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 TERRY&GABRIEL - So put your arms around me tonight

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Terrence Oliver
Terrence Oliver
la corde sensible
la corde sensible
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ÂGE : 28 ans (26.12.90)
SURNOM : Terry
STATUT : Coeur follement épris.. de lui. Harvey.
MÉTIER : Serveur au confidential club 23 h/semaine, libraire le reste du temps à la State Liberty. Egalement compositeur à ses heures pour la Northlight Theater Company
LOGEMENT : Depuis juillet il vit au 152 Bywong Street dans le quartier de Toowong, avec Gabriel et dort chez Harvey plusieurs soirs par semaine, même s'il possède un appart à Fortitude.
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POSTS : 15801 POINTS : 435

ORIENTATION SEXUELLE : Je n'aime que ma moitié.
PETIT PLUS : Gosse adopté d'origine Irlandaise, il est gaucher, agnostique et philanthrope. Il se considère comme étant le plus grand fan de la saga Harry Potter, joue du violoncelle, est passionné de littérature, déteste le chocolat, fait du yoga, a la phobie des chats et des hauteurs, manque cruellement de confiance en lui. Il n'a pas de télévision, technophobe sur les bords et écoute ses musiques sur une platine. Il est maladroit et insomniaque. Il peint et dessine énormément même s'il estime ne pas être doué.
UN RP ? : Pas dispo pour le moment.
RPs EN COURS : 19/6

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OLIWELL. Drive highways and byways to be there with you. Over and over the only truth, everything comes back to you. ≈ Harvey (2007 UA)Harvey#3 (RT)Harvey#4 (2M) Harvey#5 (GP)Harvey (DS) Harvey#6

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It laid shattered on the floor cause what's broken can't be whole anymore ≈ Freya#1Freya#2 (FB 2006)

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'Cause it's better to know lately this is nothing more than a ritual between me and you ≈ Léo#3

Sid (fb 2009)Tea timeGabrielAbelArchibaldJillSamsontopic commun DSNoaAodhan

RPs EN ATTENTE : Gabriel/Jameson • Ariel • Romy • Sid#2 • Leo (UA colo) • Prim • Levi • Phoenix • Aodhan • Malachi

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RPs TERMINÉS : RomyAndyHarvey#1,#2Léo#2HeianaAudenCharlieWolf_99 (mails 2010)JohnStephen

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AVATAR : Robert Sheehan
CRÉDITS : vulpecula (ava), google, tumblr (gif)
DC : /
INSCRIT LE : 01/07/2019
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Message(#) Sujet: TERRY&GABRIEL - So put your arms around me tonight TERRY&GABRIEL - So put your arms around me tonight  EmptyMar 24 Sep - 2:46




So put your arms around me tonight


Ca doit faire un an qu'il vient ici, Terrence, ou peut être un peu plus, il n'a pas vraiment fait attention aux dates. De toute façon il se trainait un peu trop de journée en journée et d'heure en heure pour que sa ligne temporelle puisse rester cohérente alors quand il dit "il y a peut être un an", en vérité il n'est plus sûr de rien. Ce qu'il sait avec certitude en revanche, c'est qu'il se sent bien ici et qu'il ne se passe pas une semaine sans qu'il ne se faufile par la porte pour se réfugier entre les rayons aux odeurs si familières, assis à même le sol parfois, les boucles devant les yeux et un livre sur les genoux. La State Liberty, c'est un lieu qu'il avait découvert un peu au hasard des rues un jour durant lequel il arpentait le quartier de Toowong, l'âme en peine, à la recherche d'une nouvelle petite librairie à débusquer, passionné de lecture qu'il était et toujours à l'affût d'un nouvel endroit pour satisfaire ses besoins littéraires. Ses pas l'avaient mené à pousser la jolie porte de le boutique, les fauteuils et l'ambiance vintage et cozy l'avait tout de suite interpellé et il avait osé s'installer et prendre discrètement une petite place contre un morceau de parquet sans que personne ne le remarque. Et comme il avait aimé l'expérience il était revenu. Une fois, puis deux, puis trois, tantôt au sol, tantôt sur un fauteuil, confortablement installé, les écouteurs vissés contre les tympans pour se couper du monde et s'imprégner de ses lectures. Il avait traversé les mois comme ça, ombre parmi les ombres à glisser furtivement entre les rayonnages, à choisir ses livres avec soin, à se poser toujours sur le même fauteuil, les chaussures retirées et les jambes repliées contre son torse ou en tailleur sur le même petit morceau de parquet, dans un coin isolé jusqu'à ce qu'un jour le patron de la boutique vienne lui déposer discrètement un cacao à ses côtés. Il avait tourné la tête Terry, mais pas assez rapidement pour le voir faire, alors il avait observé la tasse et les petits chamallow qui flottaient allègrement à la surface du liquide et il avait sourit, parce qu'il avait compris qu'il était ici un peu chez lui, et cette tasse venait de le confirmer. Et puisqu'il semblait être le bienvenu il était revenu encore et encore, le nez souvent collé dans les rayons à observer tous ses livres comme s'il s'agissait de trésors ou à adresser des sourires discrets au responsable des lieux. Il ne repartait jamais sans un ouvrage, Terrence, toujours en quête de la pépite qui saurait lui mettre le coeur à l'envers ou à l'endroit et plusieurs fois il avait osé aller vers Gabriel pour lui demander un peu craintivement des conseils. Petit animal sauvage et blessé, il avait mis du temps à s'approcher. Mais il était heureux d'avoir osé.

Ce soir, il fait déjà nuit, les réverbères commencent à s'allumer dans les rues et même si les précipitations sont rares en avril à Brisbane, aujourd'hui est un jour pluvieux. Les gouttes martèlent les vitres de la boutique, fracas feutré, et le ciel agonise dans des grondements sourds mais il adore ça, Terrence, parce que ça l'apaise, le console. D'aussi loin qu'il se souvienne il avait toujours aimé le bruit de la pluie, son odeur aussi et il ne comptait plus le nombre de fois où il avait été volontairement abandonner son corps aux averses pour récupérer de l'air, retrouver un peu de vie, se laver de toute la merde qu'il avait subit et subissait encore. La pluie, elle lui inspirait les sourires à Terry et non les grimaces comme il avait trop souvent vu se griffonner sur les visages des autres, cachés sous leurs parapluies. A cause de l'averse il n'y avait pas eu grand monde ici et ça fait maintenant une bonne vingtaine de minutes que le dernier client a quitté les lieux mais Terrence est toujours là, lui, à regarder Gabriel terminer de ranger et nettoyer les tables de la petite partie "salon de thé". Il ne dit rien, assis par terre avec un livre sous le bras mais il le regarde attentivement, les yeux un peu dans le vague et les traits tirés. En un an, ils avaient appris à s'apprivoiser doucement l'un et l'autre et depuis deux mois il ne se passait pas une semaine sans que Terrence et Gabriel ne s'installent sur des fauteuils du fond de la boutique dans un noir aléatoirement zebré par la lumière du dehors. Ils s'installaient après la fermeture avec une infusion ou un cacao et parfois ils se racontaient des trucs, se confiaient, citaient des passages de livres qu'ils avaient aimé. Parfois, ils restaient simplement là, mutiques au coeur d'un silence qui n'avait rien d'étouffant ni pour l'un ni pour l'autre et jamais il ne s'était senti mal avec Gabriel, il pense, jamais il n'avait eu la sensation qu'il attendait quelque chose de lui. Pourtant depuis quelques jours y a ce refrain obsédant qui ne le quitte pas et il sait qu'il va falloir qu'il lui demande, qu'il l'interroge, qu'il vérifie. Pour se rassurer sûrement parce qu'il a peur. Pour s'autoriser pleinement à être son ami, parce qu'il en meurt d'envie. Mais il est un peu tout cassé dans son coeur, Terrence, ne contrôle pas ses peur et à toujours penser qu'il ne vaut rien, à toujours laisser les mécanismes de survie s'installer partout quitte à le faire souffrir il en avait oublié qu'on pouvait peut être l'apprécier pour qui il était. Et tandis que Gab, dos à lui, arrange des livres sur une étagère il se lève en silence, Terry, le coeur troublé et les émotions en pagaille. Il pose son livre et doucement, sans prévenir, il le retient à lui, ses doigts qui s'emparent abstraitement d'un morceau de son pull et qui tirent silencieusement pour qu'il arrête de bouger. Il a le regard baissé, Terrence, le visage fissuré par la peur, déformé par l'appréhension parce qu'il a conscience que ce qui se joue, là, peut tout briser, fracturer toutes les habitudes rassurantes qu'il avait commencé à prendre. Que si Gabriel répond comme tous les autres, il le ferait basculer dans le vide et perdre toute confiance en lui. Pourtant, il n'a pas eu le temps réfléchir que les mots sortent déjà de sa bouche alors que son coeur pulse avec force contre ses côtes à la manière d'une danse tribale. T'es gentil avec moi... parce que tu veux coucher avec moi? C'est douloureusement murmuré, péniblement articulé pas roulé dans le sucre ni enrobé de miel, c'est tendrement abrupt, tristement désabusé et il attend la chute, Terry, les deux pieds au dessus du précipice, pas du tout prêt à tomber... parce que lui, il n'avait pas envie de ça avec Gabriel. Pour la première fois depuis bien trop longtemps il arrivait à entrevoir quelque chose de différent, une relation basée sur des bases plus seines, plus solides aussi sûrement. Il ferme les yeux et attend sa réponse, les larmes qui commencent déjà à se regrouper sous ses paupières closes. Aller Gabriel, dis-moi que tu veux pas ça de moi. Dis-moi que ça t'intéresse pas. S'il te plait.. je t'en prie.. je t'en prie.. 





We are not alive
We are surviving  every time

• m o o d b o a r d •

:burger: :
 



Dernière édition par Terrence Oliver le Ven 1 Nov - 21:16, édité 1 fois
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Gabriel Carnahan
Gabriel Carnahan
l'entre-deux chapitres
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ÂGE : 41 ans ❀ Né le 13 octobre 78
SURNOM : Généralement Gaby, parfois Gab'. ❀ Gaby la Tendresse à la fac. ❀ Pretty Little Galway Boy par une jolie petite fée.
STATUT : Veuf depuis 2014, depuis qu'un accident de voiture l'a privé de Moïra, l'amour de sa vie. ❀ Réapprend doucement à vivre.
MÉTIER : Libraire passionné avant tout ❀ Gérant de la State Liberty à Toowong (librairie~salon de thé) ❀ Occasionnellement écrivain et dessinateur~illustrateur.
LOGEMENT : #152 Toowong ❀ Avec Terrence, petit koala pris sous son aile depuis juillet 2019 ❀ Joli appartement juste au-dessus de la librairie. Cocon douillet tout agrémenté de plantes. ❀ Avec Aodh le chat roux et Sirius le petit chien de berger.
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POSTS : 4758 POINTS : 320

UN RP ? : Où tu veux quand tu veux.
RPs EN COURS :
FLASHBACK
Robin fb#1Jack fb#1Jameson fb#2

PRESENT
JamesonTerrenceElwyn

UNIVERS ALTERNATIFS
Tea TimeWren

DIMENSION FANTÔME
RobinClément & KyteJamesonJack

RPs EN ATTENTE : Archie ≈ Leah ≈ Jameson & Terrence & Harvey (Irlande) ≈ Robin (retrouvailles) ~ Lizzie
RPs TERMINÉS : Terminés : Clément #1Maximilien #1Greta #1#teamaperoClément #2OwenJameson fb#1Wren

Archivés : Charlotte L.JunVictoriaLeahRosalynTeliaJoshuaBélialTessEllieSheridynOwen & MariusCole#teamcitrouillesJosephJadynLiamCoraMaximilien fb#1CleoChadnaMyrddinSavannah

Viniel 50's #1Deviniel #1
PSEUDO : Loo
AVATAR : Hugh Dancy
CRÉDITS : loonywaltz (UB) ≈ Loo
DC :
INSCRIT LE : 08/04/2018
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Message(#) Sujet: Re: TERRY&GABRIEL - So put your arms around me tonight TERRY&GABRIEL - So put your arms around me tonight  EmptyVen 1 Nov - 17:51



So put your arms around me tonight
Terrence ~ Avril 2019 ~ Brisbane
Un grondement lointain parvint aux oreilles de Gabriel tandis qu’il s’appliquait à ranger quelques ouvrages dans les rayonnages de sa librairie. La lourdeur des derniers jours avait finalement trouvé son paroxysme et s’apprêtait à mourir dans un orage qui promettait de rafraîchir un tant soit peu l’atmosphère. Les nuages, amas inquiétant d’une épaisse obscurité, lourds, gorgés d’eau, semblaient n’attendre que le coup de grâce d’un éclair pour déverser leur précieuse et rafraîchissante cargaison aqueuse sur Brisbane. Et la foudre vint, victorieuse, suivie d’un roulement soudain bien moins éloigné. Il y eut un silence… Puis la voici. La pluie. D’abord une à une, ensuite par milliers, les gouttes brillantes et rondelettes vinrent s’écraser sur l’asphalte, les bâtiments et les carrosseries. Les capuches se rabattirent sur les têtes et les pas se pressèrent sous l’averse et la pénombre du soir tombant d’autant plus vite que le ciel était noir. Comme souvent Gaby était perdu dans ses pensées, l’heure de la fermeture approchait et les rituels de fin de journée avaient, pour lui, quelque chose d’assez méditatif. Plus encore ce soir-là, dans l’atmosphère feutrée de la State Liberty, enveloppée d’une ambiance apaisante et douce, bercée par le bruit de la pluie au dehors. Un son que l’irlandais affectionnait tout particulièrement, qu’il avait toujours aimé d’aussi loin qu’il se souvienne, et qui résonnait à ses oreilles d’une certaine nostalgie, qui réveillait de tendres souvenirs en lui. Il repensait à ces heures passaient à lire sur fond d’averses, ces heures partagées avec Moïra, à écouter la pluie ou regarder la neige tomber dans un bruissement léger. Des souvenirs doux-amers, qui le faisaient sourire autant qu’ils le rendaient mélancolique. Le libraire laissa un soupir lui échapper tandis qu’il s’occupait à présent de nettoyer les tables disposées dans la boutique. Il y avait des jours où la mémoire se faisait plus douloureuse que d’autres. Même si dans l’ensemble il lui semblait parvenir de mieux en mieux à penser au bon plus qu’au reste. Il pouvait de nouveau regarder leurs photos, retomber sur quelques vieilles affaires ou sur les clichés de sa belle australienne sans fondre en larmes dans la seconde ni avoir l’impression de sentir son cœur exploser une fois de plus dans sa poitrine, sans sentir une lame le transpercer de part en part. Il arrivait même qu’un sourire tendre s’attache à ses lèvres au souvenir du bonheur, certes passé à tout jamais, mais pleinement vécu. Gabriel chassa un peu de cette mélancolie, qu’il avait malgré tout facile, d’un léger hochement de tête. Il ne se laisserait plus sombrer, c’était une promesse qu’il avait faite, pour lui-même mais surtout, avant tout, pour ceux qui l’avaient porté dans ce qui furent les pires moments de sa vie et qui étaient restés à ces cotés. Et puis, même s’il ne savait pas trop où ni comment la trouver, il savait à présent qu’il y avait de la force en lui, qu’il pouvait vivre, encore, qu’il pouvait y arriver, qu’il devait y arriver. Alors ce fut d’un geste déterminé qu’il attrapa les derniers ouvrages qui attendaient patiemment de retrouver leurs places respectives sur les belles étagères de bois. Et, tandis qu’il les rangeait un à un, il se répétait intérieurement ces choses qu’il s’était déjà répétées des centaines de fois, comme autant de petits encouragements essaimés pour lui-même, de petites bulles d’inspiration, comme pour se secouer, sans qu’il n’y paraisse rien à l’extérieur. Ces choses là n’appartenaient qu’à lui. Il en était là, perdu dans les méandres de son esprit, avec le chant ouaté de l’ondée comme seul lien conscient, tangible, avec la réalité. Il en était là quand il sentit soudain une tension légère mais bien présente étirer les mailles de son pull. Son cœur se contracta vivement, de surprise, et il s’immobilisa, tétanisé l’espace d’une fraction de seconde comme la réalité l’arrachait soudainement à ses méditations. Il ne put empêcher son esprit de se remémorer la violente agression dont il avait été victime, orchestrée par celui qui avait été son beau-frère et qui l’avait attaqué dans des circonstances semblables à ce soir. Pourtant il ne sursauta pas réellement, et ce terrifiant souvenir s’évapora presque aussitôt apparu, car Gaby savait qu’il n’y avait qu’une seule personne encore présente à la librairie. La petite cloche de l’entrée n’avait pas retenti depuis près d’une heure, personne n’était entré. Et Terrence n’était pas sorti. L’irlandais le savait et, bien qu’une instinctive angoisse l’ait saisie le temps d’un instant plus qu’éphémère, il devinait dans son dos, dans cette pression sur son vêtement, la présence aussi discrète et douce qu’amicale du jeune homme. Et il n’avait rien à en craindre. Gabriel se souvenait très bien de la première fois qu’il avait vu Terrence dans sa librairie, assis à même le sol, un livre sur les genoux, le visage perdu dans ses boucles brunes et les yeux sur les mots. Peut-être le libraire s’était-il entraperçu lui-même, plus jeune, dans cet air à la fois lointain et concentré, dans cette posture, dans cette manière de se construire comme une bulle autour de soi, de s’enfouir, s’enfuir, entre les pages et se laisser absorber par le récit. Peut-être était-ce pour cela qu’il s’était si facilement pris d’affection pour ce garçon. Ou bien était-ce d’avoir croisé son regard clair, et le maelstrom perpétuel d’émotions qui semblait y présider. Gaby n’en savait trop rien, il n’aurait su le dire, comme souvent lorsqu’il s’attachait à certaines personnes plus qu’à d’autres. Il n’était jamais certain de pouvoir en expliquer les raisons, pas avec des mots en tout cas, c’était quelque chose de plus intérieur, quelque chose de plus sensible, qui ne s’expliquait sans doute pas finalement. Toujours était-il qu’il éprouvait une tendresse infinie chaque fois qu’il se trouvait devant Terrence. Il en avait souvent été désemparé depuis leur première rencontre, mais il y avait chez ce gamin aux boucles ébène quelque chose qui éveillait chez lui une affection toute particulière. Alors, plutôt que de se laisser dépasser par ses propres peurs, plutôt que de sentir son cœur éclater d’avoir tant battu dans sa poitrine, plutôt que de laisser un violent sursaut agiter son corps, Gabriel prit une profonde inspiration. Tout cela n’avait duré qu’une seconde mais il n’eut pas le temps de dire quoi que ce soit que la voix de Terrence parvint à ses oreilles. Ses mots se heurtèrent à ses tympans sans que l’irlandais n’en comprenne le sens. Instantanément il ne pensa plus à ses démons, disparus, chassés, tandis qu’il retouchait terre avec une certaine violence. Ses sourcils se froncèrent dans un air soucieux, trahissant son incompréhension, il n’était pas certain de saisir ce qui venait de se jouer là, dans son dos.

Ou n’en était-il que trop conscient ?

Gaby se tourna doucement, dans l’espoir d’accrocher le regard du jeune homme, d’y trouver des réponses aux interrogations qui se bousculaient dans ses yeux couleur de ciel, mais il se heurta seulement à ses paupières closes et tremblantes qu’il devinait déjà lourdes de larmes salées. Et cette vision lui écorcha le cœur. « Terrence », juste soufflé de son ton doux, et presque une pointe d’excuse qui effleura ce prénom, comme s’il demandait pardon pour tout ce qui avait blessé ce garçon, qui lui semblait encore bien trop jeune pour être si abîmé à l’intérieur, et qu’il n’osait imaginer. Il n’avait pas réfléchi. Ses bras vinrent entourer le brun, par instinct, par réflexe presque, l’envelopper de réconfort et de douceur, à la manière d’un parent, d’un père. Et ce fut au fond assez étrange pour Gabriel, car il n’avait jamais eu la sensation de prendre cette place dans la vie des autres, de revêtir ce costume là pour quiconque. « Bien sûr que non. » Il avait l’impression de pouvoir sentir toute la détresse qui habitait le jeune homme, juste là entre ses bras, de pouvoir la ressentir. Son empathie naturelle qui prenait le dessus et la peine qui l’emplissait de le sentir si désemparé, si fragile, si douloureux à l’intérieur. C’était la première fois depuis tous ces mois où tout cela lui apparaissait avec autant de force, d’intensité et quelque part, sans qu’il ne se l’explique bien, ça lui laissait une drôle d’amertume dans la gorge de vois Terrence dans cet état-là. « Je ne veux rien Terrence. » Rien de cette sorte. La seule volonté que Gabriel aurait pu formuler à son encontre serait de le voir heureux. Rien d’autre. Il n’attendait rien, n’exigeait rien, il donnait seulement, sans attendre de retour particulier, rien de plus. Alors d’imaginer que peut-être il avait fait ou dit quelque chose qui aurait laissé croire au brun qu’il attendait quelque chose de lui, ça le chamboulait terriblement. « C’est normal d’être gentil avec les personnes que l’on apprécie, pour qui on a de l’affection. » Du moins ça l’était pour Gabriel. Il était ainsi fait, attentif aux autres, parfois plus qu’à lui-même. « Mais pardonne moi si dans mes gestes ou mes mots j’ai pu te laisser penser que j’attendais une telle chose de toi. » Au fond c’était l’une des grandes craintes de l’irlandais, de blesser les autres, de leur faire du mal sans s’en apercevoir, involontairement. Et plus encore lorsqu’il s’agissait de quelqu’un à qui il tenait.
2981 12289 0 & Loo




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