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 so we meet again | aodhan

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Laoise McLoughlin
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ÂGE : quarante-six ans.
STATUT : divorcée et résolument célibataire.
MÉTIER : artiste peintre reconnue, prof d'art.
LOGEMENT : pour l'instant, elle s'est posée chez Jameson au #102 à Logan City.
so we meet again | aodhan WjiC2qSg_o
POSTS : 33 POINTS : 90

ORIENTATION SEXUELLE : J'aime les beaux garçons.
PETIT PLUS : Fan invétérée de Ghost depuis que l’un de ses élèves lui a fait découvrir le groupe, elle ne perd jamais une occasion d’assister à l’un de leurs concerts. Elle s’amuse énormément de leur pseudo-satanisme, qui lui semble être un excellent moyen de faire un doigt d’honneur métaphorique à l’éducation religieuse qu’elle a reçue.
UN RP ? : Seulement si nous avons un lien.
RPs EN COURS : [4/5] aodhanarthurginnyterrence
RPs EN ATTENTE : jameson
AVATAR : jennifer connelly.
CRÉDITS : avengedinchains (avatar) + astra (signature)
DC : sid le tatoueur, gabriel le manager
INSCRIT LE : 27/11/2019
https://www.30yearsstillyoung.com/t27647-i-m-learning-to-be-brave-in-my-beautiful-mistakes-laoise#1186043

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Message(#) Sujet: so we meet again | aodhan so we meet again | aodhan EmptyMar 3 Déc - 4:35



so we meet again
Je souris malgré moi, rien qu'à te regarder. Si les mois, les années marquent souvent les êtres, toi, tu n'as pas changé, la coiffure peut-être. Je ne sais trop que dire, ni par où commencer. Les souvenirs foisonnent, envahissent ma tête et le passé revient du fond de sa défaite. Non je n'ai rien oublié, rien oublié. • Aznavour


Je m’éveille avec l’impression qu’une tonne de briques m’est tombée sur la tête. J’ai beau être arrivée à Brisbane depuis presque une semaine, j’ai encore du mal à combattre le décalage horaire. Probablement parce que je dors encore moins bien que d’habitude et que mon pauvre système s’en trouve encore plus mélangé. C’est plus fort que moi, dès que j’essaie de fermer les yeux, je baigne dans mes angoisses et mes doutes. Chez moi, j’irais m’installer devant une toile pour essayer d’exorciser mes démons, mais je n’ai rien apporté avec moi et, du reste, je me vois mal installer un atelier dans la chambre d’amis de Jameson. Alors je ronge mon frein et je tourne en rond. Je n’ai même pas vraiment pris la peine d’explorer la ville encore. Je sais que c’est bête, voire irrationnel, mais j’ai peur de tomber sur Aodhan… sans savoir si ça me ferait plus flipper de tomber sur le père ou le fils. Au moins, Aodhan, je le reconnaîtrais, mais mon fils… Je ne veux pas le retrouver après toutes ces années pour me rendre que le garçon qui m’a servi mon café il y a deux semaines est en fait le bébé que j’ai abandonné. Hors de question que notre première rencontre se passe comme ça! En quelque part, je comprends qu’en voulant contrôler les paramètres de la situation, j’essaie de me rassurer. Et force m’est de constater que… ça ne marche pas du tout. Je me tourne sur le dos avec un soupir, repoussant vers l’arrière les mèches de cheveux sombres qui se sont affolées pendant ma nuit mouvement et me tombent dans les yeux. Je dois faire… quelque chose, n’importe quoi, sinon je vais devenir chèvre. Mue par ce besoin d’action, j’attrape mon téléphone sur la table de nuit et m’assois dans mon lit, les coudes appuyés sur mes cuisses. Je lance Gmail et ouvre le dernier courriel d’Aodhan, celui que j’ai relu une bonne centaine de fois avant de me décider à débarquer ici. Mon pouce survole le bouton répondre pendant quelques secondes, puis je prends une longue inspiration et je me lance.

Aodhan,
Je suis à Brisbane. Est-ce qu’on peut se voir?
Disons au...


Je m’interromps, les yeux plissés d’effort en essayant de me souvenir du nom du petit café pas très loin d’ici que m’a recommandé Jaimie. Comme ça ne me revient pas, je pose la question à Google. Je scanne rapidement du regard la liste d’établissements des environs jusqu’à ce que l’un d’entre eux me sonne une cloche.

...Death Before Decaf à 15 heures?
Laoise


J’ignore évidemment s’il est libre cet après-midi, mais je me dis qu’il n’est pas arrivé depuis très longtemps. Il n’a certainement pas eu le temps de se trouver des dizaines d’engagements à droite et à gauche. Après trente secondes d’attente interminable, je décide de me lever. J’ai l’impression que quelqu’un a versé du sable dans mes iris, que le sol est spongieux et trop mou, que le mur devant moi ondule, bref je manque complètement de sommeil, mais je sais aussi que je n’arriverai jamais à me rendormir. Je devrai me fier au rush d’adrénaline que provoquera sûrement notre rencontre pour m’aider à traverser la journée. Et avec un peu de chance, j’arriverai à fermer l’œil cette nuit. Abandonnant les couvertures en tas sur mon lit (et tant pis pour l’ordre), je sors de ma chambre et traverse le couloir jusqu’à la cuisine. Pas un bruit dans la maison. J’imagine que Jameson est au boulot. Vu l’heure, ça me paraît être une déduction assez logique. Je prends une orange dans le bol de fruits qui traîne sur le comptoir et m’installe à la table pour la manger en regardant sans le voir le mur. Le ping de mon téléphone est assourdissant dans le silence et me fait sursauter. M’essuyant rapidement les doigts sur le bas de mon pyjama pour éviter de recouvrir l’écran de jus d’orange, je déverrouille le téléphone pour jeter un coup d’œil au message qui vient d’entrer. Le cœur battant à toute vitesse, je dois lire la réponse d’Aodhan deux fois avant de comprendre qu’il accepte le rendez-vous que je lui ai proposé.

Je n’ai plus très faim tout à coup, mais je me force à manger les trois quartiers d’orange qu’il me reste, même s’ils ne goûtent plus rien. En déchiquetant du bout des doigts un morceau de pelure, j’essaie de m’imaginer à quoi ressembleront ces retrouvailles. Impossible d’y arriver, il n’y a que du noir qui danse devant mes yeux. Excédée, je me lève brusquement de table. Les pelures finissent à la poubelle et puis je me dirige vers la salle de bain. Il est midi trente environ. J’ai donc un peu de temps devant moi, mais je décide quand même de commencer à me préparer. Après une longue douche chaude qui me détend moins que je ne l’aurais voulu, je me surprends à m’observer sous toutes mes coutures devant le miroir embué. La dernière fois que j’ai vu Aodhan, le jour de cette rencontre fortuite à la bibliothèque de Trinity College, je ne ressemblais pas à grand-chose. J’étais... beige. Vide de vie et de passion, une coquille dépourvue de vie qui se laissait porter par le cours de son existence. J’ai envie de lui renvoyer une image différente aujourd’hui. Une serviette enroulée autour de ma chevelure pour absorber l’eau qui s’écoule de mes mèches, je trace un fin trait de khôl le long de mes paupières avant d’enrober mes cils de deux couches de mascara. Comme ça, on ne voit presque plus les cernes et j’esquisse un petit sourire satisfait. Il ne me manque plus qu’un peu de rouge à lèvres et je serai totalement présentable. Je retourne dans ma chambre et fouille un peu au hasard dans mes vêtements, me décidant finalement à enfiler une petite robe légère. C’est l’été ici après tout, autant m’habiller en conséquence.

Ma montre m’indique qu’il est 13h37. J’ai encore pas mal de temps devant moi, mais je ne veux pas rester assise toute seule dans cette maison vide. Alors je prends mon sac à main et je sors, verrouillant la porte derrière moi. J’ai téléchargé l’itinéraire recommandé par Google Maps pour me rendre de chez Jaimie au café, mais je ne le sors pas tout de suite. Je décide plutôt de me balader un peu dans le quartier. Je finis par me trouver un banc de parc et m’y pose pour observer les gens qui se baladent tranquillement. Je suis contente d’avoir envoyé ce mail à Aodhan, j’ai moins l’impression d’avoir le système qui court-circuite depuis que j’ai un objectif clair pour la journée. À un quart d’heure du rendez-vous, je reprends mon chemin. Sans trop de mal, je réussis à trouver le café. L’endroit est charmant et je suis soulagée de constater qu’à cette heure il n’y a pas trop de monde. Je ne sais pas si j’aurais été très à l’aise dans un endroit bondé. Au comptoir, deux filles s’occupent du service. La première, une blonde aux airs de poupées prend la commande tandis que la deuxième, une brune aux bras recouverts de tatouage et au nez percé, prépare les boissons. Amusée par le contraste évident entre leur look, je m’installe à une table un peu reculée en me disant qu’au moins, je suis certaine de ne pas me faire servir par mon fils ici. Je m’assois de façon à pouvoir observer le va-et-vient des clients et, surtout, à voir Aodhan entrer.

La nervosité est revenue et je malmène sans m’en rendre compte une serviette en papier abandonnée sur la table. Je sais que j’avais un peu d’avance mais j’ai l’impression que ça fait déjà longtemps que j’attends. Un coup d’œil rapide à mon téléphone me confirme qu’Aodhan est en retard. Je ne sais pas pourquoi, ça m’amuse. Peut-être parce que ça me rappelle nos rares disputes d’adolescents. Il avait la fâcheuse habitude de se pointer avec au moins un quart d’heure de retard à nos rendez-vous secrets. Ça me rendait folle et je ne me gênais pas pour le lui faire savoir. Il s’était vite rendu compte qu’il pouvait facilement me distraire de mon agacement avec deux ou trois baisers langoureux. Ça ne marchera pas aujourd’hui, que je pense avec un petit sourire en coin. Ça suffit à me détendre un peu, juste assez pour que je ne bondisse pas de mon siège comme si j’étais assise sur un ressort quand il pousse finalement la porte du café. Je lui fais un petit signe de la main pour attirer son attention, lui souris aussi, et me lève tranquillement, mais je n’arrive pas à m’avancer vers lui. Je reste là où je suis, les pieds comme collés au sol et le cœur battant.




God, where the hell are you hiding? My hands are in the air and I'm excited. I've been on the run, so I'm not coming Sunday. It's alright, I'll probably talk to you at midnight. God, I could never be like you. I can't change, I can't change and I don't want to. I've been on the run, so I'm not coming Sunday. It's alright, I'll probably talk to you at midnigh. • midnight, tyler glenn.
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Aodhan Brennan
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ÂGE : 46 ans (02.12.74)
STATUT : célibataire, la tête dans les nuages, le cœur plongé dans ses ouvrages...
MÉTIER : professeur en littérature anglaise au Trinity College de Dublin, actuellement en congé sabbatique pour des raisons familiales
LOGEMENT : 12, pine street à bayside. petit appartement d'appoint, cosy et plein de charme, repère précieux qui recueille ses pensées vagabondes
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POSTS : 256 POINTS : 340

ORIENTATION SEXUELLE : J'aime les jolies filles.
PETIT PLUS : Croyant, protestant et pratiquant - Fumeur - Technophobe - Il aime pêcher en plein océan, est proche de la nature et des animaux, les chevaux ont une place particulière dans son coeur - Il apprécie la bonne bière et le bon whisky - Critique littéraire à ses heures - Serviable, poli, le sourire aux lèvres, il est d'une nature agréable et conciliante - Passionné et cultivé, il est tête en l'air et a du mal à fixer son attention longuement.
UN RP ? : Pas dispo pour le moment.
RPs EN COURS :
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Le bonheur est parfois caché dans l'inconnu.
Aodhence#1

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J'entends ta voix dans tous les bruits du monde.
Laodhan#1

so we meet again | aodhan MealyComposedGalah-size_restricted
Le seul, le vrai, l'unique voyage c'est de changer de regard.
Jamdhan#FB1

6/5

MayJamesEirlys#fb

RPs EN ATTENTE :

Emma (Meeting on the beach) - Allan (Plein océan) - Auden (galerie jeunes talents) - Sophia (retrouvailles à brisbane) - Violet (expo)

PSEUDO : MJB
AVATAR : Cillian Murphy
CRÉDITS : Ava : Davy. Sign : Astra.
DC : Harvey, le gros ours et Abel, le sale gosse.
INSCRIT LE : 05/11/2019
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Message(#) Sujet: Re: so we meet again | aodhan so we meet again | aodhan EmptySam 7 Déc - 0:39



so we meet again
Je souris malgré moi, rien qu'à te regarder. Si les mois, les années marquent souvent les êtres, toi, tu n'as pas changé, la coiffure peut-être. Je ne sais trop que dire, ni par où commencer. Les souvenirs foisonnent, envahissent ma tête et le passé revient du fond de sa défaite. Non je n'ai rien oublié, rien oublié. • Aznavour


→ Il y a cette langueur qui envahit mon cœur constamment, mélange d’espérance et de renoncement, affront cruel entre fatalité et fervente croyance ; cette langueur que je traîne partout avec moi dans cette ville étouffante de par son climat, mélancolie douce et rêveuse nourrie par l’espoir de retrouver celui qui manque tant à ma vie. Et j’erre, le cœur battant, le souffle court, j’erre et j’espère voir se lever de nouveaux jours. La paume calleuse de ma main glisse sur l’encolure soyeuse du magnifique hongre qui se tient de l’autre côté de l’enclos, les rayons du soleil de midi viennent lustrer sa robe isabelle et mon regard se perd dans la contemplation de l’animal qui quémande toute mon attention. A quelques pas de l’appartement que je loue le long de la côte paisible se trouve un centre équestre tenu par Mara Atwood une connaissance d’enfance que j’ai retrouvé il y a peu. Et si la coïncidence est tout à fait amusante, c’est avant tout mon amour pour les équidés qui m’attire par ici, au moins une fois par jour. Loin des verts pâturages irlandais, les enclos de terre sèche et de broussailles semblent bien fades et de piètres lieux de vie pour ces animaux majestueux qui mériteraient bien mieux. Le peu d’ombrage associé à la chaleur aride rends les animaux fébriles, à la recherche de fraîcheur ; une fine couche de poussière se dépose sur leurs robes brillantes et colle leurs crins, leur donnant un aspect revêche et plus fougueux qu’ils ne le sont réellement. Le corps chaud tremble légèrement sous ma peau car l’animal s’agite, nerveux ; ses oreilles remuent alors qu’il perçoit des sons que je ne peux capter. «  Qu’entends-tu, l’ami, hein ? Qu'est-ce qui t’inquiète ? » Ma voix grave ne le perturbe pas vraiment, il garde la tête bien dressé et hume l’air porté par le vent. Ma paume glisse sur le chanfrein de l’animal, jusqu’à ses naseaux et il souffle sur ma main avant d’échapper à mon toucher en s’éloignant. Silencieux, le sourire aux lèvres, j’observe la démarche gracieuse de l’équidé qui s’éloigne d’un pas lent mais déterminé. Songeur, je pose mes bras le long de la barrière en bois avant de venir appuyer le menton sur ceux-là. Auprès des chevaux, je me suis toujours senti bien, à ma place, en paix avec moi-même. Leur présence m’apporte un certain réconfort ; leur puissance, un sentiment de sécurité et leur dignité m’inspire un profond respect. Fougueux, impétueux, téméraires, comme le tonnerre sur les plaines, lancés au triple galop, leurs sabots martèlent le sol et frappent la terre en cadence. Créatures célestes, à l’élégance subtile, leur beauté n’a d’égale que leur magnificence et je pourrai me perdre des heures durant à leurs côtés, oubliant le monde qui continuer de tourner… Mains dans les poches, je m’éloigne et longe la baie pour rentrer dans mon modeste appartement de location. Le pas lent et la démarche trainant, mon regard caresse la fine ligne d’horizon portée par l’immensité de l’océan et l’appel du large se fait ressentir à l’intérieur de moi. Ce sont mes tripes qui se serrent alors que j’hume avec plaisir les embruns salés portés par le vent qui souffle et me pousse à la dérive. Ne le suis-je pas à chaque instant ? A la dérive, porté par une vie dont les eaux calmes et profondes ne s’agitent que rarement bien qu’elles bouillonnent en leur fond. Il y a cette langueur qui fait battre mon cœur plus fort, l’attente d’une nouvelle différente, l’espoir auquel je continue malgré tout de croire. Soufflant pour extérioriser la torpeur soudaine qui m’envahit, je m’arrête et serre les poings. Je sais pourquoi je suis ici, mon Dieu tu m’as guidé jusque-là, ne m’abandonne pas en chemin et donne-moi la foi, le courage d’y croire encore…

L’ordinateur ouvre les pages internet avec une lenteur coutumière à laquelle je suis habitué, et je feuillette une revue de presse en attendant qu’il termine de charger correctement ma boite mail. Plusieurs collègues et amis m’envoient leurs copies ou leurs critiques, me demandent conseil et avis sur tel ou tel ouvrage, et si le téléphone n’est pas un outil que j’affectionne particulièrement, envoyer des e-mails est chose courante pour moi, totalement inhérente à mon quotidien. Un thé brûlant à disposition dans la tasse posée sur le bureau en bois, mes lunettes devant les yeux, je me concentre et ouvre les fenêtres de communication avec plus ou moins d’intérêt. C’est alors que je déniche une pépite au milieu des innombrables requêtes littéraires. Le prénom sur l’écran m’attire automatiquement, mais pourtant je marque un temps d’arrêt avant de découvrir les mots de Laoise… Elle ne répond pas, d’ordinaire. Son doux souvenir m’effleure, son regard émeraude et ses lèvres roses, son sourire étincelant et ses pommettes rosies… Ah Laoise, que me reste-t-il de toi sinon l’éternel sensation de ton amour qui étreins mon cœur avec une force impétueuse…  Mes e-mails restent sans réponses depuis des années et, je m’y suis fait en quelque sorte. Je me suis persuadé que cela ne me dérangeait pas, et j’ai continué de les envoyer, de rendre des comptes à celle que j’ai aimé avec ardeur il y a fort longtemps… Pourquoi ? Pourquoi vivre continuellement dans le passé, se priver du présent et oublier l’avenir ? Pourquoi ? Je souris… Car ce n’est pas réellement le cas ! Je ne vis pas dans le passé mais je chéris ses souvenirs, et Laoise est l’un de mes plus beaux souvenirs malgré la fin tragique de notre relation. Une fois la surprise passée et l’émotion apprivoisée, c’est la curiosité qui l’emporte et me permet de lire l’e-mail en question. Je reste abasourdi en découvrant que Laoise est à Brisbane, qu’elle a décidé de me rejoindre et de prendre part activement aux recherches. Pendant plusieurs minutes, je reste immobile devant les mots inscrits sur l’écran de l’ordinateur et je ne prête pas attention aux minutes qui s’écoulent ni à l’heure qu’il est réellement. 14 :38, il est temps que je parte si je souhaite honorer ce rendez-vous. Ne souhaitant pas me montrer impoli, je tape rapidement une réponse avant de sortir au-dehors pour me rendre le plus rapidement possible au Death before decaf, un bar au nom franchement sinistre pour des retrouvailles ! Sur la route, je me prépare à la revoir en me posant mille questions. Dans quel état d’esprit est-elle ? A-t-elle d’autres renseignements ? Est-elle seule ? Accompagnée ? Où vit elle ? Comment s’est-elle installée ? A-t-elle mis la main sur Terrence ? L’a-t-elle déjà rencontré ? Vais-je avoir l’opportunité d’en apprendre davantage sur notre fils unique ? Oh Laoise… Si tu es là, c’est que tout est sur le point de changer. Je le sens au plus profond de moi, notre quête touche à sa fin. Et l’excitation est telle que j’arrive à réduire de quelques minutes mon retard, qui reste malgré tout conséquent car c’est vers 15 : 30 que je pousse la porte du bar ambiance, le cœur battant la chamade à l’intérieur de ma poitrine.

Et puis, la course s’arrête. Le temps ralentit. Mon regard sillonne la pièce et s’arrête sur la silhouette délicate et élégante de Laoise McLoughlin, mon amour d’enfance… Mes lèvres s’étirent automatiquement en un large sourire alors que je la regarde, toujours aussi belle malgré les années qui ont passées et qui ont laissées leurs marques sur son visage parfait. Les joues rebondies d’adolescente se sont creusées aujourd’hui et ce sont des pommettes saillantes qui accompagnement son sourire aux lèvres plus fines et délicatement soulignées de rouge. Et ce regard… Ce regard transcendant, bouleversant, magnifique… Ce regard qui lui n’a pas changé et brille toujours de mille feux. Ses longs cheveux qui descendent en cascade sur ses épaules et entourent son visage doux avec délicatesse. Oh Laoise, les années t’ont embelli en vérité. Je m’avance, prudemment et lentement, comme pour savourer chaque pas et leur importance à cet instant. Emu, je m’arrête une fois devant elle et murmure son prénom avec tendresse – Laoise… Tu es là, tu es venue jusqu’ici, c’est un signe n’est-ce pas ? On va le retrouver, toi et moi… On le retrouvera… Le silence s’installe et perdure, devient gênant. Je toussote légèrement et désigne les chaises autour de la petite table. – Si nous nous … ? D’un commun accord nous prenons place et nous installons l’un face à l’autre, sans réellement se quitter du regard. Tant de détails qui ont changé… L’émotion me gagne férocement. – Je ne m’attendais pas à cet e-mail de ta part. Quand es-tu… Quand as-tu pris la décision de venir ici ? Tu… Tu es là depuis longtemps ? Je te croyais au Canada. Sa carrière d’artiste peintre, je l’ai suivi avec un intérêt particulier et j’ai quelques-unes de ses toiles à Dublin… Interrompus momentanément par une serveuse charmante, je m’extirpe de ma contemplation pour commander un simple café. Oh Laoise, si tu savais comme j’ai attendu ce moment, comme je suis impatient, à la fois inquiet et excité, nerveux mais survolté… Et je ne sais plus par où commencer, car j’aurai des milliers de choses à te dire, des milliers de choses à t’écrire, des milliers de choses…


❝ La plume d'un poète est le reflet de son âme ❞

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Laoise McLoughlin
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ÂGE : quarante-six ans.
STATUT : divorcée et résolument célibataire.
MÉTIER : artiste peintre reconnue, prof d'art.
LOGEMENT : pour l'instant, elle s'est posée chez Jameson au #102 à Logan City.
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ORIENTATION SEXUELLE : J'aime les beaux garçons.
PETIT PLUS : Fan invétérée de Ghost depuis que l’un de ses élèves lui a fait découvrir le groupe, elle ne perd jamais une occasion d’assister à l’un de leurs concerts. Elle s’amuse énormément de leur pseudo-satanisme, qui lui semble être un excellent moyen de faire un doigt d’honneur métaphorique à l’éducation religieuse qu’elle a reçue.
UN RP ? : Seulement si nous avons un lien.
RPs EN COURS : [4/5] aodhanarthurginnyterrence
RPs EN ATTENTE : jameson
AVATAR : jennifer connelly.
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INSCRIT LE : 27/11/2019
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Message(#) Sujet: Re: so we meet again | aodhan so we meet again | aodhan EmptyLun 23 Déc - 4:51



so we meet again
Je souris malgré moi, rien qu'à te regarder. Si les mois, les années marquent souvent les êtres, toi, tu n'as pas changé, la coiffure peut-être. Je ne sais trop que dire, ni par où commencer. Les souvenirs foisonnent, envahissent ma tête et le passé revient du fond de sa défaite. Non je n'ai rien oublié, rien oublié. • Aznavour


Aodhan s’avance lentement vers moi. J’ai l’impression que le temps s’est arrêté, je n’ai plus conscience de ce qui m’entoure. Je ne vois que lui et je ne peux pas m’empêcher de le dévorer des yeux. On dirait qu’un fantôme de mon passé a surgi devant moi. Ses épaules frêles d’adolescent se sont élargies pour devenir celles d’un homme, mais il a encore le même visage un peu gamin, et surtout, les mêmes yeux bleu azur qui me faisaient tourner la tête à l’époque. Et quand nos regards se croisent au loin, s’accrochent pour ne plus se détourner, et que je sens mes jambes se liquéfier sous moi, je me dis que je ne suis peut-être pas tout à fait aussi immunisée contre son charme que je le croyais. J’ai l’impression qu’à chacun de ses pas, des bribes de souvenirs que je croyais morts et enterrés depuis longtemps jaillissent de la poussière de ma mémoire. Enfin, il se tient debout juste là devant moi. Je lui souris timidement. Mes doigts meurent d’envie de l’effleurer pour me prouver qu’il est réel et que je ne rêve pas. Il est si près que je n’aurais qu’à tendre la main pour repousser la mèche rebelle qui tombe encore sur son front, comme je l’ai déjà fait des dizaines de fois auparavant. « Laoise… » Il y avait longtemps que je n’avais pas entendu mon prénom comme ça, prononcé avec l’accent chantant de mon pays d’origine et sans la moindre hésitation. Il y a toujours la même intonation dans sa voix grave. Ça me ramène trois décennies plus tôt, à ces heures volées à nos vies respectives que nous passions ensemble. De près, je remarque sur son visage des détails qui dénotent le passage du temps et qui m’avaient de prime abord échappé. Des ridules se sont creusées au coin de ses yeux et sur son front. Je me demande ce qu’elles racontent de son parcours et des inquiétudes qu’il a connues depuis que notre idylle aux lourdes conséquences nous a violemment tirés de l’enfance.

Aodhan se secoue le premier de sa torpeur. Il s’éclaircit la gorge et me propose maladroitement de prendre place à la table. Sortie de la transe étrange dans laquelle j’étais plongée, je hoche la tête. « Oui, oui, bien sûr. » En me rassoyant sur ma petite chaise, je repousse derrière mon oreille une mèche qui me chatouillait la joue pour tenter de retrouver un semblant de contenance. Qui aurait cru qu’après toutes ces années, nous nous retrouverions un jour attablés face à face dans un petit café à l’autre bout du monde ? Croisées devant lui sur la table, les mains d’Aodhan m’interpellent. Des mains fortes et veinées, à mille lieux de celles de l’adolescent qu’il a été. Des doigts fuselés que j’imagine aussi fréquemment tachés d’encre que les miens se recouvrent de peinture. Je me demande si mes mains se nicheraient encore à la perfection contre les siennes ou si les années de séparation les ont transformées en étrangères. « Je ne m’attendais pas à cet e-mail de ta part. Quand es-tu… Quand as-tu pris la décision de venir ici ? Tu… Tu es là depuis longtemps ? Je te croyais au Canada. » Étonnée, je m’arrache à ma contemplation pour relever les yeux vers lui. Depuis notre rencontre imprévue à Trinity College, je suis sa carrière de loin. Au fil des années, j’ai lu tous les articles qu’il a publiés sur lesquels j’ai pu mettre la main. Cependant, je ne me serais jamais doutée qu’il en faisait de même pour moi de son côté.

Avant que j’aie pu répondre à ses questions, une jeune femme nous interrompt pour prendre notre commande. Alors qu’Aodhan choisit de boire un café, je me contente d’un thé vert qui, je l’espère, m’aidera à délier mes nerfs en boule sans dérégler encore plus mon système malmené par le décalage horaire. Tandis que la jolie blonde s’éloigne, je replonge mon regard dans celui de mon premier amour. « Je suis arrivée il y a une semaine environ. J’étais à Vancouver quand j’ai reçu ton message. » N’y tenant plus, je me penche légèrement.  Les avant-bras appuyés sur la table, j’entoure les mains d’Aodhan des miennes. « Je suis désolée de t’avoir imposé mon silence. J’ai lu tous tes mails, mais j’étais incapable de répondre. » Je baisse légèrement la tête, honteuse de dévoiler ainsi ma faiblesse, mais soulagée de me libérer la conscience. La culpabilité de ne pas avoir su m’impliquer autrement dans sa quête qu’en devenant le témoin silencieux de ses nombreux échecs me pesait depuis longtemps. J’avais besoin de lui faire comprendre que ce n’était ni le désintérêt ni la lâcheté qui me confinait au silence, mais bien le gouffre d’impuissance et de résignation dans lequel je pataugeais maladroitement depuis des années. « Ton dernier message m’obsédait. De te savoir si proche de la vérité… Je ne dormais plus, j’y pensais jour et nuit. Je n’en pouvais plus, j’ai fini par acheter un billet pour l’Australie sur un coup de tête. » Sans vraiment en être consciente, je caresse nerveusement du pouce le dos de la main d’Aodhan. J’hésite. Est-il trop tôt pour poser la question qui me torture ? J’ai besoin de savoir et pourtant, je crains la réponse. Ai-je parcouru des milliers de kilomètres pour venir à la rencontre d’une déception ?

La serveuse revient, deux tasses posées en équilibre sur un petit plateau. Je retire brusquement mes mains et les pose sur mes cuisses, à l’abri des regards sous la table. Je me dis que c’est pour permettre à la serveuse de déposer nos consommations devant nous, mais ça ne chasse pas cette impression bizarre d’avoir été prise en défaut qui m’habite. Vieux réflexe, peut-être, de l’époque où nous devions nous cacher en tout temps. Avec la climatisation qui tourne à plein régime, il fait un peu froid dans le café. J’enroule mes mains autour de ma tasse, heureuse de sentir la chaleur presque insoutenable de la porcelaine contre mes paumes. « Alors, tu essaies encore de nourrir les jeunes esprits de Dublin de ta science infuse ? » Tandis qu’un sourire taquin s’étire sur mes lèvres, je le supplie du regard de comprendre l’incertitude qui me taraude et de m’en libérer s’il le peut. Tu sais ce que je veux savoir, ce que je n’ose te demander. L’as-tu retrouvé, Aodhan ? L’as-tu vu ? Sais-tu à quoi il ressemble? Est-ce qu’il a tes yeux ou les miens ? Ou peut-être ta bouche, mon nez, ton menton… Je l’ai imaginé si souvent, mais toi, l’as-tu vu ? Lui as-tu parlé ? Nous en veut-il ? As-tu pu lui expliquer que nous n’avions pas le choix ? Ou plutôt que nous étions trop jeunes, trop naïfs, trop innocents pour savoir que nous en avions un ? Dis-moi tout ce que je n’arrive pas à te demander, je t’en conjure.




God, where the hell are you hiding? My hands are in the air and I'm excited. I've been on the run, so I'm not coming Sunday. It's alright, I'll probably talk to you at midnight. God, I could never be like you. I can't change, I can't change and I don't want to. I've been on the run, so I'm not coming Sunday. It's alright, I'll probably talk to you at midnigh. • midnight, tyler glenn.
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Aodhan Brennan
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ÂGE : 46 ans (02.12.74)
STATUT : célibataire, la tête dans les nuages, le cœur plongé dans ses ouvrages...
MÉTIER : professeur en littérature anglaise au Trinity College de Dublin, actuellement en congé sabbatique pour des raisons familiales
LOGEMENT : 12, pine street à bayside. petit appartement d'appoint, cosy et plein de charme, repère précieux qui recueille ses pensées vagabondes
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ORIENTATION SEXUELLE : J'aime les jolies filles.
PETIT PLUS : Croyant, protestant et pratiquant - Fumeur - Technophobe - Il aime pêcher en plein océan, est proche de la nature et des animaux, les chevaux ont une place particulière dans son coeur - Il apprécie la bonne bière et le bon whisky - Critique littéraire à ses heures - Serviable, poli, le sourire aux lèvres, il est d'une nature agréable et conciliante - Passionné et cultivé, il est tête en l'air et a du mal à fixer son attention longuement.
UN RP ? : Pas dispo pour le moment.
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Le bonheur est parfois caché dans l'inconnu.
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Message(#) Sujet: Re: so we meet again | aodhan so we meet again | aodhan EmptyJeu 2 Jan - 18:54



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Je souris malgré moi, rien qu'à te regarder. Si les mois, les années marquent souvent les êtres, toi, tu n'as pas changé, la coiffure peut-être. Je ne sais trop que dire, ni par où commencer. Les souvenirs foisonnent, envahissent ma tête et le passé revient du fond de sa défaite. Non je n'ai rien oublié, rien oublié. • Aznavour


→ Le souvenir de son visage qui hante mes pensées depuis de nombreuses années ne rend pas justice à son profil actuel. Elle est là, Laoise, assise devant cette petite table pour deux, le regard émeraude toujours aussi brillant et rempli d’espérance. Elle est là, en chair et en os, et elle a fait tout ce chemin pour ce petit bout d’histoire que nous partageons, pour cet enfant dont nous ignorons tout et après lequel nous ne cessons de courir et de croire.  Laoise, éternelle beauté toujours là quelque part dans ma mémoire : dans des courses effrénées sous des pluies diluviennes, dans des rires insouciants et des joues légèrement rougies, dans le son du vent entre les arbres et dans celui des feuilles qui crissent sous les pieds en automne, dans le goût des gaufres moelleuses et de la Guinness savourée au bar d’un pub, refuge de nos pensées  et nos rêves adolescents. C’était le bon temps, n’est-ce pas ? Celui où nous échangions innocemment sur nos lectures, où nous partagions nos avis avec plus ou moins de convictions, où nous courrions dans la campagne irlandaise en bravant le froid et le vent, où nous trouvions refuge dans les bras de l’un et l’autre, où nous aimions sans conditions, follement, éperdument. Il n’y avait pas d’ombre au tableau alors, pas de nuage dans notre doux ciel et le soleil éclairait lumineusement notre avenir. Mais les plus grands calmes attirent les plus grandes tempêtes, c’est comme ça pour les histoires ainsi que pour les tempéraments (ne dit-on pas toujours qu’il faut se méfier de l’eau qui dort ?). A la surface, tout semble toujours lisse, parfait et docile. A l’intérieur, la vie prend forme. Elle naît, grandit, s’épanouit dans le ventre de sa mère et s’apprête bientôt à gronder furieusement. Comment un événement aussi beau et joyeux qu’une naissance a pu devenir le drame de nos vies ? Il n’y a qu’à espérer qu’il s’en est sorti sans nous, qu’il aura trouvé chez les Oliver douceur, amour et bienveillance, que ces derniers l’auront aidé à se construire, à se trouver et à s’affirmer pour mieux s’épanouir dans ce monde. Sans nous. Nous qui nous apprêtons à débarquer dans sa vie, peut-être à la bouleverser entièrement, peut-être à lui donner du sens, peut-être… qui sait réellement ? Je m’en remets à Dieu pour cela, totalement. Face à elle, le regard perdu dans ses grands yeux fascinants, j’ai un sursaut de conscience qui me permet de ne pas rester immobile trop longtemps. Oh Laoise, j’aimerai pouvoir te serrer contre moi, sentir ton doux parfum s’imprégner sur mes vêtements, la caresse de tes cheveux sur ma joue… J’ignore si cela serait convenable, et c’est pour cela que je me contente de contempler ton doux visage aux traits plus marqués, plus vieillis, embellis aussi sans cesser de me demander ce que cela ferait de presser ton corps contre le mien à nouveau. Je commande un café, sent l’envie de cigarette monter à la surface à cause de ma grande nervosité et réalise qu’il y a quelques années, nous nous sommes retrouvés à peu de choses près dans la même situation. Tu te souviens, Laoise ? Tu avais pris un café crème que tu ne cessais de touiller avec ta petite cuillère, tu évitais soigneusement mon regard en jetant des œillades sur la rue passante et tout le pub pouvait sentir la nervosité qui émanait de toi. J’avais pris un Irish Coffee comme je les aime et la fumée s’échappant de ma tasse brûlante et réchauffant mes doigts n’avait pas réussi à rassurer mon cœur maltraité par ses retrouvailles inopinées. Je me rappelle d’une après-midi pluvieuse, rien d’exceptionnel en ce qui concerne notre pays natal, et de la chaleur du pub qui n’a pas su nous réchauffer ce jour-là, aussi accueillant fut-il. J’ai appris ce jour-là que tu avais donné naissance à notre fils le lendemain de Noël 90 et qu’il t’avait été arraché dans l’heure. L’effroyable récit de cette douloureuse séparation me hante encore parfois, et je revois les torrents de larmes qui ont envahi tes yeux si doux pour rouler sur tes joues… Et nous voilà, plus de dix ans après, à l’autre bout du monde, l’un face à l’autre, à se demander si nous allons finir par le retrouver, ce petit être qui n’avait rien demandé et dont le destin a été décidé par d’autres. Le soleil est éclatant au-dehors et il se reflète dans les boucles de tes cheveux qui descendent en cascade sur tes épaules. Tu es toujours aussi belle, Laoise… Et si tu es là aujourd’hui, c’est parce que toi aussi tu dois le sentir. C’est la bonne cette fois, n’est-ce pas ? Nous sommes sur la bonne piste, j’en suis convaincu. - Je suis arrivé il y a une semaine environ. J’étais à Vancouver quand j’ai reçu ton message. Là où elle habite depuis plusieurs années déjà. Peintre reconnue dont les toiles s’exportent dans le monde entier grâce aux nouvelles technologies et au modernisme. Ses mains viennent glisser jusqu’aux miennes pour s’en saisir, et si mon réflexe premier est de les serrer, je n’en fais rien. Au contraire, j’ouvre mes paumes et lui laisse le loisir de les toucher comme elle le souhaite. Et ce simple contact, ce geste imprudent et impulsif, éveille en moi une multitude de sensations vertigineuses et doucereuses. Mon ventre se resserre, mon cœur bat plus fort et je suis envahi par une douce chaleur qui n’est aucunement du au climat australien. – Je suis désolée de t’avoir imposé mon silence. J’ai lu tous tes mails, mais j’étais incapable de répondre. Oh, je ne t’en ai jamais voulu pour cela, Laoise. J’hésitais, bien souvent, à t’écrire, persuadé que je faisais plus de mal que de bien. Et j’ai dû t’en faire du mal, par bien des manières… Une vie entière ne serait pas suffisante pour me racheter.  – Il n’y avait aucune obligation, tu le sais bien. Ton silence m’a souvent paru plus juste que des mots. Même si parfois, il m’enfonçait cruellement dans la culpabilité. Même si, bien trop souvent, j’ai pensé être seul à vivre encore dans le passé, obstinément et bêtement. Je n’ai jamais pu arrêter. – Ton dernier message m’obsédait. De te savoir si proche de la vérité… Je ne dormais plus, j’y pensais jour et nuit. Je n’en pouvais plus, j’ai fini par acheter un billet pour l’Australie sur un coup de tête. Ses pouces tracent des petits cercles sur le dos de mes mains et mes yeux sont plantés dans les siens, totalement absorbé par tout ce qu’elle dit, et tout ce qu’elle évite de dire. La peur, l’envie et le besoin irrépressible de savoir où j’en suis, si j’ai des réponses à toutes ses questions silencieuses, si j’apporte avec moi de bonnes nouvelles ou si je suis à nouveau annonciateur de malheur. Pourras-tu supporter une nouvelle fois mon inefficacité, Laoise ? Ou est-ce qu’à chaque fois que je te fais part d’un nouvel échec, je ne fais que t’éloigner fatalement de moi ? Est-ce là ma peine ? Est-ce ainsi que je dois expier mes fautes ? Comment pourrais-je prétendre être un homme alors que je n’arrive pas à réunir les miens ?  – Tu as bien fait, je… Coupé par l’arrivée de la jeune serveuse, Laoise lâche brusquement mes mains et je me redresse. Mes yeux sont légèrement embués, aussi je les cligne doucement pour me reprendre. Quelques secondes de répit ou quelques secondes qui nous éloignent encore un peu. Avons-nous besoin de nous éloigner davantage ? – Alors, tu essaies encore de nourrir les jeunes esprits de Dublin de ta science infuse ? J’esquisse un sourire, alors que mes mains viennent se serrer autour de la tasse fumante. Oh non, Laoise... Tu n’as pas envie de savoir ce que je deviens, et même si je te le raconte, ce sera juste décevant. Car je suis toujours le même, je n’ai pas changé et cette flamme en moi vacille toujours autant.  – Je ne pense pas avoir cette prétention-là, mais j’essaie de maintenir en vie de vieilles choses et crois-moi, par les temps qui courent, cela n’a absolument rien de simple. Pourtant, n’est-ce pas dans les vieux pots qu’on fait les meilleures confitures ? Je me mords la lèvre, meurtri alors que son regard me sonde avec espoir. Autant me jeter à l’eau, le plus vite sera le mieux.  – Je me suis rendu à l’adresse indiquée pour constater que la maison des Oliver, les parents adoptifs, est en vente. Ils sont morts. Tous les deux. Le père, il y a quelques années et la mère en septembre 2018. Terrence n’y vit plus. J’inspire lentement, observe les traits de Laoise avant de reprendre la parole doucement.  – Grâce à quelques contacts à l’académie, j’ai réussi à mettre la main sur son dossier scolaire. Je n’ai pas pensé à te l’amener mais il est à l’appartement si tu veux le voir. C’est un enfant doué, un peu turbulent mais rien de bien méchant. Il a d’excellents relevés de note et ses résultats aux examens sont plus qu’honorables. Il est allé en fac de droit, a passé sa licence pour disparaître brusquement en 2014. Depuis, il n’y a aucune trace de lui dans aucune université. Il a arrêté ses études et cela ne donne aucune indication sur ce qu’il fait à présent. Il était à l’adresse de ses parents sur son dossier alors… Je tourne en rond. Je sais que je vais te décevoir, Laoise, comme je t’ai déjà déçu des dizaines de fois par mail. La seule différence aujourd’hui, c’est que cette déception, je vais devoir l’affronter sans ciller. Et je crois que je suis prêt à cela, oui. Ou je me voile la face, mais peu importe. Le fait est qu’à nouveau, je te déçois, n’est-ce pas ?  


❝ La plume d'un poète est le reflet de son âme ❞

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Laoise McLoughlin
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ÂGE : quarante-six ans.
STATUT : divorcée et résolument célibataire.
MÉTIER : artiste peintre reconnue, prof d'art.
LOGEMENT : pour l'instant, elle s'est posée chez Jameson au #102 à Logan City.
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ORIENTATION SEXUELLE : J'aime les beaux garçons.
PETIT PLUS : Fan invétérée de Ghost depuis que l’un de ses élèves lui a fait découvrir le groupe, elle ne perd jamais une occasion d’assister à l’un de leurs concerts. Elle s’amuse énormément de leur pseudo-satanisme, qui lui semble être un excellent moyen de faire un doigt d’honneur métaphorique à l’éducation religieuse qu’elle a reçue.
UN RP ? : Seulement si nous avons un lien.
RPs EN COURS : [4/5] aodhanarthurginnyterrence
RPs EN ATTENTE : jameson
AVATAR : jennifer connelly.
CRÉDITS : avengedinchains (avatar) + astra (signature)
DC : sid le tatoueur, gabriel le manager
INSCRIT LE : 27/11/2019
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Message(#) Sujet: Re: so we meet again | aodhan so we meet again | aodhan EmptyJeu 9 Jan - 4:13



so we meet again
Je souris malgré moi, rien qu'à te regarder. Si les mois, les années marquent souvent les êtres, toi, tu n'as pas changé, la coiffure peut-être. Je ne sais trop que dire, ni par où commencer. Les souvenirs foisonnent, envahissent ma tête et le passé revient du fond de sa défaite. Non je n'ai rien oublié, rien oublié. • Aznavour


Aodhan me sourit en enroulant ses mains autour de sa tasse. Retenue par une espèce de pudeur que je m’explique mal, je garde les miennes collées à mon thé vert pour m’empêcher de les tendre à nouveau vers lui. J’ai l’impression d’avoir fait un bond dans le temps. Il y a dix ans, j’étais encore mariée. Dans ce café où nous nous étions installés pour fuir le froid, j’avais l’impression que tous les regards convergeaient vers nous, vers moi qui portais une alliance et lui qui n’en portait pas, comme pour crier au monde que nous n’étions pas ensemble. Je ne garde que des souvenirs flous, imprécis, de notre rencontre. Je sais que j’ai raconté à Aodhan la naissance de son fils. Je lui ai dit ce que je savais de son sort. Et j’ai pleuré à chaudes larmes. Ça ne m’avait pas soulagée de lui parler de tout ça. Je ne m’étais confiée qu’une seule fois auparavant, à Jameson, au cours de l’été qui avait suivi le drame. De replonger dans mes souvenirs avec Aodhan, la seule autre personne dans l’univers à part moi à se souvenir de cet enfant perdu, avait été pénible, douloureux. Les détails de la conversation m’échappent, mais étrangement, je me revois clairement recouvrir sans cesse ma main gauche de ma main droite pour camoufler mon alliance. J’aurais pu l’enlever et pourtant l’idée ne m’avait même pas traversé l’esprit.

Il y a comme une note de mélancolie qui vibre dans la voix d’Aodhan quand il répond à ma question. « Je ne pense pas avoir cette prétention-là, mais j’essaie de maintenir en vie de vieilles choses et crois-moi, par les temps qui courent, cela n’a absolument rien de simple. » Je comprends, je crois. Ce n’est jamais facile de s’arrimer au passé, peu importe la raison. À force de vivre accroché aux souvenirs, les siens ou ceux des autres, on finit par perdre de vue le présent. Garder les yeux tournés vers l’avant, c’est le défi de ma vie à moi aussi, même si je ne m’égare pas entre les pages d’artefacts littéraires mais dans les méandres de ma mémoire.

Un silence lourd de sens s’installe entre nous. Avec émotion, je fixe le visage d’Aodhan qui s’est départi de son sourire triste. J’attends, le cœur battant. Je sens qu’il a entendu ma question silencieuse et qu’il est sur le point de me révéler les fruits de son enquête. « Je me suis rendu à l’adresse indiquée pour constater que la maison des Oliver, les parents adoptifs, est en vente. Ils sont morts. Tous les deux. Le père, il y a quelques années et la mère en septembre 2018. Terrence n’y vit plus. » Un soulagement immonde naît dans mon ventre. Si ses parents adoptifs sont morts, je n’aurai pas à les rencontrer. Je n’aurai pas à faire bonne figure devant la femme qui a élevé mon fils et a reçu tout l’amour qui m’aurait été destinée si j’avais été plus courageuse. Et puis aussi vite que cette horrible pensée a jailli dans mon esprit, la culpabilité monte aussi. Mon Dieu, pardonne-moi. Je ne sais plus ce que je dis. Une mère ne devrait pas se réjouir de savoir son fils orphelin, seul au monde et sans famille, une fois de plus. « Grâce à quelques contacts à l’académie, j’ai réussi à mettre la main sur son dossier scolaire. Je n’ai pas pensé à te l’amener mais il est à l’appartement si tu veux le voir. C’est un enfant doué, un peu turbulent mais rien de bien méchant. Il a d’excellents relevés de note et ses résultats aux examens sont plus qu’honorables. » Comme si je ne suffoquais pas déjà sous un trop-plein d’émotions, je sens une pointe de fierté me traverser, même si je sais que je n'ai pas particulièrement contribué aux succès de Terrence, sauf peut-être en lui transmettant une partie de mon patrimoine génétique.

D’ailleurs, ça ne m’étonne pas vraiment d’apprendre qu’il était turbulent. Si Aodhan est comme un lac à la surface lisse et tranquille, à peine traversée parfois d’un courant contraire, moi je suis un océan qui bouillonne et s’agite. Enfant, j’étais turbulente moi aussi. J’avais trop d’énergie, trop de passion dans les tripes pour rester tranquille. J’ai pourtant fini par m’assagir, ne serait-ce qu’en apparence, à force d’être comprimée par le carcan étroit dans lequel m’ont enfermée mes parents. J’ai vite compris que si j’avais été un garçon, le monde m’aurait été offert sur un plateau d’argent, mais qu’en tant que fille, ce seraient plutôt les interdits que les possibilités qui marqueraient mon existence. J’entends encore la voix de mes parents me sermonner. Une fille, ça ne grimpe pas aux arbres, ça ne saute pas dans les flaques d’eau, ça ne joue pas dans la boue, ça ne va pas au cinéma seule avec un garçon, ça ne sort pas en boîte. Surtout, ça ne débat pas de grandes idées qu’elle ne peut de toute façon comprendre qu’à moitié. Non, une fille, ça reste chez soi. Ça apprend à lire et à jouer du piano, ça sait repriser, coudre et broder. Ça sait cuisiner aussi, pour traiter son homme aux petits oignons. Une fille, c’est une mère en devenir qui, pour réussir sa vie, doit seulement élever la ribambelle d’enfants que lui donnera son mari. Au fond, peut-être que c’est l’une des raisons pour lesquelles je suis tombée aussi vite sous le charme d’Aodhan. Parce qu’il était un garçon, mais qu’il ne m’a jamais considéré comme une fille. Parce qu’il débattait avec moi comme il le faisait avec n’importe lequel de ses camarades masculins, parfois même avec plus de passion, plus de virulence, sans essayer de ménager mes pauvres petits sentiments, mais toujours en respectant mon opinion.

« Il est allé en fac de droit, a passé sa licence pour disparaître brusquement en 2014. » Je fronce les sourcils d’étonnement. En droit ? J’ai toujours pensé que notre fils aurait une âme d’artiste. Or, le droit, même si c’est puissant et honorable, ça manque terriblement de fantaisie. Je souris intérieurement à l’idée d’avoir donné naissance malgré moi à un mini Jameson. Cependant, comme pour confirmer mon intuition, Aodhan ajoute : « Depuis, il n’y a aucune trace de lui dans aucune université. Il a arrêté ses études et cela ne donne aucune indication sur ce qu’il fait à présent. Il était à l’adresse de ses parents sur son dossier alors… » On dirait qu’un vent glacial souffle sur le café. Alors ça veut dire que t’as perdu sa trace. Que tu ignores toujours où il est. Ici ou ailleurs ? En Australie ou sur un autre continent ? Deux ans, c’est bien assez long pour faire deux fois le tour du monde. Qui sait où Terrence peut être ? Les yeux pleins d’eau tout à coup, je baisse la tête, observe le thé jaunâtre et fumant dans ma tasse en pinçant les lèvres. Malgré la déception amère, je réfléchis à ces révélations, les tourne et les retourne dans tous les sens en essayant de trouver l’indice caché qui nous permettra de reprendre les recherches. Avec un brin de panique, je constate qu’il n’y en a pas, qu’il n’y a rien auquel on puisse se raccrocher.

Je ferme les yeux un instant. Seigneur, tu ne crois pas que j’ai assez payé, qu’Aodhan a assez payé, que Terrence a assez payé ? Si tu nous as traînés jusqu’ici, à l’autre bout du monde, juste pour nous abandonner une fois de plus, je te jure que c’est fini. Je ne mettrai plus jamais les pieds dans une église, je ne t’adresserai plus jamais la parole et j’accueillerai la damnation éternelle de mon âme au bout avec bonheur. On se comprend ? Je sais que je blasphème, qu’on ne peut pas négocier comme ça avec Dieu. Que c’est Lui qui décide de tout et que ce qu’Il donne, Il reprend. Mais j’en ai marre d’espérer dans le vide, de me dire que le jour viendra peut-être où ma souffrance aura une fin, où les pénitences que j’ai faites pendant toutes ces années m’achèteront enfin un bout de bonheur. Ce n’est pas la première fois que je peste tout bas contre ce Dieu qui joue avec nos vies comme un marionnettiste avec ses pantins, mais c’est la première fois que je ressens jusqu’au plus profond de mon être que je pourrais vraiment renoncer à ma foi sans regret. Je relève la tête, croise le regard éploré d’Aodhan. Un regard tout plein d’une culpabilité et d’une impuissance que je connais trop bien parce que le miroir me les renvoie quotidiennement depuis presque trois décennies. Mes mains jaillissent d’elles-mêmes et s’accrochent aux siennes, sans pudeur et sans hésitation cette fois. Je noue mes doigts dans les siens en me penchant légèrement vers lui. « On va le retrouver, Aodhan. On va creuser, on va fouiller. On va engager un détective privé, retourner toute la ville s’il le faut. Mais on va trouver Terrence. On va trouver notre fils. » Je caresse d’un regard tendre son visage que je n’ai jamais oublié, ses pommettes saillantes, son front haut, ses sourcils droits, ses lèvres bien dessinées. Depuis si longtemps, nous portons cette trop lourde croix chacun de notre côté. Le temps est venu d’unir nos souffrances. « Tu n’as jamais baissé les bras, mais tu n’es plus seul, je suis là maintenant. »




God, where the hell are you hiding? My hands are in the air and I'm excited. I've been on the run, so I'm not coming Sunday. It's alright, I'll probably talk to you at midnight. God, I could never be like you. I can't change, I can't change and I don't want to. I've been on the run, so I'm not coming Sunday. It's alright, I'll probably talk to you at midnigh. • midnight, tyler glenn.
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Aodhan Brennan
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STATUT : célibataire, la tête dans les nuages, le cœur plongé dans ses ouvrages...
MÉTIER : professeur en littérature anglaise au Trinity College de Dublin, actuellement en congé sabbatique pour des raisons familiales
LOGEMENT : 12, pine street à bayside. petit appartement d'appoint, cosy et plein de charme, repère précieux qui recueille ses pensées vagabondes
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ORIENTATION SEXUELLE : J'aime les jolies filles.
PETIT PLUS : Croyant, protestant et pratiquant - Fumeur - Technophobe - Il aime pêcher en plein océan, est proche de la nature et des animaux, les chevaux ont une place particulière dans son coeur - Il apprécie la bonne bière et le bon whisky - Critique littéraire à ses heures - Serviable, poli, le sourire aux lèvres, il est d'une nature agréable et conciliante - Passionné et cultivé, il est tête en l'air et a du mal à fixer son attention longuement.
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Message(#) Sujet: Re: so we meet again | aodhan so we meet again | aodhan EmptySam 11 Jan - 21:43



so we meet again
Je souris malgré moi, rien qu'à te regarder. Si les mois, les années marquent souvent les êtres, toi, tu n'as pas changé, la coiffure peut-être. Je ne sais trop que dire, ni par où commencer. Les souvenirs foisonnent, envahissent ma tête et le passé revient du fond de sa défaite. Non je n'ai rien oublié, rien oublié. • Aznavour


→ Mon récit la touche et elle boit mes paroles, Laoise ; comme après une longue traversée du désert, elle se repaît de mes mots qui viennent adoucir sa peine et panser ses plaies ouvertes ; elle se nourrit de tous ses détails qui semblent insignifiants, inscrits dans un dossier scolaire que j’ai difficilement obtenu, toutes ses preuves de son existence, preuve qu’il a bien vécu et laissé sa trace quelque part… C’est ici que nous le découvrons, à travers quelques mots qui le définissent et ne donnent qu’une vague impression de l’enfant qu’il a pu être, ici à Brisbane. Il a grandi dans cette ville, Terrence, bien loin de son Irlande natale, sous un soleil australien harassant qui éblouit chaque jour davantage, à côté de longues plages de sable fin qui s’étendent sur des kilomètres, sur un continent éloigné dans un autre hémisphère où les habitants ont un accent nasillard et des expressions bien à eux. Et il m’est difficile d’imaginer ô combien son enfance a dû être différente de la mienne, et ce sans parler du changement de génération, mais de toutes les traditions qu’il n’a pas connu ; de toutes les odeurs qu’il n’a pas senti dont celle de l’Eire avec cette touche d’iode et de verdure ; de tous ses paysages uniques qu’il n’a pas pu voir et qui font de l’Irlande cette île rocailleuse et brute, unique ; du temps principalement morne et gris qu’on aime tant détester et qu’il n’a pas pu subir ; des changements de saison qui rythment la vie et apportent avec eux leur touche de mélancolie ; des nuages dans le ciel, boucliers protecteurs, voiles du soleil, drapés sur la voute céleste ; de cette langue ancestrale connue sous le nom de gaélique irlandais, cette langue celtique encore utilisée au pays que lui ne parle pas et n’a peut-être jamais entendue...  Non, il n’aura pas connu tout ça, mais de l’Irlande il tient ses origines et à partir de là tout peut encore être construit et découvert. Je ne me laisserais pas abattre par les regrets qui ont façonnés ma vie entière, pas aujourd’hui alors que la possibilité de tout changer m’est enfin offerte. Et combien de fois j’ai douté ? Combien de fois ai-je questionné son existence, à cet enfant que je n’ai ni vu ni senti, cet enfant qui m’a été arraché avant même qu’il soit né, cet enfant dont j’ignore absolument tout hormis le fait qu’il a été conçu avec amour et tendresse, respect et consentement ? La douleur ne s’est pas amoindrie avec le temps, et ce n’est pas l’habitude mais bien l’acceptation de mon destin qui me permet aujourd’hui de composer avec.  Toutes ces années où mon ignorance m’a dangereusement positionnée entre renoncement et révolte, où j’ai oscillé entre abattement profond et colère virulente, et où j’ai cherché en vain des réponses face à ces raisonnements cruels et ces obligations malsaines imposées par une pratique désuète de la foi, par une interprétation hermétiquement fermée de puissantes valeurs qui, au lieu de porter l’être humain, l’enferment dans des comportements pernicieux provoquant sa ruine certaine ! Toutes ces années perdues à se demander pourquoi, à essayer de comprendre cette logique impénétrable et épouvantable, à vivre avec cette déchirure profonde qui s’est enracinée avec le temps et a finie par s’emparer des fondations de mon être. J’ai vécu en rejetant le schéma familial classique et tout ce qui pouvait s’y apparenter, je n’ai pas accordé à mes histoires l’importance qu’elles auraient pu mériter et je me suis détourné des objectifs imposés par la chrétienté tels que mes parents les conçoivent. Car c’est avec la colère et l’incompréhension que j’ai commencé à vivre par moi-même, à réfléchir grâce à l’indignation viscérale et la volonté farouche de ne pas reproduire les mêmes erreurs et à vénérer l’unicité de chaque être au lieu de prôner le communautarisme fermé et, de ce fait, limité.

Avant que Laoise ne vienne me rencontrer à Dublin il y a dix ans, la possibilité que l’enfant n’ait pas survécu à l’accouchement était tangible. La délivrance est survenue dans l’écoulement de sa tristesse et de son désespoir, le long de cette rivière ayant pour source des perles d’émeraudes et dérivant à contre-courant sur la peau douce et soyeuse de ses joues creuses. Il est vivant. C’est cette certitude qui a défini les dix dernières années, me plongeant dans des recherches laborieuses pour retrouver le petit Aodhan, finalement rebaptisé Terrence. S’il y a bien une chose que les irlandais savent faire, c’est conserver les secrets et les enterrer profondément dans la terre avec l’intention de les oublier dans l’histoire. Retrouver l’orphelinat n’a pas été simple, d’autant plus que ce dernier se situait en Irlande du Nord là où l’ « IRA Véritable » est à l’origine d’un bon nombre d’attentats, et me replonger dans l’ambiance hostile de mon enfance a été une expérience rude et compliquée car des souvenirs oubliés et enfouis sont remontés à la surface. Depuis, j’ai retrouvé de vieux réflexes angoissants et la crainte d’être poursuivi à chaque instant. Cela dit, je ne regrette rien car ma quête a fini par m’amener jusqu’ici, jusqu’à ce dossier d’écolier, jusqu’à cette adresse, jusqu’à cet endroit, cette ville qu’il foule de ses pas depuis qu’il sait marcher. Et si mes recherches se soldent à nouveau par un échec, un vide béant d’incertitudes, elles nous rapprochent malgré tout de notre fils et de sa vie. Nos chances de le retrouver n’ont jamais été aussi fortes, et nos retrouvailles bien que pesantes vont aussi dans ce sens. J’ai envie d’y croire, principalement car j’ai besoin d’y croire. Tu vois, Laoise, si je ne réussis pas à le retrouver, j’aurai l’impression d’avoir gâché ma vie, d’être passé à côté, d’avoir manqué à mon rôle. Cela fait 46 ans que je foule cette terre et une trentaine d’années que je le cherche, dans mon cœur et dans mon âme, une trentaine d’années que je refuse de vivre, en apnée et en attente de ce moment fantasmé, imaginé, rêvé, ce moment que j’espère pouvoir vivre un jour. Le contempler, peut-être lui parler et éventuellement apprendre à le connaître… La cicatrice suinte, le pus de la souffrance s’écoule grossièrement et s’étale autour de la plaie, l’agrandissant de plus en plus. Mon récit s’achève et ma voix se meurt, laissant place au silence tant redouté qui permet à Laoise de réaliser une fois de plus mon impuissance. Et j’implore silencieusement sa pitié, j’implore son pardon et sa clémence car je ne suis certainement pas l’homme soutenant qu’il lui faudrait, bien que j’aimerai le devenir, bien que j’aurai aimé l’être durant toute notre vie… Et si l’alliance qu’elle arborait à son annulaire gauche lors de notre dernière rencontre n’est plus, son fantôme n’a pas quitté ma mémoire repoussant violemment toute prétention à pouvoir être plus qu’une déception dans sa vie. Ses yeux émeraudes accrochent les miens et, impulsive comme toujours, ses mains attrapent les miennes manquant de renverser nos commandes sur la table en bois. Nos doigts se nouent, ce contact réchauffe mon cœur et mon corps et je plonge entièrement dans l’immensité de ses grands yeux verts. – On va le retrouver, Aodhan. On va creuser, on va fouiller. On va engager un détective privé, retourner toute la ville s’il le faut. Mais on va trouver Terrence. On va trouver notre fils. La conviction féroce qui transparaît dans ses paroles m’ébranle entièrement, car elle est nouvelle. Si je lui ai fait part de chacune de mes recherches, même les plus insignifiantes, Laoise ne m’a jamais renvoyé que son silence, sa douleur et sa souffrance amplifiés par son absence ; aussi l’entendre aujourd’hui vibrer d’envie et de volonté me perturbe. Où étais-tu toutes ces années alors que j’aurai tant eu besoin de ta fougue ? Où étais-tu lorsque le désespoir m’enfermait des jours durant dans la morosité et les tourments ? Où était ton sourire ? Où était la lueur dans ton regard, celle que j’arrive à percevoir aujourd’hui, au fond de tes prunelles, celle qui te caractérise tant et qui te rend si belle, unique, parfaite. – Tu n’as jamais baissé les bras, mais tu n’es plus seul, je suis là maintenant. Est-ce un mirage, un doux rêve, une illusion agréable, une douce hallucination ? L’émotion me gagne, j’ai du mal à y croire et pourtant… Elle est bien là, Laoise, à me regarder et me parler, me réconforter et m’assurer qu’elle me soutiendra désormais. Un sourire convaincu s’étire alors sur mes lèvres, en dépit de mon trouble intérieur et mes larges pouces viennent caresser le dos de ses mains douces. – Je ne sais pas si l’idée d’engager un détective privé soit judicieuse. Je n’ai pas ce genre de contact et il faudrait une personne sûre et recommandée, discrète car si jamais il retrouve Terrence, nous allons devoir procéder avec beaucoup de douceur. Nous sommes au bon endroit, j’en ai l’intime conviction et je le sens se rapprocher, sans pouvoir te l’expliquer. Quelque part dans cette ville, notre fils respire le même air que nous et je ne veux pas précipiter les choses alors que nous sommes si près du but. Je ne veux pas le faire fuir. Je veux avoir l’opportunité de le connaître… J’inspire, lentement en baissant le regard sur nos mains liées et mon pouce s’attarde sur cette annulaire gauche un court instant, avant de me mordre la lèvre et de demander. – Tu résides où actuellement ? Est-ce que tu as des possibilités de travail par ici ? Tu es venue seule ? La subtilité n’est pas au rendez-vous dans cette dernière question, mais je n’en éprouve aucune honte finalement car j’ai besoin de savoir. Et sitôt posé, je me reprends, lâche une de ses mains pour attraper ma tasse de café et en boire une gorgée avant de reprendre. – Il faudrait aller à la mairie, voir s’il est inscrit sur les listes électorales ce qui pourrait donner une indication sur son lieu de vie, peut-être même sa profession qui sait ? Il doit bien travailler pour gagner sa vie. Les Oliver étaient riches, il a reçu un bon héritage à leur mort… Peut-être que nous pourrions aussi jeter un coup d’œil sur les registres des décès de la ville, en apprendre plus en se renseignant sur l’enterrement de ses parents adoptifs. Ce ne sont que des pistes que je n’ai pas encore eu le temps de suivre, mais j’envisage absolument tout, tout ce qui pourrait me rapprocher de lui. – Ton thé va être froid. Je lui rappelle en le désignant de l’index tout en lu souriant tendrement. Cette conversation nous est difficile mais il est important de l’avoir, et au fur et à mesure, je me sens plus léger, plus détendu mais pas moins inquiet en ce qui concerne l’avenir. Et c’est la peur de l’échec qui noue mon ventre et serre mes entrailles douloureusement tandis que mon regard dévisage délicatement la femme que je n’ai jamais réellement oublié.



❝ La plume d'un poète est le reflet de son âme ❞

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Laoise McLoughlin
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ÂGE : quarante-six ans.
STATUT : divorcée et résolument célibataire.
MÉTIER : artiste peintre reconnue, prof d'art.
LOGEMENT : pour l'instant, elle s'est posée chez Jameson au #102 à Logan City.
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ORIENTATION SEXUELLE : J'aime les beaux garçons.
PETIT PLUS : Fan invétérée de Ghost depuis que l’un de ses élèves lui a fait découvrir le groupe, elle ne perd jamais une occasion d’assister à l’un de leurs concerts. Elle s’amuse énormément de leur pseudo-satanisme, qui lui semble être un excellent moyen de faire un doigt d’honneur métaphorique à l’éducation religieuse qu’elle a reçue.
UN RP ? : Seulement si nous avons un lien.
RPs EN COURS : [4/5] aodhanarthurginnyterrence
RPs EN ATTENTE : jameson
AVATAR : jennifer connelly.
CRÉDITS : avengedinchains (avatar) + astra (signature)
DC : sid le tatoueur, gabriel le manager
INSCRIT LE : 27/11/2019
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Message(#) Sujet: Re: so we meet again | aodhan so we meet again | aodhan EmptyDim 2 Fév - 4:10



so we meet again
Je souris malgré moi, rien qu'à te regarder. Si les mois, les années marquent souvent les êtres, toi, tu n'as pas changé, la coiffure peut-être. Je ne sais trop que dire, ni par où commencer. Les souvenirs foisonnent, envahissent ma tête et le passé revient du fond de sa défaite. Non je n'ai rien oublié, rien oublié. • Aznavour


La façon dont les pouces d’Aodhan caressent délicatement le dos de mes mains me ramène trois décennies plus tôt, à la première fois où il m’avait pris la main. Nous nous étions donné rendez-vous dans le petit boisé tout près de l’école. Cachés entre les arbres verdoyants, à l’orée d’une petite clairière qui allait devenir l’un de nos lieux de rencontre, nous nous étions lentement rapprochés l’un de l’autre, jusqu’à ce qu’il trouve le courage de me tendre la main. Ce simple contact avait suffi à transformer mon cœur en tambour dans ma poitrine. Il avait fini par se pencher vers moi pour poser ses lèvres sur les miennes. Je n’avais rien compris aux sentiments que ce baiser avait fait naître dans mon cœur et dans mon corps, mais je me souviens d’avoir pensé que c’était beaucoup trop délicieux, que ça devait forcément être péché mortel. Je m’étais enfuie, mais je n’avais pas réussi à chasser le souvenir de cette étreinte délicate ni l’envie furieuse de recommencer qui me tenaillait. À notre deuxième rencontre, c’est moi qui avais fait le premier pas. Aujourd’hui, j’ai le cœur qui bat la chamade aussi fort qu’autrefois, mais je n’ai plus l’innocence de l’adolescence et, si j’aimerais mettre cet émoi sur le compte de notre discussion, je sais trop bien que c’est Aodhan qui en est véritablement responsable. Comme j’avais été incapable d’oublier ce premier baiser, je n’ai jamais pu oublier les suivants non plus. Même une fois mariée, quand la loi de Dieu et des hommes me dictait de ne plus penser qu’à mon mari, c’est le visage d’Aodhan qui s’imposait dans mon esprit quand je rêvassais à l’amour. Insensible à mon bouleversement, il poursuit la conversation. Je m’oblige à repousser mon trouble pour me concentrer sur ses paroles. « Je ne sais pas si l’idée d’engager un détective privé soit judicieuse. Je n’ai pas ce genre de contact et il faudrait une personne sûre et recommandée, discrète car si jamais il retrouve Terrence, nous allons devoir procéder avec beaucoup de douceur. » D’un hochement de tête songeur, je concède qu’il marque un point. C’est la première fois que je mets les pieds en Australie. Moi non plus, je ne connais personne à part Jaimie. Elle, en revanche, saurait peut-être m’aiguiller dans mes recherches. Elle habite Brisbane depuis des années et j’imagine que c’est possible qu’elle ait eu affaire au service d’un détective privé au cours de l’un de ses procès. Si nous décidions de suivre cette voie, je crois qu’elle nous serait de bon conseil, mais comme pour l’instant, les arguments d’Aodhan me paraissent des plus judicieux, je me contente de classer soigneusement cette possibilité dans un recoin de mon esprit, au cas où. Il a raison, nous ne pouvons pas débarquer dans la vie de Terrence sans aucun préavis et sans aucune préparation. Tout comme nous ne devrions pas nous attendre à ce qu’il soit heureux de nous rencontrer et veuille apprendre à nous connaître. Voudra-t-il nous faire une place dans sa vie ? Si j’étais à sa place, serais-je prête à nous pardonner ce terrible abandon ? C’est l’une des nombreuses questions que je me pose depuis des années sans jamais avoir réussi à trouver la réponse. « Nous sommes au bon endroit, j’en ai l’intime conviction et je le sens se rapprocher, sans pouvoir te l’expliquer. Quelque part dans cette ville, notre fils respire le même air que nous et je ne veux pas précipiter les choses alors que nous sommes si près du but. Je ne veux pas le faire fuir. Je veux avoir l’opportunité de le connaître... » Peut-être est-ce parce qu’Aodhan semble si sûr de lui-même ou parce que, pour la première fois depuis des années, nous tenons une piste solide, même si elle semble s’être refroidie, mais j’ai moi aussi l’impression d’être tout près du but. « Moi aussi, je veux le connaître, » confie-je d’une voix douce. « Je voudrais tout savoir de lui. » À quoi a ressemblé son enfance, comment étaient ses parents adoptifs, s’il a des frères ou des sœurs, s’il partage sa vie avec quelqu’un… La liste est longue, mais ce que je brûle véritablement de savoir, c’est s’il a été heureux. Car je sens que, s’il ne voulait jamais me revoir après notre première rencontre, je souffrirais moins de cet éloignement si je savais qu’il a connu une belle vie malgré mon absence.

Maintenant qu’il m’a exposé son plan d’action, son intérêt se porte sur moi. « Tu résides où actuellement ? Est-ce que tu as des possibilités de travail par ici ? Tu es venue seule ? » Je souris pour camoufler l’angoisse vague que je ressens en entendant cette dernière question. Pourquoi me la poses-tu, Aodhan ? Que cherches-tu à savoir ? Si je suis libre maintenant ? Je le suis, mon annulaire dénudé ne t’a pas menti, mais j’ignore si c’est une bonne idée de replonger à ce point dans le passé. Te perdre une fois m’a presque détruite, je n’ai pas envie de revivre ça. Et pourtant… Pourtant, si je me laissais couler dans l’azur de tes grands yeux, je pense que je pourrais y croire, à toi et moi, l’espace d’un instant. L’une des mains d’Aodhan m’échappe et le mouvement me tire de ma rêverie. Je me secoue légèrement, comme pour chasser les brumes qui me collent au cerveau. Après avoir pris une gorgée de son café, il poursuit, m’explique que plusieurs possibilités s’offrent à nous : passer à la mairie, fouiller les listes électorales, peut-être découvrir où Terrence travaille. D’apprendre que les Oliver étaient riches me fait comme un malaise au creux de l’estomac. Ça devrait me soulager de savoir que mon fils n’a probablement manqué de rien en grandissant, mais j’ai trop souvent lu d’histoires dans lesquelles les gens riches étaient aussi les plus malheureux. On peut avoir tous les biens matériels du monde, sans amour, ça ne vaut rien. Me trouvant bête de m’en faire pour si peu, je repousse cette idée sur le champ. Ce n’est qu’un maigre détail parmi une autre collection d’autres détails tout aussi maigres. J’aurai bien assez le temps de m’inquiéter plus tard.

D’un ton léger, Aodhan m’indique que mon thé va être froid. Par réflexe, je baisse le nez vers ma tasse. Il n’a pas tort : avec le vortex polaire de la climatisation qui souffle sur le café, je risque fort de boire un thé vert glacé si je ne me dépêche pas. Déjà, en portant la tasse à mes lèvres, je constate qu’il a passablement tiédi. J’avale tout de même une gorgée un peu trop amère, puis je repose la tasse sur sa soucoupe. Du bout de ma petit cuillère, je fais tournoyer le sachet qui trempe dans le liquide. « Ça me paraît très juste tout ça. J’imagine que tu as plus d’expérience que moi dans ce genre de recherches. » Probablement parce qu’en dix ans, ce n’est pas la première fois qu’il doit trouver un endroit où commencer à fouiller. « Si tu as besoin d’aide pour quoi que ce soit, je suis totalement à ta disposition. Tu n’as qu’à m’écrire. Profitons-en pendant que nous sommes dans le même fuseau horaire, » que j’ajoute avec un petit sourire même si la blague n’est pas particulièrement drôle. Dans le court silence qui s’installe, je me dis que c’est le moment de répondre à ses questions. « En ce moment, j’habite chez ma cousine. Elle a une maison pas très loin d’ici. Je t’enverrai l’adresse si tu veux. » Si nos recherches devaient se solder par un échec, ce petit voyage en Australie m’aura au moins permis de renouer avec Jameson. Nous avions laissé le temps et la distance nous séparer, mais je n’ai pas l’intention de commettre cette erreur à nouveau. Elle m’a trop manqué pour ça, même si je l’ignorais avant de la retrouver. « Pour l’instant, je n’ai pas besoin de travailler. J’ai reçu une avance sur mes prochaines toiles. Éventuellement je vais devoir me trouver un endroit où peindre, mais ça peut attendre. » Pas trop, en revanche, car si mes besoins financiers sont comblés pour un bon moment, mon besoin de peindre, lui, ne peut être ignoré très longtemps. Je hausse légèrement les épaules. « Je pourrais toujours donner des cours aussi. » Nos doigts sont toujours entrelacés, ma main enroulée autour de la sienne. La séduction et le flirt, ça n’a jamais été mon fort et, du reste, je ne recherche plus rien depuis quelques années déjà, mais je sais que c’est plutôt bon signe. J’ai l’impression qu’une porte s’est entrouverte et qu’en répondant à sa dernière question avec sincérité, je l’ouvrirais toute grande. Cette perspective me terrifie. L’amour heureux, je n’y crois pas trop. Ça finit toujours mal. À force d’avoir le cœur meurtri, j’ai fini par conclure que les moments de bonheur fugace ne valent pas la douleur de l’échec et de la séparation qui suit forcément. « Je suis venue seule… » J’hésite. C’est ici que je pourrais changer le cours des choses. Je n’aurais qu’à m’inventer un amoureux qui n’a pas pu me suivre, coincé au Canada à cause de son boulot. Cependant, quelque chose m’en empêche. Le désir d’être sincère, peut-être; il n’y a pas de place pour le mensonge dans notre quête commune. Ou alors la curiosité de voir ce qui se passera. Peut-être que je me fais un film aussi, que j’accorde à cette question toute simple une signification qu’elle n’a pas vraiment. « Et personne ne m’attend à Vancouver. » Incapable de soutenir son regard trop clair, je dénoue ma main de la sienne et enroule mes doigts autour de ma tasse avant de la porte à mes lèvres comme si elle pouvait me servir de bouclier.




God, where the hell are you hiding? My hands are in the air and I'm excited. I've been on the run, so I'm not coming Sunday. It's alright, I'll probably talk to you at midnight. God, I could never be like you. I can't change, I can't change and I don't want to. I've been on the run, so I'm not coming Sunday. It's alright, I'll probably talk to you at midnigh. • midnight, tyler glenn.
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Aodhan Brennan
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STATUT : célibataire, la tête dans les nuages, le cœur plongé dans ses ouvrages...
MÉTIER : professeur en littérature anglaise au Trinity College de Dublin, actuellement en congé sabbatique pour des raisons familiales
LOGEMENT : 12, pine street à bayside. petit appartement d'appoint, cosy et plein de charme, repère précieux qui recueille ses pensées vagabondes
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ORIENTATION SEXUELLE : J'aime les jolies filles.
PETIT PLUS : Croyant, protestant et pratiquant - Fumeur - Technophobe - Il aime pêcher en plein océan, est proche de la nature et des animaux, les chevaux ont une place particulière dans son coeur - Il apprécie la bonne bière et le bon whisky - Critique littéraire à ses heures - Serviable, poli, le sourire aux lèvres, il est d'une nature agréable et conciliante - Passionné et cultivé, il est tête en l'air et a du mal à fixer son attention longuement.
UN RP ? : Pas dispo pour le moment.
RPs EN COURS :
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Le bonheur est parfois caché dans l'inconnu.
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Message(#) Sujet: Re: so we meet again | aodhan so we meet again | aodhan EmptyLun 3 Fév - 17:52



so we meet again
Je souris malgré moi, rien qu'à te regarder. Si les mois, les années marquent souvent les êtres, toi, tu n'as pas changé, la coiffure peut-être. Je ne sais trop que dire, ni par où commencer. Les souvenirs foisonnent, envahissent ma tête et le passé revient du fond de sa défaite. Non je n'ai rien oublié, rien oublié. • Aznavour


→ Nos mains liées nous ramènent à des temps d’insouciance révolus, la chaleur de sa paume contre la mienne éveille en moi des sensations à la fois bienheureuses et douloureuses car les souvenirs remontent à la surface et menace de tout emporter. O Laoise, comment aurais-je pu oublier tes prunelles aux éclats dorés, tes lèvres douces et parfaitement dessinées ainsi que tes mains soyeuses et ta peau veloutée ? Et s’il y a une certaine retenue dans mes mots ou dans mon attitude, c’est parce que l’émoi qui me traverse est bien trop puissant pour que je le laisse impunément se déverser tout autour ; alors je le contiens, et mes yeux dévorent son visage avec délice et avidité, trahissant mon plaisir à la retrouver et à être simplement à ses côtés. La situation nous impose une rigueur avec laquelle je me suis construite, aussi je ne perds pas le fil de notre conversation et reste concentré sur notre but. Car, il ne s’agit pas d’uniquement retrouver notre enfant perdu, mais aussi de réussir à créer une relation avec lui. L’enjeu est donc double et l’étau se resserre. L’impulsivité est à bannir de nos agissements, c’est ce que j’essaie de faire comprendre à Laoise qui a toujours été vive et prompte à s’emporter. Le souvenir d’une jeune femme pleine d’entrain, virevoltante de passion, animé par une frénésie culturelle et une soif d’apprendre sans fin, s’appose sur le visage de celle qui me tient les mains et j’anticipe les réactions démesurées et inadaptées qui pourraient tout faire s’écrouler. – Moi aussi, je veux le connaître, je voudrais tout savoir de lui. Mes pouces se stoppent sur le dos de ses mains et mon regard doux et tendre caresse son visage avec compréhension. J’hoche doucement la tête, en assurant d’une voix pleine de certitude – Tu sauras tout de lui,  bientôt… Car même si j’ignore où il se trouve, même si sa trace m’échappe à nouveau, même si je donne l’impression de patauger au beau milieu d’informations diverses et variées, la profonde conviction de toucher au but brûle en moi, et mon plus ardent désir est de lui transmettre cette confiance. Laisse-moi être un véritable repère pour toi, Laoise, laisse-moi rattraper toutes ces années d’errance, d’incertitudes et de souffrances. Je dois essayer, au moins.

Mes questions, plus personnelles et légèrement incisives, provoquent son interdiction et elle s’arrête, Laoise, en suspens. Nos regards accrochés cherchent des vérités inavouées, et durant quelques secondes, nous pourrions presque entendre les questions qui tournent en boucle dans nos têtes : As-tu refait ta vie ? As-tu cessé de m’aimer un jour ? Penses-tu encore à moi ? Ressens-tu cet émoi, ce frisson et cette chaleur qui m’accaparent en ta présence ? Est-il possible que nos âmes innocentes se retrouvent à présent ? Dis-moi, penses-tu à moi de la même façon que je pense à toi ? Je relâche alors l’une de ses mains pour boire une gorgée de mon café et reprendre un peu de contenance face au trouble qui me bouleverse à l’intérieur. O Laoise, tu provoques toujours tant de choses en moi ! Je n’ai jamais su résister à ton charme, ni à la pureté de tes grands yeux émeraudes qui dévoilent une partie de ton âme… Me basant sur mes dernières recherches et pensées, je m’accroche à ma quête avec une volonté insensée, avant de remarquer qu’elle est ailleurs, Laoise. Quelque part perdue dans ses pensées, chamboulée par nos retrouvailles inespérées, elle rêvasse. Alors sur un ton doux, je la ramène à l’instant et à son thé commandé quelques instants plus tôt, qui est en train de refroidir dans sa tasse. – ça me paraît très juste tout ça. J’imagine que tu as plus d’expérience que moi dans ce genre de recherches. Si tu as besoin d’aide pour quoi que ce soit, je suis totalement à ta disposition. Tu n’as qu’à m’écrire. Profitons-en pendant que nous sommes dans le même fuseau horaire. La blague ne m’arrache aucun sourire, pas même un petit rictus. C’est la tristesse qui se lit au fond de mon regard, d’être aussi éloigné d’elle, physiquement et parfois aussi mentalement. Tu m’échappes, Laoise… Tu m’échappes constamment. Depuis cette fameuse nuit où tu es venue me trouver, bravant tous les interdits, et où à la lueur faiblarde de la lampe dans la grange de mes parents tu as prononcé ces fameux mots qui m’ont bouleversé et qui ont tout changé : « je suis enceinte de toi ! ». Le bonheur nous a étreints si fort cette nuit-là, et nous avons rêvé à l’avenir, ignorants que nous serions séparés quelques heures après… Les yeux brillants tournés vers les étoiles, nous nous étions inventé une vie parfaite, une vie d’artiste et de poète bercée par la mélodie du bonheur…

- En ce moment, j’habite chez ma cousine. Elle a une maison pas très loin d’ici. Je t’enverrai l’adresse si tu veux. De retour à l’instant présent, je cligne des yeux pour chasser la brume qui a envahi mes prunelles et me racle légèrement la gorge, fronçant les sourcils en répondant – Sur mon mail, je veux bien oui… Tu as de la famille en Australie ?  C’est curieux, bien que par les temps actuels, pas si étrange que ça. Les avions sillonnent le ciel constamment et sont devenus un moyen de transports comme un autre, plus polluant peut-être.– Pour l’instant, je n’ai pas besoin de travailler. J’ai reçu une avance sur mes prochaines toiles. Eventuellement, je vais devoir me trouver un endroit où peindre, mais ça peut attendre. Je pourrais toujours donner des cours aussi. Terminant mon café, je me contente d’hocher à nouveau la tête, l’air absent. Toutes ces préoccupations d’adultes sont nécessaires, évidemment, mais peu intéressantes. J’aimerai pouvoir lui dire de ne pas se soucier de ces choses-là, que je peux prendre à ma charge ses dépenses et ses besoins mais je n’en ai aucun droit et ce serait totalement illusoire que de le croire. Reprends-toi Aodhan, ne laisse pas ton amertume prendre le dessus. Avec un certain détachement,, faisant preuve d’une maîtrise de moi stricte et rigoureuse, je réponds avec sérieux : – Brisbane est une ville plutôt active dans le domaine de l’art, j’ai visité déjà plusieurs galeries alors je suis sûr que tu trouveras sans peine. L’envie de fumer revient en force et mon regard vacille vers la rue, désireux d’étreindre le baiser mortel de la cancéreuse avec qui je vis une relation pleine d’ambivalences. Ma nervosité commence à se faire sentir, mes gestes sont légèrement plus brusques et mon regard circule d’un point à l’autre. Mon attention n’est plus là. Jusqu’à ce qu’elle précise : - Je suis venue seule… La tension atteint alors son point culminant et mon visage impassible ne bouge plus vraiment, mon regard la fixe longuement et je retiens mon souffle sans réellement savoir pourquoi. Tu es seule… Ici ? Ou dans la vie ? Que dois-je comprendre de cette information, Laoise ? Que veux-tu me dire ainsi ? Interdit, je ne bouge plus vraiment, dans l’attente d’une suite qui peut-être ne viendra pas… Et pourtant, elle met fin au suspense, Laoise en ajoutant : - Et personne ne m’attend à Vancouver. Et elle lâche ma main aussitôt cette information donnée.

Un sourire germe alors sur mes lèvres et les étire de plus en plus largement alors que je l’observe se cacher derrière sa tasse de thé, comme une enfant qui vient d’avouer un secret un peu honteux qu’elle n’assume pas réellement. Son attitude m’amuse tout autant que sa révélation me libère d’un poids dont je n’avais pas saisi toute la lourdeur, car j’ai la sensation de m’envoler à présent, une légèreté nouvelle souffle sur mon cœur apaisé et d’un geste de la main, je fais appel à la serveuse pour régler l’addition, soudain animé par une pulsion inédite à laquelle je n’ai aucune envie de résister. Je sors un billet de la poche de ma veste, prie la serveuse de garder la monnaie et glisse une cigarette entre mes lèvres prestement. Je me penche sur le bord de la table, capture son regard avec le mien et lui dit – Très bien, Laoise. Viens faire un tour avec moi. Si tu es seule et que personne ne t’attend, il n’y a rien qui te retient n’est-ce pas ? Une certaine excitation m’envahit et j’enfile ma veste avant de tendre la main vers elle. Viens, Laoise, rattrapons le temps perdu toi et moi, prends ma main et laissons-nous vivre, comme avant, insouciants et innocents… Tu ne le regretteras pas, je te le promets. Et la lueur pleine d’espérance au fond de mon regard brille davantage lorsqu’elle se saisit de ma main et décide de me suivre, au-dehors, quelque part, peu importe car il ne s’agit que de prolonger l’intensité de ses belles retrouvailles. Puisque personne ne nous attends nulle part et que nous sommes seuls…

Seulement, ce n’est pas tout à fait vrai. Car dans cette cité, il y a un enfant, devenu adulte, qui nous attend et à chaque instant, à chaque seconde, j’ai une pensée pour lui et mon cœur se serre tandis que ma main caresse la sienne du bout des doigts. Laoise, allons-nous tout reconstruire à l’autre bout du monde ? Allons-nous réussir à réunir notre famille pour de bon ? C’est mon vœu le plus cher, et mon cœur tressaute à l’idée de pouvoir atteindre ce but ultime un jour. Sitôt dans la rue, l’air étouffant nous harasse et j’allume ma cigarette en grimaçant légèrement, peu habitué au climat australien.  – Il me semble qu’il y a un parc, pas loin d’ici. Je l’ai vu en arrivant… Oates Park je crois… Ah tiens, regarde ! Je désigne un panneau indiquant l’entrée du parc pas loin et l’entraîne d’un pas vif vers ce dernier, l’envie accrochée aux tripes de profiter, au calme, de sa présence à mes côtés. La nature a toujours été un refuge pour moi, et j’ai besoin de me connecter à elle, de me sentir vivant et rassuré en son sein. Je tire sur ma cigarette, relâche la fumée et jette un regard tendre vers elle. Automatiquement, un sourire étire mes lèvres et je secoue la tête en répétant – Ainsi donc, tu es seule… Et personne ne t’attends… Un peu nerveux, je m’agite, dodeline de la tête, avance et pénètre dans le parc avant de me stopper brusquement et de lui faire face pour lui dire, le regard rieur et plein d’espoir et d’envie. – Personne ne m’attend, non plus. Je suis seul, aussi. Ma langue glisse sur mes lèvres sèches alors que mes yeux explorent tout son visage rapidement, avec plaisir et délice. Puis, haussant les épaules, pris par un engouement fort agréable, je reprends la marche d’un pas léger avant d’expliquer, à la hâte et de manière très brouillon : – Je loge à Bayside, prêt de l’océan. La vue est magnifique, et si différente des côtes irlandaises… Il y a un haras juste à côté… Tu aimes les chevaux, non ? Il me semble que tu les aimes mais ma mémoire me fait peut-être défaut. Le désir brûlant parcourt mon corps, et ma langue le traduit par un besoin pressant de conversation, de mots et d'échange...




❝ La plume d'un poète est le reflet de son âme ❞

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Laoise McLoughlin
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ÂGE : quarante-six ans.
STATUT : divorcée et résolument célibataire.
MÉTIER : artiste peintre reconnue, prof d'art.
LOGEMENT : pour l'instant, elle s'est posée chez Jameson au #102 à Logan City.
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POSTS : 33 POINTS : 90

ORIENTATION SEXUELLE : J'aime les beaux garçons.
PETIT PLUS : Fan invétérée de Ghost depuis que l’un de ses élèves lui a fait découvrir le groupe, elle ne perd jamais une occasion d’assister à l’un de leurs concerts. Elle s’amuse énormément de leur pseudo-satanisme, qui lui semble être un excellent moyen de faire un doigt d’honneur métaphorique à l’éducation religieuse qu’elle a reçue.
UN RP ? : Seulement si nous avons un lien.
RPs EN COURS : [4/5] aodhanarthurginnyterrence
RPs EN ATTENTE : jameson
AVATAR : jennifer connelly.
CRÉDITS : avengedinchains (avatar) + astra (signature)
DC : sid le tatoueur, gabriel le manager
INSCRIT LE : 27/11/2019
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Message(#) Sujet: Re: so we meet again | aodhan so we meet again | aodhan EmptyVen 14 Fév - 4:22



so we meet again
Je souris malgré moi, rien qu'à te regarder. Si les mois, les années marquent souvent les êtres, toi, tu n'as pas changé, la coiffure peut-être. Je ne sais trop que dire, ni par où commencer. Les souvenirs foisonnent, envahissent ma tête et le passé revient du fond de sa défaite. Non je n'ai rien oublié, rien oublié. • Aznavour


Réfugiée derrière ma tasse, j’essaie de me concentrer sur le bois mat de la table, mais mon regard ne cesse de remonter vers le visage d’Aodhan, irrémédiablement attiré par le sourire lumineux qui fleurit sur ses lèvres pleines. Il a l’air si heureux tandis qu’il fait signe à la serveuse de nous apporter l’addition que j’abaisse machinalement mon bouclier de porcelaine. Une cigarette au bec, il se lève, renfile sa veste, me tend la main. « Très bien, Laoise. Viens faire un tour avec moi. » Je n’hésite qu’un court instant avant de la prendre. Je me suis trop souvent marché sur le cœur auparavant. Je refuse de le faire aujourd’hui, alors que plus rien ne me retient de goûter au bonheur prudent qui m’envahit. La chaleur écrasante de la fin d’après-midi s’abat sur nous dès que nous sortons du café. « Il me semble qu’il y a un parc, pas loin d’ici. Je l’ai vu en arrivant… Oates Park je crois… Ah tiens, regarde ! » Plein d’un enthousiasme qui me fait plaisir, il m’entraîne vers le coin de verdure. Nous pénétrons dans le parc et j’inspire avec bonheur l’air pur qui nous entoure. À l’odeur de terre brûlée et d’herbe cuite par le soleil se mélange celle de la cigarette d’Aodhan. Il fume encore la même marque qu’à l’époque de notre idylle. La senteur particulière du tabac me ramène à ces soirées dans la grange où, blottie contre lui après l’amour, je caressais sa peau pendant qu’il fumait. Comme s’il faisait écho à mes souvenirs, Aodhan s’exclame : « Ainsi donc, tu es seule… Et personne ne t’attends… » Attendrie par son ton presque incrédule, j’ai envie de le prendre dans mes bras pour lui répéter que, oui, je suis bien seule. Mais je n’en ai pas le temps, car il s’arrête le temps de me confirmer ce que mon instinct m’avait déjà soufflé. « Personne ne m’attend, non plus. Je suis seul, aussi. » Les possibilités que ces phrases si simples évoquent me donnent le vertige. Tout à coup, je m’inquiète à l’idée d’avancer trop vite. Et si nous étions en train de nous jeter tête première dans une histoire qui aurait bel et bien dû mourir il y a trente ans ? Mais quand on s’est aimé autant qu’Aodhan et moi nous sommes aimés, est-il vraiment possible d’oublier, de passer à autre chose ? Les papillons qui voltigent dans mon estomac depuis qu’il est entré dans ce café semblent me confirmer que non.

Heureusement, Aodhan ne semble pas s’être aperçu de mon changement d’humeur. Je m’en voudrais d’assombrir la sienne. « Je loge à Bayside, prêt de l’océan. La vue est magnifique, et si différente des côtes irlandaises… Il y a un haras juste à côté… Tu aimes les chevaux, non ? Il me semble que tu les aimes mais ma mémoire me fait peut-être défaut. » Les nerfs en boule, je tends impulsivement ma main libre vers sa cigarette. « Je peux ? » Sans attendre sa réponse, j’attrape entre l’index et le majeur la clope à moitié consumée et la glisse entre mes lèvres, ignorant de mon mieux le doux contact de mes doigts qui effleurent les siens au passage et m’arrachent un frisson. J’en tire une latte. En sentant le rush de nicotine envahir mon système inaccoutumé, je regrette aussitôt que ça ne soit pas plutôt de l’herbe. Voilà qui m’aurait bien mieux détendu ! Malheureusement, j’ai évidemment laissé mon stock à Vancouver, bien à l’abri dans sa petite boîte fleurie. N’empêche que ça me serait peut-être bénéfique d’en trouver quelques grammes. À tout le monde, ça m’aiderait certainement à dormir. Je rends sa clope à Aodhan en me demandant distraitement qui de lui ou de Jaimie serait le plus étonné si je leur demandais où trouver un dealer fiable en ville. « Tu veux que je vienne chez toi ? Alors que tu vis seul ? Ça ne me paraît pas très honorable. » Je ne suis pas sérieuse, et j’esquisse d’ailleurs un sourire amusé. Je me suis dédouanée il y a longtemps des croyances archaïques sur les relations homme-femme prêchées par ma foi. J’en avais surtout marre de me faire dire quoi faire par de vieux croûtons en soutane et col romain. « J’aimerais bien aller visiter le haras, oui. Dimitri me manque. » Le regard inquisiteur qu’Aodhan pose sur moi m’arrache un petit rire. « C’est mon cheval. Ta mémoire ne te fait pas défaut, j’ai toujours aimé ces animaux. » Après un contrat plus lucratif que prévu, je m’étais laissée tenter par l’idée d’acheter un cheval. En épluchant les sites Web de revente, j’étais rapidement tombée sur la fiche de Dimitri, un magnifique Mustang bai-brun, mis en vente par son propriétaire suite à une blessure qui, si elle ne l’empêchait pas de vivre, avait sérieusement hypothéqué sa carrière. Si personne ne l’achetait, il se dirigeait tout droit à l’abattoir. Le prix ridiculement bas avait eu raison de mes dernières hésitations et c’est comme ça que je l’ai adopté. Je le garde en pension dans une écurie en banlieue de Vancouver, où je vais souvent lui rendre visite.

Un silence confortable s’installe entre nous. Main dans la main, nous remontons tranquillement le petit sentier qui traverse le parc. Tout en savourant la présence d’Aodhan à mes côtés, je laisse mon regard errer autour de nous. À une dizaine de mètres devant, une aire de jeu grouille d’enfants qui poussent des cris de joie en dévalant les toboggans ou en s’accrochant aux barreaux de la cage à poule sous le regard bienveillant des parents qui discutent entre eux ou profitent simplement du beau temps et d’un moment de quiétude. Je m’arrête net pour observer les enfants. Il m’a fallu des années pour arriver à le faire sans avoir envie de mourir. Encore aujourd’hui, j’ai l’impression qu’on me lacère le cœur quand je vois une mère et son enfant. C’est comme si on me forçait à voir tout ce que j’ai manqué. La main d’Aodhan se resserre autour de la mienne. Je tourne légèrement la tête vers lui. Son regard songeur me transperce. On dirait qu’il lit au fond de âme et fait remonter des mots trop longtemps opprimés. « Un an après mon mariage environ, je suis tombée enceinte de Padraig. J’ai voulu me faire avorter… » Les lèvres pincées, je me détourne. Je n’ai pas envie de découvrir sur son visage s’il adhère toujours aux préceptes de la foi chrétienne à ce sujet. L’immoralité suprême de l’avortement, c’est bien l’un des seuls sujets sur lesquels les catholiques et les protestants n’ont pas réussi à se disputer. « J’ai paniqué, je ne me voyais pas redonner naissance à un enfant. Pas après la dernière fois. » Ma gorge se noue. Je me revois, étendue sur le dos dans le lit conjugal, les mains posées à plat sur ma poitrine pour sentir mon cœur qui s’affolait dans ma poitrine, les yeux grands ouverts sur l’obscurité de la nuit. Des heures durant, j’ai prié Dieu, la Vierge et les saints avec plus de ferveur que je ne l’avais jamais fait auparavant pour que cette épreuve me soit épargnée. Mes prières ont fini par être exaucées. « J’ai perdu le bébé. Je n’ai jamais été aussi soulagée de ma vie, Aodhan. Jamais. C’est horrible à dire, je sais. Mais j’avais tellement, tellement peur d’être incapable de l’aimer. » Les larmes me montent aux yeux. Le paysage se brouille. Je ne distingue plus que les silhouettes mouvantes des enfants qui s’amusent encore, insouciants. Consciente tout à coup d’avoir plombé l’atmosphère jusqu’alors plutôt légère, je retire doucement ma main de celle d’Aodhan. Je croise les bras contre ma poitrine et me tourne vers lui pour lui faire face. « Je suis désolée, ce n’est peut-être pas le genre de chose que tu as envie d’entendre. » Ce n’est pas non plus le genre de chose que j’ai l’habitude de raconter. Je n’en ai parlé qu’une fois, une seule, à Padraig. Juste avant de lui demander le divorce. La tête penchée, j’observe sans les voir le bout des chaussures vernies d’Aodhan. « J’ai envie qu’on se donne une chance, une vraie, d’être heureux ensemble. Mais j’ai besoin que tu saches que je ne suis plus la Laoise d’autrefois. » Je relève la tête. Nos regards se croisent. Le bleu limpide de ses iris me déroute. « Je ne veux pas que tu aimes un fantôme, » dis-je en haussant légèrement les épaules, la voix tremblante. Vulnérable.




God, where the hell are you hiding? My hands are in the air and I'm excited. I've been on the run, so I'm not coming Sunday. It's alright, I'll probably talk to you at midnight. God, I could never be like you. I can't change, I can't change and I don't want to. I've been on the run, so I'm not coming Sunday. It's alright, I'll probably talk to you at midnigh. • midnight, tyler glenn.
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Aodhan Brennan
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ÂGE : 46 ans (02.12.74)
STATUT : célibataire, la tête dans les nuages, le cœur plongé dans ses ouvrages...
MÉTIER : professeur en littérature anglaise au Trinity College de Dublin, actuellement en congé sabbatique pour des raisons familiales
LOGEMENT : 12, pine street à bayside. petit appartement d'appoint, cosy et plein de charme, repère précieux qui recueille ses pensées vagabondes
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ORIENTATION SEXUELLE : J'aime les jolies filles.
PETIT PLUS : Croyant, protestant et pratiquant - Fumeur - Technophobe - Il aime pêcher en plein océan, est proche de la nature et des animaux, les chevaux ont une place particulière dans son coeur - Il apprécie la bonne bière et le bon whisky - Critique littéraire à ses heures - Serviable, poli, le sourire aux lèvres, il est d'une nature agréable et conciliante - Passionné et cultivé, il est tête en l'air et a du mal à fixer son attention longuement.
UN RP ? : Pas dispo pour le moment.
RPs EN COURS :
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Le bonheur est parfois caché dans l'inconnu.
Aodhence#1

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J'entends ta voix dans tous les bruits du monde.
Laodhan#1

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Le seul, le vrai, l'unique voyage c'est de changer de regard.
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MayJamesEirlys#fb

RPs EN ATTENTE :

Emma (Meeting on the beach) - Allan (Plein océan) - Auden (galerie jeunes talents) - Sophia (retrouvailles à brisbane) - Violet (expo)

PSEUDO : MJB
AVATAR : Cillian Murphy
CRÉDITS : Ava : Davy. Sign : Astra.
DC : Harvey, le gros ours et Abel, le sale gosse.
INSCRIT LE : 05/11/2019
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Message(#) Sujet: Re: so we meet again | aodhan so we meet again | aodhan EmptyDim 16 Fév - 22:12



so we meet again
Je souris malgré moi, rien qu'à te regarder. Si les mois, les années marquent souvent les êtres, toi, tu n'as pas changé, la coiffure peut-être. Je ne sais trop que dire, ni par où commencer. Les souvenirs foisonnent, envahissent ma tête et le passé revient du fond de sa défaite. Non je n'ai rien oublié, rien oublié. • Aznavour


→ Elle est seule Laoise, et personne ne l’attends.  Cette révélation suffit à me donner une impulsion nouvelle, à faire battre mon cœur de manière désordonné et à saisir le rêve qui s’agite devant moi : ses yeux émeraude dans lesquels mon âme se noie, sa main douce et soyeuse au creux de la mienne, son parfum envoûtant qui m’effleure et la promesse sacrée qui se distille dans l’air australien… L’émotion est forte, elle m’envahit puissamment, me donne des ailes et je parle avec passion ; des chevaux, de l’océan, de ce qu’elle aime et des souvenirs qui nous lient. Puissent-ils nous rattraper et nous entraîner dans leur danse qui tourbillonne… Puissent-ils raviver les cœurs trop longtemps délaissés et oubliés… - Je peux ? – Oui, bien sûr… La cancéreuse est délogée pour se poser en douceur sur ses lèvres pleines, le silence reprend ses droits tandis que je l’observe, Laoise, aspirer un peu de mort en elle pour rejeter une épaisse fumée dans l’atmosphère ensuite. La cigarette, mauvaise habitude qui se transmet de génération en génération mais qui n’est jamais mise en cause lors des obsèques familiales. Fume-t-il aussi, notre fils ? Peut-être que ses parents adoptifs le lui ont interdits, peut-être qu’il a grandi dans un environnement plus sain que celui que nous aurions pu lui offrir… Comment en être sûrs ? Tout est flou, le doute est omniprésent, chaque question amène son lot de nouvelles interrogations et je demeure insatisfait, en manque cruel d’informations, le cœur troué par la peine et l’âme qui gît, fanée, endeuillée. – Tu veux que je vienne chez toi ? Alors que tu vis seul ? Ça ne me paraît pas très honorable. Cette réplique m’arrache un sourire amusé et je secoue la tête en rétorquant – Il me semble que ce sont tes pensées qui ne le sont pas, je t’ai simplement proposé une ballade sur la côté et près du haras. Petite œillade taquine, je poursuis sur ma lancée, reprenant avec un peu plus de sérieux. C’est surtout les seuls endroits que j’ai visité ici à Brisbane : le front de mer, le haras et l’académie de lettres évidemment. Ainsi que les divers instances dont j’ai parlé auparavant et qui s’apparentent à notre quête intensive, mais pour flâner je ne me suis pas encore réellement intéressé au centre-ville. – Quoique je suis allé à l’ouverture d’une expo, mais j’avais pris un taxi pour y accéder et c’était de nuit alors, je n’ai pas vraiment visité. Et puis, comme pour expliquer ce qui pourrait passer pour un manque d’intérêt alors que ce n’est pas le cas, j’ajoute – Je ne suis ici que depuis trois semaines. J’ai d’ailleurs essuyé une tempête lorsque je suis arrivé, l’océan indien est très différent du nôtre.  Elle n’est pas s’en connaître, Laoise, les activités de marins inhérentes aux Brennan et se doute ainsi que je m’inscris dans la lignée de mes pères.  – J’aimerais bien aller visiter le haras, oui. Dimitri me manque. C’est mon cheval. Ta mémoire ne te fait pas défaut, j’ai toujours aimé ces animaux. Le rire fluet de Laoise est comme une douce mélodie à mes oreilles, et avec celui-ci le lourd poids de toutes ces années de tracas s’envole, ne reste plus que la simplicité de l’instant et de ces retrouvailles intenses. Je parle, je parle, le besoin de me livrer se fait sentir après toutes ces années à me taire, alors je poursuis sur ma lancée, incapable de m’arrêter. – J’ai arrangé les écuries de mon grand-père, Neil et moi avons investi dans quelques chevaux de course, c’est passionnant de les voir s’entraîner. Mon intérêt pour le noble animal date de l’enfance, les écuries remplies du vieux Brennan ont été bien souvent un refuge pour le gamin rêveur que j’ai été, à lire des livres allongé sur la paille, à raconter des histoires à mes amis équins qui m’écoutaient d’une oreille distraite et ne faisaient pas vraiment attention à moi. Je ne pouvais pas laisser cet endroit à l’abandon et, partageant la passion avec mon jeune frère, nous avions décidé de faire vivre une seconde jeunesse à ce lieu si cher à nos yeux.  S’il y a des courses par ici, ce serait agréable de nous y rendre non ? Partagerais-tu cela avec moi, Laoise ? Les paris, les courses, le whisky et l’inévitable et insupportable bourgeoisie… Les faux-semblants qui côtoient de fiers destriers, l’appât du gain encore et toujours qui nourrit chaque plaisir finalement, sombrement.

Nos mains se sont liées durant notre marche, et alors que je m’abandonne au bavardage, chose à laquelle je suis adepte sitôt en plaisante compagnie (et je ne pourrais mieux apprécier la sienne), nous passons devant une aire de jeux pour enfants. Les rires joyeux et les cris s’élèvent soudain et viennent troubler notre marche doucereuse. La plénitude ne dure qu’un temps, il faut croire car devant ce spectacle irritant qui déborde de bonheur, nos cœurs se serrent et la douleur fulgurante de notre perte se rappelle à nous violemment. Nous ne connaîtrons jamais ces temps précieux, ces rires insouciants et ces jeux heureux, où sous le regard de parents bienveillants, les enfants s’adonnent à la liberté du moment. Et si ma main se resserre autour de la sienne, ce n’est pas seulement car j’anticipe sa douleur en écho à la mienne, mais aussi parce que j’ai besoin de son soutien aujourd’hui. Je ne m’attends pas à ce qu’elle me confie, les yeux lourds de peine – Un an après mon mariage environ, je suis tombée enceinte de Padraig. J’ai voulu me faire avorter… Le temps s’arrête. Je n’entends plus les rires des enfants, je ne perçois ni les sons, ni les odeurs car Laoise vient de m’emporter ailleurs, vers d’autres rivages et d’autres temps, et la peur s’anime en moi à l’idée qu’elle ait eu ce que moi, je ne me suis jamais autorisé : un autre enfant. Le son de sa voix devient lointain et je ne capte que de moitié ce qu’elle me dit. – Pas après la dernière fois. La dernière fois ? La fois où tu as mis au monde notre enfant et qu’il a été arraché de tes bras ? Une violente secousse m’ébranle entièrement, les souvenirs font mal et saccagent tout, ils piétinent les tombes de nos émotions enfouies et ravivent les morsures endormies. Sans lâcher sa main, je me fige et tente de l’écouter malgré tout.  – J’ai perdu le bébé. Je n’ai jamais été aussi soulagée de ma vie, Aodhan. Dois-je me sentir mal de l’être aussi ? Je ferme les yeux, ma tête bascule vers l’arrière et je tourne mon visage vers le ciel, priant en silence pour obtenir le pardon de dieu. Je ne suis qu’un pauvre pêcheur seigneur, aie pitié de mon égoïsme.  – C’est horrible à dire, je sais. Mais j’avais tellement, tellement peur d’être incapable de l’aimer. Je viens d’avoir la même réaction pour des raisons bien moins honorables, alors j’ouvre les yeux et cherche son regard, peiné d’apprendre par le biais de ses confessions sa crainte de ne pas être une mère aimante. Est-ce à cause de notre fils perdu, Laoise ? Penses-tu que tu ne pourras jamais aimer un enfant comme celui que tu n’as pas eu le loisir d’aimé comme tu l’aurais voulu ? Les questions se forment dans mon esprit mais ne passent pas la barrière de mes lèvres. Car elle est fébrile, Laoise et a besoin de soutien à cet instant. Un soupir de tristesse m’échappe alors qu’elle s’écarte, lâche ma main et se replie sur elle-même.  – Je suis désolée, ce n’est peut-être pas le genre de chose que tu as envie d’entendre. J’ai envie qu’on se donne une chance, une vraie, d’être heureux ensemble. Mais j’ai besoin que tu saches que je ne suis plus la Laoise d’autrefois. Je ne veux pas que tu aimes un fantôme. O ses yeux, profonds gouffres de tristesse, sombre abysses de la douleur… Mon visage se fend d’un sourire tendre et je m’approche pour la serrer dans mes bras avec douceur, Laoise et enfouir mon visage dans ses longs cheveux bruns. Dans cette étreinte, je me délivre du poids de mon inquiétude et réaffirme mon engagement avec détermination. Mes mains viennent caresser son dos et ses épaules, et ma voix calme s’élève après quelques instants. – Je ne crois pas aux fantômes et… je ne vis pas dans le passé. Moi aussi, j’ai changé Laoise. Je me redresse, pose mes lèvres un court instant sur son front et l’observe… Il y a toujours de l’amour dans mon regard, il y a toujours du désir en moi, un désir de réparation, un désir de pardon, un désir d’avenir… Mais je ne suis plus le jeune garçon d’il y a presque trente ans, j’ai grandi et j’ai changé, tout comme elle, tout comme n’importe qui. Car la vie comporte son lot de drames et d’événements qui nous mènent constamment vers une version plus étoffée de notre propre personne. – Tu n’as pas eu d’autres enfants alors ? Est-ce que c’est la raison de ton divorce ? Soucieux de comprendre, je pose ces questions qui sont indiscrètes, mais ce n’est pas méchant de ma part, je la pousse juste à s’ouvrir et à comprendre qu’elle peut se confier à moi sans crainte. En trente ans, il s’en est passé des choses, Laoise et c’est bien normal. Laisse-moi découvrir la femme que tu es devenue, laisse-moi apprendre de ton expérience et de tes mots, laisse-moi connaître l’étendue de ta douleur et de tes souffrances…





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