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 take care, it's such a lonely sky | terrence

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Laoise McLoughlin
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ÂGE : quarante-six ans.
STATUT : divorcée et résolument célibataire.
MÉTIER : artiste peintre reconnue, prof d'art.
LOGEMENT : pour l'instant, elle s'est posée chez Jameson au #102 à Logan City.
take care, it's such a lonely sky | terrence Tumblr_inline_orqx9gtYyU1rqyqrl_250
POSTS : 31 POINTS : 60

ORIENTATION SEXUELLE : J'aime les beaux garçons.
PETIT PLUS : Fan invétérée de Ghost depuis que l’un de ses élèves lui a fait découvrir le groupe, elle ne perd jamais une occasion d’assister à l’un de leurs concerts. Elle s’amuse énormément de leur pseudo-satanisme, qui lui semble être un excellent moyen de faire un doigt d’honneur métaphorique à l’éducation religieuse qu’elle a reçue.
UN RP ? : Seulement si nous avons un lien.
RPs EN COURS : [4/5] aodhanarthurginnyterrence
RPs EN ATTENTE : jameson
AVATAR : jennifer connelly.
CRÉDITS : avengedinchains (avatar) + astra (signature)
DC : sid le tatoueur, gabriel le manager
INSCRIT LE : 27/11/2019
https://www.30yearsstillyoung.com/t27647-i-m-learning-to-be-brave-in-my-beautiful-mistakes-laoise#1186043

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Message(#) Sujet: take care, it's such a lonely sky | terrence take care, it's such a lonely sky | terrence EmptyVen 27 Déc - 5:37



take care, it's such a lonely sky
Terrence & Laoise

« Is there anybody out there looking out for me? Just say you want me, just say you need me. Is there anybody out there looking out for me? Does anybody need me? »

D’un œil critique, elle évalue l’aperçu de la petite annonce qu’elle est en train d’écrire. En haut de la page apparaît la petite galerie où elle a téléchargé les photos de son appartement que sa voisine lui a envoyées. Juste en dessous, une courte description des lieux qu’elle parcourt rapidement pour s’assurer qu’elle n’a rien oublié. Satisfaite de son travail, elle publie la page. En se mordant la lèvre, elle se recule dans sa chaise pour venir s’appuyer contre le dossier. Sous-louer son appartement à Vancouver, son petit havre de paix auquel elle finit toujours par revenir malgré ses voyages, pour au moins six mois, voilà une chose qu’elle n’aurait jamais imaginé faire. C’est Jaimie, avec sa logique implacable et sa franchise habituelle, qui lui a fait remarquer qu’elle n’est pas près de retourner au Canada. Il y a déjà à peu près un mois qu’elle est arrivée et elle n’est pas beaucoup plus avancée que lorsqu’elle a mis le pied sur le territoire australien pour la première fois. Ce n’est pas qu’elle n’a rien appris. Au contraire, elle sait grâce à Aodhan que leur fils travaille à la State Library. Elle pourrait aller à sa rencontre, elle y a souvent pensé ces dernières semaines, elle pèse le pour et le contre au moins dix fois par jour. Mais, paralysée, elle n’ose toujours pas s’immiscer aussi brutalement dans sa vie. Elle aimerait pouvoir le faire autrement. Par mail, peut-être. Elle se dit que c’est pour lui qu’elle fait ça, pour lui éviter une confrontation brutale avec un passé dont il ne connaît rien et qu’il ne souhaite peut-être pas connaître. Mais la réalité, c’est qu’elle se protège elle-même d’un refus potentiel qui lui ferait terriblement mal. Si elle apprend par écrit qu’il ne veut pas la voir, elle n’aura pas besoin de lire le rejet sur son visage en plus. Et lui n’aura pas à souffrir de la voir pleurer toutes les larmes de son corps. Au moins, elle connaît son nom maintenant. Terrence. Terrence Oliver. Un nom qui lui paraît étrange, tellement éloigné du prénom qu’elle lui avait donné et par lequel elle l’a toujours appelé. Un nom qui ne reflète pas du tout ses origines irlandaises. Elle se demande si ses parents adoptifs ont en quelque sorte voulu effacer le début de son histoire en le rebaptisant. Armée de ce nouveau renseignement et d’un cœur plein d’espoir, elle a essayé de faire des recherches sur Internet, mais elle n’a rien trouvé. Pas de réseaux sociaux, ou alors aucun associé à son nom, pas d’articles de journaux, pas d’entrée au bottin téléphonique… Rien qui aurait pu lui en apprendre un peu plus sur ce fils inconnu qui, maintenant qu’elle le sait tout près, lui paraît bien plus tangible qu’il ne l’a été depuis qu’elle le portait dans son ventre.

Plongée dans ses pensées, elle n’a pas vu le temps passer. Il est bientôt l’heure de son premier cours de peinture à l’atelier de Ginny. Si elle ne veut pas arriver en retard, il ne lui reste que quelques minutes pour se préparer. Elle n’a pas mangé, mais elle n’a pas très faim non plus, aussi se contente-t-elle de grignoter quelques chips avant d’aller se changer. Elle enfile un jeans confortable ainsi qu’un t-shirt sur lequel est imprimé un hibou sur lesquels figurent déjà quelques taches de peinture, puis elle remonte sa longue chevelure foncée en un chignon décontracté pour éviter que des mèches lui glissent dans les yeux pendant qu’elle peint. Fin prête, elle sort de la villa de Jameson et marche jusqu’à l’arrêt d’autobus. En grimpant dans le mastodonte de fer, elle se dit que la prochaine étape serait certainement de se trouver un moyen de transport plus fiable que le réseau d’autobus de la ville. Quinze minutes plus tard, le véhicule la recrache au coin de la rue où se trouve l’atelier. En pressant le pas, elle rejoint la porte et entre dans l’immeuble. Ce n’est pas la première fois qu’elle y vient et elle commence à connaître la disposition des différentes pièces. Elle se dirige donc sans hésiter vers la salle de classe. Une dizaine de personnes sont déjà installées dans la pièce, regroupées pour la plupart en duo aux stations. À l’arrière de la classe, il reste une station vide dont personne n’a voulu, sans doute parce qu’elle se trouve un peu loin du prof. Laoise envisage de s’y installer, mais se ravise en constatant que, quelques sièges plus loin, une place semble libre à côté d’un jeune homme aux cheveux bouclés. Comme elle s’est inscrite à ce cours pour faire de nouvelles rencontres, elle choisit sans hésiter de partager la station occupée. Elle traverse donc la classe et s’arrête devant le comptoir. Le jeune homme est en train d’organiser son matériel. Il est si absorbé par sa tâche qu’il ne la remarque que lorsqu’elle s’éclaircit discrètement la gorge pour attirer son attention. Il lève enfin la tête. Elle reste figée devant les iris verts, tellement semblable aux siens, qui se posent sur elle. Son cœur s’emballe dans sa poitrine. Tu disjonctes, ma vieille. C’est pas si rare, les yeux verts, se rabroue-t-elle sévèrement. Normalement, elle n’aurait rien remarqué mais, dans les circonstances, la coïncidence la met dans tous ses états. Consciente tout à coup d’avoir laissé le silence s’éterniser bizarrement entre eux, elle s’empresse de prendre la parole : « Euh… Bonsoir. Je suis nouvelle et je me demandais si je pouvais m’installer ici. À moins que vous attendiez quelqu’un, évidemment. »
(c) DΛNDELION




early in the morning, i feel stones upon my chest that i carry to the evening 'til i lay back down to rest. i'm tired of growing weary of these clouds that follow me, swallowed by the shadows when it's sunshine that i need. but i'll get by. • i'll get by, avi kaplan

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Terrence Oliver
Terrence Oliver
la corde sensible
la corde sensible
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ÂGE : 29 ans (26.12.90)
SURNOM : Les gens l'appellent souvent Terry. Pour Abel, c'est "Terrible". Harvey le couvre de surnoms affectueux mais ce qu'il préfère, Terrence, c'est qu'on ne rogne pas son prénom.
STATUT : En couple depuis 7 mois avec un homme merveilleux.
MÉTIER : Serveur au confidential club 23 h/semaine, libraire le reste du temps à la State Liberty.
LOGEMENT : Il habite chez Harvey depuis septembre, même s'il a toujours son appart à Fortitude.
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POSTS : 20983 POINTS : 670

ORIENTATION SEXUELLE : Je n'aime que ma moitié.
PETIT PLUS : Gosse adopté d'origine Irlandaise, fracture dans l'âme. Il est gaucher, agnostique et philanthrope. Il se considère comme étant le plus grand fan de la saga Harry Potter, joue du violoncelle, est passionné de littérature, déteste le chocolat, fait du yoga, a la phobie des chats, des clowns et des hauteurs, manque cruellement de confiance en lui. Il n'a pas de télévision, est technophobe et écoute ses musiques sur une platine. Il est maladroit et insomniaque. Il peint et dessine énormément même s'il estime ne pas être doué. Ancien junkie, clean depuis 7 mois.
UN RP ? : Pas dispo pour le moment.
RPs EN COURS : 20/8

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OLIWELL • Drive highways and byways to be there with you. Over and over the only truth, everything comes back to you. Oliwell#6 (& Arthur)Oliwell#10 (Noël w/ Lonnie & Romy#2)Oliwell#11Oliwell#12UA 2007UA (DS)

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FAMILY • Just like the seed, I don't know where to go. Through dust and shadow i grow, i'm reaching light trough the struggle. Aodhan#1Laoise#1

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FREYANCE • It laid shattered on the floor cause what's broken can't be whole anymore Freya#3 (FB w/ Wren & Romy#3) • Freya#4


Sid#1 (fb 2009) Léo#3Gabriel#1 (FB)Abel#1 (FB)Archibald#1Jill#1 (FB)topic commun DSNoa#1Malachi#1Hugo#1Abel#2

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RPs EN ATTENTE : Ariel#1 • Sid#3 • Aisling#2 • Arrow#1

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RPs TERMINÉS : Oliwell#1, Oliwell#2, Oliwell#3 (road trip), Oliwell#4, Oliwell#5 (pride avec Sid#2 & Aisling#1), Oliwell#7 Oliwell#8Oliwell#9Léo#2HeianaAudenCharlieWolf_99 (mails 2010)JohnStephenTea timeRomy#1AndyFreya#1Freya#2 (FB 2006)Samson (ab.)Léo (ab.)Clément (ab.)Priam (ab.)Joseph (ab.)

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AVATAR : Robert Sheehan
CRÉDITS : ailahoz (ava), google, tumblr (gif)
DC : Alistair le petit prince
INSCRIT LE : 01/07/2019
https://www.30yearsstillyoung.com/t24793-prout https://www.30yearsstillyoung.com/t24846-i-m-reaching-light-through-the-struggle-terrence#1017611 https://www.30yearsstillyoung.com/t24837-terrence-oliver https://www.30yearsstillyoung.com/t27742-terrence-oliver#1192389

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Message(#) Sujet: Re: take care, it's such a lonely sky | terrence take care, it's such a lonely sky | terrence EmptyMer 8 Jan - 0:49





( It's such a lonely sky )
w/@Laoise mcloughlin

Il avait hésité à revenir à l'atelier après ce qui s'était passé à son premier cours au mois de juin, Terrence, avait tremblé d'effroi à l'idée d'y remettre les pieds, s'était demandé si ce Auden allait être présent à chaque fois et s'il lui réserverait le même sort tous les dimanches. Pourtant, malgré sa peur il y était retourné, s'était dit que ce n'était pas si grave après tout, qu'il pourrait toujours tenter de dire non, qu'il trouverait la force nécessaire pour affronter la désinvolture excessive et l'insolence écrasante d'Auden, qu'il saurait refuser, qu'il le repousserait. Au pire, il pourrait crier. Alors, ses craintes coincées tout au fond des poches et les tripes en bandoulière, il était revenu la semaine d'après pousser la porte de l'atelier, parce qu'il voulait vraiment apprendre à peindre (ou en tout cas s'améliorer), acquérir de vraies techniques et ne pas se contenter d'un simple tuto de Bob Ross sur youtube. Il avait soif de connaissance, voulait se confronter à des avis, savoir ce que valait son coup de pinceau (que lui trouvait médiocre), avait envie de rencontrer d'autres peintres tout en ayant la frousse pourtant, voulait connaitre le nom des outils, la manière de procéder pour peindre à l'huile, à l'eau, à l'aquarelle ou pour dessiner au fusain. Il voulait comprendre pourquoi certains pinceaux avaient des formes étranges et biseautées et si c'était vrai qu'il fallait humidifier sa toile avant de commencer. Lui, c'était un novice, un noob, un débutant et tout ce qu'il savait, c'était simplement laisser s'exprimer sa rage et ses émotions sans savoir s'il le faisait de la bonne façon. Chez lui, il y avait des toiles dans tous les sens, empilées en rangs d'oignons contre les murs ou accrochées en vrac, des toiles ornées des visages sans yeux ni nez ou avec des fleurs plantées en plein milieu, des peintures puissantes et métaphoriques qui s'exprimaient spontanément sans qu'il n'ai jamais besoin de les penser. Il avait des taches de peinture sur un trop grand nombre de ses t-shirts et il n'était pas rare qu'il retourne chez lui pour peindre plutôt que de salir le bel appart d'Harvey dans lequel il habitait désormais. Il avait laissé toutes ses anciennes toiles et dessins chez lui, sous les combles de 284 oxlade drive, parce qu'il n'avait pas eu l'audace d'encombrer le nouvel espace de vie qu'il partageait avec son petit ami. Même si parfois, il y peignait quand même, incapable de se retenir.
Peindre, c'était comme jouer de la musique, c'était comme respirer. C'était vital. C'était un exutoire. Quand ça venait, c'était ici et maintenant. Et c'est ce besoin féroce de s'exprimer noué au fond de son bide qui l'avait poussé à revenir à l'atelier, à ne pas abandonner, à s'ouvrir un peu aux autres et à socialiser. Parce que le tableau qu'il avait peint là-bas le premier jour l'avait bouleversé. La semaine d'après, au moment où il s'était posé derrière son chevalet, Ginny avait tout de suite vu que quelque chose clochait, était venue le voir, bienveillante et douce, l'avait fait rire aussi. Et il n'avait pas osé lui dire ce qui s'était passé avec Auden mais elle avait dû le remarquer parce qu'elle lui avait glissé à l'oreille "il n'est pas là aujourd'hui". Et ça l'avait rassuré, Terrence, de savoir qu'il n'était pas seul, qu'il avait une alliée, apaisé de savoir que Ginny avait compris, qu'il pourrait, s'il en ressentait le besoin, aller se confier sur ce qui s'était passé. Il ne l'avait pourtant jamais fait pour ne pas la déranger avec ses histoires et aussi parce qu'il avait du mal à s'épancher, mais de savoir qu'il pouvait le délestait d'un poids énorme. Il s'était donc contenté d'éviter soigneusement Auden les jours où il était là et s'était détendu rapidement en constatant que ce dernier ne lui prêtait plus aucune attention. Il avait eu ce qu'il voulait, désormais pour lui, Terrence n'existait plus. Au fil des mois, une véritable complicité s'était établie entre Ginny et Terry et il avait également réussi à tisser des liens avec les autres élèves présents, ceux qu'il redoutait pourtant d'approcher la première fois qu'il était entré ici, à trop penser qu'il n'avait pas sa place, qu'il ne valait pas grand chose comparé à eux.
Pourtant, à proprement parler et au sens le plus propre du figuré, c'était un peintre, Terry. Un artiste. Il y avait eu la musique pour laquelle il était terriblement doué, oui, mais d'aussi loin qu'il se souvenait, il avait toujours aimé dessiner et peindre. Enfant, il avait appris à se débrouiller seul, n'avait jamais eu le loisir de jouer avec ses parents, n'avait jamais connu le son du rire de son père autrement qu'à un repas d'affaire, n'avait jamais entendu sa mère lui dire "c'est l'heure d'aller se coucher, je vais te lire une histoire choisi ton livre préféré" alors il s'était plongé dans ses rêves et dans l'imaginaire pour combler le vide qu'ils avaient tous laissé, était venu s'installer au salon un nombre incalculable de fois pendant que la nounou repassait, amenant ses feutres, sa gouache et son papier, s'asseyait en tailleur devant la table basse ou l'allongeait sur la tapis en cachemire pure soie importé d'Inde sans se préoccuper ou non de le tâcher, s'installait là pour éviter la solitude et chasser les angoisses qui remplissaient sa chambre dénuée de chaleur, son quotidien bien trop lourd et son coeur d'enfant déjà vidé d'amour. Il se souvenait de ces moments comme des instants agréables pourtant, des bulles en dehors de la réalité qu'il s'était fabriqué et qui lui permettaient toujours d'extérioriser ce qu'il était obligé de garder tout au fond, par peur de dire quelque chose de travers et de se prendre le revers de baton par son père. Il fallait être en enfant discipliné, chez les Oliver ! Rester dans les clous et ne jamais jamais jamais s'autoriser à rêver. "La vie, c'est du concret et ce n'est pas avec des rêves que l'on peut se payer une voiture" lui avait dit un jour son père. Des cours de musique classique oui, parce que concertiste, c'était bien payé ! Mais des cours de dessin pour en faire un intérimaire fauché avec des espoirs d'utopiste? Ca non, jamais ! Pourtant il avait continué tout seul, Terry, ne s'était pas laissé démonter, s'était accroché à ces instants d'évasion, s'en était servi et s'en servait encore comme bouée de sauvetage pour ne pas couler. Dans la maison de ses parents se trouvaient encore quelque part des cartons que Marisol, la nounou, avait stocké dans le garage pour ne pas qu'ils soient jetés, des boites bourrées de feuilles griffonnées par les petites mains de Terrence, de dessins d'animaux qu'il avait inventé, de natures mortes sur lesquelles il s'était essayé sans succès, de morceaux de papiers cartonnés peints à la gouache représentant des choses qu'il aimait. Devait y avoir aussi pas mal de dessins raturés clairsemés de tâches de larmes sur lesquels sont père apparaissait. Ou alors il les avait jetés... Surement qu'il les avait jetés.

5 mois qu'il venait à l'atelier désormais, Terrence, et si l'on faisait abstraction de la présence aléatoire et irritante d'Auden, il devait bien avouer qu'il s'y sentait comme chez lui. Il avait pris ses petites habitudes; de tout au fond, il avait lentement avancé pour intégrer des rangs un peu moins isolés, s'était fait des "amis", apprenait des tas de choses et pouvait laisser s'exprimer ce qui avait besoin de s'exprimer sans avoir besoin de se brider. Le mec qui était à ses côtés d'habitude avait quitté l'atelier parce qu'il avait déménagé à Adélaïde le mois dernier alors la place était restée vide, jusqu'à aujourd'hui. Euh… Bonsoir. Je suis nouvelle et je me demandais si je pouvais m’installer ici. À moins que vous attendiez quelqu’un, évidemment. Il avait relevé les yeux de son materiel, Terry, perplexe quelques secondes avant de revenir à lui et de percuter. Sans attendre il pose ses pinceaux et lui tend la main pour la lui serrer. Bonsoir ! Non, il n'y a personne à cette place, David ne vient plus aux ateliers alors c'est libre, tu peux t'y installer. Il souris en grand, l'observe quelques secondes, troublé sans véritablement comprendre pourquoi puis poursuit en continuant de déballer ses affaires. Les pinceaux ici, la toile sur le chevalet, les réglages de la partie mobile pour y coincer la toile, le pot d'eau qu'il ira remplir apres, la palette vide sur laquelle il mettra ses pigments. Tout est pret. Ah, et le tablier. Il y glisse sa tête. Ici c'est une grande famille, tu peux me tutoyer. J'étais intimidé aussi quand je suis arrivé mais tout le monde est très gentil, tu verras. Son pinceau entre les dents il fait un tour puis deux avec les ficelles du tablier qu'il enroule autour de sa taille et fait un noeud devant son nombril avant de retirer le pinceau de sa bouche et de lui sourire à nouveau. Au fait, je m'appelle Terrence. Bienvenue à l'atelier du coup! Comment tu t'appelles? Et il bloque à nouveau sur son visage sans comprendre pourquoi, sur la couleur de ses yeux qui lui rappelle étrangement les siens, sur ses sourcils épais et son air à la fois triste et déterminé. Il est troublé et ça lui fait un truc bizarre derrière les côtes qu'il ne maitrise pas alors brutalement il secoue la tête en bafouillant des excuses, gêné de l'avoir ainsi fixé, les boucles qui volent autour de son visage et les yeux qu'il ferme un court instant. Je.. euh.. j'vais remplir mon pot d'eau, tu viens avec moi? Comme ça je te montre où c'est ! Pour éteindre le trouble il se lève, énergique, avant de lui tendre un bocal en verre et de lui adresser un sourire amical. C'est par là !





quand le monde est
immobile, pourquoi c'est
moi qui tremble?

:burger: :
 
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Dernière édition par Terrence Oliver le Ven 14 Fév - 1:59, édité 1 fois
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Laoise McLoughlin
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Message(#) Sujet: Re: take care, it's such a lonely sky | terrence take care, it's such a lonely sky | terrence EmptyMer 22 Jan - 5:29



take care, it's such a lonely sky
Terrence & Laoise

« Is there anybody out there looking out for me? Just say you want me, just say you need me. Is there anybody out there looking out for me? Does anybody need me? »

Fixés sur son visage, les grands yeux verts ne bougent pas. Elle a l’impression qu’ils essaient de décoder le fond de son âme. Étrangement, elle ne demande pas mieux que de s’abandonner à cet examen aussi minutieux que silencieux. Le jeune homme finit pourtant par s’animer et elle sursaute légèrement lorsqu’il lui tend la main avant de prendre la parole d’une voix douce. « Bonsoir ! Non, il n’y a personne à cette place, David ne vient plus aux ateliers alors c’est libre, tu peux t’y installer. » Son cœur se débattant violemment dans sa poitrine sans qu’elle ne comprenne trop pourquoi, elle lui tend la main à son tour et referme ses doigts autour des siens. Rien ne se passe. Aucune étincelle n’apparaît lorsqu’ils entrent en contact. L’atmosphère dans l’atelier ne change pas du tout. Laoise ne perçoit aucune énergie étrange entre eux, que le contact de sa paume douce et sèche contre la sienne. Et pourtant, une impression floue qui vibrait en elle depuis qu’elle a reconnu ces prunelles vertes si semblables aux siennes se cristallise. C’est lui. Non, c’est impossible. Et pourtant… Elle doit se faire violence pour s’empêcher de retenir sa main qui s’échappe déjà, lui glisse entre les doigts comme son bébé lui avait autrefois glissé entre les bras. « Ici c’est une grande famille, tu peux me tutoyer. J’étais intimidé aussi quand je suis arrivé mais tout le monde est très gentil, tu verras. » Elle hoche lentement la tête d’un air entendu, acquiesce sans trop savoir à quoi car elle ne l’a pas vraiment écouté, trop occupée à scruter avidement la silhouette longiligne et le visage aux traits fins, presque juvéniles, dans lesquels elle cherche avec espoir à retrouver ceux d’un enfant qu’elle à peine entraperçu et dont le souvenir précis s’est étiolé au fil des années malgré tous ses efforts. Elle l’a dessiné des centaines de fois, l’a peint presque aussi souvent, au point d’en faire toute une série de toiles qu’elle n’a jamais pu se résoudre à mettre en vente et qu’elle a gardée bien cachée chez elle comme elle a toujours gardé son secret bien enfoui. Mais c’est comme si chaque fois qu’elle essayait de retracer le visage de son fils, ses traits devenaient un peu moins clairs, un peu plus flous. Répondant à l’appel silencieux du regard de Laoise, Terrence cesse de gesticuler et se tourne vers elle en lui offrant un sourire, un sourire si lumineux qu’il réussit presque à chasser la tristesse qu’elle lit tout au fond de ses grands yeux. « Au fait, je m’appelle Terrence. Bienvenue à l’atelier du coup ! Comment tu t’appelles ? » En une fraction de seconde, elle comprend que son instinct ne l’a pas trompée. Terrence, son Terrence, celui qu’elle essayait de retrouver depuis des années, avant même de connaître son nom, son fils chéri, se trouve juste devant elle, mis sur son chemin par le hasard ou la Providence, peut-être par Dieu lui-même. Engourdie devant l’ampleur de cette réalisation, elle porte machinalement une main à sa poitrine, la pose sur son sternum, là où pend au bout de la délicate chaîne le médaillon dont elle ne se départit jamais. Rassurée de sentir sous ses doigts sa forme ovale et plate, elle s’y accroche comme à une bouée pour ne pas sentir ses jambes se dérober sous elle. Un silence ponctué des conversations qui émanent des autres binômes règne entre eux tandis qu’ils se fixent, détaillant sans pudeur le visage de l’autre. Elle ne peut s’empêcher de se demander s’il perçoit quelque chose, s’il ressent le lien unique qui les a unis jadis, quand elle le portait dans son ventre et qu’elle le berçait tendrement. Sûrement que non, sûrement qu’il la dévisage simplement parce qu’il lui a posé une question toute simple et qu’elle ne lui a pas répondu. Sûrement que c’est uniquement pour chasser le malaise qu’il laisse échapper ce petit rire en s’excusant maladroitement, et sûrement qu’il ne ressent pas les feux d’artifices qui explosent douloureusement dans la poitrine de Laoise. Elle le cherchait, il ne la connaît pas. Comment pourrait-il en être autrement ?

Terrence – son fils ! – lui refile un bocal en verre taché de peinture. Elle lui emboîte mécaniquement le pas quand il s’arrache à sa station, étonnée de voir que ses jambes lui obéissent encore. Personne ne leur porte la moindre attention, à l’exception de ceux qui saluent le jeune homme lorsqu’ils passent à côté d’eux. Sans doute que de l’extérieur, tout paraît complètement normal. Même si son monde vient de changer du tout au tout, et même si la quête sans fin qu’elle menait vient de prendre fin abruptement. Non, pas tout à fait. Car il reste encore tout à faire : avouer la vérité, établir la confiance, bâtir une relation. Tu dois te ressaisir, il ne peut pas savoir qui tu es. Pas tout de suite. Reconnaissante pour une fois de l’éducation trop rigide que lui ont dispensée ses parents et qui lui permet de reprendre, ne serait-ce que momentanément, le contrôle de ses émotions, elle tente de faire le vide dans son esprit en traversant l’atelier jusqu’au petit comptoir percé d’un lavabo devant lequel le jeune homme s’arrête. Elle y arrive, assez du moins pour retrouver sa langue. Glissant son bocal sous le petit robinet pour le remplir, elle offre un sourire aussi sincère que contrit à Terrence. « Désolée pour ça, j’arrive de voyage et je suis un peu décalée. » En fait, dans les quelques semaines qui ont suivi son arrivée à Brisbane, elle s’est bien remise du décalage horaire. Cependant, mieux vaut ce petit mensonge que la vérité révélée trop tôt. Et puis ça lui donne une excuse valable d’avoir eu l’air aussi déphasée. « Je m’appelle Laoise. » Elle profite de cet arrêt au comptoir pour placer en équilibre sur une palette quelques tubes de peinture et des pinceaux choisis au hasard. La toile et le chevalet étant déjà installés à sa station, elle a l’essentiel de ce qu’il lui faut pour exécuter son œuvre. Son matériel en main, elle retourne à sa place en compagnie de Terrence, qui l’a attendue pendant qu’elle sélectionnait ses couleurs. Se glissant cette fois-ci du même côté que le jeune homme, elle pose la palette et le bocal sur le comptoir. Elle en profite pour jeter un coup d’œil à la toile sur laquelle Terrence travaille. Elle est agréablement surprise d’y trouver un portrait. Une silhouette masculine vue de dos, représentée ni tout à fait de profil ni tout à fait de trois quarts. Fascinée, elle s’attarde à la façon dont le corps a été reproduit en détails, de l’ombrage qui laisse deviner la musculature sous la peau nue à la chevelure parfaitement coiffée. Et, au lieu du visage, qu’elle aurait imaginé reproduit aussi fidèlement que le reste, une cascade de couleurs qui s’écoulent de cette tête penchée, comme si des centaines de larmes étaient venu diluer le faciès. Laoise sent bien que ce n’est pas accidentel : chacun des coups de pinceau qui a donné vie à ce visage fondu avait un but précis, comme si l’artiste avait cherché à occulter l’identité de son modèle. Malgré le fond rose bonbon et les couleurs pastel qui, à première vue, camouflent la noirceur du tableau, il se dégage une tristesse lourde de l’œuvre, à cause de cet anonymat douloureux et de l’abattement qui se lit sur les épaules courbées. S’obligeant à détourner le regard de la toile inachevée, par crainte de se montrer indiscrète et, surtout, d’essayer d’y lire plus qu’elle ne le devrait en voulant chercher des réponses, elle organise d’une main légèrement nerveuse les pinceaux mal assortis et les tubes de couleurs disparates qu’elle s’est choisi sans vraiment réfléchir. « Tu es doué,  » finit-elle par dire en désignant d’un léger coup de tête le chevalet. « Ça fait longtemps que tu suis des cours ? »
(c) DΛNDELION




early in the morning, i feel stones upon my chest that i carry to the evening 'til i lay back down to rest. i'm tired of growing weary of these clouds that follow me, swallowed by the shadows when it's sunshine that i need. but i'll get by. • i'll get by, avi kaplan

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Terrence Oliver
Terrence Oliver
la corde sensible
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SURNOM : Les gens l'appellent souvent Terry. Pour Abel, c'est "Terrible". Harvey le couvre de surnoms affectueux mais ce qu'il préfère, Terrence, c'est qu'on ne rogne pas son prénom.
STATUT : En couple depuis 7 mois avec un homme merveilleux.
MÉTIER : Serveur au confidential club 23 h/semaine, libraire le reste du temps à la State Liberty.
LOGEMENT : Il habite chez Harvey depuis septembre, même s'il a toujours son appart à Fortitude.
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PETIT PLUS : Gosse adopté d'origine Irlandaise, fracture dans l'âme. Il est gaucher, agnostique et philanthrope. Il se considère comme étant le plus grand fan de la saga Harry Potter, joue du violoncelle, est passionné de littérature, déteste le chocolat, fait du yoga, a la phobie des chats, des clowns et des hauteurs, manque cruellement de confiance en lui. Il n'a pas de télévision, est technophobe et écoute ses musiques sur une platine. Il est maladroit et insomniaque. Il peint et dessine énormément même s'il estime ne pas être doué. Ancien junkie, clean depuis 7 mois.
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Message(#) Sujet: Re: take care, it's such a lonely sky | terrence take care, it's such a lonely sky | terrence EmptyVen 14 Fév - 8:31





( It's such a lonely sky )
w/@Laoise mcloughlin

Il ignore si c'est lui qui la trouble autant qu'elle ne le trouble, mais lorsqu'il la voit rabattre nerveusement sa paume de main contre le médaillon qui orne son cou le regard agité, il a d'abord le réflexe de penser qu'elle va faire un malaise et il aurait presque envie d'avancer les bras pour être sûr de pouvoir la rattraper si elle venait à tourner de l'oeil. Mais fort heureusement, elle va bien. Alors, rassuré, il sourit, Terry, parce qu'il sourit toujours lorsqu'il est gêné, il sourit pour masquer le trouble qu'elle instaure en lui sans qu'il ne comprenne pourquoi, il sourit parce que c'est toujours plus facile que de froncer les sourcils l'air inquiet, parce que quand on sourit personne ne pose de question, et parce qu'en général, ça faisait toujours moins mal que de pleurer. Il avait appris à sourire en toutes circonstances, à tirer fort fort fort sur les ficelles coincées au creux de ses joues pour ne pas que son père ne le questionne sur son air renfrogné ou triste, pour ne pas que sa mère lui demande sèchement d'arrêter de faire du foin, pour que les autres, à l'école, ne se doutent de rien. Alors il lui sourit et ils se rendent tous les deux jusqu'aux éviers dans un silence troublant. Désolée pour ça, j’arrive de voyage et je suis un peu décalée. Un voyage? Il tourne la tête en plissant les yeux, Terry, une main autour de son pot et l'autre agrippée au robinet. Il l'écoute parler, semble reconnaitre l'accent irlandais chanter dans chaque syllabe qu'elle prononce et il n'en avait pas rencontré beaucoup, des Irlandais. Il n'y avait que Gabriel et Aisling en vérité, et bien plus récemment, il y avait eu cet homme à la bibliothèque qui lui aussi venait de là bas. A bien y penser, il avait d'ailleurs eu une réaction assez similaire, à le dévisager en silence avant de frôler la syncope... Aodhan Brennan, celui qui avait fait un malaise à la State Liberty s'appelait Aodhan Brennan. Il était venu se renseigner sur une ancienne édition d'Orgueil et préjugés et la conversation s'était engagée jusqu'à cette fameuse cigarette fumée devant le batiment. Il s'était confié, Terry, bouleversé au point de se laisser aller aux confidences, au point que l'homme était reparti avec un petit bout de papier sur lequel figurait le numéro de téléphone et le mail de Terry. Parce qu'ils allaient se revoir, il en était persuadé.

Mais deux inconnus qui le dévisageaient avant de faire un semblant de malaise en moins de deux semaines, y avait de quoi se questionner. Il était vrai qu'il n'avait pas nécessairement la tête du surfeur australien, Terrence, trop foncé, trop brun, trop bouclé, pas assez musclé, mais tout de même, qu'est ce qui clochait chez lui pour qu'on le sonde ainsi? Il pourrait évidement se poser les bonnes questions parce qu'il les sent qui se bousculent au fond de son inconscient, il pourrait relier les traits entre eux aussi, pour former le dessin final et comprendre à quel point tout est limpide. Il pourrait suspecter l'impensable, cet espoir fou qu'il avait roulé en boule et jeté sous sous son lit depuis longtemps avec les monstres et le croque mitaine, mais au lieu de ça, il décide de mettre les coincidences et ses ressentis sur le compte du hasard, surement parce que dans ses os d'enfant meurtri il y avait encore les séquelles de brisures qui ne s'étaient jamais totalement solidifiées, que  dans sa chair il sentait encore les millions de petits bout de verre incrustés qui gardaient en permanence les plaies à vif dans une douleur à laquelle il s'était fatalement habitué. Surement que sans le savoir il voulait s'épargner de fausses espérances. Alors son cerveau décide de lui même d'occulter des détails pourtant évidents, pour le préserver, pour le protéger, comme un court circuit, comme une panne de courant, comme une esquive en espérant que ça fonctionne longtemps. Et puis de toute façon, des irlandais, il y en avait beaucoup dans le coin, non? Rien d'incroyable. Enfin, pas vraiment. Il n'en savait rien, finalement. Je m’appelle Laoise.  Il ne la quitte pas des yeux, se perd dans cette teinte de vert si semblable à celle de ses propres iris, ne parvient pas à comprendre ce qui se passe réellement, pourquoi son coeur bat aussi fort et pourquoi le vertige qui s'empare de lui prend une telle ampleur qu'il en oublie de fermer l'arrivée d'eau. Et alors que le niveau déborde férocement de son pot en verre il sursaute, revient à lui, coupe le contact visuel et peste en refermant rapidement le robinet. Merde!! Il rit, terriblement gêné de sa maladresse. Quel crétin, elle va me trouver bête. Je me sens tellement con de l'avoir fixé comme ça mais.. c'était si... ses yeux verts et la façon qu'elle a de me regarder en retour... Ca veut dire quoi tout ça. Je comprends rien. C'est qui? On dirait qu'elle me connait. Il secoue sa main au dessus de l'évier, chassant pour la même occasion ses pensées parasites, pose le pot sur le bord et s'empare d'une serviette pour s'essuyer. Enchanté Laoise, tu viens de loin? Et peut être qu'il veut confirmation que son instinct lui hurle les bonnes infos, peut être qu'il a envie de comprendre malgré la résistance de son cerveau et sa volonté de le protéger. Peut être qu'il veut recoller les pièces manquantes d'un puzzle resté trop longtemps poussiéreux sans savoir que la femme en face de lui détenait de quoi remplir les espaces désertés, sans savoir qu'après trente années à la rêver, à l'imaginer, c'était sa mère, la vraie, qui se trouvait à ses côtés. A nouveau perdu dans ses pensées il la laisse prendre ce dont elle a besoin pour peindre puis ils reviennent face à leurs toiles. Il se détourne pour préparer les couleurs sur sa palette et se retourne lorsqu'il entend sa voix. Tu es doué Touché, il baisse la tête puis la redresse pour lui adresser un sourire en passant une main dans sa nuque avant de s'emparer d'une spatule. Il ne sait pas quoi répondre parce que lui, il en sait rien, s'il est doué. Jamais à cours d'arguments pour se critiquer il était rare de l'entendre être fier de ce qu'il faisait, Terrence, alors il se contente d'hausser une épaule, soudain intimidé. Je.. j'sais pas. Mais... merci. Y en a d'autres ici qui ont plus de technique. Moi c'est plus aléatoire. Pour se redonner contenance, il gratte la palette de la spatule et mélange ensemble de l'ocre et du jaune havane. Ça fait longtemps que tu suis des cours ? Sa voix est douce et elle semble vouloir engager la conversation. J'ai commencé il y a quelques mois seulement. C'est la première fois que je prends des cours. Il lance le pigment sur la toile et l'écrase sans trop appuyer pour l'étaler. Ginny dit que mes toiles sont intéressantes. Je peins jamais de visages. Je sais les faire hein mais.. J'ai pas envie. Il pose tout, se lève soudain et se rend au font de la galerie avant de revenir, une autre toile entre les mains. Il la place contre le mur juste à côté d'eux et reprend place sur son tabouret. Je te présente ma mère. Enfin, ma mère comme je me l'imagine. Mais elle n'a pas de visage parce que je ne la connais pas. Et c'est tellement un fil rouge dans ma vie, que je ne veux faire aucun autre visage. Je ne veux pas d'expression. Parce que j'ignore tout d'elle et de ce qu'elle ressent. Alors peut être qu'elle pleure, tu vois, peut être que derrière mon gros gribouillis, elle a des yeux rêveurs et qu'elle me regarde. L'idée c'est de faire du neutre en couleur pour habiller l'absence. Et le vide. Enfin, un truc comme ça, je suppose. Quand je peins j'y pense pas, mais avec Ginny on en a un peu parlé et c'est ce qu'on en a conclu. De toute façon, on peint tous ce qu'on connait, c'est une part de qui on est, de notre vécu. Il fait une petite moue dubitative, laisse ses yeux se perdre sur la toile en se disant qu'il était bien stupide de continuer à vouloir apprendre des techniques qu'il avait du mal à appliquer. Mais il persévérait, même s'il était un peu marginal et que les natures mortes, c'était pas pour lui. Et toi? Tu as déjà pris des cours? C'est ton tout premier? Si tu as besoin de conseils n'hésite pas à me demander. Je ne suis pas le mieux placé ici pour de conseiller mais j'ferai de mon mieux. Il lance un petit coup d'oeil discret aux couleurs relativement disparates qu'elle avait sélectionné, en souriant. Vraiment, n'hésite pas !  





quand le monde est
immobile, pourquoi c'est
moi qui tremble?

:burger: :
 
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