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 RAELYN&SOHEILA ► Leave me alone

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Raelyn Blackwell
Raelyn Blackwell
la chair empoisonnée
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ÂGE : 32 ans (20.12.1986)
SURNOM : Raelyn est le prénom qu'elle s'est choisi, elle est née Rachel-Lynn. Beaucoup l’appellent Rae, se passant bien de son accord
STATUT : Frivole depuis 11 ans, elle collectionne les relations charnelles sans attaches. Addict à la sensation de ressentir une peau contre la sienne mais sans se l'avouer terrorisée à l'idée de laisser quelqu'un rentrer dans sa vie
MÉTIER : Responsable de l'approvisionnement en stupéfiants du Club, la pègre de Brisbane
LOGEMENT : #290 Spring Hill
RAELYN&SOHEILA ► Leave me alone T6BcMX8H_o
POSTS : 10451 POINTS : 1935

ORIENTATION SEXUELLE : J'aime les beaux garçons.
PETIT PLUS : petit modèle, elle mesure moins d'un mètre soixante et possède une silhouette gracile + elle possède un certain charisme, du magnétisme et il est facile de se faire berner par son charmant minois + diplomate, elle possède des nerfs d'aciers + elle n'a pas fait d'études, pas par manque de capacités mais de moyens financiers et d'envie + accro à la cigarette + alcoolique à ses heures perdues + adepte de MDMA pour les grandes occasions + opportuniste et prête à tout pour servir ses propres intérêts, elle possède des notions de bien et de mal bien à elle + au fond terrorisée par la solitude
UN RP ? : Pas dispo pour le moment.
RPs EN COURS : RAELYN&SOHEILA ► Leave me alone SfyRcWdD_o
RaelakeTruth be told, I don't mind. And I'd sell my soul for the high.

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StrangelynMaybe it's our scars that keep the three of us together

18/10BlakeJoseph #2Lubya #2DeborahCamilLeah #2Théodore (FB 2016)Soheila (FB 2005)Alec (FB 2008)Alec&LouDeborah #2DimitriAdoraAubrey
Univers alternatifsMitchell (DZ)Leah (DZ)Tad (DZ)Alec

RPs TERMINÉS :
2019Primrose #1Joseph #1Mitchell #1Lubya #1Mitchell #2Primrose #2Jo&AudenPrimrose #3CharlieGinny&AudenMatthewJoseph #3
FlashbackAuden #1 (FB 2005)Jill #1 (FB 2009)Jill #2 (FB 2009)Leah (FB 2012) Joseph 2014Auden #2 (FB 2016)

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AVATAR : Lady Gaga
CRÉDITS : Avatar et gifs by me UB by loonywaltz + code signature by astra
DC : Lucia Whitemore
INSCRIT LE : 21/02/2019
http://www.30yearsstillyoung.com/t23235-raelyn-the-badest-thing-around-town-5 http://www.30yearsstillyoung.com/t23281-raelyn-if-you-re-a-strong-female-you-don-t-need-permission http://www.30yearsstillyoung.com/t23333-raelyn-blackwell http://www.30yearsstillyoung.com/t24159-raelyn-blackwell

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Message(#) Sujet: RAELYN&SOHEILA ► Leave me alone RAELYN&SOHEILA ► Leave me alone EmptyMar 23 Juil - 18:21




Leave me alone
Raelyn Blackwell & @Soheila Hodge –mai 2005, Brisbane, 18 ans

Ce geste je l’ai répété des dizaines, des centaines de fois même peut-être. Attraper le sachet plastique, l’ouvrir, et le secouer d’une main tremblante. Regarder la poudre blanche tomber, sentir mon cœur qui s’accélère, attraper ma carte de fidélité Target qui ne quittait jamais la table pour aligner difficilement la poudre en une longue ligne, attraper une paille coupée au ciseau que j’utilisais également depuis des semaines, pencher la tête, et inspirer, dans l’urgence, toujours dans l’urgence, tellement mon corps appelait la drogue. Basculer la tête en arrière, profiter de la si rapide montée de la drogue dans mon système, de l’euphorie, de l’insouciance, parfois pour sortir et boire à en perdre la raison, parfois pour rester chez moi, roulée en boule sur le vieux canapé trouvé dans la rue qui me servait de lit, mais une chose ne changeait pas : je ne renflais de la cocaïne qu’à l’abris des regards, seule dans mon appartement, là où j’avais l’impression que ça n’aurait pas d’importance, pas d’incidence. Jamais devant qui que ce soit, jamais en public, par honte ou par refus que certains se rendent compte que la quantité que je consommais, je ne sais pas. Alors parfois, à l’abris des regards, j’en prenais trop. Je dépassais la dose raisonnable, pour repousser les effets de la descente, comme si d’une façon ou d’un autre enchainer les prises pouvait faire disparaître la douloureuse étape qui suivait l’euphorie de près, de beaucoup trop près, à chaque fois j’y croyais, mais à chaque fois je ne faisais que rendre la chute plus douloureuse. Et dans ces moments une voix me parlait, oh non elle ne chuchotait pas, elle hurlait dans ma tête, elle hurlait que je n’étais qu’une moins que rien, elle me hurlait que j’étais insignifiante, transparente, quelconque voire médiocre, banale et fade.

Ce soir comme beaucoup d’autre elle hurle. Elle hurle parce que je ne compte plus la quantité de poudre qui a traversé mon conduit nasal, parce que je suis à sec et que la descente commence. Alors je me roule en boule sur moi même, comme si cela pouvait annihiler les crampes dans mes muscles, pas celle qui viennent après une séance de sport, non celles-ci sont bien pires, comme si je pouvais contenir mon corps qui tremble alors que je n’ai pas froid. Je me lève, je fais les cents pas, je réfléchis à voix haute, je hurle parfois, hyperactive, délirante et incapable de me contenir. J’envoie valser le cendrier en céramique qui trônait sur la table, et finalement je me dirige vers la minuscule salle de bain, entre la douche en sous-vêtements, allume l’eau et me laisse glisser contre la paroi pour m’accroupir, prenant ma tête entre mes mains tremblantes, jurant à voix haute que si je passe la nuit plus jamais au grand jamais je ne retoucherai le moindre grain de poudre. C’est faux, cette promesse ce n’est pas la première fois que je la fais, ni la seconde, ni la dixième à vrai dire. Je laisse glisser l’eau une minute, dix minutes, une heure ou deux, je ne sais même plus et perd la notion du temps. Quand je sors de la douche je m’enroule dans une serviette avant d’enfiler à la va vite un short noir et un t-shirt blanc devenu bien trop grand pour moi : amaigrie par ma consommation de cocaïne je ne pèse qu’à peine quarante-deux kilos, ce qui même compte tenu de ma taille me laisse avec un corps osseux et me donne quelques années de moins que mes dix-huit ans. Sans prendre la peine de sécher mes cheveux j’enfile mes chaussures et claque la porte de mon appartement parce que j’ai pris une décision, j’ai cédé, j’ai besoin d’une dose de plus, je veux repousser l’atterrissage, juste encore un peu. Je n’ai pas la moindre idée de l’heure qu’il est mais lorsque je sors dans la rue de mon quartier malfamé il fait nuit noire, et je ne croise pas un chat.

J’ai besoin de trouver mon dealeur, et mes doigts fins serrent le billet de cent dollars que j’ai au fond de ma poche, dernière vestige de ma précédente paye. Une fois cet argent dépensé je sais que les choses se corseront, que les quelques jours qu’il me restera encore à tenir seront les pires, mais dans l’état dans lequel je suis, je suis bien incapable d’avoir une pensée cohérente. Je me rends rapidement compte que je n’ai pas la moindre idée d’où je suis, que mes pas qui me portent m’ont trahie, et la paranoïa commence à monter en moi. Il me semble entendre des rires, il me semble distinguer des formes qui me pointent du doigt, des mains me frôler, dans cette ruelle pourtant vide. Alors je porte mes mains à mes oreilles et me laisse glisser contre le mur, quelques larmes commençant à tomber sur mes joues. Je murmure, je demande qu’on me laisse tranquille, quand une main se pose sur mon bras, je crois à une nouvelle psychose, mais mes yeux accrochent ceux d’une jeune femme brune et je ne peux m’empêcher un mouvement de recul, avant de prendre ma tête dans mes genoux. La jeune femme me parle, mais dans un premier temps je n’entends pas ce qu’elle me dit, je veux simplement qu’on me laisse seule. Je veux trouver le type qui me vend ma coke, et je veux libérer mon corps de cette infernale descente. « Laissez-moi tranquille… » C’est le seul son qui s’échappe de ma gorge, presque une supplication, alors que j’ai cessé la lutte pour ralentir mon rythme cardiaque.





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Dernière édition par Raelyn Blackwell le Mer 7 Aoû - 10:47, édité 4 fois
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Soheila Hodge
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ÂGE : trente-huit ans.
STATUT : Divorcée. Mère d'Emma, cinq ans.
MÉTIER : Directrice de la Hodge Foundation, association humanitaire internationale d'aide médicale. Médecin de formation. Danseuse.
LOGEMENT : Bayside, #826. Villa d'architecte en verre.
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POSTS : 1690 POINTS : 645

ORIENTATION SEXUELLE : J'aime tout le monde.
PETIT PLUS : Américaine, s'est installée définitivement à Brisbane en 2009. A la double nationalité. Médecin humanitaire. N'exerce plus la médecine depuis 1 an. De retour à Brisbane en décembre 2018 après 1 an d'incarcération en Chine. Atteinte de PTSD depuis. N'a pas la garde de sa fille de 5 ans. Fait régulièrement l'objet d'articles ou de sujets dans les médias. Intervenante dans plusieurs émissions télévisées en tant que porte-parole de son association et des causes défendues. Outre l'anglais, parle l'espagnol, le portugais, l'arabe, des notions de français et de chinois.
UN RP ? : Seulement si nous avons un lien.
RPs EN COURS : anwar ; leonie ; stephen 2 ; raelyn ; thomas ; lily ; lizzie ; dimitri ; clément ; lucia
RPs TERMINÉS : RAELYN&SOHEILA ► Leave me alone 1562884137-emma
Maybe I'm not the mother you deserved but I swear, you're everything I ever wanted. But I’m a liar when I say that I’m okay. You taught me why hurricanes were named after people.

stephen 1 ; freya 1 ; yasmine 1
AVATAR : Zoe Saldana
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DC : Non.
INSCRIT LE : 03/07/2019
http://www.30yearsstillyoung.com/t24859-i-wasn-t-put-here-to-stay-soheila-hodge http://www.30yearsstillyoung.com/t24916-feelings-change-memories-don-t-soheila http://www.30yearsstillyoung.com/t25066-soheila-hodge http://www.30yearsstillyoung.com/t25157-soheila-hodge

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Message(#) Sujet: Re: RAELYN&SOHEILA ► Leave me alone RAELYN&SOHEILA ► Leave me alone EmptyJeu 25 Juil - 0:31



leave me alone





Les vibrations lancinantes des basses tremblaient sous mes pieds, troublant familièrement l’obscurité, réduisant les échanges au néant, forçant la proximité. Je pivotai la chaise haute, tournant le dos au comptoir du bar, plissant les yeux un instant pour m’habituer à l’absence de luminosité de l’immense club face à moi. Je parcourais du regard la salle comble à la recherche du visage familier de mon amie, tâche vaine à peine entamée. Cette dernière m’avait abandonnée à la première veste en cuir qui l’avait abordée et je ne l’avais pas revue depuis. Je ne doutais cependant pas que tout aille bien, elle m’avait eu l’air bien accompagnée. Son visage n’apparaissait pas sous mes yeux, non, à la place les effluences du passé sulfureux émanant des murs et flottant dans la pièce, se reflétant en ses quatre coins grâce aux lumières des néons tamisés sur les pistes glissantes et les visages anonymes que j’y croisais. Je ne m’y attardais pas, je connaissais déjà ces illusions d’optiques, ces miroirs capables de se renvoyer la même image à l’infini, rendant ces visages inconnus presque familiers, comme si nous avions déjà partagé des nuits telles que celles-ci. C’était sûrement le cas, l’homme m’abordant sur l’instant avait déjà tenté sa chance quelques instants plus tôt, j’en étais persuadée. Je souriais vaguement à sa phrase inaudible, le contentant sur l’instant avant de m’éloigner finalement, insouciante de l’hésitation dans laquelle je venais sans doute de le plonger. Je remontai les escaliers aux marches inégales comme si je les connaissais par cœur, comme si nous les reconnaissions dans l’obscurité, sachant parfaitement où nos pieds étaient supposés se poser. Ce n’était pas mon cas, et pourtant. Ils se ressemblaient tous, à New-York comme à Brisbane. Chaque descente dans les galeries secrètes de ces villes finissait par se ressembler. Chaque exploration de ces lieux nocturnes permettait de s’éloigner quelque peu de la réalité, offrant l’exil au cœur du centre-ville. J’inspirais profondément en regagnant l’air libre, passant une main dans mes cheveux emmêlés, reprenant mon chemin en tournant sur moi-même, l’esprit sans doute plus enivré que je ne l’aurais cru. C’était une nuit longue et sans étoiles, épaisse et noire, du goudron collé sur la toile de son ciel comme seule la ville savait le faire. La pensée de ma voiture garée suffisamment loin pour m’en faire profiter finissait de me contenter et je tournai sur la gauche, acceptant le détour avec indolence.

Le bruit de mes talons rythmait mes pas, comme désireux de poursuivre la soirée, et je glissais ma main dans la pochette qui me servait de sac à la recherche d’un accessoire, n’importe lequel, destiné à relever mes cheveux. L’air était tiède en cette soirée d'automne, trop tiède, presque moite, et les éclats de voix enjoués des fêtards en perdition transposaient l’ambiance qui régnait dans la ville. Ce ne furent pas ceux-là pourtant qui me firent m’arrêter. Il y avait les lumières jaunes des phares scintillants, les bruits des moteurs démarrant presque simultanément, les rires étouffés, et cette jeune femme pâle et fébrile, recroquevillée sur elle-même à quelques mètres de là, dans la ruelle, à droite. Ce monde entier en mouvement, inconscient de ce qui se tramait à ses côtés. Je croisais mes bras, un instant, avant de m’approcher lentement, le regard fixé sur son visage abaissé, lumineux et absent aux voiles de ses traits. Je m’arrêtai à quelques mètres. Je n’avais pas encore décidé de ce que je ressentais. Je devais décider ce que je ressentais. C’était ce que je faisais toujours. Ses traits étaient tirés, son visage émacié, mais son regard tranchait. Elle pleurait, s’agrippant à son haut blanc froissé, ses cheveux blonds ruisselants et ce regard qu’elle lança en l’air, dans le vide, adressé à quelqu’un qui n’existait pas, le suppliant de ne pas l’approcher. Elle me paraissait traverser l’adolescence et je me mordis l’intérieur de la joue en comblant finalement la distance qui nous séparait. Les rues vivaient en cette nuit de fin de saison mais personne ne semblait l’avoir fait avant moi, respectant tacitement ce principe de responsabilité partagée qui ne cessait de me prendre la gorge. Je m’accroupis avec lenteur face à elle et redressai avec précaution son menton affaissé. Le regard qu’elle me lança reflétait la surprise et la crispation. Un regard décontenancé, oscillant entre la colère et l’éreintement. Le regard de celui qui croisait l’un de ses pires ennemis. « On t’a fait du mal ? » La question s’évanouit entre mes lèvres car je ne comprenais que sur l’instant.

Elle était jeune, plus jeune que moi mais je la lisais à présent dans le fond de ce regard qu’elle posait sur moi, débordant et dévasté, pourtant éteint en son fond : la faim. Je la lisais à présent cette faim terrible qui n’était que du manque, du besoin, des frustrations capables d’obséder et de ronger. Ces besoins qui ne cherchaient qu’à engloutir ceux qui en souffraient et qu’elle n’avait pas l’air de savoir combattre, pas aujourd’hui, pas cette nuit. « Laissez-moi tranquille…. » souffla-t-elle, presque inaudible, sa voix enrouée par la douleur, maîtrisant l’élan de son corps qui souhaitait se défaire, se débattre, l’empêchant ainsi d’en dire plus sur son malaise, l’empêchant de trahir son mal-être. Je soupirai légèrement en relevant mes paumes pour lui indiquer que j’étais prête à l’écouter. J’aurais pu respecter la violence qu’elle tentait de mettre dans son imploration, destinée à  me renvoyer dans les ténèbres mais je choisissais de ne retenir que la faiblesse de sa voix. « Tu préfères que quelqu’un d’autre se charge de toi ? » Ce n’était pas une menace malgré la fermeté de ma voix, une constatation funeste, peut-être. « Pas sûre que ça te réussisse. Dis-moi ce que tu as pris. » Je sommais pour ne pas lui laisser le choix, j’exigeais pour ne pas la perdre, mais c’est avec douceur que je relevai son visage vers le mien. Je sondais ses prunelles qu’elle n’arrivait pas à garder stables, l’air grave, soupesant mes connaissances et mes chances de pouvoir l’aider. Comme si cela importait, comme si cela pouvait m’éloigner.



Darkness is your candle.
We all have scars, inside and out. We all have emotional trigger points, broken bones and broken hearts. Now I see scars and I see stories. I see a being who has lived, who has depth, who is a survivor.
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Message(#) Sujet: Re: RAELYN&SOHEILA ► Leave me alone RAELYN&SOHEILA ► Leave me alone EmptyJeu 25 Juil - 10:27




Leave me alone
Raelyn Blackwell & @Soheila Hodge –mai 2005, Brisbane

Mes mains s'accrochent sur le bas de mon t-shirt, le serrant entre mes doigts, le tirant vers le bas par légers à-coups, comme pour me protéger du regard du monde alors que je suis dans un état lamentable. Je ne veux pas être vue comme ça. Je n’arrive pas à savoir si les bruits, les rires que j’entends sont bien réels ou s’il ne s’agit que d’illusions, que du fruit de mon imagination, mais dans ma accès de paranoïa j’ai la sensation que tous les regards sont tournés dans ma direction, que tout le monde me pointe du doigt, alors que pour une fois, et cela ne me ressemble pas, j’aurais préféré passer inaperçue. Alors je tire sur mon t-shirt qui, déjà bien trop grand, n’a pas besoin de ça, j’enroule mes doigts dans les plis et lorsque je sens une main se poser doucement sur mon menton pour redresser mon visage je lui jette dans un premier temps un regard rempli de détresse, mais un regard d’animal blessé, celui qui ne veut pas se laisser approcher. Ma seconde réaction est un mouvement de recul, mais acculée contre le mur je ne peux pas aller bien loin et me contente finalement de reculer mon visage et d’appuyer mon dos contre les brisques, comme si je voulais fondre avec elle, m’appuyer jusqu’à m’en faire mal, sentir une douleur dans mes omoplates saillants. Elle n’a pas l’air méchante, elle n’a pas l’air de me vouloir de mal, même si je n’arrive pas à saisir les premiers mots qu’elle m’adresse, mais je ne suis pas en état de m’en rendre compte. Cette main pourtant posée avec douceur sur moi me semble agression, et ces yeux qui me regardent avec un air bienveillant me semblent inquisiteurs, tant j’ai perdu tout contact avec la réalité. Je l’observe lever ses mains doucement devant elle, paumes relevées vers le haut avec de grand yeux ronds, sans trop comprendre, sans trop savoir comment réagir. Mes yeux qui trahissent mon état, le blanc qui prend une teinte rosée, ma pupille qui couvre pratiquement tout mon iris, difficile après avoir croisé ce regard de ne pas comprendre la cause de mon agitation. Impossible si l’on prend le temps de relever les quelques reniflements discrets que je n’arrive pas à contrôler.

« Tu préfères que quelqu’un d’autre se charge de toi ? » Je secoue la tête, instinctivement, je ne veux pas qu’elle s’occupe de moi, je ne veux pas que quelqu’un d’autre d’approche, je ne veux pas être touchée que cela soit par quelqu’un voulant m’aider ou quelqu’un me voulant du mal. Je vais bien, j’ai juste besoin de trouver mon dealeur. J’ai juste besoin d’une dose de plus, qui ne fera pas de bien à mon corps et ne fera que retarder l’atterrissage, mais en cet instant je suis persuadée du contraire. J’ai cessé de faire preuve de lucidité, en tout cas la majorité du temps. « Pas sûre que ça te réussisse. Dis-moi ce que tu as pris. » Sa voix est ferme, pas dure mais ferme, et provoque chez moi du rejet. Ses mains se posent de part et d’autres de mon visage pour me faire relever les yeux, mais je n’ai pas besoin qu’on m’aide, je ne veux pas qu’on m’aide. Elle n’a pas compris, elle se trompe, je ne suis pas malade, j’ai juste besoin de ma dose. J’ai juste exagéré, ce soir comme de nombreux soirs, mais ce n’est pas comme si c’était grave, si ? « Ce que j’ai pris ? » Je répète, me sentant idiote qu’elle ait compris, gagnant juste un peu de temps. « J’ai rien pris. » Je renifle une fois de plus, essuie du revers de la main les larmes qui ont coulé, étalant mon mascara sur ma joue au passage, et de l’autre main je viens sécher les quelques gouttes de sang qui ont perlé au coin de ma narine gauche, celle que j’utilise pour renifler ma drogue. Me dégageant de l’étreinte de ses mains je pose l’une des miennes sur le mur pour y prendre appui afin de m’aider à me relever. Une fois debout j’y colle mon épaule, cherchant un soutient, avant de prendre une grande inspiration pour tenter de paraître cohérente et pensant donner l’illusion d’être au sommet de ma forme. Je relève les yeux vers elle, puisqu’une fois debout elle est quand même plus grande que moi – bon sang que je déteste cette apparente fragilité – avant de me racler la gorge. « J’ai rien pris ok ? C’est bon, merci de t’être inquiétée pour moi. Je… Je vais y aller. » Reniflant une fois de plus j’enroule mes bras en dessous de ma poitrine et relève les yeux vers elle une dernière fois, avant de me mettre en marche, l’épaule toujours collée contre le mur qui m’aide à garder un semblant d’équilibre. Inconsciente du regard qu’elle porte sur moi je glisse encore mes doigts dans la poche de mon short pour en sortir le billet de cent dollars qui s’y trouve, le retourner, l’observer sous tous ses angles pour vérifier qu’il est toujours bien là, avant de l’enfoncer à nouveau dans ma poche. Je jette une œillade en arrière, merde, elle ne m’a pas lâchée des yeux. Qu’est-ce qu’elle a, elle n’a jamais vu quelqu’un d’un peu plus maigre que la moyenne ? Elle n’a jamais vu quelqu’un qui traverse une phase difficile ? Sans en avoir conscience, comme à chaque fois que la paranoïa me prend, ce sont mes propres doutes et incertitudes que je projette sur ceux qui me regardent, et ma principale préoccupation : l’image que je renvoie. Je ne veux pas être prise en pitié, je n’ai que faire de sa pitié ou de sa peine, je veux juste mettre la main sur un peu de poudre, en n’importe quelle quantité. Mes mains glissent à nouveau dans ma poche pour en sortir un vieux téléphone à carte prépayée que j’utilise, alors que mes doigts glissent sur les touches pour faire défiler les trois numéros de téléphone préenregistrés, avant de s’arrêter sur celui de mon dealeur. Un type que j’ai enregistré au nom de Travolta parce qu’il partage avec lui un minime air de ressemblance et que je trouvais ça drôle. Je glisse le téléphone à mon oreille mais tombe directement sur son message vocal. « Merde, merde merde… » Je sens à nouveau les larmes me monter aux yeux et ma gorge se serrer, et d’une main tremblante je tente de glisser mon téléphone dans ma poche, m’y prenant à trois reprises avant d’y parvenir.





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Soheila Hodge
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Message(#) Sujet: Re: RAELYN&SOHEILA ► Leave me alone RAELYN&SOHEILA ► Leave me alone EmptyVen 26 Juil - 0:26



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Son regard s’accrocha au mien, m’indiquait qu’elle m’avait entendue, cette fois-ci. Mais le voilà fuyant de nouveau, aussitôt et je prévoyais déjà l’absence de réponses à ma question, l’absence de vérité tout du moins. En avais-je réellement besoin ? L’expression de nos deux visages respectifs se confrontaient, sachant déjà ce que l’une avait compris, ce que l’autre ne voulait révéler. Énoncer les évidences était le genre de facilités auxquelles personne n’avait réellement envie de se soumettre. « Ce que j’ai pris ? » Je réprimai un soupir, devinant déjà la suite de ce qu’elle semblait répéter dans sa tête. Son cerveau hagard tinta faiblement et elle ne put terminer sa phrase. Le problème des toxicomanes était leur inaccessibilité, leur incapacité à se concentrer sur autre chose que la dose qu’ils venaient de s’offrir et la prochaine qui ne devait pas tarder. Le cerveau était à nu, vidé de toutes autres substances. « J’ai rien pris. » Je hochai la tête lentement, l’air sombre, tandis qu’elle se dégageait de mon emprise pour se relever, tant bien que mal, plus mal, que bien. Je la suivis du regard, immobile. Cela ne servait à rien, je m’en rendais compte. Je la regardais, en mouvement, présente, mais c’était l’absente que je recherchais, l’absente que j’étais en mesure d’atteindre mais qui n’apparaitrait pas dans cet état. Elle restait ailleurs, son regard presque transparent alors que je me relevais à mon tour, arrivant à sa hauteur. « J’ai rien pris ok ? C’est bon, merci de t’être inquiétée pour moi. Je… Je vais y aller. » Le silence toujours pour accompagner ses paroles, elle ne devait pas comprendre mais elle s’éloignait déjà. Elle ne devait pas comprendre pourquoi j’étais venue à elle pour me taire ensuite. Ses pieds tremblaient, hésitants, oscillant sur un fil invisible et unique qui traversait les vastes étendus de ses démons exposés, mis à nu. Elle devait s’attendre à ce que je la suive, je l’avais lu dans son agacement prématuré à cette simple idée. Mais je restais en arrière pour ne pas succomber aux sirènes de mon esprit, me criant de toutes parts de ne pas la laisser disparaitre, de ne pas la laisser s’évanouir dans l’obscurité.

Je le savais, oui, mais je devais tout d’abord discerner ce qu'il en était réellement plutôt de que m’immerger dans sa réalité factice et mutilée. Ses mains fouillaient dans ses poches, avides, inquiètes, soulagées ensuite de retrouver la prise sur l’objet de leur désir. Je plissai les yeux en distinguant le billet. Les divagations s’emparaient d’elle, la faisant chanceler en avant, puis en arrière au-dessus d’un vide invisible. Bientôt elle trouverait la dose qui semblait tant lui manquer, elle n’avait pas besoin de moi, bientôt elle retournerait dans l’euphorie recherchée, pourtant si éphémère, et elle ne se souviendrait même plus de la présence de l’inconnue que j’étais. « Merde, merde merde… » Ou peut-être pas. Le téléphone disparut non sans mal dans les plis de son short et je fronçai les sourcils, inconsciemment soulagée. Si jeune, quel âge avait-elle, quinze, seize ans ? Déjà prise au centre d’un remous inquiétant, inconsciente des pans de ciel prêts à s’abattre sur elle et à la recouvrir de gravats si elle ne revenait pas en arrière. Son vendeur de rêves n’avait pas répondu, et je devinais sa détresse, plutôt que son apaisement. L’inconscience. « Ce n’est pas l’héroïne … Cocaïne, oxy ? » Je n’avais toujours pas bougé, immobile dans son dos pour l'interpeller. Mes mots s’éteignirent dans le silence uniquement haché par ses reniflements et ses sanglots réprimés. Je m’adressais bien à elle mais l’on aurait pu tout aussi bien penser que je réfléchissais à voix haute. À quel adversaire étais-je sur le point de me confronter si je continuais sur cette voie ? Les toxicomanes, j’en voyais à l’hôpital, les traitais, les sauvais du manque qui avait arrêté leur cœur ou de l’overdose qui les conduisait sur nos lits, avant de les regarder repartir aussi vite à la recherche de la prochaine. Nous ne pouvions aider que ceux qui le désiraient, que ceux qui s’attardaient. Mais nous n’étions pas à l’hôpital ce soir, je n’avais rien sous la main, et elle n’avait pas envie de mon aide. Pourquoi n’arrivais-je pas à m’en détourner ? « Jusqu’où tu penses aller comme ça ? Jusqu’où avant que tu t’effondres de nouveau quelque part, au milieu de la route peut-être, et que quelqu’un te roule dessus ? » Je demandais à la dérobée, comme l’on aurait pu demander l’heure ou la météo du lendemain, c’était l’impression que cela donnait, j’en étais consciente. Je voulais son attention, je provoquais cette dernière en me servant moi-même de son inconscience, celle qui la poussait à jouer avec sa vie.

Je le faisais car je n’étais pas certaine de ce qu’il en ressortirait dès lors que je n’aurais plus rien à dire, ou qu’elle ne voudrait plus m’écouter, décidant que c’en était assez, laissant son attention vaquer autre part, laissant son corps drogué et affaibli prendre totalement le dessus. « Ça, c’est si le manque ne t’a pas eue avant. » Le monde penserait qu’il s’agissait d’un suicide, d’une overdose parmi tant d’autres dont on pouvait bien se moquer et passer à autre chose car ils l’avaient cherché tous ceux-là. Comme si la drogue était un choix, comme si leur mort n’était pas tout aussi glaçante. Elle pouvait mourir des effets d’un manque trop agressif. Un tragique et imbécile accident, voilà ce qu’ils penseraient. Je sentais mes veines se glacer sous l’impatience et le courroux qui les traversaient comme une sève dans ses entailles, ces deux éléments mêmes qui s’emparaient de moi à chaque fois qu’une injustice passait devant mes yeux et m’empêchait de les détourner. « Je suis médecin. Je peux t’aider, commencer par te ramener si tu le veux bien. » Le détachement avait disparu de ma voix alors que j’avais repris. J’articulais cette fois-ci mes mots avec une précaution toute particulière, car je voulais qu’elle accepte. Je sentais mon cœur tanguer au rythme des courants venus souffler dans ses mèches blondes et sa silhouette étique que je ne faisais que surveiller de dos. Car je surveillais, oui, son corps amaigri, anticipant le moment où l’équilibre la quitterait finalement. Elle tomberait, elle n’irait pas bien loin, et elle semblait s’en moquer. Et si je l’anticipais, cela ne me suffisait pas. À l’hôpital, j'aurais eu les capacités et tout le matériel nécessaire pour la retenir, pour la soulager. Mais elle n’accepterait jamais. J’avais fait l’inventaire silencieusement de ce que je possédais chez moi et qui ferait l’affaire, l’aiderait à supporter ce qui se jouait en elle. Sans doute pourrais-je lui venir en aide chez elle également, m’assurer que son corps passerait l’épreuve. Mais ici, l’obscurité était tout autour de nous. L’obscurité n’était plus hors d’elle, elle l’avait absorbée, je l’avais vu se refléter dans ses yeux brillants.



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Raelyn Blackwell
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Message(#) Sujet: Re: RAELYN&SOHEILA ► Leave me alone RAELYN&SOHEILA ► Leave me alone EmptyVen 26 Juil - 14:34



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Raelyn Blackwell & @Soheila Hodge –mai 2005, Brisbane

J'observe la jeune femme qui me fait face à la recherche d'un indice, d'une raison qu'il l'aurait poussée à s'approcher de moi. Est-ce que je la connais ? Il me semble que non, je pourrais me tromper vu le brouillard qui entoure mes pensées mais son regard ne me parle pas et ses traits me semblent inconnus. Pourquoi s’occupe-t-elle de moi ? Je n’en ai pas envie, je veux simplement qu’on me laisse tranquille, à moins qu’elle transporte de la drogue sur elle, auquel cas elle deviendrait ma meilleur amie, mais elle n’a pas réellement le profil, qu’on se le dise. Alors que moi, un parfait petit cliché. La junkie que les parents montrent du doigt pour éviter que les enfants s’approchent de la drogue, celle en photo sur les sites internet de prévention, dans les manuels scolaires. Il est peu surprenant finalement qu’elle ait vite compris que je n’avais pas été agressée, par encore en tout cas, et la cause de mon agitation était tout autre. Debout et appuyée fermement contre mon mur je la détaille quelques secondes, avant d’abandonner. Elle ne m’intéresse pas parce qu’elle ne m’apportera pas ce que je recherche, et je ne peux pas me permettre de perdre du temps, de focaliser ma déjà faible attention sur autre chose que mon unique but : la recherche de quelque chose pouvait me faire planer.

Sobre j’aurais su. J’aurais su que la dose qu’il me restait chez moi avant ce soir était déjà trop importante pour une seule prise, que plus aurait été au-delà du déraisonnable, aurait été très dangereux même, et parfaitement inconscient. Sobre et en pleine possession de mes moyens, et malheureusement cela faisait bien longtemps que je ne l’avais pas été. Même lorsqu’elle ne courrait pas dans mon système, la poudre blanche habitait mes pensées, chassait tout le reste pour se faire de la place, son absence contractait mes muscles, me faisait mal dans le dos, son passage détériorait peu à peu ma cloison nasale, mais tout ça n’avait plus aucun importance. Parce que dès la première prise j’étais entrée dans cette spirale infernale, devenant rapidement accro à ce sentiment de bien-être, à ce paradis artificiel, quand bien même la descente et le manque faisaient vivre un enfer lui bien réel. Je la lâche du regard et me met en route, doucement, cherchant juste à me dérober à son jugement. « Ce n’est pas l’héroïne … Cocaïne, oxy ? » J’entends la voix dans mon dos, et lorsqu’elle prononce le nom de ma nouvelle amie je ne peux refréner un reniflement mécanique. Je laisse échapper un rire jaune avant de m’adresser à elle d’une voix déjà moins amicale, plus brusque et plus teinté d’ironie aussi, comme un mécanisme de défense. « Pourquoi t’es des stups ? Ou tu veux savoir où en trouver peut être? » Exemple parfait de la sale gosse. Celle qui pour qu’on la laisse tranquille privilégie l’attaque, parce qu’à l’époque je ne suis pas encore rompue à l’art du dialogue. Parce que je n’ai toujours vécu que dans ma petite ville de campagne, et que les expériences que j’ai vécues jusqu’ici me rapprochent plus de l’adolescence que de l’âge adulte. Je n’avais pas les armes pour débarquer ici, même si j’étais persuadée du contraire. Je fais quelques pas supplémentaires mais qui ne me font guère avancer de plus d’un mètre, avant de reposer mon épaule contre le mur, une crampe presque insupportable dans l’estomac. « Jusqu’où tu penses aller comme ça ? Jusqu’où avant que tu t’effondres de nouveau quelque part, au milieu de la route peut-être, et que quelqu’un te roule dessus ? » Qu’est-ce qu’elle cherche à faire exactement ? Je m’accroche quelque secondes à cette pensée avant de la laisser d’envoler. Parce que ce n’est pas important, et parce que je ne suis pas en état de trouver la réponse de toute façon. Mon corps tremble, ça je le sens, parce ce que je n’ai qu’une seule envie, celle de me rouler en boule dans un coin et de hurler. L’extérieur m’agresse, et si j’ai réussi à lutter contre l’envie de rester enfermée dans mon appartement, c’est bien parce que l’envie de reprendre une dose est plus forte que tout. Plus forte que les crampes, plus forte que la sensation de froid qui m’enveloppe, à cause de la drogue ou de mon apparente maigreur, je ne sais pas, en contradiction avec la sueur qui perle sur mon front. Plus forte aussi que mon nez qui a commencé à saigner sur le chemin. Je m’en fous. Si je tiens un peu plus longtemps, si je marche quelques pas de plus j’aurais ma drogue, j’en suis persuadée. Il faut juste que j’avance un peu plus. « Ça, c’est si le manque ne t’a pas eue avant. » Mais est-ce qu’elle va se taire ? Elle ne sait pas de quoi elle parle, je suis assez forte pour encaisser, je n’ai pas de problème, je ne vais pas m’effondrer et non mourrais pas d’un arrêt cardiaque. Non ? Ces choses-là n’arrivent pas vraiment. « Je suis médecin. Je peux t’aider, commencer par te ramener si tu le veux bien. » Je me retourne et encore une fois la détaille des pieds à la tête. « T’as l’air bien trop jeune pour être médecin. » Je n’ai pas confiance, je suis méfiante.

Et surtout, je n’ai pas envie d’être sauvée.

Je n’ai pas envie que l’on m’aide. J’ai toujours considéré une main tendue comme un signe de faiblesse, et je n’ai envie de dépendre de personne. « Quoi qu’il en soit je suis pas malade. J’ai pas besoin d’aide. » Les médecins aident les malades, les mourants, les gens faibles et sans défense, et j’en suis persuadée je ne fais partie d’aucune de ces catégories. Pourtant lorsqu’une crampe traverse à nouveau mon estomac, me provoque une décharge dans le dos et me coupe le souffle, je ressens le besoin d’appuyer à nouveau les épaules contre les briques, et sans m’en rendre compte je me laisse à nouveau glisser, jusqu’à que mes fesses touchent le sol. Depuis Hazelmount street, la rue où s’élève la tour qui abrite mon studieux miteux, j’ai marché de longues minutes, mais je suis incapable de savoir la distance que j’ai parcourue. Je ne sais pas où je suis non plus, à vrai dire. Je ravale ma salive, et ma fierté aussi et pousse un soupir. J’ai trop besoin de ma dose pour m’y raccrocher. « J’habite Mead Lane. C’est pas loin du Prohibition. Tu peux m’y ramener ? » C’est faux bien sûr. Ce n’est pas la sécurité de mes murs que je cherche à atteindre, et Mead Lane n’est même pas un lieu d’habitation. C’est une impasse qui donne sur un garage, entouré par deux terrains vagues. C’est aussi là que je retrouve habituellement mon dealeur, là que je cherchais à aller avant de perdre toute notion de lieu de temps, là que je le trouverais ce soir, j’en suis persuadée… J’ai juste besoin d’utiliser cette fille pour y parvenir, et ensuite je pourrais rentrer chez moi sans encombre. Ma voix se fait plus mielleuse, plus plaintive et je rajoute dans un murmure. « S'il te plait. » La droguée en pleine négociation. La junkie qui n'a que faire d'utiliser les gens et de tout écraser autour d'elle, parce qu'une fois qu'on a fait connaissance avec la poudre blanche, le reste ne compte plus.





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Soheila Hodge
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MÉTIER : Directrice de la Hodge Foundation, association humanitaire internationale d'aide médicale. Médecin de formation. Danseuse.
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PETIT PLUS : Américaine, s'est installée définitivement à Brisbane en 2009. A la double nationalité. Médecin humanitaire. N'exerce plus la médecine depuis 1 an. De retour à Brisbane en décembre 2018 après 1 an d'incarcération en Chine. Atteinte de PTSD depuis. N'a pas la garde de sa fille de 5 ans. Fait régulièrement l'objet d'articles ou de sujets dans les médias. Intervenante dans plusieurs émissions télévisées en tant que porte-parole de son association et des causes défendues. Outre l'anglais, parle l'espagnol, le portugais, l'arabe, des notions de français et de chinois.
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Message(#) Sujet: Re: RAELYN&SOHEILA ► Leave me alone RAELYN&SOHEILA ► Leave me alone EmptySam 27 Juil - 14:26



leave me alone






Elle s’était arrêtée, j’avais au moins réussi mon coup, mais ne s’était pas retournée. Cocaïne. J’avais perçu son tressaillement dans l’obscurité, son hésitation, son envie de faire marche arrière immédiatement, comme appelée, à la simple évocation de sa convoitise. Cocaïne. Ne voyait-elle pas que cela lui prenait tout, que cela ne lui apportait rien, si ce n’est une assurance éphémère contre les douleurs du manque qu’il fallait sans cesse renouveler. « Pourquoi t’es des stups ? Ou tu veux savoir où en trouver peut être ? » Un sourire froid vint étirer mes lèvres et je réprimai mon réflexe de ne pas répliquer sur le même ton, ce ton au sein duquel elle semblait avoir rassembler les dernières de ses forces pour me communiquer sa hargne et son dédain. Je comprenais son instinct, je le devenais également, ironique, dans les moments où je me retrouvais en difficulté. Elle l’était bien plus que moi, je pouvais lui laisser celle-ci. Son agressivité teintée de sarcasme lui donnait sans doute l’illusion de s’extraire de l’ornière dans laquelle elle avait l’impression d’être piégée. Sa désinvolture et sa causticité lui paraissaient les meilleurs moyens de désamorcer la grenade que je venais de lui lancer entre les mains en évoquant l’objet de son manque et qu’elle n’avait pas pu faire autrement que de dégoupiller en ne niant pas, en ne continuant pas de s’éloigner. Finalement elle se retourna et son regard noir vint se poser sur moi, me scrutant sans gêne aucune. « T’as l’air bien trop jeune pour être médecin. » Gagné, pensais-je avec gravité. Ou presque. J’étais sur le point d’entamer ma dernière année d’internat, cela valait bien l’affirmation, selon moi, irritant au passage certains de mes titulaires, en impressionnant d'autres. Et ce n’était pas à moi d’être au centre de l’attention. Je haussai les épaules et soutins son regard. « Merci. » répondis-je, incisive à mon tour, comme si derrière l’accusation suspicieuse pouvait se cacher un compliment voilé, au combien superficiel. Je n’étais pas jeune, plus assez, pas autant qu’elle en tout cas. Mais tu mourras avant moi.

Son regard était brûlant mais elle ne semblait pas le savoir, elle ne semblait pas le vouloir, adoptant cette attitude voilée de ceux qui avaient déjà vu les pires choses. De ceux qui savaient qu’il n’y avait plus grand chose de terrible à connaître. De ceux dont la vie avait déjà été trop pleine, trop dangereuse, contradictoire pour que l’on puisse leur raconter des histoires, pour que l’on puisse les tromper. Vivre vite, peu, et mourir jeune, voilà ce qui l’attendait. « Quoi qu’il en soit je suis pas malade. J’ai pas besoin d’aide. » Je m’étais tue depuis quelques secondes, la laissant se débattre avec ses protestations, me demandant à peine si elle essayait de me convaincre, moi, ou elle-même. Peut-être croyait-elle certainement au discours qu’elle s’entêtait à me servir. Peut-être justifiait-elle sincèrement sa conduite à l’aide de celui-ci mais je plissai les yeux sombrement en la regardant s’effondrer de nouveau, réprimant mon instinct de m'élancer vers elle. Elle pouvait y croire, elle pouvait s’en persuader, elle était plus forte que la mort, mais la douleur, la souffrance, la dévastation, comment pouvait-elle justifier d’y vouer sa vie sans admettre le vice incompréhensible et inavouable dont elle était victime ? Je tournai les talons silencieusement, faisant un pas dans la direction inverse. « J’habite Mead Lane. C’est pas loin du Prohibition. Tu peux m’y ramener ? » Sa voix trancha l’opacité de nouveau et je m’arrêtai car ses intonations étaient différentes. « S'il te plait. » Le silence vint accueillir ses paroles, quelques secondes. Je réfléchissais, ne cherchais pas à m’en cacher. Mead Lane. Ce nom ne me disait rien et je passai une main sur mes paupières alourdies dans un geste las. Citez-moi une intersection, un angle de rue à New-York et je vous y guiderai les yeux fermés. Mais Brisbane était encore cette ville que j’apprenais à découvrir, que j’apprenais à aimer car elle était celle de mon père. Je rouvris les yeux et les posai sur la jeune femme, guettant ma réponse comme elle ne l’avait jamais fait depuis que je m’étais penchée sur son ombre. Peut-être n’avais-je pas besoin de visualiser le quartier en question pour savoir, pour deviner. Le seul son de sa voix, épuisée toujours, éteinte, oui, mais ayant perdu de sa pugnacité, semblait constituer un aveu. Je suis médecin. Cela aurait dû la mettre en garde, lui indiquer que j’avais déjà été témoin de ce qu’elle tentait de mettre en place, des efforts qu’elle déployait soudainement pour adoucir sa voix, ruser, tenter de séduire, dans l’espoir de vaincre, de prendre le dessus. Quelle victoire cherchait-elle à obtenir, cela demeurait mystérieux lorsque, par essence, elle semblait porter en elle les défaites de toute une vie.

Je me mordis l’intérieur de la joue, consciente que ma décision était prise, dès le début. La difficulté, les pièges, je pouvais m’en accommoder. Je comblais la distance qui nous séparait en quelques pas et me penchai vers elle, laissant échapper dans un souffle, « Je suis garée dans l’angle. Appuie-toi sur moi. » Je glissai délicatement ma main sous son bras cherchant, dans les drapés de son haut trop large, une prise à sa frêle silhouette. Mon regard croisa le sien, brillant. Il se reflétait dans ses prunelles une lumière indéchiffrable, quelque chose de lumineux et de violent et je le soutins sans ciller, dans un acquiescement silencieux. Je t’emmène où tu le veux. Les quelques pas jusqu’à la voiture se firent sans grande résistance, dans un accord tacite, chacune semblant penser avoir obtenu ce qu’elle désirait, dans le fond. Je l’aidais à prendre place sur le siège passager, m’attardai une seconde sur son regard cireux que je dégageai de quelques mèches brûlantes de sa sueur. Ma porte se ferma en écho avec la sienne et la voiture glissa dans l’ombre avant de s’élancer dans l’avenue éclairée. Je restais silencieuse, les mains pressées sur le volant, accordant quelques regards à la dérobée à la jeune femme s’enfonçant dans le siège d’à côté.

Bientôt, elle s’en rendrait compte. Bientôt, elle réaliserait, que le trajet était trop long, que les couleurs de la ville ne ressemblaient pas à celles recherchées, que cette avenue dans laquelle je venais de m’engager n’était pas la sienne, pas celle dans laquelle elle avait voulu m’entraîner. Je la sentis s’agiter à côté de moi tandis que je ralentissais. Bientôt, la colère prendrait place sur la surprise et je la contrais déjà. « Je t’emmène chez moi. Et ce chez moi est une location alors merci de me prévenir maintenant si tu comptes tout saccager pour marquer ton point. » L’explication s’affranchit dans l’espace confiné, je la lui devais. Je l’observai dans l’ombre de la rue endormie de ce côté-là de la ville, plus résidentiel. Ses cheveux dissimulaient son visage mais j’osais l’imaginer se demandant si je n’étais pas quelque peu insensée moi-même. Je m’en moquais, elle me semblait respirer avec une lenteur effroyable et son front brûlait lorsque je l’avais effleuré plus tôt. Le moteur grogna sous le capot avant de s’éteindre et je reposai mon regard sur elle, déterminé. « J’y ai ce qu’il faut pour t’aider à passer la nuit. C’est tout ce que je veux, m’assurer que tu ne prennes pas la dose de trop, trop vite. Demain matin, je t’emmène où tu veux. » Le cliquetis de mes clés résonna entre mes mains comme la fin de sa sentence, il lui suffisait de m’écouter, de m’accepter, même par dépit. Je m’était déjà glissée en-dehors de la voiture, appuyant mes mains en son dessus, attentive au silence, une minute, une dernière minute avant d’affronter la jeune femme, acculée en son dedans, et sa réaction imprévisible. Ou pas tant que cela si elle m’avait entendue, si elle m’avait écoutée. J’y ai ce qu’il faut. Il lui suffisait d’accepter l’appât puisque c’était tout ce qu’elle désirait.



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Message(#) Sujet: Re: RAELYN&SOHEILA ► Leave me alone RAELYN&SOHEILA ► Leave me alone EmptySam 27 Juil - 18:39




Leave me alone
Raelyn Blackwell & @Soheila Hodge –mai 2005, Brisbane

Je n’ai pas besoin de me retourner pour savoir qu’elle a eu la réponse à sa question, d’une façon ou d’une autre, alors que je ne me suis même pas rendue compte de mon hésitation, de mon tressaillement et du reniflement que j’ai laissé échapper à l’évocation du nom de ma nouvelle meilleure amie. Non, la seule chose qui compte c’est qu’elle ait prononcé ce mot, et presque instinctivement je ressens l’envie de regarder autour de moi, d’en chercher, je résiste à l’envie de plonger ma main dans ma poche en quête d’un sachet en plastique, que je sais que je ne trouverai pas. C’est comme si entendre ce mot réveillait le besoin d’en avoir en ma possession, réveillait la pulsion sauvage d’en consommer, là, tout de suite, parce que si l’on m’en donnait je sais très bien que je n’arriverais pas à attendre d’être entre mes quatre murs pour aligner un rail approximatif et mon m’offrir une dose. Je la voulais trop, j’avais trop laissé le mal être s’installer pour être capable de faire preuve de patience. Dans ces moment-là je serais prête à vendre père et mère pour mettre la main sur un rail, bien qu’ayant été abandonné par l’un et ayant abandonné l’autre. Etrangement, l’une des seules limites que je n’avais pas encore franchies c’était de me vendre moi, de m’offrir en l’échange de quelques dollars. Je m’y refusais encore, parce que cela me répugnais. Comment as-t-elle deviné ? Ah oui, elle est médecin, elle vient de me le dire. « Merci. » Je hausse un sourcil qu’elle ne peut pas voir, posant ma main brulante sur les briques froides, reprenant mon souffle, puis continue sur le même ton. « C’était pas un compliment. » Oh non, ceux-là sont rares venant de moi. Et encore moins souvent sincères. Elle a l’air plus âgée que moi, semble avoir confiance en elle, mais ça ne suffit pas à gagner la mienne. Je ne sais pas si j’ai envie que ça soit vrai ou faux, au fait. Une part bien enfouie de moi pousse un soupir de soulagement, parce que cette part c’est la jeune fille de dix-huit ans terrorisée, seule dans une ville qu’elle ne connait pas, face à une femme qui a l’air de savoir de quoi elle parle. Mais la part majoritaire elle l’observe avant de se laisser glisser à terre, ronge ses ongles, est habitée par la paranoïa et la crainte. Une petite voix me souffle qu’elle ne me veut pas du bien, qu’elle est simplement là pour se moquer de moi et me laisser me ridiculiser.

Alors qu’elle tourne les talons mon esprit s’agite. Je n’ai plus que quelques secondes avant qu’elle disparaisse aussi vite qu’elle est arrivée, avant de me faire à nouveau avaler par la solitude et la nuit. Rongeant mes ongles pour empêcher mon bras tout entier de trembler j’ai l’impression que mon rythme cardiaque s’accélère, que mes pupilles se contractent et que … Que le monde s’écroule sous mes pieds. Parce que j’ai peur d’un coup, la peur vient me cueillir au ventre comme la douleur avant elle, parce que je n’ai pas envie d’être seule. Alors tant pis si je n’ai pas choisi la compagnie. Alors je la retiens, je la retiens et une idée nait dans mon esprit malade, parce que j’y vois aussi l’occasion d’atteindre mon objectif. Je ne sais pas où je suis, je suis perdue, mais elle pourra peut-être m’y amener. Elle se stoppe, et le nœud dans mon ventre s’évanouit alors qu’elle se retourne lentement. Elle réfléchit et je pose mes yeux sur son visage, ne cherchant pas à deviner à quoi elle peut bien penser. Je ne suis pas assez lucide de toute façon. Une lumière s’allume dans mes yeux éteins lorsqu’elle s’approche à nouveau de moi, pas de la reconnaissance ou de la joie, mais l’envie, le besoin, l’appel de la défonce. Elle se penche à mon niveau avant de poser à nouveau ses yeux dans les miens. « Je suis garée dans l’angle. Appuie-toi sur moi. » Sans rien rajouter, le souffle court et sec, je hoche la tête rapidement. J’ai compris. Elle va m’y emmener. Nouveau reniflement. Je tressaille lorsqu’elle glisse son bras dans mon dos puis sous mon épaule, lorsque je sens sa main se refermer sur mon flanc. Mes muscles se tendent et je déglutis sous l’effet de ce contact dont je ne veux pas. J’aurais préféré pouvoir la tenir à distance, mais mes jambes ne me porteront pas si je me relève seule, je les aie senties s’engourdir et je sens la douleur dans mes muscles contractés lorsqu’elle me relève.

Quand elle me dépose doucement dans la voiture j’ai l’impression d’avoir couru un marathon. Mes cheveux mouillés se collent dans mon cou et dans mon dos et leur humidité est devenue quasi insupportable avec cette chaleur. Mon cœur lui bat la chamade mais j’ai l’impression que respirer me brûles les entrailles, et ma sueur quitte mon front pour perler sur les bords de mon visage. Je jette un regard voilé autour de moi, avant de ramener mes jambes en tailleurs pour recommencer à ronger mes ongles.

J’ai ce défaut qu’on les personnes qui n’ont pas le permis de conduire et jamais pris le volant : je ne fais jamais attention à ce qui m’entoure. Pourtant je devrai, j’aurais dû. Je ne connais pas la jeune femme, et elle pourrait aussi bien être une déséquilibrée, sauf qu’elle a parlé à la toxico, elle lui a dit qu’elle allait l’amener sur Mead Lane, et c’est tout de qui compte pour moi. Les yeux posés sur le tableau de bord je jette un œil par la fenêtre au bout de quelques longues minutes, trop longues en fait mais j’ai perdu la notion du temps, et fronce les sourcils. Je ne reconnais pas les environs, le quartier a l’air bien trop luxueux pour que nous soyons encore à Fortitude, et mes pensées se bousculent. Je n’arrive pas, pas à réagir, pas à comprendre ce qu’il se passe, mais mes jambes se remettent à trembler et je me ronge les ongles avec plus d’ardeur encore. Une certaine agitation m’habite et la voiture finit par perdre de la vitesse avant de s’arrêter. Je jette quelques œillades inquiète autour de moi, toujours en proie au même trouble et la même effervescence, avant de poser mes yeux clairs rougis par quelques petits vaisseaux ayant éclatés dans les siens. « Je t’emmène chez moi. Et ce chez moi est une location alors merci de me prévenir maintenant si tu comptes tout saccager pour marquer ton point. » « Putain… » Un juron m’échappe, alors que je tourne à nouveau les yeux vers la fenêtre, cherchant à comprendre où je suis. Je secoue la tête vivement et réponds sèchement. « Je vais rien saccager, parce que je vais pas y foutre les pieds. » Je vais me barrer, tant pis pour elle, je n’ai pas besoin qu’on aide. Si ? « Je n’ai pas envie qu’on m’aide, je te l’ai déjà dit. » Non, je lui ai dit que je n’en avais pas besoin. Mais c’est faux, et peut être que je dois à mon inconscient cette erreur. Parce que j’en ai besoin, n’importe qui en posant les yeux sur moi s’en rendrait compte. Elle éteint le moteur alors que je pose à nouveau des yeux à la fois remplis de détresse et d’animosité sur elle. « J’y ai ce qu’il faut pour t’aider à passer la nuit. C’est tout ce que je veux, m’assurer que tu ne prennes pas la dose de trop, trop vite. Demain matin, je t’emmène où tu veux. » Je soupèse son regard. J’ai envie d’y croire, mais depuis que je suis arrivée à Brisbane je me méfie de tout le monde, sans distinction. Mais encore une fois elle a parlé à la toxico. Et c’est cette dernière qui prend le dessus lorsqu’elle entend qu’il y a ce qu’il faut dans cet appartement, ce qu’il lui faut. Et ce qu’il me faut c’est ma dose, je suis incapable d’envisager qu’elle parle d’autre chose alors qu’une fois de plus mes yeux se remettent à briller.

Je suis prise d’un vertige et la douleur me prend à nouveau au ventre alors que je pousse la portière de la voiture, dont je sors pour aller m’appuyer contre le mur le plus proche et régurgiter le maigre contenu de mon estomac sur le trottoir. J’appuie mon front brûlant un instant contre le mur, avant de m’en détacher pour me retourner la brune qui est elle aussi sortie de la voiture, et qui m’a observée sans un mot. Essuyant mes lèvres du revers de ma main, je me dirige d’un pas peu assuré vers elle. « Tu vois ? Je tiens parole, pas dans l’appartement. » Un sourire de gosse insolente sur le visage je m’appuie contre la voiture en la regardant. Mais par contre j’ai menti. Je vais y foutre les pieds dans cette appartement, parce qu’elle m’a promis, elle m’a dit qu’elle avait ce qu’il me fallait. Et moi comme une conne, je la crois et saute à pieds joints. « C’est Raelyn au fait. Mon prénom. » Se présenter à quelqu’un après avoir vomi au pied de son immeuble est assez inhabituel. « Et t’as de la chance, ma mère m’a jamais dit de pas monter dans la voiture d’un inconnu. » L’insolente, encore et toujours. La parfaite petite connasse. En soi ce n’est même pas un mensonge. Pourquoi quelqu’un dirait ça à ses gosses lorsqu’il habite le trou paumé dans lequel j’ai grandi ? Les inconnus ne vont pas se perdre là-bas. Je lutte contre de nouveaux tremblements, fermant les yeux quelques secondes avant de les rouvrir. « Bon, j’te suis. » Une question flotte encore dans ma tête. Pourquoi tient-elle autant à s'assurer que je passe la nuit ? Pourquoi s'accroche-t-elle à quelqu'un qui n'a pas envie qu'on lui porte assistance ?





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Soheila Hodge
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ÂGE : trente-huit ans.
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MÉTIER : Directrice de la Hodge Foundation, association humanitaire internationale d'aide médicale. Médecin de formation. Danseuse.
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Message(#) Sujet: Re: RAELYN&SOHEILA ► Leave me alone RAELYN&SOHEILA ► Leave me alone EmptyLun 29 Juil - 14:26



leave me alone





Je passai ma main sur mon visage avant de remonter ce dernier vers le ciel noir qui nous surplombait, au travers du pare-brise, inconscient de qui se tramait en son dessous. J’étais épuisée, ne pensais qu’à regagner les murs de mon appartement il y a à peine une heure, me glisser dans mon lit, bercée par les basses de la soirée à laquelle je m’étais rendue, souvenir chaleureux et qui me paraissait si lointain soudainement. Les évènements s’étaient enchaînés depuis et j’avais beau tenter de les dérouler de nouveau dans mon esprit, je n’arrivais pas à imaginer une fin différente que celle-ci : attendant de connaître la décision de la jeune fille recluse dans ma voiture, attendant de savoir si elle acceptait mon aide, le souhaitant férocement. Je n’aurais pas pu détourner le regard, je l’avais décidé dès la première seconde et ces décisions semblaient guider ma vie au quotidien, ayant leur propre force d’inertie. Plus le temps passait, moins il me semblait possible de les modifier. « Putain… » Le juron grinça entre ses dents comme un venin qu’elle s’injectait elle-même. Un pincement au cœur qui me surprit alors qu’elle se collait à la fenêtre, réalisant qu’elle n’avait aucune idée de l’endroit où elle se trouvait. Piégée, c’était ainsi qu’elle devait le ressentir et ce n’était pas ce dont j’avais envie mais j’étais jeune, moi-même, et des erreurs étaient sûrement commises mais je m’acharnais à croire en leurs bonnes intentions.  « Je vais rien saccager, parce que je vais pas y foutre les pieds. » Je restais impassible, laissant sa menace s’envoler dans l’air car il s’agissait de la laisser réaliser elle-même ce que cela impliquait. Elle n’avait pas su retrouver son chemin dans son quartier de prédilection, comment envisageait-elle de réunir ses forces afin de s’extirper de celui-ci ? « Je n’ai pas envie qu’on m’aide, je te l’ai déjà dit. » Mon regard s’assombrit et je la regardai une dernière fois, luttant contre l’envie de la sortir de la voiture par la force. « Et je t’ai déjà dit où tes envies allaient finir par te mener cette nuit, n’est-ce pas ? » Son destin éveillait en moi davantage de préoccupations qu’en elle. J’ouvris la portière pour regagner l’extérieur, m’éloigner d’elle afin de la laisser seule, seule face à ses afflictions, seule face à ses alternatives. Elles n’étaient pas nombreuses, elle devrait le réaliser.

Elle le fit plus vite que prévu, par ailleurs, pensais-je alors que j’entendis le son feutré de la porte passager résonner dans le vide et que le visage pâle et brillant de mon inconnue apparut de nouveau, non sans mal, devant moi. Mes promesses vaporeuses avaient sans doute eu l’effet escompté, les mensonges se distillaient d’une voix assurée et les assumer serait ensuite le moindre de mes soucis lorsqu’elle finirait par s’en rendre compte.  Je fermais les yeux, un instant, inspirant légèrement, avant de les rouvrir pour affronter la silhouette de la jeune fille coupée en deux, une main sur le mur pour ne pas sombrer, la gorge irritée pour faire éclater l’armure qui retenait son corps d’une force invisible et les poisons qu’elle lui avait infligés. Les hoquets se firent écho encore un instant avant de s’évanouir et je ne pus m’empêcher de souligner sa force de caractère, celle qui la fit se relever, celle qui la fit me toiser de nouveau alors qu’elle revenait déjà vers moi. « Tu vois ? Je tiens parole, pas dans l’appartement. » La voiture de nouveau comme soutien car ses jambes ne la portaient plus, que les crampes s’emparaient de ses membres mais ne faisaient pas disparaitre son regard impudent. Je réprimais le réflexe de lui dire que je ne parlais pas de cela, que les nausées ne faisaient que commencer et seraient sans doute nombreuses, que mon appartement verrait sans doute bien pire que ce qu’elle venait de recracher mais je ne voulais pas l’effrayer inutilement, elle le savait sûrement. Les maux me sautaient aux yeux, défaut de formation, et je n’arrivais pas à les clore, jamais, méprisant quelques fois cette tentation d’accorder une cristallisation pathologique à l’expression des douleurs que je percevais autour de moi, quotidiennement, même chez ceux qui ne le voulaient pas, comme cette nuit. « C’est Raelyn au fait. Mon prénom. » Et ce détail m’arracha un sourire, tristement affecté. Je suis Raelyn au fait. Comme un répit, comme une abdication lâchée comme ça, l’air de rien. Comme si je n’avais rien aperçu de plus intime que son prénom déjà, dès le début. Ses cheveux ondulaient, portés par l’éclat lumineux des lampadaires, et je voyais la fille, enfin, derrière les douleurs, car cette fille avait un prénom. « Et t’as de la chance, ma mère m’a jamais dit de pas monter dans la voiture d’un inconnu. » Je fronçais les sourcils et répliquai instantanément : « Elle se trouve où ta mère en ce moment ? » Avait-elle une famille ? Vraisemblablement oui, sauf s’il s’agissait d’une plaisanterie amère de sa part mais cela me semblait peu plausible. Le mal l’empêchait de traits d’esprit de cette sorte et cette réplique déversée sous le joug du sarcasme me paraissait presque trop abrupte pour être malhonnête. Que faisait cette mère dont la fille se mourrait dans les rues d’une ville trop grande pour elle ? Devais-je m'inquiéter de la contacter ?

« Bon, j’te suis. » Je sortis de mes réflexions en entendant Raelyn rendre les armes. Je fis sauter les clés lestement avant de les enfermer sèchement dans la paume de ma main. Chaque victoire, aussi minime était-elle, me donnait l’assurance de lui accorder quelques minutes supplémentaires, quelques minutes supplémentaires avant qu’elle ne retourne dans l’obscurité. Je m’approchai d’elle, prête à la soutenir de nouveau pour l’amener à l’intérieur. Cela s’était montré grandement décourageant la première fois déjà, comment pouvait-on être aussi légère, aussi fragile, aussi fébrile, et l’impression perdura durant ce nouveau trajet. Je poussai la porte de l’appartement et la laissai s’appuyer contre le mur de l’entrée, m’avançant dans la pièce sombre pour y faire lumière. Je fis glisser ma veste noire le long de mes bras nus et m’en délestai sur la chaise la plus proche, le souffle mesuré. L’appartement était spacieux, clair même dans la pénombre, mien même dans une ville étrangère. Je savais l’impression qu’il donnait avec ses baies vitrées, ses murs immaculés, son parquet blond et ses meubles épurés, d’autant plus pour une jeune fille comme Raelyn dont la situation financière semblait contée au fond de ses pupilles. Mais il suffisait de se concentrer pour comprendre les murs blancs insondables et ces meubles, justement, à peine utilisés, guère plus appréciés, semblant relâcher dans l’atmosphère toute l’attente que je ressentais. L’attente de savoir si cet appartement, si cette ville et cette vie seraient miennes ou simplement le souvenir d’un parent décédé que je n’arrivais pas à abandonner. Mes doigts glissèrent enfin sur la lampe, trouvant l’interrupteur et la lumière finit de révéler la suite de la pièce, et son canapé en son centre. « Tu peux t’asseoir, j’arrive. » Je m’éclipsais dans le couloir, pénétrais dans la salle de bain, hâtivement, et ouvris l’armoire à pharmacie remplie, par précaution, ou déformation, encore une fois. Mon regard sonda les étagères tandis que je laissais mon esprit analytique faire son travail, lointain, ne cherchant pas à l’interrompre, les réflexes sachant prendre le dessus. La frontière entre drogues et médicaments était floue, au quotidien, elle l’était d’autant plus lorsqu’il s’agissait de soulager une toxicomane en état de manque. Mais le schéma se dessina vaguement, tout de même.

Je me saisis de cotons, de sérum physiologique et du tube de non homéopathique disposé en son dessous. L’image de son t-shirt souillé de sueur et de sang s’immisça dans mes songes et j’attrapai au passage un haut sur le meuble d’en face avant de retourner au salon pour rejoindre Raelyn. Elle n’avait pas encore rejoint le canapé et j’attrapai son coude avec assurance pour l’accompagner à s’asseoir. Je pliai mes jambes, m’agenouillant, et mon regard fut à la hauteur du sien. Je le soutins une seconde, mesurant ce qu’il m’était permis de dire désormais sans qu’elle ne décide de fuir, sans qu’elle ne décide qu’elle préférait, finalement et résolument, ses chances à l’extérieur plutôt qu’ici. « Moi, c’est Soheila. Et je suis rassurée que tu sois là Raelyn. » Je prononçai ainsi son nom pour la première fois, comme un accord, comme une assurance que je la voyais, que je la comprenais même s’il m’était impossible de ressentir ses maux. Je déposai le haut propre sur ses genoux, lui laissant le choix de se changer ou non, me détournant déjà de ce dernier pour m’emparer du coton que je venais de déposer sur la table basse derrière moi. « Tu dois apprendre à le faire toi-même après chaque prise … je peux ? » Je laissai ma main suspendue en l’air, non loin de son visage et de ce sang qui ne cessait de s’écouler de son nez irrité, bien trop pour qu’elle n’ait pensé à se le rincer après cette fameuse dernière dose, je pouvais l’imaginer. Lui rappeler de nettoyer son nez après usage pour ne pas l’enjoindre, un détail sûrement, malgré son importance, pour ne pas lui faire remarquer qu’aucune substance au monde ne parviendrait à la hisser plus près du ciel.



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Raelyn Blackwell
Raelyn Blackwell
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SURNOM : Raelyn est le prénom qu'elle s'est choisi, elle est née Rachel-Lynn. Beaucoup l’appellent Rae, se passant bien de son accord
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Message(#) Sujet: Re: RAELYN&SOHEILA ► Leave me alone RAELYN&SOHEILA ► Leave me alone EmptyMar 30 Juil - 17:18




Leave me alone
Raelyn Blackwell & @Soheila Hodge –mai 2005, Brisbane

Lorsque mes yeux balayant les façades d'immeubles faiblement éclairée par la lumière jaune des lampadaires, mon rythme cardiaque s'accélère. Quelque chose cloche, et je comprends que la route que nous sommes en train d'emprunter n'est pas la bonne, que le trajet est trop long, je n'ai pas marché autant et pu m'égarer à ce point. Où sommes-nous ? La question résonne en boucle dans mon esprit alors que mes pupilles dilatées passent d'un point à un autre, ne réussissant pas à se focaliser sur quoi que ce soit, à cause du trouble qui m'habite. Ma respiration se fait plus faible, un faible filet d'air entrant dans mes poumons à chaque respiration saccadée. L'inquiétude s'empare de moi alors que je ne sens piégée, et les substances toxiques présentes dans mon corps ne font qu'accroître mon angoisse, ma peur que finalement elle veuille s’en prendre à moi, elle me veuille du mal, ou elle cherche à me tourner en ridicule ? Je ne sais pas, et mes pensées s’agitent, se bousculent et trébuchent. Quand elle s’arrête, je suis aussi perdue qu’affolé, aussi stressée qu’en colère. Quand elle me révèle qu’elle m’a amenée chez elle, je ne comprends pas tout de suite, cherchant à comprendre ce qu’elle cherche vraiment à obtenir de moi. Elle veut faire sa BA de la semaine ? Qu’elle aille servir de la soupe au secours populaire, ou câliner des chats à la SPA. Qu’elle aille aider ceux qui veulent de son secours.  Moi je n’en veux pas, je préfère encore la douleur à la pitié que je lis dans ses yeux. « Et je t’ai déjà dit où tes envies allaient finir par te mener cette nuit, n’est-ce pas ? » Je plante mes yeux dans les siens, mes yeux dont les pupilles noires avalent presque complètement le clair iris. Je n’aime pas être traitée comme une enfant. Je ne suis pas une enfant. « C’est mon problème ça. » Je ne suis pas sa fille, pas sa sœur, ni même une amie. Pourquoi a-t-elle choisis de s’imposer à moi cette nuit ? Moi qui n’ai jamais reçu la moindre aide désintéressée, j’ai du mal à comprendre ses motivations.

Elle sort de la voiture m’y laissant cogiter, et je réfléchis difficilement à mes options, l’esprit embué. Je ne sais pas où je suis. Je serai incapable de rentrer chez moi avec ce vieux téléphone qui ne possède que les fonctionnalités basiques. Personne ne m’attend, chez moi, personne ne me cherchera avant plusieurs jours, avant que le patron du bar où j’ai trouvé un travail ne s’inquiète de mon absence. Le connaissant ça prendra une semaine au moins. Il me trouve inconsistante, il ne s’étonnera pas de ne pas me trouver au travail avant un moment. Finalement, c’est la nausée qui me décide à quitter le véhicule, alors que l’enfermement me fait d’un coup suffoquer. Je titube jusqu’au mur le plus proche pour déverser le contenu de mon estomac sur la chaussée, avant de revenir vers elle. Parce qu’elle me tend un appât, elle fait entrevoir à la part malade de mon esprit, à la part affamée, la possibilité d’être rassasiée. Alors je suis attirée à nouveau, comme par un aimant. « Elle se trouve où ta mère en ce moment ? » Elle est quoi maintenant, elle travaille pour la protection de l’enfance ? Savoir où se trouve ma mère, ce qu’elle fait, pourquoi elle n’est pas ici à mes côté, ce ne sont pas ses affaires. La seule chose qui compte, c’est qu’elle me donne ¬ce dont j’ai besoin, elle me l’a promis. Alors je me calme, je ronge mon frein alors que je voudrais l’envoyer violemment se faire foutre. « Ça aussi c’est mon problème. Je suis plus une enfant. » Je suis majeure en fait, même si mon apparence physique laisse supposer le contraire. « Donc ma mère, on va la laisser là où elle est. » Je sais ce qu’elle pense. Que j’ai l’air d’une gamine perdue. Je suis perdue, et je suis une gamine, mais je suis de celles qui se sentent déjà grandes, et qui ont envie que les monde les voit comme telle. Je n’ai plus envie d’être vue comme une enfant, je n’en suis plus une depuis que j’ai décidé de quitter Charleville, quelques semaines seulement après ma majorité. Certains diront que je me suis brûlée les ailes. C’est peut-être vrai, c’est peut-être ce que je suis en train de faire. La vérité c’était que cette existence morne m’étouffait, et que je n’ai pas réfléchis, même pas eu l’impression d’avoir le choix.

Sa main s’enroule à nouveau sous mon épaule, autour de ma taille et cette fois ci je m’y attends et ne tressaille pas. Net progrès. Et je ne suis en en position de lutter de toute façon, tant j’ai l’impression que mes jambes ne sont plus capables de rien porter, tant mes muscles sont contractés et douloureux. Je me concentre sur la marche, sur le fait de mettre un pied l’un devant l’autre alors que mon conduit nasal me brûle et que j’ai envie de me rouler en boule dans un coin jusqu’à ce que l’orage passe. Un pied devant l’autre, c’est tout ce qui compte, et tout ce que mon souffle court m’autorise, alors que la douleur me tord en deux. Mais enfin, la brune s’arrête devant une porte, enfonce ses clés dans la serrure et je comprends que nous sommes arrivées là où elle cherchait à me mener. Son appartement si précieux, que je ne dois pas saccager. Si elle y tiens tant que ça, il ne fallait pas y faire pénétrer un animal sauvage… Je pose mes yeux sur les murs, sur le parquet, sur les meubles. Tout est si luxueux que ça m’en donne le vertige et me donne envie de prendre mes jambes à mon cou. Je rêverais de vivre dans ce genre d’endroit, mais je ne m’y sens pas à ma place. J’ai juste envie de prendre mes jambes à mon cou, et lorsqu’elle disparait dans une pièce voisine je reste pétrifiée, incapable de bouger, comme si d’un coup j’avais bien trop d’espace à ma disposition. « Tu peux t’asseoir, j’arrive. » Mais je n’en fais rien, les mots percutent mon esprit mais sans réussir à s’infiltrer, et alors qu’elle disparait je fixe la pièce que j’ai devant moi avec un regard éteint, appuyée contre la console d’entrée qui me sers de béquille, de soutien. Je n’ai aucun notion du temps qui passe, je sais seulement qu’il faut que je tienne un peu plus, un tout petit peu plus et j’aurais ce dont j’ai besoin. Je m’accroche à cet idée comme si c’était tout ce qui me restait, et alors que ses mains froides attrapent mon bras au-dessus de mon coude, entrant en contact avec ma peau brûlante je ne peux retenir un sursaut, mais me laisse entrainer docilement sur le canapé pour m’y effondrer. « Moi, c’est Soheila. Et je suis rassurée que tu sois là Raelyn. » Son nom, je ne m’en souviendrai peut-être pas demain. Ou peut-être que si, tout est si imprévisible venant d’un cerveau sous stupéfiant. Mais pour l’heure je ne dis rien, la regarde toujours avec des grands yeux, perdue, défoncée, anesthésiée par la douleur dans tout mon être. La bouche légèrement entrouverte je l’observe poser un t-shirt sur mes genoux, qui sens le propre et au toucher léger. Il vaut certainement plus que l’ensemble de ma tenue, ou l’ensemble de ma garde-robe en fait, et par peur de la salir je reste immobile, le laissant reposer là où elle l’a déposé et n’osant presque pas poser les yeux dessus. Encore moins l’effleurer de mes doigts, par peur de la tâcher de sang et de sueur. « Je t’interdis d’avoir pitié de moi. » Je lâche la phrase dans un souffle, parce que sa pitié j’ai l’impression qu’elle inondait la ruelle et inonde à présent la pièce. Et je ne veux pas de ça, je n’en veux pas parce qu’elle me fais me sentir plus mal encore que le propre jugement que je porte sur moi-même. Celui-là ma carapace est assez épaisse pour que j’arrive à vivre avec. J’observe ses mouvements sans trop les comprendre, et alors qu’elle approche sa main de mon visage je ne peux empêcher tous les muscles de mon corps de se contracter. « Tu dois apprendre à le faire toi-même après chaque prise … je peux ? » Je déglutis difficilement, laisse flotter la phrase quelques secondes, et finalement hoche la tête lentement, alors qu’elle dépose le coton au-dessus de ma bouche, là où se mêlent sangs séché et sec. Quand elle se retourne pour irriguer à nouveau le coton je brise le silence que j’ai laissé s’installer. « Pourquoi tu fais ça ? » Pourquoi tu m’aides ? C’est une chose que je n’ai jamais attendue des autres en fait. Je ne suis pas le genre de douceur qui fait les choses sans rien attendre en retour, et c’est bien la première fois qu’une inconnue pose ainsi ses mains avec douceur sur moi juste dans le but de … m’aider ?





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Soheila Hodge
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MÉTIER : Directrice de la Hodge Foundation, association humanitaire internationale d'aide médicale. Médecin de formation. Danseuse.
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Message(#) Sujet: Re: RAELYN&SOHEILA ► Leave me alone RAELYN&SOHEILA ► Leave me alone EmptyMer 31 Juil - 23:19



leave me alone






« Ça aussi c’est mon problème. Je suis plus une enfant. » Je n’arrivais pas, cette fois-ci, à devenir ce qui pouvait se cacher derrière cette réponse abrupte. Je ne cillais pas, n’haussais pas les épaules, je ne savais pas, tout simplement. Il me semblait ne plus avoir les cartes nécessaires en main pour appréhender la situation. Je n’avais plus ni mère, ni père à perdre. Chaque jour passant intensifiant ma crainte d’oublier un peu plus le visage de la première. Le deuxième continuait de flotter dans mon esprit, vague et inconsistant, comme s’il m’était encore difficile de réaliser. Mes pertes m’empêchaient de comprendre celles potentielles qui se traduisaient dans l’expression de la jeune femme, face à moi. « Donc ma mère, on va la laisser là où elle est. » Elle disait cela en détournant son regard, une nouvelle fois, agressive presque, et je ne répondis pas, ou en tout cas pas tout de suite, hochant simplement la tête. A quoi bon prononcer une phrase qui serait niée l’instant d’après ? A quoi bon énoncer une émotion qui serait anéantie aussitôt ? Elle n’avait pas envie d’en parler et je n’étais pas là pour ça, n’est-ce pas ? Tu es là pourquoi alors ? Pensais-je réellement que j’étais de celles capables de soigner un symptôme sans en chercher la raison, de mettre un bandage sur la plaie sans l’avoir nettoyée au préalable ? Continuais-je réellement de m’imaginer capable de congédier la jeune blonde au lendemain, accrochée sur l’instant à mon bras pour faire un pas, sans me demander par la suite ce qu’elle était devenue, si elle s’en était sortie ? Je rentrerais à New-York, bien vite, et l’idée de lui venir en aide ce soir pour qu’elle succombe la semaine prochaine s’immisçait déjà dans mon esprit à m’en faire serrer les dents. Ce n’est pas ton job de sauver tout le monde. Cette phrase résonnait dans mon esprit, se revêtant de visages différents selon les jours, car je l’avais déjà trop entendue. Mon père, mes titulaires. De qui était-ce le job alors ? Je ne pouvais pas, non, personne ne le pouvait, seulement ceux qui croisaient mon chemin, peu importe si je devais parfois me détourner du mien pour les atteindre.

Raelyn semblait s’appuyer de tout son frêle poids sur le mur, sans doute effrayée de s’en éloigner pour s’effondrer. Mais il y avait autre chose dans son regard depuis que j’avais ouvert la porte de l’appartement. Je l’avais laissée à l’entrée, m’en étais détournée aussitôt pour rassembler les premières nécessités mais l’étincelle au fond de ses prunelles ne m’avait pas échappé. Était-ce son corps ou son esprit ? Était-ce un réflexe ou une véritable aversion dépassée alors que ses yeux parcouraient l’endroit dans lequel je l’avais menée, égarés. La rue était bien loin, à présent, et cela semblait presque l’inquiéter. Tout comme ma main sur son bras, de nouveau. Elle était chez moi, ou ce qui s’en rapprochait le plus ici, mais j’étais l’intruse, celle qui continuait de la surprendre, de la faire sursauter, de lui éprouver le rejet. Le t-shirt, elle n’en voulait pas, je le vis à ses yeux dont elle n’arrivait pas à faire disparaître l’incompréhension face à ce simple bout de tissu, comme une offrande capable de cacher en son sein un venin insoupçonné. « Je t’interdis d’avoir pitié de moi. » Sa phrase fut presque inaudible, un souffle qu’elle eut du mal à relâcher car ces derniers étaient précieux en son état. Mais les mots flottèrent néanmoins jusqu’à mes oreilles et je suspendis mes gestes une seconde pour l’observer. « Tu m’interdis ? » répétai-je en arquant un sourcil. Une lueur amusée et perplexe traversa mon regard, ironique car rien ne m’amusait dans ce qui se tramait entre ces quatre murs. Les interdits jonchaient au sol de ma vie depuis de trop longues années à présent. Je m’en étais emparés, je les avais bafoués, tordus entre mes mains, réduits à néant. Interdite de parler trop fort, interdite de se montrer, interdite de dénoter, de partir, de se mettre en danger, et s’il fallait cette dernière condition pour faire une différence, interdite de la faire, cette différence. Et j’en avais ri, quelques fois, dès mon plus jeune âge et ce, malgré les conséquences désastreuses et les regards horrifiés du milieu élitiste jetés dans ma direction devant mon impulsivité accablante. « Voilà un mot auquel je ne réagis pas bien. » Ce mot ne me disait pourtant pas toujours que je n’y parviendrais pas si je le désirais, il ne me réduisait pas, mais tout de même. Je ne pouvais, à chaque fois, m’empêcher de me demander pourquoi. Je n’y réagissais pas bien, m’étant depuis longtemps rendue compte qu’il ne fallait pas l'employer au risque de me voir déployer des efforts anormaux pour leur prouver qu’ils n’auraient pas dû.

Je plissais cependant les yeux face à l’ordre de Raelyn car elle se trompait, cette fois-ci, et que je n’avais pas à me contraindre pour le lui dire. « Je n’ai pitié de personne ceci dit. Et tu ne fais pas exception. » L’empathie était cette notion que certaines personnes avaient bien trop tendance à mettre sur le compte de la pitié. Et de la pitié, je m’en détournais, réellement. Je n’aimais pas les précautions, les situations où, tout à coup, il nous fallait peser les mots. Ils pesaient toujours leurs mots en sachant. Car on ne parlait pas de la même manière à une fille impassible et détachée qu’à une fille impassible, détachée et orpheline. Car l’on mettait soudainement les deux premiers termes sur le compte du troisième, sur le compte d’une fragilité et d’une morbidité évidente. Car aucun refuge n’était plus fort que la pitié lorsqu’on ne savait soudainement plus comment évincer sans balayer, sans chasser. Ce n’était pas de la pitié, non, qui m’employait à nettoyer le sang qui avait commencé à sécher au-dessus de ses lèvres. J’attrapai, sans un regard, le sérum derrière moi mais finis par me retourner pour changer de compresse. « Pourquoi tu fais ça ? » Elle arrivait enfin cette question, celle qu’elle devait certainement se poser depuis le début, depuis que je m’étais penchée au-dessus d’elle et qu’elle avait posé son regard noir glacé sur moi. Je l’avais senti son cœur enragé cogner contre les barreaux de sa fierté, entraîné par son impatience à me signifier que je n’avais aucune raison d’être là, qu’elle n’était pas à la recherche de bienveillance. « Qu’est-ce que j’étais supposée faire ? Tourner les talons, faire comme si je ne t’avais pas vue ? » Mon regard s’était adouci, de nouveau, mais mes mots demeuraient francs et directs. « Je t’aurais bien amenée à l’hôpital mais j’imagine ta réaction. » Et ce qui sembla être une interrogation non formulée ne l’était pas réellement car je n’avais pas besoin d’imaginer. Si je lui avais parlé d’hôpital, sans doute aurait-elle trouvé en elle des forces inimaginables pour me fuir, pour disparaître dans la pénombre.

Je m’étais levée entre temps, lançant cette dernière phrase à la volée, contournant le comptoir qui séparait le salon de la cuisine pour attraper une bassine dans l’un des placards du cellier. Cette même bassine que je posais à nos pieds, sans même un regard car elle comprendrait son usage seule et qu’il n’était pas nécessaire d’insister. « Ce n’est pas dans mon ADN de fermer les yeux. » repris-je finalement. Je ne comprenais que trop bien, cependant, l’origine de sa question. Je connaissais la propension de chacun à rentrer dans une situation compromettante pour mieux se hâter à en sortir, à ne pas s’y attarder pour ne pas qu’on puisse le retenir, à esquiver pour ne pas en devenir imprégné. Ce n’était pas un jugement, le plus souvent je considérais même simplement cet instinct comme étant humain, un instinct de préservation. Sans doute Raelyn avait-elle été confrontée trop souvent à cet instinct, trop pour qu’elle ne puisse s’empêcher de se méfier lorsque celui-ci ne se manifestait pas. « Et toi ? Pourquoi tu fais ça ? » Comme s’il y avait eu une réponse possible, une seule et unique, parmi la multitude qui l’avait sans doute amenée à ce point qui devait lui sembler comme non-retour. Il ne l’était pas pourtant. J’imbibai le coton de sérum pour nettoyer son nez dont l’état semblait déjà répondre à ma seconde question. Depuis trop longtemps déjà, ou de manière beaucoup trop régulière. Et cette question sonnait comme de la provocation mais peut-être était-ce là la seule manière de réussir à l'atteindre, à l'approcher, même si cela ne devait durer qu'une seule nuit.



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Raelyn Blackwell
Raelyn Blackwell
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MÉTIER : Responsable de l'approvisionnement en stupéfiants du Club, la pègre de Brisbane
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Message(#) Sujet: Re: RAELYN&SOHEILA ► Leave me alone RAELYN&SOHEILA ► Leave me alone EmptyJeu 1 Aoû - 11:04




Leave me alone
Raelyn Blackwell & @Soheila Hodge –mai 2005, Brisbane

En entrant dans l’appartement je suis prise d’une sensation de vertige, et quand mes yeux se posent dans les recoins de la pièce un flot contradictoire d’émotions traversent mon esprit. De l’envie, parce que ce type d’endroit est à l’opposé de la maison aux pièces étroites et trop encombrée d’éléments de décoration bon marchés comme de mon studio de quatorze mètres carrés ou mon canapé me sert de lit, ou je n’ai qu’un vieux duvet à mettre sur moi, où la cuisine se résume à un évier étriqué et à deux plaques de cuisson au gaz, que je n’utilisent de toute façon pratiquement jamais, et une salle de bain dont je peux toucher les quatre murs en me plaçant au centre et en tendant le bras. Ici les plafonds sont hauts, les pièces grandes et la décoration impersonnelle donne l’impression que tout est plus grand encore, le canapé fait le double du mien, et je n’imagine même pas combien de pièce elle doit avoir pour elle seule. Surement plus que dans notre petite maison à Charleville. C’est dans ce genre d’endroit que je voudrais vivre, c’est pour ce type de vie que j’ai quitté mon domicile en stop et un sac à dos sur les épaules il y a quelques mois. Qu’est-ce que je croyais, que d’un sourire le monde tomberait à mes pieds et que j’obtiendrais tout ce que je voulais ? Surement oui, parce que je sortais à peine de l’enfance et me berçait d’illusions, parce que je vivais dans une ville de 300 habitants où j’étais différentes, je détonnais, j’étais remarquée. Parce que je n’étais qu’une petite idiote, ici je n’étais personne, ici personne ne se retournait sur moi, certainement plus maintenant, et c’est ma naïveté qui m’avait conduite droit jusqu’à mon misérable train de vie. J’avais toujours été douée pour m’attirer de mauvaises fréquentations. Ici, jeune fille qui vient de la campagne en mal de sensation, ça avait été encore plus rapide. Et rapidement tout mon argent, la maigre paie du job de serveuse que je m’étais dégotté, tout ça avait commencé à financer mon addiction. Alors je détourne le regard de tout ce luxe, parce que je suis sincèrement persuadée d’avoir atteint le point de non-retour, parce que l’atterrissage a été difficile mais m’a fait perdre toute innocence. Alors je me concentre à nouveau sur ce mal qui me consume et me dévore, parce qu’aujourd’hui c’est bien la seule chose capable de m’habiter, de me faire vibrer. Plus des rêves ou des espoirs idiots. Juste la douleur et le mal-être qui me donnent l’impression d’être ne vie, et la quête de l’euphorie artificielle. C’est pour ça aussi que je ne sais que faire du t-shirt qu’elle pose finalement sur mes genoux. J’ai envie de le toucher, j’ai envie d’enfouir mon visage dedans, mais pour l’instant je me fais violence pour ne pas le faire, ne pas me laisser tenter par cette vie qui ne sera jamais mienne. « Tu m’interdis ? » Une lueur amusée dans le regard elle plante ses yeux noirs dans mes yeux clairs, et je le soutiens. Parce que malgré tout, je ne suis pas du genre à me laisser démonter par quelqu’un qui a plus que moi. Elle lève un sourcil et je reste stoïque, oui, je lui interdis, elle m’a bien entendue. « Voilà un mot auquel je ne réagis pas bien.» A vrai dire, j’en m’en fiche. Elle m’a traînée de force jusqu’ici alors que je n’ai jamais cherché à me faire passer pour un adorable animal de compagnie. Je suis plus du genre chat de gouttière qui mord la main qui le nourrit. Elle reste perplexe quelques secondes et je ne rajoute rien, mes grands yeux ne lâchent par contre pas son regard. Je ne sais pas grand-chose, mais ça si. Jamais je n’autoriserai quelqu’un à me prendre en pitié. C’est pour ça aussi que je refuse tout secours, au fond. « Je n’ai pitié de personne ceci dit. Et tu ne fais pas exception. » J’ai du mal à y croire, alors je penche légèrement la tête sur le côté pour l’observer. Si elle n’a pas pitié de moi, qu’est-ce que je fous ici ? Parce que comme la plupart des personnes fortunées elle a besoin de laver sa conscience en faisant une bonne action de temps en temps ? « Je sais pas ce que tu t’imagines mais je ne suis pas idiote. » Non je suis beaucoup de chose, mais pas dénuée de capacité intellectuelle. Par contre j’ai toujours été démunie par rapport à pas mal de sentiments, l’empathie en fait partie, parce qu’il m’a toujours manqué toute une partie de la palette. Alors l’empathie par exemple, je ne la possède pas et n’est pas capable de complètement l’aborder, ni de la reconnaitre. « Je sais que je fais peine à voir. » Je le sais, avec mon visage anguleux, mes clavicules qui ressortent, mes jambes trop maigres et mon t-shirt dans lequel je flotte. Je ne me fais pas d’illusion. Parce que j’ai pas toujours été comme ça. Parce que je me souviens d’une époque pas si lointaine où j’étais prête à tout plaquer pour rêver à une vie excitante. Une époque où je n’aurais jamais laissé personne m’apercevoir dans une telle situation de faiblesse.

Comme je ne comprends pas l’empathie, je ne comprends pas l’aide désintéressée qu’elle m’apporte. Peu empathique, s’en est la suite logique. « Qu’est-ce que j’étais supposée faire ? Tourner les talons, faire comme si je ne t’avais pas vue ? » C’est ce que tout le monde aurait fait. C’est ce que tout le monde fait tout le temps, voilà ce que je pourrais répondre. Mais à la place je reste silencieuse, attend la suite de la phrase qui vient. « Je t’aurais bien amenée à l’hôpital mais j’imagine ta réaction. » Je serais partie en courant, j’aurais retrouvé des forces sorties de nulle part pour lui échapper, pour lui fuir, mais tout ça elle le sait. « J’ai pas besoin d’être sauvée. » Si, j’en aurais besoin. Mais c’est une idée à laquelle je ne m’ouvrirai jamais de moi-même, parce que ma fierté m’en empêche. Parce que je ne veux dépendre de personne, et que je ne veux être redevable à personne. Mais si, si je veux un jour dépasser vingt-cinq ans, j’en aurais besoin. Je l’observe se lever et s’éloigner quelques minutes, avant de revenir vers moi et de déposer une bassine à mes pieds. Je ne pose pas de question, je sais à quoi elle sert. « Ce n’est pas dans mon ADN de fermer les yeux. » Un complexe de super héros donc ? Elle est mal tombée avec moi, je suis une bien ingrate demoiselle en détresse. « L’adresse que je t’ai donnée, c’était pas la mienne. » Je ne sais pas d’où ça vient, cet élan d’honnêteté. Je n’ai pas honte du mensonge parce qu’il me semblait obligatoire et le semble toujours. Mais elle va me donner ce dont j’ai besoin non ? Peut-être qu’elle s’en doute de toute façon, elle ne m’aurait pas emmenée chez elle si elle m’avait fait confiance pour lui donner ma véritable adresse.

Sans un mot, je la laisse essuyer mon nez, l’observant lorsqu’elle fait des aller retours pour humidifier le coton et lorsqu’elle attrape mon menton pour continuer à me nettoyer, je ne tressaille plus, tremble toujours sous les effets de la surdose et de la descente mais préparé au contact de sa main sur ma peau fiévreuse. Je ne ferme pas les yeux cependant et étudie chacun de ses gestes, comme un animal qui attend encore le coup de couteau dans le dos. « Et toi ? Pourquoi tu fais ça ? » Je suis démunie face à cette question, et pendant quelques secondes je ne vois même pas où elle veut en venir. Pourquoi je fais quoi ? Je reste silencieuse quelques secondes, mes mains se resserrent sur mon t-shirt et je ramène mes genoux contre ma poitrine. Je n’ai pas de réponse à sa question. Parce que impressionnable même si je voudrais laisser penser le contraire, je suis tombée là-dedans sans préavis. Pas progressivement, d’un coup, comme si j’avais trouvé la réponse à mon errance à la douleur, et à cette envie dévorante de plus qui avait toujours somnolé au fond de moi. J’ai rien trouvé du tout, quelle conne. Je ravale un sanglot et finis par lui répondre. « Je ne sais pas. » Parce qu’à défaut de savoir mettre des mots sur ce que je ressens, c’est la réponse la plus honnête que je pourrais lui donner. « J’en ai besoin. » Que je rajoute, un peu sans le préméditer. J’ai besoin de cette euphorie, même si elle n’est qu’éphémère, j’ai besoin de ce sentiment de puissance, de pouvoir tout faire, parce que je me sens enfermée. J’essuie du revers de la main une larme qui a coulé sur ma joue sans que je ne fasse attention, me sentant déjà bien assez idiote qu’elle ait assistée à ça. Je secoue la tête et relève les yeux vers elle. « Tu as dit que tu avais tout ce qu'il me fallait ? » Raelyn, pauvre petite junkie idiote. Je ne comprends même pas encore que je suis tombée dans son piège. J’attends encore ma dose, parce que c’est la seule chose qui compte ce soir.







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Soheila Hodge
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ÂGE : trente-huit ans.
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MÉTIER : Directrice de la Hodge Foundation, association humanitaire internationale d'aide médicale. Médecin de formation. Danseuse.
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PETIT PLUS : Américaine, s'est installée définitivement à Brisbane en 2009. A la double nationalité. Médecin humanitaire. N'exerce plus la médecine depuis 1 an. De retour à Brisbane en décembre 2018 après 1 an d'incarcération en Chine. Atteinte de PTSD depuis. N'a pas la garde de sa fille de 5 ans. Fait régulièrement l'objet d'articles ou de sujets dans les médias. Intervenante dans plusieurs émissions télévisées en tant que porte-parole de son association et des causes défendues. Outre l'anglais, parle l'espagnol, le portugais, l'arabe, des notions de français et de chinois.
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Message(#) Sujet: Re: RAELYN&SOHEILA ► Leave me alone RAELYN&SOHEILA ► Leave me alone EmptySam 3 Aoû - 16:13



leave me alone





Qui était apte à recevoir de la pitié et à l’accepter sans adopter la même position que Raelyn, le même rejet physiologique qu’elle avait manifesté jusqu’à présent ? Peu de gens, certainement pas moi. Je comprenais que ses mots ne coïncident pas avec les manifestations de souffrance que son corps était en train de subir, que tout en elle semblait hurler de douleur mais qu’elle s’efforçait tout de même de faire croire le contraire à chacune de ses paroles. J’avais horreur des lamentations également, horreur de ne pas savoir me contenir, horreur de réagir à chaud ainsi, incapable de sauver les apparences. J’étais ce genre de personne à vouloir tenir le choc, toujours, le genre de personne qui ne s’écroule pas même devant les pires tragédies. Pour moi-même, très égoïstement, pas seulement pour épargner les autres. Je voulais penser qu’en ne pliant pas les genoux, je surmonterais plus facilement les épreuves. Comme si le fait de ne pas s’effondrer physiquement était le gage d’une victoire morale. Je déchantais souvent, une fois seule, après coup. Je n’avais pas pu me résoudre à la laisser seule dans cette ruelle, peut-être pour cela aussi. Car la solitude amplifiait les maux et que l’on ne tardait pas à n’entendre plus qu’eux dans le silence qui l’accompagnait. « Je sais pas ce que tu t’imagines mais je ne suis pas idiote. » Je laissai échapper un soupir imperceptible, ressemblant peut-être à un rire silencieux qui n’avait rien d’heureux, rien d’amusant, rien de railleur non plus. De la pitié, de la condescendance, la liste des défauts qu’elle était prête à voir en moi ne cessait de s’allonger. « Je sais que je fais peine à voir. » Mon regard s’attarda sur son visage, songeuse, car sans doute avait-elle raison mais que je tentais de savoir si cette impression était celle qui résonnait en moi. Raelyn était faible, horriblement abîmée par la vie qui l’avait trouvée et dont elle n’arrivait plus à s’extirper, une barre de lassitude et d’afflictions semblait s’imposer sur ses épaules et je sentais voler autour d’elle l’air saturé de d’écorchures auxquelles je n’avais certainement pas ma part et que je ne pouvais prétendre comprendre. Est-ce que cela me touchait ? Bien sûr. Mais il y avait plus que cela et elle ne s’en rendait pas compte. Elle ne se rendait pas compte que derrière son buste affaissé et ses membres chétifs, elle parvenait tout de même à me toiser de tout son être, relevant le menton d’un air dédaigneux. Sa voix tremblait sous le manque mais parvenait toujours à trancher l’air. J’avais certainement ressenti de la peine, oui, de la peine de la voir subir un mal qui s’était emparé d’elle, certainement pas la peine qu’elle avait l’air d’imaginer, du haut de mes jugements et de ma vie prétendument dorée.

« J’ai pas besoin d’être sauvée. » Je revenais vers elle, entendant de nouveau cette phrase, la même, celle qui commençait sérieusement à sonner davantage comme une réplique qu’elle se répétait à elle-même, inlassablement, plutôt qu’aux autres. Je m’humectai les lèvres, réprimant les relents d’impatience qui commençaient à émerger puis me décalai légèrement en arrière, toujours agenouillée, me laissant me reposer un instant sur mes talons. Elle saupoudrait sa voix de désinvolture mais cela ne prenait pas et j’attendais de voir ce qu’elle allait finir par laisser échapper. « L’adresse que je t’ai donnée, c’était pas la mienne. » Je clignais des paupières, l’incitant silencieusement à poursuivre mais elle s’interrompait déjà, comme si cet aveu était déjà suffisant, de trop. « Je m’en suis doutée oui. » Mes mots vinrent alors ponctuer sa phrase sans emphase, impassibles. Je n’arrivais pas à décider ce que j’étais supposée en penser, la raison pour laquelle elle me confiait cette information. Elle ne me paraissait pas être du genre à être rongée de remords et de culpabilité. Si j’avais accepté de l’écouter, sans question aucune, sans décider de ne pas lui faire confiance, vers quelle destination m’aurait-elle entraînée ? Il me semblait qu’elle n’en aurait pas moins bien dormi s’il s’était agi d’un guet-apens, la drogue annihilait les codes moraux, mais pourtant, l’information avait fuité et je décidais de l’approfondir. « Mais puisque tu en parles, où est-ce que tu aurais voulu que je t’emmène ? Auprès d’un de tes dealers ? Ou tu en avais après l’argent que tu m’imagines avoir sur moi ? » Je fronçais les sourcils sans y penser car ces deux réflexions avaient effleuré mon esprit mais que je l’avais tout de même amenée chez moi, décidant de les ignorer et que cela en disait également beaucoup sur mon compte. J’haussai alors les épaules. « Juste pour savoir où me situer. »

Je crus un instant que Raelyn ne me répondrait pas, tant elle semblait lutter. Tant elle semblait chercher à maitriser les brisures de sa voix et les tremblements qui parcouraient son corps. Son allure me disait qu’elle ne comprenait pas ma question, pas sur l’instant, et que quand celle-ci s’éclaircit, la réponse qu’elle était supposée me donner ne lui vint pas naturellement non plus. Je suspendis mes gestes alors que son regard s’accrocha au mien, cette fois sans désinvolture ni mépris, juste le déferlement soudain d’un poids dans le vide, tel l’océan brisant une digue solide. « Je ne sais pas. » Je restais silencieuse, mes opinions sur la drogue étaient vastes, non figées dans un carcan de jugements et de préjugés sociaux. Je n’avais pas attendu de sa part une réponse arrêtée et développée. Je n’avais pas envie de la percer à jour, il y avait là une notion d’abus qui me déplaisait. Je n’essayais pas de l’exposer, l’opacité qui l’entourait était sa protection. « J’en ai besoin. » J’observais le silence soudain attentif de Raelyn, son extrême abattement mélangé à sa concentration pour ne pas craquer, entrecoupée d’une larme, pourtant, sur sa joue, de regards détournés, de ses bras encerclant ses genoux comme pour ne pas tomber sur le côté. « La pitié et la peine, ce n’est pas pareil, tu sais. Tu avais juste l’air d’avoir besoin d’aide et … » Je soupirai légèrement car elle ne désirait pas entendre cette phrase, elle me l’avait déjà fait comprendre. « Je m’interroge, c’est tout. Sur ton âge par exemple ? » Elle avait l’air mineure mais elle était si mal en point que cette impression était peut-être faussée. Elle était jeune, ça oui, trop jeune, trop affaiblie, pas de taille à affronter ce qui l’attendait si elle continuait sur cette voie. « Tu as dit que tu avais tout ce qu'il me fallait ? » Je reposais le sérum et la crème que j’étais parvenue à lui faire accepter sans qu’elle n’oppose de violente résistance.

Je l’avais entendue mais pris tout de même le temps de me relever, me soulevant de mes talons pour atteindre la table basse derrière moi, face à elle, sur laquelle je me laissais m’asseoir. Je n’avais gagné que quelques minutes, quelques minutes depuis notre arrivée, quelques minutes avant que, sans surprise, elle ne se saisisse de cette promesse à demi-mots que je lui avais lancée pour la convaincre. Et je devais composer, à présent, car ce que je sous-entendais à cet instant n’était pas ce qu’elle espérait. « Ce qu’il te faut, pour commencer … » Je me penchais en avant, laissant mes avant-bras reposer sur mes genoux pour la regarder en face. « C’est un endroit où te reposer sans avoir à regarder derrière toi car tu ne te sens pas en sécurité. C’est que tu acceptes d’enfiler ça aussi, tu es en sueur, tu trembles déjà assez. » Je me saisis de nouveau du haut qu’elle avait soigneusement ignoré pour le lui tendre. Je n’avais pas de marges de manœuvre, pas autant que je ne l’aurais souhaité. Il me semblait qu’à l’amener ici, qu’à prendre en compte les quelques symptômes sur lesquels je pouvais réellement agir, je la veillais et que cela devrait être suffisant pour la maintenir droite. Et je n’aimais pas cela, ne pas avoir toutes les cartes en main, mais je faisais avec celles que j’avais en ma possession et cela devrait suffire.



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Raelyn Blackwell
Raelyn Blackwell
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SURNOM : Raelyn est le prénom qu'elle s'est choisi, elle est née Rachel-Lynn. Beaucoup l’appellent Rae, se passant bien de son accord
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MÉTIER : Responsable de l'approvisionnement en stupéfiants du Club, la pègre de Brisbane
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Message(#) Sujet: Re: RAELYN&SOHEILA ► Leave me alone RAELYN&SOHEILA ► Leave me alone EmptySam 3 Aoû - 18:34



Leave me alone
Raelyn Blackwell & @Soheila Hodge – mai 2005, Brisbane

Qu’est ce qui est à l’origine de cet élan d’honnêteté ? Je n’en sais rien, je ne sais pas ce qui a traversé mon esprit. Je n’étais pas du genre à me sentir mal parce que j’étais trop agressive, trop sauvage, trop véhémente, trop… Trop moi, et cela même si on me tendait la main pour m’aider. Surtout si on me tendait la main pour m’aider en fait. Pourquoi faire ? Je ne devais rien à la brune, je n’avais pas demandé son aide pour lui mentir ensuite, j’avais été honnête en fait, dans un premier temps, je lui avais demandé de me laisser tranquille, je lui avais dit que je ne voulais pas d’aide. Si elle m’avait écoutée à ce moment-là, je n’aurais pas tenté de lui mentir, pas tenté de la manipuler. Alors non, je ne ressens aucun remord à l’idée d’avoir tenté de profiter d’elle pour arriver à mes fins, parce que c’est ce que je fais, c’est ce que j’ai toujours fait. Peut-être que ce n’est pas ce qu’elle m’a vue, qu’elle m’a remarquée, qu’elle est bien la première à le faire depuis des semaines, la première à ne pas me laisser seule, et parce que je ne me l’avouerai jamais, j’ai peur d’être seule. Et je le suis depuis que je suis ici, je me suis entourée des mauvaises personnes en arrivant, pas celles qui vous font vous sentir entourée et servent d’épaule sur laquelle s’appuyer en cas de problème, ces gens-là je n’ai jamais su les trouver ni m’y intéresser. Non ceux qui vous aspirent dans leur spirale, ceux qui ne sont pas de bonnes influences, ceux qui m’ont initiée à la drogue. Mais ceux-là je partage des moments avec eux dans des bars, dans des boites, mais je ne les appelle pas lorsque j’ai trop consommé, je ne pense pas à eux lorsque j’ai besoin que l’on me tienne les cheveux quand mon corps dit stop et rejette le poison que je lui inflige, ce sont des relations superficielles, des gens qui ne s’arrêteraient pas en me voyant recroquevillée dans une allée. Peut-être est-ce pour toutes ces raisons que je suis prise du besoin de lui dire la vérité, même si je n’en suis pas consciente et ne l’avouerais jamais à haute voix si je l’étais. « Je m’en suis doutée oui. » C’est donc pour ça que je suis ici ? Parce que je lui ai menti ? Qu’est-ce que cela peut bien faire de toute façon. Elle m’aurait déposé dans la rue qu’elle pensait être la mienne et serait sortie de ma vie, les reste elle n’en aurait jamais eu conscience. « Mais puisque tu en parles, où est-ce que tu aurais voulu que je t’emmène ? Auprès d’un de tes dealers ? Ou tu en avais après l’argent que tu m’imagines avoir sur moi ? Juste pour savoir où me situer. » Je reste silencieuse un instant, comme piquée à vif, et le regard que je pose sur elle est un regard surpris, affligé. Me pense-t-elle capable d’avoir tenté de la manipuler dans le seul but de la détrousser et de la laisser sans le sous en pleine rue, dans un quartier qu’elle ne connait pas et où je l’aurais emmenée ? C’est ce qu’elle pense de moi ? C’est l’image que je renvoie ? Quand je réponds c’est sur la défensive, je ne parviens pas à le dissimuler.
« Je ne suis pas une voleuse... » Je m’enfonce dans le canapé. J’ai déjà volé en fait, à la sauvette, dans une supérette. Mais c’était pour avoir quelque chose à me mettre sous la dent ou sur le dos, et l’idée de l’emmener dans un coupe gorge pour lui tendre un piège ne m’a pas traversé l’esprit. « Parce que je suis une camée et que j’ai l’apparence que j’ai, je suis une voleuse ? » Je ne suis pas réellement vexée, parce que je n’ai que faire de la façon dont elle me voit, mais j’ai toujours été une petit garce, et je vois là l’occasion de trouver une faille et de m’y engouffrer, de la faire culpabiliser. « Mon dealeur… » Que je souffle finalement, pour répondre à sa question.

Elle essuie le sang séché sur mon nez avec le coton, et je lui laisse même me toucher pour appliquer une crème. Je me laisse faire, pas réellement de bonne grâce, mais comme un animal ensuqué, engourdi, endormi avec de profonds calmant pour pouvoir s’occuper de lui. Mes calmants à moi sont la fatigue, une fatigue extrême parce que mon corps n’en peut plus de ce que je lui fais subir, la douleur qui m’abruti, la promesse aussi qu’elle va me donner ce dont j’ai besoin qui me pousse à rester sage comme une enfant que l’on emmène chez le dentiste et à qui on promet une friandise si elle se tient bien. Mais le manque, le violent manque et les effets de la drogue encore présente en bien trop grande quantité dans mon organisme ne sont pas bien loin et menacent de ressortir. Sans trop comprendre les réactions de mon corps, je le maudis pour sa faiblesse alors qu’une larme coule sur ma joue, devant mon incapacité à répondre à sa question. Devant ce que les simples mots "Pourquoi tu fais ça" font remonter chez moi. Insécurité, solitude, désillusion. Ce que je combats avec de l’artificiel. « La pitié et la peine, ce n’est pas pareil, tu sais. Tu avais juste l’air d’avoir besoin d’aide et … » Je sens son regard doux, trop doux sur mon, si doux qu’il m’en donne le tournis. Elle pousse un soupir et se reprends, surement consciente qu’elle ne s’y prend pas comment il le faudrait, et moi de mon côté cela me donne quelques secondes pour retrouveru ne contenance, resserrant dans m’en rendre compte la prise de mes bras autour de mes genoux, me mordant l’intérieur de la lèvre pour calmer les douleurs et le mal-être. « Je m’interroge, c’est tout. Sur ton âge par exemple ? » Cette partie-là de l’interrogatoire je m’y prête sans opposer trop de résistance, parce que la question plus facile que la précédent m’aide à retrouver de l’aplomb. « J’ai dix-huit ans. » Et cette fois ci ce n’est pas un mensonge. Je sais pourquoi elle pose cette question, je me suis croisée dans le miroir ce matin, et si j’ai toujours eu un visage enfantin me rajeunissant, ma perte récente de poids n’aide pas non plus. J’ai l’air d’un oisillon fragile. Je continue, comme portée par la facilité nouvelle de l’interrogatoire, comme si ça allait me donner plus de bon points et m’aider à obtenir plus rapidement ce que je veux. « Je suis arrivée y’a quatre mois en ville. » Et j’ai commencé à consommer à peu près à la même période, c’est plutôt cette information là que je lui offre.

L’impatience tend mes muscles et me brûle les veines, alors je n’y tiens plus, et réclame ce qu’elle m’a promis. Je ne tiens plus, j’en ai besoin, j’en suis persuadée, juste un rail et ça ira mieux, elle pourra me poser toutes les questions qu’elle veut quand je serai de nouveau en train de planer, et plus de m’écraser douloureusement au sol. Ce n’est pas que je ne suis pas consciente des limites de mon corps, du fait qu’il lâchera un jour. Si, mais je m’en fou. « Ce qu’il te faut, pour commencer … » Je l’observe religieusement se pencher en avant vers moi, mes grands yeux grands ouvert, dénotant d’une avidité que je ne peux dissimuler. « C’est un endroit où te reposer sans avoir à regarder derrière toi car tu ne te sens pas en sécurité. C’est que tu acceptes d’enfiler ça aussi, tu es en sueur, tu trembles déjà assez. » Je mets quelques secondes à comprendre, quelques secondes à réaliser qu’elle s’est foutue de moi. Qu’en plus d’avoir facilement déjoué le piège que je lui tendais, elle m’a renvoyé l’ascenseur, me faisant miroiter ce qu’elle ne comptait pas me donner. Elle est médecin elle l’a dit, et sobre et en possession de mes moyens je ne saurais jamais tombée dans le panneau, tant c’était évident, mais là je l’ai suivie aveuglément, comme un âne après sa carotte. La réaction de mon corps et immédiate. Les battements de mon cœur s’accélèrent et ma respiration avec, sèche, bruyante alors que je reste quelques secondes encore assise. Finalement, ignorant le t-shirt qu’elle me tend, c’est la colère, la violence que la cocaïne distille en moi qui prend le dessus, et je me lève sur les brindilles qui me servent de jambes, mais avec une rage qui me permet de tenir debout. « Tu m’as menti ? » A vrai dire elle m’a laissé penser ce que je voulais entendre, mais la douleur et le manquent m’aveuglent complètement. Je répète, plus fort cette fois, hurlant à pleins poumons. « TU M’AS MENTI ? » Je m’éloigne d’elle, sans lui tourner le dos, et me sentant faible je m’accroche à la première chose qui me tombe sous la main, l’une des chaises qui entourent la table à manger blanc laqué, magnifique, imposante. Mes yeux passent d’elle à l’appartement, et sans trop réfléchir j’attrape le vase vide posé sous la table pour l’envoyer dans sa direction, mais vidée de force je ne réussis qu’à le faire s’écraser en plusieurs morceaux, à peine plus d’un mètre devant moi. Ma main se resserre sur la chaise que je renverse, toujours en proie à cet accès de colère que je ne maîtrise pas. Je n’ai plus le contrôle. Je n’ai plus aucun contrôle. Regardant autour de moi je tente de localiser la porte par laquelle je suis entrée mais ma vision se brouille alors que mes yeux s’emplissent de larme que je n’ai pas demandée non plus. Je recule alors pour m’adosser au premier mur que mon dos rencontre, renversant à nouveau un objet en verre auquel je n’apporte pas d’intention, et je me laisse tomber par terre, je prends ma tête entre mes mains, griffant presque mon cuir chevelu, agrippant mes doigts dans mes cheveux longs tentant de contenir les sanglots de rage et de douleur qui me secouent. Assise là je laisse la colère tomber comme un soufflé, parce que je n’ai pas la force de la laisser m’habiter plus longtemps, et quand je reprends ma litanie c’est sur un ton cette fois ci beaucoup plus plaintif. « Tu m’as menti… »




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Soheila Hodge
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STATUT : Divorcée. Mère d'Emma, cinq ans.
MÉTIER : Directrice de la Hodge Foundation, association humanitaire internationale d'aide médicale. Médecin de formation. Danseuse.
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Message(#) Sujet: Re: RAELYN&SOHEILA ► Leave me alone RAELYN&SOHEILA ► Leave me alone EmptyDim 4 Aoû - 22:27



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Son regard est surpris, j’y lis également un profond désappointement mêlé à de l’irritation. Tous ces sentiments qu’elle tentait de refouler, de taire, je le voyais bien, pour ne pas me heurter, pour ne pas réagir avec autant de véhémence qu’elle ne l’aurait souhaité car elle avait besoin de moi. Il s’agissait de la seule explication, n’est-ce pas ? Il y avait bien des raisons de se révolter apparemment dans la question que je venais de lui poser. Et une seule de ne pas le faire, la pensée qu'elle pourrait me soutirer l'objet de son désir. Mais si le combat semblait déséquilibré, les deux camps semblaient se tenir mutuellement en équilibre. Et je me demandais pour combien de temps encore. Combien de temps avant qu’elle ne perde patience et qu’elle finisse par réclamer ce qu’elle pensait être son dû, la seule raison du camp adverse. « Je ne suis pas une voleuse... » marmonna-t-elle en se reculant en arrière, l’air sombre, l’air profondément marqué par l’idée que j’ai pu penser cela d’elle. « Parce que je suis une camée et que j’ai l’apparence que j’ai, je suis une voleuse ? » Je fronçais les sourcils mais ne me laissais pas atteindre. Elle ne parviendrait pas à me faire culpabiliser, pas pour cela tout du moins. La culpabilité viendrait. Elle viendrait bien assez vite. « Parce que tu souffres et que quand on souffre, on est prêt à tout. » explicitai-je sobrement. L’idée m’avait effleuré l’esprit, oui, car je persistais à penser que cela n’aurait en rien traduit la personne qu’elle était, la personne sans les drogues, la personne sans la douleur qui pouvait la mettre au pied du mur. « Mon dealeur… » J’opinai une fois, décidant que cette réponse suffirait sûrement pour lui indiquer que je l’avais entendue, que je la remerciais pour sa précision mais cette impression ne dura qu’une seconde et je me forçais à reprendre. « Mais pas toi apparemment, excuse-moi.» Les excuses n’étaient pas choses aisées, les torts difficilement reconnus, encore moins assimilables mais celles-ci sortirent sans trop de mal, avec une honnêteté dénuée de toute ironie. Je les lui devais bien, puisque les prochaines, je ne serais pas en mesure de les lui fournir.

« J’ai dix-huit ans. » À mon tour d’être quelque peu surprise par la réponse. Les trois années qu’elle venait de rajouter à ce que son apparence suggérait semblait lui redonner confiance, peut-être même un peu d’audace. J’ai dix-huit ans. Comme si cela rendait la situation moins intenable, moins tragique. Dix-huit et déjà écrasée par une fatalité qu’elle n’avait pas su déjouer, par une fatalité pour laquelle les armes lui avaient manqué. Peut-être était-ce une réponse qu’elle me donnait, soulagée de penser enfin pouvoir rehausser le menton car dix-huit ans, cela semblait assez, n’est-ce pas ? Assez âgé, assez armé. Mais dix-huit ans, cela voulait simplement dire qu’il n’y avait jamais eu la moindre chance. « Je suis arrivée y’a quatre mois en ville. » J’observai son visage une seconde, incapable de trouver une satisfaction de le voir nettoyé, absent de toute trace de sang, tout du moins. Ce n’était pas le sang qui tordait ses traits sous la douleur. « Je suis de New-York. Mais de passage ici, de temps en temps. » répondis-je alors en retour. Une information pour une autre. Si elle me permettait d’en savoir plus, d’en connaitre plus, je ne pouvais que lui rendre la pareille pour essayer d’atténuer quelque peu son impression d’être en présence d’une véritable étrangère.  

Je me penchai en avant pour répondre à sa question à présent, la sienne, plus pressante. Je ne pouvais décemment pas faire marche arrière, éluder son interrogation en espérant qu’elle finisse par l’oublier. Mais ma réponse nous forcerait toutes deux à renoncer à l’entre-deux de l’ignorance, aux vapeurs anesthésiantes que l’incertitude avait fait naître en elle car le seul fait d’imaginer accéder aux substances supposées la guérir, supposées l’aider, supposées lui apporter repos et renouveau avait suffi à la faire venir ici, à calmer son rejet. Mais que j’étais sur le point de le lui enlever. Que je venais de le faire à présent, faisant ainsi taire l’avidité dans son regard, celle qui était son moteur sur l’instant mais qui pouvait sonner son glas si personne n’était là pour la contrôler. Ce n’était plus de l’avidité à présent, une fois les mots prononcés. Son regard était loin et intense, autrefois chargé d’espoir et de peur mais la première s’évanouissait pour laisser place vacante, place entière à la seconde et je soupirai. « Tu m’as menti ? » Je fais signe que non. Je ne lui avais pas menti, techniquement. Mais qu’en avait-elle à faire des détails, n’est-ce pas ? « TU M’AS MENTI ? » Je fronçais les sourcils en la voyant se redresser, virevolter avec peine jusqu’à la table derrière elle et rehaussai mes épaules avec lenteur. Son regard semblait volontaire, décidé à s’éloigner de moi, à s’échapper mais ses mouvements étaient trop vagues, trop affaiblis pour me convaincre. Son corps ne suivit pas la vigueur et l’ébranlement de son esprit mais je me redressai à mon tour car le désespoir dotait les individus de forces sous-estimées. « Raelyn. » tentai-je d’une voix sombre qui pouvait presque ressembler à un avertissement. C’était peine perdue. Ses mains s’abattirent sur la table entre nous et je m’arrêtai car je n’avais pas besoin de m’approcher plus, car il était trop tard, je la voyais déjà s’emparer du vase et détournai mon visage avec hâte pour n’entendre finalement que le claquement sourd et les brisures infinies de l’objet contre le sol pour deviner le choc.

Je revenais vers elle pour l’attraper, pour la saisir mais elle reculait encore, toujours plus, comme si elle se trouvait désormais en présence du plus terrible de ses ennemis. Cela ne servait à rien de m’écrier, de m’agiter, de répondre avec tout autant de fougue. Je comprenais ce qu'elle faisait. Je comprenais pourquoi elle le faisait. Des moments de violence qui la prenaient brusquement lorsque d’un coup le manque était trop douloureux. Comme si le moindre de ses actes était fait pour amoindrir la souffrance. Toute son énergie pour calmer le mal. « Ok, ça suffit. » La voix autoritaire, ferme, le regard, dur et insistant, dans le sien. La chaise à laquelle elle se raccrochait tomba, chuta avec elle contre le mur de la pièce. « Tu m’as menti… » Si je m’étais, un instant, posé la question sur ses capacités physiques à abattre toute sa furie dans mon appartement, la collision avait finalement eu lieu et ce n’était pas moi qui étais blessée, moi qui étais heurtée. Je passai une main lasse sur mes yeux, une seconde, juste une seconde pour me permettre de réfléchir et je tournai de nouveau les talons, retournant m’engouffrer dans la salle de bain. La pharmacie de nouveau se présenta à mon regard et je la parcourus, concentrée. Rien. « Merde … » laissai-je échapper entre mes dents avec une frustration véhémente. Les néons jaunes, d’ordinaire doux, semblaient m’aveugler et me renvoyaient un reflet dans le miroir que je ne voulais plus voir, celui d’une scientifique dépassée car rien ne pouvait être fait dans un appartement, tout aussi spacieux et équipé soit-il. Antalgique, je m’en saisis sans y penser. Antispasmodique, pourquoi pas, mais ceux que je possédais par précaution n’égaleraient jamais ceux qu’elle était supposée recevoir. Je revins au salon, dégageai quelques morceaux de verre de ma chaussure et m’accroupis face à elle. Sa bouche était crispée comme un dernier appel d’une terrible agonie autant physique que mentale, le rictus de ses lèvres témoignait de son désespoir et je posais le verre et les comprimés au sol pour me concentrer sur elle. « J’ai jamais prétendu avoir toutes les réponses, d’accord. » Non, je n’avais fait qu’entretenir des espoirs, sachant pertinemment qu’ils la mèneraient vers des désillusions. Et si c’était à refaire, sans doute le referais-je car elle était ici au moins et que cela espaçait de quelques heures l’instant où la drogue retrouverait son chemin dans son organisme. « Mais je n’ai pas voulu te piéger, regarde-moi. » Je dégageai ses quelques mèches de cheveux emmêlés, attrapai son menton d’une main, et plantai mon regard dans le sien, comme pour lui donner un point d’ancrage auquel elle pourrait s’accrocher. « C’est tout ce que je peux te donner ici. Ça calmera certaines de tes douleurs, pas toutes, je ne te mens pas. » repris-je finalement en lui indiquant les comprimés à nos pieds. Je ne te mens plus. J’anticipais ses reproches. Mais je ne reconnaissais pas le mensonge. Elle avait entendu ce qu’elle voulait entendre et je n’avais fait qu’en être consciente, qu’en jouer certainement mais je ne m’excuserais pas d’employer des manières séditieuses s’il s’agissait des seules pour lui venir en aide. « Allez, tu vas te blesser. » Les morceaux de verre jonchaient à nos pieds et n’attendaient qu’un autre mouvement anarchique de sa part pour se planter dans sa chair. Et alors, il n’y aurait plus que moi pour la soigner, de nouveau, celle qu’elle ne voulait pas, la seule qu’elle aurait car ses maux pouvaient bien sans cesse tournoyer sur le parquet doré de mon appartement, ce dernier était capable de tout supporter, car je l’avais habitué à l’anonymat, à la désertion, et qu’il s’en moquait bien.



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Raelyn Blackwell
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Message(#) Sujet: Re: RAELYN&SOHEILA ► Leave me alone RAELYN&SOHEILA ► Leave me alone EmptyLun 5 Aoû - 10:50




Leave me alone
Raelyn Blackwell & @Soheila Hodge – mai 2005, Brisbane

« Parce que tu souffres et que quand on souffre, on est prêt à tout. » Prête à tout, est ce que je le suis ? Prête à beaucoup c’est certain, je n’ai plus réellement de limite, et si cela ne m’a pas traversée l’esprit de l’attirer dans un piège pour la dépouiller, c’est aussi parce que je n’en aurais pas la force et n’en serais pas capable, mais est-ce que cela m’empêcherait de dormir pour autant ? Je ne sais pas, j’ai perdu toutes mes certitudes à vrai dire depuis que j’ai rencontré la poudre blanche, et plusieurs fois même l’idée de vendre mon corps m’a semblé être une solution pour obtenir facilement quelques dollars. Avant que je ne sois prise d’un haut le corps, d’une nausée incontrôlable comme si je me dégoutais moi-même de l’avoir envisagé. La poudre blanche j’ai menti pour en obtenir, je me suis dégradée, alors voler, est-ce si incohérent ? Je monte sur mes grands chevaux, je lui jette une phrase avec laquelle j’espère provoquer de la culpabilité, mais la vérité c’est que je ne suis même pas sure de ce que j’avance, parce que je ne suis plus sure de savoir réellement qui je suis et ce que je suis prête à faire. Alors pourquoi je me sens blessée à l’idée qu’elle ait pu me croire capable de faire ça ? Peut-être parce que cela reflète la misère qu’elle voit en moi. « Mais pas toi apparemment, excuse-moi. » Je ne réponds rien et porte mes ongles à ma bouche pour les ronger, pour me calmer peut être, c’est devenu un tic lorsque je suis sous influence, de le ronger jusqu’à la chair. *

Est-ce que j’ai réellement eu la moindre chance en arrivant sur Brisbane ? De m’en sortir, de trouver un travail et de dépenser mon argent de façon honnête ? Je n’ai jamais senti que j’avais le choix, de quitter ou non Charleville, parce que je répondais à un besoin impétueux, des craintes et des aspirations que je ne contrôlais pas, mais la vie n’est pas tendre avec une gamine idiote et sans un sou qui débarque en ville. Qu’est-ce que je croyais ? C’est cette putain d’attirance incontrôlable et néfaste pour le frisson qui m’a attirée de sales fréquentations. Dans un sens non, je n’avais jamais eu la moindre chance, parce que j’étais programmée pour agir comme je l’avais fait. « Je suis de New-York. Mais de passage ici, de temps en temps. » La différence n’aurait jamais pu être aussi marquée entre nous. Elle venait de New York, elle était de passage et résidait dans un appartement luxueux. Elle était libre de partir, de rester, de faire ce qui lui plaisait et avait visiblement les moyens d’avoir le choix. Je n’avais jamais quitté l’Australie, je n’avais jamais quitté le Queensland à vrai dire, et n’avais mis les pieds que dans deux villes. Elle avait l’air à peine plus vieille que moi, sur combien de contient avait-elle voyagé ? Dans combien d’appartements luxueux comme celui-ci avait-elle résidé ? Nous n’avions rien en commun, et c’était hypocrite de sa part de prétendre pouvoir comprendre ce que je traversais. Alors je ne réponds pas, et me renferme dans mon mutisme.

Mais je m’accroche, parce qu’elle me l’a promis, parce qu’elle a ce qu’il me faut et que bientôt, si je suis patiente, je pourrai combattre la douleur au fond de moi, la chasser, même si c’est temporaire.

Quelle idiote, je ne sais rien du tout, et quand je réalise que je me suis faite avoir je n’arrive pas à canaliser la colère qui prend le contrôle de mon être et de mes actions. Je l’entends appeler mon prénom quand ma main s’accroche à la chaise et s’abat sur la table, mais je suis loin, hors d’atteinte, et la porte que j’avais laissée entrouverte jusqu’ici et dans laquelle elle s’était engouffrée se referme complètement, mes mécanismes de défenses qu’elle avait réussi à endormir pas à pas se dressent à nouveau, et prise d’un élan de rage je n’ai qu’une envie, exploser, lui faire mal, me faire mal, me tirer d’ici, casser ce qui me tombe sous la main. Je ne sais pas, parce que je ne réfléchis pas. Elle avance vers moi pour m’attraper mais vivement je recule. « Ok, ça suffit. » Qui était-elle pour me dire ça ? A quoi elle s’attendait en m’amenant ici, que je me transforme en chaton domestique ? Que j’allais lui tomber dans les bras parce qu’elle voulait m’aider ? Faire construire un temple à sa gloire ? J’attrape la chaise, et je ne sais pas si je la jette à terre volontairement ou si elle m’échappe, parce que je ne contrôle plus rien. Mais je me retrouve dos au mur avant de me laisser glisser, essayant d’échapper à cette colère, cette rage qui me brûle le corps. Je la vois disparaitre de mon champ de vision, pas surprise, dans ma tête je me dis que j’ai réussi à la faire fuir, réussi à la dégouter de l’idée de m’aider. Je ne réfléchis pas plus loin et saisis ma tête entre mes doigts. Quand je l’entends revenir je jette un regard furtif dans sa direction, le temps de la voir poser deux pilules et un verre d’eau près de moi. Les battements de mon cœur s’accélèrent, de quoi s’agit-il ? Mais sauvage et apeurée, je détourne à nouveau la tête. « J’ai jamais prétendu avoir toutes les réponses, d’accord. » Je secoue la tête, plusieurs fois, pour chasser les ombres autour de mon esprit. « Mais je n’ai pas voulu te piéger, regarde-moi. » Je sens sa main se poser sur mon visage pour dégager quelques mèches de cheveux, tétanisée, incapable de bouger. Je lui en veux et j’ai mal, et je ne sais pas laquelle de ces choses qui prend le dessus sur l’autre. Ma mâchoire se contracte quand elle attrape, pourtant avec une douceur à laquelle je ne suis pas habituée mon menton entre ses doigts pour me faire redresser la tête et croiser son regard. « C’est tout ce que je peux te donner ici. Ça calmera certaines de tes douleurs, pas toutes, je ne te mens pas. » J’essaye de jauger la sincérité de son regard, et mes yeux passent d’elle aux deux pilules à plusieurs reprises. Mais j’ai déjà pris ma décision, je ne la connais pas et elle pourrait me refourguer du poison, cela n’aurait aucune importance. Je ne sais pas ce que sont ses pilules, mais la décision de les avaler ou pas je l’ai prise au moment où mes yeux se sont posés dessus. Doucement, je tends une main tremblante pour les attraper et de l’autre je me saisis du verre d’eau, avant de les avaler, l’une puis l’autre, déglutissant difficilement. Je ne demande même pas ce que c’est, parce que je m’en fiche. Je me contente de chuchoter, comme si j’avais peur d’être surprise, peur d’être surprise en une telle position de faiblesse, à accepter son aide. « Promis ? » Promis, tu ne me mentira plus ? C’est ce que je cherche à savoir. Je n’aime pas avoir le sentiment d’être flouée. J’ai besoin de me raccrocher à quelque chose. « Allez, tu vas te blesser. » Je regarde enfin autour de moi, comme si je reprenais d’un coup contact avec la réalité, découvrant presque ce que quelqu’un d’autre avait fait. Sauf que ce n’est pas quelqu’un d’autre, c’est moi qui suis responsable du verre qui jonche le sol de l’appartement. Je m’appuie d’une main contre le mur pour me redresser, hésitante, je n’ai pas assez confiance en moi, en la stabilité de mes mouvements pour faire un pas de plus dans ce champ de bataille dont je suis responsable. J’essuie les larmes qui ont coulé sur mes joue pour tenter de faire disparaitre ce que je considère comme une preuve de faiblesse. « Qu’est-ce que je dois faire ? » Après la colère, vient la négociation. Parce qu’une part de moi pense encore qu’elle pourrait me soulager, me donner ce que je veux mais qu’elle a décidé de ne pas le faire. Je n’ai plus aucune cohérence, je ne suis plus capable d’en avoir. « Qu’est-ce que je dois faire pour que tu me donnes ce dont j’ai besoin ? Je ferai tout ce que tu veux. » Je supplie, je marchande, pas encore prête à baisser les armes, à cause de ces substances qui m’empoisonnent et m’empêche de voir la réalité et de la comprendre. Ma gorge se serre et ma voix se fait plus plaintive. « Je t’en prie. » J’ai l’air encore plus pitoyable que jamais, je crois. Et je me déteste pour ça.







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