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 Act II - roads meet only to separate ↟ Gaby

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Jameson Winters
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ÂGE : A l'aube de la quarantaine
SURNOM : Jaimie, Jam'. Maître Winters au boulot. Au lit, aussi.
STATUT : Célibataire. Succombe parfois aux plaisirs sans lendemain.
MÉTIER : Avocate associée chez Ashburn Rose. Militante écologiste et condition animale.
LOGEMENT : #102 Logan City, une immense villa bien trop vide.
Act II - roads meet only to separate ↟ Gaby Bd659a9a4f45c7d8acdd0939ff71d77cdc707416
POSTS : 6175 POINTS : 40

ORIENTATION SEXUELLE : J'aime tout le monde.
PETIT PLUS : Irlandaise & Amérindienne du Canada, j'ai un petit accent. Je me ressource dans la nature. Combattre les injustices me fait vibrer. Je suis aussi à l'aise dans les bas fonds de Dublin que dans les soirées guindées de l'élite australienne. Vegan depuis mes 15 ans, je milite pour préserver la nature. Légalement, de nos jours. Du moins j'essaie. J'ai adopté une chienne/louve que j'aime comme ma fille. Je n'ai jamais perdu un procès. Certains me décriraient comme une féministe autoritaire et mal baisée. Ceux là sont toujours perturbés lorsqu'ils rencontrent une femme qui se comporte comme eux.
UN RP ? : Pas dispo pour le moment.
RPs EN COURS : Phoenix [f.b.]Phoenix [2]LaoiseRobin [6]Gaby [f.b. #2]Finnley

Réalités alternatives ↠ Zombinson [d.z.]Bloody Gaby [d.f.]Bosie me boy [d.f.]Witchy Robin [d.f.]

↟ ↟ ↟

Act II - roads meet only to separate ↟ Gaby 5si5
PHOENIX — I want to heal, I want to feel like I'm close to something real, I want to find something I've wanted all along: somewhere I belong. Nous avions à peine vingt ans et nous rêvions juste de liberté.

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ROBIN — Her eyes look sharp and steady into the empty parts of me. Still my heart is heavy with the scars of some past belief.

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LAOISE — We've been gone for such a long time that I'm almost afraid to go home. A long road is a long, dragged-out imagination where things can go wrong, but we keep rolling on.

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GABRIEL — I'll keep your heart safe in the palms of my hands until it can beat on its own again.

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ARIEL — All you have is your fire, and the place you need to reach. Don't you ever tame your demons, but always keep 'em on a leash.


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KYTE — Old growth holds hope, let the brambles scrape your skin; scars are story books, blood will wash away our sins.



RPs EN ATTENTE : Ariel [2] ↟ Gaby Irlande ↟ Robin [4] ↟ Robin & Phoenix [r.a. 2]
PSEUDO : Whitefalls/Whitewolf
AVATAR : Maggie Siff
CRÉDITS : helpjesaisplus (avatar), anaëlle. (signature), loonywaltz (UB)
DC : Kyte le vieux fou & Aisling l'ex junkie candide
INSCRIT LE : 08/03/2016
https://www.30yearsstillyoung.com/t7655-jaimia-winters-you-were-expecting-me-to-be-a-man-my-father-was-too https://www.30yearsstillyoung.com/t13536-jameson-winters-lone-wolf-looking-for-her-pack https://www.30yearsstillyoung.com/t12178-jameson-winters

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Message(#) Sujet: Act II - roads meet only to separate ↟ Gaby Act II - roads meet only to separate ↟ Gaby EmptyJeu 31 Oct 2019 - 22:52



act II ↟ roads meet only to separate
Gaby et Jaimie. Canada, octobre 1998


"I know it seems like we're all lost, we can't follow this river back home. But we see the secrets, we know the unknown."
J’ai quitté les murs du centre de redressement pour retrouver les barreaux de ma prison dorée. J’avais passé des mois à imaginer ce que je ferais à ma sortie, à songer aux sentiers montagnards dans lesquels je rêvais de m’égarer, aux nuits à la belle étoile en pleine forêt, à la tranquillité de ces lieux sauvages où personne ne viendrait plus m’emmerder. Mais le moins qu’on puisse dire c’est que ce soir-là, assise à l’immense table présidée par mes parents, je ressentais tout sauf ma liberté fraîchement retrouvée. Le front barré d’une expression irritée, les Winters ó Faoláin semblaient déterminés à me témoigner leur profonde déception à travers une silencieuse hostilité qui pesait sur mes poumons comme une enclume. L’estomac englué, je peinais à terminer mon plat, pourtant délicieux. J’ignore ce à quoi je m’attendais. Je crois que quelque part, j’avais espéré que sept mois sans contact aurait permis à mes parents de me pardonner et leur aurait donné envie d’enterrer la hache de guerre pour être la famille que nous n’avions jamais été. Mais leur accueil ce soir était aussi froid que lorsque je les avais quitté, et leur rancœur attisait mon sentiment d’injustice, de tristesse, de colère. Mon dessert à peine avalé, je me suis réfugiée dans ma chambre d’où je ne pouvais déjà penser qu’à m’évader. Entre ces quatre murs, mes affaires étaient exactement comme je les avais laissées. Mon journal intime sur ma table de nuit, la pile de bouquins militants, mes affiches rebelles, la parka dont je ne me séparais jamais. Tout renforçait mon impression étrange que le temps s’était figé. Et moi j’étais comme paumée au milieu, déchirée entre mon passé chaotique, mon futur incertain et un présent dissonant. La respiration courte, j’ai ouvert la fenêtre pour lutter contre la sensation d’étouffement qui écrasait ma poitrine. J’avais besoin de partir, mais ce n’était pas la forêt ni les étendues sauvages qui m’appelaient. Car plus que tout j’avais besoin de me sentir à ma place, près de quelqu’un pour qui je comptais. Je ne pouvais penser qu’à une personne sur cette foutue planète, et bien évidemment il habitait à plus de quatre heures de bus.

L’heure tardive, les aléas des transports en ce mois d’octobre 1998 et la pluie battante qui m’attendait à l’extérieur auraient dû me dissuader. Étrangement, ça ne fit que renforcer ma détermination. Les lèvres serrées en une mince ligne pour les empêcher de trembler, j’ai sorti mes pompes de randonnée, enfilé ma parka, et glissé le long de la gouttière pour atterrir sur les dalles inondées de la terrasse. Puis j’ai traversé le jardin en évitant les caméras de surveillance comme je l’avais fait des centaines de fois avant et j’ai escaladé la brèche tout au fond du terrain qui menait à la forêt. 76% des jeunes incarcérés récidivent dans les trois ans. Je pouvais presque voir les mouvements de lèvres de mon conseiller alors qu’il martelait ces chiffres sans relâche pour nous faire flipper et nous pousser à reprendre le droit chemin. « Ça va, je vais voir un pote, c’est pas comme si j’allais foutre le feu à un abattoir… » Je grommelais en traversant les fougères, mes vêtements déjà imbibés d’eau boueuse. la violence du crime et la longueur de la sentence augmente avec les années. Mon vélo était exactement là où je l’avais laissé au printemps dernier, attaché à un arbre derrière une grosse pierre, là où personne n’aurait l’idée de venir le chercher ; prêt à m’amener dans toutes les missions foireuses où Kyte voulait bien me convier. 40% se retrouveront en prison à l’âge adulte. « MAIS TA GUEULE BORDEL, TA GUEULE ! » Ma voix ricocha contre les arbres comme celle du conseiller résonnait dans ma tête. Les mains contre mon crâne, je m’accroupis sur le sol avec l’impression de devenir cinglée.

Lorsqu’on enferme un animal sauvage, sa colère l’aveugle, ses réflexes s’amoindrissent et il finit par s’adapter à son nouvel environnement, allant jusqu’à craindre l’appel de la forêt. C’est exactement ce qui était en train de se produire en moi. L’immensité me terrifiait, la culpabilité me rongeait les tripes, et des craintes superstitieuses jamais éprouvées avant m’enchaînaient à cette maison. « C’est dans ta tête. T’es libre. C’est dans ta tête. » J’ai répété pour me calmer. Je n’étais plus confinée à un centre minable ni fliquée pour mes allées et venues, dans quelques mois je serai majeure et je n’avais pas envie de passer le reste de ma vie enchaînée. Alors les mains tremblantes j’ai enfourché mon vélo et pédalé à travers les bois sans me soucier de l’averse ni des chemins ruisselants de boue.

Vu la tête du chauffeur de bus, je devais avoir une sacré sale gueule quand je suis arrivée à la station. Il a néanmoins accepté de me vendre un billet et de prendre mon vélo dans la soute. « T’as un endroit où passer la nuit une fois là-bas, gamine ? Le dernier bus sera parti avant qu’on arrive. » Gamine Je tressaillis en entendant ce surnom affectueux parce que c’est comme ça que m’appelait Kyte. Ça me faisait chaud au cœur à l’époque, j’avais l’impression que ça me rendait spéciale à ses yeux. Puis je le revoyais se tirer sans un regard en arrière, laissant les flics m’avoir pour se donner de l’avance, et immanquablement la bile remontait dans ma gorge. « Miss ? » « Euh… ouai. Ouai, j’ai de la famille. » C’était pas vrai, mais c’était pas faux non plus. Et puis surtout ça a eu l’air de le convaincre et alors j’ai pu monter. La tête appuyée contre la vitre, je regardais les gouttes d’eau marteler le verre glacial. Bercée par leur musique et le ballet auquel elles se livraient, je me suis dit que je devrais peut-être envoyer un sms à Gaby. Coucou, je suis sortie. Je sais que j’ai pas voulu te parler depuis avril dernier mais tu comprends j’voulais rester libre dans ta tête à défaut de l’être ailleurs. Puis j’voulais pas que tu m’vois comme ça. J’avais tellement honte, tu sais. Mais tu m’as manqué, et là j'débarque chez toi. Non, c’était nul. La nouvelle de mon retour allait devoir attendre mon arrivée. En espérant qu’il ait envie de me voir. En espérant qu’il m’ait pas oubliée.

Lorsque le bus m’a recrachée sur l’asphalte quelques heures plus tard, j’ai enfourché mon vélo et remonté les ruelles de mémoire sous la saucée qui ne faiblissait pas. Le vide dans ma poitrine et la pluie glaciale me donnaient des ailes. J’étais à bout de souffle quand j’ai déboulé sur le petit chemin qui menait jusqu’à la librairie adjacente à la maison de ses parents. Quand j’ai vu les lumières derrière les fenêtres j’ai lâché mon vélo sur la pelouse et sans m’arrêter j’ai foncé vers l’arrière jardin où donnait la chambre de Gabriel. La possibilité qu’il ne soit pas chez lui ne m’avait pas traversé l’esprit jusqu’alors et soudain l’idée de lui envoyer un texto avant de me pointer me sembla bien moins stupide que tout à l’heure. Mes tripes baignaient dans l’acide alors que j’escaladais le superbe érable qui – comme je l’avais constaté lors de nombreuses précédentes visites – me permettait d’atteindre sa chambre sans alerter ses parents. Sois là je t’en prie. Je le supporterais pas si t’es pas là. Je ne me voyais absolument pas refaire le chemin en sens inverse, surtout que j’avais depuis longtemps loupé le dernier bus comme me l’avait aimablement rappelé le chauffeur aux surnoms insupportables. Avec un rire nerveux, j’ai réalisé que je n’avais dans mon sac à dos aucun équipement pour passer la nuit dans les bois et je me donnais moins de trente minutes sous cette averse infernale avant que l’hypothermie qui engourdissait déjà mes doigts raidisse le reste de mon corps. Bien joué Winters… J’ironisai en agrippant fermement les branches pour ne pas glisser.

Heureusement, je percevais maintenant plus clairement la chambre de Gabriel à travers sa fenêtre, et la lumière douce qui en émanait confirma sa présence. Soulagée, je me suis approchée à pas de loup et je me suis assise dans le creux de la branche. Quand je l’ai vu à son bureau, j’ai senti une chaleur poignante, presque douloureuse, irradier dans ma poitrine. Dissimulée par la nuit noire, je me suis prise à l’observer sans bouger, apaisée par la scène qui se déroulait devant mes yeux et terrifiée à l’idée de briser son charme délicat, fragile presque. La petite lampe de bureau diffusait des rayons chaleureux qui semblaient caresser son profil, éclairer sa main sûre alors qu’il traçait des traits légers sur son carnet. Sur son visage, un air rêveur et concentré à la fois que je l’avais vu arborer tant de fois déjà. Un sourire se fraya un chemin jusqu'à mes lèvres tandis que j’appuyais ma tête contre le tronc, bercée par cet antre de quiétude que je n’avais pas encore souillé. J’aurais probablement pu rester des heures encore comme ça si une bourrasque ne m'avait pas douloureusement rappelé que mes os étaient en train de geler. Un bras fermement enroulé autour de la branche, je me suis approchée de la fenêtre quand une pensée me fit frissonner : Sept mois, quand on a dix-sept ans, c’est une éternité. Et si notre amitié ne signifiait plus autant pour lui désormais ? Ce serait pas la première fois. Déjà par le passé, le temps s’était amusé à éroder les liens qui m’unissaient à Kyllian. Pourquoi ceux-là seraient-ils plus solides ? Avec un froncement de sourcils, je repris brutalement le contrôle de mon corps comme de mes pensées. Y’a qu’un moyen de le savoir, je me suis durement rappelée à l’ordre. Et avec une expression déterminée, j’ai frappé à sa fenêtre… sans réaliser une seule seconde que j’allais très probablement lui ficher une sacrée frousse.
(c) DΛNDELION


:l:
 


follow in no footsteps listen for the true guides

The river's a hymnal and the leaves are applause. Trees sing in whispers with the wind pulling their arms. Hold still and listen, your hand on my heart. If you need them these beacons will lead you back to the start.

:l::
 
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Gabriel Carnahan
Gabriel Carnahan
l'entre-deux chapitres
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ÂGE : 41 ans (13 oct 79)
SURNOM : Gaby, Gab'. Pretty Little Galway Boy. La Tendresse, il y a longtemps.
STATUT : Perdu, égaré entre les chapitres de sa vie. Le vide à l'intérieur.
MÉTIER : Libraire, gérant de la State Liberty (Toowong).
LOGEMENT : #152 Bywong Street, Toowong. Appartement au-dessus de la librairie, partagé avec Wren, deux chats (Aodh & Croustibat) et un chien (Sirius).
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RPs EN COURS : FLASHBACK
Robin (fb1)Jameson (fb2)Jill (fb)Ludwig (fb1)

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Wren (ua3)Ezechiel (ua)

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Robin (df)Clément & Kyte (df)Jameson (df)Jack (df)


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Archivés : Charlotte L.JunVictoriaLeahRosalynTeliaJoshuaBélialTessEllieSheridynOwen & Marius (df)Cole#teamcitrouilles (df)JosephJadyn (df)LiamCoraMaximilien (fb)CleoChadna (df)Myrddin (df)SavannahViniel 50's (ua)Deviniel (ua)JamesonTerrenceLizzieFreya (ua)Zelda (fb)Sacha

PSEUDO : Sleepy Raven
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INSCRIT LE : 08/04/2018
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Message(#) Sujet: Re: Act II - roads meet only to separate ↟ Gaby Act II - roads meet only to separate ↟ Gaby EmptyDim 8 Déc 2019 - 17:55



Roads meet only to separate
Jameson Act II ~ Octobre 1998 ~ Canada
Gabriel écoutait d’une oreille distraite le battement de la pluie à l’extérieur, l’essentiel de son attention tout acquis au tracé naissant sous la pointe de son crayon effleurant le papier dans un son feutré. Un peu là, un peu ailleurs, comme souvent, un air rêveur accroché au visage. Ses parents s’étaient absentés pour quelques jours, partis dans la journée pour un colloque auquel ils avaient tous deux étaient conviés en qualité d’intervenants. Leur fils était grand, ils lui avaient confié la maison, la boutique demeurant exceptionnellement fermée pendant ce temps-là. Alors ce soir-là il s’était installé à son bureau pour laisser libre cours à ses rêveries. Sur le meuble trônaient en pile les livres qu’il avait fraîchement consultés pour l’Université. Cela faisait maintenant quelques semaines qu’il était entré à la faculté de Lettres, les cours lui plaisaient, et l’ambiance semblait pour le moment un peu différente du lycée. Ou tout au moins il n’y était plus tourmenté par les quelques élèves pour qui ce petit nouveau venu d’Irlande avait représenté une cible toute trouvée. Là au moins, en première année, tout le monde était en découverte et venait d’ici ou là, aussi parvenait-il à se fondre dans le décor sans trop de difficultés et ça lui convenait très bien. Il venait tout juste d’avoir dix-neuf ans et pourtant il avait toujours ces airs de Petit Prince égaré dans le monde des Hommes, préférant la compagnie des livres à celle de la plupart des gens. Il y avait bien sûr quelques exceptions, rares mais précieuses, des personnes qui comptaient vraiment et pour qui il aurait été prêt à se plier en quatre, à affronter vents et marées malgré ses peurs. En tête desquelles se trouvait Jameson. Seulement voilà, cela faisait maintenant sept mois qu’il n’avait pas eu de ses nouvelles. Sept longs mois. C’était au fond sans doute ça qui entamait quelque peu son humeur, qui le laissait si songeur. Car cette petite tempête brune aux yeux verts lui manquaient, terriblement. Et c’était peut-être la première fois qu’il éprouvait pareil sentiment pour quelqu’un qui n’était pas de sa famille, du moins pas de celle du sang, car dans son cœur c’était tout comme si elle en avait toujours fait partie. Inconsciemment ses yeux couleur de ciel se portèrent vers un petit paquet d’enveloppes posaient au bout de son bureau, appuyé contre le mur. Jaimie ne l’avait pas autorisé à garder contact, mais ça ne l’avait pas empêché de lui écrire, environ une par mois, à défaut de pouvoir lui dire de vive voix tout ce qu’il avait envie de lui raconter, ses lectures souvent. Mais ignorant où les envoyer elles étaient restées là, attendant sagement d’être un jour lues par leur destinataire. Quand il pensait à celle qui était de loin son amie la plus chère Gabriel se perdait souvent dans la contemplation de ces enveloppes sans adresse. Il se demandait alors ce qu’elle faisait, à quoi ressemblaient ses journées. Et il aurait aimé être là pour elle, comme un soutien, mais il n’avait pu que respecter le choix de Jameson et se tenir à distance en espérant que ces ponts coupés ne le seraient que temporairement. Il y pensait souvent. Et si la brunette ne reparaissait plus ? S’il ne recevait jamais plus de ses nouvelles ? C’était une situation tout à fait inédite pour le jeune irlandais et il craignait la tristesse d’un éloignement imposé devenant définitif. Il refusait de s’y résoudre et y penser lui laissait un goût amer dans la bouche. Non, leur amitié, leur attachement, étaient plus forts que cela n’est-ce-pas ? Il le fallait et il en était certain. Gaby soupira doucement, tout cela le rendait bien trop mélancolique et il songea à se plonger dans quelque livre pour apaiser le tumulte de ses pensées. Mais quelque chose de tout à fait inattendu s’en chargea à sa place. Il lui sembla soudain entendre quelques coups au carreau. Il n’en fut pas certain cependant, trop absorbé ailleurs. Alors instinctivement il tourna la tête vers la baie et ce qu’il y vit lui fit faire un tel sursaut qu’il crut bien que son cœur allait cesser de battre. Une silhouette à peine éclairée par le halo de lumière qui émanait de la pièce se tenait là, suspendu à une branche. Gaby manqua de tomber à la renverse devant ce spectacle, se rattrapant de justesse à son bureau alors que quelques livres, crayons et feuilles rencontraient, eux, le sol. Même Oscar, le chat de la maison qui somnolait sur le lit fit un bond avant devenir se planquer fissa sous un meuble. Pourtant la frayeur du jeune homme se transforma bien vite en une surprise incrédule lorsqu’il lui sembla reconnaitre à travers le carreau des traits plus que familiers. Il n’en revenait pas et il lui fallut une bonne poignée de minutes pour que son corps et sa tête répondent à nouveau pour laisser finalement échapper un « Jaimie ? » totalement ébahi. Il était pris de court, et ce n’était rien de le dire ! Cependant il bondit sur ses pieds, comme frappé par la foudre, pour gagner en quelques rapides et longues enjambées la fenêtre de sa chambre et l’ouvrir tout grand, afin de laisser entrer son amie en même temps que l’air nocturne empli de fraicheur. Il n’en revenait pas, n’en croyait pas ses yeux. « Jaimie », qu’il répéta un peu bêtement dans un souffle tout en lui tendant la main, l’aidant à entrer sans se blesser. « Viens vite, tu vas attraper la mort. » Son cerveau semblait se remettre en route à son tour. A peine la demoiselle eut elle le temps de poser un pied au sol qu’il l’attira contre lui, presque par réflexe, par instinct, sans y réfléchir une seconde. Entourant sa silhouette de ses bras dans une accolade chaleureuse. C’était pourtant loin d’être une habitude chez lui, moins encore une évidence, lui qui ne sautait jamais au cou des autres. Mais Jameson n’était pas « les autres » et il était si heureux de la voir là, en chair et en os, qu’il ne put s’en empêcher comme s’il avait besoin de s’assurer que c’était bien elle, que ce n’était pas un tour que lui jouait son imagination débordante, qu’il ne rêvassait pas, endormi sur son bureau. Mais non. Tout cela était réel, elle était là, c’était bien une Jaimie trempée jusqu’aux os et grelottante qu’il enlaçait. Relâchant son étreinte il fit un pas en arrière pour observer son amie, mille questions se bousculant dans ses prunelles bleutées. « Qu’est-ce que tu fais là ? Et comment es-tu arrivée jusqu’ici ? », étaient parmi les interrogations qui tourbillonnaient dans sa tête. Il n’en attendit cependant pas la réponse. Son esprit le rappelant soudain que l’ordre des priorités était ailleurs et qu’il y avait plus urgent, à savoir l’état dans lequel se trouvait présentement la brune, littéralement rincée de la tête aux pieds. Refermant bien vite la vitre afin d’empêcher l’air glacial de s’inviter davantage à l’intérieur, Gaby invita Jameson à s’installer contre le radiateur, tirant un épais pouf jusque là, avant de disparaître un instant par la porte en lançant un « Ne bouge surtout pas, je reviens tout de suite. » Et ce fut le cas alors qu’il rappliquait en quatrième vitesse, des serviettes propres sous le bras qu’il lui tendit. « Tiens, sèche-toi un peu », lui avait-il doucement intimé avant de désigner le placard qui abritait ses vêtements, « Prend ce que tu veux, je vais te chercher quelque chose de chaud à boire pendant ce temps. » Aussitôt dit, aussitôt fait, le voilà qui dévalait les escaliers pour gagner la cuisine, s’éclipsant pour laisser Jaimie se changer tranquillement. Il prépara du thé, rassembla quelques cookies préparés la veille par son père, dégota la bouillotte de sa mère qu’il prépara afin que son amie puisse se réchauffer, avant de retourner à l’étage les bras chargés de tout cet attirail disposé sur un grand plateau. Gabriel toqua à la porte de sa chambre, attendant l’approbation de son amie pour entrer. Il déposa le tout à même le sol, à coté du pouf qu’il avait installé pour elle. « Il faut que tu te réchauffes. » A son tour il s’installa, à même le sol, face à la demoiselle, ne pouvant dissimuler la légère tension entre ses sourcils qui trahissait son souci quand il craignait que Jameson n’ait pris froid, ignorant totalement combien de temps elle avait passé dehors sous ce déluge et dans le froid. Il avait tout autant de mal à cacher le maelstrom qui faisait rage dans son esprit partagé entre la foule de question qui ne le lâchait pas et la joie immense et insouciante qu’il éprouvait en voyant de nouveau cette frimousse face à lui. Il finit par opter par l’expression de la seconde émotion, comme cela lui apparaissait moins agressif qu’un interrogatoire en bonne et due forme qui ne lui ressemblait pas. « Si tu savais comme je suis heureux de te voir », ni son ton, ni son regard ne mentait, et tandis qu’il l’observait il lui adressa un sourire tendre car elle reprenait des couleurs tout en séchant, ce qui le rassurait grandement. Et puis il finit par lâcher la seule question qui comptait vraiment, la seule chose qui importait réellement. « Comment vas-tu ? » Il avait besoin de le savoir.
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Dernière édition par Gabriel Carnahan le Sam 8 Aoû 2020 - 19:47, édité 2 fois
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Message(#) Sujet: Re: Act II - roads meet only to separate ↟ Gaby Act II - roads meet only to separate ↟ Gaby EmptyVen 13 Déc 2019 - 2:27



act II ↟ roads meet only to separate
Gaby et Jaimie. Canada, octobre 1998


"I know it seems like we're all lost, we can't follow this river back home. But we see the secrets, we know the unknown."
Mes doigts glacés claquèrent contre le verre ruisselant de pluie. L’appel était lancé et Gaby y répondit aussitôt. L’air un peu rêveur, il se tourna dans ma direction et fit un bond en arrière, la main sur le cœur, lorsque ses yeux se posèrent sur ma silhouette. Je fais si peur que ça à regarder ? J’étais pas loin de m’offenser, puis je me suis souvenue que je débarquais sans prévenir au milieu de la nuit orageuse après des mois sans avoir donné le moindre signe de vie, alors avec ce scénario digne d’un film d’horreur la réaction un peu vive de mon ami était passablement logique. Néanmoins le temps qu’il lui fallut pour rassembler ses pensées et venir m’ouvrir me parut assez long, probablement parce que le froid glacial engourdissait peu à peu tous les membres de mon corps. « Jaimie ! Viens vite, tu vas attraper la mort. » Je ne me suis pas faite prier : j’ai attrapé la main qu’il me tendait et me suis engouffrée dans la brèche assez maladroitement, me laissant presque tomber dans la chaleur rassurante de sa chambre. La peau de Gaby semblait brûlante contre la mienne, et ce n’est que lorsqu’il m’attira dans son étreinte que je réalisais à quel point je grelotais. « Non, attends, j’vais te tremper… » Je protestai faiblement sans faire le moindre geste pour m’écarter. Au contraire, je me lovai dans son étreinte rassurante et refermai mes bras dans son dos pour le serrer tout contre moi. Les yeux fermés, la joue contre son épaule, je gonflai mes poumons de son odeur familière si apaisante et luttai contre l’émotion qui enflait dans ma gorge. Il ne m’a pas oubliée, il m’apprécie encore. Malgré la distance, malgré mon absence. Je suis presque sûre qu’une larme de soulagement roula le long de ma joue, mais je préférais me dire que c’était la pluie qui mouillait ainsi mon visage. Je n’allais pas non plus me mettre à chialer comme une fiotte ! Je dus faire un effort pour ne pas rattraper Gabriel alors qu’il s’écartait et je pouvais presque voir la kyrielle de questions qui dansait dans ses yeux tandis qu’il me dévisageait comme pour s’assurer de ma présence. A moi aussi ça semble irréel, si tu savais. « Qu’est-ce que tu fais là ? Et comment es-tu arrivée jusqu’ici ? » J’aurais voulu lui répondre, mais je compris rapidement que mes lèvres gelées venaient entraver cette capacité. « Bus… puis vélo. » J’articulai avec difficulté. J’avais passé assez de temps dans la nature et à étudier des manuels de survie pour savoir que j’étais dans les prémisses d’une crise d’hypothermie. Si je m’étais trouvée à l’extérieur à lutter contre la pluie battante, je me serais certainement mise à paniquer en réalisant que mon corps venait de perdre sa capacité à se réchauffer tout seul. Mais j’étais à l’abri dans la chambre de Gabriel qui compris d’ailleurs rapidement l’urgence de la situation et m’installa auprès de son radiateur sans que j’ai besoin de lui dire quoi que ce soit. « Merci. » Je soufflai avant qu’il ne s’élance hors de sa chambre en m’intimant de ne pas bouger. T’inquiète, j’ai pas l’intention de m’éloigner de cette source de chaleur. En revanche, j’entrepris de m’extirper de mes vêtements trempés qui m’empêchaient de ressentir la moindre chaleur. Lorsque Gaby revint, je m’étais déjà débarrassée de mon manteau, mon pull et mes chaussettes et réalisai avec horreur que mon jean et mon tee-shirt étaient aussi trempés que les couches supérieures. Heureusement, Gabriel avait une solution aussi et me désigna son placard sans attendre. « Prend ce que tu veux, je vais te chercher quelque chose de chaud à boire pendant ce temps. » Je hochai la tête et pris les serviettes moelleuses qu’il me tendait, le cœur froissé d’un étrange sentiment. Habituée à lutter seule contre tout ce que le monde m’envoyait en pleine gueule, je n’avais terriblement pas l’habitude qu’on prenne soin de moi. « Okay. » Je répondis, à la fois émue et terriblement gênée de réclamer ainsi son temps et son attention. Mon Gaby d’ordinaire si calme repartit au pas de course et je sentis un sourire tendre étirer mes lèvres alors que mes yeux suivirent ses pas jusqu’à ce qu’il disparaisse dans les escaliers. Puis je me suis empressée d’ôter le reste de mes fringues pour m’enrouler dans les serviettes qu’il m’avait apportées et je me suis collée contre le radiateur. J’avais bien envie d’y appliquer mes orteils et mes doigts, de loin les zones les plus froides de mon corps, mais je savais que le plus important était de faire remonter la température autour de mes organes vitaux et que le reste suivrai naturellement.

Après quelques minutes, j’étais sèche à l’exception de mes cheveux et me sentis assez bien pour errer jusqu’au placard de Gabriel. Ça me faisait bizarre de fouiller dans ses affaires sans qu’il soit là et je suis presque certaine que mes joues arboraient une teinte sacrément pivoine alors que je lui piquai un pantalon de pyjama, une épaisse chemise en flannelle, une veste doudouille et une paire de chaussettes certainement trop grandes pour moi. C’est que j’avais besoin de confort et je n’étais pas certaine que mon derrière rendre dans ses jeans… Je finissais d’enfiler ces dernières lorsqu’il frappa à la porte. « C’est bon, tu peux entrer. » Je répondis en frottant mes boucles brunes dans une serviette tout en revenant près du radiateur qui me manquait déjà. Mon ami reparut immédiatement, les mains chargées d’un plateau goûter à l’irlandaise qui envoya encore une décharge électrique à mon cœur. « Il faut que tu te réchauffes. » Les jambes repliées contre mon corps, le dos appuyé contre la source de chaleur synthétique, je ne pus retenir un petit rire attendrit de s’échapper de mes lèvres. « T’inquiète, je ne compte pas m’éloigner de ce truc. » Je répondis avec légèreté pour ne pas trop penser à toute son attention qui m’enveloppait, à combien j’en avais besoin et combien ça me perturbait de l’admettre. Je l’observai tandis qu’il s’installait en face de moi, remarquai les changements qui s’étaient opérés en lui au cours des derniers mois. Oh, c’était subtil car le temps ne fait pas encore trop de ravages à nos âges. Mais il y avait comme un fond d’assurance supplémentaire dans son regard, dans sa gestuelle, et je me demandais à quoi c’était dû. « Si tu savais comme je suis heureux de te voir. » Un immense sourire étira mes lèvres, répondant au sien et je dus lutter contre l’envie de descendre de mon pouf pour aller le serrer dans mes bras. J’avais tellement peur que ce soit pas le cas. Que tu veuilles plus avoir rien à faire avec moi. « Moi aussi, si tu savais. C’est le seul truc auquel j’ai pu penser tout l’aprèm. » Je me mordis les lèvres, titillée par l’impression d’en avoir trop dit, embêtée à l’idée d’avoir dévoilé des sentiments trop personnels, trop intenses, trop ridicules. Calme toi ma grande, j’sais que t’as pas socialisé depuis des mois mais un peu de retenue, merde. Je saisis donc la perche qu’il me tendit en me demandant comment je me sentais pour changer rapidement de sujet. « J’en ai pas la moindre foutue idée. » J’avouai avec un petit rire nerveux en réalisant que je ne m’étais pas posé la question depuis l’instant où le marteau du juge avait claqué sur son petit support de bois après avoir prononcé ma sentence. J’avais plongé dans un brouillard pour survivre et les émotions n’y avaient pas leur place. C’est peut-être pour ça qu’elles ressortent un peu trop ce soir. L’air de rien, c’est la première fois depuis ce moment fatidique où je me sentais en sécurité. « Je… j’suis contente d’être sortie, je crois. Mais ça me fait bizarre, j’ai comme un décalage à l’intérieur, je sais plus trop où j’en suis. » J’expliquai d’une voix plus basse que d’ordinaire, mes sourcils froncés alors que j’essayais de faire à haute voix le tri dans ces émotions. « Je veux dire, je suis censée reprendre les cours après les vacances. Tout le monde croit que j’étudiais dans un lycée privé en Suisse mais moi je sais bien que j’étais là tout ce temps. J’ai pas envie de mentir, mais j’ai pas envie de dire la vérité non plus. J’voudrais juste… tout effacer, repartir à zéro. Mais je peux pas et j’aime pas ça. » Le contrôle, cette variable si rassurante à laquelle je me raccrochais m’avait été retirée et le moins qu’on puisse dire c’est que je le vivais assez mal. En même temps, je ne me faisais pas d’illusions, cet abattement n’était que le contrecoup de toute cette expérience dont je me serais bien passée. Je le savais parce que je l’avais lu. J’allais m’en remettre, j’étais plus forte que ça. « Mais t’inquiète, j’suis juste un peu fatiguée. C’est que je suis sortie ce matin, j’ai pas encore eu le temps de m’acclimater. » J’expliquai avec un sourire détendu en pressant ma main sur son avant-bras. Je cherchais à le rassurer, mais ça fonctionnait sur moi aussi. « Et toi alors, t’as dû commencer l’université non ? » Je le questionnai à mon tour, les yeux brillants d’un intérêt sincère. J’avais besoin de l’entendre parler, de me bercer dans la normalité que j’aspirais à retrouver au plus vite.  
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The river's a hymnal and the leaves are applause. Trees sing in whispers with the wind pulling their arms. Hold still and listen, your hand on my heart. If you need them these beacons will lead you back to the start.

:l::
 
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Gabriel Carnahan
Gabriel Carnahan
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SURNOM : Gaby, Gab'. Pretty Little Galway Boy. La Tendresse, il y a longtemps.
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Message(#) Sujet: Re: Act II - roads meet only to separate ↟ Gaby Act II - roads meet only to separate ↟ Gaby EmptySam 8 Aoû 2020 - 19:44



Roads meet only to separate
Jameson Act II ~ Octobre 1998 ~ Canada
La frayeur disparue, la surprise passée, Gabriel n’avait pas tergiversé davantage en réalisant que c’était bien Jameson qui venait de toquer à se fenêtre. La pluie n’avait pas cessé et sur les vitres ruisselaient des centaines de gouttelettes d’eau glacée, les mêmes qui dévalaient les joues de son amie, celles qui collaient ses mèches brunes à son visage, qui s’infiltraient partout entre ses vêtements trempés. Elle devait mourir de froid dans le vent d’automne, d’ores et déjà glacial en ce mois d’octobre. Aussi le jeune irlandais l’entraîna t-il bien vite à l’intérieur, l’attirant entre ses bras dans une étreinte débordant d’affection et de chaleur. Il n’y prêta même pas attention, à l’humidité qui venait s’immiscer contre ses propres vêtements, au froid de la peau de Jaimie qui envahissait la sienne. Il ne se préoccupa pas davantage de la maigre protestation de la brunette. Il se moquait d’être trempé à son tour. Il s’en moquait éperdument. Jameson était là, blottie entre ses bras, et c’était tout ce qui comptait désormais. La distance, le temps, le manque de nouvelles, rien n’avait changé quoi que ce soit entre eux, Gaby en avait à présent la certitude. Ca n’avait été qu’une parenthèse. Une longue parenthèse de plusieurs mois qu’il était décidé à rattraper maintenant que son amie se tenait là, devant lui, en chair et en os. Le petit brun y avait souvent songé, à ces retrouvailles. Les leurs. Il les avait imaginé à bien des reprises, avait espéré, attendu, un signe de vie, même le plus infime, le plus insignifiant, tout aurait du sens pour lui. Jamais, cela dit, il n’aurait pensé que les choses se passeraient de la sorte, que Jaimie grelotterait entre ses bras, qu’elle sentirait la pluie et le tissu mouillé, que son visage ruisselant viendrait se nicher dans le creux de son épaule. Elle était dans un drôle d’état son amazone irlandaise, sa guerrière en quête de grandes causes à défendre. A vrai dire Gabriel n’osait même pas imaginer à quoi avaient bien pu ressembler ces derniers mois pour elle, comme il avait dû être difficile pour elle de se trouver ainsi privée de liberté, elle qui avait l’âme d’une louve, farouche et indomptable. Il y avait une force incroyable, cachée dans cette silhouette fluette, il le savait. Cependant Gaby ne pouvait s’empêcher de se demander à quel point ce qu’elle avait récemment traversé avait pu l’atteindre, si elle en garderait d’invisibles cicatrices, tout au fond de son être. Il s’inquiétait. Toujours. De tout. Et bien plus encore lorsqu’il s’agissait d’une personne qui lui était aussi précieuse que son amie. Ce fut sûrement ce qui le poussa à se détacher légèrement, à contrecœur, de la demoiselle, pour mieux l’observer, mieux aviser son état général, mieux perdre le bleu de ses yeux dans l’émeraude des siens. Ce ne furent guère les mots de Jameson qui le rassurèrent. Elle était venue en vélo. En vélo ! Par ce temps, quelle folie. L’irlandaise risquait l’hypothermie, et le jeune étudiant le réalisa en un instant en voyant à quel point ses grelottements ne s’apaisaient pas le moins du monde. L’urgence s’imposa aussitôt à lui, aussi vite que l’évidence. Il fallait à Jaimie des vêtements secs, de quoi se sécher et se réchauffer. Gabriel se mit alors immédiatement à pied d’œuvre, l’installant tout contre le radiateur de sa chambre avant de filer chercher tout ce qu’il fallait pour prendre le plus grand soin de son amie. En premier lieu des serviettes, car il fallait absolument que son corps puisse retrouver une température normale et stable, et l’eau qui ruisselait encore de ses cheveux sombres comme ses vêtements détrempés ne l’y aidaient pas le moins du monde. Aussi l’adolescent lui désigna t-il les placards où s’entassaient ses vêtements afin qu’elle puisse se changer, puis il fila à nouveau comme le vent afin de lui ramener bouillotte et de quoi grignoter.

Il ne lui fallut que quelques poignées de minutes, tout au plus, avant de reparaître, frappant à la porte et attendant l’autorisation de Jaimie, avant de pénétrer de nouveau dans la pièce. Ses gestes étaient vifs et emplis d’assurance, chose plutôt rare pour lui en temps normal. Mais dès lors qu’il s’agissait de prendre soin des autres, de veiller au bien-être des personnes qui lui étaient les plus chères, le jeune homme savait développer des montagnes de volonté et d’efficacité, laissant de côté sa maladresse et ses rêveries. C’était précisément ce qu’il s’employait à faire à cette seconde, veillant à ce que Jaimie soit bien installée, à ce qu’elle se réchauffe bien, à ce qu’elle ne manque de rien, surtout. Sans doute était-il même un peu trop sérieux, arborant un air aussi soucieux que concerné. Il s’en rendit compte, lorsque la brunette laissa un léger rire s’échapper dans l’air chaleureux de la chambre. Gabriel se détendit alors imperceptiblement, tout irait bien à présent, il voulait le croire. Il esquissa alors un sourire doux, calmant le tourment de ses questions comme de ses pensées, cherchant à apaiser la tension qui s’était installée en lui quelques instants plus tôt lorsqu’il avait avisé une Jameson frigorifiée et d’une pâleur terrible. Son amie reprenait des couleurs au contact de la chaleur salvatrice du radiateur, les tremblements n’agitaient presque plus son corps et elle semblait avoir moins de mal à articuler ses phrases. Face à cet heureux constat, Gaby ne put que laisser échapper un discret soupir de soulagement. Ses prunelles bleutées se posèrent alors plus posément sur Jameson, un éclat d’amusement y brillant face à son nouvel accoutrement assurément trop ample pour elle. Plus la vie semblait reprendre ses droits sur la silhouette de la brunette, plus le jeune homme semblait se détendre, et il ne pouvait qu’en sourire, savourant réellement le plaisir de la retrouver après cette séparation qui lui avait semblé bien trop longue. C’était un fait, Jaimie lui avait manqué et il était sincèrement heureux de la voir, ce qu’il ne manqua pas de lui avouer la seconde suivante. Mais ce qui fit accroître son sourire avec bien plus de certitude fut assurément d’entendre Jameson lui dire que la réciproque était toute aussi vraie. Peut-être était-ce idiot, toujours est-il qu’il était foncièrement ravi de l’entendre, et ce même s’il ne se risqua pas à relever, sachant pertinemment à quel point ce genre d’épanchement émotif et d’aveu n’étaient pas chose habituelle chez son amie, comme elle n’avait pas cette tendance à s’étendre sur ce qu’elle ressentait comme lui pouvait le faire. Il ne s’en formalisait cependant pas, il l’aimait ainsi, l’appréciait pour qui elle était, et ne cesserait jamais de le faire. Gaby demeura muet, attentif à tout ce que lui disait son amie, à la moindre syllabe qui glissait dans l’atmosphère tranquille autour d’eux. Son sourire s’estompa à mesure que Jaimie parlait, tandis qu’il assimilait chacun de ses mots, sincèrement à l’écoute de tout ce qu’elle lui révélait, de tout ce qui semblait agiter son for intérieur. Elle semblait si perdue, comme si sa vie avait été mise sur pause pendant tous ces mois, quand le reste du monde avait continué sa course sans relâche, sans discontinuer. Gabriel ne prétendrait pas comprendre ce qu’elle éprouvait, toutefois il pouvait essayer de l’imaginer, de l’appréhender à travers ses mots, il tentait de le faire, cherchant tout autant comment apaiser un tant soit peu les tourments de son amie. « Tu n’es pas obligée d’en parler si tu n’en as pas envie tu sais. » Son ton était aussi doux qu’une caresse alors qu’il posait ses prunelles claires sur la demoiselle face à lui. « C’est vrai, on ne peut pas tout effacer et repartir à zéro. La vie nous oblige à aller de l’avant. Je sais que tu y arriveras. » Il parlait tout bas, Gaby, venant poser sa main sur celle de Jaimie, la caressant doucement de son pouce dans un geste empli d’une tendresse amicale. « Laisse-toi le temps, ne force rien surtout. » Il lui sourit alors, avec une infinie douceur, cherchant sans doute à la rassurer comme il le pouvait. Ce que, de son coté, la brunette tentait visiblement de faire également, lui assurant que ce n’était que la fatigue qui parlait à sa place. Bien sûr il en faudrait assurément plus pour réellement rasséréner le bouclé, mais il fit mine de la croire, lui adressant un nouveau sourire. Gabriel ne s’obstinerait pas à la relancer sur ce sujet, il attendrait, qu’elle veuille parler, attendrait qu’elle se laisse aller à d’autres aveux concernant le maelstrom qui l’agitait. Il ne serait en revanche jamais celui qui lui forcerait la main pour qu’elle se confie. Il ne fonctionnait pas ainsi, il ne le ferait jamais. « Oui, j’y suis depuis la rentrée. » En d’autres circonstances Gaby se serait certainement contenté de cette réponse. Simple, concise. Lui qui n’aimait guère parler de lui, qui n’appréciait pas davantage être le centre de l’attention. Cependant, il fit une exception pour cette fois, puisqu’il avait avisé la lueur qui brillait au creux des prunelles vertes de la jolie brune, qu’il percevait son intérêt, qu’il devinait qu’elle préférerait entendre parler de ses cours, de son nouveau quotidien, de tout, de rien, plutôt que d’évoquer à nouveau les derniers mois. Il était sûrement encore trop tôt pour elle, tout devait être trop frais dans sa mémoire et son cœur. Aussi se plia t-il de bonne grâce à l’exercice d’en dire un peu plus sur sa nouvelle vie de jeune étudiant. « Les cours sont passionnants, enfin la plupart le sont, la littérature, la philologie,… Je crois que je suis dans mon élément. » Il laissa échapper un rire soufflé. Dans son élément il l’était, clairement. « Tu ne seras sûrement pas étonnée de savoir que je passe la plupart de mon temps à la bibliothèque, le nez dans les livres. » D’un geste, il désigna la pile d’ouvrages qui trônait sur son bureau, avisant également ceux qui étaient tombés au sol lorsqu’il avait sursauté et manqué de tomber à la renverse. « Excuse-moi une seconde. » Gabriel se redressa alors pour les saisir, peu enclin à laisser des livres ouverts à même le sol au risque de voir leurs pages se froisser, aussi les reposa t-il sur la table qui lui servait d’espace de travail. Ce fut ce moment que choisirent ses prunelles bleutées pour revenir s’accrocher au petit paquet de lettres qu’il avait écrite à Jameson au cours de ces derniers mois, sans pour autant pouvoir les lui envoyer. L’espace d’une seconde il hésita, avant de s’en emparer et de finalement revenir auprès de son amie, s’installant cette fois à ses côtés, dos au radiateur. « Tiens, je… Je les ai écrites pour toi. J’y raconte tout. Tu n’es pas obligée de les lire, évidemment. » Gabriel passa une main dans ses boucles brunes, ne sachant trop quoi ajouter, craignant soudain d’en avoir trop fait. Il pouvait parfois être si maladroit sans réellement s’en apercevoir. « Qu’est-ce que tu aimerais savoir d’autre ? Pose-moi toutes les questions que tu veux. » Relancer la discussion, espérer qu’il n’avait pas gaffé, sourire malgré tout, accrocher une fois de plus l’azur de ses iris à la silhouette fluette de la brune perdue dans des vêtements un peu trop grands pour elle, et se rendre compte, une fois de plus, à quel point il était heureux que Jaimie soit là.
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Jameson Winters
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ÂGE : A l'aube de la quarantaine
SURNOM : Jaimie, Jam'. Maître Winters au boulot. Au lit, aussi.
STATUT : Célibataire. Succombe parfois aux plaisirs sans lendemain.
MÉTIER : Avocate associée chez Ashburn Rose. Militante écologiste et condition animale.
LOGEMENT : #102 Logan City, une immense villa bien trop vide.
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ORIENTATION SEXUELLE : J'aime tout le monde.
PETIT PLUS : Irlandaise & Amérindienne du Canada, j'ai un petit accent. Je me ressource dans la nature. Combattre les injustices me fait vibrer. Je suis aussi à l'aise dans les bas fonds de Dublin que dans les soirées guindées de l'élite australienne. Vegan depuis mes 15 ans, je milite pour préserver la nature. Légalement, de nos jours. Du moins j'essaie. J'ai adopté une chienne/louve que j'aime comme ma fille. Je n'ai jamais perdu un procès. Certains me décriraient comme une féministe autoritaire et mal baisée. Ceux là sont toujours perturbés lorsqu'ils rencontrent une femme qui se comporte comme eux.
UN RP ? : Pas dispo pour le moment.
RPs EN COURS : Phoenix [f.b.]Phoenix [2]LaoiseRobin [6]Gaby [f.b. #2]Finnley

Réalités alternatives ↠ Zombinson [d.z.]Bloody Gaby [d.f.]Bosie me boy [d.f.]Witchy Robin [d.f.]

↟ ↟ ↟

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PHOENIX — I want to heal, I want to feel like I'm close to something real, I want to find something I've wanted all along: somewhere I belong. Nous avions à peine vingt ans et nous rêvions juste de liberté.

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ROBIN — Her eyes look sharp and steady into the empty parts of me. Still my heart is heavy with the scars of some past belief.

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LAOISE — We've been gone for such a long time that I'm almost afraid to go home. A long road is a long, dragged-out imagination where things can go wrong, but we keep rolling on.

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GABRIEL — I'll keep your heart safe in the palms of my hands until it can beat on its own again.

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ARIEL — All you have is your fire, and the place you need to reach. Don't you ever tame your demons, but always keep 'em on a leash.


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KYTE — Old growth holds hope, let the brambles scrape your skin; scars are story books, blood will wash away our sins.



RPs EN ATTENTE : Ariel [2] ↟ Gaby Irlande ↟ Robin [4] ↟ Robin & Phoenix [r.a. 2]
PSEUDO : Whitefalls/Whitewolf
AVATAR : Maggie Siff
CRÉDITS : helpjesaisplus (avatar), anaëlle. (signature), loonywaltz (UB)
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Message(#) Sujet: Re: Act II - roads meet only to separate ↟ Gaby Act II - roads meet only to separate ↟ Gaby EmptySam 19 Sep 2020 - 5:10



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Gaby et Jaimie. Canada, octobre 1998


"I know it seems like we're all lost, we can't follow this river back home. But we see the secrets, we know the unknown."
La société m’avait toujours semblé étrange, faite de traditions et de règles que je ne comprenais pas toujours ; peuplée d’individus trop souvent hostiles que je préférais éviter. Dès mon arrivée au Canada, j’avais éprouvé des difficultés à me lier aux autres, trouver un terrain d’entente. C’était comme si, après m’avoir aidée à trouver mes compagnons de jeu dans l’enfance, mes envies d’aventure et mes grands idéaux emmerdaient les adolescents de mon âge aussi efficacement qu’ils dessinaient un sourire condescendant sur le visage des adultes. ‘Il faut que jeunesse se passe’, qu’ils ricanaient en balançant leurs mégots sur le lit d’une forêt en faisant mine de ne pas réaliser que c’est ma planète qu’ils butaient. Et ça me passera pas, connard. Si je fais rien maintenant, demain il sera trop tard. Les dents plantées dans mon indignation, je soufflais sur les braises de ma colère pour garder le feu à l’intérieur, trouver le courage de m’ériger contre toute cette injustice, de mener des actions toujours plus marginales, toujours plus violentes et moralement ambiguë. La désobéissance civile pour salut, la révolte comme seul guide. C’était du moins l’énergie qui m’animait jusqu’à cette dernière mission, celle qui m’avait envoyée tout droit dans un centre de détention. Alors ce matin je leurs avait sorti le grand jeu : comme j’avais appris de mes erreurs et comme mes sentiments s’étaient régulés. Tout ce qu’ils voulaient entendre pourvu qu’ils me laissent filer, toujours aussi en colère mais la carapace fissurée. Et pourtant quelque part, ils avaient gagné. Parce que si j’avais bien compris un truc, c’est que je ne pouvais plus continuer comme ça, qu’il fallait que je me calme si je ne voulais pas finir come Kyte : traquée, me terrant dans l’ombre en marge de la société pour conserver quelques instants encore la vie comme ma liberté. Mais pour autant, je n’avais pas envie de me ranger, peindre un sourire factice sur mon âme tourmentée, y placarder un masque que je ne devrai jamais retirer. J’aurais tellement voulu décrocher, me réfugier dans l’âtre rassurant de mes pensées, là où d’habitude plus rien ne m’atteignait. Hélas, j'en étais incapable. Car ces derniers mois avaient brisé quelque chose à l’intérieur et je me sentais fragile, épuisée. C’était la guerre à l’extérieur et l’ouragan dans mon âme.

Mais au milieu de tout ce bordel et de tous ces débris acérés, il y avait Gaby. Avec son sourire tendre et compréhensif, son air rêveur, ses grands yeux pleins de compassion et d’intelligence. Il m’avait ouvert une fenêtre sur sa vie, autorisée à me réfugier dans cette bulle de chaleur et de sécurité qu’il créait autour de moi sans même s’en rendre compte. Et moi, j’avais fait des kilomètres sous la pluie pour retrouver ce havre de paix, sans même réaliser que c’était ça que je recherchais. Bon sang, c’était tellement doux, tellement déroutant que j’en avais presque envie de chialer. Mais fallait pas. Parce que si je commençais, je sentais que je pourrais bien m’effondrer. Et j’étais pas le genre de nana à baisser les armes. Jamais ! « Tu n’es pas obligée d’en parler si tu n’en as pas envie tu sais. » Je fronçai les sourcils, surprise par ces mots qui coulaient comme une caresse et la sagesse de sa réflexion. « J’y avais même pas pensé. » Je soufflai, vaguement déconcertée. « C’est vrai, on ne peut pas tout effacer et repartir à zéro. La vie nous oblige à aller de l’avant. Je sais que tu y arriveras. » Ses doux encouragements et la paume brûlante qu’il plaça délicatement contre ma main chassèrent les doutes, la peur et la douleur qui s’accrochaient comme à des sangsues à mon cœur. Une vague de calme déferla dans ma poitrine, seulement troublée pas un étrange sentiment que je n’étais pas certaine de comprendre et que je m’empressai de mettre sur l’affection que j’éprouvais à son égard et la sensation agréable des lignes que son pouce traçait sur le dos de ma main. « Laisse-toi le temps, ne force rien surtout. » Je pris une profonde inspiration pour délier mes poumons encore vaguement compressés, et quand je relevai finalement les yeux vers son visage, je parvins à lui offrir un sourire sincère et plein de reconnaissance. « Merci, je crois que j’avais besoin d’entendre ça. » Mes yeux dans les siens, j’ai posé ma main sur son avant-bras, le pressant délicatement pour mieux encore lui transmettre ma gratitude. Puis je me suis éclaircit la gorge et j’ai détourné le regard un peu rapidement, histoire de ravaler ma vulnérabilité et la renvoyer là d’où elle n’aurait jamais dû s’échapper. Un sourire léger aux lèvres, j’ai mis mes doutes et mes états d’âme sur le compte de la fatigue et dans le fond, ce n’était pas totalement faux. J’étais éreintée, accablée par un épuisement physique, qui engourdissait mes muscles et envoyait parfois un frisson jusque dans mes os, mais surtout une fatigue émotionnelle que je traînais depuis déjà trop longtemps. Un abattement qui toutefois s’apaisait en sa présence et semblait même disparaître totalement alors qu’il m’enveloppait de sa prévenance et se mit à me raconter sa rentrée.

Blottie dans son pull douillet, mes doigts refermés autour de la tasse brûlante qu’il m’avait préparée, je l’écoutais me relater tout ce que j’avais manqué. « Les cours sont passionnants, enfin la plupart le sont, la littérature, la philologie,… Je crois que je suis dans mon élément. » Alors qu’il me décrivait sa vie à l’université, je n’avais aucun mal à me le représenter, déambulant dans les couloirs entre deux cours, ses livres coincés sous son bras, son sac en bandoulière sur le côté, ses boucles brunes autour de son visage absorbé, comme ne flottant qu’à moitié dans cette réalité. « Tu ne seras sûrement pas étonnée de savoir que je passe la plupart de mon temps à la bibliothèque, le nez dans les livres. » Il avait l’air heureux, léger, dans cette nouvelle vie qui lui convenait. Alors son rire éveilla le mien qui se joignit tout naturellement au sien. « Ça alors, je ne m’en serais jamais doutée ! » je le taquinai en suivant du regard la direction qu’il me désignait et découvrit les nombreux ouvrages qui s’étalaient sur son bureau et jonchaient le sol depuis mon arrivée inopinée. Un sourire indulgent au coin des lèvres, je secouai légèrement la tête. « Toi alors… » Car c’est toujours ainsi que je l’imaginais, Gaby. Assis en tailleur sur des couvertures à la fois douillettes et élimées, une kyrielle de bouquins éparpillés autour de lui, son carnet de dessin sur les genoux et la tête dans les étoiles. Une vision que j’aimais tant je la trouvais apaisante, et que j’avais beaucoup invoquée depuis ma prison bitumée. Et je me répétais que dans trois mois, quatre-vingt-onze jours, deux mille cent quatre-vingt-dix heures, je pourrai sortir et alors je le rejoindrai. Et ce soir, enfin, j’y étais. Dans le calme de sa chambre, bercée par cette atmosphère désormais familière qui faisait comme un édredon de douceur et de sûreté dans cette vie d’aventure qui était la mienne et où ces sentiments réconfortants n’avaient jamais eus leur place avant qu’on ne se soit rencontrés. « Excuse-moi une seconde. » Intriguée, je hochai la tête et le suivi des yeux. Un sourire amusé se dessina sur mes lèvres quand je le vis s’affairer au sol pour rassembler les bouquins qui y étaient tombés. « Attends, je vais t’aider. » Mais je n’eus pas le temps de poser mon mug pour me relever qu’il avait déjà terminé. Ses livres soigneusement empilés sur la petite table où il travaillait, il semblait désormais absorbé par quelque chose que je ne pouvais pas percevoir de là où je me trouvais.

Quand il revint s’asseoir à mes côtés, il tenait entre ses mains un petit tas de lettres aux angles cornés. Ses longs doigts repliés autour du papier, il sembla hésiter. Il finit par me les remettre, d’un geste un peu trop incertain pour ne pas laisser transparaître sa nervosité. « Tiens, je… Je les ai écrites pour toi. J’y raconte tout. Tu n’es pas obligée de les lire, évidemment. » La gorge étrangement nouée, je pris délicatement ces bouts d’histoire. J’avais l’impression troublante de tenir entre mes paumes quelque chose de précieux que je n’étais pas certaine de mériter. Comme si j’étais une intruse sur le point d’envahir son intimité. Un sentiment paradoxal, puisque ces missives avaient justement été écrites pour moi. J’arrive pas à croire que malgré ta nouvelle vie et l’éloignement, t’as eu envie de faire ça. Je m’étais préparée à l’idée qu’il veuille tourner la page et m’oublier. Après tout, il n’aurait certainement pas été le premier puisque c’est précisément ce que Kyllian avait fait. Mais malgré la distance que je m’étais efforcée de creuser, il n’avait cessé de nourrir notre amitié, me racontant sa vie comme il préférait le faire, à travers ces lignes qu’il couchait si naturellement sur le papier. Et tout ça sans savoir que moi, j’avais fait la même chose de mon côté. « Qu’est-ce que tu aimerais savoir d’autre ? Pose-moi toutes les questions que tu veux. » Une fois de plus, sa voix vint me repêcher dans la marée d’émotions qui menaçait de me submerger. Oh, bien sûr en surface je n’avais pas cillé. Le calme en surface, la tempête dans les tripes, j’étais habituée depuis l’enfance à garder une expression de marbre même quand tout partait en vrac à l’intérieur. Pourtant, j’étais sûr qu’il pouvait lire dans mes yeux à quel point son geste me touchait. Quelque peu déroutée par son changement de sujet, je sondai le fond de ses yeux azur pour tenter de trouver la réponse à la seule question qui me taraudait en cet instant. Mais pourquoi tu penses que je pourrais ne pas vouloir les lire ? La réponse me frappa presque aussitôt. T’as peur de t’être trop dévoilé. Et même si elles me sont destinées, y’a une partie de toi qui serait rassurée si je ne les lisais pas. Je le sais, je suis comme toi. Mais j’allais pas laisser ce sentiment bizarre se mettre en travers de notre amitié. Sans y réfléchir davantage, je plongeai dans mon sac à dos, celui que je n’avais même pas pris la peine de vider en revenant directement de cette prison pour adolescentes rebelles. Mes doigts repérèrent aisément le petit paquet que je convoitais. Un peu moins épais que le sien, vaguement humide, il avait clairement moins fière allure. « Je t’ai écrit moi aussi… ça me faisait du bien. » de te parler. « J’étais pas certaine de te les donner mais… » Haussant les épaules d’un air nonchalant, je déposai le petit tas entre ses mains et lui offrit un sourire complice avant de me détourner. « Je peux pas te garantir qu’elles seront entièrement lisibles par contre, disons que la livraison a été un peu plus humide que prévu. » Je plaisantai avec un petit rire tout en essayant de me rappeler ce qu’il découvrira en parcourant ces lignes. Des bribes de mon quotidien sans le moindre doute. Les trucs qui m’énervaient ou me faisaient marrer. Mes doutes parfois, et mon envie criante de liberté. J’étais quasiment sûre qu’il trouverait aussi une ou deux diatribes enragée dans la mêlée. Rien de très surprenant en soi, car il me connaissait déjà sur le bout des doigts. Si bien que je n’avais d’ailleurs pas besoin de lui préciser qu’on les lirait plus tard, tous deux recroquevillés sous nos couvertures, éclairés par la lueur solitaire du soir. « Parle-moi des gens là-bas. » Je lui ai alors demandé. « Ils sont comment ? Pareil qu’au lycée ou c’est vraiment différent ? » Les bras noués autour de mes mollets, la tête posée sur mes genoux, j’attendais patiemment qu’il me fasse découvrir les personnages qui peuplaient désormais son univers. J’avais hâte de vivre cette aventure à mon tour. J’espérais pouvoir décrocher mon diplôme cette année, et être acceptée dans une université de l’Ivy League. De préférence un truc bien éloigné, que j’ai l’excuse de ne pas remettre les pieds chez mes parents à part peut-être pour les incontournables fêtes d’hiver. Ouai, c’est dans ces écoles lointaines que je trouverai ma prochaine délivrance, j’en étais persuadée. Mais comme toute dose de liberté, elle exigeait un sacrifice. Genre… Gaby. Car il était clair que je ne pourrai plus voir mon ami aussi souvent que je le souhaitais quand je disparaitrai à l’autre bout du continent pour étudier. Mais ce soir, je n’avais pas envie d’y penser. Pas quand il était là, à mes côtés. « Et… t’as conquis combien de cœurs depuis le début de l’année ? » J’ai demandé avec un sourire complice, appuyant légèrement mon épaule contre la sienne pour le taquiner. On n'avait jamais trop abordé ce sujet avant, mais il se trouve quelque quelques minutes avant de me faire arrêter, j'avais échangé mon premier baiser. Et ça m'avait comme ouvert une sorte de curiosité, qui me poussait à me demander si de son côté, c'est aussi quelque chose qu'il avait exploré.
(c) DΛNDELION


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