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 in doctor's-office-lighting, i didn't tell you i was scared (whitemore)

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Ezra Beauregard
Ezra Beauregard
l'or dans les doigts
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ÂGE : trente-quatre étés colorés, né une certaine fête nationale australienne de quatre-vingt cinq.
STATUT : le soleil se lève de nouveau doucement au dessus de l'horizon - autrement dit, célibataire au coeur plus léger.
MÉTIER : el boss chez mecanor, garage auto/moto situé dans le quartier de toowong. donne des coups de mains occasionnels à l'association beauregard.
LOGEMENT : ap. 159, oxlade drive - fortitude valley.
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POSTS : 31535 POINTS : 1560

ORIENTATION SEXUELLE : J'aime les jolies filles.
PETIT PLUS : la famille avant tout › n'était pas donneur compatible de rein, don qui avait pour but de sauver son fils › cora coverdale est la plus belle › a rencontré son fils (2017); coup de foudre au premier regard, comme on dit › après une longue lutte pour le petit, pour Ginny, et finalement pour lui, Noah est enfin tiré d'affaire de cette maladie qui a failli lui coûter la vie grâce à une greffe de rein (octobre 2017).
UN RP ? : Seulement si nous avons un lien.
RPs EN COURS : present: benjamincaelancora #4hannahlonniesophiayasmine | past: calieginny #9 whitemore
RPs EN ATTENTE : ginny #12 › harvey
RPs TERMINÉS : cora #1cora #2cora #3edge › evelynginny #1ginny #2ginny #3ginny #4 (réalité alternative)ginny #5ginny #6 (dimension zombie)ginny #7ginny #8ginny #10ginny #11jamesonjamiejoanne › matt #1 (fb)matt #2matt #3matt #4ninothomas #1thomas #2 › thomas #3broregard #1broregard #2broregard #3family reunion › #pinkteam (battles2016)#teammalaise
and now the chapter is closed and done:
 

PSEUDO : luleaby.
AVATAR : sam claflin.
CRÉDITS : cliffs edge (avatar)
DC : when we all fall asleep, where do we go ?
INSCRIT LE : 07/04/2015
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Message(#) Sujet: in doctor's-office-lighting, i didn't tell you i was scared (whitemore) in doctor's-office-lighting, i didn't tell you i was scared (whitemore) EmptyMar 5 Nov 2019 - 19:14




and i hate to make this all about me, but who am i supposed to talk to ? what am i supposed to do, if there's no you ? this won't go back to normal, if it ever was. it's been years of hoping, and i keep saying it because - 'cause i have to.
« Vous pouvez nous parler, vous savez, Ezra. » La phrase resta en suspend, avalée par le silence qui régnait dans la pièce. Le regard d’Ezra ne savait que venir se poser dans le vide, n’arrivant à s’accrocher à rien n’y personne. Sa tête reposait sur ses mains jointes, coude perchés sur les genoux. Le regard du psychologue, se tenant dans son fauteuil à quelques mètres à peine de là, ne s’arrêtait pas d’insister pour venir capter son attention. Et pourtant, sans résultats jusque là. « Tout ce que vous dites ici ne sortira pas de l’équipe assignée à votre famille. » Des mots qu’il avait déjà entendu il lui semblait un million de fois. Presque devenus dénués de sens, à présent. Le seul qui vint résonner en son sein fut famille. Famille. Comme s’ils y connaissaient quelque-chose, eux, à sa famille… si l’on pouvait s’autoriser à appeler ça une famille.
Il se souvenait de sa famille, lorsqu’il était enfant. Elle était déjà assez disparate comme ça pour l’époque, que parfois il entendait des bruits de couloirs, des chuchotements à l’école, qui le concernaient. Un père seul élevant six enfants. Ca faisait jaser, et les voisines du quartiers se donnaient à coeur joie pour que les Beauregard soient le sujet principal des dernières conversations. Mais ça n’avait peu d’importance, voire même pas d’importance, car ils étaient une famille. Le modèle n’était pas parfait, mais ça fonctionnait. Même si certains avaient quitté le navire trop tôt, même si les mésententes faisaient que les discussions se faisaient de plus en plus rares entre certains membres, le mot famille avait son importance dans leur histoire. United we stand, divided we fall qu’ils disaient tout le temps, mes gamins. Petite phrase simple au demeurant qui résumait bien leur dynamique. C’était grâce à tout ça qu’Ezra n’avait jamais porté attention aux commérages de quartier, qu’il s’était toujours moqué de ce qu’on pouvait dire derrière son dos, de ce qu’on dirait toujours même après les dernières nouvelles annoncées par ses frères et soeur.
Pourtant, aujourd’hui assis dans cette pièce, c’était comme si toutes ces résolutions avaient foutu le camp. Parce-qu’il luttait déjà assez pour que justement, ce soit sa famille, qu’il avait pas besoin qu’on vienne en parler sans savoir de quoi il en ressortait. Un gamin malade, un mère qui n’était que l’ombre de celle qu’il avait connu, et lui. Homme aux pensées perdues et au coeur meurtri. On avait connu mieux, comme modèle de famille. « Je sais que c’est encore difficile à digérer, et qu’il va vous falloir un peu de temps pour comprendre exactement tout ce qu’il se passe. » Les mots du psychologue semblaient loin, si loin. Comme un écho qu’on peinerait à discerner si la volonté n’était pas là - et c’était clairement le cas. Ezra avait déjà tellement à faire avec ce qu’il se passait à l’intérieur de lui, qu’il ne lui semblait pas nécessaire d’ajouter des éléments de l’extérieur. Pourtant, il s’était rendu de lui-même dans cette pièce. Personne ne lui avait forcé la main. On lui avait expliqué que l’hôpital avait mis en place une équipe pluridisciplinaire pour être à leur écoute, quoi qu’il arrive. Pluridisciplinaire semblait un mot barbare quand il résonnait dans la tête d’Ezra, mais ce n’était rien comparé à la fin de l’affirmation. Quoi qu’il arrive. Rien qu’à voir cet enfant qu’il ne connaissait à peine plus que de nom, son fils, les yeux fermés dans son lit, il en avait la nausée. Le quoi qu’il arrive était de trop dans la situation. Vrai, mais trop à procéder encore. Noah n’avait rien demandé de tout ce qu’il lui arrivait. Ca fendait le coeur d’Ezra de le voir comme ça, quand il avait passé les sept dernières années à l’imaginer grandir en toute innocence à l’autre bout de la planète.
« Ezra ? » Presque de façon mécanique, son regard se releva enfin vers le psychologue, qui lui tira un petit sourire poli. « Rebienvenue parmi nous. » Référence à l’heure passée où son discours n’avait été que monologue et où il avait été tellement perdu dans ses pensées que si personne ne s’était tenu à ses côtés, il n’aurait pas ressenti la moindre différence. Son enfant venait d’être officiellement plongé dans un comas artificiel pour le protéger de son état de santé se dégradant de façon alarmante, et on lui demandait presque de discuter de la pluie et du beau temps comme si tout était normal. Les hirondelles qui chantaient le printemps étaient le cadet des soucis d’Ezra. « J’ai besoin de prendre l’air. » Il se leva, sortant tel un fantôme de la pièce, sans attendre son reste.

Le vent qui vint s’écraser sur son visage à peine un pied mis hors de l’établissement lui fit un bien fou. Comme s’il pouvait, l’espace d’un infime instant, respirer de nouveau. Ses oreilles continuaient de bourdonner, mais au moins il prenait un bouffée d’air. Il fallait qu’il en profite, il avait bien compris que ces moments où il arrivait un minimum à lâcher prise pour respirer ne seraient pas bien nombreux dans les jours, les semaines - voire les mois à venir. Noah venait d’être plongé dans le comas. Le coeur d’Ezra s’était brisé en mille morceaux lorsque le médecin avait annoncé leur décision. C’était pour son bien, sa santé avait besoin d’être préservée le temps que la greffe soit possible. Mais Ezra avait déjà eu tellement peu de temps avec lui, qu’il avait déjà l’impression qu’on lui arrachait son enfant loin de lui de nouveau. Parfois, il lui arrivait de se demander si les choses auraient été différentes, ici. Si Ginny n’était jamais partie, si elle avait mis au monde leur beau petit garçon dans un foyer aimant, qu’ils auraient porté vaillamment tous les deux. Il se surprenait parfois à avoir un petit sourire en l’imaginant bercer son garçon, devant une fenêtre donnant sur un jardin où dans le fond, de temps à autre, serait passé un kangourou. De doux rêves qu’il n’aurait jamais la possibilité de découvrir - ou en tous cas, pas composés de Ginny, ni de Noah.
Ouvrant les yeux, il se surprit à sentir une larme venir couler de le long de sa joue. D’un revers rapide de la main, il la chassa. Il avait beau être désormais vide à l’intérieur, meurtri, il fallait qu’il tienne bon. Le plus dur était à venir, et Ginny avait déjà besoin de lui. Le psychologue avait peut-être raison, quand il lui parlai d’extérioriser les choses qu’il ressentait à l’intérieur. Malheureusement, ce n’était pas un don qui se transmettait de père en fils, chez les Beauregard. Pas quand il avait de parfaits inconnus en face de lui, en tous cas.

« Il a pourtant l’air si paisible, comme ça… » Les mots étaient autant chuchotés pour lui que pour Ginny, se tenant de l’autre côté du lit. Leurs regards à tous les deux étaient désormais dénués de toute émotion positive. Plusieurs jours s’étaient écoulés depuis que les yeux de Noah avait été fermés sous l’influence des médicaments, et aucun donneur ne semblait vouloir leur tomber du ciel. C’était affreux, de voir à quel point on pouvait en venir jusqu’à presque souhaiter la mort de quelqu’un d’autre pour pouvoir sauver son propre enfant. De ce qu’il avait compris au fil des récapitulatifs que Ginny et les médecins lui avaient fait - la jeune femme était devenue une mordue de médecin et de néphrologie au fur et à mesure des soins prodigués à Noah, c’était assez impressionnant à voir -, un don d’une personne vivante était possible, le décès d’un tiers n’était pas l’unique solution pour le don de rein. C’était d’ailleurs la raison pour laquelle ils avaient tous passé les tests de compatibilité - qui étaient tous revenus négatifs. Ce n’était pas pour autant que parfois, il l’avouerait presque sans difficultés, l’esprit d’Ezra s’en était allé à souhaiter une morte miracle qui pourrait sauver la vie de son gamin. La vérité était devenue aussi horrible que ça.
Et c’était en pensant à ça que les mots des médecins lui revinrent en mémoire. Si quelque-chose ne semblait plus vouloir tourner rond, il ne fallait pas qu’il hésite. Ils seraient à leur disposition, prêt à les écouter et à les guider, quoi qu’il arrive. Il se doutait qu’ils étaient habitués à de telles situations, mais ce n’était pas le cas d’Ezra, et rien que d’imaginer exprimer à haute voix ses pensées, il aurait l’impression de passer pour un meurtrier sans coeur. Alors que, concrètement, il était juste meurtri du coeur pour le moment.
Déposant un léger baiser sur la main de Noah, puis sur le front de Ginny en passant à ses côtés, il lui tira un léger sourire avant de sortir de la chambre. Le bruit des machines le rendaient fou à lier, et il avait l’impression que son coeur allait s’arrêter à chaque fois que celui de Noah décidait de faire un battement de travers. Plus d’une fois, les machines s’étaient affolées et il avait cru y passer avec lui. La plupart du temps, ce n’était vraiment rien d’autre qu’une batterie basse ou un câble de défaillant, mais le pire passait par ses pensées à chaque fois, quoi qu’il arrive. Comme si c’était l’unique issue possible, tous les éléments présents pris en comptes. Alors qu’il savait très bien que ce n’était pas le cas, mais la noirceur mangeait facilement tout sur son passage.
Ses pas continuaient d’avancer dans le couloir aux néons trop fatigués, sans qu’un but réel ne lui viennent en tête. Ce qu’il avait surtout besoin, dernièrement, c’était d’espace pour penser. D’endroits où se laisser emporter par la foule pour se perdre complètement. Sauf que la foule de l’hôpital n’avait rien d’accueillant, ni de rassurant. Au fond d’un couloir, Ezra entendait une femme pleurer, alors que de l’autre côté du service, un médecin semblait ordonner aux infirmières les plus proches des choses incompréhensibles, mais nécessaires. Le brouhaha était constant, oppressant. Il vidait de toute énergie. Il y avait pourtant des moments de joie qui venaient ponctuer toute cette noirceur, mais ils étaient tellement discret au milieu du malheur qu’Ezra ne les percevaient plus désormais. Il finit par pousser une porte sur sa gauche, menant à une cage d’escaliers. Et là, il se laissa presque tomber sur son derrière, soupirant de tout son soûl, laissant son visage venir être cueilli par le creux formé de ses mains. Bordel.




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Hannah Whitemore
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ÂGE : 27 ans.
SURNOM : Han Solo - son surnom à l'université car elle est une fan inconditionnelle de Star Wars.
STATUT : Célibataire, elle préfère mettre son énergie dans sa carrière plutôt que dans une relation qui ne la mènera nul part. Comment ça, cynique?
MÉTIER : A trois années de terminer son fellowship en psychiatrie, et il est vraiment temps. Parce que 12 ans d'études, c'est long.
LOGEMENT : Un joli appartemment à Bayside qu'elle n'aurait jamais pu habiter sans la carte de bleue de papa et maman. Mais le confort, c'est important.
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POSTS : 221 POINTS : 330

ORIENTATION SEXUELLE : J'aime les beaux garçons.
PETIT PLUS : Passionnée, elle se donne toujours à 100% dans tout ce qu'elle entreprend. Et de manière générale, elle arrive toujours à ses fins. + Sa tendance à tout analyser peut en énerver plus d'un, mais ça la rassure de savoir qui elle a en face d'elle. + Son apparence réservée cache une personnalité plutôt ouverte et extravertie. + A 17 ans, elle s'est fait tatouer une croix sur les côtes en mémoire de sa meilleure amie. Elle l'a fait sans l'accord de ses parents, sachant qu'ils deviendraient fous s'ils l'apprennaient.
UN RP ? : Seulement si nous avons un lien.
RPs EN COURS : in doctor's-office-lighting, i didn't tell you i was scared (whitemore) 1572341673-whitemore
Whitemore girls - If there comes a day
People posted up at the end of your driveway
They're callin' for your head and they're callin' for your name
I'll bomb down on 'em, I'm comin' through
Do they know I was grown with you?

Lunah#1 + Gaby#1

Nate#1 + Ezra#1 + Noannah#1 + Jessiannah#1 + Caleb#1 +
RPs EN ATTENTE : Adèle - Adrian - Hannah - toi?
AVATAR : Alycia Debnam-Carey
DC : Leah, la rescapée.
INSCRIT LE : 24/07/2019
http://www.30yearsstillyoung.com/t27007-hannah-whitemore-if-you-ever-find-yourself-in-the-wrong-story-leave http://www.30yearsstillyoung.com/t27095-hannah-whitemore-if-you-ever-find-yourself-in-the-wrong-story-leave

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Message(#) Sujet: Re: in doctor's-office-lighting, i didn't tell you i was scared (whitemore) in doctor's-office-lighting, i didn't tell you i was scared (whitemore) EmptySam 9 Nov 2019 - 22:03





In doctor's-office-lighting, I didn't tell you I was scared.

Enfin, Hannah effleurait le dernier cap de son parcours d'étude. Après l'université, les stages et la résidence qui avaient à eux seuls représentés neuf années de sa vie, elle entamait désormais le début de son fellowship en psychiatrie à l'hôpital Saint Vincent où elle était déjà résidente depuis qu'elle avait commencé sa pratique sur des cas bien réels. Passer de la théorie à vie en hôpital était quelque chose d'impressionnant, et la brune avait beau déborder d'assurance, elle n'en avait pas moins été désarçonnée, réalisant qu'on ne les préparait pas aussi bien qu'elle l'avait pensé. Obligée de passer par la case "médecine" avant de pouvoir finaliser sa spécialisation, la brune en avait vu de toutes les couleurs avant d'en arriver là où elle en était aujourd'hui. Elle avait encore cinq ans à tirer, mais elle était plus proche de la fin que du commencement, et c'était un véritable soulagement en soi. Ces longues études exigeaient d'innombrables sacrifices, surtout quand on désirait briller et être la meilleure - comme Hannah. En entamant cette première année, elle ne s'attendait pas à être immédiatement projetée dans le bain car, après tout, la psychiatrie n'était pas forcément un secteur aussi palpitant que pouvait l'être la chirurgie traumatique ou autre spécialisation nécessitant un découpage d'urgence dans le torse d'un patient. Si la jeune femme avait choisi cette spécialité, c'était avant tout par passion pour le cerveau humain. Non pas uniquement d'un point de vue biologique - bien que cet aspect ait tout de même son importance - mais bien dans les façons de réagir qu'avait les êtres humains dans telle ou telle situation. Son besoin de comprendre s'était développé très tôt, et si vous aviez en tête l'image d'un enfant de huit ans posant des questions à la pelle dès qu'il en avait l'occasion, dites vous bien qu'Hannah avait déjà dépassé le stade du "Pourquoi est-ce que les étoiles brillent la nuit?" ou encore du "Pourquoi il y a des arcs-en ciel?" et en était plutôt à s'intéresser à l'état d'esprit des personnes qui l'entouraient en les interrogeant sur leurs sentiments tout en émettant des hypothèses tirées d'une analyse extrêmement précise pour une enfant qui n'avait même pas encore atteint la puberté. L'oeil vif, toujours à l'écoute de ce qui l'entourait, l'enfant du milieu des Whitemore acquis très vite des capacités de compréhension sortant de l'ordinaire, faisant d'elle une gamine "éveillée" et "maligne" comme se plaisaient à dire ses professeurs de l'époque. Il apparu un peu plus tard qu'elle avait surtout un QI surdéveloppé et une soif inimaginable d'apprendre, ce qui n'empêcha pas ses parents de la garder dans l'enseignement public afin de la forcer à développer la sociabilité qui lui manquait cruellement au début de sa vie. Grâce à eux, elle finit par s'adapter aux enfants de son âge et à mettre de côté son côté "je sais tout" pour s'amuser avec ses amis, sans pour autant laisser de côté les piles de livres qui l'attendaient chez elle une fois rentrée de l'école. Il n'y avait donc rien d'étonnant au fait qu'elle se retrouve près de vingt ans plus tard dans un hôpital, prête à terminer les cinq ans de formation qu'il lui restait pour enfin être autorisée à pratiquer la psychiatrie et à endosser le rôle qu'elle était prête à avoir depuis toujours, ou presque. Déjà bien connue dans l'établissement, Hannah n'avait pas eu à attendre bien longtemps avant d'être assignée à son premier dossier psy. Elle fut cependant étonnée de constater qu'elle ne serait pas seule pour ce cas, mais bel et bien entourée d'une équipe complète de praticiens. On lui avait demandé de maîtriser tous les détails de ce dossier et elle s'était donc plongée dans l'étude de celui-ci avec la plus grande des attentions. Pas de schizophrénie, d'autisme ou encore de crises psychotiques, non. Il s'agissait là du suivi d'une famille vivant une tragédie dans leur vie; un enfant de sept ans prénommé Noah était en attente d'une greffe de rein. Toute la famille avait passé les tests de compatibilité dans l'espoir de pouvoir se faire donneur, mais malheureusement aucun d'entre eux ne s'était révélé compatible. Une moue avait quelque peu déformé le visage de la brunette, réalisant que cette épreuve et cette mauvaise nouvelle avait déjà du pas mal anéantir les parents, car après tout, quelles étaient les chances pour que personne n'ait un rein compatible? C'était vraiment pas de chance. Elle avait continué sa lecture en se mordant la lèvre, s'imaginant sans peine l'état d'esprit dans lequel ils devaient se trouver en cet instant. Le gamin était dans un état grave et le personnel médical avait du se résoudre à le plonger dans un coma artificiel pour préserver ses organes vitaux ainsi que pour ralentir la venue de l'issue qui commençait à doucement venir aux esprits de chacun. La famille Beauregard. Ce nom sonnait familièrement aux oreilles du médecin, et après quelques recherches - car Hannah ne restait jamais avec une question dénuée de réponse à l'esprit - elle avait fini par visualiser à qui elle avait affaire. Ce dossier était sensible, pour tout un tas de raisons, et la jeune femme avait fini par se résoudre à l'idée de travailler en équipe dessus car il s'agissait là de la meilleure décision - en toute objectivité. Une fois le dossier parfaitement maîtrisé, elle avait commencé à travailler sur l'analyse des rapports que le psy en chef lui faisait parvenir à chaque entrevue passée avec le père, ou la mère. Il était le seul à être autorisé à avoir des entretiens avec eux, car il était le plus expérimenté et surtout, trop de visages différents auraient fini par perturber l'éventuel lien de confiance qui s'établissait entre eux. La brunette jouait donc un rôle invisible, apportant son aide sans jamais avoir affaire en personne aux parents du petit Noah. Au vu des rapports sur lesquels elle planchait, elle fut convaincue qu'il en était peut-être mieux ainsi. Le psy passait la plupart du temps à parler tout seul, ne parvenant pas à arracher la moindre bribe d'information sur ce que le père, Ezra, pensait ou ressentait. Au plus elle lisait, au plus elle se disait que la méthode adoptée n'était pas forcément la plus juste. Ceci étant dit, Hannah avait beau être consciente de son potentiel, elle n'en savait pas moins rester à sa place lorsque cela s'avérait nécessaire. Et critiquer les méthodes de son supérieur hiérarchique n'était pas exactement la meilleure façon de procéder si elle voulait se créer un avenir durable dans cet hôpital. Tout le monde savait qu'il fallait être dans les petits papiers des titulaires pour obtenir les cas intéressants, tout comme de bonnes recommandations pour plus tard. Elle s'était donc contentée de discuter avec lui sans jamais critiquer directement sa façon de faire, cherchant davantage à analyser l'état d'esprit de Monsieur Beauregard. Il en était ainsi depuis plus d'une semaine maintenant, et Hannah mettait toute son énergie dans ce dossier qui commençait à lui tenir à coeur pour une raison qu'elle n'aurait su expliquer. La première chose que l'on leur apprenait était qu'il devait absolument créer une distance entre eux et les patients, sous peine d'absorber leurs émotions comme des éponges. La brune voulait à tout prix éviter ça, mais avait très vite comprit qu'elle aurait à travailler sur elle-même tout au long de sa vie pour s'éviter des situations difficiles à gérer. En attendant, elle faisait au mieux et restait professionnelle jusqu'au bout, même si elle s'isolait parfois pour évacuer son "trop plein de sensibilité" comme elle aimait à l'appeler. Et c'était précisément ce qu'elle comptait faire après avoir eu un entretien avec une jeune fille de dix-sept ans, victime d'un accident de voiture lui ayant fait perdre l'usage de ses jambes. Si la jeune femme se pensait parfois assez forte, elle ne mit pas bien longtemps à comprendre que toutes les situations qui pouvaient faire écho de près ou de loin à des évènements de sa propre vie étaient une possible source de craquage pour elle. Et cette pauvre fille ressemblait bien trop à Ella, sa meilleure amie décédée au même âge. Hannah avait serré les dents pendant toute la durée de leur entrevue, mais le besoin de s'isoler s'était révélé trop fort une fois que celui-ci eut été terminé. Cherchant du regard un endroit où s'évader l'espace de quelques minutes, la brune avait fini par pousser une porte qui menait à la cage d'escaliers - pratiquement jamais empruntée depuis que les ascenseurs avaient été inventés. Prenant une longue inspiration, elle failli s'étouffer en constatant que quelqu'un d'autre avait eu la même brillante idée qu'elle. En effet, un homme était assis sur la première marche, la tête entre ses mains. "Je... Excusez-moi." Lança-t-elle sur un ton sérieux, bien que sa voix soit quelque peu tremblotante. Elle commença à refermer la porte afin de lui laisser son intimité, mais c'est à ce moment précis qu'il décida de relever la tête dans sa direction, lui montrant ainsi son identité sans le vouloir. Beauregard. Le comportement à adopter en cet instant était plutôt clair; il fallait qu'elle le laisse tranquille et qu'elle reporte ce qu'elle avait vu à son psy. Pourtant, elle resta plantée là, la main sur la poignée de la porte, sans pouvoir se résoudre à la fermer complètement. Sa bataille intérieure lui sembla durer une éternité - même s'il ne s'agissait en réalité que de quelques secondes - et elle décida finalement de faire l'exact inverse de ce qu'elle aurait du faire. "Je peux vous apporter quelque chose? Appeler quelqu'un?" Le désarroi de son interlocuteur était palpable, et si elle prévoyait rapidement de lui dire qu'elle savait qui il était, elle se persuada que le plus urgent consistait à savoir s'il avait oui ou non besoin d'aide. "Je suis le docteur Whitemore. Je fais partie de... De l'équipe qui vous entoure, vous et votre famille." Voilà, c'était dit. Peut-être qu'il allait lui hurler d'aller se faire foutre, d'aller rejoindre son équipe de bras cassés ou autre - après tout il ne s'était jamais montré très réceptif aux signaux envoyés par son supérieur - mais là tout de suite, elle se contenta d'attendre. Il ne la connaissait pas, elle oui. La moindre de chose était donc de se présenter dans les formes, même si elle estimait qu'elle aurait peut-être pu en tirer quelque chose s'il l'avait prise pour un simple médecin lambda. Mais tant pis, les faux semblants n'avaient rien de déontologique, si on lui demandait son avis.


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