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 white christmas (evius)

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Marius Warren
le syndrome de l'aîné
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ÂGE : la quarantaine tout juste passée (12 avril 1977).
SURNOM : absolument aucun si ce n'est mars, selon ses camarades d'école primaire, parce qu'il était toujours sur une autre planète.
STATUT : célibataire endurci, incapable de construire une relation sérieuse à cause d'une sévère peur de l'abandon.
MÉTIER : professeur d'université, à la tête du département Histoire de l'Art de l'Université du Queensland.
LOGEMENT : #70 spring hill (loft)

POSTS : 585 POINTS : 90

ORIENTATION SEXUELLE : J'aime les jolies filles.
PETIT PLUS : revenu à Brisbane en juillet 2018, après avoir vécu plusieurs années à Paris ☽ adorateur de la culture française ☽ fait de l'aviron depuis son adolescence ☽ a eu un accident de moto en novembre 2012 ☽ a été le tuteur légal de sa nièce pendant plus de deux ans ☽ passionné d'histoire de l'art, fasciné par l'époque moderne (not. impressionnisme, surréalisme) ☽ engagé auprès de l'UNESCO, il milite pour l'éducation des enfants dans le monde et a participé à quelques missions humanitaires ☽ ne supporte pas l'ennui, ne reste jamais inoccupé.
UN RP ? : Pas dispo pour le moment.
RPs EN COURS :


tommy #2evie #3jamiethomas #2milena #2joanne #2
RPs EN ATTENTE : scarlett ☽ jill ☽ violet
RPs TERMINÉS :

evie #1milena #1thomas #1eva #1tommyarianeevent halloweenevie #2joanne #1
PSEUDO : astéria
AVATAR : michael fassbender
CRÉDITS : shiya (av), astra (code sign), loonywaltz (ub)
DC : sophia caldwell #liguedesweasley
INSCRIT LE : 28/06/2018
http://www.30yearsstillyoung.com/t20479-fire-meet-gasoline-marius http://www.30yearsstillyoung.com/t20524-echoes-from-the-past-marius#806830 http://www.30yearsstillyoung.com/t20525-marius-warren#806831 http://www.30yearsstillyoung.com/t21579-marius-warren#870738

MessageSujet: white christmas (evius)   Lun 17 Déc - 22:41



white christmas
Evius


Les fêtes de fin d'année, très peu pour moi. Non pas que je sois contre l'atmosphère joyeuse et bienveillante des chaleureuses journées australiennes, ni contre les contes et légendes de Saint Nicolas prêt à troquer son costume épais contre un simple maillot de bain, ou encore contre les cadeaux délicatement empaquetés des enfants (petits ou grands). Non, ce qui m'avait toujours tenu à l'écart de cette période tant aimée par la majorité, c'était l'obligation familiale du repas de la veille de Noël autour d'une bonne dinde laquée, que ma mère prenait plaisir à faire cuire de longues heures durant. Année après année, l'histoire se répétait : dans une louable bonté, ma mère espérait naïvement que la douceur de cette période angélique puisse réconcilier les coeurs meurtris de ses enfants ennemis. Jamais, quand bien même l'un d'entre nous osait prétexter un empêchement de dernière minute, nous n'avions osé contredire cet espoir qui la tenait éveillée. Jamais, en dépit même de la haine qui nous liait avec Tommy depuis quelques années, nous n'avions assumé aux yeux de nos aïeuls cette relation qui avait, malgré elle, contaminé le reste de la fratrie. Et si j'exécrais la manière dont mon cadet, bientôt suivi de Scarlett, considérait mes parents, je n'aurais encore d'autre choix cette année que de supporter la situation sans dire mot. Pour cette hypocrisie ambiante, je redoutais les fêtes de fin d'année pour laquelle je m'étais défait, depuis mon retour à Brisbane, de l'excuse légitime d'absence qui m'avait servie lors de mon séjour en France. Cette année cependant, pour la première fois et ceci défiant toute logique, j'éprouvai une certaine excitation à l'approche du premier week-end de Noël et de ce samedi, particulièrement, que j'avais réservé à une invitée spéciale.

Au rythme des carillons des plus célèbres chansons de Mariah Carey, Michael Bublé et autres Bing Crosby ou Frank Sinatra, le marché de Noël battait son plein. Se frayer un chemin parmi la foule de curieux amassés autour des chalets plantés là pour l'occasion relevait d'une prouesse sportive - et c'était sans compter sur la tentation des douceurs sucrées effleurant les narines des plus gourmands et sur les produits authentiques voués à remplir, tardivement, la hotte de Santa. L'ambition heureuse d'un repas savoureux ébranlée par l'agacement provoqué par la foule, c'est les bras chargés de sacs en papier chartés du meilleur traiteur de la ville que j'arrivai enfin à destination. Dans mon loft, aucun sapin ne trônait fièrement ; il n'y avait pas ni chaussettes accrochées, ni figurines enfantines à l'effigie de Casse-Noisette. A minima, parce que Beth ne m'avait pas vraiment laissé le choix, deux ou trois guirlandes lumineuses éclairaient le salon d'un blanc chaud offrant un chemin tout tracé vers une pièce adjacente : un bureau, que j'avais secrètement transformé, pour l'occasion, en un lieu particulier pour mon invitée du soir : Evie. Car si la tradition de fin d'année des Warren me laissait de marbre, j'espérais briser la malédiction en offrant à mon amie un cadeau qui lui réchaufferait le coeur - et donc, par extension, le mien. C'était un pari risqué de juger qu'une telle surprise puisse l'aider à surmonter la douleur que cette période lui imposait, mais je comptais aussi sur la dinde à la sauce aux cranberries et la Christmas pie du chef Porthos O'Neill. Les effluves sucrées-salées de ce plat typiquement australien accompagné de quelques petites pommes de terre au four embaumaient le loft, me titillant dangereusement les papilles. Je n'étais pas un bon cuisinier, mais j'appréciais la bonne gastronomie, dont ce plat faisait évidemment partie. Rigoureusement disposée sur de la porcelaine au liseré doré, la dinde n'attendait plus que ses clients. J'eus à peine le temps de contrôler la décence de ma barbe de quelques jours dans le miroir du hall d'entrée, de réajuster nerveusement mon veston de couturier et ma chemise banche que la sonnette retentit. Une bouffée d'oxygène plus tard, j'ouvris la porte d'un air trop serein pour être honnête. « Mademoiselle. » Un sourire plus sincère vint soudainement dérider mon visage.

@Evelyn Pearson j'ai pas pu attendre bien longtemps





— and you can say what is or fight for it, close your mind or take a risk.

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Evelyn Pearson
la "fille de"
la
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ÂGE : 34 ans (21.09.85)
SURNOM : evie par la majorité, frankie par sa mère
STATUT : éternelle célibataire, paradoxalement pas intéressée par la vie de couple et le mariage
MÉTIER : calligraphe de formation, wedding planner par vocation (agence située dans la périphérie de spring hill, et qui porte son nom, tout simplement)
LOGEMENT : #32 logan city, colocataire de chad taylor

POSTS : 3220 POINTS : 305

ORIENTATION SEXUELLE : J'aime les beaux garçons.
PETIT PLUS : de retour en ville depuis fin 2017 ◦ fille de kai pearson, membre des queensland reds|wallabies, décédé lors de la CDM de rugby '91 ◦ londonienne d'adoption ◦ diplômée en arts graphiques, passionnée par la calligraphie ◦ listeuse compulsive ◦ rapports tendus avec sa mère, celie pearson, créatrice de la fondation pearson ◦ control-freak, réservée sur ses émotions ◦ travailleuse, réputée dans son domaine ◦ n’a jamais remis les pieds dans un stade, hait le sport ◦ catholique, a effectué sa scolarité dans un ensemble catholique privé pour cause de mauvais comportement ◦ sans permis ◦ féministe
UN RP ? : Seulement si nous avons un lien.
RPs EN COURS :
MARIUS#3 ◦ i can't decide if it's a choice, getting swept away, i hear the sound of my own voice, asking you to stay. and all we are is skin and bone trained to get along, forever going with the flow, but you're friction. this slope is treacherous, this path is reckless, and i-i-i like it.


MATTEO#3 ◦ when life leaves you high and dry, i'll be at your door tonight, if you need help. i'll shut down the city lights, i'll lie, cheat, i'll beg and bribe, to make you well. when enemies are at your door, i'll carry you away from war, if you need help. your hope dangling by a string, i'll share in your suffering, to make you well.

joanne#3owen#4jamie#1chad#2kelly [7/8]

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(2017) ettie#1
(2016) maze#1
PSEUDO : ssoveia
AVATAR : meghan markle
CRÉDITS : ©dublín (av) ◦ ©rogers&cherrylipsandroseycheeks (code sign&gifs) ◦ ©loonywaltz (userbars)
DC : yasmine khadji
INSCRIT LE : 12/02/2018
http://www.30yearsstillyoung.com/t18595-evelyn-sorry-i-m-too-busy-pinning-organization-ideas-on-pinterest http://www.30yearsstillyoung.com/t18638-evelyn-speak-now http://www.30yearsstillyoung.com/t19681-evelyn-pearson http://www.30yearsstillyoung.com/t18899-evelyn-pearson

MessageSujet: Re: white christmas (evius)   Mer 2 Jan - 22:13


white christmas
evius#3


Un soupir hachuré s’échappa des lèvres peintes en vieux rose d’Evelyn quand, s’observant distraitement dans le miroir de sa coiffeuse, elle apposa la dernière touche à son maquillage léger. Un coup de mascara plus tard, donnant à son regard plus de profondeur, et elle estima qu’il était inutile d’en faire davantage sous peine de verser dans le vulgaire. Qui plus est, très peu encline à fondre comme neige au soleil, elle referma poudrier et flacons. Car en cette longue soirée d’été, la température extérieure promettait de battre des records. Pendant qu’elle entendait les murmures mélodiques de Chad qui, plutôt talentueusement finalement, reprenait en sourdine un grand classique de Noël, elle se répéta pour la centième fois de l’année que, la part londonienne qui demeurait en elle désormais, avait décidément beaucoup de mal à se réacclimater à ce contraste saisonnier. L’hiver, le vrai, celui qui accompagnait cette période de l’année presque partout ailleurs, lui manquait. Saisie par ce constat, la jeune femme se leva doucement de sa chaise, et du bout des doigts, replaça une mèche de sa demi-queue un chouïa rétro. Elle la fixa avec une épingle dénichée sur le plateau de sa coiffeuse, puis réajustant le corsage de sa robe fourreau, dentelée et de couleur sombre, pourpre plus précisément, pour parer à l’éventualité d’une chute d’un verre quelconque, elle jeta une rapide œillade au réveil posé sur sa table de chevet. Avant de faire un geste de plus, se sachant largement en avance sur le programme qu’elle avait mis en place pour respecter l’horaire imposé par son hôte, elle marqua un temps, tenant à faire rapidement le point sur l’état d’esprit qu’elle avait revêtu en même temps que sa tenue.

Ce serait le deuxième Noël qu’elle passerait en Australie – le temps avait filé à une allure depuis le mariage de sa petite sœur, ça lui donnait le tournis. Bien sûr, c’était sans compter les quelques dix huit autres qu’elle avait déjà eu l’occasion de fêter dans le passé, à l’époque où les célébrations de fin d’année représentaient l’épreuve la plus difficile qu’elle n’avait jamais eue à traverser. La disparition de son père l’ayant obligée à délaisser l’enthousiasme enfantin qui entourait le mois de décembre, c’est à l’adolescence que les choses s’étaient ancrées en elle, affirmant son désamour pour cette fête en particulier. Elle avait toujours vécu les préparatifs et les messes de minuit avec un détachement volontaire, et évidemment, borné. Elle n’y mettait jamais du sien, préférant foncer tête baissée pour organiser son avenir sans se soucier des traditions qui prévoyaient de célébrer en grandes pompes la naissance du Messie. Très souvent, elle s’était attiré les foudres des bonnes sœurs de son école, mais aussi celles de ses amis qui l’avaient souvent accusée de gâcher l’esprit de Noël avec sa morosité, pourtant justifiée. Assez curieusement, sa mère avait cessé de se battre avec elle à ce sujet, l’autorisant à passer le réveillon comme elle le souhaitait, mais insistant néanmoins pour qu’elle se joigne au brunch matinal du lendemain qu’elle organisait pour le clan et leurs employés, conviés gracieusement aux célébrations, et recevant des présents qu’ils méritaient sans débat nécessaire, petites fourmis du domaine sur lequel ils vivaient tous, sans exception. En vérité, c’était Londres qui l’avait timidement réconciliée avec le mois de décembre. Elle avait découvert l’ambiance hivernale, une brusque plongée dans les contes qu’elle rêvait de pouvoir illustrer lorsqu’elle était encore persuadée que son Destin se jouerait derrière les esquisses des fusains et des pastels qu’elle maniait alors avec expertise. Loin de son Australie natale, elle avait apprécié la brume glaciale qui, chaque année au même moment, tombait sur la ville en rideau épais. La liste de ses choses préférées était interminable : les illuminations splendides qui donnaient à la grande ville des allures de village féérique, les chutes de neige et de gel qui faisaient ressembler les toits pentus à des maisons en pain d’épices, les odeurs d’aromates de saison, de cacao et de sucre qui réveillaient la gourmande qui, malgré son innocence rapidement perdue, sommeillait toujours en elle, cloîtrée quelque part entre ses craintes et ses déceptions, l’excitation attendrissante de Neal qui lui faisait promettre de ne pas dépenser trop pour son cadeau, mais qui ne respectait pas la réciproque en la gâtant, les chants de la chorale de l’église de son quartier qu’elle entendait depuis sa fenêtre derrière laquelle elle se tenait pudiquement… toutes ces petites choses qu’elle avait chéries pendant près de quinze années, elle les avaient laissées de côté pour retrouver ce qu’elle avait tant détesté à un moment donné : la chaleur étouffante de l’été australien, les récits des repas familiaux déclamés par ses amis qui avaient encore leurs deux parents, les expéditions chagrines au centre-commercial pour aider ses sœurs à trouver le cadeau parfait pour leurs petits amis de l’époque, sa mauvaise humeur en cette période, la sensation de passer à côté de quelque chose dont elle ne voulait pas faire partie, trop éprouvée et marquée par les Noël passés avec son père – des Noël parfaits en tout point, que la célébration d’autres ne feraient qu’effacer, pensait-elle naïvement, aujourd’hui encore. A ce catalogue de supplices s’ajoutait une entrée de plus, cette année : le chantage de Celie à la faire participer à ses petites sauteries pour étouffer le scandale qui avait bien failli éclater, quelques semaines plus tôt, et qui la contraindrait à participer à la messe de minuit, et au traditionnel brunch qu’elle redoutait déjà. Un autre soupir lui souleva la poitrine.

Ce n’était pas le moment de revoir sa copie, et de se maudire d’avoir cédé à la mélodieuse voix de la sirène Celie pour protéger ses arrières, mais pas seulement. Les regrets n’étaient pas son fort de toute façon, et puisque le second protagoniste de cette malheureuse histoire l’attendait pour dîner, elle décida de rompre avec ses élans introspectifs pour chausser ses escarpins, rassembler sa veste classieuse, le paquet cadeau qu’elle réservait au jeune homme qui l’attendait, et sa pochette, pour enfin lever le camp. Son taxi l’attendait déjà devant la maison, et alors qu’elle demandait son avis à Chad sur sa tenue, puis qu’elle lui souhaitait bon courage pour la garde qu’il débuterait bientôt en lui soufflant un baiser faussement badin, l’empressement supplanta la nervosité qui tentait de se frayer un chemin au milieu de ses bonnes résolutions. S’il y avait bien quelqu’un qui comprenait ses réfractions à fêter Noël en Australie, c’était Marius ; il avait vécu en Europe, et elle savait qu’il partageait sa vision des fêtes au moins de moitié, et ça la réconfortait de faire partie de ce petit club. Aussi, son invitation était tombée comme une délivrance, quand elle s’était imaginée vivre ces prochains jours avec la boule au ventre, libérant les craintes qu’elle nourrissait depuis leur dernière rencontre, soulageant la pression constante qui pesait sur cette partie de son être dans laquelle elle évitait soigneusement de trifouiller. Elle avait ressenti quelque chose l’autre fois, outre la honte cuisante d’avoir gâché le moment qu’ils avaient partagé, et qui semblait si prometteur avant sa bévue, et l’irruption désagréable d’un photographe. Ce soir, les choses se passeraient autrement, elle le sentait. En tout cas, bien décidée à rattraper le tir, et à mettre de côté sa nostalgie en profitant du moment qu’il lui offrait volontiers, Evelyn y mettrait tout sa bonne volonté, et tandis qu’elle réglait sa courte course au chauffeur qui lui souhaita une douce soirée, elle s’extirpa de la voiture pour s’avancer vers l’immeuble qu’elle convoitait, non sans jeter un regard prudent derrière elle, et serrant tout contre sa poitrine, le cadeau qu’elle avait emporté ; un nécessaire d’écriture de luxe – papier à lettre et enveloppe de très grande qualité et stylo-plume chromé – qu’elle avait déniché avec soin, et qui lui paraissait très à propos.

Elle activa le carillon de la porte vers laquelle elle s’était dirigée, passant par l’ascenseur, et profitant de son miroir pour vérifier une dernière fois la tenue de ses cheveux. Elle n’aurait su dire si elle était plus nerveuse qu’impatiente à ce moment précis, toujours est-il que son cœur lui remonta dans la gorge quand la porte s’ouvrit sur elle, et que ses yeux se posèrent sur un Marius souriant « Professeur. » répondit-elle en parfait écho, inclinant la tête avant de se redresser sur ses talons, et ignorant son envie de le toiser pour consigner son élégance. Doucement, elle leva les mains vers le haut, son petit paquet cadeau posé en travers, elle lui tendit avec offrande « Ce n’est pas grand-chose, et je t’autorise même à ne pas l’ouvrir tout de suite pour préserver le suspense jusqu’au jour-J. » Elle lui sourit « Mais j’y tenais, c’est la tradition. » Elle le laissa prendre ce qu’elle lui offrait, et après y avoir été autorisé, elle fit un premier pas pour pénétrer dans le loft du jeune homme. Après une accolade serrée, et un furtif baiser sur la joue, Evie lui souffla avec un sourire en biais « Joyeuse avant-avant-veille de Noël, Marius. »



it doesn't matter what people tell you. it doesn't matter what they might say. sometimes you have to leave home. sometimes running away means you're headed in the exact right direction.







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Marius Warren
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MessageSujet: Re: white christmas (evius)   Jeu 10 Jan - 18:40



white christmas
Evius


Comme à son habitude, Evie était sublime. Je m’efforçai de ne pas tomber dans le regard pathétique d’un homme subjugué par la beauté naturelle et, quelque part, impertinente qu’elle dégageait des pieds à la tête en me focalisant sur les traits de son visage. En dépit des tristes souvenirs que cette période réveillait en elle, la néo-zélandaise semblait étonnamment heureuse – nonobstant une once de nervosité que j’associai volontiers à notre rendez-vous. Depuis nos retrouvailles, aussi troublantes eussent-elle été, chacune de nos entrevues éveillait en moi d’étranges sensations, chaque fois plus intenses. Voilà seulement quelques mois qu’elle avait mis fin à la distance jadis imposée par nos vies respectives, celle-là même que j’avais aujourd’hui l’impression de n’avoir jamais vécue. Nos lettres manuscrites n’étaient plus que les fondations d’un édifice qui ne cessait de grandir comme la construction inachevable d’un architecte aux idées grandioses. Raillant la fébrilité de nos détracteurs respectifs – et ils étaient nombreux, à l’instar du paparazzi qui avait depuis fait couler beaucoup d’encre dans les tabloïds de la région, nous érigions une relation qui n’appartenait qu’à nous. Pour l’heure, si je ne parvenais pas à définir le lien si particulier qui nous liait, son importance ne cessait de croître ; plus encore qu’une admiration réciproque, notre récente proximité avait électrisé nos échanges. Mon pouls s’accéléra sensiblement au premier regard qu’elle m’adressa, comme une brusque montée d’adrénaline aussitôt calmée par sa voix douce et intimidée. J'accueillis avec surprise le présent qu’elle me tendait fièrement, opinant du chef à la suggestion de mon invitée. « Tu peux compter sur moi. » Je la gratifiai d'un sourire confiant, quand bien même je trépignais secrètement d'impatience à l'idée de découvrir sur quel cadeau son coeur s'était porté. « Je ne voudrais pas déroger aux traditions. » ajoutai-je ironiquement en faisant un pas de côté, invitant naturellement Evie à entrer chez moi. Les bras enroulés autour de la wedding planner, je la remerciai sincèrement pour le mystérieux présent qu'elle venait de m'offrir. « Merci Evie. » Un baiser furtif sur la joue plus tard, je poursuivis d'un air malicieux : « J'ai moi aussi un cadeau pour toi, mais il faudra patienter un peu. » Il y avait de quoi éveiller sa curiosité. C'était un présent assez particulier, qu'elle ne pourrait tenir entre ses mains mais grâce auquel j'espérai qu'elle reparte d'ici l'esprit chargé de doux souvenirs.

Pour l'heure, nous nous installâmes sur le bar de ma cuisine ouverte, sur lequel je disposai deux larges verres à pied prêts à accueillir un bel elixir. De part et d'autre du plan de travail taillé dans du bois sombre, de minuscules verrines n'attendaient que d'être dégustées comme les prémices d'un repas de roi. Le traiteur, un petit gars de la ville devenu le chef étoilé à la tête de plusieurs restaurants gastronomiques à travers le pays, savait tant jouer sur les papilles que sur les pupilles ; je n'avais pas le moindre doute quant au fait que nous allions nous régaler, non. Ce que je craignais par dessus-tout, c'était d'avoir omis quelque détail que ce soit dans la salle à manger qui nous tiendrait lieu de réception. Silencieusement, je profitai du furtif instant de concentration que le versement du grand cru français dans nos verres à pied supposait pour relativiser : j'allais passer une excellente soirée, en excellente compagnie. Et il suffisait de croiser le regard sombre d'Evie pour que mes interrogations disparaissent pour en faire apparaître de nouvelles, ma foi bien plus agréables. Mes joues se fendirent d'un sourire fasciné et alors que je m'apprêtais à porter un toast à cette soirée, un éclair jaillit dans mon esprit. Je reposai mon verre sur le comptoir, sans le lâcher, et pris une seconde de réflexion. « Je n'ai plus envie d'attendre. » lançai-je sans maitriser la portée et le double sens, peut-être encore inconscient, de mes propos. Je fis le tour du bar de ma cuisine et tendis mon bras, galamment, à une Evie quelque peu perturbée. « Madame, me feriez-vous l'honneur de m'accorder cette ... courte flânerie ? » Evie glissa son bras dans le mien et, tandis que mon coeur battait la chamade, nous rejoignîmes la double porte close de la pièce adjacente. « Ton cadeau se trouve juste derrière cette porte. » annonçai-je distinctement, espérant que le grain de ma voix ne trahisse pas mon brusque état de stress. J'avais passé de longues heures, échelonnées sur ces derniers jours, pour mettre en scène la surprise qu'elle s'apprêtait à découvrir avec, je l'espérais, des yeux émerveillés. Naturellement, je glissai une main encourageante dans son dos et me mis en retrait, attendant impatiemment qu'elle actionne la poignée. Je respirai nerveusement une fois, deux fois, tr... quand elle poussa enfin les battants. Les quatre murs blancs, dévêtus de leurs tableaux de maître, n'affichaient plus que la projection animée d'une forêt enneigée sous les faisceaux lunaires d'une veillée de Noël européenne. « Décembre sous la neige te manquait, alors j'ai essayé de te l'amener. » Sur la table dressée, au centre de la pièce, des dizaines de bougies éclairaient les branches de de sapin, pommes de pin et autre vaisselle raffinée disposée sur des rondins de bois. Je n'avais pas vraiment de mérite sur ce coup là puisque les idées étaient tirées d'un magazine de déco feuilleté chez ma soeur, mais j'étais assez fier du résultat. Et puis, au fond de la pièce, au-dessus de la banquette contemporaine sur laquelle de nombreux coussins étaient toujours disposés, le clou du spectacle : du plafond (ou plutôt d'un petit souffleur mécanique acquis pour l'occasion), de faux flocons de neige tombaient lentement. « Joyeuse avant-avant-veille de Noël, Evie. » soufflai-je doucement à son oreille.





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MessageSujet: Re: white christmas (evius)   Dim 13 Jan - 14:58



white christmas
evius#3


« Attends au moins de l’avoir ouvert pour me remercier. » Qui sait, peut-être que son choix de présent n’était pas le bon. Sur ce coup-ci néanmoins, Evelyn faisait entièrement confiance à son intuition, jusqu’à présent, elle ne l’avait jamais déçue. Ne pouvant s’en empêcher, elle fit danser ses sourcils bien dessinés, jouant le suspens avec pointe de malice alors qu’elle s’engouffrait timidement dans le hall d’entrée de Marius. Se dévissant le cou pour ne rien manquer de ce qui se dressait sur son passage, c’est tout en déboutonnant sa veste que, soufflée par le bon goût de son hôte, mais n’en étant pas plus étonnée à cause de ses fonctions, et surtout le connaissant suffisamment pour savoir que les jolis meubles et prestations de bonne facture étaient importants pour lui, qu’elle murmura – plus pour elle-même que pour le jeune homme, d’ailleurs « C’est magnifique ici. » Aussi rapidement, l’oreille attirée par ses paroles, elle se retourna vers lui. Marchant à reculons, les talons de ses escarpins cliquetant contre le sol immaculé, elle le pointa d’un doigt faussement accusateur, revêtant une mine joueuse lorsqu’il lui révéla avoir lui aussi un cadeau pour elle. Evie marqua un temps dans sa course, et inclina la tête sur le côté lorsqu’il arriva à son niveau « Patienter un peu ? Pourtant, je croyais t’avoir déjà parlé de mon principal défaut qui est, je te le donne en mille, l’impatience. Si je suis venue pour être torturée, dis-le-moi tout de suite, j’ai de quoi te rendre la pareille – je peux ? » Et, consciemment ou pas, c’est tout doucement qu’elle retira sa veste pour rendre justice à la tenue qu’elle avait pris soin de choisir plusieurs jours à l’avance, et dans laquelle elle se trouvait plutôt séduisante en dépit de la position qu’elle avait occupé dans son top cinq avant de faire, le matin-même, une entrée fracassante à la première position.

Après avoir résolument tendu veste et pochette à Marius, Evelyn réajusta une mèche de cheveux qu’elle repoussa dans son dos, puis elle vérifia la dentelle de son décolleté pour mieux, l’air de rien, lui fausser compagnie en lui tournant le dos. S’enfonçant plus loin dans la pièce qu’ils rejoignirent, non sans oublier de rouler un peu des hanches pour accentuer sa démarche, elle observa encore un peu les détails de la décoration, tous subtils, et reflétant la personnalité de l’homme à qui elle adressa un regard un biais après quelques instants. Tandis que, flanqué derrière un plan de travail impeccablement arrangé, Marius s’apprêtait à leur servir un verre, c’est avec un sourire en coin qu’Evie s’approcha pour lui faire face – même si séparés par l’îlot central sur lequel elle posa ses mains fraîchement manucurées « Fais attention avec ça, ça peut faire des dégâts. » Malgré le chantage de sa mère, malgré ses leçons de moral, Evelyn avait décidé de considérer l’incident du champagne comme une anecdote. Le rire qui s’échappa de ses lèvres témoignait de la façon dont elle avait réussi à relativiser à ce propos, même si ça avait été difficile, même si ça le serait encore parfois, transie de honte et du regret d’être incapable de rendre les choses plus naturelles entre eux. Car d’habitude, elle perdait tous ses moyens en sa présence. Ce n’était sans doute pas évident pour lui, mais c’était la raison pour laquelle leurs précédentes rencontres s’étaient soldées par des désastres. Ne sachant jamais à quoi s’attendre, elle avait failli à tous ses élans de contrôleuse-née, enchaînant les bourdes, oubliant parfois de respirer. Cette fois, bien qu’un peu nerveuse, elle s’octroyait le droit de prendre la main, et ça passait par le charmer un peu. Rien de bien sérieux au demeurant, juste de quoi faire perdurer la tension saine qui résultait de leur proximité presque trop lascive de la dernière fois. Son regard vrilla pour crocheter le sourire qu’il venait de lui renvoyer, et elle se rendit compte à quel point l’idée qui lui avait frôlé l’esprit la dernière fois lui paraissait encore trop ravissante pour qu’elle n’en soit pas troublée. Enfin tout ça, c’était avant que Marius ne reprenne la parole, et que déconcertée par son changement de ton, occupée à anticiper, son cœur tressauta « Je te demande pardon ? » lui demanda-t-elle dans un accent définitivement plus anglais qu’australien, les yeux ronds comme des soucoupes et les cils battant à intervalles réguliers. Elle ne s’en aperçut pas, mais elle s’était raidie, son corps se préparant à quoi, elle ne le savait pas, mais l’électricité qui l’anima soudain la surprit autant que le bras que le jeune homme lui présenta, et qu’elle harponna dans un rire supposé chasser l’expression mi-expectative mi-effarée qui avait traversé son visage le temps d’une demi-seconde « Ne me dis pas que c’est un poney ? J’ai toujours rêvé d’en avoir un, tu t’exposes à beaucoup de déception si ce n’est pas ce que tu me réserves. » voulut-elle plaisanter, alors que son cerveau tournait à plein régime, les doigts crispés autour du bras de Marius qu’elle couvait d’un regard en coin.

Evie le lâcha prudemment. La nervosité qu’elle avait tenté de remiser en arrivant chez le jeune homme se transforma définitivement en impatience. Elle se mordit brièvement la lèvre, coinça ses cheveux à deux mains derrière ses oreilles, puis secouant la tête pour se donner un peu de courage, elle actionna les poignées de portes indiquées par Marius. Ce fût comme si, sitôt les portes ouvertes, une force invisible et irrésistible lui ordonnait de s’avancer au centre de la pièce à vivre. Sans doute pour vérifier si ce qu’elle voyait était vrai, si elle n’imaginait pas les nuances givrées qui dansaient sur les murs et l’orangé des bougies qui réchauffaient l’atmosphère féérique dans lequel elle avait brusquement été projetée. Elle en avait vu de jolis décors, elle en avait même créé certain, dénichant des idées dans les revues spécialisées, comptant sur sa créativité débordante pour contenter les caprices de ceux qui l’engageait. Mais celui dans lequel elle avait atterri avait l’authenticité d’une longue journée enneigée dans les rues de Londres quand, derrière la fenêtre de son appartement, elle regardait les rues se transformer sous ses grands yeux chocolat. La bouche entrouverte, le regard attiré par beaucoup trop de choses à la fois, elle frissonna tout à coup. Sentant une légère poussière lui frôler les bras, elle leva la tête pour recevoir de fins flocons de neige artificielle sur le bout de son nez qu’elle fronça en souriant béatement. Se nichant dans ses cheveux et dans le creux de son cou, elle ne chassa pas les flocons, contentée par cette sensation grisante qui lui avait fait davantage apprécier Noël ces dernières années.

« Mais c’est beaucoup trop, tu n’aurais pas dû. » répondit-elle à Marius qu’elle sentait derrière elle, sa voix résonnant doucement, son souffle caressant son oreille, sa chaleur se mêlant aux frissons provoqués par le contact de la neige artificielle sur sa peau, et par l’émotion qui la dévora toute entière. Elle eut du mal à détacher son regard des détails qu’elle tentait de mémoriser pour plus tard, quand elle raconterait à ses neveux et nièces comment elle s’était retrouvée au milieu d’un décor de conte de fées – Nell l’envierait probablement, et lui demanderait de lui répéter inlassablement cette nouvelle histoire. Cependant, elle s’y résigna. Se retournant enfin vers Marius, les mots lui manquèrent, et la bouche toujours entrouverte, elle faillit lui exprimer toute sa reconnaissance pour cette si jolie attention qu’elle n’oublierait pas de sitôt. Elle leva une main pour la poser sur son épaule, cherchant à s’équilibrer pendant qu’elle essayait plusieurs fois de lui faire savoir combien ça la touchait ; elle échoua à chaque fois que sa tournure de phrase était trop guindée, ou au contraire trop chargée en émotions. Evelyn secoua trop de fois la tête pour remettre de l’ordre dans ces mots qui se bousculaient dans son esprit : elle reperdait la main, surprise par Marius avec qui elle échangea un regard, avant de se pencher délicatement, la main posée sur son épaule glissant jusqu’à se plaquer sur sa poitrine pour sentir que son cœur battait vite, puis elle posa ses lèvres sur les siennes ; reprenant ainsi, même si ce n’était pas calculé de cette manière à ce moment précis, le contrôle de la situation.



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Marius Warren
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ÂGE : la quarantaine tout juste passée (12 avril 1977).
SURNOM : absolument aucun si ce n'est mars, selon ses camarades d'école primaire, parce qu'il était toujours sur une autre planète.
STATUT : célibataire endurci, incapable de construire une relation sérieuse à cause d'une sévère peur de l'abandon.
MÉTIER : professeur d'université, à la tête du département Histoire de l'Art de l'Université du Queensland.
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ORIENTATION SEXUELLE : J'aime les jolies filles.
PETIT PLUS : revenu à Brisbane en juillet 2018, après avoir vécu plusieurs années à Paris ☽ adorateur de la culture française ☽ fait de l'aviron depuis son adolescence ☽ a eu un accident de moto en novembre 2012 ☽ a été le tuteur légal de sa nièce pendant plus de deux ans ☽ passionné d'histoire de l'art, fasciné par l'époque moderne (not. impressionnisme, surréalisme) ☽ engagé auprès de l'UNESCO, il milite pour l'éducation des enfants dans le monde et a participé à quelques missions humanitaires ☽ ne supporte pas l'ennui, ne reste jamais inoccupé.
UN RP ? : Pas dispo pour le moment.
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MessageSujet: Re: white christmas (evius)   Jeu 24 Jan - 20:19



white christmas
Evius


En dépit d'un quotidien toujours plus rempli de diverses activités intellectuelles et sportives, je cultivais précieusement les vertus de la patience depuis l'enfance. Prendre le temps de comprendre un problème de mathématiques, attendre le bon moment pour demander quelque chose à ses parents, pour avouer ses sentiments à la femme de sa vie, espérer que son petit frère ne quitte pas le droit chemin, essayer de le ramener à la raison, et puis... outrepasser cette vertu. Toute ma vie, j'avais fièrement récolté les fruits d'une patience qui, in fine, m'avait toujours desservi. Je devais cette prise de conscience à mon meilleur ami Thomas, que j'admirai d'avoir courageusement fait volé sa vie en éclats pour renaître ensuite de ses cendres et devenir pleinement lui-même. Il en avait eu marre d'attendre et d'observer sa vie comme on regarde un train passer ; alors il avait bondi sur les voies ferrées et faisant fi des risques inconsidérés, avait stoppé la locomotive et bondi à l'intérieur de la cabine pour reprendre les commandes d'une vie qui lui était devenue étrangère. À la fin de son récit, alors que je m'interrogeai sur le déclic qui avait pu le pousser à sortir de sa zone de confort, Thomas m'avait confié l'origine même du mot patience : de la même famille que passion, ce terme est lié à l'idée de subir, résister, souffrir. Un débat s'ouvrit dans mon esprit : la patience, celle que je chérissais tant, n'était-elle qu'une souffrance en silence ? Des écrits de Rainer Maria Rilke, dans Lettres à un jeune poète me revinrent en mémoire : « Je vous prie d'être patient à l'égard de tout ce qui dans votre coeur est encore irrésolu, et de tenter d'aimer les questions elles-mêmes comme des pièces closes et comme des livres écrits dans une langue fort étrangère. Ne cherchez pas pour l'instant des réponses, qui ne sauraient vous être données ; car vous ne seriez pas en mesure de les vivre. Or, il s'agit précisément de tout vivre. Vivez maintenant les questions. Peut-être en viendrez-vous à vivre peu à peu, sans vous en rendre compte, un jour lointain, l'entrée dans la réponse. » Mise à rude épreuve, l'essence-même d'une qualité que je pensais vertueuse se diluait comme du sucre dans l'eau. Poussant davantage la réflexion, je parvins à la conclusion suivante : cultiver cette patience, avec tant d'application, était le meilleur moyen d'anticiper, et donc de contrôler, les imprévus susceptibles de jalonner mon parcours de vie. Pendant des années, je m'étais caché derrière une perception erronée : faire preuve d'impatience, aller au-devant des choses et les prendre à bras le corps sans trop considérer les risques n'était pas forcément mauvais. Cette remise en question avait non seulement nourri l'idée de mon retour à Brisbane, mais plus encore. Petit à petit, je faisais tomber les barrières profondément plantées sur le sol de mon enfance, perçant lentement une carapace autrefois hermétique à la vie, la vraie, avec ses inconnues. Et ce soir, avec Evie, j'y mettais les deux pieds.

Non, ma surprise ne comprenait aucun poney - les associations de défense des droits des animaux ne l'auraient sûrement pas permis et je n'étais pas vraiment doué avec les équidés. Mais j'espérais encore qu'elle soit suffisamment surprenante pour ne pas décevoir Evie, dont je devinais la nervosité à la crispation de ses doigts longilignes sur mon bras. Je lui adressai un regard en coin, tant pour obtenir son top départ que pour me donner du courage et une inspiration plus tard, elle découvrait la scène. Tel un marin tenant fermement le gouvernail de son bateau au coeur d'une mer agitée, ma main resta agrippée à la poignée de porte. Evie, quant à elle, s'avança timidement dans la pièce. Pendant quelques infinies secondes, son silence me plongea dans une profonde perplexité. Peut-être était-ce trop engageant, trop tôt, trop ambitieux, trop ... ? Le couperet tomba quand Evie, sublimée par les fins flocons de neige artificielle délicatement échoués sur ses cheveux sombres et le creux de ses épaules,  me le confirma de vive voix. Le regard assombri, cherchant à se perdre sur le sol, les mots me manquèrent. Mon cerveau sortit difficilement de sa torpeur, tournant brusquement à plein régime dans l'espoir de nous sortir de cette situation gênante quand sa main vint maladroitement se poser sur mon épaule. Soucieux de découvrir si cette soudaine proximité était de bonne augure, mon regard fut happé par le sien. Cet échange, plus fort que tous ceux que nous avions partagés, s'intensifia encore lorsque sa main vint se plaquer contre ma poitrine. Je retins mon souffle, suspendu à la moindre micro-expression de son visage - quand bien même je n'aurais su l'interpréter avec précision, quand ses lèvres vinrent me conter la plus belle histoire. D'une douceur sans pareille, elle fit battre la chamade à mon coeur et s'envoler toutes mes craintes. C'était surprenant et pourtant tellement naturel, que ça en était déstabilisant. Le pouls affolé, je soudai mes lèvres impatientes aux siennes pour sceller le lien que nous sentions s'établir entre nous. Un long frisson me parcourut l'échine, mon corps tout entier englouti par une vague d'émotions sans précédent. Nous nous embrassâmes lentement, délicatement, avec une infinie tendresse. Dans ce contact enivrant, mes mains rassurantes vinrent encadrer son visage angélique, profitant encore un peu de la douceur exigeante de ses lèvres fruitées. J'intensifiai un bref instant notre baiser, avec l'étrange sensation que nos âmes avaient toujours été soudées l'une à l'autre, avant de m'y dérober avec difficulté. Le souffle court, je profitai d'une seconde supplémentaire pour me recentrer - Evie était terriblement séduisante, mais des émotions plus intenses encore que notre indicible attirance se bousculaient en moi. C'était affolant, inquiétant, mais tellement exquis que je peinai à me délier d'elle : doucement alors, je fis courir ma main sur son dos et rouvris les yeux. Tout ce que je venais de vivre était bien réel, authentique : Evie se tenait là, aussi radieuse - et plus encore - qu'au premier jour, ses talons regagnant enfin le sol. D'un léger mouvement de recul, j'instaurai une mince distance entre nous pour lui adresser un rictus discret mais ô combien sincère. À cet instant précis, je ne sus quels mots employer. Peut-être parce qu'il n'y avait rien à dire, parce que le moment se suffisait à lui-même et parce que, pour une fois, notre impatience nous avait offert un merveilleux souvenir. Je restai alors sans voix pendant quatre ou cinq secondes, bientôt gagné par le sentiment heureux d'être exactement là où je devais être. « En tous cas pour moi, ça vaut bien plus qu'un poney. » finis-je par souffler avec une pointe d'ironie, consciemment gagné par une émotion qui me dépassait.





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Evelyn Pearson
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PETIT PLUS : de retour en ville depuis fin 2017 ◦ fille de kai pearson, membre des queensland reds|wallabies, décédé lors de la CDM de rugby '91 ◦ londonienne d'adoption ◦ diplômée en arts graphiques, passionnée par la calligraphie ◦ listeuse compulsive ◦ rapports tendus avec sa mère, celie pearson, créatrice de la fondation pearson ◦ control-freak, réservée sur ses émotions ◦ travailleuse, réputée dans son domaine ◦ n’a jamais remis les pieds dans un stade, hait le sport ◦ catholique, a effectué sa scolarité dans un ensemble catholique privé pour cause de mauvais comportement ◦ sans permis ◦ féministe
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MARIUS#3 ◦ i can't decide if it's a choice, getting swept away, i hear the sound of my own voice, asking you to stay. and all we are is skin and bone trained to get along, forever going with the flow, but you're friction. this slope is treacherous, this path is reckless, and i-i-i like it.


MATTEO#3 ◦ when life leaves you high and dry, i'll be at your door tonight, if you need help. i'll shut down the city lights, i'll lie, cheat, i'll beg and bribe, to make you well. when enemies are at your door, i'll carry you away from war, if you need help. your hope dangling by a string, i'll share in your suffering, to make you well.

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MessageSujet: Re: white christmas (evius)   Sam 26 Jan - 14:24



white christmas
evius#3


Evelyn se revoyait, à peine deux ans plus tôt. Dans son esprit, tout était aussi précis qu’une esquisse qu’elle avait eu à cœur de tracer elle-même sur cette toile immense qu’elle avait alors à sa portée, poussée par le respect de ceux qu’elle admirait, fascinée par le prestige qui entourait la réputation de l’illustre Marius Warren. Elle savait combien il était facile de succomber au tumulte entourant une personnalité aussi controversée que celle du professeur qu’il était, et parce qu’elle avait été captivée par ses travaux, plus encore que par la courte biographie qui vantait maladroitement ses mérites sur la page web du Panthéon-Sorbonne, elle s’était laissé tenter par l’imprévu. Son français n’était pas mauvais et Paris lui était toujours apparut comme une option acceptable, au moins pour le temps d’un séjour, elle qui se fondait si bien dans la masse des londoniens de souche. Les yeux posés sur l’écran de son ordinateur, les lèvres réduites en une ligne mince, traduction de son application à prendre la meilleure décision, elle ne s’était pas laissé le loisir de réfléchir davantage, quand soudain ses pupilles avaient sciemment détaillé la photo qui illustrait la fameuse biographie. Puisque le temps le lui permettait à ce moment-là, elle avait précipitamment bouclé un sac de voyage, enthousiasmée à l’idée d’assister à la conférence qui avait confirmée une chose qu’elle savait déjà dans le fond : Marius avait quelque chose, une aura qui la touchait à des niveaux aussi différents que contradictoires et qui, plus saisissante encore dans la réalité du moment dans lequel elle s’était propulsée de bon grès, lui avait donné envie de creuser pour explorer les secrets qu’il semblait préserver derrière ce masque de rigidité qu’on lui reprochait de porter, et qui à ses yeux, n’avait rien d’un défaut rédhibitoire, au contraire. Il fallait qu’elle sache ce qui l’avait amené à quitter leur Australie natale, percer le mystère qui, avec lui, n’amenait pas seulement la convoitise des curieux de passage comme elle, mais celle des élèves se bousculant devant son bureau – quelque part, elle avait eu le besoin vital de confirmer qu’elle n’était pas la seule à avoir fui.  
Ses élèves, c’était leur faute si elle avait battu en retraite. Alors, envieuse d’obtenir un petit bout de ce quelque chose qui la tentait terriblement, elle était partie en quête du meilleur moyen à adopter – son attention décuplée lors de la conférence n’avait pas suffi, les regards instinctifs qu’ils avaient échangés non plus, mais dans une salle aux dimensions aussi vastes, le contraire aurait été surprenant. Trop frustrée par sa retenue à l’aborder dans cet amphithéâtre bondé, elle avait finalement fait un premier pas en se renseignant sur ses coordonnées et rapidement, la première lettre avait suivi. Ça avait été un jet unique, bien qu’empressé pour maintes raisons. Une calligraphie inscrite en elle comme la couleur de ses yeux sombres et de ses cheveux qui l’étaient tout autant, et des mots qu’elle avait retenus si longtemps que les coucher sur le papier l’avait soulagée d’un poids qu’elle n’aurait jamais imaginer porter, et pourtant. Ce n’était plus quelque chose qu’elle faisait beaucoup à l’époque, toujours affectée par la disparition de Matteo qui, en définitive, avait été le seul à qui elle avait régulièrement écrit avant qu’il ne disparaisse. Elle s’était arrêtée à la moitié de sa missive, regard et pensées perdus dans les arabesques et l’encre noire. Tout à coup, ça avait été un dilemme d’envergure de s’autoriser à user de son talent pour l’écriture dans l’espoir puéril d’attirer l’attention d’un autre – elle s’était attribuée des travers de traîtresse difficile à mettre de côté. Seulement, la pointe de son stylo plume posée sur le papier, elle s’était prudemment réactivée. Ça lui avait paru hors de sa portée de refouler cet élan d’euphorie salvatrice, mais surtout de curiosité qui avait fait cogner son cœur dans sa poitrine ; exactement de la même manière qu’à l’instant où ses lèvres rencontrèrent celles de Marius.

En envoyant cette première lettre, Evelyn ne s’était attendue à rien ; elle ne s’attendait à rien non plus en laissant ses doigts tracer un chemin incertain vers la gorge de Marius, puis vers sa nuque qu’elle cajola doucement, si ce n’était réagir à l’émotion qui l’avait pénétrée de toute part en entrant dans cette pièce.  Néanmoins, la délivrance de le sentir réceptif à ses signaux, comme à l’époque de leur toute première lettre échangée, la fit sourire à moitié, tandis que pressées sous celles du jeune homme, ses lèvres répondirent doucement à la nouvelle impulsion qu’il donna à leur baiser, et qui la fit passer une main dans le bas de ses cheveux courts. Juchée légèrement sur la pointe des pieds, Evie suivit son impulsion lorsqu’il prit son visage dans ses mains, et délaissant la douceur de sa tignasse, elle vint poser les siennes sur ses poignets dont la peau fine laissait pulser son pouls sous ses doigts qu’elle serra juste assez, et qui fit augmenter le sien encore un peu. Elle nota à quel point il prenait soin de doser son impatience pour ne pas précipiter inutilement les choses, à quel point il était attentif à ce qu’elle dégageait lorsqu’elle se rapprocha de lui pour coller son corps contre le sien – mais était-ce vraiment étonnant ? Après tout, il avait récré ce décor en se reposant sur des confidences voilées, visant avec une justesse qui, rien que d’y penser, la submergea avec tant de puissance qu’elle aussi, elle intensifia un bref instant leur baiser, craignant presque de perdre le goût de cette nouvelle saveur qu’elle était venue cueillir, prompte à étancher cette soif qui avait fini pas parcheminer sa langue, l’ayant déjà terrassée la dernière fois qu’ils s’étaient vus. Au point que, rompre cette étreinte maintenant fût ardue, mais nécessaire pour atténuer la sensation d’enivrement qui, si elle la laissait prendre les commandes, lui ferait perdre toute forme de self-control. Lorsque que les lèvres de Marius se détachèrent des siennes, elle expira avec un contentement qui se lut sur son visage. Dans la seconde, elle se fendit d’un autre sourire discret. Les yeux fermés, elle prit le même temps que Marius pour retrouver la terre ferme et se souvenir qu’elle n’attendait rien de tout ça, rien du tout. N’empêche que c’était si agréable que l’idée de recommencer tout de suite lui effleura brièvement l’esprit, et puis… Elle descendit de sa marche invisible. Ses mains ne quittèrent pas les poignets de Marius néanmoins. Quand elle rouvrit les yeux, ils brillaient d’une lueur que les nuances froides du décor rendaient plus clairs, et étrangement, plus doux aussi.

« Le poney est hors-catégorie, définitivement. » chuchota-t-elle, elle aussi, et dans la foulée, elle poursuivit « Merci. » Ce n’était probablement pas aussi charmant qu’un baiser, mais ça avait le mérite d’être profondément sincère, prononcé sur le ton de l’émerveillement. L’émerveillement qui refit son apparition sur son visage lorsque, après avoir frôlé le bout de son nez contre celui de Marius, elle rompit toute forme d’étreinte pour s’attarder un instant sur cette neige artificielle lui chatouillant le visage et parsemant ses cheveux « Si ton pari, c’était de me faire davantage apprécier les fêtes, j’ai le plaisir de t’informer qu’il est remporté, et haut la main. Tu es doué. » Elle laissa poindre un rire fugace, fronçant le haut de son nez en levant les mains pour recueillir les flocons qui lui tombèrent dans la paume et qu’elle finit par gentiment saupoudrer sur l’épaule de Marius, puis épousseter tout de suite après. Ses yeux s’attardèrent sur le bas de son visage qu’elle se força à ne pas toucher, malgré la main qu’elle avait remontée dans cette optique. Tandis qu’elle toupillait brusquement pour marcher quelques pas dans la pièce transformée, elle avoua malicieusement « Ça va être difficile de rester concentrée. » Elle secoua la tête, tant pour chasser les flocons de ses cheveux que la confusion de son esprit vagabond, puis après avoir rejoint l’autre extrémité de la pièce, elle lança pour rompre le court silence « Et si on le buvait, ce verre ? » Pour mieux apaiser la brûlure de ses lèvres, légèrement gonflées après leur baiser, et qui continuait de fourmiller, se propageant dans chaque parcelle de son corps pour lui rappeler combien elle avait aimé ça  ? Sans le moindre doute.



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Dernière édition par Evelyn Pearson le Dim 10 Fév - 13:17, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: white christmas (evius)   Sam 9 Fév - 19:59



white christmas
Evius


Il est de notoriété publique que la plupart des femmes aime qu'on les surprenne - c'est en tous cas ce que la presse féminine du kiosque d'en bas de chez moi titrait en une de leurs hebdos. Pour ma part, sans doute influencé par l'exemple d'une mère débordée qui n'y était pas très habituée et d'une soeur aînée plus control freak que quiconque, et que je soupçonnais d'être guidée par le mantra "anticiper pour régner", j'éprouvais quelques doutes. Élevé dans ce contexte, personne n'aurait jamais misé - moi compris - sur la préparation secrète d'une surprise digne des films oscarisés et ce, pour surprendre une femme. D'ordinaire, les relations sociales approfondies ne m'étaient pas évidentes : ça non plus, ce n'était un secret pour personne. Il me fallait du temps, des gages de sincérité et de l'intérêt pour bâtir une relation saine et de confiance ; et pour preuve, mes amis se comptaient sur les doigts d'une main, avec Tom, que je connaissais depuis ma jeunesse, en chef de file. D'une certaine manière, j'attendais que l'on gagne ma confiance. Mais une fois accordée, celle-ci ne faillissait jamais ; à cercle restreint d'amis proches, j'aurais aveuglément confié ma vie. Sur ce plan, Evelyn battait tous les records : je l'avais laissée pénétrer dans mon intimité, lui avais confié mes plus sombres secrets, en quelques lettres à peine. Son aura m'avait presque instantanément convaincu de sa bonne foi. Aidés par des intérêts communs, une confiance réciproque s'était aussi naturellement installée que notre relation avait évoluée depuis nos retrouvailles à Brisbane. À la réflexion, si le poney était hors catégorie, elle aussi avait toujours été hors-concours : elle avait sauté bon nombre d'étapes que je jugeais habituellement cruciales à la construction raisonnée d'une amitié et avait bousculé des émotions trop bien installées. La surprise que je lui avais concocté n'était qu'un mince reflet de ce qu'elle générait en moi : une bienveillance rare, alimentée par l'envie de la faire sourire et le besoin de m'assurer qu'elle allait bien. Satisfait par les traits heureux de son visage, le coeur battant la chamade à l'approche de ses lèvres et l'incendie que notre baiser déclencha en moi me conduisirent à la conclusion suivante :  Evie ne faisait pas partie de mon cercle d'amis.

Du bout de son nez en trompette, elle frôla le mien et redescendit les talons pour toucher enfin le sol, toujours autant - si ce n'est plus - émerveillée par la neige artificielle tombant silencieusement du plafond. « À coeur vaillant, rien d'impossible. » Le menton, poitrine bombée, sourcil relevé, je feins l'assurance d'un soldat prêt à accomplir n'importe quelle mission - et, en somme, je n'en étais pas si loin  ; le baiser que nous nous étions échangés m'avait gonflé d'une assurance inédite. Plus que jamais, je me sentais capable de tout affronter - j'aurais presque pu échanger un regard cordial à Tommy (presque). Et tandis que je n'avais d'yeux que pour cette belle brune qui toupillait sur ses escarpins, elle eut la malice de m'avouer qu'il serait difficile de rester concentrée. J'inspirai profondément, réfrénant sans doute la même idée que celle qui traversait l'esprit d'Evie, bondissant sur l'occasion de s'éclaircir les idées. « Évidemment. On est là pour ça, non ? » répondis-je sur la même malice, un sourire en coin. Je m'emparai ensuite des deux verres de vin français, fis quelques pas jusqu'au centre de la pièce où trônait la table illuminée, pour tendre le sien à mon invitée. « À quoi trinquons-nous ? » Quand bien même je le portais sur le bout des lèvres, "à nous" aurait sans doute été sujet à interprétation et in fine, risqué. « À la neige artificielle ? » finis-je par ajouter en plan B, la paume légèrement tournée vers le plafond pour récupérer quelques flocons. Nous trinquâmes une nouvelle fois, et je crus me perdre de nouveau dans le regard intense de la néo-zélandaise - autant dire que quelques gorgées d'alcool aux vertus apaisantes étaient les bienvenues. Rassuré par la sérénité que les effluves de vin nous apporterait dans les prochaines minutes, j'osai faire le tour de la table pour tirer légèrement la chaise d'Evie. « Mademoiselle. » Je l'invitai solennellement à prendre place, ce qu'elle fit d'un air amusé. « Je reviens dans un instant. » Désarmé de mon verre à pied, je m'éclipsai vers la cuisine pour la suite des festivités. Une fois seul, je pris le temps, les mains posées de part et d'autre du plan de travail, pour inspirer profondément. À quoi étions-nous en train de jouer ? Était-ce une parenthèse dessinée par la féérie d'un Noël particulier, ou l'ouverture d'une nouvelle page de notre relation ? Je ne trouvai pas la moindre réponse à ces questions, mais il demeurait une chose sans équivoque : mon coeur bondissait en sa présence. Et m*rde, dans quel pétrin je me suis encore fourré ? Je me relevai pour m'affairer au dressage des assiettes, l'esprit toujours campé dans la pièce d'à côté, et me surpris à sourire naïvement. Je secouai la tête, perturbé à l'idée de ne l'être, finalement, pas tant que ça. Pathétique. Je me frottai le front, cherchant inconsciemment à me vider des craintes infondées qui hantaient mon esprit depuis des lustres, avant d'inspirer une dernière fois et de m'emparer des assiettes. Dressées sous cloche, pour un petit aspect gastronomique, je les posai à table et, fièrement, les relevai d'un geste théâtral parfaitement maîtrisé. « Dinde de Noël farcie aux cranberries, safran, châtaignes et riz sauvage. » annonçai-je avec application avant de prendre en place en face de mon invitée. « J'espère que ça te plaira. Au moins autant que Porthos O'Neil. » Nul besoin de garder secrète l'identité de l'auteur de ce festin, puisqu'il était aisé de reconnaître sa signature, et je ne lui avais jamais caché mes piètres qualités en ce domaine. Heureusement, j'osai croire que la scénographie rattrapait le coup du traiteur gastronomique à domicile, et haut la main. Pupilles et papilles en éveil, nous commençâmes à déguster par quelques délicieuses bouchées. Sans surprise, c'était excellent. Je marquai une pause pour soutenir le regard d'Evie et, bientôt, effleurer le bout de ses doigts sur la table. « Si c'est ça, Noël, alors je veux bien recommencer demain. » Sans le filtre d'homme froid, acerbe, qu'on aimait me prêter, je me laissai aller à cette affirmation qui sonnait dans mon esprit comme l'aveu d'une soirée mémorable en sa compagnie. Parce qu'à n'en point douter, et quelle que soit la suite des évènements, le sourire d'Evie ce soir resterait gravé dans ma mémoire pour longtemps.





— and you can say what is or fight for it, close your mind or take a risk.

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Evelyn Pearson
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la
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ÂGE : 34 ans (21.09.85)
SURNOM : evie par la majorité, frankie par sa mère
STATUT : éternelle célibataire, paradoxalement pas intéressée par la vie de couple et le mariage
MÉTIER : calligraphe de formation, wedding planner par vocation (agence située dans la périphérie de spring hill, et qui porte son nom, tout simplement)
LOGEMENT : #32 logan city, colocataire de chad taylor

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ORIENTATION SEXUELLE : J'aime les beaux garçons.
PETIT PLUS : de retour en ville depuis fin 2017 ◦ fille de kai pearson, membre des queensland reds|wallabies, décédé lors de la CDM de rugby '91 ◦ londonienne d'adoption ◦ diplômée en arts graphiques, passionnée par la calligraphie ◦ listeuse compulsive ◦ rapports tendus avec sa mère, celie pearson, créatrice de la fondation pearson ◦ control-freak, réservée sur ses émotions ◦ travailleuse, réputée dans son domaine ◦ n’a jamais remis les pieds dans un stade, hait le sport ◦ catholique, a effectué sa scolarité dans un ensemble catholique privé pour cause de mauvais comportement ◦ sans permis ◦ féministe
UN RP ? : Seulement si nous avons un lien.
RPs EN COURS :
MARIUS#3 ◦ i can't decide if it's a choice, getting swept away, i hear the sound of my own voice, asking you to stay. and all we are is skin and bone trained to get along, forever going with the flow, but you're friction. this slope is treacherous, this path is reckless, and i-i-i like it.


MATTEO#3 ◦ when life leaves you high and dry, i'll be at your door tonight, if you need help. i'll shut down the city lights, i'll lie, cheat, i'll beg and bribe, to make you well. when enemies are at your door, i'll carry you away from war, if you need help. your hope dangling by a string, i'll share in your suffering, to make you well.

joanne#3owen#4jamie#1chad#2kelly [7/8]

RPs EN ATTENTE : amal ◦ cleo ◦ hassan ◦ soren
RPs TERMINÉS : (2018) andy#1carlisle#2joanne#2owen#3marius#2ettie#2marius#1foxjoanne#1adrianmatteo#2jack#1owen#2matteo#1carlisle#1chad#1arthur#1owen#1priamheidi
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MessageSujet: Re: white christmas (evius)   Dim 10 Fév - 16:46


white christmas
evius#3


Evelyn n’aimait pas qu’on la surprenne, ce qui mettait à mal les conclusions bancales des hebdos féminins vendus au kiosque en bas de chez son hôte. Bien au contraire, elle aimait avoir la mainmise sur son Destin, et savoir à la seconde près ce qui se déroulerait au moment choisi ; anticiper la moindre complication pour palier au problème, et apaiser la nervosité qui s’emparait d’elle lorsqu’elle s’apercevait avec effroi que les choses ne tournaient pas comme elle l’avait sciemment décidée des heures durant, ne laissant rien au hasard. Plus encore qu’une vocation, l’organisation de mariages lui avait permis d’asseoir cette manie qu’elle avait de tout contrôler, devenant avec le temps une extension de la personnalité qu’elle avait courageusement battit en quittant l’Australie, bien décidée à se défaire de l’oracle matriarcale. Alors que dans sa petite enfance, elle y avait été contrainte, soumise au bon vouloir de ceux qui l’entouraient, désormais, elle ne supportait plus qu’on ne lui laisse pas voix au chapitre. Ça avait tendance à faire ressortir une facette de sa personnalité qu’elle n’aimait guère, dépeinte à l’époque par la presse comme un moyen vicieux de faire parler d’elle, alors que c’était loin d’être le cas, tiraillée entre plusieurs états d’âme. Aujourd’hui, elle savait parfaitement qui elle était : indépendante, voire même un peu solitaire, elle s’était construite une vie à elle – sans attaches, à l’exception de sa clientèle à qui elle restait fidèle ; pour autant, une vie bien remplie, et sur laquelle elle pensait avoir le contrôle. De ce fait, ce n’était pas seulement étonnant de la voir si séduite par l’idée de se laisser surprendre – par un homme, qui plus est, elle qui préférait les relations qui n’en étaient pas, et qui pouvaient compter ses conquêtes sur les doigts d’une seule main –, c’était surtout un peu effrayant, mais si terriblement grisant dans le fond, qu’elle ne réussissait pas à rassembler mentalement tous les inconvénients que ça représentait de jouer un jeu aussi dangereux que celui-ci. Si l’idée lui venait de rationaliser les choses, elle soupçonnerait Marius de malhonnêteté ; il n’y avait que la pratique de la magie noire qui aurait pu la contraindre à sortir de ses bonnes vieilles habitudes. Néanmoins, elle se résigna à ne pas présumer trop vite, son regard de nouveau attiré par les faux flocons qu’elle admira encore un peu, pour mieux échapper à la tentation de porter ses yeux ailleurs ; par exemple, ce visage qu’elle avait contemplé de si près, et dont le propriétaire était bien incapable d’une quelconque vilénie à son encontre. C’est vrai, comment un homme ayant déployé des trésors de poésie pourrait jouer double-jeu avec elle, elle ne préférait même pas s’appesantir sur la question, et pendant qu’elle toupillait de nouveau sur ses talons hauts pour attraper le verre de vin qu’il lui tendait, elle laissa filer un sourire en biais lorsqu’il lui demanda à quoi ils trinquaient.

« Hum, laisse-moi y réfléchir. » Sans boire, elle posa le bord de son verre sur l’ourlet de sa bouche, puis faisant mine de regarder le plafond, elle prit une longue seconde pour déterminer si la portée de ce qu’elle avait en tête prêterait à confusion – définitivement. Ça ne l’empêcha pourtant pas de lancer, tendant son verre pour qu’il bute mélodiquement contre celui de Marius « Aux ennuis. » Les sourcils haussés, la tête légèrement inclinée sur son épaule, elle plissa les paupières en affrontant le regard du jeune homme à qui elle dit, se trouvant tellement maline sur le moment « Parce que j’ai l’impression que tu vas m’apporter des tas d’ennuis, Marius Warren. » De quelle nature, elle l’ignorait encore, et cette affirmation fit bondir son cœur qui trouva du réconfort dans la gorgée de vin qu’elle but avec une lenteur étudiée, les yeux clignant à peine pendant qu’elle continuait à sonder ceux de son interlocuteur.

Son verre, elle le vida dans une brusque lampée, tête renversée en arrière comme un pilier de bar endurci, quand, après s’être installée à la table dressée par Marius, elle se retrouva seule dans la pièce. Faisant claquer sa langue contre son palais, elle secoua la tête pour chasser les flocons de neige artificielle qui restaient logés au cœur de ses mèches aussi sombres que la neige était blanche, et sans savoir que le jeune homme faisait la même chose de l’autre côté du mur, elle posa les mains de part et d’autre de la table pour inspirer profondément. Ça, là, cette sensation au creux de son estomac, et même bien plus bas, considérant la façon entêtée avec laquelle elle serrait étroitement les jambes, elle ne l’avait pas ressentie depuis des mois, voire des années, s’il fallait qu’elle soit vraiment honnête avec elle-même, et à défaut de l’être avec les autres parfois, elle n’y manquait jamais. Evie se sentait moite, animée par un enivrement qui n’avait rien à voir avec le verre qu’elle venait de vider cul-sec. Consciente de perdre la main, elle s’éventa, son autre main occupée à rassembler un pan de ses longs cheveux à demi-attachés sur son épaule. Elle avait l’avantage, non seulement parce qu’elle était l’instigatrice du baiser qu’ils avaient échangé, et dont elle ne réussissait pas à se blâmer, mais en plus, elle était connue pour être assez directe dans ces circonstances – elle était une trentenaire bien dans ses escarpins, à défaut de savoir gérer ses émotions, elle savait au moins gérer sa libido, et à ce stade, elle la sentait bouillir à grosses bulles dans son chaudron. Après que ses poumons se soient rengorgés d’un peu d’air salvateur, elle remit un peu d’ordre dans son esprit, pinçant les lèvres comme pour estomper un rouge à lèvres qui avait disparu, remplacé par le goût que Marius y avait laissé – ça ne fit qu’accroître la sensation de trop peu qui la taraudait en vérité, et elle lâcha un soupir de frustration. Ses yeux coulèrent un regard sur la bouteille de vin en face d’elle et sur laquelle elle se jeta pour remplir de nouveau son verre, soucieuse de ne pas donner l’impression à Marius d’avoir à faire à l’ivrogne du coin – ce qui au final, n’était pas loin de la vérité si on s’attardait sur ses consommations d’alcool ces temps-ci, mais la question n’était pas là. Elle inspira une seconde fois, juste à temps pour accueillir le retour de Marius à qui le rôle du maître d’hôtel allait à ravir, et à qui elle adressa un sourire éclatant.

« Porthos O’Neill. » répéta-t-elle, feignant la suspicion en premier, puis souriant de plus belle en examinant le contenu de son assiette « C’est drôle, j’ai organisé son mariage. Mon premier contrat ici, si on considère ceui de ma sœur comme une simple faveur. » Prenant l’initiative de mener la conversation pour alléger son trouble, elle suivit du regard son installation en face d’elle, et continua avec un détachement un peu surjoué, mais plein de bonne volonté « On devait travailler ensemble, mais il a finalement préféré suivre ses propres projets de son côté. » Pas rancunière, Evelyn haussa les épaules pour y apporter son assentiment « C’est quelqu’un de bien. » fit-elle sagement, prenant doucement sa fourchette, et balayant son épaule des cheveux qu’elle y avait ramené après la courte disparition de Marius.
Elle avait beau avoir l’estomac un peu noué, elle se prêta à l’exercice de la dégustation avec entrain, tandis que sous la table, elle décroisait lentement les jambes. Otant un escarpin sans avoir besoin d’y mettre les mains, la matière glissante de ses bas lui facilitant la tâche, elle risqua un regard de coin comme pour assurer ses arrières, et aussi délicatement que Marius quand il vint effleurer ses doigts, elle tendit la jambe pour venir lentement flatter la cheville du jeune homme avec le bout de son pied. Comme si de rien était, elle posa sa fourchette, se tamponna les lèvres du bout de sa serviette, et lui dit en prenant un peu de recul pour s’adosser à son siège ; sa jambe se tendit un peu plus, son pied remonta en même temps, atteignant paresseusement son mollet « Techniquement, Noël n’est que dans deux jours. Des projets ? » Remuant à peine sur sa chaise, le dos calé tout contre, et l’esprit occupé à suivre la trajectoire qu’elle s’était fixé, elle attrapa son verre de vin qu’elle porta à ses lèvres entrouvertes pour boire à toute petites gorgées. Les yeux rivés sur ceux de Marius, son pied atteignit l’angle de son genou ; Dieu merci, la table était étroite, lui permettant d’agir aussi innocemment qu’elle le prétendait en continuant à converser aussi sereinement que possible, alors qu’elle se sentait brûler « Je peux te poser une autre question ? » finit-elle par demander, après un moment à faire mine que rien n’était en train de se passer sous cette table, et que le bout de son pied ne s’était pas aventuré si près du centre de la chaise de Marius, qu’elle avait senti sa cuisse tressauter. D’ailleurs, elle choisit ce moment précis pour lui faire sa requête « Qu’est-ce que tu as prévu pour le dessert ? » Et ses yeux, plantés plus que jamais dans ceux du jeune homme, s’obscurcirent d’un voile de discours gentiment explicite. Son verre toujours dans la main, un doigt posé sur son bord pour mieux le maintenir, et la tête subtilement penchée, Evelyn marqua une pause. Puis, elle fit emprunter le sens inverse à son pied, prenant le temps de frôler aussi nonchalamment que possible la jambe de Marius avant de, du bout des orteils, chercher son escarpin qui s’était perdu sous sa propre chaise. Rechaussée, c’est c’un coup qu’elle se redressa. Posant son verre devant son assiette, elle reprit sa fourchette avec allégresse au passage, et claironna avec une malice qu’elle ne chercha pas à dissimuler, consciente de s’être de nouveau fourvoyée « C’est vraiment délicieux ! »



it doesn't matter what people tell you. it doesn't matter what they might say. sometimes you have to leave home. sometimes running away means you're headed in the exact right direction.







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