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 (alfiana) show me where it hurts, maybe i can heal it

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Alfie Maslow
Alfie Maslow
la pile électrique
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ÂGE : trente-cinq ans (01.11), parfois l'impression d'en avoir vécu dix de plus.
SURNOM : alfie en est déjà un, raccourci en alf ou al par certains.
STATUT : en couple depuis trois ans et demi, mais l’évocation d’une future vie de famille laisse planer un nuage noir sur sa relation avec juliana.
MÉTIER : hyperactif de vocation, anthropologue de formation ; désormais lecturer à l'université, consultant (abc, hôpital, pénal) et pianiste des street cats (actuellement en arrêt maladie suite à une agression).
LOGEMENT : appartement #95 à toowong, qui devient trop petit pour l’héberger, ainsi que jules, leur ménagerie (une tortue, deux rats, un futur alpaga) et nouvellement sa filleule de 6 ans, anabel.
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POSTS : 1690 POINTS : 310

ORIENTATION SEXUELLE : Je n'aime que ma moitié.
PETIT PLUS : enfant unique, parents très religieux ≈ trop étouffé durant l’enfance, l’adolescence s’est mal passée ≈ rescapé d’un accident de voiture qui a tué son premier amour ≈ passionné par son métier, ne parlera que des bons côtés de celui-ci ≈ optimiste et blagueur dans la vie quotidienne ; sérieux et consciencieux au travail ≈ se déplace en skate ; en vélo quand il doit paraître adulte ≈ excellent pianiste ≈ trouble tdah jamais diagnostiqué ≈ cicatrices le long du dos, sur le torse et brûlure sur l’entier de la paume gauche ≈ de retour à brisbane depuis environ un an
UN RP ? : Pas dispo pour le moment.
RPs EN COURS : (alfiana) show me where it hurts, maybe i can heal it Tumblr_ot1yxvje7E1rb71hfo8_250
alfiana #3 + alfiana #4⊹ i'm sliding into something you won't understand, but don't give up on me 'cause i'm just in a rut, i'm climbing but the walls keep stacking up.

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arfie (fb) ⊹ we're burning down the highway skyline on the back of a hurricane that started turning, when you were young, when you were young.


RPs EN ATTENTE : street cats › bande atypique › romy (battle mario kart) › josh › elwyn › emma › lily
RPs TERMINÉS : stephenarfie #1 (& jules)evaleonardoalfiana #1joseph & julesnorahtad #1harvey #1tad #2harvey #2kanealfiana #2

nadia eleonoralily
PSEUDO : leave
AVATAR : brandon cutie pie flowers
CRÉDITS : joanne ♡ (ava), talkstostrangers (gifs), loonywaltz (ub)
DC : le roux de secours (finnley coverdale)
INSCRIT LE : 01/02/2019
http://www.30yearsstillyoung.com/t23106-alfie-just-lean-into-the-light http://www.30yearsstillyoung.com/t23175-alfie-smile-like-you-mean-it http://www.30yearsstillyoung.com/t23176-alfie-maslow http://www.30yearsstillyoung.com/t23177-alfie-maslow

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Message(#) Sujet: (alfiana) show me where it hurts, maybe i can heal it (alfiana) show me where it hurts, maybe i can heal it EmptyDim 20 Oct - 22:10




JULIANA & ALFIE ⊹⊹⊹ There's a panic in this house and it's bound to surface. Just walkin' through the front door makes me nervous. It's creepin' up the floorboards, got me wondering where I stand. I cannot put out the fire, I got a book of matches in my hand.

Les coups fusent, et si dans un premier temps Alfie ne voulait pas les arrêter ; le fait est qu’il n’y parvient finalement plus, son état de faiblesse allant de pair avec la rage que Joseph déchaîne sur lui. D’un simple saignement de nez, c’est finalement tout son visage qui devient un amas pourpre ; d’une douleur à la joue, ce sont chacun de ses os qui lui semblent brisé ; d’un rire moqueur pour inciter son ami à continuer son méfait, c’est une perte de conscience qui le réduit au silence lorsque sa tête heurte le sol. Et lorsqu’il ouvre avec difficulté un œil, c’est pour croiser le regard de son ami qui fuit déjà les lieux de son crime, avant qu’il ne tente de tourner la tête pour apercevoir son téléphone brisé dans un coin de la pièce. La main qu’il tend, elle, ne vise finalement pas plus à attraper l’objet qu’à imaginer la présence rassurante et sécurisante d’une Juliana, alors qu’Alfie sombre définitivement.

Quelques heures auparavant, il ne sentait plus rien ; et soudainement il ressent tout. Chaque inspiration lui provoque une grimace de douleur, le moindre déplacement de pupille vers de la lumière renforce son mal de crâne, chaque tentative d’ouvrir la bouche et de comprendre se solde par un goût de sang qui longe sa gorge. « Vous vous souvenez de ce qu’il s’est passé ? » Une voix à sa droite le force à tourner difficilement la tête, et le seul œil qu’il est capable d’ouvrir se pose sur le médecin, puis sur l’interne qui tente de le perfuser. Des calmants. « Non, ça va. » Qu’il souffle alors que son œil se referme et que sa main qui se lève pour chasser celle de l’interne contredit ses paroles. Il a mal, il a foutrement mal, mais il ne saurait dire exactement où. Son corps, son cœur, ses pensées, c’est un ensemble qui rend le tout insupportable, et les calmants visent à rendre ce tout supportable, mais ce n’est pas une solution acceptable. Finissant par se redresser avec difficulté, il se mord légèrement la lèvre ; calmer une douleur par une auto-infligée. « J’en ai pas besoin, ça va, c’est juste ma tête qui… ça va passer. » Il assure, tentant un bref sourire. « Je… un cambrioleur, je crois. » Qu’il finit par répondre à la première question, avant de réaliser que c’est un piètre cambrioleur puisqu’il n’a pas l’impression que ses affaires aient été dérobées. « Je l’ai surpris. » Il achève de justifier, tandis que sa main se lève pour se passer sur son visage douloureux. « Hm, hm. Votre petite amie ne devrait pas tarder, Alfie s’apprête à protester sans succès puisque le médecin reprend rapidement la parole. D’ici-là, reposez-vous, il ne vous a pas raté. » Il précise avant de le tenir au courant de la situation. Alfie ne se fait pas prier pour sombrer dans un sommeil réparateur, tant voulu et recherché, et il se surprend à remercier Joseph et à apprécier l’acte de celui-ci – parce qu’il n’admettra jamais qu’il l’a cherché, et qu’il l’a apprécié. Lorsque son œil valide s’ouvre quelques heures plus tard, il se pose sur la silhouette d’une Jules dont il serre la main glissée dans la sienne pour signifier son réveil. Il affiche un sourire, coupant bien vite la parole à sa petite amie avant qu’elle ne puisse prononcer le moindre mot. « C’est trois fois rien, une commotion, un nez fracturé, une côte cassée, un œil au beurre noir et quelques points de suture, ça va bien, je t’assure. » Et si la douleur est encore vive dès qu’il a le malheur d’ouvrir la bouche, il se sent toutefois mieux qu’à son premier réveil. Son regard se porte sur sa gauche, et il constate la raison : ce connard d’interne ne l’a pas écouté. Son pouce s’active à caresser la paume de Jules par réflexe, comme toujours lorsqu’il est contrarié et qu’il a besoin de se calmer. « Tu vas être forcée de jouer les infirmières, quel dommage. » Il s’amuse avec un franc sourire, le naturel reprenant très vite le dessus.  

⊹⊹⊹

Assis sur le canapé, son bol de compote de quinoa aux abricots posé sur ses jambes étendues sur la table basse, Alfie joue distraitement avec sa cuillère sans parvenir à avaler la moindre bouchée. Son œil se perd sur le programme qui passe à la télévision sans qu’il n’y prête la moindre attention, trop occupé à jeter des coups d’œil à la porte d’entrée. Il parvient à quitter le canapé lorsqu’un doute l’envahit et qu’il se rend jusqu’à la chambre à coucher pour vérifier que la fenêtre est bien fermée, avant d’entendre la serrure qui s’active. Son rythme cardiaque s’emballe un bref instant durant lequel il guette l’entrée bien caché derrière la porte, pour finalement revenir au salon d’un pas lent et être envahi par un certain soulagement lorsque la silhouette de Jules se dessine. Un grand sourire s’affiche sur ses lèvres ; ces derniers jours de repos forcé sont un véritable calvaire pour l’anthropologue et plus que jamais, il ne supporte pas d’être enfermé entre ces murs, mais il ne supporte pas plus de sortir d’ici – et vu sa tête encore bien contusionnée et enflée, il voudrait mieux qu’il évite. Une allure qui ne lui rend pas justice et qui ne donne pas envie qu’il s’approche ; pour autant il s’en fiche bien et c’est avec un égoïsme qui lui est habituel qu’il s’empare des lèvres de Juliana pour la saluer avant de la prendre un court instant dans ses bras – le temps qu’il parvienne à regagner son calme. « Comment s’est passée ta journée ? Ton genou t’a pas trop fait la misère ? » Il questionne, ne prêtant plus attention à la brune pour se concentrer sur la porte et verrouiller celle-ci – avant de glisser du pied devant celle-ci la bouteille en verre consignée qu’il doit rapporter à l’épicerie au bout du quartier la prochaine fois qu’il s’y rendra. Tendant son bras à une Juliana à l’équilibre précaire, c’est avec un rire qu’il aperçoit leur reflet dans le miroir derrière la porte d’entrée. « Bref aperçu de nous dans quarante ans, on s’en sort pas si mal. » Qu’il s’amuse, car il vaut mieux voir la situation sous ce jour ; et que cela prête forcément à sourire que leurs accidents respectifs coïncident. Lui et son passage à tabac, elle et sa vague récalcitrante. Comme à son habitude, le brun change de sujet sans difficulté alors que de sa main libre, il fouille le sac posé par Juliana sur le comptoir de la cuisine et qu’il en sort un DVD. Il scrute celui-ci un bref instant, ne pouvant s’empêcher d’éclater de rire lorsqu’il lit le titre. « Mais sérieusement ? » Qu’il demande entre deux éclats de rire qui se veulent douloureux pour sa mâchoire encore endolorie. « J’ignore si le but est de me faire passer un message, mais tu sais que j’ai pas besoin de ça pour avoir de bonnes idées dans le domaine. » Il hausse les épaules alors qu’il affiche son sourire de petit con, et que dans un dernier réflexe, son regard se perd sur la porte et qu’il se remet à douter ; est-ce qu’elle est bien verrouillée ? Et surtout, est-ce qu’ils sont en sécurité ?



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Juliana Rhodes
Juliana Rhodes
l'histoire sans fin
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ÂGE : 32 ans (23/05)
SURNOM : Jules, à force de l'utiliser, j'en oublie presque mon vrai prénom
STATUT : En couple depuis trois ans et bien déterminée à le rester malgré les difficultés
MÉTIER : Bibliothécaire spécialisée dans les romans jeunesses, une passion et une vocation
LOGEMENT : Appartement #95 à Toowong que je partage avec Alfie... Ainsi que des colocataires un peu envahissant, deux rats et une tortue.
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ORIENTATION SEXUELLE : Je n'aime que ma moitié.
PETIT PLUS : Ainée d'une famille de cinq enfants ✿ A perdu son père à l'âge de onze ans ✿ Est passionnée par les livres ✿ Est maniaque et psychorigide mais tente de se soigner ✿ Est amoureuse depuis trois ans de celui qu'elle considère comme l'homme de sa vie ✿ Exerce le métier qu'elle a toujours rêvé de pouvoir faire ✿ Rêve secrètement de vivre les happy ends de contes de fées
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RPs EN COURS : (8/5) Leonardo #1Tad #2Alfiana #3Ariane #1Norah #1Leah #2Alfiana #4Caleb #2


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AVATAR : Jenna-Louise Coleman
CRÉDITS : Century Sex
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Message(#) Sujet: Re: (alfiana) show me where it hurts, maybe i can heal it (alfiana) show me where it hurts, maybe i can heal it EmptyMer 23 Oct - 21:25




Show me where it hurts, maybe i can heal it

@Alfie Maslow & Juliana Rhodes


« Mademoiselle Rhodes ? Docteur Barnes, médecin urgentiste à l’hôpital Saint Vincent, je vous contacte car nous venons d’admettre Alfred Maslow et je… » Le début de la phrase suffit largement pour que mes mains se mettent à trembler et qu’une vague de panique me submerge. Alfie est à l’hôpital. J’ignore tout de la situation exacte dans laquelle il se trouve, mais cette désagréable impression de déjà-vu surpasse de loin ma capacité à prendre du recul et à relativiser. Sans même le réaliser, je fais désormais les cent pas dans la petite salle réservée au personnel où je me suis isolée lorsque la sonnerie de mon téléphone a retenti. Le médecin me transmet des informations de sa voix douce et réconfortante mais je n’arrive pas vraiment à les intégrer et je reste muette, trop perdue et bouleversée pour avoir l’attitude que je devrais avoir. « Mademoiselle Rhodes ? » Le ton interrogateur et l’emploi du mon nom me forcent à me reconnecter à la réalité. « J’arrive tout de suite. » Je parviens à répondre et le son de ma propre voix sonne étrangement à mes oreilles, comme si elle ne m’appartenait pas et que ce n’était pas moi qui venais de parler. Fébrile, j’attrape mon sac et ma veste et sors précipitamment de la pièce. Il ne faut que quelques minutes pour prévenir ma supérieure et une collègue pour qu’elle me remplace et retrouver l’air frais de Brisbane qui redonne un peu de couleur à mon visage devenu d’une blancheur quasi-cadavérique. C’est donc ma veste sous le bras, mon sac dans une main et mon téléphone crispé dans l’autre que je mets en route, espérant encore qu’un second appel m’annonce un canular téléphonique ou une erreur. J’aimerais réussir à me dire que ce n’est pas grave, qu’il s’est peut-être simplement brûlé avec un plat trop chaud en le sortant du four, qu’il est tombé dans les escaliers et s’est foulé une cheville ou n’importe quoi d’autre de suffisamment bénin pour qu’on puisse en parler au diner de ce soir, mais parce que je connais par cœur le chemin que je suis actuellement en train d’emprunter et parce qu’à chaque pas c’est un nouveau souvenir douloureux qui me revient et m’assaille, j’en suis incapable. La dernière fois que j’ai eu un médecin au téléphone m’annonçant l’hospitalisation d’Alfie dont je n’avais pas eu de nouvelles pendant des semaines, j’ai dû faire face aux annonces de pronostics vitaux inquiétants, aux lueurs d’espoir déçue par de mauvaises nouvelles, à mon impuissance face à une douleur dont il ne parlait pas vraiment et à une estime de lui-même entachée par la faiblesse de son propre corps qui avait trop subi pour réussir à se remettre rapidement. Le seul moment de ma vie où je me suis sentie aussi démunie est probablement lorsque ma mère est rentrée à la maison, le visage baigné de larmes, annonçant que notre père n’était plus de ce monde. Je ne pensais pas expérimenter de nouveau toutes ces horribles sensations, c’est en partie pour ça que j’ai demandé – imposé – à Alfie de rester à Brisbane et je suis finalement rattrapée par mon égoïsme.

Mon regard parcourt des yeux cette chambre d’hôpital que je connais sans doute par cœur à présent. Je ne saurais dire depuis combien de temps je suis assise là, à attendre qu’Alfie sorte du sommeil profond dans lequel il est plongé. Ma main est glissée dans la sienne, à défaut qu’il ait laissé suffisamment de place dans le lit pour que je puisse m’étendre à ses côtés. Ma conversation avec le médecin m’a rassurée, il a eu la patience de m’expliquer avec beaucoup de détails de quoi il s’agissait et si j’ai été horrifiée d’entendre parler du cambriolage dont il a été victime et des nombreuses blessures dont il souffrait à présent, le fait de savoir que ses jours ne sont pas en danger est un véritable soulagement. Mes yeux se posent pour la énième fois sur son visage que j’ai l’impression de redécouvrir, d’une part parce qu’il est déformé par les coups qu’il a reçu mais aussi parce que c’est sans doute la première fois depuis des semaines que je m’attarde à le regarder au lieu de le fuir constamment. Ses traits sont tirés mais je ne saurais pas dire si c’est à cause d’un manque de sommeil qui serait normal compte tenu du rythme qui s’est infligé ces dernières semaines, à cause du travail, d’après ses propres dires, ou si ses nouvelles blessures le font souffrir. Malgré cela, je trouve qu’il a l’air étonnamment apaisé et la sérénité que je peux lire sur son visage a un effet bien plus relaxant pour moi que n’importe quel cours de sophrologie. Une pression de sa main sur la mienne m’indique qu’il sort du sommeil dans lequel il est plongé et c’est avec soulagement que je le vois ouvrir les yeux et me sourire, contente de constater que les propos du médecin étaient véridiques et non pas simplement destinés à calmer la boule de nerfs que j’étais à mon arrivée. Les mots se bousculent et menacent de franchir mes lèvres tous en même temps, mais finalement c’est Alfie qui prend la parole le premier, listant ses blessures ce qui a pour effet d’effacer le sourire rassuré qui était apparu sur mes lèvres. « Trois fois rien, bien sûr. » Je reprends, sur un ton léger alors que je meurs d’envie de lui poser des tonnes de questions. Comment se fait-il qu’un cambrioleur ait pu pénétrer chez nous ? Etait-il seul ? Comment est-il arrivé jusqu’ici ? S’est-il fait arrêter ? Quel bien convoitait-il ? Mais le moment est mal choisi, les explications attendront, pour le moment il ne s’agit que de sa santé et tout le reste me parait secondaire. « Tu as mal ? » Je demande finalement, posant la seule question qui me parait pertinente même si je doute fortement d’obtenir une réponse cent pour cent honnête de sa part. Malgré tout, mon sourire refait surface lorsqu’il évoque la perspective que je joue les infirmières personnelles. Je laisse ses doigts effleurer la paume de ma main en imaginant à quoi pourraient ressembler les prochains jours de convalescence où nous serons tous les deux certainement plus souvent que durant les semaines qui viennent de s’écouler. Est-ce que trouver cette perspective enthousiasmante fait de moi un monstre ? Certainement, mais je ne peux pas m’empêcher d’apprécier l’idée de pouvoir enfin retrouver Alfie après m’être battue – sans grand succès – pour mettre un terme à cette distance entre nous que je n’arrivais pas à comprendre. « Ça va me demander un effort surhumain. » Je rétorque, ironique, mon sourire toujours greffé au visage. Je suis égoïste, j’en ai bien conscience, mais tant pis, chacun son tour.

✿✿✿

Ma clé tourne dans la serrure, me permettant de retrouver avec bonheur notre appartement que j’ai quitté ce matin pour aller travailler et où je suis certaine de retrouver Alfie qui n’a pas quitté les lieux depuis son retour de l’hôpital. Encore une fois, c’est faire preuve de beaucoup trop d’égoïsme que d’apprécier le voir tourner en rond comme un lion en cage lorsqu’on sait à quel point Alfie est friand de cette liberté de mouvement et d’action qui lui permettent certainement de se sentir vivant, mais après de trop nombreuses soirées à réchauffer des restés engloutis en quelques minutes devant un livre que je n’arrivais même pas vraiment à lire, j’apprécie réellement qu’il soit là en permanence. Je suis d’autant plus heureuse que je vois son état s’améliorer de jour en jour et si son visage est loin d’avoir retrouvé son charme initial, les contusions se sont malgré tout un peu résorbées et je suis certaine qu’il a hâte de voir ces dernières totalement disparaitre pour pouvoir mettre tout ça derrière lui. Enfin, je ne suis pas sûre qu’il soit si facile pour lui d’oublier tout ça, après tout, ces coups ont été infligés par nul autre que son soi-disant meilleur ami et j’ai vraiment eu du mal à le croire quand il me l’a avoué. J’aurais eu évidemment des tonnes de choses à dire sur le sujet, j’aurais été notamment ravie de remettre sur le tapis la conversation lors de laquelle il m’a promis que Joseph ne représentait pas un danger, mais je suis consciente que cette réalité ne doit pas être facile à accepter pour Alfie et que les souvenirs ne doivent pas non plus être simples à effacer. J’ai donc fait attention à le laisser encaisser et respirer, choisissant de remettre à plus tard une conversation que je juge nécessaire mais pas impérative dans les heures suivant son admission à l’hôpital. Un grand sourire apparait sur mon visage alors qu’il vient à ma rencontre pour me voler un baiser et me serrer dans ses bras et je me retiens de le vanner sur le fait que j’ai l’impression d’être embrassée par un mec de téléréalité dont l’opération de chirurgie esthétique a mal tournée. « Pas trop mal, j’arrive à rester debout de plus en plus longtemps maintenant, c’est plus pratique pour travailler. » A dire vrai, s’il ne m’avait pas posé la question, j’aurais presque oublié que j’étais censée continuer à boiter. J’en ai fait des caisses concernant cette coupure qui était à peine assez profonde pour nécessiter des points de sutures et seul le pansement visible sous mon collant noir de faible opacité me rappelle encore cette mauvaise expérience d’apprentie surfeuse. Je n’arrive même pas à avoir vraiment honte de sur-jouer les grandes blessées puisque ça me permet d’avoir un Alfie aux petits soins, même si, ces derniers jours, je me suis surtout assurée qu’il ne manque rien et qu’il ait besoin d’en faire le moins possible. « Et la tienne ? Tu as réussi à t’occuper ? » Je m’enquiers avant de me débarrasser de mes chaussures et de mon manteau. C’est évidemment en boitillant exagérément que j’accomplis tous ces gestes, heureuse de retrouver le bras qu’Alfie me tend pour que je m’appuie dessus. J’éclate de rire alors que je constate également la piètre image que nous renvoie le miroir. « Dans cinquante ans, j’espère, la médecine a fait de nombreux progrès. » Je pouffe de rire une nouvelle fois devant le reflet des deux estropiés que nous sommes devenus en l’espace de quelques jours. Mon sac vient s’échouer sur le comptoir de la cuisine et j’en sors un sachet en papier dans lequel se trouve mon dessert du repas de midi que j’ai pris le soin de conserver. Alfie ne se gêne pas pour fouiller dans ledit sac à son tour, sans chercher à masquer son étonnement et son hilarité face à mon choix de ce soir. « Des idées, ça c’est sûr, bonnes, c’est discutable. » Je le taquine, avec un grand sourire. « En vérité, les livres ne sont pas si terribles que ça, ce n’est pas de la haute littérature mais il a sûrement ravi les mirettes de tout un tas de filles frustrées et rien que pour ça, je ne peux que louer ses qualités. » J’essaie de conserver mon sérieux face aux éclats de rire d’Alfie et ce n’est vraiment pas facile. « Du coup, je suis curieuse de voir le film, et puis si c’est nase, on pourra se reconvertir en critique cinématographique, ça vaut le coup, non ? » Je sens déjà arriver le non sortir de la bouche d’Alfie et je ne pourrais pas vraiment lui en tenir rigueur compte tenu de l’opinion générale au sujet de cette œuvre. Malgré tout, je mise sur son ouverture d’esprit pour lui faire accepter l’idée et aussi sur le fameux dessert rapporté de ma pause déjeuner. « En plus, grâce à ta merveilleuse copine, tu vas pouvoir déguster un fabuleux cookie pendant le film. » Je brandis sous son nez le petit sachet contenant la carotte du soir, sûre de viser juste. « C’est du fait-maison, saveur miel-papaye, je me suis dit que c’était bizarre et que t’aimerais sûrement ça. » Nul ne peut ignorer l’étrangeté des papilles gustatives Maslow et je mise fortement sur son enthousiasme pour faire passer le DVD un peu plus facilement. Fourbe, moi ? Jamais.


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The universe is big. It’s vast and complicated and ridiculous. And sometimes, very rarely, impossible things just happen and we call them miracles

(c)Miss Pie

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Message(#) Sujet: Re: (alfiana) show me where it hurts, maybe i can heal it (alfiana) show me where it hurts, maybe i can heal it EmptySam 9 Nov - 0:52



La situation a un goût de déjà-vu loin de plaire à Alfie. Si le contexte est différent ; l’idée sous-jacente est la même : sa sécurité a été mise à mal pour la seconde fois en l’espace de deux ans. Et s’il n’a pas encore eu le temps de trouver des circonstances atténuantes à l’acte de Joseph, nul doute que lorsqu’il pourra se pencher sur la question, il réalisera la triste vérité : il n’y en avait pas, et l’agression dont son ami s’est rendu coupable n’est que purement gratuite. Si son besoin de conserver une certaine contenance devant son vieil ami a amené à formuler diverses provocations, rien ne justifie l’acharnement avec lequel Joseph a maintenu l’arrière de son crâne afin d’abattre son visage, encore et encore, contre le rebord de l’évier, même lorsque l’anthropologue a cessé de bouger après avoir perdu connaissance. Rien ne justifie le fait qu’il l’ait abandonné sans un dernier regard – il croit. Au-delà de ça, ce n’est pas tant les blessures infligées dont Alfie va avoir de la difficulté à se remettre, c’est de cette trahison qu’il n’aurait jamais pu imaginer, et de la destruction de ces quelques repères qu’il était parvenu à construire après des années à en chercher. S’il plaisante souvent sur le fait de n’avoir aucune attache à cet appartement – et il est vrai, concernant le côté matériel de la chose – il n’en demeure pas moins qu’il s’agit d’un espace dans lequel Alfie parvient à se retrouver et celui qui se rapproche le plus d’un endroit apaisant et sécurisant pour lui. Il a eu tendance à le fuir au cours des dernières semaines, mais finalement c’est bien là où il se sent le mieux ; dans cette cuisine dans laquelle il peut passer des heures à tenter des expériences culinaires avec sa filleule, sur ce canapé dans lequel il passe des soirées entières à serrer Jules contre lui, dans cette chambre où se trouve son semblant de bureau sur lequel il peut passer des heures à travailler sans voir le temps passer tant il s’agit d’une passion. Mais tous ces aspects ont été effacés, réduits en centre par l’égoïsme d’un Joseph qui prétendait ne pas être celui qui mérite ce qualitatif, pourtant c’est bien le cas : c’est lui qui a fait parler ses poings parce qu’il en avait besoin, sans penser un seul instant aux conséquences. Et le problème ne réside pas tant dans les conséquences physiques : son visage ne ressemble plus au sien, mais viendra le jour où ce sera à nouveau le cas. Les dents qu’il a perdues ont été remplacées sans que jamais on ne doute de leur authenticité, le temps finira par faire son œuvre sur les cicatrices laissées par les points de suture, sa mémoire altérée par les coups finira bien par se remettre. De l’extérieur, tout reviendra à la normale. Mais les choses ne seront plus normales pour lui : parce que cette cuisine n’est plus le laboratoire qu’il partage avec Anabel, mais bien les lieux d’un crime contre sa personne. Ce canapé n’est plus cet endroit douillet où il aime se retrouver avec sa compagne, c’est la preuve d’une confiance accordée à Joseph que celui-ci a détruite. Cette chambre n’est plus l’antre qui abrite sa passion, mais la source de ses cauchemars, les habituels auxquels s’ajoutent désormais ceux-ci créés par Joseph.

Alors son premier réflexe en reprenant conscience est de serrer la main de Jules pour s’assurer qu’elle est bien là, caressant avec douceur sa peau dans un geste devenu mécanique tant il l’a exercé au cours des dernières années. Certains ne jurent que par le yoga, d’autres s’orientent vers des activités créatives, lui recherche sans cesse le contact si rassurant de la brune – quand bien même cela peut paraître paradoxal compte tenu de son comportement des dernières semaines. Il finit par réaliser qu’il n’est pas la seul à avoir besoin d’être rassuré, et que cette situation n’a probablement rien d’évident pour Jules, qui revit la même angoisse qu’il y a presque deux ans. C’est trois fois rien. Elle n’en est pas convaincue, mais de son côté il en a la certitude : ça ira mieux. Parce que cela finit toujours par aller mieux, pas vrai ? Ou du moins, s’il arrive à s’en convaincre, ce sera forcément le cas, n’est-ce pas ? Il esquisse un mince sourire qui se veut rassurant lorsqu’elle lui demande s’il a mal, secouant brièvement la tête de gauche à droite pour assurer que ce n’est pas le cas : mais il ment, et bien-sûr qu’il a mal. Son visage a été pratiquement réduit en bouilli sous l’impulsion de Joseph, mais il ne peut pas s’en plaindre parce que, dans le fond, il l’a cherché. Et que sa part de responsabilités implique de ne pas jouer à l’innocent. Mais il a mal, oui, il a atrocement mal ; sauf que la douleur physique n’est pas celle qui le fait souffrir le plus. Conscient que le sujet dérive sur ses blessures, le brun décide d’user de l’humour derrière lequel il se cache en toutes circonstances et se vanter d’avoir une infirmière – et quelle infirmière – personnelle, un rôle qui impute à Jules sans vraiment qu’elle ait son mot à dire, en réalité. Mais elle ne s’en plaint pas, de quoi dessiner un sourire sur les lèvres d’Alfie qui, l’espace de quelques secondes, oublie la raison qui l’a amené ici et se contente d’apprécier cet instant de répit entre eux.

La journée a été longue, trop longue. Elles le sont toujours lorsqu’il ne sait comment occuper celles-ci, mais elles le sont d’autant plus lorsque les idées sont présentes mais qu’il ne peut tout simplement pas suivre celles-ci. Son corps ne suit pas, et c’est la frustration qui est amenée par cela qui rend son quotidien particulièrement désagréable depuis quelques jours. Ce n’est pas tant une histoire d’esthétique – il serait capable de sortir ainsi sans se soucier du regard des autres – ni de douleur – elle est toujours présente mais il parvient à s’en accommoder – non, le souci réside dans le fait qu’il est incapable de sortir, alors même qu’il ne rêve que de fuir cet appartement. Il n’arrive pas à s’expliquer cette angoisse de franchir la porte autant que celle de rester entre ces murs. Il a bien tenté de suivre les consignes du médecin, de se reposer en premier lieu, mais il n’y parvient pas et dès lors qu’il ferme les yeux ce sont des images terrifiantes qui remplacent celles de la télévision qu’il regarde à longueur de journée ; et il ne parvient pas à ôter celles-ci de son esprit. Elles font partie de son quotidien depuis bientôt deux ans, mais il parvenait parfois à faire fi de celles-ci et à trouver le sommeil malgré tout. Ce n’est plus le cas, et même lorsqu’il est éveillé les silhouettes se penchent sur lui sans qu’il ne puisse rien faire. Désormais, le simple fait d’être seul est propice à l’angoisse, raison pour laquelle l’arrivée de Jules est vécue avec une excitation qu’il ne dissimule pas. Il se précipite sur elle pour retrouver ses lèvres même si sa bouche est encore gonflée – peu importe, il a besoin de ces marques d’affection plus que jamais, pour se souvenir qu’il est bel et bien inscrit dans la réalité et qu’il ne s’agit pas d’un énième cauchemar trop réel. Il s’inquiète ensuite pour son état – parce qu’elle-aussi n’est pas en reste quant à un corps qui est marqué. « Oh, tant mieux, mais continue de faire attention quand même, hein ? » Qu’il ajoute, soucieux. « Même si bon, on sait bien que c’est pas le temps qui fait son œuvre, mais bien mes bisous magiques. » Il précise, son sourire d’imbécile sur les lèvres avant qu’elle ne lui retourne la question. Il hausse les épaules, marmonne un « hm, hm » qui s’apparente à un acquiescement avant de très vite monopoliser la conversation après avoir tendu son bras à Jules et avoir croisé leurs regards dans le miroir. « Quarante-cinq, alors. » Il s’amuse, l’envie de négocier entre sa vision et la sienne même si à vrai dire il ne se retrouve ni dans l’une, ni dans l’autre. Si on lui demande, il prétextera que quarante ans lui convient parfaitement, dans le fait il ne s’imagine pas vivre au-delà des cinquante et il entre dans le dernier tiers de son existence. Une pensée qui est loin de le déprimer autant qu’elle le devrait, probablement. Ne se privant pas pour fouiller dans le sachet déposé par sa compagne sur le comptoir, c’est finalement un franc éclat de rire qui s’échappe d’entre ses lèvres lorsqu’il en sort le DVD qui accompagnera leur soirée et qu’il y lit « 50 nuances de Grey ». Et si d’ordinaire il estime qu’aucun jugement ne peut être formulé sur la base d’un a priori et non d’une idée concrète, il fait abstraction à ce principe : de ce qu’il a pu entendre et lire sur cette saga, c’est très loin de renvoyer une image correcte de la réalité. Et il sait de quoi il parle même si Juliana ne semble pas être du même avis. « Bien-sûr. » Qu’il soupire, la tête légèrement penchée et une moue convaincue l’air de dire « on me la fait pas à moi, au fond de toi tu en penses pas moins ». « Tu verras, tu changeras d'avis, un jour. Je vais tout faire pour, en tout cas. » Il siffle entre ses lèvres avec son sourire provocateur sur les lèvres. « Sérieusement ? Ils auraient pu être écrit par un singe manchot et aveugle. » Oui, parce qu’il a tenté de lire le premier chapitre et outre le fait que sa concentration ne l’a pas autorisé à poursuivre plus loin, la qualité de l’ouvrage ne l’a pas aidé à se découvrir une détermination bienvenue pour relever ce nouveau défi qu’il s’était lancé. Plaçant sa main sur le front de Jules sans la moindre délicatesse, il reste ainsi quelques secondes avant de plisser les yeux et pincer les lèvres. « Qui êtes-vous et qu’avez-vous de la Jules qui est une référence en matière de littérature ? » Il s’enquiert, avant de très vite reprendre : « les livres ne sont…, est-ce qu’il imite sa voix en dodelinant de la tête et en levant les yeux au ciel ? Oui, parfaitement. Est-ce qu’il a un trou de mémoire et qu’il est incapable de poursuivre son imitation ? Aussi, pfff je vous jure, ce qu’il faut pas entendre. » Est-ce qu’elle vient de perdre toute crédibilité à ses yeux ? Oui, et d’autres éclats de rire surviennent lorsqu’elle prétend que ça vaut le coup. Il relève le regard vers Jules après l’avoir laissé glisser sur la couverture, et ses yeux parlent pour lui. « On va carrément se reconvertir en… » Il glisse, faisant un geste las de la main dans l’air pour qu’elle comprenne ce qu’il veut dire, parce qu’il est certain de ce qui l’attend. Deux heures d’extrême souffrance, d’une mauvaise réalisation, d’un jeu d’acteur mauvais et de clichés ambulants. Et non, il n’est définitivement pas prêt, pas même lorsque Jules lui tend un autre sachet, avec un contenu qui lui plaît bien plus que le précédent sachet. « Moui. » Il plisse les yeux, l’air de lui faire comprendre qu’on ne l’achète pas si facilement ou que, du moins, il voit clair dans son petit jeu. « Merci. Je le mangerai plus tard. » Il assure alors qu’il le remballe dans le sachet. « Bon t’a gagné. Mais moi, j’ai gagné le droit d’être chiant, de tout commenter et de m’inspirer de ce que je vois. » Il pose les conditions, haussant les épaules avec un demi-sourire. « Allez, viens, espèce de sauvageonne. » Il balance, référence à sa blessure, accompagnant la jeune femme jusqu’au canapé dans lequel il la laisse s’installer avant de lancer le DVD et la rejoindre. « Ah oui, des fois qu’on saurait pas lire le synopsis, insistons sur « I put a spell on you » en fond sonore et des plans gris, on est pas du tout dans le forcing, c’est bien. » Il pense à voix haute avant de poursuivre : « Très variée la garde-robe du gars. » Bon. Le film a commencé depuis… il regarde sa montre, une minute et vingt-trois secondes, il faut qu’il se calme s’il veut tenir pendant les deux heures et huit minutes annoncées. « Oui. Pardon, j’accorde le bénéfice du doute et je me tais. » Il assure, scellant sa bouche avec son pouce et son index. Cela ne l’empêche pas de poursuivre ses commentaires, mais dans sa tête cette fois-ci. D’accord, donc le type n’a que des cravates grises des fois qu’il oublierait qu’il s’appelle Grey. Je vais afficher des posters de la pyramide de Maslow histoire de pas oublier mon identité, allez. Ah oui, le costume aussi est gris. La voiture. Les plans. Je vais vous en faire bouffer du gris bordel. Ah, premier point positif, Ana a de beaux yeux. D’accord, c’est le seul truc de bien chez elle parce qu’elle se la joue déjà petite intello emmerdeuse qui balance sa moyenne parfaite au bout de la deuxième ligne. Bordel, il reste encore deux heures et cinq minutes. Elles arrivent quand les scènes de cul qu’il puisse au moins narguer Jules ? Sérieusement, ils ont fait un partenariat avec Pantone pour exploiter toutes les nuances de gris ? Non parce que c’est le titre, ON A COMPRIS. Non mais le mec a pas un goût pour le BDSM mais pour le gris SÉRIEUSEMENT MES RÉTINES SONT EN TRAIN DE MOURIR. Et là, c’est la fin. Miss Intello pousse la porte et tombe par terre dans une mise en scène absolument pas théâtrale et parfaitement spontanée. Et il n’en faut pas plus pour qu’Alfie éclate de rire, tentant de se reprendre lorsqu’il croise le regard de Jules. « Okay, okay, le bénéfice du doute. Le bénéfice du doute. » Il répète en tentant de se reprendre. Elle est maladroite, ça arrive, c’est difficile à jouer pour un acteur, il peut comprendre. Quel est le secret de mon succès ? BAH PAS TON GOÛT EN COULEURS EN TOUT CAS. Hop, petit discours motivationnel sur ses grandes capacités de psychologue, discours inspirant et pas du tout cliché sur les grandes capacités du personnage principal. Petite référence au fait qu’il contrôle jusque dans la chambre à coucher : subtilité : zéro pointé, mais est-ce qu’on est vraiment là pour ça ? Ah, petite référence aux africains qui meurent de faim : le mec est un psychopathe du contrôle, mais au fond, il a un cœur. Hop, petit discours sur le pauvre enfant qui n’a pas de cœur et qui tente de se la jouer grand méchant loup alors qu’il n’a absolument aucune crédibilité avec sa gueule de gosse de cinq ans. Maintenant, on part sur cette ingénue Ana qui arrive à cerner le rebelle Grey en dix secondes. Waow. C’est si beau. ET RIDICULE. « Non mais il est sérieux ? Il lui propose un stage alors que la meuf est pas foutue de préparer ses questions et de se renseigner un minimum sur lui avant de se pointer ? » Bon, le bénéfice du doute s’est barré très loin. « Il n’y a que dans les films qu’on voit ça. » Anastasia. Christian. Ça alors. Il n’arrive plus à retenir son nouveau rire. « Mais il n’a rien de fascinant, idiote. » Il soupire. « Non mais vraiment, il y a que dans les films que... » Bon, il ne sait plus ce qu’il voulait dire, mais ça doit pas être si important. « Oui, on a compris qu’il t’excitait, pas besoin de te mordre les lèvres toutes les deux secondes. C’est tellement réaliste après la conversation de deux secondes absolument superficielle qu’ils ont eue, ça se passe toujours comme ça dans la vie. » Bon, certes, c’est un film, ce n’est pas censé représenter la vie réelle, mais quand même. Il y a fantaisie et ridicule. Et au final, il se moque, Alfie, mais il se prend au jeu. Raison pour laquelle il passe son bras autour des épaules de Jules pour la ramener vers lui et lui embrasser la tempe. « T’as assuré. C’est ridiculement fantastique. » Il admet avec un léger sourire avant de reporter son attention sur l’écran.



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Juliana Rhodes
Juliana Rhodes
l'histoire sans fin
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Message(#) Sujet: Re: (alfiana) show me where it hurts, maybe i can heal it (alfiana) show me where it hurts, maybe i can heal it EmptyDim 10 Nov - 15:49



Show me where it hurts, maybe i can heal it

@Alfie Maslow & Juliana Rhodes



Dois-je me sentir coupable d’apprécier cette certitude qu’Alfie sera là à m’attendre au moment où je franchirais la porte de notre appartement ? Oui, certainement. Dois-je me sentir coupable de jouer les grandes blessées alors que l’entaille de mon genou est ridicule en comparaison des plaies et contusions diverses présentes sur le corps d’Alfie ? Encore plus. J’admets que je ressens une pointe de culpabilité alors que j’apprécie qu’il me serre contre lui et me vole les lèvres alors que j’ai à peine posé le pied dans l’entrée. Ça m’avait manqué. Il m’avait manqué. Les circonstances ne sont certainement pas les meilleures pour retrouver ce que nous avions perdu mais je savoure chaque seconde de ce retour en arrière involontaire qu’il s’inflige suite à cette altercation dont il se serait bien passé. Il est redevenu Alfie, mon Alfie, et même si je ne peux pas ignorer les difficultés qu’il éprouve à oublier ce qu’il a subi, je me surprends à souhaiter de toutes mes forces que les choses ne changent plus jamais, tout du moins entre nous. Bien sûr que je veux qu’il aille mieux, mais qu’est-ce que je ferais si aller mieux implique de prendre une nouvelle fois ses distances avec moi ? Je suis certainement horrible de souhaiter que cette situation perdure suffisamment longtemps pour qu’il fasse de nouveau de moi le centre de son univers, mais le souvenir des difficultés que j’ai eu à accepter son absence et cette affreuse distance entre nous me pousser à espérer qu’il ait besoin de moins encore un tout petit peu. « Bien sûr, je suis prudente. » Je lui assure, alors que la plus grande difficulté que j’ai avec cette blessure est de me souvenir qu’elle existe pour ne pas gambader comme un cabri et griller ma couverture. Je suis pitoyable, complètement pitoyable. « Magiques, c’est le mot. » J’affirme, sourire amusé sur les lèvres. « D’ailleurs, j’envisageais de prendre rendez-vous avec un ostéopathe pour mon début de torticolis, mais ça serait dommage d’y aller alors que j’ai un guérisseur hors pair à la maison. » J’ajoute, désignant mon cou qui ne souffre évidemment d’aucun mal et espérant silencieusement que mes nombreux mensonges médicaux – certes de faible ampleur – ne finissent pas par me rendre totalement hypocondriaque. Je profite carrément de la situation et c’est mal, très mal, mais aussi très agréable, je le reconnais. En revanche, si je m’amuse de cette situation concernant les petits bobos que je peux avoir, son état à lui est bien loin de me faire sourire et c’est bien l’inquiétude qui se lit sur mon visage alors que c’est désormais sa santé qui est abordée et qu’il élude forcément ma question, comme d’habitude. « Si jamais ça ne va vraiment pas, tu le dis, hein ? » Je demande à la suite de sa réponse qui n’en était pas une, les sourcils froncés, persuadée que les vieilles habitudes ont la vie dure et qu’il préfère largement un mutisme éloquent à une explication un peu trop sincère qui transformerait mon inquiétude en une angoisse bien plus permanente. Mais il passe bien vite à autre chose et ce n’est pas étonnant, s’amusant de l’image que nous renvoyons dans le miroir comme si elle était le reflet de notre couple dans quelques années. J’aime l’idée que nous puissions vieillir ensemble, je ne me vois pas sans lui, et même si le futur fait peur et que j’ai du mal à me projeter aussi loin, finalement, ma seule certitude est que, quoi qu’il arrive, je serais à ses côtés. « Vendu. » Je capitule, bien que quarante-cinq ans me paraisse peu, parce que le contenu de mon sac – que je suis seule à connaitre pour le moment – me laisse à penser que je dois conserver toute mon énergie pour livrer les autres combats de la soirée.

La découverte du fameux DVD par Alfie me donne raison sur sa capacité à apprécier le thème de la soirée, même si je n’ai aucun mérite à avoir vu juste sur ce coup-là tant c’était évident. Je m’amuse de sa réaction et encore plus de ses provocations que j’ai envie d’encourager plus qu’autre chose parce que la perspective de le voir redoubler d’inventivité n’est pas si désagréable que ça – en tout cas dans ce domaine, parce que culinairement parlant, sa créativité me donne parfois envie de m’exiler chez la voisine pour manger un repas normal – et qu’une fois de plus, si le challenge qu’il se lance à lui-même peut contribuer à instaurer encore moins de distance entre nous, je suis preneuse. « Tu as l’air bien sûr de toi. » Je rétorque, faussement étonnée par cette belle assurance qu’il a pourtant raison d’avoir. « Je demande à voir. » Aucune subtilité dans mes propos, mais peu importe, j’ai clairement abandonné l’idée de l’être, préférant aller droit au but tant que j’en ai la possibilité. Je vais malheureusement devoir me battre pour lui faire accepter l’idée que ce film et le livre qui va avec ne sont pas d’aussi gros navets qu’il le prétend et ça ne va pas être simple compte tenu du fait que, effectivement, le style de l’auteur n’est pas extraordinaire loin de là. « N’importe quoi, c’est juste l’expression de fantasmes que tu ne partages pas forcément, c’est pour ça que tu trouves ça nul ! » Bon, d’accord, il s’agit d’une vision du sexe violent – pas si violent que ça d’ailleurs – parfaitement idéalisé et d’une histoire d’amour rose bonbon, niaise à souhait, mais si on fait abstraction de tous les défauts, il faut admettre qu’il n’y a pas de quoi se jeter par la fenêtre du sixième étage non plus. Evidemment, Alfie ne se prive pas pour remettre en question mes goûts littéraires et je prends un air parfaitement outré par de tels propos. « Je fais preuve d’ouverture d’esprit, c’est tout, et tu devrais en faire autant. » Je rétorque alors que son imitation laisse un peu à désirer mais qu’il m’arrache malgré tout un sourire. « Peut-être qu’on va adorer et vouloir le regarder tous les soirs pendant six mois. » Bien sûr. C’est évidemment fort peu probable, comme il est fort peu probable qu’Alfie trouve une quelconque inspiration là-dedans mais peu importe, je m’amuse de son aversion envers ce film qu’il n’a pas encore vu bien que cette dernière soit certainement très justifiée. Lui donner tort me fait beaucoup trop plaisir pour que je m’en prive, même si défendre un navet juste pour que nous cultivions ce désaccord n’est pas forcément le plus simple. Pour le convaincre de le regarder avec moi, j’ai tout prévu, des supplications aux cookies en passant par un choix judicieux de lingerie lors de ma sélection de ce matin même si j’envisage seulement en dernier recours de trouver un subterfuge pour qu’il s’en aperçoive. Je doute d’en avoir besoin, de toute façon, l’estomac d’Alfie étant probablement ma meilleure arme pour venir à bout de ses réticences. J’étais tellement sûre de moi que je suis surprise de le voir remettre à plus tard ce nouveau test culinaire et je fronce les sourcils, pas du tout ravie de constater que son appétit lui fait défaut. « Tu n’as pas faim ? » Je demande, activant immédiatement le mode « infirmière à domicile presque morte d’inquiétude », prête à sortir carnet et crayon pour noter tous les symptômes qu’il pourrait me donner et à évaluer si son état est suffisamment grave pour que je fasse venir d’urgence l’hélicoptère qui le mènera à l’hôpital. Aucun excès, bien sûr. Son état ne semble pourtant pas si catastrophique que ça et je suis ravie de le voir capituler aussi facilement, si bien que je sautille comme une imbécile, m’arrêtant à deux centimètres de lui alors que j’envisageais de l’enlacer avec enthousiasme, me souvenant d’un seul coup qu’il n’est pas forcément judicieux de raviver les douleurs qu’il doit encore ressentir quotidiennement. « J’aime le Alfie chiant. » J’affirme avec bonne humeur, espérant qu’il ne note pas ces propos dans un coin de sa tête pour les ressortir lors d’une dispute dans laquelle il essaiera d’avoir le dessus. « Je mets mon veto sur les tenues moulantes en cuir, j’ai pas trop envie de ressembler à un jambon. » En revanche, pour ce qui est de l’inspiration, je ne me fais pas trop de souci, pour avoir lu le livre, je sais qu’il n’y aura rien que je ne suis pas capable de faire – ou alors ma mémoire me fait défaut et je m’expose à de gros problèmes –.

Installée sur le canapé, je me blottis contre Alfie alors que le DVD commence et que la musique retentit, lui donnant l’opportunité de faire son premier commentaire de la soirée. Quelque chose me dit qu’il va passer deux heures à critiquer et j’adore cette idée, ce sera probablement le meilleur visionnage de cinquante nuances de Grey auquel je puisse assister. « Il a trouvé un truc qui lui va bien, il joue la carte de la sécurité, c’est très intelligent au contraire. » Je rétorque, gardant difficilement mon sérieux en contemplant moi aussi le dressing gris et les quarante vestes identiques présentes sur les ceintres. « Je te parie que tu n’es pas capable de te taire plus d’une minute sans faire un commentaire. » Je lance, réfléchissant déjà mon futur gain alors qu’Alfie fait miner de sceller sur sa bouche pour un laps de temps très limité, j’en suis persuadée. Il faut dire qu’il y en aurait à dire, la petite intello au chemiser à fleurs qui arrive dans un bureau blanc avec des femmes qui ont toute la même tronche et le même costume gris, la chute extrêmement mal jouée de la jeune femme dans un bureau bien trop grand pour un seul homme et dont l’ameublement laisse clairement à désirer. Alfie arrive presque à se taire et je me garde de lui faire remarquer qu’il a perdu – ou plutôt que j’ai gagné mon pari – alors qu’il s’efforce de se convaincre de laisser à ce navet – enfin, à ce film – le bénéfice du doute. L’interview est incroyablement pathétique, le type est d’une arrogance rare et la fille assise sur sa chaise a l’air d’une grosse quiche. Heureusement qu’elle a précisé dès le début qu’elle était à la masse parce que ça crève les yeux et l’incapacité de Christian à jouer les faux mauvais garçon n’aide pas à lui donner un minimum de crédibilité.  « Non mais il a raison, il a plus de chances de réussir à coucher avec elle s’il la voit tous les jours. » Je déclare en haussant les épaules alors qu’il critique  la manière dont se clôture cette première rencontre qui annonce clairement la couleur sur la qualité du film à venir. « Franchement, il est pas trop mal, il n’a pas besoin de dire des choses intéressantes pour être fascinant. » Un homme riche avec des abdos, pas étonnant qu’il soit une source de fantasme pour toute femme qui ne serait pas à la recherche d’une moitié avec un cerveau bien construit. Compte tenu du fait qu’il a réussi à construire un empire à lui seul, on peut considérer qu’il est loin d’être bête en plus, même si ce n’est pas forcément évident quand on l’écoute parler. J’admets que ce film est bourré de clichés mais malgré tout, rien que pour entendre Alfie commenter chaque action comme il le fait, j’estime que j’ai eu raison de le pousser à accepter ce visionnage. « Dans la vraie vie, quand tu mordilles un stylo, en général tu te retrouves avec de l’encre partout et t’as l’air ridicule. » J’admets, félicitant Anastasia pour son choix judicieux du crayon à papier. « Elle est dans un état pas possible alors qu’il ne l’a même pas encore touchée, ça promet pour la suite. » Ce film étant censé être basé sur de l’érotisme, j’imagine qu’il est de bon goût d’annoncer directement la couleur, mais quand même il y a des limites. « Et j’ai gagné mon pari. » Je précise à tout hasard alors qu’Alfie passe son bras autour de mes épaules, m’attirant encore davantage contre lui ce qui élargit encore le sourire greffé à mon visage. Le film se poursuit par les retrouvailles des deux colocataires qui débriefent sur l’interview qui vient d’avoir lieu. « Pauvre bichette, elle n’arrive même plus à se concentrer, elle passe son temps à se mordiller… Oh et voilà le futur friendzoné, il me fait déjà trop de peine. Tu vois, c’est un film touchant. » Le nombre de cliché qui défile sur l’écran à la seconde est incroyable, et finalement je crois que ce film est difficilement défendable et les deux acteurs principaux n’ont pas le talent suffisant pour rattraper le mauvais scénario mais j’ai bon espoir que ça finisse par s’améliorer. Le passage dans le magasin de bricolage s’inscrit dans la continuité du mauvais début auquel on vient d’assister mais encore une fois, j’ai envie de défendre la pauvre Anastasia qui a l’air franchement niais. « Littéraire et bricoleuse, elle a plein de cordes à son arc, tu vois. » Je tente vainement, alors que cette pauvre femme n’a franchement rien d’impressionnant et donne certainement la pire image possible de toute fan de lecture qui se respecte. J’espère que je ne lui ressemble absolument pas, ce serait très triste. Nous ne sommes devant ce film que depuis vingt minutes et quelque chose me dit que les commentaires d’Alfie ne vont pas être plus positifs par la suite, mais peu importe, il me fait rire et rien que pour ça, je serais prête à passer mes soirées à regarder des films nases en sa compagnie. J'ai l'impression que ça faisait vraiment longtemps que nous n'avions pas eu droit à autant de légèreté entre nous et j'en savoure chaque instant.


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