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 I am the master of my fate : I am the captain of my soul. Terrence#1

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AuteurMessage
Aodhan Brennan
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ÂGE : 46 ans (02.12.74)
STATUT : célibataire, la tête dans les nuages, le cœur plongé dans ses ouvrages...
MÉTIER : professeur en littérature anglaise au Trinity College de Dublin, actuellement en congé sabbatique pour des raisons familiales
LOGEMENT : 12, pine street à bayside. petit appartement d'appoint, cosy et plein de charme, repère précieux qui recueille ses pensées vagabondes
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POSTS : 72 POINTS : 40

ORIENTATION SEXUELLE : J'aime les jolies filles.
PETIT PLUS : Croyant, protestant et pratiquant - Fumeur - Technophobe - Il aime pêcher en plein océan, est proche de la nature et des animaux, les chevaux ont une place particulière dans son coeur - Il apprécie la bonne bière et le bon whisky - Critique littéraire à ses heures - Serviable, poli, le sourire aux lèvres, il est d'une nature agréable et conciliante - Passionné et cultivé, il est tête en l'air et a du mal à fixer son attention longuement.
UN RP ? : Pas dispo pour le moment.
RPs EN COURS :
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Le bonheur est parfois caché dans l'inconnu.
Terrence#1

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J'entends ta voix dans tous les bruits du monde.
Laoise#1

I am the master of my fate : I am the captain of my soul. Terrence#1 CorruptGoldenHuman-small
Le seul, le vrai, l'unique voyage c'est de changer de regard.
Jameson #FB1

4/5

May

RPs EN ATTENTE :

Mara (Rencontre au Centre Equestre) - Emma (Meeting on the beach) - Allan (Plein océan) - Heïana - Auden (galerie jeunes talents)

PSEUDO : MJB
AVATAR : Cillian Murphy
CRÉDITS : Ava : Davy. Sign : Astra.
DC : Harvey, le gros ours et Abel, le sale gosse.
INSCRIT LE : 05/11/2019
https://www.30yearsstillyoung.com/t27328-aodhan-le-grand-art-de-la-vie-est-la-sensation-de-sentir-que-nous-existons-meme-dans-la-douleur https://www.30yearsstillyoung.com/t27375-there-is-no-instinct-like-that-of-the-heart-aodhan-o-braonain

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Message(#) Sujet: I am the master of my fate : I am the captain of my soul. Terrence#1 I am the master of my fate : I am the captain of my soul. Terrence#1 EmptyDim 10 Nov - 0:04



I am the master of my fate : I am the captain of my soul.
"OUT OF THE NIGHT THAT COVERS ME. BLACK AS THE PIT FROM POLE TO POLE, I THANK WHATEVER GODS MAY BE FOR MY UNCONQUERABLE SOUL. In the fell clutch of circumstance I have not winced nor cried aloud. Under the bludgeonings of chance, My head is bloody, but unbowed. Beyond this place of wrath and tears Looms but the Horror of the shade, And yet the menace of the years Finds and shall find me unafraid. It matters not how strait the gate, How charged with punishments the scroll, I am the master of my fate, I am the captain of my soul."

Et maintenant, que dois-je faire ? Face à l’étendue bleue sur laquelle dansent les reflets dorés du soleil en cette matinée d’hiver (bien qu’ici ce soit l’été), je suis assis dans le sable tiède les pieds nus et je griffonne sur un carnet à la couverture rêche et pliée ces quelques mots : et maintenant que je suis là, que dois-je faire ? Après toutes ces années de recherche, après tous ces échecs accumulés qui auraient pu me pousser au renoncement, après ce parcours et ces obstacles, après cette vie… Que dois-je faire maintenant ? Je regarde l’avenir avec un mélange curieux de peur et d’envie, une appréhension tenace me tord le ventre tandis qu’une excitation furieuse le dévore en même temps. Si je ne sais plus qui je suis, je sais au moins d’où je viens. Cette phrase, ces mots écrits il y a des années sur un vieux papier ont été le déclic qui manquait cruellement à ma vie. Ils indiquent que si tu ne sais plus où tu vas, il suffit de regarder derrière toi. Et c’est à ce moment que j’ai compris l’importance du patrimoine et la transmission. Les valeurs si chères à mes propres parents qui en ont pourtant une vision bien trop étroite à mon goût, je les chéris aussi. Car c’est dans le don qu’on se trouve, dans l’abandon qu’on se perd. Et je t’ai perdu, Aodhan… Ou Terrence, devrais-je dire désormais. Je t’ai perdu il y a longtemps.

Une pause, un instant. Le vent souffle et les grains de sable courent sur ma peau nue. Mes orteils s’enfoncent légèrement dans le sol et j’inspire profondément les embruns de l’océan qui caressent mon visage. Ai-je le droit de venir ainsi perturber ta vie ? Mes yeux sondent les vagues déversant leurs écumes sur le sable fin, comme si je pouvais obtenir des réponses en leurs seins. N’ai-je pas le devoir de te transmettre tes origines ? Mes paupières se ferment, alourdies par le poids de deux réalités qui se font face et se jaugent un instant : droit et devoir s’affrontent-ils ? Mon pouce et mon index se posent de chaque côté de l’arrête de mon nez après avoir glissé sur mes paupières, dans un geste de lassitude face à ces questions incessantes qui me tourmentent et ne me laissent aucun répit. Depuis que j’ai entrepris cette quête, je n’ai de cesse d’en questionner le sens ; et le cœur combat la raison mais la raison s’accorde parfois avec celui-ci, avant de le défier sournoisement. Est-ce que je trouverais la paix dans ton regard ? Ou est-ce que le feu de tes yeux me fera brûler à jamais en enfer ? Ma tête bascule vers l’arrière, un souffle lourd s’échappe de mes lèvres et mes paupières s’ouvrent pour interroger le ciel. Mon dieu, guide-moi. Donne-moi la force d’accomplir la mission qui m’a été donné. J’ai un fils qui mérite de savoir d’où il vient.

Une cigarette fine glissée entre les lèvres, j’avance d’un pas modéré en direction de la petite librairie que l’on m’a fortement recommandé. Je suis à la recherche d’une édition ancienne du chef d’œuvre de Jane Austen et je ne suis pas vraiment étonné de le dénicher dans une librairie indépendante car c’est ainsi que ces libraires survivent au milieu des géants de l’industrie. La mondialisation n’a pas redistribué de façon très équitable les richesses, et il y a en moi un élan de patriotisme, un brin indépendantiste, qui continue de croire que certaines frontières devraient être closes – sauf celles de l’esprit, évidemment et c’est à ce moment que je me contredis. Légèrement amusé par mes propres réflexions, je balance le mégot de cigarette dans le cendrier prévu à cet effet avant de pénétrer dans la charmante librairie. Tout y est absolument très chaleureux : l’odeur du bois des étagères se mêle à celle des innombrables ouvrages qui les ornent, accolés les uns aux autres selon un ordre stratégique qui permet au chercheur de trouver rapidement sa pépite. Me rendant dans le bon rayon, ayant l’habitude de ces endroits atypiques et, je le déplore, de moins en moins fréquentés si ce n’est par d’éternels passionnés ; je cherche sur l’étagère mais ne trouve que du vide à l’endroit où devrait être rangé l’œuvre convoitée.

Bien embêté, au lieu de bêtement partir et de renoncer, je me dirige malgré tout vers l’accueil pour tenter ma chance. Tous les ouvrages ne sont pas toujours à disposition, et compte tenu de la rareté de celui-ci, je ne serais pas surpris qu’ils le gardent en réserve. Je me racle la gorge afin d’alerter le jeune homme qui se trouve fort occupé, le nez plongé dans des ouvrages anciens. Cette vision m’arrache un petit sourire attendri tandis que j’observe les boucles en pagaille qui dansent à chaque léger mouvement de tête. Elles me rappellent de lointains souvenirs et le son ancien de rires enfantins résonne encore dans mon esprit. – Excusez-moi, jeune homme, je cherche un ouvrage… Je m’arrête brusquement de parler lorsque deux yeux d’un vert émeraude m’éblouissent tout à coup. Oh ses yeux… Les plus beaux et les plus profonds qu’il m’ait été donné de voir, ses yeux dans lesquels je me perdais avec délice des heures durant, ses yeux qui parlaient tellement plus que sa douce bouche rosée… Oh ses yeux, tonnerre frappant du silence, éclat juvénile de la jouissance, douceur, pureté et bienveillance… Leur immensité n’avait pas d’égale… Me suis-je trompé ? Ma langue glisse nerveusement sur mes lèvres et mes doigts se serrent sur le bois du bureau d’accueil, comme pour me rappeler à moi-même. Je baisse la tête, mon regard se pose sur les ouvrages ouverts et les crayons éparpillés au milieu des registres. Ce n’est qu’un mirage de l’esprit, je dois me reprendre. Mon cœur serré bat à tout rompre dans ma poitrine, et comme s’il pouvait l’entendre, je me précipite pour terminer de formuler ma demande et ainsi masquer le trouble grandissant qui s’empare de moi. – Jane Austen, Orgueils et Préjugés, on m’a conseillé de venir ici pour une ancienne édition. Je n’ai cependant rien vu dans vos rayons, alors peut-être que j’ai de la chance et que vous le conservez ailleurs ? Non sans appréhension, je relève lentement mon regard vers le sien et tente un sourire doux, un peu timide. Pourtant, à force de croiser son regard, je m’y fais et l’apprécie, me sens rassuré, comme s’il m’était cher et familier.


(c) DΛNDELION


I am the master of my fate : I am the captain of my soul. Terrence#1 674657830 @Terrence Oliver I am the master of my fate : I am the captain of my soul. Terrence#1 674657830


❝ La plume d'un poète est le reflet de son âme ❞

On lit ou on écrit de la poésie non pas parce que c'est joli. On lit et on écrit de la poésie parce que l'on fait partie de l'humanité, et que l'humanité est faite de passions. → Le cercle des poètes disparus.
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Terrence Oliver
Terrence Oliver
la corde sensible
la corde sensible
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ÂGE : 28 ans (26.12.90)
SURNOM : Terry
STATUT : Coeur follement épris.. de lui. Harvey.
MÉTIER : Serveur au confidential club 23 h/semaine, libraire le reste du temps à la State Liberty. Egalement compositeur à ses heures pour la Northlight Theater Company
LOGEMENT : Chez Harvey depuis septembre, même s'il a toujours son appart à Fortitude.
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POSTS : 17060 POINTS : 695

ORIENTATION SEXUELLE : Je n'aime que ma moitié.
PETIT PLUS : Gosse adopté d'origine Irlandaise, fracture dans l'âme. Il est gaucher, agnostique et philanthrope. Il se considère comme étant le plus grand fan de la saga Harry Potter, joue du violoncelle, est passionné de littérature, déteste le chocolat, fait du yoga, a la phobie des chats et des hauteurs, manque cruellement de confiance en lui. Il n'a pas de télévision, est technophobe et écoute ses musiques sur une platine. Il est maladroit et insomniaque. Il peint et dessine énormément même s'il estime ne pas être doué.
UN RP ? : Pas dispo pour le moment.
RPs EN COURS : 14/8

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OLIWELL. Drive highways and byways to be there with you. Over and over the only truth, everything comes back to you. ≈ UA 2007UA (DS)Oliwell #5 (pride)Oliwell #7

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It laid shattered on the floor cause what's broken can't be whole anymore ≈ Freya#2 (FB 2006)

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'Cause it's better to know lately this is nothing more than a ritual between me and you ≈ Léo#3

Sid (fb 2009)GabrielAbelArchibaldJilltopic commun DSNoaAodhanArthur & Harvey


RPs EN ATTENTE : Ariel • Romy • Sid#2 • Leo (UA colo) • Prim • Levi • Phoenix • Malachi • Aisling • Laoise

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RPs TERMINÉS : Harvey#1, #2, #3, #4, #6 Léo#2HeianaAudenCharlieWolf_99 (mails 2010)JohnStephenTea timeRomyAndyFreya#1

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AVATAR : Robert Sheehan
CRÉDITS : moi (ava), google, tumblr (gif)
DC : /
INSCRIT LE : 01/07/2019
https://www.30yearsstillyoung.com/t24793-prout https://www.30yearsstillyoung.com/t24846-i-m-reaching-light-through-the-struggle-terrence#1017611 https://www.30yearsstillyoung.com/t24837-terrence-oliver https://www.30yearsstillyoung.com/t27742-terrence-oliver#1192389

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Message(#) Sujet: Re: I am the master of my fate : I am the captain of my soul. Terrence#1 I am the master of my fate : I am the captain of my soul. Terrence#1 EmptyVen 6 Déc - 6:06




I am the master of my fate
I am the captain of my soul
@Aodhan Brennan & @Terrence Oliver

- novembre 2019 -


Presque deux mois s'étaient écoulés depuis qu'Harvey l'avait amené assister à l'un de ses combats illégaux, depuis qu'il avait vu avec quelle ardeur et quelle force son petit-ami se battait jour après jour sans jamais rien lâcher, pas seulement contre des adversaires sur un ring mais aussi contre lui-même, naufragé perdu en mer à la recherche d'un radeau, coeur abîmé au milieu d'un océan de Whisky à supplier rédemption, à demander qu'on l'aide ou qu'on l'achève, il ne savait plus vraiment. Il préférait penser qu'Harvey voulait s'en sortir comme lui l'avait fait avec la drogue et restait positif malgré toutes les fois où il avait eu envie de pleurer. Presque deux mois s'étaient écoulés depuis l'arène, depuis l'entrepot dégueulasse, depuis le sang et la poussière, depuis le contrat déchiré, depuis Clyde, depuis la peur et la fierté mélangées, depuis la course folle à moto en pleine nuit sans se retourner, depuis ce "je t'aime" lancé comme on aurait imploré de rester malgré ce qu'il lui avait montré, depuis le "je t'aime" retour de Terrence qu'il n'aurait pas pu anticiper, lui qui n'avait jamais prononcé ce trois petits mots avant ce soir-là. Et s'il avait vu la noirceur gravée au fer sur la peau d'Harvey, s'il avait vu les ténèbres accrochés fermement à ses tripes, il avait aussi été baigné par la force de sa lumière, la lumière d'un amour qu'il n'avait jamais connu jusqu'alors, puissant et salvateur, capable de pousser à tous les sacrifices et à l'abnégation la plus totale, un amour si intense qu'il écartait les ombres par moments, laissant entrevoir un ciel définitivement plus beau. Et il avait fermé les yeux fort pour ne pas flancher, Terry, avant gardé les épaules en arrière et le menton levé pour soutenir Harvey du mieux qu'il avait pu, lui avait offert son affection sa résilience et sa douceur et il ne regrettait rien de tout ce qu'ils avaient vécu. Il était prêt à se battre, vraiment, au propre comme au figuré, était prêt à le porter, les poings et dents serrés et s'il y a quelques mois il aurait douté de lui, aujourd'hui il savait qu'il avait la capacité de le tenir à bout de bras aussi longtemps qu'il le faudrait. Parce qu'il était son petit ami et qu'il ne le laisserait pas tomber. Jamais. Jamais jamais. Jamais. Presque deux mois s'étaient donc écoulés et ce n'était rien mais pourtant déjà tout en vérité, parce que bien des choses avaient changées. Désormais, le numéro 284 Oxlade drive restait empli de vide et baigné de silence parce qu'il était parti, Terry, avait définitivement posé ses valises chez Harvey, le violoncelle dans le salon et la brosse à dent dans le gobelet. Il était là maintenant, l'avait décidé parce qu'il refusait de l'observer de loin se bousiller encore et encore à coup de liquide ambré dans le gosier, parce qu'il voulait être là tout le temps pour l'aider, le protéger, pour lui proposer son épaule s'il avait besoin de s'y reposer. Il voulait faire de l'appartement d'Harvey un abris, un nid, lui qui n'en avait jamais vraiment eu, baladé de famille d'accueil en foyer, de coloc en coloc, lui qui n'avait jamais eu la possibilité de faire ses marques et de se poser réellement quelque part. C'était chez eux, oui, chez eux, un lieu où tous les deux sauraient désormais se réfugier quand le monde serait trop dur et trop compliqué et en deux mois seulement des habitudes s'étaient mises en place; les repas préparés en riant, les nuits collés l'un contre l'autre en peau à peau, souffle contre souffle et les âmes rassurées, les réveils en sourires et les vinyles grattés par le diamant pour faire danser. Il y avait les odeurs de coco dans la salle de bain, les pièces toujours plus ou moins bien rangées baignées de douces effluves d'encens et de bougies parfumées, il y avait les chatouilles et les douches prises ensemble "pour économiser", les mains passées dans les boucles et les baisers déposés sur le front. Il y avait les yeux d'Harvey aussi qui dévoraient Terry lorsqu'il prenait son archet et se mettait à jouer, et les yeux de Terry qui observaient impunément son petit ami en se retenant sans cesse de lui rappeler à quel point il le trouvait sexy lorsqu'il grimpait sur sa moto, veste en cuir sur les épaules. Ce soir par exemple, il savait qu'Harvey viendrait le chercher sur Daisy et son casque attendait sagement dans la réserve, le coeur en équilibre précaire et les poumons sans cesse en manque de lui. S'il avait été honnête, Terry, il aurait sombrement avoué, tête baissée, que dernière ses sourires il était tétanisé à l'idée de le laisser seul à la maison, à ruminer ses peines et ses démons, parce que même vidée de toute bouteille d'alcool il était bien trop facile de sortir pour aller en acheter. Et il vivait comme ça, Terrence, à moitié heureux à moitié nerveux, l'esprit sans cesse à se demander quoi faire pour le soutenir au maximum tout en sachant qu'il faisait déjà surement de son mieux. Gabriel lui avait demandé à maintes reprises si tout allait bien et pour ne pas l'alarmer il avait répondu oui, le sourires accrochés avec force en coin de lèvres et les yeux plissés. Mais il mentait. Non, ça n'allait pas et pourtant il était là, à ranger les bouquins dans les rayons et à conseiller les clients alors que ses pensées étaient restées accrochées contre d'Harvey à leur appartement de Fortitude Valley.

Il avait commencé le travail à la State Liberty à 13h, était venu en vélo comme tous les lundi, l'avait attaché avec un cadenas, s'était allumé une cigarette, l'avait fumée, écrasée d'un coup de talon puis était rentré dans ce lieu qu'il aimait tant non sans avoir préalablement envoyé un sms à Harvey pour savoir si tout allait bien. Il n'avait reçu aucune réponse alors il avait préféré ne pas insister. Peut être qu'il dort. J'suis sur qu'il dort, il a bossé tard hier soir et il avait les traits tirés quand il est venu me rejoindre dans le lit. Il semble préoccupé en ce moment, surement cette histoire de sortie de prison qui approche à grands pas... et il essaye de se convaincre que c'est ça, qu'Harvey n'en a pas profité pour aller s'acheter un truc à picoler en douce et avoir ainsi le temps de décuver avant de venir le chercher le soir. Il salue ses collègues, enfile le masque du parfait petit vendeur doux et enjoué, parce qu'être vendeur c'est aussi savoir mettre ses soucis de côté, les enfermer dans une boite et les récupérer une fois le travail terminé. Les gens ne sont pas là pour assister à ses états d'âme, pas vrai? 16h30, il a déja fait huit allers retours dans la réserve pour vérifié son portable, bu trois thés, a aidé une demi-douzaine de clients, a soldé plusieurs ventes, a porté des kilos de livres, a avalé pas mal de poussière, a réparé un néon, préparé des cafés et des cacaos, vendu quelques viennoiseries et c'est naturellement qu'il s'octroie une petite pause le temps de laisser tomber le déguisement et de redevenir lui, le petit mec inquiet et terriblement tourmenté, les épaules voûtées. Il s'empare d'un livre que Gabriel a posé sur le devant de l'accueil et le feuillette, parce qu'il n'y a encore qu'avec les livres qu'il sait lâcher les armes. Il comprend pourquoi son patron l'a placé là parce qu'il est magnifique, ce livre, les pages toutes en dorures sur la rainure et la couverture ancienne qui a surement dû être restaurée. Le prix était elevé mais beaucoup de collectionneurs venaient ici et il ne doutait pas qu'avant la fin de la semaine, cette édition de vingt mille lieues sous les mers aurait trouvé acquéreur. Le nez dans les pages de l'ouvrage il ne remarque pas tout de suite le client qui attend à ses côtés. – Excusez-moi, jeune homme, je cherche un ouvrage… Instinctivement il remet son masque, sourit, ferme le livre dans un claquement sec et se tourne vers l'homme qui lui fait face. Oui? Dites-moi lequel, que je puisse voir si nous l'avons. Mais l'homme ne répond pas tout de suite, le regard qui se perd quelque par sur l'accueil après avoir scruté son visage et il maintient son sourire, Terrence, les sourcils levés en signe d'interrogation et les dents qui viennent mordre sa lèvre, intrigué. – Jane Austen, Orgueils et Préjugés, on m’a conseillé de venir ici pour une ancienne édition. Je n’ai cependant rien vu dans vos rayons, alors peut-être que j’ai de la chance et que vous le conservez ailleurs ? Il plisse les yeux pour réfléchir, fait une moue, concentré, puis finalement tique de la langue. On vous a bien conseillé, je crois que nous avons au moins une ancienne édition d'orgueil est préjugés mais en effet elle n'est pas en rayon. Suivez-moi ! Et sans attendre il traverse la librairie d'un pas énergique, le client sur ses talons. Tout en marchant il s'adresse à lui, la tête qui se tourne vers le côté et les boucles qui volent devant son visage radieux. C'est mon roman préféré et je peux affirmer sans me tromper que vous êtes la première personne à venir demander une ancienne édition! Et ça lui plait! Il s'arrête devant un rayon isolé des autres après avoir retiré la grosse corde pourpre qui interdisait ce passage au public, se met sur la pointe des pieds et s'empare délicatement de l'ouvrage comme s'il s'agissait d'une pièce de musée, les yeux qui pétillent et le coeur soudain transporté. Là.. Editions Odhams Press, imprimé en 1847. C'est une pure merveille.. Regardez! Sa voix est douce et délicate tandis qu'il lui tend le livre dont les pages sont légèrement abimées. S'il ne se retenait pas, Terry, il irait renifler le papier avec allégresse comme il faisait souvent quand personne ne pouvait le voir, mais il doit rester professionnel alors il se contente simplement de rester là, les bras le long du corps à observer le client. Soudain, une voix familière se manifeste derrière eux. Terrence, je dois partir faire une course, j'en ai pour une demi heure environ, je te confie la boutique? Terrence fixe Gabriel, son patron, avant de lui adresser un large sourire entendu, touché de la confiance qu'il lui accorde et qui ne cesse de grandir avec les semaines. Pas de souci ! Je m'occupe de tout! A tout à l'heure. Et il n'a pas remarqué le visage qui a changé du client à ses côtés, ne remarque pas ses yeux qui brillent et ses mains qui tremblent. Pas avant de se tourner à nouveau vers lui. Tout va bien? Et il espère sincèrement qu'il ne va pas tourner de l'oeil ici et faire un malaise.






quand le monde est
immobile, pourquoi c'est
moi qui tremble?

• m o o d b o a r d •

:burger: :
 

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