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 noralfie + it doesn't even matter

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Norah Lindley
Norah Lindley
les histoires de fantômes
les histoires de fantômes
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ÂGE : 36 ans (15.09.1984)
SURNOM : Beaucoup l'appellent Nono, ses collègues ont toujours adoré l'appeler par son nom de jeune fille "Leckie".
STATUT : veuve depuis 2016.
MÉTIER : infirmière en service de réanimation. fait régulièrement des remplacements dans d'autres services, histoire d'arrondir les fins de mois.
LOGEMENT : #57, logan city (depuis décembre 2018)
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POSTS : 2310 POINTS : 130

ORIENTATION SEXUELLE : J'aime les beaux garçons.
PETIT PLUS : mère de deux enfants, Julie, née en 2009 et Aidan, né en 2015 + excellente pâtissière + force tranquille, sait gérer les urgences avec sérénité + a un frère jumeau et deux frères aînés + sort à peine du deuil de son mari + adore les histoires de fantômes + franche, n'hésite pas à recadrer (plus ou moins correctement) lorsque c'est nécessaire + plus discrète depuis le décès de son mari
UN RP ? : Seulement si nous avons un lien.
RPs EN COURS : yasmine #7 + tommy #4 + zachary #1 (6/10)

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THE LECKIE
caelan #3 + marcus #2

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noranwar + uc
anwar #6

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alfie #5
RPs EN ATTENTE : alfie (au)
AVATAR : rebecca ferguson
CRÉDITS : avatar : loonywatlz / ub : loonywaltz
DC : joanne keynes
PSEUDO : black arrow
INSCRIT LE : 20/02/2019
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Message(#) Sujet: noralfie + it doesn't even matter noralfie + it doesn't even matter EmptyMar 2 Fév - 15:31


IT DOESN'T EVEN MATTER
i tried so hard and got so far but in the end it doesn't even matter – @alfie maslow

Le baiser affectif que Percy fit sur le front de sa petite soeur la fit sourire. Il semblait si soucieux. Des trois frères, il était celui qui peinait le plus à dissimuler ses émotions. Il lui demandait une dernière fois si elle était bien sûr qu'elle n'avait besoin de rien et elle lui avait répondu, encore une fois, qu'elle avait tout ce qu'il faut. Suffisamment chanceuse pour avoir une famille proche qui lui rendait des visites régulières, qui faisaient ce qu'ils pouvaient pour qu'elle se sente bien. Ils n'étaient pas capables de grand chose lorsqu'il s'agissait de douleurs ou de soins médicaux, mais ils pouvaient faire en sorte que son mental ne poursuive pas sa chute vertigineuse. "Norah." Ses yeux se réouvrirent dès que le médecin l'appelait. Il venait de lui poster une question, mais elle s'était assoupie en cours de route. La morphine l'assomait quelque peu. "Qu'est-ce qu'il y a à dire ?" Elle n'avait beau pas être fautive dans cet accident, le traumatisme, autant psychique que mental, lui, était bien présent. Depuis qu'on l'avait réveillé de son coma, elle parvenait à se reposer (ce qui était déjà une très bonne chose), mais aussi le temps de réfléchir. Avoir pleinement conscience de savoir qu'elle n'était vraiment pas passée loin et remarquer que le médecin, et ami de longue date, n'était encore à ce jour pas encore serein quant à la suite des événements, c'était éprouvant pour elle. "Montre-moi le compte-rendu médical." "Pour quoi faire ?" "Je veux voir." "T'es sérieuse, Norah ? Je t'ai déjà tout raconté. Est-ce que j'ai une seule raison de te cacher quelque chose ?" rétorquait Andy aussitôt. "J'ai rien dédramatiser, tu sais déjà tout ce qu'il s'est passé, tout ce qu'on a déjà fait." Il savait que ça n'aurait servi à rien de lui cacher quoi que ce soit : elle l'aurait su un jour ou l'autre de toute façon. Il n'était pas non plus totalement convaincu que tout lui dévoiler était la meilleure des idées, mais c'était son droit. Il la voyait, à regarder dans le vide, à avoir de temps en temps des absences quand elle n'avait pas de visite. Même si elle se reposait encore beaucoup en présence de ses proches, Norah déployait la majeure partie de son énergie à être en mesure de suivre une conversation décente avec eux. En dehors de cela, elle restait dans ses pensées. Les prises de conscience étaient nombreuses. "En tout cas la visite de tes frangins font plaisir aux collègues. Elles se rincent toute bien l'oeil." dit-il afin de changer de sujet. Un sourire discret se dessinait sur le visage de Norah, le regard même un peu malicieux. "Pourquoi ça ne m'étonne pas."

Quand Norah rouvrait les yeux, Andy était parti. Mais la chaise sur laquelle il avait été assis pour discuter avec elle était toujours à la même place. Toujours une douleur lancinante, toujours l'appréhension de prendre une inspiration profonde car ses fractures lui faisaient mal même pour la simple respiration. Toujours des lunettes à oxygène sous le nez. Toujours sa main gauche dans une attelle, toujours des drains pour évacuer les hématomes. Toujours les vertèbres fracturées, toujours les multiples plaies sur ses bras, son visage, son torse et ses jambes qu'une de ses collègues vint nettoyer un peu plus tard avant d'en recouvrir la plupart avec des pansements adaptés. Norah se sentait réduite, enracinée dans un lit duquel elle avait hâte de pouvoir se lever. A moitié ensuquée par la morphine, l'estomac en vrac avec la montagne d'antibiotique et autres traitements pour suppléer à ses besoins et la rendre la plus confortable possible. Elle ne pouvait qu'attendre. Attendre et se reposer. En définitive, deux choses qui avaient disparu du vocabulaire de la belle brune depuis plusieurs années. Andrew aurait voulu l'entendre verbaliser ses pensées après ce choc. Traumatisée, elle l'était. A quel point, il l'ignorait. Elle n'en parlerait que vaguement plus tard à son grand frère, et encore, le nombre de mots se faisait bien maigre. Mais d'avoir approché de si près la mort avait été brutal. Quelque chose qu'elle n'arrivait pas à encore tout à fait à mesurer, tout comme son deuil. Il y avait désormais deux problèmes à résoudre, mais l'électrochoc qu'était l'accident de voiture la poussait malgré elle à se poser un bon nombre de questions existentielles. Repousser ses limites. C'était ce qu'Alfie lui avait conseillé lorsqu'ils s'étaient vus pour la dernière fois. Quelques minutes avant l'accident, finalement. Il suffisait qu'elle pense à lui pour qu'elle sente son coeur se serrer. Pire encore, de le voir apparaître dans sa chambre d'hôpital. Etait-il là depuis longtemps ? Norah ne saurait dire. Elle s'était probablement assoupie (encore une fois) et ne l'avait pas entendu entrer. Elle était persuadée que leur amitié, qui lui était si cher, était fichu. Tout ça à cause d'un fichu baiser. Certes, elle avait à peine effleurer ses lèvres, mais fallait pas se mentir, c'était considéré comme tel. Tout ça à cause du paroxysme de sa vulnérabilité à ce moment là. Si elle s'attendait à ce qu'il se pointe à l'hôpital pour la voir, elle n'y aurait jamais cru. La brune restait longuement mutique, son regard vide néanmoins vissé sur lui. La seule chose qui trahissait sa nervosité était la sensible accélération de son rythme cardiaque symbolisé par une courbe sur le moniteur auquel elle était constamment reliée. La distorsion temporelle l'empêchait de savoir combien de temps elle l'avait regardé avant de prononcer enfin quelques mots. "Si j'avais su qu'on inverserait un jour les rôles..." Drôle d'ironie. Un humour qu'elle n'était pas certaine d'apprécier.


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Alfie Maslow
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le jardin du vice
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ÂGE : trente-six ans (01.11).
SURNOM : alfie en est déjà un.
STATUT : récemment célibataire, rattrape le temps perdu en ne restant jamais plus de deux soirs dans les mêmes draps.
MÉTIER : anthropologue de formation ; consultant pour la justice et dans la santé, lecturer à l'université. détruit sa vie à temps plein, aussi.
LOGEMENT : au revoir la petite amie et la filleule, il dispose de l’apt. #95 à toowong pour lui tout seul, bien qu’il n’y soit que très peu.
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POSTS : 2235 POINTS : 190

ORIENTATION SEXUELLE : J'aime tout le monde.
PETIT PLUS : enfant unique, parents très religieux ≈ rescapé d’un accident de voiture qui a tué son premier amour ≈ passionné par son métier, le vrai (anthropologue de terrain) ≈ se déplace en skate ou vélo ≈ excellent pianiste ≈ trouble tdah jamais diagnostiqué ≈ impulsif, borderline, toxique, tout est un jeu pour lui ≈ cicatrices le long du dos, sur le torse et brûlure sur l’entier de la paume gauche ≈ de retour à brisbane depuis trois ans, il rêve de fuir à nouveau ≈ deux agressions en deux ans et un ptsd qui prend de plus en plus de place au quotidien ≈ addict, a replongé début 2020.
UN RP ? : Pas dispo pour le moment.
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alfiana #7 ⊹ i'm sliding into something you won't understand, but don't give up on me 'cause i'm just in a rut, i'm climbing but the walls keep stacking up.

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anabel ⊹ no matter how big and bad you are, when a six year old hands you a toy phone, you answer it.

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alfly #3 & alfly #4 ⊹ y'know, i always try to settle you when i'm away 'cause we struggle sometimes, if it means that we get through.

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(abandonnés)
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Message(#) Sujet: Re: noralfie + it doesn't even matter noralfie + it doesn't even matter EmptyLun 15 Fév - 1:22




@NORAH LINDLEY & ALFIE MASLOW ⊹⊹⊹ i kept everything inside and even though I tried, It all fell apart, What it meant to me will eventually Be a memory of a time when I tried so hard.

Lorsque son portable se rappelle à lui, deux options s’offrent à Alfie. La première, la plus récurrente, est de simplement l’ignorer, son intérêt pour les autres devant être piqué autrement que par un sms absolument banal laissant présager une conversation au potentiel ennuyeux particulièrement élevé – toutes ses excuses (non) à ses amis. La seconde, plus rare, consiste à rappeler la personne incriminée par ce soudain intérêt de sa part ou, à défaut, d’y penser de manière récurrente jusqu’à ce que leurs chemins se croisent. Dans le cas des messages d’Anwar pour le tenir au courant de l’état de Norah, Alfie se situe dans un entre-deux. Ses pensées s’égarent parfois sur Norah, pourtant il ne donne aucun signe de vie – peu importe si on peut lui le reprocher, ça ne fera qu’une ligne de plus sur la longue liste de ses méfaits. Bien sûr, la singularité de l’anthropologue l’empêche d’accorder la totalité de ses pensées à l’infirmière, mais, de temps à autre, elle se rappelle à lui. C’est le problème avec Alfie autant que c’en est un pour le principal concerné : son cerveau va vite, trop vite et il pourra être soucieux de quelqu’un avant de passer à autre chose la seconde d’après, lui conférant la réputation de n’avoir une sollicitude que partielle à l’égard des autres. Inutile de prétendre l’inverse, c’est bien évidemment vrai. N’allez pas croire que ce soit facile pour le principal concerné ; parfois, il aimerait être comme tout un chacun et s’empêcher de se disperser de cette manière, pour mieux cadrer à l’attitude que l’on attend de lui. Parfois, seulement, avant que le naturel ne revienne et qu’il pense à autre chose, son introspection très vite balayée par une certaine nonchalance qui se mêle à son habituelle égoïsme. On peut lui reprocher bien des choses, à Alfie, néanmoins si son attention est souvent brève et jamais gagnée d’avance, lorsqu’elle apparaît, c’est une victoire pour son entourage : ils ont su le marquer, d’une façon ou d’une autre, suffisamment pour qu’il pense à eux et que cette pensée, même fugace, soit sincère.

C’est ce qu’il se produit avec Norah. Car même si les raisons qui l’ont poussé à ne pas franchir les potes de l’hôpital avec la même précipitation qu’Annie ou Caelan sont nombreuses, ce n’est pas pour autant qu’il est insensible à cet accident. Bien sûr, il n’est pas de ceux qui iront tenir la main de Norah pendant des heures, des jours, même ; il n’y a qu’à voir la manière dont il est assis dans ce fauteuil, les pieds posés sur ce lit contre ceux de la jeune femme qu'il repousse sans honte lorsqu'elle bouge dans son sommeil et un paquet de chips quinoa/kale dans les mains qu’il dévore à un rythme effréné. La pitié ? Très peu pour lui, il s’imagine sans peine que toute sa famille est passé par là avant lui et même Anwar, aussi gentil soit-il, a dû lui offrir son regard de chien battu qui donne envie de tout lui offrir (c’est bien pour ça qu’il a perdu sa mise, la dernière fois). La gêne ? Là-aussi, c’est un domaine qu’il maîtrise lorsqu’il s’agit de la provoquer à autrui et non de la vivre ; ainsi ce pseudo baiser, s’il se doit de venir sur le tapis, ne serait pas évoqué de la manière dont on pourrait s’y attendre. Pour l’heure, il n’est pas question de cela, autant qu’il n’est pas question de la moindre réaction, puisque la jeune femme dort à poings fermés. "Si j'avais su qu'on inverserait un jour les rôles..." Et lorsqu’elle ouvre enfin les yeux, celle d’Alfie va de pair avec le personnage : elle n’a pas forcément de sens, semble appropriée et il prend donc un malin plaisir à la verbaliser. « Ouais, enfin tu seras mignonne de pas en faire une habitude. » Il soupire, là-aussi exagérément. « J’aime pas qu’on me vole la vedette. » Il l’a dit ; il serait bien qu’elle s’abstienne et peut-être que les raisons invoquées ne visent qu’à ne pas formuler les véritables. « Y’a d’autres façon de te faire remarquer, tu sais. » Il lui souligne alors qu’il croque une nouvelle chips entre ses dents. Oh, le plus logique serait de lui demander comme elle se sent ; mais elle a sûrement répondu des dizaines de fois à cette question au cours des derniers jours, inventant chaque fois un mensonge différent pour satisfaire ceux qui posent la question et qui n’attendent pas de jouer au fin psychologue qui saura lui apaiser l’esprit après un tel événement. Il refuse de prendre ce rôle, parce qu’il sait pertinemment qu’il ne serait pas doué, autant que ce n’est probablement pas ce qu’elle attend de lui. Il pourrait aussi lui demander si elle n’a pas trop mal ; mais l’étendue de ses blessures autant que la médication qui coule sans discontinuité lui donne un indice quant à la réponse – autant ne pas lui faire l’affront de ne pas l’avoir remarqué. Il pourrait tout simplement lui demander si elle a besoin de quelque chose ; mais le personnel est là pour ça, traitez le de privilégié, jusqu’à preuve du contraire il n’est pas payé à raffermir les coussins et on en reviendrait au principal problème : elle n’a pas besoin de sa pitié.

@Norah Lindley :l:



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Message(#) Sujet: Re: noralfie + it doesn't even matter noralfie + it doesn't even matter EmptyMar 16 Fév - 19:43


IT DOESN'T EVEN MATTER
i tried so hard and got so far but in the end it doesn't even matter – @alfie maslow

La présence d'Alfie était exceptionnelle. L'un de ces événements qui mériteraient de marquer ce jour au fer rouge, d'en faire une fête nationale ou quelque chose du genre. Norah, bien qu'embrumée par les différents antalgiques, savait que rien que cela relevait de l'improbable. Un signe qu'il se faisait du souci. Dans quelle mesure, ça elle l'ignorait. Autant elle adorait être surprise par le caractère difficile à cerner d'Alfie, autant parfois elle aimerait avoir connaissance de ses échelles, de savoir retranscrire la moindre de ses attitudes afin qu'elle soit plus compréhensible pour une personne lambda – pour une personne comme elle, en somme. C'était parfois à se demander pourquoi ils étaient parvenus à s'entendre, comment ils avaient su devenir des amis, à profiter de chaque moment passé ensemble. Parce qu'Alfie n'aimait pas perdre son temps en jérémiades et activités inutiles. Tant que cela servait ses intérêts, sinon, ça n'en valait pas trop la peine. Alors comment justifiait-il le fait qu'il soit installé dans son fauteuil, à avoir attendu pendant on ne savait combien de temps que la belle brune ne se réveille ? Norah se le demandait bien. "Il fallait bien que quelqu'un te vole tes lauriers pendant quelques temps. Ca ne peut que faire du bien à ton égo." rétorqua-t-elle aussitôt, presque amusée de savoir qu'il n'avait pas changé. Quoi qu'elle le trouvait un peu différent. Elle ne savait pas quoi précisément, mais oui, elle avait la certitude qu'il y avait un truc qui n'était pas pareil. Allez savoir quoi.  "C'est pas comme si j'avais eu le choix." Ce n'était pas elle qui avait grillé le feu rouge, après tout. Mais tout aurait finalement put se jouer à quelques secondes près. Si elle avait été restée un peu plus avec Alfie, ou si elle était partie juste avant d'avoir été tenté de l'embrasser, peut-être n'en aurait jamais été là. Au mauvais endroit, au mauvais moment. Elle ne pouvait rien faire pour en changer quoi que ce soit de toute manière. Ce n'était pas ça qui la faisait ruminer le plus dans son coin. "Je préférerais largement devoir gérer ta condescendance quand t'es hospitalisé plutôt que de rester clouée dans ce lit à longueur de journée, crois-moi." Norah était indépendante, Alfie le savait. Il savait aussi ce que c'était que d'être prisonnier de son corps, ou du moins de se rendre compte que celui-ci ne répondait plus correctement aux consignes qu'on lui donnait. "On échange quand tu veux." Enfin, elle tournait son regard vers lui. Il était là. Alfie n'avait jamais fait dans le politiquement correct, ni dans le convenable ou même l'acceptable. Aucun de ces trois principes ne justifiait sa présence. Car s'il n'avait pas eu envie de venir, il ne serait pas venu. Durant leur dernière rencontre ne s'était pas terminée sur une note positive. Norah s'était même persuadée que leur amitié était fichue depuis. A moins qu'il voulait passer par là pour l'officialiser. Pour lui, ce n'était peut-être pas grand chose, ce pseudo-baiser. Mais dans le cas de la brune, c'était loin d'être anodin. Loin d'être un geste qu'elle oublierait en un claquement de doigt. Avant lui, les dernières lèvres qu'elle avait effleuré étaient celles de Frank – oui, ça faisait sacrément longtemps. "Oh tu sais, je me suis dit, quitte à avoir un accident, autant y aller fort tout de suite." ironisa-t-elle. Et que l'on ne s'y méprenne pas, Norah avait eu peur. Sacrément peur, même. Avoir pris conscience qu'elle avait été à un cheveu de mourir l'avait sacrément chamboulé et ne l'avait jusqu'à ce jour que verbalisé avec Marcus. "C'est toi qui m'a dit de franchir mes limites." Il y avait dit un truc du genre, en tout cas. Eh bien il avait désormais le résultat devant ses yeux. Elle aurait curieuse de savoir comment il avait appris la nouvelle, mais se gardait bien de le lui demander. "Voilà chose faite." Au fond, Norah ressentait une sorte de soulagement de savoir... eh bien qu'il voulait bien lui parler encore. Tout simplement. Bien qu'il savait être imbuvable et qu'il mérite plus d'une paire de claques, elle l'appréciait telle qu'il était. Ca lui permettait de rester à l'affût, d'être toujours surprise en sa compagnie. Elle se demandait si, au-delà du fait qu'elle puisse être l'une des rares à le supporter des heures durant, il y avait autre chose en elle qui pouvait susciter son intérêt. Parce que c'était ce qu'il recherchait. Son esprit curieux avait besoin d'inattendu et d'insolite. Il aimait expérimenter. "Tu te cherchais un endroit insolite pour manger tes chips ? Dans ton cas, les hôpitaux, ça n'a rien de très original." lui fit-elle remarquer avec un vague sourire amusé. Elle suivait volontiers son jeu. Au moins avait-elle le mérite d'avoir un peu plus de réparti qu'à leur dernière promenade, qu'importent les quantités de morphine et de valium qui coulaient dans ses veines. Il dissimulait le moindre sens de sa pensée par son humour et son arrogance. Toujours présent pour faire réagir, ou pour plutôt étudier la réaction des autres face à ses propos. Son manque cruel de filtre avait quelque chose de rafraîchissant. L'infirmière savait l'apprécier à sa juste valeur. Même si sa présence la rendait perplexe, même si elle ressentait une vive appréhension sur la suite de leur amitié, si leur pseudo baiser allait avoir un quelconque impact sur leur amitié. Elle n'en avait parlé à personne, c'était quelque chose qu'elle gardait bien pour elle. Un état de faiblesse qu'elle refusait encore d'accepter. Car à ce jour, son geste lui était aussi tout inexplicable qu'incongru. Pas qu'Alfie ne lui plaisait, mais plutôt que ça ne ressemblait vraiment pas à Norah de se comporter de cette façon là.


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Message(#) Sujet: Re: noralfie + it doesn't even matter noralfie + it doesn't even matter EmptyJeu 11 Mar - 21:24


Le commun des mortels se serait inquiété de l’état de la jeune femme après un tel accident, l’aurait assaillie de questions oscillant entre la pitié et la bienveillance à outrance, n’aurait pas hésité à préciser sa disponibilité à son égard jusqu’à l’excès, lui assurant que la visite n’a rien d’unique et qu’elle pourra compter sur eux. Alfie, lui, se passe bien de ces discours-là, qu’il considère plus hypocrite qu’autre chose. Ce n’est pas qu’il s’en fiche parfaitement de son état, c’est surtout qu’il se doute qu’il s’agit d’un sujet qu’elle a abordé encore et encore – et même si leurs retrouvailles s’opèrent dans un tel contexte, ce n’est pas pour autant qu’il a envie de percevoir Norah comme l’accidentée du jour et non comme une amie à part entière. Il parle d’expérience ; il n’a jamais aimé qu’on lui adresse un regard de pitié à chaque fois que ses limites l’emmenaient à l’hôpital, préférant passer des semaines entières de convalescence en solitaire plutôt que d’avoir à assurer, encore et encore, qu’il ne va pas si mal et que la situation n’est pas si grave. La dernière en date lui a confirmé son avis sur la question et son envie de ravaler cette pitié qu’il peut lire dans certains regards, même s’il n’est pas assez égoïste pour ne pas avoir un soupçon de reconnaissance. De son côté, il ne compte pas mettre sa vie entre parenthèses pour Norah, s’il la considère comme une amie, ce n’est pas pour autant qu’il se sait en mesure d’être à son chevet dès qu’elle en verbalisera le besoin – elle a des frères, autant qu’ils servent à quelque chose, pas vrai ? Son discours pourrait choquer ; pour autant Alfie l’assume parfaitement. Il n’a jamais été friand des promesses en l’air et s’il n’hésitera probablement pas à la rejoindre si elle l’interpelle par envie de se changer les idées et de sortir du cocon bienveillant à l’extrême construit par son entourage, il préfère ne pas lui assurer d’une présence continue : il n’a jamais été très doué dans le domaine, l’anthropologue, encore plus en sachant que ses jours sur le territoire australien sont comptés. Il le lui a dit, il ne compte pas s’éterniser et en ce sens il n’a aucune raison de confirmer sa présence à ses côtés. Dans le cas contraire, il ne l’aurait de toute évidence pas fait beaucoup plus – il n’a jamais aimé ce genre de contexte malgré cette prédisposition à la souffrance. La sienne, oui, mais pas celle des autres. Il n’y est pas insensible, il n’y est pas sensible, il est juste indifférent dans un sens et même si comme le démontre sa présence sur cette chaise aujourd’hui il possède néanmoins des émotions qui lui permettent de mettre ses habitudes et sa façon de penser discutable de côté, ce n’est pas le signe d’un profond changement qui fera de lui le meilleur des auxiliaires de soins.

Alors non, il ne s’enquiert pas de son état, pas comme il le faudrait, du moins, ce n’est pas pour autant qu’il est complètement aveugle à ce qui se joue devant ses yeux, à ses tuyaux auxquels elle est encore relié, à la fatigue qui émane d’elle, à la douleur, probable, qu’elle ressent. Simplement, il décide d’en faire abstraction, même si tout autour d’eux crie que c’est le seul élément auquel il devrait prêter attention ; non. C’est une amie qui a un accident, ce n’est pas une blessée qui est une amie. "Il fallait bien que quelqu'un te vole tes lauriers pendant quelques temps. Ca ne peut que faire du bien à ton égo." Une moue se lit sur son visage, tandis que ses lèvres miment une grimace. « Au contraire, il s’en retrouve tellement blessé. » Pauvre égo, il l’a dit ; il n’aime pas qu’on lui vole la vedette et c’est très exactement ce qu’il se passe à cet instant. Insupportable, intolérable, bien évidemment. "C'est pas comme si j'avais eu le choix." Le brun hausse un sourcil, puis les épaules : « c’est sûr que si tu commences à sortir les arguments avec lesquels je ne peux rivaliser. » Il souligne, feignant d’être abattu par ce constat. Il ne lui fait pas l’affront de lui demander de répéter les circonstances qui l’ont amenée ici ; Anwar l’a tenu au courant de l’essentiel et il part du principe que ressasser ce terrible événement est plus problématique qu’autre chose. Un feu rouge, un accident, avoir été présente au mauvais moment, il ne lui en faut pas plus pour lier les événements et c’est bien suffisant. Ça l’est d’autant plus qu’il a l’assurance de n’avoir joué aucun rôle là-dedans, même si sa culpabilité aurait été moindre dans ce cas précis : il n’aurait pas eu à s’excuser de l’avoir rejeté, même si cela avait mené à un accident de voiture. Ce n’est pas lui qui a mis l’autre sur son chemin, il aurait pu être touché, mais sans être empli de regrets. "Je préférerais largement devoir gérer ta condescendance quand t'es hospitalisé plutôt que de rester clouée dans ce lit à longueur de journée, crois-moi." Piquant une nouvelle chips dans son paquet, Alfie hausse les épaules en affichant un air détaché. « Pas besoin que je sois hospitalisé pour que tu la supportes, si ça peut te divertir. » De la condescendance, il en possède tout autant lorsqu’il n’est pas à deux doigts d’y rester, même si celle-ci se mêle de plus en plus à une certaine agressivité induite par des troubles qui ne viennent pas uniquement de lui. "On échange quand tu veux." Il fait mine de réfléchir un court instant avant de lever la main et brasser l’air. « Ouais non, l’hôpital refuse de me donner une nouvelle carte de fidélité, ça n’en vaut pas la peine. » Déception. "Oh tu sais, je me suis dit, quitte à avoir un accident, autant y aller fort tout de suite." Il fait mine de la jauger quelques instants, avant de pencher la tête et de pincer les lèvres. « Un peu trop pour une première, non ? T’as jamais eu le mémo comme quoi il faut commencer doucement ? » Il l’interroge avant de grignoter une nouvelle chips. "C'est toi qui m'a dit de franchir mes limites." C’est vrai. Et pour être honnête, si elle s’était mise volontairement dans cette situation, jamais il ne l’aurait jugée, peut-être même qu’il se serait montré plus bavard sur l’accident qu’il ne le fait pour l’instant. "Voilà chose faite." Et comment. « Alors, verdict ? » Combien, sur TripAdvisor ? Il se moque, Alfie, en revenant à sa première pensée : il ne compte pas la traiter comme une petite chose précieuse simplement parce qu’elle est alitée sur ce lit. "Tu te cherchais un endroit insolite pour manger tes chips ? Dans ton cas, les hôpitaux, ça n'a rien de très original." Faisant mine d’observer autour de lui dans cette chambre aux murs immaculés, il finit par reporter son attention sur Norah. « Au contraire, qui penserait à manger dans un tel endroit ? » L’hôpital est plutôt synonyme d’estomac noué et non d’ouverture d’appétit. Pas que voir Norah allongé soit réconfort et ait cet effet, mais dès qu’on lui parle de quinoa, il ne répond plus de rien, Alfie. « Plus sérieusement, je pensais à quelque chose de moins douloureux, tu vois, quand on a eu cette conversation, ce jour-là. » Il conclut, d’un air entendu. Qu’elle laisse ça aux professionnels, en d’autres termes, il l’a dit, il n’aime pas qu’on lui vole la vedette.  

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Message(#) Sujet: Re: noralfie + it doesn't even matter noralfie + it doesn't even matter EmptyMar 16 Mar - 18:27


IT DOESN'T EVEN MATTER
i tried so hard and got so far but in the end it doesn't even matter – @alfie maslow

Personne ne pouvait se permettre de dire que l'on maîtrisait l'esprit humain. Pas même le plus brillant des psychiatres, ni le plus assidu des psychologue, ni le plus érudit des psychanalystes. Il fallait se plonger dans quelque chose d'immatériel et d'abstrait. Alors qu'il s'agissait là de deux concepts qui, selon Norah, était impossible à dompter par les sciences. Elle avait une sorte de fascination et d'admiration pour les psychiatres. Ils arrivaient à mettre des mots, à décrire des pathologies en ne se basant que par le ressenti purement subjectif de ses patients, des données qu'ils voulaient bien leur partager. Mettre des mots sur quelque chose qui ne se voit pas : sur aucune prise de sang, sur aucun cliché d'imagerie. Ca, ça la laissait perplexe. Alors il lui semblait bien présomptueux pour n'importe qui de savoir comment Alfie fonctionnait vraiment. Même elle peinait encore à décrire son caractère, sa façon de penser. Difficile de dire comment il interprétait les données émises par les organes de ses sens, comment sa matière calculait l'information pour donner la réaction qu'il donnait. Au final, la brune avait appris à ne plus être surprise de son insolence et de ses réponses inattendues. Ca l'amusait, même. Alors elle ne se retrouvait pas le moins du monde offusquée qu'il ne soit pas collé à son cheveu à lui demander si elle avait besoin de quoi que ce soit. Elle lui aurait de toute façon répondu à la négative. "Pauvre chouchou." dit-elle d'un air très faux, en faisant une moue aussi exagérée qu'elle pouvait le faire. "Tu veux un peu de pommade pour que ça passe mieux ?" Bien sûr qu'elle ironisait. Bien sûr qu'elle n'allait pas le plaindre. Elle n'allait jamais se comporter comme tel avec lui, ni avec qui que ce soit d'ailleurs. Ca ne servait à rien, ce n'était pas constructif pour qui que ce soit. Encore moins pour Maslow. Il restait fidèle à lui-même en toute circonstance. Quoiqu'elle le trouvait un peu... différent. Il y avait ce je-ne-sais-quoi qu'elle n'expliquait pas, mais qui était là. "Mais reconnais que tu gagnes sacrément en puissance quand t'es enfermé contre ton gré entre quatre murs." lui fit-elle remarquer avec un haussement de sourcils amusé. Leur première rencontre restait quand même la plus notable. Difficile à oublier, en même temps. Peut-être qu'au fond, c'était ce qu'il voulait, Alfie : marquer les esprits. "Et j'ai même pas de DVDs intéressants à te proposer cette fois-ci." Ca, ça l'avait diverti lui. Parlant d'occuper les esprits... C'était pour ça, qu'il était là ? Il se soucierait suffisamment d'elle pour venir de son plein gré afin de la divertir, de lui changer un peu les idées tout en grignotant ses chips de quinoa. "Je devrais pouvoir te dénicher ça." Une nouvelle carte de fidélité. La brune aurait cru que sa dernière hospitalisation l'avait quelque peu refroidi, mais il semblerait que non. Il en redemandait encore, au point de jalouser la place qu'occupait son amie. Du soucis se serait-il glissé dans ses remarques cinglantes ? Peut-être. L'on pouvait dire que c'était une forme d'affection, venant de lui. "Commencer doucement ?" rebondit-elle en le fixant. "Excusez-moi, mais est-ce bien Alfie Maslow qui est en train de me parler ?" Du sarcasme. Pur et dur. "C'est l'hôpital qui se fout de la charité quand même, là." lui fit-elle remarquer avec un léger rire. Y aller doucement. Ca ne faisait pas partie des standards du phénomène Maslow. Et puis quoi encore. Qu'elle y soit allée à la légère ou non, le résultat était là. La limite avait été atteinte, et même au-delà. Et Alfie voulait savoir l'impact que cela avait pu avoir pour elle. "Bof, pour le moment, c'est pas fou." répondit-elle, bien songeuse malgré tout. Norah avait tout le loisir du monde de mettre en perspective de nombreux aspects de sa vie. De ces réflexions sortaient des conclusions évidentes, des décisions qu'elle aurait du prendre depuis longtemps, des faits qu'elle ne se serait jamais permise auparavant. "Ca m'a fait réaliser certaines choses." dit-elle d'un ton évasif, sans pour le moment trop se plonger dans les détails – peu sûre qu'Alfie voulait vraiment les entendre. "Tu trouves ça vraiment original de manger des chips dans une chambre d'hôpital ?" Elle arquait un sourcil. "Au risque de te décevoir, t'es pas le premier et tu seras certainement pas le dernier non plus." s'amusait-elle à lui faire remarquer. Mettre les pieds sur le lit, par contre, c'était plutôt inédit, et plutôt culoté. Mais c'était Alfie. Pas d'inquiétude à avoir. Il devint alors bien plus sérieux lorsqu'il revenait sur leur dernière conversation. Sur le coup, difficile pour Norah de ne pas faire preuve de sarcasme. "Désolée, le laps de temps entre le moment où je suis partie et quand la bagnole m'a foncée dedans était un peu trop court pour que je puisse réfléchir à une version alternative." Elle avait été bien troublée ce qu'elle avait été sur le point de faire; une erreur monumentale qu'elle peinait elle-même à digérer. Pas qu'il était déplaisant à voir, Alfie, loin de là. Seulement gâcher une amitié pour l'ombre d'un baiser lui faisait sentir extrêmement mal, pour un bon nombre de raisons. "Et maintenant que ça c'est fait, je compte pas trop me pencher sur la question. J'ai assez donné." Qu'elle se remette déjà de ses trop nombreuses blessures avant de songer à quoi que ce soit d'autres. Pendant quelques secondes, la brune regardait dans le vide, songeuse. Comme elle pouvait beaucoup l'être depuis son réveil. "Je suis désolée, d'ailleurs. De... L'issue de la conversation, de ce jour-là." Elle n'en était pas fière, Norah. Ca ne lui ressemblait pas. Elle n'était pas une briseuse de couples, elle n'était pas de celles qui profitaient de l'aisance qu'elle avait avec les hommes pour répondre à un manque certain et cruel d'affection. Un horrible moment de faiblesse, voilà ce que c'était. L'apogée de sa vulnérabilité. "A vrai dire, j'étais plus ou moins persuadée que tu ne voudrais plus me voir." avouait-elle, d'une gorge nouée. Ce qui expliquait aussi la surprise qu'elle avait face à a sa présence dans cette chambre. Un léger rire nerveux s'échappait de sa bouche quasiment close. Bon Dieu, que ça la gênait. Pas sûre qu'il veuille aussi parler de ça, bien qu'il était bien plus à l'aise de nature à discuter de ce genre de choses. "T'as seulement remarqué que tu bégayais plus ?" lui demanda-t-elle après une courte pause. Norah était contente de voir qu'il s'était rétabli, de ce côté-là. Il avait été toujours si frustré de devoir se corriger en permanence, que sa parole ne débitait pas à la même vitesse que son flux de pensées. Et elle se demandait ce à quoi il pensait à ce moment précis.


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Alfie Maslow
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ÂGE : trente-six ans (01.11).
SURNOM : alfie en est déjà un.
STATUT : récemment célibataire, rattrape le temps perdu en ne restant jamais plus de deux soirs dans les mêmes draps.
MÉTIER : anthropologue de formation ; consultant pour la justice et dans la santé, lecturer à l'université. détruit sa vie à temps plein, aussi.
LOGEMENT : au revoir la petite amie et la filleule, il dispose de l’apt. #95 à toowong pour lui tout seul, bien qu’il n’y soit que très peu.
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PETIT PLUS : enfant unique, parents très religieux ≈ rescapé d’un accident de voiture qui a tué son premier amour ≈ passionné par son métier, le vrai (anthropologue de terrain) ≈ se déplace en skate ou vélo ≈ excellent pianiste ≈ trouble tdah jamais diagnostiqué ≈ impulsif, borderline, toxique, tout est un jeu pour lui ≈ cicatrices le long du dos, sur le torse et brûlure sur l’entier de la paume gauche ≈ de retour à brisbane depuis trois ans, il rêve de fuir à nouveau ≈ deux agressions en deux ans et un ptsd qui prend de plus en plus de place au quotidien ≈ addict, a replongé début 2020.
UN RP ? : Pas dispo pour le moment.
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Message(#) Sujet: Re: noralfie + it doesn't even matter noralfie + it doesn't even matter EmptyMar 6 Avr - 18:04


Il existe une infinité de différences entre Norah et Alfie, la plus notable d’entre elles se traduisant par la remarque qu’il se permet de faire : elle a beaucoup à perdre quand lui, à l’inverse, n’a plus grand-chose à quoi s’accrocher. Alors oui, il aurait apprécié qu’elle ne lui vole pas la vedette, car aussi égoïste qu’il soit, son boulot consiste aussi à se mettre dans la peau d’autres pour comprendre leur vision du monde et en ce sens, il sait pertinemment que Norah tient à son entourage comme à la prunelle de ses yeux, de quoi justifier le fait de ne pas réitérer l’expérience de sitôt. Peu importe qu’elle n’y soit pour rien et que sa présence ici soit due à un malheureux concours de circonstances, si le sujet peut s’exprimer de façon humoristique, hors de question qu’il ne dérive dans la réalité. "Pauvre chouchou." Assurément, à en croire la mine peinée qu’il affiche pour contrer la sienne, avant qu’elle ne reprenne la parole. "Tu veux un peu de pommade pour que ça passe mieux ?" Haussant les épaules en croquant une nouvelle chips, il souligne : « si ça peut t’aider à te remettre dans le bain. » Il est un peu précipité d’envisager son retour au travail alors qu’elle est encore allongée dans ce lit dans un mauvais état (ce n’est pas parce qu’il ne l’exprime pas verbalement qu’il n’en a pas conscience), mais s’il faut servir de cobaye pour la science, qu’il en soit ainsi. Il n’est pas certain que Jules soit ravie de cette proposition, mais il n’est pas vraiment certain non plus que Jules soit mise au courant. Son sourire satisfait au coin des lèvres, celui-ci ne le quitte pas lorsque Norah enchaîne. "Mais reconnais que tu gagnes sacrément en puissance quand t'es enfermé contre ton gré entre quatre murs." Une nouvelle fois, il hausse les épaules, feignant l’innocence, se permettant même de lever les mains devant ses épaules. « Remarque, c’est l’occasion de te venger de tes collègues, si tu veux quelques tuyaux. Je suis sûr qu’ils t’ont forcément agacé un jour ou l’autre. » Et maintenant qu’elle n’a plus le rôle de collègue, mais celui de patiente, c’est peut-être le seul moment pour justifier d’abuser de ce statut pour leur mener la vie dure et venger des années de frustration acquise au détour d’une réflexion. Pas que Norah lui donne l’impression de ne pas s’entendre avec ses collègues, mais il est persuadé que quelques désaccords peuvent se rappeler à son bon souvenir pour justifier d’être exécrable – ne serait-ce qu’une journée, si l’on considère la gentillesse naturelle de la jeune femme. "Et j'ai même pas de DVDs intéressants à te proposer cette fois-ci." Réfléchissant un instant, il finit par désigner tout ce à quoi elle est reliée d’un geste imprécis de la main. « Le clown de l’hôpital peut pas te faire une sculpture avec tout ça ? » Comme avec des ballons, mais version tubes en plastique. Ce n’est qu’une proposition pour l’occuper, si le temps en devient vraiment trop long, elle peut aussi tenter elle-même de laisser exprimer sa fibre artistique. "Je devrais pouvoir te dénicher ça." Un air pincé en guise d’approbation, l’air de lui souligner qu’il attend la fameuse carte sur son bureau à la première heure, il replonge sa main dans son paquet de chips.

Il y a une autre certitude, c’est qu’elle n’aurait assurément pas dû voir les choses en grand alors qu’elle n’est pas une habituée des séjours à l’hôpital – mais là-encore, cela ne dépendait pas d’elle, un détail dont il fait volontairement fi. "Commencer doucement ?" Sa tête se secoue vivement de bas en haut pour acquiescer silencieusement. "Excusez-moi, mais est-ce bien Alfie Maslow qui est en train de me parler ?" Il acquiesce toujours. "C'est l'hôpital qui se fout de la charité quand même, là." Cette fois, il désigne de sa main libre la pièce autour d’eux. « Ça tombe bien. » Son sourire de parfait emmerdeur sur les lèvres, il atteste que l’hôpital se fout bien de la charité, mais tant mieux ; ils sont dans le lieu idéal pour cela. « Mais il n’est pas question de moi, là. » Il souligne plus sérieux, presque agacé ; le fait est qu’il peut se permettre ce genre de réflexions parce qu’il sait très exactement de quoi il parle, contrairement à Norah. "Bof, pour le moment, c'est pas fou." Son attention toujours sur la jeune femme, elle enchaîne très vite : ‘’Ca m'a fait réaliser certaines choses." « Comme quoi ? » Il questionne, dans une volonté de faire la discussion autant qu’une certaine curiosité – même s’il n’est clairement pas venu ici pour être l’un des thérapeutes de Norah, il ne doute pas qu’Anwar ou l’un de ses frères doit parfaitement remplir le rôle. "Tu trouves ça vraiment original de manger des chips dans une chambre d'hôpital ?" Secouant la tête, parce que la question n’est pas tant celle de l’originalité que de l’aspect déplacé de la chose, il la laisse poursuivre. ‘’Au risque de te décevoir, t'es pas le premier et tu seras certainement pas le dernier non plus." Il le sait très bien, merci pour lui. « Mince, je me croyais si unique quant au fait de me nourrir. » Dingue, d’autres l’ont fait avant lui. « Devant toi, alors que je devrais plutôt avoir la peur au ventre et l’inquiétude grandissante au point de m’en couper l’appétit. » C’est ce qui serait attendu de lui, il imagine, s’il concédait à offrir sa pitié à Norah. Mais encore une fois, il est persuadé que son entourage s’en sort très bien sans qu’il s’ajoute à l’édifice. "Désolée, le laps de temps entre le moment où je suis partie et quand la bagnole m'a foncée dedans était un peu trop court pour que je puisse réfléchir à une version alternative." Un léger rire s’échappe d’entre les lèvres de l’anthropologue. « La prochaine fois, alors. » Une part de lui a conscience qu’il peut donner l’impression de se contredire, l’autre l’assume parfaitement par la nécessité de ne pas prendre la situation trop au sérieux ; il n’est pas là pour ça et nulle doute que Norah a assez donné sur ce terrain-là. "Et maintenant que ça c'est fait, je compte pas trop me pencher sur la question. J'ai assez donné." « Pas de prochaine fois, alors. » Il se reprend, demeurant silencieux par la suite jusqu’à ce qu’elle reprenne la parole. "Je suis désolée, d'ailleurs. De... L'issue de la conversation, de ce jour-là." Relevant la tête, il ne peut s’empêcher de souligner : « Tu veux dire, du moment où tu n’as plus su résister à mon charme infaillible ? » Normal, après tout, qu’il aurait pu ajouter pour ironiser. "A vrai dire, j'étais plus ou moins persuadée que tu ne voudrais plus me voir." Soudainement plus sérieux, il se permet de souligner : « ce sera le cas si tu en parles à Jules. » À ce moment-là, oui, il ne voudra probablement plus la voir. Il ne sait pas si l’idée lui a traversé l’esprit – il est persuadé que non – mais tout ce qui peut mettre en danger son couple est un sujet sensible, ce qui est particulièrement ironique compte tenu du fait qu’il est le premier à tester les limites de celui-ci à la première occasion, le premier à savoir qu’on ne peut d’ailleurs plus vraiment parler de couple. "T'as seulement remarqué que tu bégayais plus ?" Si seulement c’était aussi simple. « Les phrases courtes, c’est le secret. » Jamais plus d’une ou deux à la suite sans prendre une pause pour remettre de l’ordre dans ses idées, pour songer aux mots qu’il s’apprête à employer. Il bégaie toujours, Alfie, mais il parvient à le masquer ; mais ce n’est pas pour autant que sa frustration a disparu. Ça l’est toujours d’être incapable de réciter de grands discours, de donner cours, de se lancer dans des débats animés sans avoir la certitude que son cerveau finira par le lâcher à un moment ou à un autre. Il donne le change au quotidien, s’empêchant de dire tout ce qu’il pense, se voulant enfin concis pour la première fois de sa vie, simplement pour ne pas buter sur un foutu mot qui mettrait en péril l’équilibre de sa phrase. [color:d85d=009966]« Il s’est passé quoi, ce jour-là ? » Il finit par l’interroger pour changer de sujet ; il vient de mettre en évidence ce qui se passe dans sa tête, c’est à son tour. Il s’est passé quoi, ce jour-là, pour qu’elle cède à cette envie ?

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