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 TERRY&GABRIEL - So put your arms around me tonight

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Terrence Oliver
Terrence Oliver
la corde sensible
la corde sensible
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ÂGE : 29 ans (26.12.90)
SURNOM : Terry
STATUT : En couple depuis 6 mois avec un homme merveilleux.
MÉTIER : Serveur au confidential club 23 h/semaine, libraire le reste du temps à la State Liberty. Egalement compositeur à ses heures pour la Northlight Theater Company
LOGEMENT : Chez Harvey depuis septembre, même s'il a toujours son appart à Fortitude.
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POSTS : 19823 POINTS : 2120

ORIENTATION SEXUELLE : Je n'aime que ma moitié.
PETIT PLUS : Gosse adopté d'origine Irlandaise, fracture dans l'âme. Il est gaucher, agnostique et philanthrope. Il se considère comme étant le plus grand fan de la saga Harry Potter, joue du violoncelle, est passionné de littérature, déteste le chocolat, fait du yoga, a la phobie des chats et des hauteurs, manque cruellement de confiance en lui. Il n'a pas de télévision, est technophobe et écoute ses musiques sur une platine. Il est maladroit et insomniaque. Il peint et dessine énormément même s'il estime ne pas être doué. Ancien junkie, clean depuis 6 mois.
UN RP ? : Pas dispo pour le moment.
RPs EN COURS : 17/8

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OLIWELL • Drive highways and byways to be there with you. Over and over the only truth, everything comes back to you. ≈ UA 2007UA (DS)Oliwell#8Oliwell#9 (& Arthur#1)Oliwell#10 (Noël avec Lonnie#1 & Romy#2)

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FREYANCE • It laid shattered on the floor cause what's broken can't be whole anymore ≈ Freya#2 (FB 2006)


Sid#1 (fb 2009) Léo#3Gabriel#1 (FB)Abel#1 (FB)Archibald#1Jill#1 (FB)topic commun DSNoa#1Aodhan#1Laoise#1

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RPs EN ATTENTE : Ariel#1 • Sid#3 • Malachi#1 • Aisling#2 • Justin • Freya#3 • Arrow#1 • Bellamy#1 • Hugo#1 • Blaze#1

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RPs TERMINÉS : Oliwell#1, Oliwell#2, Oliwell#3 (road trip), Oliwell#4, Oliwell#5 (pride avec Sid#2 & Aisling#1), Oliwell#6 Oliwell#7Oliwell#11Léo#2Heiana#1Auden#1Charlie#1Wolf_99 (mails 2010)JohnStephenTea timeRomy#1AndyFreya#1

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AVATAR : Robert Sheehan
CRÉDITS : Moi (ava), google, tumblr (gif)
DC : Alistair le petit prince
INSCRIT LE : 01/07/2019
https://www.30yearsstillyoung.com/t24793-prout https://www.30yearsstillyoung.com/t24846-i-m-reaching-light-through-the-struggle-terrence#1017611 https://www.30yearsstillyoung.com/t24837-terrence-oliver https://www.30yearsstillyoung.com/t27742-terrence-oliver#1192389

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Message(#) Sujet: TERRY&GABRIEL - So put your arms around me tonight TERRY&GABRIEL - So put your arms around me tonight  EmptyMar 24 Sep 2019 - 2:46





( So put your arms around me tonight)
w/@Gabriel Carnahan


Ca doit faire un an qu'il vient ici, Terrence, ou peut être un peu plus, il n'a pas vraiment fait attention aux dates. De toute façon il se trainait un peu trop de journée en journée et d'heure en heure pour que sa ligne temporelle puisse rester cohérente alors quand il dit "il y a peut être un an", en vérité il n'est plus sûr de rien. Ce qu'il sait avec certitude en revanche, c'est qu'il se sent bien ici et qu'il ne se passe pas une semaine sans qu'il ne se faufile par la porte pour se réfugier entre les rayons aux odeurs si familières, assis à même le sol parfois, les boucles devant les yeux et un livre sur les genoux. La State Liberty, c'est un lieu qu'il avait découvert un peu au hasard des rues un jour durant lequel il arpentait le quartier de Toowong, l'âme en peine, à la recherche d'une nouvelle petite librairie à débusquer, passionné de lecture qu'il était et toujours à l'affût d'un nouvel endroit pour satisfaire ses besoins littéraires. Ses pas l'avaient mené à pousser la jolie porte de le boutique, les fauteuils et l'ambiance vintage et cozy l'avait tout de suite interpellé et il avait osé s'installer et prendre discrètement une petite place contre un morceau de parquet sans que personne ne le remarque. Et comme il avait aimé l'expérience il était revenu. Une fois, puis deux, puis trois, tantôt au sol, tantôt sur un fauteuil, confortablement installé, les écouteurs vissés contre les tympans pour se couper du monde et s'imprégner de ses lectures. Il avait traversé les mois comme ça, ombre parmi les ombres à glisser furtivement entre les rayonnages, à choisir ses livres avec soin, à se poser toujours sur le même fauteuil, les chaussures retirées et les jambes repliées contre son torse ou en tailleur sur le même petit morceau de parquet, dans un coin isolé jusqu'à ce qu'un jour le patron de la boutique vienne lui déposer discrètement un cacao à ses côtés. Il avait tourné la tête Terry, mais pas assez rapidement pour le voir faire, alors il avait observé la tasse et les petits chamallow qui flottaient allègrement à la surface du liquide et il avait sourit, parce qu'il avait compris qu'il était ici un peu chez lui, et cette tasse venait de le confirmer. Et puisqu'il semblait être le bienvenu il était revenu encore et encore, le nez souvent collé dans les rayons à observer tous ses livres comme s'il s'agissait de trésors ou à adresser des sourires discrets au responsable des lieux. Il ne repartait jamais sans un ouvrage, Terrence, toujours en quête de la pépite qui saurait lui mettre le coeur à l'envers ou à l'endroit et plusieurs fois il avait osé aller vers Gabriel pour lui demander un peu craintivement des conseils. Petit animal sauvage et blessé, il avait mis du temps à s'approcher. Mais il était heureux d'avoir osé.

Ce soir, il fait déjà nuit, les réverbères commencent à s'allumer dans les rues et même si les précipitations sont rares en avril à Brisbane, aujourd'hui est un jour pluvieux. Les gouttes martèlent les vitres de la boutique, fracas feutré, et le ciel agonise dans des grondements sourds mais il adore ça, Terrence, parce que ça l'apaise, le console. D'aussi loin qu'il se souvienne il avait toujours aimé le bruit de la pluie, son odeur aussi et il ne comptait plus le nombre de fois où il avait été volontairement abandonner son corps aux averses pour récupérer de l'air, retrouver un peu de vie, se laver de toute la merde qu'il avait subit et subissait encore. La pluie, elle lui inspirait les sourires à Terry et non les grimaces comme il avait trop souvent vu se griffonner sur les visages des autres, cachés sous leurs parapluies. A cause de l'averse il n'y avait pas eu grand monde ici et ça fait maintenant une bonne vingtaine de minutes que le dernier client a quitté les lieux mais Terrence est toujours là, lui, à regarder Gabriel terminer de ranger et nettoyer les tables de la petite partie "salon de thé". Il ne dit rien, assis par terre avec un livre sous le bras mais il le regarde attentivement, les yeux un peu dans le vague et les traits tirés. En un an, ils avaient appris à s'apprivoiser doucement l'un et l'autre et depuis deux mois il ne se passait pas une semaine sans que Terrence et Gabriel ne s'installent sur des fauteuils du fond de la boutique dans un noir aléatoirement zebré par la lumière du dehors. Ils s'installaient après la fermeture avec une infusion ou un cacao et parfois ils se racontaient des trucs, se confiaient, citaient des passages de livres qu'ils avaient aimé. Parfois, ils restaient simplement là, mutiques au coeur d'un silence qui n'avait rien d'étouffant ni pour l'un ni pour l'autre et jamais il ne s'était senti mal avec Gabriel, il pense, jamais il n'avait eu la sensation qu'il attendait quelque chose de lui. Pourtant depuis quelques jours y a ce refrain obsédant qui ne le quitte pas et il sait qu'il va falloir qu'il lui demande, qu'il l'interroge, qu'il vérifie. Pour se rassurer sûrement parce qu'il a peur. Pour s'autoriser pleinement à être son ami, parce qu'il en meurt d'envie. Mais il est un peu tout cassé dans son coeur, Terrence, ne contrôle pas ses peur et à toujours penser qu'il ne vaut rien, à toujours laisser les mécanismes de survie s'installer partout quitte à le faire souffrir il en avait oublié qu'on pouvait peut être l'apprécier pour qui il était. Et tandis que Gab, dos à lui, arrange des livres sur une étagère il se lève en silence, Terry, le coeur troublé et les émotions en pagaille. Il pose son livre et doucement, sans prévenir, il le retient à lui, ses doigts qui s'emparent abstraitement d'un morceau de son pull et qui tirent silencieusement pour qu'il arrête de bouger. Il a le regard baissé, Terrence, le visage fissuré par la peur, déformé par l'appréhension parce qu'il a conscience que ce qui se joue, là, peut tout briser, fracturer toutes les habitudes rassurantes qu'il avait commencé à prendre. Que si Gabriel répond comme tous les autres, il le ferait basculer dans le vide et perdre toute confiance en lui. Pourtant, il n'a pas eu le temps réfléchir que les mots sortent déjà de sa bouche alors que son coeur pulse avec force contre ses côtes à la manière d'une danse tribale. T'es gentil avec moi... parce que tu veux coucher avec moi? C'est douloureusement murmuré, péniblement articulé pas roulé dans le sucre ni enrobé de miel, c'est tendrement abrupt, tristement désabusé et il attend la chute, Terry, les deux pieds au dessus du précipice, pas du tout prêt à tomber... parce que lui, il n'avait pas envie de ça avec Gabriel. Pour la première fois depuis bien trop longtemps il arrivait à entrevoir quelque chose de différent, une relation basée sur des bases plus seines, plus solides aussi sûrement. Il ferme les yeux et attend sa réponse, les larmes qui commencent déjà à se regrouper sous ses paupières closes. Aller Gabriel, dis-moi que tu veux pas ça de moi. Dis-moi que ça t'intéresse pas. S'il te plait.. je t'en prie.. je t'en prie.. 





quand le monde est
immobile, pourquoi c'est
moi qui tremble?

:burger: :
 
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Dernière édition par Terrence Oliver le Ven 10 Jan 2020 - 0:59, édité 4 fois
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Gabriel Carnahan
Gabriel Carnahan
l'entre-deux chapitres
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ÂGE : 40 ans (13 oct 79)
SURNOM : Gaby, parfois Gab'. La Tendresse à la fac. Pretty Little Galway Boy par une jolie petite fée.
STATUT : Veuf depuis 2014, elle s'appelait Moïra. Réapprend à vivre, a retiré son alliance (oct 19).
MÉTIER : Libraire passionné. Gérant de la State Liberty à Toowong.
LOGEMENT : #152 Toowong. Appartement au-dessus de la librairie. Un chat (Aodh), un chien (Sirius).
TERRY&GABRIEL - So put your arms around me tonight  QmUCsNM
POSTS : 5030 POINTS : 1230

UN RP ? : Où tu veux quand tu veux.
RPs EN COURS :
FLASHBACK
Robin (fb1)Jack (fb1)Jameson (fb2)Jill (fb)Zelda (fb)

PRESENT
JamesonTerrenceElwynLizzieWren#2

UNIVERS ALTERNATIFS
Wren (ua)Freya (ua)

DIMENSION FANTÔME
Robin (df)Clément & Kyte (df)Jameson (df)Jack (df)

RPs EN ATTENTE : Allan (fb) ≈ Jameson (Irlande)

Archie ≈ Leah ≈ Robin (retrouvailles) ≈ Freya (rencontre) ≈ Molly ≈ Heïana
RPs TERMINÉS : Terminés : Clément#1MaximilienGreta#teamaperoClément#2OwenJameson (fb1)Wren#1Tea Time (ua)

Archivés : Charlotte L.JunVictoriaLeahRosalynTeliaJoshuaBélialTessEllieSheridynOwen & Marius (df)Cole#teamcitrouilles (df)JosephJadyn (df)LiamCoraMaximilien (fb)CleoChadna (df)Myrddin (df)SavannahViniel 50's (ua)Deviniel (ua)
PSEUDO : Loo
AVATAR : Hugh Dancy
CRÉDITS : loonywaltz (UB) ≈ Loo
DC :
INSCRIT LE : 08/04/2018
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Message(#) Sujet: Re: TERRY&GABRIEL - So put your arms around me tonight TERRY&GABRIEL - So put your arms around me tonight  EmptyVen 1 Nov 2019 - 17:51



So put your arms around me tonight
Terrence ~ Avril 2019 ~ Brisbane
Un grondement lointain parvint aux oreilles de Gabriel tandis qu’il s’appliquait à ranger quelques ouvrages dans les rayonnages de sa librairie. La lourdeur des derniers jours avait finalement trouvé son paroxysme et s’apprêtait à mourir dans un orage qui promettait de rafraîchir un tant soit peu l’atmosphère. Les nuages, amas inquiétant d’une épaisse obscurité, lourds, gorgés d’eau, semblaient n’attendre que le coup de grâce d’un éclair pour déverser leur précieuse et rafraîchissante cargaison aqueuse sur Brisbane. Et la foudre vint, victorieuse, suivie d’un roulement soudain bien moins éloigné. Il y eut un silence… Puis la voici. La pluie. D’abord une à une, ensuite par milliers, les gouttes brillantes et rondelettes vinrent s’écraser sur l’asphalte, les bâtiments et les carrosseries. Les capuches se rabattirent sur les têtes et les pas se pressèrent sous l’averse et la pénombre du soir tombant d’autant plus vite que le ciel était noir. Comme souvent Gaby était perdu dans ses pensées, l’heure de la fermeture approchait et les rituels de fin de journée avaient, pour lui, quelque chose d’assez méditatif. Plus encore ce soir-là, dans l’atmosphère feutrée de la State Liberty, enveloppée d’une ambiance apaisante et douce, bercée par le bruit de la pluie au dehors. Un son que l’irlandais affectionnait tout particulièrement, qu’il avait toujours aimé d’aussi loin qu’il se souvienne, et qui résonnait à ses oreilles d’une certaine nostalgie, qui réveillait de tendres souvenirs en lui. Il repensait à ces heures passaient à lire sur fond d’averses, ces heures partagées avec Moïra, à écouter la pluie ou regarder la neige tomber dans un bruissement léger. Des souvenirs doux-amers, qui le faisaient sourire autant qu’ils le rendaient mélancolique. Le libraire laissa un soupir lui échapper tandis qu’il s’occupait à présent de nettoyer les tables disposées dans la boutique. Il y avait des jours où la mémoire se faisait plus douloureuse que d’autres. Même si dans l’ensemble il lui semblait parvenir de mieux en mieux à penser au bon plus qu’au reste. Il pouvait de nouveau regarder leurs photos, retomber sur quelques vieilles affaires ou sur les clichés de sa belle australienne sans fondre en larmes dans la seconde ni avoir l’impression de sentir son cœur exploser une fois de plus dans sa poitrine, sans sentir une lame le transpercer de part en part. Il arrivait même qu’un sourire tendre s’attache à ses lèvres au souvenir du bonheur, certes passé à tout jamais, mais pleinement vécu. Gabriel chassa un peu de cette mélancolie, qu’il avait malgré tout facile, d’un léger hochement de tête. Il ne se laisserait plus sombrer, c’était une promesse qu’il avait faite, pour lui-même mais surtout, avant tout, pour ceux qui l’avaient porté dans ce qui furent les pires moments de sa vie et qui étaient restés à ces cotés. Et puis, même s’il ne savait pas trop où ni comment la trouver, il savait à présent qu’il y avait de la force en lui, qu’il pouvait vivre, encore, qu’il pouvait y arriver, qu’il devait y arriver. Alors ce fut d’un geste déterminé qu’il attrapa les derniers ouvrages qui attendaient patiemment de retrouver leurs places respectives sur les belles étagères de bois. Et, tandis qu’il les rangeait un à un, il se répétait intérieurement ces choses qu’il s’était déjà répétées des centaines de fois, comme autant de petits encouragements essaimés pour lui-même, de petites bulles d’inspiration, comme pour se secouer, sans qu’il n’y paraisse rien à l’extérieur. Ces choses là n’appartenaient qu’à lui. Il en était là, perdu dans les méandres de son esprit, avec le chant ouaté de l’ondée comme seul lien conscient, tangible, avec la réalité. Il en était là quand il sentit soudain une tension légère mais bien présente étirer les mailles de son pull. Son cœur se contracta vivement, de surprise, et il s’immobilisa, tétanisé l’espace d’une fraction de seconde comme la réalité l’arrachait soudainement à ses méditations. Il ne put empêcher son esprit de se remémorer la violente agression dont il avait été victime, orchestrée par celui qui avait été son beau-frère et qui l’avait attaqué dans des circonstances semblables à ce soir. Pourtant il ne sursauta pas réellement, et ce terrifiant souvenir s’évapora presque aussitôt apparu, car Gaby savait qu’il n’y avait qu’une seule personne encore présente à la librairie. La petite cloche de l’entrée n’avait pas retenti depuis près d’une heure, personne n’était entré. Et Terrence n’était pas sorti. L’irlandais le savait et, bien qu’une instinctive angoisse l’ait saisie le temps d’un instant plus qu’éphémère, il devinait dans son dos, dans cette pression sur son vêtement, la présence aussi discrète et douce qu’amicale du jeune homme. Et il n’avait rien à en craindre. Gabriel se souvenait très bien de la première fois qu’il avait vu Terrence dans sa librairie, assis à même le sol, un livre sur les genoux, le visage perdu dans ses boucles brunes et les yeux sur les mots. Peut-être le libraire s’était-il entraperçu lui-même, plus jeune, dans cet air à la fois lointain et concentré, dans cette posture, dans cette manière de se construire comme une bulle autour de soi, de s’enfouir, s’enfuir, entre les pages et se laisser absorber par le récit. Peut-être était-ce pour cela qu’il s’était si facilement pris d’affection pour ce garçon. Ou bien était-ce d’avoir croisé son regard clair, et le maelstrom perpétuel d’émotions qui semblait y présider. Gaby n’en savait trop rien, il n’aurait su le dire, comme souvent lorsqu’il s’attachait à certaines personnes plus qu’à d’autres. Il n’était jamais certain de pouvoir en expliquer les raisons, pas avec des mots en tout cas, c’était quelque chose de plus intérieur, quelque chose de plus sensible, qui ne s’expliquait sans doute pas finalement. Toujours était-il qu’il éprouvait une tendresse infinie chaque fois qu’il se trouvait devant Terrence. Il en avait souvent été désemparé depuis leur première rencontre, mais il y avait chez ce gamin aux boucles ébène quelque chose qui éveillait chez lui une affection toute particulière. Alors, plutôt que de se laisser dépasser par ses propres peurs, plutôt que de sentir son cœur éclater d’avoir tant battu dans sa poitrine, plutôt que de laisser un violent sursaut agiter son corps, Gabriel prit une profonde inspiration. Tout cela n’avait duré qu’une seconde mais il n’eut pas le temps de dire quoi que ce soit que la voix de Terrence parvint à ses oreilles. Ses mots se heurtèrent à ses tympans sans que l’irlandais n’en comprenne le sens. Instantanément il ne pensa plus à ses démons, disparus, chassés, tandis qu’il retouchait terre avec une certaine violence. Ses sourcils se froncèrent dans un air soucieux, trahissant son incompréhension, il n’était pas certain de saisir ce qui venait de se jouer là, dans son dos.

Ou n’en était-il que trop conscient ?

Gaby se tourna doucement, dans l’espoir d’accrocher le regard du jeune homme, d’y trouver des réponses aux interrogations qui se bousculaient dans ses yeux couleur de ciel, mais il se heurta seulement à ses paupières closes et tremblantes qu’il devinait déjà lourdes de larmes salées. Et cette vision lui écorcha le cœur. « Terrence », juste soufflé de son ton doux, et presque une pointe d’excuse qui effleura ce prénom, comme s’il demandait pardon pour tout ce qui avait blessé ce garçon, qui lui semblait encore bien trop jeune pour être si abîmé à l’intérieur, et qu’il n’osait imaginer. Il n’avait pas réfléchi. Ses bras vinrent entourer le brun, par instinct, par réflexe presque, l’envelopper de réconfort et de douceur, à la manière d’un parent, d’un père. Et ce fut au fond assez étrange pour Gabriel, car il n’avait jamais eu la sensation de prendre cette place dans la vie des autres, de revêtir ce costume là pour quiconque. « Bien sûr que non. » Il avait l’impression de pouvoir sentir toute la détresse qui habitait le jeune homme, juste là entre ses bras, de pouvoir la ressentir. Son empathie naturelle qui prenait le dessus et la peine qui l’emplissait de le sentir si désemparé, si fragile, si douloureux à l’intérieur. C’était la première fois depuis tous ces mois où tout cela lui apparaissait avec autant de force, d’intensité et quelque part, sans qu’il ne se l’explique bien, ça lui laissait une drôle d’amertume dans la gorge de vois Terrence dans cet état-là. « Je ne veux rien Terrence. » Rien de cette sorte. La seule volonté que Gabriel aurait pu formuler à son encontre serait de le voir heureux. Rien d’autre. Il n’attendait rien, n’exigeait rien, il donnait seulement, sans attendre de retour particulier, rien de plus. Alors d’imaginer que peut-être il avait fait ou dit quelque chose qui aurait laissé croire au brun qu’il attendait quelque chose de lui, ça le chamboulait terriblement. « C’est normal d’être gentil avec les personnes que l’on apprécie, pour qui on a de l’affection. » Du moins ça l’était pour Gabriel. Il était ainsi fait, attentif aux autres, parfois plus qu’à lui-même. « Mais pardonne moi si dans mes gestes ou mes mots j’ai pu te laisser penser que j’attendais une telle chose de toi. » Au fond c’était l’une des grandes craintes de l’irlandais, de blesser les autres, de leur faire du mal sans s’en apercevoir, involontairement. Et plus encore lorsqu’il s’agissait de quelqu’un à qui il tenait.
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Message(#) Sujet: Re: TERRY&GABRIEL - So put your arms around me tonight TERRY&GABRIEL - So put your arms around me tonight  EmptyVen 10 Jan 2020 - 0:50





( So put your arms around me tonight)
w/@Gabriel Carnahan


Il le savait bien que c'était terriblement stupide de sa part de penser ça de Gabriel, que ce dernier lui avait déjà montré sa tendresse et sa bienveillance un nombre incalculable de fois. Il savait, Terrence, que sa question était idiote mais il avait eu besoin de la poser pour se rassurer, pour vérifier, pour confirmer ce qu'il pensait : que Gabriel n'était pas comme les autres, qu'il était bien loin au dessus, bien mieux qu'eux, pas vicieux ni profiteur, pas curieux ni opportuniste. Gabriel, c'était la douceur incarnée. Jamais il n'avait eu un regard déplacé envers Terry, jamais il ne l'avait touché, même furtivement, à un endroit indécent. Il était sensible et plein de générosité, un petit ange, un protecteur et surement qu'il le respectait, surement qu'il le considérait à sa juste valeur mais ça Terry, il était trop brisé pour le remarquer, bloqué dans les ténèbres de ses incertitudes, piégé au coeur de doutes qu'il ne savait plus apaiser. Je suis stupide, je sais que j'suis stupide d'avoir peur. Parce que je sais que t'es quelqu'un de bien Gabriel alors qu'est ce qui tourne pas rond chez moi? Il le savait, Terry, ce qui lui faisait peur. Il crevait de trouille que tout ce qu'il pensait ne soit que du chiqué, il avait peur de se tromper, de faire confiance de travers pour mieux se rétamer, il avait peur d'être déçu, d'avoir mal, de repartir de zero, de se retrouver seul à nouveau. Et ce soir, s'il avait dû avouer toute la vérité, il aurait murmuré un peu honteusement qu'il avait été obligé de prendre un peu de drogue pour l'aider à se détendre avant de venir farfouiller entre les rayons de la librairie, avant de se lancer sans filet, de faire part à Gabriel de ses blessures les plus profondes et d'accepter de livrer ses émotions un peu trop exacerbées dans le creux de ses mains. C'était triste à dire peut être mais sans drogue, il ne savait plus comment fonctionner. Se laissait sans arrêt rattraper par cette addiction vipérine et suffocante pour éviter de se perdre dans les dédales inextricables de ses pensées sombres et terrifiantes.
Et quand il lui attrape le pull il ne sait pas vraiment ce qu'il fait ni ce qu'il va dire exactement, n'avait anticipé que l'action mais pas les mots, se demande si c'est le bon moment ou s'il ne ferait pas mieux de se barrer en courant tout de suite plutôt que de prendre le risque d'apprendre une vérité qu'il n'était surement pas prêt à entendre. Il sent son coeur lui hurler pourtant "demande lui, c'est important", l'envie d'y croire accrochée comme un fanion qui se fait battre au vent à deux doigts de se décrocher. Il a besoin d'une preuve, Terry, d'une toute petite, de quelques mots, de voir la sincérité au fond de ses yeux bleus. Il a besoin de le savoir, de l'entendre, qu'on le rassure, il a envie de se dire que peut être on peut l'apprécier pour autre chose que son cul ou pour ce qu'il est capable d'offrir pour acheter un brin de tendresse, qu'il n'est pas si inintéressant que ça, et tout au fond il sait qu'il n'est peut être pas rien, qu'il a simplement en lui des bibliothèques entières des choses à partager, mais personne pour l'écouter. Et cette amitié-là, celle qu'il construit avec Gabriel jour après jours, malgré leurs années d'écart, il a envie d'y croire. Alors il ose, laisse les mots franchir la barrière de ses lèvres sans véritablement tenter de les retenir, se lancer à corps perdu avec la crainte irrépressible que Gabriel puisse prendre ça mal, qu'il le repousse, qu'il lui dise "mais pour qui tu me prends?" ou qu'il confirme "oui j'ai envie de toi". L'option deux étant la plus terrible. Là encore, il sait dans son coeur que Gabriel n'est pas comme ça mais la peur, toujours, prend trop de place. Elle s'étale et étire sa toile dans les moindres recoins d'espoir qui subsistent encore, elle souffle le doute partout comme une tempête incontrôlable et il subit, Terry, se fait ballotter dans tous les sens, ne sait plus comment lutter. Ce qu'il veut savoir c'est si Gabriel le voit tel qu'il est, qu'il entend ce qu'il ne dit pas, s'il sent qu'il est bien plus que ce qu'il croit. Et quand ce dernier se retourne enfin pour lui faire face il ose à peine relever ses yeux verts pour les plonger dans les siens, tenter d'y trouver un réponse, essayer de décrypter le silence qui s'installe mais qui n'a pourtant rien ne déroutant. Il y a une larme ou deux qui tombent sur sa joue, petites perles d'émotion qu'il avait voulu retenir mais qui s'étaient échappées malgré tout. Au dehors, la tempête redouble et la pluie martèle. Ce n'est plus un orage qui gronde, mais le claquement de fouets célestes qui déchirent le ciel et font trembler la ville. Il frissonne, Terry, a froid il croit, l'écoute prononcer son prénom et il y a une partie de lui qui comprend que tout va bien grâce à l'écho de sa voix qui s'imprime contre ses tympans avec douceur, y a ses poumons qui reprennent un peu d'air et son coeur qui pulse à nouveau. Il prononce son prénom et il y a un petit quelque chose de désolé, comme s'il essayait de dire "pardon que tu aies pu penser ça". Il y a de l'étonnement aussi, et un peu d'incompréhension, peut être. Mais tout ce qu'il attend, Terry, c'est la réponse explicite, la vraie réponse; il ne peut pas se contenter d'hypothèses assemblées à partir d'une intonation de voix ou d'un visage attristé. Mais ce ne sont pas des mots qui viennent bousculer son corps, contrairement à ce qu'il pensait. Ce sont des bras qui forment un cocon tout autour de lui et surpris, il se laisse enlacer, reste immobile les yeux ouverts en grand, l'oxygène qui se coince dans ses poumons et le palpitant qui étouffe l'espace d'un instant. Bien sûr que non. Bien sur que non. comme une évidence. C'est tout ce qu'il voulait entendre, Terrence et soudain il relâche tout, son corps se détend, il souffle fort dans un sanglot retenu, le front qui vient percuter mollement l'épaule de son ami et les larmes qui dévalent ses joues comme un torrent contenu depuis trop longtemps derrière le barrage de sa pudeur. Il voudrait s'excuser du ridicule de sa question, du l'absurdité de la situation, lui dire pardon d'être aussi con mais tout ce qu'il arrive à faire c'est de se laisser doucement aller contre lui, parce qu'il n'en a jamais eu beaucoup, des étreintes de ce genre, et qu'il en est bouleversé. Il tremble, il pense, il sait plus trop. Et il ne dit rien, l'écoute respirer à un rythme rassurant. Je ne veux rien Terrence. Tu ne veux rien? Tu n'attends rien de moi en retour? J'ai le droit d'être qui je suis avec toi, de te demander de l'attention, de la patience et des sourires sans que je sois obligé de t'offrir quoi que ce soit? Et il a fonctionné trop longtemps dans ce système d'échange qu'il a du mal à comprendre ce qu'il entend, se recule un peu, fronce les sourcils, essuie ses larmes du bout des doigts en reniflant. C’est normal d’être gentil avec les personnes que l’on apprécie, pour qui on a de l’affection. Mais pardonne moi si dans mes gestes ou mes mots j’ai pu te laisser penser que j’attendais une telle chose de toi. Il renifle à nouveau, le souffle court et la lèvre qui tremble mais il se reprend, lui adresse un sourire et lui répond en haussant une épaule histoire de se redonner contenance. Tu n'as rien fait. Et c'est justement ça qui m'a paru étrange. Il sait que ça peut paraitre brouillon ce qu'il raconte alors, tout en rentrant ses mains dans ses manches avant de les triturer nerveusement, il lui avoue, les yeux qui dérivent sur les étagères, un peu honteux. Je le sais, qu'il existe encore des gens comme toi, qui donnent sans rien attendre en retour mais je sais pas si c'est moi qui ai toléré trop de choses où si j'suis tombé sur de parfaits connards mais j'ai toujours dû donner pour recevoir.   Il marque un temps, l'observe pour tenter de lui raconter sa douleur avec ses yeux sans parvenir à la formuler, puis baisse la tête. T'as absolument rien fait de mal, Gabriel. Rien. Au contraire, t'es la première personne à rien me demander. C'est moi débloque, je le sais. Il le regarde à nouveau et il y a de la gratitude mêlée à de l'embarras au fond de ses prunelles vertes. Si je t'ai demandé ça c'est parce que j'avais besoin de savoir si on pouvait etre amis et étant sûr que tu ne me demanderais pas de coucher avec toi en échange. C'est con je sais mais.. j'ai vraiment envie d'être ton ami. Il fait quelques pas et vas s'asseoir sur un des fauteuils parce qu'il chancèle, les genoux qu'il replie contre son torse, les avant bras coincés, poings sous la machoire. Il ne se confie jamais Terrence, jamais, n'ose pas imposer ses problèmes quand il sait que tout le monde en a mais ce soir, il est épuisé et la drogue aidant, sa langue se délie. Y a deux semaines, y avait ce mec au bar et il m'a parlé. Il était très gentil, souriant, le genre costume et chemise. Il semblait différent des autres ou peut être que j'étais juste trop naïf, j'sais pas. Il m'a dit "hey, tu termines à quelle heure, j'passe te prendre ?" et il m'a emmené chez lui. Ca a super bien commencé, on a bu un verre, on a pas mal rigolé, et puis il m'a demandé ce que je voulais. Il a les yeux qui se perdent dans la brume de ses souvenirs, Terrence, le corps qui se balance et les paupières qui restent immobiles. J'ai dit "moi? J'voudrais juste que tu me serres dans tes bras". Il a sourit, s'est avancé, l'a fait et pendant un instant j'me suis dit wow, peut être que finalement j'ai le droit d'avoir un calin sans rien donner.. et puis il a commencé à me serrer trop fort, m'a embrassé dans le cou et j'ai senti ses mains essayer de.. me.. déshabiller. Il cache sa tête, Terrence, le front qui vient percuter ses genoux et les larmes qu'il tentait de retenir venir brûler ses yeux et sa gorge comme de l'acide. Il a honte de n'avoir rien vu, d'être aussi con, de vouloir toujours croire que l'humain peut finalement être bon. Il poursuit, la voix étouffée et déformée par la détresse. Et j'lai repoussé, je lui ai dit "mais pourquoi? je voudrais juste dormir allongé contre toi" pas être seul ce soir-là, tu vois? Et il m'a répondu "parce que tu crois que ça marche comme ça? tu m'allumes et après j'ai rien le droit de te faire? Et puis t'as pas cinq ans, les câlins c'est à un autre niveau quand on est adultes." Et je l'ai laissé faire. Je l'ai laissé faire. Il relève les yeux, renifle, se demande s'il n'en a pas trop dit, hoche la tête en essuyant rageusement ses larmes d'un revers de poignet et ajoute. J'suis pathétique, pardon de t'ennuyer avec ça. Je voulais juste que tu comprennes pourquoi je t'ai posé cette question. Je.. pardon. Et ce mec là, c'est pas un cas isolé, tu sais. J'attire les hétéros curieux qui n'osent pas avouer qu'ils aiment tringler des mecs une fois la nuit tombée, j'attire les pervers, les gros porcs, ceux qui veulent que j'obéisse, qui aiment bien frapper, cracher, attacher, ceux qui pensent que "non" veut dire "encore", ou que "j'ai mal" signifie "j'aime ça", y ceux qui pensent que j'suis trop fin pour être un vrai mec parce que ça leur soulage la conscience de se dire que finalement ils n'ont pas baisé un homme même si la réalité c'est que j'en suis un, y a ceux qui veulent faire ça à plusieurs parce que ça leur donne du pouvoir d'avoir une petite poupée désarticulée multifonction. Y a ceux qui ont oublié le respect quelque part en chemin. Et moi, j'ai oublié ma dignité. Ca se répare, la dignité ? Ou tout est foutu et bon à jeter? J'me fais du mal, Gabriel. Je mérite que ça. Je les laisse me blesser volontairement parce que j'suis tout cassé et que je sais pas fonctionner autrement. Comment tu voudrais être ami avec quelqu'un sur le point de crever? 






quand le monde est
immobile, pourquoi c'est
moi qui tremble?

:burger: :
 
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