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 (alfiana) i'm hearing voices in my head i don't wanna hear

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Alfie Maslow
Alfie Maslow
la pile électrique
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ÂGE : trente-cinq ans (01.11), parfois l'impression d'en avoir vécu dix de plus.
SURNOM : alfie en est déjà un.
STATUT : en couple depuis trois ans et demi, l’évocation d’une future vie de famille laisse planer un nuage noir sur sa relation avec jules.
MÉTIER : anthropologue de formation ; consultant, lecturer à l'université et pianiste des street cats (actuellement en arrêt de travail suite à une agression).
LOGEMENT : apt. #95 à toowong, qui devient trop petit pour lui, jules et nouvellement sa filleule de 6 ans, anabel.
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POSTS : 1829 POINTS : 25

ORIENTATION SEXUELLE : Je n'aime que ma moitié.
PETIT PLUS : enfant unique, parents très religieux ≈ rescapé d’un accident de voiture qui a tué son premier amour (toxique) ≈ passionné par son métier, le vrai (anthropologue) ≈ se déplace en skate ou vélo, rarement en voiture ≈ excellent pianiste ≈ trouble tdah jamais diagnostiqué ≈ cicatrices le long du dos, sur le torse et brûlure sur l’entier de la paume gauche ≈ de retour à brisbane depuis deux ans, il rêve de fuir à nouveau ≈ ancien toxico en perpétuelle lutte pour ne pas replonger ≈ deux agressions en deux ans, et un ptsd qui prend de plus en plus de place au quotidien.
UN RP ? : Pas dispo pour le moment.
RPs EN COURS : (alfiana) i'm hearing voices in my head i don't wanna hear Tumblr_mye7xf6dsJ1rqh62oo5_250
alfiana #4 & alfiana #5 ⊹ i'm sliding into something you won't understand, but don't give up on me 'cause i'm just in a rut, i'm climbing but the walls keep stacking up.

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anabel ⊹ no matter how big and bad you are, when a six year old hands you a toy phone, you answer it.


RPs EN ATTENTE : street cats › bande atypique › romy (battle mario kart) › elwyn › arthur › james › joey #2
RPs TERMINÉS : arfie #2 (2010) norah #2 (2015)stephen #1 (2017)arfie #1 (& jules)evaleonardojoeyalfiana #1joseph & julesnorah #1tad #1harvey #1tad #2harvey #2kanealfiana #2julealfenalfiana #3joseph #2

calie (fb)nadia eleonoralily stephen #2leah

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arfie ⊹ we're burning down the highway skyline on the back of a hurricane that started turning, when you were young, when you were young.
PSEUDO : leave
AVATAR : brandon cutie pie flowers
CRÉDITS : lannisters (ava), jesaisplusdesolee (sign), loonywaltz (ub)
DC : le roux de secours (finnley coverdale)
INSCRIT LE : 01/02/2019
https://www.30yearsstillyoung.com/t23106-alfie-just-lean-into-the-light https://www.30yearsstillyoung.com/t23175-alfie-smile-like-you-mean-it https://www.30yearsstillyoung.com/t23176-alfie-maslow https://www.30yearsstillyoung.com/t23177-alfie-maslow

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Message(#) Sujet: (alfiana) i'm hearing voices in my head i don't wanna hear (alfiana) i'm hearing voices in my head i don't wanna hear EmptyDim 1 Déc - 23:01




JULIANA & ALFIE ⊹⊹⊹ Paralyzed by my own emotion, Out of my mind, looking for a way out of here, Out of here. Terrified and my feet are frozen, Something inside got me wondering is this real ? Is this real ?

« Je bois un dernier verre d’eau et j’arrive. » Qu’Alfie assure à Juliana avec un sourire alors qu’elle disparaît dans l’intimité de leur chambre à coucher et que son regard se porte sur la pièce à vivre dans laquelle il se trouve, désormais plongée dans le silence. Même Itchy, d’ordinaire si turbulent dans sa cage se contente de l’observer et de lever le museau en sa direction lorsqu’il passe à ses côtés pour leur fournir un dernier reste de viande du repas du soir, avant de se diriger vers la baie vitrée à l’autre bout de la pièce. Sa main se pose sur la poignée, force celle-ci à plusieurs reprises sans qu’elle ne cède. Il se décale de quelques pas pour s’emparer du rideau qu’il tire, non sans vérifier une nouvelle fois la poignée contre laquelle il s’acharne ; elle reste irrémédiablement fermée et il peut ainsi tirer la totalité du rideau en toute conscience. Il revient vers le réfrigérateur pour s’emparer d’une bouteille d’eau qu’il vide quasi instantanément, faisant une pause pour se diriger vers la porte d’entrée où le même manège recommence. Une fois, deux fois, trois fois (…) huit fois, et la poignée n’a pas cédé à sa vérification, pour autant il s’assure également que le verrou est bien mis, une fois, deux fois, trois fois (…) huit fois, avant de déposer devant la porte la bouteille en verre fragile qu’il vient de terminer. Une dernière fois, sa main se pose sur la poignée, et le résultat est le même que quelques instants auparavant. C’est la raison pour laquelle il daigne enfin quitter la pièce pour rejoindre Jules, se glissant entre les draps après avoir ôté son t-shirt, échangeant encore quelques mots avec Jules avant de lui souhaiter bonne nuit et d’emprisonner sa silhouette entre ses bras alors que sa tête vient s’échouer contre la nuque de la jeune femme. Dix, vingt, trente, quarante, les minutes passent et bien que s’étant calé sur le rythme saccadé de Jules pour s’inspirer de sa tranquillité, l’anthropologue a toujours les yeux grands ouverts qui fixent le store entrouvert devant lui. Ou plus précisément, la fenêtre. La fenêtre. Il n’a pas vérifié la fenêtre. Sa main se resserre autour du drap près de la hanche de Jules, s’accrochant à celui-ci comme s’il était en mesure de le forcer à rester au lit, mais il ne parvient pas à détacher ses yeux de l’objet de sa peur. Et peu importe qu’ils n’habitent pas au rez, peu importe que la résidence soit sécurisée et que pour l’atteindre il faille un code, peu importe si c’est absolument irréelle que quelqu’un puisse grimper les étapes sur cette façade complètement lisse et dénuée d’accroches, ce sont des éléments auxquels Alfie ne songe pas. Non, cette petite voix raisonnable est réduite au silence, portée disparue même, bien dissimulée derrière toutes les autres, qui imaginent divers scénarios, comme elles le font toujours. C’est pas cette semaine qu’ils doivent laver la façade ? Je crois que oui. Merde, je suis sûr que oui. Merde, merde, merde. Ça veut dire que la nacelle est sûrement installée, là en bas, et prête à être utilisée. Et même si l’immeuble est sécurisé, quelqu’un qui veut entrer dans la cour va forcément y arriver, c’est pas difficile, il suffit d’être là au bon moment, il suffit d’être un peu souple, d’avoir une motivation suffisante. Et puis, la nacelle doit pas être difficile d’utilisation, suffit d’enclencher un ou deux boutons, n’est-ce pas ? Mais ça fait du bruit. Ça fait forcément du bruit, quelqu’un va l’entendre, s’interroger et appeler la police avant qu’il ne parvienne à notre étage. Mais on est à Brisbane, il y a toujours du bruit, comment distinguer cette nuisance d’une autre ? Et si personne ne réagissait ? Et s’il arrivait devant ma fenêtre, s’il comprenait qu’elle est ouverte ? J’arriverais pas à temps, c’est impossible, même en étant rapide, le temps que je m’écarte de Jules, que je me lève, que je cours, il sera déjà dans la chambre. Parce que j’ai pas fermé cette putain de fenêtre. Je l’ai ouverte aujourd’hui ? Non, je crois pas. Non j’en suis sûr. Mais Jules ? Merde, j’aurais dû lui demander. Pourquoi je l’ai pas fait ? Ça prend deux secondes, j’ai eu toute la soirée pour lui demander. Elle a aéré. Je suis sûr qu’elle a aéré, forcément. Et si elle avait pas fermé correctement ? Comment elle peut en être sûre ? Comment je peux en être sûr ? Et puis si… C’est lorsque la jeune femme se repositionne qu’il sursaute et que son regard quitte la fenêtre pour se poser sur elle, et qu’il secoue légèrement la tête. Sois pas débile, y’a aucun risque ici. Il se décide à fermer les yeux et à se concentrer à nouveau sur la respiration de Jules qu’il serre un peu plus contre lui, ses mains autour de son ventre, accroché à elle comme un koala à son arbre. Mais il n’a pas fermé la fenêtre. Il en est certain cette fois-ci, et il entreprend de se dégager de Jules pour se lever, sans toutefois y parvenir sans la réveiller. Il hésite, parce que tout son corps lui supplie de se lever, non pas seulement pour vérifier cette ouverture, mais surtout pour bouger. À défaut, il se contente de faire danser son pied droit à un rythme régulier sous la couverture, alors que son regard ne cesse de fixer cette fenêtre. Je suis rapide, je cours vite, le temps que quelqu’un arrive, je l’aurai forcément repéré et j’arriverai à la fenêtre avant qu’il ne puisse entrer dans la chambre. Bon, c’est sûr que Jules n’appréciera pas mon manque de délicatesse, mais c’est pour la bonne cause, pas vrai ? Elle m’en voudra pas si je lui explique que c’était pour la protéger, parce que c’est pas grave si elle tombe par terre si ça veut dire que c’est pour empêcher quelqu’un de s’en prendre à elle, hein ? Parce qu’elle est là ce soir, alors forcément, si quelqu’un arrive, il va aussi s’en prendre à elle, et je peux pas imaginer que ça arrive. Ça me fera forcément arriver plus vite, n’est-ce pas ? La perspective qu’on puisse s’en prendre à elle, ça veut forcément dire que je vais arriver à la fenêtre plus vite, et qu’il ne pourra pas entrer, on est d’accord ? Mais j’en sais rien. Je peux pas bouger. Mais je peux la surveiller, cette fenêtre. Ouais, je vais faire ça, j’ai rien d’autre à faire de toute façon. Alors il la fixe, Alfie. Il ne la quitte pas des yeux, même quand un premier bâillement s’invite aux alentours de deux heures, mais il a l’impression de s’être couché il y a dix minutes. Il y en a un second, mais il ne se désespère pas. Il doit veiller sur Jules, il doit s’assurer qu’elle va bien, qu’elle est en sécurité, et c’est absolument essentiel à ses yeux. Surtout depuis qu’il a compris qu’ils ne l’étaient pas vraiment entre ces murs.

C’est une sensation furtive. Dix secondes tout au plus, caractérisées par cette sensation qui noue l’estomac et coupe le souffle un bref instant lorsqu’on se balance sur une chaise et que l’on va un peu trop en arrière, manquant de perdre son équilibre avant de le retrouver. Sauf que son équilibre, Alfie ne le retrouve pas. Et ça continue. Encore, et encore, sans jamais s’arrêter, sans jamais qu’il n’ait l’impression que cela puisse s’arrêter. Pire, cette sensation est accentuée par l’énorme explosion qu’il entend dans son crâne et qui laisse place à un sifflement continu alors qu’il n’entend plus rien d’autres, ni la respiration bruyante de Jules, ni les voitures qui passent dans la rue, ni le gigotement d’Ichy et Scratchy dans leur cage. Juste ce bourdonnement incessant, continu, comme si le programme télé venait d’être interrompu, et ça lui fait mal aux oreilles. Et un autre bruit explosif. Et un suivant. Et encore un autre. Partout autour de lui, des pantins inanimés dont il reconnaît les visages. Aman, le bénévole. Tye, son collègue, Isha, la soignante, et tous les autres.  Et comme ça aurait dû être le cas depuis le début, bientôt, c’est dans son crâne que vient se loger la balle tirée, ce qui paradoxalement le ramène à la vie alors qu’il ouvre les yeux et fixe le plafond. Il aimerait regarder l’heure, mais il est déstabilisé et incapable de tourner la tête. Pourtant, il est persuadé d’avoir essayé. Il sait que sa main est forcément toujours dans celle de Jules, comme c’est toujours le cas quand il se réveille au milieu de la nuit, mais il ne sent pas ses doigts entre les siens. Peut-être même qu’elle est réveillée, alors qu’il ne parvient pas à la voir mais qu’il entend quelqu’un s’agiter à côté de lui. Et il ne comprend pas, Jules est censée être à sa droite, mais il sent une silhouette à sa gauche. Non, à ses pieds. Non, plutôt à sa droite. Rectification ; au-dessus de lui. Elle se déplace, et il ne voit rien, incapable de détourner son regard du plafond. Il y a quelqu’un. Il y a quelqu’un, il y a quelqu’un, il y a quelqu’un, et moi je bouge pas. J’y arrive pas, putain, j’y arrive pas. Et le silence qui règne dans la pièce est bientôt brisé par des murmures. Presque imperceptibles, mais qu’il identifie, qui se déplacent, sans qu’il ne puisse suivre les choses par un simple mouvement de tête. Non, c’est toujours et encore le plafond qu’il a pour seule vision. Il y a quelqu’un, il y a quelqu’un, il y a quelqu’un, BOUGE. Et rien. Pourtant, il est sûr qu’il a essayé de lever sa main, de bouger son pied, se lever. Mais rien ; Alfie est soudé aux draps et son cœur commence à frapper dans sa cage thoracique, remontant à ses tempes, tandis que sa respiration commence à s’accélérer. Et il comprend.

Il y a quelque chose. Ça recommence.

Les mains qu’il sent sur son torse sont gluantes et la voix qui souffle à ses oreilles est rauque, et ne s’exprime que par un cri d’agonie qu’il aimerait imiter lorsque apparaît des yeux blancs qui flottent devant lui en lieu et place du plafond qu’il fixait encore il y a quelques minutes. Et à mesure que les hurlements se veulent plus insupportables, plus forts, résonnant dans son crâne, les yeux virent au rouge sang, et des gouttes s’en échappent qui viennent s’abattre sur son visage. Les mains remontent le long de son torse, lui donnant l’impression de semer des milliers de fourmis sur sa peau dénudée qui s’incrustent en lui par chacun de ses pores. Alfie écarquille les yeux, incapable de les fermer, alors qu’il ne désire que ça, pour une fois. Juste fermer les yeux, juste ne plus voir ce regard rouge et cette énorme pupille noire qui le fixe, n’avoir que les sensations et non les hallucinations. C’est dans ta tête, ça va passer, c’est dans ta tête. Et les mains de la créature remontent jusqu’à sa gorge, alors qu’il tente de secouer la tête, d’ouvrir la bouche pour hurler, pour implorer son salut. « a-…a… » Ses lèvres s’entrouvrent à peine, sa lèvre claque dans le vide, les cris se meurent avant d’atteindre sa bouche, se transforment en une brûlure vive alors qu’il sent que les doigts gluants se resserrent autour de sa gorge, de plus en plus forts. Et les hurlements d’agonie font place à un rire moqueur, et bientôt les deux yeux qui flottent sont entourés d’une véritable silhouette, à califourchon sur lui. Un sourire dessiné, si grand qu’il se confond avec les oreilles de son propriétaire, et les dents acérées, si acérées qu’il peut se voir dans celle-ci. Il parvient à un fermer un œil à court instant alors qu’un filet de bave lui tombe dessus et que le visage se rapproche. C’est dans ta tête, ça va passer, c’est pas réel. Mais il étouffe. Il étouffe réellement alors que les doigts se resserrent autour de sa gorge sans lui laisser la moindre chance et que ses bras demeurent statiques. Tout juste parvient-il à bouger quelques articulations de ses doigts, mais ça ne suffit pas pour ôter ses mains qui sont en train de le tuer. Et Alfie ne peut rien faire si ce n’est assister à sa propre mort en se répétant qu’elle n’est pas réelle. Pourtant, toutes ses réactions le sont ; il voudrait agripper ses mains qui serre sa gorge comme si c’était du simple papier pour l’empêcher de poursuivre son méfait, mais plus que tout, il voudrait bouger, réveiller Jules et l’implorer de partir. Il voudrait hurler, mais les minutes passent et il n’y parvient toujours pas. « a…l... » Des murmures étouffés parviennent enfin à s’échapper d’entre ses lèvres alors qu’Alfie bouge dans tous les sens (c’est l’impression qu’il a, du moins). Dans les faits, il n’y a que ses extrémités qui parviennent à retrouver des sensations alors que son souffle se coupe de plus en plus et que ses poumons le brûlent. La panique le gagne toujours plus, sa respiration ne parvient plus à se réguler et ce sont des larmes qui coulent le long de ses yeux lorsqu’il comprend qu’il n’arrive pas à sortir de sa torpeur. Ce n’est pas réel. Mais je suis quand même en train de mourir. Son index parvient enfin à bouger, et il tapote activement la main de Jules dans un rythme régulier, alors que son corps commence enfin à faire tomber les barrières mises en place par sa conscience. De son doigt, c’est sa main qui parvient à recouvrer des sensations, main qu’il pousse aussitôt contre celle de Jules qu’il persiste à tapoter dans un rythme qui traduit de son angoisse. Ses yeux ne parviennent pas à quitter le plafond, mais sa respiration, elle, parvient à quitter ses poumons. C’est pas réel. Mais il se sent sombrer, Alfie, incapable d’emplir ses poumons d’air, des murmures d’agonie qui parviennent à siffler entre ses lèvres qu’il n’arrive pas à bouger, ses deux mains et ce pied qui s’agitent dans tous les sens, sa tête qui commence à se mouvoir de gauche à droite, et ses yeux qui ne quittent pas cette silhouette face à lui, alors qu’elle semble lui aspirer toute son énergie, à tel point que le battement de sa main commence à diminuer. Et puis, finalement, ça s’arrête. Il s’arrête, alors que la créature prend le dessus et qu’il abandonne l’idée de lutter contre celle-ci. Ce n’est pas réel. Alors pourquoi ça l’est autant ?


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Juliana Rhodes
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ÂGE : 32 ans (23/05)
SURNOM : Jules, à force de l'utiliser, j'en oublie presque mon vrai prénom
STATUT : En couple depuis trois ans et demi, essayant vainement de rétablir une communication un peu difficile pour que cette relation ne finisse pas dans un mur
MÉTIER : Bibliothécaire spécialisée dans les romans jeunesses, j'adore mon métier mais depuis peu, j'ai décidé de me remettre à écrire, parce que c'est mon rêve depuis toujours et que je l'ai trop longtemps laissé de côté
LOGEMENT : Appartement #95 à Toowong que je partage avec Alfie, deux rats, une tortue et malheureusement après avoir réussi à faire fuir brillamment l'ancien squatteur de canapé, j'ai été bien punie en me retrouvant avec une gamine de six ans sur les bras et le devoir de veiller sur cette enfant que je n'ai jamais voulu avoir sous mon toit.
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POSTS : 892 POINTS : 290

ORIENTATION SEXUELLE : Je n'aime que ma moitié.
PETIT PLUS : Ainée d'une famille de cinq enfants ✿ A perdu son père à l'âge de onze ans ✿ Est passionnée par les livres ✿ Est maniaque et psychorigide mais se soigne ✿ Est amoureuse depuis trois ans et demi de celui qu'elle considère comme l'homme de sa vie ✿ S'est décidée récemment à reprendre sa passion pour l'écriture et s'est lancée dans la rédaction d'un livre pour enfant ✿ Vit mal de devoir reléguer son désir d'enfant au fin fond de la liste de ses priorités parce que son petit-ami ne se sent pas prêt à être père.
UN RP ? : Pas dispo pour le moment.
RPs EN COURS :
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Alfiana ✿ In all the world, there is no heart for me like yours. In all the world, there is no love for you like mine.

(8/5) Alfiana #4Caleb #2Joseph #2Leah #3Hassan #1Alfiana #5Norah #2

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Rhodes' family ✿ Being a family means you are a part of something very wonderful. It means you will love and be loved for the rest of your life.

RPs TERMINÉS : Harvey #1Stephen #1Tad #1Asher #1Leah #1Harvey #2Alfie et Ariane #1Joseph #1Alfie et Joseph #1Asher #2Caleb #1Alfiana #1Alfiana #2Evelyn #1Eva #1Leah #2Alfiana #3Tad #2Ariane #2Norah #1
PSEUDO : Watermelon
AVATAR : Jenna-Louise Coleman
CRÉDITS : Century Sex
DC : Primousse
INSCRIT LE : 18/03/2019
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Message(#) Sujet: Re: (alfiana) i'm hearing voices in my head i don't wanna hear (alfiana) i'm hearing voices in my head i don't wanna hear EmptyLun 2 Déc - 21:38





I'm hearing voices in my head I don't wanna hear

@Alfie Maslow & Juliana Rhodes



Je déplace légèrement la petite cuillère pour que l’espacement entre cette dernière et l’assiette que je viens de poser sur la table soit exactement de la taille voulue. Dans la cuisine, Alfie achève de préparer le repas et – à défaut de savoir cuisinier suffisamment bien pour nous nourrir en évitant tout risque d’intoxication alimentaire – je prends la tâche qui m’est confiée très à cœur pour que la mise en place de la table soit absolument parfaite. C’est encore l’un des rares moments où j’autorise mes névroses à se manifester sans chercher à les contrôler. J’éprouve toujours le même sentiment de satisfaction en regardant les couverts positionnés de manière symétrique, les serviettes pliées à l’identique et posées à côté des verres et la salière et le poivrier alignés le long du dessous de plat rectangulaire que j’ai pris soin de placer de manière parallèle aux bords de la table. Satisfaite de mon œuvre, je contemple une dernière fois le résultat avant de rejoindre Alfie en cuisine pour l’aider dans ses derniers préparatifs. J’aime me rendre compte que nous n’avons pas besoin de communiquer pour savoir ce que nous avons à faire et là où certains y verraient une ennuyante routine, j’y vois plutôt de sécurisantes habitudes dont je n’ai aucune envie de me séparer et qui m’avaient cruellement manquées avant l’hospitalisation d’Alfie. Je n’irais pas jusqu’à dire que je me suis réjouie de son enfermement, voyant bien à quel point la situation lui pesait, mais je dois admettre avoir apprécié de le retrouver un peu plus souvent et j’espère que ce retour en arrière perdurera dans le temps. Ce n’est qu’une fois à table que je romps le silence, profitant de ce tête-à-tête pour me lancer sur un sujet que je n’aborde que rarement. « J’ai déjeuné avec ma mère, ce midi. » J’annonce, consciente qu’Alfie va se douter que ce n’est pas une très bonne nouvelle puisque ma mère ne met généralement un pied en dehors de chez elle que pour se rendre à la messe ou à une activité avec ses copines de paroisse. « Elle est de nouveau sous anxiolytiques, elle a demandé à son médecin de changer la posologie soi-disant parce que ceux qu’elle prenait avant n’avaient aucun effet sur elle. » J’attrape rageusement un morceau de viande, qui ne m’a pourtant rien fait, dans mon assiette et prend le temps de le mâcher et de l’avaler avant de poursuivre. « Je lui ai fait remarquer qu’à force de les gober comme des bonbons, elle avait dû s’y habituer et ça ne lui a pas trop plu. » Je ne suis absolument pas du genre à m’énerver, surtout contre ma mère, je me suis toujours comportée avec elle de manière à ce qu’elle n’ait pas à culpabiliser de ne pas avoir pu jouer convenablement son rôle, je l’épaule du mieux que je peux, je la soutiens, je m’assure qu’elle va bien et lorsque je trouve son comportement inadéquat, je m’assure d’y mettre les formes, mais ce midi, son attitude m’a irritée et j’ai été incapable d’user des formulations politiquement correctes d’usage. « Du coup, elle a appelé Edward pour avoir un autre avis et cet imbécile lui a donné raison, juste pour pouvoir raccrocher plus vite parce qu’il était pressé. » Je soupire et attrape une autre bouchée dans mon assiette. J’adore ma famille, vraiment, et la dépression de ma mère n’est pas une nouveauté, il est certain qu’elle la suivra jusqu’à sa mort et que je ne pourrais rien y faire. Je me suis également toujours accommodée de l’attitude démissionnaire de certains de mes frères et sœurs face à la situation, mais j’ai un peu plus de mal avec le fait qu’ils ne m’apportent pas leur soutien alors que je porte très souvent nos problèmes familiaux seule sans demander la moindre aide à qui que ce soit. Encore une fois, il n’est vraiment pas dans mes habitudes de m’énerver, mais il a réussi à mettre ma patience à rude épreuve et le contenu de mon assiette – délicieux d’ailleurs – en fait les frais. « Mais bon, ce n’était pas pour ça qu’elle voulait me voir, elle voulait surtout savoir si on accepterait d’aller fêter Noël chez Mary cette année. » Je soupire, non pas parce que je trouve l’idée extrêmement mauvaise, mais parce que ça va demander une organisation que je vais sûrement avoir à prendre en charge, que je n’ai pas envie de mettre les Maslow de côté pour m’envoler avec leur fils unique loin de Brisbane en cette période où la famille est un élément centrale et parce que je me suis déjà engagée, comme tous les ans, à préparer les chants pour la messe de Noël. « Je n’ai pas donné des réponses, j’ai dit que je t’en parlerais. » Et depuis, j’ai déjà reçu trois messages me demandant si Alfie était au courant et ce qu’il avait dit. Mon portable est donc allé tout naturellement s’échouer sur la table basse et y restera jusqu’à demain matin parce que je n’ai vraiment pas le courage de l’affronter. En vérité, toutes ces nouvelles ne sont pas bien graves et si j’ai pu me montrer plus irritable que d’habitude, ce n’est que passage et ma bonne humeur revient assez vite alors que la discussion se poursuit sur des sujets plus légers qui me permettent d’oublier provisoirement ces deux nouvelles, bien moins enthousiasmantes.

J’acquiesce d’un hochement de tête qu’Alfie ne doit probablement même pas voir alors que je franchis le seuil de la chambre, quelques heures plus tard, prête à rejoindre Morphée dans les plus brefs délais. J’ai l’habitude qu’il traine un peu avant de me se coucher à son tour – je me demande même s’il ne reste pas au salon une bonne partie de la nuit, parfois – et je ne m’en suis jamais offusquée, puisque je n’ai pas de raison de l’être. Une fois sous la couette, j’attrape le roman posé sur la table de nuit et je mets un instant avant de me souvenir de quoi il s’agit puisque j’ai tendance à en commencer beaucoup trop en même temps, en ce moment. Je me retrouve tout de même rapidement prise par l’intrigue et je suis presque surprise de voir Alfie entrer dans la pièce alors que j’ai l’impression d’avoir commencé à lire même pas deux minutes auparavant. « Je suis sûre que la gamine, elle est pas nette, les rubans dans les cheveux, ça cache forcément quelques chose. » Je réfléchis à voix haute, alors qu’Alfie me rejoint sans avoir l’air étonné par ma réflexion et pour cause, j’ai l’habitude de lui faire partager mes lectures de cette manière depuis que nous nous sommes rencontrés ou presque et s’il est agacé par cette habitude, il ne l’a jamais laissé entendre. Je crois qu’il serait presque apte à me remplacer au boulot si jamais je devais être dans l’incapacité de m’y rendre, il en sait presque autant que moi sur le sujet, désormais. Mais ce n’est certainement pas aujourd’hui que je vais lui poser la question puisqu’un bâillement m’indique que je ne vais pas mettre longtemps à m’endormir. Je trouve tout de même la force de discuter brièvement avec Alfie avant de lui lancer un « bonne nuit » ensommeillé. Il me faut à peine trois minutes pour que ma respiration devienne régulière et que je sombre doucement dans le sommeil entre les bras d’Alfie. Je suis désormais allongée sur le ventre au milieu d’une prairie, je profite des rayons du soleil en lisant pour la millième fois le dernier livre offert par mon père. Je le connais presque par cœur mais ça ne m’empêche pas de le parcourir minimum une fois par an. C’est une journée magnifique et je me félicite d’avoir opté pour cette sortie, ou en tout cas, je me félicitais jusqu’à ce que cette abeille vienne interrompre ma lecture pour s’en prendre à ma main. La piqûre n’est pas très douloureuse mais je me relève d’un bond, laissant le roman sur l’herbe alors que l’insecte revient à la charge. Je tourne sur moi-même pour repérer mon agresseur, j’agite les bras, je l’implore de me laisser en paix mais elle n’en a pas du tout l’intention. Une deuxième piqûre vient rejoindre la première puis une troisième, je cherche désespérément une solution, tente de réfléchir rapidement et me retrouve soudainement dans notre chambre encore plongée dans le noir, un peu perdue, alors que la main d’Alfie pianote sur la mienne. Je me redresse, tentant de rassembler mes esprits alors qu’il m’est encore difficile de passer du rêve à la réalité. Ma main libre se frotte les yeux pour les aider à s’accoutumer à l’obscurité et je pose enfin les yeux sur celui qui devrait normalement être paisiblement endormi à mes côtés. Un simple coup d’œil m’indique pourtant que ce n’est pas le cas, et cette seule vision me tire instantanément de l’état semi-comateux dans lequel je me trouve pour me pousser à réagir. Je tente tant bien que mal de le redresser tout en essayant de ne pas paniquer en voyant son corps retomber mollement, comme une poupée de chiffon. J’ai déjà vu ça, pas souvent, certes – même si c’est déjà beaucoup trop à mon goût – et je sais que l’angoisse ne résoudra rien. En réalité, je sais qu’il n’y a rien que je puisse réellement faire à part attendre qu’il sorte de cet état terrifiant, mais j’essaie tout de même de le secouer pour le faire revenir à la réalité comme ses doigts matérialisés en abeille perturbatrice l’ont fait pour moi quelques secondes auparavant. « Alfie, réveille-toi. » Le timbre de ma voix oscille entre ordre et supplication et l’inefficacité manifeste de mes actes ne m’arrêtent pas. « Il faut que tu te réveilles, maintenant. » S’il-te-plait, réveille-toi.


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Alfie Maslow
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STATUT : en couple depuis trois ans et demi, l’évocation d’une future vie de famille laisse planer un nuage noir sur sa relation avec jules.
MÉTIER : anthropologue de formation ; consultant, lecturer à l'université et pianiste des street cats (actuellement en arrêt de travail suite à une agression).
LOGEMENT : apt. #95 à toowong, qui devient trop petit pour lui, jules et nouvellement sa filleule de 6 ans, anabel.
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ORIENTATION SEXUELLE : Je n'aime que ma moitié.
PETIT PLUS : enfant unique, parents très religieux ≈ rescapé d’un accident de voiture qui a tué son premier amour (toxique) ≈ passionné par son métier, le vrai (anthropologue) ≈ se déplace en skate ou vélo, rarement en voiture ≈ excellent pianiste ≈ trouble tdah jamais diagnostiqué ≈ cicatrices le long du dos, sur le torse et brûlure sur l’entier de la paume gauche ≈ de retour à brisbane depuis deux ans, il rêve de fuir à nouveau ≈ ancien toxico en perpétuelle lutte pour ne pas replonger ≈ deux agressions en deux ans, et un ptsd qui prend de plus en plus de place au quotidien.
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Message(#) Sujet: Re: (alfiana) i'm hearing voices in my head i don't wanna hear (alfiana) i'm hearing voices in my head i don't wanna hear EmptyMer 4 Déc - 23:06



Ce n’est pas réel. C’est dans ta tête. Ça ne va durer que quelques minutes. Même si Alfie répète ses affirmations dans son esprit, ce n’est pas pour autant qu’il parvient à se détendre. Il le faudrait pourtant ; cela permettrait d’envoyer le signal à ses muscles qu’ils doivent se relaxer pour lui permettre de sortir de sa torpeur. Mais il est coutumier de ces paralysies, et ce n’est pas parce qu’il s’agit de la dixième plutôt que la première qu’il arrive à s’y faire ; au contraire. Car ces quelques minutes lui donnent l’impression de durer des heures à chaque fois, des heures durant lesquelles il se fait le plus souvent torturer sans qu’il ne puisse réagir. Aujourd’hui ne fait pas exception à la règle alors qu’il se sent prisonnier entre les griffes de cette créature imaginée de toute pièce, et il ne trouve pas l’origine de celle-ci. Il n’a pas vu de films d’horreur, il ne s’est pas endormi en ayant fabriqué ce monstre de toute pièce, ce n’est pas une compagne nocturne récurrente. C’est un problème ; s’il avait toujours la même vision, peut-être qu’il parviendrait à reprendre le contrôle de lui-même avec plus de facilité, en se persuadant que cette apparition est devenue une amie à force de la côtoyer. Mais il n’a pas ce luxe, et chaque paralysie s’accompagne de nouvelles hallucinations qui l’obligent à subir ces instants comme si c’était la première fois. Il aimerait s’habituer, suffisamment pour avoir le réflexe de se pincer, pour bouger les yeux jusqu’à ce que son cerveau comprenne qu’il doit sortir de cet état de semi-conscience, pour rester calme les quelques minutes qui lui sont nécessaires pour reléguer ces moments au passé. Mais il n’y parvient pas, Alfie, car tout est trop réel. De ces coups de feu qu’il a entendu et qui l’ont renvoyé deux ans en arrière, de cette étendue du cadavre face à lui qui lui ont rappelé qu’il ne méritait pas de survivre plus que d’autres, de ces yeux rouges penchés sur lui et laissant couler du sang sur son visage à ses griffes acérées qui commencent à lui arracher la poitrine. Il a l’impression, du moins. Car il sait très bien que ce n’est pas vrai, que cette vision n’existe pas, qu’il n’est pas blessé, que d’ici quelques minutes, tout ceci appartiendra au passé. Mais c’est effrayant. C’est horriblement effrayant, même pour l’adulte qu’il est. Parce que ce n’est pas tant tout ce qui s’active autour de lui qui le fait paniquer, c’est cette sensation d’être piégé dans son propre corps, d’avoir été trahi par celui-ci. Encore. Et c’est insupportable. D’être conscient, de voir, sentir et comprendre tout ce qu’il se passe autour de lui sans pouvoir réagir, sans pouvoir lever ne serait-ce que le petit doigt pour s’opposer à tout ceci. D’être bloqué, de n’être que le spectateur de l’horreur qui se joue dans son crâne et se met en images devant lui. D’être bloqué alors qu’il y a quelqu’un. Non. Tu délires, Alfie, c’est dans ta tête, rappelle-toi. Il essaie, vraiment. Mais il y croirait encore plus s’il arrivait à bouger, s’il n’avait pas l’impression de s’épuiser pour rien. Il est persuadé qu’il met plus d’efforts qu’il n’en a jamais mis pour mouvoir ce doigt qui finit par tapoter la main de Jules dans un geste désespéré de gagner quelques secondes, de faire disparaître son cauchemar alors que celui-ci est aussi ancré dans sa tête qu’il n’est ancré sur ce lit. Les minutes défilent et d’un doigt, ce sont bientôt ses pieds et sa tête qui parviennent à se mouvoir, signe que son corps accepte de revenir à lui au même titre que son esprit. Mais ce n’est pas suffisant. Ce n’est pas assez rapide. Et finalement, la silhouette de Jules bouge à ses côtés et le visage de sa petite amie apparaît dans son champ de vision, devant les yeux qui ne cessent pas de le détailler, et qu’il essaie de ne plus voir. Réveillé malgré ce qu’elle croit, silencieux, une marionnette désarticulée entre ses bras, Alfie ne la quitte pas du regard, ses pupilles suivant le visage de Jules alors qu’elle s’active à le déplacer. Il n’arrive pas à maintenir la position, mais du moins, le contact des mains de Jules sur sa peau dénudée lui permettent de s’ancrer toujours plus dans la réalité et de finir par se convaincre que tout va bien. « Je... » Le brun tente une nouvelle fois de pousser les mots hors de sa trachée, ne parvenant pas à former des phrases, mais cessant les râles étouffés. Ça revient. Doucement, son corps commence à se réactiver, à sortir de sa torpeur, à le libérer de cette emprise non-voulue. Sa tête légèrement penchée vers Jules et ses yeux qui ne la quittent toujours pas, les instants qui suivent lui paraissent une éternité durant lesquels c’est bientôt sa cheville qui parvient à bouger, puis son tibia, son fémur et bientôt son corps entier qui se décale de quelques centimètres alors qu’il s’active à réanimer chacun de ses muscles. Lorsqu’il parvient enfin à s’appuyer sur ses mains pour se redresser maladroitement, c’est pour se tourner aussitôt vers Jules et emprisonner sa silhouette entre ses bras. Il n’est pas encore très solide, raison pour laquelle il bascule presque sur elle, mais ça ne suffit pas à le convaincre de la libérer. « Merci. » Il murmure à plusieurs reprises alors que sa tête est enfouie dans le cou de la jeune femme, et qu’il embrasse à plusieurs reprises sa peau sans relâcher son étreinte. Tout pour s’ancrer encore un peu dans la réalité, parce qu’il n’est pas encore totalement persuadé d’être réveillé. « Désolé. » Il finit par murmure alors qu’il lui redonne sa liberté, se séparant d’elle non sans s’arrêter un bref instant pour regarder face à lui et relever la tête vers le plafond. Il n’a plus rien, et il a l’impression de pouvoir respirer à nouveau, à défaut de vouloir se rendormir – s’est-il seulement endormi ? S’asseyant sur le rebord du lit, Alfie passe ses mains sur son visage et se baisse pour attraper le t-shirt au pied de son lit qu’il utilise comme serviette sur sa peau transpirante, et de demeurer immobile quelques instants le temps de reprendre ses esprits. Il sent la présence de Jules derrière lui et ça ne tarde pas à le gêner. « Je ne voulais pas te réveiller, je suis désolé. » Il s’excuse avant de lui voler un baiser sur le bord des lèvres. « Tu peux te rendormir, ça va. » Il souligne, alors qu’il finit par se lever pour faire quelques pas car il en a bien besoin après ce qu’il vient de vivre. Il s'empresse de se diriger vers la fenêtre dont il force l'ouverture quelques instants, réalisant qu'elle était bien fermée. Lorsqu'il se retourne, le regard de Jules posé sur lui, Alfie réfléchit vite, rapidement, et entre deux yeux qui persistent à le suivre même dans les méandres de sa conscience, il balance la première chose cohérente à exprimer sur le moment ; « Il faut que je sonne, appelle, mes parents pour leur dire qu’on sera pas là pour Halloween. » Noël. Alfie s’active à fouiller autour de lui, sa table de chevet dont il renverse le contenu par terre à la hâte, finissant à genoux pour fouiller sous le lit, se relevant avec agacement alors qu’il secoue les draps. « Mon téléphone. Je l’ai laissé là. » Il désigne la table de chevet d’un geste, passant une nouvelle fois les mains sur son visage épuisé. Foutu crâne. Foutue mémoire. Foutu cauchemar. Foutue Colombie. Foutu cambriolage. Foutue peur qui ne le quitte plus.


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Juliana Rhodes
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LOGEMENT : Appartement #95 à Toowong que je partage avec Alfie, deux rats, une tortue et malheureusement après avoir réussi à faire fuir brillamment l'ancien squatteur de canapé, j'ai été bien punie en me retrouvant avec une gamine de six ans sur les bras et le devoir de veiller sur cette enfant que je n'ai jamais voulu avoir sous mon toit.
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Message(#) Sujet: Re: (alfiana) i'm hearing voices in my head i don't wanna hear (alfiana) i'm hearing voices in my head i don't wanna hear EmptyJeu 5 Déc - 21:20





I'm hearing voices in my head I don't wanna hear

@Alfie Maslow & Juliana Rhodes



Encore dans un sommeil profond, il y a à peine quelques secondes, je suis désormais bien éveillée et c’est en tentant de ne pas céder à la panique que je maltraite Alfie pour tenter de le faire revenir à lui. La peur que je peux lire dans ses yeux ne contribue pas à diminuer l’angoisse qui menace à tout instant de prendre le pas sur ma raison et je n’ai qu’une idée en tête, le ramener à la réalité pour qu’il échappe aux démons dont je n’aurais sans doute jamais connaissance. Je sais d’avance que le moment que je suis en train de vivre va se graver dans ma mémoire, alimentant par la suite mes propres cauchemars parce que c’est toujours comme ça que ça se passe. Si les peurs d’Alfie semblent se nourrir d’un passé compliqué à gérer, parfois, et d’événements qu’il n’aurait jamais dû avoir à vivre, les miennes s’alimentent grâce à ces rares instants où la réalité me revient en plein visage parce qu’il ne peut plus donner le change. Il est si fort pour dissimuler ses angoisses derrière un masque de bonne humeur, un flot de paroles incessantes ou un humour décalé que peu de gens sont capables de comprendre, que j’en oublie parfois qu’il peut être si vulnérable. Cette piqûre de rappel n’était absolument pas nécessaire, il en a largement assez bavé comme ça, l’accident, l’agression, les nombreuses heures de rééducation, l’hôpital – encore, encore et encore –, sa perte de mémoire, c’est trop pour un seul homme, même aussi positif qu’Alfie. J’aimerais trouver les bons mots ou les bons gestes pour l’aider, pour qu’il n’ait pas à vivre ça tout seul et qu’il se sente soutenu. Certes, je suis à ses côtés, aujourd’hui comme à chaque fois qu’il doit surmonter un événement de trop, mais j’ai parfaitement conscience que ça ne suffit pas et ma piètre tentative de le faire revenir à lui reflète parfaitement l’impuissance à chaque fois que je suis confrontée à ces démons intérieurs qu’il ne me montre quasiment jamais.

Doucement, après de longues secondes qui me semblent durer des heures, Alfie revient à lui et alors qu’il reprend le contrôle de ses propres mouvements, j’interromps les miens pour le laisser reprendre ses esprits et c’est contre moi qu’il essaie de trouver le peu de réconfort qu’il peut obtenir face à un souvenir certainement plus qu’effrayant. J’enroule mes bras autour de ses épaules et le serre fort, trop fort, certainement, dans un geste qui se veut protecteur et rassurant alors que je suis très loin d’être rassurée moi-même. Les nuits d’Alfie sont agitées ces derniers temps, ce qui n’est pas étonnant compte tenu de sa récente agression, mais même avant cette dernière, il était devenu fréquent que je me couche seule et me réveille sans le voir à mes côtés. Je n’ai jamais vraiment osé lui parler de ce problème, évoquant simplement son absence lors d’une de nos dernières discussions sans préciser que j’estimais que ses troubles du sommeil nécessitaient une réelle prise en charge. J’imagine que c’est quelque chose qui doit venir de lui et je n’ai pas envie d’être l’initiatrice d’actions qu’il n’a pas envie de mener pour le moment. Il me remercie et je n’arrive pas réellement à comprendre pourquoi. Merci de ne pas être partie en courant ? Merci d’avoir assisté impuissante à cet horrible moment ? Merci de le tenir dans mes bras alors que c’est certainement la seule chose que je sois capable de faire à cet instant ? La vérité, je le sais, c’est que je suis complètement nulle. Je ne sais pas gérer tout ce qui lui arrive, je n’ai ni les bons mots, ni la bonne attitude et parce que j’ai envie malgré tout de lui prouver que je suis là pour lui, je reste là, à le serrer dans mes bras jusqu’à l’empêcher de respirer comme si ce simple geste pouvait à lui seul tout résoudre. Mon étreinte est obligée de se relâcher alors qu’il se redresse, murmurant des excuses qui n’ont pas lieu d’être et c’est à contrecœur que je le laisse s’éloigner de moi. « Arrête, tu n’es pas responsable. » Ce sont les premiers mots que j’arrive à prononcer depuis ma piètre tentative pour le ramener à lui et ma voix est un peu enrouée d’avoir crié, cédant à une panique que j’essayais pourtant de garder à bonne distance. Rien de ceci n’est de sa faute, il n’a pas à s’en vouloir pour quoi que ce soit et il devrait le savoir.

Il me tourne le dos désormais et je suis incapable de faire le moindre geste ou de détourner le regard, comme si je contemplais une bombe sur le point d’exploser sans trouver le fil que je devrais couper pour la désamorcer. Je ne prête plus attention qu’à lui et à chacun de ses gestes, analysant le moindre de ses mouvements pour tenter de définir l’état d’esprit dans lequel il se trouve. Je ne prête pas la moindre attention à la sueur qu’il a laissé sur mon T-shirt en enfouissant sa tête dans mon cou ou aux chiffres lumineux du réveil qui m’indiquent que je devrais dormir un tout petit peu plus si je ne veux pas subir la journée demain, rien n’a vraiment d’importance. J’ignore – encore une fois – comment je suis censée me comporter, si je dois le laisser seul ou au contraire être à ses côtés. Je n’ai pas bougé d’un millimètre lorsqu’il se retourne vers moi pour s’excuser, une fois de plus et je suis coupée dans mon élan pour rétorquer une fois de plus qu’il n’a pas être désolé par le baiser furtif certainement destiné à clore cette parenthèse dont il ne souhaite pas parler. « Tu as bien fait de me réveiller. » Je précise malgré tout alors qu’il semble avoir définitivement décidé de m’écarter de lui, allant jusqu’à proposer que je me recouche ce qui me semble impossible. Même si je le voulais, il est évident que je ne parviendrais pas à retrouver le sommeil désormais, d’une part parce que le réveil auquel j’ai eu droit a été particulièrement efficace mais surtout parce que je ne vois pas comment je pourrais laisser Alfie livré à lui-même après ce qu’il vient d’expérimenter. Il est absolument hors de question que je referme ne serait-ce que la moitié d’un œil, tant que je ne serais pas certaine que la situation est parfaitement sous contrôle et je suis d’ailleurs déjà persuadée du contraire. Je n’ai d’ailleurs pas à attendre bien longtemps avant qu’il commence doucement à devenir le garçon survolté qu’il peut être lorsque la situation lui échappe et qu’il a besoin de se rassurer. Si je ne fais rien, dans moins de dix minutes, notre appartement aura été ravagé par la tornade Alfie, il prétend devoir parler à ses parents d’Halloween – hein ? – et il me faut quelques secondes pour percuter et activer la fonction Alfie-traduction de mon cerveau encore au ralenti à une heure où il ne devrait même pas avoir à fonctionner. Je le regarde un instant s’affairer pour tenter de trouver son téléphone – totalement indispensable au milieu de la nuit, c’est sûr – qu’il est certain d’avoir posé sur la table de nuit. A sa place, je parierais plutôt sur le plan de travail de la cuisine, mais là n’est pas la question et il est inutile que je lui fournisse la possibilité de donner une crise cardiaque à maman Maslow. Il est donc grand temps que j’intervienne et je me retrouve rapidement debout à ses côtés, arrêtant ses fouilles archéologiques en posant mes mains sur ses épaules avant de le pousser doucement mais fermement sur le lit pour qu’il s’y assoit. « Assis. » J’ordonne, avec toute l’autorité dont je dispose et que j’ai l’occasion de développer durant mes nombreuses séances de lectures à des enfants un peu trop turbulents. « Il n’est pas indispensable que tu téléphones à tes parents maintenant. » Il est même indispensable qu’il s’abstienne. Mes mains toujours sur ses épaules donnent l’illusion que je le maintiens en place alors qu’un simple geste de sa part suffirait à m’envoyer balader çà l’autre bout de la pièce, ou presque. « On a le temps avant Noël, ne t’inquiètes pas. » Mais ce n’est pas Noël le vrai fond du problème, c’est qu’il a besoin de s’occuper l’esprit pour oublier ce cauchemar dont il vient de sortir ou dont il n’est peut-être pas encore totalement sorti, finalement. Je relâche ses épaules pour m’asseoir sur le bord du lit à ses côtés et prendre sa main dans la mienne. Je tente de rassembler mes esprits pour réfléchir à une solution alors que mon pouce dessine, par habitude, de petits cercles réguliers sur sa paume. « Si tu ne te sens plus bien ici, peut-être qu’on devrait partir. » Ce n’est probablement pas la meilleure chose à dire à quelqu’un qui est encore à moitié entre le cauchemar à la réalité et qui essaie d’échapper à ce qu’il vient de voir, mais c’est la seule idée qui me vient en tête après une énième nuit gâchée par ce cambriolage qui aura finalement eu des conséquences bien pires que si on nous avait juste volé une télévision ou les bijoux de ma grand-mère. Malgré tout, je suis sérieuse et j’y pense depuis un moment, cet appartement est plein de souvenirs qui le hantent et même si j’y suis évidemment attachée parce que c’est le premier logement que nous avons partagé tous les deux, il est devenu bien trop angoissant pour Alfie désormais. « On fera tout ce qu’il faut pour que tu te sentes mieux. » Je lui assure alors que je penche ma tête pour la poser contre son épaule. Je ne suis toujours pas très douée pour trouver les mots, mais je veux sincèrement l’aider et je reste certaine qu’ensemble, nous serons toujours plus forts.


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Alfie Maslow
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la pile électrique
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ÂGE : trente-cinq ans (01.11), parfois l'impression d'en avoir vécu dix de plus.
SURNOM : alfie en est déjà un.
STATUT : en couple depuis trois ans et demi, l’évocation d’une future vie de famille laisse planer un nuage noir sur sa relation avec jules.
MÉTIER : anthropologue de formation ; consultant, lecturer à l'université et pianiste des street cats (actuellement en arrêt de travail suite à une agression).
LOGEMENT : apt. #95 à toowong, qui devient trop petit pour lui, jules et nouvellement sa filleule de 6 ans, anabel.
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POSTS : 1829 POINTS : 25

ORIENTATION SEXUELLE : Je n'aime que ma moitié.
PETIT PLUS : enfant unique, parents très religieux ≈ rescapé d’un accident de voiture qui a tué son premier amour (toxique) ≈ passionné par son métier, le vrai (anthropologue) ≈ se déplace en skate ou vélo, rarement en voiture ≈ excellent pianiste ≈ trouble tdah jamais diagnostiqué ≈ cicatrices le long du dos, sur le torse et brûlure sur l’entier de la paume gauche ≈ de retour à brisbane depuis deux ans, il rêve de fuir à nouveau ≈ ancien toxico en perpétuelle lutte pour ne pas replonger ≈ deux agressions en deux ans, et un ptsd qui prend de plus en plus de place au quotidien.
UN RP ? : Pas dispo pour le moment.
RPs EN COURS : (alfiana) i'm hearing voices in my head i don't wanna hear Tumblr_mye7xf6dsJ1rqh62oo5_250
alfiana #4 & alfiana #5 ⊹ i'm sliding into something you won't understand, but don't give up on me 'cause i'm just in a rut, i'm climbing but the walls keep stacking up.

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anabel ⊹ no matter how big and bad you are, when a six year old hands you a toy phone, you answer it.


RPs EN ATTENTE : street cats › bande atypique › romy (battle mario kart) › elwyn › arthur › james › joey #2
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calie (fb)nadia eleonoralily stephen #2leah

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arfie ⊹ we're burning down the highway skyline on the back of a hurricane that started turning, when you were young, when you were young.
PSEUDO : leave
AVATAR : brandon cutie pie flowers
CRÉDITS : lannisters (ava), jesaisplusdesolee (sign), loonywaltz (ub)
DC : le roux de secours (finnley coverdale)
INSCRIT LE : 01/02/2019
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Message(#) Sujet: Re: (alfiana) i'm hearing voices in my head i don't wanna hear (alfiana) i'm hearing voices in my head i don't wanna hear EmptyVen 6 Déc - 1:14



D’aussi loin qu’il s'en souvienne, le sommeil d’Alfie a toujours été perturbé. Plus jeune, il n’arrivait jamais à rester immobile suffisamment longtemps pour que Morphée vienne s’occuper de son cas, et bien souvent il abdiquait après une demi-heure d’impassibilité dans son lit, pour continuer à jouer dans sa chambre, poursuivre ses annotations (déjà à l’époque, il était toujours accompagné d’un petit carnet) ou, lorsqu’il s’ennuyait vraiment, faire de son mieux pour réveiller ses géniteurs ou son quartier tout entier lorsqu’il finissait par s’échapper par la fenêtre. Mais trouver le sommeil n’était déjà pas une mince affaire à cette époque, et très vite le jeune garçon a été mis sous médication pour l’aider à se reposer – il faut dire que ses professeurs appréciaient moyennement qu’il finisse par piquer du nez en classe, et les Maslow n’appréciaient pas beaucoup plus leur réputation de mauvais parents se souciant guère de l’heure à laquelle leur fils pouvait bien aller au lit. Ça l’avait aidé un temps, suite à quoi son métabolisme s’était habitué à la dose de tranquillisants perpétuellement dans son corps, et que les affres de l’adolescence lui avaient permis de régler le souci d’une manière bien différente et tellement plus efficace. Il avait fait sa première paralysie à cette époque et celle-ci, au même titre que les suivantes, avait été justifiée sous l’abus de psychotropes qui altérait son psychisme. Mais à l’époque, ce qu’il voyait devant ses yeux n’avait rien de terrifiant ; bien au contraire. C’était des hallucinations qu’il avait lui-même recherchée, c’était le visage d’Amelia, celui d’Harvey, c’était un animal imaginaire, c’était des sensations agréables et des sens décuplés. Elles étaient volontairement provoquées, dans un sens, et c’est la raison pour laquelle il s’était accommodé de celles-ci. Mais celle de cette nuit, comme toutes celles qui lui rappellent l'existence de ce problème depuis son retour de Colombie n’ont pas été invitées à s’immiscer dans ses nuits, pire, elles terrifient celles-ci sans qu’il ne puisse rien faire. Si. Il pourrait faire quelque chose, il pourrait les transformer, mais Alfie doit se l’interdire. Le pire dans tout ceci ? C’est qu’il ne le fait même pas pour lui, mais bien pour les autres, alors que c’est sous la pression de leur influence qu’il en a découvert une autre. Ce serait mentir que de dire que ses premières pensées ne vont pas vers la drogue qui parvenait à lui offrir un repos qu’il ne pensait plus trouver lorsqu’il se retrouve dans pareille situation, parce qu’il sait à quel point ce serait efficace. Pas seulement pour retrouver ce sommeil qui le fuit et qui provoque cet épuisement qui commence à se dessiner, mais parce qu’il sait aussi qu’ainsi, il pourrait effacer ces images de sa mémoire ou, du moins, les accepter. Car à cet instant, Alfie ne les accepte pas, terrorisé et en sueur comme un enfant de cinq  ans, alors qu’il en a trente de plus, revenu à lui mais toujours ancré dans son cauchemar alors que son regard papillonne partout pour s’assurer que les yeux ne le poursuivent pas.

C’est dans les bras de Jules qu’il finit par s’échouer, par automatisme, dans un geste qui est devenu au fil du temps un réflexe. Il a toujours été rassuré par le contact, mais celui de Jules lui procure d’autant plus d’apaisement. Il ne saurait expliquer pourquoi ; elle est simplement son ancre dans les moments comme celui-ci et il a besoin de se souvenir qu’elle est bel et bien à ses côtés, de la sentir près de lui et de se nourrir de la chaleur qu’elle lui transmet pour réchauffer son cœur glacé. Si les images n’ont pas encore totalement disparues, son rythme cardiaque parvient à diminuer sans pour autant se stabiliser, mais tout ce qui est susceptible de l’aider à se calmer est accepté sans considération quant à leur réelle efficacité. Pourtant, efficaces, les bras de Jules le sont alors qu’il s’accroche à elle, la serre si fort qu’il pourrait lui faire mal, qu’il y trouve du réconfort autant qu’il parvient à reprendre pied dans une réalité qu’il a délaissée pendant quelques minutes qui lui paraissent pourtant toute une vie. Les yeux fermés pour mieux ressentir les gestes de Jules, sa peau contre la sienne, son souffle dans sa nuque et les battements réguliers de son cœur qu’il perçoit à être ainsi collé à elle, il finit par rouvrir ses paupières lorsqu’après quelques minutes, il lui rend sa liberté à contrecœur. Il aurait pu rester ainsi le reste de la nuit, l’empêcher de bouger ou de partir travailler au matin, mais son regard s’est fixé sur cette foutue fenêtre, et son corps tout entier est attiré vers elle comme un aimant. La voix brisée de Jules résonne jusqu’à sa boîte crânienne, lui faisant baisser la tête alors qu’il aimerait répéter ses excuses. Il n’est pas responsable de ce qu’il a vu, mais il l’est de l’avoir réveillée, de l’avoir sortie de son sommeil seulement pour satisfaire son égoïsme et son besoin de la serrer contre lui parce qu’elle reste le meilleur remède qu’il connaisse. « Mais je…, il cherche ses mots un instant, ou peut-être une éternité, il ne saurait dire, je devrais pas, enfin… Ce n’est pas si compliqué de parler, Alfie. Tu y arrivais très bien, il n’y a pas si longtemps. Je devrais pouvoir gérer tout seul, j’ai le… lat… l’habitude ! » Il s’exclame, presque victorieux, délaissant Jules parce qu’il a réellement besoin de savoir si cette fenêtre est fermée et qu’il ne peut plus se concentrer sur autre chose. Il est pourtant obligé de laisser son esprit divaguer alors qu’il sent le regard de Jules sur lui et qu’elle demeure silencieuse, et il ne peut lui laisser le temps de reprendre la parole ; la situation est sous contrôle, il doit le prouver, il doit reprendre le contrôle de celle-ci et ne pas seulement le prétendre. Il n’a pas besoin de réfléchir bien longtemps ; il a tellement de choses à faire. Il doit appeler ses parents pour organiser Halloween, il doit agender une rencontre avec Stephen avant qu’il ne parte pour lui poser toutes les questions qu’il a en tête, il doit passer au musée d’anthropologie pour vérifier qu’ils sauront ouvrir l’exposition prévue pour début 2020 à temps, il doit avertir les Street Cats qu’il compte reprendre les répétitions à la fin du mois ; mais avant toute chose il doit retrouver son téléphone. Il est persuadé de l’avoir laissé sur sa table de chevet, pourtant, mais le contenu de celle-ci finit par terre et son téléphone n’est toujours pas visible. Il en devient dingue, s’agite dans tous les sens, aussi parce que cela lui permet de reprendre possession de son propre corps devenu étranger, et il sursaute presque lorsque les mains de Jules se posent sur ses épaules et qu’il finit par relever la tête pour croiser son regard autoritaire qui accompagne son ton du même acabit. Il se laisse faire avec docilité lorsqu’il est poussé en arrière, reprenant place sur ce lit qu’il aimerait fuir. Mais la voix et le contact de Jules lui permettent de s’apaiser et d’accepter sa position, bien qu’il ne soit pas entièrement d’accord avec elle. « Non, non, il faut que, qu’on… » Il proteste, encore déboussolé, coupé par une Jules qui lui assure qu’ils ont le temps avant Noël. Son regard vide s’ancre pourtant dans celui de Jules alors que ses mains quittent ses épaules et qu’il esquisse un bref geste de la main pour la retenir alors que son rythme cardiaque reprend l’ascenseur ; de courte durée puisqu’elle ne compte pas l’abandonner maintenant qu’elle s’assied à ses côtés et qu’elle glisse sa main dans la sienne, qu’il sert probablement trop fort pour l’empêcher de partir. Il sait qu’elle ne le fera pas, mais il a besoin de la savoir près de lui, il a besoin de s’assurer qu’elle est bien réelle. Il desserre la pression sur ses doigts alors que ceux de la jeune femme dessinent des cercle dans sa paume, comme elle le fait toujours lorsqu’il ne parvient pas à revenir sur terre. D’ordinaire, c’est parce qu’il s’est perdu dans ses pensées et qu’elle doit le ramener dans la conversation, cette fois-ci il est question de le ramener à une réalité qu’il n’appréhende pas encore totalement malgré tout, alors que ses yeux continuent d’osciller entre ceux de la jeune femme et l’ensemble de la pièce qu’il passe en revue. « Je… je sais pas. » Il hésite, à la proposition de Jules. « Il y a pas nécessité. » Besoin. Communication, Alfie. Ne te souviens-tu pas des efforts que tu as promis ? Son regard glisse sur le manège qu’exécute Jules sur sa paume et petit-à-petit, il se calme en se concentrant sur les doigts de Jules qui dansent sur sa peau en un rythme régulier. Il sursaute légèrement alors que la tête de la jeune femme vient s’échouer contre son épaule et qu’Alfie ferme les yeux un bref instant. « Je... » Comment dire les choses, quand on ne sait pas le faire ? Mais il peut tout lui dire, elle lui l’a répété à plusieurs reprises, il serait peut-être temps qu’il y croie. « Oui, peut-être. » Il débute en se passant sa main libre sur les paupières. « Je sais pas, je suis pas sûr que ce soit ce pa… cet am… cet endroit qui soit la solu-le problème. » Une dizaine de mots, c’est pas difficile pourtant. « Et si c’est pas le cas ? » Il l’interroge en tournant légèrement la tête vers elle, alors que son pouce vient jouer avec les doigts de Jules, interrompant les cercles qu’elle dessinait. « Et si ça ré-se ré… ça revient jamais. » Alfie s’impatiente de trouver ses mots, provoquant plus d’erreurs, et accentuant cette frustration qu’il essaie de partager. Un soupir d’agacement traverse ses lèvres alors que sa patience arrive à échéance. « Comment je peux me…, allons, Alfie, elle vient de le dire. Comment je peux faire, C’est pas compliqué pourtant, un gamin de six ans s’exprime mieux que toi, avec, C’est ça, énerves-toi contre toi-même, c’est ce que tu sais faire de mieux, ça ça quoi, Alfie ? Tu n’arrives pas à trouver tes mots alors que tu y arrivais très bien il y a dix minutes. Continues ainsi, tu t’enfonces, cette, Tu perds patience, pas vrai ? Sa main se libère de celle de Jules rapidement, alors que sa mâchoire se crispe et ses doigts se resserrent autour du drap. tête. » Qu’il hurle presque après avoir enfin réussi à sortir le mot d’entre ses lèvres, alors qu’il prétextera qu’il s’agit d’un moyen d’illustrer ses propos quand ses mains remontent jusqu’à ses tempes pour frapper celles-ci dans un rythme régulier, de plus en plus fort, de moins en moins espacé, autant pour forcer ces informations à s’imprimer, qu’à exprimer cette rage qu’il contient depuis trop longtemps et qu’il ne sait exprimer que lorsqu’elle est tournée vers lui-même.


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Juliana Rhodes
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l'histoire sans fin
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SURNOM : Jules, à force de l'utiliser, j'en oublie presque mon vrai prénom
STATUT : En couple depuis trois ans et demi, essayant vainement de rétablir une communication un peu difficile pour que cette relation ne finisse pas dans un mur
MÉTIER : Bibliothécaire spécialisée dans les romans jeunesses, j'adore mon métier mais depuis peu, j'ai décidé de me remettre à écrire, parce que c'est mon rêve depuis toujours et que je l'ai trop longtemps laissé de côté
LOGEMENT : Appartement #95 à Toowong que je partage avec Alfie, deux rats, une tortue et malheureusement après avoir réussi à faire fuir brillamment l'ancien squatteur de canapé, j'ai été bien punie en me retrouvant avec une gamine de six ans sur les bras et le devoir de veiller sur cette enfant que je n'ai jamais voulu avoir sous mon toit.
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ORIENTATION SEXUELLE : Je n'aime que ma moitié.
PETIT PLUS : Ainée d'une famille de cinq enfants ✿ A perdu son père à l'âge de onze ans ✿ Est passionnée par les livres ✿ Est maniaque et psychorigide mais se soigne ✿ Est amoureuse depuis trois ans et demi de celui qu'elle considère comme l'homme de sa vie ✿ S'est décidée récemment à reprendre sa passion pour l'écriture et s'est lancée dans la rédaction d'un livre pour enfant ✿ Vit mal de devoir reléguer son désir d'enfant au fin fond de la liste de ses priorités parce que son petit-ami ne se sent pas prêt à être père.
UN RP ? : Pas dispo pour le moment.
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Alfiana ✿ In all the world, there is no heart for me like yours. In all the world, there is no love for you like mine.

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Message(#) Sujet: Re: (alfiana) i'm hearing voices in my head i don't wanna hear (alfiana) i'm hearing voices in my head i don't wanna hear EmptyVen 6 Déc - 22:41





I'm hearing voices in my head I don't wanna hear

@Alfie Maslow & Juliana Rhodes



La peau d’Alfie est moite sous mes doigts qui s’agrippent à lui un peu trop fort, refusant de lâcher prise, comme si le simple fait de le tenir dans mes bras pouvait suffire à effacer les souvenirs qui le tiennent trop souvent éveillés. Je sens le rythme affolé de son cœur et perçoit sa respiration saccadée, vestiges d’une énième nuit cauchemardesque dont il a eu trop de mal à s’extirper. Je ferme les yeux et revois les siens, grands ouverts, affolés, cherchant un réconfort qu’il ne pouvait pas obtenir parce qu’il ne pouvait ni crier, ni bouger. Incapable de contempler cette image plus longtemps, je laisse mes yeux parcourir la pièce qui nous entoure, arrêtant mon regard sur le linge froissé entassé sur une chaise et sur la pile de livres que j’ai laissé sur la commode, incapable de me décider pour ma prochaine lecture. Pendant un instant, je combats mon envie de me lever pour tout ranger, parce que c’est ce que je fais lorsque quelque chose m’échappe et que je me sens perdue, je mets de l’ordre autour de moi comme pour en mettre dans ma tête qui fourmille d’idées à vitesse impressionnante. Mais il y a Alfie, et il est nettement plus important pour moi de le tenir dans mes bras pour l’apaiser que de résoudre mes propres angoisses en laissant mes névroses s’exprimer. Tout comme il est important de lui dire que rien de tout ceci n’est de sa faute et qu’il n’y a rien dont il doive être désolé. Il subit cette situation, il subit ce manque de sommeil, il subit ces souvenirs qui ne le laissent pas en paix et même si je devais être réveillée en sursaut quinze fois par nuit ou l’accompagner dans ses insomnies pour qu’il se sente un peu moins seul et un peu plus en sécurité, ça en vaudrait la peine. « Bien sûr que tu peux gérer tout seul, j’en suis sûre, et c’est ce que tu ferais si je n’étais pas là. » A dire vrai, je ne pense pas lui être d’une quelconque utilité car si retrouver mes bras semble lui apporter un peu de réconfort, c’est loin d’être suffisant pour apaiser ses craintes qui s’expriment de nouveau la nuit d’après, et la nuit encore d’après, revenant inlassablement avec une intensité parfois décuplée. J’aime qu’il ait le réflexe de se tourner vers moi lorsqu’il traverse ces moments compliqués. Au fond, je ne suis pas dupe et je ne peux pas que demander combien de nuits il a passé sans me réveiller alors qu’il luttait contre ses peurs, combien de fois il a souri en me voyant émerger, accueillant mon réveil avec bonne humeur sans parler de sa migraine provoquée par une absence quasi-totale de sommeil. Rares sont les fois où, comme cette nuit, la peur prend le dessus et l’oblige à extérioriser ses émotions mais j’ai bien conscience que, la plupart du temps, j’ignore ce qu’il traverse parce qu’il préfère me tenir à l’écart. « Mais je suis là. » Je me hâte donc de préciser parce qu’il est évident, en effet, qu’il peut très bien s’en sortir sans moi mais que j’ai envie – ou plutôt besoin – d’être là pour lui et je ne trouve pas anormal qu’il se repose sur moi. Il ne le fait certainement pas assez souvent, d’ailleurs, et j’ai toujours l’impression d’avoir besoin de lui plus qu’il a besoin de moi. « Je serais toujours là. » J’ajoute, parce que malgré les difficultés que nous avons traversées dernièrement et ces projets d’avenir que nous ne partageons pas, il ne m’est jamais venu à l’esprit que nous prenions un jour des chemins séparés. L’agression dont a été victime Alfie nous a de nouveau rapprochés et même si j’aurais préféré que la distance qu’il a mise entre nous s’estompe pour une autre raison, je savoure chaque seconde de sa présence à mes côtés. Mes lèvres effleurent son épaule dénudée un court instant avant qu’il ne m’échappe, s’activant dans la pièce avec des gestes brouillons qui traduisent son agacement.

Les secondes passent et Alfie perd pieds de nouveau, laissant ses pensées passer du coq à l’âne sans chercher à les canaliser et c’est finalement ce que j’essaie de faire à sa place en le forçant à s’arrêter et à laisser tomber son projet d’appeler ses parents en plein milieu de la nuit. Il proteste mais je ne cède pas, essayant doucement de lui faire entendre raison et de le ramener à la réalité. Je déteste le sentir aussi déboussolé, comme si une partie de lui-même était restée piégée dans une terreur qu’il n’est pas parvenu à surmonter. Assise à ses côtés, je cherche une solution à ses problèmes en sachant pourtant qu’il n’y en a pas vraiment, si c’était le cas, il l’aurait trouvé depuis tout ce temps, les médecins l’auraient aidé et il irait bien mieux à présent. Malgré tout, je veux lui proposer quelque chose, n’importe quoi qui puisse l’aider à se raccrocher à l’infime espoir que tout finira par s’arranger. Je le sens hésitant alors qu’il commence par me dire que ce n’est pas nécessaire et je reste muette, attendant que l’idée fasse son chemin et qu’il parvienne à exprimer ce qu’il ressent. J’ai pris l’habitude qu’il cherche ses mots, les inverses et prenne du temps pour formuler une phrase complète. Je ne m’en formalise pas, parce qu’il revient de loin et qu’il a déjà fait énormément de progrès depuis son admission à l’hôpital. J’ai appris ces dernières semaines à faire preuve de patience et à me réjouir pour de petites améliorations qui m’auraient sans doute parues insignifiantes quelques mois auparavant. J’essaie de ne pas comparer la situation actuelle à celle que nous avons vécu plus d’un an auparavant alors que l’hôpital m’appelait exactement de la même manière pour que j’accours à son chevet. Je déteste me rappeler de cette période et je déteste avoir la sensation de la revivre une fois de plus. Je l’ai empêché de repartir pour ne plus jamais avoir à affronter ça et je suis obligée de me rendre compte que mon seul argument pour l’empêcher de poursuivre ses projets professionnels n’est pas valable. Les risques qu’il prenait sur le terrain ne semblent pas avoir disparu maintenant qu’il reste de manière permanente à Brisbane et je dois désormais prendre sur moi pour ne pas appréhender chaque nouvelle journée en craignant qu’il lui arrive encore quelque chose. Et si ce n’est pas le cas ? La question est pertinente parce qu’un déménagement ce n’est pas quelque chose à prendre à la légère et si ses problèmes ne se solutionnent pas grâce à cette décision, alors on l’aura pris pour rien. « Ce n’est peut-être pas le problème, mais il en fait partie. » C’est ma seule certitude, au fond, parce qu’il me parait impossible que l’agression qui a eu lieu ici-même ne l’empêche pas de voir cet appartement comme un lieu où il se trouve en sécurité. Toutefois, je sais bien qu’il a raison, que ce n’est pas le problème et je ne suis même pas sûre qu’il y en ait qu’un seul, en réalité. J’interromps les cercles sur sa main alors qu’Alfie retire la sienne, laissant ses doigts jouer avec les miens sans que je n’y prête vraiment attention. Et pour cause, je suis beaucoup trop concentré sur les paroles qu’il vient de prononcer. J’aurais tellement aimé m’exclamer qu’il était impossible que les choses ne s’arrangent jamais mais je réalise que je n’en suis pas réellement certaine. Qu’est-ce que nous pourrons faire s’il ne retrouve jamais sa sérénité ? Il ne peut pas vivre comme ça toute sa vie, c’est impossible. « Tout finira par s’arranger. » J’essaie tant bien que mal de dissimuler mon incertitude mais je n’arrive pas pour autant à nier son existence comme j’aurais aimé le faire. « Je sais que c’est difficile pour toi d’attendre d’aller mieux et que tu n’as pas envie d’être patient, mais il n’y a pas de raison pour que ça ne s’arrange pas. » Non, en réalité, je ne sais pas à quel point c’est difficile et si je peux imaginer ce qu’il traverse, je dois certainement être à des millénaires de la réalité tant ce qu’il vit me parait abstrait. J’aimerais prendre sa souffrance, même un tout petit peu, pour qu’il puisse enfin se reposer mais ce n’est évidemment pas possible. Il cherche ses mots, s’énerve et me renvoie encore une fois à l’impuissance que je ressens à chaque fois qu’il exprime un mal-être dont je ne parviens pas à décharger. Ce ne sont pas nos étreintes ou mes belles paroles qui suffiront à le soulager, je le sais bien, et j’ai de plus en plus de mal à accepter de ne pas avoir d’autre solution à lui proposer. J’attrape ses poignets qu’il ne devrait pas utiliser pour se faire du mal et l’attire contre moi de nouveau, tentant vainement d’apaiser une colère qu’il retourne contre lui. « Tu as le droit d’être en colère. » Je murmure à son oreille, alors que les battements rapides – trop rapides – de son cœur résonnent dans ma tête. « Mais ne t’inflige pas ça, tu n’es pas responsable. » Je répète, comme lorsqu’il m’a présenté des excuses qui n’avaient pas lieu d’être. N’importe qui serait en colère de se retrouver dans cette position, perdre le contrôle de son esprit est quelque chose de terrible et Alfie subit les assauts perpétuels d’un subconscient qui ne lui laisse plus aucun répit. Certains doivent se battre contre leur entourage pour défendre leurs opinions, mais lui, c’est contre lui-même qu’il doit faire front et c’est quelque chose de nettement plus difficile. Je lâche un de ses poignets pour passer ma main dans ses cheveux, lissant les mèches rebelles précédemment éparpillées sur l’oreiller. Les secondes passent alors que j’hésite à exprimer le fond de ma pensée sans être certaine de viser juste. « Peut-être que… » C’est bien tout le problème, il n’y a que des peut-être autour d’Alfie et jamais ceux qui parviennent à l’aider réellement. « Peut-être que s’il y avait moins de choses… de pensées, dans ta tête, ça serait plus facile. » Extérioriser pour se donner un nouveau départ, ce n’est peut-être pas la bonne solution, mais encore une fois, j’ignore ce qu’il traverse, et je pense que je ne pourrais jamais réellement le comprendre. Tout ce que je sais, c’est qu’il y a trop de poids sur les épaules d’un seul homme et qu’il est en train de le réaliser. Il a vécu trop d’expériences douloureuses en un court laps de temps sans jamais craquer ni se plaindre, il serait plus que légitime que l’effet boomerang arrive maintenant et même si je ne suis certainement pas la personne la plus apte à l’aider, je serais là pour lui, parce que je ne me vois être nulle part ailleurs. Il est toujours fort pour moi, alors c’est à mon tour de l’être pour lui.


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