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 (aleph) when the fires have surrounded you

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Alfie Maslow
Alfie Maslow
la pile électrique
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ÂGE : trente-six ans (01.11).
SURNOM : alfie en est déjà un.
STATUT : en couple depuis quatre ans, l’évocation d’une future vie de famille laisse planer un nuage noir sur sa relation avec jules.
MÉTIER : anthropologue de formation ; consultant pour la justice et dans la santé, lecturer à l'université.
LOGEMENT : apt. #95 à toowong, qui devient trop petit pour lui, jules et (plus si) temporairement sa filleule de 7 ans, anabel.
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POSTS : 2136 POINTS : 0

ORIENTATION SEXUELLE : Je n'aime que ma moitié.
PETIT PLUS : enfant unique, parents très religieux ≈ rescapé d’un accident de voiture qui a tué son premier amour (toxique) ≈ passionné par son métier, le vrai (anthropologue) ≈ se déplace en skate ou vélo, rarement en voiture ≈ excellent pianiste ≈ trouble tdah jamais diagnostiqué ≈ cicatrices le long du dos, sur le torse et brûlure sur l’entier de la paume gauche ≈ de retour à brisbane depuis deux ans, il rêve de fuir à nouveau ≈ ancien toxico en perpétuelle lutte pour ne pas replonger ≈ deux agressions en deux ans, et un ptsd qui prend de plus en plus de place au quotidien.
UN RP ? : Pas dispo pour le moment.
RPs EN COURS : (aleph) when the fires have surrounded you 32d2b6573f403138155d8d7f37ca8eddda957578
alfiana #6 ⊹ i'm sliding into something you won't understand, but don't give up on me 'cause i'm just in a rut, i'm climbing but the walls keep stacking up.

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anabel ⊹ no matter how big and bad you are, when a six year old hands you a toy phone, you answer it.

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alfly #3 ⊹ y'know, i always try to settle you when i'm away 'cause we struggle sometimes, if it means that we get through.

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noralfie #4 ⊹ out of the blue, into the black. they give you this but you pay for that. once you're gone, you can never come back.

anwaralex elwynjoseph #4edward

(08/06)

RPs EN ATTENTE : jules #7 (fb) › caelan › diana #2 › joseph (fb) › nate
RPs TERMINÉS : lily (1998)harvey #3 (2001)ariane #2 (2010) norah #2 (2015)stephen #1 (2017)evaariane #1 (& jules)leonardojoeyjules #1joseph & julesnorah #1tad #1harvey #1tad #2hassanharvey #2kanejules #2jules, leah & stephen jules #3joseph #2jules #4dimitri joseph #3leah #1emmanorah #3jules #5diana #1lily #2

(abandonnés)
romy (au)james (1994)calie (2006)nadia eleonoralily stephen #2leah eirlystad #3leah #2
PSEUDO : leave
AVATAR : brandon cutie pie flowers
CRÉDITS : lannisters (ava), jesaisplusdesolee (sign), loonywaltz (ub), jojo rabbit (dessin)
DC : le roux de secours (finnley coverdale) et le paumé de service (kieran halstead)
INSCRIT LE : 01/02/2019
https://www.30yearsstillyoung.com/t23106-alfie-just-lean-into-the-light https://www.30yearsstillyoung.com/t23175-alfie-smile-like-you-mean-it https://www.30yearsstillyoung.com/t23176-alfie-maslow https://www.30yearsstillyoung.com/t23177-alfie-maslow

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Message(#) Sujet: (aleph) when the fires have surrounded you (aleph) when the fires have surrounded you EmptyVen 23 Oct - 20:40




@JOSEPH KEEGAN & ALFIE MASLOW ⊹⊹⊹ when the fires, when the fires have surrounded you, with the hounds of hell comin' after you, i've got blood, i've got blood on my name.

Replaçant ses lunettes sur son nez du bout du doigt, Alfie fait glisser son stylo sur la feuille en papier devant lui, dessinant des arabesques irrégulières tandis que son regard ne quitte pas la page du livre ouvert devant lui. Un album de photos légué par sa mère, bien trop heureuse quant à la perspective que son fils puisse enfin avoir envie de conserver le moindre souvenir de cette famille pour oser demander le retour de celui-ci. Il n’a pas eu le cœur de l’avouer qu’il s’en fiche bien de l'aspect nostalgique du bouquin et que sa volonté ne touche à aucune mélancolie, mais à un désir de faire travailler sa mémoire encore défaillante, plus d’un an après cette nouvelle agression. Alors, assis à son bureau, l’anthropologue tente de lister les prénoms de tous ceux qu’il parvient à reconnaître sur les photos – et pour une famille aussi religieuse et impliquée dans un grand nombre d’activités adjacentes, il y en a, du monde, sur ces photos. Bien trop à son goût et à celui de ses capacités qui mettent le holà alors qu’il essaie tant bien que mal de forcer les choses pour compléter la feuille de papier déjà froissée de nombreuses fois sous l’agacement. Si Jules était là, nulle doute qu’elle aurait volontiers partagé un de ses speechs inspirants visant à le réconforter quant au fait que n’importe qui n’arriverait pas à se souvenir de l’identité de tous ceux qu’ils ont l’opportunité de croiser au cours d’une vie et qu’il ne fait pas exception à la règle. Et bien sûr qu’Alfie le sait, d’autant plus avec sa manière d’être qui fait qu’il se préoccupe si peu du reste du monde que la grande majorité des personnes qu’il a pu rencontrer n’ont pas laissé une empreinte suffisante pour qu’il prétende se souvenir d’elles (il n’essaie même pas lorsqu’elles sont face à lui, pourquoi le faire quand il est seul ?). Les prénoms, les visages, ce sont des aspects qu’il est en mesure de retenir lorsqu’il le veut, le problème réside donc plus dans le fait qu’Alfie n’a pas d’intérêt à se surcharger avec des gens qui, eux, sont désintéressant au possible. Mais ce constat ne l’aide pas à être moins sévère avec lui-même, car cet agacement est avant tout dicté par la colère. La colère de ne pas être celui qu’il désire et la prise de conscience qu’il ne le sera probablement plus jamais. Si jusqu’ici ce n’était qu’une question d’emploi qui brimait sa liberté, c’est désormais quelque chose de bien plus handicapant, bien plus grave, parce qu’il s’agit de facteurs sur lesquels il n’a aucune prise : il ne peut pas se contenter de claquer des doigts pour que son système cognitif daigne être coopératif. Il ne l’est plus depuis une année, il ne le sera probablement plus jamais et ce constat ne fait qu’accentuer l’amertume d’un Alfie qui se réfugie dans de vieux travers qu’il pensait avoir abandonnés.

Joseph s’apprête à en faire les frais ; même si l’on pourrait croire que le désir de vengeance du plus jeune quant à l’origine de son agresseur surpasserait tout le reste. Et à le voir s’affairer à rendre les lieux agréables, après avoir abandonné ce livre de souvenirs dans un coin, petite tarte concoctée avec amour au four et apéritifs élaborés en cours de préparation, il serait judicieux de se questionner si la régression d’Alfie est véritablement un problème. Pourtant, comme chaque acte d’apparence désintéressé du brun, il y a une idée sous-jacente qui ne vise que ses propres intérêts. Aujourd’hui, le besoin d’être sur un pied d’égalité avec Joseph et de lui demander les réponses aux questions qu’il s’est posé pendant une (trop) longue année. La principale n’a donc jamais été qui, puisqu’en réalité comme il l’a admis à Lily il savait pertinemment que son meilleur ami fut derrière ce tel déferlement de haine. Il s’en est fait des ennemis au cours des années, Alfie, mais jamais personne n’aurait frappé avec autant de rage que Joseph. Il voulait lui laisser le bénéfice du doute, la satisfaction de se condamner tout seul ; mais même ça, son imbécile et lâche ami n’a pas été capable de le faire. Alors Alfie lui offre une ultime chance, chance qui vise aussi à répondre à la question la plus importante, celle qui lui permettra (enfin) d’avancer : pourquoi ? Car il ne se souvient pas, l’anthropologue, des raisons qui auraient pu amener Joseph à réagir ainsi. Oh, il se doute qu’il n’est probablement pas innocent à son sort, sa grande gueule et son égoïsme caractéristiques faisant de lui une cible privilégiée, mais sans autres éléments, difficile pour lui de prendre la pleine conscience de ses erreurs. Erreurs est un terme d’ailleurs inadéquat, puisqu’il saura probablement les justifier, non pas pour les excuses comme la plupart le ferait, mais simplement parce qu’il assume la majorité de ses actes, Alfie, c’est un point sur lequel on peut s’agacer autant qu’apprécier. Il n’a jamais cherché à s’excuser d’être qui il est, ni ses réactions qui façonnent sa personnalité ; et même aujourd’hui, en sachant qu’il sera peut-être confronté à ses pires aspects, l’anthropologue ne compte pas baisser sa garder simplement pour flatter son ami. Est-ce qu’il l’a fait, lui ? Est-ce qu’il y a pensé quand il propulsait avec toute sa vigueur sa tête contre l’évier ? Avec une telle force que celui-ci a dû être remplacé ? Non. Il ne s’est pas excusé sur le moment, il ne s’est pas excusé après, Alfie retient la leçon et offrira la même à son ami, peu importe la teneur de ses accusations qui viseront à justifier son acte.

Acte qui est pourtant déjà pardonné. Il n’est pas rancunier, Alfie, c’est peut-être l’une des seules qualités qu’on peut mettre exagérément en avant le concernant. Il ne s’offusque pas des attitudes des autres, conscient que les siennes sont souvent pires : ce qui fait de lui un très bon client du pardon. Fort heureusement pour Joseph, car d’autres n’auraient pas hésité à parler en premier lieu à la police avant de se confronter au principal concerné. D’autres auraient certainement cherché à lui tendre un piège avec une invitation d’apparence anodine. Et si Alfie est effectivement fourbe, qu’il n’a aucun mal à manipuler les autres et ne s’en prive pas, l’invitation est sincère ; il tient à ce que son ami se présente. Certes, il a menti sur la forme et ils ne seront que les deux, mais cela leur permettra d’avoir une discussion sans prendre le risque d’être interrompus, discussion que Joseph aurait probablement rejeté en connaissant les véritables intentions de son ami (l’est-il toujours ?). Alors, il l’est, sournois, mais Alfie choisit minutieusement ses moments. Et, à cet instant précis, ça n’en est pas un, alors que la sonnette résonne et qu’il se précipite avec un engouement non-feint pour accueillir son meilleur ami. « Hé, salut ! » Un large sourire aux lèvres, Alfie se décale pour laisser entrer son ami. [color:01d2=#darkseagreen]« Tu connais le chemin. » Il souligne tandis qu’il s’empresse de verrouiller derrière lui, se justifiant par un « pardon, vieux réflexe » lorsqu’il croise le regard de Joseph, mais ayant besoin de laisser la porte bien fermée pour son propre bien. « T’es le premier, Jules est encore en train de faire quelques courses. » Il ajoute, tandis qu’il le rejoint jusqu’à la cuisine près de l’entrée. « Ça tombe bien, tu vas pouvoir être mon... » Et s’il arrive à nouveau à faire des phrases sans s’interrompre à chaque mot, bien que son débit sera toujours ralenti, Alfie se perd lorsque le terme qu’il désire employer est plus complexe que son vocabulaire journalier. « ... commis ! » Il s’exclame avec joie lorsqu’il trouve ses mots, se remettant à table pour finir de piquer les tomates et la mozzarella ensembles. « Comment tu vas ? J’ai l’impression que ça fait une éternité. » Il ajoute par la suite, tandis que son regard se relève vers Joseph et que la sincérité sur son visage n’est pas feinte. Oui, il est heureux qu’il soit venu, véritablement heureux.  


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Joseph Keegan
Joseph Keegan
l'avis de recherche
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ÂGE : 37 ans. 26/04/1983
SURNOM : On m'appelle Jo, mais ça m'emmerde. J'aurais préféré avoir un autre prénom.
STATUT : Célibataire qui n'arrive pas à en profiter.
MÉTIER : Petite abeille butineuse de la Ruche. bzbz.
LOGEMENT : Je possède les clefs de Deborah en ce moment (celles de son appartement, pas celles de son coeur, malheureusement).
(aleph) when the fires have surrounded you Jbs5
POSTS : 31716 POINTS : 0

ORIENTATION SEXUELLE : J'aime les jolies filles.
PETIT PLUS : Quand j'étais jeune, j'étais facilement manipulable. Beaucoup trop en ont profité. J'ai subi la ceinture de mon père et il m'arrive encore de sentir les mains du curé sur moi. Depuis, j'ai inversé les rôles. Je suis devenu le manipulateur en apprenant de mes erreurs. J'ai rejoint un gang à vingt ans, j'ai vendu de la drogue à ceux qui n'en demandaient même pas. La justice m'a rattrapé, j'ai été emprisonné pendant trois ans et j'ai pu m'en sortir plus tôt en usant de bonnes paroles religieuses, celles que j'avais apprises par cœur contre mon gré. J'erre, maintenant, à la recherche de stabilité.
UN RP ? : Seulement si nous avons un lien.
RPs EN COURS : LA CONFISERIE

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KEEGANs. Time hurts. Time heals.

(aleph) when the fires have surrounded you D82q
ALEPH. Hating you for loving me.

Alice - Sid & Lily - Sawyer [FB] - Lou [3] - Ichabotte [3]
RPs EN ATTENTE : Robin 2 [FB] - Kyte [2] - Aleph [4][FB] - Lily [parents]
RPs TERMINÉS : Yanis - Blake - Yanis [2] - Aubrey - Aubrey [2] - Kane - Aubrey [3] - Liam - Owen - Aubrey [4] - Tess - Blake [2 ripblake] - Jolex - Aubrey [5] - Gaby [abandonné] - Lindsey [abandonné] - Clara - Eve - Jolex [2] - Jolex [3] - Jolex [4] - Primrose - Sid - Juliana - Gabriel L. - Romy - Caroline - Deborah [2] - Terrence - Charlie - Gabriel L. [2] - Lily - Freya - Adrian [FB] - Manthas [FB] - Jessalyn - Lily [2] - Alfie&Juliana - Théodore - Savannah - Spidey - Romy [2] - Murphy - Alfie [2] - Deborah [3] - Louanor [FB] - Lily [1] - Deborah [4] - Birdie [FB] - Lou - Juliana [2] - Robin-Hope [FB] - Greg - Deb [5UA] - Murphy [2] - Blake [FB] - Alfie [3] - Lily [2] - Kyte [FB] - Tobias - Geisa [abandonné] - Blake [2] - Greg [2] - Charles - Sin - Olivia [FB] - Olivia & Lily - Blaze [FB] - Lily [3] - Blake [3] - Lily [4] [FB] - Primrose [2] - Ichabod - Matt & Lily - Rhea [FB] - Lou [2] - Deb [6] - Olivia [3] - Vitto - Ichabotte [2]

(aleph) when the fires have surrounded you B4pd
Parce que je ne serais rien sans les mots de Deborah.

(aleph) when the fires have surrounded you 1swy

PSEUDO : Mapartche.
AVATAR : Sebastian Stan.
CRÉDITS : Jess pour le *pewpew* et l'avatar + google + greenhouselab
DC : Raph le flamant et Archie le varan.
INSCRIT LE : 25/09/2018
https://www.30yearsstillyoung.com/t21527-pardonnez-moi-mon-pere-j-ai-peche-sans-un-permis-de-peche https://www.30yearsstillyoung.com/t21547-il-y-a-des-jours-ou-je-ferai-semblant-de-t-apprecier https://www.30yearsstillyoung.com/t23547-joseph-keegan

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Message(#) Sujet: Re: (aleph) when the fires have surrounded you (aleph) when the fires have surrounded you EmptyVen 23 Oct - 21:58


L’invitation avait fait vibrer son téléphone sans qu’il ne s’y attende. Il avait presque sursauté, à moitié endormi devant un mauvais film qui passait ce soir-là à la télévision. Il faut le comprendre : cela faisait plutôt longtemps qu’il n’avait pas reçu un message et la surprise avait été d’autant plus grande lorsqu’il avait observé le nom d’Alfie sur le petit écran de l’appareil. Il avait longtemps fixé les mots qu’il lui avait envoyés en se mordant le bout de la langue, mauvaise habitude qu’il  a adoptée lorsqu’il se met à trop longtemps réfléchir. C’était bizarre. Son ami l’invitait à diner chez lui cette semaine, une sorte de pré-anniversaire, comme si la véritable date de cette célébration avait été effacée du calendrier cette année. Par réflexe, le garçon avait jeté un coup d’œil à la date actuelle, se rappelant avec justesse du premier novembre, cette journée durant laquelle il n’oubliait jamais d’envoyer un message à Alfie pour lui souhaiter une agréable journée même lorsqu’ils ne s’étaient pas vus depuis l’éternité. L’anthropologue restait son premier véritable ami, jamais il ne pourrait l’effacer de sa vie.

Pas même lorsque la plus brutale des confrontations tente de les séparer. Il ne peut pas lâcher prise, cet imbécile. Il faudrait qu’il lui coupe les mains pour qu’il ne réponde pas à l’invitation d’Alfie en jouant la comédie qui fait partie de sa vie depuis un an : il est l’innocent ami d’enfance qui répondra présent si on le demande à la barre (voyez ici la petite métaphore). C’est donc après  avoir hésité seulement  dix secondes qu’il confirme son intérêt pour cette soi-disant petite fête, priant toutefois pour ne pas être celui qui doit ramener le vin. Il ne peut pas se permettre une bouteille de bonne qualité et il ne ferait probablement pas fureur s’il ramenait la marque la moins chère trouvée à l’épicerie. Par prudence, il s’assure aussi de ne pas être le seul invité et Alfie lui confirme que ce ne sera pas le cas. Alors, sceptique mais heureux, il avait rangé son téléphone dans sa poche, avait croisé ses bras contre sa poitrine et avait reposé son attention sur le mauvais film, incapable de suivre l’histoire, trop profondément plongé dans ses pensées.  

Il aurait été stupide de ne pas songer une seconde à l’éventualité que cette soirée soit une sorte de piège tendu vers lui. Un chasseur tendant une grappe de fruits rouges à un petit lapin maigre et affamé. Sa dernière balade en nature avec Alfie ne s’était pas terminée dans la peinture rose. Elle avait laissé des marques sur son avant-bras, des marques bien plus profondes que celles que lui affligent les piqûres de bonheur artificiel. Il avait passé la journée entière derrière des barreaux qui l’avaient protégé de lui-même. Il avait supplié à ce qu’on l’enferme parce qu’il ne pensait plus avoir la force de combattre son envie de s’injecter une quantité fatale de cocaïne. Ça aurait été tellement facile. Il aurait serré les dents quelques secondes en attendant que le sommeil profond l’absorbe dans son antre confortable et personne ne sait s’il se serait réveillé par la suite. Il n’aurait plus à supporter la vision du visage déformé et ensanglanté d’Alfie ni les remords qui le bouffent de l’intérieur depuis ce jour-là.

Mais Alfie n’est pas le genre de chasseur à s’attaquer à une proie aussi vulnérable.

Observant son reflet, Joseph tente de faire un peu d’ordre dans sa tignasse emmêlée. La salle de bains et plongée dans un brouillard chaud et il doit sans cesser essuyer le miroir avec sa serviette pour ne pas perdre son visage dans la condensation. Il se dit qu’il aurait grand besoin d’un barbier mais il se résout à simplement glisser sa main dans le tiroir du comptoir pour en sortir son trimeur. Il sait qu’il ne peut pas raser sa barbe en entière : la dernière fois qu’il s’y est risqué, il est tombé nez-à-nez avec un horrible squelette. Il vaut mieux pour lui de cacher le manque de chair dans ses joues rongées par le manque d’appétit. Toutefois, pour les cernes, il ne peut pas faire grand-chose : seulement blâmer son manque de sommeil qui est en partie responsable de cette gueule qu’il affronte tous les matins.

Il aurait aimé pouvoir se vêtir des beaux habits que lui a offerts Gabriel quand il l’a embauché pour cet emploi honnête. Le costume lui allait bien, ainsi que la cravate, mais il n’a même pas besoin d’essayer l’ensemble pour savoir qu’il flottera entre ses tissus trop larges. Il avait été fabriqué sur mesure et, à cette époque, il y avait encore bien des muscles enroulés autour de ses os. C’est donc avec un agacement visible qu’il enfile ses habits habituels, du moins, ceux qui sont en meilleur état. Il veut faire des efforts, et, évidemment, il ne jette pas un seul coup d’œil au t-shirt qu’il portait le jour où il est venu porter les clefs à Alfie. De toute façon, il ne l’a presque plus jamais remis, ce vêtement au parfum de sang. Il l’aurait jeté s’il avait les moyens de refaire sa garde-robe. « J’vais diner chez Alfie. » Le garçon dit en sortant finalement de sa chambre. Il glisse dans ses poches son portefeuille et son téléphone, ne souhaitant pas s’encombrer de son sac à dos. « J’pense pas revenir trop tard mais j’t’envoie un message si y’a un changement de plan. » Il ajoute en contournant la cuisine dans laquelle se trouve Deborah, occupée à se servir une boisson. Il passe une dernière fois devant un miroir pour replacer ses cheveux – il devrait abandonner, en fait – et il sort de l’appartement après avoir souhaité une bonne soirée à sa meilleure amie.

« Hé, salut ! » La porte s’ouvre à peine cinq secondes après que le doigt de Joseph ne se décolle de la sonnette. Il avait longuement observé la façade de l’appartement, légèrement mal à l’aise de la retrouver. Son instinct lui avait soufflé de jeter un coup d’œil dans la rue pour chercher d’autres voitures mais il n’en avait pas trouvé : peut-être que les autres invités avait opté pour les transports en commun. « Salut ! » Il répond finalement après s’être vaguement figé par la surprise de voir Alfie si rapidement. Ce dernier l’invite à entrer, ce qu’il fait en enfonçant instinctivement ses mains dans ses poches afin de cacher la nervosité dans ses mains. Son regard se pose naturellement là où il a abandonné le corps ensanglanté d’Alfie, il avale de travers, se racle la gorge, et redresse la tête en constatant que son ami a préféré fermer à clef derrière lui. « T’inquiète, j’comprends. De toute façon, Jules a sa clé, j'imagine. » Il répond, esquissant un sourire rassurant, quand son ami lui explique que c’est devenu un réflexe de verrouiller la porte. Ce qu’il ne sait probablement pas, c’est qu’il a déjà laissé entrer celui qui lui a imposé cette nouvelle habitude. « Oh, c’est pour ça que je trouvais ta rue un peu vide. » Il est le premier arrivé, alors. Mais il y aura bel et bien d’autres invités, comme il avait confirmé. L’enthousiasme d’Alfie semble bien réel lorsqu’il lui propose – ou lui impose – de l’aider à terminer ce qui ressemble à des hors d’œuvre à base de tomate (il n’est pas un grand chef, Joseph, lui il ne voit que des tranches de tomates et un bloc de fromage blanc). « Oui, avec plaisir. » Il a l’impression de lui devoir bien plus qu’un coup de pouce pour assembler les hors-d’œuvre, de toute façon. Alors, naturellement, il se dirige vers la cuisine pour se laver les mains. Son cœur se serre dangereusement lorsqu’il remarque que le lavabo a été remplacé. Il compte sur l’odeur du savon pour lui changer les idées tandis qu’il s’empresse de quitter la cuisine qu’il déteste désormais. Il s’installe à table, face à Alfie. « Comment tu vas ? J’ai l’impression que ça fait une éternité. » Plantant un petit pic en bois dans une première tomate il secoue la tête de bas en haut, toujours incapable de répondre sincèrement à cette question : « Oh, ça va, tu sais. Ça fait p’t’être une éternité, mais j’ai rien de neuf à t’raconter. » Enfin, rien de neuf dont il peut lui parler. Il travaille à nouveau pour une organisation criminelle, son addiction est de pire en pire, sa relation avec sa sœur stagne au niveau zéro… Que de bonnes nouvelles, quoi. « Et toi ? » Il demande en retour, se risquant à passer un commentaire qui se veut encourageant mais qui cache une montagne de culpabilité : « Tu n’as pas bégayé. Tu t’améliores, c’est cool. » Ta gueule Joseph. « Enfin, tu parles plus clairement, je veux dire. Moi aussi j’aurais longtemps cherché le mot commis. » Il ajoute, s’empressant de piquer un morceau de fromage pour se distraire et ainsi cesser de trop réfléchir.  



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Message(#) Sujet: Re: (aleph) when the fires have surrounded you (aleph) when the fires have surrounded you EmptyMer 4 Nov - 13:26



Cela peut sembler paradoxal, pourtant si Alfie n’est pas rancunier, il ne saurait se passer d’une vengeance en bonne et due forme, quand bien même il a déjà pardonné à la personne qui devient alors sa cible. Dans sa vision des choses, les deux ne sont pas incompatibles ; et le pardon peut aller de pair avec la volonté de blesser volontairement. Le pardon est une chose ; la leçon qui en découle en est une autre et c’est très exactement dans cette optique que se dessine la deuxième option. La vengeance n’a pas tant pour but de l’aider à se sentir mieux que de se mettre à égal – et que les blessures causées, tant physiques que psychologiques, soient comprises par les deux partis. Il n’y a pas meilleure explication qu’une démonstration selon lui ; et c’est la raison des diverses escalades de mauvaises décisions qui ont rythmé sa vie. D’abord avec Amelia au moment où il a tenté de s’émanciper de cette éducation trop stricte : leur relation n’était qu’un jeu où l’un et l’autre se faisait subir les pires outrances simplement par volonté que l’autre comprenne et non pas pour le détruire. Il en va de même dans ses relations actuelles, même avec Jules, où chaque déception s’accompagne d’un retour de bâton. Il sait que ce n’est pas sain pour le commun des mortels, mais ce n’est pas ce qui l’empêche de vivre et faire subir les choses à sa façon. Il a toujours été ainsi, Alfie, se fichant bien de l’opinion extérieure qui pourrait être émise sur ses comportements pourtant régulièrement considérés comme inappropriés. Et lui-même a conscience qu’ils le sont, parfois, souvent, même. Mais ça ne l’arrête pas pour autant, parce qu’aussi inapproprié qu’ils soient, ils sont justifiés – et dès le moment où il peut justifier les choses, il n’y a plus de barrières qui l’empêchent d’agir comme il le souhaite lui, et seulement lui.

Alors oui, bien sûr que le désir de vengeance n’a pas quitté son esprit et s’est très vite pensé dès lors qu’il a été en mesure de comprendre la situation qui était la sienne à son réveil et qu’il a pu prendre du recul sur les événements. Le recul a été aussi vite pris que la décision s’est imposée : sa vengeance, il était motivé à l’obtenir. Il a souvent imaginé le contexte de celle-ci. Il s’est surpris à imaginer divers scénarios lui étant favorables, tous à partir de la même base selon laquelle le cambrioleur à l’origine de ses blessures serait arrêté – quand bien même cette hypothèse lui est vite apparue comme peu probable. Il s’est imaginé lui rendre la pareille avec une violence plus virulente encore (question d’être celui ayant le dernier mot, ainsi qu’un esprit de compétition bien trop exacerbé pour son propre bien), il s’est imaginé avec une défense si convaincante au procès que l’accusé n’aurait pas pu échapper à la plus lourde des peines. Il s’est imaginé d’autres scénarios bien plus insidieux, où une fois l’identité du coupable dévoilée, il n’aurait pas réagi à chaud et se serait contenté de se frayer une place dans sa vie pour mieux la détruire sur le moyen terme, très exactement comme cela s’est passé pour lui. Car il n’y a pas eu que les coups ; les stigmates de ceux-ci ont très vite disparus. Mais le reste des séquelles, elles, ont perduré et perdurent toujours, empêchant l’anthropologue de clore ce chapitre qui ne demande qu’à l’être. Oui, dans son imaginaire, les choses s’exécutaient parfaitement ; et il aurait obtenu la vengeance tant désirée, peu importe les moyens pour y parvenir. Rien ni personne n’aurait pu le dissuader et, en réalité, il en est encore convaincu.

Pourtant, si l’annonce de l’identité de son bourreau ne l’a pas surpris outre-mesure, force est de constater que cela a imposé une remise en question de ses désirs et, surtout, un argumentaire féroce pour que le contre pèse plus que pour le pour, afin de préserver cette amitié déjà bien bancale et pourtant ô combien précieuse pour l’anthropologue. Et fait rare ; la raison a pesé plus que l’envie : et c’est bien une dernière chance qu’Alfie offre à son ami aujourd’hui, sous ce faux prétexte, pour qu’il décide du sort qui sera le sien. Quant à savoir si ce mensonge perdurera encore des mois durant ou si la possibilité d’une porte de sortie est utilisée par le plus vieux. Parce qu’il n’est pas rancunier, Alfie. Il ne l’est pas, pour autant il ne justifie pas les actes de son ami et pire encore, il n’oublie pas. Les coups n’ont pas été un problème, habitué à en recevoir autant qu’à en donner, le mensonge et le jeu qui s’en est suivi l’ont été, par contre. Pas tant parce qu’il prône l’honnêteté (ce qu’il fait, d’ordinaire), mais parce qu’il a été la victime d’un jeu de manipulation qu’il a lui-même inventé et que cette sensation d’être pris à son propre jeu est des plus désagréables. Et les explications qui sauront le satisfaire ne résident pas tant sur la rage qui a poussé Joseph à le défigurer que sur l’audace qu’il a eu de continuer à se positionner comme un ami alors qu’il n’était qu’un bourreau durant tout ce temps. Son sort n’est donc pas acté ; mais Alfie ne le laisse pas quitter son appartement sans qu’il ne le soit.  

Ainsi, son enjouement n’est pas feint ; il est heureux quant à cette confrontation qui s’annonce. Impatient, surtout, même s’il sait se tenir pour que cela ne soit pas flagrant. La porte s’ouvre alors sur un Alfie au sourire des plus sincères, aux réflexes encore bien tenaces – et tant mieux que Joseph y assiste, dans un sens. « T’imagines bien. » Il glisse en réponse à son ami, tandis que celui-ci s’étonne du peu de voitures dans la rue. « Ouais, c’est bien possible. Je t’avoue que je sais plus trop quelle heure j’ai donné à qui, il va y avoir autant de ponctuels que de... » Allons, voyons, ça n’est pas si complique. « ... retardataires. » Bien sûr, Joseph fait partie de cette première catégorie et sera le seul à être classé, en réalité, mais il n’a pas à le savoir. Autant qu’il n’a pas à savoir qu’Alfie se fiche bien de ces préparations devant leurs yeux, mais cela lui semble être un début bien moins confrontant et le but n’est pas de faire fuir Joseph (même s’il ne le pourrait pas, de toute évidence). Le regard de l’anthropologue s’attarde un peu plus sur la silhouette de son ami près du lavabo, avant qu’il ne se replonge sur les tomates alors qu’il vient s’asseoir à la table de la cuisine. Une question anodine entame la conversation, un premier élément entre les mains de Joseph qui, sans surprise, ne sait qu’en faire. Un point pour Alfie. « Vraiment ? T’occupes toujours tes journées de la même façon, à la... ? » Sandwicherie. « Enfin, excuse-moi. Ma mémoire me fait encore défaut et je me souviens pas de notre dernière conversation. Ni des précédentes, en fait. » Il souligne avec un haussement d’épaules désintéressé alors qu’il pique à nouveau les tomates. « Ouais, en même temps ça fait des mois que je vais chez un logopédiste, il était temps que ça commence à faire effet. » Il rit légèrement à sa réflexion, avant de reprendre la parole : « C’est gentil de me rassurer. Mais c’est... » Compliqué, pénible ? Non, pas assez fort. « ... affligeant, d’avoir encore autant de peine à trouver mes mots et d’avoir tous ses trous de mémoire à tout moment. » Autant en terme de vocabulaire que de souvenirs, mais ça, Alfie ne le dit pas, parce que c’est une autre conséquence des coups portés par son ami : il peine à avoir un débit rapide, il s’épuise à réfléchir et il ne peut plus parler avec la même aisance qui le caractérisait il y a un an. Merci, Joseph. « On m’a parlé du syndrome anniversaire, il paraît que quand t’approches la date de l’événement, tu ... disjonctes un peu. Ça fait un an, ça colle. » Il précise, avant de relever le regard vers Joseph un bref instant. « Mais je crois que la police a une piste, je dois passer la semaine prochaine. Alors si ça se trouve, d’ici deux semaines je serai un homme... nouveau et tout sera comme avant s’ils trouvent le coupable. » Oui, l’espoir fait vivre. Et si l’optimisme l’a souvent caractérisé, il n’en est désormais plus rien. Merci encore, Joseph.


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Joseph Keegan
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Message(#) Sujet: Re: (aleph) when the fires have surrounded you (aleph) when the fires have surrounded you EmptyDim 8 Nov - 21:47


Il est nerveux, anxieux, soucieux. Une petite clochette a tinté en plein milieu de son crâne en même temps qu’il a reçu le sms d’Alfie quelques semaines plus tôt. Il savait que ce n’était pas une bonne idée d’accepter une telle invitation chez lui. La dernière fois qu’il a mis le pied dans cet appartement, c’était pour en sortir avec les mains couvertes de sang. Mais il est têtu, Joseph, et, même s’il s’était promis de ne plus jamais approcher celui qui l’a transformé en monstre au gré de ses sourires et de ses sarcasmes, il n’arrive toujours pas à tourner la page. Parce qu’il y a l’impression qu’il n’y a plus qu’Alfie qui le rattache à ses derniers souvenirs de jeunesse. Il n’y a ni parent, ni sœur qui se fait invisible aujourd’hui et depuis toujours. Il s’imagine seulement le visage de son meilleur ami quand il ferme les yeux pour mieux contempler son passé et les quelques moments qui l’avaient fait sourire. Il n’y avait qu’Alfie qui lui faisait oublier pendant un moment que, quand il rentrerait le soir cinq minutes en retard, ce ne seraient pas des baisers et des câlins qui l’accueilleront.    

Oh, Alfie. Tu ne comprends pas à quel point le grand imbécile que tu es compte pour moi. Même quand tu joues ce rôle du pire des connards, même quand tu rejettes toute la faute sur moi alors que les torts sont partagés ; ils l’ont toujours été. C’était toi et moi, moi et toi, dans les bons moments mais encore plus dans les pires. Je n’arrive pas à laisser le vase brisé. Je dois le recoller, je dois espérer que les choses redeviendront comme elles l’étaient lorsque ton sourire alimentait le mien et quand tes bêtises me faisaient rire comme s’il n’y avait pas de lendemain. T’étais un frère, le seul que j’ai eu, celui que je n’aurais pas dû perdre.

La porte se ferme derrière lui une fois qu’il pénètre dans l’habitacle qu’il espère un jour apprécier à nouveau. Cet appartement l’a hébergé pendant des mois, il y a trouvé confort, chaleur, drôle d’odeur qui a imprégné les murs, les meubles, les vêtements de l’anthropologue et ceux de Juliana. Le parfum est exactement le même qu’avant. Une année a passé mais rien ne semble avoir changé : sauf ce lavabo qui a été remplacé dans la cuisine. « Ouais, c’est bien possible. Je t’avoue que je sais plus trop quelle heure j’ai donné à qui, il va y avoir autant de ponctuels que de... retardataires. » Détachant son regard de la grande salle lumineuse, il esquisse un mince sourire en observant son ami du coin de l’œil. Il hoche la tête, rassuré de savoir que, s’il est le premier arrivé, c’est seulement parce qu’il n’a pas perdu sa ponctualité. Il veut bien croire sur parole son ami. Il a perdu la mémoire, pas vrai ? Il ne se souvient que du bon. Joseph serait presque jaloux de lui parce qu’il peine à repousser le négatif dans lequel il se noie tous les jours. Et la seule bouée qui fonctionne pour lui en ce moment a la forme d’une seringue. Naturellement, Alfie lance la conversation - il a toujours été le plus bavard et c’est parfait pour Joseph qui, lui, n’a pas beaucoup de choses à dire depuis que la grande majorité de son vocabulaire se fait broyer par des marmonnements. « Vraiment ? T’occupes toujours tes journées de la même façon, à la... ? » Fronçant les sourcils, il attend la suite de la phrase mais celle-ci ne vient pas. Il est toutefois assez lucide pour comprendre où il voulait en venir et, effectivement, Alfie semble avoir perdu beaucoup de morceaux de sa mémoire. Cela doit faire plus de deux ans qu’il ne prépare plus de sandwichs. « Enfin, excuse-moi. Ma mémoire me fait encore défaut et je me souviens pas de notre dernière conversation. Ni des précédentes, en fait. » Tant mieux. « Oh, t’inquiète Ali. » Aoutch, le surnom maudit. « Je crois que la dernière fois qu’on a discuté, j’étais encore garde du corps pour une agence de mannequinat. » Il se secoue les puces, léger spasme nerveux qui trahit son inconfort de mentir de la sorte. Habituellement, il le fait avec la facilité d'un homme qui a fait du mensonge son métier mais, devant Alfie, c'est différent.« Et c’est encore le boulot que je fais alors… Comme je t’ai dit, y’a pas vraiment d’neuf. » Cela fait des mois qu’il utilise Gabriel, son ancien patron, comme alibi. Jusqu’à présent, il ne s’est jamais emmêlé dans ses propres histoires. C’est bien lui qui possède une excellente mémoire, il doit savoir l’utiliser même si cette dernière est plutôt un énorme fardeau actuellement. Souhaitant changer de sujet pour ne pas trop se perdre dans les mensonges, Joseph complimente son ami. Il semble avoir fait beaucoup de progrès, ses phrases sont plus fluides qu’avant. « Ouais, en même temps ça fait des mois que je vais chez un logopédiste, il était temps que ça commence à faire effet. » Oui, c’est bon, Alfie. Il sait. Par sa faute, tu dois voir un logopédiste, par sa faute tu as des trous de mémoire à tout moment, par sa faute tu souffres tous les jours. « Oui, je comprends. Mais il faut voir le bon côté des choses, j’crois. J’suis certain que d’ici quelques mois tu seras comme avant. » Il marque une pause, plante à plusieurs reprises un petit bâtonnet en bois dans une tranche de mozzarella. « Enfin, comme avant… J’veux dire, t’es encore comme avant mais disons que… Tu me comprends, j’suis certain. » Sa phrase se termine en un souffle précipité, comme s’il souhaitait à nouveau changer rapidement de sujet. Il n’y a vraiment aucune conversation qui le rendra à l’aise, avec Alfie. Il a bien hâte que d’autres invités fassent leur apparition. Ils auront certainement d’autres choses à dire. « On m’a parlé du syndrome anniversaire, il paraît que quand t’approches la date de l’événement, tu... disjonctes un peu. Ça fait un an, ça colle. » Raclement de gorge, sourire nerveux, hochement de tête compréhensif, puis énième tentative de diriger le voilier dans une autre direction : « Ouais, clairement, mais c’est ton anniversaire bientôt, c’est ça l’important ! Tu as prévu de fêter plus tôt parce que tu as quelque chose de prévu le premier novembre ? » Il l’interroge, fier d’avoir trouvé cette petite porte de sortie. « Mais je crois que la police a une piste, je dois passer la semaine prochaine. Alors si ça se trouve, d’ici deux semaines je serai un homme... nouveau et tout sera comme avant s’ils trouvent le coupable. » RRRRRRRRRRRRRRRRRRRR. Concentration, concentration. La nouvelle lui fait l’effet d’une bombe atomique dans l’estomac mais il serre les muscles, la mâchoire, il colle ses pieds au sol, gratte le parquet avec ses orteils pour contenir l’explosion dans son ventre. Il ne se rend pas compte qu’il exerce une trop grande pression sur le cure-dent et ce dernier, après avoir traversé la chair d’une tomate, vient se planter dans le bout de son index. Il sursaute légèrement mais ferme rapidement les poings pour dissimuler la minuscule blessure. Ses yeux se redressent pour s’attacher à ceux d’Alfie, qui l’observe comme un vautour attendant qu’il crève pour lui arracher la peau et le dévorer miette par miette. « Ah oui ? Quel genre de piste ? Des empreintes ? Des cheveux ? J’espère vraiment qu’ils le trouveront parce que tu le mérites, clairement. Y’a vraiment des malades en ville. Ça m’dégoûte d’me dire qu’il s’promène en liberté depuis tout c’temps. Putain. » Tu en fais trop là.



— Wanted —

he runs away from his demons without realizing that he has become one
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Alfie Maslow
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la pile électrique
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ÂGE : trente-six ans (01.11).
SURNOM : alfie en est déjà un.
STATUT : en couple depuis quatre ans, l’évocation d’une future vie de famille laisse planer un nuage noir sur sa relation avec jules.
MÉTIER : anthropologue de formation ; consultant pour la justice et dans la santé, lecturer à l'université.
LOGEMENT : apt. #95 à toowong, qui devient trop petit pour lui, jules et (plus si) temporairement sa filleule de 7 ans, anabel.
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ORIENTATION SEXUELLE : Je n'aime que ma moitié.
PETIT PLUS : enfant unique, parents très religieux ≈ rescapé d’un accident de voiture qui a tué son premier amour (toxique) ≈ passionné par son métier, le vrai (anthropologue) ≈ se déplace en skate ou vélo, rarement en voiture ≈ excellent pianiste ≈ trouble tdah jamais diagnostiqué ≈ cicatrices le long du dos, sur le torse et brûlure sur l’entier de la paume gauche ≈ de retour à brisbane depuis deux ans, il rêve de fuir à nouveau ≈ ancien toxico en perpétuelle lutte pour ne pas replonger ≈ deux agressions en deux ans, et un ptsd qui prend de plus en plus de place au quotidien.
UN RP ? : Pas dispo pour le moment.
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alfiana #6 ⊹ i'm sliding into something you won't understand, but don't give up on me 'cause i'm just in a rut, i'm climbing but the walls keep stacking up.

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anabel ⊹ no matter how big and bad you are, when a six year old hands you a toy phone, you answer it.

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alfly #3 ⊹ y'know, i always try to settle you when i'm away 'cause we struggle sometimes, if it means that we get through.

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Message(#) Sujet: Re: (aleph) when the fires have surrounded you (aleph) when the fires have surrounded you EmptyDim 22 Nov - 16:20



Les mensonges font partie intégrante de sa vie. En ce sens, il ne devrait pas être étonné qu’on lui en adresse ; de la même manière qu’il ne devrait pas s’offusquer que Joseph décide de faire de lui la cible privilégiée de ses omissions. Dans d’autres circonstances, probablement que son esprit altéré s’en serait réjoui : l’élève aurait surpassé le maître et l’anthropologue aurait eu un adversaire à sa hauteur pour valoriser cette valeur considérée comme intolérable dans cette société dans laquelle aucun d’entre eux ne se retrouve. Oui ; son désir de vengeance est autant dû à un besoin d’égalité qu’à une volonté de trouver une autre méthode à l’habituelle concernant son besoin d’adrénaline. D’ordinaire, il se l’injecte dans les veines ; mais il ne le peut plus, Alfie et si les années ont passé, il ne sait toujours pas faire le deuil de cette façon de faire – il n’y arrivera jamais, alors qu’il perçoit encore l’excitation autant que le désarroi qui l’avaient envahi lorsque la poudre magique de Joseph s’était collée à sa peau. Lorsqu’il avait dû lutter contre l’envie de passer sa langue sur ses lèvres autant que sur son besoin irrépressible d’ôter son t-shirt pour le coller contre son nez et s’assurer qu’aucune poussière ne serait perdue. Il avait lutté ; il aurait pu se persuader que le simple fait d’avoir réagi serait source d’éloges et contribuerait à se sentir victorieux : mais il s’était surtout senti perdant, et ce ne sont que lorsque les coups ont été portés qu’il a enfin épousé ce rôle de gagnant tout désigné malgré les allures de défaite de la situation. Joseph avait réagi, Joseph les mettait enfin sur un pied d’égalité et jamais plus Alfie n’aurait à se sentir redevable auprès de son ami. Alors, ça valait bien quelques os cassés, ça valait bien cette adrénaline plus efficace que jamais de par la douleur dans laquelle elle avait été infligée – et c’était une autre addiction qui s’était réveillée ce jour-là ; ce n’était plus la substance, mais la souffrance qu’il s’infligeait d’ordinaire et à laquelle son meilleur ami avait décidé de contribuer qui était devenue à nouveau essentielle à son quotidien.

Ainsi, que son ami le berce d’illusions n’est pas un réel problème. Qu’il se condamne lui-même en précisant qu’il « était encore » garde du corps avant de se contredire quant au fait qu’il s’agit toujours de son statut, qu’il lui fasse croire que sa situation s’améliorera, qu’il use du même espoir, factice, que tout le monde lui adresse, n’est pas un problème. Pour preuve, il entrecoupe ses réflexions de quelques haussements approbatifs, de fins sourires, parfois même de consolation : « t’inquiète, je comprends, oui » et autres « rien de prévu, non » qui lui permettent de contribuer à la conversation tout en scrutant son ami. Et d’afficher un sourire, large, sincère, presque euphorique, qui traduit de l’état de l’anthropologue. Ses yeux ne quittent plus son ami, ennemi, il ne sait plus vraiment, tandis qu’il glisse un « merci, Joseph » là-aussi de toute sincérité. La gratitude est surprenante, mais entière.

Merci Joseph, de te préoccuper de moi.
Merci Joseph, d’être un aussi mauvais acteur.
Merci Joseph, de m’ôter tous les regrets qui pourraient être les miens.


Oui, les mensonges de Joseph peuvent être pardonnés, en fin de compte.
Encore plus quand ils sont surpassés par ceux d’Alfie.

Personne d’autre n’est convié à la fête – l’évidence même, le plus petit mensonge parmi les autres. Il n’a jamais eu l’intention de célébrer son anniversaire, pas plus qu’il n’a eu l’intention de pardonner à Joseph sans s’assurer au préalable que celui-ci comprenne la leçon. Que s’il veut s’attaquer à plus malin que lui, il vaut mieux imaginer tous les scénarios susceptibles d’aller à l’encontre de la manière dont son plan est supposé se dérouler. Que s’il veut s’attaquer à plus tordu que lui, surtout, il veut mieux avoir l’intelligence de pouvoir rivaliser – Joseph ne la possède pas, pas plus qu’il peut se permettre de croire qu’Alfie est une force tranquille sur qui les événements glissent sans conséquences. Ils en ont toujours et son ami va l’apprendre à ses dépens.

C’est un vieux réflexe que de verrouiller cette porte – ça ne l’est pas, en réalité, pas plus qu’il s’agit d’une volonté de s’assurer de piéger son ami au sens propre comme au sens figuré. Il ne sortira pas de cet appartement indemne et il ne pourra s’en prendre à personne d’autre que lui-même. Il est venu ici en toute connaissance de cause ; s’il avait peur que ses actes ne soient retournés contre lui, jamais il n’aurait dû accepter une rencontre dans les lieux qui ont marqué la fin de leur amitié.

Et si Alfie a menti à Joseph, il ne s’est pas menti à lui-même.

Il a besoin de laisser la porte bien fermée pour son propre bien ; parce qu’il ne saurait tolérer que Joseph lui échappe – l’a-t-il pu, lui, lorsque ce dernier s’est rendu coupable d’un tel déferlement de haine ? Lui a-t-il laissé une porte de sortie, un moyen de s’évader ? Il l’a piégé autant qu’Alfie s’apprête à le piéger ; l’argument est irrecevable, les regrets seront inexistants.

Sournois, Alfie choisit ses moments. À cet instant précis, lorsqu’il a ouvert la porte, ça n’en était pas un. C’est avec un engouement non-feint qu’il s’est précipité vers son ami ; oui, il est heureux qu’il soit venu. Et sa joie n’était effectivement pas feinte ; elle ne l’est toujours pas alors que le plan se met en place, alors que sa revanche est à portée de mains. Il était sincère dans ses pensées, Alfie, heureux d’avoir Joseph en face de lui – mais pas pour les mêmes raisons que le baroudeur aurait pu le penser.

Dans son imaginaire, les choses s’exécutaient parfaitement ; et il aurait obtenu la vengeance tant désirée, peu importe les moyens pour y parvenir. Rien ni personne n’aurait pu le dissuader et, en réalité, il en est encore convaincu. Car rien ni personne ne le dissuade à cet instant ; pas même la perspective de pouvoir être surpris par sa filleule et sa petite amie, pas même les conséquences qui pourraient en découler, pas même tout le chemin parcouru qui s’apprête à être réduit à néant seulement parce que sa fierté surpasse sur tout le reste.

L’identité de son bourreau a imposé une remise en question ; il a dû tenter de faire peser le contre plus que le pour. Mais le pour ne visait pas à préserver la santé physique de Joseph autant que le contre ne s’adressait pas à la violence facile dont il pourrait se rendre coupable ; les argumentaires se sont inversés et c’est bien le fait de ne pas laisser son ami s’en tirer indemne qui a plus de valeur que le fait de préserver leur amitié, déjà réduite en miettes dès le moment où Joseph a porté le premier coup.

Son sort était en réflexion ; si la vérité avait pu s’échapper d’entre les lèvres du Keegan, peut-être qu’une discussion avec lui-même aurait pu s’envisager pour se raviser. Néanmoins, une chose était certaine, Alfie ne l’aurait pas laissé quitter son appartement sans que son sort soit acté. L’énième mensonge de son ami vient de sceller celui-ci.

Son sort était en réalité acté dès le moment où l’invitation a été formulée ; chaque geste, chaque parole, chaque pensée est hautement prémédité et la spontanéité d’Alfie, peut-être malmenée depuis cette confrontation un an plus tôt, n’a jamais été aussi jouée qu’aujourd’hui. À charge de revanche, à vrai dire, pour punir son ami de s’être joué lui-aussi de la situation.

Sa main glisse dans un geste contrôlé, renverse les boules de fromage et les tomates autour d’eux, à terre ; et Alfie se lève précipitamment. « Merde ! » Qu’il s’agace, tandis qu’il désigne du bout des doigts le papier près du lavabo. « Passe-moi le papier et l’éponge, s’il te plait. » Il fait un pas, fait danser ses doigts d’impatience.

Il ne s’agit pas de ce papier ou de cette éponge qu’il désire en main.

Mais des cheveux de Joseph dans lesquels il vient glisser ses doigt et serrer sa prise, aussitôt que celui-ci lui fait dos, aussitôt qu’il se précipite vers son ami, aussitôt qu’il lui renvoie littéralement la monnaie de sa pièce ; alors que de tout son corps et de toute sa force il est contre lui, alors que de toute sa rancune et sa déception il abat son crâne contre le bord du lavabo. « Je crois que je me rappelle de certaines choses, en fin de compte. » Ses gestes minutieux et contrôlés prennent le dessus sur la surprise de Joseph ; son impulsivité et son sadisme prennent le dessus sur la désinvolture d’Alfie. Le goût du sang prône sur l’acte de raison ; et ce qui devait être un coup isolé en appelle un second – et peut-être, juste peut-être, il comprend le plaisir qu’a du ressentir Joseph à abattre son crâne contre ce lavabo, à laisser ses démons le contrôler, un instant, une minute, juste pour évacuer toute cette rage que l’un et l’autre se sont provoqués mutuellement au fil des années. Et de la même manière qu’un sourire était né sur les lèvres d’Alfie au moment de perdre conscience, ses lèvres s’étirent aujourd’hui aussi, alors qu’il est plus conscient que jamais ; ce qui est nécessaire pour mieux observer le visage déformé à son tour de son ami, tandis qu’il tire en arrière sa tête, pour qu’il puisse regarder les traits de son bourreau, un honneur dont Alfie n’a pas bénéficié quelques mois plus tôt : la différence est là, Joseph était le coup d’essai, Alfie termine l’œuvre. « Je continue ou je m’arrête ? » Il interroge son ami en maintenant fermement son crâne, en imposant qu’il ne perde pas le contact avec lui. « Tu t’es dit quoi, toi ? » Il poursuit d’une petite voix presque moqueuse, son sourire fermement vissé sur ses lèvres. « Ne m’en veux pas, Joseph. » Il souligne, toujours moqueur, toujours souriant. « J’essaie de reproduire la situation au mieux pour comprendre, tu vois ? » Il ne bégaie plus, il n’hésite pas ; il a réfléchit de longues semaines aux paroles qui pourraient être les siennes au point de s’en entraîner pour s’assurer de ne pas donner une nouvelle fois l’avantage à Joseph. Ce dernier a détruit son quotidien, ses aspirations, son retour sur le terrain, ses capacités, sa personnalité. Il a tout détruit sur son passage ; il connaîtra la douleur d’être impuissant à son propre sort et là, seulement là, ils pourront être quittes.

« Je continue ou je m’arrête ? » Et il insiste, le lion qui tourne autour de sa proie, qui s’amuse avec elle, qui laisse exploser son sadisme sans même tenter de le maîtriser, qui laisse place à sa véritable nature simplement parce que Joseph est le premier à l’avoir appelée. Merci, Joseph.


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Joseph Keegan
Joseph Keegan
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SURNOM : On m'appelle Jo, mais ça m'emmerde. J'aurais préféré avoir un autre prénom.
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PETIT PLUS : Quand j'étais jeune, j'étais facilement manipulable. Beaucoup trop en ont profité. J'ai subi la ceinture de mon père et il m'arrive encore de sentir les mains du curé sur moi. Depuis, j'ai inversé les rôles. Je suis devenu le manipulateur en apprenant de mes erreurs. J'ai rejoint un gang à vingt ans, j'ai vendu de la drogue à ceux qui n'en demandaient même pas. La justice m'a rattrapé, j'ai été emprisonné pendant trois ans et j'ai pu m'en sortir plus tôt en usant de bonnes paroles religieuses, celles que j'avais apprises par cœur contre mon gré. J'erre, maintenant, à la recherche de stabilité.
UN RP ? : Seulement si nous avons un lien.
RPs EN COURS : LA CONFISERIE

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Parce que je ne serais rien sans les mots de Deborah.

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PSEUDO : Mapartche.
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INSCRIT LE : 25/09/2018
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Message(#) Sujet: Re: (aleph) when the fires have surrounded you (aleph) when the fires have surrounded you EmptyLun 23 Nov - 4:26


Alfie, c’est le type qui enchaine une phrase après l’autre sans compter les mots. Il est celui qu’on doit faire taire quand il se perd trop longtemps dans ses pensées. Il ajoute des détails à d’autres détails et finit par oublier le sujet de conversation initial. L’expression « passer du coq à l’âne » a probablement été inventée pour lui.

Pourtant, ce soir, ses réponses sont brèves. Et, ça, c’est quelque chose que Joseph a remarqué en seulement quelques secondes. C’est lui-même qui tente de guider le sujet vers les ragots inutiles, les blablas formels parce qu’il ne veut pas aborder le thème qui hante tous les deux depuis un an déjà. Il espérer que cette soirée d’anniversaire lui permettrait de lier Alfie à d’autres pensées mais il est le premier arrivé – et il commence à lentement réaliser qu’il sera peut-être le dernier. « t’inquiète, je comprends, oui » Un regard vers la cuisine, le long de la surface des comptoirs, sur le four fermé duquel ne s’échappe une effluve de tarte. Mal à l’aise, le brun baisse les yeux vers les tranches de mozzarella et de tomates coupées en dés. Il n’a pas l’impression qu’ils trouveront un propriétaire, ces hors-d’œuvre. Soudainement, alors qu’il réalise que l’air est suffoquant et que quelque chose cloche, ses mains semblent si légères au-dessus de la table. « rien de prévu, non » Il redresse les yeux pour observer les iris de son ami, ébranlé par sa réponse. « Ah ? » Ça ne fait pas de sens. Pourquoi fêter son anniversaire quelques semaines en avance s’il serait disponible pour le faire le jour-même ?

Il aimerait la poser à voix haute, cette question, mais c’est l’anthropologue qui dirige la danse ; ça l’a toujours été. Bien obligé d’aborder le sujet de cette agression, Joseph s’enfonce trop profondément dans ses mensonges et le ton de sa voix se métamorphose. Elle devient plus fluette, plus coupable. « merci, Joseph » Le sourire du jeune homme hérisse les poils sur ses bras et il a l’impression que tous les moteurs des voitures s’arrêtent, toutes les aiguilles des horloges se stoppent, toutes les étoiles s’éteignent. Il porte un regard machinal en direction de la porte verrouillée, serrant entre ses doigts une tranche de tomate de laquelle s’écoulent quelques gouttes rosées. Aucune clé ne se glissera dans la serrure. Il en a la certitude maintenant. Il connait assez Alfie pour ne plus le reconnaître alors qu’il l’enlace d’un sourire de plus en plus effrayant.

Il enfonce sa main dans la poche de son pantalon. Fortement, il serre son téléphone en hésitant une dernière seconde avant de s’en emparer et de l’allumer. Envoyer un message à Deborah, peut-être ? À sa sœur, qui est la seule au courant pour ce film dans lequel il s’est projeté ? « Merde ! » Tendu comme un chat, il sursaute lorsque tous les aliments rencontrent le sol et y roulent pour se réfugier en-dessous de la table, du comptoir et des chaises. Il se redresse à son tour en gardant ses yeux rivés vers Alfie. « Passe-moi le papier et l’éponge, s’il te plait. » Lèvres entrouvertes, il hésite plus longtemps qu’il ne devrait avant de finalement ranger son téléphone, mettant de côté l’hypothèse selon laquelle il est coincé dans une cage. « Ouais ! » Il lance, contournant la table en faisant patiner ses doigts dessus comme si cette dernière le maintenait sur Terre. Son focus est posé sur le papier et l’éponge dont il est question, mais il fait tout autant attention aux boules de fromages et de fruits dispersés sur le carrelage.

Il allait l’attraper, l’éponge. Elle n’était plus qu’à un mètre de ses doigts tendus. Il s’imaginait que, derrière lui, Alfie s’était déjà mis à ramasser le dégât, agenouillé au sol. Pourtant, la douleur se fait vive dans son crâne lorsque plusieurs mèches de ses cheveux sont tirées vers l’arrière et, la pression qui se fait contre son dos, il ne peut la contrer. Son souffle se coupe et il vire au bleu au moment où la carrure d’Alfie le presse contre le comptoir. Une sorte de gémissement ressemblant davantage à un couinement d’oisillon se fraie un chemin en dehors de sa bouche mais c’est trop tard ; le lavabo s’approche de son arcade sourcilière à une vitesse trop importante pour qu’il ne puisse luter. Le premier coup résonne comme une cymbale mais il ne perd pas tout de suite conscience de son corps. La paume de ses mains s’écrase lourdement contre le comptoir tandis qu’il tente de pousser vers l’arrière ; et il maudit ses muscles, aujourd’hui affaiblis, qui lui auraient évité le second coup dans le passé. « Je crois que je me rappelle de certaines choses, en fin de compte. » Si Alfie ne s’était pas débattu lorsque les rôles étaient inversés, Joseph tente du mieux qu’il peut de ne pas le laisser le manipuler comme un vulgaire pantin de bois. Les doigts de sa main droite s’accrochent désespérément au robinet en métal et ses bras tremblent quand il tente une seconde fois de se décoller de la table de torture. Troisième coup, la cymbale résonne au plus profond de ses tympans et de sa conscience, il ferme les paupières pour protéger ses yeux d’un flot de sang s’échappant de son sourcil déchiré. Une grimace étire ses traits quand sa tête est cambrée vers l’arrière. Les yeux d’Alfie ne sont plus aussi bleus mais il s’y accroche quand même, cherchant la moindre familiarité dans son regard.

Tu n’es pas réellement comme ça, Alfie ?

« Je continue ou je m’arrête ? » Les mots sont flous, brouillés, mais Joseph arrive à en déchiffrer le sens. Il comprend aussi que ce n’est pas une véritable proposition. « Ali… » Il arrive à souffler après avoir avalé plus de sang que de salive. « Tu t’es dit quoi, toi ? » L’expression sur son visage est terrifiante. Elle fait bien plus mal que les coups. « Ne m’en veux pas, Joseph. J’essaie de reproduire la situation au mieux pour comprendre, tu vois ? » Il aimerait hurler, se défendre ou le raisonner mais il est bien trop faible pour tenter la moindre stratégie. S’il ne s’est pas évanoui jusqu’à présent, c’est seulement parce que son instinct de survie a toujours été plus fort que le reste. Il serait déjà mort s’il ne souhaitait pas une énième chance de corriger ses méfaits. « Je continue ou je m’arrête ? » Plusieurs secondes de grimacements et de gémissements suivent mais Joseph arrive à récupérer assez de souffle pour murmurer en soulevant sa main pour serrer celle d’Alfie qui le maintient immobile au niveau de ses cheveux : « Arrête-toi ou je ne serai pas… le seul à crever… en prison… » Il sait qu’il ne pourra pas raisonner l’anthropologue en braillant parce que c’est exactement ce qu’il souhaite entendre : des supplications, des promesses, des excuses. Là, il vient de lui offrir un ultimatum. Deux têtes ou une seule derrière les barreaux ; parce qu’il le sait bien. Il ne s’en sortira pas, cette fois.            



— Wanted —

he runs away from his demons without realizing that he has become one
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