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 kellett + everybody talks too much

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Kelly Ward
Kelly Ward
le second souffle
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ÂGE : 38 ans (30/09/83), ne lui mentionnez même pas la quarantaine
SURNOM : Lee, elle préférera d'ailleurs cela à son prénom complet, un brin trop fifille à son goût
STATUT : divorcée de Chad début 2017, elle oscille entre son besoin d'introspection et des sentiments d'antan, jamais oubliés, éternellement à sens unique
MÉTIER : host de son talk show culinaire "Chop & Talk with Kelly Ward", vous pouvez la voir tous les vendredis sur Network 10. Sommelière de métier, elle a ouvert sa propre cave à vins, Divino, en centre-ville en mars.
LOGEMENT : #24 latimer road, logan city, un voisinage (presque) irréprochable
kellett + everybody talks too much D5498c6aee2cb3db3b9d1c0216d91243b9b5d23e
POSTS : 1713 POINTS : 220

GENRE : Je suis une femme
ORIENTATION SEXUELLE : J'aime les beaux garçons.
PETIT PLUS : Banale, conformiste, sans faux plis, sans drama. Fille unique, ses parents sont témoins de Jéhovah. Vit dans une bulle de clichés et de stéréotypes. Traverse une foule de remises en question liées à son divorce et sa stérilité. Souriante, trop gentille, ne sait pas dire non. Ne donne jamais son avis, n’aime pas débattre. Elle conçoit une partie de ses robes, ne le mentionne jamais. A une incroyable mémoire. Maîtrise le small talk comme personne. A un chien, Tobey le Beagle. Excommuniée, elle n'a plus le droit de parler à ses parents.
RPs EN COURS :
kellett + everybody talks too much PQOw3qX
CHELLY + You start to wonder why you're here not there and you'd give anything to get what's fair, but fair ain't what you really need.
Chad #5

kellett + everybody talks too much RhHPkt3
KELLSSAN + Now my heart feel like an ember and it's lighting up the dark, I'll carry these torches for ya that you know I'll never drop.
Hassan #7

kellett + everybody talks too much B5ZT2i7
KELLOAN + We're the best of friends Insisting that the world keep turning our way And our way, is on the road again
Kelloan #11

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NEIGHBOURHOOD DRAMA + Lenore

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CHOP & TALK +
Sofia #2

Amos #3 - Casey #2

(7/5)

kellett + everybody talks too much 0eef

RPs EN ATTENTE : Marius
RPs TERMINÉS : Kane #1 - Joanne - Hassan #1 - Leena #1 - Chad #1 - Kane #2 - Casey - Kane #3 - Hassan #2 - Evelyn - Joanne #2 - Hassan #3 - Chad #2 - Casey - Amos - Hassan #4 - Spencer - Chad #3 - Kane #4 - Leena #2 - Amos #2 - Hassan #5 - Chad #4 - Hassan #6 - Bennett - Emily - Sofia

kellett + everybody talks too much Rn9djud
ROA : Kelloan #1 - Kelloan &Kane &Liam - Kelloan #2 - Kelloan #3 - Kelloan #4 - Kelloan #5 - Kelloan #6 - Kelloan #7 - Kelleen - Kelloan #8 - Kelloan #9 - Kelloan & Friends - Kelloan #10 - WE WON !

abandonnés : Clarence
AVATAR : keira knightley
CRÉDITS : loonywaltz - joseph pour le beagle ♥
DC : jamie, lou & marcus
PSEUDO : loonywaltz
Fluide/non-binaire (iel/ellui)
INSCRIT LE : 21/10/2017
https://www.30yearsstillyoung.com/t17234-kelly-you-look-so-fresh-from-the-cleaner https://www.30yearsstillyoung.com/t11382-i-feel-safe-in-the-5-am-light https://www.30yearsstillyoung.com/t21065-kelly-ward#837692 https://www.30yearsstillyoung.com/t18695-kelly-ward

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Message(#) Sujet: kellett + everybody talks too much kellett + everybody talks too much EmptyDim 21 Fév - 16:08



► EVERYBODY TALKS TOO MUCH
@Bennett Giller & KELLY WARD

Never thought I'd live To see the day When everybody's words got in the way

“Vous êtes bonne amie avec les Giller, hm ?” Oui, elle l’était. Elle connaissait Emily depuis longtemps et avait rencontré Bennett lorsqu’ils se marièrent. Elle appréciait leur compagnie indépendamment l’un de l’autre de temps en temps. Ils étaient tous deux des personnes décentes. De bons voisins. De bons amis. “Mais vous êtes plus proche du mari, hm ?” La manière dont Mrs Pettinger soufflait ses points d’interrogation du bout du nez commença doucement à irriter Kelly comme le bruit d’un moustique tournant autour de sa tête. Elle plissa les yeux, incertaine de comprendre le but de la question -ou de vouloir le comprendre. Elle qui pensait recevoir une confidence saisissait qu’elle faisait partie du ragot. D’un mouvement de tête, les cheveux ondulants sur ses épaules, la brune attendait des détails supplémentaires sur ce que sa voisine entendait par là, sur ce qu’elle était supposée répondre à pareille vague interrogation. “Eh bien, vous semblez passer beaucoup de temps ensemble, juste tous les deux.” Son sang ne fit qu’un tour tandis que son estomac se nouait de stupéfaction. “C’est ce qui se dit en tout cas.” Ses joues rosirent, mélange de honte et d’agacement. “On pourrait se poser des questions.” Ce “on” raidit tous les muscles de son corps. Ses mains se crispèrent sur la paire de gants de jardinage couverts de terre qu’elle portait un peu plus tôt pour arranger ses fameux bégonias. On pouvait bien se mêler de ses affaires. On ferait mieux de s’occuper de son propre mariage. On ne devrait pas autant afficher une mine réjouie à l’idée d’avoir enfin trouvé de quoi faire une tâche sur l’image trop parfaite de la miss Ward. On ferait mieux de reculer d’un pas et cesser d’écraser sa pelouse impeccablement tondue à cinq millimètres de hauteur -pas un de plus. “Bennett et moi sommes juste amis.” fut ce qui traversa ses lèvres ornées du plus gracieux des sourires, la voix douce, le ton calme, le regard serein. Lee n’avait rien à se reprocher, rien à cacher. Pourtant, à la manière dont sa voisine la détailla avant de s’en aller, elle sut qu’elle avait prononcé exactement les mots qu’un coupable dirait. En tout cas aux oreilles de quelqu’un s’étant déjà fait son idée.

Mince.” De retour du travail quelques jours plus tard. La robe de la sommelière fut attrapée par la portière de sa coccinelle lorsqu’elle l’avait claquée, l’esprit distrait. Coincée là, l’air bête, son regard glissa le long des trottoirs de la rue à la recherche d’une silhouette susceptible d’être témoin du spectacle comique qu’elle offrait malgré elle. La seule personne qu’elle trouva fut Bennett, à moins de cent mètres, avançant dangereusement dans sa direction d’un pas déterminé. Re-mince. Rapidement, Kelly rouvrit la voiture, se dégagea et fit claquer ses talons le long de son allée de garage jusqu’à sa porte d’entrée. Elle s’était promise de ne plus être vue de nouveau en sa compagnie si Emilie n’était pas avec eux dans l’espoir que la rumeur disparaisse avec le temps. Elle était parfaitement capable de sacrifier quelques conversations autour d’un verre de vin avec lui au nom de sa réputation. Elle pouvait également annuler un futur baby-sitting de Jonah -et tous les prochains- pour marquer la distance pendant un temps. Mais l’avouer était une autre paire de manches, et la brune n’avait pas le courage de faire face à la moindre confrontation. Dans la précipitation de ses mouvements, sa dextérité habituelle lui fit faux bond et ses clés lui glissèrent des mains -évidemment. “Flûte.” Immédiatement baissée, ses doigts devenus moites la ralentirent un peu plus. Lorsqu’elle se redressa dans un tintement de trousseau, son voisin l’avait quasiment rejointe. Impossible de lui échapper sans démontrer clairement son intention de le fuir lâchement -et cela non plus, elle ne l’admettrait pas tout haut. Alors son masque de bonne voisine se calqua immédiatement à son visage tandis qu’elle faisait volte-face en sa direction, anticipant son arrivée d’un “Hey, Bennett !” le plus chaleureusement du monde. “J’adorerais avoir le temps de papoter mais je ne fais qu’un saut et je file.” prétendit-elle, toute à son aise dans l’improvisation d’excuses montées de toutes pièces. Lee n’aimait pas mentir, mais elle estimait que parfois cela était préférable à certaines vérités et discussions inconfortables. Et elle ne voulait pas être celle qui devrait expliquer que le voisinage le croyait infidèle à son épouse ; aussi mal cela la faisait sentir, un bobard valait mieux que cette position.






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Message(#) Sujet: Re: kellett + everybody talks too much kellett + everybody talks too much EmptyMar 23 Fév - 18:46


Bennett sociabilisait peu, dans le voisinage, sauf par l’intermédiaire de son épouse ; la culture de l’hospitalité, de la curiosité spontanée pour le reste du monde n’étaient pas spécialement de son ressort. Si bon gré, mal gré, leur famille avait fini par faire partie du cliché, de l’instantané coloré des rues toutes droites et des habitants heureux, c’était moins par la minutie avec laquelle il soignait ses relations que par sa passivité générale, qui l’empêchait d’en détériorer aucune. Réseauter pour réseauter mangeait un temps que Bennett n’avait pas, à équilibrer vie de famille, profession et gestion émotionnelle sur le fil du quotidien. Stabilité, donc ; cordialité, services mutuels, indifférence à l’occasion. Quelques exceptions désagréables allaient contre cette loi, lui attirant des remarques lorsque l’insonorisation de l’atelier était encore imparfaite ; quelques exceptions sympathiques, parmi lesquelles certaines avaient fini par devenir régulières dans son paysage mental. De toute façon, le microcosme externe lui importait beaucoup moins que l’intérieur de sa maison ; ni ermite, ni prodigue d’attention au bruit qui courait les rues. Bennett vivait ainsi avec tous les avantages de faire partie d’une zone respectable, sans l’inconvénient d’entretenir lui-même cette respectabilité. Et puis c’était de l’urbain aéré, pas compressé comme les appartements qu’il avait pu habiter plus au nord ; traversant nonchalamment le parc, il débouche sur sa rue quelques instants plus tard. On peut sortir, samedi ? Fait la voix d’Emily dans sa tête en même temps que le sculpteur consulte sa notification ; à une poignée de minutes de rentrer chez lui, la vague impression d’avoir oublié quelque chose le saisit sans s’éclairer. Le hasard faisant bien les choses dans certains univers, la silhouette embarrassée de Kelly s’interpose entre Bennett et la direction de son logement ; une des exceptions sympathiques dans le décor qui lui permettait d’être lui-aussi un homme décent, une personne consensuelle, loin de vieilles casseroles que personne ici n’était en mesure de deviner. (Elle ne le remarque pas ?) Le signe de main de Bennett est perdu pour l’œil humain – qu’à cela ne tienne, elle se coince dans sa voiture, s’extirpe à grande peine, assez pour qu’il ne la perde pas de vue. Qu’elle perde ses moyens et enchaîne les maladresses n’est pas un détail qui échappe à l’œil aiguisé de Bennett ; mais faute de raisons de s’y attarder, le trentenaire se contente d’arriver à sa hauteur au moment où le léger contretemps voiturier se trouve réglé. Comme tout chez la jeune femme – manières discrètes, convenues, tirée à quatre épingles. Quelques années de connaissance n’avaient pas suffi à dissiper totalement l’impression de stéréotype qui pouvait parfois s’en dégager. Mais l’entrée de Bennett dans le voisinage avait aussi été celle de l’apprentissage tardif des normes sociales qui devaient lui permettre de s’intégrer dans le paysage de la bonne petite vie sans faire de vagues ; une rédemption longuement poursuivie, acquise par le silence des accrocs dans le foyer Giller. Quand bien même ? Le scandale lui paraissait d’échelle ridicule, le commérage, une crainte absurde au vu de la monotonie dans laquelle il s’enfonçait malgré lui.

Il fut un temps, le cynisme aurait été la première arme de Bennett en face de cette existence soigneusement disposée ; constatant les bienfaits de la normalité, il s’était résolu, dans une certaine mesure, à faire confiance au pouvoir de l’apparence, et à ne pas se formaliser du caractère un peu trop voyeur du quartier. Avec un verre de rouge pris de temps en temps auprès de la sommelière, qui n’avait rien d’inquiétant même pour les esprits les plus puritains, et quelques autres liens réguliers, l’assimilation de Bennett dans le paysage local n’était pas remarquable, ni critiquable. Mais Kelly devance rapidement sa réflexion, d’un salut enthousiaste – trop, sans doute. « Hey, Bennett ! » C’était l’inconvénient de Kelly, cette constance dans la voix et l’attitude qui empêchait les pourtant performantes capacités de lecture du sculpteur de lui être d’une quelconque utilité. Les failles des expressions faciales, le faiblissement de l’inflexion, une tournure alambiquée ; les trahisons ordinaires de la pensée, perçant dans le langage corporel et verbal, n’échappaient pas à Bennett. Kelly, habituellement, formait l’une des exceptions à cette règle – et par défaut, par routine, il avait choisi de croire qu’elle était sincère, que sa manière d’être parfois trop lisse n’avait aucune raison sourde à laquelle il valait la peine de s’intéresser. Au-delà, sa compagnie était agréable. « J’adorerais avoir le temps de papoter mais je ne fais qu’un saut et je file. » Habituellement ; mais il suffit de clés qui tombent et d’un air curieusement heureux de le voir pour que Bennett se rappelle. Elle filait, mais pas si vite, n’est-ce pas ? « T’as laissé un gilet à toi la dernière fois, ça fait une semaine que j’essaye de te croiser, » lâche-t-il, désignant par-dessus son épaule la direction du numéro 48, où Kelly, en habituée, avait pu jouer les sauveuses en évitant à Emily et lui de se procurer une baby-sitter d’urgence. En voisin exemplaire, il se propose évidemment de remédier à la présence insignifiante de ce vêtement sur son porte-manteau. « Tu vas quelque part ? Ça prendra deux minutes. » Un saut ferait amplement l’affaire, c’était l’histoire de quelques dizaines de mètres, elle n’était quand même pas si pressée – quoique le doublet chute de clés et portière paraissait vaguement suspect. « Ou alors tu peux le reprendre samedi, tu étais libre, pas vrai ? » Cochant la case de ce détail oublié – il n’avait pas souvenir d’une confirmation, mais il avait dû mal s’exprimer tantôt ; loin d’imaginer que la jeune femme ferait faux bond au bambin ; loin d’imaginer qu’on pouvait vouloir l’éviter. Que Kelly, en tout cas, qui lui avait toujours semblé une personne de peu de grief, et qui incarnait la voisine sans problèmes par excellence, veuille l’éviter.
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Message(#) Sujet: Re: kellett + everybody talks too much kellett + everybody talks too much EmptyLun 22 Mar - 17:52



► EVERYBODY TALKS TOO MUCH
@Bennett Giller & KELLY WARD

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Bien sûr, Dieu, l’univers, le karma ou qu’importe ce en quoi vous croyez n’allait pas laisser Kelly s’en sortir avec sa lâcheté inavouée. Bien sûr que sa robe allait se prendre dans la portière de sa voiture, et bien sûr que ses clés allaient lui échapper des mains. Tout ce que le Seigneur avait eu la bonté de lui épargner fut de lui briser un talon quelque part le long de son allée et peut-être lui fouler la cheville afin de la punir de la grande stratégie d’évitement qu’elle avait mentalement mise au point. Non, Lee ne pourrait pas fuir, pas cette fois, et en son fort intérieur, quelque part, elle savait d’ors et déjà que ses meilleures excuses et ses plus grands sourires ne lui permettraient pas d’esquiver l’éléphant dans la pièce bien longtemps. Cependant, il n’y avait aucun mal à gagner du temps -autant que possible d’ailleurs. Peut-être que Bennett se laisserait avoir par un de ses écrans de fumée, peut-être se lasserait-il rapidement de se battre contre les pirouettes de sa voisine. Il ne lui restait plus qu’à prier intérieurement pour l’une ou l’autre de ces options, car il était hors de question de rapporter aux oreilles du brun la rumeur dont elle avait eu vent. Il n’était pas une personne intéressée par les ragots de quartier et probablement que sans elle et Emily, il ne ferait pas grand cas de s'intégrer à la communauté. Et c’était sans doute tant mieux pour lui. Si colporter quelques gossips sans incidence pouvait être une distraction comme une autre dans un coin comme Logan City, être la cible d’une sérieuse rumeur avait aisément le pouvoir d’affecter le quotidien. Lee n’avait ni les épaules, ni le courage de se battre contre le courant. En revanche, elle savait exactement comment envoyer ces murmures aux oubliettes, et c’était ce qu’elle comptait faire. Bennett n’avait pas besoin de savoir. Emily n’avait pas besoin de savoir.

Oui, avec un peu de chance, le brun tournera les talons en un rien de temps. Incapable de se montrer rude avec un voisin, l’australienne n’osa pas le couper ni lui claquer la porte au nez en insistant fermement sur son excuse de femme pressée. Elle était toujours patiente, toujours disponible, toujours aimable, et bien que le masque tirait parfois, elle ne paraissait jamais fatiguée de l’arborer. « T’as laissé un gilet à toi la dernière fois, ça fait une semaine que j’essaye de te croiser. » Lee avait tiré un trait sur ce gilet à la seconde où elle avait entrepris d’installer de la distance entre elle et les Giller. Elle ne manquait pas de cardigans, elle ne lâcherait pas une larme pour un bout de tissu. C’était un dommage collatéral supplémentaire de sa volonté de les préserver tous. “J’ai été très occupée. Essayer de monter un business, c’est pas de tout repos.” répondit-elle, usant d’un prétexte qui n’avait rien d’une fumisterie. Cela faisait bien des mois que la sommelière s’était promise d’avancer dans son projet d’ouvrir une cave à vin en centre-ville mais seulement quelques semaines qu’elle avait véritablement mis le pied à l’étrier. Elle avait enfin trouvé le local idéal où projeter sa vision et débutait d'importants travaux afin de la réaliser. En parallèle, l’offre d’une productrice était parvenue à elle et la réflexion à ce propos tournait chaque seconde de chaque jour dans un coin de son esprit. En somme, miss Ward était devenue une personne occupée, mais son énergie naturelle lui faisait tenir le cap sans effort. « Tu vas quelque part ? Ça prendra deux minutes. Ou alors tu peux le reprendre samedi, tu étais libre, pas vrai ? » Flûte, zut, crotte de biquette. “Oui, non, à ce propos…” Voilà une conversation que l’australienne aurait mille fois préféré gérer au téléphone, bien en sécurité entre les murs de son foyer tandis que Bennett serait de l’autre côté de la rue d’où il ne pourrait pas lui lancer de regard déçu, surpris ou vexé susceptible de la faire culpabiliser. Mais samedi approchait, et se confirmer ce soir pour mieux annuler le lendemain demandait deux fois plus de trempe que d’arracher le pansement à la première occasion. “Je suis vraiment désolée, je ne vais pas pouvoir garder Jonah, je…” À toute allure allaient les engrenages dans son cerveau, tentant de monter une bonne raison de toutes pièces. Elle n’était définitivement pas douée pour le mensonge, Kelly. Avait-elle seulement besoin d’une excuse ? Elle n’était plus une enfant qui devait faire signer son billet d’absence par l’administration de l’école. “J’ai un empêchement.” fit-elle donc, la voix grinçante sur la fin, nécessitant qu’elle s’éclaircisse la gorge. Bennett allait devoir se contenter de cela. “Et si Emily aime le gilet, qu’elle le garde, d’accord ?” elle renchérit avant de commencer à triturer ses clés, signifiant subtilement à son voisin qu’ils devaient écourter la conversation et son intention de rentrer chez elle. Nerveusement, son regard noisette se posait de temps en temps sur la rue en quête d’une silhouette suspicieuse, quelqu’un qui les verrait ensemble et userait de cette simple vision hors contexte pour alimenter un peu plus les ouï-dire. Son sourire se crispait de gêne. Vraiment, il devait partir.






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Message(#) Sujet: Re: kellett + everybody talks too much kellett + everybody talks too much EmptyJeu 1 Avr - 1:32


Kelly était là sans être là, connaissait la maison de longue date, pouvait, semble-t-il, prétendre à quelque chose d’un peu mieux que l’espèce de flagornerie aux visages de cire qu’étaient les conversations de voisins. Pourtant, elle s’effaçait, elle reculait, passait d’ombre à poussière d’air tandis que ses expressions vacillaient à tenter de masquer les signes de plus en plus évidents. « J’ai été très occupée. Essayer de monter un business, c’est pas de tout repos. » Le contraste entre l’empressement de Kelly et la placidité de Bennett devient de plus en plus grotesque à mesure que toutes les petites manipulations semblent converger vers une situation où Bennett serait un intrus, et Kelly une personne qu’il dérangeait. Voilà qu’il était insistant, les critères s’en déforment avec la rapidité des réactions de l’œnologue, ses phrases courtes et informatives, son refus d’engager la conversation plus en avant. Et après tout, Bennett ne courrait pas après les gens. Mais paradoxalement, signifier à l’artiste un refus net de communiquer était bien plus susceptible de fonctionner qu’emprunter les détours et les prétextes dans lesquels Kelly s’enfonçait. « D’ailleurs, comment ça se – » Non, pas de conversation, décidément… «  Oui, non, à ce propos… » Les hésitations succèdent au truchement avec la limpidité que n’avaient pas les paroles de Kelly, au rythme d’une vaste confusion ; l’absence de sixième sens de Bennett était loin de le rendre aveugle au mouvement étrange de fuite ou d’anxiété qui semblait se saisir de son interlocutrice. Peut-être l’effet de… monter un business, je ne sais pas, ça rend les gens fous, on ne sait jamais bien. Les crânes sont opaques, quoique Bennett aimait à se croire très compétent dans la cryptographie des figures ; se pensait en mesure d’assigner une définition à chaque détail que sa passion d’analyse des êtres et des choses le poussait à déchiffrer en permanence ; et Kelly était nerveuse, parce que quelque chose la rendait nerveuse, et quelque chose devait être sa carrière. Ce qu’il fallait démontrer. Ce qu’elle voulait qu’il démontre. « Je suis vraiment désolée, je ne vais pas pouvoir garder Jonah, je… » Légèrement surpris, le fin de trentenaire n’a pas même le temps de la dispenser d’explications qu’elle reprend, broderies au bout des doigts, curieusement décidée à tisser des excuses là où un message en amont aurait probablement suffi… après tout, ça faisait une semaine qu’il essayait de la croiser. Le succès c’est très relatif, le rêve américain, lui toujours à deux doigts de rater sa vie, etc, etc. Quand même. « J’ai un empêchement. » « Ah. » Si Kelly était passée maître dans les techniques de la diplomatie sociale, Bennett avait la sincérité juste moins que tranchante, fuyante et visible, camouflée dans les plis d’une toge d’indifférence dont il n’était guère difficile d’entrevoir la couleur réelle. Il trouverait quelqu’un d’autre, c’était tout à fait ordinaire qu’on se désiste pour motifs impérieux ; ou il ne trouverait personne, parce qu’on était jeudi et que samedi approchait dangereusement. Enfin, il trouverait, puisqu’il devrait trouver. « Et si Emily aime le gilet, qu’elle le garde, d’accord ? » Pas con à ce point, non. Les mensonges, ou les vérités méconnaissables d’être bariolées de fard et d’outrages, tenaient encore sans cette dernière sortie, tellement fuyante, étrange à souhait, jurant à la fois avec la tranquillité que Kelly s’efforçait de garder et la logique de cet univers pourtant terriblement simple, peut-être simpliste, où elle venait chercher son gilet, à cinq minutes à pied. Peut-être moins.

Le bruit des clés a le son qu’on fait pour chasser les animaux ; les yeux qui déraillent pour mieux suivre la voix, achèvent d’altérer sensiblement la présomption d’innocence que nourrissait jusqu’ici Bennett à l’égard de la théorie de la fuite. « Je peux l’apporter. Mais tu devrais peut-être pas y aller dans cet état, » lâche-t-il, toujours planté sur ses jambes comme s’il était vissé au trottoir plutôt que de s’évaporer, ainsi qu’elle le lui signifiait subtilement. Peu importait où était y, peu importait si Bennett avait compris qu’il n’y avait pas de y, ou s’il se contentait de vérifier par prospection la curieuse impression qui se faisait en lui. « Ça va ? » T’as l’air sacrément angoissée pour une discussion aussi peu palpitante sont les mots qui ne passent pas la frontière, mais Bennett n’était pas encore au stade de la sollicitude, et la nécessité d’écarter le soupçon qu’elle ne faisait pas semblant d’être angoissée pour l’éviter n’était pas très loin. C’est le boulot, c’est la cave, c’est la crise économique, c’est la météo parfaite. C’est Bennett, évidemment que c’est Bennett. ‘Qu’elle le garde, d’accord ?’ Et à jamais, aurait-elle pu ajouter dans le même souffle, sans rompre aucune continuité. « Tu… » veux que je parte, mais les gens semblaient décidés à lui couper la parole aujourd’hui : fort dommage, parce que Bennett et son aspiration particulière aux mots clairs étaient fort à même de trancher ce genre de nœuds conversationnels par la force, à défaut d’en remonter les fils. « Bonjour ! Belle journée, pas vrai ? » Le sourire gracieux de cette chère Donna Caldwell du numéro vingt-neuf, peignée à une mode qui ne lui évoquait aucun terme, si ce n’était ancien, s’attache à chacun des deux interlocuteurs avant de disparaître dans l’urgence d’un empêchement ; empêchement qui ôtait probablement à madame Caldwell toute possibilité d’intervenir plus en avant dans leur conversation. Prunelles d’un jade sale sur lui, elle, lui encore, puis plus rien. Bennett ne connaissait pas la femme qui venait de les saluer en coup de vent, si ce n’était d’apparence, de l’autre côté de la rue ; il confond alors naturellement l’étincelle de complicité luisant dans ses iris verdâtres avec cette bienveillance guindée des gens qui parlent pour ne rien dire. En somme, l’intervention de cette autre voisine n’avait eu aucune conséquence dramatique sur l’état d’esprit du sculpteur, qui se retourne néanmoins vers Kelly, une fois l’oiseau envolé. « Tu la connais ? » Parce que lui n’avait strictement rien fait pour mériter cette salutation appuyée ; mais Kelly si sociable, Kelly si versée dans le réseautage et la vie de quartier, devait avoir des connections particulières qui faisaient qu’on la saluait avec une telle emphase. Belle journée, haussement de sourcils, les avait dévisagés tour à tour, une fois, puis deux. Avait jeté un coup d’œil par-dessus son épaule en s’éloignant. Tout sourire. Tout bienveillance. Elle, en tout cas, avait l’air de les connaître.

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Kelly Ward
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STATUT : divorcée de Chad début 2017, elle oscille entre son besoin d'introspection et des sentiments d'antan, jamais oubliés, éternellement à sens unique
MÉTIER : host de son talk show culinaire "Chop & Talk with Kelly Ward", vous pouvez la voir tous les vendredis sur Network 10. Sommelière de métier, elle a ouvert sa propre cave à vins, Divino, en centre-ville en mars.
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PETIT PLUS : Banale, conformiste, sans faux plis, sans drama. Fille unique, ses parents sont témoins de Jéhovah. Vit dans une bulle de clichés et de stéréotypes. Traverse une foule de remises en question liées à son divorce et sa stérilité. Souriante, trop gentille, ne sait pas dire non. Ne donne jamais son avis, n’aime pas débattre. Elle conçoit une partie de ses robes, ne le mentionne jamais. A une incroyable mémoire. Maîtrise le small talk comme personne. A un chien, Tobey le Beagle. Excommuniée, elle n'a plus le droit de parler à ses parents.
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Message(#) Sujet: Re: kellett + everybody talks too much kellett + everybody talks too much EmptyJeu 22 Avr - 21:05



► EVERYBODY TALKS TOO MUCH
@Bennett Giller & KELLY WARD

Never thought I'd live To see the day When everybody's words got in the way

Elle n’avait pas l’intention de remettre les pieds chez les Giller de sitôt et cela était probablement trop évident, malgré toutes ses pirouettes et toute la dentelle dans laquelle Kelly tentait d’enrober ses fausses excuses. Elle ne savait pas dire non ni mentir, seulement contourner la vérité, en omettre les détails. L’hypocrisie était préférable, les jeux de dupes, plutôt que de tomber dans la spirale des mensonges ; la brune prenait à la lettre les morales des fables telles que le garçon qui hurlait au loup. Elle ne savait pas plus garder un visage neutre et se faisait systématiquement trahir par ses mimiques. Un rictus ici, un coup d’oeil là, la teinte de ses joues ou encore les réflexes de ses doigts ; malgré le contrôle dont la sommelière faisait preuve, son allure lui jouait des tours. Elle était un livre ouvert, en somme, la bonne voisine, honnête malgré elle, et il n’était qu’une question de secondes avant que Bennett ne se pose des questions. Il ne parut pourtant pas se formaliser de son désistement de dernière minute ou s’étonner qu’elle suggère que sa femme prenne possession du vêtement abandonné. Ce fut lorsqu’il lui demanda comment elle allait, l’air soucieux, que Lee sut que sa supercherie arrivait en bout de course. “Bien sûr. Parfaitement bien.” le rassurait-elle avec un large sourire. Mais ses doigts jouaient toujours avec ses clés, ses lèvres continuaient à se pincer, et son regard, inquiet, à scruter la rue comme si un espion se dissimulait derrière chaque buisson.

Les espions n’étaient pas tous camouflés dans un trench beige, le visage dans l’ombre d’un fédora. Certains prenaient les traits de voisins, de vieilles femmes. Certains s’appelaient Donna Caldwell. « Bonjour ! Belle journée, pas vrai ? » Des pieds à la tête, Kelly se crispa à l’écoute de cette voix. Dépitée, elle lâcha un soupir discret. Tous ces efforts pour éviter Bennett réduits à néant, et toute sa volonté de le faire partir avant qu’ils ne soient vus fut vaine. Ce n’était pas cette fois qu’elle étoufferait la rumeur. “Très agréable en effet, Donna.” répondit-elle avec moins d’entrain et de coeur qu’elle n’en mettait habituellement. Car Donna se fichait bien de leurs réponses en réalité, et se réjouissait simplement d’avoir marqué sa présence, d’être celle qui les prenait sur le fait -qu’importe le fait qu’elle s’imaginait. Elle ne manquerait pas de mettre de l’huile sur le feu, et voilà Lee de retour à la case départ. L’air lasse, une fois qu’ils ne furent plus observés, elle regarda la vieille femme s’éloigner. La sommelière savait qu’elle n’avait rien à se reprocher. Elle n’était pas une briseuse de mariage. Mais le simple fait que d’autres puissent le croire la mortifiait autant que si les faits étaient avérés. Elle se sentait prise en flagrant délit de quelque chose que d’autres s’imaginaient qu’elle faisait. Elle se sentait coupable et acculée. « Tu la connais ? - Ms Caldwell, du vingt-neuf. Elle…» La voix de Kelly s’évapora. Elle savait tout ce qu’il y avait à savoir sur ses voisins. Elle pouvait raconter à Bennett ce que Donna faisait comme travail avant de prendre sa retraite, les pays qu’elle avait visités, le nom de son mari, de ses enfants, de ses petits-enfants et à quelle fréquence elle faisait ses courses ou se rendait chez le coiffeur. Elle ne savait pas pourquoi elle le savait, ni pourquoi elle le retenait, sur le moment cela lui paraissait important. Toute bonne voisine devrait savoir tout cela, d’après elle. Et elle avait de la place dans sa bibliothèque mentale pour toutes ces informations futiles. Trop futiles pour intéresser Bennett, sans doute. “Tu devrais l’ignorer.” se contenta-t-elle donc de dire. Dépitée, Kelly avait troqué son sourire pour un faciès plus grave. Combien de temps avant que la rumeur n’atteigne les Giller ? Comment savoir si Emily croirait en leur innocence ou si les voix du quartier auraient raison de la confiance qu’ils s’accordaient tous les trois ? Les amitiés, parfois, se révélaient plus fragiles qu’elles n’en avaient l’air. La fierté, souvent, prenait le pas sur la raison. “Certaines personnes font passer leur besoin de médire pour de la bienveillance, Bennett. Mais les vaniteux ne font que se nourrir de la discorde et n’épargnent personne pour satisfaire leur orgueil." Pour Kelly, il était impensable de se réjouir du malheur des autres de quelque manière que ce soit. Si elle aimait tendre l’oreille et capter les ragots dans l’air, on ne l’entendait jamais relayer les secrets de ses voisins. Elle voulait tout savoir d’eux, insatiable curieuse, encyclopédie de ce bout de rue. Elle écoutait, et gardait sa bouche fermée. “Et c’est un péché, comme tu le sais.” conclut-elle. Bien sûr que le brun le savait. Qu’il le croit était une autre paire de manches, mais les beaux jours de prêche de Kelly étaient loin derrière elle. “Crois-moi, Bennett. Ignore-la et rentre chez toi.” Ne pose pas de questions, implorait son regard noisette.






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Message(#) Sujet: Re: kellett + everybody talks too much kellett + everybody talks too much EmptyDim 2 Mai - 3:17


Nourrissait-il cette conversation à raison ? Un certain tact, une élémentaire connaissance du fait social ne devrait-elle pas le pousser à offrir une élégante porte de sortie à Kelly, de sorte à maximiser le confort de chacun ? Ne violait-il pas la convention tacite qui voulait qu’on ne tende pas de piège à son interlocuteur ? Les scrupules amicaux de Bennett s’escriment contre une embêtante inclinaison à gratter la peinture jusqu’au fond ; dans quelque chose que Kelly décrirait sans doute comme le combat de Dieu et du Mal, persistait l’affrontement silencieux entre une personne qui lâcherait bien l’affaire, et une autre qui paierait le prix pour en extraire toute la probablement décevante vérité. Qui gagnait ? A en juger par l’indifférence assez paisible du plus vieux – de peu – face aux signaux de détresse de Kelly, les dés étaient jetés. « Bien sûr. Parfaitement bien. » Absolument pas, et c’est entièrement dû à ta présence, laisse-moi tranquille, hurle un langage corporel de moins en moins opaque à mesure que l’insistance de Bennett nouait un inutile conflit d’intérêts. Il doit y avoir quelque chose comme un attentivement perceptible froncement de sourcils qui se perd sur le visage du brun, signifiant sans la parole l’artificialité croissante de la situation. « Ms Caldwell, du vingt-neuf. Elle… » Caldwell, oui… non, finalement. Le nom n’a aucune puissance de frappe dans les systèmes de Bennett. N’éveillant ni menace, ni sympathie, passe à travers comme tout autre ; tout sourire par charité universelle, fallait bien croire, Bennett n’était pas croyant, Kelly si. Mais c’est pourtant la jeune femme qui joue les Cassandre à disposer ses prophéties troublement sinistres au compte-gouttes, tandis que l’incrédule tente d’évangéliser à la cause du bon sens, un comportement qui lui fuyait entre les doigts. Caldwell, Caldwell. Si décliner son identité faisait avancer leur cause, pourquoi pas. Bennett avait dû, statistiquement, la croiser ; peut-être même lui parler ; quant à la juger digne de sa mémoire ou de sa diligence, l’écart était majeur. « Tu devrais l’ignorer. » De l’évitement pur et simple, il s’agissait désormais de conseils positifs ; évolution qu’il avait fallu trois sauvetages pour provoquer – évolution qui n’en finissait pas de donner à Bennett le sentiment de manquer un avertissement absurde pour lui, capital selon Kelly. « Certaines personnes font passer leur besoin de médire pour de la bienveillance, Bennett. Mais les vaniteux ne font que se nourrir de la discorde et n’épargnent personne pour satisfaire leur orgueil. » Oh, on allait par-là. Livre, verset ? Référence ? Exégèse ? Kelly n’ajoute évidemment aucune de ces informations cruciales à son sermon, et Bennett demeure dans le désert de la foi. On pouvait pourtant trouver des choses un peu plus proches du textes, permettez… Esaïe, 21:12 : ‘Le matin arrive, mais aussi la nuit. Si vous voulez poser des questions, posez-les ! Convertissez-vous et venez !

Mais les questions du sculpteur flottent dans l’air comme parole d’Evangile, et son interlocutrice garde une attitude de mur d’airain, à peine moins cryptique que les énoncés sacrés. Enfin, peut-être était-elle plus Nouveau Testament, trouvez autre chose ; enfin ce n’est pas le livre qu’on lisait chez lui ; ‘Pourquoi cette génération demande-t-elle un signe ?’, peut-être ? Marc, ça devait lui plaire… on peut toujours trouver un arrangement avec la religion, et pour un type qui n’avait pas peur de l’enfer, Bennett avait encore la musique dans l’oreille. Le temps semblait ne plus être aux discussions sur la valeur poétique de telle affirmation révélée, mais aux labyrinthes ésotérique de la discussion sur rien portant pourtant sur quelque chose – seul enfer qu’il pouvait craindre. « Et c’est un péché, comme tu le sais. » Pas Kelly, dont le réchauffé de théologie a tout d’un repoussoir pour un être comme Bennett, dont la curiosité s’échauffait à mesure que l’encensoir bringuebalait d’obscurité dans la nef – la métaphore ecclésiastique était de trop ; sans le droit de confesser personne, le trentenaire recherchait désormais une sincérité dont il aurait pu se passer, sans obstination. « Crois-moi, Bennett. Ignore-la et rentre chez toi. » Il aurait pu s’en passer, si cet ordre n’avait pas tenu plus du mensonge aux gosses que de l’amitié. Quant au fait que Kelly feigne ne pas avoir compris que sa question était purement rhétorique – seule marque d’intelligence sociale de ses répliques jusqu’à maintenant – il n’en était pas convaincu une seule seconde ; elle s’enlise, s’enlise, Caldwell et ses talons l’enfoncent encore. « Tu peux dire que tu n’as pas envie de me parler, ça me vexe pas, » lâche-t-il finalement, presque déçu d’en arriver là, à verbaliser ce que son flegme était censé signaler sans un son. Ne me parle pas n’est pas une phrase damnée ici – l’odeur du brûlé embaume les circonvolutions, détours, chemins de traverse et autres subterfuges haïssables. « C’est moi ou elle qui te met mal à l’aise ? » Bénéfice du doute, bénéfice du doute, Bennett ne se connaissait pas si sinueux. Quant au ne pose pas de questions, argument irrecevable ; visible, quoique muet ; ignoré, quoique visible, un autre péché dont il n’avait plus la citation. L’ironie perce sous la voix de l’artiste. Aucune réponse ne peut le déraciner de celle qu’il s’est déjà faite. « Certains préfèrent les vaniteux aux menteurs et peuvent bien supporter une minute de discorde pour parler normalement. » Raisonnement très opposé à celui de Kelly, qu’il ne respectait pas lui-même lorsque l’énergie du combat n’en valait pas la chandelle. A reprendre les termes sibyllins et la manière psalmodique, laissait planer un dernier voilement de doute sur l’accusation, qui restait hypothétique, potentielle, incertaine – biblique, en somme. Presque poétique…  et le mensonge latent, qu’il pressentait sans l’appréhender, tiers présent de l’échange. ‘Les lèvres mensongères font horreur à l’Eternel’ – ça commence à faire beaucoup, non… ? Kelly délaissait-elle le salut de son âme ? « Mais peut-être que ce n’est pas encore un péché si je ne demande pas ouvertement à quoi tu fais allusion. » Il allait rentrer, oui, parce qu’il n’avait plus le droit de sortir dans sa propre rue, de parler à quelqu’un, de croiser quelqu’un d’autre, de remarquer les fuites. Savoir pourquoi il était soudainement devenu indésirable devenait simplement la rançon du contretemps de cette conversation embourbée.
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Message(#) Sujet: Re: kellett + everybody talks too much kellett + everybody talks too much EmptySam 22 Mai - 16:21



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Tout était ruiné, la stratégie d’évitement de Lee repartait de zéro. La curiosité de Bennett ravivée par l’apparition saugrenue de Ms Caldwell, que restait-il à Kelly pour lui faire comprendre de s’en aller ? Entre les lignes, elle lui livrait le présage d’une information qu’il ne voudrait pas connaître, puis sans détour, elle le somma de partir. Et tout ceci lui laissait le coeur lourd, l’estomac en boule, derrière la bienveillance de ses traits et le calme apparent de ses mains jointes autour de ses clés. Le dépit s’était ajouté à son regard, plus bas, plus terne. La sommelière aurait tant aimé que les commérages du voisinage ne l’atteignent pas, mais sentait bel et bien sa réputation être foulée par ces accusations sans fondement, lui laissait l’amère impression qu’il n’existait aucun effort assez persistant pour passer au travers des mailles du filet. C’était à chacun son tour de trouver son nom dans la bouche de ses homologues de cette rue d'apparence calme et sans histoires. Un mauvais moment à passer, une tempête dans un verre d’eau. « Tu peux dire que tu n’as pas envie de me parler, ça me vexe pas. - Ce n’est pas ça… » Difficile de continuer à être la voisine parfaite lorsqu’il était question de manœuvres hypocrites, même pour leur bien à eux deux. Lee ne pouvait pas être la bonne fée de l’histoire sans accepter de dire ce qui était par le biais de mots vrais. Et il était trop tard, après ses bobards, pour s’en sortir sans une éraflure songeait-elle. Elle qui se pensait capable d’entièrement mettre entre parenthèses une amitié pour le bien de sa petite réputation. « C’est moi ou elle qui te met mal à l’aise ? - Aucun de vous deux, voyons. » Ou tous les deux, en réalité. Les on-dit qui ressortiraient de cette malheureuse poignée de minutes que Kelly s’était tant efforcée d’éviter.

Rien n’était un hasard, c’était ce que l’australienne prêchait constamment. Que chaque événement, chaque expérience, chaque joie et chaque contrariété avait pour but d’élever ceux qui les vivaient. Il y avait toujours un message, une leçon. Et Lee déduisait du numéro d’équilibre dans lequel elle s’était lancée et ne voyait pas le bout, qu’il aurait été préférable pour elle de prendre le taureau par les cornes dès le départ. Les paroles de Bennett la confortaient dans cette idée, malgré le regard désapprobateur qu’elle lui lança lorsqu’elle devina ses élans de sagesse lyrique singées par le brun. L'honnêteté était toujours la meilleure solution, pourquoi s’était-elle égarée sur un chemin bien plus compliqué ? “Bien. Puisque tu y tiens. Au point où nous en sommes rendus.” Kelly lâcha un profond soupir et relâcha ses épaules tendues par la nervosité accumulée tout au long de cette conversation. Il lui avait semblé avoir les omoplates montées jusqu’aux oreilles tant elle avait souhaité, intérieurement, disparaître de la vue de Bennett dès son arrivée. “Il y a une rumeur. Et Dieu sait à quel point j’aime une bonne rumeur de temps en temps pour pimenter la vie de quartier, Bennett, mais pas celle-là.” Dans cette grande partie de téléphone arabe, la sommelière était bonne joueuse. Elle se serait accommodée d’une rumeur à propos de son jardin, de son intérieur, de sa garde-robe, de sa cuisine, et elle l’aurait désamorcée en un claquement de doigts. En revanche, passer pour une potentielle briseuse de mariage l’animait d’un profond désarroi. “C’est à propos de toi et moi. Et Emy, par conséquent, indirectement. Il se dit que nous avons une aventure. Quelqu’un a dû remarquer que nous passions parfois du temps sans Emy et en tirer sa propre petite déduction.” Un rictus ironique anima le coin de ses lèvres tandis qu’elle dodelinait de la tête, les yeux tombés sur ses mains aux dix doigts agités. “Pas si petite, à en croire le regard que Ms Caldwell nous a jeté." Et comment cela se combattait, une idée pareille ?

Durant ses aveux, Kelly fit quelques pas sous le porche de sa maison. La hâte n’avait plus lieu d’être ; elle n’avait nulle part où se rendre. Alors elle s’asseyait sur le banc qui se trouvait là, celui-là même où elle s’installait pour réfléchir, un verre de vin à la main, lorsque la vie lui adressait un nouveau défi. Admirer la pelouse impeccablement tondue à une hauteur d’une régularité à toute épreuve ou les fleurs qui bordaient le chemin menant de la rue à son entrée avait quelque chose de particulièrement satisfaisant et relaxant. “Je ne voulais pas t’en parler pour te préserver, reprit-elle, tu n’avais pas besoin de savoir et la rumeur se serait probablement évanouie avant d’arriver à tes oreilles…” si tu m’avais écouté quand je t’ai dit de rentrer chez toi, si tu n’avais pas insisté quand j’ai prétendu être pressée, si tu t’étais contenté d’un coup de téléphone… Mais Bennett était venu, Bennett s’était imposé, Bennett voulait plus que de vagues messages subliminaux, et ils en étaient là. “Mais je ne sais pas quoi faire pour qu’Emily n’ait pas vent de tout ça.” elle confessa. Et cela était peut-être même plus important encore que le fait que le brun soit au courant, car les principaux concernés savaient parfaitement que la rumeur n’était que du vent. Son épouse, en revanche, pourrait se laisser convaincre par le scénario de la trahison, et il était bien plus aisé de montrer des preuves d’une liaison que l’absence de celle-ci. Si l’idée prenait et germait, comment pourraient-ils lui ôter de l’esprit ?






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Message(#) Sujet: Re: kellett + everybody talks too much kellett + everybody talks too much EmptyLun 31 Mai - 22:26


Le léger nuage qui couvre les traits de la sommelière au départ des amusants cynismes de Bennett est la rançon de leur dialogue haché – à malhonnêteté, sarcasme et demi, va-t’en guerre et renouvellement des armes… leur parabole ne va nulle part, l’ordre cosmique de l’être auquel Kelly croit dur comme opinion prend son temps pour éclairer le non-sens qui englobe l’échange. Beaucoup de phrases pour dire que Bennett ne regrettait pas sa persévérance, pour le moment. « Ce n’est pas ça… » Ça paraît évident ; voilà pourquoi ils discutaient sur le pavé de la ville depuis dix minutes sans s’extorquer une information, voilà pourquoi elle nouait tous les muscles de son corps à chercher l’issue de secours inespérée. « Aucun de vous deux, voyons. » La traduction ne fait pas de doute, passées les quatorze réponses fuyantes que la maitrise de l’ambivalence par Kelly ne suffisait pas à rendre authentiques. Bennett hoche profondément la tête en signe d’allégeance factice. Voyons. Eh bien ? Voyons. « Bien. Puisque tu y tiens. Au point où nous en sommes rendus. » L’attention de Bennett a enfin quelque objet tangible, quoique encore brumeux, auquel se lier ; le supplice de la goutte d’eau, l’acharnement thérapeutique ont fait leur temps, il va obtenir ce qu’il veut, n’est-ce pas. Borné, futile, mauvais genre, désagréable. Aucun de ces adjectifs ne le toucherait vraiment ; la gêne qu’il peut provoquer chez Kelly est contrebalancée par l’intérêt général auquel il s’imagine contribuer, chevalier boiteux de la vérité. Quel point ? C’était ce sur quoi elle allait bien finir par lever le voile, au beau milieu de la rue. Terme de la tragédie. Dénouement. Suite et fin. « Il y a une rumeur. Et Dieu sait à quel point j’aime une bonne rumeur de temps en temps pour pimenter la vie de quartier, Bennett, mais pas celle-là. » (Non, finalement, l’obstination n’allait peut-être pas si bien payer.) C’est pas lui qui gère ça, les bruits de voisinage déversés par les commères pour laver l’ennui d’un quotidien maculé de gris jaunâtres et de soupirs qui étaient des fosses. Ce n’est certainement pas lui non plus qui aime ça, pour contraster avec le zèle de Kelly invoquant en vain le nom du créateur pour justifier sa passion de racontars. A la menace d’un ‘bruit de quartier’ qui était la cause apparente de tout ce mutisme aux allures maladroitement confidentielles, Bennett oppose une expression attentiste où l’appréhension était aussi rare que la religion.

Le terrain de son visage est largement dégagé pour le moment où Kelly commence tranquillement à exposer la situation – le mot de ‘rumeur’ provoque un léger remous de souvenirs, quelque chose comme un regard plus perçant qui passe, celui qui voudrait lire en elle pour se confirmer tout de suite. Mais la conviction que ce à quoi il pensait était impossible et que son étoile dangereuse veillait, l’empêche d’éprouver la peur que Kelly aurait dû attiser par cette introduction. Il faut juste un ‘toi et moi’ pour que Bennett se fasse le tableau d’ensemble, beaucoup moins effrayant (le fait qu’il soit, lui, totalement faux, aidait) ; la suite des paroles de la jeune femme est une redite, son interlocuteur interdit a compris, et ce n’était pas ça. Ça… non. (Mais c’était quand même une rumeur. Une autre rumeur, mais une rumeur.) Non. (Il n’allait pas s’arracher les cheveux pour quelque chose qui n’avait pas le moindre commencement de preuve, si ?) Non. Il n’allait pas là-dedans, il marchait pas dans la combine. Une verre et une discussion animée. On ne lui prêtait pourtant pas des liaisons avec les piliers de bar bavards, dans d’autres époques. Caldwell ? Caldwell, Caldwell, gravé à l’acide dans la chair de ce que l’humanité faisait de plus médiocre. Il ne s’empêtrait pas dans la toile collante soigneusement disposée autour de lui, avec confortables sofas de doutes et piscines chauffées aux pétales de réputation – la partie de Bennett qui s’opposait radicalement à tous les inconvénients de la vie sociale secoue la tête avec fureur ; l’autre, qui pense et pèse, en est déjà au calcul des dégâts. (Sont-ils si léthaux… ?) Kelly s’installe, Bennett garde stupidement la station debout, quitte à être suspect.

Allez, une seconde de réflexion. Une seconde, et le sculpteur n’en a pas besoin de tant pour comprendre que le micro-évènement constituait exactement, précisément, tout à fait ce qu’il ne lui fallait pas en ce moment. Ce n’était pas une histoire de confiance ; Emily n’avait pas besoin d’entendre ça, point. C’était une histoire de confiance ? Un peu, mon neveu. La barque n’allait pas si paisiblement que Bennett puisse écarter les mouvements de la mer d’un geste négligent. Affût du climat, si l’on veut. Au moins, c’était absolument faux. Mais est-ce que ça ne revenait pas au même… ? « Je ne sais pas quoi faire pour qu’Emily n’ait pas vent de tout ça. » Il croyait au juste retour des choses, Bennett… ? La négative était évidente ; mais une ironie latente voulait que Bennett l’épris des problèmes et des solutions, se sente un mélange de lassitude et d’impatience à l’idée de percer cette difficulté-ci. Réfléchis. C’est en cours et ça court lentement, dans les bibliothèques de son esprit, entre un ce n’est rien, même si elle l’apprend, ça ne causera pas le début d’une filiation de souci et le reste, surtout composé de non, non, pas maintenant, pas la force, les compétences, les moyens. C’est faux. Il ne va pas s’épuiser après ça. Bien sûr. Evidemment. « Je… » L’habitude de mâcher longuement ses mots laisse sa phrase suspendue dans le soupir où il noie sa tentative de raisonner – comme si mettre en perspective lui donnerait la clé, la bonne clé. Enfin ! Maintenant qu’on y est, et qu’il a demandé à y être, ce serait l’heure de mettre les mains dans le cambouis sans faire de manières ; la spéculation ne pouvait rien conter l’éventualité d’une vague montante de mensonges accumulés à son seuil, explosant à la figure de son épouse avec d’imprévisibles conséquences. Retombées de canons, à l’odeur de cendre. « Est-ce que c’est si grave que ça ? » La question prudemment sortie d’entre ses lèvres exprime deux idées distinctes ; la première étant sa méconnaissance du pouvoir réel du murmure public sur l’intime, la seconde, l’espoir de s’en tirer sans séquelles et sans rien faire. Comme s’il n’y avait rien. Bennett autruche, rare variante, qui témoignait d’une foi inébranlable en son couple, ou d’une incompréhensible envie de laisser s’empirer le mal. C’est faux, faux, faux, le mot lui tient lieu de bouclier avarié. Et son empathie défaillante ne lui souffle pas que c’était bien Kelly qui devait souffrir de la rumeur par son tempérament, alors il reste pragmatique, quand c’est tout ce qu’on a. « Je peux pas démentir quelque chose qui n’existe pas. » C’est cela, reviens aux bases, aux fondamentaux, les faits et rien que les faits, main droite sur le livre ; peut-être qu’à suivre ainsi le plus élémentaire, il tirerait une intuition lumineuse… « Tu dis ça comme si c’était assez répandu pour qu’elle y croie. C’est pas le cas, si ? » Et attends, Bennett, attends – lui qui dans toute sa logique a perdu les mots de Kelly, pris pour un présupposé ce dont elle l’interrogeait ; la possibilité même que la mélopée des médisances parvienne aux oreilles d’Emily, immédiatement prise pour acquise, pour cause de… « Je peux pas l’empêcher de parler aux voisins, » soufflé comme on souffle les fatalités, fatalité était un mot grandiloquent ; à l’échelle du pâté de maison, il n’y en avait pourtant pas d’autre. « Ça fait longtemps… ? » Le oui serait un espoir, celui que si la poudre n’avait pas pris depuis le temps, elle pourrait encore attendre. Le non lui donnait la quasi-certitude d’une confrontation ; or, ce combat était le dernier que Bennett s’attendait à livrer au moment où l’on venait lui parler de rumeurs.
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Kelly Ward
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ÂGE : 38 ans (30/09/83), ne lui mentionnez même pas la quarantaine
SURNOM : Lee, elle préférera d'ailleurs cela à son prénom complet, un brin trop fifille à son goût
STATUT : divorcée de Chad début 2017, elle oscille entre son besoin d'introspection et des sentiments d'antan, jamais oubliés, éternellement à sens unique
MÉTIER : host de son talk show culinaire "Chop & Talk with Kelly Ward", vous pouvez la voir tous les vendredis sur Network 10. Sommelière de métier, elle a ouvert sa propre cave à vins, Divino, en centre-ville en mars.
LOGEMENT : #24 latimer road, logan city, un voisinage (presque) irréprochable
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GENRE : Je suis une femme
ORIENTATION SEXUELLE : J'aime les beaux garçons.
PETIT PLUS : Banale, conformiste, sans faux plis, sans drama. Fille unique, ses parents sont témoins de Jéhovah. Vit dans une bulle de clichés et de stéréotypes. Traverse une foule de remises en question liées à son divorce et sa stérilité. Souriante, trop gentille, ne sait pas dire non. Ne donne jamais son avis, n’aime pas débattre. Elle conçoit une partie de ses robes, ne le mentionne jamais. A une incroyable mémoire. Maîtrise le small talk comme personne. A un chien, Tobey le Beagle. Excommuniée, elle n'a plus le droit de parler à ses parents.
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Message(#) Sujet: Re: kellett + everybody talks too much kellett + everybody talks too much EmptyLun 5 Juil - 21:56


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@Bennett Giller & KELLY WARD

Never thought I'd live To see the day When everybody's words got in the way

« Est-ce que c’est si grave que ça ? » La question lui arracha une réaction immédiate, spontanée, sans calcul aucun. Kelly sursauta, ou plutôt se redressa et sortit de la torpeur lasse dans laquelle elle s'engageait doucement, au fil de la confession. Son visage se tourna avec la vivacité d’un pigeon dans chaque fibre des muscles de sa nuque. Le bout du nez accusateur, le regard plissé, la bouche pincée, elle détailla Bennett avec peut-être plus de jugement qu’elle ne l’aurait souhaité. Elle ne saisissait pas la question, ou elle la saisissait trop bien. Elle ne comprenait pas qu’il ne comprenne pas, ou elle désapprouvait ce fond de désinvolture de sa part. Après tout, si le brun se demandait une chose pareille, cela n’était qu’une traduction de sa pensée première ; que cela n’était pas grave. Et outre l'offense que la sommelière ressentit dans ce mépris inavoué pour le coeur de ses priorités, elle fut désolée pour lui -désolée que son nez soit si gros qu’il en obstruait de sa perception la gravité de la situation. “Si ça ne l’était pas, tu crois que cela me mettrait dans cet état ?” soulignait-elle, la rhétorique sèche n’appelant rien d’autre qu’au bon sens de Bennett qui, visiblement, ne se posait pas les bonnes questions. Certes, sur l’échelle des catastrophes mondiales, humaines et climatiques, une simple rumeur était moins qu’un grain de sable sur une plage, mais la mise en perspective n’était pas adéquate tant le reste n’était guère entre leurs mains. Dans le quartier, le pâté de maisons, la rue tranquille dans laquelle ils vivaient, eux, une rumeur était la résultante du battement d’ailes d’un papillon à l’autre bout du globe. Mais peut-être que sur l’échelle de Bennett, au delà de ces considérations futiles, au-dessus des médisances de bouche à oreille qui grignotait dans l’intimité de leurs pairs, peut-être que du haut de ses échasses, l’inquiétude dont faisait preuve Kelly méritait bien aussi peu de considération et autant d’inaction. « Je peux pas démentir quelque chose qui n’existe pas. » constatait-il mollement. L’ironie de cette évidence et toute l’injustice au-dedans, Lee en avait conscience depuis la minute où le mot était arrivé à ses oreilles. “C’est tout le problème. Dans ce genre de situations, on est coupables jusqu’à preuve du contraire, et non l’inverse.” Mais puisqu’ils n’avaient que l’un et l’autre pour témoigner de leur bonne foi, eux et le bon Dieu, qui les croirait ? Coupables par défaut, clamer leur innocence avait uniquement le potentiel de renforcer cette image. Et si le constat aurait dû suffire à Bennett pour enfin réaliser la panade dans laquelle ils se trouvaient, le brun persistait dans une intolérable passivité qui faisait bouillir le sang de l’australienne. « Tu dis ça comme si c’était assez répandu pour qu’elle y croie. C’est pas le cas, si ? » Elle leva les yeux au ciel, implorant elle ne savait quelle aide. Bennett ne doutait de rien, ou bien manquait-il de discernement ? Prenait-il véritablement ce qu’il possédait pour acquis, ou doutait-il sincèrement que des jugements extérieurs puissent ébranler son mariage ? “Ca n’a pas besoin d’être répandu pour qu’elle y croie. Tu devrais savoir mieux que personne comment la moindre ombre d’une menace sur votre mariage pourrait la faire réagir. Et tu devrais t’en inquiéter bien plus que ça.” Il n’y avait qu’une personne que Lee connaissait et qui partageait avec autant de ferveur ses aspirations à la normalité autant qu’à la perfection. Et si la sommelière était victime d’une totale déréalisation vis-à-vis de ces ambitions de vie de maman modèle sur papier glacé, Emily, elle, avait atteint cet objectif et se battrait bec et ongles afin de s’épargner la même disgrâce. Si sa voisine était identifiée comme une menace, alors celle-ci savait d’avance que cette rumeur pas si grave aux yeux de Bennett allait lui coûter une amie. « Je peux pas l’empêcher de parler aux voisins. » Non, il ne le pouvait pas, et il ne pouvait pas empêcher les voisins de parler non plus sans risquer la prison sans passer par la case départ. Tel était le pouvoir de quelque chose aussi inatteignable que les mots, les plus simples, les plus bêtes, les plus gratuits ; ils étaient là, dans l’air, prêts à être dits, entendus, répétés, et il n’y avait rien à faire contre cela. Ils ne pouvaient rien stopper, rien prouver. Mais est-ce que c’est si grave que ça ?

« Ça fait longtemps… ? » Le dos de Kelly s’appuya au fond de la banquette du porche, un soupir s'enfuit d’entre ses lèvres. “Une semaine, peut-être, répondit-elle. C’est Ms Pettinger qui m’en a parlé la première fois.” Les regards en coin dans la rue avaient suffit à servir d’écho aux paroles de la mégère. On pourrait se poser des questions, lui avait-elle dit. Nul doute qu’elle s’était chargée elle-même de diffuser ce doute à chaque barbecue entre voisins. “Vous éviter pendant un temps, toi et Emy, ça m’a paru être la seule solution pour que la rumeur s'essouffle. Si on ne nous voyait pas ensemble, il n’y aurait petit à petit plus rien à dire et les gens seraient passés à autre chose. Et si tu ne savais rien… cela te faisait du souci en moins.” Mais pour le souci que Bennett semblait se faire, Kelly trouvait ses efforts particulièrement stupides et vains. “Maintenant c’est reparti pour un tour.” Caldwell les avait vus et se chargerait personnellement d’alimenter le feu. Ce n’était qu’une question de temps avant que cela n’atteigne la maison de Bennett. Kelly, elle, essuyait le déshonneur supplémentaire seule depuis le départ, toute particulièrement heurtée par l’image que ses voisins se faisaient d’elle après dix années d’un comportement irréprochable. Cela devait faire partie de la rançon de son pseudo-succès, les fantasmes mélodramatiques que les gens avaient besoin de projeter. Et si la soif n’était pas étanchée par la curiosité, alors ils fabriquaient leur propre scénario. “Tu ne m’as vraiment pas l’air de comprendre, reprit l’australienne en scrutant le visage apathique de Bennett. On dirait que ça ne te fait ni chaud ni froid que tes voisins pensent de toi que tu es un mari infidèle...” ou que je suis une briseuse de mariage. Qu’est-ce que cela pouvait bien faire, hein ? Ce n’était que des gens. Des gens qui les entouraient chaque jour. Des gens qu’ils croisaient chaque matin et chaque soir. Des gens qui pouvaient rendre le quotidien simple ou insupportable. S’il suffisait qu’un seul voisin mette la musique trop fort pour influer sur votre humeur, pourquoi une rumeur aurait quoi que ce soit de différent ? “Une fois qu’il y aura juste un petit doute semé dans l’esprit d’Emily, tu crois vraiment que ce sera si simple de la rassurer ? Que ça va juste s’en aller d’un revers de main parce que tu lui diras que tout est faux ?” Oh, Kelly payerait pour voir Bennett faire face à sa femme, et lui demander de cet air magnifiquement incrédule ; mais, chérie, est-ce que c’est si grave que ça ?






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