est sensé foutre quand on a enterré la femme qu’on aime, sinon crever soi-même dans son cœur en sachant que ce sera la dernière fois qu’on crève avant la mort définitive de ce pauvre corps mort, où on retournera à sa forme première, poussière dérisoire sur cette fatale boule de terre ? Je voulais juste prendre la route et la laisser m’emporter, de préférence en me prenant un camtar dans la gueule, ou je pourrais utiliser ma bouteille là, l’exploser contre la table et me déchirer la gorge, si je coupais juste je pourrais en finir en quelques secondes même. J’ai jamais eu peur de la mort, de la mienne en tout cas, je pense que quelque part je l’ai même souvent recherché, je compte plus le nombre de fois où je l’ai frôlé, flirté avec la faucheuse et je comprenais toujours pas pourquoi elle voulait pas de moi, pourquoi elle emmenaient les autres et qu’elle laissait en vie les crevards pourris jusqu’à la moelle. Mes doigts se sont resserrés autour de la bouteille qui me ferait bouffer les pissenlits par la racine et puis comme chaque fois que l’envie d’en finir s’infiltrait entre mes tempes c'est le minois innocent de Leila qui venait hanter ma conscience éclatée. Et je me rappelais de la promesse que j’avais fais à Robin de jamais l'abandonner aussi, et alors je laissais tomber l’idée, et parfois je me disais que tout serait moins pénible si elles existaient pas et que j'aurais qu'à m'faire faucher sans penser à rien et que je serais libre et bien sûr ce genre de pensées c’était pas pour rehausser l’opinion que j’avais de ma personne.

Alors je l’ai pas éclaté sur la table et je l’ai porté à mes lèvres plutôt et comme ça je me la suis enfilée comme un moufflet accroché à son biberon, les yeux rivés sur la photo encore, désireux de m’assommer de souvenirs et de biture à défaut d’autre chose. Arrêter de boire aurait été l'option la plus raisonnable, essayer de dormir pour éviter de faire des conneries que j’allais irréfutablement regretter, comme oublier ma fille, encore, mais la raison m’avait complètement échappé. Alors j’ai continué de picoler en me posant la question que je me posais le plus souvent ces derniers temps : au bout de combien de bouteille la tise allait-elle enfin faire son travail et buter le tourbillon infernal qui me décapait l'encéphale ? Alors évidemment avec l’alcool y a toujours ce risque que tout devienne encore plus poisseux et dégueulasse qu’avant mais en cette période d’optimisme fragile je nourrissais toujours l’espoir que cette fois ça me court-circuiterai juste le cerveau comme il faut sans faire d’histoire et si c’était rarement le cas ça m’empêchait pas de remettre ça la fois d’après. Faut bien espérer hein ? Au final ce coup-ci faut croire que la chance me souriait et j'ai juste sombré dans une douce mélancolie avec ses bras autour de mon cou et son corps nichait contre le mien et il y avait peut être des larmes partout sur mes joues mais faut pas croire, j'étais un pleurnichard heureux, sacrément heureux même.

Quand j’ai rouvert les yeux j’ai compris que quelque part dans ce nuage de pensées opaque et incohérent je les avais fermé et pas qu’un peu même à en juger par Robin qui était brusquement apparu de nulle part à mes côtés. Sa voix raisonnait contre les paroi de mon crâne comme un marteau contre un foutu gong et c’était tellement désagréable que je me demandais si c’est bien Robin ou si j’étais reparti en bad. Mais ensuite j’ai compris que c’était juste mon corps qui me tabassait la gueule pour se venger de l’alcool alors j’ai essayé de me redresser, désorienté, avec une lenteur exaspérante. « Qu’est c’tu fous là ? »j’ai grommelé à moitié endormi et quand j’ai réalisé que Paige et la photo avaient disparu je crois bien qu’un fusible a pété sévère là-haut : « Putain elle est où ? Elle est où, elle est où ?! » j’ai répété comme un forcené avec les yeux injectés de sang qui regardaient partout autour de moi pour la retrouver et quand ils se sont posé sur Robin j’ai compris qu’elle était assise dessus et là je suis devenu fou pour de bon : « Lève toi, putain lève toi ! » j’ai gueulé sans aucune justification rationnelle et brusquement j’ai attrapé la photo que j’ai resserré contre moi d’un geste possessif, mâchoire serrée, babines retroussées. J’ai mis un peu trop de temps avant de comprendre pourquoi elle me regardait avec l’air aussi abasourdi et quand ça a commencé à décanter dans ma cervelle gluante je me suis pincé les sinus. « S’cuse… j’suis éclaté… » j’ai marmonné lamentablement comme si ça justifiait quoi que ce soit. Ensuite mon regard s’est posé sur les pâtes qu’elle venait probablement de préparer et je me suis senti de plus en plus con au fur et à mesure qu’un semblant de conscience refaisait son apparition. « Désolé » j’ai répété et je me suis penché pour l’embrasser sur le front avant d’attraper l’assiette. J’avais pas faim mais si je mangeais pas sûr et certain ça la rendrait triste alors je me suis forcé un peu. Ensuite ça m’a frappé d’un coup qu’un truc manquait et je me redressais brusquement : « Attends, putain merde elle est où Leila ?! »

nightgaunt


The pictures tell the story, this life had many shades. I'd wake up every morning and before I'd start each day I'd take a drag from last nights cigarette that smoldered in it's tray, down a little something and then be on my way.

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