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 We're the masters of our own fate, we're the captains of our own souls - Malachi

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Will Dunham
Will Dunham
le fou des fossiles
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ÂGE : trente deux ans (20/09)
SURNOM : Will, Willinette, Willichou, mon astre, saumon fumé, vitoo. Et encore plein de surnoms tous aussi classes les uns que les autres.
STATUT : Divorcé, mais maintenant je suis en couple avec ma PlayStation et mon ordinateur, au moins plus de déception possible.
MÉTIER : Docteur en paléontologie spécialisé en paléobiologie. J'enseigne la paléontologie à l'université de Brisbane.
LOGEMENT : En collocation entouré de femmes, entre Adèle Primrose et Elia, au moins je ne risque jamais de m'ennuyer avec elles.
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POSTS : 2074 POINTS : 310

ORIENTATION SEXUELLE : J'aime les jolies filles.
PETIT PLUS : J'ai essayé de mentir au choixpeau pour qu'il me place à Serpentard mais c'est un échec, ce con m'a mis à Serdaigle. J'avoue que je suis déçu. ~ Adèle c'est la prunelle de mes yeux, l'une des personnes qui est le plus importante pour moi ~ Un jour, j'irai au comic con de San Diego. ~ Il y a cinq ans je me suis fait tatouer la gravure de l'anneau en elfique sur l'avant bras
UN RP ? : Pas dispo pour le moment.
RPs EN COURS :
[09/07]

Nico
Willele #2
Svetlana #1
Birdie & HH
Adèle&Birdie&Cody
Adèle & Nino
Malachi #1(fb)
Birdie #4 (fb)
‹ Birdie 5


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WILDIE - If I murdered someone, she's the person I would call to help me drag the corpse across the living room floor.

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WILLELE - You can count on me like one two three, I'll be there. And I know when I need it I can count on you like four three two you'll be there. 'Cause that's what cousins are supposed to do.

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WILLANA - To be yourself in a world that is constantly trying to make you something else is the greatest accomplishment.

RPs EN ATTENTE : Malachi (fb), Jazmyn
RPs TERMINÉS : Lily #1 ; Adèle #1 ; Birdie (fb) ; Birdie #2

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abandonnés ;
Spoiler:
 


PSEUDO : Deathly Hallows
AVATAR : Tom Felton
CRÉDITS : avatar; cristalline - gifs; tumblr - ubs; loonywaltz
DC : Le beaucoup trop cute Caleb
INSCRIT LE : 02/09/2019
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Message(#) Sujet: We're the masters of our own fate, we're the captains of our own souls - Malachi We're the masters of our own fate, we're the captains of our own souls - Malachi EmptyDim 10 Jan - 22:32



♛ We're the masters of our own fate, we're the captains of our own souls

▼▲▼

L’amour, cette déception.
Le mariage, n’en parlons même pas.

Dix jours. Dix jours que j’ai signé les papiers de mon divorce. C’est fait. C’est officiel, je suis de nouveau célibataire et si une partie de moi en est ravie, l’autre se trouve quand même légèrement déprimée. Parce que pour elle, j’ai fait des efforts. J’ai même mis de côté mon amour pour les jeu-vidéos quand elle me l’a demandé. Parce qu’apparemment, c’est chiant d’être mariée à un gamin qui passe son temps sur sa console. C’est ses mots, pas les miens. Je revois de nouveau Birdie lever les yeux au ciel quand je lui raconte mes problèmes de couple, parce que Sofia, elle l’aimait pas et peut-être que j’aurais dû l’écouter. Peut-être que j’aurais dû suivre l’instinct de ma meilleure amie. Elle est douée pour ce genre de chose, moi les gens, j’ai jamais été le plus doué avec eux. La communication et le contact humain c’est assez emmerdant quand même. Les gens, ils finissent tous par nous décevoir, la preuve. Au début tout est beau. Tout est rose. Moi, William Dunham j’avais réussi à trouver une fille qui m’aimait pour qui j’étais ; le gros nerd qui parle toujours de dinosaures, ce mec qui passe ses soirées sur World of Warcraft, ce gamin qui achète des mois en avance son ticket de cinéma pour l’avant-première du prochain Star Wars. Au début, tout ça, ça ne la dérangeait pas. Au contraire, elle aimait bien mon côté passionné qu’elle me disait. Mais ça, c’était au début. Les premières années. Et puis il y a eu la tromperie, et moi comme un con, je lui ai tout pardonné. Je lui ai même demandé en mariage en pensant sincèrement que nous lier de la sorte nous aiderait à retrouver la flamme des débuts. Ça a été le cas. Un peu. Au début. Pas très longtemps. Mais je me suis quand même marié, parce qu’au final moi je l’aimais encore et j’avais envie de tout s’arrange entre nous. Sauf que tout a changé.  « t’es encore sur l’ordinateur ? » si j’avais gagné un dollar à chaque fois qu’elle avait prononcé cette phrase, les gars, je vous assure que je serai riche. Elle m’a demandé de délaisser ma console, alors je l’ai fait. Elle me faisait comprendre qu’elle n’était plus intéressée quand je lui parlais de mes dernières lectures paléontologiques, alors j’arrêtais de lui en parler. Maintenant je me sens con, parce qu’elle méritait pas tout ça.

Dix jours que je suis officiellement un homme libre. Vous devez penser que j’en ai profité pour sortir ? Rencontrer des femmes ? Profiter de ma toute nouvelle liberté ? Ha. Ha. Ha. Ha. Pas du tout. Je crois que j’ai une tendinite aux pouces à cause de tous les QTE des jeux auxquels j’ai joué sur la playstation. En gros, dans le langage Will, ça veut dire que je suis pas sorti de chez moi. À quoi bon, de toute façon. Je dis à tout le monde que je vais très bien et que le divorce était tellement nécessaire que je me sens plus soulagé que triste. C’est en partie vrai. Parce que ouais, il était nécessaire. Genre, vraiment. Donc oui j’en suis un peu soulagé, mais tellement triste. Mais ça j’ai osé l’avouer à personne. Pas même à Birdie, alors qu’au final je sais que je peux tout lui dire. De toute façon je la soupçonne d’être Legilimens avec moi, elle lit dans mes pensées. Ou bien une personne normale dirait qu’elle me connait par cœur, mais c’est beaucoup moins fun. Bref. Elle doit certainement savoir ou du moins, se douter que la séparation et le divorce est plus difficile que je lui dis réellement. Mais aujourd’hui, elle voulait qu’on passe la soirée ensemble mais j’ai décliné son invitation prétextant avoir un rendez-vous avec des amis pour jouer en réseau. Et si c’est quelque chose que je fais souvent – trop souvent si j’en crois les dires de ma cousine, ou bien même de mon ex-femme, du coup – ce soir c’est pas vrai. Je ressors du cinéma mon gros pot de popcorns vide. Deuxième visionnage de Rogue One et si j’ai des étoiles dans les yeux et les poils qui se redressent en me refaisant encore les meilleures scènes du film dans ma tête, c’est bien la seule chose qui me fait sourire ce soir. Dès que je sors du cinéma, je prends la direction de la plage artificielle. J’ai envie d’être dans mon coin, ce soir pour regarder le soleil se coucher. J’ai les écouteurs dans les oreilles et la plupart des personnes normales seraient en train d’écouter des chansons déprimantes histoire de bien coller avec mon mood mais moi ce soir, c’est un podcast d’une émission scientifique que j’écoute. Il y a pas mal de monde sur la plage, trop même à mon goût alors je m’en éloigne le plus possible. Moyennement motivé par l’idée de me mêler à une foule trop importante. Déjà qu’habituellement c’est pas quelque chose que j’aime, mais encore moins aujourd’hui. Je trouve un coin plus tranquille, un endroit moins fréquenté. Seules quelques personnes sont là, dont une qui ne m’est pas vraiment inconnue. « T’es plus team captain ou team iron man ? » Parce que dire bonjour avec toutes les formules de politesse comme tout le monde le fait, c’est nul. Il fallait bien que je trouve un moyen plus sympa et plus original d’entamer la conversation avec Malachi. Il va pas s’offenser, il me connait depuis assez longtemps pour savoir que je ne fais jamais comme les autres. « Non parce qu’après un énième visionnage de civil war franchement, y a pas photo. C’est Tony qui surpasse tout et puis sérieux, il est quand même beaucoup plus classe que Captain tu trouves pas ? Et puis moi je trouve ça normal que Tony lui en veuille. Il savait qui a tué ses parents et il lui a rien dit, c’pas cool de sa part. » Au cas où vous l’auriez pas compris, j’ai adoré civil war et après l’avoir vu cinq fois au cinéma, j’ai été l’acheter en dvd dès le premier jour de sa sortie. J’arrête de le faire chier avec mes conneries. Parce que je suis sûr qu’il en a strictement rien à foutre, et je m’assois à ses côtés avant d’ôter les écouteurs de mes oreilles. « Birdie m’a dit que t’étais de retour à Brisbane. Content de revenir ? » Voilà, ça c’est déjà mieux. C’est même sûrement par ça que tout le monde aurait commencé.

CODAGE PAR AMATIS



@Malachi Etherstone :l:



☽☽ It does not do to dwell on dreams and forget to live.


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Malachi Etherstone
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ÂGE : 36 ans (26.10.1984)
SURNOM : Mal', Malak'. Maki par Birdie (la seule autorisée à l'utiliser). Du reste, il préfère son nom en intégralité.
STATUT : Célibataire. Divorcé depuis plusieurs années
MÉTIER : Assistant funéraire dans l'entreprise familiale de pompes funèbres. Compositeur de musique. Ancien violoniste international et premier violon dans l'orchestre symphonique de Sydney.
LOGEMENT : #34 Redcliffe (Victoria Avenue). Chez son petit frère, Cillian qui s'apparente dernièrement plutôt à un courant d'air.
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POSTS : 1599 POINTS : 425

ORIENTATION SEXUELLE : J'aime tout le monde.
PETIT PLUS : Australo-italien ♪ Il n'a plus touché son violon depuis des mois, depuis une rupture d'anévrisme qui l'a laissé paralysé du bras et de la main gauche ♪ Il souffre d'autres troubles qu'il considère bien moins gênants ♪ Sa vie, à présent, c'est la rééducation et la composition, toujours mais d'une seule main, au piano quand ce ne sont pas des bouquets dans la boutique funéraire de son aînée où il travaille désormais ♪ Il est depuis peu le propriétaire surprise d'une Grammostola rosea, cadeau d'Heather et très sérieusement baptisée en son honneur Heather-Kimberley
UN RP ? : Pas dispo pour le moment.
RPs EN COURS : (07/05)
Timothy Will (FB) Gabriel (FB)

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We're the masters of our own fate, we're the captains of our own souls - Malachi CCuWGI0
MADIE ♪ The only way to deal with an unfree world is to become so absolutely free that your very existence is an act of rebellion.
FB FB2RP1

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HEATHACHI ♪ The absurd is born of this confrontation between the human need and the unreasonable silence of the world. RP2

RPs EN ATTENTE :
Livia ♫ Birdie 4 ♫ Headie

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We're the masters of our own fate, we're the captains of our own souls - Malachi FximBIO
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We're the masters of our own fate, we're the captains of our own souls - Malachi 2eDseF9
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We're the masters of our own fate, we're the captains of our own souls - Malachi 2Gt2RfY
We're the masters of our own fate, we're the captains of our own souls - Malachi R5x0JQM

We're the masters of our own fate, we're the captains of our own souls - Malachi 698629tortue
RPs TERMINÉS : We're the masters of our own fate, we're the captains of our own souls - Malachi 88fb73067fe21ba7dfe3a6580951c01f5e07c8f0

♫:
 

PSEUDO : Ira'
AVATAR : Matteo Martari
CRÉDITS : Ira' (avatar & cracks) / cristalline (gifs) / loonywaltz (ub)
DC : xxx
INSCRIT LE : 19/08/2019
https://www.30yearsstillyoung.com/t25865-malachi-my-heart-in-passion-and-my-head-on-rhymes https://www.30yearsstillyoung.com/t25959-malachi-music-is-where-we-find-our-common-humanity https://www.30yearsstillyoung.com/t25997-malachi-etherstone#1085324 https://www.30yearsstillyoung.com/t26074-malachi-etherstone

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Message(#) Sujet: Re: We're the masters of our own fate, we're the captains of our own souls - Malachi We're the masters of our own fate, we're the captains of our own souls - Malachi EmptyMer 20 Jan - 13:42




     

 We're the masters of our own fate,
we're the captains of our own souls
@Will Dunham
L'air est opaque. Irrespirable. Les membres tremblent sans le moindre contrôle. Le regard fuit, instable. Il retient. Les cris, les gestes. Les mouvements abrupts. Il s'éloigne. Un pas après l'autre. Les silhouettes troubles se fondent dans le méandre. Indistinctes. Transparentes. Sans importance. La vue vacille. Il poursuit. La saccade a pris le souffle. Le rythme lui déplaît. Pensée furtive. Absurde. Un rire sans joie menace d'un rictus. Mais il ne naît. Il passe, il contourne. Il distingue à peine. Il ignore. Obstinément. La lumière devrait frapper mais elle est déjà sombre. Obscurcie par les nuages nocturnes, les heures diurnales approchent de leur échéance. Pour cette fois. L'air, en revanche, frappe. Il enveloppe. Il libère la cage de sa respiration qui se ralentit dans le fil des secondes. Les battement perdent de leur affection, reprennent une allure, une fluidité ordinaire. Il bat des cils. Les traces brunes se désagrègent. Il s'accroche au mur de la façade, s'appuie sans réflexion. Les iris accrochent les astres qui naissent, se réveillent lentement. Il en récite les noms dans un coin de sa tête. Comme la mélopée des notes qu'il apprend à chaque nouvelle partition. Le palpitant a réduit sa résonnance. Il y porte la main, incertain. Ses paupières s'agitent soudainement gênées. La vue vacille encore, se trouble. Mais la cause ne saisit pas que ses prunelles. Elle marque ses traits en filament irrégulier qu'il brouille d'un geste agité, d'un mouvement de phalanges frémissantes. Il sait ce qui naît, ce qui arrive. Il le sent. Il s'y refuse. Alors il repart, quitte le mur, l'enceinte des lieux. Vers où ? Il l'ignore. Ses pas trouvent le sentier d'un véhicule. La main retrouve l'ancre des clés au fond d'une poche et ouvre la portière d'un claquement. Il saisit le volant, barbouille encore l'ébauche de ses sanglots et démarre sans penser.

La route tient du par cœur. Il ne s'y attache guère. Il laisse l'abîme de ses pensées se confondre sans barrière. Et les réminiscences se croisent, s'extraient des souvenirs. Le sens est clair, parfois confus. Une cacophonie de sons et de couleurs. Des traits qui se changent, se mélangent. Des sourires qui naissent. Des expressions qui se noient dans le grave. Les enterrements qui s'enchainent. Valse des funérailles. La constante d'une existence étrange qui lui appartient si l'envie lui vient d'en faire fi. Jamais. Hormis maintenant, peut-être. Il n'y a rien de pire que d'enterrer les siens. Il connaît l'ambiance, les circonstances. Ils y parviennent un à un. Inattendu ou peu surprenant. Marque de l'âge ou de l'injustice d'un destin. Le précédent était le beau-frère. La détresse de son aînée le hante encore. Les mômes trop jeunes pour comprendre. A quoi ressemble une vie sans père ? Il en découvre la mesure. Il en hait chaque parcelle. Les jours ont passé mais les lieux s'emplissent encore. Encore et toujours. Affluence permanente. Etouffante. Furtivement, il se dit qu'on le cherchera peut-être. Qu'on se demandera où il est passé. Là, à la minute, il se trouve à n'en avoir que faire. Asphyxié. Il aime la foule, s'en abreuve. Mais celle-ci, il ne l'a pas réclamée. Il n'en veut pas pour ce qu'elle engendre, ce qu'elle signifie. Qu'ils partent tous, qu'ils ignorent. Qu'ils nient la réalité. Elle prend ses doigts. Il les serre. Nerveusement. Il sent les remous s'accélérer. Il ne sait pas où il se trouve. Aucune importance. Il suit le premier panneau, grave ses yeux sur la route pour leur éviter de s'immerger. Une vibration soudaine contre ses côtes, peu naturelle. Il est distrait. Il claque des paupières, laisse sa main rejoindre l'origine. Il sort l'appareil de sa poche intérieure et y suspend son regard une seconde. Un rictus nerveux. Il balance l'objet sur le siège passager. Sienna. L'ex-femme. Il n'a pas envie de lui parler. Que fait-elle là encore ? Il l'ignore. Il la pensait évaporée après la cérémonie. Une part de lui a apprécié qu'elle vienne. Une autre aurait préféré qu'elle s'abstienne. Il a saisi les regards de la mère. Il n'aurait pas du céder. Elle n'en sait rien. Elle n'était pas là. Il était loin. Loin d'eux, loin d'elle. Elle n'a jamais vu. Elle n'a jamais su. Et il n'a jamais eu l'indécence de lui en parler. Il ne le fera pas davantage à présent alors qu'elle s'apparente à une ombre, une pâle figure désemparée. Elle tient les apparences. Mais il la connaît. Elle porte bien le masque. Comme elle leur a appris. Mais le sien se flétrit, menace de s'effondrer. Combien de temps avant qu'elle ne cède ? Qu'elle ne chute elle au sens figuré ? L'idée l'effraie. Epeurante. La mère ne peut basculer. La cage s'oppresse encore. Les battements sporadiques. Il ne va pas continuer. Il se ressaisit, observe les alentours. Il approche de la côte. Il suit les kilomètres qui manquent, que la nuit a embrasé.

Dés l'arrêt, il quitte l'habitacle. L'air marin prend vie contre ses pores, dans ses poumons atrophiés. Il s'appuie contre le capot une seconde, laisse la vie naître à ses oreilles. Les échos des voix, les vivacités de la foule. Les rires, les éclats. Les intonations qui s'envolent. Il réalise qu'il a fait la route en silence. A quoi pensait-il ? A rien. A tout. Justement. A trop. Il se relève. Il prend la direction de la plage mais évite obstinément les cohues. Le bruit du large suffit. Harmonieux. Incontrôlable mais régulier. Parfait. Il s'arrête finalement, s'assoie à même le sable. Les genoux entre ses bras. Il s'abandonne au lieu, aux nuances dans le silence qui n'existe plus, brouillé. Ses pensées rejoignent le creux des vagues, le flot a quitté l'ancre de ses traits. Il clôt le regard. Il faut qu'il se reprenne. Le masque se revêt. L'expression sereine ne trahit rien des errances de son esprit. Cette panique l'effraie, cette angoisse. Elle n'est pas sienne. Il ne sait quoi en faire. Il faut qu'elle cesse, qu'il l'arrête avant qu'elle ne se niche. Qu'elle ne le paralyse. Il ne peut être paralysé. En camisole de lui-même. Prisonnier d'un corps qu'il ne peut maîtriser. Il ne peut perdre cette retenue, ce contrôle sur ce qu'il est, fait. La précision naît de cette perfection. Il ne peut la dévoyer. Elle est ce qu'il reste. Il a perdu celui qui venait l'observer. La commenter avec une pensée experte. Parce qu'il a essayé. Parce qu'il le voulait. Le seul juge qui importe. La seule voix qui a de l'intérêt. L'acmé ne sera plus suivi que par le tacet. Et il en abhorre la perspective.
Il s'absorbe dans l'observation de ses mains, dans l'écoute des murmures sans nom, dans les courbures de ses réflexions qui s'alternent entre les désespérances. Il ne prête pas attention à la silhouette qui s'approche, à son propriétaire. Sans doute un simple passage. Un autre errant dans la nuit australe. Pourtant une voix l'accroche. Et l'interrogation détonne tant avec sa réflexion qu'il se trouve à froncer son expression. Mais la voix poursuit. Il la connaît d'une période presque antédiluvienne qu'il n'arrive pas à accrocher au contexte qui est. Il l'écoute cependant, boit les paroles qui se déclament avec une conviction inattendue. Du moins devrait-elle l'être. Que sait il de la certitude désormais ? Le causeur s'assoit à côté de lui et il se demande presque s'il ne devrait pas chercher une autre tête blonde quand celui-ci parle à nouveau. De la tête blonde en question. Il ne sait plus de quand date la dernière fois qu'il a croisé cet acolyte. Will. L'inséparable. Le débiteur de mots passionné qui pourrait presque faire rougir les Cadburry. Presque. L'acabit est similaire. En d'autres temps, il se serait autorisé un sourire. Mais la réponse serait un mensonge. Une expression sans joie. Son tourbillon a parlé. Mais pas assez. La pensée est absurde. Tout semble l'être dans ce foutu présent. Il détourne ses prunelles, parle d'une voix sourde, grave à ses tympans, éraflée. "J'en déduis qu'elle a omis de te dire pourquoi j'étais rentré." Un regard à ses poignets. Vers l'horizon. "On a enterré le père cette semaine." Enterré. Non, il n'est pas perdu. Ni mort. Ni disparu. Ni évaporé. Enterré. Ce n'est qu'un corps, pas un être. Pas une réalité. Des paupières qui se serrent. Il les méprise. Il cherche un détour à la pensée. Tout. N'importe quoi. "Mais toi, comment tu vas ?" Un sourire presque. Une expression qui se tourne vers lui. Parle s'il te plaît. De tout. De n'importe quoi. De rien. D'absurde encore. Noie le silence. Noie le vrai. Lance toi dans le moindre truc qui t'intéresse. Ramène-moi vers ce putain de passé. Celui des mômes. Des idées folles. Des vies légères. Des éclats oubliés.

CODE BY MAY


:l::
 



It was pitch dark. I could hear only the violin, and it was as though Juliek's soul were the bow. He was playing his life. The whole of his life was gliding on the strings - his last hopes, his charred past, his extinguished future.
He played as he would never play again. (E. Wiesel)
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