AccueilAccueil  FAQFAQ  RechercherRechercher  MembresMembres  GroupesGroupes  S'enregistrerS'enregistrer  ConnexionConnexion  
Aide les nouveaux à se sentir chez eux
Deviens parrain et viens aux prochaines soirées cb d'intégration.
Le forum a besoin de vous pour vivre
N'oubliez pas de voter autant que possible.

 there are truths that only the dark can see (anwar)

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
AuteurMessage
Soheila Hodge
Voir le profil de l'utilisateur En ligne
ÂGE : trente-huit ans.
STATUT : Divorcée. Mère d'Emma, cinq ans.
MÉTIER : Directrice de la Hodge Foundation, association humanitaire internationale d'aide médicale. Médecin de formation. Danseuse.
LOGEMENT : Bayside, #826. Villa d'architecte en verre.
there are truths that only the dark can see (anwar) 1564759343-6niceford
POSTS : 1256 POINTS : 1220

ORIENTATION SEXUELLE : J'aime tout le monde.
PETIT PLUS : Américaine, s'est installée définitivement à Brisbane en 2009. A la double nationalité. Médecin humanitaire. N'exerce plus la médecine depuis 1 an. De retour à Brisbane en décembre 2018 après 1 an d'incarcération en Chine. Atteinte de PTSD depuis. N'a pas la garde de sa fille de 5 ans. Fait régulièrement l'objet d'articles ou de sujets dans les médias. Intervenante dans plusieurs émissions télévisées en tant que porte-parole de son association et des causes défendues. Outre l'anglais, parle l'espagnol, le portugais, l'arabe, des notions de français et de chinois.
UN RP ? : Seulement si nous avons un lien.
RPs EN COURS : freya ; yasmine ; anwar ; leonie ; stephen 2 ; raelyn ; thomas ; lily
RPs TERMINÉS : there are truths that only the dark can see (anwar) 1562884137-emmaMaybe I'm not the mother you deserved but I swear, you're everything I ever wanted. But I’m a liar when I say that I’m okay. You taught me why hurricanes were named after people.

stephen 1
AVATAR : Zoe Saldana
CRÉDITS : avatar Lux Aeterna. signature code Astra.
DC : Non.
INSCRIT LE : 03/07/2019
http://www.30yearsstillyoung.com/t24859-i-wasn-t-put-here-to-stay-soheila-hodge http://www.30yearsstillyoung.com/t24916-feelings-change-memories-don-t-soheila http://www.30yearsstillyoung.com/t25066-soheila-hodge http://www.30yearsstillyoung.com/t25157-soheila-hodge

there are truths that only the dark can see (anwar) Empty
Message(#) Sujet: there are truths that only the dark can see (anwar) there are truths that only the dark can see (anwar) EmptyLun 15 Juil - 17:25


there are truths that
only the dark can see
Anwar & Soheila




Je laissais l’eau du robinet couler au creux de mes mains en coupe depuis quelques secondes déjà. Elle ruisselait, vivante, entre mes doigts rougis avant de tourbillonner sur les rebords de la vasque blanche et de disparaître dans la bonde. Je restai, appuyée sur mes avant-bras, penchée vers le meuble de salle de bain, immobile et silencieuse. Je m’étais forcée à arrêter de danser, je m’étais contrainte à aller me laver pour ne plus y retourner mais je le regrettais déjà. Je sentis une crampe s’emparer de mes poignets et remonter le long de mes bras, soudainement tremblants. Mes doigts se crispèrent un instant et perdirent leur immobilité, laissant l’eau s’échapper de leur prison et j’empoignai le rebord du meuble pour les faire cesser. Je me redressai enfin en ouvrant les yeux. La pièce sembla rétrécir soudainement et le sol remonter à la hâte pour venir heurter mon front. Je fermai les yeux une seconde, y apposant une main fébrile, en soupirant d’agacement, m’abîmant dans la nuit, réinventant un équilibre puisque cette dernière me dépouillait de celui que je possédais. Je voulais mettre cela sur le compte de la fatigue mais celle-ci ne justifiait pas mes excuses. Je n’accordais plus à ces dernières ni compassion ni complaisance. Car alors survenaient d’entre les ombres le reste des maux et des douleurs ignorées, trop heureux de s’engouffrer dans la brèche que je leur creusais de mes mains nues, satisfaits de pouvoir s’exprimer à pleins poumons pour faire entendre leurs revendications : c’était ma peau qu’ils souhaitaient. Mais ils seraient déçus. Je m’accrochais chaque jour, continuais de vivre comme je persistais à danser, luttant pour atteindre les nuages, consentante à piétiner les braises, jour après jour, avant d’y arriver. Je voulais rendre en efforts ce que j’avais perdu durant douze mois, réduite au silence et à la solitude. Je regagnais en muscles ce que j’avais perdu malgré les rations quotidiennes, nourritures à peines digérées me lacérant la gorge mais que j’avais rejeté, inlassablement, épuisée et détraquée. Je m’épuisais, certes, dans une révolte qui n’avait de sens que pour ma propre colère, pour faire taire ce corps qui ne m’appartenait plus et qu’il fallait apprivoiser, mais je le faisais par choix et cela changeait tout. L'apprivoiser, le remplir d’autre chose que de tourments, d’autre chose que d’exigences, d’autre chose que de sujétion. Mais les illusions s’éloignaient sous leurs ailes de cire et ne me permettaient jamais de m’envoler bien loin, pour l’instant. Elles m’autorisaient, l’espace de quelques minutes, quelques heures, de m’approcher d’un soleil que j’imaginais brûlant et interdit et qui finissait, en effet, par les faire fondre sans pitié aucune. Les illusions trahissaient sans faillir et, les ailes disparues, m’entraînaient dans un gouffre que j’imaginais sans fond avant de me souvenir que je ne désirais pas : imaginer.

J’éteignis la lumière, je n’en avais pas besoin pour m’avancer à l’aveugle jusqu’au dressing, en face. Je retirai mes chaussures distraitement, revenant à plat sur le parquet frais de la pièce, et tendis le bras dans la pénombre pour attraper mon short en jean et ce pull trop ample dont je retroussais les manches par habitude. Je dégageai enfin mes cheveux du col, les laissant m’envelopper un instant de leur chaleur familière, avant de les attacher négligemment. Je regagnai le salon et me dirigeai lentement vers la baie vitrée donnant sur la mer pour l’ouvrir entièrement. Le souffle tiède de la nuit me parvint par bouffées dans une odeur de jasmin douce et entêtante et je me laissais m’asseoir sur le canapé en face, ramenant mes jambes sous moi, ravivant une douleur que je n’espérais plus oublier. Les basses de la musique continuaient à résonner en moi, en une vague lente mais assourdissante, un murmure familier. L’épuisement guettait la moindre de mes lacunes mais je n’étais pas dupe. Je le savais capable de m’emporter si j’acceptais d’aller m’allonger dès à présent, satisfait de me faire miroiter ses bienfaits et ses promesses. Mais je m’éveillais ensuite toujours à la hâte, courbée et oppressée, comme si je me souvenais dans ces secondes fragmentées qu’il m’était possible de m’éteindre à tout moment. Je secouai la tête, un sourire vague aux lèvres car il n’y avait rien d’amusant, car cela aurait dû cesser de me surprendre mais que la nuit ramenait avec ses ombres les craintes qu’elle voulait ranimer. Les nuits blanches n’avaient jamais aussi mal porté leur nom qu’au sein de ces murs. Ici, elles n’étaient pas blanches mais pleines d’images et de couleurs, d’ombres et de lumières, d’oubli et de fulgurances. J’en venais à penser qu’il aurait été plus facile qu’elles le soient réellement, qu’elles s’effacent sous ses appellations et qu’elles acceptent de revêtir les formes qu’elles impliquaient, blanches, silencieuses, vides. Il devait être aisé de s’y échapper ainsi, de fuir dans le sommeil libérateur et revigorant que l’on me vantait tant mais ces chimères étaient insistantes, je leur accordais bien cela. Mes nuits n’avaient pas d’issues, elles étaient peuplées, comblées, éblouissantes et sépulcrales. Ne me restait plus qu’à attendre l’aurore blanchissant les cendres dormantes jusqu’à les dissiper sans pour autant pouvoir oublier l’incendie nocturne qui avait eu lieu.

J’inspirai avec un contentement douloureux mais apaisant et remontai mes mains le long de ma gorge asséchée, ma nuque tiraillée avant de deviner sous mes doigts l’élastique lâche dans mes cheveux sur lequel je tirais distraitement pour les libérer sans plus d’attention. Je me penchai en avant pour m’emparer de la télécommande avec laquelle je ramenais soudainement la pièce à la vie. Lumières d’appoint et télévision s’allumèrent en même temps et je jetais un coup d’œil à cette dernière tout en me dirigeant vers l’ilot central de la pièce. Sur celui-ci trônait encore le verre abandonné plus tôt dans la soirée et mon index vint distraitement dessiner les nervures de son contour alors que j’ouvrais les tiroirs et autres placards, rassemblant ce qui m’intéressait. Le froissement de mes mèches alourdies sur mes épaules associé aux sonorités diffuses de la télévision en fond suffisaient peut-être à étouffer mes sens brièvement mais mon regard s’attira pourtant de lui-même vers l’extérieur avant que ce dernier ne s’éclaire avec douceur, signe d’une présence inattendue. Un regard vers l’heure scintillante des appareils électroménagers m’indiqua qu’il était minuit passé, déjà, ou seulement, pensais-je avec lassitude. Je m’avançai vers l’entrée, mon attention tournée sur l’ouverture du pot de glace subtilisé au congélateur quelques secondes avant, et m’arrêtai devant la porte lorsque celle-ci vibra sous un coup porté à sa surface. Un coup. Un coup, puis le silence. Comme une preuve ou un ombrage que j’étais supposée découvrir ou percer. Je l’avais déjà fait, les possibilités n’étant pas infinies et cette scène s’était désormais jouée plus d’une fois déjà. Mes doigts vinrent s'enrouler silencieusement autour de la poignée concave et froide avant de la tourner pour le voir apparaître.  Le regard noir et aiguisé d’Anwar attrapa le mien et j’inclinai brièvement la tête comme seul salut en plus du léger sourire venant se dessiner sur mes lèvres. « Il y en a d’autres de là où ça vient. » laissai-je finalement échapper en désignant distraitement la glace dans la paume de ma main. « Ça et quelques bouteilles qui devraient bien se marier avec. » rajoutai-je dans un souffle en tournant les talons, l’invitant ainsi silencieusement à entrer à son tour. Peut-être allait-il me dire, ensuite, ce qu’il cherchait à fuir, cette fois, et si je pouvais le suivre, de nouveau. Les nuits de ce genre ne permettaient que cela après tout, la fuite en avant.



Darkness is your candle.
We all have scars, inside and out. We all have emotional trigger points, broken bones and broken hearts. Now I see scars and I see stories. I see a being who has lived, who has depth, who is a survivor.
Revenir en haut Aller en bas
Anwar Zehri
le bébé lion
le bébé lion
Voir le profil de l'utilisateur
ÂGE : 37 ans (20/06/82)
SURNOM : annie, il a jamais donné son accord mais ça les gens s'en foutent, visiblement
STATUT : séparé, le divorce en stand-by pour des questions d'assurance (how romantic) ~ un fils majeur et un second lardon en route, parce qu'il fallait qu'il soit le 0.01% des capotes fiables à 99.9%
MÉTIER : inspecteur de police, brigade des homicides (stups de 2011 à 2016) ~ batteur pour les street cats, petit band sans prétentions
LOGEMENT : #259 bayside, avec Ibis le perroquet infernal, et Pepito le bonsaï
there are truths that only the dark can see (anwar) Tumblr_inline_polddzmQtO1uicdr7_540
POSTS : 1530 POINTS : 650

ORIENTATION SEXUELLE : J'aime les jolies filles.
PETIT PLUS : un fils de 19 ans, Tarek ☆ végétarien ☆ né au Pakistan (Lahore), à Brisbane depuis ses 7 ans ☆ brigade des stups de 2011 à 2016 ☆ un voilier amaré à Bayside, le "Borealis" ☆ a pris la nationalité australienne à sa majorité ☆ conduit comme "un sauvage" ☆ micro un peu, piano beaucoup, batterie à la folie ☆ il écrivait ses propres textes, mais ça, c'était avant ☆ musulman de culture, athée de religion ☆ collectionne les casquettes ☆ toujours des bonbons dans les poches ☆ les ennuis s'accumulent et l'alcool s'installe, à son insu
UN RP ? : Pas dispo pour le moment.
RPs EN COURS : mitchell #2 ☆ lonnie #3caelannorah #2lenesoheilanoa #3romytad #2 (09/10)

FLASHBACKS & ALTERNATIFS : eva (au)

there are truths that only the dark can see (anwar) Tumblr_ocylvs2Cbb1ql27suo6_400
lilinwar ※ family first

there are truths that only the dark can see (anwar) GT2X5IO
the street cats ※ music vibes

RPs EN ATTENTE : delilah #2 ☆ alfie ☆ maze #2 ☆ alec ☆ lou #2
RPs TERMINÉS : 2019norah #1mitchell #1 2018dylan #1tess #2lonnie #2maze #1street cats #2noa #2arthurtess #1tad #1noa (arrestation)delilah #1jack #1lonnie #1lou #1noa #1 2017street cats #1

there are truths that only the dark can see (anwar) 0_a1c10_4377d6c4_M

PSEUDO : yumita (élodie)
AVATAR : riz ahmed
CRÉDITS : avatar@unknown & sign@semisweetshadow & userbar@loonywaltz
DC : hassan & tommy & vittorio
INSCRIT LE : 06/10/2017
http://www.30yearsstillyoung.com/t17047-anwar-bad-guys-need-to-be-lucky-everytime-good-guys-only-need-to-be-lucky-once http://www.30yearsstillyoung.com/t17246-anwar-zehri http://www.30yearsstillyoung.com/t22264-anwar-zehri

there are truths that only the dark can see (anwar) Empty
Message(#) Sujet: Re: there are truths that only the dark can see (anwar) there are truths that only the dark can see (anwar) EmptyJeu 8 Aoû - 20:56



Dans l'open-space du premier étage on entendait presque les mouches voler. Chacun s'était religieusement interrompu avec un mélange de surprise et de curiosité lorsque les premiers éclats de voix s'étaient échappés du bureau du chef de service, dont la porte aussi soigneusement fermée que les stores étaient baissés empêchaient à ceux qui l'auraient souhaité d'obtenir l’image pour aller avec le son. Il y avait bien une demi-heure que le big boss et l'un de ses officiers s'étaient enfermés dans la pièce sans que personne n'y prête attention, tout d'abord, l'impatience étant venue plus tard, par un besoin continuel de rendre des comptes ou d'obtenir une réponse qui ne pouvait être assouvi tant que la tête pensante du service n'était pas disponible. Là où une querelle d'amoureux aurait vu voler de la vaisselle et ruisseler des larmes de crocodile, là où un différent de rue aurait vu pleuvoir des insultes, on entendait sortir du bureau uniquement la voix tonitruante du Deputy Commissioner, celle du malheureux réprimandé s'en tenant à un volume sonore que les oreilles curieuses ne parvenaient pas à capter. « Dernier avertissement Zehri ! La prochaine fois c'est la porte, j'espère que je me suis bien fait comprendre ! » S'imaginant sans doute la tête basse et les poings serrés de l'inspecteur, les indiscrets n'avaient rien eu d'autre à se mettre sous la dent que la sortie fracassante d'un Anwar dont on voyait qu'il épuisait ce qu'il restait de sa tolérance pour ne pas claquer la porte derrière lui. Confronté au silence de l'open-space il avait aboyé « Ça va, vous voulez pas que je vous apporte le pop-corn aussi ?! » avec provocation, et la seconde suivante l'intégralité du poste de police semblait s'être remis en fonction d'une seule voix, chacun s’affairant à agir comme si contrairement à son voisin il n’avait jamais interrompu son travail pour s’adonner à la bassesse du commérage. Ayant regagné le troisième étage, Anwar avait lui traversé comme une fusée les couloirs jusqu’à son bureau et claqué ici la porte qu’il n’avait pas pu claquer deux escaliers plus bas. « J’en conclu que vous n’avez pas discuté chiffons. » Imperturbable, Patton avait à peine levé les yeux au-dessus de la monture des lunettes qu’elle utilisait derrière son ordinateur. En vérité, il était reconnaissant à son équipière de ne pas en faire des caisses et de conserver cet air placide qu’elle cultivait si bien lorsque lui perdait son calme. « Tu veux en parler ? » Hell no. Récupérant son blouson sur le dossier de sa chaise et le holster dans le tiroir de son bureau, il avait balancé les clefs de la voiture dans sa direction en guise d’unique réponse, le lieutenant s’en saisissant au vol « Message reçu. » Elles étaient rares, les occasions pour elle de prendre le volant – et elle n’était pas née de la dernière pluie, parfaitement consciente qu’il lui en donnait la possibilité comme on jetait un os à moelle dans la gueule d’un chien. Pour qu’elle se tienne tranquille et lui foute la paix. Frank aurait mis les pieds dans le plat, lui.

« Hey. Je sais que tu m’as dit que tu me tiendrais au courant, mais … » Derrière lui on s’impatientait, et se raclait la gorge pour le faire savoir. Le téléphone glissé dans la poche de son blouson la seconde suivante, l’inspecteur avait déposé un billet de vingt dollars froissé d’avoir vadrouillé dans son jean et fait un tour gratuit de machine à laver sur le comptoir, et attendu qu’on lui rendre la monnaie pour embarquer le paquet de gummy bears et la canette de bière dont il était désormais l’heureux propriétaire. Avec son éclairage au néon bon marché et sa propreté relative, le boui-boui du coin n’avait pour lui que le fait d’être ouvert vingt-et-une heures sur vingt-quatre, mais alors que la soirée s’étirait et que le sommeil jouait les abonnés absents Anwar était bien trop heureux de pouvoir dîner de bonbons bon marché et de bière premier prix pour oser s’en plaindre. Dans sa poche, le téléphone avait vibré et pour s’en emparer fébrilement le brun avait coincé le paquet de friandises entre ses dents. 5% low battery. Et toujours ce message à moitié rédigé, effacé puis réécrit une dizaine de fois avec toujours le mince espoir qu’entre-temps arriverait le message laconique de fausse alerte qu’il attendait – qu’il espérait – de Lene depuis des jours. Le pouce pressant le clavier et effaçant à nouveau les lettres les unes après les autres, il avait relu une énième fois son dernier – et unique – échange de messages avec la jeune femme comme s’il espérait subitement que le contenu ait changé et que tout ça ne soit qu’une horrible méprise. Il n’avait pensé qu’à cela toute la semaine, à en perdre l’appétit et le sommeil et au point que le numéro de vaudeville qui s’était tenu dans le bureau du chef de police n’avait été que la cerise sur le gâteau de ses emmerdes. Si Lene était enceinte il ne savait pas ce qu’il allait faire. Si Lene était enceinte il ne pourrait pas être celui qui suggérait égoïstement de profiter du tout récent droit à l’avortement autorisé par l’état du Queensland, si elle décidait de le garder, parce que lui était déjà père et pas elle. Si Lene était enceinte il allait devoir l’annoncer à celle qui était encore son épouse. Pire, si Lene était enceinte il allait devoir l’annoncer à Tarek. Si Lene était enceinte il n’y aurait pas de pire moment pour se jeter dans la gueule de Mitchell et de ses combines foireuses comme il était en train de le faire. Si Lene était enceinte, il ne savait pas ce qu’il allait faire.

Les gummy bears lui pesaient sur l’estomac et la canette de bière avait terminé son existence vide et écrasée au fond d’une poubelle de recyclage – parce que même l’humeur en berne Anwar n’oubliait pas que la majorité des déchets abandonnés terminaient leur vie dans cet océan qu’il aimait tant. Si son téléphone n’avait pas fini par s’éteindre il lui apprendrait que depuis son passage chez l’épicier il avait marché douze mille sept cent vingt-trois pas, brûlé l’équivalent d’un petit tiers des bonbons qu’il venait d’avaler, et qu’il était désormais minuit passé. Mais pour ce qu’en savait Anwar, il était seulement assez tard pour que le ballet des voitures dans la rue ait sensiblement ralenti et pour que la température extérieure l’ait finalement persuadé de remonter la fermeture éclair de son blouson. Devant le 826 de la rue on semblait dormir à poings fermés, et la mort dans l’âme le policier s’apprêtait à rebrousser chemin lorsqu’un mince filet de lumière s’était échappé du salon pour troubler l’obscurité ambiante. Restant quelques instants empêtré dans son indécision, Anwar avait attendu – de voir si la lumière ne s’éteignait pas, et de voir si en prenant le temps de la réflexion l’idée de faire demi-tour n’apparaissait pas plus sage, mais puisque ni l’un ni l’autre n’étaient venus le décourager il s’était avancé jusqu’au porche dont la lumière lui avait fait l’effet d’une mini-agression, et avait frappé un unique coup contre le battant de la porte. Telle une apparition sur le seuil, Soheila n’avait pas eu l’air plus surprise de le voir qu’indisposée à le laisser entrer, et commentant « Il y en a d’autres de là où ça vient. » en référence au pot de glace qu’elle tenait dans une main, elle avait touché sa corde sensible en ajoutant « Ça et quelques bouteilles qui devraient bien se marier avec. » après avoir tourné les talons, le laissant refermer la porte derrière lui. « Ça fera au moins un mariage de correct. » Avait-il de son côté commenté avec cynisme, la laissant décider seule du poison qui serait le leur et s’en tenant à appuyer ses coudes sur l’îlot de la cuisine d’un air las après avoir ouvert son blouson, pendant qu’elle s’affairait à leur sortir deux verres. « Je voulais t’envoyer un message plutôt que de débarquer comme ça, et puis … » Et puis plus de batterie, comme il l’avait sous-entendu en agitant son téléphone à l’écran désespérément noir. Au moins il n’enverrait rien à Lene qu’il serait susceptible de regretter le lendemain – ou plutôt tout à l’heure. « C’est comme si ton insomnie et la mienne avaient passé un deal pour fonctionner ensemble. Si ça tombe, elles sont super copines quand on a le dos tourné. » S’agaçant de sa propre tendance à inclure dans son discours une stupidité pas forcément nécessaire, il avait secoué la tête et soupiré d’un air las. « Comment va ? » Question piège. Mais il ne lui en voudrait même pas de botter en touche – il questionnait par habitude, et les habitudes avaient la dent dure.










    - I'm watching you breathing for the last time. A song for your heart, but when it is quiet I know what it means and I'll carry you home. I'll carry you home. -

there are truths that only the dark can see (anwar) 763064237  :burger::
 
Revenir en haut Aller en bas
Soheila Hodge
Voir le profil de l'utilisateur En ligne
ÂGE : trente-huit ans.
STATUT : Divorcée. Mère d'Emma, cinq ans.
MÉTIER : Directrice de la Hodge Foundation, association humanitaire internationale d'aide médicale. Médecin de formation. Danseuse.
LOGEMENT : Bayside, #826. Villa d'architecte en verre.
there are truths that only the dark can see (anwar) 1564759343-6niceford
POSTS : 1256 POINTS : 1220

ORIENTATION SEXUELLE : J'aime tout le monde.
PETIT PLUS : Américaine, s'est installée définitivement à Brisbane en 2009. A la double nationalité. Médecin humanitaire. N'exerce plus la médecine depuis 1 an. De retour à Brisbane en décembre 2018 après 1 an d'incarcération en Chine. Atteinte de PTSD depuis. N'a pas la garde de sa fille de 5 ans. Fait régulièrement l'objet d'articles ou de sujets dans les médias. Intervenante dans plusieurs émissions télévisées en tant que porte-parole de son association et des causes défendues. Outre l'anglais, parle l'espagnol, le portugais, l'arabe, des notions de français et de chinois.
UN RP ? : Seulement si nous avons un lien.
RPs EN COURS : freya ; yasmine ; anwar ; leonie ; stephen 2 ; raelyn ; thomas ; lily
RPs TERMINÉS : there are truths that only the dark can see (anwar) 1562884137-emmaMaybe I'm not the mother you deserved but I swear, you're everything I ever wanted. But I’m a liar when I say that I’m okay. You taught me why hurricanes were named after people.

stephen 1
AVATAR : Zoe Saldana
CRÉDITS : avatar Lux Aeterna. signature code Astra.
DC : Non.
INSCRIT LE : 03/07/2019
http://www.30yearsstillyoung.com/t24859-i-wasn-t-put-here-to-stay-soheila-hodge http://www.30yearsstillyoung.com/t24916-feelings-change-memories-don-t-soheila http://www.30yearsstillyoung.com/t25066-soheila-hodge http://www.30yearsstillyoung.com/t25157-soheila-hodge

there are truths that only the dark can see (anwar) Empty
Message(#) Sujet: Re: there are truths that only the dark can see (anwar) there are truths that only the dark can see (anwar) EmptyDim 11 Aoû - 22:01


there are truths that
only the dark can see




Son visage s’était dessiné sous mes pupilles et la désormais familiarité de ses traits n’avait pas laissé de place à une surprise quelconque. Cela faisait un moment à présent que je ne m’en amusais plus mais la réflexion continuait tout de même de traverser mon esprit, quelques fois. Il nous avait fallu parcourir du chemin, une route sinueuse et dont nous ignorions encore la finalité – ou le point de départ à dire vrai – pour nous retrouver ainsi, face à face. Lui sur le pas de ma porte, moi m’en dégageant pour le laisser entrer, pour le laisser me suivre car c’était ce que nous faisions et que nous n’avions guère besoin d’invitations désormais. Cette familiarité n’avait pas été immédiate, non, les conditions n’avaient pas été propices dès le début. Elle s’était pourtant créée d’elle-même, une nuit de l’été tout juste évanoui, sans que nous ne l’ayons cherchée. Pas plus que nous n’avions ressenti le besoin de la contrôler, de la nommer, de la nier même parfois lorsque celle-ci franchissait outre mesure les limites que nous nous fixions sans doute avec le reste du monde, sitôt le jour revenu. Nous avions dévié des routes toutes tracées, oui, celles qui nous avaient destinées à n’être qu’un simple nom dans les souvenirs de l’autre, décidant d’en suivre une nouvelle, finalement. « Ça fera au moins un mariage de correct. » se permit-il de renchérir, d’un ton caustique, alors que je m’étais déjà détournée pour rejoindre la pièce principale. Ses mots cheminèrent dans mon esprit engourdi une seconde mais je levais tout de même un doigt dans l’air distraitement, sans me retourner, comme pour souligner la justesse de son sarcasme. Il échappait au moins à mon regard entendu, celui-là même qui l’avait déjà défié de faire mieux, défié de faire pire, et nous finissions toujours par y parvenir. Nous nous plaisions, parfois, à ouvrir les portes sur nos vulnérabilités et n’arrivions plus à nous en offusquer. Peut-être même que j’avais fini par trouver cela étrangement plaisant, rassurant tout du moins. Car nous ne faisions qu’exposer en-dehors des sujets enfouis. Cela n’était plus caché, tout d’un coup. Les mariages avortés, les échecs sentimentaux, les histoires détruites, cela faisait rire n’importe qui, non ? Non ? Alors, nous énoncions tout haut ce que j’étais de toute manière capable de ressasser dans les heures creuses de mes nuits, simplement pour me torturer, simplement pour ne pas oublier de ressentir. Simplement pour me convaincre qu’il ne s’agissait là que d’une vérité. Et que l’on ne pouvait pas lutter contre la vérité. Ce n’était jamais elle qui en sortait affaiblie.

J’ignorais ce qui l’avait laissé s’échouer devant chez moi, ce soir. Deux verres lourds, de base ample, apparurent sur le plan de travail et les lumières tamisées de la cuisine se reflétèrent un instant dans leur fond épais avant que je ne remonte mon regard sur Anwar. Je percevais, dans ses mèches désordonnées et ses traits rompus, de nouveaux ombrages qu’il n’avait pas su chasser. Je saisissais, sous l’éclairage des lumières d’appoint, l’ombre de ses cils sur ses joues mal rasées, des élans orageux passés. Mais je n’étais pas déconcertée, tristement curieuse tout du moins de ce qui était parvenu à déchaîner chez lui cette soudaine lassitude. Je sortis une bouteille de whisky, un single mat japonais que nous avions déjà présenté à nos lèvres lors d’une nuit comme celle-ci. J’avais comme projet de fuir la compagnie ce soir. De la fustiger à l’envie. Peu importe ce qui l’avait décidé à toquer à ma porte, cela me paraissait une bonne raison de remettre mon idée à plus tard. Au lendemain. « Je voulais t’envoyer un message plutôt que de débarquer comme ça, et puis … » Je suivis du regard l’écran éteint qui s’agitait devant mes yeux. Même nos téléphones trouvaient le repos auquel nous tournions le dos. Un léger sourire naquit sur mes lèvres comme toute réponse car je ne me formalisais pas de ses apparitions nocturnes et impulsives, ne faisant que lui rendre la pareille pour les fois où il avait également accepté les miennes. « C’est comme si ton insomnie et la mienne avaient passé un deal pour fonctionner ensemble. Si ça tombe, elles sont super copines quand on a le dos tourné. » Je lui lançai un regard malicieux lorsqu’il n’y avait rien d’amusant. Car je savais ce que devenaient les insomniaques solitaires, leur propension à s’enliser dans leurs convictions de cyniques au désespoir exacerbé. Mais que je ne choisissais que le premier pour lui répondre sur l’instant. « Je voudrais pas te vexer mais mon insomnie est du genre sociable et pas regardante, elle fréquenterait n’importe qui si je la laissais faire. » répliquai-je simplement pour le plaisir de le contrer, haussant tout de même les épaules dans un mouvement invisible, frôlement de l’air hiératique qui avait déjà entendu et recueilli bien pires conclusions de ma condition que celle-ci.

Je versai finalement le liquide ambré au fond de nos verres et fis glisser le sien jusqu’à lui. L’alcool n’avait jamais été un refuge pour moi. Il ne m’étonnait plus, dans le fond, gardait la même apparence, les mêmes effets au fil des âges, restait fidèle au poste que chacun voulait bien lui attribuer. Et je ne lui avais jamais attribué celui d’abnégateur. L’alcool n’avait pas changé, non. C’était moi, entièrement moi. Moi qui le laissais désormais s’épancher dans mes veines. Moi qui oubliais de retrouver le chemin ensuite jusqu’à mon lit car quelque part, je lui avais confié des espoirs qui lui étaient impossibles de réaliser, comme si la recherche de l’ivresse était une excuse suffisante pour rester évasif, pour oublier. « Comment va ? » Ah oui, la fameuse question qu’il convenait de poser mais je savais que peu importait la réponse, Anwar n’en recherchait aucune en particulier. De toute façon, il me semblait être devenue la parfaite représentation de ces personnes à la fois lasses et frénétiques. De celles également qu’ils n’arrivaient plus à saisir, ne sachant jamais si elles allaient bien ou non, ne désirant plus réellement le savoir non plus. Un peu comme ils le faisaient avec le monde lui-même tout compte fait, figés dans le perpétuel renouveau de la résignation et de l’envie de le changer, de le soigner, sans savoir comment. Je laissai mes doigts s’enrouler autour de mon verre, un léger sourire aux lèvres, car mon état ne me passionnait guère en réalité. Toute l’ironie dont je me parais pour répondre le montrait à merveille. « C’est mon premier verre de la soirée, alors tu vois … » Je m’appuyai à mon tour sur le plan de travail, renouvelai un aller-retour de ma cuiller entre le pot de glace et mes lèvres avant de plisser les yeux à son encontre, lui accordant toute mon attention. Il connaissait déjà la réponse avant de m’interroger de cette manière un peu lointaine, un peu instinctive. J’avais pu le voir à son attitude à la fois lasse et concernée. Et je pensais connaître la sienne mais sans parvenir à en identifier les raisons, cette nuit. « À en juger par ton air, ce ne sera pas le dernier par contre. Je te retourne la question ou tu préfères que j’évite ? » Je lui offrais le choix, anticipant ses sarcasmes à venir, lui indiquant silencieusement que j’étais prête à les accepter s’il choisissait de les laisser me répondre comme je l’avais fait. Je les entrevoyais déjà dans l’ombre grise qui voilait son regard depuis son arrivée sur mon palier et qu’il n’était pas parvenu à chasser, qu’il n’avait pas essayé de chasser. Tout n’allait pas bien, non. Et cela ne rendait pas les choses plus faciles de le savoir, simplement plus réelles.



Darkness is your candle.
We all have scars, inside and out. We all have emotional trigger points, broken bones and broken hearts. Now I see scars and I see stories. I see a being who has lived, who has depth, who is a survivor.
Revenir en haut Aller en bas

Contenu sponsorisé

there are truths that only the dark can see (anwar) Empty
Message(#) Sujet: Re: there are truths that only the dark can see (anwar) there are truths that only the dark can see (anwar) Empty


Revenir en haut Aller en bas
 

there are truths that only the dark can see (anwar)

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 
Page 1 sur 1

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
30 YEARS STILL YOUNG :: 
brisbane, australie.
 :: bayside :: Logements
-