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 [Pearson's office] Smoke and mirrors

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MÉTIER : rédacteur à la rubrique lifetyle de GQ Australia
LOGEMENT : Toowong, l'emplacement 44, dans le Garden Points Boat Harbour. Il y a accosté une caravane/maison sur l'eau.

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ORIENTATION SEXUELLE : J'aime les jolies filles.
PETIT PLUS : ▶ Il est né à Bruxelles, mais tout le monde pense qu’il est français. ▶ Il est issu d’une famille homoparentale, avec deux mères. ▶ Devenu journaliste, il était réputé pour ses articles de terrain et ses documentaires « chocs » réalisés au cours de ses voyages en Afrique, puis en zones de guerre. ▶ Il a perdu la vue lors d’un bombardement à Alep en 2011. ▶ Il s'est installé à Brisbane en 2012.
UN RP ? : Seulement si nous avons un lien.
RPs EN COURS : Evie Pearson
Eireen Murrough-Mays
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MessageSujet: [Pearson's office] Smoke and mirrors   Jeu 12 Juil 2018 - 1:50



Depuis que « Polly Amor » avait porté plainte contre Fox, ses articles s’étaient consciencieusement espacés dans les colonnes de GQ Magazine, jusqu’à disparaître de la version papier. Il faut que les choses se tassent, lui avait-on dit, et même s’il avait conscience que ces personnes s’évertuaient à lui remonter le moral depuis quelques semaines, Fox ne pouvait ravaler un profond sentiment de frustration. Combien de temps devrait-il encore rester sur le banc de touche ? Il passait ses journées à ruminer en élaborant des projets d’articles qui n’aboutissaient pas. Il ne comprenait toujours pas pourquoi « Polly » lui avait joué ce mauvais tour : il avait réécouté son article à plusieurs reprises, à la recherche de l’offense suprême qu’elle l’accusait d’avoir commise, sans y parvenir. Au contraire, il n’avait saisi que l’éloge qu’il avait souhaité faire de sa profession de strip-teaseuse, et l’admiration qu’il avait eu en rencontrant une femme aussi à l’aise avec son propre corps. Peut-être demanderait-il à Ariane d’y jeter un énième coup d’œil. Il se tournait toujours vers elle quand il avait besoin d’une seconde opinion sur un sujet délicat. En attendant, il était condamné à pitcher des idées en salle de rédaction sans pouvoir les exploiter lui-même, et à faire la navette entre les différents bureaux de l’open-space et la machine à café.

Jusqu’au jour où l’idée d’un article lui traversa l’esprit, tellement couillu, qu’en aucun cas il ne l’aurait cédé à quelqu’un d’autre – même si ça avait signifié se casser la figure dans les grâces de Jamie. Il commença à élaborer quelques plans, les dictant le plus succinctement possible à son téléphone, tout en cherchant la meilleure manière de les mettre en application. Après avoir fait le tour des organisateurs évènementiels de la ville, son choix s’était rapidement porté sur une entreprise toute jeune, située à Spring Hill. Ce ne serait pas compliqué pour lui de s’y rendre, estima-t-il. Il ne lui resterait plus qu’à mettre Ariane dans le coup.

Deux semaines après avoir contacté Evelyn Pearson pour prendre un rendez-vous, Fox contourna le taxi qui venait de s’arrêter près de la chaussée humide d’une rue excentrée de Spring Hill. Drôle d’endroit pour ouvrir un commerce pareil, jaugea-t-il avec circonspection. Mais pourquoi pas, après tout ? Un peu de discrétion, un cadre calme, c’était peut-être ça que demandait un couple en voie de se passer la bague au doigt. Il s’approcha de la vitre du conducteur en relevant le col de son imperméable : « Soyez sympa Marcus : vous apercevez un bureau d’organisation de mariage dans le coin ? » D’abord étonné, le garçon se rehaussa sur son siège, consulta attentivement ses rétroviseurs en se tordant le cou, avant de répondre : « Juste derrière vous, m’sieur ! » avec l’énergie de ceux qui trouvent du plaisir à rendre service. Il ne devait pas avoir plus de vingt-deux ans, estima-t-il, au son de sa voix. Marcus Kennedy était une véritable pipelette, comme on n’en faisait plus chez les spécimens masculins de son âge : il avait passé le trajet qui séparait le siège de GQ de la périphérie de Spring Hill à lui relater les chroniques de ses relations amoureuses. Au fond, ça ne lui avait pas déplu. Même que ça l’avait fait sourire, allègrement. C’était si loin, et pourtant si près, les années d’université où, lui aussi, avait ramé jusqu’en Chine avec les filles. Ce serait mentir que de prétendre que ça n’était plus du tout le cas.

« Merci. » répondit-il, avant de lui céder un pourboire bien mérité. Il s’en détourna calmement pour suivre ses indications, de sa démarche éternellement précautionneuse. Il n’appréciait pas de s’aventurer seul dans de nouveaux endroits – pourtant, il mourrait d’un profond désir d’exploration. Seule la crainte de se perdre au milieu d’une masse d’inconnus y mettait un coup de frein. Il déploya sa canne, et se mit en quête d’un obstacle, évitant soigneusement les trottoirs et les nids-de-poule. Il avait appelé Evelyn deux semaines plus tôt, en se faisant passer pour un futur marié désireux d’organiser le « mariage de ses rêves » à sa femme. Il avait prétendu ne pas avoir énormément d’idées « pour le moment », et avait cédé carte blanche à la jeune femme pour le premier jet. Sans doute que, dans ces circonstances, ils cerneraient plus rapidement le sujet qui l’amenait réellement sur place.

Après avoir dégainé son téléphone portable, et appelé la jeune femme pour l’avertir de sa présence devant son bureau, il avait entendu la porte s’ouvrir dans un carillon musical, et une démarche énergique se rapprocher de lui. Un sourire courtois étira ses lèvres : « Mademoiselle Pearson ? Fox Chandler. Je m’excuse, ma fiancée n’a pas réussi à se libérer. » prétendit-il en tendant une main aveugle devant lui pour serrer la sienne. « J’espère que ça ne vous ennuie pas qu’on gère les choses entre nous pour cette fois ? Ça vous fera au moins un futur marié de plus à rassurer ce mois-ci. »


Dernière édition par Fox Dirksen le Mar 7 Aoû 2018 - 15:15, édité 1 fois
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PETIT PLUS : fille de kai pearson, membre des queensland reds/wallabies, décédé lors de la coupe du monde de rugby 1991 ∆ passionnée par la calligraphie ∆ listeuse compulsive ∆ rapports compliqués avec sa mère, celie pearson, philanthrope/créatrice de la fondation pearson ∆ control-freak, réservée sur ses émotions ∆ travailleuse, créative et réputée dans son domaine ∆ n’a jamais remis les pieds dans un stade, maudit le sport ∆ catholique peu pratiquante bien qu'ayant effectué sa scolarité dans un ensemble catholique privé ∆ sans permis ∆ remet systématiquement un journal rédigé par ses soins à ses clients
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MessageSujet: Re: [Pearson's office] Smoke and mirrors   Dim 15 Juil 2018 - 15:58


smoke and mirrors
fox & evie

Après avoir eu Fox Chandler au téléphone, deux semaines auparavant, Evelyn s’était longuement demandé : quel est cet accent qu’elle avait cru déceler chez son interlocuteur ? Ça ne l’avait pas obsédée plus que quelques minutes, néanmoins, elle admettait que ça l’avait beaucoup agacée de ne pas être capable de mettre le doigt dessus sur le moment – elle était pourtant très douée à ce jeu, son instinct s’avérant être une arme particulièrement efficace quand il fallait qu’elle étouffe son illustre curiosité, et soit contrainte de deviner par elle-même. Aujourd’hui, elle n’y pensait presque plus. Juchée sur un tabouret haut, les talons coincés stratégiquement dans ses barreaux pour s’assurer une position plus confortable et reposer un peu ses mollets endoloris par ses nombreuses courses de la journée, elle avait les mains occupées à battre des cartons d’invitations conçus à la plume et à l’encre de Chine. Soigneusement en train de les revérifier avant de les soumettre à l’un des couples dont elle s’occupait, elle froissa soudain le pli entre ses deux yeux, les paupières légèrement plissées pour faciliter sa concentration. Une succession d’arabesques et de dates lui passa sous son joli nez coiffé d’une paire de lunettes à montures élégantes – stop. Elle marqua une pause, son jeu de cartes de fortune suspendu dans les airs, pour tout doucement froncer les sourcils, la mine contrite. Elle remonta ses lunettes sur le haut de sa tête, s’apercevant de ce qui la dérangeait sur ce carton en particulier ; une bavure disgracieuse sur le coin gauche du carton qu’elle leva devant son nez pour que la lumière lui prête main forte et éclaire ses craintes de devoir le recommencer. Elle avait choisi de s’installer au comptoir de la pièce principal plutôt que dans son bureau pour une seule et unique raison ; l’éclairage était tel qu’il lui permettait d’aiguiser sa vue sur le travail de calligraphie qu’elle avait accompli pour le mariage imminent d’Amal et Carlisle Bishop. Elle n’avait pas droit à l’erreur, il s’agissait de clients importants qui lui permettraient d’asseoir sa bonne réputation et d’épaissir son carnet d’adresses, déjà bien remplis grâce aux années qu’elle avait passé à Londres. Aussi, l’impression que quelque chose ne fonctionnait pas au sein de ce couple la contrariait suffisamment pour qu’elle baisse parfois sa garde, torturée par sa conscience qui lui dictait qu’elle devrait peut-être mener son enquête à ce sujet dans l’espoir d’éviter une potentielle catastrophe. Voilà pourquoi elle redoublait d’effort, tellement concentrée sur son travail qu’elle sursauta d’un bond violent – heureusement, sa plume ne ripa pas sur le nouveau carton qu’elle noircissait de son écriture fine et gracieuse – quand son téléphone se mit à sonner. Au bout du fil, Fox Chandler l’informait de son arrivée ; et les intonations particulières dans sa voix lui rappela à quel point elle avait été intriguée par ce mélange d’inflexions et cette bonne diction qu’elle lui enviait sans doute un peu.

Ce qu’elle remarqua en premier, lorsqu’elle poussa la porte-vitrée de son bureau, c’est la canne d’aveugle qui prolongeait le bras de son client du jour. Tout de suite, elle se tanna de ne pas tomber dans la maladresse, et s’obstina à faire un point mental sur les tics de langage à ne pas utiliser en la présence de l’homme à qui elle serra chaleureusement la main en lui servant un « Ravie de vous rencontrer. » un brin impersonnel, mais tellement chaleureux ; ne pas l’inviter à observer quoi que ce soit, album-photos ou cartons d’invitations fraîchement esquissés, lui semblait un bon début, par exemple. Elle lui tint la porte pour qu’il s’engouffre à l’intérieur, eut une brève observation pour la tignasse bouclée qui soulignait son profil barbu, et le talonna immédiatement après, elle lui répondit avec bonne humeur, et rechaussant ses lunettes au bout de son nez :

« Absolument pas, au contraire. Nous nous serions vus au moins une fois en tête-à-tête au cours de notre partenariat, de toute façon. Ce n’est pas plus mal que ce soit maintenant. » Comme elle l’avait observé au cours de sa carrière, quand il s’agissait d’un mariage hétérosexuel, l’époux se montrait toujours plus réticent à l’exercice de l’entretien individuel dont elle était friande. Que Fox se soit présenté seul pour une première rencontre était rare, et elle saurait l’apprécier, et même l’utiliser à son avantage. Par habitude, elle lui désigna d’un signe de la main la causeuse sur laquelle elle recevait ses futurs clients ; avant de rouler les yeux, se tapant le front mentalement pour se punir de sa stupidité. Après une seconde de flottement, elle lui fit savoir à haute voix « Dix pas sur votre droite, faites comme chez vous – je reviens immédiatement. » Le son de ses talons hauts résonna sur le parquet de la pièce, menant jusqu’au comptoir qu’elle avait quitté et sur lequel elle dénicha l’un de ses précieux carnets de notes et un stylo à bille chromé qu’elle actionna dans un clic-clic distinctif. Le trajet entre le comptoir et la causeuse fût suffisant pour qu’elle ressasse sa frustration d’avoir perdu le jeu des accents, alors quand elle s’installa en face de Fox, genoux serrés, elle ne put s’empêcher de lui demander « Ca vous ennuie si je vous pose une question avant de rentrer dans le vif du sujet ? » Elle s’humecta les lèvres, goutant l’arôme de son rouge à lèvres qu’elle estompa discrètement avec la pulpe de son petit doigt, puis elle reprit, plein de sourires dans la voix « Votre accent ? J’ai du mal à déterminer d’où il vient, ça me contrarie. » Seulement, elle ne lui laissa pas vraiment le temps de réagir, consciente d’outrepasser son rôle. Ouvrant son carnet à une page vierge, c’est en secouant la tête qu’elle se confondit en excuses, comme la jeune femme bien élevée qu’elle était « Mais pardon, ce n’est pas vraiment le sujet. Votre mariage, comment vous l’imaginez ? »

AVENGEDINCHAINS



i've found almost everything ever written about love to be true. shakespeare said "journeys end in lovers meeting". what an extraordinary thought. personally, i have not experienced anything remotely close to that, but i am more than willing to believe shakespeare had.










Dernière édition par Evelyn Pearson le Sam 11 Aoû 2018 - 9:57, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: [Pearson's office] Smoke and mirrors   Jeu 9 Aoû 2018 - 0:01



« Vous permettez ? » sourit-il, en ouvrant une main sur son côté, attendant sa permission pour pouvoir crocheter délicatement son avant-bras et la suivre plus harmonieusement jusqu’à son bureau. C’était délicat, parfois inconfortable voire humiliant, mais Fox s’assurait toujours de ne pas écraser son besoin de repères tactiles sur les autres. Cette fois-ci, il ne s’inquiétait pas : à l’oreille, Evelyn sonnait accueillante, et pleine de bonhomie. Le genre de personne prête à rendre service, et il était presque certain qu’elle ne se braquerait pas devant un geste, familier certes, mais nécessaire pour lui. Sans attendre davantage, il se laissa entraîner en calquant son pas sur le sien pour ne pas donner l’impression à un observateur extérieur d’être traîné derrière elle comme un boulet à une cheville.

« Je suis content de vous l’entendre dire » renchérit-il en s’immobilisant au milieu de l’entrée, quand elle se détacha de lui pour – il imagina – mieux le familiariser avec les lieux. « Ma fiancée est une femme assez… stressée. » poursuivit-il, sans se laisser troublé par les déambulations de la jeune femme. « Elle est très prise par son travail ; mais elle tenait absolument à ce qu’on puisse vous rencontrer le plus tôt possible. » Il n’y avait sans doute pas de quoi se vanter, mais Fox fût agréablement surpris de l’aisance avec laquelle il déployait cette vie sentimentale imaginaire devant les yeux d’Evelyn. Il n’avait jamais peiné à laisser mijoter un malentendu, mais cette fois-ci, les mots lui venaient sans qu’il n’ait besoin d’aller les chercher au fond de son imagination. Un mensonge, estimait-il, était toujours plus facile à former quand il s’appuyait sur des bases réelles. Et si Ariane avait réellement été sa fiancée – Dieu les en préservent – il ne doutait pas un seul instant que la situation dans laquelle il se serait trouvé aurait été identique à celle dans laquelle il se trouvait de son propre fait. Ça le fit sourire, discrètement, tandis qu’il pivotait sur ses talons pour suivre les indications qu’Evelyn venait de lui donner.  Un, deux, trois…. Compta-t-il, avec attention, prenant soin de ne pas se cogner dans un meuble qui se serait potentiellement trouvé sur son chemin. À son plus grand soulagement, il ne récolta aucun hématome, et bientôt, ses genoux heurtèrent les bords accueillants d’un sofa.

« Mon accent ? » s’étonna-t-il après quelques minutes. Il tourna la tête dans sa direction en haussant les sourcils bien haut. Puis, la surprise passée, il lui sourit, enchanté. Pour une fois qu’on n’associait pas automatiquement les formes brusques de son discours à la langue française. « C’est sans doute la première fois qu’on me pose la question depuis que je suis à Brisbane » lança-t-il, sans masquer la satisfaction qu’il en éprouvait. Sans attendre, il se laissa tomber dans le sofa sans grande grâce et replia sa canne. « C’est belge. Ma mère est bruxelloise. » lui confia-t-il après s’être légèrement penché en avant, comme il est courant de se faire quand on confie ou prétend confier de grandes confidences. Il marqua une pause pensive, et en profita pour prendre mentalement note de sa faculté à mettre les autres à l’aise. Il ne savait pas si elle réussissait ce tour de force à chaque fois, mais elle avait au moins le mérite d’avoir créé une zone de confort autour de lui, et ce n’était clairement pas donné à tout le monde. « Vous avez déjà été en Europe ? » finit-il par enchaîner avec une curiosité servant ses bavardages et sa couverture.

Une minute plus tard, Fox plongeait la main dans la poche de sa veste en bafouillant des excuses. Il marqua une pause, puis fit la moue, visiblement gêné. Il prit une inspiration, comme si ce qu’il s’apprêtait à lui demander allait beaucoup lui coûter : « Evelyn, ça vous dérange si je vous enregistre ? Ma fiancée voudra entendre vos idées ; elle n’aime pas trop se faire raconter les choses, et de toute manière, je ne suis pas sûr de pouvoir tout retenir sans prendre de notes. » S’il avait déjà été attaqué en justice récemment, Fox avait décidé de redoubler de vigilance en prenant des mesures comme celles-ci, de manière à ne pas se faire dire qu’il avait posé ses questions de manières ambigües pendant un entretien. Son avocat lui avait certifié que c’était la meilleure défense dans n’importe quel procès de diffamation.

« On aimerait bien avoir un gros mariage ; vous savez, on a beaucoup de famille à inviter, et on adorerait pouvoir avoir un endroit qui puisse accueillir au moins 200 personnes. » entama-t-il en peignant un tableau mental de la scène qu’il essayait de lui décrire le plus précisément possible. « On adorerait pouvoir faire ça en fin d’année, quand les températures seront plus douces. Vous avez déjà vu le film Roman Holiday ? » Il arqua un sourcil, le regard dans le vide, tendant l’oreille en attente d’une réaction de la part de la jeune femme. « Ce que je voudrai, et vous allez penser que mes idées sont déjà tranchées, c’est un peu de dolce vita dans ce mariage. Les italiens, ils font ça comme personne. » ajouta-t-il, en se passant une main sur le visage, masquant une fausse gêne. « Je m’emballe, et je ne vous laisse même pas en placer une. On vous donne souvent trop de directions à suivre dès le départ, ou je suis le premier à vous mettre une épine dans le pied ? J'imagine que vous faites ça depuis un certain temps. » s’enquit-il, doucement.
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MessageSujet: Re: [Pearson's office] Smoke and mirrors   Ven 10 Aoû 2018 - 17:07


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« Je comprends, et c’est normal, c’est un très grand évènement. » examina-t-elle à haute voix, s’installant élégamment en face de Fox, et s’imaginant sans trop de difficultés l’état de nervosité dans lequel devait se trouver sa fiancée, à l’heure actuelle. Elle avait eu très peu d’informations au sujet du couple que son futur client formait avec cette fameuse jeune femme, si bien qu’elle lui demanda, tout naturellement « Comment s’appelle-t-elle, votre fiancée ? » Autant commencer par le commencement, et faire les choses de façon à ce que tous les deux puissent s’y retrouver, et ce sans constamment parler de fiancée, ou de future femme. En plus d’être un peu insultant pour la principale intéressée, qui était sans doute plus qu’uniquement la fiancée de quelqu’un, cela rendait les choses moins claires. Comme il était de son devoir qu’elles le soient, elle l’enjoint à lever le voile sur ce petit mystère. La pointe de son stylo bille posée sur la première page de son carnet, Evelyn nota son prénom d’un geste leste et appliqué du poignet, s’intéressant en même temps à cet accent particulier qu’elle avait distingué dans le ton, très tranché, de son interlocuteur. Elle avait pour habitude de ne pas faire taire sa curiosité, mais lorsqu’elle pointait le bout de son nez en plein entretien avec un client, elle ressentait toujours une vague impression d’abuser de son statut privilégié pour assouvir son besoin constant d’en savoir beaucoup trop, tout le temps. Elle ne rendait que très rarement la pareille aux futurs mariés dont elle s’occupait, respectant une distance de sécurité qui lui était vitale, et dont elle ne se départissait jamais, soucieuse de garder sa vie privée, privée. Alors, c’était tout un travail de longue haleine de leur donner l’illusion de partager des anecdotes avec eux, pendant qu’elle les choisissait prudemment au préalable pour leur faire penser que, l’espace de quelques mois, et à force de les côtoyer de façon hebdomadaire, elle faisait partie de leur entourage proche ; c’était le secret de sa réussite. La malice dont il usa pour lui répondre la fit sourire, et reprendre sur sa lancée :

« Ce ne sera sans doute pas la dernière, nous sommes réputés pour être curieux dans le coin. » A défaut de l’écrire sur son carnet, réservés aux informations concernant l’organisation du mariage, Evelyn nota dans son esprit celle, plus personnelle, qu’elle venait de butiner ; elle était loin d’avoir deviné, ce qui la frustra davantage, et la fit secrètement grogner. Et tandis qu’elle se recalait plus confortablement dans son fauteuil, s’autorisant à croiser les chevilles, elle cocha mentalement sur sa liste d’anecdotes celle qui, à tous les coups, finissait par faire une entrée fracassante au beau milieu de la conversation. Ça n’en révélait pas tant sur la personne qu’elle était, et ça lui convenait tout à fait. Aussi, elle lui dit « En fait, oui. J’ai vécu à Londres pendant quinze ans. » Elle se surprit à opiner du chef pour appuyer ses dires, comme elle le faisait lorsqu’elle s’adressait à quelqu’un qui la regardait, et finit par la secouer de dépit en s’apercevant que ça ne servait à rien d’user de gestes, à ce moment-là. Il fallait qu’elle s’y fasse, à cette absence de renvoi de regards, elle qui était connue pour affronter celui des autres avec un aplomb singulier. Elle baissa la tête, souriant de nouveau face à sa bêtise, et fit tourner son stylo entre le bout de ses deux doigts pendant quelques secondes. Enfin, elle ajouta, pour la forme « J’ai eu l’occasion de visiter Paris et ses musées, il y a quelques années. Je suis souvent allée en Italie aussi. Plus pour le vin que pour les musées, mais je compte sur vous pour que ça reste entre nous. » Et ça le resterait, assurément ; les futurs mariés n’aimaient pas laisser penser à leur moitié qu’ils badinaient avec leur organisatrice de mariage, jusqu’à connaître ses goûts en matière de vins.

Elle releva la tête, surprenant le geste de Fox qui trifouillait dans la poche de sa veste. Un petit moment à l’observer s’agiter, et elle se dit que, si elle ne l’avait pas vu arriver avec une canne au bout des doigts, elle n’aurait jamais deviné qu’il était aveugle ; il s’en sortait particulièrement bien, et un profond sentiment d’admiration la força à passer un pacte avec elle-même.  Ce serait une question qu’elle refuserait de lui poser, qu’importe le temps qu’ils passeraient à travailler en trio avec sa fiancée : la raison de son handicap. Était-il aveugle depuis sa naissance, ou est-ce que sa cécité l’avait frappée progressivement, ce qui ne devait pas être évident, et alors il méritait tout le respect qu’elle était tentée de lui accorder – une maladie peut-être, et dans ce cas-là, laquelle exactement ? Elle ravala sa curiosité à grandes déglutitions, faisant glisser son regard sur le téléphone portable qu’il lui montrait, mentionnant le peu d’attrait d’Ariane pour les récits. Evelyn lui répondit, lui déclarant son assentiment :

« Je vais faire en sorte de parler plus distinctement. » Pour se faire, elle se racla discrètement la gorge, reprenant le fil de la conversation qui l’avait amenée ici, et commençant à noter sur son carnet « 200 personnes, cérémonie et réception incluses, où vous prévoyez que certains de vos invités participent à l’un, mais pas à l’autre ? C’est souvent le cas, si vous vous posez la question, et je peux vous aider à établir votre liste en fonction de ce que vous m’indiquerez, je suis payée pour ça après tout. » Elle posa le point à ce qu’elle venait de noter, à savoir la période de l’année à laquelle ils souhaitaient célébrer leurs noces, souriant en même temps en l’écoutant continuer « Nous partageons des références, ça nous facilitera la tâche. Et nous avons déjà un thème, c’est parfait. » L’Italie n’en finissait plus de s’immiscer dans la conversation : elle souligna trois fois Dolce Vita sur sa page, et releva les yeux lorsqu’il l’interrogea « Assez longtemps pour être passée maîtresse dans l’action de gérer les épines, les échardes, et tout le reste. » Elle regarda dans sa direction, cherchant à le rassurer, mais évidemment… Elle soupira, intérieurement, se contentant de dire, avec chaleur néanmoins « Vous vous en sortez très bien, Fox. Ariane ? Vous avez trouvé une perle. Vous pouvez y aller en aveugle, vous n’avez aucun souci à vous faire. » chantonna-t-elle en direction du téléphone, réglé sur sa fonction magnétophone. Elle avait baissé la tête pour continuer à lister les envies de Fox et Ariane, quand elle se rendit compte de ce qu’elle venait de dire. L’avait-elle dit à voix haute ? L’avait-il entendu ? Evidemment qu’il l’avait entendu, ils n’étaient que deux dans la pièce. Quelle idiote, persifla-t-elle dans l’intimité de ses pensées, et ne sachant soudain plus quoi faire de ses mains – qu’elle agita dans une succession de moulinets incontrôlés –, de ses jambes – qu’elle fit tressauter en retenant un couinement de consternation –, de son corps tout entier, elle finit par se ratatiner sur elle-même. Dans un soupir empreint d’excuses, elle pépia un « Je vous assure que c’est sorti sans arrière-pensée ! » Maigre défense, songea-t-elle, et elle ferma les yeux en serrant les dents, grimaçant quand elle ajouta, tout doucement « Mon dieu, je suis tellement désolée. Je comprendrais si vous voulez vous en aller. »

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MessageSujet: Re: [Pearson's office] Smoke and mirrors   Sam 8 Sep 2018 - 2:49



« Elle s’appelle Ariane. » lui répondit-il sans marquer la moindre hésitation. Il pressa ses lèvres l’une contre l’autre pour réprimer un sourire en coin – qui passa sans doute pour un élan de tendresse. Depuis le début de l’entretien, il basait l’image de sa fiancée fictive sur sa collègue – histoire de ne pas donner les moyens à Evelyn de flairer la supercherie. Il n’avait pas pris la peine de demander son avis à la principale concernée, évidemment, et sans doute qu’il aurait besoin de le faire si ses démarches vis-à-vis d’Evelyn et de son sujet d’article le demandaient. Soudainement, il perdit toutes envies de sourire : et si Ariane refusait de jouer le jeu ? Une barre d’inquiétude lui scinda brièvement le front – fort heureusement, la réflexion n’était pas un élément inhabituel d’un rendez-vous préparant des noces, autrement, il aurait été grillé sur le champ. Ariane ne l’avait jamais laissé tomber auparavant ; et peut-être qu’elle trouverait le sujet suffisamment intéressant pour y mettre sa touche personnelle. Autrement, il n’aurait pas d’autres choix que de lui trouver une remplaçante qui, irrévocablement, lui serait moins haute en couleurs. C’était le genre de détail qui finissait toujours par le trahir sur le long terme ; ou par lui causer des problèmes sur le très court terme.

« Est-ce que vous êtes mariée, vous-même ? » l’interrogea-t-il sans pudeur. C’était l’un des avantages à présenter un handicap comme le sien ; on lui pardonnait volontiers ses questions indiscrètes, temps qu’il restait poli et charmant. Ce qu’il ne pouvait pas confirmer de ces propres yeux, on le demandait directement. Perdre du temps à tourner autour du pot, ce n’était clairement pas son genre, et il préférait qu’on lui fasse savoir qu’il allait trop loin, que de continuer à s’interroger indéfiniment sur l’existence d’une chose ou d’une autre – une bague à l’annulaire gauche d’Evelyn, pour le coup. « Ça doit être difficile d’avoir une vie sentimentale épanouie quand on passe son temps à organiser celle des autres. » ajouta-t-il en posant son téléphone portable sur la table basse pour éviter d’avoir à le brandir sous le nez d’Evelyn pendant qu’elle s’adressait à lui.

Fox n’avait jamais été marié. À vrai dire, il n’avait même jamais été dans une relation suffisamment sérieuse, stable ou durable pour avoir à y songer. Se tenir devant Evelyn, et lui décrire son ‘mariage idéal’ avec le plus de conviction possible était donc, pour lui, un exercice de réflexion et d’imagination plus poussé que d’ordinaire. Un peu plus tôt, il s’était aperçu qu’il était plus facile de construire son mensonge à partir de ses goûts personnels ; pourtant, à mesure que la conversation évoluait, Fox se rendit compte que ses réponses allaient dans la direction opposée de ce qu’il aurait souhaité à titre personnel. Un mariage avec deux cents personnes, songea-t-il en se retenant de secouer la tête, déconcerté. Rien qu’à y penser, il en avait des sueurs froides. Si bien qu’il se surprit à éprouver une vague de soulagement quand il se rappela que tout ceci n’était qu’une mascarade journalistique qui se terminerait une fois qu’il aurait quitté le bureau d’Evelyn Pearson.

Aussi indiscrètes soient-elles, Evelyn répondit à ses questions sans rechigner, et Fox fut surpris d’apprendre qu’elle avait vécu dans des endroits qui lui étaient très familiers. Paris, Londres… Il était toujours ébahi de voir les hasards de la vie s’opérer de la sorte ; fort heureusement, il était certain à plus de 98 % de n’avoir jamais croisé le chemin de la jeune femme par le passé et se garda d’émettre le moindre commentaire sur ses propres expériences londonienne et parisienne - des fois qu'il se tromperait. « Votre secret est sauf avec moi. » lui garantit-il d’un hochement de tête complice. Plus l’entretien avançait, plus il fût forcé de constater qu’Evelyn était une jeune femme des plus sympathiques. Si bien qu’il trouva de plus en plus difficile, moralement, de pousser la duperie plus loin, et Fox se promit de lever le voile de ses intentions le plus tôt possible.

Un moment de silence suivit les paroles réconfortantes d’Evelyn à l’intention d’Ariane. Trop occupé à se demander comment il allait bien pouvoir suivre le fil rouge qu’il avait élaboré pour cette interview, il mit plusieurs secondes à comprendre ce qui avait provoqué l’agitation de la jeune femme. Il l’entendait remuer sur sa chaise. Fox se mordit la lèvre, et finit par lui offrir un sourire indulgent. Il tendit une main devant lui, cherchant les contours de son téléphone, et interrompit brièvement son enregistrement. « Evelyn – je peux vous appeler Evelyn? – Vous savez combien de fois j’entends ce genre de choses, par jour ? » lui demanda-t-il, d’un ton qui se voulait neutre. Il releva la tête, et s’efforça de diriger son regard vers la voix d’Evelyn – le plus précisément possible pour lui, sans doute bien à côté de la plaque pour elle. C'était plus facile de réconforter Evelyn sur sa maladresse, que de se réconforter soi-même quand il en avait trop gros sur la patate. « Vous ne savez pas ? Moi non plus. Beaucoup. Ne vous tracassez pas, je n’ai pas le temps de m’offusquer contre la terre entière. » Il haussa une épaule nonchalante. Puis, prit d’inspiration, il enchaîna : « J’ai seulement besoin que vous m’aidiez à rendre cette cérémonie-là plus… normale, possible. Je ne peux pas vraiment me permettre de me prendre les pieds dans le tapis, si vous voyez ce que je veux dire… » Il eut un mince sourire, et soudainement, le titre de l’article qu’il essayait de cerner depuis qu’il était arrivé lui traversa l’esprit : ces femmes qui organisent nos vies de A à Z : pourquoi les laisser faire et pourquoi nous aimons ça. Mentalement, il fit la moue. Ce n’était pas encore tout à fait ça, mais Fox sentait qu’il était sur la bonne voie. « Faites-moi plaisir, parler moi des derniers mariages que vous avez organisés. C'était plus facile ? » Il patienta un court moment avant de se rapprocher du bord de son siège, passant une main dans sa barbe : « Écoutez, je sais que je vous en demande beaucoup ; je comprendrai parfaitement que vous choisissiez de ne pas vous occuper de nous.



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MessageSujet: Re: [Pearson's office] Smoke and mirrors   Dim 9 Sep 2018 - 20:30


smoke and mirrors
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Interlocuteur handicapé ou non, Evelyn ne tourna pas autour du pot lorsqu’elle fût confrontée à la question qui scinda les réponses qu’elle accordait jusqu’alors à Fox. Elle lui dit, avec un sourire empreint de bienséance, sa bonne éducation perçant nettement dans les intonations feutrées de sa voix parlée « C’est un sujet que j’aborde rarement avec mes clients, ou futurs, d’ailleurs. » Rien n’était fait, pour le moment. Elle baissa graduellement le regard sur le carnet qu’elle avait sur les genoux. Esquissant un autre sourire quand elle le remit doucement en place pour marquer verbalement son point, elle fit preuve d’une délicatesse qui lui était propre, laissant à peine son agacement pointer, alors que c’était typiquement le genre d’interrogation qui lui donnait des suées. C’est vrai, que venait faire sa vie privée dans cet entretien ? « Je sais ce que vous vous dites, que je ne suis qu’une hypocrite qui passe son temps à butiner des informations personnelles sur les autres, et qui ne fait aucun effort pour le faire de son côté. » Elle n’en était pas à son premier client, elle n’était pas non plus née de la dernière pluie, loin de là. Evie tachait de se montrer bonne catholique, et de voir en chacun ce qu’il y a de meilleur, il y avait des moments où ce genre de bifurcations ne présageaient rien de bon, clairement. Elle ne tenait pas un registre de toutes les fois où elle s’était fait draguer par des fiancés, homme ou femme. Pour autant, ça lui était arrivé de sentir à des kilomètres à la ronde que l’intérêt de l’un d’entre eux à son sujet n’était pas seulement dû à la volonté farouche de faire de leurs noces un évènement exceptionnel ; avait-elle déjà reçu des propositions indécentes ? Elle en avait reçu, oui, et certaines manquaient affreusement de subtilité. Comme elle n’en était qu’à sa première rencontre avec Fox, et qui lui restait encore à rencontrer sa moitié, elle décida de lui laisser le bénéfice du doute, tout en restant sur ses gardes, néanmoins. Il lui était peut-être sympathique, n’empêche qu’elle se montrerait claire et précise sur le rôle qu’elle était tenue d’endosser, et tandis qu’elle poursuivait, elle releva le menton pour le regarder, les épaules très légèrement haussées « Je dois bien l’admettre, c’est un fait. Mais à côté de ça, j’ai d’autres qualités, et entre nous, Fox ; est-ce vraiment utile pour vous de connaître ce genre de détails à mon propos ? » Elle plissa un œil souligné par un maquillage discret. Sincèrement, ça ne l’était pas, il le savait aussi bien qu’elle. Un homme éduqué comme celui qu’elle avait en face d’elle n’aurait jamais dû se rabaisser à lui poser une question aussi vide de sens – et franchement misogyne. Mais l’erreur est humaine, comme s’échina à le lui rappeler cruellement sa propre maladresse.

Elle avait tellement craint ce cas de figure, qu’évidemment, c’était à pieds joints qu’elle avait sauté dans le plat fumant qu’elle tentait d’ignorer depuis que le jeune homme avait fait irruption dans son agence. Se raidissant d’un sursaut, Evelyn se décomposa sur son siège confortable, et sans doute qu’elle blêmît même un peu sous la fine couche de fond de teint et de blush qui relevaient le caramel de ses taches de rousseur. Elle qui mettait un point d’honneur à faire de son mieux pour mettre ses clients à l’aise, elle venait de ruiner ses efforts en une fraction de seconde à peine. La control-freak en elle hurla à la mort dans sa boîte crânienne, la médisant en proférant insultes et menaces qu’elle refusa de subir plus longtemps, et qu’elle plaça en sourdine dans une secousse de la tête, le temps de se répandre en excuses vis-à-vis de Fox. Son cœur sembla se décrocher de sa poitrine pour tomber droit dans son estomac, pulsant trop fort contre son abdomen que la ceinture de sa jupe-crayon comprima désagréablement – elle se félicita de n’avoir rien avalée d’autres que trois cafés sucrés ce matin.

« Evie, je vous en prie. » le corrigea-t-elle d’une petite voix, et de la main qui tenait encore son stylo, elle encercla sa propre gorge pour sentir la chaleur s’étaler à la base de son cou, et tracer des plaques cramoisies sur ses pommettes hautes. Le fait que Fox ne puisse être témoin des preuves physiques de son malaise la réconforta, mais pas autant que les paroles qu’il prononça avec une gentillesse qu’elle jugea sincère « J’étais beaucoup trop nerveuse à l’idée de dire quelque chose de ce genre, que ça a fini par arriver, je suis navrée. » ajouta-t-elle après s’être raclé la gorge et éventée le visage à l’aide de son carnet, refermé sous le coup de son étourderie. Elle s’aperçut alors qu’elle avait soif, et se leva en se risquant à rire doucement à la boutade qu’il lâcha, sans doute pour la dérider – et elle lui en fut extrêmement reconnaissante « Vous avez de l’humour, au moins. » Elle déplaça une longue mèche de cheveux, continuant de s’éventer avec son carnet quelques secondes encore. Puis elle lui demanda, avec précaution « Avant de poursuivre, je peux vous offrir un verre d’eau ? Il est trop tôt pour le champagne. » Quoi qu’elle n’aurait pas dit non à une petite coupe. Elle abandonna son carnet sur la table basse, profitant d’être soustraite à la présence du jeune homme pour soupirer de tout son souffle sur le chemin ; elle se reconcentra ensuite sur la voix qu’elle percevait de là où elle avait atterri après quelques pas clapotant « Ce n’est jamais facile. Tous les mariages sont très différents les uns des autres. Il y a plusieurs variables à prendre en compte, et tout dépend aussi de l’implication des mariés et de leur état d’esprit. » Elle s’approcha de l’âtre vide de la cheminée qu’elle avait fini par transformer en petit coin rafraîchissements – ses entretiens duraient parfois des heures, mieux valait éviter à tout le monde de se dessécher entre temps. Fronçant les sourcils, elle déboucha la bouteille d’eau en verre qu’elle chipa du bout des doigts « Certains sont plus coopératifs, d’autres plus exigeants, toujours est-il que c’est mon travail de faire en sorte de respecter le cahier des charges qu’ils établissent en fonction de leurs envies, rationnelles ou non. » Elle remplit un premier verre d’eau. En même temps, un sourire en biais fendit son visage, toujours un peu rosi par la frayeur qu’elle s’était faite à elle-même « Sans compter que pour beaucoup, une cérémonie de ce genre reflète une vraie envie d’épater la galerie. Vous savez, c’est devenu un gage de réussite sociale que de pouvoir faire appel à des agences comme la mienne, et les conditions à remplir sont souvent régies de façon à honorer un certain standing. » Elle laissa échapper un rire furtif en secouant la tête et en haussant les sourcils d’un même chef « C’est atrocement cynique, quand on y pense. » Et elle emmena les deux verres qu’elle avait remplis avec elle, retrouvant le coin salon sous la rythmique de ses talons hauts. Elle n’aurait peut-être pas dû exposer les choses de cette façon-là, pourtant elle ne pouvait qu’admettre que son discours reflétait son opinion immédiate sur le sujet, et puisqu’elle n’était pas très à l’aise avec l’hypocrisie, elle ne tourna pas sept fois sa langue dans sa bouche pour faire entendre son avis.
Elle posa le verre de Fox aussi près de son téléphone portable que possible, et avec élégance, elle s’assit de nouveau en face de lui. Elle repoussa une mèche de cheveux en même temps qu’il triturait sa barbe fournie, et fronça tous ses traits à la fois lorsqu’il reprit la parole « Et pourquoi je ne m’occuperais pas de vous, exactement ? Mise à part ma petite bévue de tout à l’heure – pardon, encore une fois. » Elle prit une grande inspiration, portant  lentement son verre à ses lèvres « J’ai l’impression qu’on s’entend plutôt bien, vous et moi. » Elle but une longue rasade d’eau salvatrice – son teint retrouva ses nuances hâlées, et son cœur retrouva sa place originelle. Au-dessus du bord de son verre, elle observa Fox avec application. Elle aurait bien été incapable de rassembler ses observations pour faire une conclusion express de ce qu’elle croyait déceler chez lui, mais elle notait quelques contradictions qui la firent reposer son verre entamée sur la table, pour mieux conclure « Si le courant passe aussi bien avec Ariane, je ne vois aucun inconvénient à vous ajouter à la liste de mes clients, au contraire. »

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[Pearson's office] Smoke and mirrors

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