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 Nevermore ↟ Gabriel

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Jameson Winters
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ÂGE : A l'aube de la quarantaine
SURNOM : Jaimie, Jam'. Maître Winters au boulot. Au lit, aussi.
STATUT : Célibataire. Je ne pense pas savoir aimer, ou être aimée.
MÉTIER : Avocate associée chez Ashburn Rose. Militante écologiste et condition animale.
LOGEMENT : #102 Logan City, une immense villa bien trop vide.
Nevermore ↟ Gabriel Bu4y
POSTS : 5888 POINTS : 0

ORIENTATION SEXUELLE : Je n'aime que ma moitié.
PETIT PLUS : Irlandaise & Amérindienne du Canada, j'ai un petit accent. Je me ressource dans la nature. Combattre les injustices me fait vibrer. Je suis aussi à l'aise dans les bas fonds de Dublin que dans les soirées guindées de l'élite australienne. Vegan depuis mes 15 ans, je milite pour préserver la nature. Légalement, de nos jours. Du moins j'essaie. J'ai adopté une chienne/louve que j'aime comme ma fille. Je n'ai jamais perdu un procès. Certains me décriraient comme une féministe autoritaire et mal baisée. Ceux là sont toujours perturbés lorsqu'ils rencontrent une femme qui se comporte comme eux.
UN RP ? : Pas dispo pour le moment.
RPs EN COURS : Phoenix [f.b.]Gaby [f.b.]Gaby [2]FinnleyArianeAriel [f.b]Zelda & Gabriel

Réalités alternatives ↠ Robin & Phoenix [r.a. 2003]Zombinson [d.z.]Sir Thomas [d.f.]Bloody Gaby [d.f.]Bosie me boy [d.f.]Witchy Robin [d.f.]

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PHOENIX — I want to heal, I want to feel like I'm close to something real, I want to find something I've wanted all along: somewhere I belong. Nous avions à peine vingt ans et nous rêvions juste de liberté.

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ROBIN — Her eyes look sharp and steady into the empty parts of me. Still my heart is heavy with the scars of some past belief.

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KYTE — Old growth holds hope, let the brambles scrape your skin; scars are story books, blood will wash away our sins.

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GABRIEL — I'll keep your heart safe in the palms of my hands until it can beat on its own again.

RPs EN ATTENTE : Phoenix [2] ↟ Robin [4] ↟ Phoenix [r.a. 2] ↟ Abel
PSEUDO : Whitefalls/Whitewolf
AVATAR : Maggie Siff
CRÉDITS : Whitefalls (avatar), anaëlle. (signature), loonywaltz (UB)
DC : Kyte le vieux fou & Aisling l'ex junkie paumée
INSCRIT LE : 08/03/2016
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Message(#) Sujet: Nevermore ↟ Gabriel Nevermore ↟ Gabriel EmptyVen 21 Sep - 18:01



Nevermore
Gabriel & Jameson
Mes pas résonnaient sur le carrelage froid de l’hôpital, troublant ce silence obscène qui règne souvent sur ces lieux malades lorsque la nuit tombe. Derrière l’accueil, une femme âgée s’évertuait à classer les documents de la journée, trempant ses lèvres dans un café pour ne pas succomber au sommeil qui alourdissait ses paupières. « Bonjour Madame, pouvez-vous m’indiquer comment rejoindre la chambre de Gabriel Carnahan ? » Ma voix était froide, posée, efficace. J’aimerais dire que je ne reconnaissais pas mon timbre, mais il m’était hélas familier. C’était le ton de l’urgence, celui qui maintenait ma façade composée lorsque tout se cassait la gueule à l’intérieur. Avec une lenteur exaspérante, la réceptionniste m’a expliqué que l’hôpital n’acceptait plus de visite après une certaine heure et qu’elle n’était pas autorisée à laisser les proches des patients déambuler dans les corridors pour des raisons de sécurité. J’ai plongé la main dans mon sac avec des gestes secs et précis, prête à dégainer mon chéquier pour lui expliquer que je n’en avais pas grand-chose à cirer de ses règles et la convaincre qu’en faire de même pourrait rendre sa soirée plus lucrative. Mais je n’ai pas eu à acheter sa compassion, elle me l’a offerte de bon cœur, un sourire vulnérable décorant sa gueule d’ange d’une douceur trop pure pour cette triste demeure. Elle m’a dit que c’était elle qui avait créé le dossier de Gaby, et qu’elle avait été profondément touchée par son histoire et son visage endormi, si serein malgré la violence de son agression. Elle m’a confié que malgré ses blessures, il allait s’en sortir, et qu’il n’était pas impossible qu’il reprenne conscience pendant la nuit ; que si elle avait été à sa place, elle aurait voulu avoir quelqu’un à ses côtés lorsqu’elle émergerait de ses rêves avant de plonger dans le cauchemar. « Pauvre jeune homme. Pauvre jeune homme » Elle soufflait en fouillant dans ses tiroirs pour en sortir un petit sac en plastique transparent. « Ses effets personnels, nous les remettons toujours au contact d’urgence. Vous êtes sa compagne ? » J’ai secoué la tête, ignorant la boule dans ma gorge, luttant contre les fissures qui menaçaient de morceler ma carapace. « Non. Non, je suis une amie d’enfance. Jameson Winters. » Je me suis présentée en la voyant sortir une fiche pour vérifier ces informations et inscrire mon nom. J’ai apposé ma signature sur le papier qu’elle me tendait en écoutant ses instructions. Je l’ai remerciée d’un hochement de tête accompagné d’un bref sourire. J’aurais voulu être plus chaleureuse, mais je ne pouvais pas, et quelque part j’avais l’impression de voir dans son regard qu’elle comprenait.

La nuque raide, j’ai remonté l’aile nord d’un pas décidé qui cachait mes émois. Comme un spectre, je déambulais dans les couloirs déserts et tristes jusqu’à la chambre qu’occupait mon ami le plus proche. Une pudeur risible m’a arrêtée devant la porte, l’envie de frapper pour annoncer ma présence. Au lieu de ça, j’ai appliqué la paume de ma main sur le bois peint d’un vert criard, j’ai pris une inspiration, et je suis entrée. La chambre était petite, plongée dans l’ombre. Je me suis discrètement dirigée vers la fenêtre et j’ai légèrement écarté les rideaux pour laisser les rayons de la lune chasser l’obscurité. Puis j’ai contourné le petit lit d’hôpital pour aller m’installer dans un fauteuil usé par trop de visiteurs avant moi. Mes yeux remarquaient tout dans la pièce pour éviter de se poser sur le visage de Gabriel ou la forme inerte que je devinais sous ses draps. Je ne pouvais pas. Pas encore. Alors pour me faire pardonner ma lâcheté j’ai attrapé sa main qui dépassait et je l’ai serrée dans la mienne comme pour lui communiquer ma chaleur, ma présence. C’est alors que j’ai remarqué que son alliance n’y était plus et qu'une attèle glaciale la remplaçait. J’ai paniqué. Je ne saurais pas expliquer pourquoi c’est ce détail en particulier qui a eu raison de mon calme apparent. Je sais juste que j’ai senti l’adrénaline se déverser dans mes veines tandis que je tombais à quatre pattes pour chercher la bague sous le lit, entre les coussins du fauteuil et sur les draps avec des gestes frénétiques. Il fallait que je retrouve cette alliance. Je ne sais pas très bien pourquoi mais c’était presque une question de vie ou de mort ; et comme je ne la trouvais pas, je sentais des larmes sèches enfler dans ma gorge. Quand mon cerveau a décidé de se manifester, j’ai finalement eu l’idée de regarder dans le petit sac en plastique que la réceptionniste venait de me confier. Mes doigts fébriles ont fouillé, écarté sa montre et son téléphone jusqu’à heurter un petit anneau froid. Je l’ai serré dans mon poing contre mon cœur et je me suis autorisée un soupir larmoyant, et un deuxième. Puis je me suis redressée avec toute la dignité qu’il me restait et j’ai séché les larmes qui perlaient au coin de mes yeux tandis que mon regards se posait enfin sur Gabriel.

Son corps semblait si petit, si frêle et si brisé sur ce lit d’hôpital que la scène n’était pas sans me rappeler les longues journées d’angoisse qui avaient suivi son accident de voiture. Je me souvenais amèrement de cette bataille qui avait fait rage en moi entre l’espoir tenace de le voir se réveiller et la crainte de l’ultime blessure qui lui serait infligée lorsqu’il réaliserait que la femme qu’il aimait plus que tout au monde était restée sur l’autre rive. Parfois, j’en étais venue à me dire qu’il souffrirait moins s’il ne se réveillait pas. Et puis je m’étais finalement convaincue qu’il avait été heureux par le passé, avant de la connaître, et qu’il pourrait l’être à nouveau. La vie continuait, et je m'étais promis de rester à ses côtés pour l'aider à l'accepter. Alors en le voyant aussi démuni sur ce lit, je me suis dit que la vie était quand même une sacré salope ou que j’étais une bien piètre gardienne. « Qu’est-ce qui t’est arrivé ? » J’ai murmuré en dégageant son front d’une mèche rebelle. Du bout de mes doigts, j’ai caressé les quelques centimètres de sa peau qui n’étaient pas couverts d’ecchymoses puis je me suis à nouveau installée dans le fauteuil où j’ai attendu dans le silence. Je sentais mes nerfs à vif derrière ce calme apparent et je savais que je ne pourrai pas dormir même si j’en avais envie. C’était pas plus mal : je voulais rester alerte au cas où il se réveillait. J’ai hésité à lui lire des passages du livre que je trimbalais toujours dans mon sac mais ça m’aurait rappelé un peu trop douloureusement les après-midi interminables où je contais ses romans préférés en espérant voir ses paupières s’agiter, la vie envahir à nouveau ses traits amaigris. Et puis il n’est pas dans le coma, il a simplement besoin de repos alors autant ne pas faire un bruit de fond qui troublerait son sommeil. Convaincue par mes arguments, j’ai attendu. Des heures, des minutes, je ne sais plus. Le temps se mélange toujours dans ces moment-là ; il s’étire et se rétracte.

« Once upon a midnight dreary, while I pondered, weak and weary… » Je chantonnais à voix basse tandis que les pâles rayons de l’aube se mêlaient désormais à la lueur de la lune. The Raven était un de mes poèmes préférés, et l’interprétation folklorique d’Omnia avait sur moi un effet apaisant. Quelque part, j’espérais que Gabriel puisse tirer de mes murmures un bénéfice similaire. « Back into the chamber turning, all my soul within me burning. Soon again I heard a tapping somewhat louder than before. » C’est alors que je l’ai entendu remuer. Je me suis relevée sans réaliser que je retenais mon souffle et j’ai observé son visage et ses yeux qui s’agitaient sous ses paupières comme s’il cherchait à émerger d’un songe trop profond. « Tout va bien. » J’ai murmuré d’une voix douce et chaleureuse. « T’es en sécurité. Je suis là. » Je ne sais pas trop à quoi on pense lorsqu’on se réveille après une agression aussi violente, aussi injuste. Je supposais qu’une partie de notre corps devait être encore tendue par la nécessité de se défendre, l’angoisse de se battre, l’impulsion de survivre coûte que coûte. Alors j’ai pas attendu qu’il ouvre les yeux pour le rassurer, lui faire comprendre que rien ni personne ne pourrait l’atteindre désormais. Ce dernier point, j’y veillerai avec une attention toute particulière. Ça, j’allais pas le lui dire bien sûr, mais bordel si je chopais le gros lâche qui l’avait tabassé et laissé pour mort j’allais m’assurer qu'il ne recommence plus jamais. Parce que c’était pas un accident. J’étais pas légiste mais vu la gueule de ses blessures j’étais prête à parier que c’était une agression préméditée et peut-être même une intention de meurtre bien dégueulasse. Pourquoi ? Quels ennuis un libraire doux et discret pouvait-il donc s’attirer ? J’en avais aucune idée, et je sentais la colère enfler à l'intérieur, remplacer la crainte paralysante de l'attente. Je savais que je finirai par mettre la main sur le type qui lui avait fait ça. Ce que je savais pas, c’est si j’aurais le sang-froid nécessaire pour l’amener devant la justice ou si j’allais me transformer en une sorte d’Athéna vengeresse avec l’arme au poing, la rage au ventre et la violence dans les veines.  
   
FRIMELDA & MODS WHITEFALLS


Follow in no footsteps, listen for the true guides

The river's a hymnal and the leaves are applause. Trees sing in whispers with the wind pulling their arms. Hold still and listen, your hand on my heart. If you need them these beacons will lead you back to the start.

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Gabriel Carnahan
l'entre-deux chapitres
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ÂGE : 40 ans ❀ Né le 13 octobre 78
SURNOM : Généralement Gaby, parfois Gab'. ❀ Gaby la Tendresse à la fac. ❀ Pretty Little Galway Boy par une jolie petite fée. ❀ Winnie, référence à l'ourson, mais c'est un droit réservé.
STATUT : Veuf depuis 2014, depuis qu'un accident de voiture l'a privé de Moïra, l'amour de sa vie. ❀ Réapprend doucement à vivre.
MÉTIER : Libraire passionné avant tout ❀ Gérant de la State Liberty à Toowong (librairie~salon de thé) ❀ Occasionnellement écrivain et dessinateur~illustrateur.
LOGEMENT : #152 Toowong ❀ Petit appartement juste au-dessus de la librairie. Cocon douillet tout agrémenté de plantes. ❀ Avec Aodh le chat roux et Sirius le petit chien de berger.
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Message(#) Sujet: Re: Nevermore ↟ Gabriel Nevermore ↟ Gabriel EmptyLun 1 Oct - 18:59



▲ Nevermore ▼


Maximilien, de la haine, de la violence, de la douleur… De la colère, de la tristesse… Des voix lointaines, indistinctes, des sirènes, une vague agitation… Et puis plus rien. Le silence. Pesant. Un silence de mort. L’était-il ?

Son esprit divaguait de plus en plus loin, s’aventurant dans des profondeurs insondées, s’approchant dangereusement d’un point de non retour, une limite qui lui était familière, au bord de laquelle il avait longtemps flirté lors de la période de coma qui avait suivi l’accident de voiture qui avait manqué de lui coûté la vie et qui avait pris celle de Moïra. L’appel du vide était si tentant, une forme de paix à portée de main, si proche. Il suffisait de lâcher prise et la souffrance ne serait plus qu’un lointain souvenir. Se laisser aller, lentement, sauter dans le vide, sans crainte. Se laisser happer par ces sirènes aussi effrayantes que réconfortantes. Il n’y avait qu’à leur tendre la main et tout le reste disparaitrait en un instant.

Pourtant quelque chose reprit soudain le dessus. Un tressaillement dans l’esprit de Gabriel, comme un ultime sursaut de sa conscience, un réflexe instinctif, un besoin vital de remonter à la surface. Survivre, encore. Encore un peu.

Mais son corps lourdement engourdi, lui, demeurait inerte. Emerger d’une inconscience aussi profonde, qui plus est provoquée par quelque substance sédative, n’avait rien d’un paisible réveil après un sommeil réparateur. Gabriel avait l’impression de s’enliser dans une épaisse mélasse, de s’y noyer, d’étouffer. Intérieurement revenu à lui, il demeurait coincé dans ce corps qui lui refusait tout mouvement. Ses muscles restaient sourds à ses pitoyables efforts pour se débattre, tel une mouche prise dans le piège gluant d’un droséra. Il n’abandonna cependant pas, s’accrochant à cette voix qui lui parvenait, encore lointaine, qui le ramenait à la réalité tel un phare guidant un navire égaré dans une nuit brumeuse. Une voix qu’il connaissait bien, dont chaque intonation lui était infiniment familière et lui réchauffait le cœur. Cette voix, la même que la dernière fois qu’il s’était retrouvé dans pareille situation. Si douce, si triste. En réalité l’irlandais ignorait s’il s’agissait là d’un tour que lui jouait son esprit embrumé, un sale tour, mélangeant d’anciens souvenirs au peu qu’il parvenait à percevoir de ce qui l’entourait. Il émergeait à grand peine de cette inconscience poisseuse, ses yeux s’agitant sous ses paupières qui refusaient de s’ouvrir. Pourtant il sentait la vie revenir doucement dans ses veines, ses sens se réveiller, les flux nerveux envahir progressivement son corps. Malheureusement pour lui, cela annonçait aussi le retour inévitable de la douleur, la sensation de sa peau tuméfiée, déchirée, de sa chair meurtrie, battue, de ses os brisés. Un corps fatigué qui le tiraillait en tous points ou presque.

Mais il y avait cette voix qui le poussait inéluctablement à remonter à la surface, revenir à la lumière malgré tout, malgré la violence incompréhensible qu’il avait essuyé, malgré la souffrance qui l’envahissait. Ce n’était pas un tour joué par son imagination, elle était bien réelle, Gaby le pressentait au fond de lui. Et il savait parfaitement à qui elle appartenait.

Encore un effort.

Devant tant de détermination son corps ne put que se résoudre à répondre cette fois-ci et Gabriel parvint à bouger presque imperceptiblement, comme si il cherchait encore comment reprendre le contrôle de chacun de ses muscles. Enfin ses paupières lourdes se soulevèrent lentement, difficilement, le laissant entrevoir des formes floues et confuses autour de lui. Il fallut quelques poignées de secondes et clignements de paupières au libraire pour parvenir à retrouver une vision correcte. Son regard s’égara lentement sur ce qui l’entourait alors qu’il se sentait soudain profondément las. Certes il n’y avait pas tous les tuyaux, les perfusions, les machines et leurs bips répétitifs et entêtants mais c’était tout de même comme faire un bond dans le passé, replonger dans un cauchemar dont il pensait être sorti, revenir quatre ans en arrière, dans cette chambre d’un hôpital canadien.

Ses yeux céruléens, épuisés, se posèrent finalement sur ce visage penché sur lui qu’il connaissait par cœur, sur ses traits tirés par l’inquiétude et la tristesse et sur ses yeux brillants. La vie s’amusait-elle vraiment à les voir rejouer cette mauvaise parodie de ce qu’ils avaient vécu quatre années plus tôt ? Gabriel afficha soudain un air totalement affligé. Comment parvenait-il à infliger une nouvelle fois ce genre d’épreuve à son amie la plus chère, à celle qui avait toujours été là pour lui ?

« Oh Jaimie… », lâcha t-il dans un murmure profondément affecté, des larmes contenues au fond de la gorge. « Je suis désolé… »

Des excuses, parce qu’il ne supportait pas de la voir dans cet état et moins encore le fait que ce soit à nouveau à son chevet qu’elle ait dû se rendre. Sa main chercha celle de son amie qu’il serra avec le peu de force qu’il avait recouvré. Gabriel avait du mal à se souvenir des dernières minutes avant qu’il ne tombe dans l’inconscience, la dernière image qui s’était gravée dans sa mémoire de manière indélébile était le visage de Maximilien qui lui faisait face et puis… Ses excuses. Pourquoi ? Pourquoi donc son beau-frère lui avait-il soudain demandé pardon ? L’irlandais avait encore les idées bien trop embuées et il ne parvenait ni à réfléchir ni à rationnaliser tout cela, si tant est que cela soit possible. Et puis il ignorait encore qu’il avait été drogué et le déchaînement de violence qui s’en était suivi, il ignorait que c’était la police alertée par les voisins qui l’avait découvert dans un sale état, il ignorait que c’était eux qui avaient fait intervenir les pompiers qui l’avaient évacué au plus vite vers le service d’urgence. Tout ce qu’il espérait en cet instant précis était que ce n’était pas Jameson qui l’avait découvert inconscient sur le sol de la librairie. Il espérait sincèrement qu’elle n’aurait pas cette image de son visage maculé de sang, de son corps affalé à même le sol tel un pantin désarticulé.
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Looking like a true survivor, feeling like a little kid

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Dernière édition par Gabriel Carnahan le Mer 17 Oct - 10:01, édité 1 fois
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Message(#) Sujet: Re: Nevermore ↟ Gabriel Nevermore ↟ Gabriel EmptyLun 8 Oct - 22:01



Nevermore
Gabriel & Jameson
Quelques battements de cils, quelques tressaillements. Et enfin ses lourdes paupières ont découvert l’océan de ses yeux tristes. Ses grandes prunelles étaient si pleines de vide que les fixer me donnait l’impression de glisser inéluctablement vers un gouffre de souffrance insupportable. La gorge serrée par trop d’émotions, trop de souvenirs douloureux, j’ai baissé les yeux quelques secondes. Le temps de me recomposer, de chasser ces sentiments parasites dont je ne pouvais pas m’encombrer pour le moment. Gabriel traversait un moment difficile et je devais être forte pour nous deux. J’aurais tout le loisir de m’adonner à ma propre mélancolie une fois chez moi, ou bien en sécurité derrière la porte vitrée de mon bureau, un verre de whisky à la main. J’ai pris une inspiration et cherché le regard de mon ami, un sourire composé sur mes lèvres. Mais évidemment, ses mirettes transperçaient mon âme comme à leur habitude, méprisant l’armure que je m’étais efforcée d’ériger. C’est ça le souci avec les amis qui nous connaissent trop bien : on ne peut plus leur cacher grand-chose. Bien sûr, ça fonctionnait dans les deux sens. Une tension entre ses sourcils, une autre au coin de ses lèvres sèches, c’est tout ce qu’il me fallait pour constater que cette situation le torturait. L’air profondément attristé, il m’a soufflé qu’il était désolé, et il m’a fallu quelques secondes pour comprendre le sens de ses paroles. « Désolé ? » J’ai demandé, perplexe. « Désolée pour quoi ? » J’ai passé ma mémoire au crible, tachant de me souvenir s’il avait oublié de répondre à un sms ou de me rendre un bouquin, mais je ne trouvais rien. C’est alors que j’ai compris : il s’excusait d’être ici, dans cette situation. De m’avoir infligé une nouvelle terreur au milieu de la nuit. « Non, Gaby. C’est pas ta faute ! » Je l’ai rassuré en serrant la main qu’il glissait dans la mienne. « La police dit qu’un cinglé t’a agressé. Tu n’y es pour rien, alors je t’interdis de culpabiliser. D’accord ? » Ma voix était basse, chaleureuse mais ferme. Je ne connaissais que trop bien ce cercle vicieux dans lequel sombraient joyeusement les personnes sensibles après une agression. Cette façon de diriger sa colère à l’intérieur plutôt que vers les véritables coupables, de se demander ce qu’on a fait pour se retrouver dans une situation pareille, d’en conclure qu’on l’a bien cherché ou mérité. J’avais fait l’expérience de ce voyage merdique dans l’abysse tordue de ma conscience et j’avais mis des années à m’en remettre, à récupérer bout par bout chacune de mes forces pour contrebalancer mes faiblesses, et enfin reconstruire la personne que j’avais été avant qu'une relation toxique n'assassine ainsi mon âme.

J’observais le visage de Gabriel pour tenter de voir si mes paroles étaient parvenues à court-circuiter le cours de ses pensées. Mes yeux accrochèrent ses lèvres gercées et je me suis souvenue de cette sécheresse intense qu’on éprouvait souvent en se réveillant après avoir subi une intervention à l’hôpital. J’ai attrapé un verre qui traînait sur la table de nuit et j’ai effectué une petite pression sur la main de Gabriel. « Ne bouge pas, je reviens. » Remarque idiote, il ne risquait pas d'aller bien loin après ce qu'il venait d'endurer. Me sentant un peu idiote, j’ai fait quelques pas dans la pièce pour faire couler l’eau du robinet et une fois assez fraîche, je l’ai rempli. « Tiens, bois un coup, ça te fera du bien. » Je lui ai conseillé en m’asseyant de nouveau à ses côtés. J’ai glissé ma main sous son oreiller pour l’aider à relever la tête, puis j’ai reposé le verre sur sa table de chevet. Mes sourcils froncés sans m’en rendre compte, j’ai étudié ses traits comme pour chercher la réponse à toutes les questions qui martelaient mon esprit sans relâche. Et comme les informations que j’avais reçu de la part de l’hôpital et des pompiers ne suffisaient pas, il ne me restait plus qu’une seule façon d’élucider le mystère qui planait sur cette agression trop violente pour n’être qu’un petit vol à main armée. En plus, merde alors, c'est pas comme s'il était bijoutier ! Quel taré risquerait de commettre un pareil crime pour ne dérober que quelques livres ? « Gaby » J’ai appelé d’une voix douce, soucieuse de ne pas le faire sursauter. « Qu’est-ce qui t’est arrivé ? » Sa main bien au chaud dans les miennes, je caressais doucement sa peau fine de mes pouces pour lui apporter mon soutien et éloigner l’atmosphère ‘interrogatoire’ qui accompagnait parfois ce type de questions. Mais je n'y pouvais rien, l'avocate et l'amie coïncidaient en moi  dans cette recherche de vérité... et de justice. « Le type qui t’a fait ça… tu le connais ? »
   
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Gabriel Carnahan
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ÂGE : 40 ans ❀ Né le 13 octobre 78
SURNOM : Généralement Gaby, parfois Gab'. ❀ Gaby la Tendresse à la fac. ❀ Pretty Little Galway Boy par une jolie petite fée. ❀ Winnie, référence à l'ourson, mais c'est un droit réservé.
STATUT : Veuf depuis 2014, depuis qu'un accident de voiture l'a privé de Moïra, l'amour de sa vie. ❀ Réapprend doucement à vivre.
MÉTIER : Libraire passionné avant tout ❀ Gérant de la State Liberty à Toowong (librairie~salon de thé) ❀ Occasionnellement écrivain et dessinateur~illustrateur.
LOGEMENT : #152 Toowong ❀ Petit appartement juste au-dessus de la librairie. Cocon douillet tout agrémenté de plantes. ❀ Avec Aodh le chat roux et Sirius le petit chien de berger.
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CRÉDITS : loonywaltz (UB) ≈ Loo
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Message(#) Sujet: Re: Nevermore ↟ Gabriel Nevermore ↟ Gabriel EmptyVen 2 Nov - 0:08



▲ Nevermore ▼


Gabriel émergeait, lentement, difficilement, des épaisses ténèbres qui l’avaient happé tout entier. Il n’aurait su dire combien de temps s’était écoulé entre le moment où il avait perdu connaissance et cet instant, où ses yeux se rouvrirent sur le monde pour finalement accrocher ceux, inquiets, de sa plus grande amie. Une éternité peut-être. Comme la dernière fois… Sa gorge se serra douloureusement, des larmes y roulaient déjà, seulement retenues par un corps groggy, sans dessus-dessous. Tout comme son esprit. Pourquoi fallait-il qu’ils se retrouvent de nouveau dans pareille situation ? Pourquoi donc ? Derrière les sanglots contenus, la tristesse muette, l’irlandais sentit autre chose tordre ses entrailles. Un sentiment qu’il connaissait peu, qui lui était rare et qu’il aurait sans doute préféré ne pas voir réveiller. De la colère, celle qu’avait fait naître Maximilien un peu plus tôt. Elle ne s’était pas éteinte, bien au contraire, elle avait préféré se nicher quelque part en lui et grondait désormais sourdement, au fond, tout au fond de son corps engourdi et endolori. En cet instant il était bien trop las, épuisé, éprouvé, pour qu’elle parvienne à se manifester, mais elle demeurait bien là, présente, toute prête à le ronger de l'intérieur à la première occasion. Et quelque part, ça lui faisait peur. Pourtant ce qui le préoccupait bien davantage à cet instant, ce n’était autre que les yeux verts de Jameson qui sondaient les siens et scrutaient son visage. Était-ce de la culpabilité qui naissait en lui ? C’était idiot, mais il s’en voulait. Que son amie soit encore une fois confrontée à ce genre d’épreuve à cause de lui le torturait. Aussi n’avait-il pu retenir des excuses, la voix pleine de tristesse. Ils se connaissaient par cœur et Gaby savait pertinemment que Jaimie ne laisserait pas passer, qu’elle ne l’autoriserait pas à se sentir coupable de ce qu’il s’était passé. Et il ne s’était pas trompé. Sourcils froncés, ton sans concession, elle chassa la culpabilité, refusant de la voir s’installer dans l’âme de Gabriel. Pourtant ce furent moins ses mots que le contact de sa main et le timbre de sa voix, ses intonations bien à elle, qui firent s’envoler le poids qui semblait peser sur la poitrine et réchauffèrent le cœur de l’irlandais. Étrangement il se sentait plus léger, comme apaisé, rassuré, comme s’il respirait soudainement mieux. La tension contenue dans son corps se relâcha doucement, si bien qu’une petite perle salée vint rouler lentement depuis le coin de son œil jusque sur sa joue la moins amochée. Sa main était à l’abri dans celles de son amie et l’esquisse d’un sourire tordu étira vaguement ses lèvres. « Je suis content que tu sois là tu sais. » Un aveu dans un souffle faible. Gaby n’avait pas encore recouvré tous ses moyens et surtout le contrecoup de son agression, de l’inconscience dans laquelle il avait été plongé se faisait ressentir avec force. Il se sentait lourd, insupportablement las, incapable de se mouvoir ou penser comme bon lui semblait comme prisonnier de son corps. Une sensation qui lui pesait terriblement, de celles qui pouvaient déclencher chez lui ces terribles crises d’angoisse qui se manifestaient encore parfois. Alors oui, pouvoir se raccrocher à une présence amie, à celle de Jameson en particulier, lui était réellement salutaire. L’irlandais assimila chacun des mots qu’elle prononça, avec plus de lenteur qu’à l’accoutumée, il les laissa danser dans son esprit embrumé, se diffuser, jusqu’à les intégrer. Un cinglé… Gaby lâcha un soupir, son regard se perdant un instant dans le vide tandis que les derniers événements dont il avait souvenance se jouaient encore et encore dans sa tête. Il ferma les yeux, une seconde, le temps de faire le vide. L’inspiration était profonde, et douloureuse. Le vide, il en avait grand besoin mais il revint et, comme pour mieux se raccrocher au réel, serra un peu plus encore la main de Jaimie. C’était aussi sa manière de lui dire que ses mots étaient arrivés à bon port, de la rassurer même de la plus maigre des façons. Quelque chose sembla soudain traverser l’esprit de sa belle amie, comme un éclair, alors qu’elle l’observait avec attention. Le libraire saisit la teneur de ses pensées lorsqu’elle s’empara d’un verre posé non loin. Une nouvelle ébauche de sourire lorsqu’elle lui demanda de ne pas bouger, il aurait presque pu en rire même, sincèrement, si seulement ses côtes ne le faisaient pas tant souffrir. Le bruit de l’eau dans cette nuit quasi silencieuse sembla apaisant aux oreilles de l’irlandais, bien loin des cris et des sons de fracas auxquels il avait été confronté dernièrement. Jameson revint vers lui et l’aida à boire. Quelques gorgées fraîches qui furent plus que les bienvenues. Gabriel ne s’en était pas vraiment rendu compte jusque là mais sa gorge était tout à fait desséchée. « Merci. » Au-delà de cette heureuse initiative, Gabriel la remerciait surtout d’être là, avec lui, dans cette chambre d’hôpital plongée dans une semi-pénombre nocturne. De l’avoir toujours été aussi sans doute. Leur rencontre remontaient à bien des années, à l’époque ils n’étaient encore que des adolescents. Un lien incroyablement fort existait désormais entre eux et Jameson faisait partie de ces personnes si importantes pour l’irlandais, les piliers de sa vie. Les yeux pâles de Gaby accrochèrent de nouveau les pupilles émeraude de la brune. Il aurait presque pu voir les circonvolutions de ses pensées danser derrière ses iris. Elle cherchait, analysait, réfléchissait et le libraire redoutait quelque peu l’instant où son amie briserait le silence et poserait les questions qui semblaient la tarauder. Il avait encore besoin d’un instant, un peu plus de temps hors du monde, comme si la course folle des heures avait marqué une pause. Gabriel ne savait que trop bien que ça ne durerait pas, mais il espérait encore quelques secondes d’un vague répit. De nouveau ses paupières couvrirent ses prunelles, comme pour les camoufler au reste du monde, ou peut-être était-ce l’inverse… Jaimie avait-elle senti qu’il lui fallait un moment encore ? Il l’ignorait. Toujours était-il que la trotteuse de l’horloge au-dessus de la porte égraina quelques secondes supplémentaires avant qu’elle ne l’appelle doucement, le ramenant à elle et à la réalité. Rouvrant les yeux il vissa son regard dans celui de Jameson. Ce qui lui était arrivé ? Il n’en était lui-même pas bien sûr. Tout était allé si vite, avec tant de violence. Gabriel souffla doucement. « Je... » Comment raconter cela ? « C’était une agression. » Sa voix était faible et pourtant… Pourtant chaque mot qu’il prononçait lui donner l’impression de résonner à ses tympans de manière presque assourdissante ! « Je veux dire, ce n’était pas un vol ou quelque chose de ce genre. » Gaby n’y arrivait pas, il ne savait pas comment le lui dire. Et puis la seconde question de la brune arriva. Un silence terrible s’en suivit. Il ne pouvait plus tourner autour du pot. Le regard de l’irlandais se perdit une nouvelle fois dans le vide, loin, très loin. En d’autres temps, en d’autres lieux. Un long soupir lui échappa avant que son attention ne revienne à son amie. « Oui. » Une réponse presque étouffée. « Toi aussi d’ailleurs… » Gabriel reprit une profonde inspiration avant de se racler légèrement la gorge. Bon sang… Comment les choses en étaient-elles arrivées là ? « C’est Maximilien... » Voilà. C’était dit, lâché, comme un pavé lancé dans une mare d'eaux troubles.
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Message(#) Sujet: Re: Nevermore ↟ Gabriel Nevermore ↟ Gabriel EmptyDim 18 Nov - 14:08



Nevermore
Gabriel & Jameson
Gabriel a pris quelques secondes pour rassembler ses pensées. De mon côté, j’essayais de ne pas montrer mon soulagement de le voir s’ouvrir à ce sujet. Je ne savais que trop bien à quel point il serait dommageable de garder tout ça à l’intérieur ; comme les terribles émotions ressenties lors d’une agression se terraient au creux de nos êtres pour y pourrir, se transformer en honte et culpabilité. Et comme elles finissaient toujours par trouver le chemin pour nous bouffer les entrailles. Il fallait qu’il parle, j’en étais convaincue. Remettre la faute sur le véritable responsable serait un processus libérateur. Plus encore, je voulais qu’il identifie cette enflure pour qu’on puisse le retrouver et que justice soit faite ! D’une voix hésitante, il m’expliqua qu’il s’agissait d’une agression et j’ai hoché la tête, conciliante, en me disant qu’il devait être encore confus et avait besoin de se rassembler davantage. Mais c’était bien là ce qu’il voulait me dire : il n’était pas le dommage collatéral d’un vol. Quelqu’un était venu dans sa librairie avec un seul et unique but, s’en prendre à lui. A ces mots, j’ai senti la colère bouillir dans mes veines et si j’avais eu cet ignoble individu en face de moi, aucun doute qu’il aurait passé un sale quart d’heure. Des questions fusaient dans mon esprit avec la rapidité de l’éclair. Qui pourrait bien vouloir s’en prendre ainsi à un type aussi doux que Gabriel ? La réponse, je l’avais à l’intérieur. Mon court passage dans le droit pénal m’avait appris que les agressions de ce type avaient toujours un motif, ce qui signifiait que Gaby connaissait forcément le responsable. Immanquablement, j’ai senti cette interrogation s’échapper de mes lèvres, assaillir mon pauvre ami sans lui laisser le temps de respirer. Il détourna les yeux, pour mieux réfléchir ou pour éviter mon regard. Je me suis mordue la lèvre inférieure pour me retenir d’insister, de le pousser trop vite, trop loin, dans ce souvenir désagréable. Alors au lieu de ça j’ai caressé sa main une fois de plus, pour lui dire que ce n’était pas grave, qu’on était pas obligés d’en parler maintenant. J’étais à deux doigts de vocaliser ces paroles rassurantes lorsqu’il me devança pour confirmer mon intuition d’un seul mot soufflé entre ses lèvres. Oui, il le connaissait. Et moi aussi apparemment. Mon cœur se serra. Ne me dis pas que c'est Kyte ! Je luttais contre cette connexion que mon cerveau établissait inexorablement. Mon mentor avait disparu des radars depuis plus de deux ans et je n’avais aucune idée de ce qu’il lui était arrivé. La dernière fois que je l’avais vu il m’avait semblé encore plus déconnecté que d’habitude, agité, persuadé que des agents spéciaux étaient à ses trousses. J’avais tenté de l’apaiser, en vain, et n’avais pu l’empêcher de s’évanouir dans la nuit sombre. J’étais restée un an et demi sans nouvelles, jusqu’à ce que Martin m’avoue qu’il l’avait vu quelques semaines plus tard, à Yulin, lorsqu'il s'était fait arrêter. Mes coups de fils aux autorités locales et un voyage sur place n’avaient rien donné : Kyte n’était sur aucun registre administratif et aucun document ne relatait son arrestation. Il était devenu un fantôme. Assassiné et jeté dans la boue, enfermé dans un cachot clandestin ou encore disparu et livré à lui même dans la nature. Je n'avais aucune piste, aucun moyen de prouver quoi que ce soit, d'obtenir les réponses qui me permettraient de l'aider ou de tourner la page. Mais s'il était revenu de cet enfer, qui savait les séquelles que ces années de privation ont pu laisser sur un esprit déjà si torturé ? Tout de même, de là à agresser Gabriel ! Et pourtant, c’était la seule personne que nous connaissions tous les deux que je croyais capable de faire une chose pareille.

Sauf que je me trompais. Le responsable de son état n’était pas le type qui m’avait élevée. Je n’ai pas eu le temps de savourer mon soulagement, ni de me morfondre dans la culpabilité de l’avoir ainsi accusé à tort que j’étais assaillie de sentiments plus déstabilisants encore. « Max ? » J'ai répété bêtement, comme pour confirmer. Choc, colère, tristesse, interrogations. Je revoyais ses jolis yeux et son sourire lorsqu’il allait bien, la crainte dans ses prunelles et les tremblements dans ses membres quand il traversait un épisode. Je le connaissais depuis assez longtemps pour connaître ces deux facettes, les accepter, les comprendre. Max était perturbé, je le savais, mais jamais je ne l’aurai cru capable d’une telle violence. Se pouvait-il que Gabriel se trompe ? Que son agresseur masqué partage quelques traits avec le demi-frère de Moïra ? Que l’esprit embué de mon ami d’enfance ait mélangé ces informations pour trouver un coupable qui l’effrayait moins que le néant de l’inconnu ? Je pinçai mes lèvres pour m’empêcher de lui poser cette question. La dernière chose que je voulais faire, c’était de remettre sa parole en doute. Peu importait si Maximilien était derrière cette agression ou non. Gabriel y croyait, et par conséquent moi aussi. Alors je ne lui ai pas posé les questions qui me brûlaient les lèvres : Tu es certain d’avoir bien vu son visage ? Vous aviez prévu de vous voir ? Tu lui as parlé avant qu’il ne t’agresse ? et j’ai opté pour un autre virage. « Mais qu’est-ce qu’il lui a pris ? » J’ai soufflé en me passant une main sur le visage pour essayer de chasser la fatigue et la contrariété de mes traits. « Je veux dire, c’est pas comme s’il t’avait juste filé un coup de poing pour régler un différend comme un connard, Gaby. Tes blessures c’est… c’est presque comme s’il avait voulu te tuer. » J’ai senti ma gorge se serrer et ma voix se briser sur ce dernier mot. Foutue sensibilité, foutus états d'âmes ! J'ai lâché sa main pour m’écarter, remettre de la distance et prendre du recul par rapport à cette situation et la peur de le perdre qu'elle ravivait en moi. « Est-ce qu'il a dit quelque chose, quoi que ce soit pour tenter de justifier la folie de son geste ? » Je naviguais avec précaution autour de ce sujet. Je n’avais pas envie que mes questions lui fassent porter la culpabilité de ce qu’il lui était arrivé. Je connaissais assez bien Gabriel pour savoir qu’il n’était pas du genre à chercher des noises. J’aimais sa douceur, sa capacité à arrondir les angles, à vouloir mettre tout le monde à l’aise. Je le croyais incapable d’être à l’origine d’un combat. Tout ce que je voulais, c’était en apprendre plus afin de retracer le déroulement de cette sombre soirée, affiner les détails, récolter les indices. Plus que tout je voulais savoir dans quelle direction creuser, quel suspect accabler, et enfin… quelle tête arracher.      
   
FRIMELDA & MODS WHITEFALLS


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The river's a hymnal and the leaves are applause. Trees sing in whispers with the wind pulling their arms. Hold still and listen, your hand on my heart. If you need them these beacons will lead you back to the start.

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Gabriel Carnahan
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Message(#) Sujet: Re: Nevermore ↟ Gabriel Nevermore ↟ Gabriel EmptyJeu 4 Avr - 15:15



▲ Nevermore ▼


Gabriel revenait peu à peu à lui, pleinement. Il reprenait possession de son être, il savait ses douleurs contenues par quelques sédatifs, pourtant il sentait son corps tiraillé de toutes parts. Il n’avait pas encore conscience de l’ensemble des blessures et traumatismes physiques qui lui avaient été infligé. Pour le moment il préférait même ne pas trop y penser. Ne pas devoir compter les nouvelles cicatrices, ajoutées aux plus anciennes. Ne pas savoir lesquels de ses os, épargnés par l’accident de voiture survenu quatre ans plus tôt, étaient désormais brisés. Ne pas croiser le reflet de son visage tuméfié. Pas encore. Tout cela viendrait bien assez tôt. Bien trop tôt. Il reprenait aussi lentement possession de son esprit. Les souvenirs se remettant progressivement en ordre dans sa tête. Les derniers événements. Leur enchaînement. Les paroles de Maximilien. Les siennes aussi. Le mélange de sentiments qui l’avait assailli. La colère. Sa colère. Celle qui lui était si rare. Celle qui n’avait habituellement pas droit de cité dans son être. Mais cette fois s’en avait été bien trop. Son beau-frère l’avait poussé dans de tels retranchements... Oui. Au-delà de la tristesse insondable, de la douleur, au-delà des fantômes du passé qui avaient resurgi avec force, il sentait encore cette colère au plus profond de ses entrailles. Et cela lui faisait mal. Cela lui faisait peur. Ce n’était pas un sentiment qui lui était familier et quelque part il le craignait. Ce n’était pas tant le déferlement de violence et de coups qu’il avait subi qui en était la cause. Ce n’était pas cela. Ce qui avait si profondément affecté Gaby, au point de faire naître ce ressentiment qu’il percevait au fond de lui, furent les mots de Maximilien, ses accusations, les paroles qu’il avait tenu à propos de Moïra, sans rien savoir de sa vie, de leur vie. L’irlandais savait que l’ancien soldat avait vécu des traumatismes qu’il ne pouvait imaginer. Il en avait conscience. Il connaissait son instabilité, les blessures que la vie lui avait infligée sans relâche. Il comprenait la douleur que la perte de Moïra avait pu représenter pour lui dont elle était la seule vraie famille. Il pouvait comprendre le choc de la disparition de cette sœur qui avait remué ciel et terre pour le retrouver. Mais il ne pardonnerait pas. Il ne pouvait pardonner tout ce que Maximilien avait déversé d’accusations nauséabondes sans rien savoir de ce qu’était la vérité. Il était bien trop facile de se présentait comme le bras armé de la Justice venant délivrer châtiment. Alors même qu’il ne s’agissait que d’une piètre mascarade pour tenter de soulager son trop profond désespoir, ses angoisses, sa détresse. Gabriel ne pouvait le pardonner. Il l’avait déjà fait par le passé. Il ne le pouvait plus désormais. Pourtant rien de tout cela ne le réjouissait. Moins encore le fait de devoir annoncer à Jameson qui était à l’origine de son état actuel. D’autant plus qu’elle aussi le connaissait. Un instant le libraire chercha la meilleure manière de le lui annoncer. Mais il n’y en avait pas. Alors il finit simplement par lâcher le nom de son agresseur. Et cela eut l’effet qu’il redoutait. Comme une petite bombe qui éclatait dans la pièce. Il perçut toute l’incrédulité dans la voix de sa chère amie. Il aurait pu lire dans ses jolis yeux verts toute l’agitation de ses pensées à l’entente de ce simple prénom. Qu’est-ce qui lui a pris ? A cette question là Gabriel n’était pas vraiment sûr d’avoir toutes les réponses. Et lorsque la voix de son amie d’enfance se heurta, s’effrita, au constat d’une triste réalité, il sentit son sœur se serrer si vivement qu’il en éprouva une souffrance terrible. Le tuer, l’idée avait clairement traversé l’esprit de Maximilien. Et Gaby ignorait ce qui lui valait d’être encore en vie. Il préféra d’ailleurs ne pas s’attarder sur la question. Etrangement il eut l’impression que le calme se fit soudain en lui. Etait-ce juste l’effet des médicaments ? Ou bien était-ce son cœur qui lui intimait de se recomposer un peu face à l’émoi qui avait saisi Jaimie, et qui l’avait conduite à se détourner de lui un instant ? Il l’ignorait. S’aidant de son coude, Gaby se redressa doucement. Non sans serrer les dents lorsque la douleur dans ses côtes se rappela à son bon souvenir. Observant son amie il hésita. Devait-il vraiment lui dire ce qu’il s’était passé, ou du moins ce dont il avait souvenance ? Devait-il vraiment lui faire le portrait de l’homme qui s’était tenu devant lui, qui l’avait menacé d’une arme, qui l’avait frappé, brisé, sans même sourciller ? Il n’en était pas certain. L’irlandais pesa chacun des mots qui lui passaient par la tête. Il devait la vérité à Jameson. Mais de quelle manière ? Et jusqu’à quel point ? La voir ainsi lui était insupportable. Mais il savait aussi qu’elle ferait tout pour obtenir cette vérité. Et il la connaissait assez bien pour savoir que sa détermination était inébranlable et son opiniâtreté sans failles. Elle lui en avait souvent fait la preuve. Alors il prit sur lui de trouver les réponses à ses questions, au plus profond de son être, dans son cœur et sa mémoire. « Jaimie… » Prononcé doucement, comme pour la ramener à lui. Son ton était doux, il en avait chassé les larmes un instant. Il attendit encore quelques secondes. Comme elle avait eut la bonté de le faire quelques instants auparavant, lui laissant le temps de souffler un peu. « Je crois que… » Son cerveau cherchait encore les mots qui allaient franchir ses lèvres. « Ecoute il avait peut-être bu ou bien il traversait une phase difficile. » Que fais-tu Gabriel ? Il ne cherchait pas à atténuer la gravité des actes de son beau-frère, juste à préserver un peu son amie d’enfance. Mais elle s’en apercevrait. Et elle le lui refuserait sans doute, comme elle avait, à juste titre il le savait bien, balayer les excuses qu’il lui avait faites lorsque son regard pâle avait croisé ses prunelles émeraudes. Il risquait de faire pire que mieux de la sorte. Alors Gaby finit par accepter d’en revenir à la vérité. « Maximilien me tient pour personnellement responsable de la mort de Moïra. » Avait-il alors lâché dans un souffle. Epargnant à Jameson le détail de toutes les saloperies, toutes les accusations dégueulasses, que Max avait déversées à son sujet. Et comme s'il avait ouvert une porte, qu’il se refusait jusqu’alors à déverrouiller, les phrases s’enchaînèrent lentement. « Il considère que je l’ai tué. Que… » Que je ne mérite pas de vivre, que je mérite la mort. Le libraire ne prononça pas ces mots. Il marqua une pause, se mordant la lèvre tandis qu’une douleur, qui n’avait rien de purement physique et qu’il ne connaissait que trop bien, déchirait son âme déjà meurtrie. Son timbre se fit plus fragile, plus éraillé alors qu’il trouvait une autre manière de dire les choses. « Il ne me pardonne pas d’être en vie, alors que Moïra, elle, ne l’est pas… » Le semblant de paix qui l’avait habité quelques instants plus tôt s’était définitivement envolé. Ce calme qu’il pensait pouvoir garder vola en éclat. Il n’avait pas la force de Jaimie lui, et il s’en trouva insupportable. Cette blessure là n’était toujours pas guérie. Et ne le serait probablement jamais. Il le savait. Il ne parvint pas à retenir les larmes qui roulèrent sur ses joues abîmées, brouillant ses yeux clairs. Les souvenirs l’assaillirent sans qu’il n’y puisse rien, un mélange doux-amer, douloureux, de tous ces moments heureux passés auprès de l’amour de sa vie, de l’accident et tout ce qui s’en était suivi, de cette foutue agression par ce beau-frère à qui il avait fait une place dans sa vie sans mal, parce qu’il était le frère adoré de Moïra. Son cœur sembla exploser dans sa poitrine et sa poitrine se comprima si violemment qu’il en eut presque le souffle coupé. Il avait traversé tant de choses, tant d'épreuves, pour parvenir à prendre un nouveau départ. Et maintenant qu’il commençait juste à entrevoir la possibilité de réapprendre à vivre, juste vivre, il se faisait faucher en plein vol. Abattu par un de ses proches. Pourquoi cet acharnement ? Gabriel n’aspirait qu’à un peu de paix. Rien de plus. Non. Rien de plus. Et puis une phrase en particulier, prononcé par Maximilien avec toute la rage qui le bouffait de l’intérieur, lui revint insidieusement en mémoire. Pourquoi celle là en particulier ?  Le libraire n’en savait strictement rien mais elle provoqua une telle douleur en lui. C’était la phrase qui lui avait fait perdre tout calme, celle-là même qui avait mis le feu aux poudres de la colère qui l’avait saisi. Entre deux sanglots il finit par la lâcher dans un souffle à peine audible. « Tu sais il… Il a osé me demander si Moïra était enceinte le jour où… » Un rire nerveux le secoua l’espace d’une seconde. « Tu te rends compte… Il se souciait donc si peu d’elle ? » C’était cela, peut-être plus que tout le reste, qui le brisait. Ce peu de considération d'un soi-disant frère aimant pour son amour. Son bel amour, qui ne pouvait avoir d’enfants, et n’éprouvait, même, pas l’envie d’en avoir. Gabriel se souvenait encore du jour où elle le lui avait annoncé, il avait su tout de suite que quelque chose la tracassait. Alors elle lui avait livré tout cela en bloc, elle le savait depuis longtemps déjà. Et ce qui la tourmentait tant était en réalité le fait de ne jamais en avoir parlé à Gaby, de ne jamais lui avoir demandé quels étaient ses espoirs à ce sujet. Lui s’était contenté de la prendre dans ses bras, de la serrer contre son cœur. Il s‘était juré de ne jamais rien imposer à cette esprit si libre qu’était sa flamboyante australienne. Jamais. Qu’elle veuille des enfants ou non, il la suivrait au bout du monde. Mais à présent, il devait parcourir ce même monde, sans elle. L’irlandais secoua doucement la tête, comme pour recentrer ses pensées, ne pas trop s’égarer. Ses larmes séchèrent dans ses yeux et dans sa gorge. Son regard coula jusqu’à ses mains. Ce ne fut qu’à cet instant seulement qu’il se souvint de la sensation de son annulaire brisé sous la poigne de son ancien beau-frère, alors que ses pupilles claires se heurtèrent à l’atèle qui l’enserrait. Son cœur sembla oublier de battre pendant un instant. « Mon alliance… » Un souffle un peu paniqué, un peu désarmé, face au constat de l’absence du petit anneau à son doigt. Il n’était finalement que peu de choses matérielles dont Gabriel n’aurait pu se résoudre à se défaire mais cette bague en faisait partie. Pour tout ce qu’elle représentait. Et depuis que Moïra la lui avait passé au doigt, jamais il n’avait ne serait-ce que penser à l’enlever. Même après l’accident. Ce fut un regard désemparé, perdu, qu’il adressa à Jaimie. C’était peut-être idiot mais il ne pouvait se résoudre à cette disparition, pas comme ça, pas maintenant…
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Looking like a true survivor, feeling like a little kid

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Jameson Winters
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ÂGE : A l'aube de la quarantaine
SURNOM : Jaimie, Jam'. Maître Winters au boulot. Au lit, aussi.
STATUT : Célibataire. Je ne pense pas savoir aimer, ou être aimée.
MÉTIER : Avocate associée chez Ashburn Rose. Militante écologiste et condition animale.
LOGEMENT : #102 Logan City, une immense villa bien trop vide.
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ORIENTATION SEXUELLE : Je n'aime que ma moitié.
PETIT PLUS : Irlandaise & Amérindienne du Canada, j'ai un petit accent. Je me ressource dans la nature. Combattre les injustices me fait vibrer. Je suis aussi à l'aise dans les bas fonds de Dublin que dans les soirées guindées de l'élite australienne. Vegan depuis mes 15 ans, je milite pour préserver la nature. Légalement, de nos jours. Du moins j'essaie. J'ai adopté une chienne/louve que j'aime comme ma fille. Je n'ai jamais perdu un procès. Certains me décriraient comme une féministe autoritaire et mal baisée. Ceux là sont toujours perturbés lorsqu'ils rencontrent une femme qui se comporte comme eux.
UN RP ? : Pas dispo pour le moment.
RPs EN COURS : Phoenix [f.b.]Gaby [f.b.]Gaby [2]FinnleyArianeAriel [f.b]Zelda & Gabriel

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PHOENIX — I want to heal, I want to feel like I'm close to something real, I want to find something I've wanted all along: somewhere I belong. Nous avions à peine vingt ans et nous rêvions juste de liberté.

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ROBIN — Her eyes look sharp and steady into the empty parts of me. Still my heart is heavy with the scars of some past belief.

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KYTE — Old growth holds hope, let the brambles scrape your skin; scars are story books, blood will wash away our sins.

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GABRIEL — I'll keep your heart safe in the palms of my hands until it can beat on its own again.

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DC : Kyte le vieux fou & Aisling l'ex junkie paumée
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Message(#) Sujet: Re: Nevermore ↟ Gabriel Nevermore ↟ Gabriel EmptyMar 23 Avr - 16:31



Nevermore
Gabriel & Jameson
Le silence nous enveloppa de nouveau et pendant un instant je crus que Gabriel en resterait là. J’entendis ses draps se froisser tandis qu’il se redressait et il murmura mon prénom. J’ai pris une inspiration pour me recomposer, chasser mes peurs comme ma colère, et ce n’est qu’une fois ma neutralité placide retrouvée que je me suis autorisée à relever les yeux vers mon ami. La lumière tamisée du petit matin éclairait son visage tuméfié, creusé par la fatigue et la douleur, et cette vision me serra les tripes mais je n’en laissai rien paraître cette fois, concentrée comme je l’étais sur ses paroles. Il se perdit dans une explication vaseuse visant à diminuer la responsabilité de Maximilien et ma colère enfla de nouveau. C’est pas une raison putain !, je lui aurais bien gueulé pour lui remettre les idées en place, mais j’avais pas envie de lui tomber dessus comme la misère sur le monde après ce qu’il venait de vivre. Je ne pus cependant retenir un geste nerveux de la tête, ni le tressaillement dans ma jambe droite, témoins silencieux de ma désapprobation. J’ignore si c’était à cause de ma réaction, mais Gaby abandonna finalement ces piètres excuses et se concentra sur les faits : ce fou furieux le tenait pour personnellement responsable de la mort de Moïra. Et mon ami avait beau buter sur ses mots, je commençais enfin à comprendre ce qui avait dû se dérouler entre les deux hommes que la belle avait laissé dans son sillage. Aveuglé par la douleur, Maximilien avait décidé de juger Gabriel comme responsable, et quelque part dans son esprit déchiré par les traumatismes d’une existence trop violente, ce coupable méritait la mort. Œil pour œil, dent pour dent. Et au fond de mon cœur, je savais qu’une partie de Gabriel y croyait au moins un tout petit peu. Je me souvenais encore de son état lorsqu’il avait compris qu’il était le seul à avoir rouvert les yeux suite à leur accident. Le désespoir paralysant et cette responsabilité crasse qu’il voulait endosser pour atténuer sa culpabilité d’être encore en vie, sans elle. « C’était un accident. » J’ai affirmé d’une voix où se mêlait douceur et fermeté en reprenant la main de mon ami dans la mienne ; comme je l’avais fait de nombreuses fois par le passé, et comme je continuerai à le faire jusqu’à ce que cette vérité rentre enfin dans son cœur. Une larme scintillante brillait au coin de ses yeux et je me suis détournée pour préserver son intimité - et aussi parce que j’étais toujours aussi mal à l’aise avec les émotions, en particulier la tristesse. « On sait tous les deux que tu aurais fait n'importe quoi pour la protéger. Et je suis sûr que s’il prenait deux secondes pour y réfléchir posément, Maximilien le saurait lui aussi. » Je les revoyais encore ensemble dans cette maison qu’ils partageaient et où ils avaient la gentillesse de m’inviter pendant les fêtes pour que je ne sois pas seule. Elle, vive comme un feu follet, virevoltant avec les plats et les décorations au rythme d’une musique qui semblait battre constamment dans son cœur pour guider ses pas et tinter son rire. Lui, l’enveloppant d’un regard tendre et rêveur, comme émerveillé par sa présence à ses côtés même des années après leur première rencontre ; toujours prêt à lui venir en aide, à l’accueillir dans l’antre de ses bras. Je savais leur amour pur, sincère, et je trouvais ça beau même quand ça me filait le cafard par ricochet. Parce que je n’avais rien de sa flamme chaleureuse comme j’étais plutôt un genre de joli iceberg. Alors je n’étais pas certaine qu’un jour un homme puisse me regarder autrement que comme une montagne à gravir, un challenge d’une nuit pour prouver sa valeur. Je n’étais pas le genre de femme avec qui on voulait réchauffer son foyer douillet, ça non, et j’avais beau me draper dans ma dignité, ça me faisait plus de mal que je voulais bien me l’admettre. Les sanglots de Gabriel m’arrachèrent à cet apitoiement déplacé sur mon propre sort pour me ramener au présent, dans cette chambre d’hôpital encore hantée par le contrecoup de l’agression qu’il venait de subir. La voix brisée par des émotions contraires, il s’est horrifié d’une remarque de Maximilien sur la possibilité que sa sœur soit enceinte lors de l’accident. Malgré l’indignation de mon ami, je n’étais pas certaine de savoir où il voulait en venir. Et puis ça m’est revenu d’un coup : Moïra ne pouvait pas avoir d’enfant et n’en voulait pas non plus, alors ça n’avait jamais été un projet pour eux. Je supposais donc que quelque part, Gabriel en voulait à son agresseur de ne pas s’en être souvenu. J’avais du mal à comprendre comment un tel détail pouvait avoir une si grande importance pour mon ami d’enfance alors qu’il venait de se faire laminer par le dit Maximilien en question ; mais je supposais que c’était ça, l’amour, et encore aujourd’hui Gabriel était davantage blessé par un manque de respect envers Moïra que par un coup poing dans sa propre gueule. Bon sang c’est peut-être pas plus mal d’être célibataire. Je cherchais un truc intelligent à répliquer pour le ramener au sujet, à savoir ce qu’on allait faire de toutes ces informations, quand il remarqua la disparition de son alliance dans un souffle d’angoisse. « Je l’ai, attends. » J’ai répondu prestement pour le rassurer et surtout lui ôter l’envie de se péter en deux en cherchant l’objet de métal dans ses draps. Mes doigts ont fouillé dans la petite poche en plastique pour récupérer l’anneau et je l’ai déposé délicatement dans la paume de sa main. « Ton doigt avait besoin de soins alors ils ont dû la couper pour la retirer… je suis désolée. » J’ai dit en effectuant une petite pression de soutien sur sa main refermée. Je savais à quel point ce bijou était important pour lui et comme il refusait de s’en séparer, des années après le décès de la femme qui le lui avait confié, alors j’ai failli lui proposer de la porter à un bijoutier pour la faire réparer pendant sa convalescence. Je crevais d’envie de l’aider, d’alléger sa souffrance, mais quelque chose me retenait : un petit froissement tout au fond de mon cœur, la croyance qu’il était peut-être temps, après tout, que Moïra et cette bague le libèrent enfin. Je savais que Gabriel se sentait toujours marié à elle dans son cœur, et cet attachement dans la mort l’empêchait de faire de nouvelles rencontres. Contrairement à moi, mon tendre ami n’était pourtant pas un cas désespéré du côté sentimental. Je ne l’avais jamais connu aussi heureux que lorsqu’il était amoureux, ça irradiait de partout, apaisait son âme et son regard. Et j’étais convaincue que s’il s’en donnait l’autorisation, il pourrait ressentir ça à nouveau pour une autre femme. Alors je me suis éclaircit la gorge pour ravaler mon impression d’être la pire des amies et je suis revenue plus ou moins subtilement sur des considérations pratiques. « La police va sans doute vouloir te parler dans la matinée maintenant que tu es réveillé. Je pense qu’il faut que tu leur dises la vérité sur ce qu’il s’est passé. Je sais que la situation est compliquée et que Moïra voulait protéger Maximilien. » Mais je pense qu’elle chanterait un autre refrain si elle te voyait aujourd’hui. « Mais il doit comprendre que ses actes ont des conséquences et qu’il ne peut pas se pointer chez ses proches pour passer ses colères impunément. » J’avais la main qui me démangeait et si ça ne tenait qu’à moi, je lui aurais bien collé mon poing dans la mâchoire pour lui apprendre les bonnes manières. D’ordinaire, j’étais plutôt du genre à prêcher la parole plutôt que la violence pour résoudre les conflits, mais là j’avais plutôt envie de rentrer dans le tas et d’arracher des organes - vitaux de préférence. On ne touchait pas à Gaby, jamais. Et surtout pas quand on s’appelait Maximilien et qu’on venait chez moi tous les trois mois pour chercher du réconfort. Cette pensée-là ajoutait à ma colère un arrière-goût amer de trahison qui avait du mal à passer.

FRIMELDA & MODS WHITEFALLS


Follow in no footsteps, listen for the true guides

The river's a hymnal and the leaves are applause. Trees sing in whispers with the wind pulling their arms. Hold still and listen, your hand on my heart. If you need them these beacons will lead you back to the start.

:l::
 
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