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 the first cut is the deepest (soheila)

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Dimitri Horowitz
Dimitri Horowitz
le mauvais gendre
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ÂGE : trente-neuf ans (14/04/80)
SURNOM : Dima par sa mère, et c'est déjà trop.
STATUT : célibataire, le cœur en morceaux depuis quatre ans qu'il recolle comme il peut.
MÉTIER : gérant d'un stand d'auto-tamponneuses au parc d'attractions, peut être pas ce qu'il aurait choisi au départ mais son père compte sur lui.
LOGEMENT : #134 hughton avenue, à redcliffe, un appartement un peu en désordre qu'il partage avec ses trois chiens.
the first cut is the deepest (soheila) 9o9eYscA_o
POSTS : 1162 POINTS : 1555

ORIENTATION SEXUELLE : J'aime les jolies filles.
PETIT PLUS : a repris l'affaire de son père après que celui-ci ait eu des soucis de santé, une bonne excuse pour mettre ses propres ambitions de coté ☆ fier d'appartenir à une famille de forains même si certains jours paient mieux que d'autres ☆ semi-illettré, la lecture, l'écriture et le calcul sont des défis au quotidien auxquels il tente de remédier en participant à des ateliers ☆ passionné de photographie et de dessin, une âme d'artiste qu'il n'assume qu'auprès de quelques personnes ☆ s'est fait agresser il y a cinq ans et en a gardé une balafre au bras.
UN RP ? : Seulement si nous avons un lien.
RPs EN COURS :
the first cut is the deepest (soheila) CE7WtSyw_o
tamsin #2 ☆ but now the day bleeds, into nightfall. and you're not here, to get me through it all. i let my guard down, and then you pulled the rug, i was getting kinda used to being someone you loved.

noasoheilaraelynalec (fb)tommyjustine (fb)jessian #2alfiejillian

the first cut is the deepest (soheila) N3EbqErz_o

RPs EN ATTENTE : elin ☆ lullaby #2 ☆ eavan #2 ☆ may
RPs TERMINÉS : (2019) jessian #1lullaby #1eavan #1tamsin #1
PSEUDO : nairobi, charlotte.
AVATAR : milo ventimiglia.
CRÉDITS : avatar@kane, userbar@loonywaltz.
DC : aucun.
INSCRIT LE : 10/08/2019
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Message(#) Sujet: the first cut is the deepest (soheila) the first cut is the deepest (soheila) EmptyMar 3 Sep - 16:44



 
the first cut is the deepest.
SOHEILA & DIMITRI.

Il allait neiger. C'est en tout cas ce qu'aurait dit sa mère pour plaisanter et souligner le coté hautement improbable de sa tenue de ce soir si elle l'avait vu se préparer. Dimitri avait enfilé une chemise. Une cravate. Un pantalon de costume comme ceux qu'il ne mettait généralement que pour les mariages et les enterrements, et fort heureusement pour lui son entourage proche n'officiait pas vraiment ni dans l'un ni dans l'autre ces derniers temps. La montre de son père au poignet comme s'il avait besoin de se rappeler d'où il venait chaque fois qu'il s'habillait d'une tenue qui pourrait presque donner le change et le faire passer pour un de ces types de bonne famille qu'il fréquentait indirectement à une époque qui lui semblait à la fois remonter à hier et à une autre vie, Dimitri s'observait dans le miroir avec l'étrange impression de faire la chose la plus folle et la plus censée depuis longtemps. Ses doigts farfouillaient à l'intérieur de la poche de la veste qu'il porterait au bras, à la recherche du papier qu'il y avait glissé un peu plus tôt et sur lequel était dessiné le plan d'accès de l'endroit où il se rendrait ce soir. C'était ce qu'il faisait en général, des schémas pour se repérer dans les coins qui lui étaient les moins familiers quand dans son cas écrire une adresse lui prendrait plus de temps qu'il n'en avait, et qu'il avait déjà de bonnes raisons de penser que la soirée serait loin d'être une partie de plaisir, en tout cas au début. L'Emporium Hotel, ce n'était pas un endroit qu'il avait souvent l'occasion de fréquenter, mais ce soir il accueillait un gala pour une collecte de fonds auquel l'élite de Brisbane avait probablement été conviée, et si lui ne jouait pas vraiment dans cette catégorie, il savait en revanche qui risquait d'y faire une apparition. Soheila. Un visage qu'il avait vu s'évaporer ces dernières années après que les événements les aient éloignés sans qu'il sache vraiment comment ils en étaient arrivés là. Après le départ de Tamsin, après la façon dont ils avaient été accablés de questionnements et de chagrin, après la façon dont lui avait redirigé le sien vers la seule personne que ses yeux et son cœur aient trouvé à ce moment-là et qui lui en avait voulu pour des choses qui aujourd'hui lui paraissaient plus sordides encore que cette situation. Leurs chemins s'étaient séparés sur des mots qu'il savait injustes et qu'il pensait pouvoir gommer à l'époque le jour où il se sentirait un peu mieux, loin de savoir que l'avenir avait d'autres plans pour eux. Pour elle, dont l'incarcération avait achevé de lui inspirer culpabilité et regrets, quand à une époque il aurait suffi d'un petit quelque chose en plus pour que le reste ne se soit même jamais écrit. Dimitri avait repensé à tout ça des dizaines de fois depuis qu'il avait appris pour sa libération et son retour à Brisbane, et si les premiers mois il s'était fait violence pour ne pas prendre le risque de réapparaître au pire moment pour elle, ce soir l'occasion était trop belle et le manque trop grand. Cette histoire de gala, c'était sûrement de la pure folie, mais c'était tout ce qu'il avait trouvé pour l'approcher tout en gardant une porte de sortie s'il sentait que le moment n'était toujours pas idéal. Il ne pouvait pas sonner chez elle, débarquer à l'improviste et lui déballer tout ce qu'il avait ressassé ces derniers temps, mais peut être que s'ils se retrouvaient au même endroit au même moment, les choses se feraient d'elles-mêmes. Alors il se mit en route, roulant jusqu'au centre de Fortitude Valley avant de se garer à quelques mètres de l'entrée. L'ironie avait voulu qu'un agent de sécurité contrôle les entrées, c'était bien sa vaine. « Bonsoir, c'est ici le gala pour la récolte de fonds ? » Dimitri n'avait aucun idée de quoi il pouvait bien avoir l'air dans cette tenue et s'il faisait un tant soit peu illusion au milieu des autres, mais c'était maintenant la cadette de ses préoccupations. « C'est ici oui, mais c'est un événement privé. Votre nom ? » Il se racla la gorge et énonça d'une voix faussement assurée. « Dimitri Horowitz. Avec un H. » Et il ne voudrait pas paraître tatillon, mais quel était l'intérêt d'une récolte de fonds avec des invités triés sur le volet ? Est-ce qu'il fallait forcément être riche pour qu'on veuille de votre argent ? Il allait tester cette théorie dès maintenant. « Navré, vous n'êtes pas sur la liste. » S'y attendant un peu, il fouilla dans sa poche et en sortit un billet qu'il tendit discrètement au vigile. « Je sais, mais... hmm, peut être qu'en regardant à nouveau, vous trouverez mon nom ? » L'expression incrédule du type en face de lui n'augurait sûrement rien de bon, mais Dimitri avait vu faire ça dans les films, et lorsqu'il avait du considérer toutes les options pour s'assurer d'entrée c'était l'une de celles qui s'étaient présentées, aussi pathétique ce soit sans doute. « Monsieur, est-ce que vous venez d'essayer de m'acheter avec un billet de dix dollars ? » Bon. Il était prêt à lui donner raison sur au moins un point, c'était peut être un peu trop optimiste de compter sur un aussi petit billet pour espérer ajouter son nom à la liste des invités d'une soirée très sélect, d'autant plus quand on ne faisait pas vraiment partie de ce monde. « Désolé, c'est tout ce que j'ai sur moi, si vous me laissez cinq minutes je pourrais peut être aller retirer de l'argent... » Il fut aussitôt coupé dans son élan par l'agent qui le fit reculer sans y mettre beaucoup de délicatesse et s'assura qu'il reste sur le coté pour garder un œil sur lui. « Allez, circulez, vous gênez l'arrivée des invités. » Dimitri soupira, passant une main sur son visage d'un air contraint et légèrement désemparé. Il ne s'attendait pas à ce que ça fonctionne du premier coup, mais il ne pouvait pas se permettre d'échouer. « Non, vous ne comprenez pas, je... » Ses yeux se posèrent brusquement sur une silhouette familière qui passa à un mètre de là, et qu'il resta un instant à observer en silence comme s'il douta jusqu'au dernier moment de l'avoir reconnue, et comme s'il y avait le moindre risque qu'il oublie cette chevelure, cette démarche, cette élégance naturelle qui l'avait toujours fasciné. Bien sûr que c'était Soheila, qui se retourna le temps d'une seconde lorsqu'elle se fit contrôler à son tour par un autre agent de sécurité, moment où la voix de Dimitri se débloqua au fond de sa gorge comme s'il savait déjà que sa chance ne se présenterait pas deux fois. « Soheila ! » Elle se retourna dans sa direction, et il resta le souffle coupé de croiser son regard après tout ce temps, alors qu'il avait souvent imaginé le moment où il arriverait à dépasser tout ce qu'il y avait eu ces dernières années pour faire un pas vers elle. Il n'osa rien dire de plus, comme si malgré tout il lui laissait encore une chance d'échapper à la suite, de se préserver, de décider que ça valait mieux. « Vous le connaissez, Mademoiselle Hodge ? » Oui, maintenant c'était à elle de décider de la réponse à cette question.




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Soheila Hodge
Soheila Hodge
la mélodie engagée
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ÂGE : trente-huit ans.
STATUT : Divorcée. Mère d'Emma, cinq ans.
MÉTIER : Directrice de la Hodge Foundation, association humanitaire internationale d'aide médicale. Médecin de formation. Danseuse.
LOGEMENT : Bayside, #826. Villa d'architecte en verre.
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ORIENTATION SEXUELLE : J'aime tout le monde.
PETIT PLUS : Américaine, s'est installée définitivement à Brisbane en 2009. A la double nationalité. Médecin humanitaire. N'exerce plus la médecine depuis 1 an. De retour à Brisbane en décembre 2018 après 1 an d'incarcération en Chine. Atteinte de PTSD depuis. N'a pas la garde de sa fille de 5 ans. Fait régulièrement l'objet d'articles ou de sujets dans les médias. Intervenante dans plusieurs émissions télévisées en tant que porte-parole de son association et des causes défendues. Outre l'anglais, parle l'espagnol, le portugais, l'arabe, des notions de français et de chinois.
UN RP ? : Seulement si nous avons un lien.
RPs EN COURS : anwar ; leonie ; stephen 2 ; raelyn ; thomas ; lily ; lizzie ; dimitri ; clément ; lucia
RPs TERMINÉS : the first cut is the deepest (soheila) 1562884137-emma
Maybe I'm not the mother you deserved but I swear, you're everything I ever wanted. But I’m a liar when I say that I’m okay. You taught me why hurricanes were named after people.

stephen 1 ; freya 1 ; yasmine 1
AVATAR : Zoe Saldana
CRÉDITS : avatar Lux Aeterna. signature code Astra.
DC : Non.
INSCRIT LE : 03/07/2019
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Message(#) Sujet: Re: the first cut is the deepest (soheila) the first cut is the deepest (soheila) EmptyVen 6 Sep - 22:37



the first cut is the deepest.





La bruine s’était calmée dehors et au travers des fenêtres teintées de la voiture, je pouvais apercevoir l’enseigne imposante de l’hôtel mise en valeur par les spots tamisés. Le bruit des véhicules passant dans l’avenue était à peine perceptible mais je sentais l’agitation, le crépuscule tombant sur la ville, les terrasses couvertes se remplir, les invités de la soirée se succéder à l’entrée de l’Emporium. Je soupirai doucement et quittai du regard la rue sans pour autant me détacher de l’appui-tête. Sans pour autant quitter l’habitacle rassurant de la voiture à l’arrêt depuis plusieurs minutes à présent. Ce n’était qu’une soirée comme toutes les autres. Je pouvais déjà prédire l’entièreté de son déroulé. Imaginer les noms se répéter, les visages se succéder, la façon dont les hommes retireraient vite leur main quand ils se la donneraient pour se dire bonjour, le regard des uns fuyants cherchant dans l’assemblée quelqu’un de mieux à aborder, les rires polis des autres à la plaisanterie du moment, déçus tout de même de ne pas en être l’auteur. Il y aurait un quatuor à cordes, sûrement, des verres Lalique et une assemblée entière qui ferait semblant de ne pas apprécier ces attributs, se répétant à quel point le monde extérieur était affreux. Je glissai mon téléphone dans la pochette sur mes genoux en secouant doucement la tête. J’étais injuste, ils n’étaient pas tous comme cela. J’étais fatiguée et lassée et cela paraissait improbable également mais j’avais aussi perdu l’habitude, sans doute. Ailleurs, ils étaient nombreux à ignorer qui j’étais, à ignorer ce qui s’était passé. Ici, j’avais l’impression de devoir m’en remémorer à chaque regard posé sur moi. J’avais évité beaucoup de galas tels que celui-ci, m’étais désistée de nombreux autres évènements et mes excuses étaient suffisantes aux yeux de ce monde pour qu’on ne m’en tienne pas rigueur. Mais cela ne durerait pas et je ne pouvais décemment continuer de prétendre refuser de capituler si je ne le prouvais pas, réellement, concrètement. J’étais prête à me noyer dans la foule de smoking et de perles ressorties pour l’occasion, résignée à suffoquer lorsque mon esprit finirait gorgé de ce qu’il ne pouvait plus désemplir. Ici, l’apparence semblait reporter la partie, l’élégance n’avait de yeux que pour des inconnus et les crispations de mes membres ne repoussaient que l’estime que je me portais à moi-même. La cause défendue apparemment ailleurs avait affaire et ne serait évoquée que lors de deux ou trois discours avant que nous n’allions apposer nos promesses de dons d’une signature sur un papier de glace. Chacun rentrerait ensuite chez soi. Je me sentais trop abîmée par un temps qui m’avait été enlevé mais j’étais ici pour d’autres raisons que les illusions et les échos des ardeurs citadines, n’est-ce pas ?

« Mademoiselle Hodge ? » Je relevai mon regard pour croiser celui du chauffeur dans le rétroviseur, interrogateur, conciliant, prêt à redémarrer si je le lui demandais. Je lui en étais reconnaissante mais cela suffit à me mettre en mouvement. « De quoi j’ai l’air ? » lui lançai-je d’une voix basse et amusée car Ian persistait au vouvoiement et aux marques de politesse mais qu’il était sans doute le seul à des kilomètres à la ronde à savoir réellement ce que je ressentais sur l’instant. Il laissa échapper un rire silencieux avant d’approuver d’un signe de tête complice et je rajustai les pans de mon manteau sur la robe à peine échancrée qui luisait sur le mat de ma peau et d’ouvrir finalement la portière, le laissant dans mon sillage. Il s’agissait de briser l’omerta du silence qui siégeait nuit après nuit lorsque je peinais à attendre l’aube, il s’agissait d’assurer le point qui s’inscrirait à la fin de ce que j’étais capable de supporter et je me rassurais de constater qu’il n’avait pas encore eu lieu. Qu’à force de donner le change, je finirais par redevenir celle que tout le monde voyait. Mon nom fut rapidement trouvé sur la liste de l’entrée et je remerciai l'accueil d’un regard avant de le contourner, prête à … « Soheila ! » Un regard au-dessus de mon épaule et un arrêt marqué, un arrêt forcé. Cela n’avait pas de sens. Aucun sens. Aucune raison pour lui de se trouver ici, à cet instant, je devais m’être trompée. Mais je redescendis tout de même une marche, les sourcils légèrement froncés. Les lumières rougeoyantes de l’hôtel n’épargnaient pas son visage où la surprise semblait également se refléter finissant de lui donner un air mystérieux. Ou peut-être l’était-il car les mois étaient passés et les souvenirs aussi. Mais ce n’était pas le cas, n’est-ce pas ? « Vous le connaissez, Mademoiselle Hodge ? » Je passai mes mains sur mes bras noyés sous mes cheveux lâchés et m’attardai une seconde, une ébauche de seconde, sur ses yeux bruns, presque noirs, tellement que j’eus l’impression qu’ils essaient de me transpercer alors qu’il me fixait de la sorte, attendant ma réponse. Non. « Oui. » Je m’étais ressaisie, rapidement. « Oui, il est avec moi. » C’était ce qu’il attendait de moi, n’est-ce pas ? Mis sur le côté comme s’il n’avait pas sa place, m’alpaguant à l’entrée d’un hôtel lorsqu’il s’était pourtant juré de ne plus vouloir avoir affaire à moi. Il n’était sûrement pas avec moi, non, sûrement pas là pour moi. Mais c’était tout ce qui m’était venu sur l’instant pour pouvoir lui accorder ce qu’il semblait désirer et tourner les talons ensuite, passant la porte de l’immeuble qui m’était tenue ouverte.

Il me suffisait de m’avancer à présent, de m’engouffrer dans la salle au loin pour me joindre aux discussions animées et aux éclats de mondanités tant que je le pouvais alors que je ne faisais que ressentir cette modulation dans l’atmosphère prête à déchirer le schéma bien établi que je m’étais pourtant fait de la soirée à venir. Mais je devais marquer un arrêt au comptoir du vestiaire, y laisser mon manteau et je perdais du temps, je devinais la silhouette de Dimitri juste derrière moi. Je n’avais fait que l’apercevoir avant de m’en détourner mais ce n’était pas un tour que je pouvais me permettre d’adopter toute la soirée s’il décidait s’y joindre, puisqu’il décidait de s’y joindre apparemment. Je me tournais pour lui faire face et restais silencieuse, un instant, plissant les yeux, saisie par les émanations de culpabilité qui semblaient s’éprendre de nous, en rien affaiblies par le temps écoulé, incapable de savoir précisément envers lequel de nous deux étaient-elles destinées. « Tu es ici pour … ? » Je laissai mourir mon interrogation sans grande emphase. Malgré le costume et son élégance, la scène ne trouvait pas son sens dans mon esprit mais je m’étais rendue compte, avant de finir ma phrase, qu’il s’agissait de l’unique possibilité. « De toute évidence. Je ne pensais pas te croiser un jour à l’une de ces soirées mais j’imagine que certaines choses ont pu changer. » Et ce n’était pas un reproche ou une remarque voilée mais cela sonnait comme tel et je plissai les yeux avant de le contourner pour m’avancer. Je l’avais dit mais je savais ne pas y croire, il n’était pas là pour moi. Il y avait sûrement dans la salle déjà comble une personne qui l’attendait et loin de moi se tenait l’envie de le retarder. Je n’aurais même pas su comment faire. C’était l’inverse que je faisais, laisser les gens s’éloigner, s’échapper, continuer.



Darkness is your candle.
We all have scars, inside and out. We all have emotional trigger points, broken bones and broken hearts. Now I see scars and I see stories. I see a being who has lived, who has depth, who is a survivor.
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Message(#) Sujet: Re: the first cut is the deepest (soheila) the first cut is the deepest (soheila) EmptyMer 11 Sep - 20:30



 
the first cut is the deepest.
SOHEILA & DIMITRI.

Pourquoi ce soir ? Pourquoi, alors qu'il avait passé les derniers mois à se convaincre que le mieux pour tout le monde était qu'il dompte son besoin de reprendre contact, de se rappeler au bon souvenir de celle qui n'avait de toute façon probablement plus envie d'entendre parler de lui depuis que le temps avait achevé de laisser mourir ce que lui avait commencé à tuer de ses propres mains ? Pourquoi ce gala, alors que ces événements était l'une des raisons pour lesquelles il n'était jamais à l'aise plus de cinq minutes au milieu de personnes socialement plus élevées que lui, comme si enfiler un costume ne rendait la vérité que plus criante à ses yeux, et ses anciens espoirs de faire un jour partie d'un tel monde plus stupides encore ? Il n'y avait jamais eu que deux personnes parmi elles toutes avec qui il se soit senti à sa place malgré le fait que tout ici lui rappelait qu'ils ne venaient pas du même monde. L'une d'elles avait filé un beau matin en ne laissant qu'un mot, un seul, pour résumer trois ans de relation et emporter dans un nuage de fumée tout ce qui donnait un sens à une vie réduite à l'état d'illusion. Et l'autre, celle qui était restée mais qu'il avait fini par perdre à son tour, avait eu bien d'autres choses auxquelles penser ces derniers mois que lui, les mots injustes qu'il avait pu avoir quand le chagrin lui avait fait dire des choses qu'il continuait de regretter aujourd'hui. Qu'il regrettait même probablement plus encore que lorsqu'elle était encore là pour les encaisser, parce que le temps pouvait soit vous apaiser soit vous piéger d'autant plus. Avec lui, il avait toujours été cruel et capable de raviver des plaies jamais cicatrisées rien qu'au travers d'une pensée, d'une odeur, d'un rien qui donnait l'impression que tout s'était passé hier. Alors des tas de questions se bousculaient à l'intérieur de son esprit tandis que Dimitri se retrouvait là où personne ne l'attendait et surtout pas celle que lui espérait croiser. Et la plupart du temps il arrivait toujours à la conclusion que tout ça était une mauvaise idée, que Soheila ne voudrait pas qu'il soit là, qu'il ne ferait que raviver des choses avec lesquelles elle n'avait pas besoin de se débattre. Mais c'était plus fort que lui, il avait besoin d'être celui qui fait un pas vers l'autre, agite un drapeau blanc et prie de toutes ses forces pour que leur dernier échange ne lui ait pas laissé le même souvenir qu'à lui. Il n'avait pas la moindre idée de ce qu'elle se dirait en le voyant là, dans son costume, avec une assurance inversement proportionnelle à la crainte qu'il éprouvait à l'idée que le cadre, le choix du moment, la façon dont il ferait en sorte que cette rencontre se produise, ne fasse que rendre ses intentions plus absurdes et maladroites. Mais il tenta sa chance, aussi conscient qu'on pouvait l'être qu'il n'avait rien à faire là et qu'un type aussi peu aimable que condescendant ne manquerait pas de le lui rappeler. Et ça ne loupa pas. Mis de coté, refoulé comme un clébard à qui on interdisait l'entrée d'un restaurant, il songea une seconde à abandonner, se faire une raison et rentrer chez lui en se promettant de ne plus penser à cette soirée. Mais trop tard, Soheila était là. Et devant sa silhouette qui transperça son champ de vision comme le signe inespéré qu'il avait peut être bien fait de venir, Dimitri ne pouvait pas en rester là. Pas sans avoir au moins essayé de lui parler. En une seconde, il osa alors faire ce qu'il aurait sûrement du faire plus tôt, le cœur serré lorsqu'elle se retourna et que son regard croisa le sien sans qu'il sache quoi dire, maintenant qu'ils y étaient. La question du vigile aurait pu faire que cette soirée tourne court, parce qu'elle aurait pu répondre comme n'importe qui l'aurait sûrement fait à sa place. Mais c'était Soheila, et qu'elle saisisse dignement la main maladroite qu'il tendait vers elle ne devrait pas l'étonner. Oui, ils se connaissaient. Elle ne venait pas seulement de lui sauver la mise, elle venait de lui offrir une occasion de faire ce qu'il était venu faire ici alors même qu'elle devait se demander si leur présence à tous les deux avait à voir l'une avec l'autre. Alors, partagé entre un soulagement immense et une intense appréhension, il s'avança à sa suite, le chemin maintenant dégagé, sans la quitter des yeux.

Elle s'arrêta quelques pas devant lui pour se débarrasser de son manteau, et si une minute plus tôt la rencontre avait été furtive, à présent ils se retrouvaient face à face, sans plus d'échappatoire, pris dans un silence qui n'avait jamais paru plus lourd et étrange. Dimitri avait pensé des dizaines de fois à ce qu'il lui dirait, à quels mots il choisirait d'employer, mais c'était différent maintenant qu'elle était là. Le cadre était plus formel que ce qu'il aurait voulu, et il savait que comme lui elle n'en raffolait pas. Que ça ne lui ressemblait pas, que pour ça ils s'étaient peut être toujours mieux compris que n'importe qui d'autre, quand même Tamsin semblait évoluer dans ces hautes sphères comme un papillon curieux, désirant voler de ses propres ailes mais pas au détriment d'un monde qui avait toujours été fait pour elle. Qu'est-ce qu'elle penserait en les voyant là, incapables de se parler ? Qu'est-ce qu'elle dirait en se rendant compte que son départ avait fait plus de dégâts encore que ce qu'elle devait imaginer ? Pensait-elle seulement encore à eux ? Il se posait encore ce genre de questions quand tout voudrait qu'il ait tourné la page. En était-il de même pour Soheila ? Celle-ci prit la parole avant qu'il ait le temps de se le demander, le laissant une seconde à court de mots, avant d’enchaîner d'elle-même et de continuer sa route. « Non. » Sa voix brisa la glace à son tour, dans un élan qui n'avait rien de courageux mais lui donnait enfin la force de s'adresser à elle, la voyant se stopper et se tourner lentement, comme si l'espace d'un instant elle s'était demandée si elle n'hallucinait pas. « Je... j'ai toujours autant horreur de ces soirées. Ou du moins j'ai toujours autant horreur de ce qu'elles symbolisent au fond. » Il confessa dans un souffle en laissant ses yeux trouver les siens, l'air presque coupable de le dire tout haut, mais force était de constater qu'il aurait toujours du mal avec l'idée que des types en costards aient besoin de se faire offrir des coupes de champagne pour faire un don public à une cause qui aurait mérité un peu plus de spontanéité et de discrétion. Peut être bien que ce n'était pas si simple, mais c'est ce qu'il voyait depuis l'autre coté de la vitre invisible qui se dressait entre ce monde et le sien. Si Soheila avait peur qu'il ait pu changer et ses valeurs avec, au moins peut être serait-elle rassurée. « C'est pour te voir que je suis venu. » Il s'était passé moins de deux secondes entre cet aveu et le précédent, le temps qu'il lui avait fallu pour décider de se lancer, sans filet ni autre certitude que celle qu'elle ne devait pas s'y attendre, peut être pas y croire non plus. « Je savais que tu viendrais, et je... je savais aussi que j'étais assez fou pour tenter d'ajouter mon nom à la liste des invités d'un gala où j'avais aucune autre raison de mettre les pieds que celle de t'y retrouver. » Son regard détailla ses traits avec l'impression que tout ce qu'il pourrait dire à partir de maintenant lui paraîtrait absurde, tant il l'était rien qu'en se tenant face à elle, à lui dire qu'elle était l'unique raison à sa venue. Dimitri se pinça les lèvres, fébrile. « Merci, d'avoir dit qu'on se connaissait. Tu aurais été en droit de prétendre que non. » C'était par là qu'il aurait du commencer, mais s'il avait du être un type à peu près normal, il n'aurait pas enfilé un costume et rejoint un hôtel bondé de personnalités publiques dans l'espoir de l'y trouver, quand il avait eu des centaines d'occasions de le faire avant ça, bien que toutes aussi risquées. « Je sais, c'est complètement absurde. Pardon, j'aurais pas du débarquer comme ça... » Après tout ce temps, après ce silence, après ce qu'ils s'étaient dit, et le reste. Il aurait aimé la laisser en paix, elle l'avait mérité tout comme chacun d'eux avait sûrement mérité d'avancer, mais il n'avait pu ce soir trouver la force qu'il avait trouvé les autres fois, comme si ça lui avait demandé moins d'énergie de venir jusqu'ici plutôt que de s'empêcher de le faire.




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Soheila Hodge
Soheila Hodge
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Message(#) Sujet: Re: the first cut is the deepest (soheila) the first cut is the deepest (soheila) EmptySam 14 Sep - 19:31



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Je ne pouvais pas le nier, j’étais étonnée de le trouver ici, étonnée de son regard insistant lorsqu’il avait hélé mon prénom. Il avait décidé ainsi de rompre des silences que j’étais plutôt encline à privilégier dans ce genre de situations. Les nôtres avaient été saturés, l’étaient toujours, de choses inexplicables et de non-dits amnésiques dans lesquels je ne voulais pas m’étendre. Je n’avais plus voulu y penser mais les éclairs de nos incompréhensions me revenaient à présent en mémoire. Les mots prononcés et les gestes non assumés qui y avaient eu lieu traçaient dans mes songes les points de suspension d’une phrase commencée que je pensais à jamais nébuleuse. Ce ne serait pas le cas, apparemment, il en avait décidé autrement. Mais je n’étais pas encore tout à fait certaine de vouloir le laisser faire. « Non. » Je tournai la tête, de nouveau, vers lui, dans une attitude pensive, suivant le tracé des rayons du lustre au-dessus de nos têtes dorant les quelques fleurs ajustées sur le large présentoir de l’accueil. Quelque chose se jouait, nous étions deux à le percevoir mais je demeurais persuadée que nous le faisions d’une manière différente cela dit. J’avais été étonnée, oui, mais la surprise n’était pas une émotion qui croisait mon regard très souvent, je ne le permettais pas. Elle passait, déjà, et laissait place à l’adaptation alors que je me retournais vers lui. « Je... j'ai toujours autant horreur de ces soirées. Ou du moins j'ai toujours autant horreur de ce qu'elles symbolisent au fond. » Et pourtant, j’étais là. Et il n’avait même pas semblé surpris. « C'est pour te voir que je suis venu. » Mes lèvres se courbèrent en un faible sourire, sans joie aucune, par pur réflexe, presque désireux de laver le terrain pour les prochains mots que j’allais prononcer. « Drôle de transition, tu t’en rends compte ? » Je voulais me garder d’être acerbe, éviter de ne rejouer qu’une scène, une scène unique mais une qui avait réussi à effacer toutes les précédentes. Toutes celles plus douces vécues milles fois aux côtés de l’autre. Nous n'avions gardé que la dernière, dans nos songes, notre mémoire, et celle-ci définissait notre relation à présent décousue aux parfums de gâchis.

Il ne semblait pas réaliser la manière dont ces mots pouvaient être perçus. Relier ce milieu dont il avait tant horreur à ma présence qui lui avait paru évidente. Ou peut-être qu’il le réalisait très bien et cela n’était guère mieux. Il me l’avait pourtant fait comprendre lors de notre dernier échange. Ce que je symbolisais, ce que Tamsin symbolisait. Les erreurs de cette dernière étaient devenues les miennes. Leurs désaccords étaient devenus les nôtres. J’avais trouvé cela absurde, qu’il me demande de saisir des conflits intérieurs se jouant entre eux deux, de comprendre les passions qui les avaient brûlés, les douleurs qui avaient affleuré, les mots qui n’avaient pas été dits. Absurde et injuste. Mais je n’avais pas été capable de voir plus loin, de l’accompagner dans sa colère puisqu’il avait décidé de rejeter celle-ci sur nous, les seuls restants. « Je savais que tu viendrais, et je... je savais aussi que j'étais assez fou pour tenter d'ajouter mon nom à la liste des invités d'un gala où j'avais aucune autre raison de mettre les pieds que celle de t'y retrouver. » Je fronçai les sourcils au fil de ses paroles emmêlées, entremêlées, confuses et précipitées. Elles n’étaient rien de tout cela pourtant, au contraire. Il avait l’air de savoir ce qu’il voulait dire, de savoir ce qu’il voulait me laisser entendre après tout ce temps mais il s’agissait d’un effort, de mon côté et uniquement du mien, de tenter de repousser mes barrières pour les comprendre de la manière dont elle voulait me les exprimer.

Pourquoi ici ? Pourquoi s’était-il donné tant de mal ? Pourquoi ne m’avait-il pas appelée ? Ne pas avoir cherché à me retrouver, puisque c’était ainsi qu’il le disait, ailleurs ? Ces questions étaient inutiles, je pouvais en deviner les raisons. Les appels, je n’y répondais pas, ou je n’y répondais plus depuis mon retour. Si les réticences étaient toujours présentes pour d’autres, il était évident que le prénom de Dimitri n’aurait fait que les renforcer. Quant aux portes … les portes pouvaient être refermées. Il le savait, il m’en avait fait la démonstration la dernière fois que nous nous étions trouvés face à face. « Merci, d'avoir dit qu'on se connaissait. Tu aurais été en droit de prétendre que non. » J’arquai un sourcil face à son remerciement. Il passait outre tout ce qui nous avait éloigné, ou du moins semblait-il l’avoir fait. Il se présentait face à moi avec une facilité presque déconcertante lorsque celle que j’avais décidé d’arborer continuait de sonner faux dans mon esprit. « Merci à toi d’en être conscient. » répliquai-je sobrement. « Ça m’a traversé l’esprit ceci dit, je ne te le cache pas. » Les précautions qu’il employait témoignaient de l’instinct qui était le mien de ne pas baisser ma garde, pas tout de suite. Il le faudrait pourtant, il avait eu raison, avait bien choisi l’endroit contrairement à ce qu’il semblait croire. Ici, je n’avais d’autre choix que celui d’accepter sa présence, que celui de choisir mes mots également car nous aurions des témoins cette fois-ci et que notre droit à l’erreur s’amenuisait considérablement. « Je sais, c'est complètement absurde. Pardon, j'aurais pas du débarquer comme ça... » Je lui en voulais de me remercier, je lui en voulais de s’excuser, je lui en voulais de ne pas me permettre de me tenir au rôle qu’il m’avait lui-même attribué il y a plusieurs mois, plusieurs années déjà. J’aurais souhaité, pourtant, trouver les mots, des suffisants, à la hauteur pour l’aider à retrouver son chemin en l’absence de Tamsin. Mais il avait voulu m’écarter à mon tour. Moi, sans elle, ça n’avait pas de sens, n’est-ce pas ? Cela aurait dû, cela aurait pu. Mais je l’avais laissé faire et, une nouvelle fois, je m’étais absentée. Une nouvelle fois, j’avais failli.

Des silhouettes passèrent à nos côtés et je répondis au salut de l’une d’elles d’un signe de tête délicat, tellement travaillé qu’il en paraissait affable. Je devrais l’être, avenante. Si j’en étais incapable alors cette soirée ne rimerait à rien et je pouvais tout aussi bien tourner les talons dès maintenant. Il y avait, en outre, ce regard sombre posé sur moi désormais et j’ignorais encore si ce dernier me poussait à rester ou à suivre mon premier instinct. « Je dois y aller. Faire une apparition maintenant que je suis là, c’est la moindre des choses. » laissai-je finalement échapper en un soupir qui aurait presque pu ressembler à des excuses si je ne tenais pas tant à ne rien laisser paraître, au contrôle qu’il venait de m’enlever en apparaissant ainsi. Je le contournai enfin pour rejoindre la salle, levant les yeux vers les invisibles enceintes, tapies au plafond et dans les murs, celles-là même qui s’acharnaient à diffuser une musique d’ambiance contrastant grossièrement avec nos échanges, notant l’inflexion du volume en m’arrêtant finalement au seuil de la salle pour me retourner, une dernière fois. « Pourquoi maintenant ? » Voilà ce que je pouvais lui demander. Pourquoi ici aurait été inutile, oui. Pourquoi maintenant, en revanche ... Je n’en avais aucune idée. Les hypothèses affluaient dans mon esprit par dizaine mais aucune ne me paraissait appropriée et il était certainement le seul à pouvoir m’indiquer l’exacte. Je n’étais même pas certaine de pouvoir l’imaginer. « Est-ce que … est-ce que tout va bien ? » Enfin. J’aurais souhaité ne pas avoir à poser cette dernière question, m’étais même interrompue avant de me décider à la poursuivre, dans un froncement de sourcils. Elle avait été plus forte que moi et je plissai les yeux au fil des passages autour de nous. Je le retrouvais ici, oui, mais il n’avait pas eu l’air de le désirer toutes ces années passant. Y avait-il été forcé à présent ? Je m’inquiétais, oui, mais je ne pouvais pas le formuler car les confidences possédaient cette fâcheuse tendance de réaliser ce qu’elles énonçaient. Je ne le disais pas non plus car si je m’acharnais à penser ne rien devoir à personne, je me trouvais dans l’obligation d’accorder cette même impertinence aux autres, même à ceux qui m’affectaient, me blessaient, même, lorsqu’ils décidaient de s’emparer de ce droit.



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Dimitri Horowitz
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SURNOM : Dima par sa mère, et c'est déjà trop.
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PETIT PLUS : a repris l'affaire de son père après que celui-ci ait eu des soucis de santé, une bonne excuse pour mettre ses propres ambitions de coté ☆ fier d'appartenir à une famille de forains même si certains jours paient mieux que d'autres ☆ semi-illettré, la lecture, l'écriture et le calcul sont des défis au quotidien auxquels il tente de remédier en participant à des ateliers ☆ passionné de photographie et de dessin, une âme d'artiste qu'il n'assume qu'auprès de quelques personnes ☆ s'est fait agresser il y a cinq ans et en a gardé une balafre au bras.
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Message(#) Sujet: Re: the first cut is the deepest (soheila) the first cut is the deepest (soheila) EmptyVen 20 Sep - 0:04



 
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SOHEILA & DIMITRI.

C'est d'un pas plus décidé qu'il ne l'avait été depuis longtemps que Dimitri s'était approché, et d'une détermination semblable qu'il avait plongé son regard dans le sien au moment d'arriver à sa hauteur, dans cette sorte d'entre-deux où il se sentait sans doute bien plus à sa place que là où tous les invités se réunissaient. Ça ne l'empêchait pourtant pas d'être pétri d'appréhension, de sentir son rythme cardiaque atteindre des sommets, et ça ne l'empêchait pas non plus de continuer à se demander s'il n'avait pas fait une connerie en décidant de mettre les pieds dans cet hôtel. Mais Dimitri ne pouvait pas se permettre de reculer. S'il avait le plus grand mal à se pardonner les mots qu'il avait pu avoir à l'époque, l'injustice dont il avait pu faire preuve et ce peu importe que les circonstances n'aient pas aidé à ce qu'il soit capable de différencier ceux qui lui voulaient du bien de ceux qui le feraient souffrir un peu plus, c'était aussi d'avoir tant attendu pour initier ce pas vers Soheila qui lui inspirait des regrets. Plusieurs fois ça n'avait pas été le bon moment, plusieurs fois il avait failli décrocher son téléphone avant de se raviser. Plusieurs fois de trop qui avaient précipité ce qu'ils vivaient ce soir, plongés dans une atmosphère plus lourde que son cœur l'avait été tout le temps où il avait laissé les choses en l'état. A présent, c'était comme si la moindre chose qu'il puisse lui offrir, c'était la certitude qu'il n'était pas venu là par hasard, mais pour la voir elle. Les mots étaient maladroits, sans nul doute, car c'est les maux qui en général étaient sa spécialité. « D'avoir dit que j'étais venu m'infliger une soirée dont j'ai horreur pour te voir ? Sans doute. » Certainement même, et ce n'était pas à elle qu'il allait apprendre qu'il ne disait pas toujours les choses telles qu'elles le mériteraient, que parfois la peine, la colère, l'incompréhension, le doute parlaient plus fort qu'il n'en était capable, toujours un peu victime de ses propres émotions et de son incapacité à les dompter. Ressentir trop fort, dire les choses dans le feu de l'action avant de se rendre compte qu'il avait lâché tout ce qu'il avait sur le cœur auprès de la mauvaise personne, ou de la mauvaise façon, oui ça lui ressemblait bien. « Je crois que c'est ce qui m'a toujours un peu fait défaut avec toi, savoir dire les choses telles que je les ressens. » Son regard s'échoua sur le sol une seconde, sentant à la façon qu'elle avait de poser le sien sur lui que le temps où ça faisait encore partie des choses qui certainement rendaient leurs rapports imparfaits mais uniques était loin, qu'aujourd'hui ce n'était probablement plus qu'un type maladroit que ses meilleures intentions n'iraient pas sauver qu'elle voyait. Mauvais timing, mauvaise entrée en matière, mauvais tout. Même quand il ne le voulait pas, c'était comme si tout ce que son approche tentait de réparer se retrouvait de nouveau à planer au-dessus d'eux.

Alors que face à un type à qui elle ne devait rien et surtout pas la vérité, elle ait malgré tout consenti à reconnaître qu'ils n'étaient pas encore des inconnus l'un pour l'autre, ça représentait comme une bouffée d'air au milieu de ces abîmes irrespirables. Soheila ne l'avait pas fait pour lui, probablement même qu'elle espérait le voir s'engouffrer à l'intérieur sans demander son reste quand elle lui avait permis de passer ce barrage, mais Dimitri n'avait vu ses espoirs de parvenir à faire ce pas vers elle subsister que parce qu'elle lui avait sans le savoir permis de reprendre sa respiration. Sans ça, la question ne se serait pas posée une minute de plus. Mais elle n'avait pas fait ce qui aurait sans doute été mille fois plus évident pour elle, et il n'arrivait pas à savoir si c'était parce qu'elle était comme ça, ou parce qu'elle s'était elle-même demandée ce qui l'avait conduit ici. « Pourquoi tu ne l'as pas fait ? » Il demanda après une hésitation, sans savoir si c'était encore une de ces occasions où il aurait mieux valu qu'il se taise, plutôt que de tendre un bâton qui finirait tôt ou tard par lui retomber sur le museau. Pourquoi ne s'était-elle pas retournée quand elle l'avait vu, et n'avait pas poursuivi sa route sans s'attarder sur son cas une seconde de plus ? Il aimerait, au fond, que ce soit pour la même raison que celle qui l'avait poussé à la trouver ce soir, et qui le poussait maintenant à tenter cette suite d'approches maladroites qui dans le meilleur des cas se heurtaient à la méfiance et à la rancœur de Soheila. Mais c'était aussi précisément pour ça qu'il n'y croyait pas vraiment. « J'avais pas l'intention de te placer dans cette situation lorsque j'ai décidé de venir... Mon plan n'était pas parfait, mais c'est pas comme ça que j'espérais que les choses se passeraient. » Il aurait préféré venir la trouver au moment qu'il aurait jugé opportun, au milieu des invités, pour lui laisser une occasion de se dérober si c'était trop tard, ou trop tôt. Dimitri était encore assez lucide pour savoir qu'on n'invitait pas la classe moyenne à ce genre de galas, mais il pensait pouvoir ruser et ne pas avoir à la placer dans une situation où c'était d'elle qu'avait du dépendre son sort, elle qui avait du décider s'il restait avec tout ce que ça impliquait peut être, ou non. Ça n'aurait pas du se passer de cette façon parce qu'il aurait du pouvoir lui épargner ça, et c'est aussi pour ça qu'il s'excusait. Pour ça, pour ses erreurs, pour la façon dont il l'avait écartée au pire moment. Réduisant leur relation à l'état de cendres, quand aujourd'hui il ne semblait presque plus rien subsister de ce qu'ils avaient connu. Soheila avait longtemps été l'une des personnes sur qui il pouvait compter, jour et nuit, peu importe que ce qui le tourmente soit ses rapports pas toujours idéaux avec ses parents ou les bas qu'avaient parfois connu sa relation avec Tamsin.  Et pourtant, quand cette dernière était partie, il n'avait pas su voir. Que deux cœurs meurtris auraient pu s'entre-aider, se recoudre, se guérir peut être à la longue. Qu'elle n'était pas plus coupable que lui du souhait de sa cousine de s'en aller, simplement la seule personne encore physiquement présente contre qui il avait pu s'emporter. Si seulement il avait pu voir plus loin que ce qu'il avait ressenti, peut être qu'il aurait pu les sauver du gouffre qui avait fini par tout aspirer. Si seulement il avait pu leur laisser une chance d'être là l'un pour l'autre, sans les condamner parce que celle qu'ils aimaient l'un et l'autre n'était plus là.

Les yeux de Dimitri détaillaient les silhouettes qui passaient devant eux pour rejoindre la salle, lui rappelant à cette occasion qu'il n'était pas dans son élément dans un endroit où tous les types portaient le même costume et sirotaient la même coupe de champagne en discutant des mêmes choses, inlassablement, avec toujours cette pointe de politiquement correct qui lui hérissait les poils tant ce qu'il aimait, lui, c'était la spontanéité, la liberté, l'audace. Soheila ne semblait jamais beaucoup plus à sa place au milieu d'eux que lui, mais il fallait suffisamment bien la connaître pour le déceler derrière cette aisance qu'elle montrait et qui aux yeux des autres faisait sans doute parfaitement illusion. « Bien sûr. » Bien sûr qu'elle n'allait pas faire faux bond à toutes ces personnes pour continuer à converser avec quelqu'un qui avait choisi ce gala pour lui imposer une présence qu'elle ne désirait peut être plus, une présence qui aujourd'hui la mettait peut être plus mal à l'aise qu'autre chose. Il aurait aimé lui demander de rester encore un peu, être pris d'une nouvelle impulsion égoïste juste pour leur offrir une chance de se parler comme ils en avaient sûrement besoin l'un et l'autre, mais si la Soheila d'il y a quelques années leur aurait sûrement offert une minute de plus, celle-ci était en droit de ne pas vouloir le faire. Il l'observa alors s'avancer jusqu'à la salle, soupirant, avant de relever la tête lorsque sa voix s'éleva à nouveau. Dimitri resta silencieux, comme s'il tentait de savoir si ce qu'il percevait dans sa voix était effectivement de l'inquiétude, la preuve que comme ce qui l'avait conduit jusqu'ici ce soir quelque chose en elle faisait qu'elle ne s'était pas encore désintéressée à son sort, ou autre chose qu'il ne saurait nommer. « Parce que ça fait quatre ans. » Sa voix résonna une seconde dans l'entrée où continuaient de s'avancer des silhouettes pas perturbées une seconde par la scène qui se jouait ici. « Je pensais l'avoir réalisé y'a deux mois, ou à mon dernier anniversaire, mais c'est la semaine dernière que j'en ai vraiment pris conscience lorsque j'ai voulu trier des photos et que je suis tombé sur les siennes... Que ça faisait quatre ans qu'elle était partie, et quatre ans que je t'avais poussée à ton tour vers la sortie pour des raisons sordides et injustes. » Ses yeux remontèrent jusqu'aux siens et sa gorge se serra à l'idée d'y lire ce qu'il avait sans doute redouté d'y trouver toutes les fois où il avait eu envie de reprendre contact au moins pour qu'elle sache qu'au même titre qu'il n'avait jamais cessé d'éprouver ce qu'il avait ressenti quand Tamsin s'était transformée en courant d'air impossible à retenir contre son gré, il n'avait jamais cessé de regretter la façon dont il le lui avait fait payer, à elle. « Jusque là j'avais jamais trouvé le courage de décrocher mon téléphone ou de venir te trouver, et moins encore lorsque j'ai su ce qui s'était passé. J'étais terriblement inquiet, j'espérais tous les jours que t'allais bien, mais je me suis convaincu que j'étais la dernière personne au monde que tu voudrais voir après ce que t'as traversé. » Comment aurait-il pu en être autrement, après le traumatisme qu'elle avait vécu durant son incarcération et la teneur de leur dernier véritable échange, le soir où il avait dépassé les bornes ? Comment est-ce qu'elle aurait pu vouloir de son épaule, de ses bras, de ses mots rassurants après ceux qu'il lui avait jeté à la figure ? « A vrai dire je le suis toujours. » Convaincu qu'elle n'aurait pas voulu composer avec ses remords en plus de tout le reste, que s'il s'était laissé guider par son instinct et était venu la trouver dès qu'il avait su qu'elle était rentrée, tout aurait sûrement été pire que ce soir. « Mais ça fait quatre ans que j'ai pas seulement perdu Tamsin mais aussi une autre des personnes qui comptaient le plus pour moi. Par ma faute. » Il n'avait rien pu faire pour Tamsin quand elle s'était envolée avec une partie de son cœur qu'il n'avait jamais pu retrouver après ça, mais il aurait du éviter à cette histoire de faire plus de mal encore. Seulement, trop impulsif, trop malheureux, il n'avait pas su. « Je sais pas si je vais bien, mais je sais que je pouvais pas attendre un jour de plus pour te dire que je regrette. Toutes les choses que je t'ai dites et tout ce que je n'ai pas fait pour réparer mes erreurs. » Le timing ne serait jamais parfait, l'occasion jamais idéale, mais au milieu du peu de certitudes qu'il lui restait il y avait toujours celle qu'il ne pourrait pas faire pire que de laisser les choses ainsi plus longtemps, même si ça ne faisait que lui donner définitivement envie de rejoindre ces gens qui sans doute n'avaient pas autant besoin de se présence que lui ce soir.




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Soheila Hodge
Soheila Hodge
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MÉTIER : Directrice de la Hodge Foundation, association humanitaire internationale d'aide médicale. Médecin de formation. Danseuse.
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Message(#) Sujet: Re: the first cut is the deepest (soheila) the first cut is the deepest (soheila) EmptyVen 4 Oct - 22:49



the first cut is the deepest.





Je me trouvais irrationnelle, dans le fond. Insensée de lui en vouloir autant, de ne pas avoir réussi à oublier ses reproches. Irrationnelle de n’avoir pas pu lui pardonner, instantanément, de ne pas avoir réussi à nous épargner tout ce qui s’en était suivi, de rester bloquée dans des souvenirs qui n’avaient jamais eu leur place en mon sein. Je m’en étais toujours crue capable, de pardonner. Tout, tout le monde, de m’en détacher ainsi. Je n’en voulais à personne. Et personne n’aurait à m’en vouloir en retour. Le temps effaçait les peines et la rancœur éternelle n’existait pas. Il s’agissait d’un conte pour enfant, d’une menace pour adulte. L’oubli survenait toujours et, lorsque le temps venait à manquer, la mort se chargeait de sanctifier les disparus, même les moins vertueux. Dimitri n’était pas l’un de ceux-là, il était même tout l’inverse. Son cœur l’avait trompé, sa colère avait su le guider. Et pourtant, je l’avais laissé s’éloigner, s’échapper, retranchée dans mes certitudes. Persuadée que, même si j’avais su trouver la force de dépasser ma fierté pour le retrouver, mes messages seraient restés sans réponse, mes interrogations également. Car je n’avais pu m’empêcher de l’imaginer atteint d’une sombre envie de rester seul pour des raisons qu’il avait choisi de ne pas me révéler, cette envie qu’il n’avait pas jugée nécessaire de m’expliquer. Il avait été bon à ce point. Dans ses accusations, ses récriminations. Et j’avais été tout aussi talentueuse, comme d’habitude, pour me détacher de ce qui pouvait me faire souffrir. « Je crois que c'est ce qui m'a toujours un peu fait défaut avec toi, savoir dire les choses telles que je les ressens. » Je ne le quittai pas du regard, profitant cependant du sien, détourné, pour reprendre une inspiration, légère, infime. Cette phrase résumait peut-être notre relation, il avait raison. Était-ce pour cela qu’il était venu, ce soir ? Résumer notre relation ? Y mettre un point final ? Nous étions face à face, incapables d’avancer l’un vers l’autre, incapables de saisir quoique ce soit. Je me surpris à penser que la violence était là également, dans cette immobilité, dans ce geste impossible qui allait de lui à moi, ce geste à jamais suspendu, par sa faute. Ce geste auquel nous étions confrontés sur l’instant, simplement à cause de ce oui que je n’avais pas retenu, que je n’avais pas empêché lorsque tout en moi était persuadé de devoir le taire. « Pourquoi tu ne l'as pas fait ? » Je fronçai les sourcils, lentement. Car cette question était prévisible mais qu’elle me parut soudain révéler tout un immense oubli, toutes les questions que j’avais délibérément évité de me poser. « Tu ne peux pas poser ce genre de questions après tout ce temps. En tout cas, pas en espérant obtenir une réponse qui te convienne. » Cette question n’était pas légitime ou peut-être était-ce lui. Lui, qui était devenu illégitime. Ou moi, qui avais tu mes souvenirs et mes sentiments bien trop longtemps pour être capable de les comprendre aujourd’hui, encore moins de les accepter avec aisance.

« J'avais pas l'intention de te placer dans cette situation lorsque j'ai décidé de venir... Mon plan n'était pas parfait, mais c'est pas comme ça que j'espérais que les choses se passeraient. » Je laissai échapper un sourire, peut-être même un rire, silencieux, sans joie, dépourvu d’ironie malgré les apparences. Qu’espérait-il alors ? Ce soir ? Il y a quatre ans ? Je trouvais cela facile, trop. Comme si le mal s’atténuait, que la plaie disparaissait juste par manque d’intention, de préméditation. Cela n’avait jamais été le cas. Et même si son plan n’était pas parfait, sans doute avait-il pu se douter de ce qui allait suivre, de mon départ. « Bien sûr. » Je tournai les talons, je m’en allais sans même m’excuser, simplement en l’annonçant. Bien sûr. Ça n’avait plus rien de sûr, plus rien de certain, je m’en rendais compte. J’étais désormais incapable de revêtir ce visage quiet, presque désinvolte, qui m’avait sauvée plus d’une fois, incapable de me fondre dans cette silhouette qu’il avait déjà vue s’éloigner à plusieurs reprises, emportant dans son dos quelques non-dits qu’il n’aurait pas à entendre mais peu importe, ceux-ci continueraient peut-être de nous préserver. Ce soir, si je la laissais faire cette silhouette, j’étais persuadée qu’elle finirait par en perdre toute consistance, se délitant puis mourant, enfin, sans grand éclat. Si je la laissais faire sans poser cette seule question, pour l’instant, l’unique qui me vint. « Parce que ça fait quatre ans. » Quatre ans. Il n’avait pas eu besoin de les dire, ces mots, pour que j’en aie conscience, que je les réalise, ces quatre années de silence, imposées. Et pourtant, ils résonnèrent un instant, bien trop fort. « Je pensais l'avoir réalisé y'a deux mois, ou à mon dernier anniversaire, mais c'est la semaine dernière que j'en ai vraiment pris conscience lorsque j'ai voulu trier des photos et que je suis tombé sur les siennes... Que ça faisait quatre ans qu'elle était partie, et quatre ans que je t'avais poussée à ton tour vers la sortie pour des raisons sordides et injustes. » Je ne réagis pas, incapable de laisser paraître autre chose que cette impassibilité, ce visage fermé, ces yeux que j’imaginais noirs et que je n’arrivais pas à éclaircir, à illuminer d’autre chose que de méfiance. Je n’allais pas remettre en question ses paroles, pourtant. Je pouvais les croire plus que de raison. Je connaissais cette habitude que nous possédions tous, celle de ne réaliser les choses que sous la morsure du désespoir. Celle de ne voir le monde et ses vérités qu’ainsi, qu’une fois tenues dans la part obscure de ce que nous constituait. « Jusque là j'avais jamais trouvé le courage de décrocher mon téléphone ou de venir te trouver, et moins encore lorsque j'ai su ce qui s'était passé. J'étais terriblement inquiet, j'espérais tous les jours que t'allais bien, mais je me suis convaincu que j'étais la dernière personne au monde que tu voudrais voir après ce que t'as traversé … A vrai dire je le suis toujours. » Je n’arrivais pas à faire le vide dans mon esprit. Étais-je supposée le contredire ? Il avait raison sur une chose, en effet. Depuis mon retour, je me figurais ma vie comme un amas de pièces que je n’arrivais plus à remettre à leur place, je me figurais mon être tout entier comme l’étant également. Je n’aurais pas répondu, au début. Je me souvenais de ces jours fracassés et brumeux, de ces heures lourdes et incomplètes, celles où j’aurais dû me sentir soulagée, libérée, reconnaissante. Mais la reconnaissance sonnait comme une obligation et je m’étais détournée de toutes, oui. Me serais-je détournée de lui aussi ? « Je vais bien. J’étais tout à fait capable de prendre des décisions sans être influencée par ce que j’ai traversé, comme tu dis. Même te concernant, mais tu n’auras pas eu l’occasion de t’en rendre compte. » Je ne me laissais pas l’occasion de m’interroger. Je lui en ôtais le droit également, par la même occasion, me renfermant derrière cette stature que j’adoptais avec bien trop de facilité, encore plus en ce lieu, entourée de mes pairs.

« Mais ça fait quatre ans que j'ai pas seulement perdu Tamsin mais aussi une autre des personnes qui comptaient le plus pour moi. Par ma faute. » J’inclinai légèrement la tête à son aveu, et un froncement de sourcils imperceptible vint dessiner mon regard alors que je cherchais le sien. « Je sais pas si je vais bien, mais je sais que je pouvais pas attendre un jour de plus pour te dire que je regrette. Toutes les choses que je t'ai dites et tout ce que je n'ai pas fait pour réparer mes erreurs. » Les excuses n’étaient pas choses aisées à formuler pour moi. Je me trouvais tout aussi impuissante à les entendre de sa part aujourd’hui également. Il ne pouvait sans doute pas s’en douter. Il n’avait pas à le faire. Il ne s’imaginait pas à quel point ses confessions me perdaient car je les comprenais, plus que de raison. Mais il m’amadouait en se révélant, et je ne pouvais même pas le lui reprocher, car il paraissait sincère. Car je pouvais me confronter aux retraites et aux silences de nombreuses personnes mais que je n’avais pas été habituée à ceux de Dimitri. Je m’étais inquiétée, oui. Pour lui mais pas seulement. L’image de ma cousine était apparue à ses côtés à la seconde où mon regard s’était posé sur lui. La pensée qu’il avait eu de ses nouvelles, que celles-ci n’étaient pas heureuses, m’avait effleurée. Mais cela ne paraissait pas être le cas et les battements de mon cœur se calmaient d’eux-mêmes, trop habitués à l’apaisement presque flegmatique que je leur imposais. « D’accord. » répondis-je simplement, sans même hausser les épaules. Un seul mot pour tous les siens. Un bien trop sobre, injure presque face à ceux qu’il avait eu le courage de prononcer. « Je dois y aller. » répétais-je finalement. Et je pénétrai dans la salle sans plus attendre, par crainte presque d’en entendre plus, plus auquel je n’aurais pas su tourner le dos comme je le faisais à présent. Il me fallait retrouver ce schéma connu et reconnu, ce film vu et revu que j’avais repassé dans ma tête avant de me rendre à cette soirée, avant de le voir surgir. Dimitri avait pris la décision de venir, s’y était préparé, avait décidé des mots qu’il allait prononcer, des autres qu’il allait taire. Je n’avais pas eu ce luxe et je n’aimais pas être prise par surprise. Le silence était cet ennemi que j’avais dû apprendre à apprivoiser, à faire mien. J’avais dormi en son intérieur durant onze mois, incarcérée. Il était devenu ma matière même, mon étoffe. Je ne m’en voulais pas de lui faire subir, encore quelques minutes, de trop nombreuses sans doute, peut-être une heure. Une heure durant laquelle je jouais exactement les scènes que l’on attendait de moi, tellement répétées qu’elles en devenaient usées, mais je les connaissais par cœur, les répliques sur le bout des doigts. Je me laissais attirée de groupes en groupes, de conversations en conversations. J’acceptais les débats, distribuant sourires et assurance en abondance. C’était étrange cette facilité, acquise, à me cacher si bien. Aux yeux de tous au sein de cette salle, sauf d’une personne sans doute. Une personne qui ne disparaissait pas, une personne que je tentais d’oublier mais qui se rappelait à mon regard, parfois, au détour d’une table, accoudée au bar le plus souvent.

Je jaugeai quelques secondes le plateau que l’on me présentait. Le pétillement évanescent des bulles de champagne semblait jouer subtilement contre les éclairages nuancés du plafond, les flûtes disposées d’une telle façon que chacun de leur écart semblait avoir été mesuré avec une précision millimétrée. Il l’avait été mais l’illusion du spontané devait persister. Je finis par m’emparer de l’une des coupes pétillantes en retenant un soupir. Je devais le retrouver, n’est-ce pas ? Il ne partait pas, acceptait mon indifférence. Celle-là même à laquelle je n’étais pas certaine de croire moi-même. Et si elle était feinte, elle n’avait aucun sens. Je n’avais pas touché à ma coupe alors que je la posais sur le comptoir vernis du bar, à quelques centimètres de lui. J’y apposais ma main, également, à plat, lentement. « Quatre ans, c’est long, Dimitri. Très long. Tu n’as aucune idée de ce qui a pu se passer entre temps. Comme je n’en ai aucune te concernant. Je trouve ça triste, mais voilà où on en est. » soufflai-je finalement après une seconde, peut-être deux. Voilà où on en est. Et c’est tout ? Je l’ignorais, j’étais revenue pour cela aussi, sans doute. Étais-je capable d’en percevoir plus, de le percevoir, lui ? Étais-je capable d’être rassurée si je parvenais à voir que tout n’avait pas changé, que je pouvais toujours lire en lui, retrouver ces signes que j’avais appris à connaître et reconnaître. « Par ta faute, tu dis ? C’est pas l’impression que tu m’as laissée la dernière fois qu’on s’est parlé. Tout semblait être de ma faute, au contraire. » Je marquai une pause avant de toucher le cœur de nos non-dits. « Je ne sais pas où elle est. Toujours pas. Alors qu’est-ce qui a changé ? Combien de temps avant que tu ne me le reproches de nouveau, que tu m’accuses de mentir ? » Je choisissais de demeurer debout, pour l’instant, mais cela ne suffisait pas à donner le change. J’étais revenue, j’osais les mots que j’avais cru pouvoir taire à jamais puisque l’occasion ne nous aurait jamais été donnée s’il n’en avait pas décidé autrement.



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Dimitri Horowitz
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ÂGE : trente-neuf ans (14/04/80)
SURNOM : Dima par sa mère, et c'est déjà trop.
STATUT : célibataire, le cœur en morceaux depuis quatre ans qu'il recolle comme il peut.
MÉTIER : gérant d'un stand d'auto-tamponneuses au parc d'attractions, peut être pas ce qu'il aurait choisi au départ mais son père compte sur lui.
LOGEMENT : #134 hughton avenue, à redcliffe, un appartement un peu en désordre qu'il partage avec ses trois chiens.
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ORIENTATION SEXUELLE : J'aime les jolies filles.
PETIT PLUS : a repris l'affaire de son père après que celui-ci ait eu des soucis de santé, une bonne excuse pour mettre ses propres ambitions de coté ☆ fier d'appartenir à une famille de forains même si certains jours paient mieux que d'autres ☆ semi-illettré, la lecture, l'écriture et le calcul sont des défis au quotidien auxquels il tente de remédier en participant à des ateliers ☆ passionné de photographie et de dessin, une âme d'artiste qu'il n'assume qu'auprès de quelques personnes ☆ s'est fait agresser il y a cinq ans et en a gardé une balafre au bras.
UN RP ? : Seulement si nous avons un lien.
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the first cut is the deepest.
SOHEILA & DIMITRI.

Peut être bien qu'en fin de compte, cette soirée et la gêne qui l'accompagnait leur pendaient au nez depuis bien plus longtemps qu'ils ne le pensaient, tant leur relation avait connu son lot de non-dits, de « presque », de mots impossibles à libérer et d'aveux impossibles à faire parce que Soheila et lui s'étaient toujours ressemblés sur bien trop de points pour que l'un ou l'autre n'arrive à leur éviter cette issue. Une issue précipitée par les paroles injustes et les reproches insensés qu'il avait laissé échapper le soir où tout aurait pu prendre une direction bien différente si seulement il n'avait pas parlé sous le coup de l'émotion, et de cette peine si vive qu'il avait éprouvé. Après le départ de Tamsin, quand la plaie était encore à vif et que chaque présence suffisait à lui rappeler ce qui s'était brusquement envolé et à y enfoncer la lame d'un deuxième couteau, Dimitri avait perdu pied et dirigé son chagrin contre la seule personne qui aurait pourtant pu comprendre. Mais, pire que ça, contre la dernière personne dont il avait envie de s'éloigner. Pour toutes les fois où elle avait été là, même malgré la façon dont les choses n'avaient jamais été tout à fait simples entre eux, même après qu'il ait renoncé à croire qu'il y avait peut être une chance pour qu'elles se fassent quand même, et même une fois qu'elle avait fait entrer Tamsin dans sa vie et été régulièrement témoin du bien autant que du mal qu'ils pouvaient se faire. Soheila l'avait mise en garde, quelques fois, mais sans jamais qu'il ne l'ait vu comme autre chose que les réminiscences d'une affection que malgré tout il espérait toujours lui inspirer à l'époque, ou les paroles pleines de sagesse d'un cœur pur qui au fond les connaissait Tamsin et lui mieux qu'ils ne se connaissaient sans doute mutuellement. Pour tout ça, Dimitri n'avait pas la moindre envie qu'elle disparaisse de sa vie lorsqu'il n'y avait plus eu qu'eux deux, et pourtant et comme si cette histoire était vouée à faire souffrir tout le monde, il n'avait pas su s'empêcher de détruire le peu qu'il leur restait. Et ce soir, face à la rancœur compréhensible de Soheila et tout ce que ces souvenirs pénibles continuaient à lui inspirer, il n'y avait sans doute aucun mot qui puisse suffire à effacer ceux qu'il avait eu à l'époque. Parce qu'elle avait raison, qu'il y avait des questions qu'il avait perdu le droit de poser, et sans doute que même son regard planté dans le sien depuis plusieurs minutes et la façon dont il tentait de s'y raccrocher était à lui seul un affront après ces années de silence. Dimitri hocha la tête, doucement, presque comme s'il avait autant besoin que du mal à l'entendre, lui qui depuis qu'il avait posé un pied dans ce hall tentait de reprendre le dessus sur la tonne de regrets que ces retrouvailles faisaient ressurgir. Il aurait pu préparer n'importe quel texte, réfléchir des heures à ce qu'il lui dirait, qu'il aurait été aussi démuni qu'à cet instant.

Il essaya, pourtant, mais n'eut aucune idée de si ses paroles étaient aussi maladroites que les dernières, face à une Soheila silencieuse, fermée, dont l'esprit errait sûrement loin de cet hôtel et de sa présence. Exprimer ce qui pendant quatre ans l'avait rongé, c'était comme estimer la profondeur du trou béant laissé dans sa poitrine depuis tout ce temps. Difficile, et douloureux. Et ses mots pleins de justesse ne l'étaient pas moins, quand son reproche le ramena à ses erreurs. « Contrairement à moi, pas vrai ? » Les mots filtrèrent entre ses lèvres et flottèrent dans l'air une seconde avant de laisser place à un soupire. « Parce que moi je n'ai pas su faire la part des choses et j'ai préféré mélanger ce qui n'aurait jamais du l'être car c'était sûrement plus simple de tout perdre d'un seul coup plutôt que de prendre le risque de te perdre plus tard. Mais toi, je sais que tu n'aurais rien laissé t'atteindre. » Parce que Soheila avait toujours eu cette capacité à ne rien laisser paraître, du plus petit pincement au cœur au plus grand déferlement émotionnel. Même à l'époque où ils pouvaient presque tout se dire, il savait quelle force l'habitait et que si l'un d'eux devait ressortir broyé par ce qu'ils avaient tenté d'explorer ensemble, en vain, ce serait lui. Qu'en tout cas il serait celui qui aurait le plus de mal à ravaler ce qu'il éprouvait, quand du coté de Soheila rien ni personne n'avait jamais semblé pouvoir lui faire courber le dos ou perdre l'équilibre. Après tout, elle aussi avait été laissée dans le flou il y a quatre ans, mais c'était lui qui avait perdu pied. Et ce n'était que le début pour elle, qui malgré ce qu'il avait entendu dire, et ce qui l'avait rongé d'inquiétude, se tenait face à lui ce soir avec cet air implacablement neutre, cette force dans le regard. Dimitri ignorait alors si ça le rassurait ou non. « C'est drôle quelque part, parce que sur le reste toi et moi on s'est toujours beaucoup ressemblés. » Il confia à demi-mot, comme si finalement ça résumait aussi plutôt bien leur relation, et la façon dont leurs similitudes les avaient d'abord rapprochés, puis éloignés, là où plusieurs fois il aurait suffi d'un rien pour écrire une histoire complètement différente. Aujourd'hui, un mur invisible semblait dressé entre eux et il lui paraissait de plus en plus illusoire d'espérer le franchir pour l'instant.

Parce que s'il ne fut pas surpris que ses excuses ne suffisent pas à alléger l'atmosphère, Dimitri ne le fut pas non plus qu'elle saisisse la première occasion qui se présenta pour s'éloigner, et replacer entre eux une distance certainement plus confortable à cet instant que la proximité qu'il avait tenté d'instaurer, maladroitement, en la rejoignant ce soir. Une proximité qui ne les mettait pas très à l'aise depuis déjà plusieurs minutes, et qu'il ne comptait pas lui imposer quoi qu'elle décide. « Je serai pas loin si tu... enfin, tu sais. » Tout du moins si une partie d'elle pouvait encore lire en lui, alors oui elle saurait qu'il n'avait pas l'intention d'aller où que ce soit s'il y avait la moindre chance pour que cette conversation trouve une suite, une fin, n'importe quoi qui donnerait un peu de sens à sa démarche aussi maladroite soit-elle. Soheila se déroba sous son regard, qui suivit sa silhouette jusqu'à ce que celle-ci ne disparaisse à travers la foule d'invités, pénétrant dans la salle tandis que lui resta ici quelques secondes de plus, toujours persuadé que sa place n'était sûrement pas à ce genre de galas mais qu'il ne pouvait pas avoir pris sur lui pour l'y retrouver si c'était pour repartir comme il était venu, avec tout juste la satisfaction d'avoir pu vider son sac et lui dire ce qu'il aurait du lui dire bien plus tôt. Alors Dimitri prit une inspiration et rejoignit la salle à son tour, adressant quelques sourires courtois sur son passage sans pour autant avoir la naïveté de penser faire complètement illusion dans son costume sombre et malgré sa connaissance de la plupart des codes qui régissaient ce genre de milieux. Ici, personne n'irait sûrement imaginer que le type qui tendait la main vers une coupe de champagne tout en se greffant à une ou deux conversations gérait un stand au parc d'attractions, et c'était comme infiltrer un écosystème très différent du sien pour en observer la dynamique. Ses yeux se retrouvaient le plus souvent à chercher ceux de Soheila parmi les invités, parce que c'était bien pour la voir elle qu'il était venu et que si elle décidait qu'ils s'étaient tout dit et n'avait pas la moindre envie de le revoir, il aurait au moins pu s'assurer qu'elle allait bien le temps d'une soirée. Dimitri ne s'imposait pas à sa vue pour le plaisir de lui rappeler qu'il était là, et il s'effacerait sans demander son reste si elle n'éprouvait pas l'envie de le revoir. Parce qu'aussi égoïste soit-il certainement d'être venu jusqu'ici ce soir, c'était avant tout à son bien à elle qu'il pensait. Une chose qu'il aurait du avoir à cœur quatre ans plus tôt. Accoudé au bar, ses yeux observant le fond de sa coupe presque vide, c'est un regard à demi surpris qu'il posa alors sur la sienne lorsque Soheila vint finalement le rejoindre, puis vers elle qu'il le remonta lorsqu'elle prit la parole. Ses yeux sondaient les siens sans qu'il ne songe à l'interrompre, la gorge serrée de l'entendre narrer une réalité qu'il n'avait jamais voulue, mais qu'il avait indéniablement provoquée. « Et pourtant pas un jour n'a passé sans que j'y pense. » Il expira dans un souffle, qu'elle seule put entendre. A elle, aux derniers mots qu'ils avaient échangé, au fait qu'il n'y en avait plus eu ensuite, et à tout ce qu'ils avaient vécu l'un et l'autre sans pouvoir s'épauler comme ils l'auraient fait à une époque. «  Sans que tu me manques, sans que notre façon de lire l'un en l'autre me manque... » Il redevint silencieux le temps d'une seconde, comme s'il avançait avec cette prudence nécessaire face à une Soheila dont il comprenait et mesurait pleinement la rancœur, mais face à qui il ne pouvait pas se résoudre à ne pas s'ouvrir pleinement. Les non-dits étaient enfin effleurés, et ça faisait plus mal encore après que le temps ait joué contre lui, contre eux, et renforcé l'écho des paroles malheureuses qu'il avait eu ce fameux soir. « Je le sais, j'ai dit un paquet de choses que je pensais pas ce soir-là, et un paquet de choses au moins aussi stupides et irrationnelles que la façon dont j'ai pu m'en prendre à toi. Mais quand elle est partie, j'ai juste... pas su voir qu'on était dans le même bateau tous les deux. » Aveuglé par ce qu'il avait ressenti à l'idée que Tamsin se soit évaporée tout d'un coup, par le sentiment de trahison qu'il avait éprouvé en même temps qu'un millier de questions l'avaient assailli, et l'impression qu'une pièce du puzzle de sa vie s'en était allée et son équilibre avec. « Une partie de moi s'est convaincue que si elle m'avait laissé derrière elle sans explications, toi elle n'avait pas pu te quitter sans un mot. Parce que je sais ce que tu as toujours représenté pour elle. » Un modèle, quelqu'un que Tamsin a sans doute toujours voulu rendre plus fière que n'importe qui d'autre, même quand elle avait toujours donné l'impression de pouvoir se passer de l'approbation des autres, et même quand sa relation avec Soheila avait toujours paru complexe d'un œil extérieur. « Je te crois, Soheila. » Dimitri reprit après une seconde, qui un instant donna l'impression que la salle s'était vidée tout autour d'eux. « Je te crois, et je te demande pardon de ne pas l'avoir fait à l'époque. » C'est ce qu'il aurait du lui dire ce soir-là, au lieu des mots qu'il avait choisi de prononcer, au lieu de l'injustice dont il avait choisi de faire preuve. Parce qu'il la connaissait, qu'il savait que Soheila ne l'aurait pas regardé dans les yeux en lui disant qu'elle ignorait où avait pu partir Tamsin si ce n'était pas le cas, et que s'il avait été capable de plus de rationalité il n'en aurait pas douté une seconde. Il s'en voulait de ne pas avoir su se raisonner à ce moment-là, de ne pas avoir su voir qu'ils pouvaient être un soutien l'un pour l'autre au lieu de laisser cette histoire les séparer eux aussi. Reposant son regard sur elle après l'avoir posé sur le sol, il hésita une seconde puis décida d'ouvrir les vannes pour de bon. « En quatre ans j'ai pensé plusieurs fois entamer des recherches pour savoir ce qu'elle était devenue, où elle avait pu aller, mais je renonçais à chaque fois de peur de découvrir quelque chose que je n'aurais pas envie de savoir... » Qu'elle ait refait sa vie et soit partie pour cette raison, ou pire, ne l'ait pas refaite et soit partie parce qu'elle ne supportait plus sa vie ici. Le genre de choses qu'on n'espérait pas découvrir en ouvrant une page internet. « Mais depuis tout ce temps c'est comme si j'étais resté bloqué avec cet énorme point d'interrogation qui m'empêche d'avancer, de reconstruire cette part de ma vie, et je me disais... que si quelqu'un avait pu ressentir la même chose, c'était sûrement toi. » Ou bien avait-elle réussi à tourner la page, et il ne lui en voudrait pas de ne plus se poser les mêmes questions que celles qui les avaient éloignés à l'époque, et alors qu'il croyait lire dans le regard de Soheila cette lueur familière qui autrefois déjà pouvait le faire se sentir un peu moins perdu.




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