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 And one man in his time plays many parts (rory)

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Max Harper
Max Harper
les hautes espérances
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ÂGE : Trente ans. Trente ans...?
SURNOM : ...il a déjà eu le droit à Maximilian.
STATUT : Célibataire distrait, ses parents attendent son mariage comme d'autres le Christ. Trop occupé à... s'occuper.
MÉTIER : Ex-futur danseur professionnel ayant mis ses ambitions entre parenthèses, gestionnaire de portefeuilles fortunés, le nez dans les chiffres. Drôle de parenthèse.
LOGEMENT : #42 Spring Hill, un loft trop grand pour une personne où traine toujours une enceinte allumée ou un bruit de cuisine, pour éviter le silence.
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POSTS : 64 POINTS : 30

ORIENTATION SEXUELLE : J'aime tout le monde.
PETIT PLUS : danser sinon rien • (rien ?) • cordon bleu, épris de cuisine, virtuose de la saveur • trop honnête, fuit les questions • comme un flottement existentiel • il n'y a pas de fatalité • dépérit dans son boulot sans s'en rendre compte • deuil inachevé du suicide de l'ainé, maquillé en accident par lui-même • amoureux de la vie • violemment optimiste • manque cruellement de sommeil • bienveillance mêlée d'exigence • porté par un idéal invisible • plus de silence depuis les acouphènes
UN RP ? : Seulement si nous avons un lien.
RPs EN COURS : And one man in his time plays many parts (rory) Giphy

raph (fb)robinhelenaroryclémentsixtinejack
RPs EN ATTENTE : diana
AVATAR : Aaron Taylor-Johnson
CRÉDITS : voluspa (avatar), bat'phanie (code signature)
DC : /
INSCRIT LE : 26/08/2020
https://www.30yearsstillyoung.com/t33512-first-we-take-manhattan-then-we-take-berlin-max https://www.30yearsstillyoung.com/t33619-this-life-is-more-than-just-a-read-through-max https://www.30yearsstillyoung.com/t33651-max-harper

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Message(#) Sujet: And one man in his time plays many parts (rory) And one man in his time plays many parts (rory) EmptySam 12 Sep - 22:54



La propreté maniaque semblait être un trait héréditaire chez les Harper. A défaut de pouvoir empêcher le sentiment d’appartenance familiale de s’éroder, Max se sentait au moins chez lui par ce soin délirant de mettre chaque chose à sa place, et que chaque chose soit impeccable — le tout formant un tableau de confort bourgeois tout à fait stéréotypé. Il n’avait eu le temps que d’échanger les familiarités habituelles avec ses parents qu’Allie Harper lui désigne les assiettes d’un geste entendu. En les plaçant sur l’éternelle table, il croise le regard d’Alana, occupée à aligner couteaux et fourchettes ; ça suffit comme salut à la fratrie. « On est combien ? » « Deux, deux, les Winston, deux, la voisine, l’oncle Ernest, Fanny, neuf… on met un couvert pour Paul s’il se libère pour venir… Rory vient cette fois ? » Max ne relève pas le cette fois appuyé de sa sœur ; trop occupé à voir défiler les visages et les bourdonnements qui servaient de voix aux Fanny, Ernest, et autres Paul qui avaient leurs entrées au théâtre Harper ; trop occupé aussi à se demander ce qu’il avait mérité pour finir sa journée à 19h pour enchaîner sur un deuxième marathon. « Rory vient, oui, » lâche-t-il distraitement tout en achevant le placement des serviettes. Le fumet d’oie qui l’agresse lorsqu’il passe dans la cuisine lui rappelle que son seul plaisir des dîners familiaux — mettre la main aux fourneaux — lui avait été ôté par ses heures supplémentaires. « Max, tu peux aller me déposer ça sur la table ? Je suis dé-bor-dée, ton père aussi a fait des siennes pour rentrer plus tard et je n’ai pas fait le quart de ce que je voulais ! » Le trentenaire s’empare machinalement du saladier qu’on lui tend, sans prendre la peine de répondre à une des stratégies les plus usées de sa mère ; faire croire qu’elle avait tout préparé à la dernière minute et que personne ne l’avait aidée afin de récolter le maximum de compliments. Oh, Allie, il ne fallait pas… mais regardez tout ce qu’elle a fait, elle est folle… mais non, ce n’est rien, j’ai fait ça très vite, et puis… Il secoue brusquement la tête. Pourquoi s’infliger d’avance ce à quoi il allait avoir le droit dans un peu moins d’une heure ? « Max, il manque une chaise, Alana, passe un coup de fil à Paul, Spencer, ouvre un peu la fenêtre qu’on respire… » Les ordres fusent, les serviteurs s’agitent dans les vapeurs de nourriture. Petit à petit, l’effervescence tombe, et après deux rappels à l’ordre — « Max, c’est pas le moment de s’asseoir, aide-moi un peu ! » — plus personne ne se soucie du jeune homme assis sur une chaise. Alana est allée faire de même dans le salon. Il faut se rendre à l’évidence ; comme d’habitude, on n’est pas en retard, mais en avance, malgré tous les calculs d’Allie pour faire croire à une situation de crise. Tout à l’heure, quand arriveront les premiers invités, il faudra sauter de son siège, se donner l’air étourdi par l’action et ouvrir la porte d’un air surpris — « On ne vous attendait pas si tôt ! » — alors que l’oie, excellente par ailleurs, refroidissait. En attendant, Max n’était qu’un type devant une table remplie à ras bord dont toutes les chaises étaient vides. Il est encore dans sa chemise de travail. Il n’a pas de vêtements ici. Il n’a pas envie d’en chercher, encore moins d’en trouver. Son dernier rendez-vous de la journée s’est mal passé ; il y a pensé tout le trajet. Le silence de la salle à manger favorise les digressions de sa pensée. Assis en bout de table, place d’honneur qu’il cèderait bientôt, l’absence de convives le met face à son reflet dans la glace de l’autre côté de la pièce. « Parce que ça agrandit », fantaisie versaillaise qui multipliait les lumières et ajoutait au confort du mobilier l’apparence du luxe. Surtout parce que ça agrandit. Aux anniversaires, on plaçait l’heureux élu là où était Max ; et, debout, avant de souffler ses bougies, il pouvait jeter un dernier regard à son visage d’un an passé avant de souffler sur le temps.

La même maison, la même salle, la même table, les mêmes chaises. Les mêmes mots. Les mêmes gens. Une boîte à musique qui traversait les années. Un tour de manivelle, et c’était reparti. Les mêmes visages, les mêmes anecdotes, les mêmes rires, les mêmes indignations ; rien ne semblait changer. Mais eux, eux changeaient, pas vrai ? Pas tant que ça. Paul, Ernest… la voisine… tous ces gens-là avaient une ride en plus, peut-être. Mais leurs discours, leurs manies, leur façon de parler restaient les mêmes ; leurs vies n’évoluaient pas. Elles étaient figées. Dans cet environnement, il était facile à Allie et à Spencer Harper de briller sans difficulté. Et Max savait que ses parents joueraient leur rôle à la perfection, une fois le rideau levé ; alors pourquoi ce sentiment de distance par rapport à l’évènement qui ne le quittait pas ? Peut-être parce qu’au lieu d’un trentenaire rompu à l’usage, il voyait encore dans la glace le visage d’un adolescent entrant dans la vie, plein d’illusions, trop plein pour se formaliser de celle du théâtre familial. Il avait donc changé, contrairement aux autres ; il ne rentrait dans la mascarade minutée de ses parents que pour ne pas s’exposer à un combat qu’il ne pouvait que perdre. Il y avait lui, et loin devant, de l’autre côté, les invités, la famille, les éclats de rire. Sauf Rory, naturellement. Sauf Rory sans qui il aurait peut-être fini par s’intégrer naturellement dans la comédie — dans la folie. Sans qui il n’aurait sans doute pas la force de rire autrement que nerveusement en ces lieux insupportables. Rory et lui ; voilà tout ce qui avait changé, évolué ici, tout le reste, êtres et objets, étaient statiques et immuables. Rory n’était pas venu la dernière fois, sacrilège que Max avait couvert du mieux qu’il le pouvait. Il devait revenir ce soir. Tant qu’ils seraient deux à haïr les dîners, Max pourrait jouer le jeu sans sombrer tout à fait. De toute façon, Rory devait revenir, il n’avait pas vraiment le choix. Personne n'avait le choix. Il avait été obligé de venir, même dans les temps plus… nuancés de leur amitié. Nuances claires, touches sombres ; les dîners uniformisaient tout, le masque couvrait les véritables sentiments, pour le bien de tous ; Max pouvait alors prendre sa part du rôle, et agir comme si lui aussi faisait partie des meubles, de l’immuable, de la machine honnie et alimentée. Il crachait, ironiquement, sur ce système qui l’avait parfois sauvé — et sauvé l’amitié entre lui et Rory, à défaut d’autre chose. « Maaax, ça sonne ! » J’arrive, j’arrive. Il se rend compte qu’il n’a pas prononcé un mot depuis qu’il est là. La monotonie des interactions entre lui et ses parents laisse peu de place aux mots sincères. « Ernest ? Tu es le premier, c’est une première ! » S’exclame Allie par-dessus l’épaule de Max qui venait d’ouvrir la porte. Il savait que l’énergie débordante de la maitresse de maison, le contaminant, lui donnerait la force de supporter la soirée ; mais pour l’heure, pas encore calé sur le rythme, son peu d’entrain lui valait des regards noirs. La première fournée d’invités s’engouffre dans le temple des faux-semblants, leur meilleur exemplaire de sourire collé sur la bouche — et Max se met à table.

Après une quinzaine de minutes à s'embourber dans la conversation, Max, préposé aux portes, s’en va pour la douzième fois. Et comme ils n’étaient que douze attendus, ça ne laissait pas beaucoup de suspens. « Tu n’es pas en retard mais tout le monde était en avance, » fait-il en ouvrant à Rory, dispensant son ami d’effusions auxquelles il aurait le droit bien assez tôt de la part de sa mère. Par ailleurs, il avait passé une première demi-heure assez pénible comme ça. Le trentenaire s’efface pour permettre à Rory de s’avancer et refermer la porte derrière lui. « Je ne t’accompagne pas, tu connais le chemin. » Au moins aussi bien que lui. Il suffisait de suivre le brouhaha pour déboucher sur le faux Versailles de Brisbane, la grande table bien dressée dont une seule chaise était vide, en face de celle de Max. Ils étaient vernis ce soir — Allie Harper s’arrangeait d’habitude pour les placer à plus d’une case de distance, de sorte à empêcher des communications intempestives d’interférer dans la discussion générale. Exactement… comme s’ils étaient des enfants, oui. Mais Rory n’aurait pas le temps de pousser si loin l’analyse, parce que déjà Allie se levait de son siège pour l’accueillir chaleureusement, répétant peut-être huit fois le prénom du dernier arrivant (avec une formule de bonheur différente à chaque reprise) avant de le laisser s’asseoir. « Eh bien, 20h06 et nous sommes tous là ! » Clame Allie en se réinstallant à l’autre bout de la table. « Je pense que Paul était en train de raconter la visite de Spring chez le vétérinaire avant qu’on ne nous interrompe, » glisse adroitement Max pour renouer le fil de la conversation. Paul, sans se faire prier, ami de longue date et habitué des dîners, n’eût aucun mal à continuer sur sa lancée, provoquant l’attendrissement de la tablée en parlant de la patte cassée de son beagle ; puis ce fut le tour d’Alana de lancer un trait d’esprit quelconque que leur côté de la salle n’entendit pas. Mais Rory devait se douter que son cher ami ne pourrait pas le sauver de l’inévitable, que le temps perdu se rattrapait chez les Harper — même si Max avait été assez explicite sur le fait qu’on pourrait éviter d’appuyer sur l’absence précédente de l’acteur. Il voyait bien que sa mère trépignait d'impatience à cette idée. Le jeune homme lance à celui qui lui fait face ce regard qui voulait dire, allez, ce n’est qu’un mauvais moment à passer. Comme tant d'autres. « Mais attendez, vous ne m’avez pas laissé un mot pour Rory depuis le début ! Rory, » lance Allie à la cantonade, brisant le reste des conversations, « pourquoi nous avoir privés de ta présence la dernière fois ? » (Evidemment qu’elle n'allait pas s'en priver. C'était dans la partition.) Les têtes se tournent immanquablement vers Rory, qui n’avait sans doute pas encore eu le temps d’examiner l’entrée avant de se voir le centre de l’attention. Désolé, je peux rien faire pour toi, j'ai déjà tout tenté. Et Mrs Harper de renchérir — « Si c’était pour s’assurer que Max ne piperait pas un mot de la soirée, je dois admettre que c’était réussi ! » L’éclat de rire qui s’en suit prouve bien que la virtuosité de Max en société allait se dégradant ; au point qu’il se rappelait seulement maintenant qu’en effet, il n’avait quasiment pas descellé les lèvres, la dernière fois que Paul avait raconté sa visite chez le vétérinaire. Mais ce n’était évidemment pas directement lié à la présence ou à l’absence de Rory. Évidemment pas.

Spoiler:
 




dance me to the end of love
Dance me to your beauty with a burning violin ; Dance me through the panic till I'm gathered safely in ; Lift me like an olive branch and be my homeward dove... —

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Rory Craine
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ÂGE : vingt-neuf ans (28/06/91).
SURNOM : son nom est bien assez court comme ça.
STATUT : célibataire, sa vie sentimentale n'est jamais qu'une des nombreuses choses où rien ne va dans sa vie.
MÉTIER : acteur à la dérive, ou comment compromettre sa carrière en frappant le réalisateur de son prochain film. pas son idée la plus brillante.
LOGEMENT : #272 edward street, un loft sur spring hill.
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ORIENTATION SEXUELLE : J'aime tout le monde.
PETIT PLUS : né à Adelaïde, vit à Brisbane depuis ses douze ans ☆ a pratiqué le football australien durant son adolescence mais a du y renoncer après s'être blessé au genou ☆ la comédie a été la lumière au bout du tunnel lorsqu'il ne croyait plus en rien ☆ apparu aux castings de quelques séries et films ces dernières années ☆ aurait du incarner Clyde Barrow au cinéma, mais la production du film est en stand-by et lui dans le flou concernant sa carrière ☆ sujet à la dépression ☆ végétarien ☆ bénévole à l'hôpital depuis août 2020.
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avorywhen you're down and troubled. and you need a helping hand. and nothing, nothing is going right. close your eyes and think of me. and soon I will be there, to brighten up even your darkest night.

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swannso this is me swallowing my pride, standing in front of you saying I'm sorry for that night. and I go back to december all the time. it turns out freedom ain't nothing but missing you, wishing I'd realized what I had when you were mine. I'd go back to December, turn around and make it all right.

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nickyfamily is supposed to be our safe haven. very often, it's the place where we find the deepest heartache.

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Message(#) Sujet: Re: And one man in his time plays many parts (rory) And one man in his time plays many parts (rory) EmptyMer 23 Sep - 22:04



 
and one man in his time plays many parts.

Un dernier coup d’œil à travers la glace, et le voilà prêt à monter sur scène pour ce qui était probablement le tout premier rôle qu'il ait jamais eu à interpréter. A ceci près que ce soir, il serait seul pour faire face au clan Harper, en souvenir du temps où toute sa famille s'asseyait autour de leur table en cachant toujours habillement leurs problèmes, dont on évitait de parler au cours de ces longs dîners. Rory se souvenait les avoir tous subis, les uns après les autres, songeant à chaque fois qu'il n'y avait rien de plus hypocrite que de forcer un sourire pendant plusieurs heures comme si tout le monde autour de la table risquait sinon de s'apercevoir que vous n'alliez pas aussi bien que vous le prétendiez. Que ce modèle d'harmonie et d'équilibre vanté par vos parents n'était qu'un leur mis en avant pour cacher de tristes vérités. Un père infidèle, une mère malade, des enfants qui subissaient en silence. Ils n'avaient pas toujours été heureux, et bien des fois Rory avait pensé que son père passerait la porte pour ne plus jamais revenir. Mais il était toujours réapparu, et ses parents, son frère, ses sœurs et lui avaient toujours honoré ces invitations, même dans certains moments où ça semblait parfaitement dérisoire. Il n'oublierait jamais le soir où ses parents l'avaient traîné chez les Harper avec son attelle et ses béquilles, et quelle solitude l'avait envahi lorsque son père s'était chargé de leur raconter ses mésaventures sur le terrain de foot. Il n'avait lu ni compassion ni émotion dans son regard contrairement à ceux des autres invités, et il avait compris que c'était comme ça qu'était son père devant les autres. Des souvenirs comme celui-ci, Rory en avait des tas, et tous voyaient chaque fois la présence de Max le sauver de l'insupportable. Sans lui, tout ça n'aurait plus eu le moindre sens depuis bien longtemps et il était devenu à la longue la seule raison pour laquelle il se laissait encore conduire à ces dîners. Parce que des soutiens autour de ces grandes tables garnies, il n'en avait pas énormément en dehors de sa propre fratrie et que dans son regard, il avait toujours lu la même envie d'échapper à tout ça. Souvent, il s'était pris à rêver de quitter la table avec lui pour aller organiser leur propre after-party, et médire sur ces gens répétant inlassablement les mêmes scènes comme si la vie n'était plus que ça. Ils ne l'avaient certes jamais techniquement fait, mais c'était tout comme, et ces moments partagés avec Max étaient les seules sources de joie que lui aient procuré ces rendez-vous. En tout cas jusqu'à un certain point, et les temps les moins heureux de leur relation. Quoi qu'elle soit ou ait pu être, quelle que soit la peine que Max ait sans doute malgré lui infligé à son cœur, il n'y avait toujours eu qu'une seule évidence au milieu de tout ça et c'était lui. Comme si même les années ne sauraient ébranler ce lien indéfectible qui avait déjà résisté à ce qui aurait sûrement balayé plus d'une amitié en dehors de la leur.

Et si ce soir une pointe d'appréhension courait dans ses veines malgré l'habitude, c'est parce qu'il n'avait pas pris part au dernier dîner en date – un fait qui il le savait lui vaudrait d'essuyer un véritable interrogatoire si tôt qu'il aurait remis les pieds à l'intérieur de cette maison. Officiellement, il avait été trop pris pour faire acte de présence et avait préféré décliner. Officieusement, sa vie était un tel champ de bataille qu'il ne se serait pas senti la force de siéger parmi ces gens qui l'auraient assailli de questions qu'il aurait toutes éludées. Qu'y avait-il à dire, si ce n'est qu'il occupait son temps à tenter de faire le bien autour de lui pour oublier le reste, et notamment qu'il regagnait tous les soirs son appartement avec la boule au ventre, incapable de dire quand cette tempête cesserait de souffler sur sa vie ni même de se blottir entre des bras réconfortants ? Parce qu'il n'y avait plus personne et que ça aussi, ça ne faisait pas partie des sujets qu'il aimait évoquer lorsque la question volait d'un bout à l'autre de la table. Parce que Rory, c'était plutôt celui qui sauvait Max d'une énième question embarrassante sur son célibat, avec tout ce que ça pouvait avoir d'ironique. C'était celui qui hochait la tête et se cachait derrière son verre lorsque les autres parlaient de leur réussite, de leurs enfants, de leur couple et de leur maison avec clôture blanche. C'était finalement celui qui se faisait le plus petit possible et ça lui demandait toujours un paquet d'efforts, raison pour laquelle il n'était pas venu la dernière fois. Mais une partie de lui, pourtant convaincue de valoir mieux que tout ça, se raccrochait malgré elle à l'évidence que sa vie était déjà bien trop vide pour qu'il s'offre le luxe de déserter la table une deuxième fois. Après tout, c'était peut être crispant, mais c'était toujours quelque chose. Et puis, il ne pouvait pas faire ce coup-là à Max une deuxième fois.

Son doigt contre la sonnette manqua d'assurance, mais il se félicitait déjà intérieurement de ne pas avoir changé d'avis pendant qu'il rejoignait l'imposante demeure des Harper. La porte s'ouvrit bientôt sur la silhouette de Max, et ses lèvres étirèrent un discret sourire, probablement le seul vraiment sincère qu'on y verrait avant un bon moment. « Je suppose que ça devrait plus m'étonner, depuis le temps. » Il glissa dans un coup d’œil entendu, s'avançant tout en gardant Max dans son champ de vision comme pour pouvoir s'offrir une échappatoire si ça s'avérait nécessaire. Il avait l'habitude, c'est vrai, mais il n'était pas à l'aise pour autant. Connaître les lieux et les visages, ça ne faisait que lui faciliter un peu les choses. « Et j'ai sûrement pas besoin de te préciser que t'as qu'un mot à dire pour qu'on mette les voiles avant que ta mère m'ait vu. » Il lui faisait le coup à chaque fois. Et à chaque fois, il brillait dans ses yeux cette pointe de malice qui s'effacerait si tôt qu'ils auraient rejoint la table. Il n'avait jamais rien eu contre les Harper qui au contraire s'étaient toujours montrés accueillants avec lui, mais une partie de lui ne désespérait pas de voir un jour Max saisir cette occasion pour tous les abandonner à leur table bien dressée. Il savait bien qu'il était malgré lui trop attaché à jouer le jeu, pourtant, raison pour laquelle il n'avait jamais insisté au-delà de cette demi-plaisanterie habituelle. Aussi en partie pour Max qui encore moins que lui n'avait pas d'autre choix que de subir tout ça. Il se laissa ainsi accueillir par Allie Harper, aussi démonstrative qu'à son habitude. « Des fleurs pour vous, Allie. Je sais que ce sont vos préférées. » Rory tendit à la maîtresse des lieux un bouquet choisi avec soin, attaché à faire honneur à son éducation et à y mettre autant de bonne volonté que possible. L'attention n'étonnerait pas Max, qui l'avait déjà vu passer le pas de la porte avec toutes sortes de présents. Ce soir, il avait misé sur la sobriété – dans tous les sens du terme. Il eut à peine le temps de s'approcher de la table que la conversation reprit sur une anecdote de Paul à laquelle Rory prêta une oreille attentive et se contenta de répondre par un léger sourire. Le début du dîner était toujours à double tranchant : c'était plus facile de rester concentré mais plus dur de se planquer derrière son assiette quand le repas n'avait encore qu'à peine débuté. Ainsi il comprit au regard de Max qu'il n'aurait d'autre choix que de faire face aux interrogations qu'avait suscité son absence. Il était préparé, mais déglutit au moment de tirer sa chaise. « Vous savez ce que c'est, des obligations qui m'ont retenu ailleurs. J'ai passé beaucoup de temps entre deux vols et ces derniers mois... disons que j'ai été très occupé. » Une réponse faite de demi-vérités, mais c'était bien plus simple que de rentrer dans les détails et Rory savait que si qui que ce soit autour de la table avait lu la presse, des détails certains en possédaient peut être déjà. « Je regrette de ne pas avoir pu me joindre à vous. » Bien qu'il ne regrette peut être pas d'avoir faussé compagnie à tout le monde autour de cette table, mais ça parut évident à la façon dont il redressa la tête à la remarque d'Allie sur le mutisme de Max, qui lui tira un sourire aussi surpris qu'amusé. Ce qui n'empêcha pas son cœur de se serrer, et Rory de lui lancer un regard sincèrement désolé. Il aurait aimé que le reste de la table s'évanouisse une seconde pour pouvoir lui parler sans crainte, comme il l'aurait fait s'ils avaient été seuls. « Oh, je suis certain qu'il voulait surtout garder ses meilleures anecdotes pour quand tout le monde pourrait en profiter. » Un fin sourire un peu crispé glissa sur ses lèvres tandis que ses yeux croisèrent ceux de son voisin d'en face. « Je lui ai dit que c'était pas la peine, mais il savait que je serai vite de retour. » Ce n'était pas exactement ce qu'il aurait rêvé de dire, mais c'était probablement le meilleur moyen de noyer le poisson et d'amuser la galerie quelques secondes pour assurer ensuite à Max d'avoir la paix. Un léger prix à payer. « A ce propos, ma mère m'a fait promettre de tous vous inviter à dîner à la maison pour son trente-cinquième anniversaire de mariage avec mon père, dans quelques semaines. Elle vous fera envoyer un carton d'invitation, évidemment, mais elle en parle déjà partout autour d'elle. » Le évidemment coulait de source, mais fut surtout pour Rory un moyen de réprimer les sentiments que lui inspirait toute cette histoire. Trente-cinq ans d'un mariage où il ne subsistait probablement plus d'amour depuis des années, ça ne lui donnait pas particulièrement envie de fêter quoi que ce soit. Et pourtant une partie de lui ne pouvait pas oublier les années où ses parents avaient été les plus heureux. Ils faisaient plaisir à voir, à l'époque. Tout le monde aurait-il seulement la chance de vivre ça un jour ? Il chassa cette idée de son esprit, profitant que la discussion semble avoir repris autour de la table pour retrouver le regard de Max, qui ce soir plus que jamais semblait extérieur à tout ce qui se passait. Un regard à gauche, puis à droite, pour s'assurer qu'ils étaient tous trop occupés à plaisanter pour faire attention à eux. Du bout des lèvres, il souffla. « Pas un mot, vraiment ? » Comme une manière de le taquiner ou de s'assurer qu'il pouvait s'absenter sans craindre de le retrouver plus éteint encore que lorsqu'il l'avait quitté.



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Message(#) Sujet: Re: And one man in his time plays many parts (rory) And one man in his time plays many parts (rory) EmptyJeu 24 Sep - 1:36



T’as qu’un mot à dire. Mais évidemment, Max n’avait rien dit, laissant d’un air entendu son ami s’enfoncer dans la maison trop connue, trop propre, trop pareille à elle-même. L’instant de grâce d’avoir été debout passé, il faut revenir à la table, sorte d’enclos insoumis au temps dont les micro-évènements rebouclaient indéfiniment sur eux-mêmes dans l’attente d’un cataclysme qui n’arrivait pas. Ils étaient à table et c’était comme s’ils y avaient toujours été, comme s’ils devaient toujours y être. Et Max l’enragé de vie, Max qui haïssait l’abandon plus qu’il ne craignait la mort, Max se résignait tranquillement à ce que sa vie ne soit plus que ça, quelques répliques devant un plat de bœuf assaisonné de rires aigus. Était-ce incroyablement facile ou incroyablement difficile ? Était-il le pire des lâches à se prendre si sérieusement au jeu, ou un héros antique pour braver cette épreuve avec un égal stoïcisme ? Qu’est-ce qui l’emportait, au bout du compte : la souffrance oppressive du conditionnement social, ou le confort d’une scène jouée d’avance ne présentant ni dangers, ni surprises, du moment qu’on n’oubliait pas sa réplique ? Nœud gordien resté intranché pour Max. Tantôt il avait l’impression que sa tête, son âme et son corps allaient s’ouvrir en deux pour déverser tout leur sanguinolent de réalité, de doutes, de non-dits et de douleur ; tantôt il se laissait si bien porter par l’invincible mélodie qu’il finissait par y croire, lui aussi, à cette tranquille harmonie, à ce monde prévisible où tout irait bien, toujours, toujours, pour l’éternité. (Tu te perds, reviens.) Et quand il revenait, Rory, bien en face de lui, lui rappelait qu’il était là, temporel et vivant, hors de ses propres chimères. Rory qui savait tout, Rory qui le sauvait du cauchemar en l’empêchant d’en faire un rêve. Fils Craine et fils Harper, dissidents silencieux sous les projecteurs. Il y avait quelque chose de démesurément personnel à connaître quelqu’un à la lueur de sa famille, à connaître son écosystème, ses ascendants — l’originel ; et Max et Rory s’étaient toujours vus encadrés de ces portraits déformés d’eux-mêmes, de ces déterminants, de ces fatalités beuglantes et difformes qu’on appelle père, mère, ou autres. La solidarité devant ces choses est un liant à toute épreuve. Ça reste. Ça restait, puisque c’était resté même à travers les évènements auxquels Max évitait de penser — auxquels il n’avait d’ailleurs pas pensé depuis longtemps, oubli pleinement volontaire. Il scrute un peu le visage de Rory pendant que Paul raconte ; il voit ce qu’il y a d’invisible dans ses traits ; la fatigue, l’angoisse, les difficultés, c’est-à-dire la vie — précisément ce qui était exclu sous ce toit. Sous l’expression terriblement naturelle de l’acteur, Max décèle la grimace, et cette grimace humaine, secrète, intérieure, le rattache par un fil au réel. Rory proposait toujours la fuite ; et lui montrait toujours le salon. C’était une trahison pardonnée d’avance. Une réplique. Rory ne pouvait pas lui en vouloir de suivre le texte. Quelle force surhumaine pourrait arracher Max à tout cela ? Rory savait qu’elle excédait de beaucoup les siennes, que cette rupture-là ébranlerait bien plus que leur emploi du temps. (Évidemment qu’il y avait déjà pensé.) Mais en partant, Max perdrait tout ce qu’il avait — c’est-à-dire tout ce qu’il n’avait pas, et qu’il pouvait faire semblant d’avoir.

Les fleurs, le bœuf, la fenêtre, ses yeux passent sur tout ce qui brille et tout ce qui respire pour y trouver des fragments d’émotion à plaquer sur son visage. On le croit animé, il erre d’objet en objet  en comptant les secondes ; et puis parfois, une sonnerie instinctive dans sa tête lui indique que c’est à son tour de parler, et il prononce des mots, non seulement qu’il ne pense pas, mais qu’il n’a pas réfléchi à prononcer, des mots inconscients, automatiques, dont il ne se souvient plus après coup. Le vague embarras que lui donne sa mère — ici tous les sentiments étaient vagues pour Max, édulcorés — se dissipe lorsque Rory prend la parole, ce qui lui fait l’effet d’un marin seul en pleine mer entendant une voix humaine. « Vous savez ce que c'est, des obligations qui m'ont retenu ailleurs. J'ai passé beaucoup de temps entre deux vols et ces derniers mois... disons que j'ai été très occupé. » Et même Max ne demandait qu’à y croire ; Rory jouait mieux qu’il pensait au mondain navré. Il y a des regards équivoques d’échangés, mais le trentenaire n’y prête pas attention, trop occupé à se retenir de fusiller son allié du regard lorsqu’il fait allusion à ses anecdotes, mot qui ne manquait jamais de faire bondir son père à la recherche de la plus croustillante autour de la table. (Il n’était pas à exclure qu’un invité bien informé ne revienne à la charge de Rory plus tard ; les yeux d’Ernest luisaient.) « Je lui ai dit que c'était pas la peine, mais il savait que je serai vite de retour. » Bien sûr que tu serais vite de retour. Si j’étais encore seul, je deviendrais fou. Pas joliment fou, fou marrant, folie douce — fou atroce, fou débile, clown idiot.  Non, il valait mieux éviter de penser à ce genre de choses maintenant. Ni à la possibilité qu’il finisse à l’asile, ni au fait qu’on commençait à remarquer ses accrocs. Les yeux de Max cherchent ceux de Rory à la mention de l’anniversaire de mariage, sans les trouver. Évidemment, elle enverra des cartons. (Oh, les cartons, s’extasiait-on…) Mais les exclamations de la tablée lui furent d’autant plus insupportables que son empathie et sa mémoire reconstruisaient sans peine le réel tableau décrit par l’acteur. Là où les autres admettaient sans broncher les gesticulations des ombres chinoises, lui voyait les mains — et elles étaient sales. Sans doute Rory pourrait se changer les idées de ses propres parents dysfonctionnels en observant la symbiose admirable d’Allie et de Spencer, couple parfait aux personnalités identiques qui, à défaut de s’aimer passionnément, ne pouvaient pas se combattre car poursuivant les mêmes objectifs. Soudain, sortant de sa distraction, il semble à Max qu’une brèche s’est formée entre les deux côtés du festin ; la communication devenait possible. « Pas un mot, vraiment ? » Max hausse un sourcil d’indignation feinte, ménageant quelques secondes de silence au milieu du capharnaüm pour ne laisser tomber qu’un mot — « Évidemment, » sans préciser si l’évidence était son refus de fuir tantôt, sa fausse rancune de l’avoir abandonné la dernière fois ou une simple parodie des inflexions de la voix de Rory tandis qu’il élaborait ses issues de secours. (Un grand éclat de rire à gauche, décidément Paul a du succès aujourd’hui.) Sans doute cet état de grâce ne durerait pas longtemps, et même en laissant à peine vibrer leurs cordes vocales, tout ce qui était échangé pourrait être retourné contre eux. « Mais maintenant on peut parler. » Et Max de sourire amicalement à la banalité de son mensonge — était-ce parler que de se ménager par intermittence un maigre canal de paroles truffé d’oreilles indiscrètes ?

Moi aussi j’aimerais partir. Mais personne ne partait. Œil pour œil, dent pour dent, Max répond à la raillerie sur le terrain facile de l’absence précédente de Rory. « Pendant un instant j’ai cru que tu te pensais mieux que ça. » Ne cautionnaient-ils pas le bal masqué en y participant ? Les mots risqués glissent entre ses lèvres, acides et innocents ; un cynisme inhabituel qui a besoin de circonstances très particulières pour s’exprimer chez quelqu’un d’aussi « verre à moitié plein » que lui. Eteint, si Max l’était bel et bien, il s’efforçait de le compenser. Même si à chaque fois, la distance grandissait, entre lui et eux, entre lui et lui-même. « A ton retour, » qu’il psalmodie en levant légèrement son vin, les yeux rieurs, avant d’y tremper sa bouche. « Mais c’est qu’ils portent déjà des toasts sans nous ! » S’écrie Allie, fracassant sur le bord de la route les fractions de bonheur péniblement obtenues — « Vous savez, on est le 13 septembre, ça porte chance, je fais ma nouvelle année : alors buvons à notre santé à tous, à la réussite de la fille de Fanny… à des fiançailles de mon fils avant 2030… à la rénovation de la maison Winston… et à Rory, qu’est-ce qu’on peut lui souhaiter… ? » (Allez, une première référence à son mariage.) Max n’est pas sûr d’avoir tout entendu, mais il est certain d’avoir capté un piaffement et le mot procès quelques chaises plus loin, à la mention de Rory. « …et à Rory, de nous faire profiter longtemps de sa merveilleuse famille ! » Applaudissements, verres qui s’entrechoquent, et la tornade bat de nouveau son plein. Max n’arrive plus à retrouver un peu de confidentialité avec Rory et se contente se suivre le mouvement le temps qu’on se fatigue un peu de toute cette joie factice. Pris à parti dans une ténébreuse affaire de « faire passer le saladier, non pas celui-là l’autre, attention tu vas tout renverser », le jeune homme remarque que la voisine de table dévisage plusieurs fois Rory de l’air de quelqu’un qui cherche à retrouver le lien entre un nom et une idée dans sa mémoire. Pour le moment, la confusion l’emporte sur la curiosité. Cependant, elle avait l’air très tentée d’importuner l’acteur. Pas le temps de s’attarder, on s’attaque à lui à droite. « Ça me fait penser, Max, tu ne comptais pas déménager ? » Surpris premièrement d’être aussi brusquement inclus dans la conversation, deuxièmement d’une assertion sans aucun fondement, il met une seconde à répondre. « De Spring Hill ? Pourquoi ? » « Je sais pas, plus grand… » Et M. Winston se détourne pour replonger dans la discussion immobilière du bout de table, laissant Max en plan aussi vite qu’il l’avait saisi. Ce fragment parmi tant d’autres, cette médiocrité générale, ce vide qui bouffait leurs mots jusqu’aux gencives — la vacuité de ce « plus grand », de cet échange sans but, de ce mépris diffus… tout cela laisse Max se faire trimballer entre deux morceaux de conversation d’une nullité sans pareille, la tête ailleurs, à imaginer à quel point son chez-lui était déjà démesuré pour un seul. L’engrenage est toxique, ne laisse pas de répit. Chaque question peut être un piège ; et selon le jeu des alliances, personne ne sait exactement qui sait quoi, mais dans le doute, autant éviter de laisser trop d’information s’échapper. La soirée commence à peine, il a déjà menti par omission une quinzaine de fois, il y a fort à parier que quelqu’un dans la pièce n’attend que le moment d’humilier Rory, lui-même n’a pas eu le droit au sermon schizophrénique habituel sur sa vie… Mais tout va bien, pas vrai ? Tout va on ne peut mieux. Un instant, il parvient de nouveau à s’extraire du brouhaha, à capter le regard de Rory après s’être laissé entrainer par le labyrinthe des conversations croisées. Max ressent par alternance ce malaise qui s’enracine plus loin que les entrailles. « Navré, tu disais ? » Sourire naturel, aisance surnaturelle. Peu importe ce que Rory pourrait bien répondre, ce serait parole d’Evangile pour lui. Oh, qu’est-ce qu’il aimerait partir. Egoïste, il cherche le salut après avoir refusé le seul qui soit — la fuite. Et Max avait beau ressasser les dettes complexes qu’il avait déjà envers Rory, ses yeux ne disent qu’une chose. Me laisse pas couler.

Spoiler:
 




dance me to the end of love
Dance me to your beauty with a burning violin ; Dance me through the panic till I'm gathered safely in ; Lift me like an olive branch and be my homeward dove... —

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Rory Craine
Rory Craine
le faux-pas
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ÂGE : vingt-neuf ans (28/06/91).
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MÉTIER : acteur à la dérive, ou comment compromettre sa carrière en frappant le réalisateur de son prochain film. pas son idée la plus brillante.
LOGEMENT : #272 edward street, un loft sur spring hill.
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RPs EN COURS :
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avorywhen you're down and troubled. and you need a helping hand. and nothing, nothing is going right. close your eyes and think of me. and soon I will be there, to brighten up even your darkest night.

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swannso this is me swallowing my pride, standing in front of you saying I'm sorry for that night. and I go back to december all the time. it turns out freedom ain't nothing but missing you, wishing I'd realized what I had when you were mine. I'd go back to December, turn around and make it all right.

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Message(#) Sujet: Re: And one man in his time plays many parts (rory) And one man in his time plays many parts (rory) EmptyDim 11 Oct - 21:20


 
and one man in his time plays many parts.

Les quelques secondes passées dans l'entrée avant de rejoindre le reste des convives lui donnaient chaque fois l'impression de prendre une dernière respiration avant de passer toute la soirée qui suivrait en apnée, à n'attendre que le moment où tous quitteraient la table et commenceraient à se disperser pour qu'il puisse au moins prétendre à quelques échanges seul à seul avec Max. Pas d'oreilles indiscrètes, pas de regard en biais, juste deux personnes cherchant désespérément à échapper à ce balais sordide – bien que la résistance de Max face à tout ça ait toujours paru bien supérieure à la sienne. Comme s'il était malgré tout dans son élément, comme si quelque chose dans tout ça le rassurait et préservait une illusion dont il avait toujours eu besoin. Rory jurerait pourtant que ces dîners l’insupportaient autant que les rires stridents des convives lui donnaient comme à lui des hauts-le-coeur, mais il n'était pas dupe pour autant : jamais Max ne saisirait la perche qu'il ne désespérait pourtant pas de lui tendre, même après toutes ces années. Comme s'il demeurait un maigre espoir qu'il choisisse un jour de quitter cette maison de son plein gré, de le suivre n'importe où ailleurs pourvu qu'on y boive dans autre chose que des verres en cristal et y écoute un peu de bonne musique. C'était le genre de soirées pour lesquelles il lui plairait de s'échapper, lui, rien que parce que s'asseoir à la même table que tous ces gens lui avait avec le temps prouvé une chose : on pouvait se sentir plus à l'aise au milieu d'inconnus qu'auprès de personnes qu'on côtoyait depuis des années. Sa famille et celle de Max avaient beau côtoyer les mêmes cercles depuis longtemps, il était quasiment certain qu'aucune des personnes présentes ce soir ne pourrait citer son deuxième prénom ou son plat préféré. Pas plus que qui que ce soit autour de cette table n'avait probablement envie de se rappeler toutes les fois où le Rory adolescent s'était contenté de fixer son assiette sans rien exprimer d'autre que l'envie d'être n'importe où ailleurs qu'ici. La seule chose qui sache chaque fois le rassurer lorsqu'il foulait le sol de cette demeure, c'était la présence de Max face à la porte d'entrée. Mais ce sentiment diffus ne durait toujours qu'un temps, car si tôt qu'ils avaient rejoint les autres le bal recommençait et ils n'avaient plus qu'à prendre sur eux. N'importe quelle conversation qui s'initiait d'un bout à l'autre de la table lui semblait alors toujours d'une futilité déconcertante, et Rory ne savait jamais comment prendre les élans d'intérêt qu'on lui portait ici et là. Étaient-ils vraiment désireux de savoir pourquoi il avait raté le dernier dîner, ou n'était-ce qu'une manière de lui rappeler qu'il leur avait fait faux bond ? Il avait son avis sur la question et fit autant d'efforts que possible pour que sa réponse dissuade le reste des convives de rebondir sur ses explications. Il n'avait pas envie d'entrer dans les détails, préférant taquiner Max comme pour se rassurer sur le fait qu'il y ait peut être au moins une personne ici à qui il ait manqué. Une personne pour qui ça faisait une différence qu'il soit là ou non, et pas seulement pour une question de plan de table. Cette histoire d'anniversaire de mariage, elle, espérait surtout alléger l'atmosphère et lui permettre d'honorer son quota de paroles pour la soirée – celles qu'il porterait à la connaissance de tout le monde, en tout cas. Car si le regard de Max avait toujours exprimé beaucoup de choses, ce soir il pouvait y lire combien lui n'était pas dupe et savait qu'il avait peut être bien lancé une bouteille à la mer avec l'espoir que ça occuperait chaque coté de la table assez longtemps pour qu'ils puissent échanger quelques mots discrètement. Évidemment qu'il rebondit sur ce qu'Allie avait confié un peu plus tôt, devinant à l'expression de son voisin d'en face qu'il n'aurait pas laissé passer une deuxième désertion. Sa tentative d'ironie lui tira un sourire incrédule. « Combien de temps avant que ta mère nous gronde comme deux gamins qui se font des messes basses ? Moi je parie dix secondes. » Il releva, regardant brièvement autour de lui comme si ce court répit lui paraissait trop beau pour être vrai. Max renchérit et sa remarque fit hausser les épaules à Rory. « Mieux que de faire ici gratuitement ce pour quoi je suis payé d'habitude ? » Son regard planté dans le sien, il laissa apparaître un rictus sans joie. Jouer la comédie, c'est bien ce qu'ils faisaient quand ils étaient ici et la raison pour laquelle Rory avait ces dîners tellement en horreur. Jouer, à l'extérieur, ça n'avait rien d'un jeu pour lui. Ça l'animait, ça le faisait vibrer. Mais jouer, ici, c'était faire de sa propre vie un mauvais film et ça ne lui convenait pas. Ça ne lui conviendrait jamais.

A peine le temps d'un toast que déjà la voix d'Allie s'élevait non loin de là pour se joindre à eux, Rory gardant distraitement son verre levé sans même oser le boire. La pique à l'intention de Max, toujours autour de cette histoire de mariage fantasmé par le couple Harper, lui valut de reposer silencieusement son regard sur son ami. Et quand vint son tour, il se raidit sur sa chaise comme s'il attendait le moment où le couperet lui tomberait sur la nuque. Il la sentit hésiter mais le plus gros de son malaise fut dû aux regards qu'il sentit se poser sur lui. Sa « merveilleuse famille » lui manquait dans un moment où il se sentait bien seul face à ce qu'il parvenait à intercepter des conversations environnantes. Probablement que si son frère avait été là, il aurait si facilement accaparé l'attention que personne n'aurait tellement remarqué le jeune acteur qui regardait ses genoux comme s'il cherchait un moyen de se téléporter hors de cette salle à manger. Même la présence de Max ne suffit plus à le mettre un tant soit peu à l'aise lorsque la conversation se scinda et l’exclut temporairement. Il crut alors que la femme qui se mit à le fixer le sauverait de sa solitude en lançant des banalités habituelles dans ce genre de soirées, mais l'air sévère sur son visage lui laissa craindre un autre scénario. « C'est vous, ce type qui a passé ce réalisateur à tabac en début d'année ? » La question flotta dans les airs une seconde tandis qu'il chercha à comprendre comment elle pouvait seulement croire qu'un type de son âge, qui n'était ni riche à millions ni plus puissant qu'un autre, pourrait seulement avoir conservé sa liberté du début à la fin si les faits dont elle parlait étaient vraiment aussi gravissimes – une nouvelle fois, la presse s'était occupée de tout grossir. « Non, c'est pas ce qui s'est... » Pas le temps de poursuivre, l'homme à coté d'elle enchaîna. « Oh oui, tu veux parler de Matthew Byers ? J'avais adoré son dernier film, tu sais, celui où le type se réveille après un long coma et se souvient plus de sa famille. Quelle claque. » Le jeu de mot était aussi douteux que l'expertise de cet homme lui donnait froid dans le dos. Peut être parce que lui savait. Qui se cachait derrière le génie acclamé, l'artiste vendu comme un précurseur audacieux faisant la fierté de son pays. Ça lui donnait envie de vomir, mais ça rendait surtout tout ça un peu plus injuste tandis qu'il songeait que Byers devait être assis confortablement autour d'une table lui aussi, en famille. « Un jeune ambitieux comme vous devait crever d'envie, je suppose. » Ces quelques mots assénés par une femme qui s'était contentée d'avaler des lignes et des lignes d’âneries dans les journaux auraient pu le laisser de marbre s'il ne passait pas chaque jour depuis des mois à payer pour une soirée dont il était l'un des seuls à connaître le déroulé. Il avait tant perdu que même l'avis d'un couple qui devrait pourtant l'indifférer au plus haut point le touchait au cœur et lui donnait l'impression d'une lame de rasoir coincée en travers de sa gorge. Rory ne tenta aucune riposte, songea un instant à se lever de table puis se ravisa, peut être parce que le seul allié qu'il possédait ici se trouvait encore assis face à lui, visiblement importuné à son tour. S'il se levait maintenant, il donnerait raison à ces gens en plus de laisser le jeune homme se débattre seul avec la suite du repas. La voix de Max le ramena à l'instant présent et son regard retrouva le sien, cette fois avec le besoin de se raccrocher à quelque chose. « Je sais pas toi, mais moi je me suis senti moins mal à l'aise le jour de ma remise de diplôme. » Rory étira un faible sourire, presque désolé de ne pas réussir aussi bien à donner le change qu'il le voudrait à cet instant précis où même le choix de l'anecdote ressemblait un peu à un appel au secours. Max l'avait connu à l'époque, il savait ce que ça symbolisait pour lui et pourquoi ça lui serrait toujours autant le cœur d'y repenser aujourd'hui, surtout dans un moment pareil. « Est-ce qu'on se porterait pas volontaires pour débarrasser, le moment venu ? » Une lueur amusée passa dans son regard, l'air de le mettre au défi sans tout à fait le faire. Allie Harper prendrait sans doute ça pour un élan de serviabilité, mais eux savaient en quoi ce serait surtout libérateur de s'échapper ne serait-ce que cinq minutes de ce tableau où lorsqu'on ne les ignorait pas royalement, on leur assénait des coups bas et on testait leur patience. Rory savait que cette main-là, Max ne risquerait pas grand chose à la saisir et que cette tentative de fuir l'espace d'un instant les renverrait dans le pire des cas au constat qu'ils avaient probablement fait des années en arrière : aucun d'eux n'était en soi indispensable autour de cette table.



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