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 Une nouvelle mascotte [Blaze & Jo]

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Joseph Keegan
Joseph Keegan
le souvenir effacé
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ÂGE : 37 ans. 26/04/1983
SURNOM : On m'appelle Jo, mais ça m'emmerde. J'aurais préféré avoir un autre prénom.
STATUT : Célibataire qui n'arrive pas à en profiter.
MÉTIER : Petite abeille butineuse de la Ruche. bzbz.
LOGEMENT : Je possède les clefs de Deborah en ce moment (celles de son appartement, pas celles de son coeur, malheureusement).
Une nouvelle mascotte [Blaze & Jo] 401a
POSTS : 26501 POINTS : 25

ORIENTATION SEXUELLE : J'aime les jolies filles.
PETIT PLUS : Quand j'étais jeune, j'étais facilement manipulable. Beaucoup trop en ont profité. J'ai subi la ceinture de mon père et il m'arrive encore de sentir les mains du curé sur moi. Depuis, j'ai inversé les rôles. Je suis devenu le manipulateur en apprenant de mes erreurs. J'ai rejoint un gang à vingt ans, j'ai vendu de la drogue à ceux qui n'en demandaient même pas. La justice m'a rattrapé, j'ai été emprisonné pendant trois ans et j'ai pu m'en sortir plus tôt en usant de bonnes paroles religieuses, celles que j'avais apprises par cœur contre mon gré. J'erre, maintenant, à la recherche de stabilité.
UN RP ? : Pas dispo pour le moment.
RPs EN COURS : LA CONFISERIE

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KEEGANs. Time hurts. Time heals.

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ALEPH. Hating you for loving me.

Sin - Primrose [2] - Blaze [FB] - Deb [6] - Greg [2] - Lou [2] - Vitto - Liv [2] - Charles - Blake [3]
RPs EN ATTENTE : Robin 2 [FB] - Kyte [2] - Alice - Olivia [3].
RPs TERMINÉS : Yanis - Blake - Yanis [2] - Aubrey - Aubrey [2] - Kane - Aubrey [3] - Liam - Owen - Aubrey [4] - Tess - Blake [2 ripblake] - Jolex - Aubrey [5] - Gaby [abandonné] - Lindsey [abandonné] - Clara - Eve - Jolex [2] - Jolex [3] - Jolex [4] - Primrose - Sid - Juliana - Gabriel L. - Romy - Caroline - Deborah [2] - Terrence - Charlie - Gabriel L. [2] - Lily - Freya - Adrian [FB] - Manthas [FB] - Jessalyn - Lily [2] - Alfie&Juliana - Théodore - Savannah - Spidey - Romy [2] - Murphy - Alfie [2] - Deborah [3] - Louanor [FB] - Lily [1] - Deborah [4] - Birdie [FB] - Lou - Juliana [2] - Robin-Hope [FB] - Greg - Deb [5UA] - Murphy [2] - Blake [FB] - Alfie [3] - Lily [2] - Kyte [FB] - Tobias - Geisa [abandonné] - Blake [2]

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Parce que je ne serais rien sans les mots de Deborah.

PSEUDO : Captain Rogers.
AVATAR : Sebastian Stan.
CRÉDITS : Moi et Google.
DC : Raph le flamant.
INSCRIT LE : 25/09/2018
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Message(#) Sujet: Une nouvelle mascotte [Blaze & Jo] Une nouvelle mascotte [Blaze & Jo] EmptySam 25 Jan - 18:32



Les voix rauques des garçons s’élèvent dans la pièce et la couvrent d’un brouhaha intermittent. Ce soir, c’est Dylan qui mène la danse en racontant péripéties et anecdotes qui lui sont arrivé durant la semaine. Ça parle de clients louches – encore plus louches que les manthas, ce n’est pas peu dire – et de mecs anorexiques qui se nourrissent à la piqûre. « Ce type-là, je lui donne une semaine avant qu’il crève dans un trou à rats. » Les rires s’entrecroisent en crescendo mais Joseph ne fait que légèrement souffler du nez en coinçant un bâtonnet de carotte entre ses dents. Il mâche son légume en fixant la table couverte d’ailes de poulets et de viandes grasses de tout genre et il relève vivement la tête lorsqu’on le sort de ses réflexions : « Eh, Jo, tu sais qu’t’as l’droit de manger des vrais trucs. » Le concerné se pince les lèvres et hausse les épaules en secouant la tête de droite à gauche juste avant de s’offrir une troisième bouchée de carotte. Il ne prend pas le temps d’avaler qu’il souffle : « M’ouais, la dernière fois, j’ai passé la nuit entière sur la toilette, j’ai pas envie de retenter l’expérience. » Il s’arme de sa fourchette et la plante dans un ravioli recouvert de sauce tomate, au milieu de son assiette. Il a beau côtoyer les manthas depuis plusieurs années, il n’arrive pas encore à se détacher des vieilles habitudes encrées dans ses veines – et dans son estomac, dans ce cas-ci. « Va falloir qu’tu fasses un effort, ça coûte cher tes trucs frais, et j’ai toujours honte de les présenter à la caissière. » un autre garçon ajoute, amusé et sarcastique. Joseph pivote la tête vers lui alors que tous les yeux sont rivés vers sa silhouette qui se détache trop facilement de la bande. Il propose, l’air innocent : « J’peux m’occuper de l’épicerie les prochaines fois, ça m’dérange pas. » Il cache un sourire sournois derrière ses doigts, conscient que cette proposition camoufle une subtilité. L’interpelé hésite un moment quelques secondes et il lui suffit d’un éclair de génie pour réaliser la face cachée de la proposition du plus jeune du groupe. Il tend le bras vers une boulette de viande et la balance en plein milieu du front de Joseph qui explose de rire en l’évitant de justesse, sa chaise grinçant sous ses fesses. « Ouais, ouais, et toi tu me refiles ta corvée des chiottes en échange, c’est ça ? » Un rire collectif couvre la salle à manger et le dévoreur de carottes sourit fièrement en croquant bruyamment dans son légume : « Du coup, je garde ma bouffe, c’est un deal ! »

Le festin continu et les sujets dévient vers les ventes de drogue de la semaine. Une sorte de compétition unit naturellement les garçons et il est toujours question d’être le meilleur vendeur, celui qui a rapporté le plus de blé au gang. Encore novice, Joseph n’a jamais eu l’honneur d’encaisser un gros chèque pour le chef mais ça ne saurait tarder, il le sent au fond de ses tripes. Il doit juste se laisser le temps de s’habituer totalement à cette nouvelle vie qu’il mène depuis trois ans. Trois années d’adaptation qui se fait de plus en plus aisément, bien que son entrée dans le gang l’a bousculé aussi fortement qu’un ouragan, jeune garçon timide et respectueux qu’il était en quittant le nid familial trop tôt. « Pourquoi y’a une chaise de plus autour de la table ? » La question est soulevée en même temps que toutes les têtes se tournent vers cette fameuse chaise à droite de Joseph. Ce dernier hausse un sourcil en réalisant cette présence fantomatique, surpris de ne pas avoir remarqué plus tôt. Comme il est le plus près de cette énigme, tout le monde attend une réponse de sa part : « Bah j’sais pas. » qu’il marmonne entre deux bouchées. « On est huit, pourtant. » Il valide sa proposition en comptant chaque visage autour de la table puis un autre garçon propose : « P’t’être que l’chef va s’joindre à nous. Ça serait bizarre, mais lui aussi il a un estomac à remplir même s’il a au moins cent ans. » Petit rire, puis tout le monde acquiesce en considérant que c’est la seule possibilité. Seulement quelques secondes plus tard, le corps du chef en question se plante dans le cadre de la porte. Aussitôt, tous les manthas redressent dignement leur dos et cousent fortement leurs lèvres ensembles. Un silence plane quelques secondes et l’autorité finit par lancer : « Je ne vous interromps pas plus longtemps mais je dois vous présenter quelqu’un. » Il soulève la main pour la poser sur l’épaule d’un garçon qu’il ramène près de lui afin que tous les manthas puissent le voir. « Il s’appelle Blaze et je vous conseille de l’accueillir chaleureusement, il est un des nôtres, maintenant. » Tous les yeux intrigués se mettent à scruter le nouveau : tout le monde est surpris de voir une nouvelle tête parmi les rangs, et Joseph a eu le droit au même accueil de curiosité. « Yo mec. » Tente Dylan en lui faisant signe d’approcher. « Y’a bien assez d’bouffe pour tout le monde, fais-toi plaisir. » Et il pointe la chaise vide à droite de Joseph pour l’inviter à s’attabler, faisant preuve de ce respect seulement parce que les yeux du chef les épient encore. « Cependant, touche pas aux trucs à Jo, il va te mordre sinon. » Le garçon interpelé secoue vivement la tête : « Ah non, il peut choisir c’qu’il veut, je partage sans problème, j’ai un petit appétit ce soir de toute façon. » Et il offre un sourire franc et chaleureux au nouveau, pensant naïvement que ce dernier pourrait se sentir déstabilisé en se retrouvant au milieu de tous ces criminels. Plusieurs garçons pouffent de rire, moqueurs, mais s’empêchent de trop dévoiler leur hilarité devant le chef qui décide enfin de retourner à ses occupations.                


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Blaze Breaker
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ÂGE : 34 ans. C'est... surprenant.
SURNOM : "Cours, merde, cours !"
STATUT : N'a jamais envisagé la vie sous un autre prisme que le risque, et n'a jamais trouvé de risque assez attrayant pour son coeur.
MÉTIER : Fleuriste... (et criminel, gérant d'un réseau de planques à recel, trafiquant, épine dans le pied de l'ordre public, blanchisseur d'argent ; en bref, se salit les mains pour ceux qui ne veulent pas le faire.)
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ORIENTATION SEXUELLE : J'aime tout le monde.
PETIT PLUS : chaotic good ┼ irresponsable mais protecteur ┼ deux traumatismes crâniens ┼ a fait de la prison très jeune ┼ généreux à en crever ┼ addict aux jeux d'argent et à l'héro ┼ combats clandestins ┼ excessivement casse-cou ┼ moralité (très) ambigue ┼ mène son affaire seul ┼ son meilleur ami était flic et a fini en prison ┼ artiste de rue à ses heures ┼ la recherche de l'absolu ┼ mémoire défaillante ┼ connaît tout le réseau d'escorts de la ville ┼ rapport à la violence déréglé ┼ fait du risque un art ┼ la peur de l'oubli
UN RP ? : Seulement si nous avons un lien.
RPs EN COURS : Olivia ­± Joseph ± Tobias ± Ariane ± Ginny


RPs EN ATTENTE : note à moi même : utiliser cette section (j'ai honte)


RPs TERMINÉS : Peter
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DC : /
INSCRIT LE : 17/01/2020
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Message(#) Sujet: Re: Une nouvelle mascotte [Blaze & Jo] Une nouvelle mascotte [Blaze & Jo] EmptyDim 26 Jan - 17:27



Pour Blaze, entrer chez les Manthas avait d’abord été une affaire de survie avant qu’il n’envisage la dimension qu’allait prendre le groupe dans sa vie. L’habitude d’être livré à lui-même, la rage de s’en sortir tout seul, la solitude persistante et le dénuement ne lui avaient jamais permis de se lier à qui que ce soit plus de quelques semaines. Et puis sa réputation de fouteur de merde inconscient ne lui faisait pas spécialement de bien, quand bien même il exécutait tout ce qu’on voulait de lui avec efficacité, pour peu qu’on le paye. Il n’est donc pas bien compliqué de comprendre que si Blaze écoutait silencieusement la tête de ces manthas lui adresser ses dernières recommandations laconiques avant d’être présenté au reste du groupe, ce n’était pas par intérêt pour ce qu’on lui disait, mais pour feindre une attention qui valait le prix d'un repas. Il s’était accroché à cette opportunité comme une sangsue et ne comptait pas la lâcher, dans son esprit jusqu’à ce qu’il soit de nouveau en capacité d’agir indépendamment. L’autorité révulsait Blaze ; il s’y pliait par nécessité absolue, parce qu’il lui restait quelques neurones en état. Mais au final, l’amusement pathologique qui le caractérisait en toutes circonstances avait fini par prendre le dessus sur le désagrément de cette affaire. De toute façon, Blaze n’avait jamais rien conçu sur la durée ; alors pour le moment, autant faire profil bas, compter sur le hasard qui avait fini par le conduire ici, et voir ce qu’il pourrait tirer de cette aventure. A la réflexion, peut-être que le chef n’avait pas été si gâteux que ça en l’enrôlant. Il avait dû sentir quelque chose en Blaze dont lui-même n’avait pas conscience.
Ses yeux parcourent brièvement la rangée de jeunes hommes en pleine cène des temps modernes, mais c’est aussi la profusion de nourriture qui le capte. Fût-ce de médiocre qualité, Blaze avait trop connu la faim pour que son cœur ne se soulève pas à la vue d’une table pleine. Et aussi loin qu’il se souvienne, aussi futile que cela puisse paraître, il n’avait jamais mangé avec autant de personnes autour de lui. Il a compté, ça fait huit. Huit ? La cène, la résurrection, l’amitié universelle avec, tiens donc. Ça lui semblait terriblement étranger. Toutefois, ne laissant pas son visage se départir d’une indifférence un peu vache (qui lui avait à elle seule valu des coups), le brun fait un bref signe de tête, marmonne ce qui ressemble à un ‘salut’ et va se placer aux côtés du dénommé Jo sans se poser trop de questions. « J’veux pas d’carottes, » lâche-t-il quand ses yeux glissent sur l’assiette de son voisin. Ça paraissait évident, qu’il ne voulait pas de carottes, qu’il n’avait jamais mangé de carottes, non ? Ce qui l’attirait indéniablement, c’étaient les viandes industrielles dont les autres avaient les doigts pleins. Mais Blaze garde l’air neutre en se saisissant de la première pièce qui lui passe sous le nez, comme s’il essayait de terrer l’animal qui salivait en lui envers et contre le peu d’instincts ‘civilisés’ que pouvait montrer le délinquant. Il lève soudain les yeux, se sentant épié — il n’avait pas tort. Qu’est-ce qu’ils attendaient, ceux-là ? Qu’il fasse un discours ? « J’m’appelle Blaze, » qu’il répète en levant la tête, presque surpris, comme si son nom suffisait à résoudre l’interrogation qui planait autour de lui. C’est même pas un vrai nom, Blaze, c’est même pas son nom de naissance, il se l’est choisi. Parce qu’il est même pas un vrai type, il y a un truc qui cloche avec lui, une faille dans sa nature humaine. Mais n'étaient-ils pas tous dans ce cas autour de la table ? « Ça fait un an que j’suis sorti de prison et je compte pas y retourner. » Voilà pour le CV, les recommandations, la lettre de motivation, et tutti quanti. Détaché, l’œil trouble d’une petite étincelle qui pouvait être soit du défi, soit la faim hargneuse qui lui tiraillait les entrailles après s’être trop longtemps faite oublier ; il se tait de nouveau. Nom ? Blaze. Métier ? Blaze. Qualifications ? Siphonner des camions, faire diversion au péril de sa vie, connaître toute la prostitution de Brisbane, faire n’importe quoi pour pas grand-chose, s’attirer des emmerdes. Devançant une éventuelle question, son regard tombe de nouveau sur l’assiette de ‘Jo’. « T’crèves pas de faim avec ça ? » Et la question est d’une brute sincérité, parce que si Blaze avait eu accès à cette gastronomie (des bas-fonds) sept jours sur sept, on ne l’aurait jamais vu éplucher de la verdure comme un herbivore. « Faut des protéines p’r grandir. » L’articulation est approximative, Blaze a la bouche pleine, et une qualité de langage pas très fameuse, des absences qui l’empêchent souvent de former des phrases au-delà du ‘sujet-verbe-complément’. Pour ça qu’il préférait fermer sa gueule. On confondait souvent le caractère du taiseux avec l’intelligence. Au fond, la seule pensée qui lui venait à cet instant était que s’il mangeait à sa faim tous les jours avec ces gars, il serait encore là pour dix ans. (Il croyait pas si bien dire.) Mais aucune velléité de camaraderie ne s’éveillait en lui. Le sourire de son voisin lui paraissait carrément suspect, parce qu’il semblait étrangement sincère, pas un sourire de raillerie — ça, il connaissait, il encaissait mieux. Et pour le moment, les ‘manthas’ n’étaient pour lui qu’un mot, qu’une hypothèse, malgré les belles paroles qu’il avait pu lâcher au bon moment pour s’y retrouver. Il restait au plus profond de lui-même, fatalement ignorant de la substance des liens qui pouvaient se créer entre les hommes, même s’il connaissait la solidarité de misère. « Pas la peine d’vous arrêter pour moi, hein, » lance-t-il au reste de la table, amusé par l’attention qui s’est focalisée sur lui, et honnêtement beaucoup plus intéressé par ce qu’il mangeait que par quoi que ce soit d’autre. « ‘Trouvez qu’j’ai pas la gueule d’l’emploi ? » Qu’il continue, les yeux brillants comme à chaque fois qu’il trouvait quelque chose à rajouter à ses propres inepties, Blaze qui ne pouvait pas se vanter de savoir ce que c’était qu’une conversation, ou même un groupe. Sa légèreté de comportement était aussi sa force d’assurance. Et il refait un tour de table avant de reposer ses yeux sur ‘Jo’ le lapin et ses carottes râpées, comme s'il avait besoin d'ancrage, alors que la dérive lui allait si naturellement.



coma — Okay, let's get this guy in the program please, we're losing him (start an IV Please) Come on, his airways someone's got to protect his airways Where's the defibrillator?
adrenaline

still fades away ; just go deeper.

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Message(#) Sujet: Re: Une nouvelle mascotte [Blaze & Jo] Une nouvelle mascotte [Blaze & Jo] EmptyVen 31 Jan - 4:24



Le nouveau ne semble pas pris de la moindre gêne : il va s’installer à la place libre comme un habitué des lieux et comme si toute la viandes empilée sur la table allait fondre sur sa langue, et seulement la sienne. Les garçons maintiennent un silence curieux en l’observant de haut en bas, la moitié pensant probablement que ce type n’a pas la carrure d’un criminel, tout comme Joseph qui est, justement, le moins crédible de la bande. Il est jeune, beaucoup plus que l’âge moyen chez les manthas et ça se lit dans son regard peu présent et dans sa peau aussi lisse que les tranches de jambon au centre du buffet. Personne n’ose parler, sauf Dylan qui invite le nouveau à se servir et, immédiatement, Joseph propose une part de ses légumes croquants. Sans faire preuve de tact, le concerné refuse son offre, dévoilant un côté plus carnivore chez lui. Joseph ne se sent pas vraiment dérouté, il se contente d’hausser les épaules et de coincer un bâtonnet orange entre ses dents, maintenant habitué que son régime alimentaire soit le sujet des plaisanteries les plus lourdes. Cependant, quelques secondes plus tard, il n’y a que le bruit de la mastication du brun qui résonne dans la pièce et le malaise crée un empressement chez le fameux Blaze qui se présente officiellement au groupe silencieux. La surprise générale s’élève lorsque le garçon précise qu’il est récemment sorti de prison et c’est Joseph qui arrive à attraper le micro avant qu’un autre trop honnête et direct ne le fasse. « Ah bon ? Tu sembles jeune pour avoir fait du temps derrière les barreaux. » Et, sans que l’interrogé ne puisse répondre, un mantha agacé lui coupe la parole : « Pourquoi l’patron a recruté un mec qui s’est déjà fait choper par les flics ? Ça fait pas d’sens. » Des regards approbateurs sont échangés et plusieurs acquiescent en hochant la tête, oubliant pour le moment le festin de viandes sur la table. Toute l’attention est tournée vers Blaze et ce sera le cas pour encore plusieurs jours : les anciens aiment bien agacer les nouveaux pour tester leurs limites. Ça fait partie d’une sorte d’initiation et Joseph n’a pas échappé à la règle quand il s’est retrouvé coincé à l’extérieur du quartier général sans vêtements en plein milieu de la nuit – encore heureux, ce n’est pas toute la ville qui a pu profiter de la vision d’un maigrichon nu comme un verre sur le perron. « T’crèves pas de faim avec ça ? » Il faut quelques secondes à Joseph pour comprendre que la question lui est posée. Ses yeux agités passent des carottes jusqu’aux pâtes fourrées de fromage devant lui tandis que Blaze se prend pour le président des protéines et il redresse la tête pour répondre négativement : « Non, ça va, ma crise de l’adolescence est terminée depuis des années. J’ai déjà bouffé ma part en ailes de poulet. » Il désigne le poulet d’un signe de la tête et il balance, naïvement : « Tu penses que tu pourrais battre le record que j’ai instauré ? Trente ailes en seulement dix minutes. » Il précise, fièrement, bien qu’il soit certain de ne pas pouvoir rivaliser avec son propre record. Il veut seulement détendre l’atmosphère et intégrer Blaze comme il se doit, bien que le reste de l’attablée ne semble pas tout à fait convaincu de son arrivée soudaine dans les rangs. Le doute se lit dans les traits durs de tout le monde et la tension noue l’estomac de Joseph qui ne pourra décidément plus rien avaler ce soir. Méticuleusement, il rassemble les raviolis rescapés au milieu de son assiette afin qu’ils conservent leur chaleur un peu plus longtemps. « Pas la peine d’vous arrêter pour moi, hein, ‘trouvez qu’j’ai pas la gueule d’l’emploi ? » Chacun réfléchit de son côté, incertain de savoir quoi répondre. Il est vrai que le nouveau ne possède pas les muscles et la carrure des habitués des lieux mais aucun gamin ne naît avec le corps d’un dieu grec. C’est évidemment Dylan qui décide de délier sa langue pour barater les quelques conneries qu’il a en tête. « C’est la première fois qu’on accueille un mouton. Tu t’les frises tous les matins, tes ch’veux ? » Quelques ricanements retenus accompagnent le commentaire digne de celui d’un petit garçon à la maternelle et Joseph, songeur, ne peut s’empêcher de faire part de son désaccord, bien qu’il évite habituellement de contredire celui qui se prend pour le chef du groupe lorsque le véritable patron n’est pas présent : « C’est pas les cheveux qui définissent la personnalité de quelqu’un. J’vous rappelle qu’il est allé en prison, il doit être un vrai dur, hein ? » Il interroge Blaze du regard, s’étant retenu à la dernière seconde de lui donner un petit coup de coude, ne considérant pas qu’il peut se permettre un tel signe familier aussi tôt. « En tout cas, je suis certain qu’il fera meilleure impression que moi quand vous m’avez rencontré, les mecs. »


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Message(#) Sujet: Re: Une nouvelle mascotte [Blaze & Jo] Une nouvelle mascotte [Blaze & Jo] EmptyLun 3 Fév - 14:30



Pas qu’être sous les projecteurs lui déplaisait fondamentalement, mais Blaze ne tenait pas à accaparer l’attention plus que ça. Peut-être était-ce lié au fait qu’il ne mesurait pas vraiment ce qu’il était en train de faire, que son esprit était déjà trop déséquilibré pour faire preuve d’un tant soit peu de lucidité. Blaze avait tout du cas social idéal ; pas de famille, pas d’amis, délinquant, emprisonné très jeune, et un comportement qui, à beaucoup d’égards, le faisait passer pour un abruti fini. Et en effet, la prison n’avait pas été le lieu parfait pour une rééducation post-traumas crânien violent. Ce qui donnait cet individu à l'air à la fois trop nonchalant et trop nerveux, pas assez inquiet, pas assez timide, dont l’esprit paraissait aussi vide que ses poches. En un sens, ceux qui le voyaient comme ça avaient-ils vraiment tort ? Enfin bon. A l’étonnement qui traverse la salle après sa déclinaison d’identité on ne peut plus réglementaire, Blaze se contente de hausser les épaules. Bien jeune ? C’est des mots qui n’avaient aucun sens pour lui. Il jette un regard furtif à Joseph, comme si cette simple œillade pouvait lui dévoiler à quel point la vie sens-dessus-dessous de Blaze, marquée par la violence depuis qu’il ne s’en souvenait même plus, n’avait pas d’âge. Les gens comme lui n’ont pas d’acte de naissance, mais une déclaration de mort sociale à signer à la mairie — je soussigné, me déclare épine dans le pied de la communauté, etc. Renoncez-vous à votre statut de citoyen ? Oui, je le veux, point à la ligne. Est-ce que Joseph pensait vraiment qu’il était trop jeune ? Trop jeune moralement peut-être ? Trop jeune pour ne pas passer entre les mailles du filet du droit ? Ce n’était pas la carrure des épaules qui déterminait ce que la justice jugeait digne ou non de rentrer dans ses mauvaises grâces, malheureusement. « J’sais pas, » qu’il lâche avec toute la sincérité du monde à l’attention de Joseph, avec un mélange d’évidence et de… naïveté ? Non, décidément, Blaze n’avait pas l’air de se rendre compte, mais les deux années de trou étaient encore trop proches de lui, il ne réalisait pas l’aversion démesurée qu’il en éprouverait plus tard ; pour le moment, les mécanismes fumeux de son esprit l’empêchaient de réaliser l’horreur de sa vie. Il ne la trouvait pas si terrible que ça, et il ne voyait pas vraiment quel autre chemin il aurait pu prendre. Il en avait à lui suggérer, Joseph ? Il voulait réécrire son histoire ? L’accompagner peut-être ? J'sais pas, non, j'sais pas si je suis trop jeune. Ça aurait bien remis un sourire sur le visage de Blaze, mais les objections reprennent de plus belle, l’assemblée de la Cène le pointe du doigt — le voilà devenu Judas en un claquement de doigts, et même le principal intéressé ne peut pas leur donner tort. « J’suis pas aux ressources humaines, me demandez pas, » lâche-t-il avec une pointe d’amusement, comme ce léger vent à l’encontre de l’autorité du chef du groupe le grisait. Il n’y avait d’ailleurs pas besoin d’être un génie pour comprendre qu’un type qui s’était fait coffrer à dix-sept ans n’avait pas un très bon rapport à l’autorité. Et fallait être sacrément stupide pour voir dans l’attitude de Blaze celle d’un petit caïd à la noix voulant jouer les durs. A l’inverse, sa relative tranquillité en disait long sur ce par quoi il était passé. Quant à ‘ressources humaines’, c’était un mot qu’il avait appris en prison, sur la porte du conseiller avec lequel il avait le droit à un entretien quand le cœur lui en disait, pour parler de réinsertion, officiellement, pour vérifier s’il tenait le coup, officieusement, parce que son séjour carcéral n’avait pas été bien rose. A la réflexion, c’était surtout dans le crime qu’il vous fallait des ressources humaines solides. Les manthas étaient bien en droit de se demander si l’intégration de Blaze était une bonne idée ; quand à questionner le principal intéressé, il n’en ressortirait pas grand-chose, le jeune homme avait simplement saisi la branche.

Mais comme de tous, Joseph semble celui qui lui témoigne le moins d’animosité ouverte, l’attention de Blaze revient facilement à lui lorsque le sujet décline de nouveau sur la nourriture. Ça lui faisait une belle jambe de parler de crise d’adolescence : Blaze était à lui tout seul une crise humaine, de quoi faire perdre la foi à n’importe quel pasteur. Sauf que, contrairement à toute attente, le brun ouvre la bouche pour dire quelque chose qui n’est ni une provocation, ni une raillerie quelconque. « Nan, j’pas envie d’bouffer quatre repas en un juste pour ça. » Eclair de lucidité ? Réalisation métaphysique ? Pas vraiment. Blaze n’a juste pas beaucoup d’intérêt dans les paris qui ne mettent pas sa vie en jeu. Battre un record d’ailes de poulets à s’en rendre malade et pataud ne lui procurerait aucune adrénaline, puis ce petit con avait le respect de la bouffe, peut-être le seul respect qu’il avait par ailleurs, envers quoi que ce soit. C'est la première fois qu'on accueille un mouton. La remarque qui suit sur ses cheveux le laisse assez indifférent (peut-être parce que Blaze n’a pas encore assez l’expérience du contact humain pour prétendre à la répartie (ou même qu'il n'avait tout simplement pas compris qu'il s'agissait d'une attaque (des cases en moins...))). Mais sa tronche assez indifférente lui permet de compenser l’absence de réplique. Blaze n’avait jamais assez existé dans le regard des autres pour se soucier un tant soit peu de remarques physiques. Et puis, il n’était pas une armoire à glace, mais son gauche avait de l’impact. Sa fougue équilibrait les forces. Pour lui, ces types (qui au demeurant n’étaient pas des ancêtres) lui paraissaient tous très, très vieux (alors que lui serait éternellement jeune, ça allait de soi). Peut-être aussi le fait de les voir assis, leur attitude de sénateurs, de clan, leur air pincé. Dans les yeux de Blaze, on a vite fait d’être vieux, parce que ce qui brûle là derrière est sans cesse renouvellé, sans cesse plus fort, plus bouillonnant. Mais ce qui l’interpelle, ce sont encore une fois les paroles de Joseph dont il distingue nettement la voix à ses côtés ; et le brun n’arrive pas à comprendre si son voisin est ironique ou pas. Littéralement, il n’arrive pas à comprendre. Certes, la mentalité de ‘gros dur’, la bataille des égos, il l’avait vue dans l’environnement pourri jusqu’à la moelle qui l’avait forgé ; mais son problème à lui, Blaze, c’était que tout cela n’était qu’un prétexte, que l’opportunité, l’occasion d’exprimer quelque chose qui lui venait du fond des tripes — une folle envie de repousser les limites. Blaze était moins un gros dur qu’un freluquet chanceux. Alors son cerveau fait l’impasse et décide de rebondir un peu au hasard, comme c’était souvent le cas avec lui. « T’es là d’puis longtemps, toi ? » S’adressant à Joseph, qui lui paraît le plus se détacher du reste, par instinct ; mais Blaze reporte la question sur l’ensemble du groupe — « Et vous aussi ? » Ça ne l’intéressait, au fond, pas vraiment, mais on voulait apparemment qu’il joue les bouffons du roi, et on ne le laisserait pas tranquille dans son coin ; alors il fait la conversation, objectivement très mal. Mais il y a tout de même un soupçon de curiosité à l’égard du groupe soudé, agissant presque comme un, qui lui fait face ; il savait que ces organisations pullulaient, il avait été dans certaines, mais elles finissaient presque toujours par imploser sous l’effet des jalousies, luttes de pouvoir et autres règlements de comptes. L’idée que des êtres humains puissent se réunir et former un ensemble cohérent lui échappait totalement, et c’était peut-être le sens de la plate question qu’il posait pour passer son tour de discussion. Quant à Joseph et l'espoir qu'il avait de trouver en Blaze une personnalité, ça restait à prouver.

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Joseph Keegan
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Message(#) Sujet: Re: Une nouvelle mascotte [Blaze & Jo] Une nouvelle mascotte [Blaze & Jo] EmptySam 8 Fév - 4:34



Décidemment, le chef des manthas n’a pas engagé l’homme le plus bavard de Brisbane. Joseph tente tant bien que mal d’en apprendre un peu plus sur lui, s’acharnant à vouloir l’intégrer rapidement, mais Blaze se contente des réponses les plus courtes qu’il peut fournir, comme s’il ne connaissait pas assez de mots de la langue anglaise pour construire une phrase complète. Il ne perd toutefois pas espoir, pensant naïvement que c’est la timidité du nouveau qui lui a volé sa langue. Alors il continue, l’interroge davantage au sujet de la prison alors que ce dernier n’a démontré aucun intérêt à parler de son expérience derrière les barreaux – ou de sa vie en général. « T’y as passé combien de temps ? C’était comment ? » Il enchaîne deux questions à la suite pour s’assurer d’avoir au moins une réponse complète (parce que deux demi réponses ensemble ça en fait une). Joseph, il est curieux. S’il n’a jamais craint de se faire rattraper par la justice, ça ne l’empêche pas de participer activement à la guerre qui oppose les policiers et les criminels. Il a l’impression que cette réalité est très loin de lui et qu’il ne peut être qu’un spectateur; rien ne lui tombera sur les épaules, il n’est pas tout à fait comme les autres manthas parce que le groupe prend encore plaisir à rire de ses manières respectueuses. Au fond, même si c’est Blaze qui possède la chevelure bouclée, c’est Joseph qui mérite le titre de mouton noir de la bande. Afin de détendre l’atmosphère, le mangeur de carottes décide de lancer un défi à celui qui ne manifeste visiblement aucun intérêt pour ce genre de jeu insensé. Tantôt rempli d’une fierté implacable, Joseph perd entièrement son sourire aux paroles honnêtes du nouveau. Légèrement hébété, il se racle la gorge et reporte son attention entière vers son plat, abandonnant momentanément la bataille pour faire de Blaze son huitième pote. C’est bien la première fois qu’il se sent si minuscule devant une personnalité aussi vide que la gamelle d’un chien affamé qui a dévoré l’entièreté de ses croquettes en une bouchée. Pour le moment, il décide de maintenir le silence jusqu’à ce qu’un autre manthas brise le silence pour insulter la tignasse abondante de Blaze. C’est seulement à ce moment que Joseph prend le temps d’observer les cheveux dont il est question et il doit admettre que c’est bien la première fois qu’il voit des bouclettes aussi définies : ce n’est pas surprenant si l’un des garçons pense qu’il soigne minutieusement cette chevelure tous les jours avec une crème hydratante et un de ces stupides machines à brouillard à base d’ondes positives. Malgré tout, l’instinct primaire de Joseph se réveille et il défend automatiquement celui qui semble n’avoir aucune répartie (ou il n’a absolument pas compris qu’on se moquait de lui). Évidemment, Blaze laisse couler l’occasion de discuter davantage et un énième soupir gonfle la poitrine de Joseph. Il va perdre patience si l’autre continue à se refermer dans son cocon. Il ne survivra pas s’il reste l’intraverti et le timide de la bande : les plus forts feront de lui leur souffre-douleur quotidien. « Au moins t’avais pas l’air d’avoir un balai enfoncé dans l’cul l’jour où on t’a rencontré, Jo. » Répond le mantha le plus éloigné d’eux, lui qui s’acharnait à récupérer le plus de viande possible autour d’une cuisse de poulet. En quelques sortes, c’est un compliment qu’il vient de lui faire, bien que ça n’arrange pas le cas de celui qui s’est lancé dans la meilleure direction pour devenir le bouffon de la bande. « T’es là d’puis longtemps, toi ? » Oh ! OH ! Espoir ? Que dis-je; miracle ! Il n’a pas avalé sa langue, c’est une excellente nouvelle. « Trois ans. » C’est au tour des autres manthas d’offrir une réponse parfois aléatoire mais qui arrivera à satisfaire la curiosité de Blaze (si elle était réelle et pas seulement forcée). « Et je m’y plais, ici, j’ai pas l’intention de partir. » ajoute Joseph, la voix reconnaissante. « On est tous des frères, au fond. Tu deviendras l’un des nô… » Il n’a pas le temps de terminer sa phrase qu’une tranche de jambon s’écrase dans son front et déboule un peu trop lentement le long de ses joues. « C’est pédé c’que tu dis, ça nous gêne, arrête ça. » Plaisante Dylan en essuyant ses doigts sur la nappe. La victime de la charcuterie récupère le morceau rosé et le balance à son tour en direction de son agresseur mais, la précision de son tire assez boiteuse, il n’atteint que le mur sur lequel il rebondit mollement. Un rire général s’élève. « C’est exactement pour cette raison qu’on te confiera jamais de flingue, Jo. Tu vises comme ma grand-mère. » Dylan attrape une aile de poulet et la pose devant Blaze, le regard joueur : « On va voir si toi t’as l’talent. Si tu atteins l’horloge (il pointe l’horloge), on dit au chef que t’es un type génial et que tu mérites déjà une augmentation d’salaire. » Bon, ce qu’il ne précise pas, c’est que les salaires ne sont jamais stables dans ce business et que c’est le nombre de ventes effectuées par un individu qui influence son retour monétaire. Autant vous dire, Joseph ne roule pas dans l’or en ce moment, mais ça l’importe peu. Tout ce dont il a besoin est un toit au-dessus de sa tête.        


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Blaze Breaker
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Message(#) Sujet: Re: Une nouvelle mascotte [Blaze & Jo] Une nouvelle mascotte [Blaze & Jo] EmptyLun 10 Fév - 21:06



Objectivement, il y avait plus convivial que Blaze, qui n’était pas vraiment taillé pour l’entertainment des grandes salles de huit personnes. Il renvoie la balle mécaniquement, essaye d’analyser les réactions sans y parvenir, finit par se reposer sur la nonchalance. Ça marche pas trop mal. Jusqu’à ce qu’on revienne au meilleur des sujets… « T’y as passé combien de temps ? C’était comment ? » Décidément, Jo avait un don pour poser les questions à côté de la plaque. Blaze le scrute un instant, comme s’il essayait de déchiffrer une trace de dérision dans son regard — apparemment, dans les conversations de groupe, il fallait se défier d’un peu tout. Vu de son esprit absolument dépourvu de recul, la prison n’est pas une étape décisive de sa vie mais un passage comme un autre, presque ordinaire, banal, prévisible. Il profiterait tant qu’il le pouvait de cet état des choses. Son propre for intérieur, inconscient, appelez ça comme il vous plaît, le protégeait. Il fronce les sourcils, se remémorant ces murs dont il connaissait chaque imperfection avec une précision démesurée, la fenêtre grillagée qui lui donnait parfois la violente impression d’être un oiseau en cage, les mètres carrés d’espace bouffés par les quelques meubles. Il avait haï chaque seconde d’immobilité passée dans cette piaule, haï chaque poussière, chaque ronde, chaque repas, chaque regard vers l’extérieur. Même le ciel était cerné de murs en prison. Il paraissait devoir s’arrêter brusquement au-delà des barbelés ; après, tout n’était plus qu’un vague inconnu auquel on donnait le nom abstrait et mystérieux de liberté, et dont on ne mesurait la substance vitale que pieds et poings liés par cette lente apathie du corps, puis de l’esprit, enfin de l’envie. Surtout pour quelqu’un comme Blaze qui, à dix-sept ans, n’avait pas vraiment de vie intérieure pour compenser ce manque désespéré de sensations. Et pour ajouter à cette angoisse du vide, il avait passé un certain temps immobilisé à l’hôpital — encore des murs — avant de se faire transférer. Blaze décide de répondre avec un peu plus de matière que d'habitude. Terrain connu, plus facile. Il a eu le temps de faire des phrases pour décrire la prison... en prison. « Deux ans. Quand j’tais seul, le pire c’était d’rester sans rien faire. Des fois ils t’emmènent voir le psy. Même si tu lui dis rien il prend des notes. » Il avait même l’air plus intéressé lorsqu’il ne parlait pas. Ça devait lui faire un joli cas, il devait les noter dans sa collection comme des papillons, les marmots de dix-sept ans venus perdre les plus belles années de leurs vies au trou. C’était un psy usé, attendant sa retraite, qui ne savait que soupirer et faire son rapport selon lequel Blaze n’était pas en voie de dégénérescence cérébrale totale — interprétant son silence comme une amélioration. Il y repensait, parfois, aux papillons qui avaient repris leur envol ? Les suivait-il d’un œil plein d’espoir, ou savait-il d’avance lesquels retomberaient après quelques arabesques, ayant passé des heures solitaires dans son bureau à étudier leurs ailes confisquées ? « Après, m’ont mis en cellule commune, et c’tait un peu comme avant. Les trucs qui tournent, la baston… » ‘Avant’, il ne s’en souvenait pas vraiment, d’ailleurs. Il l’avait réappris, artificiellement, au contact de la population carcérale qui elle, se souvenait très bien. Et il était retombé dedans dès ses premiers pas de retour dans ‘la liberté’, qui était décidément un lieu étrange. « Avec un peu de chance, ils te chopent et te mettent à l’isolement. » Avec moins de chance, c’était la cellule disciplinaire. Dépendant de si on considérait Blaze comme étant en danger, ou étant le danger. Au fond, il y avait peu de marge entre ces différentes conditions. Et Blaze n’était pas vraiment sûr de préférer la cellule commune à la solitude. La peste ou le choléra. « La plupart du temps, c’tait surtout rien. » Mais un rien qui n’avait rien à voir avec la petite syllabe facile à prononcer qui s’envolait sur la langue ; un rien qui était la lutte de chaque jour contre l’ennui, la solitude, l’inexistence. Si bien que la violence carcérale devenait presque une fenêtre d’air frais pour ceux comme Blaze qui n’arrivaient pas à se projeter en dehors des quatre murs. Rien, ça lui avait bouffé les entrailles, tellement qu'il s'en rendait même pas compte. Il ne leur avait probablement rien appris. La prison avait cela de particulier qu’elle correspondait plutôt bien à ce qu’elle représentait dans l’imaginaire collectif — caricatures, mythes, légendes urbaines ; tout se vérifiait, mais le gouffre entre les mots et l’expérience demeurait trop grand pour que Blaze le franchisse en quelques secondes devant cette assemblée. « Au moins t’avais pas l’air d’avoir un balai enfoncé dans l’cul l’jour où on t’a rencontré, Jo. » Oh, et ça, c’est pour sa pomme. Le visage de Blaze s’étire en un léger sourire, comme s’il venait de se rappeler d’une anecdote tout à fait adaptée au public. « Non, mais j’connais un type à qui c’vraiment arrivé en cellule. » Ça avait été la distraction générale pendant un temps, moins en raison de l’acte lui-même — la sexualité carcérale étant théoriquement un délit, mais certainement pas absente — qu’à cause du tour de force qu’avait été le fait de conserver un balai dans sa chambre malgré les vingt-cinq rondes d’inspection à la minute. Mmh. L’histoire n’était pas vraiment drôle, pas du tout même, mais l’humour se base souvent sur la recherche de pire que soi, et dans la prison où était Blaze… les choses pouvaient difficilement se dégrader plus que ce qu’elles étaient déjà.

Quand Jo lui affirme droit dans les yeux que ça fait déjà trois ans qu’il est dans le groupe, Blaze demeure intérieurement incrédule. Premièrement parce que Jo a l’air trop… gentil ? Par rapport à la moyenne générale ; deuxièmement parce que trois ans, trois ans, pour quelqu’un qui vient d’en passer deux en prison, ça paraît très, très, très long. Trois ans — une durée peut-être dérisoire quand on avait un rapport sain au temps — représentaient pour Blaze une éternité inaccessible, un futur si lointain qu’il ne pouvait se l’imaginer d’aucune manière. Trois ans ? Il serait mort d’ici-là, trois ans ça ressemblait déjà à la fin de la vie. Trois ans à dîner avec ces huit mêmes personnes, dans ce même endroit, le temps de créer une véritable forme d’habitude et de cohésion ? Ça n’était pas une vie, ça relevait de la religion, du mystère. Blaze balaye les camarades d’un œil songeur. C’est la stabilité qui lui échappe. Sa réflexion trouble est interrompue par Joseph — qui avait le sens de trop continuer ses phrases comme personne. « Et je m’y plais, ici, j’ai pas l’intention de partir. On est tous des frères, au fond. Tu deviendras l’un des nô… » Blaze se joint discrètement à l’hilarité générale lorsque le type qui semblait souvent prendre les devants s’occupe de faire taire son acolyte. Blaze n’avait la notion d’amitié qu’en proportions très limitées, alors celle de ‘frère’ demeurait un concept particulièrement spéculatif à ses yeux. D’un autre côté, la brute sincérité de Joseph l’intriguait. Blaze aussi était sincère (quand ça l’arrangeait). C’est juste qu’ils n’avaient pas les mêmes choses à dire. Même la notion de ‘rester’ était floue chez Blaze. Rester, rester, rester où ? Pourquoi ? Comment ? L’instabilité était inhérente à sa vie depuis toujours ; alors cette curieuse volonté que Joseph mettait dans ses mots lui faisait un drôle d’effet. Il avait l’air sacrément convaincu. Peut-être disait-il la vérité…

Mais l’heure n’est apparemment pas aux réflexions philosophiques puisque le type — ouais, il demandera un tour des prénoms quand l’occasion se présentera — lui assigne la mission à laquelle tiendrait sa dignité de membre du groupe ; atteindre l’horloge avec une aile de poulet. Ça, il sait y faire mieux que Jo, il en est à peu près certain. Il a passé des années à jeter toutes sortes d’objets sur toutes sortes de surfaces et de personnes pour faire diversion, comme dans les jeux vidéo ; sauf que ce n’était pas un jeu vidéo, que ça ne marchait généralement pas, et qu’il fallait généralement renforcer la diversion avec d’autres diversions qui mettaient son intégrité physique en danger. Une chance que contrairement à sa mémoire, son corps avait bien récupéré de l’accident. Tout ça pour dire que Blaze savait bien viser, même si dans la rue, on finissait toujours par avoir besoin d’un talent dont on ne disposait pas, comme pouvoir courir à cinquante kilomètres heure. Blaze se saisit sans hésiter de l’aile — t’avais pas dit que tu jouais pas avec la nourriture, toi ? — et la lance d’un geste souple en direction de l’horloge ; la viande heurte la partie inférieure du cadran avant de s’écraser au sol en laissant une trainée rougeâtre sur les six heures. Mais, ne se contentant pas d’avoir relevé le défi, sa main empoigne un morceau de carotte de taille optimale ; « Désolé, » qu’il fait à Jo avec un sourire qui n’a pas vraiment l’air désolé, avant de lancer le légume mutilé qui atteint la cible dans le mille, à l’intersection des aiguilles. « Celle-là était pour toi, » ajoute-t-il avec confiance, comme s’il venait vraiment de laver l’honneur de ce garçon qu’il connaissait à peine. Blaze avait d’ailleurs déjà oublié l’enjeu du défi, c’était juste le fait de pouvoir exposer un talent un peu plus consistant que le fait de manger une quantité astronomique de poulet, et puis l’envie d’épauler son voisin. Peut-être un sens du spectacle qui s’éveillait chez le gamin. « Qui dit mieux ? Le coin de l’spèce de tableau au fond, Jo, pour tes frères ? » Ajoute malicieusement Blaze en lorgnant sur un carré de peinture abject. Après tout, certains se révélaient meilleurs sous pression. Et on n’oublie pas que le bouclé était toujours dans l’optique de disperser l’attention, ce pour quoi Joseph se révélait assez efficace, d’autant plus qu’il était le seule envers lequel Blaze ressentait instinctivement une forme de sympathie — et c’était assez étrange pour qu’il mette ça sur le compte de l’amusement du défi.

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Parce que je ne serais rien sans les mots de Deborah.

PSEUDO : Captain Rogers.
AVATAR : Sebastian Stan.
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DC : Raph le flamant.
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Message(#) Sujet: Re: Une nouvelle mascotte [Blaze & Jo] Une nouvelle mascotte [Blaze & Jo] EmptyDim 16 Fév - 6:03



Seulement quelques années plus tôt, Joseph n’avait pas toute cette assurance qu’il possède aujourd’hui. Bien qu’il soit encore le mantha possédant un portrait complètement différent de celui des autres, il ne s’est jamais autant senti comme chez lui. C’est bien l’avantage d’un endroit où tout le monde n’a pas que de jolies choses roses à raconter sur leur passé : on se fiche des différences qui ont plutôt tendance à rapprocher alors que, à l’extérieur des quatre murs du quartier général du gang, c’est tout le contraire. Les gens évitent de trop approcher de ceux qui ne leur ressemblent pas, de peur d’emprunter le mauvais chemin. Lorsque Joseph était à la rue, pas une seule paire de yeux ne se tournait vers lui, comme si à lui seul il représentait la peste qu’il faut à tout prix éviter. Pourtant, Joseph a toujours possédé un cœur immense et c’est à un groupe de criminel qu’il a offert sa loyauté, impossible pour lui de faire autrement face à un monde qui rejette les plus rejetés.  

Aujourd’hui, les choses ne sont pas différentes devant le nouveau qui ne semble pas encore à l’aise d’obtenir l’attention de huit garçons attablés autour d’un buffet qui commence à se vider. Comme si c’était des plus naturels pour Joseph, il lui offre sa gentillesse dans le but de l’intégrer rapidement au groupe qui pourrait sembler intimidant aux premiers abords. Il sait ce que c’est : sa première journée ici n’a pas été de tout repos et il lui a fallu plusieurs semaines d’adaptation pour rejeter son envie de fuir à nouveau, la seule méthode de défense qu’il connait. Prendre ses jambes à son cou et ne pas se retourner. Naturellement, le jeune ne peut s’empêcher d’interroger Blaze quant à son passage en prison, curieux de connaître l’expérience d’un jeune derrière les barreaux. À vue d’œil, il lui donne vingt-et-un ans, pas plus. Il est bien le seul autour de la table qui ne porte pas de barbe et dont la tignasse de cache aucun cheveux gris – excepté Joseph mais, lui, il est beaucoup plus jeune que le reste de la bande. « Deux ans. Quand j’tais seul, le pire c’était d’rester sans rien faire. Des fois ils t’emmènent voir le psy. Même si tu lui dis rien il prend des notes. » Machinalement, ses yeux s’encrent dans les siens alors qu’il comprend que, même en prison, Blaze n’était pas bien bavard. Il n’est pas surpris d’apprendre ce détail, au fond, et il glousse en posant ses deux coudes sur la table pour être plus confortable et ainsi écouter la suite de l’histoire qui ne s’avère pas très féérique. « Après, m’ont mis en cellule commune, et c’tait un peu comme avant. Les trucs qui tournent, la baston… » Les manthas s’échangent des regards, légèrement mal à l’aise. « Avec un peu de chance, ils te chopent et te mettent à l’isolement. La plupart du temps, c’tait surtout rien. » Un long silence s’installe dans la pièce, traduisant l’inconfort qui a pris ses racines dans les tripes de tous et chacun. C’est évidemment Joseph qui arrive à trouver la chose à dire – et il vaut mieux que ça soit lui parce qu’un autre aurait probablement eu envie de blaguer à ce sujet afin de cacher son malaise. « Putain. Ça fait pas rêver. C’est injuste que tu aies vécu ça. » Il balance, sans même savoir quel délit le nouveau a bien pu commettre pour se faire menotter les poignets à cet âge si précoce. Ici, il y a une sorte d’idéologie qui parasite les esprits comme un virus informatique traversant d’appareil en appareil : l’injustice n’est pas commise pas les criminels mais bien par ceux qui n’ont pas pu tendre leur main à ceux qui partaient à la dérive. C’est quelque chose que Joseph a rapidement appris lorsque ses camarades ont commencé à blâmer ses parents lorsqu’il racontait son histoire, bien qu’il ait toujours omis de mentionner la torture que lui faisait subir son paternel lorsqu’il faisait preuve de condescendance. « La justice on l’encule. Elle n’est juste que pour ceux qui sont nés dans un petit cocon en or. » Ajoute un autre mantha en repoussant son assiette d’un geste dédaigneux, son appétit disparu au fils de la discussion. « Non, mais j’connais un type à qui c’vraiment arrivé en cellule. » Plusieurs ricanent, surpris d’entendre une telle anecdote, mais c’est un rire nerveux qu’ils utilisent pour se détacher de la situation. « On est en train d’bouffer, j’te prierais d’garder ces anecdotes pour un moment plus opportun. » Marmonne Dylan en laissant tomber dans son assiette l’os de poulet qu’il grugeait. Il faut dire que le fabuleux sujet de l’anus n’est pas prioritaire, ici.

Afin de dynamiser le repas, Dylan propose au nouveau de vanter ses talents en lancer d’ailes de poulet, si talent il y a. Il accepte le défi sans broncher et c’est avec une précision infaillible qu’il atteint l’horloge avec le morceau de viande qui laisse une trace orangée au passage. Étonné, Joseph entrouvre ses lèvres et ses deux yeux s’ouvrent comme des melons. Étonné, il laisse le garçon se servir dans son assiette. Il suit la trajectoire de la carotte volante et, quand elle atteint à nouveau la cible, le brun ne peut s’empêcher de siffler pour témoigner de son ébahissement. « Celle-là était pour toi. » Le concerné cligne des paupières à plusieurs reprises et un sourire étire ses lèvres quand il rencontre le regard de Blaze. « Qui dit mieux ? Le coin de l’spèce de tableau au fond, Jo, pour tes frères ? » Même s’il est certain de se faire humilier une seconde fois, le garçon accepte le défi et s’empare d’une carotte à son tour avant de fermer un œil, ajustant sa vision. Concentré, la langue sortie et les traits de son visage plein de plis, il balance le légume qui s’approche de sa cible sans pour autant l’atteindre. Les manthas rigolent sans abstinence et Joseph fait claquer sa langue contre son palet avant de s’adresser à Blaze : « Il va falloir que tu m’apprennes parce que j’en ai marre de n’accumuler que les défaites. Et j’sais qu’aucun de mes frères n’aura envie de se la jouer professeur. » Acquiescements généraux puis la majorité des silhouette se redresse et contourne sa chaise pour se diriger vers une autre pièce, là où tout le monde pourra s’écraser devant la télévision pour digérer leur plat copieux. « Tu es arrivé en retard, on avait presque fini de manger quand tu es arrivé. » Commence Joseph, afin de rassurer le bouclé à sa droite. « T’inquiète pas pour la table, y’a une bonne qui va venir tout ramasser demain. Mais tu peux continuer à te servir si t’as encore faim. » Même s’il n’a pas mangé une seule miette jusqu’à présent, ayant plutôt préféré balancer la nourriture sur les murs. En se redressant à son tour dans sa chaise, Joseph s’empare de son assiette et la garde près de lui, incapable de perdre l’habitude qu’il a depuis qu’il est assez vieux pour comprendre ce que sont les responsabilités. Il est d’ailleurs l’un des seuls qui fait encore son lit. « T’as un endroit où dormir ou tu vas prendre un lit ici ? » Il demande, curieux, informant ainsi Blaze que ça sera son choix d’emménager ici ou de préserver son logement actuel, s’il en possède un, évidemment.      


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ÂGE : 34 ans. C'est... surprenant.
SURNOM : "Cours, merde, cours !"
STATUT : N'a jamais envisagé la vie sous un autre prisme que le risque, et n'a jamais trouvé de risque assez attrayant pour son coeur.
MÉTIER : Fleuriste... (et criminel, gérant d'un réseau de planques à recel, trafiquant, épine dans le pied de l'ordre public, blanchisseur d'argent ; en bref, se salit les mains pour ceux qui ne veulent pas le faire.)
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ORIENTATION SEXUELLE : J'aime tout le monde.
PETIT PLUS : chaotic good ┼ irresponsable mais protecteur ┼ deux traumatismes crâniens ┼ a fait de la prison très jeune ┼ généreux à en crever ┼ addict aux jeux d'argent et à l'héro ┼ combats clandestins ┼ excessivement casse-cou ┼ moralité (très) ambigue ┼ mène son affaire seul ┼ son meilleur ami était flic et a fini en prison ┼ artiste de rue à ses heures ┼ la recherche de l'absolu ┼ mémoire défaillante ┼ connaît tout le réseau d'escorts de la ville ┼ rapport à la violence déréglé ┼ fait du risque un art ┼ la peur de l'oubli
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Message(#) Sujet: Re: Une nouvelle mascotte [Blaze & Jo] Une nouvelle mascotte [Blaze & Jo] EmptyLun 24 Fév - 23:28



Blaze était un sacré morveux, certes, mais on pouvait lui reconnaître une chose : il ne trichait pas. S’il ne parlait pas beaucoup, il n’avait pas encore la capacité de mentir, et ce qu’il disait sans se soucier des réactions suscitées, c’était une vérité sur laquelle il n’émettait lui-même aucun jugement — et, avec son échelle des valeurs tordues, il ne voyait même pas pourquoi il se cacherait de quoi que ce soit, pourquoi il devrait maquiller la réalité. Il ne dramatisait rien, il n’embellissait rien ; sa bouche égrenait, dans son ressenti le plus brut, des faits, et ce n’était pas toujours pour plaire. Mais la flamme invincible de l’esprit de contradiction jouait sûrement dans le fait que Blaze, après avoir rechigné à prendre la parole, n’allait pas se priver de livrer les maigres confidences qu’on lui arrachait même sous les regards plus désapprobateurs dont il devenait l’objet. Il y avait de quoi se demander ce que le chef des Manthas avait bien pu trouver comme aubaine chez cette fin d’adolescence passablement inadaptée socialement, mauvaise herbe un peu plus tenace que les autres, cherchant le feu dans la glace et le froid à peine se réchauffait-elle. Les recrutements faiblissaient-ils en contrôle ou Blaze cachait-il quelque atout secret dans sa manche ? A en juger par sa dégaine, s’il avait quoi que ce soit de valeur, ou de potentiellement exploitable, ça ne reposait pas dans ses poches, et ça n’avait peut-être même pas de nom. « Putain. Ça fait pas rêver. C’est injuste que tu aies vécu ça. » Sans doute la seule réaction compatissante de la table — et de l’idée que Blaze se faisait du groupe, que ça vienne de Joseph n’avait rien d’étonnant. Il hausse les épaules, et sa bouche se prépare à prononcer les mots ‘c’est pas inju—‘ ; mais on le devance, à sa grande joie. « La justice on l’encule. Elle n’est juste que pour ceux qui sont nés dans un petit cocon en or. » Blaze souffle du nez, approbateur et rincé à ce discours depuis longtemps. Il avait pris l’habitude d’acquiescer lorsque les délinquants plus vieux et plus usés avec qui il s’embarquait exposaient leur critique indolente de l’Etat de droit. Tous leurs arguments corroboraient la réalité de Blaze ; isolement, misère, violence, renoncement de toute forme d’aide sociale. Mais l’australien avait beau connaître la musique par cœur et pouvoir réciter la litanie sans encombre, son état d’esprit était encore autre ; il s’en foutait. Dépourvu de tout sens politique, il ne haïssait la ‘justice’ que parce qu’elle entravait son aspiration totale à la liberté ; il n’avait jamais pressenti que le système lui devait quelque chose, que sa situation n’était pas normale. Alors il hoche la tête, Blaze, l’œil luisant, mais son cœur, insensible à la rhétorique du bien et du mal, demeure tourné sur d’autres questions, des questions d’action, d’adrénaline, de lutte pour la sensation qui ne s’embarrassaient pas des théories de la criminalité contre le Bien. « On est en train d’bouffer, j’te prierais d’garder ces anecdotes pour un moment plus opportun. » Parfait, il pouvait la fermer, Blaze ne demandait que ça.

Ses yeux suivent le morceau de légume qui s’efforce d’atteindre son objectif — succès mitigé. « Il va falloir que tu m’apprennes parce que j’en ai marre de n’accumuler que les défaites. Et j’sais qu’aucun de mes frères n’aura envie de se la jouer professeur. » Le bruit des chaises s’amplifie — ces gens-là se déplacent comme une seule et unique masse, hétérogène mais coordonnée. Hésitant à suivre le mouvement — il ne tenait pas en place de nature et ça devait déjà faire dix minutes qu’il était assis —, il est rattrapé dans sa réflexion lorsque Joseph lui rappelle son existence. « Tu es arrivé en retard, on avait presque fini de manger quand tu es arrivé. » Il regarde Joseph fixement, cet allié qu’il n’avait pas demandé dans une drôle de guerre entre la masse compacte des Manthas et sa personnalité marginale. « J’ai pas très faim, » qu’il souffle entre ses dents tout en se saisissant d’un des morceaux de viande les plus proches, moins par réel appétit que par cet instinct qu’il avait de profiter d’une opportunité qui n’allait peut-être pas se représenter. (Un sérieux problème avec le long-terme.) « T’as un endroit où dormir ou tu vas prendre un lit ici ? » Oh. Ah. Eh. En effet, ça avait le mérite de rappeler à Blaze dans quoi il était en train de s’engager, parce que son esprit n’avait même pas frôlé un seul instant l’éventualité qu’il allait vraiment côtoyer durablement ces gens. Depuis qu’il était revenu en ville, il valdinguait de squat en squat, n’avait évidemment pas de domicile fixe, et accumulait au vol les promesses de rendre la pareille un jour. Les yeux de Blaze vont chercher une réponse invisible dans les murs avant de revenir sur Joseph. Il choisit la réponse simple. « Je sais pas. » Mais parmi les voix malintentionnées qui se bataillent son for intérieur, l’une se dit que la belle étoile et la cavale pouvait peut-être se sacrifier quelques temps, parce que ça a l’air bien, ici. Sauf que Blaze n’en dit rien, évidemment, encore nouveau au concept d’engagement, trop habitué à l’improvisation pour concevoir des plans sur plus de deux jours. Le confort (parce que peu importe ce qu’il se passait ici, ça ne pouvait être que du confort en comparaison de la situation actuelle de Blaze) le rendait méfiant. Foutue mauvaise graine, bien enracinée dans ses travers. L’âme volatile, il reprend l’histoire de l’horloge pour dévier le sujet. « S’tu veux savoir viser, faut quelque chose sur quoi tirer. T’as jamais rien balancé sur personne ? » Qu’il demande avec l’innocence du bon dieu, sourire en coin et question vaguement rhétorique. Le pire étant qu'il avait perdu de son adresse après l'accident, et rattrapé le tout en prison. Sa dextérité n’était pas des plus ingénument acquises — on se forge les outils dont on a besoin, hein Joseph ? Tout était d’instinct chez Blaze, il tirait sur une horloge comme on éternue, sans réfléchir, et tout marchait beaucoup mieux sans les obstacles de la pensée. Joseph parlait beaucoup ; il devait sans doute penser aussi. A quoi ? Et comme tout ne ressortait pas par l’autre oreille chez Blaze malgré sa tête à moitié vide, il trouve le moyen de rebondir sur ce petit bout de phrase qu’avait eu le malheur de laisser échapper Joseph pour le plaindre, quelques minutes auparavant.

« Y’a quoi qui te fait rêver, toi ? » Sa langue s’est déliée, aussi directe que d’habitude, aussi pernicieuse que brute de sincérité. Après tout si ça, sa vie à lui, ne le faisait pas rêver (et au grand étonnement de Blaze qui était bien décidé à vivre à pleins poumons, elle ne faisait rêver personne), c’était bien qu’il y avait quelque chose à rêver, non ? De toute façon, le bouclé dormait peu, alors peut-être qu’il avait manqué une réponse essentielle, la clé de l’existence, sur le chemin de beaux songes, des belles vies, pavées d’or et non de merde. Blaze, lui, adorait ça — il avait haï la prison, mais elle n’était qu’une étape, qu’un énième obstacle, dans la quête effrénée de liberté qui l’animait ; ça n’était pas un rêve, c’était mieux qu’un rêve, il était dedans à chaque instant, capable d’en prendre les commandes à sa guise pour mieux foncer dans le prochain mur. Et puis la case détention, que Joseph le veuille ou non, elle était dans le viseur. Les Manthas n’étaient pas des enfants de chœur, aux dernières nouvelles. D’ailleurs, le reste d’entre eux ont quitté la pièce. « Au fait, t’es là pour l’argent ? » Qu’il demande de but-en-blanc, saisissant l’occasion d’arrêter de parler de lui, et curieux de savoir ce que Joseph, celui qui dénotait le plus du reste du groupe avec ses étranges discours familiaux, aurait à répondre à ça. Trois ans qu’il était là, il devait commencer à savoir pourquoi. Et ça donnerait peut-être des idées à Blaze dont la nature d’électron libre n’avait jamais réussi à l’arrêter nulle part plus de trois mois.

Spoiler:
 



coma — Okay, let's get this guy in the program please, we're losing him (start an IV Please) Come on, his airways someone's got to protect his airways Where's the defibrillator?
adrenaline

still fades away ; just go deeper.

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Joseph Keegan
Joseph Keegan
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Message(#) Sujet: Re: Une nouvelle mascotte [Blaze & Jo] Une nouvelle mascotte [Blaze & Jo] EmptyLun 2 Mar - 19:01



Joseph n’était pas bien affamé le jour où il a pénétré pour la première fois entre les quatre murs du quartier général de ce gang qui deviendra sa famille quelques semaines plus tard, à son plus grand réconfort. Lui aussi avait été accueilli par un festin de plats surgelés ou commandés, il faut croire que c’est une religion ici d’offrir un tas de trucs à bouffer au petit nouveau : le jeune Joseph à peine âgé de vingt ans n’avait jamais vu autant de nourriture sur une table cette première fois où on lui a proposé ailes de poulets et viandes noyées sous la sauce. Il faut dire qu’il n’avait pas été difficile de l’appâter, comme il arrivait à peine à remplir son estomac avant d’arriver ici. Il était maigre, le garçon, mais avait effectivement pris du poids depuis ces trois années à côtoyer la nourriture à profusion sans toutefois perdre la silhouette svelte dont il a hérité. « J’ai pas très faim. » Il se revoit, trois ans plus tôt, à refuser de poser la moindre miette sur sa langue, tétanisé à l’idée d’être entouré de criminels. Il aurait pu penser que Blaze ressentait cette même crainte dans ses tripes mais il a compris que le bouclé n’en sera pas à son premier crime lorsqu’il vendra un premier sachet de drogue. C’est donc avec une curiosité naturelle qu’il l’interroge quant à son manque d’appétit : « Tu avais déjà mangé avant ? Ou tu es nerveux, peut-être. Ma première journée, je l’ai passée dans la salle de bains à fixer mon reflet dans le miroir et à me demander ce que je faisais ici. » Il rit légèrement, l’air naïf ; il l’a toujours été. Il pourrait gober n’importe quelle connerie provenant de la bouche d’une personne qu’il apprécie – ça explique pourquoi il n’a jamais cru en l’existence d’un Dieu tout puissant perché sur son nuage et décidant de la destinée de chacun. L’un de ses partisans sur Terre, le curé de l’Église qu’il fréquentait tous les dimanches à la campagne, le manipulait comme une misérable marionnette et se permettait le contact interdit. Il n’a jamais mérité le respect de Joseph. Afin de rassurer le nouveau, il décide de lui présenter ses deux options : soit il dort ici, soit il repart là où il demeure actuellement s’il ne côtoie pas les étoiles. « Je sais pas. » Un bouffée d’air s’échappe des narines du plus vieux et il franchit finalement les quelques pas pour poser son assiette sur le comptoir. Il contourne ce dernier et récupère un plat en plastique dans une des armoires afin de récupérer les quelques pâtes qu’il n’a pas pu avaler. « Il faudra que tu te décides bientôt. Il est vingt heures, tout de même. » Il dit en scellant le contenant avec son couvercle, le glissant immédiatement dans le réfrigérateur. Il se serre un verre d’eau et en ramène un à Blaze sans lui demander son avis. Il le pose devant lui et un sourire amusé étire ses lèvres lorsque l’autre garçon lui demande s’il a déjà balancé des trucs sur des gens. C’est une question bien étrange mais il prend plaisir à y répondre : « Si, sur ma sœur. Des grenouilles. Leurs pattes collaient dans son visage, c’était marrant. » Et il fronce les sourcils, se rendant compte qu’il arrivait effectivement à atteindre sa sœur lorsqu’elle était la cible de ses attaques d’amphibiens. Il faut croire qu’elle avait un aimant à grenouilles dans le front, il n’y a pas meilleure explication. « T’as une sœur ? Ou un frère ? » Il demande, dans la même lancée, en s’installant à nouveau sur la chaise voisine à celle de Blaze. Il doit bien y avoir une raison pour laquelle il arrive si bien à viser aujourd’hui. Il ne serait pas surpris d’entendre qu’il pratiquait aussi la précision de ses lancers sur les membres de sa famille. À moins que ce soit la prison qui l’est entraîné mais, cette question, il ne la posera pas : il n’a pas apprécié ce sujet de discussion plus tôt. L’invocation de la prison l’a déstabilisé, comme s’il avait oublié son existence et ses grilles ouvertes qui n’attendent que sa présence à lui.

« Y’a quoi qui te fait rêver, toi ? » Cet intérêt nouveau chez Blaze le surprend. Lui qui ne déliait pas sa langue en début de soirée, le voilà qu’il pose une question fort intéressante à laquelle Joseph réfléchit plusieurs secondes en grattant le coin de la table avec son ongle. Des rêves, il n’a plus l’impression d’en avoir depuis qu’il est ici. Il s’est habitué à ce style de vie et n’a pas l’impression que ce dernier lui fera monter les échelons : mais ça ne le dérange pas, du moins, pas encore. Il est nourrit, logé, une bouteille de shampoing l’attend tout le temps dans la douche et il peut glisser un bâtonnet générateur d’hallucinations entre ses lèvres quand il a envie de se détacher de la réalité. C’est la belle vie pour n’importe quel jeune adulte au cœur d’adolescent éternel. Pourtant, alors qu’il pensait répondre qu’il a tout ce dont il pourrait rêver ici, il se remet à penser à deux filles qui ont marqué son passage à Brisbane et qui illuminaient ses journées à travers les difficultés qu’il rencontrait. Deux filles qui l’ont compris et qui n’ont jamais jugé sa personnalité détraquée, comme disait l’une d’elles. Robin et Olivia. Deux amies qui sont trop rapidement devenues des fantômes. « Je… y’a certaines personnes à qui je rêve encore. Deux amies que j’ai dû laisser derrière moi en arrivant ici. Tu comprends… Ce n’est pas très facile d’expliquer à nos proches qu’on a décidé de prendre un chemin… différent des leurs. » Il hausse mollement les épaules pour essayer de se convaincre lui-même qu’il a fait le bon choix. Il tente de cacher ses remords soudains derrière un sourire forcé mais il est transparent comme l’eau claire d’un ruisseau, Joseph. Sa soudaine nostalgie se lit dans le moindre de ses traits. « Au fait, t’es là pour l’argent ? » Cette question-ci n’est pas surprenante. L’argent est ce qui fait respirer la majorité des gens mais le garçon n’a jamais été attaché à ce bout de papier. Il a réussi à s’en sortir sans lui : pourquoi idolâtrer ce dont il n’a pas besoin ? « Non. J’suis là parce que j’les aime, mes frères, même s’ils détestent quand je le dis. » Il pouffe de rire en secouant la tête de droite à gauche et ramène ses cheveux vers l’arrière en un mouvement ample. « Mais puisqu’ils ont décidé de nous fausser compagnie, je peux le dire encore et encore et ils vont rien me balancer à la figure. » Il reprend son sérieux, s’adossant contre le dossier de la chaise, les bras croisés sur la poitrine. « Et toi ? Pourquoi t’as accepté de venir ici alors que tu t’es déjà fait choper par les flics ? » Il faut croire qu’il n’a pas appris sa leçon ou qu’il n’a nulle part où aller.      


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Message(#) Sujet: Re: Une nouvelle mascotte [Blaze & Jo] Une nouvelle mascotte [Blaze & Jo] EmptyVen 3 Avr - 23:56



Communicatif, Blaze l’était par intermittence. Son attention volatile se fixait sur un objet hasardeux, en tirait une vague substance, repartait ; se désintéressait ; fondait comme neige au soleil. Il avait au moins le mérite de la sincérité, dans son genre. « Tu avais déjà mangé avant ? Ou tu es nerveux, peut-être. Ma première journée, je l’ai passée dans la salle de bains à fixer mon reflet dans le miroir et à me demander ce que je faisais ici. » Nerveux… pas exactement. Il n’appréhendait rien, et il ne mesurait pas vraiment l’enjeu qu’il y avait à intégrer un gang beaucoup moins éphémère que ceux auprès desquels il avait pu virevolter ici et là, papillon fébrile qui avait tendance à préférer la flamme à ses congénères. Mais peut-être que Blaze aurait bien besoin d’un moment d’introspection, lui aussi. Se fixer devant une glace comme Jo l’avait fait avant lui, essayer de saisir le cours du temps, se poser les bonnes questions… non, ce n’était pas son genre. « Pas nerveux, non, » lâche-t-il sans fioritures. Il n’avait pas de moments métaphysiques, de méditations passagères ; son existence s’ancrait dans le matériel, il fallait qu’il fasse quelque chose, même d’insignifiant, s’ancrer dans le plan physique ; le spirituel, le miroir, les grands questionnements ne l’attiraient pas. S’il s’aventurait sur ces terrains, c’était plus pour ausculter les réponses des autres que pour y trouver un renseignement réel, à l’image de son rebond sur la fameuse idée… tiens donc… du rêve. Le joli rêve. Il en faisait beaucoup, dans les rares moments où il se laissait glisser dans l’autre monde ; la songerie s’arrêtait là. Des rêves absurdes, patchwork mélodramatique cousu d’images criardes et de paroles sibyllines, des rêves comme des cages de fer dans sa tête où tout glissait, se fracassait à mesure qu’il touchait. Pourquoi les rêves qu’on formule éveillé seraient d’une autre nature ? « Il faudra que tu te décides bientôt. Il est vingt heures, tout de même. » Un léger sourire en coin vient briser son ébauche de réflexion. Blaze aime bien la manière dont Jo invoque les vingt heures comme une limite respectable à ne pas dépasser. Les gens d’ici ne dormaient pas à vingt heures. Certains ne dormaient probablement pas du tout. Mais il est vingt heures, Blaze, on a pas toute la vie, faut choisir, merde, c’est pas une auberge de jeunesse, il serait temps d’arrêter de prendre l’existence comme un morveux prépubère à la charge de ses parents. N’est-ce pas, hein ? Blaze ? Y’a bien une phrase qui lui vient aux lèvres, au mouton, les yeux attirés par la fenêtre, l’extérieur, l’inconfortable et la rue ; cette phrase, c’est j’ai quel avantage à rester. Elle aurait le mérite de faire jaser un peu Joseph, qui a l’air d’aimer prêcher pour sa paroisse, amen sur le dortoir des sales gosses, la paix soit avec vous, et avec vos cachetons. Mais le fait est que la facilité de l’endroit commence à l’imprégner. (Il tord un morceau de carton trouvé Dieu sait où entre ses doigts.) Il est peut-être un sacré imbécile dans son style, mais il peut faire le calcul de l’économie d’énergie qu’il fait à ne pas aller chercher un squat parmi ceux dans lesquels il s’abrite à intervalles irréguliers. Face aux aspirations poétiques et humaines de Joseph, Blaze fait preuve d’un réalisme prosaïque, mécanique, rentable. « Je peux bien essayer de rester, » qu’il concède du bout des lèvres, distrait, comme s’il avait un autre nid chaud l’attendant quelque part — et dans l’esprit de Blaze c’était le cas, il y avait toujours un ourlet du destin, une épingle à tirer au bout moment, une opportunité secrète. Même si ça lui était arrivé de passer la nuit aux côtés de la ville dormante, la chance lui souriait souvent. Peut-être cette fortune d’infortuné était la raison de sa nonchalance teintée d’orgueil face à un monde pour qui des êtres comme lui, Jo, ou tout le reste du groupe, étaient des indésirables.

Blaze de rétorquer rapidement — « Nan. » Fils unique. A moins qu’il y ait eu un rejeton depuis que ses parents avaient perdu le contrôle sur lui. Mais vu comment la première expérience avait tourné, il doutait que ses géniteurs réitèrent leurs velléités de reproduction. « C’est ça le truc. S’tu vises personne, c’comme si tu te visais toi-même, ça marche pas. » Théorie fumeuse qu’il appuie d’une tentative plus ambitieuse, jetant la sphère cartonnée qu’il torturait dans ses mains avec l’objectif de toucher un clou solitaire sur le mur opposé. Le projectile guère aérodynamique manque sa cible de quelques centimètres. Il secoue la tête, mêlé d’agacement et d’amusement. Blaze aimait trop les jeux stupides. « J’aurais dû penser à un flic. » Généralement, l’instinct de survie facilitait les réflexes. Mais l’attention de Blaze se reporte rapidement sur Joseph, lequel semble pour le moins prendre à cœur la question sortie de nulle part de son nouveau collègue. Et Blaze se prend au jeu lui aussi, épie dans les yeux de son interlocuteur les images floues de ce ‘rêve’ qu’il a remis dans la conversation comme un pavé dans la marre. Ça la fait marrer, ça l’intéresse, et ça ne l’intéresse pas, les trois à la fois. Jo a l’air concentré. Le mot ‘rêve’ a l’air de dire quelque chose pour lui. Puis il a la gueule sincère, ça étonne même Blaze, pourtant pas le dernier pour l’ouvrir inutilement. Sincère et bavard, voilà ce qui handicapait Jo. Cette brève note analytique traverse l’esprit de Blaze. Envisager que c’est lui l’handicapé de la sociabilité ne lui viendrait pas à l’idée. « Je… y’a certaines personnes à qui je rêve encore. Deux amies que j’ai dû laisser derrière moi en arrivant ici. Tu comprends… Ce n’est pas très facile d’expliquer à nos proches qu’on a décidé de prendre un chemin… différent des leurs. » Et il sait parler, le Jo, on se croirait dans une série télévisée étrangère qu’on regarde avec des sous-titres décalés, dans des salons oranges, avec des acteurs de seconde distribution… parviendrait-il à faire rêver Blaze aussi ? C’est sans doute trop demander, mais le bouclé est moins agité, moins déconnecté. Il connaît le sentiment de marginalité qu’évoque Jo, celui de la perte aussi. La perte des gens, la perte de parties de sa mémoire, la perte du temps dans le bavardage alors qu’on pourrait aller crever d’adrénaline dans un parking et avoir l’impression d’avoir enfin vécu à la juste mesure. Il y a bien quelque chose qu’il perçoit dans le discours de Jo, mais de manière incomplète. Son esprit résiste aux mots ‘amis’, ‘proches’, réticent à convoquer les visages qui s’imposent. Il y a des gens auxquels il tient, lui aussi. C’est un rêve, ça ? Les gens… ? « Je vois… » Il dit ça juste pour dire quelque chose qu’il ne sait pas dire lui-même. Il laisse Jo à son rêve. Il n’a pas envie de s’en découvrir un semblable. Un rêve, c’est trop vaporeux, trop théorique… Joseph avait sans doute raison, mais il n'y avait pas la brèche nécessaire.

La conviction de Jo dans sa réponse d’après lui plaît plus. Jo est un bouquin ouvert. Ses émotions sont communicatives. « Non. J’suis là parce que j’les aime, mes frères, même s’ils détestent quand je le dis. » Incorrigible Jo. Blaze n’a pas le temps de le railler, l’autre s’en charge très bien tout seul. Mais il l’aurait fait par simple habitude du sarcasme. Dans le fond, ça lui plaisait, l’évidence qui se dégageait de lui. « Félicitations, ça a l’air d’aller dans les deux sens, » se permet-il quand même. Évidente aussi, la question qui suit. Joseph ne tient pas beaucoup au rêve. Il revient à des considérations humaines. Blaze comprend d’abord de travers la question (‘tu t’es déjà fait choper, t’es connu des flics, explique-toi’) et s’apprête à rétorquer qu’il n’a pas été condamné pour trafic. Mais une fraction de seconde plus tard, il pige que ce que lui demande Jo… c’est ce qu’il fout là. Encore. Dans la merde. Et ça le fait rire, mais pour une fois, sans cynisme. C’est le premier rire qui lui échappe presque involontairement. « Tu voulais que je fasse quoi d’autre ? » Il réalise, tout le sous-entendu, un univers entier derrière la toute petite phrase de Jo. Un univers merveilleux, merveilleux comme l’ascenseur social, les ruelles crasseuses et les choix douteux, merveilleux comme l’odeur d’une barquette pour douze et comme les perquisitions, merveilleux comme la nuit qui devient le jour, le jour qui devient la nuit, les cernes, le rire immoral, la lune qui veille sur ses mômes en perdition. Serait-il pas poète après tout ? Il se lève, comme pris d'un besoin de mouvement, va s'appuyer à une fenêtre. « Que je travaille ? Secrétaire au comico ? Qu’j’aille à l’école ? » Vraiment, Blaze se sent revivre. Il a des yeux neufs. « J’veux personne sur mon dos. Jamais. » La possibilité de rejoindre… l’autre monde avait toujours paru aberrante, contre-nature à Blaze. Ce n’était pas qu’une question de milieu social… d’environnement… d’habitude… de réinsertion… d’instabilité mentale… c’était un truc dans son sang, une loyauté muette qui ne disait pas son nom, un besoin d’indépendance furieux qui lui battait les veines. En Blaze s’étaient rencontrés des influences désastreuses et une psychologie détraquée. Et il a du mal à mettre des mots dessus, il cherche les yeux de Jo comme s’ils pouvaient lui communiquer directement, la rage de vivre, la quête permanente d’adrénaline, le besoin de défier toute autorité, le besoin du danger. La dernière raison qui faisait de lui un délinquant né, c’était celle qui se rapprochait le plus de Jo en un sens : l’attachement à ceux qui étaient dans le même combat. Mais ça, c’était trop loin de ses lèvres. « Si j’veux me barrer demain, je me barre. Si j’veux me mettre trois aiguilles dans le bras, je le fais. Si j’veux cracher sur un type qui m’empêche de prendre mon argent, je peux. » Les yeux de Blaze brillaient ; si ses yeux étaient une phrase, ce serait il faut que tu sois absolument libre, Jo, tout le temps. C’est que ça la justice. La liberté. Le reste, puis la morale… puis les assistantes sociales… même la crasse, Blaze l’aimait. Il était plus juste que les justes. Mais curieusement, le jeune homme soudain beaucoup plus fidèle à son prénom se sent obligé d’ajouter — « Tu comprends ou pas ? » Conscient des limites de sa façon de s’exprimer, il anticipe les belles phrases de Joseph qui, contre toute attente, a trouvé une faille dans la désinvolture de Blaze. Anticipant aussi le gouffre qui devait exister entre leurs vies, et qui ferait peut-être de sa prise de parole un charabia inaudible aux oreilles bien propres de son interlocuteur. Tous deux ont besoin de comprendre. Le plus vieux avait aussi demandé s'il comprenait. Après tout, Jo aussi avait pris le chemin… mais étaient-ils vraiment sur le même ?

Spoiler:
 



coma — Okay, let's get this guy in the program please, we're losing him (start an IV Please) Come on, his airways someone's got to protect his airways Where's the defibrillator?
adrenaline

still fades away ; just go deeper.

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Joseph Keegan
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SURNOM : On m'appelle Jo, mais ça m'emmerde. J'aurais préféré avoir un autre prénom.
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ORIENTATION SEXUELLE : J'aime les jolies filles.
PETIT PLUS : Quand j'étais jeune, j'étais facilement manipulable. Beaucoup trop en ont profité. J'ai subi la ceinture de mon père et il m'arrive encore de sentir les mains du curé sur moi. Depuis, j'ai inversé les rôles. Je suis devenu le manipulateur en apprenant de mes erreurs. J'ai rejoint un gang à vingt ans, j'ai vendu de la drogue à ceux qui n'en demandaient même pas. La justice m'a rattrapé, j'ai été emprisonné pendant trois ans et j'ai pu m'en sortir plus tôt en usant de bonnes paroles religieuses, celles que j'avais apprises par cœur contre mon gré. J'erre, maintenant, à la recherche de stabilité.
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Message(#) Sujet: Re: Une nouvelle mascotte [Blaze & Jo] Une nouvelle mascotte [Blaze & Jo] EmptyMar 7 Avr - 22:42



La notion du temps, Joseph avait appris à l’apprivoiser en posant ses valises sur le sol du quartier général des manthas. Les premières journées, il ne dormait pas à des heures fixes, était soudainement happé par des envies de sieste en plein milieu de la journée et se devait de ne pas succomber. Avant d’arriver ici, il n’avait aucun horaire à respecter : il se baladait là où ça lui chantait, se posait à l’ombre pour fermer les paupières à l’heure qu’il voulait et arpentait la noirceur des ruelles quand les australiens étaient plongés dans un sommeil planifié. S’adapter, il a dû le faire dans sa nouvelle famille et ça n’avait été qu’une question de plusieurs semaines : le cerveau a une capacité d’adaptation incroyable et Joseph ne doute pas que Blaze réussira à trouver le bon rythme à son tour. Malgré tout, il préfère lui laisser le choix de s’installer ici pour cette nuit ou de retrouver son chez lui, s’il en possède un. Il ne veut pas le brusquer car ce n’est pas son rôle de le faire : tous les autres s’en occuperont bien assez tôt. « Je peux bien essayer de rester, » C’est une petite victoire pour Joseph qui ne peut s’empêcher de sourire, bien qu’il essaye de se cacher en détournant la tête. Il est un petit être sociable et le simple fait de savoir qu’il aura encore plus de compagnie le ravi. Il aime les gens, peu importe d’où ils viennent, peu importe quel méfait ils sont accompli avant d’arriver ici. Il est celui qui accueillerait un monstre à bras ouverts en ne voyant que le bon derrière ses écailles écorchées. « Génial. Tu verras, c’est sympa. » Qu’il ne peut s’empêcher de répondre comme s’il avait été payé pour vanter les mérites et le confort du quartier général. Il faut dire que, pour lui, ce lit qui lui a été offert a été une bénédiction, les sols durs de la ville ayant commencé à gruger son dos.

Il veut en découvrir davantage sur le jeune homme réservé. Même si Blaze ne semble pas avoir la langue assez musclée pour baratiner pendant des heures comme le fait Joseph, le plus vieux ne se laisse pas abattre par cette première impression. Il continue de poser le blâme sur la timidité qui l’empêche de s’ouvrir à un inconnu qui ne le restera pas longtemps. Il apporte le sujet de la famille, désirant comprendre la relation qu’il entretient avec cette dernière, si lui aussi a détesté ses parents et les a fuis – peut-être cherche-t-il quelqu’un qui a fait comme lui pour se rassurer d’avoir abandonné son père et sa mère sans jamais se retourner. Olivia ne l’a pas fait, elle, même si elle était elle aussi victime de la colère d’un de ses parents. Et, aujourd’hui, elle n’a toujours pas abandonné comme lui a fait et Joseph ne serait pas surpris de découvrir qu’elle est en voie de devenir une personne importante. Il serait encore là pour l’encourager si elle n’avait pas décidé de lui fermer la porte au nez. « Nan. » Il a été élevé seul, alors. Ça ne lui donne toutefois pas beaucoup plus d’informations et cette réponse courte empêche à l’intrigué de poser davantage de questions. Blaze n’a probablement pas envie de parler de son passé puisqu’il est ici ce soir. « C’est ça le truc. S’tu vises personne, c’comme si tu te visais toi-même, ça marche pas. » Il n’est pas certain de comprendre la logique derrière ses raisonnements mais il se tait sur le sujet, laissant l’expertise à celui qui semble s’être beaucoup plus pratiqué que lui à lancer un tas de choses sur un tas de personnes. Les yeux vifs de Joseph suivent la trajectoire du prochain lancé et il est surpris de voir l’amusement dans le visage de celui qui imitait un gros caillou jusqu’à présent. « T’as souvent balancé des trucs sur les flics ? » Il demande, curieux d’entendre cette histoire, lui qui qui n’a été intercepté par un policier qu’une seule fois pour une stupide histoire de fringue. Il paraît que c’est mal de voler des vêtements, même lorsque ceux-ci semblent s’offrir aux passants sur le trottoir. Quelle idée de placer des mannequins en plastique à l’extérieur de la boutique.

Il ne s’attendait pas à revoir le visage de ses deux amies derrière ses paupières closes en discutant avec le nouveau. Il ne se rend pas compte du flot de mots lourds de sens qui s’échappent de ses lèvres quand Blaze l’interroge quant à ses rêves et il aurait probablement préféré partager une passion pour la musique, comme l’a fait Robin, mais ce ne sont pas les passions qui font battre le cœur de Joseph. À vrai dire, il ne se souvient pas d’une seule fois où il se serait découvert un loisir digne d’être expliqué. Il n’a pas les doigts d’un artiste ni la voix d’un chanteur, il n’a pas de talent caché ni pour les mathématiques, ni pour les sciences – son bref parcours à l’université lui a bien rappelé, d’ailleurs – et la seule chose qu’il connait sur le bout des doigts est la Bible. Des versets mensongers dont il n’arrive pas à se débarrasser et qui occupent trop d’espace dans son cerveau. Sa carte mémoire est probablement pleine. Malgré tout, la réponse honnête de Joseph ne semble pas du tout impressionner Blaze qui se contente de marmonner quelques mots. Légèrement mal à l’aise, Joseph se racle la gorge et force un sourire. « On s’en fiche, c’est pas important. » Il ment, comme s’il avait besoin de se justifier. Décidément, il ferait mieux de ne pas trop afficher ses sentiments même en présence du mouton. Les criminels ont tous un portrait semblable, au fond, et Joseph ne se fond pas à la masse, pas encore. « Félicitations, ça a l’air d’aller dans les deux sens, » Côtoyer les manthas lui a permis de différencier le sarcasme et la petite clochette sonne à l’instant-même. Au fond, il n’a pas tort de penser ça, le plus vieux est bien le seul de la bande qui n’arrive pas encore à se dissimuler derrière un masque.

« Tu voulais que je fasse quoi d’autre ? » Par réflexe, se sentant légèrement confronté, il hausse les épaules et détourner les yeux. Il ne pensait pas avoir posé la question la plus stupide du monde et pourtant Blaze semble vouloir lui faire comprendre qu’il devrait réfléchir un peu plus avant de parler. Malgré tout, le garçon jadis muet se fait soudainement plus coopératif et il se met enfin à vomir des mots à l’allure plus vraie que nature. Un filtre, il n’en possède plus et, étrangement, ça fait plaisir à Joseph de le voir aussi sincère. Il s’en fiche si Blaze déteste l’autorité, s’il ne peut pas se conformer à la norme : il accepte tous les parcours, même les plus tumultueux. « Si j’veux me barrer demain, je me barre. Si j’veux me mettre trois aiguilles dans le bras, je le fais. Si j’veux cracher sur un type qui m’empêche de prendre mon argent, je peux. » Machinalement, il pose son regard sur les bras du nouveau pour chercher les marques laissées par le passage d’une aiguille, ces marques qu’il a reconnues sur la peau des autres manthas mais qui ne décorent pas encore la sienne. Il a été trop naïf de penser que Blaze avait la force de ne pas se faire du mal. Mais ça ne change rien, toujours pas, parce que le visage de son interlocuteur s’est illuminé d’une façon nouvelle, et un sourire flotte sur les lèvres de Joseph qui l’écoute en s’empêchant de respirer. Il oublie presque de répondre quand il se fait offrir la parole à son tour. Il se secoue les puces, se décolle du mur sur lequel il s’est posé faute d’avoir perdu le contrôle de ses jambes et il passe une main nerveuse dans ses cheveux. « Je comprends. » Il comprend sans pour autant se reconnaître dans son discours. Il n’est pas celui qui cherche à tout prix à goûter à la liberté. Ce qui l’aide à se lever le matin, c’est de savoir qu’il ne se fera pas abandonner du jour au lendemain et qu’il compte pour plusieurs. Il a besoin de validation bien plus que de tout le reste : l’argent passe en second plan ainsi que cet attachement à la liberté qui semble enflammer les yeux de Blaze. « Je ne pense pas que je partage ton avis. Je suis attaché à la vie que je mène et jamais je ne pourrais tout laisser tomber du jour au lendemain. Mais, contrairement à toi, on ne m’a jamais privé de ma liberté alors je ne connais pas encore sa valeur. » Il fuit un moment son regard pour ignorer son public le temps de terminer : « On m’a empêché d’avoir une famille alors je fais tout pour m’en trouver une et pour ne pas la perdre. » Voilà qui explique l’affection qu’il offre à tout le monde sans rien recevoir en retour. S’il creuse un peu plus, il finira par trouver ce qu’il cherche, en commençant par de véritables frères qui seront là pour l’appuyer quand il aura tombé dans un trou profond. « J’espère simplement que ton désir de liberté ne t’empêchera pas de considérer ce qu’on t’offre en te proposant de faire partie des nôtres. » Il pourrait lui dire qu'on ne quitte pas les manthas si facilement, que le départ signifie aussi la traîtrise, mais il ne pense pas avoir la légitimité de l'en lui informer. Ce sera le rôle de leur chef de lui dire que sa liberté sera mise à épreuve ici.  


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Blaze Breaker
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ÂGE : 34 ans. C'est... surprenant.
SURNOM : "Cours, merde, cours !"
STATUT : N'a jamais envisagé la vie sous un autre prisme que le risque, et n'a jamais trouvé de risque assez attrayant pour son coeur.
MÉTIER : Fleuriste... (et criminel, gérant d'un réseau de planques à recel, trafiquant, épine dans le pied de l'ordre public, blanchisseur d'argent ; en bref, se salit les mains pour ceux qui ne veulent pas le faire.)
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ORIENTATION SEXUELLE : J'aime tout le monde.
PETIT PLUS : chaotic good ┼ irresponsable mais protecteur ┼ deux traumatismes crâniens ┼ a fait de la prison très jeune ┼ généreux à en crever ┼ addict aux jeux d'argent et à l'héro ┼ combats clandestins ┼ excessivement casse-cou ┼ moralité (très) ambigue ┼ mène son affaire seul ┼ son meilleur ami était flic et a fini en prison ┼ artiste de rue à ses heures ┼ la recherche de l'absolu ┼ mémoire défaillante ┼ connaît tout le réseau d'escorts de la ville ┼ rapport à la violence déréglé ┼ fait du risque un art ┼ la peur de l'oubli
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Message(#) Sujet: Re: Une nouvelle mascotte [Blaze & Jo] Une nouvelle mascotte [Blaze & Jo] EmptyDim 12 Avr - 16:24



La fenêtre entrouverte laisse un léger filet d’air frôler sa nuque. Les lieux revêtent une allure différente maintenant qu’il sait qu’il reste, comme une nouvelle couche de peinture. Ou est-ce simplement son regard qui a changé ? Home, sweet home ? Pas encore, Blaze n’était pas si facile. Mais ce n’était pas désagréable de dormir… ailleurs. Ici, ça sentait les raviolis industriels, pas la misère et le livré à soi-même. « T’as souvent balancé des trucs sur les flics ? » Blaze hoche négligemment la tête. « Je sais pas si ça les atteignait, mais pour faire diversion, ou juste comme ça. » Quand on les cherchait, quand on les trouvait, quand on voulait leur faire perdre leur temps, quand ils se préparaient à intervenir chez un ami, quand ils n’avaient rien demandé à personne, quand eux non plus n’avaient rien demandé à personne mais qu’ils étaient coupables de respirer… Blaze avait fini par connaître leurs visages, leurs jurons favoris, leur réactivité. Mais il se faisait très rarement choper pour ce genre de broutilles. En fait, jusqu’au putain d’accident, il s’en tirait exceptionnellement bien, avec une chance inouïe, pour un type qui passait chaque seconde de sa vie à foutre en l’air l’ordre public. « On s’en fiche, c’est pas important. » Le revoilà qui fait marche arrière, bafouille, renie ses élans de sincérité touchante. Il n’a peut-être pas beaucoup d’intelligence des émotions, Blaze, mais il sait reconnaître certains détails — même si des types aussi honnêtes (normaux ?) que Joseph, il n’en connaît presque pas. Il l’avait déjà vu lorsque le plus âgé se faisait charrier par ses pairs, et ça se confirmait maintenant qu’il rétropédalait sur ses déclarations ; il n’était pas exactement du même bois que les autres. Plus tendre ? Plus expansif, moins verrouillé dans ses sentiments. Blaze hausse les épaules avec ce qui semblerait être du dédain — qui exprime en réalité plus un tu te censures tout seul. Si c’était comme ça qu’il était, le Jo, fallait pas la fermer à chaque trait d’ironie, fallait s’acharner, fallait en rajouter, quitte à ce que ça ressorte par les oreilles de Blaze au point d’être contreproductif. D’ailleurs, au bout du compte, c’était sans doute l’autre qui avait raison. Blaze se demande si ses yeux brillent comme ça pour autre chose que l'amour du risque. « Bah si, c’est important, regarde-toi quand t’en parles. » Quelque peu perplexe face aux hésitations de Joseph, qui contrastaient avec ses yeux allumés de franchise, il accompagne ses mots d’un léger signe de tête pour son acolyte. Tous les signaux du visage et des intonations de Joseph clignotent pour signaler le mensonge. Et Blaze de lui ôter le masque en papier mâché sans délicatesse. « Si t’abandonnes dès qu’tu commences, tu m’étonnes que les autres t’écoutent pas. » Il est marrant, à dire ça, le bouclé, quand il ne montre aucun signe d’intérêt visible pour ce que peut bien raconter Joseph ; mais précisément… Joseph avait besoin de parler, plus que lui, ça crevait les yeux ; mais il s’empêchait — par crainte de quoi exactement ? Des apparences ? Du ridicule ? Blaze le trouvait ridicule, et pourtant il préfèrerait qu’il dise jusqu’au bout son idée, même s’il ne la comprenait pas, ou ne voulait pas la comprendre pour éviter de trop s’attarder en lui-même.

« Je ne pense pas que je partage ton avis. Je suis attaché à la vie que je mène et jamais je ne pourrais tout laisser tomber du jour au lendemain. Mais, contrairement à toi, on ne m’a jamais privé de ma liberté alors je ne connais pas encore sa valeur. » C’est décidément marrant, cette façon qu’il avait de poser des phrases littéraires. Ça lui rappelait les assistantes sociales bienveillantes, celles qui n’étaient pas encore usées jusqu’à la moelle par l’ingratitude et les efforts jetés par la fenêtre, et qui essayaient sans relâche de l’atteindre, de verbaliser l’empathie, de mettre les mots qui lui manquaient dans sa bouche dans l’espoir qu’il se libèrerait par ce jeu du miroir. Marchait pas sur Blaze parce que son esprit était aussi prêt à les écouter qu’une brique de béton à éponger une flaque. De toute façon, à partir du moment où il a prononcé je suis attaché, Blaze a décroché. Joseph ne comprenait pas, pas jusqu’au bout en tout cas. Mais il essayait. Peut-être le jour où Joseph se retrouverait en prison, à enchaîner les doses et à ressentir le besoin de ruiner sa propre existence, il comprendrait. Ça arriverait nécessairement. Blaze voyait ça comme des étapes ordinaires dans la vie qu’ils suivaient, raison pour laquelle il ne faisait pas un complexe de son usage assumé de drogues et de son séjour en prison. « Y’a un moment où t’as besoin de neuf. » Chez Blaze, c’était viscéral, c’était quasiment tout le temps. Mais il était sûr que ça valait pour le restant du monde aussi. Toutes les familles, les couples, les amitiés qui s’écroulent, ce n’est pas un immeuble qui s’effondre, c’est une trachée qui se bouche. Plus d’air. Il fallait partir plus tôt, ne pas se laisser abrutir par le confort d’une situation particulière. C’est pas une histoire de valeur, Jo, c’est une histoire de date de péremption. Et celle de la vie arrive trop vite pour croire qu’il suffit de rester sur la même barque pour arriver à bon port. Mais Blaze ne le dit pas, il n’en est pas encore là, et il ne saurait même pas comment le dire. Tout le monde ne vivait pas en fraternité avec l’idée de crever bientôt. « On m’a empêché d’avoir une famille alors je fais tout pour m’en trouver une et pour ne pas la perdre. » Pensif, Blaze essaye de s’imaginer dans quel genre de famille Joseph avait bien pu grandir pour avoir à la fois ces manières d’agneau et finir ici. Les liens du sang l’avaient trahi, à en juger par ses mots, et pourtant il cherchait encore à combler le manque. Faudrait savoir… la demi-mesure, les rédemptions, voilà ce qu’il n’aimait pas, Blaze. Et ce putain de mot de famille ne voulait strictement rien dire à ses yeux.

« Si les Manthas explosent demain, tu fais quoi ? » Abrupte, la question sonne comme un coup de ciseaux dans l’air, un rappel cinglant qu’il n’y avait aucune raison pour que ce gang — comme tous les gangs — ne finisse pas lui-aussi par s’effondrer un jour ou l’autre. Blaze a les yeux fixés sur le plafond. Tu iras chercher une autre famille, encore, pour t’y lover comme un chaton sans asile ? Tu dépériras sur les ruines en essayant de ramasser les éclats, même s’ils te lacèrent les doigts ? Allons bon, les Manthas sont éternels, pas vrai… on trouvera une solution… comment… impossible ! C’est pour ça que les gens étaient toujours surpris de leur propre dépendance. Jo se retrouverait en manque de famille, alors que Blaze, ayant appris à gérer sa consommation d’héroïne, s’en relèverait. Drogue comme une autre, l’affection, la reconnaissance. « J’espère simplement que ton désir de liberté ne t’empêchera pas de considérer ce qu’on t’offre en te proposant de faire partie des nôtres. » Manière diplomate et naïve de lui signaler qu’il avait intérêt à la mettre en sourdine s’il ne voulait pas se faire éjecter plus vite que prévu… le ‘nous’ amoureusement sacralisé de Joseph n’était pas grand-chose aux yeux d’un Blaze pour qui accepter d’office ce genre de chaînes revenait à se passer la corde au cou. S’il s’aventurait à parler d’autre chose que de la pluie et du beau temps avec son nouveau collègue, c’est parce que Joseph n’avait pas l’air d’être un danger particulier, qu’il parlait comme il pensait et que c’était le seul qui s’acharnait à tirer quelque chose de lui. (Et peut-être juste pour… parler. A quelqu’un.) Quoi qu’il en soit, Blaze n’avait pas l’intention d’attirer plus que ça l’attention sur sa philosophie de vie devant tout le monde. Ça n’avancerait à rien le petit cœur battant de Joseph de savoir que les « Manthas » n’étaient pour lui qu’un mot, qu’il n’aurait aucun remord à se barrer si sa situation ne lui convenait plus, quitte à mettre sa vie en danger, qu’au fond il ne croyait absolument pas à une organisation vraiment pérenne… ce n’était pas une histoire de trahison, il n’y trouverait aucun intérêt ; c’était du pragmatisme. Si on réussissait à le faire rester malgré ça, peut-être qu’il aurait un peu plus d’estime pour tout ce concept… familial… mais pour l’heure, personne ne surveillait sa pensée, et Blaze était bien libre de se prétendre plus convaincu qu’il ne l’était par cette nouvelle expérience. D’ailleurs, Joseph est trop attentionné pour que Blaze lui jette un mensonge à la face — ‘je suis sûr que je finirais par m’intégrer à cette grande famille…’ C’était un début de sympathie, parce qu’en y mettant y peu du sien et grâce à l’hallucinante sincérité du plus ainé, Blaze était quasiment sûr de pouvoir faire gober à Joseph exactement ce qu’il avait envie d’entendre. « Tu devrais demander une promotion, genre responsable des admissions. Tu pourrais faire vendre d’la poudre aux p’tits de l’église. » Le genre de marmots que Blaze regardait de loin avant d’aller chercher des noises aux vieux déjà dans le cru, préférant la lie de l’humanité au vin christique. Cette conversation commençait à l’amuser, il a l’air, sinon détendu, du moins confiant, flegmatique. Comme quoi, Jo, l’espoir fait vivre.

Spoiler:
 



coma — Okay, let's get this guy in the program please, we're losing him (start an IV Please) Come on, his airways someone's got to protect his airways Where's the defibrillator?
adrenaline

still fades away ; just go deeper.

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Joseph Keegan
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Message(#) Sujet: Re: Une nouvelle mascotte [Blaze & Jo] Une nouvelle mascotte [Blaze & Jo] EmptyDim 19 Avr - 20:04


La nouveauté ne lui fait pas peur, à Joseph. Il a trop souvent sauté à pieds joints dans un ravin sans savoir ce qui allait l’attendre au fond. À force de faire la même chose, encore et encore, on finit par ne plus craindre les possibles issus. Chez les manthas, il a été la cible de nombreuses grimaces et propos soufflés qu’il ne voit ou entend même plus aujourd’hui. Et puis, s’il a longtemps été piétiné par les brutes qui veulent préserver leur image, aujourd’hui il semblerait que tout le monde l’apprécie en secret, le petit garçon de ferme qui n’arrive pas à se taire quand il le faut. Il est le reflet de l’humanité à tous et chacun – parce que tous les hommes, criminels, mafieux, imposteurs, possèdent cette petite lumière au fond de leur cœur. Et Joseph est là pour le rappeler à tous ceux qui pensent avoir plongé pour de bon dans la noirceur. Il arrive à gratter la plus épaisse couche qui couvre l’âme de ceux qui ont commis les torts les plus punissables parce qu’il sait que personne n’est né avec une arme entre les mains. Alors, ce n’est pas un nouveau garçon à l’allure solitaire qui le fera fuir sans essayer. La carapace de Blaze, il la grattera comme il a fait pour tous les autres et il posera le doigt où les émotions peuvent encore le bousculer. « Je sais pas si ça les atteignait, mais pour faire diversion, ou juste comme ça. » Si jeune et, pourtant, il a l’impression de rencontrer un vieillard de quatre-vingt ans qui a vu tout ce qu’un Homme peut voir avant de périr dans un lit d’hôpital – ou de prison. La seule chose qui trahit son âge et la façon dont il s’y prend pour raconter ces anecdotes. Un survivant de guerre verrait ses yeux se gorger d’émotion parce qu’il aurait compris au fils des années qu’il ne sert absolument à rien d’épuiser ses forces en cachant la douleur. Blaze jongle avec la vie et la raconte comme si lui et elle n’étaient que des vieux ennemis qui s’amusent à se jeter des pierres. Il est un gamin qui cherche le jeu là où il y a hostilité. « Juste comme ça… » Répète Joseph pour l’entendre une deuxième fois, incapable de comprendre comment on peut s’amuser à déranger les forces de l’ordre. La seule fois qu’il s’est fait empoigner par la main forte d’un policier, il s’est promis de ne plus jamais s’en approcher : eux, ils ont la légitimité de décider du sort du pauvre gamin qui ne fait pas les bons choix. Ils ont la légitimité de briser une famille parce que cette dernière contourne la loi. La prison, ce n’est pas une grille qui laisse prendre une décision. Elle se referme contre un corps traité comme tous les autres, traité comme un animal qu’on envoie à l’abattoir.

« Bah si, c’est important, regarde-toi quand t’en parles. » Intrigué, il observe la silhouette de Blaze qui divise la fenêtre en deux. Le mouton semble être un meilleur observateur qu’il ne laisse paraître. « Si t’abandonnes dès qu’tu commences, tu m’étonnes que les autres t’écoutent pas. » Légèrement mal à l’aise, comme s’il avait l’impression de confronter un garçon qui semble déjà trop le connaître alors qu’ils ne discutent que depuis un peu moins d’une heure, il décide de s’occuper les pensées en refermant les boîtes de nourriture remplies de restants (pour les protéger des mouches, évidemment). S’il s’arrête de parler avant d’en dire trop, c’est parce qu’il a été conditionné à force de se faire ramener à l’ordre par des oreillers volants ou des grognements. Qu’il le veuille ou pas, sa nature fraternelle s’effrite de jour en jour en même temps que pousse sa barbe apparue trop tard. Alors, incapable de se défendre, Joseph hausse simplement les épaules en s’étirant sur la table pour atteindre le plat d’ailes de poulet entamé.

« Y’a un moment où t’as besoin de neuf. » Sans qu’il ne s’en rende compte, il secoue la tête, comme si son corps voulait s’exprimer avant ses pensées. Il n’a pas eu le courage de supporter les coups plus longtemps alors il a fui sa famille pour trouver du neuf. Il s’attendait à découvrir une ville festive où l’intégration est facile mais c’est plutôt la déception qui avait attendu le jeune adolescent seulement accompagné de son sac à dos. « Jamais je n’aurai envie de quitter cet endroit. » Il répond fermement. Que celui qui arriverait à le faire changer d’avis se manifeste. Il a trop longtemps souffert avant de trouver un toit sous lequel fermer ses yeux sans faire semblant. Ici, il n’a plus besoin de rester sur ses gardes comme une gazelle en plein milieu de la savane, en plein milieu de la nuit. « Et, arrête de parler de ça. Ce n’est pas un jeu. Les murs ont des oreilles. » Et les murs pourraient sévir s’ils apprenaient que certains manthas ont l’intention de disparaître à la recherche de nouveauté. Il conclut donc sa pensée en affirmant ne pas avoir trouvé de véritable famille avant son arrivée et que, pour cette raison, jamais il ne profiterait d’un départ. « Si les Manthas explosent demain, tu fais quoi ? » Sa mâchoire se serre et il jette un regard furtif autour d’eux. Il n’apprécie pas la direction que prend cette discussion. Il a l’impression que des flics défonceront les portes s’il fait la moindre erreur. « J’en sais rien. Mais j’arrive facilement à me convaincre que ce ne sera jamais le cas. » Il est épuisé de penser au lendemain. « On est petit et discret, personne ne connaît notre nom. Ça n’arrivera pas. » Il répète, davantage pour se convaincre lui-même que pour convaincre celui qui semble posséder une opinion inébranlable. Malgré tout, il n’est pas aisé pour Joseph de sortir ses crocs, c’est donc avec une facilité déconcertante qu’il arrive à retrouver son état de béatitude habituel, admirant les boîtes à présent fermées au milieu de la table. En un balayement de la main, il a oublié sa colère et c’est avec un sourire amusé qui redresse la tête pour à nouveau croiser le regard de celui qui semble confortable près de cette fenêtre qu’il n’a pas lâchée, moule accrochée à sa pierre préférée. « Tu devrais demander une promotion, genre responsable des admissions. Tu pourrais faire vendre d’la poudre aux p’tits de l’église. » Il ricane en réfléchissant réellement à la question. Sans pour autant baser ses réflexions sur les propos de Blaze, il se demande s’il ne mériterait effectivement pas une promotion. Il est bien le seul qui ne supporte pas le poids d’une lourde charge de travail (lourd dans le sens littéraire). « Uh. » Il marmonne en secouant la tête, se retirant cette idée de la tête. Il n’a pas besoin d’en faire plus, il obtient déjà la reconnaissance dont il a besoin pour ne pas crever dans un coin sombre en sanglotant et en maudissant sa vie. « Très marrant. » Il ajoute en se redressant pour se séparer de la table qui ne mérite plus d’attention de la part de celui qui ne devrait de toute façon pas faire le ménage – il y a bien une bonne qui est payée pour ça. « Tu sais, habituellement, je préviens les nouveaux de leur future initiation mais je sens que tu ne seras pas trop déstabilisé. » Un sourire fin soulevant la commissure de ses lèvres, il s’approche de Blaze pour jeter un coup d’œil par la fenêtre, humant l’air chaud extérieur au passage. « Il m’ont penché la tête sur une ligne de coke et j’ai passé la pire nuit de ma vie. Je crois m’être pissé dessus, à moins qu’un des mecs ait renversé sa boisson sur mon pantalon alors que j’étais dans le coma. » Il se décolle de la vitre, recréant une distance entre les deux garçons. « Si tu ne leur dis pas que tu te piques déjà, tu ne subiras que la ligne. Je ne te conseille pas de leur montrer que t’es un habitué sinon j’aurais peur que ton initiation consiste à te faire jeter du toit de l’appart pour voir si tes jambes tiennent le coup. » L’air mystérieux, discret, il ajoute en un murmure : « Je ne crois pas qu’elles tiennent le coup. »  

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Blaze Breaker
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ÂGE : 34 ans. C'est... surprenant.
SURNOM : "Cours, merde, cours !"
STATUT : N'a jamais envisagé la vie sous un autre prisme que le risque, et n'a jamais trouvé de risque assez attrayant pour son coeur.
MÉTIER : Fleuriste... (et criminel, gérant d'un réseau de planques à recel, trafiquant, épine dans le pied de l'ordre public, blanchisseur d'argent ; en bref, se salit les mains pour ceux qui ne veulent pas le faire.)
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ORIENTATION SEXUELLE : J'aime tout le monde.
PETIT PLUS : chaotic good ┼ irresponsable mais protecteur ┼ deux traumatismes crâniens ┼ a fait de la prison très jeune ┼ généreux à en crever ┼ addict aux jeux d'argent et à l'héro ┼ combats clandestins ┼ excessivement casse-cou ┼ moralité (très) ambigue ┼ mène son affaire seul ┼ son meilleur ami était flic et a fini en prison ┼ artiste de rue à ses heures ┼ la recherche de l'absolu ┼ mémoire défaillante ┼ connaît tout le réseau d'escorts de la ville ┼ rapport à la violence déréglé ┼ fait du risque un art ┼ la peur de l'oubli
UN RP ? : Seulement si nous avons un lien.
RPs EN COURS : Olivia ­± Joseph ± Tobias ± Ariane ± Ginny


RPs EN ATTENTE : note à moi même : utiliser cette section (j'ai honte)


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CRÉDITS : sarasvati (signa), shiya (avatar)
DC : /
INSCRIT LE : 17/01/2020
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Message(#) Sujet: Re: Une nouvelle mascotte [Blaze & Jo] Une nouvelle mascotte [Blaze & Jo] EmptyVen 15 Mai - 1:05



Les parcours étaient différents. Très différents. Il n’y avait pas besoin de se connaître très précisément. Les attitudes, les yeux, les dégaines, les silences — tout cela les trahissait avant même que les mots ne s’en chargent. Mais ce que le fossé de l’histoire distincte creusait entre eux, le pont de la contingence le franchissait. Fraternité de misère. La seule à laquelle ils avaient le droit. Tout cela, c’étaient des pressentiments, des instincts. Blaze n’avait pas besoin de demander à Joseph une frise chronologique de sa vie pour comprendre qu’elle n’était pas un long fleuve tranquille. Joseph avait sans doute assez de jugeote pour déduire qu’on ne devenait pas l’espèce de gamin dégénéré qu’était Blaze en un claquement de doigts. Mais Blaze répugnait à fouiller les causes et les excuses. Il prenait en Jo ce qu’il voyait, questionnant par dérision. Le passé n’importait pas, voilà ce dont il essayait de se convaincre. Peut-être parce qu’il en avait oublié une bonne partie. « Juste comme ça… » Exactement, Jo, juste comme ça. Et si d’aventure il lui prenait la lubie de demander à Blaze la raison de son existence de cette terre, de ses poumons se remplissant d’air chaque matin ; la question, la seule, au fond, qui importait : pourquoi la vie ? — Blaze répondrait la même chose. Juste comme ça. Parce qu’il est tombé dedans et que la meilleure chose à faire reste encore d’essayer de tirer sa révérence au bon moment. Juste comme ça, Joseph. C’était sa vie. Et s’il y avait des zones d’ombre dans le discours de Blaze, elles étaient moins le fait d’une volonté de se dissimuler que d’une nature rechignant à se raconter. Peut-être, Jo, que ce n’est même pas une histoire de carapace. Qu’il est juste comme ça. Les explications, c’est dans les bouquins. Les gens ne savent ce qu’ils font, ni même ce qu’ils sont. (Ecoute.) L’œil sombre de Blaze se braque sur la besogne inutile de son acolyte. Il ne renvoyait pas la balle. Touché. « Jamais je n’aurai envie de quitter cet endroit. » Résolution, malgré la candeur des propos ; trace d’un idéal, d’une possibilité de croire. Cette fois, c’était au tour de Blaze de se taire, les lèvres qui tressaillent en un embryon de sourire. Jamais. Il en connaissait, des gens qui employaient le bel adverbe, et avec des figures de style, des grands airs, des airs sombres. Jamais je me ferai prendre, jamais je parlerai, jamais je toucherai à ça. Tic, tac, toc, les promesses tombent une à une aussi naturellement que les feuilles d’automne, emportées par une force douce et insensible comme la gravitation. Ils se faisaient prendre, ils disaient tous les noms, ils touchaient à tout, et plus encore. Mais ils avaient juré, pourtant ! Le jeune homme passe distraitement les doigts sur le carreau sale comme ce mot qui scellait aussi facilement qu’il descellait. Il ne lui en tient pas rigueur, de son jamais. La loyauté commence par un jamais, même si elle finit avant. Joseph voulait prétendre à une loyauté de vie ou de mort à cette bande parmi les autres ; celle de Blaze était simplement plus large, elle allait à la nuit tout entière.

« Et, arrête de parler de ça. Ce n’est pas un jeu. Les murs ont des oreilles. » C’est fou qu’en une petite conversation au clair de lune, les susceptibilités de Joseph étaient déjà transparentes pour Blaze. Le système de pensée de Joseph ruisselait si fluidement dans ses mots, ses réactions. C’était dommage que Joseph veuille si rapidement étouffer sa créativité et sa langue dangereuse. Blaze était presque prêt à se montrer loquace, à lui expliquer en long, en large et en travers que bien sûr que si, tout cela était un jeu. L’existence avait trois facettes ; rouler les dés, faire des choix, tricher. C’était un jeu. Son existence, en tout cas, en était un. Un jeu très sérieux. De vie ou mort, mais quand même un jeu. Allons, Joseph, regarde où t’es, regarde ce que tu fais dans la vie, regarde à qui tu parles, regarde d’où tu viens, regarde où tu vas, et ose me dire que ce n’est pas un putain de jeu. « Toi aussi t’as des oreilles. Va me dénoncer, » raille-t-il, opposant l’éternel sourire à l’éternel sérieux. Joseph voulait de grands piliers de valeurs dans sa vie, un bouquin sur lequel il pourrait écrire ses bonnes actions et justifier son existence ; Blaze était celui qui faisait valdinguer les colonnes d’un souffle et massacrait le testament comme un enfant. « J’en sais rien. Mais j’arrive facilement à me convaincre que ce ne sera jamais le cas. On est petit et discret, personne ne connaît notre nom. Ça n’arrivera pas. » Et du candide idéaliste, Joseph se faisait prophète. Blaze n’était pas client de ce genre de religions. Ça ne servait qu’à ouvrir de grands yeux désespérés quand la descente finale frapperait, comme elle frappait tout le monde. Les murs ont des oreilles, et toutes ne sont pas dans le même camp. C’est ça, ton ambition ? Te cramponner comme une fourmi, ‘petite et discrète’, pour pouvoir faire tes repas de famille à ton aise jusqu’à la fin des temps ? Il était injuste, bien sûr qu’il était injuste. Tout le monde ne pouvait pas choisir de faire sa vie à pile ou face. La seule chose qui se rapprochait de la vérité dans la mièvrerie de Joseph, c’était ‘j’en sais rien’. Ça, Blaze lui accordait. Mais ça s’arrêtait là. Au-delà, Joseph spéculait. En deçà, Blaze improvisait. « Très marrant. » « C’est ma seule qualité, tu devrais en profiter. » Le reste ? Insouciance, inconséquence, prise de risques, instabilité, je-m’en-foutisme, tours de gamin, idées fixes, mauvaises décisions. Heureusement qu’il était marrant, on aurait bien de quoi se pendre. Mais l’attention de Blaze est rapidement captée par l’air vaguement heureux (sournois ?) qui se dessine sur les traits de Joseph. L’air qui en sait plus que Blaze. Faut avouer que c’était pas bien difficile. « Tu sais, habituellement, je préviens les nouveaux de leur future initiation mais je sens que tu ne seras pas trop déstabilisé. » Oh, vraiment ?  Blaze hausse les sourcils, attendant la suite comme on essaye d’anticiper la trajectoire d’une goutte de pluie sur une vitre de voiture. Il avait déjà croisé deux ou trois groupes férus de ce style de… codes d’appartenance, rituels de bras-cassés, pseudo-épreuves histoire de mettre une claque aux néophytes et de souhaiter la bienvenue aux autres. Il aurait dû se douter qu’avec les allures de ceux-là, il n’y échapperait pas. « C’est ce qu’ils sont en train de préparer, là ? » Qu’il demande avec un signe de tête vers le mur aux mille oreilles. « Il m’ont penché la tête sur une ligne de coke et j’ai passé la pire nuit de ma vie. Je crois m’être pissé dessus, à moins qu’un des mecs ait renversé sa boisson sur mon pantalon alors que j’étais dans le coma. » La vision de Joseph farfouillant dans la cocaïne est assez drôle pour que Blaze la laisse flotter devant ses yeux quelques secondes.

L’intérêt de ce mysticisme restait obscur. Humilier un coup le nouvel arrivant ou lui préparer le chemin de la toxicomanie ? L’esprit de famille, comme dirait Jo. Blaze n’avait de toute façon pas assez soin de lui-même pour opposer une quelconque fierté à ce qui l’attendait. Sa vie était une vaste blague dégradante, et il en riait volontiers. « Si tu ne leur dis pas que tu te piques déjà, tu ne subiras que la ligne. Je ne te conseille pas de leur montrer que t’es un habitué sinon j’aurais peur que ton initiation consiste à te faire jeter du toit de l’appart pour voir si tes jambes tiennent le coup. » Il avait déjà testé la cocaïne. Ça lui faisait au moins une longueur d’avance sur Joseph. Testé, c’était le mot — curiosité occasionnelle, son amour allait pour l’instant à d’autres. Mmh, jouer l’enfant de chœur ? Prendre les expressions naïves de Joseph ? Un peu de gymnastique faciale, des phrases bateau, un regard de vierge effarouchée, peut-être. « Une ligne et m’voilà dans la grande famille ? » Je m’attendais à mieux, semblent dire les yeux de celui qui n’attendait jamais rien. Le même regard glisse en direction du mur derrière lequel on entendait lointainement le brouhaha du reste des Manthas. Tant qu’il était dans l’antichambre, autant prendre son temps et montrer à Joseph que ses jolies moues se heurtaient à une personnalité qui s’abreuvait aveuglément de risque. Allez, Jo, rigole un coup, que je fuie pas ta secte avant d’y être entré. Tu croies aux Manthas éternels mais tu doutes de mes chevilles ? Pas qu’il tenait franchement à les perdre, avoir un corps dysfonctionnel étant une des très, très rares choses redoutées par Blaze. Mais Joseph lui tendait trop de perches pour qu’il s’en prive. « J’hésite à miser mes jambes pour le beau jeu. Tu suis le pari ou je prends gentiment ma dose et mon ticket pour le dortoir ? » Par moments, Blaze oubliait qu’il avait besoin, au moins temporairement, de cette opportunité qui s’était péniblement dégagée de la merde de sa vie. Et ressurgissait le besoin viscéral de se moquer du monde. Enfin, si la création avait une signification, Blaze était sans doute là pour amuser ou effrayer la galerie. L’archange du divertissement, en somme. Au péril d’à peu près tout. Parce que ce n'est qu'un jeu, Joseph.


Spoiler:
 



coma — Okay, let's get this guy in the program please, we're losing him (start an IV Please) Come on, his airways someone's got to protect his airways Where's the defibrillator?
adrenaline

still fades away ; just go deeper.

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Joseph Keegan
Joseph Keegan
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Parce que je ne serais rien sans les mots de Deborah.

PSEUDO : Captain Rogers.
AVATAR : Sebastian Stan.
CRÉDITS : Moi et Google.
DC : Raph le flamant.
INSCRIT LE : 25/09/2018
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Message(#) Sujet: Re: Une nouvelle mascotte [Blaze & Jo] Une nouvelle mascotte [Blaze & Jo] EmptyMer 27 Mai - 6:15


Joseph s’est laissé emporter. Pendant un moment, il a oublié que lui et le nouveau ne sont pas protégés des oreilles indiscrètes et qu’ils ne peuvent pas dire tout ce qui leur passe par la tête dans un endroit aussi strict. Il n’est pas question de débattre sur le bien ou le mal, la liberté ou la loyauté, la détermination ou le renoncement. Dans un gang, celui qui ne pense pas comme les autres retrouve rapidement la rue si la balle n’a pas atteint sa cible. Loin de Joseph est le désir de perdre ce qui l’a trouvé alors que la poussière s’accumulait déjà sur son corps trop jeune. C’est donc naturellement qu’il demande à Blaze de penser à ses mots avant de les prononcer, bien qu’il n’ait pas l’air du genre à se soucier de l’avis extérieur. Il semble apprécier la solitude car cette dernière lui permet de poser un pied dans la lave sans que personne ne le prévienne. « Toi aussi t’as des oreilles. Va me dénoncer, » Les lèvres pincées, il ne décroche pas un sourire devant celui du mouton qui prend les choses à la légère. Joseph serait le premier à crier au traitre parce qu’il est un brave toutou qui se couche à heure fixe et qui s’assoit quand on le lui demande d’un signe de la main. Il pourrait très bien rejoindre le patron dans son bureau et dénoncer les propos de Blaze mais il n’a pas l’impression que ce dernier a l’intention de disparaître pendant la nuit. Il y a une lueur dans ses yeux qui trahit son désir de découvrir un peu plus ce monde dans lequel il est été invité. « J’suis pas un délateur. » Il ment, simplement, en haussant les épaules pour faire part de son besoin de changer de sujet. Il suffirait de l’interroger quelques secondes de plus pour comprendre qu’il est le pire des menteurs et que la vérité finit toujours par s’échapper de lui d’une façon ou d’une autre. Il ne serait pas surpris d’apprendre qu’il parle dans son sommeil et que son inconscient s’amuse à lui jouer des tours. « C’est ma seule qualité, tu devrais en profiter. » Eh bien, voilà une triste nouvelle – parce que Joseph usait de sarcasme et qu’il n’a pas du tout trouvé son commentaire marrant. Il doit avoir une tonne de défauts, ce Blaze, si sa seule qualité n’en est pas une. Les deux garçons ne viennent pas de la même planète : c’est la seule théorie probable. Pourtant, leurs chemins se sont croisés ici. Pur hasard ou destiné ? Ils ne sauront jamais.

Même si Joseph ne trouve pas de réconfort en discutant avec Blaze, sa bonté ne peut s’empêcher de remonter à la surface et c’est tout naturellement qu’il le prévient de l’initiation inévitable qu’il devra subir. Un manège à base de poudre et d’étoiles aveuglantes : rien de plus banal pour les membres d’un gang qui ont l’habitude d’enligner les rails. Si le plus vieux s’est retrouvé pris au dépourvu quand on lui a penché la tête au-dessus de la cocaïne, il n’a pas l’impression que ce numéro effrayera celui qui n’est pas un novice en la matière. Heureusement pour lui, le reste des manthas n’a pas eu la curiosité d’interroger plus longtemps celui qui s’était joint au festin de gras sans qu’il ne soit attendu. « C’est ce qu’ils sont en train de préparer, là ? » Intrigué, il redresse la tête et la pivote en direction de la pièce voisine, comme si ses oreilles allaient soudainement posséder les dons des super héros qui arrivent à entendre le cri d’une femme en détresse dans une foule bruyante. Il réalise rapidement que sa tentative est vaine et qu’il ne perçoit qu’un brouhaha illisible. Et puis, les autres sont probablement en train de vanter leurs exploits de la journée – en passant par le nombre de ventes qu’ils ont conclu jusqu’à la capacité d’un d’eux à retenir son envie d’uriner sur une durée de dix heures. De vrais philosophes. « Non, je ne crois pas. Enfin… Je pense que je serais invité à la discussion. C’est pas moi l’initié, hein. » Il répond finalement en mâchant ses mots, portant son doigt à sa bouche pour gruger le bout de son ongle : nervosité ? Crainte de ne pas réellement faire partie de la famille ? Doutes sur l’appréciation des autres à son égard ? Un peu de tout. Il était le plus jeune jusqu’à aujourd’hui, après tout. Il est le petit frère, celui qui n’est pas invité à toutes les occasions parce qu’il « ne s’y connait pas assez en la matière ». Même Blaze semble être arrivé avant lui. « Une ligne et m’voilà dans la grande famille ? » Une moue étire le visage de l’interrogé. « M’ouais. Après, t’as pas intérêt à nous trahir mais, pour être le bienvenu, y’a que cette épreuve à passer. » Il dit, incapable de s’empêcher de lui rappeler que la trahison est un geste impardonnable ici. « Après, il faut que t’acceptes le fait que t’aies plus d’intimité ici mais on s’y fait vite, t’inquiète. Et puis, c’est probablement moins pire qu’en prison. » Le temps d’adaptation sera moins long. « Et t’es bien mieux payé. » Il ajoute, conscient que l’argent est un facteur important pour la majorité des gens, bien qu’il ne le soit pas pour lui-même. « J’hésite à miser mes jambes pour le beau jeu. Tu suis le pari ou je prends gentiment ma dose et mon ticket pour le dortoir ? » Yep. Il trouvera rapidement sa place, ici. Les discours de Joseph n’auront probablement servi à rien. L’élève a tenté d’enseigner au professeur une matière avec laquelle il est né. « Là, c’était marrant pour vrai. Tu te feras rapidement des potes, ici, si t’en as envie, évidemment. Je ne voudrais pas forcer le loup solitaire à devenir social. » Le mouton est devenu loup en si peu de temps. « Fais comme tu veux mais, si t’arrives à garder tes jambes en un seul morceau, tu seras rapidement un héros ici. Seulement, il ne faut pas que les surnoms ridicules te dérangent. Tu deviendrais probablement « jambes de plomb », ou un truc du genre, les autres sont meilleurs que moi pour trouver des idées. » Il se décolle finalement du mur, décroisant ses bras de sa poitrine et portant son attention vers la sortie de la pièce. « Tu viens ou tu préfères pourrir ici tout seul ? Je suis certain que les autres ont envie de connaître davantage le nouveau bouclé. Pas d’intimité, ici, je te l’ai déjà dit ! » Il ne pourra pas se cacher éternellement : il devra un jour ou l’autre sauter dans le bassin.    

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