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 walk beside me / Kelly

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les doigts de fée
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ÂGE : 32 ans (02/07/86)
SURNOM : Baby, le surnom que son père lui donnait et que ses amis d'enfance ont adopté
STATUT : célibataire (lucky i'm in love with my best friend)
MÉTIER : créatrice de bijoux qu'elle vend sur Internet/vendeuse à mi-temps dans une boutique d'antiquités
LOGEMENT : #16 Toowong, coloc avec Andy #bestcolocever, Summer (pnj) et Colson (pnj)

POSTS : 1754 POINTS : 585

ORIENTATION SEXUELLE : J'aime les beaux garçons.
PETIT PLUS : Un coeur en or ; un rire ultra communicatif ; une volonté de fer ; un secret bien gardé ; des troubles du comportement alimentaire depuis l'adolescence ; un talent inné pour le karaoké après avoir bu quelques verres
UN RP ? : Où tu veux quand tu veux.
RPs EN COURS :

i keep you with me in my heart, you make it easier when life gets hard
Rhett#3


when i'm with you, i'm standing with an army



DIMENSION FANTÔME
123

RPs EN ATTENTE : Joanne ☆ Soren ☆ Greta ☆ Lonnie ☆ Andreï ☆ Casey


RPs TERMINÉS : Andy#1Célia#1 Owen#1Thea#1 Heller#1Tess#1Irene#1 Lisbeth#1 Clara#1Lonnie#1 Gaïa#1Noa#1Kelly#1Matteo#1Andreï#1Tess#3Maze#1Clara#2Lisbeth#2Hassan#1

(Abandonnés : Katrina, Eda, Elisabeth, Lola, Sophia, Rhett, Nikki, Jillian#1, Rhett#2, Tess&Charlotte#1, Tess#2, Lola#2, Telulah, Laz)
AVATAR : Emilia Clarke
CRÉDITS : av : cranberry / signa : wiise
DC : Mavis Strange
INSCRIT LE : 23/10/2017
http://www.30yearsstillyoung.com/t17255-leena-into-the-light-of-the-dark-black-night-en-cours http://www.30yearsstillyoung.com/t17302-leena-here-comes-the-sun http://www.30yearsstillyoung.com/t17303-leena-scofield#668676 http://www.30yearsstillyoung.com/t17332-leena-scofield#669484

MessageSujet: walk beside me / Kelly   Dim 2 Sep - 16:31




« Don't walk behind me; I may not lead.
Don't walk in front of me; I may not follow.
Just walk beside me and be my friend. »




Il y avait eu de l'orage pendant la nuit, un orage que rien n'avait pourtant laissé présager. Certes le temps de ces derniers jours étaient plutôt voilé et morose, mais il n'était pas lourd, et quand Leena avait été réveillée à grands coups d'éclairs et de tonnerre au beau milieu de la nuit, elle avait été si surprise qu'elle avait couru à sa fenêtre pour coller son nez au carreau, après s'être mouillé le bras en entr'ouvrant les volets. Quand elle était quelque part où elle se sentait en sécurité, elle adorait les orages. Il y avait quelque chose de si grandiose et de si majestueux qu'elle ne se lassait jamais de les regarder. Les éclairs déchiraient la nuit de Brisbane et des gouttes tombaient en trombe, tandis que l'air tremblait, de plus en plus fort. Quand elle était petite, à Samsonvale, Leena se souvenait parfaitement des soirs d'orage, quand elle les regardait depuis son vélux et qu'Adam venait se pelotonner contre elle, parce qu'il était terrifié. Elle le rassurait et il finissait toujours par s'endormir avec elle. Quand il avait disparu, Leena avait arrêté de se lever — elle avait arrêté tout ce qui lui rappelait douloureusement ce qu'elle n'avait plus, elle passait les nuits d'orage l'oreiller écrasé sur sa tête pour atténuer le bruit la lumière, et rien de plus. Ils déclenchaient une telle mélancolie en elle, comme tant de choses qui lui étaient devenues insupportables. Mais le temps emporte avec lui beaucoup de choses, et elle pouvait maintenant admirer les orages avec les yeux de la petite fille qu'elle avait été ; ils la rendaient toujours un peu nostalgiques, mais elle réussissait à ne pas se laisser submerger par ses émotions.

Elle se leva donc ce matin-là avec une vague mélancolie, un peu fatiguée également — les dernières semaines avaient été plutôt chargées niveau boulot, on lui avait commandé deux nouvelles collections en partenariat, depuis qu'elle avait travaillé avec Maze sur le festival — et elle prit son petit déjeuner plus lentement qu'à l'accoutumée, perdue dans ses pensées. Andy passa en coup de vent dans la cuisine pour lui raconter la suite d'une histoire avec l'une de ses nouvelles conquêtes, puis elle décida de se mettre au travail, malgré le brouillard dans son esprit qui mettait du temps à se dissiper. Dans ces moments-là, c'était quitte ou double : soit elle arrivait à se concentrer uniquement sur son travail et était 100% efficace et productive, soit elle n'arrivait pas à s'y mettre pour un sou, perdait du temps et se fâchait contre elle-même, sachant par avance que la journée entière serait gâchée. C'était plutôt la deuxième option qui se profilait pour aujourd'hui, mais Leena n'avait pas encore dit son dernier mot et tenait bon, griffonnant toutes les idées qui lui venaient à l'esprit pour poser à plat ses bijoux. Elle en était à sortir son aquarelle pour finaliser le tout quand son téléphone sonna, le nom de sa cousine s'affichant sur l'écran. « Coucou ma Lee !!! » décrocha-t-elle, ravie, sans plus attendre. Il lui fallut quelques secondes pour comprendre que ce n'était pas un problème de réseau ou de tunnel, ce bruit étrange et saccadé qu'elle entendait, c'était Kelly qui pleurait et hoquetait dans le téléphone, rendant absolument incompréhensible la communication. Leena essaya de la rassurer tant bien que mal, afin de comprendre ce qui se tramait, le coeur tout d'un coup serré par l'inquiétude. Elle s'imaginait déjà tout et n'importe quoi — elle finit par réussir à comprendre quelques mots, proposa de venir la voir, Kelly accepta tout de suite. Elle raccrocha et abandonna ses croquis et son établis, sans plus attendre. Elle dut soulever quelques coussins et quelques vêtements de la veille pour trouver son sac ; comme elle était en habits d'intérieur, un vieux jean troué et un haut de pyjama, elle enfila un t shit et un sweat brodé à la va-vite et descendit les escaliers en trombe,  avant de filer là où elle garait son scooter. Moins de cinq minutes après avoir raccroché elle était en route, direction Logan City.

Elle s'arrêta juste en chemin pour acheter deux thés à emporter, dans une boutique qu'elle adorait, choisissant celui à la rose pour elle et l'autre à l'un des parfums préférés de sa cousine, puis se remit en route après avoir calé les deux gobelets dans son caisson. Lorsqu'elle arriva à destination, elle se gara à côté de la voiture de Kelly sans jeter un regard au jardin parfaitement entretenu, et sonna à la porte. Son coeur se serra un peu plus en voyant sa cousine ; Kelly avait été toujours été très mince et assez frêle, mais la voir plongée dans le chagrin la rendait encore plus fragile, on aurait dit qu'elle allait se casser d'un instant à l'autre, comme une brindille. Leena la prit dans ses bras puis lui tendit le thé. « Qu'est-ce qui se passe ? Explique-moi tout, ça va aller » répéta-t-elle, rassurante et pleine de douceur.



Nobody has ever measured, not even poets,
how much the heart can hold




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la sociopathe
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ÂGE : 35 ans (30/09/83)
SURNOM : Lee
STATUT : divorcée de Chad depuis bientôt 2 ans
MÉTIER : sommelière indépendante pour établissements de luxe
LOGEMENT : #24 logan city, nouvelle maison, même quartier depuis dix ans

POSTS : 582 POINTS : 30

ORIENTATION SEXUELLE : J'aime les beaux garçons.
PETIT PLUS : Banale, conformiste, sans faux plis, sans drama. Fille unique, ses parents sont témoins de Jéhovah. Vit dans une bulle de clichés et de stéréotypes. Traverse une foule de remises en question liées à son divorce et sa stérilité. Souriante, trop gentille, ne sait pas dire non. Ne donne jamais son avis, n’aime pas débattre. Sans passions, elle a quelques hobbies en dehors de son travail, rien de palpitant. Elle conçoit une partie de ses robes, ne le mentionne jamais. A une incroyable mémoire. Maîtrise le small talk comme personne. A un chien, Tobey le Beagle.
UN RP ? : Seulement si nous avons un lien.
RPs EN COURS : Hassan #2 - Leena #2 - Kane #3 - Evelyn - Joanne #2 - (5/5)
RPs EN ATTENTE : Chad #2 - Casey #2
RPs TERMINÉS : Kane #1 - Joanne - Hassan #1 - Leena #1 - Chad #1 - Kane #2 - Casey
PSEUDO : loonywaltz
AVATAR : keira knightley
CRÉDITS : loonywaltz
DC : jamie, lou & ben
INSCRIT LE : 21/10/2017
http://www.30yearsstillyoung.com/t17234-kelly-you-look-so-fresh-from-the-cleaner http://www.30yearsstillyoung.com/t11382-i-feel-safe-in-the-5-am-light http://www.30yearsstillyoung.com/t21065-kelly-ward#837692 http://www.30yearsstillyoung.com/t18695-kelly-ward

MessageSujet: Re: walk beside me / Kelly   Dim 14 Oct - 18:42


La conversation avait prit fin sur un adieu, laissant Kelly paralysée au milieu de la cuisine. Depuis son emménagement à Brisbane, pour ses études, elle n’avait fait que jouer avec le feu, à sa manière. Elle avait flirté avec toutes les limites, les interdictions imposées par la religion de ses parents, et par extension, la sienne. Des règles strictes, des dogmes sans compromis ; la liste des prescriptions était longue, étouffante, oppressante afin de demeurer sur le chemin de la vertu. Une vertu selon le regard d’une poignée de personnes. Les Témoins de Jéhovah n’étaient pas les plus adaptés à la civilisation telle qu’elle évoluait, à toute vitesse, dans ce vingt-et-unième siècle qu’ils abhorraient. Leurs jugements étaient sans nuances pour cette époque corrompue dont l’âme pourrissait, attaquée par un cancer de cupidité et d’arrogance tels qu’ils la dépeignait. Petite, Lee n’avait pas réfléchi au mode de vie dans lequel elle évoluait, n’ayant aucune raison de remettre en question tout ce que ses parents faisaient forcément dans leur intérêt à tous. Elle avait lu les livres, regardé les cassettes, récité les prières, assisté aux messes, sage et docile. Les autres croyants étaient une extension de sa famille, parfois plus proches et importants que ceux avec qui elle partageait réellement du sang, mis volontairement à l’écart. Son monde tournait autour d’eux, de la Bible, ses préceptes, la volonté de sauver autant d’âmes que possible et l’angoisse permanente qu’à tout moment, l’univers prendrait fin, forgeant son anxiété comme une composante à part entière de son caractère. Traversant l’adolescence sans crise, l’australienne avait poursuivi l’oeuvre de la communauté auprès de ses parents, frappant à toutes les portes, faisant le pied de grue devant les écoles, les supermarchés, les arrêts de bus, et traçant sur son visage le sourire indélébile qu’elle arborait encore à ce jour. Cela ne lui avait jamais paru pénible, questionnable, douteux. Elle ne s’interrogeait pas, à vrai dire, à propos de ce qu’elle croyait, elle. Pas même si elle croyait en quoi que ce soit d’ailleurs. Les Ward avaient néanmoins eu ce pressentiment que partir pour la grande ville ferait bien pire que de simplement mettre de la distance entre eux et elle. Et si elle s’était mise à douter, se détourner, eux n’avaient jamais abandonné l’espoir de la voir, un jour, revenir sur le droit chemin. A voir la jeune femme évoluer dans sa maison reproduisant exactement les pages de magasines de décoration, flottant comme un courant d’un pas léger entre les meubles d’une impeccable propreté, émanant d’une grâce calculée jusqu’au moindre mouvement de ses phalanges et réfléchi jusqu’au port de tête, aucune mèche ne dépassant, aucune écaille sur ses ongles, lèvres peintes, cils courbés, il eut été improbable de croire qu’aux yeux de ceux qui l’avaient vu grandir, son style de vie était synonyme de décadence, de péché et de trahison. Elle s’était prise de passion pour l’élaboration et les arômes du vin, connaissant parfaitement l’interdiction de consommer de l’alcool dont elle aurait dû rester sous la coupe. Elle s’était mariée à un parti tout à fait respectable et remarquable, pourtant en dehors de la communauté. Puis elle avait divorcé pour des raisons jugées irrecevables. De ce dernier point avait résulté son excommunication. Un détail dont ses parents et elle avaient fait fi jusqu’à ce jour. Et bien que Kelly avait conscience de tous les griefs dont elle étai coupable aux yeux des Témoins, elle ne comprenait pas, ne réalisait pas, et n’acceptait pas les paroles articulées par sa mère au téléphone ce matin-là. Car cela ne pouvait arriver, cela n’était pas réel, cela ne pouvait pas lui arriver à elle. Aussi inévitable le moment eut toujours été, fatal, déterminant, elle avait vécu dans l’insouciance et le déni que ces bravades seraient percées à jour, d’autant qu’elles auraient des conséquences -une conséquence qui briserait autant sa famille que son propre coeur. « Maman ?... » Lee se sentit comme une petite fille laissée seule à la maison pour la première fois. Elle goûta le reflux amer de l’angoisse remonter dans sa gorge au moment où la dernière tonalité du téléphone marqua la fin de l’appel, comme son estomac s’était retourné en entendant le son de la clé verrouiller la porte en la laissant derrière. Elle tenta de rappeler immédiatement, désespérément, espérant forcer l’entrée en multipliant les tentatives. Mais personne ne décrochait, la sonnerie résonnait dans le vide, depuis son oreille jusqu’à sa poitrine. L’appareil glissait entre ses doigts de plus en plus moites. Les deux mains froides de sa profonde solitude se serraient autour de son cou. Lee n’avait pas versé de larme quand chacun de ses animaux de compagnie étaient décédés, quand elle avait chuté à vélo une fois qu’on lui avait ôté les petites roues, quand ses camarades de classe se moquaient de la rigueur et la monotonie de son quotidien dicté par la religion, quand son cousin avait été porté disparu, quand elle avait quitté Toowomba, quand elle avait signé les papiers du divorce… Son courage prenait le dessus, ses yeux restaient secs. Mais elle n’était qu’une petite fille, seule à la maison. Et elle fondit en larmes.

Son premier réflexe fut de se tourner vers ce qui lui restait en terme de famille à proprement parler. Jonglant avec son smartphone aux touches floutées par ses pupilles inondées, Kelly se précipita sur le nom de sa cousine et serra l’appareil tout contre sa joue trempée. Accusant le coup, son coeur battait désormais à folle allure, son front lui semblait chaud, et ses jambes faites de coton. La voix au bout du fil lui procura un soulagement extrême, balayant la crainte irrationnelle que Leena puisse également lui tourner le dos. Mais cela ne fut pas suffisant pour l’aider à maîtriser sa respiration formant des hoquets de chagrin entre chacune des syllabes qu’elle s’efforçait d’articuler. Elle ne savait même pas quoi dire, par où commencer, et si elle n’allait tout simplement pas s’effondrer sur le sol tant sa tête tournait, sonnée par le choc. Son nez s’était mis à couler au moins autant que ses yeux, glissant sur ses lèvres roses comme le mascara noir sur ses joues. Paniquée, son monde, son corps, sa voix, ses pensées étaient hors de son contrôle et la jeune femme peinait plus que tout à se reprendre en main. « L-L-Leena, j-je… m-mes parents…, parvint-elle à dire avant de renifler un grand coup tandis qu’un goût salé envahissait sa bouche, i-ils ne répondent plus, i-ils ne veulent plus… me voir... » Pire, elle n’existait plus pour eux, pour personne. Elle était reniée, ignorée, remettant en question les fondations mêmes de tout ce qu’elle avait toujours connu. Elle ne pouvait pas rester seule, elle ne le voulait pas, l’idée la terrorisait ; Kelly accepta bien sûr que sa cousine rapplique dans la minute, et le temps que celle-ci fasse le chemin jusqu’à elle, la brune s’écrasa dans son canapé.

Il ne lui avait jamais paru aussi insurmontable de se mettre debout. La jeune femme fit jouer toute sa volonté dans ce mouvement qui la remit sur ses pieds, lancinante sur ses jambes en cure-dents afin de traîner sa carcasse jusqu’à l’entrée. Elle ouvrit la porte pour voir Leena sur le palier, et pleura de plus belle une fois dans ses bras. « N-non, plus rien ne va. » Et sur le moment, il lui semblait que plus rien n’irait jamais. Son thé entre les mains, elle rampa fantomatiquement à nouveau jusqu’au séjour, retenant les hoquets tant bien que mal, s’efforçant de retenir ses larmes, de maîtriser les traits de son visage qui se déformaient disgracieusement. Au passage, elle tira un mouchoir de cette boîte qui n’avait jamais eu d’utilité et désencombra son nez, accablée même par le son ignoble de la morve raclée au fin fond de ses cavités nasales. « Pardon, je... » Un reniflement termina la phrase. Du dos de la main, elle sécha ses joues et frotta ses yeux, se donnant accidentellement des airs de panda gothique. Il ne demeurait que le contour du rouge sur ses lèvres qu’elle dévorait pour soulager ses nerfs. En un claquement de doigts, Lee avait fondu et ne laissait à voir qu’un désolant déchet. « J’ai eu mes parents au téléphone, ce matin », finit-elle par articuler d’une traite. Réunissant ses esprits autant que possible, elle se força à inspirer profondément, et expirer énergiquement. « Ils m’ont dit qu’ils ne pouvaient plus me parler ou me voir. Qu’on se disait adieu. » Le mot s’étouffa dans sa gorge, ses dents se serrèrent. En respirant à nouveau, Kelly parvint à demeurer un peu plus maîtresse de ses moyens. Ses yeux, eux, s’écoulaient perpétuellement comme une inépuisable cascade de trente ans de larmes stockées. « La congrégation a découvert qu’ils n’avaient pas coupé les ponts avec moi, alors ils ont exigé qu’on rompe tout contact s’ils ne voulaient pas être excommuniés à leur tour. » Toute personne modérée songerait que des parents aimant leur enfant refuseraient pareil sacrifice. L’époque où l’on demandait à Abraham de sacrifier son fils pour l’amour de Dieu était révolue depuis longtemps, et il ne viendrait pas à l’esprit que qui que ce soit de normalement constitué puisse être aveuglé au point de choisir sa religion à son propre sang. Ce qui était mal connaître l’emprise de la communauté sur ses Témoins, et leur peur devenue silencieuse, ancrée, tatouée, d’en être rejeté, et ainsi, de tout perdre. Plutôt la perdre elle. Elle qui s’était désolidarisée des dogmes de son propre chef et qui, finalement, avait choisi bien avant eux de leur tourner le dos. « Ils ont fait leur choix. » souffla-t-elle, les épaules voûtées, le dos courbé. Y mettre des mots ne rendait pas seulement la situation réelle mais en soulignait la fatalité, l’immuabilité. Il n’y avait pas de retour en arrière. C’était son nouvel ordre des choses désormais.




You're a sexy socialite All you do is socialize And you're always so polite And your outfits tantalize




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MessageSujet: Re: walk beside me / Kelly   Dim 11 Nov - 19:30


Tout d’un coup, Leena se sentit un peu bête avec son thé, une attention qui n’était pas à la mesure du drame qui se jouait en cet instant. Les battements de son cœur redoublèrent d’une intensité presque douloureuse, tant sa cousine dans ses bras semblait s’étioler. Elle se mordit l’intérieur de la joue pour ne pas pleurer à son tour, et redoubla de gestes et de petits mots maternels et rassurants. Dans ces moments-là, il n’y avait rien d’autre. Elle suivit Kelly vers le canapé et se lova à ses côtés, sans quitter des yeux le visage de sa cousine, rougi par les larmes et noirci par le mascara qui avait commencé à couler sur sa peau. Kelly restait Kelly : même au plus profond du désespoir, elle semblait prête à se recomposer, à retrouver sa stature et sa perfection habituelle, au milieu de son environnement si délicatement agencé et si impeccable. Pour la première fois, cette perfection ambiante mit Leena mal à l’aise, tant le contraste avait été brutal. Elle ne voulait pas que sa cousine s’empêche de se laisser aller, si elle ne le faisait pas au moins avec elle, avec qui le ferait-elle ? Mais les larmes coulaient, imperturbables, même si Kelly faisait des efforts pour se reprendre. Leena l’écouta, sentant ses poils se hérisser au fur et à mesure qu’elle comprenait l’étendue des dégâts. La famille Ward faisait – comme tellement de choses dans leur famille – partie de ces tabous un peu étranges dont les Scofield ne parlaient pas ouvertement, ce qui n’empêchait pas que tout le monde soit au courant. La mère de Leena représentait à merveille l’idée du chacun chez soi, et si le sang les unissait et que les parents comme les enfants s’étaient beaucoup côtoyés, il n’empêchait que toute la facette de l’engagement particulier des Ward et de leur congrégation n’était jamais mis sur le devant de la scène. Ils étaient Témoins, c’était ainsi, si cela imposait des choses ou en interdisait d’autres, c’était leur problème. Ce n’était qu’en grandissant que Leena avait compris l’ampleur de la chose, et qu’elle avait commencé à entrevoir l’impact que cela avait pu avoir sur Kelly, sur sa vie. Si tout cela avait été un peu propulsé au-devant de la scène au moment du mariage puis du divorce, rien pour autant ne semblait avoir perturbé l’équilibre des choses. Leena se mordit la lèvre, ne s’estimant tout d’un coup pas à la hauteur des dernières années. Le rejet du dogme qu’avait choisi Kelly était à la fois son salut et sa condamnation. Mais jamais Leena n’aurait imaginé que les Ward seraient allés si loin. « Oh, mon pauvre petit chat… » murmura-t-elle, le cœur brisé d’entendre des mots si durs pour Kelly. Elle prit un mouchoir à son tour et essuya doucement le noir qui encerclait les yeux de sa cousine et coulait le long de ses joues, laissant de tristes traînées grises. Puis elle la prit de nouveau dans ses bras et l’attira contre elle, sa tête contre sa poitrine, geste bien plus aisé maintenant qu’elles étaient assises, au vu de leur différence de taille. « C’est horrible. Je suis tellement, tellement désolée… » Elle essayait de la bercer tout doucement, bien qu’une part d’elle, fataliste, lui murmurait à l’oreille qu’elle ne pouvait rien y faire. Mais elle ne voulait pas l’écouter : si elle restait l’unique personne à choisir Kelly dans cette famille, elle était bien décidée à être à la hauteur. « Je ne comprends pas comment c’en est arrivé là » continua-t-elle, laissant ses pensées défiler. Comment des parents pouvaient choisir d’abandonner leur enfant de manière si violente et si cruelle, pour la simple et bonne raison que celui-ci avait décidé de ne pas suivre les mêmes règles de vie qu’eux ? Pourquoi ne pouvaient-ils pas continuer à mentir à la congrégation, au pire ? Pourquoi ne pouvaient-ils pas s’enlever le voile qui les avaient aveuglés jusque là ? Elle ressentit une poussée de haine à leur égard, contre son oncle et sa tante qui avaient toujours pourtant fait preuve d’une extrême gentillesse à son égard. Ils n’avaient pas le droit d’imposer ce genre de choix. « Ce n’est pas parce qu’ils sont incapables d’ouvrir les yeux que tu n’es pas un choix. C’est une erreur de leur part. Tu n’es pas le problème, Lee… » Elle embrassa doucement les cheveux de sa cousine. « Qu’est-ce que tu as répondu ? »



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walk beside me / Kelly

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