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 (noralfie) i'll be beside you on that dusty road

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Alfie Maslow
Alfie Maslow
la pile électrique
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ÂGE : trente-cinq ans (01.11), parfois l'impression d'en avoir vécu dix de plus
SURNOM : alfie en est déjà un, raccourci en alf ou al par certains
STATUT : en couple depuis trois ans, en crise depuis quelques semaines
MÉTIER : hyperactif de vocation, anthropologue de formation ; désormais lecturer à l'université, consultant (abc, hôpital, pénal) et pianiste des street cats
LOGEMENT : appartement #95 à toowong avec jules, sa copine, une tortue, deux rats et bientôt un alpaga (on espère)
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POSTS : 1684 POINTS : 260

ORIENTATION SEXUELLE : Je n'aime que ma moitié.
PETIT PLUS : enfant unique, parents très religieux ≈ trop étouffé durant l’enfance, l’adolescence s’est mal passée ≈ rescapé d’un accident de voiture qui a tué son premier amour ≈ passionné par son métier, ne parlera que des bons côtés de celui-ci ≈ optimiste et blagueur dans la vie quotidienne ; sérieux et consciencieux au travail ≈ se déplace en skate ; en vélo quand il doit paraître adulte ≈ excellent pianiste ≈ trouble tdah jamais diagnostiqué ≈ cicatrices le long du dos, sur le torse et brûlure sur l’entier de la paume gauche ≈ de retour à brisbane depuis environ un an
UN RP ? : Pas dispo pour le moment.
RPs EN COURS : (noralfie) i'll be beside you on that dusty road Tumblr_ot1yxvje7E1rb71hfo8_250
alfiana #3 + alfiana #4⊹ i'm sliding into something you won't understand, but don't give up on me 'cause i'm just in a rut, i'm climbing but the walls keep stacking up.

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arfie (fb) ⊹ we're burning down the highway skyline on the back of a hurricane that started turning, when you were young, when you were young.


RPs EN ATTENTE : street cats › bande atypique › romy (battle mario kart)
RPs TERMINÉS : stephenarfie #1 (& jules)evaleonardoalfiana #1joseph & julesnorahtad #1harvey #1tad #2harvey #2kanealfiana #2

nadia eleonoralily
PSEUDO : leave
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CRÉDITS : joanne ♡ (ava), talkstostrangers (gifs), loonywaltz (ub)
DC : le roux de secours (finnley coverdale)
INSCRIT LE : 01/02/2019
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Message(#) Sujet: (noralfie) i'll be beside you on that dusty road (noralfie) i'll be beside you on that dusty road EmptyVen 6 Sep - 1:10




NORAH & ALFIE ⊹⊹⊹ When no one expects you to deny And no one accepts your reasons why, You cling to the ways of my name, When you touch the stone.

« Me calmer ? ME CALMER ? Vous vous foutez de ma gueule ? » Que la voix d’Alfie s’élève alors qu’il fusille du regard le type en face de lui. Il voudrait plonger son regard dans le sien pour être plus convaincant, mais les deux couches de plastique qui le sépare du soignant l’empêchent de distinguer le moindre détail physique de ce dernier. Il ne saurait pas même dire sa couleur de peau, encore moins celle de ses yeux ou de ses cheveux. Face au silence que lui offre le type en guise de réponse, Alfie se contente de reprendre son activité favorite (et la seule qui lui est autorisée entre ses murs en plastique) : faire des allers-retours dans la pièce, encore et toujours, non sans laisser échapper un « aaaaaargh » bien sonore alors qu’il serre les poings. « J’ai déjà été isolé avant d’être rapatrié, et les TESTS. ÉTAIENT. NÉGATIFS. » Alfie appuie chacun de ses mots, avant de laisser échapper un lourd soupir et un nouveau regard traduisant de toute la colère qu’il ressent à l’égard de l’homme en face de lui. Et il essaie Alfie, vraiment, de se rappeler que ce type ne fait que son travail et qu’il n’y est pour rien ; qu’il n’a pas à ramasser toute la frustration accumulée par l’anthropologue au cours des dernières semaines. Mais il n’arrive pas à se raisonner tant il devient fou entre ses murs, et il n’y arrive d’autant moins en songeant au fait que ça ne fait que commencer. S’il pensait que revenir dans son pays natal relevait déjà d’un parcours du combattant compte tenu de la fermeture des frontières et de la peine de prison qui lui pend au nez s’il refuse de se soumettre aux directives, il était loin de se douter que ces jours d’incertitude jusqu’à recevoir le feu vert pour être rapatrié dans ce caisson qui hante désormais ses cauchemars n’était qu’un avant-goût de l’enfer en vue de la situation actuelle. Vingt-et-un jours. Minimum. Dans cette foutue chambre. Avec un lit pour seule compagnie. « Vous aviez de la fièvre avant-hier et donc-. » « MAIS BIEN-SÛR QUE J’AI DE LA FIÈVRE PUISQUE JE PASSE MES JOURNÉES À VOUS HURLER QUE. JE. VAIS. BIEN. » Qu’il s’énerve une nouvelle fois, approuvant ses propos alors que son visage se teinte de rouge et les petites veines de son cou se dessinent. « Ça on en est pas sûrs, alors... » « Quoi, vous pensez que j’ai pas été assez confronté à la situation pour pas capter si je suis touché ou pas ? » « Non mais… » S’approchant de plastique, Alfie écarquille les yeux à l’extrême. « Putain mais regardez mes yeux y’a que dalle, je vomis pas, je pisse pas le sang, bordel vous voulez que je vous montre aussi mes couilles pour vérifier si elles sont nécrosées ou ça va aller ? » Qu’il propose, la main qui s’agrippe déjà à sa chemise d’hôpital, prête à se soulever. « Merci, ça va aller. Il faut vous calmer, vous n’avez pas d’autres choix que d’être ici, ça va vite passer. » VINGT. PUTAIN. DE. JOURS. « Vous savez aussi bien que moi que c’est pas le cas. » Que s’agace à nouveau un Alfie à deux doigts de la crise de nerfs face à la condescendance qu’il perçoit dans le ton de son interlocuteur, et qu’il lirait probablement dans ses yeux s’il pouvait les distinguer. « Il n’empêche que vous n’avez quand même pas le choix, que vous êtes parti en toutes connaissances de cause et qu’il fallait peut-être songer aux conséquences avant. » « Oh, allez-vous faire foutre. » Qu’il hurle aussitôt en laissant son pied frapper la table de chevet à défaut du visage du type, et qui s’écroule au sol dans un vacarme assourdissant. « Et vous savez aussi bien que moi que détruire votre chambre ne vous a rien apporté la première fois, ni la seconde, ni la cinquième, et que ce n’est pas prêt de changer. » « L’espoir fait vivre, n’est-ce pas ? » Qu’il rétorque avec son sourire d’imbécile sur les lèvres, accentué pour l’occasion, tandis qu’il se heurte bientôt au dos de son interlocuteur, déjà sur le départ. « Vous savez quoi faire en cas de besoin. Je viendrai chercher le flacon plus tard. Oh, et j’oubliais, un vague geste de la tête en direction d’Alfie, je vous rappelle que c’est pour votre urine et pas votre… semence. » Alfie se déride, hausse les épaules, toujours ce sourire provocateur sur les lèvres avant de préciser « vous m’aviez dit de trouver de quoi m’occuper » qui, il jure, provoque un soupir de la part du soignant avant que celui-ci ne disparaisse.

Aussitôt la silhouette disparue, Alfie reprend le cours de son activité, non sans n’en avoir que faire des réflexions qui viennent d’être faites sur l’état de sa chambre ; ce n’est pas ce qui l’empêche de retourner la chaise dans le coin à droite, de frapper encore à deux reprises la table de chevet au sol, ni de balancer les oreillers à travers la minuscule chambre ou d’éclater son assiette en carton encore remplie et fumante contre l’un des murs. L’emmerdeur se trompe, ça lui apporte quelque chose ; ça l’occupe. Une dizaine de minutes, peut-être, mais c’est une dizaine de minutes d’intense soulagement qui permette une vingtaine d’autres de rangement, et si dans une journée ordinaire cette demi-heure n’aurait rien représenté, dans la sienne c’est le meilleur moment de ses vingt-quatre heures qui semblent s’être figées dans le temps. Il fallait peut-être songer aux conséquences avant. La mâchoire d’Alfie se crispe alors qu’il n’a rien d’autres à foutre que de ressasser les paroles de l’autre con, et qu’il doit lui donner raison (même s’il ne l’admettra jamais). Pour autant, Alfie se contente de songer au fait qu’il y avait pensé, seulement il n’avait pas anticipé que son isolement serait aussi difficile à supporter. En réalité, à aucun moment l’anthropologue n’a pensé à ce détail, tout comme il n’a pensé à aucun moment que le gouvernement de son propre pays serait amené à statuer sur la nécessité – ou non – de le ramener dans sa contrée. Dans sa tête, les choses ne s’envisageaient pas sur la durée, parce qu’Alfie est incapable d’anticiper quoi que ce soit. Il fonce, tête baissée, dans son envie du moment et réfléchit après – ou ne réfléchit jamais, le plus souvent. Lorsque l’OMS a passé ses accords avec certains pays pour réquisitionner des professionnels, il a saisi l’opportunité de quitter Brisbane après deux ans de sédentarité nécessaires pour faire ses preuves auprès de l’université avant qu’on ne lui propose un terrain. Deux longues années qui lui sont apparues comme insupportables et qui l’ont convaincu que jamais il n’arrêterait de voyager ; car son travail s’effectue auprès des autres et non pas au travers d’articles scientifiques. Alfie s’est focalisé sur le besoin d’exercer plus que sur les conséquences de son métier, ainsi lorsque sa présence n’était plus utile au Mali et qu’il a filé en direction de la Sierre Leone il supposait naïvement que son retour en Australie se ferait en un claquement de doigts, notamment parce que la fin officielle de l’épidémie lui semblait être une raison suffisante pour ne pas s’inquiéter quant à sa situation, sans songer à d’autres facteurs qui auraient pu justifier des craintes de transmission. Mais les protocoles sont ce qu’ils sont ; et ils sont foutrement emmerdants comme l’a toujours pensé Alfie – dont l’avis n’est ainsi pas prêt de changer. Les lois en vigueur n’ayant pas été modifiées malgré la diminution des cas, il se retrouve confiné dans cette salle depuis à peine une semaine, et pour deux autres encore. À vrai dire, Alfie n’est pas vraiment certain d’arriver au bout de cette période maintenant qu’il est assis en tailleur face au mur, jouant distraitement avec l’assiette en carton qu’il pourrait tout aussi bien utiliser pour abréger ses souffrances. La tête penché, concentré, il fait la liste des diverses manières dont cet objet pourrait lui être utile. C’est du carton, c’est relativement flexible, il peut envisager d’en faire une boule qu’il avalerait et, avec un peu de chances, il s’étouffera avant qu’on ne le remarque – à condition de réfléchir à l’angle mort de la caméra. En vue de son inclinaison et de sa hauteur, il aurait tendance à dire que le coin gauche, sur un carré d’environ trente centimètres carrés semble être l’opportunité d’une vie ; reste à savoir comment il arriverait à se faire discret sur une surface aussi restreinte. Il ne songe pas au fait que cela soit impossible, juste que cela demande des aménagements. Mais alors qu’Alfie est déjà en train de détruire l’assiette, il réalise que se couper avec un carton est monnaie courante, et le voilà qui découpe minutieusement un bout de l’objet, le pliant plusieurs fois, le ponçant avec ses dents pour tenter d’en dessiner une pointe, qu’il appuie fortement sur l’un de ses doigts jusqu’à ce qu’une goutte de sang finisse par perler. Trop lent, et surtout, trop dangereux, en cas d’échec, il risque de voir son isolement devenir encore plus strict qu’il ne l’est déjà, où même le carton ne sera pas autorisé et où d’autres tests seront nécessaires compte tenu du fait qu’oh mon dieu, un de ses fluides corporels s’est échappé. Il essuie rapidement son doigt sur sa robe de chambre avant de regarder un peu partout autour de lui. Il pourrait tout autant jouer sur le fait qu’il est dans une chambre à pression et qu’avec la chaleur environnante et la fenêtre sur sa droite, et ce bout de carton, il pourrait rêver d’une étincelle qui abrégerait sa situation. Pour autant, cela lui semble bien utopique même si le voilà qui pousse son lit jusqu’au mur avec peine, avant de grimper sur celui-ci, bout de carton en main qui tente d’intercepter les quelques rayons du soleil qui se fraient un chemin dans la pièce avec difficultés. La fenêtre est petite, située en hauteur et, bien évidemment, ne possède pas la moindre ouverture. Lorsqu’il entend le bruit reconnaissable du second SAS qui s’ouvre, Alfie finit par se retourner, toujours bien debout sur son lit, et son bout de carton en main. Une silhouette finit par entrer dans la pièce, et Alfie lève les yeux au ciel, supposant qu’il s’agit du même enfoiré que plus tôt dans la journée. « Non, ducon, j’ai toujours pas pissé dans ton bocal et oui, si tu continues à m’emmerder, je le remplis avec tu sais quoi. » Qu’il annonce en salutations et conclusion de la conversation, se tournant à nouveau vers le mur, lâchant le bout de carton dans sa main quand il entreprend de frapper sur le bord de la vitre, se doutant qu’il s’agit d’un double, voire triple, vitrage. Mais au point où il en est, ça l’occupe à peu près dix secondes et ça lui brûle les phalanges, et c’est très exactement ce qu’il recherche à cet instant précis.



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Norah Lindley
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les histoires de fantômes
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ÂGE : 35 ans (15.09.1984)
SURNOM : Beaucoup l'appellent Nono, ses collègues ont toujours adoré l'appeler par son nom de jeune fille "Leckie".
STATUT : veuve depuis 2016.
MÉTIER : infirmière en service de réanimation. fait régulièrement des remplacements dans d'autres services, histoire d'arrondir les fins de mois.
LOGEMENT : #57, logan city (y vit depuis décembre 2018)
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ORIENTATION SEXUELLE : J'aime les beaux garçons.
PETIT PLUS : mère de deux enfants, Julie, née en 2009 et Aidan, né en 2015 + excellente pâtissière + force tranquille, sait gérer les urgences avec sérénité + a un frère jumeau et deux frères aînés + sort à peine du deuil de son mari + adore les histoires de fantômes + franche, n'hésite pas à recadrer (plus ou moins correctement) lorsque c'est nécessaire + plus discrète depuis le décès de son mari
UN RP ? : Seulement si nous avons un lien.
RPs EN COURS : anwar #2 + alfie #2 + yasmine #4 + mitchell #2 + tommy + stephen #3 + juliana + caelan (fb #1) + jasper + ben + justine (11/10)

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noranwar + uc

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I’m your twin. You’re my twin. We stick together through thick & thin. No matter what I do I’m always stuck with you. And if trouble comes our way I know my twin will save the day. Wherever you may be you’re always stuck with me. When you’re feeling sad & blue call my name & I’ll find you. We have a bond that’s tried & true, you and me, me and you, two by two

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CRÉDITS : avatar : black arrow
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INSCRIT LE : 20/02/2019
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Message(#) Sujet: Re: (noralfie) i'll be beside you on that dusty road (noralfie) i'll be beside you on that dusty road EmptyMar 10 Sep - 21:58



I'LL BE BESIDE YOU ON THAT DUSTY ROAD
i'm right behind you in the light of hope

Si elle l'avait su, elle aurait profité d'autant plus de cet instant là.

La tête appuyée contre son épaule et son index dessinant des arabesques sur le torse de son époux, Norah songeait aux mots échangés quelques heures plus tôt. Frank était rentré du travail tard, très tard. Il s'était glissé dans les draps vers trois heures du matin, venant immédiatement se blottir contre elle car il savait qu'elle était contrariée. Etre dans la bridage des stupéfiants, c'était ne pas savoir l'heure à laquelle on allait pouvoir rentrer à la maison. Elle s'était réveillée, ils en avaient discuté, à la limite de la dispute, avant de se réconcilier sur l'oreiller. Le métier de Frank était un sujet qui revenait fréquemment sur la table, encore plus depuis la naissance de leur second enfants, deux mois plus tôt. Le débat était malheureusement stérile. Le policier aimait bien trop son métier pour quitter son uniforme pour un poste derrière un bureau, à gérer de la paperasse à longueur de journée tout en sachant que ses collègues étaient sur le terrain. Et ça lui fendait le coeur de savoir que cette passion entravait sa vie de couple. Ils s'aimaient éperdument, cela n'était jamais à remettre en question. Ca ne lui faisait pas plaisir de la voir si peinée, et inquiète. Mais il ne pouvait pas abandonner son poste. C'était viscéral. Tout autant que Norah n'abandonnerait pas son métier non plus. Elle savait pertinemment qu'elle n'arriverait jamais à le convaincre, mais elle était suffisamment bornée pour persévérer, et espérer. Elle ne voulait pas le voir malheureux, mais elle ne désirait pas non plus avoir à répondre à un appel à une heure indescente pour lui annoncer qu'il était à l'hôpital. Ils ne parlaient pas vraiment du boulot à la maison, mais Norah jurait sentir les instants où il était sur une intervention délicate. Elle le trouvait nerveux, dernièrement. L'un de leurs nombreux points communs était bien le fait qu'ils cachaient leurs émotions à merveille, et que tout fonctionnait par la subtilité de certaines expressions. Frank était toujours d'un tempérament calme, il était extrêmement difficile de lui faire perdre ses moyens. Mais il pensait beaucoup. Les engrenages de son cerveau fonctionnaient toujours à vive allure. Il était très analytique et avait l'esprit vif, et d'un calme qui apaiserait n'importe qui. "J'aime croire que ce que je fais rendra le monde un peu moins dangereux pour les petits, Norah." finit-elle par souffle après des dizaines de minutes de silence. Songeuse, Norah ne fit pas le moindre commentaire. "Ne crois pas que je fais ça pour te contrarier. Je ne peux juste pas. Surtout pas en ce moment." Il était sur une grosse enquête, c'était sûr et certain. Il avait même demander à son épouse de lui promettre de ne pas fréquenter un quartier où se trouvait un restaurant dont elle avait vaguement entendu parler. Elle l'avait questionnée, comme n'importe qui l'aurait fait, mais Frank semblait si inquiet qu'il avait à peine haussé la voix (ce qui était déjà beaucoup en soi), et de par cette réaction, Norah lui avait fait cette promesse. "Et puis, tu sais bien qu'Anwar ne tiendrait pas cinq minutes, sans moi." finit-il par dire afin d'alléger une atmosphère qu'il commençait à sentir moins lourde – sinon la brune ne serait pas venue se blottir davantage contre lui, un léger frisson parcourant son épiderme au niveau du bras lorsque son mari s'était décidée d'en effleurer son épiderme. "Je t'aime." lui souffla-t-elle avant de relever son visage pour l'embrasser longuement. Les enfants dormaient et ils savaient que c'était un des rares moments privilégiés qu'ils ne pouvaient avoir que très rarement, et ils préféraient tous les deux le savourer plutôt que de poursuivre un sujet de dispute qui allait revenir sur la table bien assez tôt.

"Franchement, ce patient, c'est une véritable plaie. Je veux plus m'en occuper, sérieux. Il est d'un chiant!" s'écria l'un des infirmiers en jetant furieusement ses gants dans le sac poubelle. Le visage rouge pivoine, il continuait de pestiférer en agitant les bras devant des collègues déconcertés et démunis face à la situation. "Il est insupportable. Dans l'échelle du connard, il est à 10, et plus si affinités." Norah venait à peine de commencer son service et haussait légèrement les sourcils devant la scène qui se déroulait dans la salle de soins. Elle était censée être en réa, comme d'habitude, quand Andy l'avait croisé d'un air désolé en lui disant. "Ils ont besoin de toi en bas, parce qu'apparemment tu es la seule à supporter le Maslow là." Il en riait. La situation amusait le médecin. Et que sa collègue de longue date soit l'une des rares à garder son calme (sans surprise) devant de telles énergumènes ne le surprenait pas. Il était juste un tantinet agacé de ne pas avoir l'occasion de travailler avec elle l'après-midi là. "Tu viens quand même boire un café, tout à l'heure, il faut que je te raconte un truc." lui demanda-t-il. Norah lui fit un clin d'oeil. "Ca marche. A toute à l'heure." Après avoir écouté la bonne douzaine de noms d'oiseaux que le collègue du matin utilisait pour décrire au mieux le patient exposé au virus d'Ebola, Norah avait levé les yeux au ciel avant de s'éloigner et de déposer son sac à main dans un placard sous clé dans leur salle de pause. "Honnêtement, Leckie, je sais même pas comment tu fais pour venir si calme au boulot en sachant où on te coltine pour l'après-midi. Je sais pas si je dois t'admirer ou t'engueuler d'accepter de prendre un poste si ingrat." dit une aide-soignante du service voisin, qui venait se servir rapidement une tasse de café. "Enfin quoi que ça me surprend pas, quand on y pense." dit-elle après un instant de réflexion. "J'utilise mes propres outils." s'amusait à répondre Norah. Les situations de stress, elle en avait toujours dans son service habituel. Des patients véreux, desinhibés, vulgaires, pointilleux, narcissiques, impatients, intolérants, insupportables, elle en croisait tous les jours, comme tous ses autres collègues, et chacun avait ses propres méthodes pour gérer des situations difficiles. Pendant les études, les formateurs leur enseignaient différents outils, différentes façons de faire, mais finalement, chacun trouvait ses propres armes et ressources pour contrôler la situation. Et si tout devenait vraiment compliqué, on appelait les mecs de la sécurité (dont un qui se prenait clairement pour Rambo à longueur de journée), qui, baraqués comme pas deux, faisaient taire ceux qui voulaient jouer aux petits malins. Certains étaient à deux de faire de même pour Maslow, mais on ne voulait pas infliger aux hommes-là le temps d'habillage pour pouvoir entrer dans la chambre. "Bon, Leckie." dit le collègue du matin d'un air véritablement saoulé en guise d'introduction pour les transmissions. "La mission du jour, c'est le prélèvement d'urines. Mais MONSIEUR est d'humeur exécrable aujourd'hui, et, pour changer, il est plus enclin à filer un autre liquide de son engin à la place." Il se massait l'arête de son nez pour tenter de se calmer, avant de raconter plus en détails ce qu'il s'était passé. Un sourcil arqué, Norah restait silencieuse tout du long avant de dire à l'infirmier d'aller manger un bout et qu'il file rentrer chez lui pour se détendre. I've got this, se disait-elle en se levant de sa chaise pour se rapprocher d'un ordinateur. Ca va pas être bien compliqué. Il fallait juste le cerner, comprendre comment il fonctionnait. Du moins, elle était particulièrement sereine à l'idée de le prendre en charge. Elle tapotait ses identifiants afin d'accéder au logiciel médical et de lire les dernières nouveautés écrites par les médecins qui prenaient le patient compliqué en charge. Rien de neuf sous le soleil. Son hospitalisation était plus protocolaire qu'autre chose, tellement le monde prenait peur dès qu'on mentionnait le mot Ebola. Les mesures étaient drastiques et même légiférés, du moins suffisamment contraignants pour qu'un patient aussi insupportable qu'Alfie ne se plie à cette règle. Il gérait sa contrariété et son hyperactivité comme il le pouvait, c'est-à-dire, en redécorant à sa manière sa chambre tous les jours d'une façon différente. Norah connaissait son passif. Ses addictions passées et la liste de vaccins qu'il avait laissait croire qu'il voyageait régulièrement dans des pays en développement. Certains collègues l'avaient déjà étiquetés comme étant un toxico, et ils expliquaient chacune de ses attitudes par ce fait. Le temps passé depuis son sevrage semblait peu important à leurs yeux, alors que c'était argument de taille : cela remontait à plusieurs années. Il ne risquait pas de faire un syndrome de manque, dans le mal le plus total au fond de son lit. Une situation très compliquée à gérer, autant pour le patient que pour le soignant. C'était donc après ces transmissions plus que constructives que Norah se lavait les mains avant de se motiver à enfiler une tenue qui mettait définitivement ses formes en valeur (non). Tout était protocolaire. Des couches et des couches de plastique afin d'être sûr et certain qu'elle ne soit pas contaminée d'une façon ou d'une autre. Rien que cette procédure dissuadait de nombreux soignants de travailler dans ce service. D'ailleurs, si elle avait été enceinte quand Maslow avait débarqué, on ne l'aurait pas autorisé non plus à entrer en contact avec lui. Norah n'était même plus surprise de voir l'état de la chambre quand elle y entrait. On avait beau ranger, nettoyer, le patient réarrangerait rapidement le tout pour exprimer la frustration d'être confiné dans cette pièce. Elle n'était pas non plus étonnée de le voir planter debout sur son lit, comme un gamin qui voulait faire la révolution alors que les parents voulaient qu'il dorme. Le schéma était relativement le même. Ayant entendu quelqu'un entrer, Maslow supposait qu'il s'agissait du même infirmier qu'auparavant. Un sourire caché le masque, Norah lui rétorquait sans entendre. "Ca ira, merci. J'ai accouché il y a deux mois et c'est pas vraiment au programme de remettre le couvert." Et Frank faisait très bien son job de ce côté-là. Norah n'avait pas peur de lui, aussi agressif pouvait-il se comporter et qu'importe la force avec laquelle il frappait le vitrage : Alfie aurait bien plus mal que la plaque transparente de toute façon. "Et si vos testicules étaient effectivement nécrosés, vous n'en seriez même pas capables." Parce qu'on le débarrasserait rapidement de toute la partie nécrosée de façon chirurgicale. "Cela dit, avoir une gangrène de Fournier n'est pas un symptôme du virus d'Ebola, ce serait plutôt bon signe." ajouta-t-elle d'un ton calme en se dirigeant vers la chaise de la chambre qu'elle remis sur ses quatre pieds pour s'y asseoir. Peu impressionnée par ses menaces, insultes, et ses goûts en matière de décoration pour la chambre d'hôpital, l'infirmière prenait tranquillement ses aises. Des situations d'agression verbale envers les soignants, elle en avait déjà vécu plus d'une. Les patients avaient beau haussé le ton et la traiter de tous les noms, Norah gardait un calme olympien, une phrase pas plus haute que l'autre. On l'avait déjà saisi par la blouse, menacée de mort, elle défiait du regard sans hésitation la personne qu'elle avait en face d'elle. La jeune femme observait la chambre, imposant quelques moments de silence qui ne la gênait pas. "Il paraît que vous avez fait ami-ami avec mon collègue tout à l'heure." Non, elle savait que c'était le cas. "Et je pense qu'il vous apprécie tout autant que vous l'appréciez. Une réciprocité si évidente, c'est beau." Du moins, l'infirmier ne se gênait pas non plus pour traiter Alfie de tous les noms existants. La posture de Norah laissait deviner qu'elle était tout à fait à l'aise. Il pouvait la menacer comme bon lui semblait, elle n'avait pas peur de se prendre quelques bleus. Frank approuverait beaucoup moins, en revanche. L'infirmière le sentait nerveux, il ne tenait décidément pas en place. Elle connaissait ses antécédents sur le bout des doigts (car elle avait bien la flemme de sortir se changer à  nouveau et de vérifier sur l'ordinateur, avec un logiciel qui ramait beaucoup). Une hyperactivité évidente, une toxicomanie sevrée. L'un pouvait expliquer l'autre mais Norah ne faisait pas de jugements trop hâtifs avant d'avoir des données concrètes. Certains collègues pensaient déjà que s'il était si nerveux, c'était parce qu'il était en manque. "Pourquoi le Mali ?" dit-elle après un long moment de silence, comme si cette question ne venait de nulle part. Le recueil des urines attendra. Elle rejoignait son patient sur un point : depuis qu'il était hospitalisé et isolé ici, il n'avait présenté aucun symptôme particulièrement inquiétant, ni soupçonnant une quelconque contamination. Seulement, la loi était la loi, et Norah risquait gros si elle-même décidait de le laisser sortir de cette chambre. Elle s'était occupée de lui plus d'une fois depuis son admission, sous le couvert qu'elle était déjà l'une des rares qui ne se plaignait pas de s'occuper de lui. "Vous êtes anthropologue, je comprends que l'étude de cette population devait vous intéresser. Leur culture doit être foncièrement différente de la nôtre." reprit-elle. "Mais vous saviez qu'Ebola sévissait là-bas, avant de partir. Vous connaissiez les risques. Qu'est-ce qui vous a poussé à vous y rendre malgré tout ?" Soit il était extrêmement têtu, soit il se pensait invincible, soit il était inconscient, soit il avait une détermination sans limite, motivé par un projet qui lui tenait beaucoup à coeur. Quelle que soit la réponse, Norah l'entendrait. Elle n'était pas là pour juger ses décisions. Tout comme le fait d'avoir voulu se mutiler avec un morceau d'assiette en cartons (parce que oui, elle n'était pas aveugle, elle avait remarqué son doigt sanguinolant). Ca n'allait rien lui apporter si ce n'est le fait que certains collègues seront encore plus terrorisés de l'approcher de peur de se choper le virus. Certaines mesures d'hygiène semblaient excessives aux yeux de la jeune femme, dont le fait de devoir porter tout cet attirail qui empêchait le patient de connaître le visage de son interlocuteur. Et Norah serait bien curieuse de savoir comment il pouvait bien l'imaginer physiquement. Ce serait amusant.




Dernière édition par Norah Lindley le Lun 30 Sep - 22:41, édité 1 fois
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Alfie Maslow
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la pile électrique
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MÉTIER : hyperactif de vocation, anthropologue de formation ; désormais lecturer à l'université, consultant (abc, hôpital, pénal) et pianiste des street cats
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UN RP ? : Pas dispo pour le moment.
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Message(#) Sujet: Re: (noralfie) i'll be beside you on that dusty road (noralfie) i'll be beside you on that dusty road EmptyVen 27 Sep - 1:29



Si Alfie s’amuse souvent de ses passages réguliers au sein de cet hôpital, prônant l’instauration d’une carte de fidélité qui lui permettrait d’avoir une sucette gratuite à la cinquième consultation (autant dire que la carte en question serait complétée en à peine deux mois), toutes ses visites ne peuvent pas prétendre à la justification d’un tampon de fidélité ; et si les points de suture, commotions et autres os cassés peuvent entrer dans cette catégorie parce qu’il est désormais habitué à eux, il y a aussi ces séjours qui le rendent mal à l’aise et ne lui permettent pas d’être aussi familier des hôpitaux qu’il aime le prétendre. Son accident, un peu plus de dix ans auparavant, l’ayant laissé un peu plus d’un mois dans le coma, et presque tout autant de temps à reprendre pleinement conscience. Son sevrage (qu’on appelle ainsi dans la famille Maslow car le terme « désintoxication » est bien trop réaliste quant à la situation qui a touché l’enfant pas si prodigue), aussi, et toutes ses longues journées à quémander, supplier, hurler, qu’on lui fournisse un calmant, une seringue, une pilule, n’importe quoi pour qu’il se sente mieux, pour qu’il se sent lui, jusqu’à ce qu’il n’en puisse plus, jusqu’à ce que son corps n’en puisse plus et cesse de demander l’impossible. Et il peut désormais rajouter cet isolement à la liste de ces séjours qu’il préférerait oublier, et qu’il n’imprégnera jamais sur sa carte de fidélité. La situation n’est pas difficile à supporter seulement parce qu’il est contraint dans chacun de ses mouvements et sa liberté individuelle, mais aussi et surtout parce qu’elle amène également tous ces souvenirs douloureux avec elle. Dès qu’il se couche dans ce lit, il se revoit, quelques années auparavant, maintenu de force pour éviter de se faire plus de mal qu’il ne s’en était déjà fait. Quand il regarde par la petite fenêtre, il se souvient de ces nombreux après-midis à rester immobile devant celle-ci, à espérer que la silhouette d’Amelia franchirait la porte d’entrée avant que la réalité ne le frappe douloureusement en songeant au fait que plus jamais il ne pourrait poser les yeux sur sa blonde volcanique. Chaque plateau repas lui remémore la période où il était incapable d’avaler quoi que ce soit sans le vomir, ou lorsqu’il était purement et simplement nourri par sonde parce qu’il a dû réapprendre les petits gestes du quotidien ; déglutition comprise. À chaque fois qu’il s’agite dans cette minuscule chambre, il a l’impression d’en revenir au point de départ ; lorsqu’il avait dû également réapprendre à tenir sur ses deux jambes ; ou lorsqu’il était si faible qu’il n’arrivait plus à tenir sur celles-ci quand bien même il prônait le contraire pour qu’on le laisse sortir d’ici. Mais toutes ses protestations n’avaient jamais eu l’effet escompté par le passé, et n’en auront pas plus dans le présent, raison pour laquelle Alfie cesse de répéter le même discours en boucle, même si ce n’est pas l’envie qui manque. Il a perdu l’espoir de faire entendre raison à ces soignants – tout comme ils ont probablement perdu l’espoir de lui faire entendre raison – et il ne se contente plus que de hurlements frustrés plus que de discours convaincants.

Car, frustré, bien-sûr qu’il l’est ; plus qu’il ne l’a jamais été. N’importe qui dans sa situation ne supporterait pas toutes ses contraintes auxquelles il est soumis, même en essayant de se raisonner quant au besoin d’une telle extrémité ou en se flagellant quant aux conséquences de ses actes. Alfie n’est pas différent des autres, dans le fond. Seulement, là où ce serait insupportable pour d’autres, c’en devient réellement invivable pour lui. Il n’arrive plus à s’entendre penser, n’arrive plus à tenter de se gérer, et tout l’équilibre précaire qu’il a mis des années à construire menace à chaque instant de s’effondrer parce qu’il n’y arrive pas. Il voudrait se croire suffisamment optimiste pour se concentrer sur l’issue de cet isolement et au plaisir que sera le sien de redécouvrir la vie « réelle », mais il n’y parvient pas. Il voudrait se raisonner en se convainquant que tout ceci n’est que pour son bien et que trois semaines à l’échelle d’une vie ne représente pas grand-chose, mais il ne parvient pas à s’écouter. Il ne parvient pas à grand-chose dans cette bulle, seulement à accentuer son angoisse, sa haine des autres tout autant que de lui-même, et ses pensées violentes autant à son encontre qu’à l’égard du reste du monde. Et le matériel à sa disposition étant ce qu’il est, Alfie ne peut mettre ses pensées à exécution qu’à l’aide d’une assiette en carton. Heureusement que son dossier précise qu’il est à risque, sans quoi le personnel n’aurait pas été suffisamment vigilant et lui aurait octroyé son repas dans une assiette tout ce qu’il y a de plus normale, qu’il se serait fait un plaisir de fracasser pour mieux utiliser les débris contre lui-même. Il l’aurait fait. C’est certain, il l’aurait fait, sans réfléchir deux fois à ce que cela implique, parce qu’il ne réfléchit pas, Alfie, jamais, pas vrai ? Il ne pense pas aux conséquences, surtout lorsqu’il est question de se faire du mal, comme l’autre con le lui a fait remarquer. Et le retour de celui-ci dans la pièce ne manque pas de l’exaspérer. L’accueil qui lui réserve n’a rien à envier à leur séparation ; pourtant la situation est différente : parce que le soignant est différent, comme il le constate bien vite. Sur son lit, la main rougie par l’affront à la vitre, Alfie plisse les sourcils avant de reconnaître Norah, si ses souvenirs sont bons. Reconnaître est un bien grand mot, s’il ne l’avait pas côtoyée à plusieurs reprises il n’aurait pas été en mesure d’identifier sa voix. Là-aussi, côtoyer est un bien grand mot, disons seulement qu’elle est l’une des rares à ne pas quitter la pièce en se retenant de lui faire un doigt ou en le traitant de « connard » dès qu’il a le dos tourné (ce qui, en réalité, serait parfaitement justifié). « Faudrait peut-être savoir, vous me gonflez à longueur de journée pour que je « trouve un moyen de m’occuper », mais vous vous défilez dès que j’ai une idée. » Il soupire en sautant du lit pour rejoindre la terre ferme. « Ça n’empêche pas d’essayer. » Il ajoute, en haussant les épaules tandis qu’il finit par s’emparer de son verre en plastique pour se servir de l’eau au robinet dans un coin de sa chambre. « C’est bizarre d’en venir à souhaiter votre gangrène à la con pour que vous me lâchiez enfin la grappe et que je puisse me barrer d’ici ? » Il demande, pure rhétorique parce qu’effectivement, c’est bizarre, mais ô combien compréhensible dans sa situation. Buvant d’une traite son verre d’eau, il secoue vaguement celui-ci en direction de l’infirmière tandis qu’il affiche son sourire d’imbécile sur les lèvres. « Je vous proposerais bien à boire, mais comprenez, l’échange de salives, tout ça, c’est risqué. » Il soupire en balançant le verre dans un coin de la pièce. « L’échange d’autres fluides l’est moins, par contre, je vous assure. » Qu’il ajoute, toujours son sourire sur les lèvres, par envie de la provoquer plus que par fait scientifique établi.

Si l’humeur d’Alfie tendait à s’alléger, l’évocation du dénommé « l’autre con » ne manque pas de lui faire lever les yeux au ciel alors qu’il parcourt brièvement la pièce par besoin de s’occuper les jambes. « Ah oui, l’autre con. » Qu’il confirme à voix haute, espérant que d’où il est, les oreilles de l’infirmier siffle. « Vous cherchez quoi ? C’est quoi votre but en venant vous foutre de ma gueule, que je m’excuse auprès de votre super collègue parce que j’ai égratigné son amour-propre ? » Qu’on se le dise : ça n’arrivera pas. Connard en chef peut s’asseoir sur une quelconque forme d’excuse. Et madame psychologue peut déjà se barrer avec sa chaise sous le bras, il ne compte pas se lancer dans une thérapie de couple par pièce interposée. Toutefois, Alfie se retrouve interdit lorsqu’elle l’interroge sur les raisons qui l’ont amenées à cet isolement, et il s’immobilise quelques instants, faisant un pas vers elle tandis qu’il scrute son regard dans le plus grand silence. Elle se fout encore une fois de lui, pas vrai ? Elle est de mèche avec l’autre con, elle ne vient que confirmer qu’il « aurait dû réfléchir aux conséquences avant de partir ». C’est ce qu’il distingue entre les lignes de ses questions, pour autant le calme dont elle fait preuve l’intrigue et lui laisse penser qu’elle n’est pas là pour s’amuser contrairement à son collègue ; il ne voit pas quelle distraction on pourrait tirer d’une conversation aussi profonde – parce que si on le lance sur le sujet, Alfie le défendra avec passion. Mais pas maintenant, après une semaine de presque solitude, avec seulement quelques contacts qui lui donnent l’impression d’être un animal de cirque qu’on expose et dont on se moque de la maladresse. « C’est le service psy qui vous a demandé de venir ? » Il finit par demander entre deux soupirs. « Si c’est le cas, vous perdez votre temps et vous pouvez remballer vos questions. » Il précise tandis qu’il s’arrête dans un coin de la pièce pour se saisir du livre qu’il a entamé le jour de son arrivée et dont il n’a lu qu’une petite trentenaire de pages – parce que sa concentration est ce qu’elle est, qu’il n’arrive pas à se concentrer plus de dix minutes, et qu’après cinq lectures de la même page, il finit toujours par abandonner l’idée. S’asseyant par terre près du mur, il ignore la jeune femme qui ne devrait pas tarder à quitter la pièce maintenant qu’il lui a confirmé son désintérêt pour le soutien psychologique que cet hôpital peut vouloir mettre en place pour lui. Mais après quelques minutes (il ne saurait exactement n’ayant plus la notion du temps, cela peut avoir duré dix secondes comme dix minutes) et quelques pages tâchées de son doigt ensanglanté, il finit par abdiquer lorsqu’il constate que Norah est toujours bien assise sur sa chaise. « Sérieusement ? » Il soupire en basculant en arrière, frappant le mur de sa tête au passage sans que cela ne le dérange plus que cela. « Pourquoi pas ? » Qu’il concède finalement à lui répondre, dans une tentative de s’éviter cette visite probablement forcée plus longtemps. Elle n’a aucune envie d’être là, tout comme il n’en a aucune envie. Il ne sait pas exactement pour quelle raison elle persiste à rester dans cette pièce – c’est intéressé, sûrement, et ça l’agace. Plus vite il lui aura donné ce qu’elle souhaite, plus vite il se passera d’un nouveau regard qui crie « quel imbécile ». « Ce qui m’a poussé à m’y rendre... » Il répète avec un rire, tandis qu’il finit par se relever. Elle ne fait que confirmer son pressentiment, elle n’a pas lu son dossier, et s’en fiche bien de ses réponses, sans quoi elle aurait compris la raison sans avoir à poser la question. « Parce que c’est mon travail, à tout hasard ? » Qu’il précise en forçant un sourire las. « Ce n’est pas une question de culture, mon travail ne consiste pas à observer les autres comme s’ils étaient mes petits rats de laboratoire juste pour mon plaisir personnel. » Il précise, tentant de masquer son agacement face à une énième personne qui fait des raccourcis quant à son travail. « C’était calculé. Je suis parti en toute connaissance de cause, c’était le but. » Il précise en s’appuyant contre l’un des murs avant de croiser ses bras sur son torse. « Qui l’aurait fait, sinon, hm ? On vit dans un de ces pays où on se considère engagé dès le moment où on a relayé une prière sur Facebook et où on « sympathise de tout cœur avec les pays en développement » après avoir dépensé la moitié de son salaire dans une enseigne de vêtements qui fait de l’exploitation « mais c’est pas trop grave comme c’est à la mode », qu’il mime à l’aide de ses doigts, et avant d’aller se faire péter l’estomac à un repas de famille où la moitié va finir à la poubelle parce qu’on a prévu trop de nourriture, mais c’est pas grave, « on a tout en opulence » et encore, on arrive à se plaindre que c’est pas assez. » Critique ? À peine. « Alors, voyez, c’est bien joli de se donner bonne conscience pour mieux dormir la nuit, mais j’estime qu’il y a une responsabilité à agir si on a les moyens de le faire. » Il aimerait conclure là, mais elle l’a piqué, l’a agacé, et il se sent une responsabilité de défendre ses actions ; là où d’autres ne peuvent s’empêcher de les critiquer (salutations à l’autre con). « Le Mali n’a pas été aussi touché que la Sierra Leone, il y avait un travail de prévention à faire afin d’éviter que les choses ne prennent autant d’ampleur. J’ai toujours eu un rôle de médiateur dans mon travail, et c’était plus que nécessaire d’utiliser celui-ci à cet escient. » Il ajoute, avant de relever les yeux vers Norah. « Vous, votre collègue l’abruti, les autres, vous pouvez bien penser ce que vous voulez, j’en ai rien à foutre. Mon travail était d’agir, et le vôtre est de gérer les conséquences de ces agissements et non de porter des jugements. » Il conclut, son regard se perdant vers la porte d’entrée, songeant une nouvelle fois aux paroles de l’autre con. Il assume les conséquences, mais de leur côté, est-ce qu’ils assument réellement leur serment de soigner sans distinction ?



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Norah Lindley
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Message(#) Sujet: Re: (noralfie) i'll be beside you on that dusty road (noralfie) i'll be beside you on that dusty road EmptyMar 1 Oct - 11:33


I'LL BE BESIDE YOU ON THAT DUSTY ROAD
i'm right behind you in the light of hope

Le panel de patients qui allaient et venaient au quotidien dans cet hôpital permettaient aux soignants d'y déceler tout type de personnalité. On ne s'inventait pas psychologue, et on ne mettait pas de mots savants sur les attitudes, mais on parvenait à les décrypter. Norah laissait aux professionnels du domaine utiliser leurs termes bien à eux, elle, elle constatait. Ce n'était pas trop son dada, mais elle avait bien compris que certaines des réactions ne venaient jamais au hasard et que le passif y était toujours pour grand chose. Elle, elle tâchait de s'adapter à chacun, à trouver le meilleur chemin possible pour parvenir à communiquer avec ses patients. Parfois le chemin était particulièrement sinueux. Mais avec le Maslow, il y avait aussi de nombreux obstacles, face à cet homme particulièrement têtu, imprévisible et avec une répartie sans pareille. Au fond, Norah en était amusée. Non pas qu'elle se distrayait de la détresse évidente de son patient, mais ça changeait de ces personnes constamment dans la plainte. Ceux qu'elle tolérait le moins (mais qu'elle arrivait à gérer malgré tout), c'était les hypocondriaques. Ceux qui se renseignaient sur internet, sur des sites obsolètes et non reconnus du corps médical et qui savait forcément tout mieux que les soignants eux-mêmes. Au diable leur expérience du terrain et les connaissances accumulées au fil des années, internet, c'était ça, la véritable source d'informations sûre et fiable. Norah s'était prise le chou avec ces gens-là plus d'une fois. Elle ne s'était même pas gênée, un coup , de sortir à un de ces patients : "puisque vous savez tout mieux que personne ici, eh ben vous allez vous prendre en charge tout seul, vous avez plus besoin de moi." d'un ton calme, comme à son habitude, avant de tourner ses talons et ne plus repasser dans la chambre du reste de son poste. Alors, à choisir, entre ces énergumènes là et Alfie Maslow, elle opterait pour la deuxième option sans la moindre hésitation. Même s'il était d'humeur exécrable et qu'il balançait des noms d'oiseau à tout va. "Personnellement, je ne vous ai jamais encore dit de vous trouver un moyen de vous occuper. Mais à ce que je vois, vous trouvez quand même facilement de quoi faire." rétorqua-t-elle d'un ton toujours extrêmement calme. Il suffisait de regarder l'état de la chambre pour constater qu'il trouvait des occupations. Pas des plus recommandables, mais ça restait quand même une activité comme une autre. Avec Norah, il n'y avait jamais un mot plus haut que l'autre. Le calme qu'elle gardait dans la grande majorité des situations faisait semer le doute pour les collègues qui ne la connaissaient pas. Mais elle est humaine, celle-là, ou bien ? se demandaient-ils. Bien souvent, cette technique marchait du feu de Dieu et détendait les patients qui cherchait justement à faire réagir, à faire sortir les soignants de leurs gonds. Sauf qu'avec elle, ça ne marchait pas, même s'il y avait une agression physique. "Mais je veux bien y réfléchir. Je vous trouverai un truc avant la fin de mon poste." assura-t-elle. Elle devait juste le cerner un petit peu plus pour savoir ce qui pourrait vraiment lui correspondre, lui permettre d'être moins nerveux. Elle allait trouver, il lui fallait juste un peu de temps supplémentaire. "Je vous assure que non, que vous ne voudriez pas avoir vos testicules pourrir sur place." rétorqua-t-elle avec certitude. "Je dirai bien qu'il faut le voir pour y croire, mais je ne l'espère pas pour vous." Quoi que ça lui permettrait de tenir un peu plus tranquille, car les douleurs étaient insoutenables à la moindre mobilisation. Norah en avait déjà vu, des comme ça, et c'était pas joli à voir. La jeune femme regardait le verre d'eau valser de l'autre côté de la pièce. "Vous pourrez toujours m'en proposer un une fois que l'isolation sera levé, si vous y tenez." Elle ne dirait pas non. Toujours dans la provocation, Alfie ne se gênait définitivement pour jouer la pièce de la vulgarité autant que faire se peut. Au fond, ça amusait Norah. Au moins, il avait le mérite de ne pas manquer de ressources et que son système nerveux soit au taquet pour trouver de telles punchlines à placer quand il le fallait. "Non vraiment, c'est gentil de proposer, mais ça ira." dit-elle d'un air parfaitement poli. "Si vous parlez de votre sperme, je vous assure que mon mari à tout ce qu'il faut pour ça, je n'ai certainement pas besoin du vôtre et si vous songez à vos urines, vous avez toujours ce petit pot à remplir là, si l'envie vous en dit. A vous de voir." Norah n'était pas dans le forcing. Si le patient était en refus de soin, soit. Elle n'obligeait à rien. Les patients étaient adultes, grands et avaient toutes leurs dents et ils avaient connaissance des risques et des conséquences. Au-delà, elle ne pouvait rien faire pour eux et elle n'allait certainement pas leur faire la morale. Il y avait un réel rôle de prévention, certes, mais les materner, ô que non.  

La rancoeur avait la peau dure, et Maslow semblait particulièrement détester le collègue dont Norah avait pris la relève. Sinon il ne l'appellerait pas par ces petits surnoms purement affectueux. Persuadé que l'on se fichait de lui et que tout virait au jugement le concernant, Alfie pensait (à tort) que Norah faisait partie de la même mauvais graine. Elle ne rebondissait par sur ses propos, pas encore. Son avis était bien fixé vraisemblablement et répondre en lui assurant du contraire à ce moment précis aurait été contre-productif. Il ne l'aurait pas cru et il aurait certainement puisé dans ses paroles pour trouver de quoi répondre. Au lieu de ça, elle laissait complètement couler. L'avantage, c'est qu'avec ce masque, Norah n'avait même pas avoir à faire d'effort pour contrôler les expressions de son visage, quand bien même celui-ci restait neutre. Alors Norah cherchait d'autres pistes et optait donc se concentrer sur les raisons initiales de sa présence ici : son voyage au Mali. Contrairement à ce qu'il pouvait penser, non, elle ne se réinventait pas psychologue. C'était juste de la curiosité, tout simplement. Elle se demandait les motivations qui l'avaient poussé à y aller malgré les risques encourus. Norah en était admirative. Ce devait être viscéral, pour que la raison elle-même ne parvienne pas à le détourner de son objectif. Le brun se saisit d'un livre qu'il tâchait de son doigt ensanglanté. Elle ne disait rien, elle le regardait tourner en rond, pour finalement s'asseoir contre le mur. Il ne manquait pas une opportunité pour se faire du mal, d'une façon ou d'une autre. L'infirmière se demandait bien quelles étaient les raisons d'un comportement aussi auto-destructeur. Et même s'il était toujours dans la provocation, le fait que la brune ne rebondisse semblait fonctionner. Bien qu'il avait un discours émettant des avis bien tranchés sur la politique et la société actuelles, il en parlant et partageait son opinion, et ses motivations. Et ce, sans même que Norah ait eu besoin d'insister sur quoi que ce soit. Alors il s'expliquait en restant particulièrement critique sur le monde qui les entourait. Ce dont il ne se rendait absolument pas compte, c'était que, pendant tout ce temps, il était resté calme. Il n'avait pas cherché un objet tranchant pour sectionner ses veines, il ne saisissait plus d'objet qu'il voulait balancer sur un mur, il ne se martyrisait plus de quelque façon que ce soit. Non, il parlait. Certes, il était agacé, irrité que cette chieuse d'infirmière vienne l'embêter avec ses questions stupides. Mais même s'il pensait ça stupide, il restait calme. Et il n'y avait de l'agitation plus que dans les mots qu'il prononçait, de l'énervement au niveau de son regard ou de ses sourcils froncés. S'il y avait bien quelque chose qui n'avait pas changé, c'était qu'il restait persuadé que Norah le jugeait énormément pour avoir pris cette décision de partir au Mali et d'avoir pris autant de risques. Le pauvre le payait au prix fort et l'assumait du mieux qu'il le pouvait. "Grand bien vous fasse, que vous en ayez rien à faire, de ce que je pense." répondit-elle d'un ton similaire à celui qu'elle avait depuis le début de leur conversation. Elle le trouvait un tantinet drama queen. De toute évidence, il n'en savait rien de ce qu'elle pensait. Sinon, il aurait remarqué depuis le début que là où Norah avait disposé sa chaise était en-dessous de la caméra qu'il  y avait dans la chambre, étant ainsi hors-champ. "Et vous faites ce que vous voulez de votre vie, grand bien vous fasse." répliqua-t-elle. "Vous n'arrêtez pas de le dire vous-même, vous saviez ce que vous faisiez en choisissant de vous y rendre. Voilà, ça s'arrête là, il y a pas de débat." Pas pour elle, en tout cas. "Je respecte vos choix, je n'ai absolument aucune raison de me positionner sur ça." Norah supposait que reconnaître qu'elle avait un sentiment d'admiration pour son courage et son audace pour avoir braver les démarches pour s'y rendre et pour rester fidèle à ses convictions. Il ne la croirait certainement et recommencerait à mettre la chambre sans dessus-dessous (quoi que ses agitations ne gêneraient pas Norah outre mesure). Maslow, quant à lui, restait totalement dans le jugement. Celui-ci devait certainement être également contenu dans son métier, non ? Il s'agissait toujours d'un métier qui s'intéressait à l'humain, à sa société. Elle espérait pour lui que ses comptes rendus soient plus objectifs que les paroles qu'il échangeait avec l'infirmière. Celle-ci imposait un instant silencieux alors que lui se plongeait l'espace d'un instant dans ses songes. Et là, Norah avait une idée. Pas des plus fameuses et si ça se savait, la mise à pieds lui pendrait au nez, mais ça, à la limite, elle s'en fichait. La jeune femme décidait alors de retirer le masque avec la visière, permettant ainsi à Maslow de mettre enfin un visage sur l'un des soignants. Aussi pouvait-il constater qu'il n'y avait pas la moindre miette de jugement ou d'exaspération dans ce regard bleu qui n'hésitait pas à le fixer, à la douceur et la neutralité de son visage. "Allez-y, maintenant, redites-moi que je suis en train de vous juger et de me foutre de vous." Puisque c'est ce qu'il pense d'elle également. En revanche, lui la jugeait et se moquait bien d'elle sans se gêner. A elle de jouer un peu la carte de la provocation. "Et si vous me crachez au visage, vous aurez la chance de me supporter pendant les prochaines semaines, en plus. Vous devriez saisir l'opportunité, vraiment." S'ils restaient tenus à bonne distance de l'un l'autre, Norah ne risquait absolument rien. Aussi était-elle persuadée (oui, déjà) qu'il n'avait pas contracté la maladie, sinon il aurait déjà manifesté des symptômes. Pas un seul pic de fièvre, chacune de ses prises de sang ne montrait absolument aucun signe de syndrôme inflammatoire. On était encore loin des trois semaines syndicales, certes. "Je suis pas psy – mon Dieu, non, ça, jamais de la vie." dit-elle en haussement légèrement les sourcils. Elle adorait l'aspect relationnel de son métier, mais de là à analyser chaque mot et chaque soupir, très peu pour elle. Elle préférait un réel échange. C'était un partage d'opinions, d'avis, comme si un nouveau monde s'ouvrait à elle dès qu'elle avait le temps de discuter avec un nouveau patient. La plupart avait des histoires de vie qu'elle trouvait fascinante et Maslow n'en faisait pas exception. Qui sait ce qu'il avait traversé pour se forger un tel caractère, pour avoir renforcer de telles convictions. Il sortait du lot, celui-là. "J'ai plusieurs collègues qui sont partie pour une mission de quelques mois l'année dernière en Guinée pour apporter leur aide à la population là-bas, par le biais de Médecins Sans Frontières. Ils ont eu droit au même traitement que vous quand ils sont revenus." Et c'était toujours étrange de s'occuper de personnes qui étaient des collègues. Mais tout s'était passé sans encombre. "Je pouvais pas y aller, il paraît qu'être enceinte jusqu'aux yeux n'est pas préconisé pour aller exercer  là-bas." ironisa-t-elle. Et pas sûre que Frank aurait approuvé de voir sa dulcinée se mettre ainsi en danger. Norah ne lui en avait pas parlé parce qu'elle savait très bien que ce débat ne se serait pas bien fini  (quoi que), mais l'idée d'aller faire de l'humanitaire lui avait traversé l'esprit plus d'une fois. Mais l'appel du service de réanimation était trop fort et elle s'occupait de personnes d'une autre manière que Maslow, mais pas moins nécessaire. Mais jamais Norah ne se permettait-il de juger ses patients. Ce n'était pas à elle de leur faire la moral, et ça n'avait rien de bénéfique qu'elle donne son avis à tour de bras. Elle ne le donnait que s'ils le lui demandaient. "C'est la première fois que j'entends quelqu'un résumer le métier d'infirmières comme étant de gérer les conséquences des agissements des autres, mais ça résume plutôt bien." admit-elle. Car c'était en très grande partie vrai, dans le fond. Mais à ces paroles, Norah fit un constat pragmatique que son patient n'avait absolument aucune considération pour son corps de métier. A moins que c'était sa prise en charge qui lui faisait porter cet avis si négatif, mais la brune était fière du métier qu'elle exerçait pour ne pas le défendre un tant soit peu. "...Sauf pour ceux qui débarquent pour un cancer et qui n'ont jamais rien demandé à personne, par exemple. Ou pour toutes ces autres maladies qui surgissent et que l'on ne peut pas vraiment prévenir." dit-elle afin de compléter sa phrase. "A ce que je sache, même s'il y a des facteurs favorisants sur lesquels ils ne peuvent rien faire, et d'autres, si, ce n'est pas nécessairement par leurs agissements qu'ils se chopent cette saleté." Certaines personnes pouvaient ne jamais avoir fumé de leur vie, sans jamais toucher une bouteille d'alcool, ou été en contact avec des produis potentiellement dangereux qu'ils peuvent se découvrir un cancer métastatiques à la trentaine. Il y avait ces petits de deux ans qui ne demandaient rien à personne, qui étaient encore plein d'innocence, à qui l'on diagnostiquait des cancers qu'ils espéraient rayer de leur vie à coup de chimiothérapie et de radiothérapie. Mais qu'il continue à être aussi critique et dans le jugement, ça ne gênait pas la jeune femme. Pourquoi ? Parce depuis le début de cette conversation, même si ça ne faisait que quelques minutes, il avait arrêté de faire les quatre cents pas dans la chambre à trouver quelle bêtise faire par la suite. Parce qu'au fond, Norah avait déjà trouvé une idée pour l'occuper, mais tant que la carte de la discussion fonctionnait toujours, aussi virulent pouvait-il être par moment  (et pourtant, elle trouvait la conversation plaisante, allez savoir pourquoi), elle allait poursuivre dans cette voie-là. Il n'allait pas se débarrasser d'elle si facilement.


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Alfie Maslow
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la pile électrique
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Message(#) Sujet: Re: (noralfie) i'll be beside you on that dusty road (noralfie) i'll be beside you on that dusty road EmptyDim 27 Oct - 16:15



Parmi la multitude d’adjectifs qui permet de décrire le caractère de l’anthropologue, l’ambivalence se place en tête de liste, suivie de près par un égoïsme certain et une bienveillance sincère, de quoi renforcer le premier terme. Son comportement depuis son arrivée entre ces murs ne fait pas exception à cela ; et si on pourrait croire qu’Alfie soit capable d’indulgence avec la profession des autres compte tenu de la sienne, il n’est pas capable d’un tel recul car son égoïsme se rappelle à lui dans ce contexte : il est confronté à des professionnels qui ont signé en toute connaissance de cause quant à la possibilité de se retrouver confronté à des patients insupportables, et il ne compte pas moduler son comportement et étouffer son ressenti quant à la situation pour leur faire plaisir. Loin de nier son ingratitude, Alfie l’a très souvent prônée et utilisée à son avantage pour contrer les attaques des autres ; il ne compte plus le nombre de fois où il s’est autoproclamé « fils ingrat » pour ne pas l’entendre de ses parents, ou qu’il se présente comme un « petit ami de merde » pour qu’aucune attente ne pèse sur ses épaules. Là où beaucoup verraient d'un mauvais œil cette prédisposition à se faire passer avant les autres, Alfie ne comprend pas pourquoi cela est trop souvent perçu comme un défaut : c’est la société qui a fait d’eux des êtres individuels et compétitifs, elle ne peut se plaindre de voir les gens se réaliser à son image. C’est peut-être parce qu’il a passé une partie de son enfance à s’enfermer dans des cases choisies pour lui, à « penser aux autres avant lui-même » que le brun a tiré un trait définitif sur cette complaisance qu’on a trop longtemps exigée de lui ; s’il a perçu le bonheur des autres à satisfaire leur désir, il a surtout ressenti une grande souffrance – et pas de celles qu’il accepte volontairement de s’infliger. Trop bruyant, trop turbulent, trop rêveur, trop créatif, trop, ses parents n’ont eu de cesse de l’accuser de leur malheur ; et si plus jeune Alfie a fait preuve de docilité à se contenir d’être lui-même pour leur plaisir, il a très vite compris que ce n’était pas une solution saine et que ses parents eux-mêmes ne l’étaient pas pour lui imposer cela. Le conformisme dans lequel il a tenté de se fondre pour eux à donner lieu au plus grand de leur malheur ; et ce fils qu’il a fallu soigner de ses addictions tout en acceptant qu’il ne serait jamais parfait a définitivement fracturé leur relation, qui aurait pourtant pu être renforcée par leurs caractères si différents, mais complémentaires. Ils ne lui ont jamais laissé sa chance, ainsi Alfie a décidé de ne pas en laisser aux autres de le contrôler ; il est indépendant, il est égoïste, il est ambitieux à en être prêt à écraser les autres, et il n’a jamais été plus heureux qu’en pensant à lui plutôt qu’à ceux-ci.

C’est pour cette raison que le choix de sa profession peut surprendre ; mais il est question de lui avant des autres : c’est le métier qu’il a rêvé d’exercer, c’est le métier dans lequel il s’épanouit, c’est le métier où il peut agir pour les autres et non l’inverse. Et c’est parce qu’il y trouve autant son compte qu’il arrive à se mettre en retrait pour le bien-être des autres ; aussi paradoxal que cela soit. Il n’a aucune difficulté à faire passer les autres avant lui, si auparavant il est parvenu à se faire passer avant les autres. C’est d’une logique évidente dans sa tête, mais il se perd à expliquer sa manière de voir les choses aux autres – raison pour laquelle il abandonne le plus souvent. Exactement comme il abandonne l’idée de faire preuve de gentillesse envers le personnel de cet hôpital, car il s’agit de leur travail de le gérer ; et que ce n’est pas le sien de se montrer conciliant pour leur faciliter la tâche. Cela ne lui a pas traversé l’esprit tant cela lui semble impensable ; il vit suffisamment mal la situation pour ne pas s’ajouter des difficultés supplémentaires parce qu’il se doit d’être un parfait patient. Tenter de se calmer ne le ferait que souffrir d’autant plus, et mettrait encore plus à mal son psychisme : s’il les cherche toujours autant, Alfie commence à effleurer ses limites et à comprendre quand il se doit de préserver celles-ci (même si d’ordinaire, il tente plutôt de constamment outrepasser celles-ci). Ainsi, il ne compte pas ranger son agressivité si cela lui permet de vivre mieux la situation, et cela se traduit par la manière dont il accueille « l’autre con » qui n’est en réalité pas ce dernier. « Et vous n’avez encore rien vu. » Qu’il s’amuse en haussant les épaules avec son sourire d’imbécile sur les lèvres. Certes, il s'emmerde comme un rat mort entre ces murs, et les occupations lui font cruellement défaut, mais la créativité d’Alfie n’a pas de limite ; à l’inverse des conventions sociales qui l’obligent à ne pas se laisser aller autant qu’il le souhaite – même si dès le moment où il s’est masturbé devant la caméra pour remplir leur pot et les emmerder, il peut se permettre tout le reste. « Challenge accepted, j’ai hâte de voir ce que vous allez me réserver, mais ça a intérêt à être à la hauteur. » Un air de défi sur le visage, il accentue sa proposition en penchant légèrement la tête sans la quitter du regard – ou du moins, de ce qu’il aperçoit comme étant son regard. Et lorsque ses parties intimes redeviennent le cœur du sujet, Alfie se surprend à souhaiter cette gangrène même s’il s’agit d’une mauvaise idée, a priori. « Qu’est-ce que vous en savez ? J’ai peut-être un fétichisme pour les trucs glauques, et c’est mon kif' ultime de les ramasser à la cuillère. » Il rétorque en haussant les épaules d’un air blasé. « Et j’espère carrément pour moi que je vais pouvoir ‘’le voir pour le croire’’. » Oui, car si on peut effectivement douter de sa sincérité quand il est question de ramasser ses parties à la petite cuillère, il ne serait pas contre un exemple imagé pour satisfaire sa curiosité personnelle. Bizarre ? Probablement, pour autant il est sérieux et il ne manquera pas de faire une recherche Google dès qu’il aura un ordinateur à portée. « Sans vouloir vous vexer, dès que l’isolation est levée, je me barre d’ici sans jamais me retourner. » C’est l’idée, même si au fond il a conscience qu’il retrouvera tôt ou tard – et plus tôt que tard – les murs de cet hôpital, pour une blessure quelconque ou une autre sérieuse mise en danger de sa vie, parce qu’il semblerait qu’il ne puisse pas se passer de cette dose d’adrénaline que le danger lui procure. « Comme vous voulez, mais vous passez à côté d’une opportunité en or ; je suis persuadé que votre mari ne peut pas se vanter de voir son sperme passé à la loupe comme si c'était la huitième merveille du monde. » Il rétorque, et son sourire de connard qui ne fait que s’accentuer sur ses lèvres. Quant à ses urines, l’anthropologue se contente d’observer un court instant le flacon mentionné par l’infirmière, avant de revenir sur la silhouette de cette dernière et de secouer la tête de gauche à droite avec un nouveau haussement d’épaules ; l’envie ne lui dit pas, et il serait bien capable de se retenir à s’en faire exploser la vessie plutôt que de leur apporter cette satisfaction.

Faisant les cent pas dans la pièce par nécessité de bouger sans même s’en rendre compte, Alfie finit par s’arrêter et fusiller du regard cette femme lorsqu’elle évoque le bien dénommé « autre con », et l’amour réciproque qui unit celui-ci et son patient. Ses yeux roulent vers le ciel, tandis que l’incompréhension menace de le faire devenir plus agressif qu’il ne l’est déjà ; que cherche-t-elle, au juste ? S’il s’agit d’une manière de se foutre de sa gueule pour se venger de son comportement, il serait temps que toute l'équipe révise leur Serment d’Hippocrate, et qu’elle prenne conscience qu’abattre pareille foudre sur un patient plus perturbé par la situation que véritablement malveillant relève d’une sérieuse remise en question de leur éthique. La transition entre le sarcasme en évoquant sa relation avec son collègue puis les raisons qui l’ont poussé à se rendre au Mali ne manque pas d’interroger Alfie qui, dans un premier temps, ne daigne pas concéder de réponse. Il n’a aucune envie de gaspiller sa salive pour quelqu’un qui ne se contente pas d’être provocateur – mais surtout moqueur. Car depuis qu’il est arrivé entre ces murs, il n’a cessé d’entendre le même discours et les mêmes réflexions quant à son irresponsabilité qui, à ses yeux, est loin d’en être une. Pas uniquement de l’autre con et de ses collègues, mais aussi de ses propres parents, et certains de ses amis qu’il a pu avoir au téléphone. Ces situations ne font qu’accentuer l’agacement d’un Alfie qui doit sans-cesse justifier son métier, alors que celui-ci lui paraît tellement plus nécessaire qu’une assistante paroissiale (comme sa mère) ou qu’un comptable (comme certains de ses amis). D’aussi loin qu’il s’en souvienne, sa passion a souvent été considéré comme un caprice, une passade, une énième idée folle dont il se lassera. Le problème, c’est qu’il ne s’est jamais lassé et qu’il peine à le faire comprendre, quand bien même il a obtenu un doctorat et met tout en œuvre pour s’épanouir dans ce domaine. Alors aussi passionné soit-il de son travail, il peine encore à penser qu’on s’y intéresse par simple curiosité et non par besoin de juger, voire critiquer, celui-ci. Parce qu’il n’a jamais été doué pour jouer au roi du silence et qu’il s’agace de cette présence qui s’impose ; Alfie cède, et formule une réponse qui traduit de son agacement ; et pas uniquement quant à cette situation spécifique. Il ne supporte pas cet enfermement, mais au-delà de cela, il ne supporte pas l’hypocrisie de la société dans laquelle il vit et dans laquelle il n’a jamais trouvé le moindre repère, quand bien même il persiste à essayer. Comme à chaque fois qu’il revient dans sa ville natale, à essayer de reprendre le cours d’une vie dans laquelle il ne s’épanouit pas ; il n’est pas de ceux qui arrivent à se satisfaire d’une telle sédentarité, de telles habitudes, d’un quotidien aussi sécurisant que lambda. Alfie ne se sent jamais aussi mal à l’aise que lorsqu’il repose le pied sur le sol australien, et s’il n’avait pas des obligations ici, cela ferait bien longtemps qu’il ne se serait pas donné la peine de revenir ; il n’a aucune difficulté à couper les liens qui peuvent l’unir aux autres pour satisfaire son propre bonheur. Grand bien vous fasse. Le brun soupire et lève une nouvelle fois les yeux au ciel ; quel est l’intérêt de lui poser ces questions si c’est pour se montrer aussi désintéressée par la suite ? Il ne la comprend pas, et cela ne fait que renforcer son sentiment de ne pas supporter de vivre dans un monde avec des gens comme elle ; avec cette sensation d’un intérêt constamment feint pour cocher la case « bienveillance » dans la liste de ses fausses qualités.

Préférant ignorer la jeune femme, il se cale à nouveau contre le mur et repose son regard sur son livre, s’en fichant bien au final qu’elle respecte ou non ses choix, elle le dit elle-même : elle n’a aucune raison de se positionner sur ça. Ce n’est que lorsqu’elle reprend la parole qu’il relève les yeux et qu’il se mord la lèvre, fronce les sourcils et expire bruyamment ; il fulmine. « Non mais vous êtes stupide ? » Qu’il demande, rhétorique, en balançant le livre dans un coin de la pièce et se relevant, s’empêchant d’avancer et se calant une nouvelle fois contre le mur. Sa main frappe l’air d’agacement tandis qu’il lui adresse un regard noir. « Non, là, c’est moi qui vous juge, vous et vos deux neurones qui se battent en duel. » Est-ce qu’il est virulent ? Certainement. Est-ce purement gratuit ? Probablement. Est-ce que c’est justifié ? Assurément, car Alfie n’a jamais eu de filtre quand il s’agit de faire remarquer aux autres la stupidité de leurs actes, et un sérieux manque de réflexion de leur part, comme c’est présentement le cas pour Norah. « Croyez-moi, c’est pas l’envie qui manque. » Il rétorque avec une grimace agacée lorsqu’elle l’invite à lui cracher au visage. Et s’il était toujours disposé à plaisanter, il jouerait à nouveau la carte de la provocation en précisant qu’il le ferait avec plaisir, mais pas dans ce contexte. Seulement, Alfie est bien trop énervé pour tenter de détendre ses muscles, et s’il crache, c’est son venin. « Je vous assure que si votre comportement me porte préjudice, vous allez le regretter. Je me suis mis dans la merde tout seul, j’ai eu la décence de ne pas faire plonger quelqu’un avec moi, et il est hors de question que je paie les conséquences de votre… je sais même pas ce que vous essayez de faire, c’est pas de la provocation ou de la psychologie inversée, c’est juste complètement stupide ! » Il ponctue en élevant la voix, se retenant de ne pas s’approcher près de la jeune femme pour ne pas risquer plus que ce n’est déjà le cas, regrettant d’avoir déjà mis sa chambre sans dessus-dessous, l’obligeant ainsi à évacuer sa frustration en faisant s’abattre son poing contre le mur. « Tant mieux, vous seriez à chier. » Qu’il soupire lorsqu’elle précise ne pas être psychologue. Ce qui est sûr, c’est qu’elle n’en a pas la capacité, il le constate à présent alors que sa colère ne redescend pas. Il voudrait lui hurler dessus, lui prouver par A + B à quel point son comportement est déraisonnable. Parce qu’il s’y connait dans le domaine, Alfie, mais il n’implique jamais les autres ; contrairement à ce qu’elle vient de faire. Et ce n’est pas parce qu’il est persuadé de ne pas porter le virus que cela l’aide à se raisonner ; la période de quarantaine est la même, et les risques d’exposition aussi. Il ne compte peut-être pas lui cracher dessus, ni l’embrasser à pleine fougue, toujours est-il que son doigt – et maintenant ses phalanges puisqu’il est tout aussi con qu’elle – ponctuent ses gestes de gouttes de sang qui s’échouent au sol, et qu’il n’en faut probablement pas plus pour que la panique s’empare de la direction de cet hôpital. Elle ne semble pas prendre conscience du fait que c’est une peine de prison qui lui pend au nez si son comportement n’est pas celui du parfait petit patient, et il n’a aucune envie de payer pour son irresponsabilité. « Oh bah oui, tiens, on se demande pourquoi c’est pas encouragé de s’y rendre dans pareil état. » Qu’il s’exclame en longeant le mur et en agitant ses bras, le sarcasme qui s’entend dans le son de sa voix. Il n’a pas pour habitude d’insulter gratuitement les autres, Alfie, mais elle vient de dépasser l’autre con dans ses pensées. « Si vous voulez tant que ça un arrêt maladie ou un aller sans retour pour la tombe, dites-le carrément, ça peut s’arranger. » Qu’il poursuit sur le même ton en laissant échapper un soupir. Forçant un sourire qui s’accompagne d’un « hm, hm » désintéressé quant à ce qu’elle peut bien penser, Alfie ne daigne même plus accorder le moindre regard à Norah, attendant seulement avec impatience que quelqu’un de censé vienne la sortir de là. Et dire qu’ils me font chier, moi, avec leurs protocoles à la con. Il relève toutefois la tête lorsqu’elle évoque des patients cancéreux, et Alfie s’immobilise devant elle, bras croisés et un air de défi dans les yeux. « Oui, et ? Vous décidez de sortir la carte ‘’certains n’ont pas votre chance, vous devriez relativiser sur votre situation’’, dit-il avec une imitation foireuse de la voix de la jeune femme, et bien, désolé, ça ne fonctionne pas, parce que les situations ne sont pas comparables. » Et elle devrait le savoir, compte tenu de sa profession, que chaque patient s’approche d’une manière individuelle. « Dans la mienne, vous devez effectivement gérer les conséquences de mes actes, point barre. » Il ne voit même pas pourquoi ils ont cette discussion, ni ce qu’elle cherche à faire, et cela commence sérieusement à l’agacer. Alfie se sait impatient, imprévisible, et c’est pour cette raison qu’en sentant ainsi ses veines bouillonner, il tire une croix sur sa fierté et s’empare du flacon, se retournant pour faire dos à la jeune femme et remplissant celui-ci d’un échantillon d’urine. Il le repose sur la table à côté de lui, toujours à bonne distance de Norah et finit par longer le mur pour rejoindre son lit, permettant ainsi à la jeune femme d’accéder au pot sans être confrontée à lui. « Prenez votre cadeau et tirez-vous d’ici avant que je vous force à le faire. » Il s’énerve, tournant le dos à la jeune femme une fois couché sur son lit. « Et faites-vous plaisir pour tenir le même discours à d’autres patients, vous avez lu mon dossier, vous avez le choix de la situation que vous voulez utiliser pour les aider à relativiser sur la leur. » Il soupire en se recroquevillant sur lui-même, car s’il a recherché son addiction, ça n’a pas été le cas concernant son accident de voiture et la mort d’Amelia ; et que contrairement à ce qu’elle a l’air de penser, lui-aussi n’a rien demandé à personne.  



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Norah Lindley
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I’m your twin. You’re my twin. We stick together through thick & thin. No matter what I do I’m always stuck with you. And if trouble comes our way I know my twin will save the day. Wherever you may be you’re always stuck with me. When you’re feeling sad & blue call my name & I’ll find you. We have a bond that’s tried & true, you and me, me and you, two by two

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I'LL BE BESIDE YOU ON THAT DUSTY ROAD
i'm right behind you in the light of hope

La stérilité des hôpitaux n'était pas seulement due au fait des mesures d'hygiène à appliquer dès que l'on y mettait les pieds. La couleur des murs le rappelait aussi. Du blanc, juste du blanc. Synonyme de propreté dans l'esprit des personnes qui passaient par ici. Pour d'autres, cela n'était le reflet que d'un manque d'humanité pour un établissement qui devenait plus une entreprise devant faire de plus en plus de recettes chaque année qu'autre chose. Déjà que les patients qui y séjournaient n'étaient pas bien portant, ne voir que très peu de variations de couleurs en se promenant dans les couloirs ou en restant enfermés dans leur chambre ne les aidaient en rien à leur remonter le moral. Le plus difficile était pour ces personnes qui restaient enfermés dans une seule et unique pièce pendant des semaines entières. Qu'il s'agisse d'environnement pour les protéger eux ou protéger le reste de la population, cela ne pouvait qu'en devenir plus insupportable jour après jour. La situation d'Alfie n'avait rien d'enviable et c'était peut-être pour cela que l'infirmière présente dans la même pièce que lui faisait preuve d'indulgence et de compréhension à son égard. Il pouvait se déchaîner autant qu'il le voulait qu'elle ne lui dirait jamais d'arrêter. Il fallait qu'il l'extériorise bien quelque part et il ne pouvait aller nulle part ailleurs que dans la misérable pièce dans laquelle il était enfermé. Alors oui, il était imbuvable et particulièrement exécrable avec l'ensemble du personnel soignant. Il s'agissait là des seules personnes qu'il voyait au quotidienne, l'un des très rares liens qu'il avait avec le reste du monde. Les seules choses qui apparaissaient dans sa chambre chez qui il pouvait susciter une réaction face à son courroux. Ses insultes et sa langue bien pendue n'atteignaient pas Norah. "Il me tarde de voir ça." lui répondit-elle avec amusement. Elle ne doutait absolument pas de sa créativité. S'il en avait autant que de la répartie qu'il avait en discutant avec elle, l'infirmière se doutait qu'elle était bien loin d'être au bout de ses surprises. Elle ne se permettrait pas de le sous-estimer, loin de là. Norah avait pu noter qu'il ne manquait pas de culture et d'éducation. Certains de ses collègues mettaient ses qualités là en doute en vue de son comportement inadapté. Au contraire, la brune savait qu'il s'agissait là d'une forme d'intelligence. Maslow avait bien compris qu'il était enfermé là et qu'il pouvait y faire ce qu'il voulait que personne ne pourrait le renvoyer de l'hôpital. Ils étaient coincés avec lui et tout le monde se devait de se plier aux protocoles jusqu'à ce que la direction se réjouisse de pouvoir se débarrasser de lui. En revanche, Norah se doutait bien qu'il aurait certainement droit à une petite facture à domicile afin de rembourser le matériel endommagé. Ce devait être le cadet de ses soucis, certes, mais la somme s'annonçait non négligeable. "Sinon quoi ?" lui rétorqua-t-elle, amusée qu'il cherche à la mettre ainsi au défi. Norah avait quelques idées mais elle ne comptait pas les lui servir sur un plateau d'argent parce qu'il le demandait. Là, il restait largement contrôlable et comptait utiliser ses astuces pour un peu plus tard. Ils avaient l'après-midi devant eux, après tout. Pour le moment, sa virilité était devenu le sujet central de leur conversation et il semblerait que le Maslow serait bien curieux de voir comment c'était, de voir ses organes pourrir sur place. Surtout celui qui touchait le plus l'ego de l'homme. Sauf peut-être pour lui. Peut-être qu'il voulait avoir cette expérience pour se faire un avis pour la science. "Eh bien si vous y tenez, je ne peux que le souhaiter pour vous." Elle s'amusait à se demander quel soignant serait suffisant courageux pour venir lui faire les pansements : ce serait particulièrement folklorique. Mais au moins Alfie pourra ainsi connaître la douleur de ces plaies, la couleur, et surtout l'odeur. Il persévérait à la fixer avec son air à la fois provocateur et presque enragé. Et même si lui ne voyait rien, il pouvait peut-être deviner qu'elle ne quittait pas son regard non plus, et qu'elle n'en changerait rien si la visière n'était pas présente. "Et j'en serai pas vexée. Je comprends que l'on veuille déguerpir d'ici aussi vite que possible." C'était un avis plutôt unanime pour tous les patients. Que l'hospitalisation soit compliquée ou non, qu'ils soient conciliants ou insupportables, tous se réjouissaient de quitter l'hôpital. Sauf quelques exceptions près qui aimaient prolonger leur séjour pour des raisons qui revenaient régulièrement. "Je vous laisse cette honneur. Je vais me contenter de la vivacité et de l'efficacité de celui de mon cher et tendre." Il pouvait être aussi insolent qu'il le voulait que Norah ne moufterait pas et qu'elle n'aura pas un ton plus haut que l'autre. "Si vous étiez ethnologue, je vous aurais bien dit que l'analyse de votre sperme reviendrait à une étude de populations et que du coup, ça pourrait potentiellement vous intéresser. Mais vous ne l'êtes pas alors je garde cette punch line pour une autre fois." Et, après tout, s'il n'était pas d'humeur à lui donner l'analyse d'urines que les médecins réclamer, Norah ne comptait pas la lui tenir et le forcer à s'y mettre. Tant pis pour les analyses,  ce n'était pas le problème de l'infirmière. Alfie semblait particulièrement perdre patience avec la présence de cette dernière. Il tournait en rond, cherchait une nouvelle bêtise à faire alors que son esprit fulminait tellement que l'on pourrait se demander quand est-ce qu'on allait voir de la fumée sortir de ses oreilles. Etre enfermé entre quatre murs comme il l'était était une forme de contention physique. Pour quelqu'un ayant autant besoin de se défouler que lui (vu le nombre de blessures et d'admissions aux urgences tracées dans son dossier, il en avait vraiment besoin), c'était difficile. Invivable même. C'était pour cela que Norah ne lui reprocherait jamais d'avoir mis la chambre sans dessus-dessous. La pièce aura droit à quelques rénovations quand il sortira de là, et ce n'était pas plus mal. Le patient pensait être un véritable rat de la laboratoire : enfermé dans une toute petite pièce, à passer la moindre de ses cellules sous le microscope dans l'attente de résultats pertinents et analysables. Norah n'était pas vraiment en accord avec la manière de faire et quand on grillait ainsi ses principes, elle retournait sa veste à sa propre façon. Laxiste quand elle le jugeait nécessaire, il lui arrivait d'enfreindre des règles qui en feraient des ulcères à plus d'un. Restant sur sa position purement tactique dans la chambre, elle avait donc retiré ce qui lui couvrait le visage, afin que Maslow puisse avoir quelques traits physique sur l'un de ces soignants sur qui il déversait son ire à longueur de journée. Si Frank savait tout ce qu'elle faisait, bien qu'il lui accordait une confiance inégalable, il se serait certainement manifesté vivement quant à sa stratégie pour établir une relation avec ses patients. Il avait toujours aimé la voir un peu intrépide, un peu en dehors des règles quand elle estimait que cela allait à l'encontre de certaines règles éthiques (on pourrait croire que c'est le comble en sachant qu'il était policier), mais il n'avait jamais aimé le fait qu'elle se mette en danger, de près ou de loin. Les agressions physiques devenaient presque monnaie courante dans les hôpitaux et même si elle ne se laissait pas impressionner – elle ne remercierait jamais assez les bagarres qu'elle avait pu avoir de temps en temps avec ses frères bien qu'elle finissait surtout par être l'arbitre durant ces jeux-là– et qu'elle n'était jamais revenu avec des hématomes conséquents, le manque de respect envers les soignants avaient tendance à lui taper sur le système. Norah s'en était étrangement accoutumée et avait également ses propres outils pour gérer la situation. Et si ça devenait trop compliqué, les agents de sécurité prenaient le relais mais jusque là, elle n'avait du faire appel à eux qu'une ou deux fois depuis le début de sa carrière. Toujours est-il que son époux pesterait à l'idée de savoir que Norah se risquait à retirer une partie de sa protection dans la chambre de son patient. Forcément, et comme elle pouvait s'y attendre, ce dernier réagissait au quart de tour bien comme il le fallait. La neutralité du visage de Norah était bien connue, sauf pour Alfie à cette époque, bien évidemment. Mais il allait vite comprendre qu'avec ou sans masque, elle ne changerait pas d'un pouce devant la virulence de ses propos. "Jugez-moi donc." dit-elle d'un air si simple que cela pouvait en être exaspérant. "Mais au moins, je pourrais me vanter d'en avoir, des neurones." Car ceux qui traînaient leur QI au négatif, c'était encore pire que de la stupidité. Comme Alfie se contentait de jouer la provocation, Norah s'était permise d'en faire de même juste pour voir comment il réagirait. Et contre toute attente, bien que sa répartir restait sèche et agressive, c'était à ce moment là qu'il mettait de côté un égoïsme qui prévalait sur tout le reste. Non pas qu'elle pensait que cela l'empêchait de réfléchir, mais il semblerait que Maslow soit en un tant soit peu soucieux de ne pas contaminer une personne qu'il détestait uniquement parce qu'elle portait une tunique de soignant. Bien qu'il ait conscience du risque de transmissions de miasmes et qu'il respectait une distance honorable, l'égoïsme du beau brun revenait au grand galop en espérant que le comportement de l'infirmière ne finisse par retomber sur lui à un moment donné. "A moins que vous ne cherchiez à me dénoncer, ce qui n'arrangerait en rien votre situation, personne ne saura que j'ai enlevé l'une de mes protections. Je sais pas si vous l'avez remarqué, mais je suis pile poil dans l'angle mort de la caméra." A moins qu'il ne veuille être un enfoiré jusqu'au bout et chercher à mettre à mal la carrière de la jeune femme. Elle saurait encaisser. Tout comme elle continuait à écouter avec attention tout ce que le patient avait besoin de dire sans que ça ne l'atteigne. A défaut de pouvoir cracher sur elle parce qu'il faisait preuve d'un semblant de bon sens, il préférait se faire du mal en frappant le mur avec son poing. Il fallait au moins admettre qu'il avait une très grande résistance à la douleur. "Je prendrai presque ça comme un compliment." dit-elle en esquissant un sourire alors qu'il aimait dire qu'elle serait nulle en tant que psychologue. Norah aimait être à l'écoute, laisser à ses patients un moyen de s'exprimer, mais les écouter à longueur de journée sans pouvoir leur secouer les puces deviendrait très frustrant pour elle à la longue. Alfie, de son côté, et inconsciemment, parvenait peu à peu à se contenir. Ca avait commencé par la simple fait que Norah se soit débarrassée de sa visière. Il avait réduit l'espace dans lequel il pouvait marcher, minimisait sa gestuelle. Même le ton de sa voix semblait se calmer au fur et à mesure de la conversation, bien que plus blasé qu'autre chose de l'attitude de l'infirmière. Celle-ci n'en avait rien à faire, de ce qu'il pensait, le tout était qu'il parvenait à se calmer, et c'était l'essentiel. Qu'il mette un peu ses nerfs en mode pause, même si ce n'était que pour quelques minutes. "J'ai jamais cherché à faire relativiser un patient quant à la raison de son hospitalisation. C'est moralisateur au possible. Qu'est-ce que ça me saoulerait qu'on me tienne ce genre de discours." Ne fais pas ce que tu n'aimerais pas qu'on te fasse. Un dicton dont Norah était un bon exemple. Tout comme, au fond, elle aurait apprécié de voir le visage des personnes qui prenaient soin d'elle. C'est pour ça surtout, qu'elle avait retiré le matériel supposé la protéger. "Je sais comment gérer les différentes situations avec les patients que je prends en charge." rétorqua-t-elle dans le plus grand calme. "Et dans tous les cas, je ne suis pas leur boniche. Et ça, ça compte pour vous aussi. Alors, vos "vous devez faire ci, ou être comme ça", gardez-les pour quelqu'un d'autre, certainement pas pour moi." Le plus déconcertant dans tout cela était bien le fait que Norah n'ait absolument pas changé le ton ni le volume de sa voix. "Je sais comment exercer mon métier, ce n'est pas vous qui allez me l'apprendre." Ni aucun autre patient, d'ailleurs. Impassible, l'infirmière le fixait sans gêne. Aussi, par là, elle voulait dire qu'elle savait également très bien ce qu'elle faisait avec lui. Sinon, il ne serait pas là à se montrer moins violent verbalement envers les autres et moins agressif envers lui-même. La brune était même surprise de le voir céder à accepter le prélèvement d'urines qu'on lui demandait de faire depuis quelques temps déjà. Il espérait la tranquillité ainsi. Et le voilà allongé dans le lit, au plus calme que Norah ne l'ait jamais vu ainsi depuis qu'elle avait fait sa rencontre. Recroquevillé sur son lit, c'était bien la première fois qu'il acceptait de montrer un tant soit peu de faiblesse et de vulnérabilité. Il devait s'épuiser, à force d'être aussi en colère envers un système qui le révoltait, de vouloir tout détruire dès qu'il réalisait qu'il était toujours enfermé dans la même pièce. Oui, Norah connaissait la plupart de ses antécédents. Certains se contentaient de le juger pour son passif, pas elle. Au fond, elle aurait bien aimé comprendre pourquoi il s'était tourné vers la drogue, quels avaient été les événements qui l'avaient mené à ce qu'il était désormais. "Je ne me le permettrai pas." souffla-t-elle. Suite à quoi elle laissait régner un moment de silence, où chacun pouvait profiter de cette accalmie qui n'était sûrement que temporaire. Mais malgré lui, il avait enfin accepté de montrer une faille, de prouver à la belle brune qu'il n'était pas seulement une enflure qui cherchait à mettre à bout la patience des soignants. On pouvait dire qu'il n'était pas parvenu à ses fins avec Norah. C'était à ce moment-là qu'elle estimait qu'il était temps de mettre en avant l'une des choses qu'elle avait prévu de faire pour l'occuper un peu. Parce que c'était ce dont il avait besoin, au fond. L'ennui pouvait être mortel, surtout dans son cas. Sans dire un moment, elle se levait tout en récupérant le prélèvement et remettant sa visière afin de quitter la chambre incognito. Le regard étonné de ses collègues quand elle leur transmettait le petit pot plein faisait sourire Norah. "Comment t'as fait ?" Norah se contentait d'hausser les épaules sans dire mot et de récupérer en passant le chariot d'urgence. "Ca va ?" "Oui oui, tout va bien, je veux juste essayer quelque chose." dit-elle sans donner davantage d'explication et de se changer à nouveau pour retourner dans la chambre. "Vous me mettiez au défi de trouver un moyen de vous occuper un peu." dit-elle en se mettant debout sur la chaise pour débrancher la caméra de la chambre. Histoire d'être tranquille. Enfin, elle se permettait de s'asseoir sur le bord de son lit, du côté où il lui tournait toujours le dos. "C'est le chariot d'urgence." expliqua-t-elle comme s'il s'agissait de la situation la plus normale qui soit. Elle allait rapidement voir si ça allait susciter l'intérêt d'Alfie ou pas. "Je pense que vous l'avez déjà aperçu en salle de déchocage durant l'un de vos passages aux urgences. On y trouve les traitements principaux administrés en situation d'urgence vitale, et aussi le matériel qu'on peut potentiellement utiliser." Norah brisait les scellés en plastique afin d'avoir accès aux tiroirs du chariot en question. "Histoire de protocoles, il doit être vérifié tous les mois. A chaque fois, on doit vérifier qu'il y ait bien le bon nombre de chaque matériel et de chaque produit et de s'assurer qu'ils n'aient pas dépasser la date de péremption." Adrénaline, morphine, cordarone, rivotril... Il y avait là une possibilité de faire un sacré cocktail de médicaments pour vriller en deux temps trois mouvements. Certains de ses collègues l'insulteraient de tous les noms s'ils savaient qu'elle laissait libre accès à ces médicaments à Alfie, comme ils l'avaient étiqueté comme étant un vulgaire toxico. L'infirmière Lindley était très loin d'être de cet avis. S'arrêter à de vulgaires clichés, aussi stupides que celui-ci, ce n'était jamais son genre. Elle était suffisamment curieuse et intéressée pour en connaître les raisons, les conséquences, les motivations. "Si ça vous dit, on peut faire ça ensemble. Et si jamais, j'ai quelques tiroirs à pharmacie qui mériteraient bien d'être vérifiés." Le fait de devoir tout désinfecter par la suite quand ce sera sorti de la chambre ou de trouver une alternative pour limiter le matériel à nettoyer, c'était son problème à elle et il n'avait pas à le savoir. Les collègues non plus d'ailleurs. Elle se débrouillerait déjà en temps voulu. Surtout qu'elle restait convaincue qu'il ne contractait pas le virus d'Ebola. Elle se concentrait sur ses intentions principales même si ça allait lui demander de prendre plusieurs dispositions pour faire ce qu'elle voulait. Elle avait deux objectifs. Le premier, et l'idée initiale, était de l'occuper et de ponctuer un peu plus sa journée. Qu'il fasse quelque chose de constructif durant ce temps qu'il essayait désespérément de tuer. Aussi pensait-elle établir une relation de confiance avec lui. Tout ce qu'elle espérait, c'était de rendre le temps moins pénible pour lui qu'il ne l'était déjà. C'était ça, le véritable sens de son métier.


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