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 head held high (chadna)

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Yasmine Khadji
le coeur sur la main
le coeur sur la main
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ÂGE : 31 ans (19.02.88)
SURNOM : yas, la plupart du temps
STATUT : célibataire, sans enfants, au grand désarroi de ses parents
MÉTIER : infirmière-urgentiste au st-vincent's hospital, bénévole régulière au service pédiatrique, envisage timidement de reprendre des études de médecine après une mission humanitaire de huit mois au niger
LOGEMENT : #121 logan city chez papa maman, le temps de se réacclimater à brisbane
POSTS : 1167 POINTS : 95

ORIENTATION SEXUELLE : J'aime les beaux garçons.
PETIT PLUS : marocaine d'origines ☽ musulmane modérément pratiquante ☽ syndrome dit du retour, souffre aussi de crises d'angoisses dues à une agression survenue en 2016 ☽ noob, commence à utiliser instagram ☽ douée avec les enfants, rêve de chirurgie pédiatrique ☽ loyale à l’extrême ☽ proche de sa famille ☽ karaoke queen ☽ conduit une vieille jeep, ne l’échangerait pour rien au monde ☽ sait parfaitement gérer l'urgence, mais pas le conflit ☽ parle l'arabe, vaguement le français ☽ bonne chanteuse et conteuse ☽ alcool et porc proscrits ☽ beyoncé stan
UN RP ? : Pas dispo pour le moment.
RPs EN COURS : joanne#1hassan#3isaac#2fox#1sohan#2tad#1clara#2sloan#1chadna#1khadjaafavis [10/8]
RPs EN ATTENTE : nephtys ☽ nicolas
RPs TERMINÉS : (2018) ginny#1sohan#1hassan#2caseykaneisaac#1noamia#1clara#1hassan#1
PSEUDO : ssoveia
AVATAR : shanina shaik
CRÉDITS : ©tearsflight (av) ☽ ©astra (code sign) ☽ ©fuckyeahmodelgifs (gif sign) ☽ ©loonywaltz (userbars)
DC : evelyn pearson
INSCRIT LE : 01/05/2018
http://www.30yearsstillyoung.com/t19795-land-called-far-away-yasmine http://www.30yearsstillyoung.com/t19812-treacherous-yasmine#777009 http://www.30yearsstillyoung.com/t19839-yasmine-khadji#777730 http://www.30yearsstillyoung.com/t20969-yasmine-khadji#832062

MessageSujet: head held high (chadna)   Jeu 11 Oct - 7:38



head held high
chadna & yasmine


« Je suis au courant que la tendance est au pro-féminisme et toutes ces conneries, mais putain, une femme au volant c’est le pire truc qui puisse arriver à un mec comme moi. La preuve. » Un mec comme lui : costume trois-pièces taillé sur mesure, coupe de cheveux à 120 balles hors pourboire, pompes cirées à l’huile de coudes par son épouse ; à l’entendre débiter une pique misogyne à la seconde, le cauchemar qu’elle devait subir au quotidien n’était pas bien difficile à s’imaginer, et Yasmine était tellement désolée pour elle. A moitié penchée sur le capot de sa Jeep, elle le regarda de biais, et paria secrètement sur sa profession. Un avocat, sans doute. Il aurait tout aussi bien pu être médecin tant il transpirait la suffisance et le complexe de supériorité, renforcé évidemment par le modèle de sa voiture de luxe qui venait de subir un malencontreux ravalement de façade sur le bas-côté de Spring Hill, à quelques embouchures à peine du commissariat de police que la jeune femme s’apprêtait à rejoindre en prévision d’un déjeuner avec son frère.

Dans ses petits souliers, elle gardait en tête que la prudence était de mise face à un homme aussi peu enclin à comprendre, et surtout admettre, que les torts lui revenaient entièrement. Loin d’être enthousiasmée à l’idée de subir ses foudres, elle releva tout de même la tête comme un suricate, les sourcils levés si haut sur son front qu’on aurait pu soupçonner qu’elle venait de se bloquer un nerf dans la manœuvre. Le cou raidit par son observation obstinée de son pas-si-charmant interlocuteur, le pic de douleur qui se réveilla au centre de son menton, déjà bleui par le choc contre le volant, la fit grimacer en même temps. Où était-ce son discours navrant qui lui donnait envie de crier ? C’était trop difficile à déterminer, même pour elle, à ce moment-là. C’est qu’elle essayait de le soulager, son pauvre menton, depuis plusieurs minutes, le malaxant du bout des doigts entre deux lignes rédigées sur le constat qui s’étalait sur le capot de sa Jeep. Rien n’y faisait ; la surprise de se faire ravir la place de parking qu’elle convoitait juste devant son nez, et l’omission du port de sa ceinture de sécurité, l’avait rendue toute molle comme une poupée de chiffon, et le bas de son visage avait violemment frôlé son volant au brusque coup de frein qu’elle avait donné pour éviter un plus gros accident. Ca lui apprendrait, n’empêche que c’était douloureux. Tentant de garder la face, elle soupira intérieurement, s’autorisant alors à lui dire, fixant son regard incertain sur ce visage taillé à la serpe, tourné dans sa direction « Vous m’êtes passé devant alors que j’étais prête à me garer. Les places ne sont pas nominatives ici, et j’attendais depuis au moins dix minutes. » En dehors du travail, Yasmine préférait ne pas laisser cette partie de son caractère exploser. Elle pouvait remettre un interne à sa place pour un manquement dans le protocole, et rappeler à un titulaire que la politesse était un devoir envers chaque membre d’une équipe, même ceux qu’on considérait comme étant en bas de l’échelle, elle n’était pourtant pas très à l’aise avec l’idée d’user de sa rhétorique pour remettre un goujat à sa place en dehors de ses heures de services, ses expériences passées lui ayant inculqué la réserve et la discrétion lorsqu’un homme se montrait plus agressif que nécessaire. C’était le cas ici, mais elle était fatiguée et agacée par son arrogance ; c’était assez pour la rendre moins diplomate « La courtoisie, ça vaut aussi pour le code de la route, vous devriez essayer. » Elle n’attendit pas qu’il réagisse, détournant le regard pour de nouveau se pencher sur le capot de sa voiture et terminer de remplir le constat qu’il avait consenti à établir. Elle posa la bille de son stylo sur le papier carbone, et laissa un rire sec s’échapper de ses lèvres qu’elle essaya de garder serrées pour ne pas lui donner l’impression qu’elle se payait sa tête – c’était pourtant ce qu’elle faisait, il était ridicule. Seulement, Yasmine venait de commettre une erreur, car en plus de laisser son dépit transparaître, elle venait de se soumettre à la naissance de la colère rentrée d’un individu à qui elle tourna ostensiblement le dos. Si elle avait patienté une seconde de plus, elle aurait pu apercevoir la large brisure qui se forma dans la carapace, faite d’amour-propre et de machisme, de l’homme qui lui releva soudain la tête avec deux doigts repliés.

L’air de rien, il appuya sur le bleu qui marquait son menton qu’elle tenta de dégager de la pression qu’il exerça en plongeant son regard calme dans le sien ; c’était plus effrayant que n’importe quoi. Elle aurait dû s’attendre à y déceler de la noirceur, dans ce regard résolument posé sur elle, mais il était étonnamment serein, et elle le savait, ça n’était jamais un bon présage. La force de l’habitude, il connaissait la marche à suivre, cette conclusion la glaça sur place, et fit saillir les tendons sur son cou qu’elle tendit pour ne pas flancher. Occupé à examiner la moindre parcelle de sa peau caramel, il lui sourit de travers, se mordillant l’intérieur de la joue gauche en inclinant la tête. L’attention exacerbée qui lui portait la transporta dans un souvenir qu’elle avait tenté de refouler si loin dans son esprit qu’y être de nouveau confronté lui coupa le souffle plusieurs minutes et la fit visiblement se tétaniser. Yasmine déglutit bruyamment, et davantage lorsqu'il se pencha vers elle pour lui murmurer à l’oreille « T’as vraiment de la chance d’être belle, autrement j’aurais pas hésité à en ajouter un à ta collection. »



my pillows ain't giving no comfort, the fan is blowing too loud. even my heartbeat wakes me up, i can't drown it out. my eyelids ain't heavy enough, there ain't enough sheep on the ceiling to count, ain’t slept a wink since you left me, no inspiration to dream.








Dernière édition par Yasmine Khadji le Mer 2 Jan - 16:14, édité 1 fois
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Chadna Lakshmi
le feu au lac
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ÂGE : trente-cinq ans (17/09), l'approche de la quarantaine est effrayante.
SURNOM : chad pour le monde, nana pour sa mère et bima pour son oncle, comme son père dans le temps.
STATUT : des aventures éphémères satisfaisantes.
MÉTIER : détective privée qui se la joue également chasseuse de serpents, ça des points positifs d'avoir grandi dans l'outback australien.
LOGEMENT : fortitude valley, appartement #54, merci tonton.

POSTS : 6019 POINTS : 0

PETIT PLUS : Dyslexique et complexée par ce fait ≈ accro aux fastfood et aux tim tam ≈ incapable de rester au même endroit longtemps, elle voyage régulièrement ≈ elle a fait toute sorte de jobs, surtout les plus saugrenus ≈ chad parle anglais, hindi, bengali, maori, pitjantjara, le kala Lagaw est en cours d'apprentissage ≈ elle a à coeur les intérêts de la communauté aborigène et LGBT ≈ phobique de l'eau, elle ne sait pas nager ≈ accro des réseaux sociaux, elle a créé un compte insta à son chien qui a plus de followers que le sien
UN RP ? : Pas dispo pour le moment.
RPs EN COURS :

nicolasadrianleahdean#2gaby (df)andyyasminekytejadynowenelwynsohan#2marco

RPs EN ATTENTE :
tess + paul#2 + isaac + carlisle + cleo + marco + nino#2 + seymour + noa.

RPs TERMINÉS : dean#1sagephoebe (fb)paul(fb)sohan#1carterstephennino#1
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AVATAR : miss chopra.
CRÉDITS : kidd ; lilie ; papa noel.
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INSCRIT LE : 07/06/2018
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MessageSujet: Re: head held high (chadna)   Lun 10 Déc - 18:44



En se levant ce matin, Chad n’avait pas prévu d’enfiler sa cape de super féministe, que les hommes, croisant sa route dans ces moments, nomment super connasse ou super mal baisée. D’autres poussent la métaphore en la qualifiant de lesbienne camionneuse avide de castrer tous les mâles suprêmes qui la ramènent à son statut de pauvre petite femelle perdue dans la jungle –rien que ça. Il est impossible d’avoir une grande gueule qui défie tous les alphas sans ressentir le besoin d’avoir un pénis entre les jambes –le rêve non assumé de toute brouteuse de gazon s’entend. C’est un comportement que Chad a pu observer dans tous milieux sociaux confondus, à croire que l’instinct mâle est identique à tous et que ce qui manque à certains, c’est d’être dressé comme un chien nouvellement acquis. Bref, la journée devrait être à l’image de ses nouveaux objectifs de vie, entre autres garder son opinion pour elle quand ce n’est pas nécessaire et bien sûr apprendre à se mêler de ses affaires au lieu de faire les problèmes les siens. Cigarette entre les doigts –témoignant de son besoin urgent de nicotine- et téléphone pendu à son oreille, elle écoute Carmen lui raconter ses dernières aventures avec un nouveau jouet rencontré la veille, tout en faisant la queue pour commander son café du matin. Le jus de chaussette qu’Alban réalisait dans sa cuisine à l’aide de cette machine préhistorique n’a jamais été à son goût, des années à bosser dans l’hospitalité l’ont rendu exigeante parait-il. Aussi à chaque fois qu’elle passe la nuit chez son ami, elle exige de lui qu’il paie pour sa consommation de caféine… ce qui ne semble n’avoir de sens que pour l’indienne, pourtant le maori obtempère, il sait pertinemment qu’il est plus facile d’accepter que de discuter. Finalement c’est au tour de Chadna de faire face au barista qui lui offre un sourire commercial –celui-là même qu’elle avait des difficultés à afficher des années auparavant et qui lui avait valu un renvoi… entre autres écarts de conduite. Il note sa commande et se permet même un haussement de sourcil lorsqu’elle donne son prénom, Chad, ce n’est pas courant, mais hey, nous sommes en 2018, qui est-il pour juger ? C’est dingue tout ce qu’on peut capter dans un regard se dit Chad, visiblement amusée par l’effet de son surnom sur les autres –surnom bien pratique dans son métier d’ailleurs.

Son café en main, Chadna sort de l’établissement, la voix de Carmen en plein monologue accompagnant chacun de ses gestes sans se soucier d’être écoutée ou non. La portoricaine a toujours aimé le son de sa propre voix et un simple ouais lancé ci et là suffit à faire fonctionner la machine, comme un jukebox dans lequel on insérerait une pièce de temps à autre. Ainsi, la cape de Super Féministe Casse-Pieds lui tombe dessus lorsque les prunelles de l’indienne s’arrêtent sur une scène d’un homme et d’une femme plutôt proches, mais ses sens aiguisés semblables à ceux de Super Man lui font ressentir un danger. La dynamique du duo lui parait bancale et les regards des quelques personnes présentent le lui confirment. Pourtant, personne n’a l’air décidé à intervenir. Les gens sont toujours prompts à détourner les yeux, mais les premiers à s’indigner sur les réseaux sociaux. Chadna se débarrasse donc de sa conversation téléphonique façon Clark Kent qui dégage ses lunettes et s’avance vers son destin, réfléchissant à un plan d’action au fur et à mesure de sa progression. Elle fait ainsi mine de reconnaître la jeune femme impliquée dans l’accrochage et dont la situation ne semble pas tourner à son avantage. « Je te trouve enfin ! » Lance Chadna en s’approchant du duo mal assemblé, un sourire amical aux lèvres. Son intervention semble avoir l’effet escompté puisque l’homme –qui d’ailleurs une gueule à s’appeler William- relâche sa proie. L’indienne en profite pour réduire la distance entre elle et la brune, s’interposant presque entre les deux parties. « Oh la la la qu’est-ce qui s’est passé ? » Demande-t-elle en résistant à l’envie de plaquer ses mains sur ses joues pour l’effet dramatique, elle a décidément consommé trop de télénovelas ou de Bollywood, au choix. « Tu vas bien ? » la question est visiblement pour son amie qui ne parait être dans son état normal… qu’en sait-elle au final ? « C’est bon pour le constat ? » Elle s’adresse aux deux cette fois, une main posée sur l’épaule de la jeune femme et ses prunelles inquisitrices sur l’homme face à elles. « Tu nous files ton constat ? » L’indienne le tutoie sans plus de cérémonie et son ton pressé indique qu’elle a bien des choses en attente, à commencer par son boulot pour lequel elle est encore en retard.




LAKE OF FIRE
• lilie
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Yasmine Khadji
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INSCRIT LE : 01/05/2018
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MessageSujet: Re: head held high (chadna)   Mer 2 Jan - 16:25


head held high
chadna & yasmine


Dans l’exercice de la rétrospective, Yasmine avait toujours excellé. Si bien que confrontée à la fureur étouffée de l’homme devant lequel elle avait perdu toute sa diplomatie – et encore, tout est relatif – des souvenirs furtifs se soumirent à elle. Elle avait majoritairement été élevée avec des hommes, au grand regret de sa mère qui, en plus de déplorer les choix de vie de son unique fille, aurait sans doute aimé qu’elle démontre plus d’intérêt dans l’art de fonder une famille et de tenir une maison, plutôt que dans celui de se rouler dans les ronces en rêvant d’études supérieures et de grands voyages humanitaires. Quoique son ambition fût tout à son honneur, et aujourd’hui, Fatima était plus que tout très fière que sa cadette soit aussi têtue – elle tenait ça d’elle, en vérité. Fière, elle le serait d’autant plus si elle se mettait à songer à se caser avec quelqu’un de bien, mais la question n’était pas là. Sur le plan théorique, au-delà de toutes velléités charnelles et anticipations scandaleuses, Yasmine pensait donc avoir un savoir plutôt étendu à propos des hommes. Même si parfois, elle admettait que leur réaction la laissait pantoise, elle se plaisait à évoluer dans un univers masculin. Les hommes, ceux avec qui elle avait grandis, appris, progressée, Yasmine ne les avait jamais craints, bien au contraire : ils faisaient partie des gens en qui elle avait le plus confiance. Même quand elle avait commencé à grandir de son côté, et à développer ce physique qui lui valait la clémence de son interlocuteur – faire l’affront à son père, à ses frères, biologiques ou pas, de les croire capable de lui faire du mal, elle n’y avait même jamais pensé, de plus en plus impressionnée par la vie qu’ils menaient, se relevant des coups portés par la vie et continuant leur route en renforçant le respect, l’admiration, sans parler de l’amour sans bornes qu’elle leur portait. Mais ça, c’était jusqu’à il y a deux ans ; quand elle avait fait promettre à Hassan de ne jamais parler à personne de la frayeur qu’un inconnu lui avait fait en la plaquant contre sa propre voiture, forçant le passage avec des caresses rustres, et la cajolant avec des propos qui lui tournaient encore dans la tête parfois, Yasmine avait su qu’elle vivrait avec la peur de l’autre, ça s’était ancré en elle, s’insinuant dans ses veines comme du poison. Logée dans le fond de ses entrailles, il agissait souvent, interférant dans sa façon de concevoir sa vie amoureuse et intime, l’empêchant de laisser quiconque la couver du regard trop longtemps, ou montrer de l’intérêt pour sa plastique qu’elle dissimulait sous des vêtements informes. Elle avait été marquée, ça l’avait rendue plus faible qu’elle ne le pensait, l’obligeant à constamment ronger son frein lorsqu’elle percevait des compliments jetés à son intention.

Réduite au silence par les propos de son interlocuteur, la mâchoire bloquée par la pression qu’il exerçait sur son menton douloureux, Yasmine prit une grande inspiration qu’elle retint dans sa poitrine, contrant la panique qui devait s’être installée dans son regard, mais qu’elle s’obstina à faire passer pour de la bravoure quand elle soutint le sien. Elle avait envie de lui répondre à cet imbécile qui la menaçait, de lui faire savoir qu’au fond d’elle, elle avait de la peine pour lui. La lâcheté transparaissait dans la façon qu’il avait de croire que sa toute-puissance masculine lui donnait le droit de lui casser les dents s’il le voulait… Et ce n’était pas sa faute, finalement. A tous, on leur laissait sous-entendre que, quoi qu’ils feraient, ils s’en sortiraient toujours grâce à leur genre – si elle avait des garçons un jour, elle aurait à cœur de leur apprendre que tout acte à ses conséquences, exactement comme Amjad et Fatima l’avaient fait avec leurs enfants, garçon et fille. C’était nécessaire de transmettre leurs valeurs pour éviter de se retrouver dans un monde où chacun vivait au rythme de sa propre loi, oubliant les convenances, et pensant que l’intimidation et la violence était une preuve irréfutable de réussite sociale. Cet homme avait beau avoir de jolis apparats, elle n’osait pas imaginer comme la pourriture devait s’être propagée en lui pour qu’il se croit ainsi tout permis.

Ça lui faisait presque rompre avec ses bons sentiments, et perdre foi en l’âme humaine. Jusqu’à ce qu’une voix se fasse entendre de l’autre côté de la rue. Son regard se déporta lentement sur la droite, suivant le trajet d’une jeune femme qu’elle ne connaissait pas, mais dont la présence fit battre en retraite son assaillant qui les fixa simultanément, un peu comme s’il voyait double. Elles pouvaient être de la même famille pour ce qu’il en savait, et tandis que Yasmine se disait la même chose, observant brièvement sa sauveuse pour un simple constat, elle lui répondit en s’avançant vers elle, s’extirpant de fait de la bulle malsaine qu’il avait créée entre eux « Il m’a foncé dedans. Je me garais avant d’aller rejoindre Sohan au commissariat, tu sais, pour ce déjeuner qu’on s’est promis il y a une plombe ? Et il m’a foncé dedans avec sa voiture. » répéta-t-elle, entrant dans le jeu de la jeune femme, et observant la réaction de l’autre qui papillonna du regard en chuchotant dramatiquement « Le commissariat ? » Le cœur battant fort, Yasmine opina du chef, puis se risquant à faire une acolade à la brunette qu’elle serra aussi chaleureusement que possible dans ses bras, le murmure d’un « Merci beaucoup. » lui frôla l’oreille lorsqu’elle se recula pour harponner le constat qu’elle avait rempli en prenant soin de ne pas détailler ses coordonnées. Soudain, elle fit preuve d’un aplomb nouveau en lui répondant « Ouais, le commissariat. » Et désignant ledit commissariat du doigt, elle le regarda se retourner au ralenti, et se décomposer à l’instant où elle ajouta à l’intention de la jeune femme à ses côtés, poursuivant timidement sa comédie, la voix vacillant légèrement « Tu crois que ça crée un conflit d’intérêt si c’est un membre de ta propre famille qui enregistre une plainte ? » Elle la regarda en penchant la tête sur le côté, et la révélation se fit quand elle conclut, plus franche, moins craintive « C’est juste pour savoir, c’est pour une amie. »



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