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 Happiness is a thing to be practiced, like the violin ♪ Gabriel

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Malachi Etherstone
Malachi Etherstone
les noces funèbres
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ÂGE : 37 ans (26.10.1984)
SURNOM : Mal', Malak'. Maki par Birdie (la seule autorisée à l'utiliser). Du reste, il préfère son nom en intégralité.
STATUT : Célibataire sans attache. Divorcé d'une autre époque.
MÉTIER : Maestro au Queensland Symphony Orchestra. Aide encore son aînée dans l'entreprise familiale de pompes funèbres. Ancien premier violon du Sydney Symphony Orchestra et violoniste international en deuil de son instrument.
LOGEMENT : Il a retrouvé ses beaux quartiers à Spring Hill. Ses murs ne connaissent plus de courant d'air mais s'habituent parfois à un tourbillon irisé.
Happiness is a thing to be practiced, like the violin ♪ Gabriel Ced96d146f1bcf2223298499ca7e36ad045dd33e
POSTS : 1841 POINTS : 30

GENRE : Je suis un homme
ORIENTATION SEXUELLE : J'aime tout le monde.
PETIT PLUS : Australo-italien ♪ Musicien dans l'âme. Oreille absolue. Musicien atrophié ♪ De retour sur scène après deux longues années et une rupture d'anévrisme qui a laissé le membre gauche paralysé ♪ L'acharnement a rendu la mobilité. Mais la dextérité manque encore. Et les douleurs restent ♪ Il navigue entre les lumières des projecteurs et les ombres des morts. Comme à l'époque ♪ De retour sur les bancs pour développer son art. Futur chef d'orchestre diplômé ♪ Assistant funéraire à ses heures ♪ Compositeur insatiable ♪ Propriétaire d'une Grammostola rosea. Cadeau d'Heather baptisé : Heather-Kimberley
RPs EN COURS : (06/05)
Will (FB) Gabriel (FB)

Happiness is a thing to be practiced, like the violin ♪ Gabriel MOf1MMD
Happiness is a thing to be practiced, like the violin ♪ Gabriel CCuWGI0
MADIE ♪ The only way to deal with an unfree world is to become so absolutely free that your very existence is an act of rebellion.
FB FB2RP2

Happiness is a thing to be practiced, like the violin ♪ Gabriel Rf26
HEATHACHI ♪ The absurd is born of this confrontation between the human need and the unreasonable silence of the world. RP2

RPs EN ATTENTE : Gabriel #2 ♫ Headie

Happiness is a thing to be practiced, like the violin ♪ Gabriel ZyDmOR4
Happiness is a thing to be practiced, like the violin ♪ Gabriel FximBIO
Happiness is a thing to be practiced, like the violin ♪ Gabriel GzA2Yx9
Happiness is a thing to be practiced, like the violin ♪ Gabriel XTL1gBj
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A masterpiece by
Queen Heather:
 

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♫:
 

AVATAR : Matteo Martari
CRÉDITS : la mia mulinella (gifs) ♪ me (avatar & cracks) ♪ loonywaltz (ub)
DC : .
PSEUDO : Ira'
Femme (elle)
INSCRIT LE : 19/08/2019
https://www.30yearsstillyoung.com/t25865-malachi-my-heart-in-passion-and-my-head-on-rhymes https://www.30yearsstillyoung.com/t25959-malachi-music-is-where-we-find-our-common-humanity https://www.30yearsstillyoung.com/t25997-malachi-etherstone#1085324 https://www.30yearsstillyoung.com/t26074-malachi-etherstone

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Message(#) Sujet: Happiness is a thing to be practiced, like the violin ♪ Gabriel Happiness is a thing to be practiced, like the violin ♪ Gabriel EmptyLun 11 Jan - 18:27




     

Happiness is a thing to be practiced,
like the violin.
@Gabriel Carnahan
Il entend. Il écoute. Les mots viennent. Les mots sont. Eclats d'une réalité offerte au monde. A son monde. Il embrase l'instant. Euphorie claironnante qui résonne à ses tympans inaltérés. Comment a-t-il pu douter ? L'appréhension est surfaite. Mais elle rend le fait plus beau alors il accepte. Il capitule à l'hésitation insidieuse qui a osé se creuser. Ils étaient brillants il faut dire. Symphonies harmonieuses. L'acmé n'en est que plus appréciable. Paupières closes. Il inspire, se saisit. Il s'empreigne de la fulgurance victorieuse dans les parcelles de son être. L'air est léger, incandescent. Il vibre des entrelacs heureux qui se manifestent. Excitation soudaine. Les gestes se créent. Ils se font chaleureux. Les pas s'agitent, s'éloignent. Les déceptions fuient dans l'immersion des rues. Il ne s'y arrête guère. Il ne veut pas prétendre. Il n'est pas masqué. Il n'a pas de faux-semblants, de façade entre ces murs. Il est où il doit.

Il entend. Il écoute. Les voix qui se mêlent et s'entremêlent. Elles se noient dans les flots de la foule, dans l'effervescence des lieux. C'est une ritournelle qui s'élève et qui se poursuit à travers les couloirs. C'est une sortie de scène. Une fin de compétition. L'après a toujours cette différence, cette essence si singulière. Les émotions des uns sont exacerbées. Les autres se prêtent à de grandes analyses détaillées des diverses performances avec des expressions connaisseuses. Lui-même échange à peine, tout juste quelques mots aux entrecoupes des silhouettes. Il se manifeste par son sourire, par l'expression de ses traits qui trahit sans férir son ressenti de l'instant. Celui-ci est beau. Il est dansant. Il est fait de lumières et d'éclats. Il en aime la folie, la portée incandescente. Il savoure les dernières minutes, les dernières heures. Il sait sa chance, il a bataillé. Les années ne paraissent plus si longues, si harassantes. Elles prennent sens. Encore. Réalité. L'euphorie pourrait durer des temps inconsidérés. Il le sait. Cela n'a aucune importance. Il navigue dans cet univers fantasmagorique. Dans ce nouvel état de fait. Il perçoit cette gloire au bout de ses doigts. Il la savoure. Il compte en profiter. Encore. Célébrer l'occasion, la première de nombreuses autres parce qu'il ne possède aucun doute à leur sujet. Apprécier le goût sur ses lèvres, savourer les heures. Les prochains jours seront animés. Rien qu'il ne connaisse déjà. Il y parviendra sans peine.

Il entend. Il écoute. Pourtant, il se détache. Il aura les heures pour les connaître. Pour les appréhender. Mais il veut offrir autre chose aux minutes. Une autre festivité. Feutré, il avance, recule hors des planches. Les prunelles gravent la scène puis abandonnent les lieux. L'astre au dehors luit encore, irradie de sa matérialité. Il est le reflet du sourire qui n'a pas quitté ses traits. Fébrile, il s'enjoint au flot des passants, naviguant de leur ignorance. Il y prête peu d'intérêt. C'est une autre silhouette qu'il cherche, qu'il entend trouver. Une que sa pupille a gravée après quelques semaines à peine. Avec amusement. Curiosité. Elle porte un nom céruléen comme reflet de ses iris. Il s'en amuserait presque. Vivifié qu'il est. Il ignore d'où le sentiment vient. Sans doute porté encore par l'instant. Il ne veut y arrêter sa pensée, transformer ce qui ne doit l'être. Réfléchir, s'égarer. Perdre. Non, pas ce soir. Ce soir, il fête. Il enserre l'euphorie, la garde sienne. Il s'accroche à ces étoiles, à ces lueurs instantanées. Elles sont fictives encore. Mais la nuit viendra. Et avec elles, quelques heures diluviennes que le temps noie. Il se rapproche du lieu. Celui qui l'intéresse. Ses prunelles prospectent en quête de traits, de lignes fines de figure que le sourire transforme en nitescence inaltérée. Il navigue, incertain, se rapproche encore. Une silhouette l'approche. Il croit. Mais se méprend. Ce n'est pas lui. Ce n'est qu'un autre. Son cousin. On le reconnaît à l'angle de ses pommettes. Similaires aux siennes. Un sourire. Une attente. "Allora ?" Le ton ne ment pas. L'impatience transpire. Malachi retient son expression une seconde. Impénétrable. Puis flanche. Le rire qui prend ses traits confesse les mots qu'il tait encore. Le cousin n'attend pas, il se jette à sa nuque. Il le serre avec entrain, gaieté enjouée. "Sempre il migliore, si ? Sempre !" Il le relâche puis l'invite. Il veut rentrer chez eux, célébrer avec enthousiasme. Le faire boire, beaucoup, un peu. Mais il reste en arrière. Une promesse. Inexistante. A lui-même. Mais Carlo n'a pas besoin de le savoir. Il est attendu ailleurs. Pour l'instant. Il viendra plus tard. Il faut d'abord qu'il retrouve quelqu'un d'autre. Carlo paraît surpris, presque déçu puis son visage prend un rictus. Amusé. Comme s'il savait. Mais quoi ? Il l'ignore. Le regard reste entendu. Le cousin s'éloigne. "In bocca al lupo !" Bonne chance. Un clin d'oeil. Quelques pas en arrière. Pour quelle raison en aurait-il besoin ? Il a connu sa victoire. L'échéance est acquise. La folie sans doute. Les yeux sont interrogatifs mais le jeune homme n'ajoute rien. Il part soudain et puis se retourne à la dernière seconde. "La piazza." Le ton conspire. La raison lui échappe. Comment ? Il secoue la tête. Carlo est reparti, sautillant presque. Fou. Complétement fou. Il lui rappelle la maison. Il est hors de vue. Il se mord les lèvres. Peut-être a-t-il raison. Peut-être a-t-il deviné. Il en connaît peu d'autres encore. Ce n'est que le premier été. Il prend la direction qu'il lui a offert. Incertain. Mais que risque-t-il ? A sa surprise, il le trouve enfin. Finalement. Il s'arrête. Il devra toucher deux mots à son germain. Mais il peut attendre.

Il entend. Il écoute. Il observe. Les traits fins que la chaleur du soir qui naît éclairent. Les boucles folles qui vivent sans attache. Les reflets qu'elles offrent à la vue, illuminées. L'air pensif, concentré. Dévoyé à d'autres sphères, sans doute une création de l'imagination. Il patiente. Presque nerveux. Il ignore pourquoi. C'est idiot. Insensé. Qu'attend-il exactement ? Il se résonne. Il avance. Il se rapproche sans qu'il ne le remarque. D'un geste, il atteint son épaule. "Hey." Il masque son enthousiasme. Comme auparavant. Masque en place. Parfaitement imperméable. Comme si l'échec était concevable. Comme s'il était ce qu'il s'était produit. Il le leurre. L'idée l'amuse. Des semaines à répéter. A lui bassiner ses oreilles bien trop bienveillantes. A lui déclamer ses ambitions sempiternelles. Cette existence qu'il envisonne. Folle. Immaculée. Il baisse les prunelles. Il prétend. Se mord la lèvre. Evite son regard. Créateur de doutes. Juste pour observer. Et voir se transformer peut-être la marque de ses traits.

CODE BY MAY


:l:
 



I could hear only the violin, and it was as though Juliek's soul were the bow.
He was playing his life. The whole of his life was gliding on the strings -
his last hopes, his charred past, his extinguished future.
He played as he would never play again. (E. Wiesel)
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Gabriel Carnahan
Gabriel Carnahan
l'entre-deux chapitres
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ÂGE : 42 ans (13 oct 79)
SURNOM : Gaby, Gab'. Pretty Little Galway Boy. La Tendresse, il y a longtemps.
STATUT : Le vide au cœur, le vague à l'âme.
MÉTIER : Libraire, gérant de la State Liberty (Toowong). Renoue doucement avec ses anciennes activités artistiques.
LOGEMENT : #152 Bywong Street, Toowong. Appartement au-dessus de la librairie, avec Wren et deux chats (Aodh & Croustibat). Ana y erre depuis peu.
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POSTS : 15588 POINTS : 0

ORIENTATION SEXUELLE : J'aime tout le monde.
RPs EN COURS :
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FLASHBACK
Robin (fb1)Jameson (fb2)Malachi (fb1)

PRESENT
Robin#3Heather#1Primrose#1Anastasia#2

UNIVERS ALTERNATIFS


DIMENSION FANTÔME
Robin (df)Clément & Kyte (df)Jameson (df)


Happiness is a thing to be practiced, like the violin ♪ Gabriel Wk8d
Wreniel

Happiness is a thing to be practiced, like the violin ♪ Gabriel Htlz
Malachi

Happiness is a thing to be practiced, like the violin ♪ Gabriel Tl3d
Gabin

Happiness is a thing to be practiced, like the violin ♪ Gabriel Wdvb
Ciariel


RPs EN ATTENTE : Riley ≈ Jordan ≈ Malachi

Maze ≈ Cade ≈ Robin#2 ≈ Jameson (Irlande)


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Happiness is a thing to be practiced, like the violin ♪ Gabriel 165911membre2

RPs TERMINÉS : Terminés : Clément#1MaximilienGreta#teamaperoClément#2OwenJameson (fb1)Wren#1Tea Time (ua)MPR-Robin#1ElwynWren#2Jack (fb)Wreniel (ua1)Wreniel (ua2) Wren#3Jack (df)

Archivés : Charlotte L.JunVictoriaLeahRosalynTeliaJoshuaBélialTessEllieSheridynOwen & Marius (df)Cole#teamcitrouilles (df)JosephJadyn (df)LiamCoraMaximilien (fb)CleoChadna (df)Myrddin (df)SavannahViniel 50's (ua)Deviniel (ua)JamesonTerrenceLizzieFreya (ua)Zelda (fb)SachaLudwig (fb1)Ludwig#1Ezechiel (ua)EveJill (fb)RDBCAOdessa#1Timothy#1Wren#4 & Anastasia #1Wren#5Wreniel (ua3)Wren (ua witchwren)

AVATAR : Hugh Dancy
CRÉDITS : Ira', Birdie & Harley (crack) ≈ loonywaltz (ub) ≈ Me (avatar)
DC :
PSEUDO : Sleepy Raven
INSCRIT LE : 08/04/2018
https://www.30yearsstillyoung.com/t19426-gabriel-carnahan-open-a-book-and-forget-the-rest https://www.30yearsstillyoung.com/t19695-gabriel-carnahan-il-est-des-rencontres-dont-la-chaleur-suffit-a-emplir-toute-une-vie-et-dont-le-deuil-vous-laisse-estropie-a-jamais https://www.30yearsstillyoung.com/t19770-gabriel-carnahan https://www.30yearsstillyoung.com/t20550-gabriel-carnahan

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Message(#) Sujet: Re: Happiness is a thing to be practiced, like the violin ♪ Gabriel Happiness is a thing to be practiced, like the violin ♪ Gabriel EmptyVen 15 Jan - 4:05



Happiness is a thing to be practiced, like the violin
Vérone ~ 2005


Vérone est belle, plus encore lorsque les derniers rayons solaires la baignent. C’est l’heure où la chaleur estivale retombe à peine, où les ombres s’étirent lentement, celle où le soleil paresse encore un peu sur les pierres et tuiles avant que le crépuscule ne les drape d’un manteau d’obscurité. Viendra alors une autre heure, celle où la lune et les étoiles régneront en seules maîtresses, celle où leur lueur bien plus douce, bien plus intimiste, caressera murs et toits, et la ville entière se parera soudain d’un autre visage, d’une atmosphère autrement plus feutrée. En attendant la cité se laisse noyée par toutes les nuances d’ors, orangés et ocres que la fin du jour sait faire naître. Un spectacle dont Gabriel ne semble pas se lasser, lui qui a toujours préféré à la lumière crue du zénith tout le panel et la variété des couleurs qui s’étendent du soir jusqu’à l’aube. Plus d’une fois il en est venu à oublier de fermer l'œil, perdu dans sa contemplation des dorures du couchant, des velours bleutés du crépuscule, des  teintes sombres de la nuit ou de la clarté naissante de l’aurore. Il s’y perd encore à cet instant, sur cette place où il a égaré ses pas. Crayon à la main, carnet à dessins non loin, il semble observer le décor pour mieux le reproduire ensuite. Du moins est-ce l’impression qu’il donne, la vérité, elle, est ailleurs. Un œil averti l’apercevrait peut-être, que la mine de graphite n’a guère retouché le papier depuis de trop longues minutes déjà, qu’elle n’en noircit plus le grain, que le petit brun est bien trop songeur pour se prétendre à la recherche d’une quelconque inspiration. Partout autour la vie pulse, dans ces enfants qui jouent non loin, dans ces gens qui parlent fort, dans ceux qui rient. C’est une valse incessante, une danse qui ne souffre aucun temps mort. Pourtant rien ne parvient à retenir entièrement son attention, ni la majestueuse architecture qu’il regarde sans réellement la voir, ni le sempiternel mouvement autour de lui. Tel une statue de sel, Gabriel demeure immobile au milieu de ce ballet perpétuel. Ses pensées l’absorbent, l’entraînent en d’autres lieux. Ses songes sont irrémédiablement dirigés vers autre chose. Vers quelqu’un serait sans doute plus juste. Une personne pour laquelle aujourd’hui est un jour important. Il le sait parfaitement, s’en souvient évidemment. Comment diable aurait-il pu l’oublier de toute façon ? La chose est tout bonnement impossible, trop conscient qu’il est de ce qui se joue quelque part sur une scène de la ville. Et plus les minutes filent, plus il sent une certaine impatience s’immiscer en lui dans l’attente de nouvelles, d’un dénouement qu’il espère heureux. Il n’en doute cependant pas, confiant qu’il est. A raison, il en est persuadé. Le temps s’étire encore, Gaby a perdu le compte des minutes, a oublié l’horaire, il sait seulement que le soir s’avance lentement, qu’il s’étend sur Vérone, qu’il la pare de ses plus belles teintes, de celles qu’il aime tant et auxquelles il n’accorde cependant que peu d’intérêt en cet instant.

Soudain un contact sur son épaule lui tire un frisson, un tressaillement, l’obligeant à revenir à lui, au monde autour. Le bouclé parvient malgré tout à retenir le sursaut qui menace de le saisir l’espace d’une seconde, instantanément rassuré par la familiarité de la voix venue s’échouer à ses tympans. Malachi est là, il le sait avant même de poser ses prunelles claires sur sa silhouette élancée. Il a reconnu son timbre flirtant avec les graves, sans le moindre mal, le connait déjà par cœur, en a bien vite mémorisé les inflexions et intonations qui lui sont propres. Le temps passé ensemble ces dernières semaines n’y est sans doute pas étranger. Un temps qui s’allonge davantage à chaque rencontre. Gabriel n’y trouve toutefois aucune raison de se plaindre. Bien au contraire même, comme il ne se lasse pas le moins du monde de ces moments partagés. Il ne compte jamais les minutes lorsque le musicien est dans les parages, pas plus que les heures passées à l’écouter jouer ou lui conter ses aspirations et espérances. Il y a chez Malachi quelque chose qui le fascine, qui capte son attention avec une aisance folle. Cette même attention qu’il reporte justement entièrement sur le jeune homme à cet instant précis. « Hey. » Le ton est aussi doux qu’enjoué, écho parfait du sourire ravi qui a étiré ses lèvres à l’instant même où son regard s’est posé sur ce visage, couronné de boucles brunes, qui lui est devenu si familier. Tout, alors, dans son attitude trahit sa joie de le voir en ces lieux. « Comment ça s’est passé ? » L’interrogation déborde d’enthousiasme tant Gaby ne doute pas un instant du profond talent de son camarade. Bien sûr, quelques mauvaises langues pourraient dire qu’il n’est assurément pas très objectif à son propos, et elles se fourvoieraient tant il suffit de voir le jeune violoniste à l’œuvre pour être parfaitement convaincu de sa prometteuse virtuosité. Alors l’issue de l’événement du jour lui aura forcément été favorable. Comment pourrait-il en être autrement ? Pourtant l’air confiant de Gabriel s’efface en une fraction de seconde alors que le bleu de ses yeux s’attache à détailler avec davantage d’attention les traits du musicien. Il lui semble même sentir son cœur manquer la régularité d'un battement au passage. Quelque chose cloche, il s’en convainc presque, ne devine pas encore le subterfuge. Et déjà son sourire s’est évaporé au profit d’un air plus soucieux, d’un froissement léger entre ses sourcils. Prompt à s’inquiéter, sa sensibilité naturelle lui joue des tours. Ses prunelles interrogent, cherchent celles de son interlocuteur, en vain, il ne trouve pas ses réponses. Il refuse pourtant de croire à une déroute qui lui semble parfaitement inenvisageable. Il n’a toujours aucune incertitude sur ses capacités, malgré tout il se laisse berner, un peu trop crédule, bien trop candide. « Malachi ? » Presque inconsciemment ce sont cette fois ses doigts à lui qui viennent timidement s’attarder sur l’épaule du musicien, cherchant sans doute à recréer un contact, quel qu’il soit, pour capter un regard, un mot, le moindre indice qui lui permettrait d'obtenir enfin le fin mot de l’histoire, qu'il en ait au moins le cœur net.
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:gayheart: Et je divague, j'ai peur du vide. Je tourne des pages, mais des pages vides. Poussière errante, je n'ai pas su me diriger. Chaque heure demande pour qui, pour quoi, se redresser.

Happiness is a thing to be practiced, like the violin ♪ Gabriel WJBxV7Q
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Message(#) Sujet: Re: Happiness is a thing to be practiced, like the violin ♪ Gabriel Happiness is a thing to be practiced, like the violin ♪ Gabriel EmptyDim 25 Avr - 11:48




     

Happiness is a thing to be practiced,
like the violin.
@Gabriel Carnahan
L'incertitude. Folle pensée irréelle. Comme si la conception en était possible. Le doute, l'hésitation n'appartiennent pas à son champ de vision. Il ne retient que les éclats. Les nuées évanescentes de la couleur des étoiles. Celles qu'il vise sans tergiverser. La fierté est de trop. Il l'entend. Il le sait. Il n'y accorde aucune importance. Elle n'est pas déplacée. N'en déplaise à sa chère mère qui accroche ses regards avec insistance. La désapprobation y transparaît. Mais en ces lieux, elle est absente. Il est chez elle. Mais elle est restée chez eux. Les lumières les séparent. Et il vit sans se noyer dans l'ébène de ses yeux. La nuit est courte. Elle est faite d'excitation. Il sent croitre l'échéance, l'impatience le conserve éveillé. Au lieu de tourner des heures, il descend, retrouve la vie lunaire qui se bouscule sous les fenêtres. Il observe ces astres qu'il connaît comme ses notes. Il les énumère en silence, calme la vivacité de son palpitant. Les perspectives l'enchantent. Les semaines seront animées. Non que les précédentes ont été lasses. Elles ont au contraire intrigué. Il est une esquisse de traits qui revient en mémoire, qui fait naître un sourire instinctif qui en devient amusé. Combien d'heures a-t-il passé à l'immerger sous ses mots, sous ses notes, ses pensées grandioses ? Il a perdu le compte. Il n'a jamais redit mot. Il a écouté avec une patience presque irréelle. Il a offert à son tour. Des discours clairs, vivants que son oreille a pris et bu de tout son saoul. Mélodies dantesques que le sourire a gravé.

Les heures furtives de l'aube, l'astre est venu éclairer ses traits. L'expression reste sereine, fiévreuse. Les temps qui ont suivi ont paru s'éterniser mais jamais las. Il a accueilli les expressions chantantes, rejoué les notes dans sa tête des milliers de fois. La partition à la seconde près. La perfection au bout de ses doigts. Le souffle a fini par naître, saccadé dans sa poitrine mais l'impatience a pris ses marques et la musique, repris ses droits. Le soir déjà est là. Le sentiment de consécration aussi. C'est peu mais ça paraît immense. Chaque marche est une perle qui s'enfile, une éternité qui se créé. L'enthousiasme est une émotion vive qu'il peine à taire. Il écoute puis il se détourne. Il délaisse les lieux pour suivre une autre pensée. Il déambule, observe à peine. Il est un individu qu'il recherche, dont il poursuit la silhouette entre les ombres délavées, ces corps aux visages troubles qui se mêlent sur son passage. Il croise finalement une vision familière. Carlo fait vivre l'allégresse qu'il retient sur ses traits. Il s'exalte, s'exprime sans retenue. Il entend célébrer dans les formes. Quand il saisit que son intention est autre, il marque sa déception puis l'amusement récupère la place. La compréhension. Des encouragements puis finalement l'information qu'il cherche. Que son cousin saisisse le laisse circonspect. Mais saisisse quoi ? Il ne s'arrête pas sur cette pensée, le jeune homme a déjà fait place. La fougue marque sa démarche et il se retient de secouer la tête d'un amusement exaspéré. Au lieu de quoi, c'est l'incertitude qui reprend forme. Dans toute son absurdité. Il la balaie comme en d'autres heures, s'avance vers le lieu indiqué. Il noie rapidement sa surprise. La concentration reprend ses traits. Il observe puis s'avance, hésite et puis fait. Il choisit de se distraire. Il pense l'avoir mérité. Idée puérile peut-être. Mais il s'y tient. Le jeune homme sursaute légèrement, ramené à la réalité. Il se retient d'en sourire, masque fixé, doute créé. C'est pourtant un sourire qui lui répond, sincère, réjoui. Il tait les pensées que la vision fait naître, concentré sur sa folle idée. La question exaltée menace encore sa fomentation mais il maîtrise l'impassible. Son regard se baisse, fuit, créer le doute. Pour combien de temps ? Il l'ignore. Les résistances semblent sans cesse prêtes à céder.  Son nom sous forme d'interrogation puis le geste qui vient se créer. L'inquiétude a pris place. Réelle. Singulière. Il relève alors les prunelles, ce regard traitre. Le sourire a disparu. Il parait sincèrement inquiet. Alors son expression le démasque à son tour. Le sourire cesse d'être prisonnier. Il est vif. Il est fier. Il affirme avant que les mots ne disent. Mais il se prend tout de même à confirmer. "Premier de la promotion. Je commence samedi." Un jour à peine de répit mais de quel répit aurait-il besoin ? Il retient ce rire, cette euphorie souveraine, ose abuser encore, l'amusement sur ses traits. "Aurais-tu douté l'espace d'une seconde ?" Il en prendrait presque un air offensé si ça n'avait pas été le but recherché. Il n'en fait rien cependant. Il l'a suffisamment entrainé. Le sourire est trop vif pour être une nouvelle fois retenu. Il le laisse vivre, faire, n'en masque aucun aspect. "Prêt à célébrer comme il se doit ?" Il l'observe et se prend à l'attente de ses réactions. L'excitation est transparente. Nul mirage, nulle illusion. Les heures qui viennent appellent le crépuscule. Peut-être des occasions. Il sait quelles formes il veut qu'elles prennent. Le temps est à la festivité. A cette forme de liesse que l'on ne retrouve que dans la certitude, dans l'établissement d'un fait. Alors il retient, soumis à l'impatience. Prêt à dire, à ânonner sans cesse ou peut-être juste apprécier. Suspendu à une absurde paire bleue que ses prunelles ont soudainement capturée.

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I could hear only the violin, and it was as though Juliek's soul were the bow.
He was playing his life. The whole of his life was gliding on the strings -
his last hopes, his charred past, his extinguished future.
He played as he would never play again. (E. Wiesel)
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Gabriel Carnahan
Gabriel Carnahan
l'entre-deux chapitres
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ÂGE : 42 ans (13 oct 79)
SURNOM : Gaby, Gab'. Pretty Little Galway Boy. La Tendresse, il y a longtemps.
STATUT : Le vide au cœur, le vague à l'âme.
MÉTIER : Libraire, gérant de la State Liberty (Toowong). Renoue doucement avec ses anciennes activités artistiques.
LOGEMENT : #152 Bywong Street, Toowong. Appartement au-dessus de la librairie, avec Wren et deux chats (Aodh & Croustibat). Ana y erre depuis peu.
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PRESENT
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UNIVERS ALTERNATIFS


DIMENSION FANTÔME
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Message(#) Sujet: Re: Happiness is a thing to be practiced, like the violin ♪ Gabriel Happiness is a thing to be practiced, like the violin ♪ Gabriel EmptySam 29 Mai - 20:53



Happiness is a thing to be practiced, like the violin
Vérone ~ 2005


Le soleil décline, coulant lentement à l’horizon. Il cède la place à une douceur appelant à la nonchalance, celle dont savent se parer les soirs d’été. Gabriel aurait pu s’y adonner, à cette aimable flânerie, il aurait pu admirer le décor offert au bleu de ses prunelles, observer le mouvement autour de lui, s’en émerveiller, capturer un instant, des traits, d’un coup d’œil, pour mieux en retranscrire l'essence, d’un coup de crayon. Il n’en fait toutefois rien. A la place ses pensées s’égarent, rien de très inhabituel en soi. Ce qui l’est bien davantage en revanche, est que, loin de se disperser, elles tendent à converger vers un seul et même point. Une seule et même personne en fait. C’est à cause de l’échéance du jour, celle qui rend la date importante. Il s’en convaincrait presque, si cela n’avait pas tendance à prendre, dernièrement, des airs d’habitude. Il ne s’attarde pourtant guère sur la question, pour l’heure, l’effleure sans l’approfondir, laisse vivre l’instant présent, et l’impatience qui le gagne doucement. L’attente se creuse, à mesure que le temps s’égrène. Il attend. L’attend lui, l’espère. Il se perd à imaginer le sourire victorieux qui illuminera son visage comme l’éclat de fierté qui brillera au creux de ses prunelles. Et si ce n’était finalement pas le cas ? L’idée ne le frôle même pas, il n’y pense pas. Le petit brun vit d’optimisme, d’enthousiasme, il songe au meilleur plutôt qu’au pire, la tête emplie de belles espérances et de rêves.

Tout au moins jusqu’à ce qu’une main atteigne son épaule. Malachi est bien là, au rendez-vous. Son sourire, en revanche, ne l’est pas, et Gaby s’en inquiète aussitôt, sincèrement, tombant alors tout entier dans le piège de ce regard qui se dérobe à lui. Il l’observe, cherche à comprendre, l’interroge doucement, retient un souffle, inconsciemment, lorsqu’enfin le jeune homme se redresse, qu’il croise ses prunelles claires. Une seconde encore. Et ils sont soudain enfin là, le sourire, la fierté, vivaces. Ils illuminent ces traits que Gabriel n’a que trop bien mémorisé. Ceux qui lui semblent déjà si familiers. Il dira que c’est son côté physionomiste, qu’il imprime aisément les visages, les attitudes et les gestes, qu’il enregistre sans mal le timbre des voix, leurs intonations propres. Ce faisant il ne mentira pas. La vérité est en partie là, tout comme elle se trouve également ailleurs. Ce n’est pas un hasard, si le sourire du violoniste fait ressusciter le sien en un éclair, s’il le fait tenir sans le moindre effort à ses lèvres. Son soulagement est aussi profond que sa joie est grande, et c’est non sans mal que le bouclé retient l’élan de liesse qui manque de le porter à son cou. A la place ses doigts s’attardent davantage à son épaule, s’y pressent doucement mais sûrement, avant de s’en détacher. « Félicitations ! » Le ton ne ment pas, la nouvelle le réjouit autant qu’elle lui redonne du souffle, il répond aux sourires par les siens, se laisse contaminer avec plaisir par cet entrain communicatif. Et déjà la malice de la question suivante lui arrache un soupir amusé. « De toi ? Jamais. » Les mots lui viennent du tac-au-tac, avec un naturel déconcertant, presque trop facilement. Mais pourquoi les taire, puisqu’ils sont vrais. Il a confiance en ses capacités, en cette passion qui l’anime jusqu’au plus profond de son être. Et en lui ? La question se pose à peine, tant la réponse apparaît évidente. Bien sûr. « J’ai seulement cru qu’il était arrivé quelque chose. » L’inquiétude est pourtant déjà balayée, la frayeur toute pardonnée. Il ne saurait lui en tenir rigueur. A quoi bon quand il y a tant d’allégresse à vivre et partager. « Dois-je te rappeler que je suis franco-irlandais ? Je suis toujours prêt à célébrer comme il se doit. » L’espièglerie est aussi sienne, il ne saurait la taire. Comme si le sang de ses ancêtres le prédisposait aux festivités plus qu’un autre. L’idée l’amuse. Un rien le ferait cependant à cet instant, face à l’air radieux qu’arbore son camarade. « Tu as des plans, des envies ? Je te suis. » Qu’il propose, il dispose. Qu’il l’entraîne dans son monde, en ces lieux qui sont siens et que Gabriel apprend encore à connaître, à apprivoiser. Il est prêt à marcher dans ses pas, à travers le soir qui s’avance et jusqu’aux confins de la nuit même. Confiant qu’il est. Et bien trop heureux de retrouver sa compagnie, celle qu’il apprécie tant. Sans doute bien plus qu’il ne l’entend lui-même. « C’est ta soirée après tout. » Elle lui est toute dédiée, offerte à la célébration de la victoire qui est sienne, que le petit brun est ravi de pouvoir partager avec lui. Un sentiment qui éclaire le sourire qui vit toujours sur ses lèvres, qui alimente le pétillement qui luit au creux de ses prunelles claires. Celles qu’il noie au regard du violoniste qui le toise d’une évidente impatience. Il manque de s’y perdre plus que de raison, le bouclé, s’en détourne un instant, distrait par le chahut des enfants jouant non loin d’eux. Juste le temps de retrouver un soupçon de contenance. Mais c’est finalement bien à Malachi que son attention revient, comme chaque fois qu’il est dans les parages semble-t-il. Sur lui que se pose le ciel d’été de ses iris, affirmant sans un mot qu’il est définitivement tout paré à le suivre là où bon lui semblera.
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:gayheart: Et je divague, j'ai peur du vide. Je tourne des pages, mais des pages vides. Poussière errante, je n'ai pas su me diriger. Chaque heure demande pour qui, pour quoi, se redresser.

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