AccueilAccueil  RechercherRechercher  MembresMembres  S'enregistrerS'enregistrer  ConnexionConnexion  
Aide les nouveaux à se sentir chez eux
Deviens parrain!
Le forum a besoin de vous pour vivre
N'oubliez pas de voter autant que possible.

 loose leaves been blooming into muted motion (ginnett #8)

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
AuteurMessage
Ginny McGrath-Williams
Ginny McGrath-Williams
la boîte de pandore
Voir le profil de l'utilisateur
ÂGE : 31 ans (05/03)
SURNOM : Virginia Mary Elisabeth, pour un max de confusion.
STATUT : always too much, never enough.
MÉTIER : peintre et photographe, offre des ateliers mensuels sur le street art à la Brisbane Academy of Art, et est co-propriétaire d'une galerie à Spring Hill.
LOGEMENT : #517 A - Wellington Street à Bayside avec Auden : passe les deux prochains mois (avril & mai) à Sydney pour peindre sur des murs, bosser ses couleurs et jouer à l’adulte.
loose leaves been blooming into muted motion (ginnett #8) 727790e64caf48eb55a8309d9a6d6aeb
POSTS : 8783 POINTS : 640

GENRE : Je suis une femme
ORIENTATION SEXUELLE : Je n'aime que ma moitié.
PETIT PLUS : addict au café et au sucre ▲ reine de la maladresse – chaque partie de son corps a déjà eu une ecchymose et/ou une brûlure ▲ maman de noah (04/01/2010) et de sloan (16/12/2020) ▲ artiste de vocation elle peint, photographie, dessine et graf presque plus qu’elle ne respire ▲ en (très) mauvais termes avec ses parents : ses frères, sa sœur & une poignée d’amis sont sa famille ▲ prône la seconde chance, voit le bon dans tout ▲ candidate à la violence autodestructrice, elle ressent trop fort ; et parfois trop mal.
UN RP ? : Seulement si nous avons un lien.
RPs EN COURS : ginauden #106 ginnett #8 (fb) ginnett #9 arrow #4 winny #5 eznny #19mcsisters luwann & the gang bailinny #22 marius bailinny #21 (ua) eznny #14 (fb)

loose leaves been blooming into muted motion (ginnett #8) Tumblr_muxpeq0OhX1rcg4tyo1_500
GINAUDEN - you will save yourself with anyone, you'll find yourself in a shield of iron. whatever you do keeps me waiting, whatever you do keeps me awake. tell me what you're made of, 'cause that's what i'm afraid of.

loose leaves been blooming into muted motion (ginnett #8) Production%2F1474020432311-8zxv3dvwl8b78u9p-046ba2f981845979ddb8b661be751a67
EZNNY - leave a light on in the wild, i'm coming in a little blind. found you in the backyard, hiding behind all busy lives. dreaming of a light house in the woods to help us get back into the world. shining a little light to bring us back home.


loose leaves been blooming into muted motion (ginnett #8) Tumblr_lxhq4wWzHI1r0xydpo1_500
GINNETT - dirty hands washed and washed and washed again. there's a hole in my sock but i can live with it, can't recall the moment i lost all faith. strangers keep staring at my mess, i see their faces. oh, i lied about you and me.

loose leaves been blooming into muted motion (ginnett #8) Original
MCGRATHS - in your message you said you were going to bed, but i'm not done with the night. i stayed up and read, your words in my head got me mixed up. i don't know how to slow it down ; my mind's racing from chasing pirates.



RPs EN ATTENTE : + Ginny cherche ses mots en #5F9EA0 +
AVATAR : Daisy Ridley
CRÉDITS : fassylover ♡ / La Confiserie
DC : Matt le p'tit con, Ariane l'incandescente, Jack le sensible & Chloe l'éphémère
PSEUDO : hub
Femme (elle)
INSCRIT LE : 18/10/2016
https://www.30yearsstillyoung.com/t12335-ginny-sit-still-look-pretty https://www.30yearsstillyoung.com/t30268-two-of-us-on-the-run https://www.30yearsstillyoung.com/t12358-ginny-mcgrath https://www.30yearsstillyoung.com/t12357-ginny-mcgrath

loose leaves been blooming into muted motion (ginnett #8) Empty
Message(#) Sujet: loose leaves been blooming into muted motion (ginnett #8) loose leaves been blooming into muted motion (ginnett #8) EmptyJeu 25 Mar - 22:40



C’était une histoire de papiers et de résultats, une histoire de signatures et de regards qui se croisent et s’évitent, dans une salle tantôt trop grande souvent trop petite. Ce sont des non, juste des non, encore et toujours des non. Des non pour le donneur, des non pour la compatibilité. Des non pour les tests et des non pour chacune de toutes les lignes que j’ai mémorisées sur les formulaires, comme s’il s’agissait là d’un examen et que je n’avais pas le droit de l’échouer – soit t’as zéro, soit t’as note parfaite Ginny. J’ai eu zéro. Il a un discours que j’ai entendu des dizaines de fois, le médecin, un discours qu’il récite et qu’il abrège et qu’il reprend au vol alors qu’à chaque nouveau mot, qu’à chaque nouvelle phrase j’ai l’impression qu’il repart d’une scène neuve, qu’il change de ton et d’angle, prête à être surprise. Mais non, non et toujours non. Non on ne peut pas aller de l’avant. Non il faut être patients. Non, on fait vraiment tout ce qu’on peut mais non, on ne peut pas faire plus. Pas pour le moment – quand? Quand alors? Quand il sera trop tard? Quand on en aura assez? Quand on aura cru tout perdre et que la vie n’aura pas le choix d’être miraculeuse à nouveau? C’est moi est reléguée à espérer pour deux, pour mille. C’est moi qui doit le faire avec brio, depuis qu’on a quitté Londres pour revenir en Australie. Bailey acte au mieux, je ne lui en voudrai jamais d’être maladroit sans même le vouloir. Noah est un battant, un héros, un petit squelette à la chair bleutée et aux yeux creusés qui donnerait tout pour foncer encore et toujours même si les murs devant lui sont de plus en plus hauts, de plus en plus infranchissables. Ezra essaie, il se greffe et il apprend sur le tas et que pourrait-il faire de plus, vraiment, alors que y’a rien à faire. Il le dit et il le répète, le médecin qui cumule des synonymes et des adverbes sérieux. Ses lunettes glissent sur son nez et j’ai juste envie de les lui remonter du bout de l’index. Ses cheveux sont savamment rangés, j’aurais tout donné pour le décoiffer. Tout donner pour sauver mon fils aussi, moi d’abord, moi au complet. Moi contre lui.

Ginny qui hoche de la tête. Ginny qui comprend. Ginny qui ravale, tente de glisser une ou deux phrases bien niaises, formules de politesse aplanies d’espoir de pacotille. Mes doigts sont enlacés à ceux de Bailey sans que j’ai la seule et nette impression de même le toucher. L’alliance est partie, envolée depuis des semaines déjà. Entre des papiers qui nient tout avancement pour la santé de notre fils restent les papiers qui nient tout avancement pour un mariage qui n’en avait que le nom. Je sais qu’il va rejoindre Jill, dès qu’il passe me porter à l’appartement avant de devoir repartir pour le boulot. Pour une rencontre imprévue. Pour s’aérer l’esprit. Mais ça va, tout va bien, la semaine prochaine de nouveaux résultats entreront et la semaine prochaine je parle avec un de mes collègues, il enseigne au nord de l’île, il fait tant de progrès à Darwin, il est confiant. Je vous téléphone à quel numéro, lorsque j’en saurai plus? Celui au dossier marche une fois sur deux – oh mais c’est parce que je suis toujours ici, que Bailey travaille souvent, que je perds mon téléphone dix fois par jour et parce que je ne veux pas entendre ces nouvelles-là, à l’autre bout du fil, impersonnel. Ce qui est impersonnel, c’est la poignée de main qu’il échange avec Bailey, celle qu’il réplique parfaitement avec moi. Ce qui est impersonnel, c’est mon refus d’aller boire un café avec mon ex-mari ou ce qu’il en reste, lui qui est tout aussi exténué que moi. Ses traits sont horribles, la faute aux néons, la faute à la fatigue, la faute au stress ; la mienne, de faute, si le petit corps endormi derrière la porte de la 214 abrite le mauvais gène dans le bon corps. La faute à « Prends soin de toi, Ginny. » ah, la faute à ça. Quand Bailey se détourne pour partir de son côté et que le mien se contente d’un linoléum trop ciré, d’une infirmière qui passe en me bousculant sans faire exprès, se confondant d’excuses aussi vite, que le mien est composé de Converse immaculées tant je n’ai plus peint depuis des années, c’est un rire sec qui bloque dans ma gorge. Je ne me souviens plus du dernier moment où j’ai dormi. Pas juste bien dormi – non, dormir, rien que l’acte de. Je ne me souviens plus du dernier moment où j’ai avalé autre chose que du café, où j’ai fait mieux que passer mes journées à arriver ici, à errer ici, à vivre ici, à espérer, ici.

« T’es près de Toowong? » sûrement pas, pourquoi le serait-il. Pourquoi est-ce qu’il serait dans le coin, pourquoi seulement est-ce qu’il répond à l’appel et pourquoi est-ce que je lui téléphone de toute manière. Quel est le point d’ancrage, quel est le début du pourquoi, quelle est la raison des raisons et quelle est la marque de sa voiture aussi, sa couleur, c’est con Ginny, pourquoi tu – il se gare, là. Il a répondu, il était dans le coin (ou pas du tout, je me souviens pas?), il est venu, il est stationné. Doit y avoir à quelque part entre nous un « On ira prendre un verre, un jour. » qui flotte. Doit y avoir un « Ah ouais, Londres? L’art était comment, là-bas? » qui s’est perdu pour revenir comme un alibi idiot de jouer avec des cartes pas encore sabotées par les années. Y’a six ans, tout le bagage qui affaisse mes épaules n’était absolument pas en place, encore moins en voie de l’être. Y’a six ans, il rageait devant les calendriers d’études que je lui imposais, il passait ses examens rien que pour que je lui fiche la paix. Y’a six ans j’avais pas les doigts qui se triturent, j’avais pas les lèvres qui se pincent, j’avais pas la moindre trace de cassure visible. Les fissures étaient juste superficielles. Rien n’était aussi ancré que maintenant, rien n’était aussi profond et rien n’aurait justifié que ce soit à Bennett que je demande aujourd’hui de me raccompagner. Rien qui sonne juste alors que je boucle ma ceinture, rien qui flirte avec de la triche, rien que de la triche, quand j’explique pas pourquoi j’ai quinze fois plus de cernes que la dernière fois où j’ai bien pu le voir, ni pourquoi c’est sur le parking des urgences de l’hôpital que je lui ai demandé de venir me chercher. J’aurais ri, sûrement, si j’en avais la force. Lorsque je réalise à voir ses doigts longer le volant que je ne sais même plus où je dois, où je veux, où je peux aller. Alors je pointe un sens d’aller choisi au hasard du bout du menton, mes paumes glissées sous mes cuisses plus par automatisme que par crainte qu’il remarque qu’elles n’en finissent plus de trembler. « Ça sent bon, dans ta voiture. » je suis désolée, de t’avoir (encore) dérangé.

çA sENt bOn:
 



    she shivers by the light, she's hidden ; she's ablaze in full bloom. first car on the foggy road riding & the last star for my love is pining. child of the moon, rub your rainy eyes, oh give me a wide-awake crescent-shaped smile.









Revenir en haut Aller en bas
Bennett Giller
Voir le profil de l'utilisateur
ÂGE : 37 ans, l'approche tranquille de la quarantaine, esprit libéré de la crainte des années.
SURNOM : Ben pour les intimes, et c'est à peu près tout.
STATUT : Son mariage l'a sauvé à beaucoup d'égards. Ils l'ont sauvé : elle et Jonah, né le 7 juillet 2018.
MÉTIER : Sculpteur de rêves, ciseleur d'illusions, polisseur d'images en trois dimensions. Il voue sa vie à l'art du volume, pétrit les formes pour les dompter, cherche dans ses doigts le contour d'un autre monde.
loose leaves been blooming into muted motion (ginnett #8) 3257255356_1_7_yGi58REq
POSTS : 115 POINTS : 550

ORIENTATION SEXUELLE : J'aime les jolies filles.
PETIT PLUS : n'est rien sans ses proches, essaye de les mériter ▲ fait semblant d'avoir arrêté de fumer et de boire depuis la naissance de son fils ▲ amoureux de la nature ▲ calme et cartésien jusqu'à ce que ses vieux défauts ressurgissent ; vanité, arrogance, colère, il les collectionne. ▲ a trouvé sa voie tardivement mais se sait fait pour l'art ▲ défendra ses amis dans le tort ▲ sujet aux cercles vertueux comme aux cercles vicieux, multiplicateur d'émotions ; son silence est trompeur
UN RP ? : Seulement si nous avons un lien.
RPs EN COURS : Archie + Ginny 6 + Kelly + Helena + Emily + Chloe + Ginny 8 + Auden 3 + Ginny 9

(9)
RPs TERMINÉS : Ginny (fb) + Ginny 2 + Ginny 3 & Auden + Ginny 4 (fb) + Ginny 5 (fb) + Auden + Ginny 7 (fb) + Eddie
AVATAR : Joseph Gordon-Levitt
CRÉDITS : Balaclava
DC : 0
INSCRIT LE : 21/12/2020
https://www.30yearsstillyoung.com/t35764-bennett-deserts-fall-in-love-with-the-rain https://www.30yearsstillyoung.com/t35848-they-shall-prove-god-wrong-bennett

loose leaves been blooming into muted motion (ginnett #8) Empty
Message(#) Sujet: Re: loose leaves been blooming into muted motion (ginnett #8) loose leaves been blooming into muted motion (ginnett #8) EmptyJeu 1 Avr - 1:43



Il lui avait menti, il n’était pas près de Toowong (mais elle avait l’air de ne pas vouloir déranger) ; ses roues crissent à l’opposé de la ville, lorsqu’un nom peu familier de l’écran de son portable s’y dessine ; lorsqu’une voix plus familière, décolorée, traverse le combiné. Je peux venir ? Oui, bien sûr qu’il pouvait venir – c’est ce qu’il répond, une main sur le volant. Pourquoi ? (Ce n’est pas chose à demander quand on demande de venir.) Les raisons se perdent dans le laconique des paroles de Ginny – les salut, ça va depuis le temps qu’ils ne se sont pas dits en face, dilués par une demande qu’il accepte instinctivement, inconscience, sécurité de lui face à lui-même. (L’appeler lui ?) (Oui… reprendre contact…) (Et la tristesse ?) L’appareil retombe inerte sur le siège passager, empreint du mystère diffus de la dernière communication ; et Bennett fait demi-tour, Toowong est de l’autre côté, et les travailleurs du mardi commencent déjà à affluer en masse dans les grandes rues de Brisbane. T’es près de Toowong ? On peut toujours faire un détour ; détour par le bonheur, sur une autoroute mal famée ; station-service inattendue à bout d’essence, des briquets perdus sur la route, deux ou trois flammèches pour éclairer chaque kilomètre gratté sur l’acier. Un détour par un Bennett ou par son ombre ; et Ginny, quels détours ? Les nouvelles sont rares, les distances l’étaient aussi jusqu’à peu. Le chemin qui mène à l’hôpital s’allonge selon des causes qu’il ignore – jusqu’à ce que l’antipathique bâtisse blanche et bleue émerge de la ville, quelques feux plus tard. L’hôpital. (Veuillez ne pas vous garer plus de dix minutes si vous venez chercher quelqu’un.) (Comme à l’aéroport.) (Ça vole où, d’ici ?) Bennett n’a pas de contact avec la maladie, sa santé est solide pour son passif. Tout cela est abstrait. Il y a beaucoup de raisons pour lesquelles se rendre aux urgences. Bennett n’a pas besoin d’être surhumainement perspicace pour se douter que peu d’heureuses nouvelles pouvaient y mener Ginny. (Enfin, tu ne sais rien, conduis juste.) Il ne savait rien ; il n’avait longtemps rien su sur sa propre vie, avant d’apprendre à trouver les éclats florescents dans le noir, à tâtons, plutôt que de se complaire dans l’opacité du destin ; il n’avait longtemps rien su sur les autres, avant que son tempérament ne s’affermisse dans la direction des personnes qui comptaient. Une rédemption, Bennett ? Il n’a pas à se justifier de quoi que ce soit, ni à dresser le bilan de trente-deux années d’existence dans sa bagnole, un mardi après-midi ; change-t-on ou ne change-t-on pas ? Aucune foutue idée ; mais les choses changent autour, c’est certain. (Bâtisse blanche et bleue, avec des yeux clairs comme des fenêtres, qui vous regrettent déjà.) (Revenez vite !) Théorie du paysage – seul, ne pouvait que se refléter lui-même, tomber encore et encore ; cousu d’alliance, autorisé à capter la brillance, dans son filtre noirci de café mal moulu, opprobres, sarcasme et dégoût général. Change-t-on ? C’est bien à elle qu’il fallait le demander. Bennett l’aperçoit brièvement, mais le passage d’une ambulance l’oblige à accélérer sa manœuvre sans s’attarder sur la silhouette.

Installée, bonjour, salut, portière fermée. Il n’avait pas souvenir d’avoir jamais dû la conduire quelque part. Il n’avait pas souvenir d’un monde où il était la première personne que Ginny appellerait pour l’escorter hors de l’hôpital ; raison de plus – n’est-ce pas – pour croire que tout allait bien, et que poser la seule question qui avait du sens était une perte de temps. Bennett le cartésien qui ne demande pas à voir les résultats d’analyse. Simplement disponible. Dévoué, même sans arguments – il n’allait nulle part de toute façon. « Ça sent bon, dans ta voiture. » La surprise de Bennett passe inaperçue, au milieu de l’effort qu’il doit faire pour se dégager du parking sans heurter d’autres véhicules en quête de stationnement d’urgence. Une odeur de voiture sans bohème aucune, sans diffuseur de parfum ou sièges de cuir aptes à irradier de sensibles effluves ; une odeur de rien du tout qui prend Ginny aux nerfs, visiblement. C’était un truc à elle, les petits faits dans le genre, de s’y raccrocher. (Déjà analytique ?) Il ne fait qu’énoncer. Qui le contredit ? « Euh, oui, sans doute, » lâche-t-il du bout des lèvres en freinant pour prendre la direction fragilement indiquée – sa main à lui se lève à l’intention du conducteur dont il raflait la priorité. C’est par-là qu’habite Ginny… ? Sans doute. Elle lui indiquera, elle n’a pas l’air bavarde, elle n’a pas l’air grand-chose. A moins qu’elle n’ait été ironique, et que son véhicule émane d’un inadmissible renfermé ? Pas le genre de Ginny, de ce qu’il se rappelait ; mais Bennett laisse des portes de sortie, Bennett s’essaye au tact, faut-il croire. Ne savait-elle point ? Ses capacités de manipulation, les points qu’il pressait pour faire jaillir la douleur, pouvaient se muer en diplomatie, au terme d’étranges transmutations dont elle ne comprendrait pas la teneur ; elle qui connaissait l’autre Bennett. « Tu peux ouvrir la fenêtre si tu veux. » Elle mène où, cette sortie ? (Pas la fenêtre, la route.) Les yeux du trentenaire se plissent sur l’asphalte, rétroviseur, asphalte, plaque d’immatriculation FG-83-NP à quelques mètres de sa voiture – s’immobilisent lentement, d’un commun embourbement. Avancent par à-coups, dix mètres de fluidité éphémère et quarante-cinq secondes d’arrêt ; le plus prolongé des silences et l’interruption du mouvement finissent par lui faire jeter un coup d’œil sur sa passagère. L’hôpital. Tout va bien ? La seule question qui compte. La seule qui est impossible. (Curieux, ça, qu’il se sente des scrupules de permission.) « On va vers Redcliffe. » Son inflexion se rehausse sur la fin d’une note interrogative, délicate invitation à ouvrir un dialogue qui n’en avait que le nom. « C’est bien ça que tu veux ? » (Tranquillement.) (Parce que c’est tout ce qui compte, dans la jolie philosophie : ce qu’on veut.) (Il avait voulu rentrer chez lui, tout à l’heure, paraît-il.) Vingt-trois mètres, arrêt. Ses yeux retournent sur FG-83-NP. (Se l’imaginait-il, ou… ?) (Qu’est-ce qu’elle semble…) Ils n’y étaient pas encore, à Redcliffe. Mais Bennett adopte la voie moyenne, entre une familiarité par trop étrange, et un souci dont il ne savait que faire. L’empathie n’était qu’une opération parmi d’autres avec lesquelles il n’était pas spécialement à l’aise. Peut-être était-elle même déplacée. (Neurones-miroirs, flux d’énergie… etc… etc…) Du fatras, calculs oblongs, anticipation oblige. Pas parce qu’il ne comprenait pas ce qu’il voyait ; parce qu’il le comprenait souvent trop. La question ? Si Bennett a une qualité, à défaut de miséricorde, c’est peut-être la patience. Qu’est-ce qu’elle semble triste…

Spoiler:
 


you want it darker
––– There's a lover in the story But the story's still the same There's a lullaby for suffering And a paradox to blame but it's written in the scriptures, you want it darker φ  we kill the flame –––––––––––––
Revenir en haut Aller en bas
Ginny McGrath-Williams
Ginny McGrath-Williams
la boîte de pandore
Voir le profil de l'utilisateur
ÂGE : 31 ans (05/03)
SURNOM : Virginia Mary Elisabeth, pour un max de confusion.
STATUT : always too much, never enough.
MÉTIER : peintre et photographe, offre des ateliers mensuels sur le street art à la Brisbane Academy of Art, et est co-propriétaire d'une galerie à Spring Hill.
LOGEMENT : #517 A - Wellington Street à Bayside avec Auden : passe les deux prochains mois (avril & mai) à Sydney pour peindre sur des murs, bosser ses couleurs et jouer à l’adulte.
loose leaves been blooming into muted motion (ginnett #8) 727790e64caf48eb55a8309d9a6d6aeb
POSTS : 8783 POINTS : 640

GENRE : Je suis une femme
ORIENTATION SEXUELLE : Je n'aime que ma moitié.
PETIT PLUS : addict au café et au sucre ▲ reine de la maladresse – chaque partie de son corps a déjà eu une ecchymose et/ou une brûlure ▲ maman de noah (04/01/2010) et de sloan (16/12/2020) ▲ artiste de vocation elle peint, photographie, dessine et graf presque plus qu’elle ne respire ▲ en (très) mauvais termes avec ses parents : ses frères, sa sœur & une poignée d’amis sont sa famille ▲ prône la seconde chance, voit le bon dans tout ▲ candidate à la violence autodestructrice, elle ressent trop fort ; et parfois trop mal.
UN RP ? : Seulement si nous avons un lien.
RPs EN COURS : ginauden #106 ginnett #8 (fb) ginnett #9 arrow #4 winny #5 eznny #19mcsisters luwann & the gang bailinny #22 marius bailinny #21 (ua) eznny #14 (fb)

loose leaves been blooming into muted motion (ginnett #8) Tumblr_muxpeq0OhX1rcg4tyo1_500
GINAUDEN - you will save yourself with anyone, you'll find yourself in a shield of iron. whatever you do keeps me waiting, whatever you do keeps me awake. tell me what you're made of, 'cause that's what i'm afraid of.

loose leaves been blooming into muted motion (ginnett #8) Production%2F1474020432311-8zxv3dvwl8b78u9p-046ba2f981845979ddb8b661be751a67
EZNNY - leave a light on in the wild, i'm coming in a little blind. found you in the backyard, hiding behind all busy lives. dreaming of a light house in the woods to help us get back into the world. shining a little light to bring us back home.


loose leaves been blooming into muted motion (ginnett #8) Tumblr_lxhq4wWzHI1r0xydpo1_500
GINNETT - dirty hands washed and washed and washed again. there's a hole in my sock but i can live with it, can't recall the moment i lost all faith. strangers keep staring at my mess, i see their faces. oh, i lied about you and me.

loose leaves been blooming into muted motion (ginnett #8) Original
MCGRATHS - in your message you said you were going to bed, but i'm not done with the night. i stayed up and read, your words in my head got me mixed up. i don't know how to slow it down ; my mind's racing from chasing pirates.



RPs EN ATTENTE : + Ginny cherche ses mots en #5F9EA0 +
AVATAR : Daisy Ridley
CRÉDITS : fassylover ♡ / La Confiserie
DC : Matt le p'tit con, Ariane l'incandescente, Jack le sensible & Chloe l'éphémère
PSEUDO : hub
Femme (elle)
INSCRIT LE : 18/10/2016
https://www.30yearsstillyoung.com/t12335-ginny-sit-still-look-pretty https://www.30yearsstillyoung.com/t30268-two-of-us-on-the-run https://www.30yearsstillyoung.com/t12358-ginny-mcgrath https://www.30yearsstillyoung.com/t12357-ginny-mcgrath

loose leaves been blooming into muted motion (ginnett #8) Empty
Message(#) Sujet: Re: loose leaves been blooming into muted motion (ginnett #8) loose leaves been blooming into muted motion (ginnett #8) EmptyMer 7 Avr - 0:46



Certains diraient que je ne contrôle pas, rien, jamais. Certains diraient que je ne saurais même pas le faire si on m’en donnait le droit, que j’ai tellement passé ma vie à soit l’être, contrôlée, ou à laisser le temps au temps et la poussière aux moments que maintenant les choses se produisent et les pièces se mettent en branle sans que je sache pourquoi, comment. Comme la voiture de Bennett qui approche, comme son visage qui se discerne entre un rayon et deux ombres. Il a l’air de ça, quand il attend la priorité? Il a l’air de ça, quand il - « On va vers Redcliffe. » et c’était bizarre ça. Le temps qui coupe, les secondes qui se soustraient, et ma silhouette qui est posée dans sa voiture. J’avais encore le fantôme de la morsure de sa voix à mon oreille qu’il est là maintenant, et moi aussi. Tout saute même si l’habitacle reste stoïque. La route est si lisse. Y’a des manques, dans le temps. Des vortex et des zones blanches, d’autres noires. Y’a le parfum de la voiture auquel je me raccroche comme si c’était le seul détail dont j’avais besoin pour ne pas repartir dans ma tête encore et toujours. J’ai besoin de prendre l’air mais je ne réussis pas à respirer. Il a parlé d’une fenêtre, non? Ou alors j’ai imaginé. J’imagine beaucoup, en ce moment. J’imagine que Noah se réveille un matin et que son teint n’est plus livide. J’imagine qu’on est de retour à Londres, qu’on n’en est jamais vraiment partis. J’imagine qu’Auden m’aime et que c’est lui, qui aurait dû être avec moi à l’hôpital. J’imagine que je fais la conversation, que je prends des nouvelles, que je justifie d’une salve de discussions inutiles mais qui comble les silences d’oubliettes lâches et trop pudiques que je lui rends. J’imagine parce que tout le reste fait tellement mal que je - « C’est bien ça que tu veux ? » encore. Il a encore parlé alors que j’étais ailleurs. Il a encore posé une question à laquelle j’ai aucune réponse et c’était une mauvaise idée. C’est mauvais tout court et je suis mauvaise tout court et j’étouffe, et il disait quoi, pour la fenêtre, déjà? « Si on passe par Logan on pourrait éviter les embouteillages au moins sur la nationale. » pourquoi. Pourquoi Logan et pourquoi les embouteillages et pourquoi la nationale et pourquoi éviter, hm, Ginny? Éviter parce que c’est ça, la bonne réponse. Il ne sait rien du tout Bennett. Il ignore la maladie de mon fils, il ignore l’état des choses. Il ignore ce pourquoi je suis partie à Londres, et la (les) raison(s) qui a fait que je suis revenue. Il ignore tout ce que je ne lui ai pas dit, dans toute bonne rencontre au hasard pointant entre deux anciens camarades de classe qui se sont croisés au détour d’un café le temps d’aligner faits et concret qui ruminent leurs nouvelles vies. C’est pour ça, que c’est lui qui se trouve dans le siège du conducteur. C’est pour ça que ça devait être lui et personne d’autre. Il sait rien, il sait absolument rien, et c’est de ça dont j’ai besoin. J’en ai tellement besoin que, que, que quoi, Ginny? J’ai pas besoin de rien, j’en veux plus, de rien. Alors pourquoi est-ce que tu mens encore? J’ai rien dit. Justement. Je lui mens pas. Essaie encore, essaie plus fort. Je mens pas. Et à toi? Toujours.

« C’est pas moi. » c’est pire.
« C’est mon fils. » voilà.

Ça fait pas du bien, ça soulage pas, ça règle rien. De dire la vérité. Ça n’enlève pas un poids, ça ne retire pas les épines de mon cœur, ça ne réchauffe pas mes os. Ça ne dissipe pas la pression sur ma poitrine, ça ne rend pas ma gorge moins sèche et ça ne calme certainement pas mes doigts tremblants. Doigts qui se dégagent de sous mes cuisses maintenant que la voiture est de nouveau immobilisée en pleine route. Ils remontent sur le siège et sur la portière, ils cherchent les boutons et leurs réactions, ils s’improvisent inspecteurs et meurtriers, alors que les mots que j’ai articulés y’a une minute comme une vie de ça flottent encore entre nous. C’est pas moi, qui accumule les mauvais diagnostics, je devrais au moins souffler. Je devrais au moins être apaisée, rassurée. C’est pas moi la victime, quand bien même le combat me semble être perdu d’avance. Est-ce qu’il y a un perdant, d’ailleurs, quand l’adversaire a déjà sa couronne? Si la médaille n’est pas faite pour aller à notre cou, est-ce qu’on peut croire qu’un jour elle aurait seulement pu y être? Et j’étouffe, encore, seule constante dans un monde qui tourne d’une sens comme de l’autre. Seule constante quand j’ai tantôt l’impression de voir la scène d’en haut, tantôt l’impression d’être affaissée, complètement immobile et ankylosée. Au sol, on frappe et on frappe encore. Tout va trop vite quand l’ironie nous a immobilisés. Sur la nationale. Vers Redcliffe ou vers Logan, c’est du pareil au même. Et Bennett, oh Bennett. Il n’a pas besoin d’être là. Il n’a pas besoin de tout ni de son contraire et il n’a surtout pas besoin de moi. Pourquoi j’ai eu besoin, de, ça? J’ai besoin de dormir. J’ai besoin de manger. J’ai besoin de pleurer – à quand ça remonte d’ailleurs? J’ai besoin de fermer les yeux et de voir autre chose que la défaite aux bras maigrelets, entubés. J’ai besoin d’un oui juste un, aussi minime et aussi minuscule et aussi éphémère soit-il. J’ai besoin de? J’ai besoin d’air. « Je sais pas comment. » rien, je sais rien. Je sais pas comment il va, quand mon mal-être prend toute la place. Je sais pas ce qu’il pouvait bien faire avant que je m’impose, avant qu’il n’arrive, avant que la voiture derrière klaxonne et avant que mes paumes figées sur les mécanismes de la porte ne laissent mes phalanges s’ancrer dans le plastique. Ça fait même pas mal. Je pourrais les arracher une par une que je ne ressentirais rien. Je pourrais les casser une à une que je ne saurais même pas lesquelles sont intactes, lesquelles sont bleues. Je pourrais rien, rien du tout. « Ouvrir, la fenêtre. » je sais même pas comment faire ça. À quoi bon faire le reste.

any way the wind blows:
 



    she shivers by the light, she's hidden ; she's ablaze in full bloom. first car on the foggy road riding & the last star for my love is pining. child of the moon, rub your rainy eyes, oh give me a wide-awake crescent-shaped smile.









Revenir en haut Aller en bas
Bennett Giller
Voir le profil de l'utilisateur
ÂGE : 37 ans, l'approche tranquille de la quarantaine, esprit libéré de la crainte des années.
SURNOM : Ben pour les intimes, et c'est à peu près tout.
STATUT : Son mariage l'a sauvé à beaucoup d'égards. Ils l'ont sauvé : elle et Jonah, né le 7 juillet 2018.
MÉTIER : Sculpteur de rêves, ciseleur d'illusions, polisseur d'images en trois dimensions. Il voue sa vie à l'art du volume, pétrit les formes pour les dompter, cherche dans ses doigts le contour d'un autre monde.
loose leaves been blooming into muted motion (ginnett #8) 3257255356_1_7_yGi58REq
POSTS : 115 POINTS : 550

ORIENTATION SEXUELLE : J'aime les jolies filles.
PETIT PLUS : n'est rien sans ses proches, essaye de les mériter ▲ fait semblant d'avoir arrêté de fumer et de boire depuis la naissance de son fils ▲ amoureux de la nature ▲ calme et cartésien jusqu'à ce que ses vieux défauts ressurgissent ; vanité, arrogance, colère, il les collectionne. ▲ a trouvé sa voie tardivement mais se sait fait pour l'art ▲ défendra ses amis dans le tort ▲ sujet aux cercles vertueux comme aux cercles vicieux, multiplicateur d'émotions ; son silence est trompeur
UN RP ? : Seulement si nous avons un lien.
RPs EN COURS : Archie + Ginny 6 + Kelly + Helena + Emily + Chloe + Ginny 8 + Auden 3 + Ginny 9

(9)
RPs TERMINÉS : Ginny (fb) + Ginny 2 + Ginny 3 & Auden + Ginny 4 (fb) + Ginny 5 (fb) + Auden + Ginny 7 (fb) + Eddie
AVATAR : Joseph Gordon-Levitt
CRÉDITS : Balaclava
DC : 0
INSCRIT LE : 21/12/2020
https://www.30yearsstillyoung.com/t35764-bennett-deserts-fall-in-love-with-the-rain https://www.30yearsstillyoung.com/t35848-they-shall-prove-god-wrong-bennett

loose leaves been blooming into muted motion (ginnett #8) Empty
Message(#) Sujet: Re: loose leaves been blooming into muted motion (ginnett #8) loose leaves been blooming into muted motion (ginnett #8) EmptyDim 11 Avr - 2:07



Allo ? Oui ? Oui ? Bien sûr que je peux venir. Allo ? Oui ? Oui ? Spirales absurdes, bruit de moteur qui se superpose à leurs voix. Allo ? Est-ce que Ginny l’entendait ? (Est-ce que tu veux une réponse ?) « Si on passe par Logan on pourrait éviter les embouteillages au moins sur la nationale. » Mais on ne peut pas passer par Logan d’ici, Ginny, j’ai pris par l’autre côté et on devrait faire demi-tour, et... Les lèvres de Bennett demeurent scellées, ses yeux balaient le dos courbé des bagnoles, s’attachent à vérifier bien trop consciencieusement des angles morts qui ne peuvent rien causer de tragique puisqu’ils sont presque à l’arrêt. On ne peut pas passer par Logan d’ici. On est déjà sortis. La machine nous a dans son ventre. Une fatalité, parmi tant d’autres. Tant d’autres.
« C’est pas moi. »
« C’est mon fils. » Le frisson part de ses mains qui les dirigent, remontent les bras, épaules, nuque, colonne vertébrale, le nerf de la guerre et celui de la noirceur. (Ginny, un fils, un fils, Ginny.) (Oh, les choses ne font plus de sens depuis le parking de l’hôpital. Depuis qu’il a pris son téléphone pour lui répondre. Depuis… ? Depuis quoi, encore ?) Il n’est pas mort, Bennett. J’en sais rien. Non, il ne doit pas être mort, ça n’aurait… hein… ce serait… absurde… les gens, les gens ne meurent pas. (Abruti.) Je ne me souvenais même plus qu’elle avait un fils. Il n’est pas mort. Non. Oh. Ah. Quoi ? Je ne sais pas, voilà, je ne sais pas. Je ne sais pas. FG-83-NP essaye de dépasser, n’y arrive pas. Emily est encore au boulot, et il y arrive pas trop mal, j’ai une alliance au doigt, ah bon ? De ? (C’est quoi, ça, une manière de vérifier que c’est pas ton fils qui est mort, que t’es toujours là, mon vieux ?) Ses réflexions se dissolvent et s’emmêlent, cérébralité inutile, disjonctante. A la limite. (Putain d’égoïste, même là tu dois vérifier.) Et les voitures n’avancent pas. (Ginny.) (Un fils.) Que connaissait-il de la douleur ? Pas de deuil à se trancher les veines, d’hôpitaux et d’enfants à perdre à tout jamais ; pas de causes extérieures, historiques, qui le transperçaient pour le mettre à genoux. La seule douleur qu’il connaissait était mentale, créée, intérieure ; se servait de lui comme catalyseur ; ne laissait pas voir son étincelle primordiale ; s’était développée en lui comme un lierre de malheur qui n’existait que parce qu’il y consentait. La machinerie était indépendante de ce qui pouvait lui arriver ; elle produisait à perte, et aurait toujours du matériau – agissait en coordination avec le reste de ses fonctions, comme respirer, se nourrir, dormir. (Tu ne dors pas.) Il était complice de ce dont il n’avait, aujourd’hui, plus le droit de se plaindre. Pas elle. C’est pas elle, c’est son fils. Tu n’as aucune chance de comprendre. Ferme-la, Bennett. « Je sais pas comment. » Moi non plus. (Ferme-la.) C’est pas si grave. Dire, faire, vivre. (C’est gravissime.) Tendre une main qui ne soit pas un fantôme. Ouvrir la bouche pour en laisser sortir autre chose que des serpents ; et oh, la voix de Ginny, hors de son corps, déconnectée de tout ce qui la constituait physiquement, la voix de Ginny nouait des choses déjà nouées en lui, et en remontant chaque corde on tomberait sur une autre corde, et les nœuds… ? Les nœuds… ? Est-il vissé au volant ? « Ouvrir la fenêtre. » Ah, ça, il pouvait encore s’arranger. Le visage de Bennett se détourne sous prétexte de chercher la pression qu’il saurait trouver sans regarder ; sous l’impulsion de son index, la vitre rentre dans la portière, et les otages, air et bruit de la route, s’infiltrent dans la bulle à l’odeur de rien. Je suis désolé. Il n’est pas désolé. Cette affaire lui est absolument étrangère, il n’y a aucune espèce de levier d’action par lequel il aurait pu influer sur le cours des évènements, d’ailleurs Bennett est tout au plus une mauvaise connaissance. Il n’est pas plus désolé qu’un inconnu qu’elle prendrait dans la rue pour la raccompagner, pas plus désolé que le bon dieu sur sa branche. Pourquoi je serais désolé ? (Un long klaxon retentit devant eux, auquel on répond symétriquement, plus aigu, dans la file de gauche.) (C’est magnifique, au millième de seconde près, c’est une symphonie, c’est Beethoven et j’aime la musique.) A quoi bon garder tes mains crispées sur le volant ? On n’avance pas, on n’avance plus, depuis cinq longues minutes que tu ne lui dis rien parce qu’il n’y a rien à lui donner – à part son fils.
La présence autant que l’absence font bulle dans la voiture, emplissent l’espace d’une matière solide et pesante, noire, grise, chaude, froide.

Il y avait une histoire. (Raconte une histoire ; la réalité ne vaut pas qu’on s’acharne dessus.) (T’écoutes, Ginny ?) (Tu n’écoutes pas, tu as raison.) La poétesse russe, interdite de mots, versifiait clandestinement sur du papier à cigarettes ; ses amis buvaient les strophes de feu bleu – et quelqu’un ensuite fumait ces cigarettes du secret, pour qu’il ne reste de trace du forfait qu’éternelle ; la survivance de la douleur, dans les bouches qui résonnent. – Les bouches qui aimaient sa douleur, pour ne pas pouvoir l’aimer elle. – Et les voix la porteraient sans sa voix – et si ton corps se brise – et si tu n’es plus qu’un cri – les bouches amies crieront pour toi. Elle versifiait, sur du papier à cigarette, le témoin du temps du chagrin et de l’épouvante ; pour que sans qu’on la publie, les mémoires soufflent un jour, elle a eu tellement mal. (Les lèvres de Bennett, aussi closes qu’elles pouvaient l’être sur le gouffre de sens qui n’anesthésierait pas Ginny, qui n’était qu’un appel d’air.) Elle versifiait. Elle écrivait. Elle rimait. Elle n’avalait pas la cendre, elle avait choisi de survivre… refusé le silence… on a toujours le choix. Même toi tu n’y crois pas…
C’est une autre histoire. Qui était-il pour parler d’elle ? Mais il n’avait rien dit, il ne parlait pas d’elle ; voulait toucher ce qui la traversait, pas elle. Et en refusant de confondre Ginny et sa souffrance, peinte en ciel noir sur ses veines qui s’enfonçaient dans les murs, espérait-il l’atteindre ? L’atteindre dans quoi, si elle n’était pas ça ? Il n’avait pas la réponse. Il marchait à l’aveugle. (Je ne sais juste pas.) (Sache, Bennett, c’est un ordre.) (J’ai les mains complètement vides...) Il ne connaissait pas, ou croyait ne pas connaître le glaive des autres fatalités que lui-même qui pourraient s’abattre sur sa vie ; mais il savait ce qui se passait quand les poèmes inexistants brûlaient à l’intérieur, non, pas la combustion, pas la foudre dans le cœur, les poumons nucléaires, sang sec, mes artères sont des cavernes des hommes antédiluviens y peignent avec ma vie... Ginny ? Rosaire de tristesses, si je ne voyais pas je n’aurais pas pu frapper. Et je n’ai aucune arme ; ses yeux ne me reflètent pas, elle ne me voit même pas. (…) Une fois à l’intérieur, Ginny – ça ne peut que se multiplier… (Le visage de la fusion, la chimie du mal est déterminée ; et chacun sa volcanique abrasive, nuées ardentes au parfum de résolution, lorsqu’on atteindrait le point d’orgue, s’absorbant intégralement dans la brûlure. On veut se confondre. Cela refroidirait en roche et cristal ; cela ferait les langues de lave indissociables de ce qui, un jour, avait été Ginny.) (Est-on prédestiné à la douleur ?) Où s’arrêtent les fibres du sacrifice, où commence ce qui reste de sain ? C’est pas opérable, c’est pas opérable. (A quoi tu penses ?) Ne te multiplie pas là-bas, il y a tant d’autres endroits – Bennett ? – Oui ? – Non, rien. (Je ne peux pas t’aider ; je vis sur un miracle…) Ce sont les autres les miracles. On dépend toujours d’un miracle.
« T’as pas besoin d’avoir du courage ici. » Elle n’est pas du genre à pleurer dans les voitures des autres, Ginny. Est-elle du genre à pleurer tout court ? Je ne dirai rien. Je serai une tombe, et ce n’est pas la bonne métaphore, et donc je ne dis rien. « Ginny. » L’entend-t-elle seulement ? Il en douterait, maintenant que la route ne demande plus son attention et que ses iris parcourent le visage voilé de la jeune femme – tellement, tellement, tellement voilé – qu’on y voit tout...
Sa voix n’est plus qu’un murmure, soit qu’il craignait de faire s’écrouler quelque chose – au hasard, l’univers –, soit qu’il espérait se garder une chance qu’on ne l’entende pas, qu’on ne se souvienne pas ; qu’il proposait si peu. (Piano de mort, d’ongles à ras de peau.) « La boîte à gants, si tu veux serrer quelque chose... » …sans te faire mal. (Il y a des paquets de mouchoirs et un permis de conduire, un carnet pour les embouteillages et des lunettes de soleil.) (Il n’y a pas de gants.) (Il y a un carnet vide, blanc comme neige, papier vierge, couleur d’hôpital et de vies muettes.) (Il y a un carnet vide et en barbouillant les pages les yeux fermés, on retrouverait peut-être, le bout de la corde. La corde ?) (La pensée passe brutalement, que si elle l’avait appelée lui, c’était peut-être pour s’enfoncer jusqu’au bout.) « Je peux arrêter de parler si tu me le dis. Tu peux faire ce que tu veux. » Ça hurle en langage de machines devant, avance, vingt mètres, silence. La liberté, dans la pierre et dans la brioche. La liberté de péter un câble et de n’avoir aucune dignité ; le droit du fond de la merde. Tu voudrais pas une cigarette ? J’aimerais être comme les miracles, qui ne posent jamais de questions, qui savent déjà tout. Je te donne une boîte à gants sans gants, et mes autorisations qui ne mènent nulle pas. C’est pas elle, c’est son fils. Bien sûr que c’était elle. Bien sûr que c’était elle.


you want it darker
––– There's a lover in the story But the story's still the same There's a lullaby for suffering And a paradox to blame but it's written in the scriptures, you want it darker φ  we kill the flame –––––––––––––
Revenir en haut Aller en bas
Ginny McGrath-Williams
Ginny McGrath-Williams
la boîte de pandore
Voir le profil de l'utilisateur
ÂGE : 31 ans (05/03)
SURNOM : Virginia Mary Elisabeth, pour un max de confusion.
STATUT : always too much, never enough.
MÉTIER : peintre et photographe, offre des ateliers mensuels sur le street art à la Brisbane Academy of Art, et est co-propriétaire d'une galerie à Spring Hill.
LOGEMENT : #517 A - Wellington Street à Bayside avec Auden : passe les deux prochains mois (avril & mai) à Sydney pour peindre sur des murs, bosser ses couleurs et jouer à l’adulte.
loose leaves been blooming into muted motion (ginnett #8) 727790e64caf48eb55a8309d9a6d6aeb
POSTS : 8783 POINTS : 640

GENRE : Je suis une femme
ORIENTATION SEXUELLE : Je n'aime que ma moitié.
PETIT PLUS : addict au café et au sucre ▲ reine de la maladresse – chaque partie de son corps a déjà eu une ecchymose et/ou une brûlure ▲ maman de noah (04/01/2010) et de sloan (16/12/2020) ▲ artiste de vocation elle peint, photographie, dessine et graf presque plus qu’elle ne respire ▲ en (très) mauvais termes avec ses parents : ses frères, sa sœur & une poignée d’amis sont sa famille ▲ prône la seconde chance, voit le bon dans tout ▲ candidate à la violence autodestructrice, elle ressent trop fort ; et parfois trop mal.
UN RP ? : Seulement si nous avons un lien.
RPs EN COURS : ginauden #106 ginnett #8 (fb) ginnett #9 arrow #4 winny #5 eznny #19mcsisters luwann & the gang bailinny #22 marius bailinny #21 (ua) eznny #14 (fb)

loose leaves been blooming into muted motion (ginnett #8) Tumblr_muxpeq0OhX1rcg4tyo1_500
GINAUDEN - you will save yourself with anyone, you'll find yourself in a shield of iron. whatever you do keeps me waiting, whatever you do keeps me awake. tell me what you're made of, 'cause that's what i'm afraid of.

loose leaves been blooming into muted motion (ginnett #8) Production%2F1474020432311-8zxv3dvwl8b78u9p-046ba2f981845979ddb8b661be751a67
EZNNY - leave a light on in the wild, i'm coming in a little blind. found you in the backyard, hiding behind all busy lives. dreaming of a light house in the woods to help us get back into the world. shining a little light to bring us back home.


loose leaves been blooming into muted motion (ginnett #8) Tumblr_lxhq4wWzHI1r0xydpo1_500
GINNETT - dirty hands washed and washed and washed again. there's a hole in my sock but i can live with it, can't recall the moment i lost all faith. strangers keep staring at my mess, i see their faces. oh, i lied about you and me.

loose leaves been blooming into muted motion (ginnett #8) Original
MCGRATHS - in your message you said you were going to bed, but i'm not done with the night. i stayed up and read, your words in my head got me mixed up. i don't know how to slow it down ; my mind's racing from chasing pirates.



RPs EN ATTENTE : + Ginny cherche ses mots en #5F9EA0 +
AVATAR : Daisy Ridley
CRÉDITS : fassylover ♡ / La Confiserie
DC : Matt le p'tit con, Ariane l'incandescente, Jack le sensible & Chloe l'éphémère
PSEUDO : hub
Femme (elle)
INSCRIT LE : 18/10/2016
https://www.30yearsstillyoung.com/t12335-ginny-sit-still-look-pretty https://www.30yearsstillyoung.com/t30268-two-of-us-on-the-run https://www.30yearsstillyoung.com/t12358-ginny-mcgrath https://www.30yearsstillyoung.com/t12357-ginny-mcgrath

loose leaves been blooming into muted motion (ginnett #8) Empty
Message(#) Sujet: Re: loose leaves been blooming into muted motion (ginnett #8) loose leaves been blooming into muted motion (ginnett #8) EmptyMer 14 Avr - 4:21


Trop, vide, rien, plein. On avance d’un sens et on est immobiles de l’autre. Si c’est ça le début, je veux jamais savoir de quoi sera faite la fin.

Elle n’a pas besoin d’avoir de courage, qu’il dit. Une fois que la fenêtre est ouverte j’ai besoin d’air et j’ai besoin de son contraire, j’ai besoin d’hurler et j’ai besoin de me taire. Pas besoin de courage ; à quoi ça servirait, de toute façon? C’est joli sur papier, du courage. C’est un moteur, un levier, une détente, une tempe dégagée. C’est un élan et une volonté, c’est un prétexte pour tout encaisser. Pas besoin de courage c’est comme dire que je n’ai pas besoin d’y croire, comme dire que si j’abandonne personne ne sera étonné. Tout le monde s’y attend à ça, la petite poupée fragile qui est forte rien que pour les caméras. C’est pas un spectacle Ginny, et c’est pas sorcier d’ouvrir la fenêtre, regarde, il le fait tout seul du bout de l’index. Il tremble même pas. Ses yeux sont portés vers la route, les miens suivent chaque parcelle de miettes de son mouvement, comme s’il venait d’élucider une équation qu’il créait en même temps. Pas besoin de courage : et je fais quoi, si je ne sais plus ce qu’il me reste une fois que je n’ai même plus ça? Une fois que je cède, une fois que je craque, une fois que je laisse tomber le rideau et moi avec. Je fais quoi, après? Y’a rien après, y’a tout après, ce qu’il y a après me terrifie parce que pour l’instant ce n’est même pas vrai. Focus sur le présent Ginny, garde les pieds bien ancrés dans le moment. Mets l’accent sur ce que tu peux, abandonne ce qui est de trop, garde tes forces, respire, c’est ton fils, c’est un battant. C’est une question d’heures avant la prochaine visite du médecin et ce n’est qu’une question de minutes avant que le prochain sanglot soit ravalé. De Noah. Parce que ses bras piquent, parce que sa peau est diaphane, parce que ses veines sont fatiguées, parce qu’il n’arrive à dormir que quand je dors avec lui. Elle est là, l’ironie.

Ginny, Ginny, « Ginny, » Ginny. Oui, quoi encore? Qu’est-ce que j’ai fait de mal, qu’est-ce que j’ai dit qu'il ne fallait pas? Qu’est-ce qui pourrait être de nouveau mon blâme et définitivement le mien, de quoi est-ce que je pourrais m’occuper la tête et les mains, et le cœur ou ce qui le remplace, du moins. Qu’est-ce qui est ma faute, qu’est-ce que je n’ai pas assez fait, qu’est-ce que j’ai trop donné. Pourquoi c’est pas moi qui est blâmée, pourquoi c’est pas moi qu’on pointe du doigt, pourquoi c’est pas moi qui se confond dans son lit et pourquoi c’est pas lui qui est en direction de Logan, non de Redcliffe, non de la maison non de juste loin. Loin, loin et ailleurs. S’il-te-plaît. Tu craques Ginny. J’en ai (pas) besoin.

« La boîte à gants, si tu veux serrer quelque chose... » oh, c’est vrai, on est dans sa voiture.
« Je peux arrêter de parler si tu me le dis. Tu peux faire ce que tu veux. » mais c’est Bennett qui parle, depuis tout à l’heure? Oui, tu pensais quoi, que t’étais toute seule? Je veux pas être seule. Je déteste être accompagnée. Même seule t’es avec la Terre en entier. Même seule, tu les sens, tous les regards qui sont braqués. Non, là c’est que le sien, c’est que son coup d’œil à lui, c’est que lui, et c’est pas moi, non, non pas comme ça.

On en était où, déjà? « Des fois je me convaincs que si j’y retourne pas, tout sera mis en suspens. » machiniste, machinée, chorégraphie chorégraphiée. Mes doigts abandonnent la fenêtre déjà ouverte par ses soins pour décaler vers la boîte à gants comme l’aumône, petite cause charitable à qui on lance un cahier à dessins, des pastels secs, une distraction quand les mécanismes pourraient céder sous la pression de mes ongles mais que je retiens. De peur que le déclic cache mes mots ; les klaxons aideront à masquer ce qui doit l’être, les autres chauffards arriveront à le distraire ou alors c’est moi qui l’est, distraite. Regarde-moi Bennett, parce que pour le moment je sais même pas si je suis vraiment là. Au moins qu’elles brûlent tes prunelles, qu’elles marquent, qu’elles donnent l’impression que ce que je dis ne se comprend pas mais s’entend, finalement. Une poussière d’étoile filante : c’est beau, c’est mort aussi. « Et que si tout est arrêté ça arrêtera de faire mal. » mais quelle idiote. Quelle stupide naïve imbécile d’idiote. Ferme les yeux Ginny, si tu le vois pas ça existe pas. C’est comme le Père Noël. C’est comme les inconnus qui jugent. C’est comme les mauvaises nouvelles. C’est comme si tu pensais, petit sotte, que le diagnostic tomberait juste parce que tu arrêtes de spéculer à l’inverse. Comme si tu te conditionnais à croire au pire et qu’il venait se pointer le nez comme une jolie confirmation. Jolie. Jolis, comme les motifs sur le paquet de mouchoirs. Jolie, comme rien, comme rien du tout. Rien n’est beau. Rien ne veut l’être. Rien n’en a les moyens, rien, trop, rien, vide, rien, plein. « Je devrais pas penser au pire. » ah ouais, tu crois ça toi? Je devrais penser à quoi d’autre alors? De quoi est faite la longue et laborieuse liste, quels en sont les items, vas-y coche les, les uns après les autres rien que pour voir si ce sont des variables qui font plus de sens que celles que tu mets en place avec un naturel désarmant. Le naturel, le naturel serait de ne pas être celle qui donne la vie et qui cause la mort. Le naturel, le naturel serait d’être celle qui arrive à trouver les bons mots et pas à cumuler les silences. Le naturel, le naturel serait d’être capable de tenir une conversation avec une connaissance d’une vie d’avant sans tirer toutes les ficelles de la vie d’après. Sans en enrouler les fils et les câbles et les cordes et elle est raide, celle-là, celle qui ne tient qu’à un fil. Je disais? Je disais rien, j’anticipais. Je disais le pire, je disais vrai, je disais pour une fois et une seule et pourquoi on est arrêtés. Parce qu’il me regarde. Parce que j’ai pas besoin de courage mais que c’est ce à quoi j’aspire à force de parler. « J’y pense tout le temps. »

Tout le temps.
La nuit.
Le jour.
Quand y’a un oui.
Quand y’a mille non.
Quand la bonne nouvelle est assombrie par toutes celles que je prévois ensuite religieusement.
La tache, elle grandit, elle s’élargit, elle est froide, bouillante.

« C’est qu’à ça que je pense maintenant. » évidemment, maintenant, et tout à l’heure avec. Et lui, il a pas le choix. Tu lui imposes à Bennett, mais qu’est-ce que tu fais, là? « C’est juste à ça que… dis un truc horrible, dis-le avant que je – » et si tergiverser n’aide pas, et si tourner la spirale comme si elle jouait de ses nouvelles fonctions de toupie. Et si je lui lançais le problème en espérant qu’il connaisse l’algèbre, qu’il sache compter, juste lire suffirait? Dis un truc Bennett, casse aussi que je regarde ailleurs, que je ferme les yeux, que je répare ce qui coule, ce qui a une chance de remonter à la surface. Dis un truc un seul que ce soit toi que je sauve parce que ma cause est perdue. Ah. Perdue. Tu l’as dit tout à l’heure. Ton truc à propos des médailles. Ce sont des clés ça?

ginny being like:
 



    she shivers by the light, she's hidden ; she's ablaze in full bloom. first car on the foggy road riding & the last star for my love is pining. child of the moon, rub your rainy eyes, oh give me a wide-awake crescent-shaped smile.









Revenir en haut Aller en bas
Bennett Giller
Voir le profil de l'utilisateur
ÂGE : 37 ans, l'approche tranquille de la quarantaine, esprit libéré de la crainte des années.
SURNOM : Ben pour les intimes, et c'est à peu près tout.
STATUT : Son mariage l'a sauvé à beaucoup d'égards. Ils l'ont sauvé : elle et Jonah, né le 7 juillet 2018.
MÉTIER : Sculpteur de rêves, ciseleur d'illusions, polisseur d'images en trois dimensions. Il voue sa vie à l'art du volume, pétrit les formes pour les dompter, cherche dans ses doigts le contour d'un autre monde.
loose leaves been blooming into muted motion (ginnett #8) 3257255356_1_7_yGi58REq
POSTS : 115 POINTS : 550

ORIENTATION SEXUELLE : J'aime les jolies filles.
PETIT PLUS : n'est rien sans ses proches, essaye de les mériter ▲ fait semblant d'avoir arrêté de fumer et de boire depuis la naissance de son fils ▲ amoureux de la nature ▲ calme et cartésien jusqu'à ce que ses vieux défauts ressurgissent ; vanité, arrogance, colère, il les collectionne. ▲ a trouvé sa voie tardivement mais se sait fait pour l'art ▲ défendra ses amis dans le tort ▲ sujet aux cercles vertueux comme aux cercles vicieux, multiplicateur d'émotions ; son silence est trompeur
UN RP ? : Seulement si nous avons un lien.
RPs EN COURS : Archie + Ginny 6 + Kelly + Helena + Emily + Chloe + Ginny 8 + Auden 3 + Ginny 9

(9)
RPs TERMINÉS : Ginny (fb) + Ginny 2 + Ginny 3 & Auden + Ginny 4 (fb) + Ginny 5 (fb) + Auden + Ginny 7 (fb) + Eddie
AVATAR : Joseph Gordon-Levitt
CRÉDITS : Balaclava
DC : 0
INSCRIT LE : 21/12/2020
https://www.30yearsstillyoung.com/t35764-bennett-deserts-fall-in-love-with-the-rain https://www.30yearsstillyoung.com/t35848-they-shall-prove-god-wrong-bennett

loose leaves been blooming into muted motion (ginnett #8) Empty
Message(#) Sujet: Re: loose leaves been blooming into muted motion (ginnett #8) loose leaves been blooming into muted motion (ginnett #8) EmptyLun 19 Avr - 1:07



« Des fois je me convaincs que si j’y retourne pas, tout sera mis en suspens. » Des mots d’une intimité qu’ils n’avaient jamais eue, traversent les embouteillages et Brisbane, le ciel, les avions ; l’atmosphère ; l’interstellaire, où, ayant épuisé le souffle de Ginny, ils se désagrègeraient lentement, comme des petites plantes désoxygénées. Tout est en suspens. Paul – il ne connaissait pas son nom, au môme –, Paul n’était pas mort tant qu’ils ne sortaient pas. Il suffirait d’éteindre les téléphones et de fermer les fenêtres, les portes sont déjà verrouillées. Imagine les donc venir ! Mais pourquoi vous frappez contre le pare-brise en espérant que je lise sur vos lèvres ? Paul n’est pas mort, Paul est immortel, Paul est mon enfant et mes enfants ne mourront jamais, ça a été décidé comme ça, c’est pas vos manifs, vos pancartes qui y changeront... (Arrêtez, arrêtez, la carrosserie ne vous a rien fait, et je ne vous entends pas.) (Arrêtez de le crier, j’écoute de la musique, la musique qui me dit qu’il y a une porte et une chambre, quelque part.) Ils frappent encore et tu souris. Je ne vous croirai jamais. Paul n’est pas mort, Paul est mon fils. Mais allez lui dire que je suis morte. « Et que si tout est arrêté ça arrêtera de faire mal. » Il peut exaucer ce genre de rêves. Regarde les choses, elles sont tellement laides. Ces gens qui rient ont énormément de dents et d’espérance de vie ; ils ont des gueules de singes abstraits et leur esprit fait des courants d’air – et c’est bête comme éponge, un cerveau, quand c’est pas coulé de béton, de calvaire. Regarde les choses : elles sont arrêtées. (Aucune file ne bouge et les machines se taisent.) (Aucun fil ne bouge et j’aimerais le briser.) Regarde les choses ! Elles ne peuvent pas t’aider. Elles sont vives et colorées, elles se meuvent, elles dansent, elles ont grâce, bienveillance et leur beauté est inutile – elles te feront mal, ayant détruit ta chair ; elles prendront le reste. Quelqu’un dira que tu es partie par la force des choses. Mais ont-elles pris, ou leur as-tu donné ? (Je ne me tairai pas, je le pense jusqu’au bout.) Ce que tu donnes, Ginny. (Comment garder quand tout fuit et la vie, et la vie par toutes crevasses et par mon nez et par mes ongles ?) Ce que tu donnes, Ginny. « Je devrais pas penser au pire. » Pourquoi pas ? Rétorquent les antiques cynismes du fond de leur tanière. Qu’est-ce qu’il ferait à sa place, à part penser au pire ? Qu’est-ce qu’elle pouvait faire d’autre, à part longer l’abîme comme une pièce de cinq centimes, à une tranche métallique de basculer dans le noir complet ? Il n’y a que ça de complet, hein… Tu sais bien que non, Bennett. Alors dis-lui. (Lui dire quoi ?) Qu’il est heureux, qu’il voit blanc pour la première fois depuis si longtemps, et que la banalité disait vrai, qu’on rirait presque de la tempête quand on est à bon port ; que c’est une simple histoire de regard, de subjectivité ; que la torture passée devient toute relative de l’autre côté du mur. Bien sûr, c’était ce qui manquait à Ginny. Qu’il lui décrive comment c’était sur l’autre rive.

« J’y pense tout le temps. » Tout le temps, tout le temps. (Tout le temps.)
« C’est qu’à ça que je pense maintenant. » Maintenant, maintenant. (Tout le temps.)
« C’est juste à ça que… dis un truc horrible, dis-le avant que je – » Maintenant, tout le temps, ça arrêtera de faire mal. Et la détresse de Ginny dans son nez à lui, sa gorge à lui – mais il ne faisait pas partie des gens comme ça, où sont les vrais samaritains ? Qui lui avait donné l’état de grâce ? Dans quel monde Bennett tenait-il les autres à bout de bras ? (Ce n’est pas ton genre, la charité.) Je ne suis pas charitable. Je suis toujours aussi cruel, tu verras… (Nous sommes dans une voiture et Paul est à l’hôpital, et Bennett ne connait ni Paul, ni Ginny, et personne n’avance et il freine parce que les gens ne savent pas ce qui arrivera à Paul – ou calculer leur distance de sécurité.)

Elle avait dit horrible, parce que c’était le premier adjectif qui venait avec Bennett ; parce que c’était à peu près tout ce qu’il ne pouvait pas rater ; c’était de bonne guerre, il ne porterait pas plainte. (Bennett a changé.) (Oui ! Les choses changent.) Tout change, Ginny ! Paul est mort mais il a changé, il est vivant maintenant. (Bennett a changé.) Aussi barbarement absurde que ça pouvait être – il écoutait. Il résonnait – raisonnait, quand même, aussi. Il cherchait, cherchait à tâtons comment on faisait pour donner la lumière, carré dans carré, comment ça marche ? C’est quoi, comme accouchement ? C’est d’où qu’il faut le sortir ? Est-ce qu’il devait se passer la main dessus, et espérer que ça se diffuserait par radioactivité ? (Mais il était un imposteur, les vrais anges n’ont pas d’effort à faire, ils guérissent d’exister.) Inspire. Ne roule pas sur la porcelaine. « Je connais quelqu’un qui avait aussi un fils… non, une fille… avec une maladie génétique qui lui bouffait les poumons. C’était un petit incroyable, de la vie comme ça, et sa mère l’a emmené partout. »  Inspire. (C’est une histoire, elle est connue, mais si tu la connais, celle d’une poétesse russe qui écrivait sur du papier de cigarette ; elle ne voulait pas qu’on l’oublie, et ses amis…) « Ils ont pas réussi à la ramener. » Le pire du pire, et la souffrance ne devrait pas exister, et on est pas né pour se tailler en mille sur l’autel des vingt-cinq grammes d’allégresse règlementaire en tout et pour tout, et connais-tu cette autre histoire, de l’homme qui avait réussi à briser la chaîne, de l’homme qui avait remonté le temps jusqu’au point où plus ne bougeait – ne souffrait ? (Moi non plus.) Il saigne dans la porcelaine. « C’est une seule option. » (Bien calculé, Bennett, ça te fera une belle jambe quand tu brûleras en enfer.) Mais le troisième membre de la conversation acquiesçait lentement – la mort entêtante et entêtée, avec son parfum de cyprès et de baies d’if, coiffée à la mode du siècle dernier ; ses ongles qui s’arrachent les épaules de Ginny, ses cheveux vénéneux flattant ceux de Bennett, et elle disait, c’est la seule option. Pas pour Paul. Paul ? Paul est immortel, t’as pas entendu ? Elle enfonçait ses ongles plus fort, elle demandait sa cigarette. « Ça part pas. Des choses qui partent pas. L’amour que t’as pour lui, ça part pas. Il y a… des choses qui doivent pas partir. » Et même si. (C’était peut-être les derniers mots qu’elle retiendrait de lui, lorsqu’elle sortirait de la voiture pour ne plus jamais le revoir ; qu’il avait échoué à la tâche désespérément simple de lui fournir un appui moral évident ; qu’il avait plongé les mains dans la douleur au lieu de l’esquiver prudemment, qu’il n’avait pas pu s’empêcher d’exposer l’objet de l’expérience, bien proprement, lavé et brillant, par curiosité scientifique.) Si ça devait arriver. Ecoute-moi, je ne suis pas fou. Certaines choses doivent rester. Tout ne s’en ira pas avec. Tu ne t’en iras pas avec lui. (Si.) (L’autre si.) Ginny. C’est absolument contre-nature et dégueulasse, mais tu survivrais, jusqu’à ce que tu prennes la décision du contraire…  donc… il resterait… quelque chose ? Même sans ton fils. Il resterait quelque chose. Il resterait quelque chose. Répète. Il resterait – oh, Bennett. « J’en sais rien. Je sais pas s’il y a des choses qui restent. Mais je suppose que si tu choisis la vie… d’y retourner… tu prends ça aussi. » Le début de l’ébauche d’un sourire qui s’évanouit au bord de ses lèvres, la seule goutte d’ironie qui déborde du calice. « C’est horrible… ? » Murmure à peine. Comme si elle aurait envie de te répondre. Comme si ça pouvait ne pas l’être. (Plus personne n’avance sur la route et elle veut ne plus se retourner parce que le temps est une mauvaise blague et qu’on peut fermer les yeux avant l’accident et imaginer qu’on a été heureux.) Paul n’est pas mort tant qu’on ne sort pas. T’y retournes quand tu veux. Je ne t’emmène nulle part. On peut tourner longtemps. Et lui, Ginny. (Je connais l’endroit où tu veux aller, et le temps passe aussi là-bas. Même sans toi.) Reviendra pas sans toi.

Spoiler:
 


you want it darker
––– There's a lover in the story But the story's still the same There's a lullaby for suffering And a paradox to blame but it's written in the scriptures, you want it darker φ  we kill the flame –––––––––––––
Revenir en haut Aller en bas

Contenu sponsorisé

loose leaves been blooming into muted motion (ginnett #8) Empty
Message(#) Sujet: Re: loose leaves been blooming into muted motion (ginnett #8) loose leaves been blooming into muted motion (ginnett #8) Empty


Revenir en haut Aller en bas
 

loose leaves been blooming into muted motion (ginnett #8)

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 
Page 1 sur 1

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
30 YEARS STILL YOUNG :: 
voyager vers d'autres horizons.
 :: hors du temps :: flashbacks
-