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 Zugzwang ✿ Alfiana

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Juliana Rhodes
Juliana Rhodes
l'histoire sans fin
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ÂGE : 32 ans (23/05)
SURNOM : Jules, à force de l'utiliser, j'en oublie presque mon vrai prénom
STATUT : En couple depuis trois ans et bien déterminée à le rester malgré les difficultés
MÉTIER : Bibliothécaire spécialisée dans les romans jeunesses, une passion et une vocation
LOGEMENT : Appartement #95 à Toowong que je partage avec Alfie... Ainsi que des colocataires un peu envahissant, deux rats et une tortue.
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POSTS : 771 POINTS : 180

ORIENTATION SEXUELLE : Je n'aime que ma moitié.
PETIT PLUS : Ainée d'une famille de cinq enfants ✿ A perdu son père à l'âge de onze ans ✿ Est passionnée par les livres ✿ Est maniaque et psychorigide mais tente de se soigner ✿ Est amoureuse depuis trois ans de celui qu'elle considère comme l'homme de sa vie ✿ Exerce le métier qu'elle a toujours rêvé de pouvoir faire ✿ Rêve secrètement de vivre les happy ends de contes de fées
UN RP ? : Pas dispo pour le moment.
RPs EN COURS : (11/10) Leonardo #1Stephen, Leah & Alfie #1Tad #2Eva #1Alfie #3Ariane #1Evelyn #1Norah #1Leah #2Caleb & Stephen #1Wylda #1
RPs TERMINÉS : Harvey #1Stephen #1Tad #1Asher #1Leah #1Harvey #2Alfie & Ariane #1Joseph #1Alfie & Joseph #1Asher #2Caleb #1Alfie #1Alfie #2
PSEUDO : Watermelon
AVATAR : Jenna-Louise Coleman
CRÉDITS : Century Sex
DC : Primousse
INSCRIT LE : 18/03/2019
http://www.30yearsstillyoung.com/t23445-a-room-without-books-is-like-a-body-without-a-soul-juliana-rhodes#950001 http://www.30yearsstillyoung.com/t23470-you-get-in-life-what-you-have-the-courage-to-ask-for-juliana-rhodes#951283 http://www.30yearsstillyoung.com/t23469-juliana-rhodes

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Message(#) Sujet: Zugzwang ✿ Alfiana Zugzwang ✿ Alfiana EmptyMar 11 Juin - 22:50





Zugzwang

@Alfie Maslow & Juliana Rhodes


Dix secondes. Je n’irais pas jusqu’à dire que je me sens bien, mais sous l’eau, j’ai l’impression d’être loin de toute réalité, ou en tout cas de la mienne, et c’est pile ce dont j’avais besoin. J’entends des bruits de voix étouffés au-dessus de ma tête mais ils me paraissent lointain. Je suis seule au monde. L’eau vacille au même rythme que les mouvements de mes bras destinés à conserver ma tête dans l’eau. Vingt secondes. J’aimerais rester ici pour toujours, ne plus avoir à parler quand je préfère me taire, à sourire quand je n’en ai pas envie, à faire semblant d’accepter ce que je n’accepte pas ou que sais-je encore. Ici, ça me parait possible, quelques longueurs m’ont suffi pour oublier cette journée pourrie, cette rencontre qui aurait dû être fabuleuse mais qui ne l’a pas été et ce message resté sans réponse alors que les questions se bousculent encore dans ma tête. Trente secondes. De petites bulles remontent à la surface, m’indiquant que mes poumons se vident désormais et qu’il va falloir remonter à la surface. Je suis vraiment nulle en apnée, je n’ai aucune endurance, mais j’imagine qu’il faut un entrainement régulier pour parvenir à s’améliorer et je ne suis pas sûre d’en avoir l’envie ou la patience. Quarante secondes. Mes pieds frappent le sol et me propulsent à la surface. Je prends une grande inspiration, retrouvant les bruits du monde réel avec une certaine déception. Deux enfants se chamaillent au loin, sous la surveillance d’une baby-sitter – ou peut-être est-elle une sœur ou une mère beaucoup trop jeune – qui ne daignera intervenir que lorsque l’un des deux se sera fracassé le crâne sur le carrelage. Une personne d’un certain âge avance au ralenti dans un des couloirs réservés aux nageurs expérimentés, provoquant des murmures offusqués de la part des travailleurs qui estiment qu’une personne retraitée devrait au moins avoir la décence de venir profiter du lieu durant les heures où ils sont coincés devant leur ordinateur. Une jeune femme, écouteurs sur les oreilles, semble être en train de reproduire des mouvements appris dans un des cours d’aquagym hors de prix dispensés à des horaires pourris qui ne permettent qu’aux femmes entretenues par leurs maris de s’y présenter. Et moi, dans tout ça, malgré l’heure de nage que je viens d’accomplir, je n’ai pas vraiment réussi à trouver ce que j’étais venue chercher et ne repartirais qu’avec les muscles endoloris d’avoir subis un tel exercice. Pourtant, il va bien falloir rentrer. Le maitre-nageur resté jusqu’ici en retrait a entrepris de faire le tour des bassins pour inciter les gens à sortir de l’eau, l’heure de fermeture approchant. Je m’exécute, trainant un peu sous la douche pour gagner du temps, exécutant mécaniquement les mêmes gestes que je reproduis à chaque fois que je mets les pieds à la piscine municipale, mes pensées m’emportant bien loin d’ici. Je suis la dernière à quitter les vestiaires, sous le regard sévère de l’employé chargé de la fermeture qui vient de voir son planning être retardé d’une minute à cause de mon effroyable lenteur. Un mince sourire d’excuse étire mes lèvres alors que je presse le pas vers la porte.

Lorsque la porte de l’appartement claque derrière moi, je n’ai pas besoin de demander s’il y a quelqu’un pour m’en assurer. L’absence de lumière est un bon indicateur et j’ai pris l’habitude d’être la première à arriver ces derniers temps, voire même la seule, même si je ne rentre pas toujours spécialement tôt suite à un passage chez Leo ou une sortie natation comme ce soir. Je ne prends même pas la peine de consulter mon téléphone pour savoir si Alfie a pris la peine de justifier cette énième absence, une de plus dans cette longue série qui n’en finit plus. Ce soir, et comme souvent ces derniers temps, je ferais réchauffer n’importe quel reste trouvé au fond du frigo en lisant un des ouvrages que j’ai rapporté du boulot. Joie. Aujourd’hui, les choses sont tout de même différentes de ces derniers jours, parce que les mots d’Harvey hantent mon esprit sans me laisser le moindre répit. Je touche à peine à mon assiette et relis trois fois la même page de mon livre sans parvenir à en comprendre le sens. Je devrais sans doute aller me coucher, ça ira sûrement mieux demain matin, mais je sais que je n’arriverais jamais à trouver le sommeil tant j’ai les nerfs à vif. Je veux des réponses à mes questions, je veux comprendre ce qu’il se passe dans la tête d’Alfie, parce que je n’arrive vraiment plus à suivre. J’ai tout tenté du déni le plus total jusqu’à lui trouver des excuses pour chaque comportement qui me paraissait sortir de l’ordinaire. Mon imagination a des limites et je crois que j’arrive au bout de ce qu’elle peut me proposer. Ma conversation avec Joseph m’avait déjà beaucoup secouée mais parce que cet homme me paraissait aussi étrange que dérangeant, j’avais réussi à me détacher des mots qu’il avait prononcé. Pour Harvey, c’est différent, il est mon ami, ses mots n’avaient pas pour objectif de me blesser mais plutôt de me faire ouvrir les yeux et maintenant je sais que je dois avoir une vraie conversation avec Alfie. C’est pour cette raison que je décide de l’attendre, malgré le fait que j’ignore à quelle heure il va daigner revenir, ni s’il va vraiment le faire – même si je pense que oui – et s’il ne va pas prendre la fuite en apercevant que je l’ai attendu de pied ferme. Je prends le risque, laissant défiler les heures en tentant tant bien que mal d’avancer mes lectures, me levant pour dégourdir les jambes dès que je sens mes paupières devenir un peu lourdes, pianotant du bout des doigts sur la table du salon pour tenter de rester en mouvement et ne pas m’assoupir. Lorsque j’entends les clés tourner dans la serrure, j’ai l’impression d’être là depuis une éternité, ma montre m’indique qu’il est une heure du matin, heure à laquelle je devrais être dans les bras de Morphée puisque je travaille le lendemain. Il ne me reste plus qu’à prier pour que ce ne soit pas Joseph qui vient rendre définitivement ses clés mais même sans l’apercevoir, il me suffit d’écouter la manière dont il se déplace pour imaginer ses gestes et savoir que ce n’est pas à notre ex-colocataire forcé que je devrais me confronter ce soir. J’ai quitté ma chaise pour m’avancer vers lui, m’arrêtant à une distance que je juge raisonnable. « Trop gentil de me faire grâce de ta présence. » J’amorce, annonçant la couleur directement parce que quitte à me lancer là-dedans, autant lui faire part de l’état d’esprit dans lequel je me trouve et donner à cette conversation l’ambiance qu’elle mérite d’avoir. « Ça tombe bien, je crois qu’on a des choses à se dire. » Que tu as des choses à me dire. Il n’a plus le choix maintenant, je n’ai pas l’intention de le laisser s’échapper.


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The universe is big. It’s vast and complicated and ridiculous. And sometimes, very rarely, impossible things just happen and we call them miracles

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Alfie Maslow
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la pile électrique
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ÂGE : trente-quatre ans (01.11), parfois l'impression d'en avoir vécu dix de plus
SURNOM : alfie en est déjà un, raccourci en alf ou al par certains
STATUT : en couple depuis trois ans, en crise depuis quelques semaines
MÉTIER : hyperactif de vocation, anthropologue de formation ; désormais lecturer à l'université, consultant (abc, hôpital, pénal) et pianiste des street cats
LOGEMENT : appartement #95 à toowong avec jules, sa copine, une tortue, deux rats et bientôt un alpaga (on espère)
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ORIENTATION SEXUELLE : Je n'aime que ma moitié.
PETIT PLUS : enfant unique, parents très religieux ≈ trop étouffé durant l’enfance, l’adolescence s’est mal passée ≈ rescapé d’un accident de voiture qui a tué son premier amour ≈ passionné par son métier, ne parlera que des bons côtés de celui-ci ≈ optimiste et blagueur dans la vie quotidienne ; sérieux et consciencieux au travail ≈ se déplace en skate ; en vélo quand il doit paraître adulte ≈ excellent pianiste ≈ trouble tdah jamais diagnostiqué ≈ cicatrices le long du dos, sur le torse et brûlure sur l’entier de la paume gauche ≈ de retour à brisbane depuis environ un an
UN RP ? : Pas dispo pour le moment.
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alfiana #3 ⊹ i'm sliding into something you won't understand, but don't give up on me 'cause i'm just in a rut, i'm climbing but the walls keep stacking up.

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arfie (fb) ⊹ we're burning down the highway skyline on the back of a hurricane that started turning, when you were young, when you were young.


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Message(#) Sujet: Re: Zugzwang ✿ Alfiana Zugzwang ✿ Alfiana EmptyLun 8 Juil - 0:27




JULIANA & ALFIE ⊹⊹⊹ I need a place to take refuge, See I been loving you blind And I guess that made it hard for me to find That we were caught up in the middle of a worn out dream, I knew we were in trouble but baby I almost screamed.


« Quand tu auras deux minutes, si tu pouvais me faire une liste de tous tes ex, ce serait sympa. Juste histoire de savoir s’il y a d’autres amis à moi parmi eux. C'était gênant. » L’amorce du premier message tourne en boucle dans son esprit alors qu’il manque de heurter un chien et son propriétaire, ne prenant pas la peine de s’excuser – pour ça, il faudrait qu’il prenne conscience de ce qui l’entoure. Alfie avance, à un rythme soutenu qui lui est pourtant habituel, dépassant les quelques autres coureurs sur son chemin sans prendre le soin de se décaler pour faciliter les croisements, provoquant quelques râles voire même insultes qui n’atteignent pas son esprit. Ce sont les mots de Juliana qui accaparent celui-ci depuis plusieurs heures, sans qu’il n’arrive à passer au-dessus de ceux-ci, sans qu’il ne soit en mesure de prendre le chemin de l’appartement pour éclairer toutes ces interrogations qui le fatiguent autant que cette course à laquelle il s’adonne depuis dix minutes – ou est-ce une heure ? Il a essayé de se convaincre que c’était une mauvaise plaisanterie de la jeune femme pour se jouer de lui autant qu’il se joue d’elle, ou à défaut, un énorme hasard qui n’aurait aucune incidence sur leur quotidien si ce n’est une gêne partagée un court instant lorsqu’elle viendrait à lui expliquer la situation avant que les choses ne retournent à la normale. Brisbane est certes une grande ville, mais les coïncidences existent et il en fait l’amère expérience. Quoi qu’amer, il n’est pas certain, car il a tenté de réfléchir à l’identité de l’ami en question, et toutes les propositions qui s’offrent à lui ne lui paraissent pas honteuses, ni problématiques. Il ne connait pas l’entier du cercle de connaissances de Jules, mais à l’imaginer, il suppose qu’elle pourrait être liée à Judith, la fille du pasteur à l’image parfaite en surface, qu’il a pris soin de dévergonder dès lors qu’il a compris qu’elle n’attendait que ça ; et il s’en était amusé des nombreuses confessions qu’elle allait devoir faire pour se pardonner leurs divers écarts qui n’avaient probablement rien de « normaux » à ses yeux. Ou peut-être s’agit-il de Saleh, l’expert-comptable qu’il a croisé dans un bar il y a quelques années et qui était devenu un coup régulier, mais compte tenu de sa difficulté à assumer son homosexualité, il n’est pas sûr qu’il ait pu en parler à Jules, dont il croit savoir qu’ils fréquentaient le même lycée. Peut-être est-ce Terrence, ou est-ce Terry, Teddy ? Alfie n’a pas retenu son prénom parce que c’est bien la dernière chose qui l’intéressait, mais il a retenu l’impressionnante bibliothèque du jeune homme lorsqu’il l’avait fréquenté occasionnellement pendant plusieurs semaines avant de rencontrer Jules, et peut-être même qu’il avait mentionné être un fidèle client de la bibliothèque où travaille cette dernière. Mais aucun d’entre eux ne peut prétendre au titre « d’ex » parce qu’Alfie ne les a jamais considéré comme des « relations », raison pour laquelle l’incertitude a régné, avant que Jules ne mette un terme à celle-ci. « Harvey. En temps normal j'aurais été ravie de t'annoncer qu'un de mes amis était de retour à Brisbane, mais en l'occurrence, je ne t'apprends rien, n'est-ce pas ? » Harvey. De toutes les personnes qui composent sa liste de partenaires intimes, c’est le dernier qu’il aurait imaginé avoir en commun avec Jules. Harvey Hartwell. Alfie accélère ses pas, expire bruyamment et rapidement, le souffle qui commence à ne pas suivre la cadence qu’il impose à son corps. Hartwell connaît Jules. Et Hartwell lui a dévoilé leur passé commun, car qui d’autre ? Amelia n’est plus de ce monde pour témoigner de cette relation, et il ne l’aurait jamais mentionnée de lui-même à sa compagne, pas même si elle s’était terminée à l’amiable, parce qu’elle appartient au passé, justement, et qu’il ne considère pas que ce soit un détail très important à partager avec Jules. Et il a insisté, Alfie, croyant jusqu’au bout que tout ceci est une mauvaise plaisanterie dans le but de le faire rentrer plus vite que prévu, pour le punir de son comportement distant de ces dernières semaines. « Si seulement. » Deux petits mots qui traduisent de l’agacement plus que palpable, même pas écrans interposés, de la jeune femme. Deux petits mots qui lui ont confirmé que la confrontation est inévitable et l’ont convaincu de repousser celle-ci jusqu’à tant qu’il le peut, qui lui font appréhender celle-ci, et toutes les choses qu’il pourrait glisser sous la colère et qui n’aurait rien à voir avec Harvey, mais qui ciblerait Jules, et uniquement elle. Alfie accélère encore un peu plus alors que son esprit n’est plus qu’un amas d’idées qu’il ne parvient pas à articuler les unes aux autres, mais qui ne font qu’accentuer cette panique qui gagne ses veines depuis le début de la soirée. Jules. Harvey. Ce que le second a pu dire à la première. S’il a révélé leur passé commun, qu’est-ce qu’il a encore glissé quant au passé d’Alfie, qu’il met tant d’énergie à dissimuler ? Son énergie, pour l’instant, est accaparée par sa course, qui lui permet d’oublier, légèrement, toutes ses pensées qui maltraitent son esprit. Et pas seulement Harvey, ou Jules, mais également tout le reste. Ce sommeil capricieux, ce besoin de s’évader, de partir, de franchir les limites, encore et toujours, de retrouver la bonne vieille sensation d’un apaisement immédiat et d’une aiguille plantée dans son bras. Alors il accélère, Alfie. Encore. Encore, jusqu’à bientôt ne plus en pouvoir, jusqu’à ce que son souffle soit saccadé, jusqu’à ce que ses poumons semblent ne plus pouvoir se remplir d’air, jusqu’à ce que sa gorge s’assèche complètement, jusqu’à ce que la douleur dans son dos se réveille, enfin. Parce qu’il se focalise désormais sur elle ; et sur le besoin de la réactiver, toujours plus, pour qu’elle prenne le dessus sur la douleur que lui cause ses pensées. Et il court, Alfie, à en perdre haleine, à ne bientôt plus sentir ses jambes, ni tout le reste, si ce n’est ses muscles dans son dos dont la guérison n’est pas encore complète, et qui continuent de le faire souffrir malgré tout ce qu’il prétend. Ça picote, en premier lieu, ça tire à chaque mouvement, et ça finit par être une brûlure qui se propage tout le long de ses épaules et de sa colonne vertébrale. Il ne s’arrête pas, il en veut plus, parce que ça fait du bien quand ça fait mal. Et même ses yeux qui commencent à s’humidifier, ni ses dents qui se serrent le font s’arrêter, et ce n’est que lorsqu’il manque de trébucher parce que ses jambes ne tiennent plus qu’il est forcé de s’interrompre, et de reprendre ce souffle qu’il avait délaissé. Et il est épuisé, enfin. La douleur se mêle à la fatigue accumulée depuis des jours – et des semaines, des mois en réalité – et il serait prêt à s’effondrer sur ce banc à côté de lui s’il s’y autorisait, parce qu’il n’y a plus grand-chose qui soit opérationnel à ce instant, si ce n’est le besoin de sombrer dans les bras d’un Morphée qui le délaisse bien trop souvent à son goût. Sa montre lui indique qu’il est bientôt une heure du matin, et c’est en marchant avec un équilibre précaire à en rendre jaloux tous les alcooliques du quartier qu’il regagne son appartement, se raccrochant au fait que Jules doit dormir, et que de toute façon, épuisé ou non, son sommeil ne durera qu’une poignée d’heures et qu’il sera, quoi qu’il advienne, éveillé bien avant la jeune femme.

Il aurait dû le prévoir. Il l’a connaît par cœur après trois ans de vie commune, il aurait dû s’attendre à ce qu’elle ait besoin d’explications, à ce qu’elle lui demande des comptes, parce que c’est ce qu’elle fait de mieux, pas vrai ? Alfie soupire tandis que ses tentatives pour se glisser sur la pointe des pieds dans l’appartement s’avèrent un échec, et qu’elle le confronte sans même qu’il ait eu le temps d’ôter ses chaussures. Le ton qu’elle emploie laisse présager cette confrontation qu’il a anticipé toute la journée, et la fatigue aidant, il n’y aucun sourire amusé qui ne s’affiche sur ses lèvres, ni aucune justification balancée sur le ton de l’humour pour désamorcer une situation qui lui échappe, seulement une lassitude d’être toujours considéré quand le coupable quand son seul méfait est d’être ce qu’il est ; de faire ce qui lui plaît. « Je peux très bien repartir, si tu préfères. » Qu’il rétorque en lui adressant un bref regard, avant de se diriger vers le lavabo pour se servir un verre d’eau fraîche englouti en une poignée de secondes. Il se satisfait d’être dos à la jeune femme alors qu’elle poursuit ses attaques, car ce sont bien ses yeux qui se lèvent automatiquement au ciel. Revenant vers elle, c’est contre un meuble qu’il s’appuie alors que ses jambes menacent de le trahir à tout moment, et ce sont ses sourcils qui se froncent alors qu’il capte à nouveau le regard de Jules. « Vraiment ? Qu’il débute, un peu agacé. Je vois pas ce qu’il y a à dire. » Qu’il admet, non pas par envie d’éviter la confrontation, mais parce qu’il le pense réellement. Parce que j’en ai marre de justifier chacun de mes actes parce que tu ne les comprends pas. Mais l’heure n’est pas à la rancune, mais aux explications. Des explications qu’il ne compte pas fournir, ou probablement pas autant qu’elle en attend. « Qu’est-ce que tu veux que je te dise ? J’ai eu une vie avant toi, Jules. Je ne pensais pas que toi et Hartwell étiez amis, et je peine encore à l’envisager, d’ailleurs. J’imagine bien que ça a dû être gênant, et j’en suis désolé, mais je ne vois pas ce que je peux te dire d’autre. » Parce qu’il n’y a rien d'autre à dire. Parce que tout ceci appartient au passé, parce que ça n’a plus d’importance, parce que ça ne dicte pas celui qu’il est aujourd’hui et qu’il ne comprend pas sa réaction. « Je ne comprends pas pourquoi ça a l’air de te mettre en colère. » Qu’il admet, et à cet instant, ça le frappe. Parce qu’Harvey ne s’est pas contenté de lui dire qu’ils se sont bien connus, mais qu’il l’a bien connu, aussi, c’est désormais une certitude. Et il ne reste plus qu’à mesurer l’ampleur des dégâts causés par Harvey, alors qu’il mesure déjà l’ampleur des dégâts qu’il va causer à ce dernier.



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Juliana Rhodes
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Message(#) Sujet: Re: Zugzwang ✿ Alfiana Zugzwang ✿ Alfiana EmptyLun 8 Juil - 22:18





Zugzwang

@Alfie Maslow & Juliana Rhodes


L’ambiance de l’appartement a instantanément change pour s’alourdir de manière notable lorsque j’ai adressé la parole à Alfie et j’en viens presque à regretter ma solitude qui pourtant commence à devenir extrêmement pesante avec le temps. Je n’ai jamais interdit à Alfie de vivre sa vie – à une exception près que je préfère évidemment passer sous silence, vivre dans le déni est ma plus grande spécialité – alors j’ai du mal à comprendre pourquoi prendre ses distances avec moi est devenu une véritable nécessité pour lui. Bien sûr, il y a toujours cette petite voix qui me dit que ce n’est pas vraiment le cas, qu’il est juste très occupé et qu’il n’a pas le temps de se poser à la maison. Le fait qu’il continue à respecter notre tradition du jeudi constitue un bon indicateur de sa bonne foi. Peut-être que je me fais des films. Pourtant, alors que j’attends, bras croisés qu’il daigne m’adresser un regard que je n’obtiens pas, le ton qu’il emploie pour me proposer de partir me fait comprendre que finalement mes craintes ne sont pas si infondées que ça. Pas d’étonnement de sa part. Pas de tentative d’humour. Pas de bisou de bonsoir – ou bonne nuit compte tenu de l’heure – juste un agacement perceptible et une probable envie de fuir la situation. Et ça m’énerve. Beaucoup. Parce que s’il a un truc à me reprocher, j’aurais préféré qu’il me le dise au lieu d’attendre lâchement que ce soit moi qui amorce la conversation qu’il aurait dû essayer de tenir des jours auparavant. « Il vaut mieux pas. » Je ne sais pas trop ce que je ferais s’il décidait de faire demi-tour et de me planter-là avec mes doutes et mes interrogations, je crois que je suis arrivée au bout du nombre d’incertitudes que j’étais capable d’encaisser sans flancher et je ne laisserais certainement pas cette ambiance désagréable perdurer pendant encore des jours, voire des semaines ou encore pire, de longs mois. Il n’a pas envie d’être ici, c’est une évidence, mais moi je n’avais pas envie d’être à l’origine de cette discussion et c’est pourtant le rôle que je joue parce qu’il n’a pas été fichu de le faire. Ma position n’est donc pas franchement enviable et le ton qu’il emploie depuis qu’il a franchi la porte – certainement en adéquation avec le mien, mais j’ai toutes les raisons du monde d’être énervée contrairement à lui – ne permet pas aux tensions de s’apaiser, loin de là. Il prétend ne pas savoir ce qu’il y a à dire sur la situation et je hausse un sourcil. Est-ce maintenant que je dois lui demander s’il se fout vraiment de ma gueule ? Je me crois capable d’accepter beaucoup de choses et de prendre en compte les critiques si elles ne me paraissent pas infondées. En revanche, j’ai beaucoup de mal avec le fait qu’on prenne pour une idiote et entre Ariane qui a l’air de penser que je suis la dernière de cruche, Joseph et son histoire de viol tiré par les cheveux et maintenant celui qui partage ma vie, je crois que j’ai ma dose. Pourtant, je ne dis rien, je me contente de le regarder, attendant qu’il se décide à donner l’explication que je lui demande. Lorsqu’il se décide à prendre la parole, je suis soulagée de ne pas avoir à insister pour le faire parler davantage mais mon soulagement est de courte durée devant autant de mauvaise foi. Il pense sincèrement que je suis en colère parce qu’il a eu le malheur de partager le lit d’un garçon que je connaissais dix ans en arrière ? Il pense vraiment que je suis comme ça ? Je trouve ça tellement injustifié. J’ai accepté de me coltiner cette connasse d’Ariane depuis que je le connais – ou presque – en essayant de tenir ma langue à chaque fois que j’avais envie de l’étrangler, occultant le fait qu’il s’agit de son ex mais je serais capable de lui faire une scène pour avoir couché avec Harvey Hartwell ? C’est ridicule. Je déteste sa manière d’agir comme si c’est moi qui avais un problème et que je me faisais des films alors qu’il est évident que c’est tout le contraire, sinon il ne serait pas autant sur la défensive. J’ai envie d’exploser, de lui dire tout ce que je continue depuis des semaines mais je ne sais même pas par où commencer, il y en aurait tellement à dire. « Je…. Ce n’est pas ça qui me met en colère. » Mon ton est calme, posé mais le timbre tremblant de ma voix indique toute la colère que je tente tant bien que mal de contenir. « Je sais bien que tu as eu une vie avant moi et je ne te l’ai jamais reproché. » Et je déteste qu’il me prenne pour ce genre de fille capable de faire une crise de jalousie pour une vie qu’il a menée alors qu’il ne me connaissait pas. C’est insuffisant, je le sais, ça ne sert à rien de me justifier, je ne devrais même pas avoir à le faire tant ses propos semblent infondés. Il veut savoir pourquoi je lui en veux, n’est-ce pas ? Alors c’est exactement ce que je vais lui donner. « Le problème, c’est que tout le monde, toi y compris, semble trouver parfaitement normal de me prendre pour une imbécile. » Le ton de ma voix a changé et je me mets à faire les cents pas devant lui sans même m’en rendre compte, énumérant chacun des faits qui me viennent à l’esprit pour ponctuer mes propos. « D’abord il y a eu Joseph qui m’a avoué que tu l’avais mis en garde contre ma curiosité avant d’essayer de se rattraper aux branches en me racontant qu’il t’avait violé. » Pathétique et pourtant véridique. « J’ose même pas imaginer le portrait que tu as dressé de moi pour qu’il se dise que son mensonge allait passer sans problème. » J’ignore à quel point je suis dans le vrai et je ne suis même pas sûre d’avoir envie de le savoir. J’ai passé des heures à me demander pourquoi son ami avait bénéficié d’une telle mise en garde contre moi sans pour autant parvenir à trouver la solution. « Et il y a eu Ariane, j’aurais même pu commencer par elle, qui semble avoir pour leitmotiv dans la vie de me faire comprendre que je ne suis pas assez bien pour toi. » Bon, pour le coup, il est déjà au courant puisque j’ai évoqué maintes fois en sa présence mon envie de débarrasser l’univers de cette bactérie géante et franchement inutile. Dommage que je n’aie pas l’étoffe d’une criminelle. « Tu imagines bien que j’ai remarqué que tu me fuyais, aussi. Au départ, je me suis dit que tu avais simplement du travail, ou que tu rattrapais le temps perdu avec des amis, mais ça fait des semaines que ça dure, si on dine trois fois ensemble dans la semaine c’est presque miraculeux. Quand je me couche tu n’es pas là, quand je me réveille tu n’es pas là non plus et si je ne voyais pas tes affaires changer de place, je pourrais croire que tu ne vis plus ici. » C’est légèrement excessif mais je ne suis plus à un détail près, je suis entrainée par mon flot de paroles que je n’interromps que pour reprendre mon souffle, continuant à déballer tout ce que j’ai encaissé ces dernières semaines sans oser lui en parler pour ne pas envenimer les choses. « Aujourd’hui c’était au tour d’Harvey de débarquer pour m’apprendre qu’il te connaissait, il avait l’air tellement surpris qu’on soit ensemble, il m’a dit que c’était impossible, alors j’ai posé des questions et j’ai eu l’impression qu’on ne parlait pas de la même personne. Tout ce qu’il me racontait me paraissait être à des millénaires de ce que je savais de toi. » Cette conversation était aussi gênante que lunaire et je ne serais pas étonnée qu’Harvey ne me donne plus jamais de nouvelles après ça. « Il m’a dit que vous vous étiez revus, mais ça t’as oublié de me le dire, j’imagine. » Je m’arrête enfin pour lui faire face, levant les yeux vers lui, cherchant à savoir s’il va fuir mon regard ou s’il avait se décider à l’affronter, cette fois. « Je comprends plus rien, Alfie. » Ou peut-être que je n’ai jamais rien compris, finalement, que j’ai toujours été la gourde malléable qui suivait ses lubies. « J’ai l’impression qu’il y a un truc qui m’échappe mais j’arrive pas à savoir ce que c’est. » Sinon ce serait trop facile, bien sûr, j’aurais pu m’en sortir bien mieux et ne pas me retrouver devant lui, à vider mon sac. « Alors oui, je m’en fous de savoir que tu as couché avec Harvey, Peter, Jack ou ta prof d’histoire de lycée. » J’espère pas, quand même, ce serait trop bizarre mais là n’est pas le question. « Ce que j’aimerais savoir, c’est pourquoi tout le monde me parle de toi comme si tu étais une bombe à retardement ? De quoi est-ce qu’on cherche à me préserver ? Pourquoi est-ce que je suis obligée de te dire tout ça pour que tu me parles ? » J’ai beaucoup trop de questions sans réponse et le pire, c’est que je ne suis même pas sûre qu’il ait le courage ou ne serait-ce que l’envie d’y répondre. « Je pensais qu’on se faisait confiance et qu’on pouvait tout se dire. » Il n’a pas le droit de m’enlever ça, il n’a pas le droit de détruire cette confiance aveugle que je lui porte depuis le tout début et pourtant, je ne vois pas comment il pourrait justifier tout ça sans faire exactement ce que je redoute.


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Message(#) Sujet: Re: Zugzwang ✿ Alfiana Zugzwang ✿ Alfiana EmptyLun 9 Sep - 0:50


Lombaires appuyées contre le meuble de la cuisine, ses doigts cramponnés à celui-ci, et le regard qui fixe inlassablement cette porte d’entrée, Alfie tente de s’accrocher au comptoir pour ne pas céder à cette furieuse envie de se précipiter hors de cet appartement et de fuir cette conversation qui lui échappe déjà, alors même qu’elle vient seulement de commencer. C’est la raison pour laquelle Alfie n’exprime jamais sa frustration, se cache derrière ce masque d’insouciance constant, prétend que jamais rien ne l’atteint ; parce que la vérité, c’est que tout l’atteint, à des degrés si extrêmes que la fuite n’est pas seulement une réaction mécanique, c’est surtout une stratégie nécessaire à sa survie. Ce n’est pas qu’il a peur du conflit, Alfie, ça n’a jamais été un problème pour lui de lancer un débat, d’y participer, de faire entendre son opinion quand bien même il est le seul à penser de telle façon ; c’est surtout que cette conversation avec Jules ne peut pas été réglée en prenant du recul comme il le fait d’ordinaire, parce qu’il y est directement concerné. Et que chaque mot, chaque soupir, chaque regard qu’elle lui adresse ne prend pas une seule signification ; ne traduit pas d’un agacement, d’une colère, d’une sincérité, mais d’une multitude d’autres interprétations qui s’immiscent dans son esprit, qui se battent les unes avec les autres pour ressortir vainqueur de la bataille, et lui faire interpréter un simple soupir comme un moyen d’évacuer la rancœur d’avoir oublié, il y a dix-huit mois, d’acheter du pain au curry à cette petite boulangerie éphémère du dix-huit juin au quatorze septembre dans le quartier de Redcliffe. Jules est particulièrement clair dans ses critiques, pourtant Alfie ne peut s’empêcher d’essayer d’y voir un sens caché, quelque chose qu’il aurait loupé, et plutôt que de se concentrer sur ce qu’il pourrait dire, ce qu’il voudrait dire pour sa défense, il ne peut s’empêcher d’imaginer divers scénarios quant à comment seront accueillis ses propos ; se mordre la lèvre sera interprété comme un moyen de retenir une moquerie, esquisser un pas en sa direction comme un geste potentiellement agressif, ne pas soutenir son regard comme une faute presque avouée. Alfie, d’ordinaire si spontané, n’arrive pas à l’être à cet instant, parce qu’il n’y a plus rien qui soit clair dans son esprit, et ça l’agace, ça l’épuise et au-delà de ça, ça ne fait que lui confirmer qu’il a raison de conserver le silence sur certains pans de sa vie, ceux-là même qui voudraient se rappeler à lui à cet instant, parce qu’ils arriveraient à le calmer, eux. « T’es explosé Alfie, y’a des bouts de toi dans tous les sens, éparpillés et tu peines à les rassembler », Harvey a raison, en fin de compte, mais pas de la manière dont il l’imaginait ; ce n’est pas lui qui est éparpillé, ce sont ses pensées, comme toujours. Alfie n’a jamais réussi à les rassembler, aujourd’hui ne fera pas exception à la règle, et là où il s’agirait d’une simple conversation, certes un peu houleuse mais pas impossible à tenir, elle s’avère l’être pour un Alfie qui cogite, encore et toujours, oubliant jusqu’à la présence de sa petite amie, jusqu’à ses mots pourtant prononcés il y a à peine quelques instants. Tout est trop intense avec un esprit comme le sien, les reproches, son attitude, la manière dont il interprète les choses, la manière dont il n’arrive pas à le faire. Alfie prend trop à cœur, alors que Jules semble lui reprocher de l’inverse. Et ça implique de nouvelles questions, toujours plus, et un nouveau ras-le-bol général : d’être lui-même, et d’être incapable de se comprendre, de se fatiguer autant, de fatiguer les autres, d’être incapable de se positionner, de réfléchir, d’être incapable de se calmer, d’être incapable de fonctionner, juste une heure, une minute si vraiment il ne doit pas être trop demandeur. Il veut se calmer, il a besoin de se calmer, Alfie, c’est très exactement ce qu’il ne peut pas dire à sa petite amie.

Et les potentielles réactions se court-circuitent les unes aux autres pour faire émerger la plus inappropriée de toutes ; ses éclates de rire, qui rompent de la pire des façons avec le silence ambiant. Un rire dont il n’arrive pas à se remettre, un rire extrême, mais qui parvient malgré tout à lui faire gagner une poignée de secondes pour mettre de l’ordre dans ses pensées – essayer, du moins – et tenter de prendre la parole à son tour, et ne pas céder à cette envie de fuir d’ici en courant – parce qu’il se sait capable de le faire, et qu’avec n’importe qui d’autres, il s’y serait probablement exécuté. Avec Jules, il essaie seulement de faire entendre ce qu’il pense, maladroitement. Et il se heurte à un mur, c’est l’impression qu’il a, et qui ne font que l’aider à se braquer et à cogiter toujours plus. La jeune femme ne lui facilite pas la compréhension, après qu’elle ait évoqué Ariane, pour qu’elle se rétracte à sa tentative de solution. Alors, c’est ainsi ? Elle balance les reproches, il lui doit encaisser, et ce qu’il peut dire n’a guère d’importance ? Alfie plisse les yeux, demeure muet, alors qu’elle reprend la parole. Que Joseph ait paniqué ne le surprend pas, et il se contente d’acquiescer silencieusement de façon à enregistrer l’information. « J’ai l’impression qu’il t’a vendu ça comme si je t’avais présenté comme Meduse, alors que j’étais désolé de te l’imposer, parce que… c’est pas tant la prison le problème, c’est que je savais très bien qu’il était pas clean et je voulais pas que tu le saches. » Il concède, cachant certaines informations, en étant tout de même honnête avec sa petite amie. À moins que… il ne voulait pas qu’elle le sache. Il ne voulait pas le savoir, surtout. Alfie s’est mis des œillères pour ne pas admettre la vérité, pour ne pas reconnaître que son ami ne s’en est pas sorti comme lui, pour ignorer la jalousie qui pointait à chaque fois que Joseph rentrait avec les yeux rougis et l’air absent. C’est la raison pour laquelle il n’en veut pas à Jules que leur colocataire se soit éclipsé sans demander son reste, alors même qu’il se sent toujours redevable envers lui. Mais être perpétuellement confronté à l’accalmie que Joseph peut s’offrir et non lui en devenait douloureux pour Alfie. Le ton radouci de Jules tant à calmer la tornade qui s’affaire à tout détruire dans l’esprit d’Alfie, et il en vient même à envisager de se montrer plus bavard concernant Harvey. « Oui, c’est juste que-. » Il marmonne, trop inaudible pour que Jules l’entende, ou veuille l’entendre, et Alfie se braque à nouveau aux propos de la jeune femme. Son visage s’obscurcit, ses sourcils se froncent et sa mâchoire se crispe. En une fraction de secondes, il se prend sa tentative de s’ouvrir dans la figure, comme ce fut le cas il y a quelques semaines lorsqu’ils ont abordé le sujet délicat des enfants – et Alfie penche désormais dans l’autre extrémité, celle de la colère noire, celle qu’il peine à contenir alors qu’il fusille Jules du regard. Harvey ne cherche pas à se venger, Harvey est quelqu’un de bien, contrairement à toi, Alfie, alors je préfère le croire et le défendre. C’est l’interprétation qui s’en fait, et une seule question émerge : pourquoi ? Pourquoi lui accorde-t-elle plus de crédit ? Pourquoi ne peut-elle pas le croire ? Pourquoi se plaint-elle de son comportement alors que le sien est également à ravoir ? Pourquoi veut-elle qu’il lui parle alors qu’elle lui donne l’impression de ne jamais écouter ? Pourquoi est-ce qu’il essaie de s’ouvrir, encore, alors qu’il se heurte constamment à un mur ? Pourquoi ils en arrivent-là ? Pourquoi ne peut-elle pas essayer de le comprendre ? Pourquoi personne cherche à le faire, lui le premier ?  Et il n’a rien qui sort d’entre ses lèvres, incapable de parler, de s’exprimer sans que le son de sa voix ne résonne dans l’appartement, sans que sa patience soit mise à mal, sans qu’il ne s’attaque à Jules parce qu’il est incapable de s’attaquer au véritable responsable : lui-même. Tout semble lui échapper depuis son retour à Brisbane, et ce n’est pas un retour qu’il avait envisagé de lui-même. L’idée de quitter la ville s’immisce à nouveau dans son esprit, et heureusement (ou non) pour elle, Jules reprend la parole, et c’est avec un rapide « vous avez quoi ?! » qu’il se fait à nouveau entendre, et il se pourrait qu’il y ait mis plus de colère que voulu. Amelia appartient au passé, un passé auquel il est plus attaché qu’il ne veut l’admettre, et il s’agit d’un deuil qu’il n’a jamais réellement fait, raison pour laquelle il n’apprécie pas que la jeune femme ait pu être abordée au détour d’une conversation – surtout de la part d’Harvey, le même qui sait à quel point il aime conserver les souvenirs d’Amelia pour lui et ne pas la partager, comme il a dû tout partager avec ses parents, les médecins, les thérapeutes, et tout le corps médical qui l’avait soigné de près ou de loin, après son accident, ou pendant son sevrage. « Oh, trop aimable de votre part. Non, effectivement, c’était pas son rôle de t’en parler et c’était pas le tien de l’encourager. » Bien qu’il n’en sache rien, mais pour qu’ils en arrivent à discuter d’Amelia, c’est bien qu’il y avait matière à le faire. « J’en reviens pas que vous en ayez parlé, surtout que je t’ai dit tout ce qu’il y avait à savoir sur elle. » Ou presque. Alfie n’a pas caché l’accident, parce que les marques en sont encore présentes sur son corps, ni que la jeune femme lui avait causé plus de mal que de bien et qu’elle demeurait un sujet sensible. Jules sait qu’il n’aime pas parler d’elle ; et il ne comprend pas comment elle a pu le faire avec Harvey. « Oh, donc maintenant on va juste écouter ce que Saint Harvey nous dit ? Faut dire qu’il est tellement équilibré et cohérent comme type, c’est le même qui m’a balancé à dix minutes d’intervalle que ‘’c’est vraiment qu’un con que je devrais détester’’ et que je devais ‘’aller me faire foutre’’, mais puisque c’est quelqu’un de bien, hein. » Il s’agace d’une voix glaciale et d’un regard noir, alors que Jules achève en admettant qu’elle n’est pas convaincue par ses explications. Le contraire aurait été étonnant, elle qui accorde tellement plus de crédit à Ariane et Harvey. Cette pensée ne l'aide pas à se calmer, bien au contraire, et c’est toujours avec le même regard dur qu’Alfie observe Jules. Il l’écoute, tente de contenir son venin qui ne demande qu’à être craché, de se raisonner quant à ce qu’il voudrait dire, mais qu’il ne peut pas. Il aimerait parler, Alfie, mais chaque phrase qui s’échappe de la bouche de Jules ne fait que le confirmer qu’il ne peut pas. Alors il reste muet, encaisse, et finit par tenter un « c’est pas de passer du temps avec toi qui est un effort, c’est de penser à mieux arranger mon planning ou à arrêter de me perdre dans mon travail et oublier le reste autour. C’est pas comme ça que je voulais dire les choses, je suis déso- » Désolé. Il l’est depuis le début de la conversation. Il l’était quand ils ont évoqué la possibilité d’avoir des enfants. Il l’était lorsqu’elle a cru qu’il avait oublié leur anniversaire, il l’était à celui d’Anabel quand elle l’a réprimandé, il l’était lorsqu’elle a dû lui avouer que Joseph était parti, il l’était à son retour de Brisbane. Il l’est toujours, parce qu’il prend tous les tords, sans jamais qu’elle n’envisage qu’ils puissent être partagés. C’est toujours lui le problème, c’est toujours sa manière d’être, sa manière d’agir, et il devrait s’adapter à ce qu’on attend de lui ; c’est ce qu’il a toujours fait, c’est ce qu’il croyait ne plus avoir à faire aux côtés de Jules. Et pour la première fois, Alfie le réalise. Et peut-être qu’il a cogité pendant une minute, ou une dizaine, il a perdu la notion du temps, mais le mutisme dont il a fait preuve finit par être interrompu par la voix d’Alfie, toujours plus glaciale, et qui s’élève plus qu’il ne le voudrait. « Te parler ? Mais te parler de quoi ? Je dois m’inventer des trucs pour que tu sois satisfaite, parce que t’as l’air de découvrir comment je fonctionne après trois ans de vie commune ? » Parce qu’Alfie parle. Beaucoup, le plus souvent, et qu’elle n’est pas sans savoir que c’est au travers ces discours qu’on décèle ses inquiétudes, parce qu’il n’est pas capable de les exprimer clairement. Qu’elle s’en surprenne aujourd’hui l’agace, mais ce n’est pas ce qui le met véritablement hors de lui. « Et pourquoi, surtout ? Pour que tu accordes plus de crédit à ce que Joseph, Harvey, ou même Ariane te disent plutôt que ce que moi je peux te dire ? Non, pardon, c’est vrai, Harvey est quelqu’un de si bien que, pourquoi tu t’emmerderais à m’écouter moi, ton copain, plutôt que ce type que t’as pas revu depuis des millénaires ? Pourquoi tu me croirais plutôt que c’est addict qui squatte ton canapé et qui vendrait père et mère pour une dose supplémentaire ? Et surtout, pourquoi t’accepterais d’enfin croire que c’est toi que j’aime pour ce que tu es et non pas Ariane ? Pour que tu me jures que tu comprends et finalement me faire la gueule pendant une semaine parce que j’ai eu le malheur de m’ouvrir et croire que tu pourrais comprendre mes peurs ? » La liste pourrait s’étendre, Alfie décide toutefois de s’arrêter-là, et de balancer un simple « si tu veux que je te parle, commence déjà par écouter » en guise de conclusion, parce qu’il sait qu’il pourrait poursuivre ; et qu’il pourrait devenir véritablement blessant. Et il s'adonne enfin à cette fuite tant voulue, alors qu'il lui passe à côté sans même lui adresser un regard, pour rejoindre la salle de bain afin de s'emparer d'un linge pour éponger la sueur qui lui colle à la peau, pas uniquement due à sa course effrénée. Finalement, Jules a obtenu ce qu’elle voulait, il lui parle, et rien ne dit qu’elle ne le regrette pas, désormais.



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Dernière édition par Alfie Maslow le Mar 1 Oct - 18:53, édité 1 fois
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UN RP ? : Pas dispo pour le moment.
RPs EN COURS : (11/10) Leonardo #1Stephen, Leah & Alfie #1Tad #2Eva #1Alfie #3Ariane #1Evelyn #1Norah #1Leah #2Caleb & Stephen #1Wylda #1
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Message(#) Sujet: Re: Zugzwang ✿ Alfiana Zugzwang ✿ Alfiana EmptyMar 17 Sep - 23:37





Zugzwang

@Alfie Maslow & Juliana Rhodes



Je déteste cette impression de ne pas avoir le contrôle sur les événements, j’aime que tout soit planifié, organisé, que les choses se déroulent dans un ordre précis, prévu à l’avance, de préférence par moi et que rien ne déroge à la ligne de conduite que j’ai précédemment établie. Alfie le sait mieux que personne, il a toujours été parfaitement conscient des difficultés que je pouvais rencontrer lorsque je me retrouvais dans une situation que je ne maitrise pas et pourtant, il ne semble avoir eu aucun scrupule à me l’imposer ces derniers temps, et à en croire son éclat de rire franc et presque moqueur, j’ai l’impression qu’il est même ravi de me voir aussi déstabilisée et vulnérable qu’en cet instant. La colère est certainement ce qui m’empêche de céder à la tristesse alors que je contemple la distance qui semble s’installer progressivement entre nous sans qu’Alfie en ait l’air dérangé. Les explications s’imposent, en tout cas pour moi, et c’est pour cette raison que, malgré l’insécurité à laquelle je dois faire face dans ce contexte où je me retrouve dépossédée de tout ce qui pourrait me rassurer habituellement, je me lance, espérant encore qu’on arrive à se comprendre et à réparer ce qui peut l’être. Malheureusement, ses explications sont loin de me convaincre et ses aveux concernant l’état dans lequel se trouve encore Joseph malgré le temps passé en prison n’ont pas l’effet qu’il espérait – si toutefois il espérait sincèrement que sa justification me permette de me radoucir – puisque je comprends de moins en moins le mystère planant au-dessus de son ami d’enfance. « Il vivait sous notre toit et il n’avait pas vraiment prévu de partir, à la base, je crois que j’avais le droit de savoir avec qui on cohabitait. » Non seulement j’en avais le droit, mais il avait surtout le devoir de m’informer que Joseph pouvait être un individu dangereux qui pouvait ingérer des substances pouvant altérer ses facultés et modifier sa perception de la réalité. Je n’y connais rien en drogue, je n’ai jamais approché d’aucune de ces merdes illicites pour la bonne et simple raison que je n’y ai jamais trouvé d’intérêt particulier si ce n’est montrer sa petite rébellion d’adolescent et se bousiller la santé. Pour la seconde option, il m’avait suffi de voir mon père mourir presque sous mes yeux pour avoir envie de rester loin de tout ça, et quant à la première, j’imagine qu’être celle qui triait les factures et téléphonait au docteur pour prendre rendez-vous quand mes frère et sœurs étaient malades justifie le fait que j’ai sauté l’étape crise, faute d’avoir du temps à lui accorder. « J’aurais aimé que tu ne prennes pas cette décision à ma place. » Je déteste cette sensation d’être un pantin et ce n’est pas la première fois que j’y suis confrontée, malheureusement. Il est sûrement facile de se jouer de moi parce que je suis la gentille, celle qui viendra au secours de celui qui tendra la main, celle qui ne fait pas de vagues, se plie aux opinions des autres et est capable de ne pas exprimer sa frustration pour prendre le moins de place possible. Malgré tout, si je peux imaginer que des personnes mal intentionnées se jouent de moi et de mon caractère souple, jamais je n’avais envisagé que ce soit Alfie en personne qui profite de ma flexibilité pour imposer son mode de vie sans se soucier de ce que je pouvais penser ou ressentir. Au fond, je sais que je suis un peu injuste parce que moi aussi je lui ai imposé des choix de vie, notamment celui qui nous amène à être ici, aujourd’hui, l’un en face de l’autre dans cet appartement que nous avons partagé avant qu’il décide d’en faire un simple lieu de passage plus qu’un véritable domicile. J’ai ma part de responsabilité dans ce quotidien bancal que nous vivons actuellement, mais j’ignore si c’est vraiment notre quotidien le problème et tant qu’Alfie continuera à me fuir, je ne pourrais que culpabiliser en imaginant le pire sans pour autant parvenir à mettre le doigt sur la véritable raison de son éloignement. Et c’est frustrant parce que je ne vois pas comment je pourrais réparer une erreur que je n’ai pas conscience d’avoir commise. Sans dialogue, nous n’arriverons à rien et je n’ai pas l’impression qu’Alfie soit disposé à me l’offrir ce soir, comme tous ceux qui l’ont précédé, d’ailleurs. Pourtant, il parle, oui, bien plus que ces derniers jours mais ses mots sonnent affreusement faux à mon oreille et je n’arrive pas à me convaincre de la justesse de ses propos. Malgré tout, je persiste, je réponds à ses questions, je m’efforce d’être la plus honnête possible, sûrement autant pour me libérer de ce poids que pour l’inciter à faire de même. J’ai la sensation que nous avons des choses à nous dire. Aborder le sujet d’Harvey n’a fait qu’empirer les choses et je crains un instant qu’il ne se ferme totalement sans pour autant réussir à comprendre qu’il se montre aussi énervé alors que nous nous sommes contentés d’aborder le sujet Amelia sans que cette dernière ne vienne prendre trop de place. « Je n’ai pas voulu… » Me renseigner sur toi dans ton dos ? Obtenir des informations que tu ne m’aurais pas données de ton plein gré ? Savoir ce que tu me cachais ? La vérité c’est que c’est exactement ce que j’ai voulu faire et le nier serait stupide. « Je lui ai simplement demandé comment vous vous étiez rencontrés, c’est pour ça qu’il m’a parlé d’elle. » Je ne sais pas pourquoi je ressens ce besoin de me justifier comme si je l’avais trahi. Sans doute parce que c’est le cas, en réalité ? Parce qu’il a raison, pousser Harvey à me parler de lui n’était pas mon rôle, mais comment suis-je censée lui expliquer que j’étais prête à tout pour comprendre cet éloignement qu’il me faisait subir et qui me paraissait – et me parait toujours – insupportable ? Je ne trouve pas les mots et je me contente d’essayer de me décharger d’une responsabilité qui m’incombe malgré tout. « J’avais pas prévu de l’inciter à continuer, je sais que je n’aurais pas dû le faire, mais j’ai eu l’impression qu’il ne me parlait pas de la même personne et que ses souvenirs et les tiens ne concordaient pas, ça m’a rendue curieuse. » Ce trop plein d’honnêteté ne me rends pas service, j’en ai parfaitement conscience mais tant pis. Il faut jouer cartes sur tables, sinon nous ne nous en sortirons jamais. « Je suis désolée. » C’est le cas. Je ne veux pas trahir sa confiance, j’ai déjà beaucoup de mal à lui accorder la mienne ces derniers temps alors si elle s’effrite de son côté également, j’ai vraiment peur d’aller droit dans le mur. Malgré tout, je ne comprends pas vraiment sa colère envers Harvey. Il est mon ami et à ce titre, j’estime normal d’accorder du crédit à ses paroles, surtout lorsqu’en face, je n’ai que le mutisme d’Alfie qui ne fait rien pour se montrer rassurant. « Je ne sais pas ce qu’il s’est passé entre vous, mais je le connais bien et je ne pense pas qu’il cherche à te nuire. » Ou à nuire à qui que ce soit, tout du moins de manière volontaire. « Mais ce n’est pas de Harvey dont il s’agit. » Mais de lui et de ce qu’il se passe dans sa vie d’assez important pour que notre relation s’en trouve altérée. Je devrais donc être soulagée qu’il fasse l’effort de se détacher de Joseph, d’Ariane et d’Harvey pour en venir au vrai fond du problème, mais entendre qu’il est submergé de travail ne me satisfait pas, ce n’est pas ça qui l’empêche de croiser mon regard lorsqu’on est dans la même pièce, de se lover dans mes bras en allant se coucher ou de partager un repas en tête-à-tête. Si les travaux universitaires lui prenaient autant de temps, j’imagine que la musique et sa bande de potes deviendraient également secondaires et je n’ai pas franchement l’impression que ce soit le cas. En l’occurrence, la seule qui est passée au second plan en ce moment dans la vie d’Alfie, c’est moi et je suis blessée qu’il ne fasse même pas l’effort de trouver une excuse potable pour justifier son attitude alarmante. « Alors c’est ce que je suis devenue à tes yeux ? Le reste ? » Le prononcer à haute voix me fait encore plus mal au cœur que de l’avoir entendu quelques secondes auparavant. Alfie a réussi à me reléguer au rang des éléments insignifiants de son existence avec une facilité aussi blessante que déconcertante. « Je ne m’attendais pas à ça. » Alors que toi tu es toute ma vie. C’est certainement ce que j’aurais eu envie d’ajouter, parce que je le pense sincèrement, mais le concept d’offrir une rose à celui qui vous force à marcher pieds nus dans les orties est assez déplaisant pour que je parvienne à m’abstenir de m’aplatir bêtement. J’aime Alfie, de tout mon cœur, mais je ne cautionne pas ses paroles et je n’ai pas l’intention de renoncer à cette explication que je souhaite obtenir sous prétexte qu’il se montre désagréable et blessant, sans doute en conservant l’objectif de mettre fin à cette discussion que je lui ai imposée sans lui permettre de fuir, une fois de plus. Toutefois, malgré toute la bonne volonté dont je tente de faire preuve, on tourne en rond, il agit comme si je me faisais des films alors que je reste persuadée que ce n’est pas le cas et reste de marbre face à des arguments qui ne sont pas assez bien construits pour paraitre crédibles. Et pour se protéger, il me heurte une fois de plus, parce que c’est si facile pour lui qui me connait par cœur et qui sait donc pertinemment comment m’atteindre. « T’es injuste. » Je souffle, alors qu’il semble prétendre que seule mon incapacité à le comprendre me pousse à me poser des questions ces derniers temps. Il se trompe. J’espère qu’il se trompe. J’ai besoin qu’il se trompe. parce que ça fait trois ans que j’apprends à le connaitre, trois ans que je suis à ses côtés pour les bons et les mauvais moments, trois ans que ma vie est liée à la sienne, trois ans que je lui ai accordé suffisamment ma confiance pour me livrer totalement à lui. Je ne peux pas croire que je me sois trompée. Ma force commence à décliner sous le poids des coups qu’il m’assène et malgré tout, je conserve mon courage pour le contredire une fois de plus, parce que malgré tout ce qu’il peut dire, je reste convaincue que son attitude n’est pas anodine. « Je ne veux pas que tu inventes quoi que ce soit, la vérité suffira. » Difficile de réclamer une vérité dont on ignore tout. Je ne sais même pas de quoi je suis en train de parler, tout est flou et j’ai bien peur que son objectif ne soit nullement de m’aider à éclaircir cette zone d’ombre que nous traversons depuis un moment déjà. Tout ce que je peux faire, c’est espérer que ma persévérance paye et que les mots durs laissent place à un véritable dialogue que je me bats pour obtenir malgré son attitude réfractaire évidente. Je sais pourtant que j’aurais dû me méfier car si Alfie a mesuré ses propos jusqu’à présent, rien n’est plus dangereux que le flot de paroles ininterrompu qui est capable de s’échapper de ses lèvres de manière aussi incontrôlée que l’était sa première rencontre avec Leah. C’est bien ce qui finit par me tomber dessus et lorsqu’il reprend enfin la parole après une pause qui m’a semblé durer une éternité, je commence à réaliser que je n’ai rien imaginé du tout et que sa rancœur est bien réelle, quoi qu’il puisse en dire. Malheureusement, et ça je m’étais refusée à le croire jusque-là, c’est bien contre moi qu’elle est dirigée et je ne suis pas sûre de bien comprendre pourquoi. Je n’arrive pas à saisir la haine qu’il exprime envers Harvey, ni ce que vient réellement faire Ariane dans tout ça, et encore moins Joseph à qui je n’ai pas accordé la moindre crédibilité. Je ne vois pas non plus à quoi il fait référence en parlant de cet ancien conflit qui m’aurait poussé à lui faire la gueule durant une semaine, je n’ai jamais eu la sensation de lui avoir infligé une chose pareille. Bien sûr que je suis prête à le comprendre et à entendre ses peurs et je ne comprends pas du tout comment il peut en douter. J’ai toujours été à ses côtés, prête à l’écouter et à l’épauler dans les moments difficiles de sa vie. J’ai accepté son rythme de vie de folie, j’ai veillé sur lui, je l’ai aidé à accepter ses blessures qui l’ont changé… Je ne suis certainement pas parfaite, mais je ne me vois pas comme le monstre sans cœur qui refuse de lui laisser une place. Pourtant, alors que je l’écoute, j’ai l’impression que c’est exactement comme ça qu’il me perçoit. Ses derniers mots me portent le coup de grâce et alors qu’il me plante au salon pour se diriger vers la salle-de-bain, je reste immobile, m’efforçant de digérer les mots durs qu’il vient d’employer sans pour autant que j’arrive à les trouver pleinement justifiés. Je suis perdue. Je ne sais pas comment réagir, ce que je suis censée faire et si je trouvais déjà difficile de ne pas maitriser la situation, je trouve encore plus dur de voir l’homme que j’aime m’accabler de reproches alors que je n’ai pas l’impression d’avoir mal agi. J’ai envie de renoncer. La fuite a toujours été mon option privilégiée et me blottir sous la couette pour mettre un terme à ce qui semble se transformer en un règlement de comptes me semble une solution idéale mais je sais que je ne parviendrais pas à trouver le sommeil tant que je n’aurais pas compris d’où sortent de pareils propos. Je ne l’écoute pas. Il a une place si essentielle dans ma vie que je ne vois pas du tout comment je pourrais ne pas lui prêter l’attention qu’il demande mais c’est ce qu’il semble penser alors à moi de découvrir pourquoi. Je me dirige donc vers la salle de bain, et m’arrête dans son dos, m’appuyant contre le chambranle de la porte alors que le miroir en face me permet de détailler les traits de son visage. « Je t’écoute, et je suis désolée si je t’ai donné l’impression que ce n’était pas le cas. Je t’en prie, tu peux continuer. » Je regrette déjà ces mots tant j’ai peur de ce qu’ils pourraient déclencher mais si j’ai forcé cette confrontation ce soir, c’est parce que je voulais savoir ce qu’il avait sur le cœur. D’une manière ou d’un autre, je finirais par le savoir, alors autant que ce soit maintenant. J’ignore ce que je serais capable d’encaisser, tout ce que je sais, c’est que je veux le retrouver, j’ai besoin de lui à mes côtés et si la colère qu’il éprouve contre moi l’empêche d’envisager notre vie de couple aussi sereinement qu’auparavant, alors je n’ai pas d’autre choix que de le laisser l’extérioriser, en espérant de toutes mes forces que ses mots ne viennent pas détruire tout ce que nous avons construit. Je crois que je n’ai jamais eu aussi peur de le perdre qu’à cet instant précis.


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Message(#) Sujet: Re: Zugzwang ✿ Alfiana Zugzwang ✿ Alfiana EmptyMar 1 Oct - 18:52


Cela n’a pas toujours été à son avantage, mais s’il y a quelque chose qu’on ne peut pas nier concernant l’anthropologue, ce sont ses opinions bien arrêtées qu’il n’hésite jamais à partager (surtout quand on ne lui demande pas de le faire). Aussi déplaisant que cela puisse être, Alfie a un avis sur tout – et il est bien question d’avis et non de jugement. C’est une part importante de son métier ; mais il n’a pas attendu d’être formé à celui-ci pour se forger ses propres idées et affirmer celles-ci quand bien même il était parfois le seul à penser de cette manière. Le conflit, les disputes, les débats houleux n’ont jamais représenté un problème à ses yeux : au contraire, c’est dans la confrontation qu’il s’épanouit le plus, car il considère que c’est de celle-ci que les changements et améliorations découlent. Il ne compte plus le nombre de connaissances (voire d’amis) qu’il a perdu parce qu’il était un peu trop arrêté sur une opinion qui ne plaît pas aux autres, parce que cela lui tenait à cœur de la défendre – sans vouloir l’imposer à quiconque –, parce qu’il aime se faire entendre pour mieux comprendre. Et loin d’être de ceux qui rejoignent les débats en cours de route, Alfie a souvent été l’investigateur de ceux-ci : son répondant et son intérêt pour le conflit l’ayant grandement aidé à poser le contexte autour de ceux-ci sans que cela ne termine en pugilat général. Pourtant, c’est la direction que prend cette confrontation avec Jules – parce qu’on ne peut pas réellement parler de conversation lorsque l’un n’entend pas l’autre. Et là où il aurait dû parvenir à retourner la situation, pas nécessairement à son avantage personnel mais surtout à celui de leur couple, Alfie préfère se murer dans le silence, et faire l’économie de mots. Il pourrait prétendre ne pas comprendre la manière dont il se braque, dont il est bloqué face à Jules, mais il sait très bien pourquoi il préfère se taire et jouer ce rôle qui ne lui correspond pas plutôt que de l’affronter : parce que d’ordinaire, il n’a rien à perdre et il n’est pas dérangé par les conséquences de ses opinions. Ce n’est pas le cas aujourd’hui, et dans l’esprit d’un Alfie qui dresse souvent les divers chemins qu’une action, qu’un comportement, qu’une parole peut engendrer une fois qu’il est trop tard, aucun de ceux qu’il envisage ne lui permet de rejoindre Juliana à destination. C’est tout l’inverse, et tout ce qui s’offre à lui sont deux voies bien distinctes qu’ils n’emprunteront pas ensemble. Mais c’est déjà le cas depuis quelques semaines, pas vrai ? Depuis cette conversation quant à leur avenir, cette conversation aux conséquences qu’Alfie refuse de mettre en mots à défaut de pouvoir les nier. À moins que les non-dits entre eux, la rupture de toute communication remonte à plus loin, maintenant qu’ils évoquent Joseph. Et probablement que la présence de son ami a été un élément déclencheur – il préfère s’en convaincre plutôt que d’admettre qu’on en revient toujours au même point : à lui, et uniquement à lui. « Je sais, mais… qu’est-ce que tu aurais répondu, si je t’avais présenté la situation dans son ensemble ? Je suis pas sûr que tu aurais été aussi conciliante, et ça aurait été normal, mais… c’est mon pote, et j’en ai pas toujours été un de mon côté, je… je voulais me racheter, coûte que coûte. » Alfie concède ce point à Jules, conscient dès le soir de l’arrivée de Joseph que sa façon de faire n’avait pas été adéquate, et qu’ils auraient dû avoir cette discussion à tête posée et non pas dans la précipitation de se retrouver face à un Joseph les mettant devant le fait accompli. « Pour ce que ça vaut, Joseph est certes… bizarre, gênant, tout ce que tu veux, mais il n’est pas dangereux. Je te l’aurais jamais imposé si j’avais eu le moindre doute sur ça. Jamais. » Il lui assure, tentant un mince sourire, parce qu’aussi tendue puisse être cette conversation, malgré tout ce qu’elle peut penser et qu’il ne parvient pas à déchiffrer, il ne l’aurait jamais, jamais, jamais mise en danger. La sécurité, le bien-être, l’amour qu’il porte à Jules sont toujours passé avant tout le reste – même si elle peut être amenée à en douter. Mais le calme relatif d’Alfie ne dure qu’une seconde, jusqu’à ce que sa petite amie ouvre à nouveau la bouche et qu’en seulement quelques mots, elle parvienne à réactiver toute cette colère contenue en lui. Il pousse un soupir, hausse les sourcils et se mord la lèvre pour tenter de ne pas rebondir, pour ne pas dire ce qu’il pense, mais il ne parvient pas à stopper la rancœur qui s’échappe de son cœur. « Je comprends, mais parfois nos décisions ne nous appartiennent pas. » Il se contente de préciser en haussant les épaules, avant de baisser le regard par crainte du reflet qu’elle pourrait lire dans celui-ci. Il ne sait pas vraiment pourquoi il affirme cela, Alfie, ou peut-être qu’il le sait que trop bien mais qu’il n’est pas encore prêt à le reconnaitre. Mais lui aussi a pris des décisions qui ne lui appartiennent pas totalement ; et peut-être qu’il est temps qu’elle soit confrontée à ce cas de figure.

Et elle ne fait que confirmer ses mots lorsqu’ils évoquent Amelia ; la décision de parler d’elle ne lui est pas revenue et pourtant, le voilà confronté aux conséquences de celle-ci. Et il aimerait ne pas s’énerver autant, Alfie, parce que ça ne lui ressemble pas ; mais il ne parvient pas à se contenir et à cet instant, il en veut tout autant à Harvey qui n’a pas su ignorer les interrogations de Jules qu’à cette dernière pour les avoir formulées en premier lieu. « Tu n’as pas voulu ? » Qu’il questionne  froidement aussitôt lorsqu’elle marque une brève pause, prêt à s’agacer et à lui demander comment ils ont pu en arriver à ce sujet de conversation si « elle n’a pas voulu ». L’excuse n’est pas recevable, il n’en croit pas un traître mot, à peu de choses près il croirait entendre un adolescent qui tente de déguiser son vol en un emprunt longue durée. « Je lui ai simplement demandé comment vous vous étiez rencontrés » Par réflexe, les yeux d’Alfie se lève au ciel. Comme si ce n’était pas évident, comme s’il n’avait jamais expliqué que leur relation datait du lycée et que, par conséquent, c’est bien dans ce cadre qu’ils se sont trouvés. Il n’y a pas d’histoire intéressante cachée derrière cette rencontre, seulement une fin tragique. Il fronce les sourcils alors qu’elle mentionne son incompréhension des souvenirs que sont les siens par rapport à ceux d’Harvey, et encore une fois, il ne peut s’empêcher de penser qu’elle boit les paroles du Hartwell alors que, de son côté, il ne voit celles-ci que comme un moyen de lui nuire. « Ouais... » Qu’il soupire alors qu’elle explique être désolée, l’envie de lui souligner qu’il est trop tard pour ça ravalée difficilement. « Tu peux préférer jouer aux devinettes et tourner autour du pot si tu veux, ou tu peux me demander directement les choses plutôt que de faire confiance à quelqu’un qui la détestait tellement qu’il a forcément une vision biaisée de la réalité. » Mais la sienne ne l’est pas, lui qui l’aimait tellement ? « Je n’aime pas parler d’elle, mais je préfère encore que tu viennes demander tes informations à la source. » Il conclut, l’invitant par la même occasion à profiter de cette conversation pour combler les blancs qu’elle souhaite combler. Il serait disposé à le faire, parce que la situation l’y oblige et non pas par réelle volonté de sa part. C’est un fait ; Amelia n’est pas un sujet qu’il souhaite aborder, parce qu’il ne sait comment le présenter sans révéler certaines informations ou, pire encore, sans admettre qu’elle lui manque parfois malgré le mal qu’elle a fait et les traces qu’elle a laissées. Toujours est-il que si elle doit être mentionnée, ce n’est pas par Harvey, ni par Joseph, encore moins par ses parents ou quiconque aurait pu la côtoyer de son vivant ; il est le seul gardien légitime des souvenirs de la blonde. « C’est marrant, j’ai pas l’impression que tu me parles de la même personne, tes souvenirs et les miens ne concordent pas. » Il se contente d’ajouter lorsqu’elle évoque une nouvelle fois l’attachement qu’elle a pour Harvey, son air renfrogné ayant cédé la place à un sourire forcé et – il est vrai – un tantinet provocateur. Parce que c’est exactement ce qu’il fait, Alfie, il provoque. Plus lui-même que Jules, en réalité, car s’il était capable de mettre sa mauvaise foi de côté une fraction de seconde, il admettrait que Harvey n’est pas du genre à nuire. Du moins, c’est le souvenir qu’il a conservé de ce dernier, jusqu’à leurs récentes retrouvailles et, désormais, celles du Hartwell avec sa compagne. Car il ne fait aucun doute pour lui qu’il a cherché à le nuire – consciemment ou pas. Évoquer Amelia est une déclaration de guerre, d’autant plus venant d’un type qui sait à quel point il a eu des difficultés à se détacher d’elle et qu’il peine encore aujourd’hui à complètement se détacher de son premier amour et son influence. L’évoquer, ce n’est pas seulement ressasser les souvenirs, c’est surtout réactiver cette emprise. Parce qu’il n’a pas été guéri de sa propre volonté, il n’a jamais été sevré d’elle par envie, ce fut une obligation, il n’a jamais réellement donné son accord et la séparation n’a jamais été pleinement acceptée de sa part, ce qui la rend si facile à contester.

Il ne s’agit pas d’Harvey, selon Jules, et Alfie penche légèrement la tête en fronçant les sourcils pour exprimer ses doutes. À l’instant, il s’agit très exactement de Harvey. De ce qu’il a pu lui dire, des doutes qu’il a pu lui dicter, de ce retour fracassant dans leurs vies respectives, et de l’équilibre qu’il bouscule par sa simple présence. Une présence dont devrait s’inspirer Alfie, lui qui tend à se montrer fuyant. Et s’il tente de se justifier, Jules ne semble pas disposée à accepter ses explications. Pire, les mots, certes maladroits, qu’il utilise sont retournés contre lui. « Jules... » Qu’il soupire, exaspéré. Contre elle. Contre lui, aussi. Contre son incapacité à gérer ses relations, à ce don pour tout gâcher, parce que son empathie est dirigée vers des inconnus, et trop peu souvent vers ses proches. « C’est pas ce que je voulais dire, tu le sais très bien. » Du moins, il croyait qu’elle savait. Qu’elle savait comment il peut se montrer maladroit, comme il est parfois incapable de prendre en compte les émotions des autres, comment il est incapable d’exprimer les siennes. Une main passe sur son visage fatigué alors qu’il laisse échapper un soupir en relevant les yeux vers le plafond. Il ne sait pas comment se sortir de ce pétrin sans s’enfoncer toujours plus, il serait tenté de ne pas essayer, mais il sait aussi que cela ne serait pas pardonné. « Sérieusement, comment tu peux croire ça ? Je devrais même pas avoir à le préciser. » Tant c’est une évidence. Mais peut-être que ça ne l’est qu’à ses yeux, en fin de compte. L’anthropologue se mord la lèvre, préférant se taire plutôt que de presser le détonateur quant à toute cette situation qui menace d’exploser à tout moment. « Je suis un peu ailleurs, d’accord ? Avec le travail, le retour de Harvey, l’existence de Leah, le départ de Joseph, ça fait beaucoup et je-ouais, peut-être que je te délaisse, mais c’est pas volontaire, j’ai juste… quelques trucs à gérer, mais rien qui ne se réglera pas tout seul d’ici quelques semaines. Il y a rien à en dire. » Ce n’est pas faux, ce ne sont que quelques éléments sur la liste de ses préoccupations, et rien de suffisamment conséquent pour qu’on s’y intéresse. D’après lui, mais aussi d’après le comportement de Juliana. Il a bien compris qu’il devait accepter l’existence de Leah sans broncher, qu’on l’avait mis devant le fait accompli sans se soucier de ce que ça pouvait ressasser en lui, et il a compris que ses mots, son opinion, n’avaient que peu de valeur. Ce n’est pas un souci contrairement à ce que l’on pourrait penser – bien au contraire ; cela fait bien longtemps qu’il a enregistré le fait que ses sentiments n’entraient rarement dans l’équation. Ses parents, sa famille, ses amis parfois, Amelia à la fin, c’est comme s’il devait cacher ses ressentis sous le tapis, pour mieux les oublier. Il a toujours fait ainsi, et ça lui convient. Il ne peut pas s’inventer des problèmes, des besoins, pour le simple plaisir de parler. Ça ne fonctionne pas, ça ne fonctionnera jamais. « Honnête. » Il proteste, alors que Jules prétexte une injustice. Non, il n’est pas injuste ; il est réaliste, il est honnête – et peu importe si ça ne lui plaît pas. « Mais j’ai rien à dire, Jules, bon sang ! C’est juste une mauvaise période qui me tombe dessus, comme ça, sans raisons, comme ça arrive à tout le monde, il n’y a rien à dire de plus, je comprends pas moi-même et je dois juste attendre que ça passe. » Il se justifie, là-aussi sans mentir. Il sait que quelque chose ne va pas ; il ne sait juste pas quoi exactement, ni pourquoi, et encore moins comment se délester de cette sensation de perpétuel étouffement. Mais Jules insiste, et sa patience est mise à mal. Parce qu’elle remet encore et toujours ce qu’il peut dire en cause – et que jusqu’à preuve du contraire, il est le seul à se connaître. Mais Jules remet tout ceci en question, et il finit par céder du terrain à la colère ; il ne parvient plus à la contenir, mais tout juste à la maîtriser pour qu’elle ne soit pas explosive. Depuis le début de la conversation, il a cette désagréable impression qu’aucune de ses paroles ne vaut quelque chose ; et qu’il peut s’exprimer autant qu’il le souhaite, Jules s’est fait un avis sur la situation et le sien importe peu. Il devait simplement souligner ce fait, sans entrer dans les détails, en évitant les reproches. Et pourtant, ce sont bien eux qui finissent par s’échapper d’entre ses lèvres, dans un débit accéléré par la nervosité et la colère, dans des propos qui deviennent presque un monologue. Il n’a plus de souffle à l’issue, mais une chose est certaine : il ne peut pas parler si elle refuse d’écouter. Et c’est très exactement l’impression qu’il a, accentué par cette conversation, confirmé par le silence dont elle fait preuve. Alors il abandonne, Alfie, alors qu’il la contourne pour se rendre jusqu’à la salle de bain, se munissant d’une serviette pour éponger sa sueur, se dirigeant ensuite vers le lavabo pour s’asperger le visage d’eau glacée. Lorsqu’il relève la tête, c’est le reflet de Jules qu’il croise dans le miroir, et sa voix qui parvient jusqu’à ses oreilles. « Je t’en prie, tu peux continuer ». Trop aimable. Il émet un bref rire, spontané, nerveux, qui s’accompagne de mouvements de tête tandis qu’il baisse le regard sur l’évier. « Laisse tomber. » Il soupire, daignant finalement se tourner vers elle alors qu’il s’appuie contre le meuble. Laisse tomber, et pourtant, il est le premier à ne pas y parvenir. « Pourquoi m’avoir dit que c’était pas grave si je n’étais pas prêt à avoir un enfant, si tu le pensais pas ? » Il demande finalement, la voix plus posée que quelques instants auparavant. « Je t’ai crue, quand tu me l’as dit. » Ou presque. « Je sais pas si c’était volontaire, mais tu me l’as reproché, que tu le veuilles ou non. » Il se passe une nouvelle fois la main sur le visage tandis qu’il préfère éviter le regard de Juliana. « Moi aussi, je comprends plus rien. Je comprends pas comment tu peux me rassurer un jour, et ne plus vouloir me regarder ou m’adresser la parole le suivant. » Car c’est bien la manière dont se sont déroulées les choses. « Je comprends pas comment tu peux t’attendre à ce que je te parle alors que toi-même tu ne le fais pas. » Du moins, dans sa perception des choses, c’est ainsi qu’il les interprète. « Tu veux que je te parle ? Bien. J’ai été ravi de découvrir l’existence de Leah. J’ai été enchanté par le fait que vous étiez tous au courant avant moi. J’ai été si heureux d’avoir été mis devant le fait accompli et de me préparer à la rencontrer dix minutes après avoir appris son existence. Ce fut un bonheur d’avoir à fermer ma gueule parce qu’a priori, il était logique que je l’accueille à bras ouverts. C’est vrai, après tout, c’est une situation totalement normale pour moi, que de me faire à l’idée que ma cousine a été remplacée, de me souvenir qu’elle n’est plus là. C’était incroyable que tu me fusilles du regard durant tout l’anniversaire d’Anabel, enfin, les quelques fois où tu voyais que j’existais. Ce fut délicieux de profiter de ton agréable silence, juste après tes belles paroles de la veille. Alors, sache que le plaisir de ne rien comprendre est partagé. » Il achève, relevant le regard, et affichant son sourire forcé sur les lèvres. « Je croyais qu’on y « arriverait », pour reprendre ses termes, mais je pensais pas que on ce serait moi. » Et le problème, c’est qu’il n’y arrive pas plus qu’elle.



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Juliana Rhodes
Juliana Rhodes
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UN RP ? : Pas dispo pour le moment.
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RPs TERMINÉS : Harvey #1Stephen #1Tad #1Asher #1Leah #1Harvey #2Alfie & Ariane #1Joseph #1Alfie & Joseph #1Asher #2Caleb #1Alfie #1Alfie #2
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Message(#) Sujet: Re: Zugzwang ✿ Alfiana Zugzwang ✿ Alfiana EmptyMer 2 Oct - 22:45




Zugzwang

@Alfie Maslow & Juliana Rhodes


Je ne me doutais pas que provoquer cette conversation ouvrirait tous ces dossiers conservés sous clés et qui auraient sûrement – pour certains – dû le rester. J’ai l’impression qu’on parle sans se comprendre, qu’on échange sans s’entendre et que nous ne sommes pas près de trouver un terrain d’entente. Pourtant, j’aimerais tellement que ce soit le cas, qu’on puisse résoudre les problèmes qui nous séparent ces derniers temps, qu’on mette le doigt sur ce qui nous dérange et qu’on soit capable de l’évoquer calmement. Pour le moment, c’est loin d’être une réussite et j’ai l’impression qu’Alfie se braque au fur et à mesure que les secondes s’écoulent et je me retrouve face à un mur ce qui n’arrange rien à la situation. Je l’ai attendu pour avoir cette explication qui me tenait à cœur et il ne semble pas disposé à m’en donner une. Je ne sais pas vraiment si ça m’attriste ou si ça me met en colère, c’est peut-être un mélange des deux en fin de compte, mais je me contiens, je fais de mon mieux pour continuer à exposer tout ce qui me passe par la tête, faisant preuve d’une honnêteté qui pourrait peut-être me desservir mais qui est surtout destinée à faire avancer les choses à défaut qu’il s’en montre capable de son côté. J’ai l’impression qu’il arrive à me comprendre s’agissant de notre ancien colocataire – forcé pour ma part – et ça me rassure sur l’issue de cette conversation, parce qu’il faut bien se rassurer comme on peut. Ce n’est qu’un petit gravillon sur un chemin qui en est couvert, mais c’est un début. « Je ne sais pas, Alfie, mais au moins j’aurais su. » Je sais très bien, au fond, que j’aurais dit oui quand même, parce que le retour de Joseph dans sa vie l’a mis dans tous ses états et qu’il m’a montré tout de suite à quel point cette cohabitation lui tenait à cœur. Jamais je n’aurais pu m’opposer à ça. Jamais. Mais je sais aussi que ça ne sert à rien de le lui dire, parce que je ne peux pas le prouver et que, de toute façon, ça ne s’est pas passé comme ça. Rejouer le passé est impossible mais mieux gérer le futur qui s’annonce est encore à notre portée et c’est sur ça que je veux me concentrer. « Gênant est un très bon qualificatif. » J’esquisse un pâle sourire, le premier depuis le début de notre conversation et certainement le dernier au vu de tout ce qu’il nous reste à extérioriser, mais j’apprécie qu’il ait cherché à assurer ma sécurité et malgré tous les doutes que je peux avoir en ce moment sur notre relation, je n’ai jamais supposé qu’il avait arrêté de veiller sur moi. Il est moins présent, certes, mais j’ose encore espérer que si j’avais vraiment besoin de lui, il volerait à mon secours comme il l’a toujours fait. C’est peut-être la seule chose rassurante à laquelle je peux me raccrocher dans cette zone floue dans laquelle nous nous sommes installés depuis bien trop longtemps déjà. Et pour ce qui est d’être flou, il est le meilleur et c’est par un froncement de sourcils que je réponds à sa remarque énigmatique que je ne suis pas sûre de réussir à comprendre mais sur laquelle je choisis de ne pas rebondir. Un seul cheval de bataille à la fois, ça vaut mieux.

Il m’apparait désormais très clairement qu’en termes de cheval de bataille, j’aurais probablement dû mieux choisir le mien. Défendre Harvey Hartwell face à Alfie était probablement la pire idée que je puisse avoir et j’aurais sûrement dû m’en douter compte tenu de l’animosité ou plutôt des non-dits qu’ils laissaient tous les deux planer. J’adore Harvey, je trouve sincèrement que c’est quelqu’un de formidable. Il ne fait pas toujours les bons choix, certes, j’imagine que c’est son côté un autodestructeur qui parle pour lui, mais il a un bon fond et je le crois incapable de nuire à autrui délibérément. Je suis donc incapable de croire Alfie lorsqu’il prétend le contraire et je me rends bien compte que chacune de mes justifications attise davantage sa colère. J’ai eu tort de mentionner Amelia, j’ai encore plus tort d’enfoncer le clou maintenant, et le ton cinglant avec lequel il retourne mes propos contre moi ne laisse pas planer le doute sur la manière dont il les reçoit. Même si je sais que j’ai eu tort, je ne peux malgré tout pas vraiment entendre ses arguments. Depuis quand il accepte de parler d’Amelia ? Depuis quand il est ouvert sur le sujet ? Depuis quand est-il ouvert tout court ces derniers temps ? A quel moment je pouvais deviner que j’avais le droit de m’immiscer dans ce pan de son passé qu’il préfère passer sous silence ? Certes, j’ai choisi la solution de facilité en demandant à Harvey plutôt qu’en le contraignant à revivre des moments qu’il n’avait pas envie de partager, mais ça ne serait pas arrivé si je n’avais pas eu l’impression qu’il n’était plus vraiment le même ces derniers temps. Si mon tort est d’avoir essayé de comprendre à tout prix, alors je l’accepte mais je ne crois pas que ça fasse de moi une horrible personne emportée par une curiosité mal placée. Je n’ai jamais eu de problème avec le fait de ne pas tout partager mais lorsque son attitude m’impacte directement, les choses sont forcément différentes. « C’est vrai que ça aurait été dommage de passer à côté d’une autre conversation aussi agréable que celle-ci. » Je rétorque froidement, à mon tour, parce que sa mauvaise foi est irritante et que ça me tue qu’il ne soit pas capable de reconnaitre que son incapacité à partager des choses importantes est ce qui m’a poussé à trouver une autre source d’information que la source qu’il mentionne si bien. Pour lui c’est facile, je n’ai jamais eu aucun secret pour lui, il connait chaque détail de mon passé du plus heureux au plus douloureux et je pensais que la réciproque était vraie jusqu’à ce que Joseph et Harvey se chargent de me remettre les pieds sur terre. « S’il n’y avait que nos souvenirs qui ne concordaient pas, ce serait un moindre mal. » Nous ne concordons ni au passé, ni au présent, ni au futur et ce n’est pas rassurant du tout mais puisqu’il préfère le sarcasme à une conversation pourtant importante pour chacun de nous, je n’ai aucun scrupule à enfoncer le clou à mon tour, laissant parler mon agacement plutôt que ma raison.

La situation ne s’arrange pas, en plus, puisque non seulement je suis censée m’adresser à lui, même sur les sujets dont il n’a pas envie de parler mais en plus je suis censée deviner ce qu’il veut dire même lorsque sa maladresse le pousse à être carrément blessant. Son soupir me gonfle. L’évidence avec laquelle il remet en cause mon interprétation m’agace. Je soupire à mon tour, autant sous le coup de l’énervement que parce que la lassitude commence à prendre le dessus sur ma patience. « C’est vrai, j’avais oublié que j’étais censée tout savoir et être passée maitre dans l’interprétation de toutes les vacheries que je peux recevoir par inadvertance. » Et je suis super injuste parce que les vacheries en question ne sont pas si nombreuses que ça, la preuve, je serais bien incapable de lui citer un exemple s’il me le demandait. Mais parce qu’il trouve judicieux de me piquer, je m’efforce de faire de même ce qui est complètement stupide et ne va certainement pas arranger nos affaires. Je crois qu’au fond, j’en ai parfaitement conscience, mais être le tapis sur lequel il s’essuie les pieds, très peu pour moi et si je peux lui faire comprendre que son attitude m’impacte et que ce n’est pas que de lui dont il est question, alors je n’aurais rien à regretter. J’avais abandonné l’idée qu’il puisse sortir quelque chose de constructif de cette altercation aussi suis-je surprise quand il justifie finalement son état, invoquant son boulot – encore –, Harvey que j’étais si contente de revoir et qui semble être une source de problèmes pour lui, Leah, celle qui a redonné le sourire à Stephen mais qui prend une place laissée vacante par une femme qu’il aimait énormément. Toutes ces raisons sont valables mais elles ne justifient pas le mutisme dont il fait souvent preuve me concernant et son absence bien plus fréquente et à laquelle je n’ai pas spécialement envie de m’accoutumer. « Pourquoi t’as rien dit ? Pour Leah ? Pour Harvey ? Pour Joseph ? On aurait pu en parler. » Bon, désormais, je comprendrais qu’il ne veuille plus me parler d’Harvey mais à la base il ne savait pas que je le connaissais donc si son retour l’avait à ce point chamboulé, il aurait pu aborder le sujet entre le fromage et le dessert. Pour ce qui est de Leah, je ne suis pas sûre de lui être d’un très grand secours, j’étais bien moins proche de Rachel qu’il pouvait l’être, malgré tout, je peux concevoir que ce nouveau couple soit un chamboulement pour lui mais on aurait pu en discuter plutôt qu’il aille agresser la jeune femme le jour de l’anniversaire d’une enfant qui ne devait pas assister à une telle chose. « Et tu sais à quel point je suis désolée que Joseph soit parti, je sais que c’est de ma faute. » Mais on en a parlé et ça avait l’air d’aller. Manifestement, je devrais être capable de deviner tout ce qu’il ne me dit pas et je n’en suis absolument pas capable. Me rendre compte que je ne connais pas Alfie aussi bien que je le devrais, ou en tout cas qu’il le voudrait, est difficile à encaisser mais je me garde bien de faire tout commentaire. Il est honnête, certes, mais parfois l’honnêteté fait plus de mal que de bien, la preuve. « On doit juste attendre que ça passe. » Il ne semble pas avoir compris que vivre sous le même toit implique nécessairement que la vie de l’un impacte celle de l’autre. Je le trouve égoïste de croire qu’il est le seul impacté par la situation d’autant plus que c’est à cause de cette mauvaise période que je me retrouve éveillée à une heure tardive, l’estomac noué, à me prendre des réflexions que je ne voulais pas entendre et que je trouve plus ou moins justifiées.

Je suis prête à beaucoup de choses pour Alfie, parce que notre amour est plus important que ma propre personne et qu’une relation est faite de compromis. Toutefois, laisser tomber n’est clairement pas quelque chose que je ferais, ou en tout cas pas aujourd’hui. Si la politique de l’autruche fonctionne très bien la plupart du temps, je ne pense pas qu’il existe un cas de figure dans lequel ladite autruche remet sa tête dans le sable après avoir entendu un début de vérité parce qu’elle n’est pas prête à entendre la suite. Heureusement – ou pas – Alfie ne semble pas réellement espérer que je lâche l’affaire puisque c’est avec un soupir – décidément – qu’il se décide à me faire face pour déballer enfin tout ce qu’il a sur le cœur. Et finalement, je dois bien admettre que j’aurais préféré qu’il se taise, sa première question ô combien pertinente me frappe de plein fouet, suivi par le déballage de reproches qui sont malheureusement plutôt justifiées parce que le fait que je ne gère pas du tout la situation et que mon attitude, face à tout ça, est changeante est une réalité et que cette réalité me fait affreusement peur. Parce qu’il se passera quoi si je n’arrive pas à passer au-dessus de ma rancœur ? Quels seront les projets que nous pourrons faire à deux si je ne suis pas capable de mettre de côté mes propres rêves ? J’ai voulu le rassurer en prononçant les mots qui me paraissaient appropriés mais était-ce réellement quelque chose que je pensais ? Je n’en suis pas sûre, je crois même que je suis persuadée du contraire mais c’est beaucoup – beaucoup, beaucoup – trop dur à admettre à cet instant précis. Je ne veux pas que notre monde s’effondre, je ne veux pas qu’il porte sur son dos la responsabilité de ma tristesse et je ne veux pas être triste juste parce qu’il n’est pas sur la même longueur d’onde que moi. Je suis censée être plus forte que ça et je ne le suis pas, alors je suis capable de faire la gueule pendant plusieurs jours pour une stupide histoire de mini moto, de prendre la mouche dès qu’un propos allant à l’encontre d’une future vie familiale parvient à mes oreilles et de prendre la moindre réflexion comme une attaque personnelle d’Alfie visant à me faire bien comprendre que non, définitivement, il n’est pas prêt pour une vie de famille. Et puisqu’il ne m’a jamais dit que la situation lui pesait, je n’ai pas essayé de mieux faire ou de faire différemment. « Personne n’a jamais dit qu’il était logique que tu l’accueilles à bras ouverts. » Je commence, parce qu’il est plus facile de parler de Leah que de l’enfant que nous n’aurons jamais. « Je pense juste que ton entrée en matière n’était pas adaptée à la situation. On était là pour l’anniversaire d’Anabel, pas pour régler nos comptes ou extérioriser nos frustrations et Stephen était assez stressé comme ça à l’idée de nous la présenter. Il y avait une petite fille à rendre heureuse et sur le moment, c’était tout ce qui comptait. » Alors non, je ne lui ai pas demandé d’accepter Leah, et encore moins de l’apprécier, mais juste de faire bonne figure le temps d’un après-midi pour qu’Anabel ait des étoiles dans les yeux en se souvenant de sa fête d’anniversaire. « Personne ne te demande de faire comme si tu étais heureux de cette relation si tu ne l’es pas, bien sûr que c’est compliqué de voir Stephen de nouveau en couple et Rachel ne pourra jamais être remplacée par qui que ce soit. » Je ne pense pas que ce soit le but de Stephen, il a juste besoin de se reconstruire et d’être heureux et personne n’a le droit de le juger pour ça. Il se retrouve veuf à peine marié, c’est une situation extrêmement difficile et je pense sincèrement qu’on ne peut pas comprendre ce que ça fait tant qu’on ne l’a pas vécu. Alors même si c’est difficile de le voir aller de l’avant pour Alfie qui était énormément attaché à sa cousine, ce n’est pas une raison pour tout gâcher. Quand je vois que deux ans après la mort de sa future femme, Caleb est encore en train de croire qu’il ne pourra plus jamais être amoureux de sa vie, ça me fait plaisir de voir qu’il y a encore des personnes capables de lui donner tort. Mais évidemment, ce n’est pas un argument que je pourrais prononcer à haute voix. « Je ne t’ai pas ignoré, et je ne t’ai pas non plus fusillé du regard mis à part quand tu as dit à Leah qu’elle avait une sale tête, mais je ne crois pas avoir été la seule à ne pas apprécier… Je me suis contentée de me mettre en retrait parce que cette journée a été un peu… » Je marque une pause, hausse les épaules, cherche à conclure cette phrase par quelque chose d’un peu moins fort que « bouleversant » ou « catastrophique » alors que c’est exactement ce que je pense. « … Compliquée. » Parce qu’Alfie ne veut pas d’enfant, parce qu’Alfie se pense irresponsable, parce qu’Alfie a voulu me le prouver en achetant cette moto qui aurait dû rester bien sagement au magasin et que pour couronner le tout, Leah a tenu à m’annoncer sa grossesse, à moi, rien qu’à moi, quelle ironie. « Je n’étais pas très en forme, je voulais vraiment faire bonne figure pour Anabel mais je n’y suis pas vraiment arrivée.  » Merci Leah.

Mais ce n’est pas Leah, le véritable problème, c’est cette conversation que nous avons eue et qui a creusé un fossé qui s’élargit au fur et à mesure que les jours passent. Je n’ai pas envie d’en reparler, parce que je sais que rien a changé et que je ne suis pas sûre de pouvoir être aussi positive que je l’ai été la première fois. Certes, être positive ne m’a pas servi à grand-chose puisque je n’ai pas réussi à le rester par la suite, mais je ne veux pas qu’il sache à quel point je souffre de ce refus. « Je t’ai dit que ce n’était pas grave parce que je ne savais pas quoi dire d’autre. » Je finis par avouer, mes yeux fixant résolument le carrelage parce que je suis incapable d’affronter son regard. « Je trouvais que ça sonnait mieux que c’est terrible, je ne sais pas comment je vais m’en remettre C’était beaucoup moins réaliste aussi, mais ça, je ne le savais pas encore à ce moment-là. « Et parce que je pensais réellement que j’arriverais à faire en sorte que ça ne soit pas grave, que je pourrais juste mettre cette idée de côté et faire comme si elle n’avait jamais existé. » Je voulais tellement le rassurer et au final, je n’ai réussi qu’à faire pire en lui faisant payer mon incapacité à accepter la situation. Le problème, c’est que je ne vois pas vraiment comment je pourrais agir différemment. « J’essaie d’y arriver, je t’assure, de toutes mes forces. » Je relève les yeux vers Alfie, sans trop savoir si c’est une bonne idée tant j’ai peur de lire encore plus de colère dans ses yeux. « Ce n’est pas aussi facile que je le pensais, c’est tout. » Incroyablement difficile serait sans doute plus exact, mais je ne pense pas que ce soit irrémédiable, j’ai toujours l’espoir que les choses s’arrangent, que je puisse passer au-dessus de cette déception que j’ai tant de mal à encaisser et qu’on puisse de nouveau être heureux. « Tu as sûrement raison, peut-être que c’est juste moi qui n’y arrive pas. » Mais ce n’est pas moi qui fuis la maison, ce n’est pas moi qui lui cache des choses sous prétexte qu’elles n’ont pas forcément d’importance, mon seul tort a été d’aborder un sujet important sur lequel nous n’avons pas réussi à nous mettre d’accord et de mettre un peu plus de temps que lui à le digérer. Oui, je l’ai rassuré, oui j’ai fait en sorte que ce soit un peu plus facile à encaisser pour lui, mais qui est venu me rassurer, moi ? Qui m’a aidé à faire le deuil de cette famille que je ne suis finalement pas sûre d’avoir ? Je me retrouvée seule à lutter contre ces sentiments contraires et c’est une bataille sans fin et fatigante mais il n’a pas du tout l’air de le comprendre. « Mais j’étais sincère quand j’ai dit qu’on y arriverait et j’y crois toujours. » Ou en tout cas, j’y croyais sincèrement avant qu’on se retrouve face à face dans cette salle de bain, à se regarder sans se reconnaitre et à se faire souffrir sans en avoir l’intention. Maintenant, je ne suis plus sûre de rien et j’aimerais tellement retrouver cette certitude que nous sommes inatteignable et que quelles que soient les épreuves que nous aurons à traverser, notre couple restera solide.


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