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 no alarms and no surprises

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Camil Smith
Camil Smith
les grandes ambitions
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ÂGE : quarante-deux ans. (23.11)
SURNOM : cam.
STATUT : officiellement surpris en plein bécotage avec debbie brody lors de la soirée du nouvel an. officieusement très satisfait de sa petite mise-en-scène.
MÉTIER : ancien directeur du cabinet du maire de brisbane (a démissionné fin mars). a de fortes ambitions politiques, et compte les concrétiser prochainement.
LOGEMENT : vit avec sa sœur au 525, water street (spring hill).
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POSTS : 694 POINTS : 120

ORIENTATION SEXUELLE : J'aime les jolies filles.
UN RP ? : Seulement si nous avons un lien.
RPs EN COURS : deb&six ; byron ; anastasia ; heïana ; sixtine #3 ; leena
RPs EN ATTENTE : ivy #2 ; hassan #2
RPs TERMINÉS : deborah ; primrose ; yasmine ; cora ; sixtine ; raelyn ; jessian ; skylar ; deborah #2 ; skylar #2 ; nolan ; hassan ; deborah #3 ; sixtine ; skylar #3 ; sixtine #2 ; ivy ; irina ;
AVATAR : alexander skargård.
CRÉDITS : gif : unknown ; avatar : tearsflight
DC : baby bishop.
INSCRIT LE : 29/11/2015

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Message(#) Sujet: no alarms and no surprises no alarms and no surprises EmptyDim 13 Sep - 10:55



Il avait soupiré, et laissé lourdement tomber sa mallette en cuir au sol. Cette attitude d’épuisement et de lassitude ne lui ressemblait aucunement ; habituellement, Camil ne se laissait pas si facilement abattre. Au contraire : il écrasait les obstacles qui se trouvaient sur son passage, sans sourciller. Il éliminait ce qui pouvait lui porter préjudice, préférait s’enquérir de soutiens qualitatifs plutôt que quantitatifs, et n’était jamais mauvais en stratégie. Mais cette fois-ci, il avait fait preuve d’une négligence coupable. Cette fois-ci, le père Adams avait fait un coup de maître en envoyant sa progéniture au front — un gamin dont les dernières couches avaient dû être changées la veille, et dont Camil se serait bien dispensé. Ce rendez-vous n’aurait pas pu être pire — ou si, il aurait pu ne jamais avoir lieu. Avec le recul, le politicien se demanda ce qui aurait été le mieux. Il fût bien incapable de trancher : dans tous les cas, le mot désastre résumait merveilleusement bien la situation. Il allait désormais devoir composer avec un allié politique, mais un adversaire personnel. Il devrait être malin, et faire preuve d’habileté. Il soupira une énième fois, retira ses chaussures, et fit quelques pas sur le carrelage froid de l’entrée. Il fallait qu’il se reprenne ; se laisser abattre n’était pas dans son tempérament. L’annonce de sa candidature était désormais imminente ; redoubler d’effort était nécessaire, et indispensable.


« Sixtine ? » Son appel resta sans réponse. Il lui semblait pourtant que sa soeur était là, qu’elle lui avait indiqué qu’elle ne bougerait pas de la journée. Camil arqua un sourcil, et continua de traverser le couloir de son appartement. Il s’arrêta devant la porte de la chambre de sa petite soeur, et frappa quelques coups légers — mais suffisamment forts pour être entendus.  Il avait vraiment besoin de lui parler, et c’était assez urgent. L’Américain n’avait pas pour habitude d’interroger sa frangine sur ses relations et ses intentions, mais cette fois-ci, il avait besoin d’être fixé. Il était sûr qu’il n’allait pas forcément aimer ce qu’elle aurait à lui avouer — si ce morveux d’Adams avait posé la main sur elle… il le lui ferait payer — mais il avait besoin d’être au clair.  « Sixtine ? »  Son absence de réaction le fit aussitôt froncer les sourcils, alors que son esprit imaginait déjà les pires choses. Conscient que sa réaction n’était aucunement rationnelle, il se raisonna : la connaissant, elle était probablement assise sur son lit, en train d’écouter de la musique dans son casque, et elle n’entendait rien. Ou elle avait finalement décidé de rejoindre ses amis à la bibliothèque pour travailler. Ou elle était passée à la mairie pour terminer un dossier urgent. Ou… Bref, il y avait tout un tas de raisons normales et non dramatiques qui étaient susceptibles d’expliquer l‘absence de Sixtine. N’est-ce pas ? Alors pourquoi se trouvait, sur le tas de dossiers plus épais les uns que les autres, une feuille qui ressemblait à s’y méprendre à une ordonnance ? L’ancien directeur de cabinet du maire de Brisbane fronça les sourcils, et avança d’un pas dans la chambre de sa petite soeur. Ce n’était pas une bonne idée, il le savait ; mais la curiosité était plus forte. Il s’empara de ce papier, estampillé du cachet de l’hôpital. Camil parcourut rapidement l’ordonnance, et son coeur manqua un battement lorsqu’il reconnut le nom — trop familier à son goût, malheureusement — de l’oncologue qui suivait régulièrement Sixtine. L’ordonnance, qui listait tout un tas de médicaments au nom imprononçable, était signée de sa main. Le politicien s’attarda sur la dernière ligne, qui rappelait le prochain rendez-vous. L’Américain jeta un coup d’oeil à sa montre, et comprit aussitôt la raison de l’absence faussement imprévue de Sixtine. Ses jambes devinrent soudainement plus lourdes, tandis qu’un frisson avait traversé son corps. L’air lui manqua, et il porta sa main à son cou pour défaire le premier bouton de sa chemise. Il fallait qu’il se calme. Il fallait qu’il respire.


Il était resté longtemps assis au pied du lit, à même le sol, son dos appuyé contre le matelas. Il avait précieusement conservé l’ordonnance, désormais froissée, entre ses mains. Il ne pouvait pas y croire, il ne voulait pas y croire. Ce n’était pas ce qu’il pensait, ça ne pouvait pas être possible. Sixtine l’aurait prévenu, non ? Sixtine n’aurait pas menti à ce sujet. Elle ne lui aurait pas sciemment caché la vérité. Il y avait une bonne explication à tout cela, Camil en était convaincu. Il ne pouvait pas en être autrement.


@Sixtine Smith


 

.WELL, THAT WAS SAUCY.

I only think in the form of crunching numbers, In hotel rooms, collecting page six lovers, Get me out of my mind, Get you out of those clothes, I'm a liner away From getting you into the mood One night and one more time Thanks for the memories.
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Sixtine Smith
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ÂGE : 23 ans (14/08/1997)
SURNOM : Camil l'appelle "Poucelina"; mais ne vous y risquez pas de vous-même...
STATUT : Libre comme l'air !
MÉTIER : Etudiante en droit communication, en alternance à la mairie de Brisbane comme assistante du chef de cabinet du maire.
LOGEMENT : Avec Camil au #525, Water Street, Spring Hill.
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POSTS : 295 POINTS : 160

PETIT PLUS : Fan de comédies musicales en tous genres / Carriériste / Très sportive / Tendance Orthorexique / Touchée par le syndrome Li-Fraumeni / Tête Brûlée / Bilingue anglais-japonais / Amatrice de vin rouge, ramen et chocolat noir / Fleur préférée : la rose blanche
UN RP ? : Où tu veux quand tu veux.
RPs EN COURS : Peace of mind ~ Hassan #1
No alarms and no surprises ~ Smith #3
Betting on the future ~ Max
Il suffit d'un sourire ~ Jax
You better watch your back ~ Geo (UA)
RPs TERMINÉS : Saül, Tobias
Nolan (ab.), Smith #1, Fabulous ~ Loan (ab.),
Photobombing ~ Jordan,
Et c'est parti pour le show ~ RP libre, Simon #1, Simon #2, Camil #2 (FB), Simon #3 (ab), Simon #4 (ab), Grace, Charlie #1

AVATAR : Dakota Fanning
CRÉDITS : schizophrenic / Joseph (abeille)
DC : Heïana / Allan
INSCRIT LE : 02/01/2020
https://www.30yearsstillyoung.com/t28243-sixtine-smith-i-m-picky https://www.30yearsstillyoung.com/t30918-heiana-allan-sixtine

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Message(#) Sujet: Re: no alarms and no surprises no alarms and no surprises EmptyDim 13 Sep - 12:12



camil & sixtine
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And I can't see in the stormy weather. I can't seem to keep it all together and I, I can't swim the ocean like this forever. And I can't breathe... God, keep my head above water. I lose my breath at the bottom, come rescue me, I'll be waiting. I'm too young to fall asleep.
☆☆☆



Je ne vais pas vous mentir, mademoiselle Smith. Une expiration lourde d'un côté du bureau. Une inspiration bloquée de l'autre. Sixtine n'osait plus respirer, attendant le lourd verdict. Elle savait déjà en venant que ce rendez-vous serait celui qui poserait sa date d'opération, mais aussi celle où on lui annoncerait les potentielles conséquences et complications de l'acte chirurgical. Alors, les premiers mots de l'oncologue à son égard, une fois qu'elle eut passé une énième IRL, ne pouvaient que lui donner le réflexe de bloquer sa respiration. Plus coincée encore que ne l'était actuellement sa jambe droite, qui lui faisait bordel de mal depuis une ou deux semaines. Une conséquence sur la sciatique du problème qu'elle avait un peu plus haut, lui avait-on expliqué. Pourtant, le professionnel de santé l'empêcha de mourir par étouffement, en lâchant la bombe. Il y a une chance sur deux que vous ne puissiez pas remarcher.

-------

Sixtine marchait, dans les rues de Brisbane. Malgré la douleur de son dos et de sa jambe, qu'elle ne pouvait plus ignorer désormais, même assommée par les médicaments, elle avait voulu pouvoir profiter de l'isolement relatif de l'extérieur. Alors, la blondinette était descendue quelques arrêts avant celui la déposant quasiment au pied de son chez-elle. De son chez-eux. Le voilà venu, le moment si redouté; celui où elle allait devoir déballer le tout à Camil. Elle l'aura gardé des mois, ce secrets. Lourd à porter pour son coeur, dur à avaler pour ses principes - Sixtine détestait mentir, fondamentalement, et encore plus à son frère évidemment - et meurtrier pour sa conscience. Elle aurait souhaité que cet instant ne vienne jamais. Qu'elle ne développe pas une tumeur alors que son aîné était en pleine campagne pour ses ambitions politiques. Que la maladie ne soit pas une composante de sa vie. Et surtout, que son syndrome n'ait jamais frappé si fort, si loin, si jeune. Son casque sur les oreilles, elle avait créé une bulle autour d'elle. Head above water, d'Avril Lavigne, tournait en boucle dans sa tête. Emmitouflée volontairement dans un long et épais manteau bleu pour cacher le manque de forme qui était plus criant que jamais, elle ne portait pas attention aux quelques regards qui, malgré tout, remarquaient sa maigreur, ni aux lèvres qui se mouvaient pour commenter cet état de fait. Elle n'arrivait plus à s'alimenter correctement. Cela avait commencé plusieurs mois plus tôt, ses portions diminuant graduellement, alors que son appétit disparaissait. Désormais, elle ne mangeait plus que très peu, et une partie de ce qu'elle avalait finissait souvent dans la cuvette. Pour cette raison, pour la douleur, pour la fatigue, pour le risque de mortalité évident, elle acceptait l'opération dont le chirurgien avait posé la date. Et pourtant, quel enjeu, surtout pour l'hyperactive concernée ! Une chance sur deux de ne plus marcher.

Une chance sur deux de ne plus marcher. Une chance sur deux de ne plus marcher. Une chance sur deux de ne plus marcher. Une chance sur deux de ne plus marcher. Une chance sur deux...

Le tout tournait dans sa tête en une longue et assourdissante litanie. Elle ne prêtait qu'à moitié attention aux paroles d'Avril Lavigne qui priait Dieu de ne pas la faire partir de ce monde si jeune, de ne pas la laisser se noyer. Pourtant, qu'elle était d'accord avec cette chanson. Elle était trop jeune pour partir. Merde ! jura l'Américaine en donnant un coup de pied dans une poubelle trop proche d'elle pour être épargnée. La blonde grimaça, et se tint la jambe quelques secondes, ayant mal visé et s'étant sans doute plus fait mal qu'elle n'avait impacté l'objet. Sixtine leva les yeux, une fois la douleur passée. Elle apercevait les fenêtres du loft, des mètres a-dessus d'elle. Logiquement, Camil ne serait pas rentré, pas encore. Il lui avait dit que son rendez-vous serait sans doute long, laborieux, fastidieux et plus encore. D'où le fait qu'elle se soit permise de laisser un bordel monstre dans sa chambre, ce qui était rarement le cas. Non, c'était faux. Honnêtement, elle n'avait pas pu ranger. Elle ne s'en était pas sentie la force. Trop fatiguée. Et son état actuel n'était pas mieux. Pourtant, il allait falloir s'y mettre. La blonde imagina le visage de son frère, de l'homme le plus cher à son coeur. Ses traits tirés, qui se bloqueraient sous le choc lorsqu'elle lui annoncerait. Lorsqu'à son tour, elle lâcherait une bombe. Le palpitant de l'étudiante se mit à battre à cent à l'heure, presque douloureux. Elle craignait la réaction de Camil, et d'autant plus après celle de Simon.

Ils avaient passé une soirée plus que réussie, la fois où il l'avait invitée à manger avec lui. En vérité, ils en étaient même arrivés à un premier baiser, et même des plus passionnels, comme si tout ce qu'ils pouvaient retenir l'un à l'égard de l'autre plus par convention et défiance politique liée à leurs clans que par manque de sentiment s'était débloqué d'un seul coup. Roméo et Juliette auraient pu être heureux, si, comme dans la pièce de théâtre, il n'y avait pas eu un élément compromettant. En ce qui avait concerné leur soirée, ça avait été une chute, pour Sixtine, qui l'avait empêchée de se relever sur le moment. Simon avait été obligé d'appeler une ambulance, et l'avait suivie aux urgences, ne comprenant pas. Et soupçonnant d'autant plus quelque chose de gros lorsque la blonde lui avait interdit d'appeler Camil. Lorsque, épuisée par sa journée mais remise plus ou moins sur pied, elle lui avait tout avoué, Adams était resté de glace. Plus froid que jamais, il lui avait appelé un taxi, et lui avait souhaité une "bonne continuation". Le coeur de la blonde avait été déchiré en milliers de pièces ce soir-là, et il avait été bien difficile de ne rien montrer à qui que ce soit. Heureusement que Sixtine avait pour elle son fort caractère.

Ce souvenir-là ne pouvait que ternir encore plus le tableau sombre qui se dessinait dans sa tête, alors qu'elle laissait l'ascenceur la mener jusqu'au loft qu'elle partageait avec Camil. Et si, lui aussi, l'abandonnait ? S'il lui en voulait tant de lui avoir caché la vérité qu'il ne désirait plus de sa présence à ses côtés ? Dans l'esprit confus de Sixtine, vicié par la douleur, le manque d'apport alimentaire, l'asthénie, cette option n'était pas impossible. Quoi qu'il en soit, sauf si elle dormait quand il rentrerait, elle devait lui annoncer ce soir. L'opération était calée pour le 8 octobre. Hors de question de laisser cette situation latente jusqu'au bout. Pourquoi avoir caché son cancer, alors qu'il était obligé que tôt ou tard, soit son frère repérerait les symptômes, soit l'imminence de l'opération l'obligerait à tout avouer ? Pour mille raisons. Le fait de vouloir protéger Camil, qui s'était toujours trop inquiété pour elle. Celui de ne pas vouloir le freiner mentalement alors qu'il avait de merveilleux projets à accomplir. L'idée que sa famille toute entière ne sache rien, car même si ses rapports avec ses propres parents et Carlo avaient toujours été moins fusionnels qu'avec Camil, elle ne voulait pas créer du mouron dans leurs têtes. Et surtout, surtout. L'idée bête, idiote, vaine et utopiste d'espérer que la tumeur se résorberait toute seule... Depuis juillet cependant, elle savait que ce ne serait pas le cas, la tâche n'ayant fait que grossir. Enfoncée dans son mensonge, et sonnée par l'abandon de Simon dans le même temps, Sixtine n'avait pas pu se résoudre à parler. Pourtant, ce temps était bien arrivé. Heureusement, il ne rentre que plus tard. Je vais avoir le temps de ranger ma chambre, et de me poser un peu, tenta de se rassurer la blondinette, alors qu'elle posait sa main sur la poignée de la porte d'entrée... Qui n'était pas fermée à double-tour. Elle haussa un sourcil surpris, et entra. Son frère serait rentré plus tôt que prévu ? La jeune femme referma doucement la porte derrière elle, et accrocha son manteau à l'entrée, restant en jean noir et chemise blanche à manches longues, rentrée à l'intérieur de son bas. Camil ? Appela-t-elle en avançant dans l'entrée. N'entendant pas de bruit dans les pièces communes, elle se dirigea vers l'aile des chambres, s'attendant à trouver son frère sur son lit, peut-être exténué par sa journée. L’entrebâillement de la porte de sa propre chambre la fit pâlir, si c'était encore possible au vu de son teint cireux. Lentement, ses doigts se posèrent sur le bois et le poussèrent... Pour découvrir Camil, assis par terre, dos contre le matelas.

Nouveau battement de loupé pour son coeur.

Camil ? Une voix fluette, à demi-étouffée. Elle ne put rien sortir d'autre.



@Camil Smith no alarms and no surprises 674657830



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Camil Smith
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Message(#) Sujet: Re: no alarms and no surprises no alarms and no surprises EmptyDim 20 Sep - 22:05



Il tourna la tête vers la baie vitrée de la chambre avec une lenteur désabusée, qui reflétait son état d’esprit. Depuis qu’il avait vu l’ordonnance de médicaments fièrement trôner sur le lit de sa petite-soeur, Camil avait été en boucle. En boucle sur ce qu’il n’avait pas vu, lui qui se pensait attentif et vigilant, qui plus est avec sa soeur. En boucle sur les attitudes de Sixtine, qui résonnaient aujourd’hui autrement. Ses absences récurrentes, ses justifications qui n’en étaient pas réellement. Il se sentait con, Camil, d’avoir pu envisager que la dernière Smith avait peut-être un nouveau flirt. En boucle sur sa perte d’appétit, qui l’avait naturellement inquiété et qu’il avait naïvement interprété comme étant liée au stress. Après tout, elle était tellement toujours active et dynamique sur tous les fronts… Le film des derniers jours et des dernières semaines repassait inlassablement dans sa tête, et il ne put que constater toutes les fois où il avait manqué un détail pourtant flagrant. Il sursauta lorsqu’il sentit son portable vibrer dans sa poche, alors qu’il était durement ramené sur terre. Cette toute petite vibration lui fit prendre subitement conscience que le monde ne s’était pas arrêté de tourner. Dehors, les gens continuaient de rire, boire, sortir, faire des projets. Ils vivaient leurs vies respectives comme avant, sans même se rendre compte des horreurs et atrocités qui pouvaient se dérouler à tout instant, et chambouler leurs quotidiens à jamais. N’était-ce pas ce qu’il venait lui-même de subir ?


Le bruit assourdissant d’une clé qui tourne dans une serrure lui fit lentement la tête en direction de la porte de la chambre de sa soeur, tandis qu’il entendait les pas de cette dernière se rapprocher. Ils étaient précipités et rapprochés — en tout cas, c’était l’impression qu’il avait. Les sons envahissaient l’espace, martelaient son crâne. La voix fluette de sa frangine le fit déglutir, mais il était tout bonnement incapable de lui répondre. Il avait encore envie de ces quelques secondes, plongé dans sa solitude, plongé dans son mutisme, plongé dans les illusions qu’il s’était lui-même créées. Naïf. Idiot. « Je suis là. » Dit-il simplement, alors que la porte s’ouvrait complètement et laissait passer le visage angélique de sa soeur. Pour la première fois, ses yeux cernés et ses joues creusées lui sautèrent aux yeux. Comment avait-il pu passer à côté de l’évidence ? S’était-il voilé la face ? Avait-il été trop obnubilé par ses intentions politiques ? Son coeur manqua un battement, tandis qu’il réalisait qu’il avait passé les derniers mois à préparer le terrain pour sa grande annonce. Le tournant de sa carrière, sa candidature aux élections de la Chambre des Représentants — sa plus grande fierté, son plus grand accomplissement de carrière. Avait-il été trop égoïste ? Trop centré sur sa petite vie ? Il détourna les yeux, incapable de soutenir davantage le regard implorant de Sixtine.


Il se redressa finalement, sans pour autant oser bouger. Sa tête tournait, et il avait la désagréable impression de tanguer tout en étant pourtant immobile. « Tu m’expliques ? » Demanda-t-il, en secouant l’ordonnance du médecin avec un dédain qui ne laissait aucun doute sur son état d’esprit. Il était triste, il était déçu, il était en colère. Mais par dessus tout, il était inquiet — profondément inquiet. Il avait déjà dû affronter la maladie avec Sixtine, mais elle n’avait jamais été aussi intrusive, aussi grave, aussi violente. « Depuis quand ? » Demanda-t-il à voix basse, bien incapable de la regarder dans les yeux. Il plongea ses mains, devenues moites en raison du stress, dans ses poches. Il avait le sentiment d’être un gamin pris en faute. Le sentiment de n’être qu’une toute petite chose, qui n’avait rien vu venir et qui avait été subitement écrasée par le poids du monde. « Qui est au courant ? » Il se voyait déjà, forcé et contraint d’appeler ses parents, pour qu’ils apprennent la mauvaise nouvelle, et prennent les dispositions nécessaires s’ils le souhaitaient. Et puis, plus difficile encore : il devrait prévenir Carlo. Son frère, avec qui il entretenait des relations singulières et particulières, mais qui méritait de savoir la vérité. Lui, pour sûr, déciderait de venir les rejoindre à Brisbane au plus vite. Être auprès de Sixtine ne serait pas optionnel, et c’était bien l’un des rares points d’accord entre les deux frangins.


@Sixtine Smith


 

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Message(#) Sujet: Re: no alarms and no surprises no alarms and no surprises EmptyMar 29 Sep - 15:09



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Il se releva, finalement. Camil était si grand. Il l'avait toujours été. Pourtant, la blonde ne s'était jamais sentie gênée par cette différence entre eux; elle les avait toujours connu ainsi, après tout. Lui plafonnant quasiment à deux mètres de hauteur, elle dépassant tout juste le mètre soixante.  En cet instant, plus que jamais, il avait des allures de géant aux yeux de sa si petite soeur. Il la surplombait, et semblait aussi lointain que jamais, malgré les pauvres trois ou quatre mètres qui devaient les séparer en réalité. Le ton qu'il employa fit tomber le coeur de Sixtine jusqu'aux tréfonds de son estomac. Bien sûr qu'elle s'y était attendue, à cette réaction, et à mille autres. Toutes les manières possibles pour Camil d'exprimer les sentiments qu'il devait ressentir à cet instant. Cela n'en restait pas moins dur à vivre pour autant. Ressentir la déception dans sa voix, malgré le ton faussement désintéressé. Voir la culpabilité le prendre, alors qu'il n'osait pas la regarder. La première question venait donc d'être lancée. Je pense que tu as déjà compris, répondit la demoiselle d'une manière totalement bancale. Elle aurait voulu paraître affirmée, forte, quitte à ce que cela paraisse déplacé. Totalement paumée, fatiguée, douloureuse et emplie d'une bouffée de remords, elle ne le pouvait pourtant pas. Alors, elle avait énoncé cette phrase, aussi vraie qu'elle était vide de sens. Celle-ci ne pouvait pas rester en l'état; seule, elle n'était qu'une bribe inutile, qui aurait mieux fait de ne pas exister. Elle se devait d'être complétée. Prenant une inspiration, Sixtine ajouta finalement : Tumeur maligne... Entre les vertèbres L2 et L3. Voilà, c'était un résumé déjà un peu plus concret. La benjamine des Smith baissa les yeux alors que, nerveuse, ses doigts se tordaient entre eux. Ils avaient l'air bien, les deux blonds, habituellement si orgueilleux. Ils n'étaient plus que deux poussières d'étoiles scintillant faiblement, l'une déstabilisée par la nouvelle, l'autre recroquevillée par l'aveu à faire. Les aveux, même; car il y avait de quoi dire. Pour l'instant, Sixtine ne se sentait même pas la force de prendre l'initiative de la parole. Elle laissait cette démarche à son frère, qui allait en avoir, des choses à dire, à demander.

Justement, la deuxième interrogation arriva. Plus dure que la première encore, car elle allait obliger la blonde à révéler l'étendue de ses mensonges. Toutes ces fois où elle a prétexté dormir chez Charlie, alors qu'elle allait passer la nuit à l'hôpital. Ces airs désinvoltes qu'elle prenait quand Camil lui parlait des mini-portions de nourriture qu'elle mangeait. Les fois, d'ailleurs, où elle se forçait à ingurgiter un peu plus devant lui pour ne pas qu'il s'inquiète, la clouant au lit par la suite ou l'envoyant aux toilettes dans les heures suivant le repas. Les vêtements de plus en plus larges qu'elle portait, ou du moins plus aussi moulants ni cintrés, pour masquer comme possible son amaigrissement progressif mais bien trop rapide pour être naturel. Le fait qu'elle rechigne à faire du sport parfois - Sixtine, refuser de se dépenser, sérieusement ?! - en arguant qu'elle avait beaucoup de travail, par le biais de la mairie ou celui de la fac. Et bien d'autres anecdotes encore... La sentence tomba, dans un murmure à peine audible, mais qui serait forcément entendu, dans cet assourdissant silence: Février.

Il semblait que l'aîné des Smith soit doué pour les gradations; à croire qu'il avait suivi des études de littérature pour savoir faire monter en pression ses questions, au fur et à mesure qu'il les posait. Sixtine grimaça, se doutant par avance que ses réponses ne plairaient pas à son grand frère. Pourtant, maintenant prise sur le fait, elle ne comptait plus lui cacher quoi que ce soit. De toute façon, elle avait voulu lui en parler ce jour même; cela ne se déroulait juste pas comme la jeune femme l'aurait espéré. Tant pis. Jax, énonça-t-elle tout d'abord, sans même s'attarder sur lui. Elle espérait que, sur la multitude des noms, son frère oublierait celui-ci, qu'il ne connaissait pas. Pour une bonne raison d'ailleurs : Sixtine sortait avec depuis moins d'un mois; bref, pas le genre de chose dont elle parlait, surtout qu'elle n'envisageait rien de bien sérieux avec lui, et que la chose était entendue du côté de Jax aussi. Max Harper, poursuivit la blonde. Camil ne le connaissait peut-être pas personnellement, mais il le connaissait par les nombreux portraits que lui en avait dépeint sa benjamine comme un partenaire régulier de danse... et son assureur, aussi. Charlie, continua la blonde, que l'homme n'avait jamais rencontré en particulier non plus, mais qu'il savait être une amie de fac à Sixtine. Forcément, qu'elle ne pouvait être qu'au courant; elle avait servi d'alibi à la cancéreuse après tout.

Jusque-là, elle n'avait donné que des noms de personnes qui ne seraient pas trop impactées par sa maladie, ni concernées par son lien avec Camil. Des amis qui avaient appris pour son cancer soit par sa propre volonté, car elle avait eu besoin d'aide à un moment donné - coucou Charlie - ou bien qui l'avaient découvert d'une manière ou d'une autre, sans que cela ne l'embête de trop, quoi qu'elle aurait sans doute préféré pouvoir le garder pour elle. La suite, en revanche, allait être plus délicate. Sixtine se risqua à avancer d'un pas envers son frère, se rapprochant de lui. Elle n'osa pas être aussi spontanée qu'elle l'avait toujours été envers lui. La blonde ne retira pas les mains qu'il avait glissées dans les poches de son pantalon; et pourtant, Dieu qu'elle avait envie d'établir ce contact. ... Hassan Jaafari. avoua-t-elle dans un rictus gêné. Un de ses professeurs de faculté, dont elle ignorait l'amitié avec Camil avant tout cela. Elle expliqua un peu plus en détails le concernant, d'une voix précipitée. Il l'a su par hasard. J'aurais préféré qu'il n'en sache rien. Je l'ai supplié de ne rien dire. Elle essayait de dédouaner l'adulte qui avait respecté son voeu, reportant sur elle-même toute la responsabilité de l'omission.

La blonde se mit à trembler, un peu, alors que des larmes lui montaient aux yeux. Le dernier nom à sortir lui faisait plus de mal que tous les autres réunis, pour la simple et bonne raison qu'elle aurait voulu qu'il ne le sache pas. Jamais. Ou du moins, pas avant le dernier moment. Elle l'avait mis dans le même panier que Camil, dans la catégorie "personnes qui vont se faire trop de mouron pour moi s'ils apprennent", ce à quoi elle s'était refusée. Simon Adams. Une larme roula le long de sa joue, alors qu'elle osait enfin, depuis le tout début, regarder son frère. Peut-être pas directement dans les yeux, mais au moins, elle osait se confronter à sa réaction à venir. Là aussi, au vu de l'importance de la personne, elle ajouta quelques détails. C'était.. en juillet. Il m'a invitée chez lui. Je suis tombée, je n'ai pas pu me relever et... on a fini aux urgences. Elle marqua une pause, reprenant difficilement sa respiration. J'ai dû lui avouer. Elle plissa les lèvres, alors que plus de larmes dévalaient ses joues, que ses mains délicates se fermaient en poings. Il n'a pas supporté. Il est parti.

Sixtine ne pouvait se contenir plus. Elle se jeta contre le torse de Camil, sanglotant lourdement. Ses doigts agrippèrent la chemise de son frère. Elle lâcha tout ce à quoi elle avait pu penser ces derniers mois, s'exprimant bien plus sur sa maladie qu'elle ne l'avait encore jamais fait. Pardon. Pardon Camil. Je suis si désolée. Je ne voulais pas... Je ne voulais pas te faire de mal. Je ne voulais pas te cacher les choses. Mais je ne voulais pas t'inquiéter non plus. Tu avais tes élections et.. Je savais que ça te freinerait. Elle hoqueta, manquant d'air, mais elle reprit ensuite, déballant la litanie de son angoisse, de sa tristesse : Je ne voulais pas être le boulet qui causerait ta défaite. Je ne voulais pas que Carlo, papa, maman le sachent... Je ne voulais pas être malade. Pardon, pardon, pardon. Pitié, ne m'abandonne pas. Pas toi.

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Camil Smith
Camil Smith
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LOGEMENT : vit avec sa sœur au 525, water street (spring hill).
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ORIENTATION SEXUELLE : J'aime les jolies filles.
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Message(#) Sujet: Re: no alarms and no surprises no alarms and no surprises EmptyMar 13 Oct - 14:25



« J’espère m’être trompé. » Répondit-il aussitôt, alors que les propos de sa soeur ne laissait pourtant pas de place au doute. Il n’était pas un spécialiste en médecine, loin de là. Mais la liste interminable des médicaments qui figurait sur l’ordonnance n’augurait rien de bon. Il l’avait, effectivement, immédiatement compris. La sentence tomba quelques secondes plus tard, lorsque Sixtine leva le voile sur la maladie qui la rongeait. Tumeur maligne. Tumeur maligne. Tumeur maligne. Ces deux mots résonnèrent dans l’esprit embrumé de Camil, qui sentit aussitôt un poids tomber au fond de son estomac. « D’accord. » Surtout, être rationnel. Logique. Penser aux faits, et ne pas se laisser emporter par ses sentiments et son ressenti immédiat. Ces invectives, Camil se les récitait comme pour mieux rester ancré dans la réalité. Il avait l’habitude — c’était son travail, de ne rien laisser paraître. Mais là, les choses étaient infiniment plus complexes : c’était à sa plus proche confidente qu’il devait cacher ce qu’il ressentait. Pas à une foule d’inconnus. « On est en Septembre. » Déclara le politicien, sur un ton tout à fait neutre. Et le calcul était vite fait : ces deux mois étaient séparés de six mois. Six longs mois. Une moitié d’année. Au vu de sa situation personnelle, et des événements qui avaient jalonné sa vie, il savait mieux que quiconque que la vie était courte. Qu’il fallait profiter de chaque instant comme s’il s’agissait du dernier, parce qu’on ne savait pas de quoi demain était fait. Et aujourd’hui, sa propre soeur lui annonçait qu’elle lui avait menti pendant des semaines entières ? Qu’elle avait pris la décision, seule, de garder ce secret jusqu’à… Jusqu’à quoi, au juste ? Il craignait de lui poser la question, tant sa réponse lui faisait peur. Avait-elle ne serait-ce que prévu de l’informer de son état de santé ? Ou le cheminement dans sa tête avait-il été tout autre ? Une guérison miraculeuse lui aurait évité d’en parler à son frère aîné. Il en aurait été de même avec une mort soudaine. Alors, n’y tenant plus, il lui posa la question fatidique : « Tu comptais m’en parler ? »


Les successions de noms que Sixtine énuméra fut autant de coups de couteaux qu’elle lui planta. Qu’ils soient des amis, des connaissances, ou des personnes de passage n’intéressait pas Camil ; ce qu’il retenait, c’était que sa soeur avait préféré leur faire confiance avant de se tourner, comme elle l’aurait autrefois fait, vers lui. Cependant, un nom inattendu fit tiquer l’Américain. Celui du professeur d’université de sa cadette — mais qui était, avant tout, un ami. « Hassan ? » Répéta-t-il, alors que Sixtine lui avouait que son professeur d’université avait connaissance de ses problèmes de santé. Comment avait-il pu ? À la douleur du mensonge de sa cadette venait s’ajouter la violence de la trahison de son ami. Comment avait-il pu ? Il n’était pas sans ignorer que les liens qui unissaient les deux Smith étaient forts. Qu’ils agissaient souvent en binôme, plutôt qu’individuellement. Qu’ils se serraient toujours les coudes, quoiqu’il en soit, quoiqu’il en coûte. Ils étaient une entité, un tout. En tout cas, ils l’avaient été. Jusqu’à ce jour. Au-delà de l’aspect professionnel qui pouvait parfois les lier — Camil n’avait pas hésité à consulter Hassan sur des questions géopolitiques au Moyen Orient — il le pensait un ami loyal ; vraisemblablement, il s’était trompé. Et l’amertume qui avait envahi sa bouche menaçait de déborder de ses lèvres à tout instant. « Ne cherche pas à lui sauver la mise. » Siffla le politicien, sur un ton glacial. La déception de l’Américain était grande et, comme à chaque fois où il se sentait un tant soit peu malmené, il attaquait. C’était sa stratégie de défense, pour ne pas se laisser submerger. Attaquer, plutôt que de se laisser abattre. « Je m’occuperai de son cas plus tard. » Et une chose était certaine : il ne comptait pas y aller de main morte. L’explication serait incendiaire, et Camil comptait bien dire à Hassan tout le mal qu’il pensait de son attitude, de son mensonge, de sa trahison. Puis, naturellement, vint le nom du louveteau du Grant. Simon Adams. Et les larmes, de douleur, qui dévalaient désormais les joues pâles de sa soeur. « Je vais le tuer. » Fut la première pensée qui traversa l’esprit du politicien, alors que Sixtine lui avouait qu’il n’avait pas eu le courage d’affronter la situation. S’il avait eu une once d’estime à l’égard du fils de son ennemi politique de toujours, elle fut balayée en un revers de main. Sa lâcheté le dégoûtait, et Camil avait désormais une soif de vengeance à tarir. Il ne savait pas encore comment il allait s’y prendre, mais une chose était certaine : il ne le laisserait pas s’en tirer à bon compte. « Ne le laisse pas te mettre dans de tels états. Tu mérites mieux. » Enfin, une première parole réconfortante. Un semblant de douceur, propre à Camil, qui s’échappait de ses lèvres. Tout, dans l’attitude de Sixtine, trahissait l’envie de voir son frère s’ouvrir un peu à elle. Les quelques pas qu’elle avait fait, le regard implorant qu’elle lui lançait, ses mains qui étaient à quelques pauvres centimètres de ses avant-bras — alors que ses mains grattaient toujours le fond de ses poches de jean. L’Américaine franchit finalement les quelques pas qui les séparaient encore, et se jeta avec une force insoupçonnée contre le torse de son aîné. « Les élections ? » Répéta-t-il, abasourdi. Il s’attendait à tout, mais certainement pas à ça. « Mais quelles élections ? » Ses doigts se refermèrent dans ses paumes, et il se mordit la langue pour ne pas s’effondrer — pas maintenant, pas tout de suite, pas devant elle. Mais il avait désormais la raison de sa discrétion, de son silence : les élections. Alors qu’elle se consommait de l’intérieur, elle avait préféré se taire pour que lui puisse continuer sa petite vie comme il l’entendait. Préparer sa candidature, développer ses réseaux. Continuer de fréquenter des soirées mondaines, amener Deborah en shopping pour lui trouver la robe idéale. Aller courir chaque matin, boxer le temps de midi. Trinquer avec de potentiels soutiens financiers, et baiser leur femme ou leur fille lorsqu’ils avaient le dos tourné. Il avait envie d’éclater d’un rire sans joie, désabusé. Un monstre d’égoïsme, voilà ce qu’il était. « Ça n’a plus d’importance. » Confia l’Australien en secouant la tête, alors qu’elle lui parlait d’une éventuelle défaite aux élections. Son ordre des priorités venait clairement d’être bouleversé par l’annonce de sa soeur. « Il le faut. » Souffla-t-il après de longues secondes de silence. L’indépendante Sixtine avait encore frappé. Mais cette fois-ci, le crabe qui la rongeait avait été plus fort qu’elle. Elle n’avait eu d’autre choix que de faire face, et d’appeler à l’aide. « Je ne peux pas garder ça pour moi. » Il devrait briser leur bulle. Il devrait se montrer honnête ; il le devait bien à sa famille. Il avait promis de veiller sur elle ; il avait échoué. Lamentablement. « Tu vas avoir besoin de soutien. » Et il n’était pas sûr de pouvoir assumer tout seul. Être là, nuit et jour, sans discontinuer. S’assurer qu’elle gardait le moral. La divertir, lui faire penser à autre chose. Les semaines à venir allaient être longues et éreintantes, et il n’était pas convaincu d’être suffisamment fort pour tenir. « Et puis, ce sera l’occasion de les revoir. » Souffla-t-il, alors que son estomac se nouait. Ses parents n’étaient plus tout jeunes, et il craignait que cette nouvelle ne leur porte un coup terrible. Mais ce n’était pas eux qui faisaient le plus peur à Camil : c’était Carlo. Jamais il n’accepterait de laisser sa fille seule, sur un autre continent, alors que sa vie était en danger. Il allait perdre les pédales, c’était une certitude. Et pour une fois, l’Américain ne trouvait rien à y redire. Il fut happé par la détresse de sa petite-soeur, et l’entoura finalement de ses bras. « Je sais. » Murmura-t-il en posant sa joue sur le cuir chevelu de sa soeur. Ses mains montaient et descendaient dans son dos, comme pour la réchauffer. Lui faire sentir sa présence. « Je sais, je sais, je sais… » Lui non plus, il ne voulait pas qu’elle soit malade. Il aurait tout donné pour être à sa place, pour qu’elle puisse profiter de sa jeunesse dans l’insouciance la plus totale. « Tu ne mérites pas ça. »  Sa voix, étranglée, partageait le fond de sa pensée. Il songea à toutes les conneries qu’il avait pu faire, à toutes les tromperies dont il avait été l’instigateur, à toutes les manigances qu’il avait pu échafauder. Ne méritait-il pas plus de souffrir qu’elle ? « Ce n’est pas juste… » Souffla-t-il, alors qu’il sentait ses glandes lacrymales le trahir. Une première larme tangua pendant quelques instants à l’orée de son oeil, et glissa finalement le long de sa joue mal rasée. Il l’effaça aussitôt d’un revers de main, accusant silencieusement le coup. Surtout, ne pas craquer. Pas maintenant, pas tout de suite.

@Sixtine Smith


 

.WELL, THAT WAS SAUCY.

I only think in the form of crunching numbers, In hotel rooms, collecting page six lovers, Get me out of my mind, Get you out of those clothes, I'm a liner away From getting you into the mood One night and one more time Thanks for the memories.
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Sixtine Smith
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STATUT : Libre comme l'air !
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PETIT PLUS : Fan de comédies musicales en tous genres / Carriériste / Très sportive / Tendance Orthorexique / Touchée par le syndrome Li-Fraumeni / Tête Brûlée / Bilingue anglais-japonais / Amatrice de vin rouge, ramen et chocolat noir / Fleur préférée : la rose blanche
UN RP ? : Où tu veux quand tu veux.
RPs EN COURS : Peace of mind ~ Hassan #1
No alarms and no surprises ~ Smith #3
Betting on the future ~ Max
Il suffit d'un sourire ~ Jax
You better watch your back ~ Geo (UA)
RPs TERMINÉS : Saül, Tobias
Nolan (ab.), Smith #1, Fabulous ~ Loan (ab.),
Photobombing ~ Jordan,
Et c'est parti pour le show ~ RP libre, Simon #1, Simon #2, Camil #2 (FB), Simon #3 (ab), Simon #4 (ab), Grace, Charlie #1

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CRÉDITS : schizophrenic / Joseph (abeille)
DC : Heïana / Allan
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camil & sixtine
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And I can't see in the stormy weather. I can't seem to keep it all together and I, I can't swim the ocean like this forever. And I can't breathe... God, keep my head above water. I lose my breath at the bottom, come rescue me, I'll be waiting. I'm too young to fall asleep.
☆☆☆



Oui. Il n'avait pas besoin de plus de détails, Camil. Ils viendraient tant qu'assez vite. Sûrement dans les minutes à venir, d'ailleurs. Pas la peine de lui annoncer qu'en réalité, qu'il eut découvert le pot-aux-roses par lui-même ou non, sa petite soeur avait prévu de lui annoncer la terrible sentence ce soir, au retour de son rendez-vous. Cela aurait eu l'air d'un mauvais sketch, et elle ne voulait pas donner l'impression à son frère de se dédouaner. Il savait d'ailleurs qu'elle ne fonctionnait pas ainsi et que, toujours d'une fierté qui confinait parfois à l'orgueil, elle gardait la tête haute, assumant ses décisions, ses paroles et ses actes. Pourtant, il pourrait en douter, ce soir. Après tout, il venait de découvrir que des mois durant, sa petite sœur lui avait caché non pas un détail, mais tout un pan de sa vie. Et quel pan ! De ceux qu'on était pas sensé garder pour soi, d'autant moins le dissimuler à l'être le plus important dans votre univers. C'était ce que la blonde avait fait, aussi incroyable que cela puisse paraître. Mensonge par omission, mensonge par diversion, tout y était passé entre février et septembre. Tout ce qu'elle n'avait encore jamais fait à son frère. Autant de coups de couteaux qu'elle avait porté à leur relation en pensant bien faire, en espérant ne pas avoir à en arriver au jour fatidique où elle devrait tout avouer. Comme si, d'un coup de baguette magique, une bonne fée pourrait effacer la moindre trace de la maladie qui était venue la heurter de plein fouet. Naïves illusions, brisées par la dernière visite en date auprès de son oncologue, celle du jour même. Depuis juin déjà, Sixtine avait perdu tout espoir d'un rétablissement spontané, d'une résorption naturelle de la tumeur, d'une disparition complète sans nécessité de traitement ou d'opération. Pourtant, la blonde s'était voilé la face, alors que chaque jour dessinait un peu plus les contours de son mal. Petite idiote.

La blonde tressaillit devant le ton froid de l'aîné des Smith lorsqu'il comprit qu'un ami lui avait caché la vérité. En plus de subir la déception du mensonge de sa cadette, il se sentait trahi par Hassan, qui avait fait le choix de garder pour lui l'affliction qui rongeait la plus jeune au lieu de lui en faire part. La demoiselle avait tenté de plaider pour lui, arguant qu'elle l'avait supplié de ne rien dire - ce qui était totalement vrai - pourtant, Camil n'était pas en état d'accepter ce genre d'excuses. Elle ne répondit pas, son côté forte tête ne ressortant pas pour une fois; quand son frère se trouvait dans ce genre d'humeur, dans laquelle elle ne l'avait quasiment jamais vu en réalité, il ne servait à rien d'argumenter. Tout au plus pourrait-elle prévenir Hassan de la tempête imminente en le croisant à la fac. Elle se débrouillerait pour ne pas le laisser totalement démuni face à l'ouragan Camil qui déboulerait sur lui tôt ou tard. Oui, elle trouverait un moyen. Un mot déposé dans son casier en salle des professeurs, un cours, n'importe. Il avait respecté sa décision tout en sachant très bien la réaction qu'aurait son ami le jour où serait portée à sa connaissance sa cachotterie. Elle lui devait bien ça, au moins. Qu'il puisse se préparer un peu mentalement. Alors, pour l'instant, la blonde baissa juste encore plus le bout de son nez vers le sol, incroyablement penaude. Elle avait su, au fond d'elle, que rien de sain ne ressortirait de cette situation. Malgré tout, elle s'y était enfoncée toute seule, y sautant à pieds joint. Sa voix, déjà troublée, se fit clairement vacillante et emplie de sanglots lorsqu'elle énonça le nom de Simon. Celui qui lui faisait le plus de mal à dire. Ses poings s'étaient tellement serrés à cette mention qu'elle en avait mal; qu'importait, la douleur était partie prenante de son quotidien, désormais. Cela n'empêcha même pas les larmes de rouler sur ses joues pâles. Le seul avantage à citer cette dernière personne fut de recevoir la première parole réconfortante de Camil. La jeune fille n'y répondit pas. Bien sûr qu'elle méritait mieux. Pourtant, son cerveau, totalement incohérent ces derniers temps et d'autant plus ce soir, ne semblait pas vouloir l'entendre ni l'accepter. A moins que ce ne soit son cœur. Dans tous les cas, son être se refusait tout entier à un tel raisonnement, bien qu'elle y adhèrât totalement en son for intérieur. L'absence de mots permit la libération du geste, et quelques secondes plus tard, l'étudiante se jetait contre le torse de son grand frère. Ce pilier si rassurant contre lequel elle avait pu si souvent se lover, dans des moments tendres, joyeux ou plus tristes. Tactiles l'un comme l'autre, les deux âmes sœurs avaient toujours eu à coeur de passer le plus de temps ensemble et pourquoi pas, bouinés l'un contre l'autre. Privilège immense que Sixtine recevait de la part de Camil, dans le cocon protecteur de leur loft australien. Elle était la seule femme au monde à pouvoir se targuer de recevoir tant de tendresse de la part du politicien, sans aucun doute. Elle connaissait par cœur sa constitution, son parfum, sa prestance, pour les avoir souvent touché, senti, perçu. Plus que jamais, et ce malgré l'ampleur de sa propre trahison, qu'elle commençait tout juste à percevoir alors qu'elle était au pied du mur, Sixtine avait besoin de l'amour de Camil. Il ne la prit pas dans ses bras, pourtant. Il ne l'enveloppa pas immédiatement de cette carapace protectrice qu'il lui avait si souvent offert. Ses poings restèrent serrés dans ses poches, que la plus jeune percevait contre ses hanches, à travers les tissus de leurs vêtements.

Alors, secouée par de lourds sanglots, elle lui avoua tout ce qu'il pouvait bien rester, et ce qui expliquait le reste. La raison principale à ce que son frère pouvait percevoir comme à un parjure de sa part. La demoiselle, si jeune encore, sachant très bien au fond d'elle que cette maladie pourrait gagner malgré la résistance farouche qu'elle comptait bien lui opposer, avait voulu en préserver son aîné, aux ambitions si admirables et galvanisantes. Elle avait voulu pouvoir l'observer se battre bec et ongles pour s'allier à qui de droit. Elle avait suivi ses manœuvres politiques, l'avait conseillé en donnant son avis sur les questions qu'il se posait. Elle avait rencontré @Deborah Brody pour la première fois alors que Camil lui cherchait LA robe parfaite. Dans un autre contexte, l'alternante aurait souri à ce souvenir, qui avait marqué un beau début de relation entre elle et la copine factice de son aîné. En suivant la progression du politicien vers ses objectifs, elle avait pu en oublier un peu aussi ce qui la rongeait. Elle avait trouvé son bonheur dans l'accomplissement de son frère, trop pessimiste sur son propre avenir pour réfléchir en termes d'objectifs personnels. D'ailleurs, elle fut tirée de ses pleurs par une phrase de son frère. Ça n'a plus d'importance. Elle leva ses yeux bleus emplis de larmes vers lui, dans lesquels semblaient pourtant s'être levée la tempête définissant si bien son caractère bien trempé. Si, ça en a ! Tu dois suivre ta voie. Elle avait trop sacrifié pour qu'il abandonne maintenant, dans le but de la soutenir. Bien sûr que c'était touchant de sa part, et que son coeur vibrait de l'entendre dire ça, elle qui connaissait très bien la passion de Camil pour son métier et la force de ses convictions. Et c'était justement pour cela qu'il était hors de question qu'il lâche tout. Pensait-il que ça avait été simple pour elle de lui mentir tout ce temps ? Se douter que tout cela aurait des conséquences ? Que dans un sens, elle lui briserait le coeur, et que pourtant, elle avait préféré cette éventualité à la vérité ? Cependant, elle n'avait pas la force d'en débattre plus avant ce soir, et une fois son éclat passé, elle se cacha à nouveau contre le torse de son aîné. Elle trembla lorsqu'il annonça qu'il faudrait bien le dire aux leurs. Ceux séparés d'eux par des milliers de kilomètres. Leurs parents. Carlo. Bien sûr qu'ils ne pourraient pas leur cacher plus longtemps. La conscience de son grand frère ne s'en remettrait pas. D'une voix étouffée, la blonde déclara : Ce n'est pas à toi de... Elle s'étrangla à la fin, laissant son ton mourir dans sa gorge. Le plus dur avait été de tout avouer à Camil. Devoir l'annoncer au reste du clan Smith rendait cependant les choses plus cruellement réelles encore. Un potentiel débarquement de tout ce beau monde en Australie, conséquence de tout ça, d'autant plus. Le fil de pensée des deux Brisbanais se rencontra alors. Je ne veux pas... Papa et Maman sont trop vieux pour ces conneries. Ça va leur faire trop mal. En cet instant, l'étudiante se sentait vraiment comme une épine dans le pied de son entourage. Et Carlo ? Lui qui est toujours si triste... Alors que, dès toute petite, elle avait su rayonner assez pour tirer Camil de sa morosité et de sa dépression suite aux attentats à New-York, sa présence bien plus constante et régulière auprès du cadet Smith n'avait jamais suffi à le tirer de sa grisaille. Elle en avait fait pourtant, des essais et des efforts, du temps où elle vivait en Amérique, la petite Sixtine. Cela n'avait rien changé. Pourtant, elle voyait bien qu'il avait de l'affection pour elle, tout comme elle en avait pour lui. Alors, qu'imaginer, maintenant qu'il allait apprendre cette alarmante nouvelle ? Ses pleurs, qui s'étaient calmés un minimum lorsqu'elle avait tempêté contre l'abandon potentiel de Camil de sa campagne, redoublèrent.

Alors, enfin, les bras de son frère l'entourèrent, alors qu'elle sentait sa joue se poser contre ses cheveux. Ceux-ci devenaient si fins, si cassants depuis qu'elle avait du mal à manger. Alors que, jusque là, ses mains étaient restées agrippées contre l'avant de la chemise de Camil, elle laissa ses bras l'entourer pour se serrer contre lui. Comme si elle voulait fusionner avec son protecteur, son confident de toujours, disparaître et avec cela, faire partir la tristesse, l'amertume, le désespoir. Les caresses du politicien dans son dos étaient douloureuses. Sixtine ne supportait plus d'être touchée en bas de sa colonne vertébrale, depuis quelques temps; autre signe que la tumeur avait grossi. Pourtant, ce soir-là, elle donnerait tout pour que le blond continue d'ainsi la cajoler, quelles qu'en soient les conséquences immédiates sur sa douleur. Son coeur battait vite, si vite. Trop vite, peut-être. Une impression désagréable commença à monter. Si imposante qu'elle ne pouvait être ignorée. Camil... murmura la jeune femme. Camil... insista-t-elle, la voix un peu plus pressante, plus haute, et cherchant à se défaire de lui. Elle y parvint, et sortit précipitamment de la chambre. La porte des toilettes se ferma, mais pas à double tour. Puis, des bruits bien peu ragoûtants. Le stress, l'émotion, les multiples médicaments l'abrutissant pour calmer la douleur, le fait de ne pas avoir mangé le midi. Autant de raisons pour son corps d'aller déverser ce qu'elle n'avait pas dans l'estomac dans la cuvette.

Et ce ne serait que le début d'un long parcours du combattant pour les Smith.

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