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 how far we've come (helena)

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Max Harper
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ÂGE : Trente ans. Trente ans...?
SURNOM : ...il a déjà eu le droit à Maximilian.
STATUT : Célibataire distrait, ses parents attendent son mariage comme d'autres le Christ. Trop occupé à... s'occuper.
MÉTIER : Ex-futur danseur professionnel ayant mis ses ambitions entre parenthèses, gestionnaire de portefeuilles fortunés, le nez dans les chiffres. Drôle de parenthèse.
LOGEMENT : #42 Spring Hill, un loft trop grand pour une personne où traine toujours une enceinte allumée ou un bruit de cuisine, pour éviter le silence.
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ORIENTATION SEXUELLE : J'aime tout le monde.
PETIT PLUS : danser sinon rien • (rien ?) • cordon bleu, épris de cuisine, virtuose de la saveur • trop honnête, fuit les questions • comme un flottement existentiel • il n'y a pas de fatalité • dépérit dans son boulot sans s'en rendre compte • deuil inachevé du suicide de l'ainé, maquillé en accident par lui-même • amoureux de la vie • violemment optimiste • manque cruellement de sommeil • bienveillance mêlée d'exigence • porté par un idéal invisible • plus de silence depuis les acouphènes
UN RP ? : Seulement si nous avons un lien.
RPs EN COURS : how far we've come (helena) Giphy

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RPs EN ATTENTE : diana
AVATAR : Aaron Taylor-Johnson
CRÉDITS : voluspa (avatar), bat'phanie (code signature)
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INSCRIT LE : 26/08/2020
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Message(#) Sujet: how far we've come (helena) how far we've come (helena) EmptyMer 9 Sep 2020 - 21:48


La montre qu’il porte à son poignet, purement accessoire, le costume impeccable, les deux cafés matinaux, tout y est comme s’il était au boulot ; à la nuance près qu’il ne se rendait pas au bureau. Pas de rendez-vous, de réunions, de téléphone qui sonne à tout bout de champ, de clients ; il avait reçu l’autorisation de ne pas se soucier de son portable professionnel en sa qualité… d’intervenant. A vrai dire, Max était à peu près sûr qu’on avait proposé la besogne à tous ses collègues avant qu’elle ne finisse par retomber sur lui. Trop bonne poire pour refuser, il était tombé dans le guet-apens sans crier gare, au grand soulagement de son patron ; et le trentenaire, tout sourire, de demander poliment en quoi consistait la mission qu’il avait acceptée. De l’insertion professionnelle, vous voyez… Pour des jeunes… Ça me rendrait vraiment service que vous y alliez, leur parler de ce que vous faites, de comment vous en êtes arrivé là… N’est-ce pas ? Ce ne sera pas très long, puis je sais que vous saurez leur parler ! Sans relever le sourire jaune de son patron, il avait hoché la tête, lâché quelque chose de digne de son statut d’employé du mois, avant de retourner dans son bureau, pensif. Les journées étaient passées, d’un quotidien immuable, sans qu’il n’y pense plus, ayant déjà assez de son emploi du temps pour s’occuper inlassablement le cerveau.
9/10, 15:30, Toowong. Il arriverait en avance — il arrivait toujours en avance, question de professionnalisme, imprégné d’excessive ponctualité par de trop nombreux rendez-vous. Dans la voiture qu’il conduisait à l’adresse communiquée, Max n’avait pas d’appréhension particulière, du moins s’en convainquait-il au fil des rues… il lui était arrivé de parler devant des publics plus larges et plus impressionnants que ce qui l’attendait là. Des cadres, des entrepreneurs, parfois des gens plus compétents que lui auxquels il devait donner l’impression d’en savoir plus qu’eux. Mais des jeunes à l’aube d’une formation… restaient un cas particulier. Oh, il était l’homme de la situation ; il saurait sur le bout des doigts récapituler les moindres subtilités de son travail de sorte à le rendre compréhensible, énumérer les accès, les débouchés, la croissance du secteur sans souci — il avait des statistiques plein la tête comme s’il devait présenter un plan gouvernemental ; il lui suffirait, pour compléter le tout, de répondre avec enthousiasme quand on lui demanderait pourquoi il avait choisi la voie méconnue de gestionnaire de patrimoine. Puis là, il broderait avec talent une tapisserie idyllique de son métier, où coïncidaient la possibilité d’évolution professionnelle, la responsabilité, le contact humain et le confort de vie. Calibré sur le mode boulot de son esprit, Max n’avait plus qu’à laisser tourner la machine ; peut-être de petits financiers en puissance, dans l’assemblée, lui donneraient cette attention qui galvanise l’acteur sur scène et lui fait oublier qu'il joue un rôle.

C’est là. Des couloirs méconnus se succèdent sans lui donner d’indication ; quelqu’un lui donne un itinéraire, trop rapidement pour qu’il le retienne, mais il finit par trouver ce qui ressemble au bon département du bâtiment à force de s’orienter. Salle B12. (Si sa mémoire ne lui faisait pas défaut.) L’absence de personnel pour le guider le laisse face à ses pensées, dans cette pièce servant visiblement d’antichambre à celle où se déroulerait la conférence. Le brusque silence fait renaître une diffuse vibration sonore dans son oreille ; il s’efforce de s’en distraire en pianotant des ongles sur la table. Max du boulot était trop concentré pour laisser l’acouphène le tenailler. Ses yeux, glissant sur le mobilier, les affiches criardes placardées ici et là, s’assombrissent cependant de temps à autres. Il regarde sa montre sans retenir l’heure, doit s’y reprendre à deux fois, avant de se décider à consulter son portable. Divague en questions. Quel âge avaient les jeunes ? Combien d’entre eux réprimaient un danseur, un comédien ou un explorateur en eux ? Combien auraient les yeux qui brillent en écoutant sa présentation irréprochable leur peignant une vie équilibrée, lucrative, ambitieuse et utile ? Combien d’autres étoufferaient un bâillement devant cet homme venu leur parler de chiffres abstraits, de gestion d’argent et de cours du marché ?
« Excusez-moi, est-ce que vous sauriez quand… » « Je sais pas, c’est pas moi qui gère, » lui répond l’homme qu’il vient d’interpeller, passant en bourrasque devant lui. Parfait. Le voilà bien avancé. Il est de nouveau seul, mais entend des pas, une vague effervescence ; la porte s’ouvre de nouveau. Peut-être daignera-t-on enfin le renseigner... il se retourne, décidé à ce qu’on ne lui file pas entre les doigts cette fois. « Oui, excusez-moi mais il faut vraiment que je sache l’heure à laqu— » Mais l’air sérieux et inquiet qu’il avait préparé pour interroger le prochain arrivant s’évanouit devant la figure qui fait irruption dans la pièce. Et Max n’est pas de ceux qui oublient un visage, même longtemps après, chargés par le temps et la vie. C’est d’abord la confusion qui domine en lui — « …pardon, on se connait, non ? » — puis un rire nerveux lui échappe, tandis qu’il se demande combien, combien d’années avaient passé depuis qu’Helena et lui avaient servi dans ce restaurant de l’est de Brisbane pour subsister. Elle, ici, comment, pourquoi… cette étrange boucle temporelle le cloue sur place plus que de raison, peut-être en raison du contexte qui l’amenait ici. Et le Max du boulot ne peut s’empêcher de faire une place au Max du passé, qui ne se serait jamais imaginé en prenant les commandes parler de finance à des gens… de l’âge qu’il avait quand il était serveur avec Helena, sans diplôme, parfois sans emploi.

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Helena Horowitz
Helena Horowitz
l'amoureuse des mauvais choix
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ÂGE : 31 ans
SURNOM : Lena
STATUT : célibataire, abonnée aux mauvais garçons
MÉTIER : Coordinatrice au sein d'un Service de Volontariat
LOGEMENT : Fortitude Valley, 113 Oxlade Drive
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ORIENTATION SEXUELLE : J'aime les beaux garçons.
PETIT PLUS : Est la plus jeune de sa fratrie et est très proche de son grand-frère protecteur * Vient d’une famille de forains * Adore la lecture et les voyages, même si elle n’a pas encore quitté l’Australie * Croit aux secondes chances * Candide, elle est toujours attirée par les mauvais garçons * Commence à penser à fonder une famille avec un type bien
UN RP ? : Pas dispo pour le moment.
RPs EN COURS : Tommy * Adèle * Evan * Wim * Keith #2 * Danika #2 * Martin * Isaac * Auden #4 * Tamsin * Dayton * Jessian #2 * Max * Cody * Matthias
RPs TERMINÉS : Keith #1 * Auden #1 (fb) * Parrainage vert - Auden #2 * Auden #3 * Danika #1 * Love * May * Jessian #1 * Dimitri
AVATAR : Jessica Stroup
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DC : Le charmeur Zachary Taylor
INSCRIT LE : 26/04/2020
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Message(#) Sujet: Re: how far we've come (helena) how far we've come (helena) EmptyMar 15 Sep 2020 - 22:12



@Max Harper - Helena Horowitz


Helena pestait en se dirigeant vers la salle d’accueil des intervenants. Elle pestait, car elle détestait qu’on lui envoie des gens auxquels elle n’avait jamais parlé. Quand la jeune femme se rendait dans une entreprise, une école, une université, elle aimait rencontrer la personne qui parlerait aux volontaires qu’elle encadrait. Elle aimait prendre le temps d’expliquer son métier, le but de la présentation, son déroulement. Elle voulait que l’intervenant adhère au projet, soit motivé, ait réellement envie de partager son métier avec des jeunes gens. Mais quand elle avait fait appel à cette entreprise de gestion de patrimoines, on lui avait dit qu’on lui enverrait quelqu’un à l’heure et au jour demandé. Bon, c’était mieux que rien. Déjà, une personne viendrait expliquer son métier, qu’un jeune volontaire avait souhaité découvrir. Au début de l’année de service civique, Helena demandait aux jeunes qu’elle encadrait de donner quelques professions qu’ils voudraient découvrir parce qu’ils envisageaient de l’exercer. La brunette se chargeait ensuite de trouver des intervenants pour aiguiller les jeunes. Il y a quelques mois, l’un d’entre eux avait exprimé le désir de devenir gestionnaire de portefeuilles. Helena avait ainsi trouvé quelqu’un qui pourrait faire découvrir à tous, elle y compris, ce métier méconnu.
La jeune femme resta figée, la main sur la poignée, face à ce visage familier, mais si lointain.

« Oui, excusez-moi mais il faut vraiment que je sache l’heure à laqu… pardon, on se connait, non ? »

Un sourire illumina le visage d’Helena qui referma la porte derrière elle.

« Max ! C’est toi, le gestionnaire de portefeuilles envoyé par son entreprise ? Je … je ne pensais pas te revoir … ici … comme ça … »

Elle se reprit, ouvrant les portes d’un placard abritant une machine à café.

« Je suis ravie ! Ca fait quoi ? Environ 10 ans ? Café ? »

Comme à l’époque, les mots franchissaient immédiatement les lèvres d’Helena, sans qu’elle ne les retienne. Elle jeta un coup d’œil à sa montre, grimaçant.

« J’ai 36 000 questions à te poser, comme tu peux t’en douter, mais on a 10 minutes avant que ne débute ton intervention, alors je vais essayer de rapidement t’expliquer les choses. Je bosse pour une association qui encadre des jeunes en service de volontariat. Ce sont majoritairement des jeunes en décrochage scolaire, entre 17 et 21 ans, qui effectuent pendant un an des missions de bénévolats. En parallèle, l’association tente de réinstaurer un cadre pour eux, avec des horaires à respecter, des contraintes, etc … et de leur faire découvrir des métiers et des formations, pour les intéresser à nouveau à l’école. Le but étant qu’à la fin de l’année, ils aient une idée de ce qu’ils voudraient faire dans la vie, et qu’ils arrivent à intégrer la formation adéquate. »

Helena se prépara un café et en avala quelques gorgées, faisant une pause dans son monologue.

« Ils seront 30 en face de toi. Ce n’est pas très formel. Ca dure environ une heure. Tu peux commencer par exposer les études que tu as faites, puis expliquer ton métier, ton quotidien. Sois franc, ce qu’ils veulent, c’est connaître la réalité. Ils vont rapidement te bombarder de questions, notamment sur ton salaire, ou le plus gros portefeuille que tu gères, ou le truc le plus insensé que tu aies eu à faire … Bref, ce sont des jeunes, qui ont envie de comprendre ce que tu fais, pour savoir s’ils pourraient se lancer là-dedans. »

La brunette dévisagea l’homme en face d’elle, détaillant son visage, tentant de repérer les évolutions qui auraient pu intervenir en 10 ans.

« Je serai non loin de toi, captivée par tout ce que tu diras, parce que j’ai très envie d’en savoir plus ! Et s’il y a un blanc, je relancerai les questions. »

Elle jeta un nouveau coup d’œil à sa montre en attendant les jeunes à côté faire de plus en plus de bruit. Encore quelques instants, et ils devraient aller dans la pièce à côté. En un temps record, la jeune femme avait expliqué son métier, le but de l’association, la mission de Max. Mais son esprit était ailleurs, focalisé sur le passé, désireux d’en apprendre plus sur le présent, sans savoir par où commencer.


L’amour ne veut pas la durée, il veut l’instant et l’éternité.
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Message(#) Sujet: Re: how far we've come (helena) how far we've come (helena) EmptyDim 20 Sep 2020 - 22:56


« Moi non plus, c’est vraiment… étrange, » qu’il lâche sans trouver de mot plus éloquent, la voix étouffée. C’était peut-être le cliché le plus désespérant auquel il pouvait penser à cet instant, mais le hasard faisait bien les choses. Des visages qui s’éloignent ; on se dit qu’ils ont fait partie de notre vie, que les chemins se séparent, et on ajoute d’autres clichés encore ; mais les forces de l’aléatoire sont plus fortes encore que celles du destin. Le mystérieux mécanisme selon lequel les existences s’entrecroisent, imprévisible, laissait les tentatives de prédiction sur le bord de la route. Et à la surprise désagréable qu’avait été cette intervention, s’ajoutait la surprise agréable de croiser quelqu’un qu’il n’avait pas vu depuis si longtemps. « Je suis ravie ! Ça fait quoi ? Environ 10 ans ? Café ? » « Un de plus ou un de moins, » accepte Max en souriant, songeur, essayant de s’imaginer comment une décennie entière avait pu lui filer entre les doigts sans qu’il ne s’en aperçoive. Dans la bouche d’Helena, cela ne faisait que deux simples mots ; dix ans ; mais dans la réalité, dix ans… ! Le temps, comme du sable, demeurait indomptable. Il avait vingt ans la dernière fois qu’il avait vu Helena, dix fois trois-cent-soixante-cinq jours, au moins. C’était dément. (S’étonnait-il vraiment de quelque chose d’aussi évident, d’aussi mathématique ?) Il ne l’aurait jamais admis à voix haute pour ne pas briser le fragile oiseau de verre euphorique du moment, mais Max se sentit brusquement vieux. Très vieux. (Vieux comme quand on regarde les gens plus vieux et qu’il nous paraît que nous, on y échappera.) Même s’il n’avait que trente ans et toute la vie devant lui, comme disaient ceux qui n’étaient pas sujets à l’angoisse. Comme il se disait aussi, dix ans plus tôt. « J’ai 36 000 questions à te poser, comme tu peux t’en douter, mais on a 10 minutes avant que ne débute ton intervention, alors je vais essayer de rapidement t’expliquer les choses. » Max avait voulu du renseignement, il avait largement plus que ce qu’il demandait ; connaissant l’énergie entrainante d’Helena, il pouvait être sûr que rien ne serait épargné dans la présentation consciencieuse qu’elle lui fit de l’intervention. Tandis qu’une partie de lui se concentrait sur les informations cruciales, hochant la tête, l’autre ne pouvait s’empêcher d’errer quelque part entre aujourd’hui et une décennie plus tôt, d’essayer de mesurer l’ampleur de ce qui les séparait de ce temps de petits boulots, d’insouciance. Quelle surprise, Max, le temps passe, on change, les choses changent ; la vie. Ce n’était pas censé lui faire un tel effet. Et pourtant quelque chose en lui semblait à vif devant cette réalisation immensément banale, presque puérile. « C’est génial, » réagit-il à la description de l’association. « On aurait peut-être eu besoin de ça à l’époque. » Ou encore maintenant, qui sait. « Ils seront 30 en face de toi. Ce n’est pas très formel. Ça dure environ une heure. Tu peux commencer par exposer les études que tu as faites, puis expliquer ton métier, ton quotidien. Sois franc, ce qu’ils veulent, c’est connaître la réalité. » Il serait franc, évidemment. Chez Max se confondaient l’apparence et le réel ; si bien qu’il ne mentirait pas en disant qu’il faisait un boulot absolument épanouissant et plein d’opportunités. Ce qui était factuellement faux, sauf dans la vision édulcorée que se faisait Max de sa propre vie. Qu’Helena ne s’inquiète pas, il était rompu à l’exercice. Trente jeunes ou deux cents, ça faisait tellement longtemps qu’il faisait semblant. Et qu'il y croyait lui-même. « Je vais essayer de limiter mon pouvoir de persuasion, histoire d’en laisser un peu pour les autres métiers, » qu’il lâche avec un rire, un peu pour relâcher la pression, beaucoup parce qu’il sentait le moment fatidique approcher à grands pas. « Je serai non loin de toi, captivée par tout ce que tu diras, parce que j’ai très envie d’en savoir plus ! Et s’il y a un blanc, je relancerai les questions. » « Si j’avais su que tu… ah, les questions après ! » Sont les derniers mots qu’il adresse à Helena avant de pénétrer dans la salle où trente têtes plus ou moins dispersées attendaient patiemment sa venue.

L’ordre est rapidement mis dans ses idées, et une fois que le silence tombe autour de lui, le trentenaire entame sa présentation. « Bonjour à tous, je m’appelle Max Harper ; je travaille depuis cinq ans en tant que gestionnaire de patrimoine, ce qui signifie que je conseille des particuliers ou des entreprises dans leurs placements financiers, immobiliers, la gestion de leur richesse. Peut-être que l’image que vous avez de la finance est assez froide, et que vous pensez que ceux qui y touchent le fond essentiellement pour l’argent ; mais il est assez compliqué de supporter le rythme de travail si vous ne vous intéressez pas à vos clients, aux secteurs avec lesquels vous travaillez, au côté humain de la profession. Pour commencer… » Aussi à l’aise qu’en réunion — d’autant plus que personne en face n’était qualifié pour le licencier —, Max argumente tranquillement son exposé, plus ou moins en pilote automatique, d’autant moins concentré sur son propos qu’encore absorbé par la rencontre de sa vieille amie. (Il cochait en même temps les cases de ce qu’il devait dire dans sa tête. L’université de Brisbane… les études… la facilité de recherche d’emploi… la concurrence…) Elle était donc responsable de cette association ? Depuis quand ? Un boulot stable ? Son boulot de rêve ? (Le turn-over incessant… les banques, les entreprises, les gros clients… les heures supplémentaires… les qualités requises…) Lui avait pris, après tout, la voie la plus conventionnelle vers le destin de jeune cadre diplômé. Il savait que la fac n’avait pas été la tasse de thé de la jeune femme. A vrai dire, pas la sienne non plus ; il s’était forcé. Mais ce n’était peut-être pas la chose à préciser devant des jeunes pleins d’espoir en l’avenir — et d’autant plus s’ils ne l’étaient déjà plus. (Le salaire variable… les commissions… le côté touche-à-tout… le contact humain… les liens avec les autres métiers de la finance…) Et dans dix ans, ces visages qui l’observaient, que seraient-ils devenus ? (La journée-type ; les rendez-vous, le suivi des cours, les coups de fil, les dossiers, encore les rendez-vous, les tonnes de café… la responsabilité… le confort de vie… même si ça ne suffisait pas à l’épanouissement, c’était un plus…) « …et c’est à peu près comme ça que peut se dérouler la vie d’un gestionnaire de patrimoine jusqu’à ses trente ans. » Il se retient d’ajouter ‘après cette date, je ne garantis plus rien’, et balaye du regard la petite assemblée, puis cherche les yeux d’Helena, ne sachant pas vraiment, à force de songerie, si sa prestation avait convaincu qui que ce soit. « Des questions, peut-être ? » Hasarde-t-il en fixant son regard sur les plus attentifs des jeunes ; qu’ils se rassurent, à leur âge, Max ne voulait pas devenir gestionnaire de patrimoine non plus.

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CRÉDITS : Libella - Graphiorum - may0osh
DC : Le charmeur Zachary Taylor
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Message(#) Sujet: Re: how far we've come (helena) how far we've come (helena) EmptySam 26 Sep 2020 - 23:03


@Max Harper - Helena Horowitz


Helena sert un café à Max et lui explique le but de l’association et l’objet de son intervention. Elle est rôdée. Elle sait parfaitement quoi lui raconter. Elle l’a déjà fait des dizaines et des dizaines de fois. Rien que cette année, ils ont déjà accueilli un journaliste, un dessinateur, un peintre en bâtiment, une secrétaire médicale … Tous les métiers que les jeunes bénévoles rêvaient de découvrir, Helena se donnait pour mission de les faire venir. Le job de la jeune femme se partageait donc entre l’encadrement des jeunes, à qui elle devait fixer des objectifs, réapprendre à travailler, et trouver des missions de bénévolat, et entre le démarchage des intervenants. La brunette travaillait ici depuis plus d’un an, presque un record pour elle, et adorait, comme ses collègues, encadrer une trentaine de volontaires, des jeunes désireux de s’accrocher à nouveau au système scolaire et de s’en sortir. Max réagit avec enthousiasme à la description de l’association.

« C’est génial. On aurait peut-être eu besoin de ça à l’époque. »

Helena rit : Max ne savait pas à quel point il avait raison.

« A qui le dis-tu ? Moi qui tiens toujours rarement plus d’un an au même endroit, j’aimerais qu’on m’aide à trouver quoi faire de ma vie. »

Elle haussa les épaules en souriant.

« Mais peut-être que c’est ça, ma manière de faire les choses. Trouver quelque chose qui me plait sur le moment, m’y investir réellement, puis trouver d’autres ambitions à réaliser … Peut-être que je finirai par me poser un jour, ou pas. »

C’était l’heure. Helena donna les dernières consignes à un Max confiant.

« Je vais essayer de limiter mon pouvoir de persuasion, histoire d’en laisser un peu pour les autres métiers. »

La brunette rit, se rapprochant du jeune homme. Elle posa ses mains sur son torse, enlevant sur son costume une poussière imaginaire, plongeant un instant son regard bleuté dans celui de son vieil ami. Elle lui sourit avant de s’éloigner vers la porte.

« Tu vas très bien t’en sortir, j’en suis certaine. »

Arrivés dans la salle, Helena présenta rapidement l’intervenant du jour aux bénévoles puis alla s’installer avec les jeunes, laissant Max détailler sa vie professionnelle. La jeune femme redoublait des efforts pour rester concentrer. Après tout, c’était son métier. Et elle rêvait également d’en apprendre plus sur Max, son parcours, ce qu’il était devenu … Mais une partie de son esprit divaguait vers le passé, un passé lointain, vieux de dix ans, dans lequel Max et Helena étaient deux jeunes gens perdus, des serveurs fauchés aux rêves inatteignables. Ou en était aujourd’hui le jeune homme de ses aspirations ? Avait-il trouvé sa voie dans la finance ? Helena n’aurait jamais parié qu’il se lancerait dans cette voie, mais il semblait en tout cas l’expliquer avec enthousiasme aux jeunes.
Le regard de Max qui croisa le sien le ramena dans le présent, alors qu’il terminait ses explications.

« Des questions, peut-être ? »

Helena parcourut les jeunes du regard. Elle les savait motivés et curieux, et ne fut pas déçue de voir plusieurs mains se lever. Elle jeta un regard vers Max, qui semblait maîtriser la situation, et se contenta donc de rester en retrait pour l’instant, pendant que les questions fusaient.

« Combien pèse votre plus gros client ? »
« Quel est le placement ou l’achat le plus extravagant que vous ayez dû faire ? »

Un sourire s’afficha sur le visage d’Helena. Les jeunes qu’elle encadrait étaient curieux, et ne se limitaient pas dans les questions qu’ils posaient.
Pendant de longues minutes, la jeune femme laissa les échanges se poursuivre. Elle se leva ensuite pour rejoindre Max.

« Une dernière question, et on devra s’arrêter. Max … Monsieur Harper, a certainement beaucoup de travail à réaliser encore aujourd’hui. »

Helena rougit, légèrement gênée d’avoir ainsi dévoilé qu’ils se connaissaient. Elle désigna le bénévole qui pourrait poser l’ultime question et laissa l’échange se poursuivre avant de reprendre la main.

« Bien. Merci à vous Monsieur Harper pour cet exposé très enrichissant. Merci pour le temps que vous nous avez accordé. »

Elle se tourna vers les jeunes, poursuivant en souriant.

« Merci pour votre attention. Vous pourrez y aller quand vous aurez rangé la salle. Je vous rappelle qu’on se retrouve demain ici-même à 8H30 pour débriefer l’intervention de ce jour puis on parlera de la prochaine mission de bénévolat. »

Les jeunes se levèrent dès qu’Helena eut finit de parler, rangèrent à la hâte et quittèrent la salle bruyamment. La brunette se retourna vers Max, et demande pleine d’espoir.

« Tu as encore un peu de temps pour un verre, ou tu dois retourner bosser ? »

Elle lui sourit, l’observant attentivement, comme pour chercher les différences entre le Max d’aujourd’hui et celui du passé.

« J’ai bien écouté ton intervention, mais j’ai toujours mes 36 000 questions à te poser. Ok, peut-être seulement 35 999 maintenant ! »




L’amour ne veut pas la durée, il veut l’instant et l’éternité.
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