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 He, who wants to live forever. ☿ SYBBIE (& Clément)

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Ambroise MacLeod
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ÂGE : 23 ans. 19071995 ♋
SURNOM : Bonnie, Bibi, Ambre...
STATUT : Freedom.
MÉTIER : Etudiant ; master en physique, spé. astrophysique.
LOGEMENT : 360 Fortitude Valley ; avec sa soeur depuis 2014. (Et Clément en plus depuis novembre 2017.)

POSTS : 1535 POINTS : 185

ORIENTATION SEXUELLE : J'aime tout le monde.
PETIT PLUS : Astrophile ; "androgyne", ne s'offensera pas du pronom 'elle', et s'amusera si son côté queer vous dérange ; affamé, il est irritable, caféïné, il est insupportable ; déteste les gens qui mangent la bouche ouverte ; nullement du matin, très efficace le soir venu ; chanteur correct, bon danseur, adore la musique des 80s ; la tête dans les étoiles depuis tout petit, un vrai passionné ; fusionnel avec sa jumelle Sybille ; bonbons, pâtisseries, sodas... il fonctionne au sucre ; accent écossais mêlé à l'australien, la faute à son éducation ; séropositif.
UN RP ? : Où tu veux quand tu veux.
RPs EN COURS :

Twins are two bodies that dance to each other’s joy. Two minds that drown in each other’s despair. Two spirits that fly with each other’s love. Twins are two separate beings conjoined at the heart.❞


The universe only makes sense when we have someone to share our feelings with.❞


My spirit is healthy, yes. But I tell you, my flesh is healthy too. I am enlightened and free, but I am also lustful and carnal.❞

aisling #1 leovski #3 sybbie&clément

DIMENSION FANTÔME : leovski

RPs EN ATTENTE : connor ; kyte ; paul
RPs TERMINÉS :
PSEUDO : Aslak.
AVATAR : Fionn Whitehead.
CRÉDITS : aslak (avatar + sign)
DC : Myrddin.
INSCRIT LE : 16/09/2017
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MessageSujet: He, who wants to live forever. ☿ SYBBIE (& Clément)   Sam 19 Jan - 22:01





He, who wants to live forever.
Ambroise & Sybille (& Clément)


Ce n’était pas drôle. Rien n’était drôle depuis déjà deux bonnes semaines, mais après dix jours à l’hôpital Ambroise n’avait qu’une envie ; crier aussi fort que ses poumons pouvaient le lui permettre juste pour le plaisir. Juste pour ne pas devenir fou avec cette pression de l’attente. Juste pour faire quelque chose qui sorte de sa routine. Il aurait dû sortir il y a une bonne semaine. Au lieu de cela, le docteur David, toujours en charge de son dossier, avait repoussé l’échéance. D’abord d’une journée. Puis une autre. Et encore une. Avant finalement de le changer de service et de lui promettre encore deux jours avant la sortie. Menteur. Foutue suspicion. Bonnie ne savait pas trop ce qui l’avait poussé à le placer en infectiologie, l’homme était resté assez vague tout en lui assurant avoir de bonne raison pour se faire. Des tests appelaient d’autres tests, et il commençait à perdre espoir. Seul, assis dans son lit à ruminer dans le silence de sa chambre, ses traits s’affaissent, ses yeux perdent leur éclat. Il doute de beaucoup de choses, il angoisse d’un coup, respire, combat l’envie de pleurer et de hurler, et échafaude mille plans pour se tirer ou obtenir des réponses. Car il n’est pas stupide, Dr. David tourne autour du pot depuis quelques jours déjà. Faisant appel à une maladie dont Ambroise a déjà oublié le nom, il l’a placé ici comme si ça allait lui apporter la pièce de puzzle manquante au cas si obscur de ce garçon. Car s’il a des pistes, il n’a pas de réponse fixe, et s’il l’avoue clairement, il cache pourtant quelque chose.

Bonnie en mettrait sa main au feu, mais avec du recul il se rappelle que les différents médicaments qu’il prend, ou a pris, ont peut-être des effets secondaires incluant le trouble du jugement. Son état général s’est un peu amélioré, mais il dort toujours presque douze heures par jour et son système respiratoire n’est pas complètement remis. Il tousse, de temps à autre. Et il s’essouffle rapidement le reste du temps – autant dire qu’il n’est pas sorti beaucoup de sa chambre. Il éloigne l’idée de cancer en se disant qu’il serait dans un tout autre service et déjà sous chimio. Alors il est complètement paumé. Cela, il ne le montre pas. Autant que possible, il cache ses craintes et ses doutes à sa sœur, à Clément, et aux quelques potes assez proches pour se pointer ici. Rien de bien difficile, il suffit d’orienter les raisons de son état parfois inquiet sur d’autres sujets, comme les cours. Ou son père, qui n’est – comme il l’avait prévu – pas passé le voir. Apparemment au large de Sydney d’après les dernières nouvelles, c’est-à-dire hier. Comme c’est arrangeant. Grommelant une nouvelle fois, Ambroise jette un œil à son téléphone. Six heures du matin. Il dort beaucoup, certes, mais ses horaires font n’importe quoi. Et si avant il appréciait le couvert de la nuit, être à l’hôpital enlève toute magie au fait d’être un oiseau nocturne. Cela l’oblige à être véritablement seul.

Alors, comme très souvent depuis que Clément le lui a donné, Bonnie se saisit du livre d’Andreï sur la scénographie. On ne peut pas dire qu’il soit très long, ainsi il l’a déjà terminé deux fois, et a déjà déchiffré et traduit une grosse moitié des inscriptions en cyrillique. L’une de ses rares occupations, en dehors des cours qu’on lui apporte dès que possible, qu’il lit et relit sans pouvoir étudier mieux que cela. Cela dit, il a pu rattraper quelques séries qu’il avait en retard. Quoiqu’il en soit, peu importe l’activité, il finit presque toujours par s’endormir dessus. Sa tactique consiste à varier assez souvent pour accomplir au moins quelques choses. C’est un peu différent avec ce fameux livre, il n’éprouve pas de sentiment d’échec s’il s’endort sur ses chapitres annotés. Mais ce n’est pas ce qui se produit aujourd’hui. Tout d’abord il relie lentement les petites notes, essaie de mémoriser la traduction des mots qu’il a retranscrit comme il pouvait sur des feuilles volantes. Il prend son temps pour bien associer chaque ajout dans les marges aux lignes imprimées correspondantes. Son esprit ne vagabonde plus, comme il l’a fait pendant une heure, sur les implications de son séjour interminable. Il jongle entre le livre, ses propres notes, et un petit dictionnaire, s’essayant à écrire quelques phrases, à recopier quelques mots dans cet alphabet exotique. Qu’il le veuille ou non, sa progression ne sera pas aussi rapide que s’il était alerte et en très bonne santé, alors depuis le temps il a compris qu’accompagner ce rythme tranquille plutôt que d’aller à son encontre est bien plus productif. Et agréable.

C’est ainsi, plongé dans l’apprentissage, qu’il entend soudainement quelqu’un toquer à sa porte. Une infirmière entre alors avec un sourire, lui apportant un plateau de petit-déjeuner. Il est 8h donc. Elle entame un babillage qui aurait pu être saoulant si elle attendait une quelconque réponse. Mais, fine psychologue, ou simplement futée, elle a compris qu’il ne fallait pas brusquer Ambroise, tout en lui accordant une certaine attention comme à tous ses patients. Anna de son prénom, est pareil avec tout le monde : joviale, engageante, et tout à fait contente de n’avoir que des hochements de tête en réponse si la personne en face n’a pas envie de parler. Bonnie lui sourit parfois, et se fait plus bavard lorsqu’elle apporte le repas du midi, et lorsqu’elle s’enquiert une dernière fois que tout va bien pour lui avant de terminer sa journée dans l’après-midi. Elle doit être la personne à qui il parle le plus ici. Déposant machinalement son livre sur le côté, il observe ce qui sera son petit-déj’ aujourd’hui en écoutant la femme s’étonner de le voir travailler de si bonne heure. Il hausse simplement les épaules, disant que ce n’est pas du travail, puis lui accorde un sourire quand elle prend congé pour continuer sa tournée. Une pomme, une grande tasse de thé (avec un peu de lait comme il aime), et trois tranches de pain avec leur petite portion de confiture. Comme à son habitude, il grignote surtout, n’ayant jamais très faim aussi tôt le matin, mais s’il ne finit pas son plateau, Sybille se fera une joie de le remettre dans le droit chemin. Elle ne déconne pas avec la nourriture. Elle ne déconne pas non plus avec le repos qu’il doit prendre, et sait se faire comprendre du personnel médical le plus récalcitrant. Et bonus, elle ne devrait plus tarder pour sa visite du matin.

 
Emi Burton


I am not afraid to die; I am only afraid of saying goodbye to you forever.


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Sybille MacLeod
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ÂGE : 23 y.o (19.07.1995)
SURNOM : Sybbie, la plupart du temps. Quelques fois Syb, aussi. Clyde pour énerver un certain Bonnie.
STATUT : Célibataire.
MÉTIER : Etudiante en Master Architecture, à la suite d'un Bachelor en Architecture et Design.
LOGEMENT : 360, Fortitude Valley. Une colocation un peu folle avec Ambroise et Clément.
People aren t born sad we make them that way
POSTS : 410 POINTS : 95

ORIENTATION SEXUELLE : J'aime les beaux garçons.
PETIT PLUS : Ne tient pas ne place, totalement matinale ☾ franche, beaucoup trop sociable, mais toujours de bonne humeur ☾ passionnée par le dessin et l'aquarelle, et tout se qu'elle peut créer de ses dix doigts ☾ a toujours eu des boulots étudiants, elle donne actuellement des cours particuliers, et fait du baby-sitting quelques soirées ☾ née à Sydney, arrivée à Brisbane vers ses dix ans ☾ militante invétérée: pour la cause LGBT+, les droits des femmes, les animaux, l'anti-racisme, et plein d'autres - adhérente de plusieurs associations ☾ elle a un frère jumeau, Ambroise, avec qui elle est très complice ☾
UN RP ? : Où tu veux quand tu veux.
RPs EN COURS :



~ Good vibes only (Clément, fb)
~ Needles and pins (Bonnie)


RPs TERMINÉS :
Bonnie #1Clément #1Paul #1

PSEUDO : Atticus
AVATAR : Maisie bae Williams
CRÉDITS : Atticus (avatar), Jamie / Loonywaltz (userbars) ♥
DC : Nope
INSCRIT LE : 20/07/2018
http://www.30yearsstillyoung.com/t20684-piece-of-my-heart-sybille http://www.30yearsstillyoung.com/t20848-sybbie-pop-goes-the-world http://www.30yearsstillyoung.com/t20905-sybille-macleod http://www.30yearsstillyoung.com/t20851-sybille-macleod

MessageSujet: Re: He, who wants to live forever. ☿ SYBBIE (& Clément)   Jeu 24 Jan - 3:09




   
He, who wants to live forever
Ce qui devait être passager s'éternisait. A un tel point qu'une routine s'était installée. Tout était désormais mécanique. Une once d'espoir motivait tout de même Sybille, celle de voir un peu de changement. Elle pour qui la routine était synonyme d'enfer. Il n'y avait pas un jour où elle ne se levait pas dans l'espoir de voir enfin les choses changer, avancer, évoluer. Mais finalement chaque jour était le même, tous se ressemblaient les uns après les autres. Ce matin-là, à nouveau, elle s'était levée aux aurores. Ses heures de sommeil se rétractaient au fil du temps, jusqu'à passer sous la barre des cinq heures de sommeil, ce qui n'arrangeait rien. Passant ses heures perdues en soirée ou aux aurores à gribouiller quelques esquisses par ci par là, le casque sur les oreilles, pour n'être au final pas du tout productive, ce qui avait le don de l'agacer. La routine suit son chemin, elle avait ensuite traversé le couloir en lâchant derrière elle un coup d’œil désespéré vers la chambre vide d'Ambroise, habitude qu'elle a depuis toujours, celle de jeter un coup d’œil à la chambre de son frère. Ensuite trainé des pieds lourdement vers la cuisine pour y prendre son petit-déjeuner, et finalement passer une demi heure l'esprit ailleurs sur son smartphone, la tête suspendue au dessus de son bol de céréales, à éplucher sans grande conviction les dernières nouvelles de tous les réseaux sociaux qu'elle pouvait bien posséder. Elle oublie à nouveau la bouteille de lait sur l'élément de cuisine, y laisse trainer son bol dans l'évier. Soudainement, alors qu'elle émerge enfin tout doucement, se frottant timidement le visage, elle se rend compte qu'aucun Clément n'est à l'horizon ce matin là, peut-être dû à l'heure matinale, peut-être à cause d'une autre raison quelconque ou excentrique de ce dernier. Elle le tag sur une vidéo stupide dont elle a l'habitude pour le faire rire, et se hâte de partir se préparer pour pouvoir décoller d'ici le plus rapidement possible.

Tous les matins ressemblaient à ceux-ci, aussi monotones et plats qu'ils y paraissaient. Sybbie préfère les autres matinées, celles où elle passe ses petits déjeuner avec Clément. Où elle a la chance parfois qu'il cuisine pour eux deux ; même s’il n’est pas très bavard elle le lui pardonne. Même si leur conversations sont plus que banales ces matins là. Elle en aurait eu cruellement besoin, de le voir, ce matin la. L’absence d’Ambroise commence à se faire sentir, à peser lourdement même. Les soirées, les matinées, les journées n’ont plus le même goût, elle attend impatiemment le jour où elle l’entendra à nouveau râler dans tout l'appartement, alors qu'elle est toujours la première à lui faire remarquer son mauvais caractère, ou encore et tout simplement ses rires et leurs bavardages. Elle n'est pas vraiment habituée à ce genre de situation. Gérer l'absence de son frère en voyage, ou ses sorties, rien de plus banal. Le savoir hospitalisé, c'était une autre histoire, et se croyait plus forte pour gérer tout ça. Elle a aussi l'habitude d'avoir pour épaule Bonnie pour tous les autres tracas. Il sait comment la faire déstresser, la rassurer, ou tout simplement la faire redescendre sur terre. Désormais tout pèse, tout est trop long. Elle qui n’a pas tellement de patience habituellement, elle n’arrive plus à supporter cette attente interminable désormais et c'est une véritable épreuve. Non seulement pour toutes les questions qui se bousculent, mais aussi pour les réponses qu'elles n'obtient malheureusement pas malgré les jours qui défilent devant eux. Et cette routine infernale n'arrange rien, surtout après autant de jours passés à l’hôpital.

Désormais prête, elle avait même eu le temps de se faire une tresse, elle était enfin prête à se rendre à l’hôpital. Sybille check à nouveau son téléphone, mais rien de bien intéressant. Elle en profite pour chercher l'un des livres qu'Ambroise avait mentionné la veille et dont ils avaient quelque peu discuté. Elle l'avait écrit dans ses notes pour s'en souvenir, pensant que ça pouvait lui faire plaisir de le lui ramener. Sybbie avait passé l'entre-midi et le début d'après midi avec lui, puis l'avait laissé ensuite se reposer au calme. Mais pour le retrouver, ce bouquin, c'était une belle galère. Certains livres jonchaient le salon, d'autres étaient bien évidemment échoués près du canapé. Le reste dans sa chambre mais elle ne voulait pas aller farfouiller dans ses affaires. Avec chance, elle le trouve rapidement, un large sourire lui surplombe le visage, parce qu'elle en est certaine, ça lui fera plaisir. Elle le range dans son sac déjà rempli pour Ambroise, qu'elle devait lui amener ce matin là. Par chance il n'était pas très demandant, et l'énorme sac qu'elle lui avait ramené les premiers jours avaient été efficaces pour une grosse semaine. Malheureusement la visite s'éternisait, et de nouvelles affaires se montraient obligatoires. Et puis elle n'oubliait jamais les quelques livres ou affaires dont il avait besoin au fil de la semaine.

Cette routine matinale s'achevait toujours par le départ pour l’hôpital. Tous ses gestes sont mécaniques, elle en a trop l’habitude maintenant. Elle embarque son autre sac, son sac à bandoulière, de cours. Elle y embarque deux bananes au passage, pour prendre ensuite la destination de Toowong. La suite de cette routine infernale l'emmenait à l’hôpital, à nouveau, comme depuis deux semaines. Elle comptait les jours, elle y allait même à reculons, mais ne voulait rater un jour pour rien au monde. Encore une fois comme depuis le début, elle pose son sac entre ses jambes alors qu’elle s’adosse contre la paroi du bus. Elle y sort ses écouteurs pour y écouter sa playlist du moment, et ce qui faisait passer le temps plus rapidement. Cela fait une bonne dizaine de jours désormais. Sybille venait chaque matin voir son frère, avant de partir à l'université. Chaque matin et chaque entre-midi, c’était désormais sa pause entre les cours. Même si elle n'avait pas vraiment le temps, elle s'y efforçait. Puis quelques fois l’après-midi complète, lorsqu’il ne se reposait pas. Quand elle n'avait pas le temps d'aller le voir les entre-midis, elle y passait la soirée en rentrant des cours, juste avant de retrouver l'appartement. Elle ne voulait surtout pas le laisser seul dans son coin, et puis elle se disait qu'un peu de compagnie ne pouvait pas le tuer. Ils parlaient de tout et de rien, elle racontait souvent sa journée, à défaut d'avoir des nouvelles sur sa santé. Elle essayait de lui remonter le moral, et d'y décrocher un rire. Comme si tout le reste n'avait pas d'importance. Quelques fois, quand elle était pressée, elle y pointait son nez, juste pour le voir, l’embrasser, puis repartait rapidement pour le laisser se reposer. D'ailleurs, il avait réussi à battre son record de sommeil à nouveau, et elle s'étonnait elle-même de le voir aussi peu vif, d'avoir besoin d'autant de sommeil l'inquiétait également. Mais tout était une raison d'inquiétude pour Sybbie, qui y trouvait des signes dans tout et n'importe quoi. Cette routine s’était installée malgré elle, et toutes les journées se ressemblaient entre elles.

L'arrêt du bus au complexe hospitalier arrête les passagers pressés. Comme d'habitude les usagers se pressent vers la sortie, à se battre pour être les premiers à atteindre la porte. Un pied à l’extérieur, la jeune MacLeod, plutôt de bonne humeur ce matin là, respire intensément l'air frais de Brisbane, se contente de terminer sa dernière musique sur le dernier chemin qui lui fait rejoindre les portes de l’hôpital St-Vincent. Elle qui détestait les hôpitaux jugeait l'avoir vu bien trop ces derniers temps, d'y avoir mis les pieds beaucoup trop de fois. Elle range finalement son casque lorsqu'elle y atteint l'enceinte, se presse vers les escaliers. L'horloge digitale du hall lui indique qu'il est huit heures et quart. Elle redoutait l’ascenseur de cet hôpital depuis la dernière fois où elle a eu la malchance d'y rester coincée lors d'un don du sang, il y a quelques semaines déjà, se jurant de ne plus le prendre. Sybille rejoint la nouvelle aile où son frère a été transféré, ce qui avait encore multiplié toutes les questions qu'elle pouvait déjà bien se poser. Dans le couloir elle y croise Anna, l'infirmière. Elle connait son prénom grâce à Bonnie, elle la croisé de bien nombreuses fois entre deux couloirs, depuis hospitalisation d'Ambroise. Elle la reconnait immédiatement et lui indique qu'Ambroise est bien réveillé, Sybbie lui répond d'un large sourire et la remercie, pour se hâter ensuite vers la fameuse chambre. Elle frappe à sa porte par pure politesse, si ça ne tenait qu'à elle, elle serait entrée immédiatement. Elle toque en rythme, presque musicalement, et se hâte d'y entrer, avec un grand sourire à son habitude lorsqu'elle aperçoit son frère. Elle jette ses deux sacs qui l’encombrent par dessous la table qui décorait un coin de la chambre, pour ensuite se dépêcher d'aller embrasser Bonnie sur le front, le prendre dans ses bras, tout en profitant pour l'examiner comme à son habitude, afin de jauger ses traits fatigués. "T'as bien dormi ? Comment tu te sens, aujourd'hui ?" A son habitude, elle prend ses aises et pousse le pied d'Ambroise sous la couette pour pouvoir s'assoir sur le coin du lit, observant du coin de l’œil le plateau qui n'attendait qu'à être dévoré. Quelques regards supplémentaires, elle en concluait qu'il avait une meilleure mine que la veille, ce qui ne pouvait que la rassurer. Elle attendait, prenant presque sur soi, mais elle avait déjà pleins de questions à lui poser. Les mêmes qu'elle lui pose dès qu'elle met un pied dans cette chambre, et qui devait bien ennuyer Bonnie.
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MessageSujet: Re: He, who wants to live forever. ☿ SYBBIE (& Clément)   Dim 27 Jan - 15:07





He, who wants to live forever.
Ambroise & Sybille (& Clément)


Il ne pensait pas qu’être au dehors lui manquerait autant. Bonnie a l’impression d’être en prison, même si c’est sûrement exagéré. Cependant, même si les murs de sa chambre l’étouffent, il a le droit de sortir. C’est davantage sa santé qui le maintient cloîtré, dans un repos forcé contre lequel il ne peut pas lutter. Devant son plateau repas, dans le silence, ses pensées viennent à divaguer sur l’arrivée prochaine de sa sœur. Comme d’habitude. Depuis des jours et des jours. La routine s’est installée mais il aime ça. Le côté rassurant de voir sa jumelle sans doute. Une fixité dans ce lamentable environnement. Au moins deux fois par jour ; le matin, le midi ou l’après-midi, des fois le soir. Que ce soit en coup de vent ou non, il retrouve des couleurs dans sa journée lorsqu’il la voit. Comme si, profondément liés, sa bonne santé à elle contre sa maladie à lui. Ainsi, malgré sa récurrente mauvaise humeur d’être à l’hôpital, c’était la seule à ne guère en faire les frais. Bien souvent apathique ou grognon, elle apportait une bonne humeur vitale qu’il acceptait. Ils ont déjà été séparés, parfois plus d’une semaine – quoique c’est rare –, mais jamais pour une hospitalisation. Et elle lui manque réellement ; ses visites sont alors primordiales et toujours trop courtes. Hier, elle a passé l’après-midi à ses côtés, mais la voir partir n’a pas été plus aisé. Il se sent revigoré lorsqu’elle présente, même si elle est impatiente ou que son absence lui pèse aussi. Ils ressentent la même chose vis-à-vis de cette situation difficile à gérer. Ils sont ensemble. Et c’est bien parce qu’ils sont sur la même longueur d’onde que c’est rassurant. Chacun tente de se remonter le moral, à tour de rôle ; il n’y a pas mieux pour retrouver soi-même un fragment de bonne humeur que d’essayer d’en donner à une autre personne. Les jumeaux ne développent pas trop tout cela, néanmoins ça ne change rien. Ils savent ce qui compte vraiment. Plus forts à deux, comme toujours.

Peut-être qu’il demandera aujourd’hui à Sybille de s’échapper de sa chambre, de l’accompagner dehors ne serait-ce que pour quelques minutes. L’heure est matinale, mais l’été en Australie est bien ancré dans la météo, il suspecte la vingtaine de degrés sous le ciel bleu qu’il perçoit à travers la fenêtre. Une petite balade oui, il en a besoin aujourd’hui, ou il risque de devenir timbré. Alors qu’il termine sa première tartine, et prend une gorgée de thé, il entend qu’on toque à sa porte. La musicalité le fait doucement sourire et son cœur se réjouit, sachant immédiatement qu’il s’agit de Sybbie. Elle n’attend bien sûr pas pour entrer. Voir son visage achève de faire éclore le sourire qui étire les lèvres du jeune homme. Tant de normalité ; la même qu’il a toujours connue, qui se débarrasse de ses sacs comme s’ils ne comptaient pas, qui se précipite pour l’embrasser et le prendre dans ses bras. Une énergie qui se transfère. Bonnie se sent tout de suite mieux alors qu’il lui rend son étreinte et se décale un peu pour lui laisser de la place sur le lit. Elle s’assoit, lui faisant face, et commence ses questions. Les mêmes discussions reviennent souvent, sur la journée qu’elle a passée par exemple, mais la normalité du monde extérieur est la bienvenue. Le matin a droit à son rituel, le même depuis des jours et des jours. Ambroise sait à quoi s’attendre. Ça le saoule parfois de se voir répéter les mêmes questions. Aujourd’hui, non, puisque tout est plutôt positif. « Ouais j’ai bien dormi… Enfin, non, si tu pars du principe qu’être réveillé depuis 5 heures du matin indique une bonne nuit, mais avant ça j’ai bien dormi. » Sa voix est un peu enrouée de ne pas avoir été utilisée depuis des heures, un peu comme s’il venait de sortir d’un sommeil profond. Cependant, la cause est davantage imputable à la toux qui le prend parfois qu’autre chose.

« Et ça va assez oui », hausse-t-il les épaules, avant de prendre le livre de scénographie à ses côtés pour le soulever un instant, afin de souligner son propos. « Je travaille, comme dit Anna, et je me suis même pas endormi dessus ! » Il rigole légèrement, plaisanter étant toujours dans ses cordes. Il repose le livre sur la table de chevet cette fois-ci, puisqu’il n’y reviendra pas avant un moment. « Le docteur doit passer ce matin, il est venu hier après que tu sois partie pour confirmer qu’il aurait les résultats des derniers tests… » Il reprend une gorgée de thé. Son ton est toujours calme, il essaie de ne jamais s’emballer lorsqu’il parle, sinon il risque de s’essouffler. Il l’a appris à ses dépens assez tôt dans son hospitalisation, alors qu’il débattait avec Clément d’un film sur lequel leurs avis divergeaient du tout au tout. Et ça arrive toujours, la joie et l’excitation le rendant malheureusement plus prompt à oublier son état. Le matin en revanche, il est souvent calme et tout se passe bien. Observant sa sœur, il estime que c’est à son tour de poser quelques questions. « Et toi ? Bien dormi ? » Les yeux de la jeune femme, verts comme les siens, paraissent plus fatigués que d’ordinaire, bien qu’ils vibrent toujours de cette lueur enthousiaste. « T’as cours ce matin ? » Sans le dire à voix haute – mais c’est tout comme pour les oreilles de la personne qui le connait le mieux sur cette Terre –, il espère que Sybille sera là quand le médecin se pointera. Il n’aime pas recevoir des résultats, peu importe bons ou mauvais, sans elle. Mais lorsqu’elle a d’autres obligations, il n’y a pas le choix. « Tu m’as rapporté des affaires d’ailleurs ? » demande-t-il en se penchant un peu pour avoir une vue sur les sacs jetés sous la table dans un coin de la chambre. Changer de sujet lorsqu’il se sent proche de la gêne est aussi toujours dans ses capacités. Bien qu’il s’agisse de sa sœur, le mécanisme de défense s’enclenche pour ne pas paraître plus faible qu’il ne l’est déjà.


Emi Burton


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MessageSujet: Re: He, who wants to live forever. ☿ SYBBIE (& Clément)   Ven 1 Fév - 16:53




   
He, who wants to live forever
L'idée de se retrouver dans cette chambre pendant une quinzaine de jours n'enchanterait guerre personne. Sybbie, elle, l'aurait tellement mal vécu, bien plus qu'Ambroise. Le seul échappatoire qu'il possédait, c'était les balades. D'ailleurs, elle les adorait autant que lui. L'illusion d'échapper et d'oublier un peu ces tracas, peut-être même l'illusion d'une certaine liberté. Les visites, aussi. Et pour rien au monde elle ne laisserait tomber celles-ci, c'était même ses moments préférés de sa journée, quand bien même ça n'était pas facile de le voir enfermé ici. Les jours passaient et tout s'éternisait. Le voir rentrer chez eux devenait de plus en plus réclamé, des deux côtés. Sybille ne manquait pas de poser cette question presque essentielle pour elle, celle de savoir la fameuse date de son départ, et elle n'arrivait plus à sourire quand le personnel lui répondait, souvent agacé, qu'il fallait faire preuve d'un peu plus de patience. Mais le fait de rester enfermé ici, même pour la personne la plus solitaire au monde, ça n'était pas facile. Elle aurait parié qu'il soit déjà sorti depuis des jours de cet hôpital, mais ils l'avaient encore changé de service, ce qui avait intrigué encore plus Sybbie, qui voyait tous ces changements d'un mauvais œil et qui ne savait plus sur quel pied danser à présent. Prenant les paroles, rapports, et promesses d'Ambroise à la lettre, essayant de se poser le moins de question possible, faisant extraordinairement confiance à son frère, elle arrivait tout de même à être rassurée. S'il lui disait qu'il allait mieux, elle devenait radieuse. S'il était plus affaibli un autre jour, tous ses espoirs redescendaient à zéro. Sybille n'avait pas perdu d'ailleurs cette habitude au fil du temps à accrocher n'importe quel personnel médical pour lui demander l'avancement de l'état d'Ambroise. Elle s'était fait violence pour ne pas aborder le sujet avec Anna dans ce couloir, ce matin. Elle s'imaginait toujours qu'en quelques heures tout pouvait basculer. Que les heures perdues loin d'ici pouvait être radicales, elle se posait d'ailleurs toujours trop de questions, et s'imaginait des choses improbables lorsqu'elle n'était pas ici. Ils étaient surtout las de toutes ses questions incessantes, alors qu'ils essayaient pourtant de la rassurer à chaque fois. Mais finalement elle n'avait jamais eu de vraie réponse, ce qui avait creusé un peu plus sa frustration, qu'elle essayait tout de même de ne pas transmettre à Ambroise.

Ce dernier lui assure qu'il a bien dormi, malgré ses cinq pauvres heures de sommeil. Elle hoche la tête en guise réponse, ses yeux verts fixant toujours Ambroise. Elle sait qu'il essaye souvent de la rassurer, mais les cinq heures de sommeil le ferait tomber de fatigue assez rapidement dans la journée. "C'est dingue ça, t'es presque réglé sur mon rythme, maintenant." Sybbie lui sourit en coin. Elle, avait l'habitude de nuits courtes avec quelques heures de sommeil, elle n'en avait pas besoin de plus, et pétait la forme même en aillant peu dormi. Ce n'était pas le cas d'Ambroise, et leur rythme était tellement différents. Cette fois-ci il n'avait pas vraiment le choix d'en avoir un plus raisonnable qu'à l'habitude. Ambroise continue sur sa lancée, Sybbie, elle, s'empare du livre dont il se sépare sur la table de chevet près de lui, trop curieuse d'y jeter un œil. "Si tu veux mon avis, elle a pas vraiment tord ..." lui répond-elle doucement, un sourcil arqué, les yeux se baladant encore sur l'ouvrage pour assouvir sa curiosité. Mais Ambroise continue sur sa lancée, et elle se retourne à nouveau vers lui, coupée dans son élan et la tête toujours plus étonnée lorsqu'elle entend ses déclarations. Elle repose à nouveau le livre qui l'intriguait depuis des jours, dont Ambroise ne se séparait plus et dont elle commençait à comprendre son intérêt soudain pour celui-ci après avoir observé rapidement cet alphabet cyrillique. Le lien était plutôt facile à faire. "T'es pas sérieux ?" Elle se relève, quittant le lit, lui laissant enfin toute la place pour lui, préférant rester debout, presque prête à bondir sur ce qu'il venait de lui annoncer. Et elle était en forme. "Tu ne pouvais pas commencer directement par ça ?" Elle hausse les épaules, l'air tellement déçue qu'il ne l'ait même pas prévenu plus tôt. Même un sms l'aurait au moins rassurée, depuis le temps qu'ils attendaient ces fichus résultats. Elle commençait presque à désespérer dans son coin. Elle s'imaginait soudainement l'idée terrifiante si elle n'était pas venue ce matin.  "Au moment où j'suis partie, en plus, comme par hasard." Elle lève les yeux au ciel, comme si il y avait raison d'en vouloir au docteur qui suivait Ambroise, ce qui n'avait aucun sens, et elle le savait bien intérieurement, malgré sa mauvaise foi. "Ça, c'est une bonne nouvelle." Sybbie se tenait fièrement près du lit, les bras croisés, mais ne pouvait pas avoir l'air plus sincère et heureuse d'entendre enfin cette annonce. Enfin une bonne depuis des jours. "Peu importe, on s'en fout de ça. Je reste ici, j'attends les résultats avec toi..." Outrée qu'il puisse penser le contraire. Les cours étaient bien la dernière de ses préoccupations, surtout maintenant qu'elle savait qu'ils allaient avoir les résultats. Et elle voulait être présente également pour son retour chez eux, ce qu'elle s'imaginait arriver très prochainement, pour le coup. En bref, pour elle, tout allait mieux, elle le voyait se rétablir doucement mais surement. Les résultats l'aideraient pour un traitement peut-être, elle ne sait pas vraiment de quelle sorte, mais ils étaient vers la porte de sortie. C'est du moins tout ce qu'elle pensait actuellement. Elle ne voyait pas ce qui pouvait être de pire de toute façon, que d'être hospitalisé ici, 24/24h. Rassurée, elle va rechercher son sac lorsque Ambroise lui rappelle son existence. Elle sait bien qu'il change de sujet pour ne pas avoir à parler des résultats, mais elle, n'a pas vraiment l'intention d'en rester là. "Mais il t'a rien dit d'autre ?" continue-t-elle, intriguée, alors qu'elle pose son sac sur le siège près du lit. Elle y plonge immédiatement pour y ressortir quelques vêtements entre autre, mais aussi un casque audio, la tête tellement ailleurs qu'elle n'y prête même pas attention. "Genre... Rien du tout ? Juste qu'il viendrait ? Il t'a pas dit si tu sortais ?" Elle commence déjà à ranger ses affaires dans ce qui lui sert de penderie.
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Ambroise MacLeod
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ÂGE : 23 ans. 19071995 ♋
SURNOM : Bonnie, Bibi, Ambre...
STATUT : Freedom.
MÉTIER : Etudiant ; master en physique, spé. astrophysique.
LOGEMENT : 360 Fortitude Valley ; avec sa soeur depuis 2014. (Et Clément en plus depuis novembre 2017.)

POSTS : 1535 POINTS : 185

ORIENTATION SEXUELLE : J'aime tout le monde.
PETIT PLUS : Astrophile ; "androgyne", ne s'offensera pas du pronom 'elle', et s'amusera si son côté queer vous dérange ; affamé, il est irritable, caféïné, il est insupportable ; déteste les gens qui mangent la bouche ouverte ; nullement du matin, très efficace le soir venu ; chanteur correct, bon danseur, adore la musique des 80s ; la tête dans les étoiles depuis tout petit, un vrai passionné ; fusionnel avec sa jumelle Sybille ; bonbons, pâtisseries, sodas... il fonctionne au sucre ; accent écossais mêlé à l'australien, la faute à son éducation ; séropositif.
UN RP ? : Où tu veux quand tu veux.
RPs EN COURS :

Twins are two bodies that dance to each other’s joy. Two minds that drown in each other’s despair. Two spirits that fly with each other’s love. Twins are two separate beings conjoined at the heart.❞


The universe only makes sense when we have someone to share our feelings with.❞


My spirit is healthy, yes. But I tell you, my flesh is healthy too. I am enlightened and free, but I am also lustful and carnal.❞

aisling #1 leovski #3 sybbie&clément

DIMENSION FANTÔME : leovski

RPs EN ATTENTE : connor ; kyte ; paul
RPs TERMINÉS :
PSEUDO : Aslak.
AVATAR : Fionn Whitehead.
CRÉDITS : aslak (avatar + sign)
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MessageSujet: Re: He, who wants to live forever. ☿ SYBBIE (& Clément)   Dim 10 Fév - 23:19





He, who wants to live forever.
Ambroise & Sybille (& Clément)


L’arrivée de Sybille est comme toujours synonyme de sourire. Délaissant sans délicatesse ses affaires dès son entrée dans la chambre, elle se précipite vers son frère pour l’embrassade coutumière. Les questions ne se diversifient pas d’un jour à l’autre, cependant Ambroise y répond toujours avec une certaine légèreté dans le cœur ; revoir sa jumelle suffit à le rendre plus radieux, même si cela ne dure parfois que quelques minutes. Il se sent mieux aujourd’hui, il ne le cache pas, et son rire à la remarque faite à propos de son réveil ultra-matinal (presque l’heure où il se couche d’ordinaire) le prouve un peu plus. S’il s’était réveillé à cinq heures du matin, peu importe l’heure du couché, il aurait été infect. Alors qu’une courte nuit est facilement gérable s’il peut se lever plus tardivement. Véritable oiseau de nuit, ses horaires sont pourtant totalement chamboulés depuis qu’il est à l’hôpital. Il lui explique alors avoir « travaillé » comme l’infirmière l’a dit en plaisantant, terme qu’il désapprouve, mais pas sa sœur. De toute façon, il ne lui laisse pas le temps d’en dire plus ; pas envie de s’attarder sur l’importance de ce livre, ni les raisons de ladite importances. La suite est bien plus intéressante pour Sybille puisqu’il lui apprend que le docteur devrait passer dans la matinée – au mieux – pour leur annoncer les résultats des derniers tests. Bonnie se souvient d’avoir dû se soumettre à une chose en particulier récemment : une énième prise de sang, car il ne s’est certainement pas habitué à cela.

L’effet escompté se produit presque trop facilement. Relâchant le livre, la petite brune quitte le lit en morigénant son frère de ne pas lui avoir dit ça en premier. Une visite du médecin, surtout avec des résultats, étant toujours le plus important. Il lève théâtralement les yeux au ciel, mais ne fait pas de commentaire. Ce n’est pas la première fois qu’ils auront quelques résultats, il n’a pas jugé nécessaire de la prévenir immédiatement dès qu’on le lui a appris. Ça l’aurait avancé à quoi, la connaissant elle serait restée éveillée toute la nuit en s’imagine le pire et le meilleur. Ambroise a depuis le temps compris que le docteur David est très tatillon, et qu’au moindre doute il trouvera un moyen pour le garde ici plus longtemps. Après des jours sous antibiotiques et autres médicaments, le malade doit avouer lui être plutôt reconnaissant, car les premiers soins n’ont pas été si utiles, et son état ne s’est amélioré qu’après la première semaine. Et encore, ce n’est pas flagrant. Le médecin avait donc une piste visiblement, en tout cas il restait prudent à ne pas leur donner de bons ou de mauvais espoirs, ce qui était somme toute le fond du problème. L’australien savait que sa sœur se questionnait beaucoup, ainsi pour ne pas en rajouter il la rassurait très souvent. L’avertir dès le passage d’hier du docteur aurait eu l’effet inverse, puisque de toute façon les réponses sont prévues pour aujourd’hui. Il sourit légèrement en coin et hoche la tête lorsqu’elle convient que tout ceci est une bonne nouvelle.

Osant lui demander ensuite si elle a cours, il ne s’attaque pas frontalement au problème. Son besoin de l’avoir près de lui. Même si les résultats ne sont pas ceux escomptés (quoiqu’il ne sache même plus ce qu’il attend à présent, sans doute juste des réponses), il ne pourra rien affronter si elle n’est pas à ses côtés. Lorsqu’elle balaie l’idée d’aller en cours d’un revers de main, il ne dissimule ni son soulagement ni son sourire. Naturellement il aborde ensuite le sujet du sac d’affaires personnelles négligé. Si elle va le chercher nonchalamment, le ramène sur le lit, puis l’ouvre pour en vider le contenu et le ranger sans y penser, elle reste bloquée sur la dernière visite du docteur. Soupirant légèrement, Bonnie délaisse un instant son thé. « Non, rien d’autre… Il ne devait pas avoir les résultats sinon il me les aurait communiqués hier Sybbie, donc il les reçoit ce matin avant de venir nous voir, et du coup hier il ne pouvait pas savoir quand je sortirais, vu que ça doit dépendre desdits résultats », explique-t-il en haussant les épaules. Son regard s’attarde sur les mouvements de sa sœur avant de tomber sur le sac et de tendre la main. Outre le casque audio, le livre l’intéresse énormément. Ils en ont discuté la veille, et il est assez étonné qu’elle y ait pensé. Et trouvé. « Bon sang t’as dû retourner l’salon avant de mettre la main sur celui-là », lance-t-il avec un sourire en coin, ouvrant le livre machinalement. Il aurait su sans problème où il était ce bouquin, il se souvient de tant de choses, mais ce n’est pas le cas de Sybbie. Les efforts de sa sœur pour lui faire plaisir ne passent jamais inaperçus, même si c’est aussi trivial qu’une tasse the chocolat chaud préparé à l’improviste ou un nouveau stylo. « Merci », souffle-t-il simplement, déjà plongé dans la relecture de la première page.

Quelques coups donnés à la porte lui font relever la tête. Arquant un sourcil, il autorise à entrer celui qui s’avère être le docteur. Tout bonnement surpris, Ambroise doit se retenir de jeter un coup d’œil à son portable pour connaître l’heure, car il a l’impression que c’est bien tôt. Et ça l’inquiète assez. « Bonjour Mr. MacLeod. » Son cœur bat plus fort dans sa poitrine tandis qu’il répond du bout des lèvres. « Ah Miss, vous êtes là, c’est parfait », continu le médecin avec un sourire de surface, et une lueur de soulagement dans les yeux. Comme si ce qu’il avait à dire était plus agréable à attendre à deux. Il ne demande pas à Sybille de partir, sachant que les jumeaux sont inséparables. Quand elle est à l’hôpital, on ne peut délivrer des informations sans qu’elle ne soit présente. Bonnie d’ailleurs n’a jamais émis le souhait de la voir sortir, et a toujours refusé qu’elle le fasse lorsque cela lui était proposé. Le docteur se râcle la gorge, et, jetant un coup d’œil aux divers feuillets accrochés à son calepin, propose à la jeune femme de s’assoir. Les jumeaux échangent un coup d’œil, mais l’instant passe et l’homme récupère leur attention sans effort. « Comment vous sentez-vous aujourd’hui ? » Un peu décontenancé par cette question banale, alors qu’il s’apprêtait déjà à rentrer dans le vif du sujet, Bonnie ne répond pas tout de suite. Mais le silence entre ces quatre murs est pire que tout. « Oh euh, bien, mieux que d’habitude je dirais. » Sa voix est plus incertaine qu’il ne l’aurait cru, comme dans l’attente d’une confirmation. Le temps paraît s’étendre inconfortablement. Le médecin hoche sobrement la tête, puis décide de ne plus repousser l’échéance. « Bon, il n’y a pas de façon simple de vous annoncer cela. J’ai vos résultats en mains, votre taux de lymphocytes T4 est bas – très, bas –, et la dernière prise de sang a confirmé que vous avez été en contact avec le VIH. »

Un bruit blanc dans la tête. Ambroise arrête de penser et de respirer tout à coup. Son regard est fixé sur l’homme en face de lui qui est toujours aussi peu à l’aise de délivrer ce genre de déclaration. Même avec les années d’expérience, l’annonce de ce type de maladie, à l’instar du cancer, n’est pas facile. « Pardon ? » Un souffle aussi tremblant que sec, alors que le cerveau d’ordinaire si brillant peine à comprendre les implications pourtant claires. Loin d’être stupide, et dénué de toute mémoire, ces mots ne sont pas inconnus. Pas plus que la signification d’un taux de lymphocytes en baisse. Ou la réelle implication du mot « contact ». Des flashs de ces derniers mois s’accordent trop bien par rapport à sa connaissance d’une infection par le virus. Bref soupire du docteur David qui, d’un air compatissant sur le visage, reprend doucement. « Vous avez été infecté par le VIH, et je pense que », il marque une courte pause, relevant une feuille pour vérifier une donnée, « vu votre charge virale et les symptômes que vous démontrez, nous n’en sommes pas à une primo-infection. » Il repose son regard sur Ambroise, qui a depuis longtemps baissé les yeux pour les accrocher au pied de son lit. « Êtes-vous tombé malade ces derniers mois ? Avec les symptômes d’une grippe ? » Le jeune homme reste sans voix, mains crispées sur le drap. Lourd silence qui s’épaissit de seconde en seconde. Aucun mouvement. « Bref, ce n’est pas grave », ajoute l’homme avec un brin de remord pour ces questions. « Il va falloir agir vite, mais maintenant que nous savons contre quoi nous luttons, tout ira bien. »

Il se montre rassurant, avec ce léger sourire en coin qui le rend assez séduisant, puis, devant le silence de Bonnie, continu son monologue, son regard alternant entre les jumeaux. Les traitements qui se mettrons en place, la marche à suivre, ce qui va se passer immédiatement ou rapidement, ce qu’il va y avoir à gérer, une sortie qui s’effectuera sans problème dans les prochains jours, l’assurance que ça n’est en rien une condamnation à mort et que l’espérance de vie est quasiment la même qu’une personne saine. Ambroise n’écoute absolument rien de tout cela. Rien. Du. Tout. C’est bien simple, il est incapable de penser à quoique ce soit. Tout est flou autour de lui, de même qu’en son esprit. Il a le sentiment que tout vient de s’écrouler, que la réalité même a frémit et s’est fissurée sous l’annonce retentissante. Son cœur n’en fait qu’à sa tête, le sang dans ses veines est sauvage. Pourtant, son extérieur est celui d’une statue, parfaitement immobile si ce n’est une courte respiration et des jointures blanchies sous la force avec laquelle il s’accroche au drap bleu clair, tel son unique ancrage à la vie.


Emi Burton


I am not afraid to die; I am only afraid of saying goodbye to you forever.


:prof: :
 
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He, who wants to live forever. ☿ SYBBIE (& Clément)

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