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 Zugzwang ✿ Alfiana

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Juliana Rhodes
l'histoire sans fin
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ÂGE : 32 ans (23/05)
SURNOM : Jules, à force de l'utiliser, j'en oublie presque mon vrai prénom
STATUT : En couple depuis trois ans et bien déterminée à le rester malgré les difficultés
MÉTIER : Bibliothécaire spécialisée dans les romans jeunesses, une passion et une vocation
LOGEMENT : Appartement #95 à Toowong que je partage avec Alfie... Ainsi que des colocataires un peu envahissant, deux rats et une tortue.
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POSTS : 614 POINTS : 580

ORIENTATION SEXUELLE : Je n'aime que ma moitié.
PETIT PLUS : Ainée d'une famille de cinq enfants ✿ A perdu son père à l'âge de onze ans ✿ Est passionnée par les livres ✿ Est maniaque et psychorigide mais tente de se soigner ✿ Est amoureuse depuis trois ans de celui qu'elle considère comme l'homme de sa vie ✿ Exerce le métier qu'elle a toujours rêvé de pouvoir faire ✿ Rêve secrètement de vivre les happy ends de contes de fées
UN RP ? : Pas dispo pour le moment.
RPs EN COURS : (9/10) Leonardo #1Alfie #1Stephen, Leah & Alfie #1Alfie #2Tad #2Eva #1Alfie #3Ariane #1Evelyn #1
RPs TERMINÉS : Harvey #1Stephen #1Tad #1Asher #1Leah #1Harvey #2Alfie & Ariane #1Joseph #1Alfie & Joseph #1Asher #2Caleb #1
PSEUDO : Watermelon
AVATAR : Jenna-Louise Coleman
CRÉDITS : Century Sex
DC : Primousse
INSCRIT LE : 18/03/2019
http://www.30yearsstillyoung.com/t23445-a-room-without-books-is-like-a-body-without-a-soul-juliana-rhodes#950001 http://www.30yearsstillyoung.com/t23470-you-get-in-life-what-you-have-the-courage-to-ask-for-juliana-rhodes#951283 http://www.30yearsstillyoung.com/t23469-juliana-rhodes

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MessageSujet: Zugzwang ✿ Alfiana   Zugzwang ✿ Alfiana EmptyMar 11 Juin - 22:50





Zugzwang

@Alfie Maslow & Juliana Rhodes


Dix secondes. Je n’irais pas jusqu’à dire que je me sens bien, mais sous l’eau, j’ai l’impression d’être loin de toute réalité, ou en tout cas de la mienne, et c’est pile ce dont j’avais besoin. J’entends des bruits de voix étouffés au-dessus de ma tête mais ils me paraissent lointain. Je suis seule au monde. L’eau vacille au même rythme que les mouvements de mes bras destinés à conserver ma tête dans l’eau. Vingt secondes. J’aimerais rester ici pour toujours, ne plus avoir à parler quand je préfère me taire, à sourire quand je n’en ai pas envie, à faire semblant d’accepter ce que je n’accepte pas ou que sais-je encore. Ici, ça me parait possible, quelques longueurs m’ont suffi pour oublier cette journée pourrie, cette rencontre qui aurait dû être fabuleuse mais qui ne l’a pas été et ce message resté sans réponse alors que les questions se bousculent encore dans ma tête. Trente secondes. De petites bulles remontent à la surface, m’indiquant que mes poumons se vident désormais et qu’il va falloir remonter à la surface. Je suis vraiment nulle en apnée, je n’ai aucune endurance, mais j’imagine qu’il faut un entrainement régulier pour parvenir à s’améliorer et je ne suis pas sûre d’en avoir l’envie ou la patience. Quarante secondes. Mes pieds frappent le sol et me propulsent à la surface. Je prends une grande inspiration, retrouvant les bruits du monde réel avec une certaine déception. Deux enfants se chamaillent au loin, sous la surveillance d’une baby-sitter – ou peut-être est-elle une sœur ou une mère beaucoup trop jeune – qui ne daignera intervenir que lorsque l’un des deux se sera fracassé le crâne sur le carrelage. Une personne d’un certain âge avance au ralenti dans un des couloirs réservés aux nageurs expérimentés, provoquant des murmures offusqués de la part des travailleurs qui estiment qu’une personne retraitée devrait au moins avoir la décence de venir profiter du lieu durant les heures où ils sont coincés devant leur ordinateur. Une jeune femme, écouteurs sur les oreilles, semble être en train de reproduire des mouvements appris dans un des cours d’aquagym hors de prix dispensés à des horaires pourris qui ne permettent qu’aux femmes entretenues par leurs maris de s’y présenter. Et moi, dans tout ça, malgré l’heure de nage que je viens d’accomplir, je n’ai pas vraiment réussi à trouver ce que j’étais venue chercher et ne repartirais qu’avec les muscles endoloris d’avoir subis un tel exercice. Pourtant, il va bien falloir rentrer. Le maitre-nageur resté jusqu’ici en retrait a entrepris de faire le tour des bassins pour inciter les gens à sortir de l’eau, l’heure de fermeture approchant. Je m’exécute, trainant un peu sous la douche pour gagner du temps, exécutant mécaniquement les mêmes gestes que je reproduis à chaque fois que je mets les pieds à la piscine municipale, mes pensées m’emportant bien loin d’ici. Je suis la dernière à quitter les vestiaires, sous le regard sévère de l’employé chargé de la fermeture qui vient de voir son planning être retardé d’une minute à cause de mon effroyable lenteur. Un mince sourire d’excuse étire mes lèvres alors que je presse le pas vers la porte.

Lorsque la porte de l’appartement claque derrière moi, je n’ai pas besoin de demander s’il y a quelqu’un pour m’en assurer. L’absence de lumière est un bon indicateur et j’ai pris l’habitude d’être la première à arriver ces derniers temps, voire même la seule, même si je ne rentre pas toujours spécialement tôt suite à un passage chez Leo ou une sortie natation comme ce soir. Je ne prends même pas la peine de consulter mon téléphone pour savoir si Alfie a pris la peine de justifier cette énième absence, une de plus dans cette longue série qui n’en finit plus. Ce soir, et comme souvent ces derniers temps, je ferais réchauffer n’importe quel reste trouvé au fond du frigo en lisant un des ouvrages que j’ai rapporté du boulot. Joie. Aujourd’hui, les choses sont tout de même différentes de ces derniers jours, parce que les mots d’Harvey hantent mon esprit sans me laisser le moindre répit. Je touche à peine à mon assiette et relis trois fois la même page de mon livre sans parvenir à en comprendre le sens. Je devrais sans doute aller me coucher, ça ira sûrement mieux demain matin, mais je sais que je n’arriverais jamais à trouver le sommeil tant j’ai les nerfs à vif. Je veux des réponses à mes questions, je veux comprendre ce qu’il se passe dans la tête d’Alfie, parce que je n’arrive vraiment plus à suivre. J’ai tout tenté du déni le plus total jusqu’à lui trouver des excuses pour chaque comportement qui me paraissait sortir de l’ordinaire. Mon imagination a des limites et je crois que j’arrive au bout de ce qu’elle peut me proposer. Ma conversation avec Joseph m’avait déjà beaucoup secouée mais parce que cet homme me paraissait aussi étrange que dérangeant, j’avais réussi à me détacher des mots qu’il avait prononcé. Pour Harvey, c’est différent, il est mon ami, ses mots n’avaient pas pour objectif de me blesser mais plutôt de me faire ouvrir les yeux et maintenant je sais que je dois avoir une vraie conversation avec Alfie. C’est pour cette raison que je décide de l’attendre, malgré le fait que j’ignore à quelle heure il va daigner revenir, ni s’il va vraiment le faire – même si je pense que oui – et s’il ne va pas prendre la fuite en apercevant que je l’ai attendu de pied ferme. Je prends le risque, laissant défiler les heures en tentant tant bien que mal d’avancer mes lectures, me levant pour dégourdir les jambes dès que je sens mes paupières devenir un peu lourdes, pianotant du bout des doigts sur la table du salon pour tenter de rester en mouvement et ne pas m’assoupir. Lorsque j’entends les clés tourner dans la serrure, j’ai l’impression d’être là depuis une éternité, ma montre m’indique qu’il est une heure du matin, heure à laquelle je devrais être dans les bras de Morphée puisque je travaille le lendemain. Il ne me reste plus qu’à prier pour que ce ne soit pas Joseph qui vient rendre définitivement ses clés mais même sans l’apercevoir, il me suffit d’écouter la manière dont il se déplace pour imaginer ses gestes et savoir que ce n’est pas à notre ex-colocataire forcé que je devrais me confronter ce soir. J’ai quitté ma chaise pour m’avancer vers lui, m’arrêtant à une distance que je juge raisonnable. « Trop gentil de me faire grâce de ta présence. » J’amorce, annonçant la couleur directement parce que quitte à me lancer là-dedans, autant lui faire part de l’état d’esprit dans lequel je me trouve et donner à cette conversation l’ambiance qu’elle mérite d’avoir. « Ça tombe bien, je crois qu’on a des choses à se dire. » Que tu as des choses à me dire. Il n’a plus le choix maintenant, je n’ai pas l’intention de le laisser s’échapper.


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I don't wanna sacrifice the little things that make a life worth living

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Alfie Maslow
la pile électrique
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ÂGE : trente-quatre ans (01.11), parfois l'impression d'en avoir vécu dix de plus
SURNOM : alfie en est déjà un, raccourci en alf ou al par certains
STATUT : en couple depuis trois ans, en crise depuis quelques semaines
MÉTIER : hyperactif de vocation, anthropologue de formation ; désormais lecturer à l'université, consultant (abc, hôpital, pénal) et pianiste des street cats
LOGEMENT : appartement #95 à toowong avec jules, sa copine, une tortue, deux rats et bientôt un alpaga (on espère)
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ORIENTATION SEXUELLE : Je n'aime que ma moitié.
PETIT PLUS : enfant unique, parents très religieux ≈ trop étouffé durant l’enfance, l’adolescence s’est mal passée ≈ rescapé d’un accident de voiture qui a tué son premier amour ≈ passionné par son métier, ne parlera que des bons côtés de celui-ci ≈ optimiste et blagueur dans la vie quotidienne ; sérieux et consciencieux au travail ≈ se déplace en skate ; en vélo quand il doit paraître adulte ≈ excellent pianiste ≈ trouble tdah jamais diagnostiqué ≈ cicatrices le long du dos, sur le torse et brûlure sur l’entier de la paume gauche ≈ de retour à brisbane depuis environ un an
UN RP ? : Pas dispo pour le moment.
RPs EN COURS : Zugzwang ✿ Alfiana Tumblr_ot1yxvje7E1rb71hfo8_250
alfiana #1 & alfiana #2 & alfiana #3 ⊹ i'm sliding into something you won't understand, but don't give up on me 'cause i'm just in a rut, i'm climbing but the walls keep stacking up.

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arfie (fb) ⊹ we're burning down the highway skyline on the back of a hurricane that started turning, when you were young, when you were young.


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nadia eleonora
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MessageSujet: Re: Zugzwang ✿ Alfiana   Zugzwang ✿ Alfiana EmptyLun 8 Juil - 0:27




JULIANA & ALFIE ⊹⊹⊹ I need a place to take refuge, See I been loving you blind And I guess that made it hard for me to find That we were caught up in the middle of a worn out dream, I knew we were in trouble but baby I almost screamed.


« Quand tu auras deux minutes, si tu pouvais me faire une liste de tous tes ex, ce serait sympa. Juste histoire de savoir s’il y a d’autres amis à moi parmi eux. C'était gênant. » L’amorce du premier message tourne en boucle dans son esprit alors qu’il manque de heurter un chien et son propriétaire, ne prenant pas la peine de s’excuser – pour ça, il faudrait qu’il prenne conscience de ce qui l’entoure. Alfie avance, à un rythme soutenu qui lui est pourtant habituel, dépassant les quelques autres coureurs sur son chemin sans prendre le soin de se décaler pour faciliter les croisements, provoquant quelques râles voire même insultes qui n’atteignent pas son esprit. Ce sont les mots de Juliana qui accaparent celui-ci depuis plusieurs heures, sans qu’il n’arrive à passer au-dessus de ceux-ci, sans qu’il ne soit en mesure de prendre le chemin de l’appartement pour éclairer toutes ces interrogations qui le fatiguent autant que cette course à laquelle il s’adonne depuis dix minutes – ou est-ce une heure ? Il a essayé de se convaincre que c’était une mauvaise plaisanterie de la jeune femme pour se jouer de lui autant qu’il se joue d’elle, ou à défaut, un énorme hasard qui n’aurait aucune incidence sur leur quotidien si ce n’est une gêne partagée un court instant lorsqu’elle viendrait à lui expliquer la situation avant que les choses ne retournent à la normale. Brisbane est certes une grande ville, mais les coïncidences existent et il en fait l’amère expérience. Quoi qu’amer, il n’est pas certain, car il a tenté de réfléchir à l’identité de l’ami en question, et toutes les propositions qui s’offrent à lui ne lui paraissent pas honteuses, ni problématiques. Il ne connait pas l’entier du cercle de connaissances de Jules, mais à l’imaginer, il suppose qu’elle pourrait être liée à Judith, la fille du pasteur à l’image parfaite en surface, qu’il a pris soin de dévergonder dès lors qu’il a compris qu’elle n’attendait que ça ; et il s’en était amusé des nombreuses confessions qu’elle allait devoir faire pour se pardonner leurs divers écarts qui n’avaient probablement rien de « normaux » à ses yeux. Ou peut-être s’agit-il de Saleh, l’expert-comptable qu’il a croisé dans un bar il y a quelques années et qui était devenu un coup régulier, mais compte tenu de sa difficulté à assumer son homosexualité, il n’est pas sûr qu’il ait pu en parler à Jules, dont il croit savoir qu’ils fréquentaient le même lycée. Peut-être est-ce Terrence, ou est-ce Terry, Teddy ? Alfie n’a pas retenu son prénom parce que c’est bien la dernière chose qui l’intéressait, mais il a retenu l’impressionnante bibliothèque du jeune homme lorsqu’il l’avait fréquenté occasionnellement pendant plusieurs semaines avant de rencontrer Jules, et peut-être même qu’il avait mentionné être un fidèle client de la bibliothèque où travaille cette dernière. Mais aucun d’entre eux ne peut prétendre au titre « d’ex » parce qu’Alfie ne les a jamais considéré comme des « relations », raison pour laquelle l’incertitude a régné, avant que Jules ne mette un terme à celle-ci. « Harvey. En temps normal j'aurais été ravie de t'annoncer qu'un de mes amis était de retour à Brisbane, mais en l'occurrence, je ne t'apprends rien, n'est-ce pas ? » Harvey. De toutes les personnes qui composent sa liste de partenaires intimes, c’est le dernier qu’il aurait imaginé avoir en commun avec Jules. Harvey Hartwell. Alfie accélère ses pas, expire bruyamment et rapidement, le souffle qui commence à ne pas suivre la cadence qu’il impose à son corps. Hartwell connaît Jules. Et Hartwell lui a dévoilé leur passé commun, car qui d’autre ? Amelia n’est plus de ce monde pour témoigner de cette relation, et il ne l’aurait jamais mentionnée de lui-même à sa compagne, pas même si elle s’était terminée à l’amiable, parce qu’elle appartient au passé, justement, et qu’il ne considère pas que ce soit un détail très important à partager avec Jules. Et il a insisté, Alfie, croyant jusqu’au bout que tout ceci est une mauvaise plaisanterie dans le but de le faire rentrer plus vite que prévu, pour le punir de son comportement distant de ces dernières semaines. « Si seulement. » Deux petits mots qui traduisent de l’agacement plus que palpable, même pas écrans interposés, de la jeune femme. Deux petits mots qui lui ont confirmé que la confrontation est inévitable et l’ont convaincu de repousser celle-ci jusqu’à tant qu’il le peut, qui lui font appréhender celle-ci, et toutes les choses qu’il pourrait glisser sous la colère et qui n’aurait rien à voir avec Harvey, mais qui ciblerait Jules, et uniquement elle. Alfie accélère encore un peu plus alors que son esprit n’est plus qu’un amas d’idées qu’il ne parvient pas à articuler les unes aux autres, mais qui ne font qu’accentuer cette panique qui gagne ses veines depuis le début de la soirée. Jules. Harvey. Ce que le second a pu dire à la première. S’il a révélé leur passé commun, qu’est-ce qu’il a encore glissé quant au passé d’Alfie, qu’il met tant d’énergie à dissimuler ? Son énergie, pour l’instant, est accaparée par sa course, qui lui permet d’oublier, légèrement, toutes ses pensées qui maltraitent son esprit. Et pas seulement Harvey, ou Jules, mais également tout le reste. Ce sommeil capricieux, ce besoin de s’évader, de partir, de franchir les limites, encore et toujours, de retrouver la bonne vieille sensation d’un apaisement immédiat et d’une aiguille plantée dans son bras. Alors il accélère, Alfie. Encore. Encore, jusqu’à bientôt ne plus en pouvoir, jusqu’à ce que son souffle soit saccadé, jusqu’à ce que ses poumons semblent ne plus pouvoir se remplir d’air, jusqu’à ce que sa gorge s’assèche complètement, jusqu’à ce que la douleur dans son dos se réveille, enfin. Parce qu’il se focalise désormais sur elle ; et sur le besoin de la réactiver, toujours plus, pour qu’elle prenne le dessus sur la douleur que lui cause ses pensées. Et il court, Alfie, à en perdre haleine, à ne bientôt plus sentir ses jambes, ni tout le reste, si ce n’est ses muscles dans son dos dont la guérison n’est pas encore complète, et qui continuent de le faire souffrir malgré tout ce qu’il prétend. Ça picote, en premier lieu, ça tire à chaque mouvement, et ça finit par être une brûlure qui se propage tout le long de ses épaules et de sa colonne vertébrale. Il ne s’arrête pas, il en veut plus, parce que ça fait du bien quand ça fait mal. Et même ses yeux qui commencent à s’humidifier, ni ses dents qui se serrent le font s’arrêter, et ce n’est que lorsqu’il manque de trébucher parce que ses jambes ne tiennent plus qu’il est forcé de s’interrompre, et de reprendre ce souffle qu’il avait délaissé. Et il est épuisé, enfin. La douleur se mêle à la fatigue accumulée depuis des jours – et des semaines, des mois en réalité – et il serait prêt à s’effondrer sur ce banc à côté de lui s’il s’y autorisait, parce qu’il n’y a plus grand-chose qui soit opérationnel à ce instant, si ce n’est le besoin de sombrer dans les bras d’un Morphée qui le délaisse bien trop souvent à son goût. Sa montre lui indique qu’il est bientôt une heure du matin, et c’est en marchant avec un équilibre précaire à en rendre jaloux tous les alcooliques du quartier qu’il regagne son appartement, se raccrochant au fait que Jules doit dormir, et que de toute façon, épuisé ou non, son sommeil ne durera qu’une poignée d’heures et qu’il sera, quoi qu’il advienne, éveillé bien avant la jeune femme.

Il aurait dû le prévoir. Il l’a connaît par cœur après trois ans de vie commune, il aurait dû s’attendre à ce qu’elle ait besoin d’explications, à ce qu’elle lui demande des comptes, parce que c’est ce qu’elle fait de mieux, pas vrai ? Alfie soupire tandis que ses tentatives pour se glisser sur la pointe des pieds dans l’appartement s’avèrent un échec, et qu’elle le confronte sans même qu’il ait eu le temps d’ôter ses chaussures. Le ton qu’elle emploie laisse présager cette confrontation qu’il a anticipé toute la journée, et la fatigue aidant, il n’y aucun sourire amusé qui ne s’affiche sur ses lèvres, ni aucune justification balancée sur le ton de l’humour pour désamorcer une situation qui lui échappe, seulement une lassitude d’être toujours considéré quand le coupable quand son seul méfait est d’être ce qu’il est ; de faire ce qui lui plaît. « Je peux très bien repartir, si tu préfères. » Qu’il rétorque en lui adressant un bref regard, avant de se diriger vers le lavabo pour se servir un verre d’eau fraîche englouti en une poignée de secondes. Il se satisfait d’être dos à la jeune femme alors qu’elle poursuit ses attaques, car ce sont bien ses yeux qui se lèvent automatiquement au ciel. Revenant vers elle, c’est contre un meuble qu’il s’appuie alors que ses jambes menacent de le trahir à tout moment, et ce sont ses sourcils qui se froncent alors qu’il capte à nouveau le regard de Jules. « Vraiment ? Qu’il débute, un peu agacé. Je vois pas ce qu’il y a à dire. » Qu’il admet, non pas par envie d’éviter la confrontation, mais parce qu’il le pense réellement. Parce que j’en ai marre de justifier chacun de mes actes parce que tu ne les comprends pas. Mais l’heure n’est pas à la rancune, mais aux explications. Des explications qu’il ne compte pas fournir, ou probablement pas autant qu’elle en attend. « Qu’est-ce que tu veux que je te dise ? J’ai eu une vie avant toi, Jules. Je ne pensais pas que toi et Hartwell étiez amis, et je peine encore à l’envisager, d’ailleurs. J’imagine bien que ça a dû être gênant, et j’en suis désolé, mais je ne vois pas ce que je peux te dire d’autre. » Parce qu’il n’y a rien d'autre à dire. Parce que tout ceci appartient au passé, parce que ça n’a plus d’importance, parce que ça ne dicte pas celui qu’il est aujourd’hui et qu’il ne comprend pas sa réaction. « Je ne comprends pas pourquoi ça a l’air de te mettre en colère. » Qu’il admet, et à cet instant, ça le frappe. Parce qu’Harvey ne s’est pas contenté de lui dire qu’ils se sont bien connus, mais qu’il l’a bien connu, aussi, c’est désormais une certitude. Et il ne reste plus qu’à mesurer l’ampleur des dégâts causés par Harvey, alors qu’il mesure déjà l’ampleur des dégâts qu’il va causer à ce dernier.



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MessageSujet: Re: Zugzwang ✿ Alfiana   Zugzwang ✿ Alfiana EmptyLun 8 Juil - 22:18





Zugzwang

@Alfie Maslow & Juliana Rhodes


L’ambiance de l’appartement a instantanément change pour s’alourdir de manière notable lorsque j’ai adressé la parole à Alfie et j’en viens presque à regretter ma solitude qui pourtant commence à devenir extrêmement pesante avec le temps. Je n’ai jamais interdit à Alfie de vivre sa vie – à une exception près que je préfère évidemment passer sous silence, vivre dans le déni est ma plus grande spécialité – alors j’ai du mal à comprendre pourquoi prendre ses distances avec moi est devenu une véritable nécessité pour lui. Bien sûr, il y a toujours cette petite voix qui me dit que ce n’est pas vraiment le cas, qu’il est juste très occupé et qu’il n’a pas le temps de se poser à la maison. Le fait qu’il continue à respecter notre tradition du jeudi constitue un bon indicateur de sa bonne foi. Peut-être que je me fais des films. Pourtant, alors que j’attends, bras croisés qu’il daigne m’adresser un regard que je n’obtiens pas, le ton qu’il emploie pour me proposer de partir me fait comprendre que finalement mes craintes ne sont pas si infondées que ça. Pas d’étonnement de sa part. Pas de tentative d’humour. Pas de bisou de bonsoir – ou bonne nuit compte tenu de l’heure – juste un agacement perceptible et une probable envie de fuir la situation. Et ça m’énerve. Beaucoup. Parce que s’il a un truc à me reprocher, j’aurais préféré qu’il me le dise au lieu d’attendre lâchement que ce soit moi qui amorce la conversation qu’il aurait dû essayer de tenir des jours auparavant. « Il vaut mieux pas. » Je ne sais pas trop ce que je ferais s’il décidait de faire demi-tour et de me planter-là avec mes doutes et mes interrogations, je crois que je suis arrivée au bout du nombre d’incertitudes que j’étais capable d’encaisser sans flancher et je ne laisserais certainement pas cette ambiance désagréable perdurer pendant encore des jours, voire des semaines ou encore pire, de longs mois. Il n’a pas envie d’être ici, c’est une évidence, mais moi je n’avais pas envie d’être à l’origine de cette discussion et c’est pourtant le rôle que je joue parce qu’il n’a pas été fichu de le faire. Ma position n’est donc pas franchement enviable et le ton qu’il emploie depuis qu’il a franchi la porte – certainement en adéquation avec le mien, mais j’ai toutes les raisons du monde d’être énervée contrairement à lui – ne permet pas aux tensions de s’apaiser, loin de là. Il prétend ne pas savoir ce qu’il y a à dire sur la situation et je hausse un sourcil. Est-ce maintenant que je dois lui demander s’il se fout vraiment de ma gueule ? Je me crois capable d’accepter beaucoup de choses et de prendre en compte les critiques si elles ne me paraissent pas infondées. En revanche, j’ai beaucoup de mal avec le fait qu’on prenne pour une idiote et entre Ariane qui a l’air de penser que je suis la dernière de cruche, Joseph et son histoire de viol tiré par les cheveux et maintenant celui qui partage ma vie, je crois que j’ai ma dose. Pourtant, je ne dis rien, je me contente de le regarder, attendant qu’il se décide à donner l’explication que je lui demande. Lorsqu’il se décide à prendre la parole, je suis soulagée de ne pas avoir à insister pour le faire parler davantage mais mon soulagement est de courte durée devant autant de mauvaise foi. Il pense sincèrement que je suis en colère parce qu’il a eu le malheur de partager le lit d’un garçon que je connaissais dix ans en arrière ? Il pense vraiment que je suis comme ça ? Je trouve ça tellement injustifié. J’ai accepté de me coltiner cette connasse d’Ariane depuis que je le connais – ou presque – en essayant de tenir ma langue à chaque fois que j’avais envie de l’étrangler, occultant le fait qu’il s’agit de son ex mais je serais capable de lui faire une scène pour avoir couché avec Harvey Hartwell ? C’est ridicule. Je déteste sa manière d’agir comme si c’est moi qui avais un problème et que je me faisais des films alors qu’il est évident que c’est tout le contraire, sinon il ne serait pas autant sur la défensive. J’ai envie d’exploser, de lui dire tout ce que je continue depuis des semaines mais je ne sais même pas par où commencer, il y en aurait tellement à dire. « Je…. Ce n’est pas ça qui me met en colère. » Mon ton est calme, posé mais le timbre tremblant de ma voix indique toute la colère que je tente tant bien que mal de contenir. « Je sais bien que tu as eu une vie avant moi et je ne te l’ai jamais reproché. » Et je déteste qu’il me prenne pour ce genre de fille capable de faire une crise de jalousie pour une vie qu’il a menée alors qu’il ne me connaissait pas. C’est insuffisant, je le sais, ça ne sert à rien de me justifier, je ne devrais même pas avoir à le faire tant ses propos semblent infondés. Il veut savoir pourquoi je lui en veux, n’est-ce pas ? Alors c’est exactement ce que je vais lui donner. « Le problème, c’est que tout le monde, toi y compris, semble trouver parfaitement normal de me prendre pour une imbécile. » Le ton de ma voix a changé et je me mets à faire les cents pas devant lui sans même m’en rendre compte, énumérant chacun des faits qui me viennent à l’esprit pour ponctuer mes propos. « D’abord il y a eu Joseph qui m’a avoué que tu l’avais mis en garde contre ma curiosité avant d’essayer de se rattraper aux branches en me racontant qu’il t’avait violé. » Pathétique et pourtant véridique. « J’ose même pas imaginer le portrait que tu as dressé de moi pour qu’il se dise que son mensonge allait passer sans problème. » J’ignore à quel point je suis dans le vrai et je ne suis même pas sûre d’avoir envie de le savoir. J’ai passé des heures à me demander pourquoi son ami avait bénéficié d’une telle mise en garde contre moi sans pour autant parvenir à trouver la solution. « Et il y a eu Ariane, j’aurais même pu commencer par elle, qui semble avoir pour leitmotiv dans la vie de me faire comprendre que je ne suis pas assez bien pour toi. » Bon, pour le coup, il est déjà au courant puisque j’ai évoqué maintes fois en sa présence mon envie de débarrasser l’univers de cette bactérie géante et franchement inutile. Dommage que je n’aie pas l’étoffe d’une criminelle. « Tu imagines bien que j’ai remarqué que tu me fuyais, aussi. Au départ, je me suis dit que tu avais simplement du travail, ou que tu rattrapais le temps perdu avec des amis, mais ça fait des semaines que ça dure, si on dine trois fois ensemble dans la semaine c’est presque miraculeux. Quand je me couche tu n’es pas là, quand je me réveille tu n’es pas là non plus et si je ne voyais pas tes affaires changer de place, je pourrais croire que tu ne vis plus ici. » C’est légèrement excessif mais je ne suis plus à un détail près, je suis entrainée par mon flot de paroles que je n’interromps que pour reprendre mon souffle, continuant à déballer tout ce que j’ai encaissé ces dernières semaines sans oser lui en parler pour ne pas envenimer les choses. « Aujourd’hui c’était au tour d’Harvey de débarquer pour m’apprendre qu’il te connaissait, il avait l’air tellement surpris qu’on soit ensemble, il m’a dit que c’était impossible, alors j’ai posé des questions et j’ai eu l’impression qu’on ne parlait pas de la même personne. Tout ce qu’il me racontait me paraissait être à des millénaires de ce que je savais de toi. » Cette conversation était aussi gênante que lunaire et je ne serais pas étonnée qu’Harvey ne me donne plus jamais de nouvelles après ça. « Il m’a dit que vous vous étiez revus, mais ça t’as oublié de me le dire, j’imagine. » Je m’arrête enfin pour lui faire face, levant les yeux vers lui, cherchant à savoir s’il va fuir mon regard ou s’il avait se décider à l’affronter, cette fois. « Je comprends plus rien, Alfie. » Ou peut-être que je n’ai jamais rien compris, finalement, que j’ai toujours été la gourde malléable qui suivait ses lubies. « J’ai l’impression qu’il y a un truc qui m’échappe mais j’arrive pas à savoir ce que c’est. » Sinon ce serait trop facile, bien sûr, j’aurais pu m’en sortir bien mieux et ne pas me retrouver devant lui, à vider mon sac. « Alors oui, je m’en fous de savoir que tu as couché avec Harvey, Peter, Jack ou ta prof d’histoire de lycée. » J’espère pas, quand même, ce serait trop bizarre mais là n’est pas le question. « Ce que j’aimerais savoir, c’est pourquoi tout le monde me parle de toi comme si tu étais une bombe à retardement ? De quoi est-ce qu’on cherche à me préserver ? Pourquoi est-ce que je suis obligée de te dire tout ça pour que tu me parles ? » J’ai beaucoup trop de questions sans réponse et le pire, c’est que je ne suis même pas sûre qu’il ait le courage ou ne serait-ce que l’envie d’y répondre. « Je pensais qu’on se faisait confiance et qu’on pouvait tout se dire. » Il n’a pas le droit de m’enlever ça, il n’a pas le droit de détruire cette confiance aveugle que je lui porte depuis le tout début et pourtant, je ne vois pas comment il pourrait justifier tout ça sans faire exactement ce que je redoute.


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