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 my strange addiction | jesriel

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AuteurMessage
Ariel James
Ariel James
la plume de l'ombre
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ÂGE : trente ans qu'elle n'arrive pas à réconcilier avec son reflet dans le miroir (neuf avril)
SURNOM : le prochain qui fait une remarque sur la petite sirène fera mieux de courir vite. et loin.
STATUT : noyée entre plusieurs coeurs et corps, l'alcool qui dissout ses sentiments, incapable de vouloir plus.
MÉTIER : plume fantôme de jesse gibson, désormais sa seule occupation. les chroniques cinéma, c'est terminé.
LOGEMENT : depuis fin février elle a sa chambre au cottage de robin-hope et martin à logan city, où mulder et scully vivent leur meilleure vie.
my strange addiction | jesriel 9a8816ac417339db97edd855abf23fdec1190cda
POSTS : 1099 POINTS : 0

ORIENTATION SEXUELLE : J'aime tout le monde.
PETIT PLUS : n'a jamais mis un pied hors de l'australie ☽ féministe et activiste engagée (et enragée) ☽ incapable de se plier à l'autorité ☽ mulder et scully: le duo de chats qu'elle trimballe partout ☽ brisbane bunch ☽ alcoolisme rampant, fuit ses problèmes en en créant de nouveaux ☽ repousse les gens qu'elle aime malgré elle ☽ phobique de l'engagement ☽ fumeuse compulsive ☽ cinq tatouages and counting
UN RP ? : Pas dispo pour le moment.
RPs EN COURS : louisa (fb)robin (fb)martinyelejessemolly (2)

ginny (dz)ana (dz)team maraudeurs (ua)


my strange addiction | jesriel Tumblr_oxfbsr4DoD1qkg1fro6_250
ARISON ★ don't you know that we're outlaws? giving the finger to death itself, rules were meant to be pushed and pulled, we were meant to be sparks of light

my strange addiction | jesriel Y6fv2oyp
CHARIEL ★ it's all decided for us: this world has only one sweet moment set aside for us but touch my tears with your lips, touch my world with your fingertips.

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RPs EN ATTENTE : jameson (2) ☆ matt ☆ ginny ☆ jordan ☆ yasmine ☆ egde (3) ☆ dimitri (2)

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RPs TERMINÉS : jameson (fb)evelyn (fb)arthur (fb)freyacharlie+freyacharlieedgeremilizziecharlie (2)arianedimitriedge (2)tobiasmollycharlie (4) ☾ (...)
PSEUDO : nonni (manon)
AVATAR : kristen stewart
CRÉDITS : (ava) alhazen ; (gif profil) patrickbrewsky ; (code signa) astra ; (gifs signa) robstenxs ; (ub) loonywaltz
DC : fiona macmillan
INSCRIT LE : 09/05/2019
https://www.30yearsstillyoung.com/t24024-ariel-i-m-that-bad-type https://www.30yearsstillyoung.com/t24153-ariel-i-pray-for-the-wicked-on-the-weekend https://www.30yearsstillyoung.com/t24278-ariel-james#996492 https://www.30yearsstillyoung.com/t25044-ariel-james#1030859

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Message(#) Sujet: my strange addiction | jesriel my strange addiction | jesriel EmptyMer 5 Aoû - 2:22



my strange addiction
bad, bad news one of us is gonna lose i'm the powder, you're the fuse - just add some friction
@JESSE GIBSON - @ ALASKA.

Le quartier est presque vide. Pas âme qui vive dans les rues, le soleil froid du mois d'août diffuse sa pâle lumière sur les rues de Brisbane. Ariel passe le long des grandes villas alignées les unes à côté des autres, des voitures de sport qui brillent dans les allées bordées de jardins bien verts, poings serrés dans les poches de son jean. Ses lunettes de soleil sur le nez, écouteurs vissés dans les oreilles, elle marche sans se presser. La tête qui tangue, le coeur qui tremble, la nuit dernière vient à peine de s'achever, et malgré la douche froide prise dans une salle de bains qui n'était pas la sienne, l'ivresse qui subsiste lui colle encore à la peau avec une familiarité devenue réconfortante. Elle glisse, Ariel, elle continue à glisser sans s'arrêter, sans tenter de freiner sa chute. Tous les filets de sécurité cèdent un à un et elle ferme les yeux, elle ne crie pas, elle se laisse attirer par le gouffre béant qui n'attend qu'à refermer ses mâchoires sur elle - and it feels good. Et puis, c'est tellement plus simple d'abandonner l'effort, de se complaire dans le réconfort.

Arrivée à un carrefour, elle tourne à droite, vérifie par dessus son épaule qu'il n'y ait personne - un rituel idiot, débile, un rituel qu'elle fait bien malgré elle alors qu'elle devrait s'en foutre. Qu'on la suive, qu'est-ce que cela change? Le secret n'est drôle que pour un temps, confère à sa mission une aura de mystère malgré sa très ordinaire substance. Ça la ferait presque rire, toutes ces précautions qu'elle prend alors qu'elle aurait simplement pu accepter les services du chauffeur qu'on lui a proposé - mais elle n'est pas d'humeur, ce matin. Elle n'est plus jamais d'humeur, semble-t-il. Ses pas la font traverser un jardin - elle prend soin d'éviter de marcher sur les plantes - puis un second, et débouche derrière une villa imposante, le genre de bâtisse qui crie I'm rich and I love it, le genre de bâtisse qu'elle voit qu'en rêve, ou, en l'occurrence, qu'en visite ponctuelle.

Avec un rictus qui déforme ses lèvres fines, elle frappe deux coups secs pour signaler sa présence. On se croirait dans un mauvais film d'action, sauf que la situation n'a rien de romanesque. Interdiction de passer par la grande porte, interdiction de se faire remarquer dans le voisinage, interdiction de dire la vérité sur sa présence ici: les obligations se succèdent en petits caractères dans le contrat qu'elle a signé, et c'est terriblement fastidieux, terriblement ennuyant. Et elle s'appliquerait bien à briser chacune de ces règles absurdes, à tester leur résistance pour découvrir le point de rupture mais on lui a fait comprendre avec peu de subtilité et beaucoup de menaces qu'il serait dans son intérêt d'obtempérer, de faire profil bas. Alors elle acquiesce, Ariel, et comme à chaque fois qu'on lui dit non, déplace le problème. Elle ne foutra pas le bordel dehors, c'est promis, mais une fois la porte du bureau passée, les choses changent et elle prend l'avantage. Elle ne sait pas se battre avec les mots aussi bien qu'avec ses poings mais le clavier qu'elle tient plusieurs fois par semaine entre ses doigts représente une arme autrement plus dissuasive.

La porte s'ouvre, enfin, et Ariel pénètre dans la demeure de l'écrivain. Elle connaît le chemin par coeur depuis les mois qu'elle emprunte les dédales de couloirs et d'escaliers. On a du l'annoncer, elle imagine, car il n'est jamais vraiment surpris de la voir débarquer - même ces derniers temps où elle brûle (presque) involontairement les aiguilles de la montre pour se fier à la  boussole sans nord de son corps et de sa tête. Elle n'ôte pas ses lunettes en rentrant dans la pièce, va se poser directement sur la chaise qui l'attend, comme si son petit corps était soudain devenu trop lourd pour supporter son propre poids. Elle s'y laisse tomber, croise les bras, attend une salutation qui ne vient pas. "On enchaîne sur quel chapitre aujourd'hui, déjà?" Ni merde ni bonjour, la part de provocation est volontaire ce matin.

Jesse Gibson a beau se prendre pour un génie littéraire, il est pour le moment à la merci des caprices d'Ariel qui lui sont dictés par ses démons. Un silence lui répond, et enfin, elle daigne adapter sa posture aux évènements, enlève l'écran noir qui sépare ses yeux verts du reste du monde. "Quoi? J'me suis trompée de jour?" D'heure, plutôt - mais le reconnaitre lui est insupportable. Un jour viendra peut-être où Ariel endossera ses responsabilités... et ce jour n'est pas encore arrivé.


so kiss me now this whiskey on my breath feel the lives that i have taken what little soul that i have left


:toastlol::
 
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Jesse Gibson
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ÂGE : 49 ans depuis peu, le fantôme de la cinquantaine pèse lourd sur sa conscience.
SURNOM : Certains l'affublent de son initiale J.
STATUT : divorce amer qu'il regrette mais qu'il sait entériné.
MÉTIER : autrefois écrivain à succès qui cherche à se refaire une santé.
LOGEMENT : #406 Beachcrest Road, Bayside.
POSTS : 273 POINTS : 0

ORIENTATION SEXUELLE : J'aime les jolies filles.
PETIT PLUS : Il se rend sur la tombe de sa fille tous les lundis, même heure, avec le même bouquet.
UN RP ? : Ok mais tu le commences.
RPs EN COURS : birdie ~ ariel ~ dalina ~ ginny ~ may ~ lana ~ madeline ~ auden ~ gregory ~ caroline ~ alice ~
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maggie ~ mia
PSEUDO : Wallaby
AVATAR : Eric Bana
CRÉDITS : praimfaya, sial, nightwish
DC : /
INSCRIT LE : 27/07/2020
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my strange addiction | jesriel Empty
Message(#) Sujet: Re: my strange addiction | jesriel my strange addiction | jesriel EmptyVen 7 Aoû - 22:54




Il s’est surpris à croire que les temps seront meilleurs, que la vie reprendrait ses droits. Il n’en est rien. Jesse Gibson n’est que l’ombre de lui-même. Et ça fait quatre ans que ça dure. C’est long, beaucoup trop long pour un homme dont l’ambition dépasse l’entendement, un homme qui avait une si grande estime de lui-même, que se rendre compte que son empire n’était qu’un vulgaire château de cartes le détruit. Il ne parvient pas à faire table rase. Pourtant, tous les matins, après son jogging à allure soutenue qui lui aère la tête au rythme de vieux groupes de rock à succès, il veut croire au miracle et s’installe dans son bureau pour écrire. Parfois, il tape une phrase ou deux. Il les efface immédiatement. C’est sans percussion, comme des notes qui sonnent faux à ses oreilles. Il en vient à croire qu’Ava était la gardienne de son talent et qu’il s’est envolé à tout jamais. Il a encore fait une escapade dans la chambre de sa fille. Il s’est une nouvelle fois assis sur le lit, fixant la peluche qu’il lui avait offerte à sa naissance et qu’elle n’a jamais quittée. Elle lui disait que la peluche c’était pour la rassurer quand son père n’était pas là. La reposant à sa place, l’homme inspecte à nouveau les tiroirs du bureau de sa fille, alors qu’il connait par cœur tout ce qui les compose. Il en sort un devoir assez récent, un écrit sur la personne qu’on admire le plus. La première fois qu’il l’avait lu, son cœur avait raté un battement. Il avait toujours cru que l’héroïne aux yeux d’Ava c’était Lana. Mais la personne qu’elle avait choisie, c’était lui. Elle avait fait un portrait élogieux de son père bien qu’elle déplore les absences répétées et la célébrité de ce dernier, dissociant l’écrivain du père aimant qu’elle avait toujours connu. Une nouvelle larme coule sur sa joue, et il la fait disparaitre en s’essuyant rapidement le visage du revers de la main. Il regarde l’heure, Ariel ne devrait pas tarder, alors il remet tout en place et quitte la pièce qu’il laisserait probablement telle quelle à tout jamais.

Il eut le temps de finir les mots fléchés du jour dans le journal ainsi que de le parcourir en long en large et en travers, mais la jeune James n’avait fait aucune apparition. Ca l’agaçait terriblement. Cette jeune femme n’avait aucun intérêt autre que l’argent dans cette manœuvre. Si elle était douée pour l’écriture, il n’avait vraiment que ça de positif à exprimer à son égard. Elle l’insupportait tant. Elle ne respectait ni la ponctualité, ni l’élégance, elle se comportait comme une adolescente qui se plait à défier l’autorité. Il avait malheureusement besoin d’elle parce que son livre n’allait pas s’écrire tout seul. Le miracle ne s’était encore pas produit ce matin et faisant un tour dans sa boite de réception, il déplorait les messages presque menaçants de son éditeur qui le sommait de lui soumettre de nouveaux chapitres incessamment sous peu s’il ne voulait pas que le contrat soit rompu. Il soupira longuement, plus dépité qu’abattu, mais la colère gronde en lui comme le tonnerre derrière les nuages chargés du jour. Si Ariel était plus ponctuelle, il serait plus serein. Mais dernièrement, il avait cette conviction malaisante que la jeune femme allait le laisser tomber. Pourtant, il la payait grassement, et il ne pouvait plus se permettre d’accéder au moindre de ses caprices. Il se leva, rabattant l’écran de son ordi sur son clavier, prêt à appeler son agent pour le menacer de lui sucrer sa paie si sa protégée ne se pointait pas.

Se rendant dans la cuisine, il se fait un thé vert, le café ne ferait que l’énerver davantage. Sa tasse à la main, il retourne dans son bureau où Klaudia la gouvernante vient lui annoncer que la jeune James vient de faire son arrivée. Il était temps. La jeune femme ne s’excuse pas, ne s’annonce pas, ne dit mot avant de se laisser tomber sur la chaise sans grâce. Jesse ne sait plus vraiment comment se comporter avec elle. Il observe en silence alors qu’elle se met enfin à prendre la parole. Elle a une mine terrible, comme si elle avait passé la nuit à veiller. Au bout d’un instant bien long, il finit par lui fournir une réponse, ou plutôt se plait à lui poser des questions rhétoriques. « Tu sais quelle heure il est ? » C’est écrit en gros au dessus de sa tête. L’air que l’écrivain arbore sur son visage ne peut être plus sérieux. Il ne joue et ne rigole pas avec sa carrière. C’est tout ce qui lui reste. « Rappelle-moi à quelle heure tu commences ? » Elle met sa patience à rude épreuve, et ses nerfs à vif. Lui qui est connu pour son calme légendaire se voit malmené par une simple trentenaire sans carrière, sans but réel. Alors il prend des mesures et il se fout bien des conséquences que cela pourrait engendrer. Si elle n’est pas contente, la porte est grande ouverte. « A partir de maintenant, toute minute de retard te sera décomptée de ta paie. » S’il s’agit avant tout d’une menace, il est prêt à la mettre à exécution, et pourtant, il ne voudrait pas avoir à le faire. Elle est plus talentueuse que ce qu’il ne l’ose l’avouer. « Et pour te répondre, je crois que tu es en mesure de te souvenir où on en est. Si ce n’est pas le cas, je trouverais quelqu’un d’autre. Faudrait peut-être que tu te rendes compte du sérieux de la situation. » Elle n’était pas la seule d’humeur fracassante. Le temps lui est compté, Jesse sent sa vie lui échapper, mis sur la touche, tomber dans l’oubli, lui qui voulait laisser une trace indélébile dans ce monde éphémère.




☽☽ The desert is calling the emptiness of space. The hunger of a lion is written on your face. A maniac's new love song, destruction is his game, I need a new direction cause I have lost my way.

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Message(#) Sujet: Re: my strange addiction | jesriel my strange addiction | jesriel EmptyMar 11 Aoû - 23:36


Elle le sent l'observer, sent la détresse et la rancoeur dans le regard qu'il pose sur elle, sur son dos, sur sa nuque, avant qu'elle ne daigne croiser ses yeux. Soupir. Il est tellement prévisible. "Je sais pas lire l'heure.", répond-t-elle d'un ton neutre qui pourrait véritablement laisser croire qu'elle ignore comment déchiffrer les aiguilles qui s'agitent sur le cadran. "Pourquoi, on avait rendez-vous?" Et de continuer son manège sans bouger le moindre cil. Pourtant, Gibson a l'air sérieux, très sérieux, et si l'instinct d'Ariel lui souffle de ne pas trop le pousser, elle l'ignore bien volontiers. Aujourd'hui, ce n'est pas comme d'habitude. Soupir bis, beaucoup trop exagéré.  "Je sais pas. Huit heures? Onze heures? Qu'est-ce que ça change vu que j'suis là, maintenant." Si elle pousse loin, peut-être qu'elle réussira à briser le calme légendaire de Jesse dans les dix minutes et ça, ça sera un exploit à inscrire quelque part. En plus, elle, elle n'a pas à se forcer: aujourd'hui, ça coule mieux que d'habitude.

La menace fuse, provoque une réaction chez Ariel. Elle se redresse, arque un sourcil, laisse échapper un rire incrédule. "T'as pas le droit de faire ça," qu'elle affirme avec aplomb, même si le doute est permis. Elle commence à le connaître, à dessiner doucement les relations de pouvoir qui les unissent. Même si elle cherche à toujours plus les définir, elle sait que pour le moment, elle a l'avantage - jusqu'au point d'inflexion qu'elle prend un immense plaisir à tenter de découvrir. "Ah carrément? Donc j'arrive deux minutes en retard et j'me fais mettre à la porte... tu parles d'un accueil. Charmant. J'étais habituée à mieux en guise de bienvenue." Elle le gratifie d'un sourire insupportablement arrogant, à deux doigts d'étendre ses jambes pour croiser les pieds sur le bureau: c'est peut-être uniquement grâce à la perspective bien réelle de voir le sol s'ouvrir sous elle sous le coup de la colère de l'écrivain qu'elle s'en abstient. "Et puis, trouver quelqu'un d'autre? Ha! Y'a une raison si je suis là, c'est qu'il n'y a personne d'autre et on le sait tous les deux." Pour un peu elle battrait des cils, histoire de peaufiner son numéro. "Si c'est comme ça, je démissionne." Son sourire se veut moins narquois, et l'insolence dans sa voix laisse place à un semblant de taquinerie. Après tout, c'est un match sans fin entre eux. Ils ne font que ça, s'envoyer la balle: un 'tu es virée', un 'je démissionne', et ainsi de suite sans que personne ne marque vraiment de points. Peu importe le nombre de fois où ils utilisent les mêmes arguments teintés d'un agacement sourd, elle est toujours là au prochain rendez-vous, et il lui ouvre toujours sa porte.
Comme aujourd'hui.

Il n'y a pas de raison que cela change.

Faisant des gestes délibérément lents, elle fait mine de s'étirer, se lève de la chaise, vient se poser face à Jesse qui la toise toujours, le regard rempli d'éclairs, bras fermement croisés. "C'est difficile de ne pas prendre les choses au sérieux, ici. Tout respire le sérieux, de ta coupe de cheveux à tes lacets, de la manière dont tu ranges tes livres à la façon dont est arrangé le thé dans ta cuisine." Elle range les mains dans ses poches, capte les yeux sombres de son employeur. "Lachlan Mitchell est dans une mauvaise passe: ses pistes ne mènent à rien et ses alliés politiques semblent lui tourner le dos. Or, une nouvelle piste vient subitement de se dessiner, mais ça semble trop beau pour être vrai. Aujourd'hui, on décide si le petit Lachie arrive enfin à se démerder de ses problèmes personnels et professionnels." La tirade finie, Ariel esquisse un bâillement comme pour exprimer son ennui - mais ce n'est pas assez subtil pour masquer son attitude insupportable. "Si j'ai bon, Klaudia pourrait-elle m'apporter un café? J'ai eu une petite nuit." Je n'ai pas eu de nuit du tout, devrait-elle dire plutôt, même si les cernes sous ses yeux laissent deviner le réel état de son corps fatigué. Dommage qu'elle n'ait pas sa flaque avec elle, verser quelques gouttes pour transformer sa boisson en irish coffee n'aurait pas été de trop.

"Bon, on s'y met? On a assez perdu de temps là, non?"

Et il y a aussi des baffes qui se perdent, parfois.



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Jesse Gibson
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Message(#) Sujet: Re: my strange addiction | jesriel my strange addiction | jesriel EmptySam 15 Aoû - 17:25



Ariel comme à son habitude est insolente. Parfois, il se demande si Ava aurait fini par adopter un tel comportement avec lui. Il avait l’impression de ne pas être en contrôle, et ça le dérangeait fortement. Pourquoi cherchait-il la ressemblance entre sa défunte fille et son prête-plume ? C’était comme s’il était ravi de se flageller toujours plus. Au fond, ça n’était pas de l’autodestruction. Le comportement de Jesse trahissait une inquiétude grandissante à l’égard de la jeune femme. Que se passait-il dans sa vie pour qu’elle change de comportement ? Bien sûr, elle avait toujours été loin des bonnes manières et des convenances mais elle cachait quelque chose, Gibson pouvait le sentir. Il ne connaissait pas suffisamment sa vie pour faire des hypothèses, mais ne serait-ce que de porter des lunettes de soleil dans une pièce d’une maison lui mettait la puce à l’oreille et l’aurait probablement mise à n’importe qui. Il la fixe d’un regard neutre en silence, sans répliquer au premier abord, les bras croisés sur son torse montrant clairement son mécontentement. Si elle n’était pas indispensable en particulier aujourd’hui, il l’aurait congédiée sans état d’âme. Si Jesse avait eu un cœur, il a été piétiné et il a cessé d’être le bon samaritain. Si Ariel a raison, ils sont en train de perdre un temps précieux à se quereller inutilement, il en fait justement état dans sa défense. « Le temps c’est de l’argent. Et au cas où tu ne t’en serais pas rendue compte, j’ai un calendrier à respecter. Quand on me dit d’envoyer dix chapitres dans quinze jours avant dix heures, c’est dix heures, pas onze. » Ses fans s’impatientent, d’autres se sont faits la malle, l’éditeur est en passe de le virer pour se concentrer sur les nouvelles tendances chez les jeunes, les écrivains de fan fictions. Il avait d’ailleurs trouvé un jour quelqu’un qui écrivait une histoire d’amour entre sa propre personne et une adolescente, et ça l’avait choqué. Toutefois, il n’avait pas cherché à la signaler, après tout, chacun exprime sa créativité à sa manière. L’air pyrrhonien de la jeune écrivaine au talent doré face à ses menaces fait écho au manque de loquacité de son interlocuteur qui ne laisse aucune émotion passer, peu impressionnable. « J’ai tous les droits, tu ne respectes pas ton contrat. » Le dialogue entre eux est fermé. C’est à croire qu’ils jouent les sérieux pour ensuite éclater de rire, mais non, Jesse est d’humeur fracassante, parce qu’il se sent au bord du gouffre, et que si la collaboration venait à s’arrêter, il ferait mieux d’aller mettre les pieds dans l’océan pour s’y noyer. Jesse a presque tout perdu. Sa femme, sa fille unique, sa réputation. La seule chose qu’il a conservé c’est le fruit de son travail, son œuvre qu’on vante encore si on omet le dernier opus.

Il lève les yeux au ciel alors que la jeune femme cherche clairement à le faire dégoupiller en poussant au vice la provocation. Ca ne marchera pas. « Je t’en prie, tu peux t’en aller si tu es mieux ailleurs, James. » Mais il doute qu’un employeur la paie autant que lui et supporte en plus son caractère plus que désagréable. En revanche, elle se sent forte parce qu’elle se sait demandée. Il a besoin de son aide et il n’y a qu’elle qui ait réussi à le satisfaire sur l’écriture de son nouveau roman. Même si quelque part c’est aussi insupportable de se dire qu’il est incapable d’écrire ses propres idées et que quelqu’un le fait mieux que lui. Par fierté, il rétorque qu’elle est loin d’être indispensable : « Techniquement, je n’ai pas besoin d’un prête-plume. » Il sait que c’est temporaire, même si le mal dure depuis quatre ans, il est persuadé que ça lui reviendra. Il a peut-être besoin d’un remède différent. Malheureusement, le temps étant compté à l’heure actuelle, il ne peut laisser les jours passer pour faire son deuil. Ariel ponctue leur échange d’une menace qui ne fera jamais sens aux yeux de Gibson. « Tu n’es pas crédible. » Evidemment que non. Elle est attirée par l’argent qu’il lui donne, démissionner c’est en plus de renoncer, ne pas avoir d’indemnités supplémentaires. Il y a un temps pour tout, et visiblement Ariel se radoucit, décide de ranger momentanément l’enfant rebelle pour laisser place à la donneuse de bonnes leçons. Selon elle, Jesse est trop rigide, ne connait pas le lâcher prise.

Elle le tacle habilement en dressant un portrait bien ennuyeux de l’écrivain à succès. Il a quarante-neuf ans, bien sûr qu’il ne va pas se comporter comme elle pourrait le faire. Ils ont presque vingt ans d’écart. Le natif de Melbourne raille alors : « Si je te suis, chez toi c’est le chaos, c’est sale, et tu prévois de demander à ton coiffeur de rater ta coupe pour fuir le sérieux. » Il ne peut négliger son travail c’est la seule chose qui lui reste. Ariel l’apaise instantanément alors qu’elle lui mentionne là où ils s’étaient arrêtés. Elle cache bien son jeu la demoiselle, mais encore une fois, elle l’agace en baillant comme si son livre était d’un ennui tyrannique. « Quoi encore ? Tu trouves pas ça suffisamment bon ? Quid de la piste pour le tromper le lecteur ? Le petit garçon retrouvé au bord de Raby Bay ? Maintenant ou plus tard ? » Pour éviter de perdre son sang-froid, il se focalise sur ce qui l’intéresse : son œuvre. A la demande d’Ariel, il la toise du regard un instant avant de se relever, d’ouvrir la porte et d’interpeler la gouvernante. « Klaudia, s’il vous plait, vous pourriez faire un café pour Mademoiselle James ? » Puis il referme la porte derrière lui en la remerciant. Le café arriverait d’ici quelques minutes. Gibson s’installant en face de la jeune femme, l’observe en silence plutôt que d’accéder à sa requête. Il veut savoir ce qui se trame. « Tu as des ennuis ? » Qu’il l’interroge sans la lâcher des yeux.



☽☽ The desert is calling the emptiness of space. The hunger of a lion is written on your face. A maniac's new love song, destruction is his game, I need a new direction cause I have lost my way.

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Ariel James
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MÉTIER : plume fantôme de jesse gibson, désormais sa seule occupation. les chroniques cinéma, c'est terminé.
LOGEMENT : depuis fin février elle a sa chambre au cottage de robin-hope et martin à logan city, où mulder et scully vivent leur meilleure vie.
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Message(#) Sujet: Re: my strange addiction | jesriel my strange addiction | jesriel EmptyMar 18 Aoû - 2:02



L'ordinaire jeu de pouvoir s'installe et l'expression de colère froide qu'affiche l'écrivain ne fléchit pas, ce qui, presque naturellement, pousse Ariel à résister d'autant plus. Eux deux sont dans une impasse depuis le début, une impasse avec un millier de portes de sorties qu'ils refusent obstinément l'un et l'autre d'emprunter. Mais tenir tête au dieu déchu de la littérature l'intrigue, l'amuse, la fait frémir de ces frissons qui sont réservés à l'adrénaline malsaine à l'origine de nombreuses mauvaises décisions. Elle ne peut ainsi s'empêcher d'exagérer une moue délibérément ennuyée lorsqu'il lui délire son laïus mille fois entendu aux saveurs fades: le temps c'est de l'argent. Et pourtant, Ariel a tout le temps du monde et aucun argent... si ce n'est celui que Jesse lui offre bien généreusement contre son silence qu'il n'avait, de toute façon, pas besoin d'acheter. Et maintenant, il est trop tard: si elle a appris une chose, c'est qu'on ne négocie pas à la baisse. Ariel ne ment pas, c'est contre ses principes -  ou seulement à elle même - et elle apprend de l'éloquence des silences mieux que des ruses du language.  

Dix heures, onze heures, qu'est-ce que ça change? "Ils te passeront tout, Gibson, tu le sais." Elle lui adresse un regard entendu. "Okay, peut-être pas tout, mais une heure de retard, facile." Et puis elle affecte cet air arrogant qui sied si bien à ses yeux verts. "T'es en galère d'inspiration, t'es pas enlisé dans un scandale personnel ou cancelled par twitter. Et tu m'as, moi, pour te sauver la mise." Si sûre d'elle, mais si peu convaincue, au fond. Jesse est le dernier lien qui la rattache à un métier digne de ce nom: même s'il n'en sait rien (évidemment, elle ne lui a rien dit), elle préfère que son secret pas si avouable ne s'ébruite pas et surtout, elle préfère continuer à toucher les confortables indemnités qui lui sont versées pour payer son loyer, son alcool et ses clopes. Mais il ne se déride pas, se contente d'aligner les cold hard facts un à un dans une phrase à la ponctuation finale absolue. "Boring," souffle Ariel en tournant les talons, se détachant du face-à-face qui n'apportera plus rien.

Bla bla bla, la voilà sommée de partir. Elle serait en effet mieux n'importe où, et son lit n'est qu'une option parmi une myriade qui traversent son esprit. Tentée de prendre la perche et de mettre fin à cette session qui s'annonce déjà laborieuse, mais les eaux dans lesquelles elle s'aventure sont profondes et Ariel n'en aperçoit plus le fond ni n'en discerne les gouffres. Un pas de trop et quelque chose lui dit que la mer calme et lisse peut s'ouvrir sous elle et ne jamais la relâcher ; et elle laisse sa fierté s'échapper d'entre ses doigts pour reculer de quelques pas, retrouver la sécurité du rivage sur lequel elle est plus à l'aise pour jouer. Et elle a fait tout ce chemin déjà, elle n'est pas venue pour perdre son temps. Alors, petit miracle s'il en est, elle la boucle en entendant Jesse se réconforter par une rhétorique bancale. Non, techniquement, il n'a pas besoin d'elle. Pour galérer seul devant son écran à faire sortir des mots qui ne s'associent plus, il n'a pas besoin d'elle, pour foutre sa carrière en l'air non plus: car elle lui fera peut-être envoyer ses chapitres à onze heures, mais c'est mieux que jamais. Elle passe une main dans ses cheveux courts, encore une fois se contente de laisser les traits de son visage transmettre ses pensées. La jeune femme se retient de rire, encore. Elle n'a pas l'intention d'être crédible, Ariel: ce pouvoir ne lui est donné que parce-que son interlocuteur lui confère cette crédibilité. "Tu n'en sais rien." Une pirouette qui n'est ni fine ni élégante, mais qui lui permet d'avoir le dernier mot... temporairement.

Car il répond sans temps mort, contre attaque, la renvoie aux contradictions qu'elle trimballe avec son ombre, et elle prend la joute de son adversaire avec une pointe de malice, trop heureuse de ternir encore son propre tableau. S'il voyait l'adorable petit cottage dans lequel elle vit, au milieu de Robin l'arc en ciel et Martin l'aventurier, des plantes, des chats, du soleil et des mille couleurs ; des parfums délicieux et du chaos organisé, il ne le croirait pas. Et son ancien appartement, certes moins fantastique, reste loin du portrait ironique qu'en dresse Jesse. "Exactement - tu m'as bien cernée... Mais il y a des limites à tout. Sauf les cheveux. Je les coupe moi-même." Et le sourire qu'elle lui offre est éclatant tandis qu'elle repousse une mèche rebelle derrière son oreille. En vérité elle laisse des amis les lui couper, mais refuse d'y mettre un soin particulier si elle n'en a pas envie.

Les commentaires de Jesse se font rapidement pressants, les questions affluent et Ariel fronce les sourcils. "Minute, papillon." Et elle sort de son sac à dos le carnet réservé aux séances de Gibson dans lequel elle note les idées qu'il lui transmet. "C'est bon, mais ce n'est pas suffisant. Le lecteur va s'attendre à être trompé. Je pense qu'il faut revenir sur un des éléments du début, attends..." Elle feuillette les pages, soudain concentrée, une ride inhabituelle entre ses deux yeux témoin mirage de son sérieux. "Et la vieille dame du début? On avait jeté ça là un peu pour noyer le poisson, mais si on revenait dessus? Comme Lachie, on s'est laissé entrainer le long d'une piste ou deux alors que la réponse aurait été sous notre nez depuis le début. On ne l'a pas vu: pêché d'orgueil. Qu'en dis-tu?" Elle inspire, intérieurement ravie que sa demande de café ait été acceptée. "Merci Klaudia!" lâche-t-elle avec entrain à l'employée de Jesse. "Quand à Raby Bay, je pense qu'on peut le caser maintenant, ça servira d'électrochoc à Mitchell. Pour faire les connexions entre les éléments. Non?" Le temps qu'elle relève la tête, Jesse est venu s'asseoir en face d'elle et la fixe.

Elle soutient son regard, il ne cille pas.
Tu as des ennuis?

La question la prend de court, et par réflexe, elle fronce les sourcils, hausse les épaules, sur la défensive. "Des ennuis?" Elle répète la question, idiote. "Jesse, j'ai toujours des ennuis." Mais rien de grave, voudrait-elle ajouter - les mots ne sortent pourtant pas, bloqués à l'orée de ses lèvres. "Rien qui ne m'empêche de travailler, si c'est ton souci." Et puisqu'il le faut bien, elle lève les yeux au ciel avant d'insister. "Rien qui ne m'empêche d'arriver à l'heure non plus, si c'est le fond de ta question." Menteuse, menteuse. Peut-être qu'en fin de compte Ariel n'est pas si honnête qu'elle prétend l'être. Et que va-t-elle inventer, que c'est pour le protéger lui, ou pour se protéger elle? "Je gère, de toute façon." Sa dépendance, oui, bien sûr, comme si elle avait jamais pu gérer quoique ce soit. Dans la famille, ce n'est pas leur point fort. "Je ne vois pas en quoi ça te concerne," répond-elle poliment, trop pour ne pas être suspect.

Vivement que le café arrive, la distraction sera bienvenue.




so kiss me now this whiskey on my breath feel the lives that i have taken what little soul that i have left


:toastlol::
 
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Jesse Gibson
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ÂGE : 49 ans depuis peu, le fantôme de la cinquantaine pèse lourd sur sa conscience.
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MÉTIER : autrefois écrivain à succès qui cherche à se refaire une santé.
LOGEMENT : #406 Beachcrest Road, Bayside.
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my strange addiction | jesriel Empty
Message(#) Sujet: Re: my strange addiction | jesriel my strange addiction | jesriel EmptyVen 21 Aoû - 12:35



Ils ont l’air d’opposés dans leurs prises de positions, mais similaires dans cet acharnement sans raison valable que de se faire la guerre. Beaucoup de choses pourraient les rassembler, mais la fierté de Gibson est touchée dans l’emploi de cette jeune créatrice, d’un renouveau qui l’accable dans son vieillissement trop virulent, qu’il en réagit de la pire des manières qu’il soit. Il s’estime au-dessus de son syndrome et pourtant cela fait des années qu’il y est confronté. La source d’inspiration s’est tarie comme l’eau est rare dans le désert. Il a du mal à le saisir parce qu’Ava n’était pas née qu’il avait déjà publié trois romans. Elle a cependant créé un vide si grand au sein de son être, qu’il semble ne jamais pouvoir se refermer. Ses écrits étaient sa seule satisfaction, son seul talent, et à présent, il est à la merci des états d’âme et du bon vouloir d’une jeune femme qui n’a même pas idée de ce qu’est la consécration. Elle abhorre le discours commercial de Jesse, mais il n’est pas de ceux qui courent après l’argent contrairement à ce que son image de Picsou peut renvoyer. Au fond, il veut laisser une trace dans ce monde, et c’est en ayant du succès qu’on le fait. Il est incapable de se lancer dans l’humanitaire, l’homme de lettres, et pourtant, il est déjà venu en aide au plus démuni, mais ce qu’il veut c’est qu’on se souvienne de lui comme quelqu’un qui a réussi. Seul le matériel, le livre, le tangible pourra en attester. Sa carcasse tombera dans l’oubli, mais à travers les époques, on continuera peut-être de lire Jesse Gibson, longtemps après que Jesse Djordjevic ait rejoint les étoiles.

Il soupire l’homme de lettres, parce qu’il ne supporte pas qu’elle puisse penser qu’ils excusent tout. C’est faux. Pour eux, il n’y a aucune cause valable, même pas le décès de sa fille pour ne pas pondre un livre. « C’est ce que tu crois. Si tu es là, c’est parce que je n’ai plus le droit à l’erreur. » Retrouver un éditeur dans ces circonstances est loin d’être chose simple, d’autant plus qu’il n’aurait aucune garantie à leur donner, et il refusait de se séparer de sa maison de Bayside pour tenter de survivre. C’est le seul souvenir d’Ava qu’il possède. Ariel ne peut comprendre ce qu’il ressent. S’il est attaché à sa réussite, c’est aussi pour se prouver qu’il vaut encore quelque chose, qu’il n’est pas juste le meurtrier de sa princesse comme Lana et Auden peuvent le penser. Mais la magie des mots s’est envolée et si Ariel cherche à lui faire entendre qu’il n’y a pas mort d’homme, il cherche à lui présenter la situation sous un autre œil. « Tu ne penses pas que le pire pour un écrivain c’est un manque d’inspiration ? » D’autant plus qu’il y est enlisé, et que malgré tout le talent dont la jeune femme dispose, il préfèrerait retrouver son art et composer dans une pièce, isolé, faisant corps avec ses personnages. « Je préfèrerais écrire mes bouquins. » Ca sonne comme un reproche mais ce n’est que la sincère vérité que le presque cinquantenaire annonce, voire dénonce. Si du haut de son âge avancé, Jesse croit détenir tous les pouvoirs, il est tout aussi redevable qu’elle dans leur relation professionnelle. Alors, malgré les menaces, il prend sur lui, râle sans vraiment agir, parce qu’il sait que s’il la laisse partir, c’est la mort assurée. Pas au sens littéral, mais ce serait la décadence suite à un déclin amorcé et difficile à enrayer. Il décide de passer outre, une fois de plus, dans ce dialogue stérile qui n’amène rien, et qui ne fera pas entendre ses exigences parce qu’elle est bien trop rebelle pour se plier à tout. Il abdique, en lui laissant le dernier mot, pour enfin se concentrer sur ce qui l’intéresse lui : Lachlan Mitchell et ses enquêtes.

Sauf qu’elle l’a piqué au vif, la jeune femme. Elle le trouve ennuyeux, vieux jeu, et il n’aime pas le portrait qu’elle dresse de lui, comme s’il était passé de date, comme s’il était devenu ringard. Il sait qu’il tombe dans l’oubli sur le plan littéraire. Les gens sont maintenant friands de scènes érotiques à la limite de la pornographie afin que le livre devienne un exutoire sexuel. Lui refuse de tomber dans cette littérature de consommation de sensations. Ce qu’il veut c’est permettre à son lectorat d’apprendre à apprécier des univers différents tout en passant un bon moment et faire passer un message. Cela fait-il de lui un écrivain dépassé ? Il s’est parfois demandé s’il ne devrait pas abandonner Lachlan au profit d’un nouveau genre, mais il n’est pas certain d’être plus inspiré. Face aux clichés qu’ils se lancent et l’immaturité de la conversation, le brun aux yeux noirs passe son tour.  « Tu m’en vois ravi. » Sarcasme qu’il n’a pas besoin de dessiner, il se perçoit très bien.

Jesse s’attèle au travail, et il déambule dans la pièce, des idées plein la tête. Ca le tracasse d’être incapable de pouvoir les formater avec grâce pour en faire une œuvre appréciée de tous. Si sa créativité est intacte, pourquoi ne parvient-il pas à aligner les mots ? Les idées fusent, et Ariel temporise, comme une lectrice avisée, elle fait des liens, recherche dans ses notes ce qui différenciera ce tome d’un bon écrit pour le rendre exceptionnel. Il grimace l’écrivain, toujours autant perturbé de s’en remettre à l’avis de quelqu’un d’autre que son éditeur. « Je croyais qu’on avait dit que Constance Heaton s’en sortait finalement et qu’elle décrivait le mauvais suspect ? A moins que ça me soit venu la nuit dernière ?! Peu importe. Tu en penses quoi ? » Il ne sait même plus ce qu’il formule et ce qui reste bien dissimulé dans son cerveau en peine. Il doit admettre cependant, qu’Ariel a des idées intrigantes qui titillent avec ardeur la créativité du maitre australien du polar. Il esquisse un petit sourire, puis une moue contrite, parce qu’il veut que les références emmènent le lecteur sur des pistes bien trop évidentes mais qui sèmeront forcément le doute. « Le péché d’orgueil, je prends si tu me trouves aussi un parallèle à faire avec la paresse, ou l’avarice. » Acquiesçant sur le sort de l’enfant de Raby Bay, il lui fait part d’une confidence. « J’ai songé à ramener le tueur en série du tome 3, celui qu’il n’a jamais coincé. La fausse piste peut venir de cet homme ? » Il avait toujours imaginé que Lachlan ferait face à son pire ennemi dont on révèlerait l’identité dans l’ultime épisode de ses aventures, mais qu’il n’y aurait pas forcément une fin heureuse.

Si leur collaboration allait pour une fois de bon train, la faute au stress auquel Jesse est en proie, il ne lui échappe pourtant pas que quelque chose cloche chez la jeune James. Son côté bon samaritain refaisant surface, il prend le temps d’investiguer. L’homme sait qu’il a lâché une bombe, mais il reste de marbre à la première réaction d’Ariel. Elle lui prête une certaine réflexion, mais il ne bouge pas. En silence, il se contente de soutenir son regard, cherchant à percer derrière cette carapace habile qu’elle s’est construite. « Je ne pense pas que tu gères quoi que ce soit. » Qu’il finit par attester, sans la lâcher du regard. Les yeux d’Ariel cachent autre chose qu’une fatigue prononcée suite à une courte nuit. Elle songe qu’il n’a pas à se sentir concerné, et il rit jaune à cette réplique, retrouvant très vite son air grave. « Ca me concerne parce que tu travailles pour moi. » Et il est catégorique à ce sujet. Ce n’est pas le retard qui le tracasse, c’est ce qu’il y a derrière. Elle n’est que dans la phase un de la dégringolade. Le café arrive dans les mains de Klaudia, qui a doucement frappé à la porte pour s’annoncer, et tandis qu’elle dépose le café sur la table, Jesse ramène de sa main droite le breuvage vers lui. « Tu préfères peut-être un verre de bourbon ? » L’accuse-t-il sur un ton provocant, l’incitant ainsi à lui faire part de ses déboires.




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Message(#) Sujet: Re: my strange addiction | jesriel my strange addiction | jesriel EmptyJeu 10 Sep - 14:53



C'est une stratégie qui fait échec et mat à la décence: aucun ne bouge, c'est un match nul et personne ne veut céder. Peu importe que les arguments de Jesse fassent sens, peu importe qu'il détienne la partie sensible de la vérité de leur rendez-vous. Elle refuse de céder devant lui, de lui accorder un point. Mauvaise foi, jalousie, you name it. Elle ne devrait pas s'en soucier, pense-t-elle alors qu'elle prend les choses beaucoup trop à coeur sans le montrer. Elle a déjà lu ses stupides bouquin, elle a toujours été à l'heure et jusqu'à présent elle a plutôt fait preuve de bonne volonté avec Gibson, allant même jusqu'à partager avec lui quelques moments de complicité - aucun ne s'est éternisé, mais ils avaient réussi à marcher sur le fil suspendu au-dessus du vide, pas tout à fait main dans la main mais presque. Alors pourquoi s'évertue-t-il à chercher la petite bête, pourquoi son visage se mue-t-il en statue de marbre, pourquoi maintenant? Don't ask questions you don't wanna know. Elle se fout de son succès, Ariel, se fout de sa postérité: elle cherche la facilité et le confort de leur arrangement, ne s'inquiète pas des répercussions que la chute du petit protégé de l'Australie pourrait avoir sur elle. Elle devrait, pourtant, car il est sa dernière chance, sa bouée de secours, le dernier phare qu'il lui reste alors que tout le reste s'est éteint. S'il s'éteint, s'il décide de se détourner d'elle alors Ariel est condamnée à l'errance. Mais ça, elle ne le voit pas.

"C'est rigolo, d'habitude c'est plutôt l'inverse. Si je suis là, c'est que les gens ont fait une erreur," murmure-t-elle. Elle n'a jamais été le dernier recours de quoique ce soit. Et elle n'est pas sure d'aimer cette idée. Elle qui fuit la dépendance, elle qui s'enorgueillit de ne rien devoir à personne et de n'avoir personne sur qui veiller, la voilà prise au piège. Elle oscille avec Jesse dans les deux positions et c'est pour cela que leur danse se complique: elle le soupçonne sans beaucoup de doutes de ne pas non plus trouver son compte dans cet arrangement. Ils luttent, ils se repoussent, gravitent autour du trou noir de leur collaboration, refusent tous les deux de l'embrasser pleinement au risque de se voir prendre ce qu'ils chérissent plus que tout: leur indépendance. Il bosse en solo, lui avait-il dit lors du premier entretien. Moi aussi, avait rétorqué Ariel sur le même ton hautain. Voilà à quoi ça les mène, mais aucun des deux adultes ne l'est assez pour abandonner les enfantillages.

"C'est une question rhétorique? Parce-que non, je ne pense pas." Elle hausse les épaules, capte son regard. "Ça va avec le métier, le manque d'inspiration. Je n'ai jamais bossé avec quelqu'un qui était inspiré tout le temps, tous les jours." Evidemment, c'est le principe même de son job - mais elle lui fait confiance pour comprendre son propos. "Je pense que le pire, c'est le manque de motivation. Ou le manque de confiance, ça se discute. Ne pas avoir d'idées, ça arrive, c'est pas grave, elles reviendront. Elles reviennent toujours, même si ça ne prend pas la même forme. Mais ne plus avoir envie, ne plus y croire? C'est fatal. Ça s'installe et ça te tue." Une pause. "Peut-être que t'as pas le syndrome de la page blanche, Gibson. Peut-être que t'y crois plus, à tes histoires. Et si c'est le cas, j'pense pas que ce soit mon génie qui t'aide à y remédier." Heureusement qu'elle n'est pas médecin, qu'elle n'a pas à annoncer leurs diagnostics à ses patients: l'exemple qu'elle vient de donner à son employeur n'est pas brillant, et la touche d'ironie à propos de son génie ne vient pas exactement adoucir le verdict.

Ils se mettent au travail sans transition, et Ariel offre à l'un des rares privilégiés son visage sérieux, son attitude de travail. Elle secoue la tête, fronce les sourcils. Si elle faisait vraiment attention à son apparence, elle s'inquiéterait des rides prématurées que pourraient faire apparaître sa collaboration avec Jesse. "On n'a jamais parlé de ça, mais... Ça peut se faire. À condition de ne pas sur-compliquer la trame, dans ce cas, autrement on a vraiment trop d'éléments. Et ça marche pour le péché d'avarice," acquiesce-t-elle en gribouillant quelques notes dans son carnet. Elle fait de son mieux, s'agite sans s'en rendre compte et fait étalage de son évidente facilité pour le travail d'écriture. Elle aurait pu, elle aussi, devenir une romancière connue et adulée, mais non. Elle préfère devenir l'incarnation du talent gâché, même si, heureusement, son don est plutôt entre de bonnes mains avec Gibson.

La confidence la surprend, la fait sourire malgré elle. "Wait what? Vraiment? Et c'est maintenant que tu me le dis??" L'exclamation enthousiaste tranche avec son comportement jusqu'ici, mais elle entrevoit soudain une myriade de possibilités pour faire revenir le plus grand méchant de la littérature australienne de ces dernières années. Elle ne se souvient plus qu'elle n'est jamais censée avoir lu les livres de Jesse - ou à contre-coeur pour le contrat, et encore moins les avoir appréciés. Mais elle oublie de prétendre, elle se laisse happer par sa franchise, par la possibilité d'avoir quelque chose à voir avec le retour du némésis de Lachlan Mitchell. "Gibson si tu veux qu'on avance il faut que tu me dises ce genre de truc avant, pas alors qu'on a déjà 80% de la trame! Okay, fais péter les idées et ne lésine pas sur les détails."  

Et l'excitation part comme elle est arrivée, un sujet plus sérieux prenant place dans les yeux de l'écrivain. Alors elle soupire ostensiblement. "Sérieux? Tu vas me faire chier pour ça?" Et Klaudia arrive sur ces entrefaites, dépose le café fumant sur le bureau mais avant qu'Ariel ne puisse s'en saisir, la tasse blanche se retrouve entre les mains de Jesse « l'emmerdeur » Gibson, qui, du bout des lèvres, lâche sa petite provocation. Et Ariel mord à l'hameçon, trop habituée à la bagarre pour laisser passer cette occasion. Le gratifiant au passage d'un regard au mépris à peine voilé, elle se cale au fond de sa chaise, bras croisés. On est reparti pour un tour. "Avec plaisir, Gibson. Je pensais pas que t'étais du genre à picoler mais si c'est le cas, je m'en voudrais de refuser." Elle lui sort son plus joli sourire arrogant qui s'apparente très clairement à un doigt d'honneur et tend la main en sa direction pour qu'il lui redonne le café. "Je remplis ma part du contrat, la manière dont je gère ma vie personnelle ne te regarde pas, et encore moins ce que je fais une fois que je passe la porte de ta villa. Si j'ai envie de me prendre une cuite avant dix heures du matin c'est mon problème, okay? Tu peux garder tes accusations pour toi, et surtout file-moi mon café." Les enfants polis disent 's'il vous plaît', mais Ariel n'est rien qu'une enfant terrible et elle compte bien se comporter comme telle jusqu'au bout.




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Jesse Gibson
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ÂGE : 49 ans depuis peu, le fantôme de la cinquantaine pèse lourd sur sa conscience.
SURNOM : Certains l'affublent de son initiale J.
STATUT : divorce amer qu'il regrette mais qu'il sait entériné.
MÉTIER : autrefois écrivain à succès qui cherche à se refaire une santé.
LOGEMENT : #406 Beachcrest Road, Bayside.
POSTS : 273 POINTS : 0

ORIENTATION SEXUELLE : J'aime les jolies filles.
PETIT PLUS : Il se rend sur la tombe de sa fille tous les lundis, même heure, avec le même bouquet.
UN RP ? : Ok mais tu le commences.
RPs EN COURS : birdie ~ ariel ~ dalina ~ ginny ~ may ~ lana ~ madeline ~ auden ~ gregory ~ caroline ~ alice ~
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Message(#) Sujet: Re: my strange addiction | jesriel my strange addiction | jesriel EmptyJeu 15 Oct - 23:27



Gibson est bougon, sans s’expliquer pourquoi. Peut-être est-ce le décalage entre sa décadence et le gâchis qu’il perçoit chez l’apprentie sorcière de la littérature. Ca l’irrite parce qu’il a l’impression de jouer sa vie alors qu’elle ne prend la situation que comme un jeu. Sait-elle juste le pétrin dans lequel il est ou l’ignore-t-elle ? Selon lui, elle n’en a cure de sa situation, c’est uniquement l’aspect pécunier qui l’intéresse. Seulement, l’homme n’est plus une vache à lait et il n’aime pas se retrouver dos au mur tel un pantin qu’elle manipule pour se divertir. Parfois, il se demande même pourquoi elle se donne la peine de venir. Il est frustré parce qu’il voudrait l’envoyer bouler une bonne fois pour toute, lui balançant que son inspiration est revenue et qu’il a écrit son livre en une nuit. Douce illusion, qui effleure pourtant son esprit si déphasé. Jesse n’aime pas Ariel parce qu’il ne la perçoit que comme une fainéante qui ne se rend pas compte qu’elle a de l’or dans les mains. Mais égoïstement, il ne veut pas trop lui faire ressentir qu’elle peut briller de mille feux, ou elle sera celle qui signe son arrêt de mort, le rangeant au titre de classiques de la littérature parmi d’autres reliques. Et pourtant, parfois, il se surprenait à apprécier sa compagnie parce qu’elle était capable de pousser des réflexions aussi loin que la falaise qui marque la fin du monde. Mais leurs visions respectives du monde s’entrechoquent. Et si pour perdurer, pour faire que chacun y trouve son compte, il fallait tout simplement échanger leurs positions respectives ? Plus de lâcher-prise pour l’un, plus de structure pour l’autre.

En tout cas, la chroniqueuse se plaisait à pointer du doigt les manquements de l’écrivain, et il n’avait pas d’autre choix que d’admettre qu’il avait bel et bien commis une erreur. « Dans ce cas, publier un mauvais roman contraint et forcé est peut-être cette erreur. Vous ne seriez pas là si l’erreur n’avait pas été commise. » Erreur de recrutement ? Devrait-il percevoir l’aide de la jeune femme comme néfaste ? Il n’en était plus certain puisqu’il devait reconnaitre que son livre avançait dans la bonne direction. Certes d’une manière inédite, mais peu importait le moyen, seul comptait le résultat. Malgré lui, il abhorrait devoir subir un arrêt bien trop long dans la rédaction de ce qui était son gagne-pain mais aussi son exutoire. « Je n’avais jamais eu ce problème avant. Et puis j’ai des idées, c’est juste que je n’arrive plus à les coucher sur le papier. Et puis, maintenant je suis devenu le dinosaure de la littérature. Les gens préfèrent lire de l’érotisme, tous devenus voyeurs. » Il contredit la jeune femme parce qu’il est persuadé qu’un bon écrivain devrait se nourrir de tout ce qui l’entoure et donc ne jamais voir la source d’inspiration se tarir. Il se redresse cependant sur sa chaise, intrigué par la tirade qu’elle développe et qui contre toute attente captive le presque-cinquantenaire. Toutefois, il n’a pas l’impression qu’elle ait touché juste – ou il fait semblant de ne pas le saisir – et s’évertue à la questionner pour dézinguer son hypothèse. « Pourquoi je m’évertuerais à écrire, si je n’y croyais plus ? » D’autant plus qu’il prend ensuite le temps de l’observer longuement avant de faire une relation de cause à effet. « Toi par contre, tu n’as jamais cru en tes histoires. » Et l’ironie qu’elle a employée le lui confirme. Le regard droit, il tente de la percer à jour, mais quelque chose lui dit qu’il est encore loin du compte.

Au fond, ils ne semblent s’apprivoiser que lorsqu’ils parlent de fiction, comme si c’était plus facile ainsi plutôt que de se fixer sur une réalité qu’ils parviennent que trop peu à maitriser. Elle assure à l’écrivain qu’ils sont en possession de trop d’éléments, et il esquisse un rictus, comme s’il voyait en elle une erreur de jeunesse. « J’ai envie d’un livre où le lecteur se perd, qu’il ne sache plus où donner de la tête pour vivre au rythme de l’enquêteur, toujours en haleine. » Il a envie justement que leurs écrits soient percutants, déroutants, perturbants au point de submerger le lecteur, mais il fait peut-être preuve d’un peu trop de gourmandise en songeant à un tel projet, lui qui est partisan du peu qui fait le plus. Il la regarde faire, un instant. Elle a toujours instantanément pris des notes, et pourtant parfois, il parle beaucoup, bien trop vite, c’est décousu ; Sa logique n’appartient qu’à lui, d’ordinaire, ses carnets sont désorganisés, et pourtant, il y trouve son compte. Aujourd’hui, il fait face à une autre façon de faire.

Il fronce les sourcils alors qu’elle semble plus qu’enjouée à la suggestion qu’il vient de formuler, constatant qu’elle a l’air bien moins rustre et bougonne qu’à l’ordinaire, comme s’il avait attisé une maigre flamme qui avait du mal à rester en vie. Il pose un doigt sur sa tempe, observant à nouveau l’engouement qui transpire du visage de la jeune femme et il en vient à se demander s’il a trouvé la clé pour stimuler un intérêt, animer la jeune femme par un attrait pour la littérature au travers d’une fiction. Mais face à ses reproches insistants, il lève les yeux au ciel et lâche un soupir pour remettre de l’ordre tandis qu’elle s’enflamme. Il n’a pas tant d’idées que cela, sinon, il n’aurait pas besoin d’aide. « Je n’ai pas dit que je voulais qu’il revienne dans ce tome. C’est une suggestion. Au départ je comptais écrire une nouvelle série de livres sur lui, une fois que Mitchell aurait passé l’arme à gauche. » Il s’agit là d’une forte probabilité même s’il est certain que des lecteurs trouveront l’idée abominable. « Oui, après neuf romans sur le vieux briscard il est peut-être temps de changer… » Qu’il détaille, parce que Lachlan s’essouffle tout autant que l’inspiration du génie australien.

Ou comme sa patience face à la rebelle ingénieuse. Elle est tout de suite bien moins agréable, et semble s’insurger de l’attitude de son aîné. « Non. Je ne te laisserais pas mettre à mal mon boulot parce que tu as décidé de te la jouer adolescente rebelle qui croit que l’alcool résout tous les problèmes. » Qu’il tape du poing sur la table. Il est sérieux, et peut-être bien trop paternel sur les bords, mais il ne compte pas lâcher prise. L’insidieuse boisson, il la connait. S’il n’a pas sombré c’est qu’il a vu les dégâts sur autrui. Il déplore que la demoiselle aussi intelligente soit-elle, soit assez influençable pour tomber dans ces déboires, alors qu’il a l’intime conviction qu’elle vaut bien mieux que cela. Il étouffe un rire alors qu’elle retourne la situation pour tenter de s’en échapper. Elle n’a pas son mot à dire sur sa consommation d’alcool, elle serait surprise. « Tu te gâches, t’as même pas conscience de la vie que tu pourrais mener. » Il insiste sur ce point parce que la fatigue de la trentenaire est alarmante.
« Et c’est une faute professionnelle que de venir saoule sur son lieu de travail. C’est écrit dans ton contrat. Ne cherche pas trop à jouer avec moi, James, tu seras perdante. » Parce qu’il n’hésitera pas à la foutre dehors, talent ou pas. « Je ne suis pas une assistante sociale. » Si elle a des problèmes elle les règle en dehors, mais elle ne lui fait pas subir sa déroute. Il repousse le café devant elle et attend sagement qu’elle dise quelque chose.




☽☽ The desert is calling the emptiness of space. The hunger of a lion is written on your face. A maniac's new love song, destruction is his game, I need a new direction cause I have lost my way.

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Ariel James
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Message(#) Sujet: Re: my strange addiction | jesriel my strange addiction | jesriel EmptySam 21 Nov - 18:03



Elle le regarde se débattre, alignant les justifications comme autant d'uppercuts. Croire en ses histoires, ou non. Les erreurs de parcours, celles qui n'ont pu être évitées, celles qui ont été provoquées. Il y a une faille, elle la voit, la survole, plisses les yeux lorsqu'il la mentionne. L'erreur commise - elle peut presque sentir l'importance de ce mot singulier qui reste camouflé sous le reste de la tirade. L'erreur, pas une erreur: l'occasion est trop belle pour passer à côté. Elle prête une attention bien plus précise à la suite de ses mots: je n'avais jamais eu, avant, maintenant. Un avant et un après... le drame. Elle fait fonctionner sa mémoire, tente de rassembler les pièces du puzzle. Ariel est mauvaise détective - c'est d'ailleurs pour ça qu'elle en avait engagé une à sa place - mais fait un effort pour connecter les bribes des choses qu'elle sait sur Gibson: ce qu'il lui a dit, ce qu'on en a dit ; ce qu'elle en a lu, les recherches qu'elle a effectué avant d'accepter son contrat. Keep your friends close and your ennemies closer : sans que Jesse ne soit sa némésis, leur entente n'a jamais été cordiale et d'expérience, Ariel sait placer ses pions. Elle ne renoncera pas devant un peu de chantage, ça, c'est sur. Et l'australienne a beau être moins terrible qu'à une époque, elle n'est pas une enfant de cœur, loin de là.

Son regard dévore Jesse, avide d'informations. Sa posture, sa rigidité, sa sévérité. Et elle se souvient des gros titres des journaux; elle aurait pu percuter avant si seulement son esprit ne se délitait pas jour après jour dans les vapeurs d'alcool - mais peu importe. L'accident, le drame, la perte de sa fille. Gibson sur internet épinglé d'un drame qui a fait une victime et plusieurs dommages collatéraux, dont visiblement, l'inspiration de son employeur. Elle va pour un commentaire un peu acerbe, se ravise à la dernière seconde. À côté de l'ombre de la fille de Gibson qui se dessine en filigrane sous ses mots, elle discerne celle de Skye qui s'échappe de ses pensées, et frisonne. La tempête dans ses yeux verts se calme, on pourrait presque y imaginer un éclair de lucidité. « Que s'est-il passé? »

Et puis elle hausse les épaules, un sourire taquin qui se fraye un chemin sur ses lèvres. « En même temps, un bon roman érotique... Y'a que ça de vrai. J'en ai déjà écrit, d'ailleurs, si vous voulez agrémenter les aventures de Lachlan d'une orgie ou deux. Ou même d'une scène un peu chaude entre l'enquêteur et une jolie témoin... quoi, ça va, je plaisante. Pas la peine de me trucider du regard. » Mais il ne perd pas de temps, trop habitué à leurs joutes. Toi, tu n'y crois plus, lui dit-il. Elle laisse sa question en suspens: après tout, elle n'est pas sa psy. Sa plume fantôme, c'est déjà bien assez. Et ce n'est pas à Ariel de lui dire pourquoi il n'y croit plus, si c'est bien le cas. En revanche... « Non. Moi, j'y ai jamais cru. » C’est ce qui fait la différence.

L'écrivain s'ouvre, s'explique, lui offre un aperçu des tourments qui l'animent vis-à-vis de son œuvre. Elle hoche la tête, l’étincelle de curiosité toujours présente. Ariel n’est pas là pour créer. Au mieux, elle suggère, elle incite ; elle propose ou conseille mais le deal est clair : elle est un support. Gibson est seul maître de son navire et elle ne peut qu’accueillir avec enthousiasme ou indifférence les idées qui naissent dans sa tête. « Ça m’semble tenir la route. Je suis sûre que les lecteurs seraient au rendez-vous. » Y compris elle-même, se garde-t-elle de dire. « Mais je pense qu’il faudrait toujours laisser planer une certaine couche de mystère. Tout le monde aime en savoir plus, mais seulement jusqu’à un certain point. Ensuite, c’est l’overdose, la lassitude, le désintérêt. Entretenir la flamme, tout ça… » L’idée de la mort de Lachlan fait son chemin, et elle penche la tête, la question seulement à moitié sérieuse. « Oh, oh… doit-on prévoir des funérailles ? »

Sérieuse, pourtant, la conversation le redevient vite, et l’éclat du poing de Jesse sur la table ne fait que la braquer un peu plus. « La seule chose que j’mets à mal c’est ton ego, » siffle Ariel. La rebelle s’est muée en serpent, tente de mordre et d’y injecter son venin. « C’est pas la peine de prétendre, Gibson, tu m’connais pas, t’y connais rien. Y’a rien à sauver. » Elle se sait cause perdue, elle a depuis longtemps abandonné l’idée de faire quelque chose. D’être différente, de s’offrir le luxe d’une autre voie. Devant elle, il n’y a plus que la renonciation et une image d’apocalypse et de débâcle. « J’te prierai bien de garder tes leçons de morale pour toi, j'ai pas besoin de tes pseudo-conseils de vie. "La vie que je pourrais mener", non mais je rêve. Occupe-toi déjà de mener la vie que tu pourrais mener, et ensuite viens me voir avec ton air supérieur de mec qu'à tout réussi dans la vie, avec tes privilèges, ton fric, ta popularité. » Elle mord, fort. Ne supporte pas la contradiction, l'autorité, qu'on lui dise qu'elle fait fausse route. Elle le sait déjà, merci. Elle s'y accroche, à suivre les panneaux et les directions qui ne la mènent nulle part. « On est d'accord sur un point, t'es pas assistante sociale, donc lâche-moi. T'as pas la moindre idée de ce qu'est ma vie, viens pas mettre ton nez dedans. » Elle s'empare du café, et le liquide lui brûle les lèvres, la langue, la gorge. Elle accueille la douleur, temporise sa flamme - mais seulement parce-que leur équilibre est fragile. Autrement... « J'ai besoin de personne. Et je suis pas soûle, j'préfère te dire que c'est un autre tableau. »


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Message(#) Sujet: Re: my strange addiction | jesriel my strange addiction | jesriel EmptyDim 29 Nov - 22:46



Jesse se redresse, interdit, face à la question de la jeune femme qui pourrait être sa fille. Il ne veut pas se laisser entrainer sur ce terrain glissant. Il ne lui contera ni ses déboires, ni ce qu’elle doit déjà savoir de près ou de loin. Le fantôme d’Ava pèse trop lourd sur sa conscience pour qu’il se hasarde à lui donner les pleins pouvoirs en insinuant que sa perte d’inspiration est la résultante logique du drame dont il est l’auteur. Au fond, il sait très bien que c’est parce qu’il s’interdit d’écrire en ouvrant son cœur, en laissant exprimer sa rage et tous les sentiments qui s’y rattachent. Il ne veut pas être de ceux qui mettent leur âme dans leurs livres, lui, il veut rester sur le sentier de la fiction, bien plus sûr, l’empêchant de souffrir davantage. Elle n’est personne, la jeune James, elle n’a pas à le pousser à parler. Ce n’est pas un interrogatoire, elle travaille pour lui. Toutefois, Jesse n’est pas de ceux qui mentent pour s’en sortir. Il est plus habile, et son regard noir ne lâche pas le visage doucereux de son employée. Il adopte cet air supérieur qui le rend presque inaccessible, et il finit par prendre la parole : « Je crois que tu le sais déjà, Ariel. » Et c’est tout ce qu’il s’autorise à lui fournir comme information. Il ne lui contera pas la chute monumentale qu’il a infligée à son précédent ordinateur portable, ni les discussions musclées qu’il a eues avec Adam, son agent, dans lesquelles il lui assurait qu’il n’avait besoin de personne et qu’il poursuivrait seul s’il le fallait. Mais surtout, il ne lui confierait pas comme la douleur, même presque cinq ans plus tard était encore vivace, si lancinante qu’il continue de revivre l’accident le soir, le sortant du peu de sommeil qu’il arrive à capter. Il n’en a peut-être plus l’air, l’écrivain, mais il est détruit, errant dans les limbes de la pénitence qu’il s’inflige. Seule sa fierté le fait encore tenir debout. L’homme s’accroche à ses récompenses, aux portraits élogieux qu’on a autrefois faits de lui. C’est une bien maigre consolation, mais c’est la seule raison pour laquelle, Gibson est encore en vie. Il est prêt à tout pour faire perdurer cette image, même si elle est à présent factice.

Au sujet des romans érotiques que l’écrivain trouve pauvres, dénués d’intérêt parce qu’ils ne servent qu’à satisfaire un désir sexuel de plus en plus insatiable ou empêcher les gens de se sociabiliser en usant des livres comme nouvelle source imaginaire de pornographie, il semble consterné que son prête-plume ait déjà de l’expérience dans l’écriture de ce genre aberrant. Ecarquillant les yeux alors qu’elle ose en plus suggérer que ça pimenterait son prochain livre, il rate un battement et la fusille d’un regard déplaisant au possible avant d’insinuer qu’elle est tombée bas et qu’il n’en fera pas de même, malgré l’urgence qui pèse sur sa tête. « S’abaisser à ce niveau, même pour vendre, je ne le ferais pas. » Ne jamais dire jamais, car sous le joug d’une pression de son éditeur, il n’est à l’abri de rien. Il en paie encore les pots cassés aujourd’hui. Toutefois, il ne comprend pas pourquoi Ariel, aussi talentueuse soit elle, soit tout à fait incapable de se faire confiance. Elle mériterait de faire bien plus que plume pour le compte d’autres personnes. Elle plairait d’ailleurs davantage que Jesse de par sa personnalité et son jeune âge. Il en est certain. « Quand on voit ce dont tu es capable, on se demande pourquoi. A croire que ça te convient davantage d’avoir un statut de pigiste. » Il est acerbe, mais ce n’est pas par méchanceté, il tente simplement de réveiller l’âme endormie de la jeune femme.

Quelque chose d’incroyable se passe quand Ariel titille l’inspiration du maitre australien de la littérature. Les idées fusent alors qu’elles n’avaient pas jailli avec tant d’ardeur depuis de longs mois. Elle est perspicace et n’hésite pas à questionner l’auteur ce qui le pousse à envisager plus de détails pour être plus exact. Il ne veut pas être aussi certain qu’elle que ses fidèles lecteurs le suivront. Ils se sont dissociés de lui lors de son dernier bouquin qu’il n’a d’ailleurs jamais considéré comme tel. « Ca reste à voir. Il n’y a pas plus volage que le lecteur. C’est pour cela qu’il faut rester subtil. D’ailleurs, j’aime jouer sur l’incertitude. Le lecteur se sent bête et moi, je jubile. » Il a ce côté hautain parfois, qui transpire parce qu’il sait qu’il manipule son monde par la force des mots. Il arbore un sourire satisfait, sans pour autant dire qu’il est d’accord avec elle. Il tique cependant sur le mot funérailles. C’est comme recevoir une gifle sans avoir commis la moindre faute. Il hait ce mot d’une force, qu’il se refuse de décrire une scène qu’il a lui-même vécue et qui le terrorise toujours. Il balaie donc cette éventualité du revers de la main. « Lachlan n’a que très peu de vrais amis. S’il doit mourir, c’est dans l’anonymat et la désolation la plus totale. » Il n’a même pas d’égard pour son personnage principal.

La conversation dérape bien vite, et Jesse n’en maitrise pas l’issue. Il protège dur comme fer son bien, son empire et n’a que faire de mettre à mal son interlocutrice. Elle ne le respecte pas, il lui réservera le même traitement. Aussi, un rire sarcastique s’échappe de ses lèvres et il continue de ricaner : « Mon égo ?! Tu ne serais pas là si j’avais quelque chose à faire de mon égo. » Croisant les bras sur son torse, il est loin de se laisser impressionner. Elle est mise à mal la jeune femme, il sent qu’il y a des blessures bien trop profondes pour avoir cicatrisé et il persiste en enfonçant le clou. « Ta réaction prouve le contraire. Moi qui me pensais seul, je m’aperçois que personne ne se soucie de toi. » Elle est finalement toute aussi solitaire que lui, probablement pour des raisons différentes. Elle ne s’en tirera pas aujourd’hui en tout cas. Elle ne s’échappera pas. La vipère se plait à refermer ses crocs sur sa proie, mais Jesse se débat comme un beau diable et se veut tout aussi tranchant. « Tu ne te donnes pas les moyens de réussir et tu craches ton venin par jalousie, t’es vraiment désespérante. » Si elle ne veut pas qu’il mette son nez dans ses affaires, comme elle le laisse si bien entendre, elle a qu’à faire preuve d’un peu plus d’intégrité. Si elle savait porter un masque, il n’aurait pas cherché à explorer la brèche. « Alors fais l’effort de la laisser sur le pas de la porte ta vie quand tu viens ici. Sinon tu iras faire la manche ailleurs. » Il n’hésitera pas à la renvoyer comme il l’a fait avec les deux précédents. Qu’elle soit douée ou pas, il n’en a que faire. Jesse n’a pas à subir sa mauvaise humeur et ses problèmes. En conflit avec lui, il semblerait que l’homme autrefois père, ait une réminiscence du comportement de son adolescente, et retrouve le calme pour la mettre face à ses contradictions : « Si tu n’as besoin de personne, que fais-tu ici ? Tu n’apprécies pas qu’on te donne des conditions, mais tu viens quand même, tu ne crois pas à tes histoires, mais tu continues d’écrire. Tu ne le fais pas pour moi, tu te fiches bien pas mal de mon sort. Alors c’est quoi la raison de ta présence ici ? » Il n’en a pas fini avec elle.





☽☽ The desert is calling the emptiness of space. The hunger of a lion is written on your face. A maniac's new love song, destruction is his game, I need a new direction cause I have lost my way.

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