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 I'm never gonna let you close to me ღ Viniel

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Gabriel Carnahan
l'entre-deux chapitres
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ÂGE : 40 ans ❀ Né le 13 octobre 78
SURNOM : Généralement Gaby, parfois Gab'. ❀ Gaby la Tendresse à la fac. ❀ Pretty Little Galway Boy par une jolie petite fée. ❀ Winnie, référence à l'ourson, mais c'est un droit réservé.
STATUT : Veuf depuis 2014, depuis qu'un accident de voiture lui a enlevé Moïra, l'amour de sa vie. ❀ Réapprend doucement à vivre.
MÉTIER : Libraire passionné avant tout ❀ Gérant de la State Liberty à Toowong (librairie~salon de thé) ❀ Occasionnellement écrivain et dessinateur~illustrateur.
LOGEMENT : #152 Toowong ❀ Petit appartement juste au-dessus de la librairie. ❀ Avec Aodh le chat roux et Sirius le petit chien de berger.
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MessageSujet: I'm never gonna let you close to me ღ Viniel   I'm never gonna let you close to me ღ Viniel EmptyLun 11 Mar - 0:24




I'm never gonna let you close to me
UA ~ Angleterre ~ Années 50

I'm never gonna let you close to me. Even though you mean the most to me. 'Cause every time I open up, it hurts. So I'm never gonna get too close to you. Even when I mean the most to you. In case you go and leave me in the dirt... I know you're thinking I'm heartless. I know you're thinking I'm cold. I'm just protecting my innocence. I'm just protecting my soul...
Le regard perdu dans le vague, les mains tremblantes, Gabriel se servit un énième verre de whisky. Encore un. Il en avait perdu le compte exact à vrai dire. Bon sang, comment les choses en étaient-elles arrivées là ? D’une traite il fit un sort au liquide ambré. Il allait s’en resservir un lorsque, du coin de l’œil, il vit s’approcher une jolie brune qu’il reconnut sans le moindre mal. Fille de lord, ascendance prestigieuse, ancienne aristocratie anglaise, mais présentement son nom lui échappait complètement. L’alcool sans doute. Mais pas uniquement, hélas. Si seulement ce ne pouvait être que ça. La demoiselle se planta à quelques pas de lui, lui adressant des mots qu’il n’entendit même pas. Il n’avait pas le cœur à supporter la cour des jeunes filles de bonnes familles à marier que sa mère s’évertuait à lui présenter à la moindre occasion. Pas ce soir. Elle n’eut pas le temps de poursuivre, il la chassa d’un geste de la main comme il aurait chassé un vulgaire insecte importun, sans plus de considération. Non. Pas ce soir. Oh bien sûr il n’était pas dans ses habitudes de se comporter de la sorte, d’être si impoli, si désagréable. Mais ce soir toutes ses belles manières élégantes, toute sa bonne éducation s’étaient envolées. Les sourires vains, les conversations sans intérêt, les danses à n’en plus finir, les jeunes femmes bien décidées à mettre le grappin sur lui et le si bon parti qu’il représentait en tant que fils héritier, tout cela, absolument tout lui était devenu insupportable.

Pourtant la soirée s’annonçait grandiose. Sa jeune sœur, Elizabeth, célébrait ses fiançailles avec Thomas, héritier d’une excellente famille londonienne, belle fortune et surtout beau nom. Toute la famille était aux anges évidemment. Et quoi de mieux pour fêter l’événement qu’une grande célébration dans la vaste demeure familiale, un grand étalage de richesses pour honorer un futur mariage prometteur. Lizzy était rayonnante. « Tu es absolument splendide ! », lui avait-il glissé en découvrant la tenue de soirée qu’elle avait soigneusement choisie. « Tu exagères ! » Elle minaudait, intérieurement trop heureuse des compliments que son cher aîné égrainait sur elle. « Jamais ! Tous les regards vont être braqués sur toi, ce soir la reine, c’est toi ! »

Une soirée sous les meilleurs auspices en somme. Tout devait être parfait, tout promettait de l’être. Du moins c’était ce que Gaby pensait. Et cela avait été le cas, la fête battait son plein, tout le monde en profitait, tous ravis, jusqu’à ce que sa chère Liz l’interpelle alors qu’il jouait du charme à quelques ravissantes demoiselles en fleurs. Jusqu’à ce qu’il le voit, lui, au bras de sa sœur, sa silhouette élancée, son allure élégante et soignée. Jusqu’à ce qu’il croise son regard. La douleur qui lui écrasa alors la poitrine était indescriptible. « Vincent ? » Sous le choc son prénom lui avait échappé, étouffé, soufflé comme s’il avait du mal à croire ce qu’il voyait. Son sourire enjôleur se décomposa instantanément, tandis que son visage virait blême bien plus rapidement et irrémédiablement qu’il ne l’aurait souhaité. Elizabeth n’en avait rien remarqué encore, trop occupée à assaillir son invité de mille questions sur sa vie à Londres, ce qu’il devenait – était-il marié ? fiancé peut-être ? – ce qu’il avait fait durant toutes ces années… Gabriel, lui, ne les entendait plus, il ne comprenait pas le moindre mot de ce qu’ils se disaient. Les yeux de sa sœur brillaient devant Vincent. Il l’avait toujours soupçonné d’avoir été un temps amoureuse de lui lorsqu’ils étaient plus jeunes. Il était déjà beau à l’époque, il l’était plus encore… Oh si elle savait, si seulement elle savait. Gaby ne pouvait détacher ses iris couleur de ciel de ce visage qu’il n’avait pas revu depuis si longtemps et qu’il avait pourtant reconnu immédiatement. Il avait changé certes, mais jamais il n’aurait pu l’oublier.

Vincent… Une réminiscence du passé qui venait le secouer si brutalement. Pourquoi ici ? Pourquoi maintenant ?

Pourquoi celui qui avait été son meilleur ami, son presque frère, refaisait-il surface précisément en cet instant ? Tout cela lui semblait si lointain à présent, à l’aube de ses trente ans, si lointain et pourtant encore si frais dans sa mémoire. Ils avaient passé leur enfance ensemble, partager les mêmes jeux, les mêmes bêtises. Et puis, ils avaient grandi. Tout avait changé alors. Et finalement ils s’étaient perdus de vue. La vérité ? Gabriel avait choisi de couper les ponts, volontairement, intentionnellement, définitivement. Du moins le pensait-il. Il aurait dû se douter qu’Elizabeth le convierait, il l’aurait dû. Il aurait essayé de l’en dissuader, il aurait sans doute réussi. Mais c’était trop tard  à présent. Il se sentait si mal, si fébrile, si fiévreux. Il devait partir, s’éloigner, s’échapper. « Je… Il faut que je… Je dois régler quelques détails encore, je vous laisse. » Il adressa un vague sourire à sa cadette avant de s’éclipser au plus vite, profitant de l’effervescence ambiante pour couvrir sa retraite sans mal. Il lui fallait un verre. Plusieurs même. Les rasades successives de whisky s’échouèrent au fond de sa gorge brûlante tandis qu’il scrutait la foule, qu’il essayait de calmer les tremblements qui agitaient tout son être. Il n’avait qu’à éviter toute confrontation, faire comme si de rien n’était. Il pouvait le faire, il devait le faire. Ce n’était que pour une soirée après tout. Pourtant son regard ne parvenait à accrocher qu’un visage. Un seul et unique. Inlassablement. Gabriel ne réussissait plus à penser correctement, calmement, son esprit était sans dessus-dessous, bouillonnant furieusement. Pourquoi était-il venu ? Nom de Dieu ! Pourquoi ? Essayant de retrouver un semblant de contenance il laissa courir ses prunelles sur les invités, jusqu’à ce qu’elles s’attardent finalement sur un jeune homme qui suivait Vincent comme son ombre. Gaby ne l’avait jamais vu auparavant, visiblement il n’était pas du coin. Etaient-ils venus ensemble ?

Ce fut un bruit de pas à sa gauche qui le tira soudain de ses pensées au bout de longues minutes de solitude. Le brun s’apprêta à envoyer promener son énième donzelle de la soirée quand il reconnut la haute silhouette de Thomas, son futur beau-frère, qui s’avançait vers lui. « Tout va bien ? » Gabriel acquiesça lentement. Non, évidemment que non, tout n’allait pas bien. Il était encore aussi pâle que s’il avait vu un revenant et c’était en quelque sorte le cas, en y pensant bien. Thomas semblait tout sauf convaincu, ce qui n’échappa pas à Gaby. « Ce n’est rien, ce doit être la chaleur ou quelque chose que j’ai mangé. Peut-être ai-je un peu trop bu. » Un sourire légèrement forcé se dessina sur son visage, comme pour appuyer ses dires. Le fiancé de sa sœur sembla vaguement convaincu. Ou bien avait-il déjà deviné qu’il n’obtiendrait pas de meilleure version ? Allez savoir. Gabriel se serait sans doute contenté de ces maigres explications sans intention de décrocher un mot de plus si son futur beau-frère n’avait pas enchaîné. « J’ignorais que Frank Forrester serait présent ce soir. » Gaby posa sur lui un regard incrédule. « Frank Forrester ? » Le nom lui semblait vaguement familier, sans pour autant parvenir à se remémorer pourquoi. Et surtout il ne voyait guère où Thomas voulait en venir. « Ce type, là-bas », ajouta t-il désignant celui qui ne lâchait pas Vincent d’une semelle. « Forrester tu dis ? », lâcha Gabriel sur un ton songeur. « C’est cela oui, je l’ai croisé  à plusieurs reprises, dans quelques soirées huppées à Londres. Futur héritier de l’entreprise familiale, influent, riche, pas franchement discret, flambeur. » Thomas marqua une pause. « Mauvais genre. » Gabriel arqua un sourcil à la dernière remarque du jeune fiancé. « Comment ça ‘‘mauvais genre’’ ? » « Oh il y a un tas de rumeurs qui circulent sur lui, enfin sur ses mœurs qu'on dit pour le moins dissolues. On raconte beaucoup de choses à son sujet, notamment qu’on ne le voit guère qu’en compagnie masculine. Si tu vois ce que je veux dire. » Si tu vois ce que je veux dire… Pouvait-il y avoir sous-entendus plus lourds encore ? Gaby voyait parfaitement. Rien que d’entendre ces mots il en avait la nausée. Son sang ne fit qu'un tour et il sentit la colère monter en flèche. Comment Vincent osait-il ramener un de ses boy ici ? Le jour des fiançailles de sa sœur ? Elle qui l’avait tant admiré, tant adoré. Ce garçon si inaccessible, ce jeune Apollon qui ne semblait pas la voir, ou du moins pas comme elle l’aurait espéré, pas comme elle l’aurait voulu. Et pour cause. Oh Lizzy, si tu avais su, si tu savais… Ce n’était pas les demoiselles si raffinées de Londres qu’il convoitait. Gabriel sentit monter en lui un profond sentiment de dégoût. Il était furieux. Il le détestait de tout son cœur, de toute son âme…

Autant qu’il se détestait lui-même.

Car Vincent et lui étaient pareils. Mais jamais, jamais il ne le reconnaîtrait. Et pourtant ça le détruisait de jour en jour. Ce déni permanent, cette manière de refouler perpétuellement ce qu’il éprouvait, le moindre sentiment. Cette façon de donner le change, de jouer le tendre séducteur auprès de ces demoiselles, le gendre idéal auprès de leurs chers parents. Ce manteau de mensonges qu’il avait tissé avec tant d'application au fil des ans et qu'il revêtait chaque jour afin de sauver les apparences, avec succès pensait-il. Dans son entourage personne ne se doutait de rien, personne, il avait joué son jeu de dupe à merveille jusqu’à présent. Mais tout cela n’était que la surface, que tromperies, un masque fragile que le moindre impact suffirait à faire voler en éclats, il le savait pertinemment. Un temps il avait cru, il avait espéré, que le départ de Vincent pour Londres le libérerait de ses sentiments, que ce n’était qu’une passade, la malice de l’adolescence. Mais ça n’avait fait qu’empirer. Au point qu’il finissait par ne plus se supporter. Il se répugnait, il se sentait si lâche. Son âme, sans cesse déchirée entre ce qu’il éprouvait et l’éducation qu’il avait reçue, ce qui lui avait été inculqué depuis son plus jeune âge, cette âme épuisée implorait la fin du supplice. Et lui était à bout de force. Lutter constamment, encore et toujours, contre lui-même. Tout cela lui était de plus en plus insupportable, insoutenable. Il voulait que cela s’arrête, il le fallait. Il étouffait ! Il suffoquait !

Gaby avait perdu le fil des événements de la soirée, il ne savait pas si sa sœur avait déjà déclamé le discours qu’elle avait mis tant de temps à écrire pour qu’il soit parfait. Car tout devait l’être en ce grand jour de fête. Il ignorait si quelqu’un le cherchait quelque part, il s’en moquait, il avait besoin d’air, besoin d’espace. Vite. Avant d’être pris d’un haut le cœur, avant de risquer de gâcher ce moment si important pour Liz. Il fila par une des sorties les plus discrètes de la grande pièce de réception avant de franchir une baie dérobée, menant à une petite terrasse surplombant légèrement les jardins, connue des seuls habitués de la maison. Il savait que personne ne viendrait le déranger ici avant un long moment, il savait que si on ne le trouvait point on le penserait en galante compagnie, en train de compter fleurette à une superbe héritière quelque part. Les échos de la fête paraissaient à présent si lointains et il respirait un peu mieux. Appuyant ses coudes sur la rambarde il fit glisser ses mains sur son visage avant de les laisser se perdre dans les épaisses mèches brunes couronnant son crâne. Il resta quelques instants ainsi, yeux clos, dans la tiédeur nocturne. Il se sentait épuisé. Finalement il entreprit, fébrilement, de chercher une cigarette dans ses poches. Il en avait grand besoin.

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Vincent Baker
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MessageSujet: Re: I'm never gonna let you close to me ღ Viniel   I'm never gonna let you close to me ღ Viniel EmptySam 18 Mai - 8:39



I'm never gonna let you
CLOSE TO ME
Assis dans la voiture de Frank, qui tenait le volant, Vincent laissait son regard errer sur la campagne familière qu’ils traversaient, complètement perdu dans ses pensées. Plus ils approchaient de la maison familiale des Carnahan, plus il sentait une sourde appréhension poindre au creux de son ventre, un mélange mal défini de nervosité, d’impatience et de crainte qui embrouillait ses réflexions. Toute la semaine, il avait remis en question sa présence à la fête à laquelle on l’avait invité, incertain sans vraiment l’être de faire la bonne chose en se présentant à l’événement. Le jeune trentenaire avait beau se répéter que la bonne chose à faire n’était plus, depuis longtemps, un concept selon lequel il prenait ses décisions, il n’en demeurait pas moins agité. Il fallait dire que l’invitation avait été une surprise : après tout, il s’agissait là du premier signe qu’il recevait d’un quelconque membre de la lignée Carnahan depuis une bonne dizaine d’années. Le carton sur lequel s’étiraient d’élégantes lettres avait donc pris des airs de véritable apparition suite à ce long silence, apparition bien féconde en questionnements divers : avec quel genre d’homme Elizabeth avait-elle décidé de se poser ? pourquoi le conviait-elle, pourquoi maintenant ? et, surtout… Gabriel était-il au fait de cette invitation ? Même si Vincent en doutait fort, une partie de lui espérait tout de même que ce soit le cas. Que Gaby savait que l’invitation avait été expédiée, qu’il en avait même cautionné l’envoi. Qu’il avait lui aussi envie de le revoir, envie qu’ils tentent de réparer ce qui s’était brisé entre eux lors de leur dernière rencontre.

Bien qu’un fossé d’une décennie l’en séparât désormais, Vince gardait un vif souvenir de cette fameuse dernière rencontre. C’était quelques mois avait la fin de la guerre, alors que lui et quelques frères d’armes avaient obtenu une permission de deux jours à Londres, un congé qu’ils avait bien sûr investi en prenant d’assaut un pub de la capitale anglaise. Le bar où ils étaient atterris accueillait déjà un groupe de fonctionnaire dont l’unicité anonyme avait été altérée par la présence d’une silhouette reconnue au premier coup d’œil. En discernant Gabriel, qu’il n’avait pas vu depuis son enrôlement, son cœur s’était trompé de quelques battements et le jeune militaire s’était senti presque ridicule dans son uniforme peu flatteur de la Royal Air Force, lui qui en était pourtant tellement fier. En comparaison, son meilleur ami de toujours était si bien vêtu, si élégant… si beau. Évidemment, cela ne l’avait pas empêché de lui sauter dans les bras, et ils avaient eu tôt fait de se trouver un coin à l’écart de leurs groupes respectifs afin de se mettre à jour autour d’un whisky. Au fil des verres, ils avaient vite retrouvé leur aisance usuelle, fous rires et bons souvenirs ayant occupé la majeure partie de la soirée. Puis, tandis que l’endroit se vidait tranquillement, que les lumières se faisaient moins fortes et la musique plus douce, leurs regards s’étaient mis à se croiser un peu trop longtemps, provoquant généralement, chez l’un ou chez l’autre, un sourire en coin, un rire soufflé, voire un pincement de lèvres. Vincent avait fini par glisser sa main sur celle de Gaby, le reste de son corps faisant mine de suivre le rapprochement : après cela, la suite des événements demeurait floue, et il n’arrivait plus à en rétablir l’ordre. Il se rappelait d’un pouce qui avait frémi à son toucher, de la panique qui avait fait son chemin dans les yeux clairs du beau brun – d’abord vague, elle s’était ensuite transformée en rejet violent – et de sa propre mâchoire qui s’était crispée de colère quand les mains s’étaient séparées, brûlées par ce contact qui s’était voulu tendre. Quelques minutes plus tard, il avait commandé un énième verre, qu’il avait dégusté seul cette fois. Il en avait profondément voulu à Gabriel d’avoir fui, encore, comme il l’avait toujours fait depuis qu’ils étaient garçons. Seulement, cette fois, celui-ci avait fui pendant dix ans, et Vincent l’avait laissé filer.   

La somptueuse demeure Carnahan apparut enfin dans son champ de vision, ses détails se précisant de plus en plus. Il ne quitta pas la maison des yeux jusqu’à ce qu’il sente le monteur s’éteindre : le ronronnement apaisant de la machine lui manqua immédiatement et il se tourna vers Frank, qui lui sourit doucement. « Ça va aller. Je suis là. », qu’il lui dit de sa voix feutrée, et cela suffit à donner un peu de courage à Vince. C’était pour cette exacte raison qu’il avait demandé à son ami de l’accompagner : celui-ci savait le rassurer comme peu arrivaient à le faire, et Vincent n’était pas convaincu de réussir à affronter la soirée tout seul. En effet, outre toute cette histoire avec Gabriel, il redoutait depuis longtemps le jour de son retour dans sa ville et son milieu d’origine. Il avait volontairement quitté ce monde après la guerre, abandonné sa grande vie d’héritier tranquille afin de mener une existence qui, bien que plus difficile, avait le mérite d’être authentique. Son service militaire lui avait fait voir bien des choses et, en comparaison avec le rude quotidien des soldats au front et tous ceux qui en avaient perdu la vie, le songe même de toutes les insignifiances de la haute société avait fini par lui faire violence. Il n’avait plus envie de faire semblant, de se soumettre à la tyrannie des bonnes manières et des mots vides… et plus envie de se mentir, surtout. C’est pour ça qu’il avait quitté pour Londres, parce que la capitale était aussi vraie qu’une ville puisse l’être, et qu’il pourrait y être aussi vrai qu’un homme comme lui puisse l’être. Oui, Vincent était parti sans adieux ni cérémonie, il avait bravement laissé cette sphère factice dans laquelle il s’apprêtait à remettre le pied, comme une proie un peu honteuse qui s’abandonnerait enfin au loup. Il était bien prêt à jouer selon les règles à nouveau l’instant d’une soirée, mais il craignait l’attention que son retour lui attirerait. Il ne souhaitait ni être la proie de questions trop insistantes, ni accaparer les projecteurs qui devraient, ce soir, être exclusivement braqués sur les futurs époux.

Sans causer d’émoi, son entrée fit tout de même tourner des têtes et taire quelques discussions. Les regards qui se posèrent sur lui ne semblaient pas hostiles, mais étaient cependant curieux… et Vincent savait très bien que la curiosité mondaine n’était jamais innocente. Il s’immobilisa après quelques pas dans l’entrée et sentit la main de Frank se poser dans le creux de son dos, subtil rappel qu’il était à ses côtés. À nouveau, le calme de son ami lui insuffla un regain de force qui prit la forme d’un sourire assuré. Ignorant le nuage d’attention qui flottait au-dessus de sa tête, il mit le cap sur un homme qu’il reconnaissait comme étant une connaissance de sa famille, qu’il salua d’un « Bonsoir, Harry. » posé avant d’engager la discussion avec lui. Échanger avec les Harry de ce monde était simple : soit on parlait affaires, soit on parlait politique, soit on parlait Harry. Ces trois sujets étaient assurément inépuisables et permettaient surtout de transformer la conversation en monologue afin d’avoir tout le loisir de laisser son attention voguer ailleurs. Pour Vince, cet ailleurs, ce soir, c’était Gaby : dès que son interlocuteur se lançait dans une nouvelle tirade, il cherchait furtivement le jeune homme des yeux, sans succès. À croire qu’il n’était même pas là et que ses espoirs – espoir de quoi ? lui-même ne savait trop – seraient déçus. Au bout de quelques minutes, déterminé à approfondir ses recherches, il s’excusa auprès de Harry et le laissa aux bons soins de Frank, qui l’avait déjà relancé sur une autre question. Définitivement, cet homme était son sauveur.

Il était passé au bar et s’était scotché sans difficulté à une autre connaissance lorsqu’une voix aigüe l’interpella. Son visage s’illumina immédiatement en reconnaissant le timbre familier, et il se retourna vers Elizabeth, qui l’enlaça. « Quel impoli tu fais ! Même pas on ne vient saluer la future mariée ? » lui dit-elle en pleine accolade. Un sourire espiègle étira les lèvres de Vincent : « Je voulais te faire une surprise et sortir de ton gâteau, mais ils m’ont renvoyé de la cuisine quand je leur ai expliqué mon idée. ». La jeune femme éclata d’un rire sincère et recula d’un pas pour le regarder de haut en bas. « Tu n’as pas vieilli.  », s’exclama-t-elle, et une moue à la fois sceptique et amusée traversa le visage du jeune homme lorsqu’il rétorqua : « Le temps doit s’être arrêté pour nous deux, alors. ». Il prit lui aussi un temps pour examiner Liz : elle n’avait effectivement pas changé, ayant tout gardé de sa beauté juvénile. Mis à part ses joues qui s’étaient légèrement émaciées, laissant saillir ses jolies pommettes, son visage était identique à son souvenir. Mêmes traits expressifs, même regard vif, même sourire radieux. Une version adoucie du faciès de son grand frère, en somme. Son habileté pour la conversation et son insatiable curiosité étaient aussi restées pareilles : la voilà qui, accrochée à son bras, le traînait il ne savait trop où, l’air de chercher il ne savait trop quoi, tout en l’assaillant de questions auxquelles il répondait le strict minimum. Londres ? Impossible de s’y ennuyer. Et lui, marié ? Pas à ce qu’il sache. Quelqu’un en vue, alors ? Oh, peut-être. Et cet homme qui l’accompagnait ? Un ami avec beaucoup de contacts. Il commençait tout juste à faire changer l’interrogatoire de direction que la jeune fiancée sembla enfin trouver l’objet de ses recherches, qu’elle identifia d’un « Gabriel ! » enjoué.

Il ne cilla pas en entendant le prénom, mais sa prise se raffermit sur sa coupe, comme si le morceau de verre était tout ce qui le retenait dans la pièce. Puis, lorsqu’il détourna les yeux de la sœur Carnahan pour regarder l’aîné de la famille, il lui sembla que son sourire ne lui nécessitât plus aucun muscle : il tenait là tout seul, symptomatique de la drôle de danse qui animait sa poitrine. C’était bien Gabriel qui se tenait à quelques pas de lui, plus beau que jamais – chose que Vince croyait impossible encore quelques minutes auparavant. Avec son regard enfin installé sur le visage qu’il avait tant cherché, l’anxiété des dernières semaines lui sembla tout d’un coup bien bête. Évidemment, que tout allait rentrer dans l’ordre : à quoi avait-il bien pu songer, à craindre ainsi un second désastre ? C’était ce qu’ils faisaient depuis toujours, après tout : se froisser et se réconcilier sans rien perdre de leur complicité habituelle. Et puis, l’eau avait coulé sous les ponts depuis la soirée au pub. Des lieues le détachaient de la personne qu’il était à l’époque, et il devait en être de même pour Gaby. Gorgé d’espoir, le londonien d’adoption inspira un coup et entrouvrit la bouche pour le saluer, mais son joli le doubla. Un « Je… Il faut que je… Je dois régler quelques détails encore, je vous laisse. » maladroit s’échappa de ses lèvres et à peine eut-il terminé sa phrase qu’il fila se fondre à la masse d’invités, sans même un regard derrière. L’espoir prit soudain un goût amer sur la langue et il se retint de froncer les sourcils alors qu’Elizabeth reprenait son interrogatoire comme si le premier homme dont il était tombé amoureux ne venait pas de le fuir.

« Tout va bien ? », lui demanda Frank, tout en échangeant son verre vide pour un whisky tout neuf. « Je ne sais pas trop… Je crois que j’ai besoin d’air. ». Grimaçant de culpabilité en réalisant qu’il s’apprêtait encore à laisser son accompagnateur seul, il ajouta : « Ça va si je te laisse encore un peu ? Tu t’en sors ? ». Il reçut un regard entendu en guise de réponse : un avocat s’en sortait toujours. Au même moment, un jeune homme qui lui était absolument inconnu interrompit leur aparté, comme s’il attendait ce signal pour donner la réplique. L’arrivant ne lui accorda absolument aucune attention : « Monsieur Forrester ! Quelle surprise de vous voir ici ! ». Frank décocha un clin d’œil à Vincent pour lui signifier qu’il avait la situation bien en main et passa un bras autour des épaules du garçon, dont le sourire béat en disait long sur ce qui le liait à son ami. Alors qu’ils s’éloignaient tous les deux, un « Jack ! La surprise est agréable, j’espère. » ronronnant fit rigoler celui qu’ils laissaient derrière. Les charmes de l’héritier Forrester, dont il avait profité quelques temps avant que leur relation ne prenne un autre virage, ne manquaient désormais jamais de l’amuser. Son sourire tomba cependant vite lorsqu’il repensa à sa rencontre ratée avec Gaby, et il s’affaira à sortir de cette maison désormais trop bruyante.

Il s’était réfugié sur une terrasse recluse, connue presque uniquement des habitants de la demeure du fait de son entrée discrète, contrairement à celle beaucoup plus tape-à-l’œil des autres plateformes. Plus jeunes, Gabriel et lui s’y réfugiaient souvent lorsqu’ils cherchaient à fuir l’autorité des parents Carnahan, qui semblaient parfois avoir oublié l’existence de la modeste sortie : ainsi doutait-il fort que quelqu’un ne vienne le déranger ici. Il entreprit de s’allumer une cigarette, dégustant pensivement son bourbon entre deux bouffées de tabac. Le voilà qui se sentait un peu perdu. Il n’avait pas envie de chasser Gab à travers tous ces gens… et c’était pourtant la seule chose qu’il souhaitait faire. Il voulait lui courir après, l’empêcher de lui filer encore entre les doigts, lui parler enfin franchement, et ce quitte à le perdre à nouveau. Cette dernière pensée l’affligeait, mais tant de mots lui brulaient encore la gorge chaque fois que son esprit dérivait vers lui. Oh, Gaby… Ses réflexions se perdirent de longues minutes dans le quasi-silence nocturne, et il allait tout juste se résoudre à rentrer lorsqu’une nouvelle présence sur la terrasse le figea sur place. Le loup s’était matérialisé devant lui et, n’ayant pas remarqué sa présence, s’appuyait sur la rambarde, ayant visiblement aussi besoin d’un peu d’espace. Pour Vincent, cette vision de son ami était des plus paisibles : la lumière diffuse de la lune conférait à ses bouclettes des reflets bleutés et l’immobilité des jardins donnait l’impression d’un monde à part, un monde rien que pour eux. Il ne pu s’empêcher d’y voir là une promesse, et le songe suffit à l’arracher à sa contemplation. Il s’approcha de l’autre homme : « Je me demandais quand tu allais cesser de t’enfuir. », lui lâcha-t-il. À son grand étonnement, sa voix ne trahit pas le maelstrom qui faisait rage en lui. Refusant de se laisser distraire par le visage surpris – et beau, si beau que ç’en était douloureux – qui lui faisait désormais face, il enchaîna. « Tiens. », dit-il en sortant une cigarette de sa boîte métallique, qu’il alluma avec l’extrémité de la sienne avant de la tendre à Gab. Il le regarda tirer sur son tabac pendant un moment et, devant la mine grave de celui-ci et son propre air sérieux, le coin de ses lèvres se souleva en un vague sourire : « Allez, tu ne vas pas faire cette tête toute la soirée, quand même… Je ne te mangerai pas. ». Ses yeux s’adoucirent alors qu’il se permis, profitant du vent de légèreté qu’insuffla sa dernière réplique, d’examiner un peu le jeune homme. « Tu m’as l’air de bien te porter. », lui dit-il après avoir laissé dériver son regard partout où l’obscurité le lui permettait, s’arrêtant droit dans les prunelles brillantes de Gabriel. Enfin, ne pouvant s’en empêcher plus longtemps, il souffla un « C’est bon de te revoir. » dont la sincérité était bien audible. Puis, ajouta, sur un ton tout aussi calme : « Tu m’as manqué tu sais… Beaucoup manqué. ».
I'd tried so, not to give in, and I said to myself "this affair, it never will go so well," but why should I try to resist when baby I know so well that I've got you under my skin? I'd sacrifice anything, come what might, for the sake of having you near.



To live is the rarest thing in the world. Most people exist, that is all.
(O. Wilde) élissan.

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