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 Some stories break your heart

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Message(#) Sujet: Some stories break your heart Some stories break your heart EmptyJeu 12 Sep - 15:50




Some stories break your heart
Alec ξ Edelweiss


OCTOBRE 2017

« Injectez lui de l’épinéphrine ». Un ordre qui se fait plus sec que ce qu’elle aurait voulu. Dans le hall de l’hôtel qui accueille la convention, elle fait les cent pas alors que l’un de ses confrères tente de la faire asseoir. « Dr. Headland, on lui a déjà donné deux doses ». Son nom qui sonne désormais comme une insulte, tant elle regrette de ne pas avoir pris celui de Victor lorsqu’elle en avait encore l’occasion. « J’en ai rien à foutre de votre avis. Vous lui faites ou vous êtes viré ». Elle a hurlé et les regards se sont tournés vers elle. De l’autre côté du combiné, Ivy sanglote dans un coin et le médecin cède, ne préférant pas rendre la situation plus compliqué qu’elle ne l’ai déjà. Nouveau chargement du défébrilateur, électrocardiogramme toujours plat. Edelweiss regarde sa montre. « Continuez ». Nouvel ordre alors qu’elle sait bien que la réanimation aurait du s’arrêter il y a déjà près de 30 minutes. Désir de le garder encore, de ne pas le laisser partir. Elle entend un des pompiers qui compte pour garder le rythme de son massage. Nouvelle décharge qui déchire l’adolescente qui voudrait tant que ça s’arrête. Le téléphone est écarté, elle n’entend plus grand-chose. Des bruissements, des voix étouffés. S’est-il réveillé ? Le coeur est-il reparti ? Son coeur à elle va finir par exploser dans sa cage thoracique si on ne la tient pas au courant. Finalement, on la récupère et elle n’a pas le temps d’ouvrir la bouche que le verdict tombe. « Je suis désolé, Dr Headland ». Le monde s’écroule sous ses pieds et elle écarte son téléphone de son oreille. La salle entière semble la regarder et une main se pose sur son épaule alors qu’elle raccroche sans répondre.


Il était 2h36. Et ce n’est que le lendemain, à près de 3 heure du matin que le taxi s’arrête le long du trottoir. 24 heures qu’elle a passé dans les aéroports et les avions. Pas une larme, pas un sanglot. Son coeur ne veut pas y croire, tente de se protéger en créant des scénarios où elle pourrait arriver à temps. Ou il serait à l’hôpital, entrain de se remettre. Mais elle descend sur le trottoir et la maison est plongée dans le noir. Pas une ombre derrière les fenêtres, pas de Victor qui sort pour se plaindre de l’heure à laquelle elle arrive. Pas d’Ivy qui reste éveillée en se servant de sa mère comme excuse. La voiture est pourtant dans l’allée, le capot toujours ouvert. Elle sent sa gorge se nouer en se disant qu’il pensait pouvoir terminer ce qu’il faisait le lendemain. Lente prise de conscience que la porte ne s’ouvrira pas ce soir. Que la porte ne s’ouvrira plus jamais sur son sourire. 25 années qui s’envolent, qui sont passés comme une poignée de minutes. L’envie d’en avoir le coeur net, l’espoir de croire en une plaisanterie de mauvais goût quand elle pousse enfin la porte. Le silence qui l’accueille, la mort qui plane encore dans le salon. Elle allume les lumières, traîne sa valise dans le salon. « Victor ? ». Appel qui reste sans réponse. Le canapé qui a été déplacé pour faire de la place aux secours, le flacon d'épinéphrine vide qui a roulé près de la table basse. Les mots croisés qu’il n’a pas eu le temps de terminer et la vaisselle qui trône encore dans l’évier. Comme si le temps s’était figé à l’instant où il était parti. Elle se traîne jusqu’à l’étage, appelle encore. « Victor ? ». Le lit est défait, insomnie qui a du le pousser à aller sur le canapé. Prémices d’une crise qu’elle aurait pu éviter si elle avait été là pour en voir les symptômes. Sa faute.

Elle est restée plus d’une heure, assise sur le tapis du salon. Là où il a dû pousser son dernier souffle, loin d’elle. Au dessus de son chemisier, elle a son t-shirt. Ce haut blanc trop grand et tâché d’huile de moteur qu’elle le supplie de jeter depuis des années. Ce vieux vêtement qu’il revêtait toujours pour aller bricoler. Injustice de savoir qu’il est parti avant elle, qu’il n’aura pas à souffrir d’une vie sans elle. Injuste parce que c’est elle qui doit partir la première, c’est elle qui n’y arrivera pas seule avec Ivy. Ivy. Soudaine prise de conscience qu’elle n’est pas la seule que la peine envahie. Dans la nuit, elle a l’air d’un fantôme dans ce vêtement ample qu’elle serre entre ses doigts fins comme pour se raccrocher à celui à qui il appartenait. Dans le jardin voisin, Pongo aboie en voyant sa maîtresse de retour. Une fête qu’elle ne peut pas apprécier et elle chasse l’animal d’un geste de la main pour pouvoir atteindre la porte. Elle toque, une main s’appuie sur le mur pour tenir de bout. Quand la porte s’ouvre, sur un Alec dont le beau sourire a disparu, c’est le cauchemar qui devient de plus en plus réel. Elle se mord l’intérieur de la joue et secoue la tête, comme pour refuser d’y croire encore. « Dis moi que c’est faux. Je t’en supplie Alec ». Premier sanglot, rempart des émotions qui se brise et elle tombe dans ses bras, dans ceux d’un fils.


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