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 the start of something good and new | arison (2)

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Message(#) Sujet: the start of something good and new | arison (2) the start of something good and new | arison (2) EmptySam 24 Avr - 20:04


Elle est déjà venue ici. Il y a une dizaine d'années, un peu plus. Elle parcourt l’environnement de ses yeux verts. Le ciel azur, qui ne saurait être perturbé que par quelques formes blanchâtres qui s’effilochent comme du coton. Le sable blanc qui conserve l’empreinte de ses pas nus, et dont la couleur se fonce à mesure que la mer lui dispute son territoire. Il y a peu de monde. Elle est un peu en avance, alors elle décide d’une place au hasard et s’assied dans le sable, laisse la brise marine lui effleurer délicatement le visage.

C’est donc ce à quoi ressemble le calme?

Ça a été si dur. Ariel regarde les paumes de ses mains qui ne tremblent plus. Quatre mois. Quatre mois pour panser les failles béantes dans son esprit et sur son corps, pour recommencer à vivre et à imaginer un futur coloré. Pour voir au-delà du présent et de ses dramas narcissiques, de ses problèmes et son déni. Elle ne leur a pas rendu la tâche aisée, elle n’y croyait pas. Mais contre toute attente, elle l’a fait. Elle y est arrivée. Trois mois sobre. Ses poings se serrent, instinctivement. C’est toujours si dur. Elle doit aller de l’avant – elle le sait, elle a fait ce choix – mais toute sa réalité est désormais altérée. Ses lieux de refuge sont des lieux à éviter, désormais. Mais le plus dur est derrière elle. Pas vrai ?

Elle repense à ces quatre mois au centre. À ces jours si douloureux qui se sont mués en jours plus apaisés. À la rancœur évacuée, à la colère sortie du moindre de ses pores. À ces crises où elle aurait tout fait pour une canette de bière même chaude, pour juste retrouver la sensation de l’alcool et de son old self. Plus maintenant. Elle commence à peine à respirer de nouveau, dans le monde qu'elle voit d'un autre oeil. Lucide. Terne, aussi. Sans l'ivresse pour la guider dans ses choix et décisions tout est plus complexe. Sans les effets de ses paradis artificiels, elle sait que les choix ont des conséquences, et que ces conséquences reposent sur elle. Mais ça va. Elle est capable de l'affrotner - en tous cas, c'est ce dont elle s'est convaincue pour sortir du centre.

Elle voit la silhouette de Jameson au loin, se relève pour l'accueillir avec une timidité qui ne lui ressemble pas. « Hello, Jameson. » Son sourire est pourtant sincère, mais Ariel semble gauche, un peu perdue devant l'avocate - comme la gamine qu'elle était à quatorze ans, l'innocence en mois. « Merci d'être venue... D'avoir pris le temps. Ça fait un bail... » Elle ne sait pas quoi faire de ses mains, qu'elle coince dans les poches de sa veste. « Tu reconnais la plage? C'est celle où on s'était posées après le procès. J'ai toujours aimé cet endroit. Ça te va si on marche un peu? Je me sentirais plus à l'aise pour te parler, qu'en restant assise avec un smoothie - ça, c'est pour les victoires, » glisse-t-elle malicieusement. Jameson n'a pas changé. Elles se sont revues entre-temps, bien sûr, même depuis le stage qu'Ariel avait effectué chez Ashburn Rose. Mais pas depuis plusieurs mois, pas depuis que l'australienne s'évertuait à brûler la chandelle par les deux bouts. « Mais toi d'abord! Comment vas-tu? » Ariel ignore si c'est un nouvel effet de la sobriété, ou le contact de ses amis du centre, mais parler devient plus facile, plus fluide. Plus besoin d'entamer une conversation avec l'amertume sous la langue.

Et puis, c'est pour ça qu'elle a donné rendez-vous à Jameson ici: pour commencer quelque chose de neuf, et de bien.
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Jameson Winters
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ÂGE : A l'aube de la quarantaine
SURNOM : Jaimie, Jam'. Maître Winters au boulot. Au lit, aussi.
STATUT : Célibataire. Succombe parfois aux plaisirs sans lendemain.
MÉTIER : Avocate associée chez Ashburn Rose. Militante écologiste et condition animale.
LOGEMENT : #102 Logan City, une immense villa bien trop vide.
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POSTS : 6303 POINTS : 30

ORIENTATION SEXUELLE : J'aime tout le monde.
PETIT PLUS : Irlandaise & Amérindienne du Canada, j'ai un petit accent. Je me ressource dans la nature. Combattre les injustices me fait vibrer. Je suis aussi à l'aise dans les bas fonds de Dublin que dans les soirées guindées de l'élite australienne. Vegan depuis mes 15 ans, je milite pour préserver la nature. Légalement, de nos jours. Du moins j'essaie. J'ai adopté une chienne/louve que j'aime comme ma fille. Je n'ai jamais perdu un procès. Certains me décriraient comme une féministe autoritaire et mal baisée. Ceux là sont toujours perturbés lorsqu'ils rencontrent une femme qui se comporte comme eux.
RPs EN COURS : Phoenix [f.b.]Gaby [f.b. #2]MartinArchie [2]Laoise [f.b.]

Réalités alternatives ↠ Zombinson [d.z.]Bloody Gaby [d.f.]Bosie me boy [d.f.]Witchy Robin [d.f.]Slasher Night

↟ ↟ ↟

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PHOENIX — I want to heal, I want to feel like I'm close to something real, I want to find something I've wanted all along: somewhere I belong. Nous avions à peine vingt ans et nous rêvions juste de liberté.

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ROBIN — Her eyes look sharp and steady into the empty parts of me. Still my heart is heavy with the scars of some past belief.

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LAOISE — We've been gone for such a long time that I'm almost afraid to go home. A long road is a long, dragged-out imagination where things can go wrong, but we keep rolling on.

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GABRIEL — I'll keep your heart safe in the palms of my hands until it can beat on its own again.

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KYTE — Old growth holds hope, let the brambles scrape your skin; scars are story books, blood will wash away our sins.



RPs EN ATTENTE : Gaby Irlande ↟ Robin [4] ↟ Robin & Phoenix [r.a. 2] ↟ Finnley [2]
AVATAR : Maggie Siff
CRÉDITS : Birdiesnow (avatar), anaëlle. (signature), loonywaltz (UB)
DC : Kyte le vieux fou & Aisling l'effeuilleuse prude
PSEUDO : Whitefalls/Whitewolf
INSCRIT LE : 08/03/2016
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Message(#) Sujet: Re: the start of something good and new | arison (2) the start of something good and new | arison (2) EmptyMer 26 Mai - 1:46



the start of something good and new
☾ Ariel & Jameson ☽
La mer est calme, paisible. Le rythme dolent des vagues fait un agréable contraste avec le rock entraînant qui envahit l’habitacle. Deux ambiances qui m’apaisent, pour des raisons différentes. La coupure est brutale lorsque je gare la voiture à côté de la jetée. Je reste une seconde sur mon siège, prend une inspiration pour laisser la journée derrière moi, une autre pour accueillir l’air marin qui se fraie un chemin par la portière que je viens d’ouvrir. Pour me préparer aussi, à revoir ma protégée après de longs mois de silence. J’ai l’habitude qu’elle ait besoin d’air pour explorer les sensations et expériences qui l’appellent. Et si je sais qu’elle finit toujours par revenir, je ne peux m’empêcher de me faire un sang d’encre. C’est comme ça depuis que je l’ai rencontrée, notre destin scellé à l’instant même où je plongeais dans ses yeux où déjà l’innocence se mêlait à la méfiance. J’avais cru voir le reflet de celle que j’étais à l’adolescence et je m’étais donné la mission d’être le pilier que je n’avais jamais eu afin de l’aider à s’en sortir. Je crois qu’elle le sait, et que c’est précisément la raison qui la pousse à mettre de la distance entre nous parfois. Car il brûle dans son cœur un feu que je n’avais pas vu tout de suite. Un feu que je n’ai jamais connu et qui nous éloigne plus que je ne le voudrais : celui de l’autodestruction. Avec une dernière inspiration je force mon cœur au calme et attrape mon sac avant de m’extirper de ma voiture. Le bip verrouillant les portières retentit dans mon dos alors que je me dirige vers l’étendue de sable. Ariel m’a prévenue qu’elle souhaitait me rencontrer sur la plage. J’ignore pourquoi mais ça semblait important pour elle et je dois avouer que je trouve l’idée séduisante. En dépit de ces précisions, j’ai bien évidemment oublié d’amener des chaussures adaptées et n’ai pas fait deux pas que mes escarpins vertigineux s’enfoncent dans le sol mou. Merde. Je n’hésite qu’une seconde avant de me pencher pour les retirer et finir le trajet mes engins de torture à la main. Le sable est tiède sous mes pieds nus, agréable. Et d’un coup je me sens plus posée, comme chaque fois que je me reconnecte un peu à la terre et mes instincts trop sauvages pour être enfermés dans une ville, mon corps trop libre pour les robes de designer serrées que je lui inflige tous les jours.

J’avance un peu au hasard, mes pas remontant la plage, mes yeux à la recherche de la silhouette caractéristique de celle que je connais depuis maintenant des années. Enfin, je la repère. Cheveux blonds coupés courts, une robe fluide qui change pas mal de ses habituels jeans au style un peu rock et résolument adolescent. Elle a l’air en forme. Ses mouvements tintés d’une hésitation que je ne lui connais pas. Mais elle a l’air bien, oui. D’un coup, une pression que je n’avais même pas conscience de porter fond de mes épaules et je me sens plus légère alors que je franchis les pas qui nous séparaient encore. « Hello, Jameson. » Mes sourcils autrefois froncés se détendent et un sourire sincère s’étire sur mes lèvres alors que je l’attire dans une accolade brève mais chaleureuse. « Salut Ariel. » Mes paumes encore sur ses bras, je m’écarte pour mieux la regarder, laisse mes yeux parcourir les traits de son visage avant de plonger dans les siens. Ils me semblent à la fois apaisés et un peu perdus, un signe que je ne sais guère comment interpréter. « Merci d'être venue... D'avoir pris le temps. Ça fait un bail... » Ses mots semblent hésitants, mais la mélodie de sa voix est la même et me réchauffe le cœur. « J’ai toujours le temps pour toi, tu sais bien. » Je lui affirme avec un léger froncement de sourcils. Je le lui répète depuis des années sous une variante différente à chaque fois. Je n’imagine que trop bien quel genre de négligence elle a dû subir dans son enfance pour accepter de passer ainsi après les autres et ça me fend le cœur à chaque fois. Mais je ne perds pas espoir qu’un jour, elle comprendra. Qu’elle a le droit d’être une priorité, qu’un rendez-vous peut-être reporté. Que la voir me remplit de joie et de sérénité. Son regard s’enfuit vers l’horizon, comme pour éviter ces promesses auxquelles elle n’ose pas encore croire tout à fait. Je la laisse s’échapper, consciente qu’il ne servirait à rien d’insister et mes yeux suivent la direction des siens alors que ses paroles me rappellent au jour qui a officiellement marqué le début de notre amitié. « Tu reconnais la plage? C'est celle où on s'était posées après le procès. J'ai toujours aimé cet endroit. » Je confirme d’un hochement de tête silencieux. Je m’en souviens, oui. Cet endroit a une place spéciale dans mon cœur, comme c’est certainement le cas dans le sien. « Comment oublier ? Ça fait longtemps que je n’y étais pas retournée. » Je glisse toutefois, mon regard cherchant déjà la terrasse ou nous nous étions installées, prêtes à déguster le verre qu’elle avait tenu à me payer pour me remercier. De nos jours, mes clients m’offrent des stylos hors de prix pour me témoigner leur gratitude. Mais rien ne m’a touché comme l’attention de cette adolescente qui n’avait presque rien et avait quand même insisté pour me le donner. « Ça te va si on marche un peu? Je me sentirais plus à l'aise pour te parler, qu'en restant assise avec un smoothie - ça, c'est pour les victoires. » Il y a un brin de malice dans son regard qui vient tempérer l’inquiétude que je sens enfler dans ma poitrine à cette remarque. Car si elle ne souhaite pas me partager une victoire… j’espère qu’elle n’a pas une défaite qui pèse sur son cœur. Je retiens toutefois cette remarque et laisse plutôt un amusement sincère filtrer sur mon visage tandis que je hoche la tête avec un sourire. « Allons marcher dans ce cas, ça me dégourdira les jambes. » Après une journée passée assise à mon bureau ou en salle de réunion, je me réjouis de pouvoir m’aérer un peu, faire affluer le sang dans mes membres et laisser le sable masser la plante douloureuse de mes pieds.

On se met naturellement en marche, sans avoir à se demander quelle direction prendre. Qu’importe après tout, nous avons tout le temps pour flâner. « Mais toi d'abord! Comment vas-tu? » J’avais prévu de lui poser la question la première, mais elle m’a devancée. Ses yeux vifs effleurent mon visage, vibrants d’intérêt et d’une lueur que je ne suis pas certaine de pouvoir identifier. « Je vais très bien, merci. » Avec la majorité des gens, je me contente d’en rester là. Ma réserve naturelle et mon besoin de faire une distinction nette entre vie privée et vie professionnelle m’ayant appris à ne partager que le strict minimum. Mais en de rares occasions, et auprès de rares personnes, je sens que mon cœur a envie de s’ouvrir un peu plus, mes paroles de s’étoffer juste assez pour entretenir la connexion que je ressens en leur présence. Et Ariel en fait clairement partie. « Je viens d’obtenir une belle victoire au travail qui pourrait bien avoir un réel impact sur la préservation des écosystèmes marins du Queensland. Tu en as peut-être entendu parler dans la presse, c’est partout dans les journaux… l’avantage et le désavantage de travailler avec un client millionnaire c’est que ça intéresse forcément les médias ! » Je plaisante avec un clin d’œil, surfant encore sur la vague d’énergie que m’a procuré cette affaire passionnante qui m’a permis d’empocher une somme importante tout en inspirant la presse locale à dénoncer les pratiques polluantes de certaines entreprises menaçant la grande barrière de corail longeant nos côtes. Archie Kwanteen était ainsi apparu comme un investisseur engagé et avait fait la une des journaux qui n’avaient pas manqué d’associer mon nom au sien. Et j’ai aussi retrouvé une personne de mon passé… Les mots s’infiltrent dans ma gorge et dansent sur ma langue, mais pour une raison que je ne m’explique pas très bien, je les retiens derrière mes lèvres scellées. La peur, peut-être, d’accorder trop d’importance à ces retrouvailles que je ne saurais encore qualifier. Ou bien de laisser les déboires de ma vie privée prendre trop de place entre nous alors même que je soupçonne qu’Ariel a quelque chose à m’annoncer. « Et toi alors, comment vas-tu ? » Je demande sans pouvoir m’empêcher de promener un peu mon regard sur son visage. « Je ne sais pas comment tu as occupé ces derniers mois mais je veux ton secret : tu as l’air en pleine forme. » Un sourire taquin vient étirer le coin de mes lèvres comme pour chasser la pensée qui se fraie insidieusement dans mon esprit. En bien meilleure forme que la dernière fois qu'on s'est vues toi et moi…      
Pando + whitefalls


follow in no footsteps listen for the true guides

The river's a hymnal and the leaves are applause. Trees sing in whispers with the wind pulling their arms. Hold still and listen, your hand on my heart. If you need them these beacons will lead you back to the start.

:l::
 

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Message(#) Sujet: Re: the start of something good and new | arison (2) the start of something good and new | arison (2) EmptySam 5 Juin - 23:59


Le temps semble passer autour de Jameson sans jamais l'effleurer. À chacune de leurs rencontres Ariel retrouve ce qui la met tellement à l'aise et en confiance chez l'avocate. Ses yeux sereins et déterminés, son sourire compréhensif, sa voix apaisante. Elle est une constante dans la vie d'Ariel, peut-être malgré elle d'ailleurs. Un phare dans la nuit, un faisceau lumineux pour l'aider à la guider dans son obscurité. La brune avait toujours été là pour elle, et n'avait jamais hésité à venir à sa rencontre lorsqu'Ariel le lui avait demandé. Et, à chaque fois, elle l'avait écoutée, aidée, conseillée - et ce même lorsque les courants déviants étaient trop puissants et qu'Ariel se laissait finalement emporter. C'était parfois trop difficile à affronter, l'inévitable déception qu'elle infligerait à Jameson en lui avouant ou exposant ses méfaits, en dévoilant ses abysses où nageaient les monstres qui la rongeaient. Alors Ariel finissait par se taire, ne donnant plus de nouvelles, se terrant dans ses sombres refuges avant de refaire surface par un message, un café, avant de mieux replonger. C'était plus fort qu'elle - enfin, ça l'avait été. Jusqu'à présent. Addiction is a disease, et où elle n'avait cru n'être qu'une mauvaise graine, de celles qui empoisonnent tout et étouffent le reste, elle avait du apprendre que tout n'était pas sa faute. Seule, elle n'avait pas pu lutter. Et lorsqu'elle s'éloignait de Jameson pour mieux se consumer, ce n'était pas conscient. Un mécanisme de défense, de survie comme un autre.

Elle vient à sa rencontre, et l'étreinte qu'elles échangent réchauffe instantanément le coeur d'Ariel. L'australienne n'est pas nerveuse, pas vraiment, mais les choses sont moins simples que dans sa jeunesse, dans ses ivresses, lorsque son comportement ne s'embarrassait pas de formalités et qu'elle disait constamment ce qui lui traversait l'esprit. Maintenant, les choses sont compliquées. Adultes. Elle a des choix à faire et la réalité à accepter. Comment mettre ça en mots? Ça n'a presque plus d'importance lorsque Jameson lui rappelle qu'elle a toujours du temps pour elle. Ariel sourit, émue. Peut-être que pour une fois, elle peut accepter que c'est réel, ça aussi. Que personne ne pousse Jameson à être charitable avec elle. Qu'elle ne partira pas parce-qu'Ariel a enchaîné les déboires et les drames. Peut-être.

Une interrogation flotte dans l'air et Ariel le sent. Elle n'a pas dit à Jameson pourquoi elle souhaitait la voir, et compte-tenu de son passé, elle comprend que son amie et mentor se fasse du souci. Mais pour le moment, elle préfère retarder la confession, qu'elle ne sait pas comment aborder. Avec un sourire, Jameson accepte sa proposition de marcher un peu. « Je pense que tu mérites une bonne marche dans le sable après avoir passé la journée perchée sur tes escarpins, » rit Ariel. Toujours si parfaitement apprêtée, Jameson maîtrise les conventions à tous les niveaux - y compris marcher en talons hauts, exercice qu'Ariel n'a jamais réussi à maîtriser malgré de nombreux essais. Leurs traces s'enfoncent dans le sable, et alors qu'elles commencent à arpenter la plage, Jameson lui livre le récit de sa dernière victoire. « Oh my god, c'est incroyable! Tu changes pas... t'es vraiment capable de changer le monde. Et de remporter toutes les victoires. Putain, c'est extra! » Le cri enthousiaste d'Ariel est sincère et admiratif, et elle ne peut s'empêcher de sautiller dans le sable comme une enfant. C'est une excellente nouvelle, et confirme qu'une fois encore, Jameson est une faiseuse de miracles.  

« Non, je n'en avais pas entendu parler… J'ai pas tellement lu la presse ces derniers mois. » Un joli euphémisme. Elle n'a pas du tout mis la main sur un journal, coupé ses réseaux sociaux, limité son internet. Un sacrifice drastique qu'elle a fini par prendre pour son propre bien, comme se détacher de son téléphone. Ça n'a pas été de gaité de coeur, mais Ariel avait fini par réaliser que les soignants du centre avaient raison: garder un oeil sur le monde extérieur l'empêchait de se concentrer sur sa guérison, et voir ses efforts interrompus par des images ou des récits de soirée alcoolisées n'était pas ce qu'elle voulait: elle voulait s'en sortir.

Finalement, la question fatidique finit par tomber, et Ariel laisse échapper un soupir qui contraste avec sa joie d'il y a quelques minutes. « Ça va… mieux. » Merde, c'est tellement plus difficile que ce qu'elle avait envisagé. Elle ne peut pas se contenter de ça, et le silence s'étire, que Jameson rompt avec une boutade. La réplique tire un sourire à Ariel. Ouais, peut-être que c'est une bonne façon de faire. Alors elle prend une grande inspiration, et perd son regard vers l'horizon. « Je veux bien te confier mon secret mais je te déconseillerai de faire la même chose… » Et puis, elle hausse les épaules et tourne la tête, son regard vert se perdant dans les sables devant elle. « Je viens de passer quatre mois en centre de désintoxication. » Les mots résonnent étrangement dans l'air. Elle a déjà répété cette phrase dans sa tête, mais jusqu'à présent, jamais à voix haute. Est-ce que tout cela était réel? Les derniers mois? Depuis cette horrible nuit où elle a failli y rester dans une ruelle décrépie, sauvée par Edge puis forcée de faire un choix? Impossible. Et pourtant… « Ça fait pas un mois que je suis sortie, et je… je vais mieux. Je crois. J'ai pas bu depuis trois mois maintenant, ça doit être la période la plus longue depuis, j'en sais rien, mes quinze ans? » Les mots se bloquent dans sa gorge, submergée par l'énormité de ce qu'elle vient de dire. « Parce-que, tu vois, je suis rentrée au centre pour soigner mon alcoolisme. » La phrase trop énorme pour avoir un sens en dehors de ses pensées ou elle l'a souvent répétée mais sans jamais y adhérer - parce-que ça faisait partie du processus, mais que ce n'était pas une réalité en soi. Alcoolisme. Elle était alcoolique. « Maintenant, j'ai tout perdu. J'ai plus de job, plus d'amis ou presque, plus de rien. » Sa voix se casse et seulement, elle se rend compte qu'elle a cessé de marcher, et que ce sont ses propres larmes qui dévalent ses joues. « Je me posais pas de questions avant parce-que c'était pas utile, je m'en foutais, tout semblait toujours fonctionner, mais maintenant je sais pas quoi faire, je sais pas où aller, I don't know what the fuck to do with my life. Je sais même pas si je tiendrai ce pari… C'est juste si difficile. » Elle ferme les yeux brièvement. Ce n'est pas comme ça qu'elle voulait que cela se passe. Mais Jameson est la première personne à laquelle elle confie tout si brutalement, et poser les mots justes sur ce qu'elle ressent et ce qui s'est passé est bien différent de ce qu'Ariel avait imaginé. « Et je pensais t'appeler parce-que… t'as toujours su quoi faire. T'as toujours été là. Et j'ai eu besoin d'aide avant… pour y aller et tout. Mais j'ai besoin d'aide maintenant. Parce-que je sais pas quoi faire et ça me terrifie. »

Elle n'a pas trente ans, Ariel, sur cette plage. Elle n'est pas une jeune adulte en cours de reconversion, qui se défait d'une vie pour en endosser une autre. Elle est cette gamine de quatorze ans qui vient de perdre sa famille, et qui n'a jamais, jamais pu faire son deuil. Maladroitement elle essuie ses joues, tente de sourire malgré ses lèvres qui tremblent et son visage rougi par l'émotion. « Mais c'est bon à savoir, que j'ai l'air en pleine forme. Ça non plus ça m'était pas arrivé depuis un bail. » Finalement, elle n'a peut-être pas tout perdu: son humour bancal est resté le même.

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INSCRIT LE : 08/03/2016
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Message(#) Sujet: Re: the start of something good and new | arison (2) the start of something good and new | arison (2) EmptyDim 11 Juil - 1:50


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☾ Ariel & Jameson ☽
Un petit sourire ému s’étire au coin de mes lèvres, réponse à l’enthousiasme d’Ariel que je sens sincère. J’agite délicatement une main devant mon visage comme pour balayer ses compliments, lui assurer que ce n’est rien… n’empêche que je suis profondément touchée par sa réaction. Je la connais depuis si longtemps, et elle n’a jamais manqué de fêter chacun de mes accomplissements professionnels avec un entrain auquel je ne suis toujours pas habituée. Toutefois, et bien que sa joie contagieuse ne manque pas de réchauffer mon cœur, il m’arrive de me demander si elle ne me prête pas des pouvoirs démesurés. Je sais pourtant que je n’ai aucun talent particulier. Pas comme elle ou Robin, qui sont de véritables artistes lorsqu’elles utilisent les couleurs ou les mots pour s’exprimer. Je ne me démarque de mes collègues que par une ambition un peu plus dévorante que les autres, et les sacrifices que je suis prête à faire pour creuser un peu plus loin, travailler un peu plus fort, jusqu’à trouver la faille ou l’article de loi qui soutiendra ma plaidoirie et m’assurera la victoire. J’ai quelques fois essayé de lui laisser entrevoir que mon seul pouvoir est ma détermination, mais je ne suis pas certaine que ce message lui parle vraiment. Peut-être que maintenant ce serait différent ? Car différente, elle l’est. Un changement subtil mais assez visible pour que je le remarque. C’est dans la clarté de son regard, la fraicheur de son teint, de petits détails à peine perceptibles qui me poussent à la questionner discrètement. Pour m’enquérir de sa santé. Pour l’encourager à se confier, aussi. Elle accueille ma question avec un petit soupir et une expression presque résignée se peint sur ses traits. « Ça va… mieux. » Il y a comme une nostalgie sur son visage, une incertitude qui n’était pas là avant et disparaît à l’instant où je la taquine, remplacée par un sourire songeur. « Je veux bien te confier mon secret mais je te déconseillerai de faire la même chose… » Elle me souffle d’une voix un peu trop sérieuse alors que son regard se perd au-delà des vagues qui roulent à nos pieds. Un étrange pressentiment se loge dans ma poitrine et je fronce légèrement les sourcils alors que j’étudie ses traits comme pour tenter de déceler les émotions qui s’y reflètent. What happened to you, my dear? « Je viens de passer quatre mois en centre de désintoxication. » La révélation tombe entre nous comme une épaisse nappe de brouillard. Interdite, je l’observe en silence tandis que mon esprit saute d’une conclusion à l’autre en évitant la plus évidente. Une désintoxication ? Mais pourquoi ? Et puis je revois son verre qui se vidait toujours plus vite que le mien. Son regard voilé et ses gestes hésitants. Les cernes sous ses beaux yeux clairs, jamais vraiment touchés par son sourire. Cette lassitude comme une enclume sur son âme et ses disparitions inexpliquées. Je revois comme je me suis voilée la face surtout, me répétant après année que c’était juste une gosse un peu paumée qui avait besoin de se trouver, refusant de voir qu’à chaque nouvel engrenage des saisons, elle semblait s’en éloigner. Oh, Ariel… « Ça fait pas un mois que je suis sortie, et je… je vais mieux. Je crois. J'ai pas bu depuis trois mois maintenant, ça doit être la période la plus longue depuis, j'en sais rien, mes quinze ans ? Parce-que, tu vois, je suis rentrée au centre pour soigner mon alcoolisme. » Hésitantes, entrecoupées, ses paroles viennent confirmer mes doutes en me laissant entrevoir le mal qui la rongeait. Je voudrais la féliciter, l’encourager, mais une boule de culpabilité se forme dans ma gorge et engourdit ma langue. Comment ai-je pu ne rien remarquer ? Combien de verre lui ai-je payé en pensant arroser une bonne nouvelle et ainsi empiré ce mécanisme destructeur qui l’enfermait, étouffait peu à peu la petite étincelle d’espoir qui rougeoyait dans son cœur, l’amenait tout droit vers son enfer personnel. J’ai été incapable de la protéger. Du monde. D’elle-même. Les lèvres pincées, je détourne les yeux et laisse mon regard dériver vers les vagues qui nous narguent, refusant de lui faire porter le poids de ma culpabilité en plus de mon impuissance. Je m’autorise un instant pour inspirer l’air marin, abandonner dans l’écume blanchâtre les regrets stériles pour qu’ils ne viennent plus encombrer notre conversation. Car Ariel a besoin de tout sauf de ça en cet instant. « Maintenant, j'ai tout perdu. J'ai plus de job, plus d'amis ou presque, plus de rien. » Sa voix se brise et mon cœur avec, déchire l’espoir qui semble la fuir à travers les larmes dévalant ses joues. Je voudrais la prendre dans mes bras et la serrer contre ma poitrine, caresser ses cheveux décolorés et lui assurer que rien n’est perdu, lui montrer qu’elle a encore en moi une amie prête à lui apporter son soutien. Mais je n’ose pas, parce que je sens qu’elle a encore quelque chose à ajouter et je ne veux pas couper le flot de ses confidences trop rares.  

« Je me posais pas de questions avant parce-que c'était pas utile, je m'en foutais, tout semblait toujours fonctionner, mais maintenant je sais pas quoi faire, je sais pas où aller, I don't know what the fuck to do with my life. Je sais même pas si je tiendrai ce pari… C'est juste si difficile. » Ses paupières se ferment comme pour tenter de trouver une clarté et malgré la douleur que je ressens en la découvrant si perdue et si vulnérable, je ne peux m’empêcher de ressentir une profonde fierté pour ma petite protégée. « Bien sûr que tu tiendras. Tu es incroyablement forte Ariel, bien plus que tu ne le crois. » Elle l’a toujours été, même quand la vie s’acharnait à la briser. Rebelle, dure à cuire, gamine efflanquée qu’il ne fallait pas faire chier. Elle emmerdait les connards et la société. Mais elle se drapait sous un masque aussi, recroquevillée derrière son armure pour ne pas laisser les requins la déchiqueter. Pour la première fois, elle me regarde sans la moindre protection. Et je sais à quel point ça peut être effrayant. D’admettre sa propre vulnérabilité. De demander de l’aide. Je le sais parce que je n’ai jamais totalement pu m’y résoudre. Même à un moment de ma vie où j’en avais désespérément besoin. Un moment où Irene m’a recueillie et offert une nouvelle voie ainsi que l’espace de me poser pour panser mes plaies. Sans même le savoir, sans même que j’ai à le demander. En m’invitant dans son cercle, en me confiant une mission qui me tenait à cœur et allait relancer ma carrière. En étant une amie à la fois forte et réservée. Une amie qui avait fini par éveiller d’autres sentiments chez moi… mais je m’égare. Le souvenir s’éparpille dans les embruns jusqu’à ce qu’il ne reste plus qu’Ariel et moi sur la plage. « Et je pensais t'appeler parce-que… t'as toujours su quoi faire. T'as toujours été là. Et j'ai eu besoin d'aide avant… pour y aller et tout. Mais j'ai besoin d'aide maintenant. Parce-que je sais pas quoi faire et ça me terrifie. » Sa voix chevrote et quelques larmes luisent sur ses pommettes pâles. Elle les essuie d’un revers de la main, esquisse un sourire fébrile sur ses lèvres finement coupées alors qu’elle ajoute avec une pointe d’humour : « Mais c'est bon à savoir, que j'ai l'air en pleine forme. Ça non plus ça m'était pas arrivé depuis un bail. » Je lui souris moi aussi, lutte contre l’émotion qui s’encombre dans ma gorge et cherche à s’en échapper. « Oh, viens là… » Je souffle alors en l’attirant contre moi. Je serre son corps contre le mien, veillant comme toujours à ce que mon étreinte soit assez souple pour qu’elle puisse facilement se dégager si elle le souhaite. « Ça va aller, t’inquiète pas. » Les mots s’échappent en un murmure tandis que je caresse doucement ses cheveux, comme pour lui apporter le réconfort et la protection dont elle a trop manqué dans sa vie. Celui que j’aurais voulu, que j’aurais lui témoigner à travers cette épreuve. Les lèvres pincées, je la berce doucement contre moi. Je me dis que c’est pour la rassurer, l’aider à évacuer son chagrin… tout en sachant pertinemment que c’est aussi une façon pour moi d’encaisser la nouvelle, ma tempe appuyée contre la sienne pour qu’elle ne puisse pas lire l’inquiétude sur mes traits. Car elle n’a pas besoin de mes états d’âme. Ce dont elle a besoin c’est de ma capacité à rester forte, et c’est cette ancre rassurante que je veux lui offrir. Alors je profite de cet instant suspendu pour faire le tri dans mes pensées. Ma sérénité retrouvée, je fais un pas en arrière pour m’écarter et prend délicatement son visage entre mes paumes, essuie une larme de mon pouce. « Merci de m’avoir confié tout ça. Je sais que ce n’est pas facile pour toi. » Je voudrais lui dire que je suis désolée de ne rien avoir remarqué, désolée de lui avoir foutu trop de pression parfois. De ne pas avoir insisté davantage et de ne pas avoir trouvé les bons mots, il y a une éternité, sur cette même plage. « Je suis désolée que tu aies dû vivre ça… et de ne pas avoir été là quand tu en avais besoin. » Je finis par souffler, consciente toutefois qu’au fond c’est la seule chose concrète que j’aurais pu faire. Ravalant mes regrets, je plante mes yeux dans les siens pour qu’elle puisse lire tout le sérieux de la promesse que je m’apprête à lui faire : « Mais je veux que tu saches que je suis là maintenant. » Nos regards se fondent l’un dans l’autre, nuances vert d’eau et vert forêt. Quand je sens qu’elle commence à y croire, je lui offre un sourire sincère et pose mes paumes sur ses épaules pour y effectuer une petite pression. « Tu as besoin de quoi, là, tout de suite ? » Je demande avec sérieux. Car j’ai déjà essayé de l’aider par le passé… à ma manière. Mais en lui donnant ce que je croyais être le mieux pour elle, je n’avais fait que lui imposer de nouveaux défis qui ne correspondaient à ses aspirations, ni à ses envies. J’ai appris ma leçon lorsqu’elle m’a annoncée, embarrassée, qu’elle souhaitait quitter l’emploi que je lui avais trouvé à Ashburn Rose ; celui que je considérais comme un tremplin pour sa carrière et qu’elle voyait comme une prison. Ce jour-là, j’ai compris que pendant des années, j’avais essayé de la pousser à marcher dans le chemin que j’avais emprunté, persuadée qu’ainsi elle pourrait s’en sortir et déjouer son destin comme je l’avais fait. Je comprends aujourd’hui à quel point nous sommes différentes en dépit des blessures qui nous rassemblent, et j’ai envie de l’aider à débroussailler la voie qu’elle se choisira. Sans questionner ses choix. Mais j’ai besoin d’elle pour ça, besoin qu’elle m’indique ce que je peux faire et comment la soutenir. « Un endroit où poser tes valises quelques temps, une amie, un job ? Demandes et tu l’auras Ariel, tu n’as plus à faire face tout seule. » Les questions fusent avant que je ne puisse les retenir. Calme toi, t’es en train de la bombarder… Je pince les lèvres et me force à regarder la jeune femme. Son regard plein de doute, ses yeux rougis, la moue nerveuse sur ses lèvres. « Et… tu peux me dire que tu ne sais pas encore aussi, que t’as besoin de temps. Dans tous les cas, je suis là. Et si je peux t’aider à reconstruire une vie qui te ressemble, sache que je le ferai avec joie. »      
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Message(#) Sujet: Re: the start of something good and new | arison (2) the start of something good and new | arison (2) EmptySam 17 Juil - 23:53


Ses mots hésitants rencontrent le silence bienveillant de Jameson; et lorsqu'enfin son flot de paroles se tarit, sa détresse laisse place à de l'appréhension. Et si Jameson la rejetait? Ce serait compréhensible - au fond d'elle, Ariel sait que c'est absurde: l'avocate a été à ses côtés pendant ses pires moments, quand elle n'essayait même pas d'aller mieux. Mais elle n’a jamais nommé la maladie, le poison bien réel qui l’a anéantie pendant si longtemps. Le secret qui brise des vies, ruine des familles - et lui reviennent en mémoire les histoires de ses compagnons d’infortune, au centre. Les portes qui se ferment, les mains tendues qui se retirent. L’incompréhension plus forte que la compassion, la peur, le dégoût, le rejet. Elle comprend. Ça ne veut pas dire qu’elle accepte, mais elle croit pouvoir comprendre. Personne ne veut de cette étiquette qui colle à la peau (malade), d’autant plus quand ce n’est ni un coup du sort mais une addiction.

Les mots de Jameson sont un baume qui apaise ses tourments. Tu es incroyablement forte. Bien plus que tu ne le crois. Vraiment? Elle laisse échapper un hoquet de larmes, le doute écrit sur son visage. Forte, elle? Elle a compris avoir traversé des épreuves, mais plus par nécessité que par force. A moins que? L’étreinte la prend par surprise et la rassure, lui ôte tous ses doutes et ses appréhensions. La bienveillance de Jameson l’enveloppe, se niche en elle, lui donne l’énergie supplémentaire de s’accrocher. La tête enfouie dans l'épaule de son amie, Ariel se laisse enfin la possibilité d'accepter l'amour et l'aide des autres. Let them in. Elle doit se battre contre son instinct qui est de croiser les bras, de s'éloigner, de se dire qu'elle ne veut pas s'attacher et n'a pas besoin de rendre une personne dépendante d'elle. Surtout que Jameson se met à la remercier, alors que l'ordre des choses devrait être différent. Ça va aller, dit-elle, mais rien de tout cela ne va. Ariel en larmes sur cette plage qui peine à toucher du doigt le futur apaisé qu’on lui a promis et qui ne fait qu’apercevoir toutes les difficultés qui se dresseront sur son chemin ; et Jameson qui s’excuse, elle, de ne pas l’avoir aidée. « Mais tu as toujours été la, Jameson. Toujours. Et... je t’en suis si reconnaissante, si tu savais. C’est moi qui n’ait pas été... enfin, qui aurait du...» Les mots se bloquent dans sa gorge et elle ne sait pas quoi ajouter car comment revenir sur trois décennies de ratés et d’occasion manquées, de promesses non tenues?

Quant à savoir de quoi elle a besoin... « Honnêtement? J’en sais foutre rien. J’ai tout ce qui me faut… Je crois. Ce qui est nécessaire, au moins. Je suis retournée habiter chez mon amie Robin, et… le plus dur est de trouver ce qu'il me reste à faire du reste de ma vie, j'imagine. » Elle ose un sourire timide, et accroche les yeux brillants de son amie. « J’aimerais faire quelque chose qui compte. » Et reconstruire une vie qui me ressemble, oui.

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Jameson Winters
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ÂGE : A l'aube de la quarantaine
SURNOM : Jaimie, Jam'. Maître Winters au boulot. Au lit, aussi.
STATUT : Célibataire. Succombe parfois aux plaisirs sans lendemain.
MÉTIER : Avocate associée chez Ashburn Rose. Militante écologiste et condition animale.
LOGEMENT : #102 Logan City, une immense villa bien trop vide.
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ORIENTATION SEXUELLE : J'aime tout le monde.
PETIT PLUS : Irlandaise & Amérindienne du Canada, j'ai un petit accent. Je me ressource dans la nature. Combattre les injustices me fait vibrer. Je suis aussi à l'aise dans les bas fonds de Dublin que dans les soirées guindées de l'élite australienne. Vegan depuis mes 15 ans, je milite pour préserver la nature. Légalement, de nos jours. Du moins j'essaie. J'ai adopté une chienne/louve que j'aime comme ma fille. Je n'ai jamais perdu un procès. Certains me décriraient comme une féministe autoritaire et mal baisée. Ceux là sont toujours perturbés lorsqu'ils rencontrent une femme qui se comporte comme eux.
RPs EN COURS : Phoenix [f.b.]Gaby [f.b. #2]MartinArchie [2]Laoise [f.b.]

Réalités alternatives ↠ Zombinson [d.z.]Bloody Gaby [d.f.]Bosie me boy [d.f.]Witchy Robin [d.f.]Slasher Night

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PHOENIX — I want to heal, I want to feel like I'm close to something real, I want to find something I've wanted all along: somewhere I belong. Nous avions à peine vingt ans et nous rêvions juste de liberté.

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ROBIN — Her eyes look sharp and steady into the empty parts of me. Still my heart is heavy with the scars of some past belief.

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LAOISE — We've been gone for such a long time that I'm almost afraid to go home. A long road is a long, dragged-out imagination where things can go wrong, but we keep rolling on.

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GABRIEL — I'll keep your heart safe in the palms of my hands until it can beat on its own again.

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KYTE — Old growth holds hope, let the brambles scrape your skin; scars are story books, blood will wash away our sins.



RPs EN ATTENTE : Gaby Irlande ↟ Robin [4] ↟ Robin & Phoenix [r.a. 2] ↟ Finnley [2]
AVATAR : Maggie Siff
CRÉDITS : Birdiesnow (avatar), anaëlle. (signature), loonywaltz (UB)
DC : Kyte le vieux fou & Aisling l'effeuilleuse prude
PSEUDO : Whitefalls/Whitewolf
INSCRIT LE : 08/03/2016
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Message(#) Sujet: Re: the start of something good and new | arison (2) the start of something good and new | arison (2) EmptyDim 25 Juil - 1:47


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☾ Ariel & Jameson ☽
Les larmes s’écoulent toujours sur ses joues mais elles semblent moins douloureuses désormais. Et moi, je n’ai jamais été douée pour accueillir la tristesse. La mienne. Celle des autres. Et pourtant je m’efforce d’honorer la sienne aujourd’hui sur cette plage. Parce qu’il n’y a dans ses pleurs plus la moindre trace de l’enclume qui m’effraie. De ce désespoir qui vous attire vers des profondeurs si noires, si gluantes qu’il semble impossible de s’en dépêtrer. Dans ses larmes, je perçois plutôt une libération. Comme si déposer ainsi ses émois sur le rivage avait quelque chose de cathartique. Rituel symbolique pour briser ses chaînes, et reprendre les rênes de son existence. Tracer tranquillement son chemin en apprenant à se faire un peu plus confiance à chaque pas. J’ai foi en elle, je sais qu’elle y viendra. Et cette fois, je serai là si elle a besoin de moi. « Mais tu as toujours été là, Jameson. Toujours. Et... je t’en suis si reconnaissante, si tu savais. C’est moi qui n’ai pas été... enfin, qui aurait dû... » Elle bafouille, tente de me convaincre de ne pas se torturer pour mes manquements passés. Touchée, je laisse courir ma main sur son bras pour la consoler. « Bien sûr que si tu étais là pour moi. » Je lui assure d’une voix douce, d’un ton ferme. Un sourire au coin des lèvres, j’incline la tête pour tenter d’accrocher son regard. « Tu sais que tu es toujours la première personne que j’ai appelé pour fêter chacune de mes promotions ? » Depuis le temps qu’elle me connaît, Ariel sait qu’aucun homme ne reste bien longtemps dans ma vie. Aucune femme non plus, d’ailleurs. Je travaille trop, il paraît, au point qu’il m’arrive parfois de négliger mes relations. Je reste souvent silencieuse pendant des mois, c’est vrai, concentrée sur un dossier au point que j’en oublie de garder contact comme je le devrais. Jusqu’à ce que je me réveille un matin et réalise que la plupart des gens ont avancé, tourné la page pour se concentrer sur des personnes qui pourront réciproquer leur amitié. Pour une raison qui m’échappe, Ariel ne s’est jamais laissée intimider par mes manifestations en dent de scie. Peut-être parce qu’elle n’hésitait pas à prendre l’initiative de m’arracher à mes papiers. Peut-être encore parce qu’elle ne comprend que trop bien le besoin de se plonger dans ses écrits, d’oublier pendant un temps que le monde continue de tourner. « C’était important pour moi, et tu répondais présente à chaque fois. » J’affirme en soutenant son regard pour qu’elle puisse lire la sincérité dans le mien. Puis je me détourne, une boule d’embarras dans le fond de la gorge. « T’étais là aussi quand Wyatt a décidé de mettre un terme à notre relation. » J’avoue du bout des lèvres. En rentrant de Sydney, je n’avais pas envie d’être seule, ni de m’assommer de travail comme je le fais habituellement. « Tu te souviens le soir où on est allées faire du camping sauvage sur la plage ? » En sortant de l’aéroport, j’avais tout juste pris le temps de récupérer ma tente et quelques affaires avant de passer chez elle pour lui proposer mon idée d’aventure. Elle a sauté à l’avant de ma voiture sans hésiter, mis du rock à fond comme si elle avait deviné que quelque chose me tracassait. Elle ne m’avait jamais demandé quoi, comme si elle savait instinctivement que je ne voulais pas en parler. « T’étais là. A ta façon, t’as toujours été là. »

On avance de quelques pas sur la plage, emplissant nos poumons du vent qui agite nos cheveux et fait claquer nos vêtements. J’aimerais savoir ce dont elle a besoin, comment l’aider à retrouver sa voie. J’aimerais le savoir, mais elle non plus n’en sait foutrement rien. Un petit sourire amusé au coin des lèvres, je lance un coup d’œil dans sa direction. « J’ai tout ce qui me faut… Je crois. Ce qui est nécessaire, au moins. Je suis retournée habiter chez mon amie Robin, et… le plus dur est de trouver ce qu'il me reste à faire du reste de ma vie, j'imagine. » Je me prends à hocher la tête, indéniablement rassurée de la savoir en sécurité et entre les mains d’une amie. De savoir qu’elle est entourée, qu’elle a du soutien. Qu’une personne plus en phase avec ses émotions que moi pourra l’aider à vaincre ses démons si jamais ils reviennent la hanter. « Rien que ça. » Je plaisante alors, pour alléger un peu l’atmosphère. Un sourire timide se dessine sur ses jolies lèvres, me laisse entrevoir la lueur d’espoir vacillante qui persiste dans sa poitrine. « J’aimerais faire quelque chose qui compte. » Mes lèvres s’étirent à leur tour, répondent à sa remarque avec une pointe de complicité. « Pour ça, je peux aider. » Je lui assure avec un sourire confiant, commençant à entrevoir différentes options qui pourraient lui permettre de se tester afin de trouver ce qui finira par l’ancrer et la fera vibrer de passion. Une main dans son dos, je l’encourage à reprendre notre promenade pour mieux lui exposer les idées qui me viennent, les contacts que j’aimerais lui présenter, les associations que j’ai eu la chance de côtoyer et qui seraient ravie de lui offrir une chance de porter les valeurs qu’elles ont choisi de représenter.  

Les larmes s’écoulaient sur ses joues et moi je luttais pour retenir les miennes. Les lèvres pincées pour dissimuler leur tremblement discret, la tristesse mêlée d’espoir miroitant au fond de mes yeux verts foncés. Jusqu’à ce que je laisse la brise marine porter mes émotions, les embruns se mêler à son chagrin. Alors on a remonté la plage ensemble sans trop savoir où on allait, le souvenir de nos pas effacé par les vagues et leur roulement discret. Les yeux rivés sur l’avenir alors que le soleil déclinait, laissant derrière nous le petit café où nos destins se sont scellés. Et avec lui, un bout de passé.
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