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 late night with the husband (ben)

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Emily Cohen
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ÂGE : 35 ans. Un chiffre qui, un peu plus brutalement à chaque année, lui renvoie en pleine figure qu'elle n'a peut-être pas la vie qu'elle avait rêvé d'avoir au final.
SURNOM : Emy, Em, Ems
STATUT : Mariée depuis 2015. Symbole d'un amour inconditionnel ou rappel quotidien de tous les sacrifices qu'elle a du effectuer pour garder son couple en vie? Une union qui a d'ailleurs donné naissance, non sans difficultés, à un fils en 2018.
MÉTIER : Pédiatre au St Vincent Hospital
LOGEMENT : Une maison dans Logan City avec Bennett et Jonah
late night with the husband (ben) Dbe3
POSTS : 92 POINTS : 145

GENRE : Je suis une femme
ORIENTATION SEXUELLE : Je n'aime que ma moitié.
PETIT PLUS : Une mademoiselle parfaite pas si parfaite
UN RP ? : Pas dispo pour le moment.
RPs EN COURS : Cohen's Sisters (1)Ben (1) Kelly (1)

late night with the husband (ben) J23g
les soeurs inséparables ; leslie, helena & chloe

late night with the husband (ben) Lqkj
le mari ambivalent ; bennett

•••

l'amie qui la complète ; ginny
sa brune préférée ; sofia
quand l'amitié et l'envie font deux ; kelly
team pédiatrie ; enoch & joy
l'ancien meilleur ami qui l'a déçue : aiden
nope ; auden

RPs EN ATTENTE : late night with the husband (ben) 2p70
Enoch • Sofia (fb) • Joy (fb) • Ginny (fb) • Chloe (fb)
AVATAR : Alicia vikander la magnifique
CRÉDITS : Bambi eyes (avatar) et siren charms (signature)
DC : Aucun
PSEUDO : Mokka
Femme (elle)
INSCRIT LE : 25/02/2021
https://www.30yearsstillyoung.com/t37218-tendresse-eternelle-emily https://www.30yearsstillyoung.com/t37467-emily-le-bonheur-n-est-reel-que-lorsqu-il-est-partage?nid=8#1783694 https://www.30yearsstillyoung.com/t37490-emily-cohen https://www.30yearsstillyoung.com/t37497-emily-cohen

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Message(#) Sujet: late night with the husband (ben) late night with the husband (ben) EmptyDim 14 Mar - 0:41



Un voile sombre recouvrait la ville de Brisbane qui était désormais ensevelie sous la noirceur de la nuit. Le regard tendre et le sourire aux lèvres, Emily secouait la main en guise d’au revoir à travers la fenêtre de son salon. Au même moment où la brune s’apprêtait à fermer les rideaux de la fenêtre du salon, Chloe se tourna vivement vers elle et lui fit un signe de coeur avec les deux mains. Paume levée vers le ciel et main sur la bouche, Emily lui envoya un baiser soufflé en riant. Sa petite soeur avait beau avoir le don de la faire sortir de ses gonds - ce qui était un exploit en soi considérant sa personnalité irréprochable -, elle ne pouvait s’empêcher de l’aimer d’un amour inconditionnel. C’était sa soeur, après tout.

Les rideaux du salon maintenant fermés, Emily se dirigea vers la cuisine d’une démarche titubante en attrapant ici et là les restes de la soirée qu’elle venait de passer en compagnie de ses soeurs. Une fois dans la cuisine, elle rangea deux verres sales dans l’armoire sous l’évier et un sac de croustilles dans le congélateur avant de se laisser tomber sur une des chaises hautes de l’îlot central. Puis, se rendant compte de ce qu'elle venait de faire, elle se mit à rire. À éclater de rire. À se tordre de rire. À rire jusqu’en avoir mal aux joues et aux côtes.

Emily se sentait incroyablement bien. Comme si toutes ses craintes et tous ses soucis s’étaient volatilisés d’un seul coup. Sa tête était libre, son coeur léger. Emily se sentait incroyablement bien. Comme si elle flottait, flottait de bonheur.

Bennett était l’homme de sa vie et Jonah leur petit miracle. Elle avait une belle maison, un beau jardin et des voisins sympathiques. Son métier lui permettait d’aider les autres, en particulier les enfants, à tous les jours. Il la stimulait intellectuellement et la rendait pleine de fierté. Sa famille était en santé et toujours aussi proche d’elle. Leslie, Helena, Chloe et elle-même formaient un quatuor à tout déchirer. Elle avait un nombre incalculable d’amis sur qui elle pouvait compter. Brisbane, même si ce n’était pas Sydney, la faisait sentir comme chez elle. Que pouvait-elle demander de mieux? Que le sentiment d’euphorie qu'elle ressentait grâce aux effets de l'alcool puisse durer éternellement, sans doute. Détail. Détail sans importance.

Sa fesse droite vibra soudainement. C’était Ginny qui lui demandait si elle était libre le week-end prochain. Les yeux plissés et la langue entre les dents, Emily tenta bien que mal de lui répondre. En bonne Emily alcoolisée, elle en profita aussi pour lui faire une déclaration d’amour. Sa bonne amie risquait d’être bien surprise par ses messages, car elle pouvait compter sur ses doigts le nombre de fois où elle avait été ainsi pompette. D’autant plus qu’elle refusait plus souvent qu’autrement les verres que Ginny lui payait lorsqu’elles sortaient ensemble. Emily n’avait rien contre le fait de prendre un verre ou deux de temps à autre, mais n’avait jamais apprécié de boire jusqu'à en perdre ses moyens. Seule l'idée de perdre le contrôle de ses moyens l'angoissait. Même si elle voulait les aider, elle ne comprenait pas ces gens qui consommaient de manière abusive. Surtout ces gens dont l'alcool avait tendance à faire ressortir une noirceur des plus totales autrement bien cachée à l'intérieur d'eux. Non, elle ne les comprenait pas.  

Bennett. Elle eut une soudaine envie de le voir traverser le seuil de la cuisine. Allait-il arriver bientôt? Était-il loin? D’ailleurs, où avait-il passé la soirée? Il lui avait dit qu’il allait revenir tard pour leur laisser, à ses soeurs et elle, tout le temps nécessaire pour discuter. L’horloge de la cuisine affichait une heure du matin. Emily reprit son téléphone, qu’elle avait rangé dans sa poche arrière de pantalon après avoir répondu à Gin, et appela Bennett. Après un moment qui lui sembla une éternité, elle tomba sur sa boîte vocale. « Beeeeeeeeeen! Tu peux revenir parce que… c’est que… parce que les filles, elles sont parties! Tu sais que je t’aime, han? Ah! Attends, raccroche pas tout de suite. Jonah est couché, donc fais pas trop de bruit en rentrant. JE T’AIME. » Fière de son message, Em se donna une petite tape sur l’épaule. Elle voulut ensuite se lever pour faire un peu de ménage avant l'arrivée de son mari, mais en se levant, elle fut tout de suite prise d’un terrible haut-le-coeur. La réalité lui frappa alors en plein visage : elle était plus que pompette, elle était complètement ivre. Misère. Combien de verres avait-elle pris? Qu'est-ce qu'elle avait fait? Comment avait-elle fait pour perdre ainsi le fil de sa consommation? Elle ne perdait pourtant jamais le fil de sa consommation. Quelle angoisse, quelle honte! Boire à en perdre le contrôle... Elle venait de faire quelque chose qu'elle désapprouvait, qui était contre ses valeurs, qui lui faisait peur. Quelque chose qu'elle avait reproché à Bennett pendant de longues années jusqu'à ce qu'il décide enfin d'opter pour la voie de la sobriété. Il avait fait tellement d'efforts depuis la naissance de leur fils... Quel genre de femme était-elle? Quelle mère indigne était-elle? La tête dans la cuvette, elle priait maintenant pour que Ben ne se pointe pas avant plusieurs heures encore.

@bennett giller  :l:  :l:


She was a ray of sunshine, a warm summer rain, a bright fire on a cold winter’s day G. Willows

Présence réduite - 31 mars au 27 avril (ou avant) -
late night with the husband (ben) Ktmzlz10
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Bennett Giller
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ÂGE : 37 ans, l'approche tranquille de la quarantaine, esprit libéré de la crainte des années.
SURNOM : Ben pour les intimes, et c'est à peu près tout.
STATUT : Son mariage l'a sauvé à beaucoup d'égards. Ils l'ont sauvé : elle et Jonah, né le 7 juillet 2018.
MÉTIER : Sculpteur de rêves, ciseleur d'illusions, polisseur d'images en trois dimensions. Il voue sa vie à l'art du volume, pétrit les formes pour les dompter, cherche dans ses doigts le contour d'un autre monde.
late night with the husband (ben) 3257255356_1_7_yGi58REq
POSTS : 109 POINTS : 370

ORIENTATION SEXUELLE : J'aime les jolies filles.
PETIT PLUS : n'est rien sans ses proches, essaye de les mériter ▲ fait semblant d'avoir arrêté de fumer et de boire depuis la naissance de son fils ▲ amoureux de la nature ▲ calme et cartésien jusqu'à ce que ses vieux défauts ressurgissent ; vanité, arrogance, colère, il les collectionne. ▲ a trouvé sa voie tardivement mais se sait fait pour l'art ▲ défendra ses amis dans le tort ▲ sujet aux cercles vertueux comme aux cercles vicieux, multiplicateur d'émotions ; son silence est trompeur
UN RP ? : Seulement si nous avons un lien.
RPs EN COURS : Archie + Ginny 6 + Kelly + Helena + Emily + Chloe + Ginny 8 + Auden 3 + Ginny 9

(9)
RPs TERMINÉS : Ginny (fb) + Ginny 2 + Ginny 3 & Auden + Ginny 4 (fb) + Ginny 5 (fb) + Auden + Ginny 7 (fb) + Eddie
AVATAR : Joseph Gordon-Levitt
CRÉDITS : Balaclava
DC : 0
INSCRIT LE : 21/12/2020
https://www.30yearsstillyoung.com/t35764-bennett-deserts-fall-in-love-with-the-rain https://www.30yearsstillyoung.com/t35848-they-shall-prove-god-wrong-bennett

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Message(#) Sujet: Re: late night with the husband (ben) late night with the husband (ben) EmptyJeu 18 Mar - 22:34



« Salut Ben. Bye Ben. » Un signe de main amical plus tard, qui n’était destiné qu’à trois des Cohen, voilà Bennett à la porte de chez lui. Ça ne tombait pas si mal, il avait des choses à faire en ville, une vague besogne administrative qui pourrait l’occuper une heure. Ensuite ? Ensuite on verrait. Certaines voix qu’il laisse derrière seront plus regrettées que d’autres ; en attendant, il était sans domicile pour la soirée – sans atelier – sans les deux personnes les plus importantes de sa vie – sans avoir prévu de quoi tenir dans la nature comme l’inadapté qu’il était. Arbres, pavillons et transports en commun – t’as pas une bagnole, toi ? – se succèdent sans qu’il n’ait la curiosité de spéculer sur ce qui se tramait dans la fratrie qui avait investi sa propriété ; à la place, un flot ennuyeux de réflexions sur ses délais de commande distrait sa nature cérébrale ; les avenues s’écoulent ; arrêt après arrêt, resasse son surmenage. C’est fermé. La porte blanche lui rit au nez. Hein ? Bien sûr que c’est fermé, Bennett. Dans quel pays les bâtiments administratifs attendaient les flâneurs du soir ? C’est fermé, et les papiers lui restent dans la main, ses quelques dizaines de minutes de distraction avec. Voyons. Changement d’itinéraire. Allons au grand air, allons se décanter la poitrine quelque part, dans le grand silence qui envahissait les rues ; allons hors des rues, allons au bord de la ville, sur la plage ou dans un grand parc ; il avait de l’argent à perdre dans les bus aujourd’hui. Lorsque le sel agresse ses narines et entreprend de lui vider tout à fait l’esprit, Bennett en a pour deux ou trois heures, à circuler au bord de l’eau et dans son esprit, apaisé par le bruissement sulfureux de l’écume. L’océan formait une sortie à la cacophonie urbaine. Rien de pénible et rien d’à la marge ; rien de dangereux, et rien de fatiguant. Passe.

Juste, juste un seul, un seul, un seul. Pour la route ; pour le courage. Pour la vanité ! Pour se congratuler lui-même de n’avoir rien touché depuis dix jours – neuf ; pour la santé de ceux sans lesquels il croulait et de celui à cause duquel il croulait, en une troublante mise en abyme. Juste un, pour se rappeler du goût ; parce qu’il en avait envie ; parce que rien de l’en empêchait. Tout ce choix ? Les liqueurs étincelantes allument doucement ses yeux ; doucement. Il sait qu’il n’a le droit qu’à un plaisir de frontière. Une confiserie. Les gorgées, prises si lentement qu’elles n’arrachent rien ni personne, se contentent de transmettre le message aux nerfs malades concernés ; sirote comme une eau pétillante, n’a ni les mains qui tremblent ni l’air d’un fou. Juste un verre pour anticiper l’insomnie, éviter de la réveiller en se retournant vers le plafond pour la centième fois ; il ne faisait que penser aux autres, le nez au-dessus du whisky savouré goutte à goutte, maitrisé, encagé ; senteurs chaudes qui embrassaient celles de la mer encore collée à lui, quoiqu’il n’ait fait que la contempler – l’avait marqué à distance sans l’attirer assez pour l’empêcher d’être ici. Passe aussi. Combien de temps ? Passe, et rien ne brûle. Mais – c’était sa sonnerie à lui, depuis tout à l’heure… ? « Beeeeeeeeeen ! » Oh, le téléphone était bien trop près de son oreille pour ce qu’elle venait de faire, mais rien d’assez terrible pour rompre son attention envers la voix d’Emily. « Tu peux revenir parce que… c’est que… parce que les filles, elles sont parties ! Tu sais que je t’aime, han ? Ah ! Attends, raccroche pas tout de suite. Jonah est couché, donc fais pas trop de bruit en rentrant. JE T’AIME. » (C’est-à-dire que… ?) (Non, ce n’était pas un message qu’Emily laisserait d’ordinaire, aussi bien-intentionné soit-il.) Quelque chose entre le sourire, l’incompréhension et l’inquiétude se fait une place sur les traits de Bennett, lorsque les différentes informations peinent à se coordonner en un ordre logique – revenir ? Oh, pourquoi ? Quelle heure ? Quand ? Les Cohen sont parties ; Chloe est partie ; ça, il peut encore l’interpréter comme une excellente nouvelle. Elle l’aime ; aussi une information qu’il digère sans trop tituber, il l’aime aussi, tout est superbe, mais est-ce que c’était nécessaire qu’il rentre ? (Ne fais pas semblant d’être ivre.) Le fond crépusculaire entre ses doigts le toise avec suspicion. Juste, juste un verre ; il avait respecté sa promesse intérieure, pour une maigre fois. (Allez, Giller, il est temps, et si tu es encore présentable, c’est peut-être un signe du destin.) La voix chevrotante d’Emily le fait rire intérieurement, sans qu’il ne tire de conclusions hâtives de l’haleine qui se sentait de l’autre bout du combiné. Paye son dû sans rincer ses dents dans le reste de sa consommation – dans la rue, mâche le sempiternel morceau de gomme parfumée sous la menthe duquel s’écraseraient bientôt les trahisons du whisky. (Et il se prétendait surpris d’avoir atterri là, tout de prêt dans ses poches.) (Il est venu en transports…) Il se connaissait ; il serait stupide de ne pas parer à toute éventualité, n’est-ce pas ? C’est ce qu’il se dit dans le dernier bus qui l’accueille de justesse, quatre âmes à tout casser, dont deux sensiblement plus éméchées que lui, sobre si ce n’était l’addition prélevée sur sa minute de faiblesse. C’était bien la peine de le laisser dehors…

Les horizons déserts de l’entrée ne lui permettent pas de distinguer la silhouette familière avec laquelle il partageait les lieux – quand aux élucubrations de Jonah, il aurait deviné qu’elles s’étaient tues dans les bras de Morphée sans même qu’elle ne le précise. Mais elle, justement, où était-elle ? Le bruit des clés sur le meuble ne provoque pas plus son apparition que celui de la porte ; Bennett traverse le salon, elle avait dû s’endor– pas exactement, non. Traverse la pièce, et… Emily ? Avec tout ce que ça avait d’ironique, le sculpteur n’intervient pas tout de suite, laisse l’œil sur le spectacle, amusé. Oh, elle ne gouterait pas la blague, elle ne savait pas à quel point c’était drôle – il était tout seul dans la combine, seul à avoir toutes les versions de l’histoire nécessaires à la compréhension de cette adorable plaisanterie. Elle ne l’avait même pas remarqué… « Belle soirée, » finit-il par se manifester, sourire en coin et pas besoin d’ennemis, avec des amis comme lui. Dans la santé et dans la maladie ; dans l’idéal éclatant ou dans l’alcoolisme larvé ; mais les prêtres sont assez peu réformateurs, et ils s’étaient contentés des paroles rituelles ; maintenant elle sent le vin, tout est à refaire, lorsque Bennett s’accroupit à la hauteur d’Emily – pas que le vin, si… ? Si, si, en toute objectivité, c’était hilarant. « Tu te sens comment ? » Lâche sa voix à sa hauteur ; le passionné d’analyse et de mémoires inutiles, qui ne saurait juger l’état de sa propre épouse à vue ; pour la juste raison qu’elle n’était jamais dans cet état. A vue ; lui restait tout du moins l’expérience, qui lui soufflait qu’elle était trop haut pour perdre conscience, trop bas pour former des pensées cohérentes. « Laquelle t’a obligée ? » C’est bon, il peut bien railler, on est trop triste dans cette vie. Il n’en fallait pas beaucoup à Emily ; elle était avec ses sœurs ; il n’y avait pas lieu de s’enfoncer dans des hypothèses obscures et déprimantes, quand bien même il était la preuve ambulante que le pire est toujours latent. La pièce est encore pleine de rires éteints, et la vision d’Emily prostrée est moins dramatique qu’attendrissante, jusqu’à preuve du contraire, pour un dégénéré comme Bennett. « Le sol est pas très confortable, » finit-il par décréter en lui tendant la main – voir si sa coordination musculaire était encore à même de l’ôter du plancher. Quitte à être l’hôpital qui se fout de la charité ; ce monde manque d’infirmiers avec le sens de l’humour. Infirmiers convalescents, en l’occurrence.


you want it darker
––– There's a lover in the story But the story's still the same There's a lullaby for suffering And a paradox to blame but it's written in the scriptures, you want it darker φ  we kill the flame –––––––––––––
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Emily Cohen
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STATUT : Mariée depuis 2015. Symbole d'un amour inconditionnel ou rappel quotidien de tous les sacrifices qu'elle a du effectuer pour garder son couple en vie? Une union qui a d'ailleurs donné naissance, non sans difficultés, à un fils en 2018.
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Message(#) Sujet: Re: late night with the husband (ben) late night with the husband (ben) EmptyMer 31 Mar - 1:53



Impact. Collision. Choc. Ce moment où la concentration d’alcool dans le sang atteint un point de non-retour. Ce moment où l’on passe de l’euphorie totale au regret instantané. Curieux, comme moment, non? On dirait la vie qui profite d’une énième manière de nous prouver, le regard moqueur, qu’on ne peut pas lui échapper. Qu’elle est plus rusée que nous. Qu’elle connaît déjà tous les tours. Que c’est même pas la peine d’essayer d’être heureux l'instant d'un moment parce que c’est déjà foutu de toute manière. Se pourrait-il même que la vie ait créé toutes substances altérant l’équilibre chimique du cerveau pour se moquer encore plus de la faiblesse humaine? La vie était-elle si perverse qu’elle aurait créé des moyens d’amener l’être humain à atteindre le sommet de l’extase pour seulement mieux retomber? Non, voyons. Je m’emballe. Si? Passons. Ce genre de pensées ne correspondaient à Emily de toute manière. C’est ce qu’elle essayait, du moins, de se convaincre elle-même et, par le fait même, de convaincre tous ceux qui croisaient son chemin.

Emily tenta de récapituler sa soirée. Elle se souvint du départ de Bennett, de l’attitude à tout casser de Chloe, du regard découragé d’Helena, des encouragements de Leslie. Un discours enflammé, une dispute, une réconciliation. Un mélange de sentiments intenses, voire extrêmes… de la légèreté suprême, un amour inconditionnel, une joie ultime, une reconnaissance infinie. Si la soirée avec ses soeurs avait commencé dans une ambiance plutôt tendue, elle s’était terminée dans un lot d’embrassades interminables et de mots d’amour à profusion. Une soirée entre les soeurs Cohen plutôt classique en fait. Ce qu’elle ne comprenait toujours pas, c’est comment elle avait fait pour passer de la hôte responsable qui sirotait un verre de vin ici et là, à la hôte complètement ivre qui éprouvait désormais le plus grand-mal de vivre de l’univers. Comment avait-elle fait pour autant l’échapper? La honte et le remord lui firent tordre les traits du visage. Elle n’acceptait pas d’avoir ainsi perdu le contrôle de ses capacités et tous ceux la connaissant savaient à quel point le contrôle de soi était important, crucial, vital pour elle. C’était d’ailleurs une des principales raisons pourquoi elle ne buvait pas ; elle voulait avoir le contrôle de ses moindres paroles et de ses moindres gestes en tout temps. Avait-elle fait une folle d’elle ce soir? Elle allait devoir appeler ses soeurs pour excuser son comportement. Comment Bennett allait réagir en la voyant amochée de cette manière? Elle allait devoir trouver une excuse, une raison, n’importe quoi qui ne la ferait pas passer pour la pire des épouses et la pire des mères à ses yeux. Ben la trouvait si pure, si bonne, si parfaite. La seule pensée de décevoir quiconque la rendait inconfortable, mais la seule pensée de le décevoir, lui, la rendait malade. Non, Emily était son pilier, elle ne pouvait pas le laisser tomber.  

« Belle soirée ». Son coeur flancha. Ses yeux s’écarquillèrent. Son visage flamba. Tout d’un coup, il faisait péniblement chaud, les murs lui paraissaient se rapprocher dangereusement d’elle et le plancher semblait se dérober sous ses jambes. D’un côté, un immense soulagement de se savoir en sécurité maintenant qu’il était là. D’un autre, un effroyable sentiment de honte de le savoir spectateur de sa pitoyable prestation. Ben. Ben qui faisait tant d’efforts depuis la naissance de Jonah. Ben. Ben qui avait drastiquement cessé de consommer pour Jonah. Il avait tous les droits de se prononcer avec sarcasme. En guise de réponse, Emily tourna doucement la tête en direction de son mari en prenant soin d’éviter son regard. Elle était prête à recevoir son jugement final, mais pas autant prête qu’à s’infliger elle-même le pire des jugements. « Tu te sens comment ? » Son coeur flancha de nouveau. À cet instant-même, c’est elle qui ne méritait pas Bennett Giller. Elle prendrait soin de s’en rappeler. Surtout lorsque Chloe lui ferait encore une remarque giclante à son sujet. « Je... vais bien... et toi? Ta soirée? Je... cherchais mes... boucles d'oreille. Elles sont tombées... » Pas con. Il était pas con. « Laquelle t’a obligée ? » Il ne lui en voulait même pas... il était convaincu que c'était une de ses soeurs qui l'avaient incitée à consommer plus qu'à l'habitude. Emily ne savait pas si elle devait être soulagée du fait qu'il ne la tienne pas responsable de son état ou agacée par l'accusation de Bennet. Elle prit un instant pour y réfléchir et n'eut pas le coeur de lui avouer qu'elle ne se souvenait même pas comment elle avait fait pour se rendre à cet état-là. Il était plus simple de lui faire croire que ce n'était pas de sa faute, qu'elle était toujours la pure, bonne et parfaite Emily qui sera à jamais son pilier. « C’est… uhm… c’est Chloe… El…elle remplissait mon verre entre deux insultes à ton égard… Elle t’aime pas du tout… Ben… » Le visage bien sérieux, elle fit sa meilleure impression de Chloe. « Tu mérites mieux que Ben, il est pas fiable, je vais t’en trouver un, moi, un bon mari… Les filles, c’est quand qu’on… qu’on le fait partir en courant! Blablabla… » Silence. Emily figea en prenant conscience de ce qu’elle venait d’avouer à Bennet. « Elle a pas dit exactement ça, mais… Elle t’aime pas, Ben, et j’sais plus quoi faire pour qu’elle… tu sais… je sais plus quoi faire pour qu’elle t’aime comme… comme moi je t’aime. » Elle planta finalement son regard dans celui de son mari. « Le sol est pas très confortable » La pièce tournait encore autour d’elle et se lever impliquait de produire un effort considérable, mais elle finit par prendre la main de son mari après un moment d'hésitation et se relever de peine et misère. « Je me sens hyper mal, Ben. À partir d'aujourd'hui... euh... demain plutôt... je ne boirai plus aucune goutte d'alcool. Tu sais, en guise de soli... solidarité pour toi. 'Toute manière, j'ai eu ma dose de vin pour la vie. »

@Bennett Giller :l: :l:


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MÉTIER : Sculpteur de rêves, ciseleur d'illusions, polisseur d'images en trois dimensions. Il voue sa vie à l'art du volume, pétrit les formes pour les dompter, cherche dans ses doigts le contour d'un autre monde.
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Message(#) Sujet: Re: late night with the husband (ben) late night with the husband (ben) EmptyVen 9 Avr - 3:02



Entre une hésitation et un bégaiement, le jour se fait dans les yeux d’Emily ; un jour trouble, zébré de fumées qui sentaient le rouge, le blanc et le rose alternativement ; un jour où le soleil avait pris le verre de trop et la nuit était en retard – demi-lumière, demi-brume, qui ôtent l’espace de quelques minutes ce que la brune avait de maitrise tirée à quatre épingles, dans le temps, tout le temps, tout le temps. Pression relâchée ; elle ne connaît pas ça, ni la jeune femme, ni les pièces dans lesquelles ils évoluent, sous tension – tension de quoi ? De briser, d’exploser ; tout est calme pourtant ; tout a fini par être calme. Les murs rétrécissants, domptés. Les plafonds ciels d’orage, remplacé par du béton à plat. Des ciels d’orage à nouveau peut-être, maintenant que les esprits d’Emily tombaient à la renverse. « Je... vais bien... et toi ? Ta soirée ? Je... cherchais mes... boucles d'oreille. Elles sont tombées... » Bennett ne prend même pas la peine d’un regard circulaire qui chercherait l’objet du mensonge ; il a inventé le mensonge, et l’art de parler à trois grammes cinq aussi, il connaît les différents rayons de fatigue ou d’euphorie qui traversent la mousse de la boisson. Qui croyait-elle abuser, dans son flou intérieur et ses syllabes qui faisaient barque en bois au milieu du naufrage ? « C’est… uhm… c’est Chloe… El…elle remplissait mon verre entre deux insultes à ton égard… Elle t’aime pas du tout… Ben… » Etonnant, que sa belle-sœur ait attendu qu’il quitte la maisonnée pour sortir le diaporama usé jusqu’à la moelle qui devait à terme convaincre tout Brisbane que Bennett était le pire parti de la ville. Enfin, la blonde avait dû essayer de faire cracher le morceau à sa tendre sœur, qu’elle s’était trompée, que tout cela était une vaste méprise, qu’on annule tout, tomber de rideau, etc. « Tu dis ça par vengeance, elle m’adore, tu sais. » Et à l’idée qu’Emily était capable d’orchestrer une loi du talion à l’encontre de qui que ce soit, une seule autre tenait la dragée haute en termes d’absurde ; celle que Chloe éprouvait la moindre once d’affection pour lui.

Mais les univers faits de verres et de vers et chimères ne sont pas parmi les plus stables. Bleu, rouge s’inversent, donnent blanc et noir, jaune, mauve, fusionnent et débarrassent la table ; un clignement d’yeux, Chloe devenait rousse, un autre et elle était le plus ferme soutien de Bennett dans la famille Cohen. La vie ivre est très simple, Emily, laisse-toi porter. « Tu mérites mieux que Ben, il est pas fiable, je vais t’en trouver un, moi, un bon mari… Les filles, c’est quand qu’on… qu’on le fait partir en courant ! Blablabla… » Emily radote comme n’importe quel pilier de bar, son mauvais mari se contente d’écarter les objets qui pourraient entraver le trajet (au demeurant très court) qu’ils auraient à faire ; partir en courant n’était pas une option, pour le moment. Survivre aux Noëls avec Chloe était une belle preuve de ténacité ; mais Emily ne voulait pas d’argument, car son monde tournait, tournait, tournait encore, il le lisait bien, et elle le disait sans le dire. « Elle a pas dit exactement ça, mais… Elle t’aime pas, Ben, et j’sais plus quoi faire pour qu’elle… tu sais… je sais plus quoi faire pour qu’elle t’aime comme… comme moi je t’aime. » Retrouvant la verticalité à grand-peine, les lignes doivent tanguer pour la jeune femme ; Bennett sert de mât du navire, attends que l’horizon se dégage pour engager les manœuvres vers un monde meilleur, qui se trouvait être le salon. « Tu peux commencer par venir avec moi, je suis certain que ça la convaincra. » Il en faut peu, dans la vie ivre ; on flirte avec Sirius, puis le noyau de la terre, et elle ne devrait pas se torturer ; dans le vin, l’avis de Chloe importait très peu, et il suffisait de changer légèrement d’angle pour qu’avec le pourpre disparaissent toutes les médisances, au profit d’une douce ondée, sans problèmes, ni je sais plus quoi faire. « Je me sens hyper mal, Ben. À partir d'aujourd'hui... euh... demain plutôt... je ne boirai plus aucune goutte d'alcool. Tu sais, en guise de soli... solidarité pour toi. 'Toute manière, j'ai eu ma dose de vin pour la vie. » Oui, par solidarité, exactement. C’était aussi par solidarité que Bennett avait fini par accepter un certain ordre des choses, un certain ordre de perfection, qu’il devinait artificiel ; contre lequel lutter serait devenu un conflit, et ils n’avaient plus besoin de conflits. Par solidarité, on se marie, aussi, parfois. Scellant certaines choses pour en oublier d’autres ; les promesses sont un danger terrible, il ne le dira pas, ce n’est pas le jour, ce ne sera jamais le jour, il faut croire aux promesses.

Il finit par atteindre le canapé avec elle, sur lequel il s’efforce de l’installer en minimisant le risque de chute ; la scène contre-nature qui prend place dans le silence préservant le sommeil du marmot ne cesse pas de lui garder un sourire entendu, adressé à Emily ou à l’être intérieur qui tenait le compte de ses travers et de ses vérités mutiques ; Emily déséquilibrée, sortie des rails, de la routine, avait un air différent. Se croyant compter parmi les êtres qui la connaissaient le mieux ; il n’avait pourtant pas souvent le privilège de l’observer hors d’une espèce de vaste structure architecturale, ponts de qualités, avenues de la bonté, urbanisme de l’idéal… toutes ces choses millimétrées dont Bennett connaissait le caractère fragile, sans prétendre y croire, sans prétendre ne pas y croire non plus ; Chloe dirait qu’il était indécis, et ajouterait ça à ses raisons d’intégrer l’enfer sitôt qu’il passerait l’arme à gauche. Enfin l’alcool délavait la peinture, et c’était en observateur que Bennett scrute les traits lourds de la brune, comme s’il pouvait y trouver les raisons mystérieuses d’un phénomène muet. « C’est complètement con de boire, hein ? » (Il n’y a aucune contradiction, dans ce monde-ci Bennett ne boit pas et n’a même jamais bu.) La silhouette du sculpteur s’éloigne un instant, revient avec une mesure d’eau qu’il laisse sur la table basse à la discrétion de son épouse. « Tout ira mieux demain. » Bennett l’amoureux des résonnances s’efforce de ne pas voir dans ses propres paroles, l’écho d’une situation plus globale, inscrite dans l’histoire de ces murs ; une histoire faite de demain qui en promettaient d’autres sans pouvoir s’y prendre longtemps à l’avance, certitudes fragiles, masques, aussi, quelquefois, souvent. « On est pas obligé de faire tout ou rien, hein. Mettons ça sur Chloe. Ah non, j’avais dit non. Disons que c’est moi qui remplissais ton verre. » Le jeu d’ombres et de mots continue, inégal, évidemment, du fait que Bennett possédait toutes ses facultés, et ne se privait pas de faire tourner le manège mental autour d’Emily, par curiosité scientifique, par amusement, par envie. « Ça tourne encore ? Je bouge plus, là. » Tous les tournis, tous les vertiges, tous les regards qu’il connait ; et l’Emily qui tourne et qui vogue ne l’attristait pas, puisque ce Bennett-là n’avait aucune raison de s’attrister d’une belle soirée bleue ; il cherchait peut-être, dans cette vision inhabituelle, un élément inconnu, facteur nouveau. Si rien n’arrivait ; il en rirait quand même, de ses justifications absurdes, à elle qui se dédouanait de rien du tout comme si tous les diables la sommaient de s’expliquer. Le verre de trop, c’est aussi un genre de droit au bonheur, qu'il ne niait à personne.


you want it darker
––– There's a lover in the story But the story's still the same There's a lullaby for suffering And a paradox to blame but it's written in the scriptures, you want it darker φ  we kill the flame –––––––––––––
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